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 Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 12:38

Les jours passaient pour Fenris à une vitesse qu'il n'était pas en mesure d'évaluer. Depuis son arrivée, il passait le plus clair de son temps à dormir. Son exsanguination, la petite ennéade de fuite et l'usage de la magie l'avaient entièrement vidé de ses forces. Sans parler de la fatigue émotionnelle. Passer six jours avec la mort aux trousses n'avait rien de reposant.
Au début, le jeune noble ne se réveillait que très rarement de lui-même. Il ouvrait régulièrement les yeux sur Herardilel, son soigneur, qui souhaitait lui administrer quelques traitements ou refaire ses bandages ou sur une servante venue lui apporter son repas.
Une à deux fois par jour, on lui préparait un bain qui avait pour but principal non pas de le laver mais de le réchauffer. Durant la baignade, il emmagasinait toute la chaleur de l'eau avant de retourner dans son lit où le nombre de couvertures avait été double afin de réduire le risque de refroidissement. Il ne restait jamais seul pour faire tout cela car il avait peine à rester debout et il avait besoin d'aide pour se sécheur revêtir sa tunique et son pantalon de malade qui étaient ses seuls vêtements pour le moment. Mais pas besoin d'être élégant lorsque l'on est alité. Le soigneur restait également avec lui afin de le maintenir éveillé le temps qu'il était dans l'eau. Il fallait éviter qu'il ne s'endorme, bercé par la chaleur...

Après trois jours, Herardilel et les servantes eurent la surprise de le découvrir les yeux ouverts à plusieurs reprise tandis qu'ils entraient dans sa chambre. Il n'était jamais réveillé depuis longtemps mais il s'était tiré du sommeil seul, signe qu'il reprenait des forces. Son teint était un peu moins livide et ses cernes s'atténuaient à vitesse grand "V".
Fenris avait de temps à autre un petit pincement au cœur en voyant la porte s'ouvrir. Il avait dans l'espoir que la Dame d'Ardamir viendrait lui rendre visite mais tel ne fut jamais le cas. Dormant plus de vingt heures par jour, il ignorait si elle était déjà venue et n'avait hélas aucun moyen de le savoir. Elle avait probablement du repos à récupérer elle aussi et un grand nombre d'affaires à régler du fait de sa longue absence mais il aurait apprécié la voir rien qu'un instant.

Le sixième jour, deux servantes entèrent dans sa chambre, le sourire aux lèvres. L'une avait les bras chargés de draps et l'autre d'un plateau. La première s'approcha du cavalier toujours alité et le salua.

-Bonjour Monseigneur. Je vais devoir vous demandez de vous lever, je dois refaire le lit. Nous allons vous installer sur la terrasse, il fait un temps magnifique.

Les servantes s'affairèrent pendant plusieurs minutes avant de revenir vers le noble pour l'aider à s'asseoir. La fatigue le tenaillait toujours un peu et il ne devait pas faire jouer les muscles de son dos pour l'instant. Les deux dames avaient aussi pour consigne d'y aller doucement, procédant par étape, car un redressement trop rapide risquait de provoquer des vertiges chez le blessé. Ses jambes étant encore fragiles, elles l'accompagnèrent jusqu'au fauteuil qu'elles avaient installé dehors, juste à côté d'une petite table sur laquelle se trouvait son repas. Lorsqu'il fut assis, l'une d'elle posa le plateau sur ses genoux et lui souhaita bon appétit avant de retourner à son ouvrage.
Les rayons du soleil éblouissait Fenris. Ses yeux en avait perdu l'habitude de la lumière depuis qu'il vivait dans la pénombre de sa chambre. Il entendit les rideau être tirés et les fenêtres ouvertes. Un peu de lumière et d'air pur ne lui feraient effectivement pas de mal.
Les repas du cavalier étaient de plus en plus consistants. Il avait commencé par des bouillons avant de passer à de la soupe moulinée avant d'avoir finalement droit aux légumes entiers avec du jus de cuisson. Ce jour-là, il avait même un morceau de pain elfique en accompagnement. Bientôt, il pourrait se sustenter normalement. Tandis qu'il mangeait, il entendit les servantes discuter entre elles, comme elles devaient probablement le faire dès qu'elles travaillaient ensemble. Elles parlaient de tout et de rien, un peu comme des commères. Toutefois, leurs échanges n'avaient rien de malveillants et Fenris eut un sourire amusé devant tant de légèreté. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'il n'avait plus eu à s'occuper de banalités ni mené de conversations badines.
Lorsqu'elles eurent fini de changer les draps, l'une d'elles revint vers lui pour l'informer qu'elles avaient achever leur tâche. Elle souhaitait savoir s'il voulait de l'aide pour rentrer. Le noble refusa poliment, préférant profiter un peu de l'air frais. La servante reprit le plateau, fit une petite révérence et prit congé, ajoutant que de toute manière le soigneur ne tarderait pas à passer.

Une petite heure plus tard, Herardilel entra effectivement dans la chambre et fut surpris de voir les fenêtres ouvertes et le lit vide.

-Fenris ?

L'interpellé ouvrit les yeux. Il était toujours sur son fauteuil et s'était assoupi. Il n'eut pas vraiment le temps de comprendre ce qu'il se passait lorsqu'il vit le soigneur apparaître sur la terrasse.

-Vous voilà. J'ai eu peur que vous vous soyez enfui.

Fenris eut un petit rire. Ils avaient déjà eu l'occasion de sympathiser au cours des bains du cavalier et ils s'entendaient à merveille. Ils avaient tous deux un tempérament plutôt jovial et ses plaisanteries réchauffaient un peu le moral du blessé.
Herardilel s'approcha et posa une main sur celle du noble pour jauger sa température corporelle. Il fit ensuite de même avec son front pour vérification puis se redressa en lui adressant un sourire.

-Eh bien ce petit bain de soleil tamisé par le feuillage aura suffit à vous réchauffer. Tant que le temps sera clément, je pense qu'il vous sera plus profitable de prendre l'air plutôt que de remplir une baignoire. Venez, vous devez vous reposer.

Le soigneur aida Fenris à se lever et à marcher jusqu'à son lit. Une fois arrivé, il le fit s'asseoir et se tourna vers la table de chevet sur laquelle reposait l'ensemble des traitements que son patient devait prendre.

-Ce sont les servantes qui ont tout ouvert ? C'était une bonne idée. Il est tant que vous essayiez de dormir un peu moins en journée pour favoriser le sommeil nocturne. Et puis un peu d'ait frais sera plus agréable pour vos visiteurs.

-Pour vous vous voulez dire ?

Herardilel laissa éclater un rire amusé avant de dévoiler sa véritable pensée.

-Non, je pensais davantage à la Dame Protectrice.

Le temps se suspendit l'espace d'un instant autour de Fenris. Ainsi, elle était déjà venue ? Ce n'était guère étonnant qu'il ne l'ai jamais vu étant donné le temps qu'il avait passé à dormir jusque là mais il en était venu à douter qu'elle soit jamais entrée dans cette chambre depuis son arrivée. Il n'avait aucune preuve ou empreinte de son passage...
Essayant de ne pas montrer à quel point cette nouvelle le touchait, il l'interrogea d'un air intéressé mais suffissament détaché pour ne pas laisser transparaître ses véritables sentiments.

-Vraiment ? Vient-elle souvent ?

-Hm... Une à deux fois par jour. Parfois elle passe juste un instant et quelques fois elle reste quelques minutes. Je lui donne régulièrement des nouvelles concernant votre état.

Herardilel lui tendit deux fioles que le cavalier avala avant de faire une grimace devant le goût toujours aussi atroce de ces décoctions. Il fut ensuite installé dans le lit puis il resta seul... Seul avec un petit baume sur son cœur. Plus il parviendrait à rester longtemps éveillé, plus il aurait de chance de la voir... Mais peut-être pas encore tout de suite... Il dormait encore beaucoup et il lui était difficile de garder les yeux ouverts plus d'une demie-heure sans sollicitations extérieures. Il lui fallait être encore un peu patient...


Dernière édition par Fenris Nöldorion le Dim 29 Mar 2015 - 13:34, édité 1 fois
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 12:45

Lorsqu'Halya ouvrit les yeux pour la première fois, tout son corps lui hurlait qu'il n'était pas, mais pas dutout, l'heure de se lever. Il aurait voulu dormir un siècle ou même deux, tranquillement oublié dans un coin. Et pour une fois, Halya était presque sûr qu'un siècle ou deux à perdre, ce n'était pas grand chose...






Le réveil suivant fut bien plus aisé. A son grand plaisir, ses yeux acceptaient de rester ouvert sans qu'elle ai l'impression devoir les tenir à la main, pour la première fois depuis l'attaque des drows. Ils avaient d'ailleurs marché bien plus vers le Nord qu'ils ne l'avaient pensés...
Bien sûr, son corps était toujours perclue, les sutures sur ses bras tiraient, les onguents la grattaient affreusement et une douleur sourde s'éveillait dans sa jambe droite à chaque mouvement, mais la course pour la survie était finie. Mine de rien, ce simple changement laissait Halya sur un nuage de béatitude qui combattait assez efficacement tous les petits tracas de ses blessures. Les premiers plats complets la remirent également d'aplomb. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas trouvé un repas aussi bon. Et prendre un bain...! La joie de se sentir en vie et de savoir que cela allait continuer encore un peu était toujours la bienvenue, surtout en temps de guerre. Elle n'avait plus qu'une demande: aller courir avec Randil. Mais pour cela, il faudrait attendre encore un peu.

Cela faisait 48h qu'ils étaient arrivés à Ardamir et le cerveau de la protectrice recommençait à tourné normalement. Elle avait tout de suite demandé des nouvelles de Fenris mais n'avait obtenu que des réponses sibyllines. Eorim était passé à de nombreuses reprises voir sa fille et l'avait serrée dans ses bras à lui briser les os dès qu'il l'avait trouvée suffisamment réveillée pour cela. Il s'était fait un sang d'encre lorsqu'il avait appris sa disparition. Les rumeurs couraient vites et la nouvelle était arrivé à Ardamir un jour avant les rescapés.
Mais comme toujours lorsqu'elle avait l'esprit assez clair pour penser: rester inactive lui était proprement insupportable. Les choses à faire, les questions à posées et les affaires laissées en suspend à son départ, tout tournaient dans sa tête. Après s'être disputée plus ou moins violemment avec un guérisseur, elle avait reçu l'autorisation de travailler et de recevoir toutes les visites qu'elle voudrait pourvu qu'elle ne se lève pas jusqu'à ce que sa jambe ait totalement dégonflée... et si Randil acceptait de laisser entrer qui que se soit.

Depuis le retour d'Halya, le loup n'avait quitté son chevet que pour chasser... et lui avait même rapporté un énorme lièvre. Il était tendu et dix fois plus protecteur que d'ordinaire, montrant les dents à tout ce qui approchaient de sa compagne blessée. Retrouver l'elfe dans cet état après avoir été écarté pendant si longtemps n'aidait sans doute pas l'animal à se détendre. Mais toujours était-il que le périmètre autour du lit était devenu risqué lorsque la protectrice était inconsciente. Heureusement que l'animal respectait un tant soit peu son père sinon même les soigneurs auraient risqué d'y laisser des doigts.



Assise dans son lit, la jambe surélevée sur une montagne de coussins et Randil absolument tout le reste de matelas, Halya avait tout de même pu lire les rapports des dernières affaires en cours. Comme prévu, les Limiers se rassemblaient au Sud et les casernes d'Ostirion, vidée par la guerre, servaient désormais de logement pour les réfugiés qui n'avaient pas de place à Ardamir. Les troubles Noss avaient aussi diminués autour de la ville forteresse, mais les travaux n'avançaient toujours pas et le ravitaillement tardait à arriver. D'autres affaires commerciale et des idées prometteuses lui demandaient de consulter les Conseillers. Sa cousine Kaëlis, conseillère mage, et le maître Forgeron Dumareth en particulier passèrent plusieurs fois la voir. Les nouvelles de Fenris qu'elle recevait par celui qui s'en occupait étaient heureusement assez favorables. Toujours incapable de tenir éveillé, il récupérait peu à peu.

Lorsqu'enfin elle eut le droit de poser le pied par terre, armée d'une atèle, la vie reprit son court de façon plus habituelle. Elle n'avait pas le droit de marcher beaucoup et les escaliers la faisaient souffrir, ce qui ne lui permettait pas d'aller bien loin dans un palais agencé sur tant d'étages. Mais au moins elle pouvait descendre dans un des jardins suspendus et travailler à son bureau. Cependant une chose la taraudait encore: l'état de Fenris.
Elle avait beau le savoir entre de bonnes mains, en plus de demander régulièrement des nouvelles elle avait pris l'habitude de faire le chemin qui séparait sa chambre de celle de son ami au moins une fois par jour. On lui avait dit qu'il avait repris conscience, mais à chaque fois qu'elle passait, il dormait à poings fermés. Lavé et soigné, certes, mais toujours aussi pâle. Jour après jour, elle voyait cependant ses cernes disparaître.
Quelques fois, elle ne prenait que le temps d'ouvrir une fenêtre et de voir son visage. D'autres fois, elle restait, prenant le temps de s'asseoir quelques instants. Elle ne savait pas réellement ce qu'elle venait chercher ou ce qu'elle attendait, mais le clame de cette chambre lui faisait de bien.

Au début, voir dormir le cavalier ainsi, dans une vraie chambre lui paraissait presque cocasse après ce qu'ils avaient vécu. Ici, elle pouvait voir sa respiration gonfler régulièrement les draps sans craindre pour sa vie. Des images repassaient souvent dans sa tête. La cascade. Le Pish Oura. Le dernier jour, poursuivis par les drows. Elle souriait toute seule en se rappelant du diminutif qu'il lui avait trouvé. Elle n'avait même pas réagi lorsqu'elle l'avait entendu l'appeler ainsi... et pour cause. À ce moment, elle avait autre chose en tête.
A présent, elle s'en voulait d'avoir réagi aussi violemment. Elle avait perdu son sang-froid. Elle n'aurait pas du. Elle avait fait des choix bien plus difficiles auparavant. Mais au moins ils avaient survécu tous les deux...





sept jours s'étaient déjà écouler lorsqu'un matin, en refaisant ses bandages et en vérifiant ses points de suture, un guérisseur lui avait enfin dis ce qu'elle attendait d'entendre depuis son réveil.

-Il va de mieux en mieux. Hier, je l'ai même trouvé assis dans un fauteuil, c'est vous dire si cela progresse! Vous aurez peut-être un peu plus de chance de le voir éveiller dans les jours à venir. Et les fenêtres ont même été ouvertes pour l'occasion...

Halya retint un gloussement légèrement contrit. Le guérisseur et elle avaient eu un léger différent à propos des fenêtres. Au début de ses visites, elle avait l'habitude d'en ouvrir une.
Sauf que cette fenêtre, le soigneur prenait soin de la refermer chaque jour en houspillant les serviteurs, croyant qu'ils l'oubliaient sans cesse... jusqu'au jour où il était passé alors que la protectrice venait d'arriver. Heureusement, le temps était clément et la pièce était resté chaude sans problème le temps d'éclaircir le malentendu.

-Merci. Vous savez quand on me retirera ces fichus fils?

-Mmmmmh un jour ou deux pour votre bras gauche. Par contre, le droit, je préférerais les laisser un peu plus Ce drow ne vous a pas ratée. La lame a raclé l'os. Alors autant être prudent... J'allais oublier...

Avant de sortir, il déposa une fiole sur la table. Halya ne put s'empêcher de froncer le nez au souvenir de ce qu'il lui avait déjà prescrit.

-vous en diluerez un quart dans de l'eau, à prendre au levé.

-Avouez... C'est un secret de guérisseur de donner un goût exécrable à leurs mixtures pour que les gens prennent soin d'eux...

-Oui! Et croyez-le ou non mais c'est assez efficace.






Mais malgré les signes encourageants rapportés par le soigneur, lorsqu'Halya passa voir son ami, elle le trouva toujours paupière closes... Une idée germa cependant dans son esprit. Il lui semblait avoir déjà parlé de livre avec Fenris. Même si elle jouait de malchance, elle pouvait toujours faire un geste. Bien qu'elle ne sache pas quel genre de lecture il aimait, un passe-temps était toujours mieux que rien...
Le lendemain, elle déposa donc un roman sur la table de chevet du cavalier endormi. Un classique reprenant des mythes anciens, écrit par un auteur d'Ardamir du 2e cycle.



De nouveau prise par les affaires du Conseil, elle ne put passer qu'une fois dans les deux jours suivants. Mais lorsqu'elle pénétra une nouvelle fois dans la chambre, un livre à la main, le lit était défait et vide. Incertaine, elle s'approcha de la fenêtre que donnait sur la terrasse.

-Fenris?

Quelques pas plus loin, elle découvrait enfin l'homme qu'elle était venu voir. Assis sur un fauteuil et... les yeux bien ouverts. Un poids tomba définitivement des épaules d'Halya. Elle sourit, radieuse.

-Et bien, on peut dire que vous aimez mettre ma patience à l'épreuve.

Sans y prêter attention, elle serrait toujours le nouveau livre contre son ventre, à moitié caché par les immenses manches qui lui retombaient sur les mains et glissaient presque jusqu'au sol, cachant sans problème ses bandages. Depuis son retour, les vieilles habitudes étaient revenues et avec elles les attributs de sa fonction.
L'armure avait fait place à une robe vert pâle piquée de motifs argentés. La coupe paraissait simple, suivant fluidement le corps de la protectrice et dénudant ses épaules où apparaissait une immense trace de morsure, mais chaque détail du drapé était travaillé, ne laissant aucun doute quant à la qualité du vêtement. Ses cheveux roux étaient également tressés et entremêlés de rubans pour qu'aucune mèche rebelle ne puisse se libérer, dégageant totalement son visage et son cou.

-Je suis heureuse de vous voir enfin réveillé, ajouta-t-elle, le regard plongé dans les yeux de son ami.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 12:48

Deux jours supplémentaires s’écoulèrent sans que Fenris n’ait l’occasion de voir la Protectrice. Deux jours durant lesquels il continua de dormir la majeure partie de la journée et même l’espoir de revoir enfin Halyalindë ne put maintenir ses yeux ouverts.
Un après-midi, une mésange bleue vint se poser sur le rebord de sa fenêtre. L’oiseau se mit à chanter tout son sou tant et si bien qu’il finit par réveiller l’elfe encore assoupi. Ouvrant les yeux, Fenris aperçut l’animal et lui offrit un sourire. Il aimait beaucoup cette variété de mésange, la trouvant particulièrement jolie. Et être réveillé par son chant était un véritable plaisir.
Se tournant vers le reste de la pièce, son regard s’arrêta sur l’une de ses tables de chevet. Un livre avait été posé dessus. Tendant le bras, le noble s’en saisit et en étudia le titre. L’attention était adorable mais il ignorait de qui elle venait… Une des servantes qui souhaitait qu’il puisse se divertir ? Herardilel qui voulait le forcer à ce maintenir éveiller ? A moins que ce ne soit Halie qui ne se soit souvenu de son goût pour les livres et le savoir ?… Il connaissait les contes dont parlait l’ouvrage mais il aurait plaisir à les relire. C’était un sujet des plus légers après les épreuves qu’il venait de vivre et cela ne pourrait lui faire que du bien.

Le lendemain, Fenris déjeuna sur la terrasse comme il en avait pris l’habitude depuis quelques jours. Lorsque la servante revint chercher son plateau, il lui demanda poliment le livre qui se trouvait sur sa table de chevet. Il en lut quelques pages mais la fatigue fut la plus forte. Il finit par piquer du nez en pleine lecture. Le livre posé sur les genoux, la tête contre le revers du dossier, il dormait à point fermé.
Un peu plus tard, un son provenant de sa chambre attira son attention, le tirant du sommeil. Il ouvrit les yeux dans une forte inspiration et il tourna son regard vers la porte-fenêtre. Avait-il bien entendu ? Peut-être avait-il rêvé… La voix qu’il avait perçue était bien connue. Après tout ce temps qu’ils avaient passé ensemble, il aurait été capable de la reconnaître entre mille. Mais il ne l’avait pas vu depuis si longtemps… Le sommeil lui ayant fait perdre le décompte des jours dans les premiers temps de son séjour, il lui semblait que cela faisait deux ou trois ennéades. Pourtant cela n’en faisait qu’une… Et il le savait.

Son ouïe perçut quelques pas à l’intérieur et son cœur se serra comme à chaque fois que quelqu’un entrait dans sa chambre. Mais peut-être n’était-ce pas elle. Il allait se rendre fou à force de se faire de fausses joies. Il lui semblait déjà que son intérêt pour la dame était plus grand qu’au moment de leur affrontement avec les drows alors qu’il ne l’avait pour ainsi dire pas revue depuis. Cela voulait-il dire que l’absence forgeait les sentiments ? Il devait pourtant bien la revoir afin de s’assurer que son cœur resterait constant dans ses inclinations même dans ce nouveau contexte.
Et puis… Elle apparut enfin dans les rayons du soleil. Elle était vêtue d’une robe digne de son rang dont les couleurs du tissu se mariaient à merveille avec ses cheveux roux. Ces derniers n’étaient d’ailleurs pas lâchés mais coiffés avec simplicité et élégance. Découvrant le cavalier sur son fauteuil, elle eut un sourire qu’il ne lui connaissait pas. Un sourire radieux traduisant sa joie de le revoir (éveillé).
Devant cette vision, il sembla à Fenris qu’il s’était arrêté de respirer durant l’espace d’un instant… Se secouant intérieurement la tête, il se reprit et lui adressa un doux sourire.

-Bonjour.

Le cadet des Nöldorion ferma son livre et le posa contre son accoudoir avant de se relever. Il avait besoin de prendre appui pour se hisser sur ses jambes mais il y parvint avec moins de difficultés que les jours derniers. Il demeura ensuite debout devant son siège pour saluer la Protectrice.

-Pardonnez mon égarement, je ne connaissais pas la Dame d’Ardamir sous cet aspect. Vous êtes ravissante.

Encore un peu sous le charme de cette apparition, Fenris mit une seconde avant de s’apercevoir que son compliment risquait de gêner la dame, ce qui n’était pas son souhait pour le moment. Aussi poursuivit-il son propos afin de le rendre plus enjoué.

-Quant à moi… Nous dirons que vous m’avez connu sous de plus mauvais jours.

Le jeune cavalier lui adressa un nouveau sourire, plus amusé. Il était toujours vêtu d’une tunique et d’un pantalon blancs réservés aux malades et aux blessés. Cela n’avait rien de très attrayant mais c’était toujours mieux que ses vêtements tâchés de sang. Il portait également son bras dans une véritable écharpe afin d’éviter de l’utiliser.

-Et bien, on peut dire que vous aimez mettre ma patience à l’épreuve. Je suis heureuse de vous voir enfin réveillé.

-Oui, on m’a dit que vous étiez passé à de nombreuses reprises. Je suis ravi d’être enfin en mesure de vous dire que je suis touché de l’attention que vous m’avez porté depuis mon arrivée.

Un sourire reconnaissant et une inclination de la tête accompagnèrent les remerciements en faveur de la dame.
Baissant le regard, Fenris aperçut l’ouvrage qu’elle tenait dans ses mains et ce malgré les manches de sa robe qui le cachait en grande partie. Son cœur fut pris d’un léger pincement en obtenant enfin la réponse à la question qu’il se posait depuis la veille.

-Je vois que j’ai trouvé ma pourvoyeuse de livres. Habituellement, j’aurais déjà terminé le premier depuis longtemps mais il semble que même la lecture ne me permette pas de lutter contre le sommeil.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 12:59

La voix de Fenris était toujours la même. Un peu lasse mais toujours aussi calme et douce.
Halya faillit arrêter l'arrêter lorsqu'il fit mine de se lever, mais se ravisa. S'il en était capable, ce n'était pas à elle de le rabaisser. Pas après tout ce qu'ils avaient traversé. Elle sourit d'autant plus en voyant le livre qu'il venait de poser sur son accoudoir. Ainsi, il l'avait lu...

-Pardonnez mon égarement, je ne connaissais pas la Dame d'Ardamir sous cet aspect. Vous êtes ravissante.

La phrase fit remonter instantanément les yeux de la protectrice et la différence de cadre lui apparu enfin. Quittant la couverture de cuir, elle croisa le regard de Fenris. Le même genre de regard qu'il lui avait lancé le jour suivant l'attaque du Pish Oura...
Mais elle n'eut pas le temps de réfléchir plus avant, interrompu parce qui se voulait être la suite de la tirade. Il avait certes moins fière allure que dans son armure de cavalière mais bien meilleure mine que pendant leur fuite. Elle sourit de plus belle. Il était toujours aussi jovial malgré ses airs calmes et posés, deux traits qu'elle appréciait chez lui.

Après l'avoir salué d'une pique, et tout en écoutant la réponse de son ami, Halya l'invita à se rasseoir d'une main avant de la reposer sur le livre qu'elle tenait toujours. Il avait l'air encore faible et rester debout ne rimait à rien.

-C'est normal. Je m'inquiétais un peu. Répondit-elle simplement à la gratitude de Fenris avant de poursuivre. Mais il me semble que vous ne donniez plus dans le "Dame d'Ardamir" aux dernières nouvelles...

La formulation très protocolaire venant du cavalier avait choqué l'oreille d'Halya et elle n'avait pas pu s'empêcher d'en faire mention. Même si elle n'avait entendu qu'une fois le surnom dont Fenris l'avait affublée... et encore elle n'était toujours pas certaine de l'avoir entendu, il n'avait jamais dû l'appeler ainsi ou presque. Lors de leur première rencontre – assez peu protocolaire elle-même – il avait même accepté de l'appeler Arava pendant quelques jours. Mais finalement, elle préférait nettement qu'il l'appelle autrement. Son prénom, bien que tenant très à cœur à ses parents, n'était pas non plus des plus aisés. Alors ce diminutif était peut-être des mieux trouvés... s'il existait bien.

Quant au livre, lorsque Fenris s'excusa presque de ne pas l'avoir fini, cela réchauffa le cœur d'Halya plus qu'elle ne l'aurait cru. Son idée lui avait fait plaisir.

-Prenez votre temps! L'important est que vous récupériez vos forces. Je n'étais pas sûre du choix mais je me suis dit que ne pas pouvoir passer le temps lorsque vous êtes éveillé ne doit pas être très agréable, alors... J'ai moi-même eu des envie de meurtre lorsque les soigneurs ont voulu me forcer à rester alitée sans rien faire...

Elle avait répondu sans vraiment y penser, parlant librement sans avoir à chercher quoi dire ou comment le dire. En sortant d'une séance du Conseil, c'était plus agréable qu'il n'y paraissait. Laissant une seconde Fenris, elle alla chercher le siège sans dossier qu'elle utilisait habituellement lors de ses visites et le tira sur la terrasse près du fauteuil pour profiter un peu du soleil.

-Je ne savais pas si vous aviez finit le livre, alors j'ai pris la liberté de vous en apporter un autre, au cas où...

Halya hésita un instant avant de vraiment le dévoiler vraiment.
Ce livre-là était bien moins imposant et bien moins beau que le précédent. Sa couverture était taillée approximativement dans un vieux cuir sombre sans aucune annotation. Les pages épaisses n'étaient plus toutes alignées. Il paraissait ancien et on voyait sans problème que cela ne faisait pas partie des ouvrages que les érudits devaient recopier souvent... Et pour cause puisque la protectrice le tirait de sa bibliothèque personnelle et qu'il devait avoir plus de deux siècles.

-C'est un marchand qui me l'a offert, il y a longtemps, en Ithri'Vaan.

En vérité, Halya s'était souvenu d'une des premières conversations avec Fenris. Une conversation concernant les humains où le cavalier lui avait dit ne les connaître que par les livres. Et ce livre était écrit non pas sur, mais par un humain. Un recueil en vers contant l'histoire d'un homme du Nord luttant pour la liberté de son peuple. Une histoire épique marquée par les trahisons et à la fin de laquelle l'homme mourrait pour ses convictions, ralliant ainsi son peuple sous un seul flambeau prêt à réussir là ou lui avait échoué. Un classique de la culture oral de Naélis lui avait-on dit un jour.

-Une légende humaine... Je ne sais pas s'il vous plaira, mais je me suis dit qu'au moins, celui-là, vous ne devriez pas l'avoir déjà lu...

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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 13:02

Son compliment gêna la dame, mais pas de la manière qu'il l'aurait pensé. Elle ne tiqua absolument pas sur le fait qu'il la trouvait ravissante, tandis que la désignation qu'il lui avait donné sur laquelle elle s'empressa de le lui faire gentiment remarquer. Pourtant, loin de lui l'idée de réinstaller une distance entre eux. Pas après ce qu'ils avaient traversé ensemble. Surtout après ce qu'il avait découvert alors qu'ils mangeaient quelques framboises au bord d'un cours d'eau. Il avait utilisé cette formulation uniquement pour justifier le fait qu'il ne l'avait jamais réellement vu dans son rôle de Protectrice jusqu’à présent, en tout cas pas sur son propre terrain.

-Je voulais juste...

Fenris s'arrêta net. Une explication était inutile. Autant acquiescer et passer à autre chose. Pour une fois qu'il avait le loisir de la revoir... Il lâcha un soupir dans un sourire et reprit.

-Je ne le ferais plus, c'est promis... Halie.

Il avait marqué un temps avant de prononcer ce fameux surnom, celui qui lui était venu instinctivement alors qu'elle dormait contre lui. Elle n'avait alors pas réagi et il ignorait totalement ce qu'elle pensait de ce nouveau nom qu'il lui avait choisi. Attentif, il guetta une potentielle réaction.
Il accepta avec plaisir sa proposition de se rasseoir tandis qu'elle évoquait l'ennui et l'impatience dont elle avait fait preuve lorsqu'elle était elle-même alitée. Il plia alors les jambes et descendit avec prudence jusqu'à l'assise avant de se détendre enfin, l'appréhension de la douleur ayant contracté tous ses muscles. Il devait prendre soin de solliciter son dos le moins possible mais passer de le position assise à debout seul était possible après une ennéade d'incapacité.
Une fois installé, il eut un sourire à la dernière phrase de son amie.

-En ce qui me concerne, j'ai trop dormi pour me rendre compte du fil des jours. Et je suis peut-être plus patient que vous.

Il lui adressa un regard un brin malicieux avant de poursuivre.

-Herardilel souhaite que je sois un peu plus actif en journée. Malheureusement, la lecture ne semble pas être une occupation capable de me maintenir suffisamment en éveil pour cela : Je dormais à votre arrivée.

Halyalindë s'absenta l'espace d'un instant afin d'aller se chercher un siège. Quelques secondes plus tard, elle était installée tout à côté de lui. Elle lui tendit un nouveau livre après une petite hésitation. Fenris s'en saisit avec délicatesse. L'ouvrage était ancien et semblait avoir déjà beaucoup voyagé. Il en feuilleta les pages et se rendit rapidement compte que l'écriture n'était pas celle d'un scribe copiste. Il devait s'agir d'une sorte de carnet de voyage. La couverture n'était pas semblable à celle des ouvrages elfiques...

-C'est un marchand qui me l'a offert, il y a longtemps, en Ithri'Vaan.

Fenris releva rapidement les yeux vers son amie en entendant la région de provenance du carnet. Dans son regard se mêlaient l'étonnement, la curiosité et la tendresse. Les terres neutres... De l’extérieur d’Anaëh, il ne connaissait qu'une partie de l’Aduram et s'était précipité pour en sortir avant que la Symphonie ne le rende fou. Il n'était jamais allé aussi loin que les cités exotiques sur les rives de la mer Olienne. Ce petit ouvrage serait une mine d'or pour lui, une occasion d'appréhender la nature humaine par lui-même et non par l'intermédiaire d'un autre elfe.
A nouveau, l'expression de son regard se mua en reconnaissance.

-J'en prendrais grand soin. Merci.

La Protectrice était décidément pleine d'attention à son égard et cela le comblait. Toutefois, le cavalier ne voulait pas se donner de fausse joie concernant les sentiments de la dame à son égard. Cela viendrait mais bien plus tard. Lorsque lui-même serait sûr de ce qu'il ressentait. En attendant, il se donnerait du temps... Le temps de côtoyer davantage cette fameuse Halie, d'apprendre à mieux la connaître et de voir si la vie quotidienne leur siérait aussi bien que les scénarii catastrophes.
Il posa le livre sur la table d'appoint qui se trouvait à côté de lui avant de se tourner à nouveau vers son amie.

-Et vous ? Comment allez-vous ? Votre jambe se porte mieux à ce que je vois.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 13:06

Elle n'avait pas rêvé. C'était bien le diminutif qu'elle croyait avoir entendu en se réveillant ce jour là. C'était... étrange et... rafraichissant.
Avec toutes les histoires associées à Arava, tous les moments difficiles ou plaisant qu'elle avait passés, elle n'avait jamais réalisé à quel point ce surnom était devenu une part d'elle dont elle ne pouvait se défaire. Ce n'était plus un surnom réservé à ses proches, c'était une part entière de son identité. Entendre un ami l'appeler autrement était intrigant. C'était comme d'ouvrir un nouveau livre, rencontrer une nouvelle personne. Elle avait l'impression de faire peau neuve. La bonne humeur ne semblait pas vouloir se ternir aujourd'hui.

-Halie... répéta-t-elle avec un air joueur, comme si elle prenait tout de même le temps de la réflexion. Oui. J'aime beaucoup.

Ils continuèrent à deviser tandis qu'elle faisait ses arrangements de mobilier. De l'intérieur de la chambre, elle se permit de lancer:

-Plus de patience que moi? Ça n'est pas bien difficile!

Une fois le livre entre les mains de Fenris, elle lui laissa quelques instants pour parcourir les pages. Mais ce fut un regard perçant, empreint d'autant étonnement que de curiosité qui remonta sur le visage d'Halya lorsqu'elle avoua son origine.
Cela lui rappela qu'à part le soir de leur première rencontre, elle n'avait jamais parlé de son séjour hors d'Anaëh. Ce n'était pas étonnant après tout, c'était quelque chose qu'elle gardait pour elle et seul Sandriel devait en connaitre une bonne partie. Même sa famille de sang n'en savait pas grand chose. C'était la première fois qu'elle rencontrait quelqu'un qui avait l'air plus curieux que distant en ce qui concernait les mortels. Il s'était prêté au jeu de la galanterie et ne lui avait jamais tenu rigueur de certaines de ses plaisanteries.
Très vite l'expression de Fenris s'adoucit et il remercia le protectrice. Elle n'y avait pas réellement pensé jusque là mais c'était a première fois qu'elle prêtait ce livre. Le fait qu'il apprécier l'attention la touchait d'autant plus. Peut-être qu'un jour, elle lui raconterait elle-même ce qu'elle avait vécu...

Elle n'eut pas le temps de répondre que le cavalier s'inquiéta à son tour de sa santé.

-Ma jambe?

Comme réponse, elle releva légèrement les pans de sa robe pour laisser apparaitre l'atèle qui emprisonnait toujours sa jambe et sa cheville droite. Son pied, placé à l'équerre, était enfermé dans un chausson et elle pouvait marcher presque autant qu'elle le voulait à présent. Mais elle boitait toujours légèrement et sa cheville n'était pas assurée. Elle n'avait pas bien comprit ce que les guérisseurs avaient diagnostiqué, mais en tout cas, le traitement marchait à merveille!

-Avec ça, je peux me déplacer comme bon me semble. Le guérisseur dit qu'il me faudra encore au moins une ennéade avant de pouvoir l'enlever et deux de plus avant que ma jambe ne retrouve sa solidité. Mais tout est réparable. Pour le reste, je suis bonne pour deux nouvelles cicatrices assez visibles et les points de suture me démangent atrocement, mais je n'ai pas à me plaindre.

Certains des plus gros bleus et bosses étaient encore légèrement douloureux mais dans l'ensemble, tout allait bien. D'ici quelques ennéades, elle serait fin prête pour le combat... ce qui ne serait pas forcément le cas de Fenris. En plus de mettre du temps à cicatriser, ses blessures lui demanderaient surement de réadapter son dos aux efforts constant de la vie de soldat.

-Et vous? Votre soigneur - Herardilel c'est ça? - m'a dit que tout c'était bien passé lors du retrait du carreau. Vous vous en sortez? Vous arrivez à tenir le coup?

Poser des questions aux guérisseurs n'était pas du tout la même chose que de savoir comment, lui, vivait la chose. Elle prit le temps de détailler un peu plus le cavalier, passant sur son maintien encore raide et sa peau un peu moins livide pour retourner vers ses yeux asymétriques avec un sourire. Elle ne voulait pas le brusquer et tant mieux s'il ne s'en apercevait pas, mais sa question n'était pas aussi anodine qu'elle en avait l'air.
Il avait frôlé la mort plus d'une fois pendant leur périple et elle ne savait pas si c'était la première fois qu'il la côtoyait d'aussi près. Elle était bien placée pour savoir que beaucoup de choses pouvaient être remises en question par de telles expériences et que la présence d'un ami pouvait être autant un réconfort qu'un poids. Elle marchait donc sur des œufs en essayant de ne pas assombrir leur entrevue si agréable.

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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 13:08

-J’aime beaucoup.

Fenris afficha un franc sourire à ce commentaire. Il avait enfin la réponse à sa question. Lorsqu’elle le répéta pour elle-même, il eut l’impression de découvrir sa sonorité. Il était court mais doux à oreille, un peu petit bout de bonheur qui se glissait jusqu’à lui.
Oui. C’était ça. Halie. C’était tout à fait approprié.

A sa question sur son état de santé, Halyalindë lui présenta son attèle et lui expliqua ce qu’il en était. Ainsi, elle pouvait marcher avec cette aide et reprendre une activité presque normale. Il se doutait bien évidemment qu’elle devait malgré tout se ménager et laisser régulièrement sa jambe au repos. Cependant, elle s’en tirait bien et pourrait bientôt gambader dans les bois avec son loup.
Fenris lui adressa un sourire rassuré. Elle ne lui avait que peu fait part de ses blessures durant leur périple afin de le préserver. Il était vrai qu’il avait déjà suffisamment à gérer avec ses propres plaies à ce moment-là… Lui qui était habituellement si observateur n’avait rien vu de son état, c’était dire si elle avait eu raison d’agir ainsi. Il ne pouvait toutefois pas s’empêcher de se sentir un peu idiot d’avoir été aussi aveugle.

Halyalindë lui renvoya la balle en lui demandant non pas comment il allait, question à laquelle son soigneur avait déjà pu répondre, mais comment il s’en sortait et…

-Vous arrivez à tenir le coup ?

Fenris resta interdit l’espace d’un instant. Tenir le coup ?... Il lui semblait bien que la question avait davantage attrait au moral qu’au physique. Trop concentré sur sa fatigue et sur sa lente rémission, il n’avait plus repensé à leur périple. Ils ne s’en étaient tirés que par miracle. Surtout lui. Lui qui en était venu à vouloir abandonner sa vie pour donner une chance à son amie.
Il se racla la gorge, cherchant ses mots.

-Eh bien… J’ai du mal à croire que je suis ici depuis plus longtemps que n’a duré notre mésaventure. D’une part parce que je dors bien trop pour réaliser que nous sommes arrivés depuis une ennéade à présent. Et d’autre part par qu’il me semble que nous avons couru si longtemps… Vous me diriez qu’il s’est écoulé un mois, je serais prêt à vous croire.

Le cavalier faisait montre d’un amusement un peu forcé afin de ne pas ternir l’ambiance trop tôt. Toutefois, il y avait une chose ou deux qu’il avait sur le cœur et qu’il souhaitait partager avec elle. Ce serait peut-être sa seule occasion et autant s’en affranchir pour réellement passer à autre chose…

-Je voulais que vous sachiez que si vous étiez partie lorsque je vous l’ai demandé, je n’aurais pas eu de regrets. J’ai accepté l’idée de mourir à mon entrée à l’académie militaire. Du moment que la cause me paraît juste…

Il lui adressa un bref sourire avant de poursuivre.

-Cela peut sembler étrange pour des membres de notre peuple mais je suis sûre qu’une personne telle que vous peut comprendre.

Le principe de la mort était si décalée pour les elfes du fait de leur immortalité. Même si dans la pratique ils n’étaient pas éternels, leur longévité modifiait grandement leur rapport à la vie et à sa fin. Fenris avait sans doute raison de penser que seul quelqu’un ayant déjà côtoyé la mort ou qui y est préparé (comme tout militaire se doit de l’être) pouvait entendre son point de vue.
Ce rapport à la mort était toutefois surprenant pour un elfe aussi jeune et encore plein de vie. Fenris était d’un tempérament si jovial qu’il était difficile d’imaginer qu’il puisse accepter son propre décès avec tant de facilité.

Le cavalier entreprit de rehausser l’ambiance dont il avait probablement dû faire chuter le niveau bien bas.

-J’ai l’impression qu’hier encore je grelottais au pied d’un arbre. C’est étrange de se réveiller dans un palais et d’écouter les discussions badines des servantes. J’ai passé près de la moitié de ma vie dans l’armée. Et les commérages, aussi innocents soient-ils, sont bien différents parmi les soldats. Je ne m’attendais pas à entendre à nouveau parler de la couleur surprenante que l’Ambassadrice de Méra à choisie pour la robe qu’elle portait lors du dernier conseil… C’est très rafraichissant.

Quelques rires s’échappèrent de la gorge du cavalier tandis qu’il repensait à la scène. Il avait été si surpris parce la conversation. Cela lui semblait si lointain l’époque où il avait de telles préoccupations. L’académie puis le service militaire aux côtés de son frère l’avaient bien vite éloigné de tout ça.
Reprenant un peu de sérieux, il adressa un sourire sincère à son amie.

-Je suis heureux d’être ici.

Il se devait de le lui dire. Après tout, c’était à elle qu’il le devait. L’affrontement avec les drows n’aurait pas connu la même issue sans son intervention. De plus, elle avait pris soin de lui alors qu’il avait sombré dans l’inconscience après avoir jeté son sort. Oubliant qu’il lui avait déjà sauvé la vie à plusieurs reprises, il avait l’impression de lui devoir tellement…
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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 13:13

Halya regretta une seconde d'avoir poser la question lorsque Fenris se racla la gorge, semblant chercher ses mots. Mais cela ne dura qu'une seconde. Visiblement, il n'était pas seulement plus patient qu'elle, il avait surtout été grogui de fatigue jusque là! Cette fois la protectrice ne décela pas les fausses notes dans la manière qu'avait Fernis de rebondir avec amusement mais elle dicerna sans problème son affectation lorsqu'il revint sur la décision qu'il avait été prêt à prendre. Pas de regret. L'acceptation d'une vie entièrement dédiée à la protection des autres. Il avait été modelé pour cela mais ce genre de choses ne pouvaient provenir que d'une décision personnelle.

-Cela peut sembler étrange pour des membres de notre peuple mais je suis sûre qu’une personne telle que vous peut comprendre.  

Oui. Elle comprenait dans le fond. Elle comprenait comment on pouvait en arriver là. Comme elle comprenait les sacrifices que cela demandait. Contrairement aux autres elfes, les militaires devaient se faire à l'idée que leur vie ne serait pas éternelle... et même plutôt brève pour la plupart d'entre eux. C'était peut-être là la raison de la jovialité du cavalier. Comme elle, il avait accepté la mort et profitait de la vie en conséquence? Même si cela restait surprenant au vu de son jeune âge, c'était loin d'être impossible. Ils avaient beau ne pas avoir les mêmes avis sur le combat en lui-même, certaines choses déteignaient forcément sur le caractère et la vision du monde des combattants.
Elle hocha la tête.

-Oui. Je voulais aussi vous dire que je regrettais les choses que j'avais pu dire à ce propos. C'était totalement immérité. Je n'ai pas su garder la tête froide et je m'en excuse.

Quitte à aborder les sujets difficiles, autant le faire une bonne fois. Elle n'avait pas envie d'y revenir mais sentait le besoin de s'excuser malgré tout. Les jours de leur fuite avaient tourné dans sa tête pendant cette dernière ennéade et c'était une chose sur laquelle elle n'avait jamais eut le temps de s'expliquer. Elle savait pertinemment qu'elle referait exactement le même choix et pas forcément avec plus de tact, mais cela ne voulait pas dire qu'il était inutile de demander pardon.

Elle fut par contre assez reconnaissante lorsque le cavalier aborda de lui-même un sujet plus joyeux. Le rire franc de la Protectrie se mêla à celui du cavalier lorsqu'il évoqua la discussion des servantes au sujet de l'ambassadrice de Mera. Quelques jours auparavant, elle avant en effet surpris beaucoup de monde avec une teinte jaune poussin des plus voyantes. Certes le vêtement allait particulièrement bien à l'ambassadrice, mais ce n'était absolument pas dans les habitudes vestimentaires d'Ardamir.

-Laissez-moi deviner... C'était il y a deux ou trois jours?

Les quelques rires se calmèrent bien vite, laissant le moral d'Halya au plus haut.

-Je suis heureux d'être la.

La main de Fenris avait glissé sur le bras de la dame de façon tout à fait naturelle, montrant que les limites abolies pendant leur périple le restaient toujours maintenant. Et ce simple geste était étrangement apaisant. Les derniers mots avaient été prononcés très sérieusement, comme un ultime remerciement. Non plutôt comme s'il ne parlait pas seulement du palais ou d'Ardamir...
Halya soutint son regard avec un sourire plus doux que les précédents. La compagnie du cavalier était toujours agréable, même maintenant qu'ils n'étaient plus dans l'urgence. La main qu'elle sentait à travers ses bandages et le tissu de sa robe étaient aussi présents que son regard. Cela la ramena un instant à un autre regard qu'il avait posé sur elle pendant leur fuite. Un regard doux sur lequel elle n'avait pas préféré s'attarder... mais qui lui était revenu à de nombreuses reprises. Elle ne pouvait que rendre les armes devant l'évidence, elle en avait été légèrement troublée... et ce n'était pas par simple gêne.

Surprise par sa propre réalisation, elle détourna un instant le regard avant de se reprendre. Fenris était alors fiévreux et elle même n'était pas au mieux de sa forme. Ils avaient passé le genre de moment difficile qui forgent forcément des liens étroits. De plus, ils se connaissaient à peine.
Pourtant, Elle buta sur les premiers mots.

-Très bien... Je ne pouvais quand même pas vous laisser retourner à Eraison comme cela après ce que vous aviez fait pour moi.

C'était vrai, elle s'était beaucoup inquiétée de l'état du cavalier et le savoir au front alors que sa situation était critique était tout sauf une bonne idée. Mais il n'y avait pas que cela...

-Et puis j'avoue que pouvoir passer un peu de temps avec un ami me fait toujours plaisir.

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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 13:16

-Oui. Je voulais aussi vous dire que je regrettais les choses que j'avais pu dire à ce propos. C'était totalement immérité. Je n'ai pas su garder la tête froide et je m'en excuse.

Fenris leva une main, comme pour signifier que ce n'était rien et qu'il ne lui en tenait pas rigueur.

-C'est oublié. Je ne vous garantie pas que j'aurais fait preuve de tout mon sang froid dans la même situation.

Le noble ne manqua pas de se rendre compte de la gêne passagère de son amie alors qu'elle détournait brièvement les yeux. Décidément, cela ne survenait que lorsqu'il s'y attendait le moins. Elle n'avait eu aucune réaction tandis qu'il la complimentait ouvertement. Qu'est-ce qui pouvait bien la perturber à présent ? Etait-ce son regard bicolore ? Elle devait y être habituée depuis le temps. Son geste ? Ils avaient connu bien pire durant leur périple...
Dans le doute, le cavalier préféra retirer sa main et cligner quelques fois des yeux afin de lui permettre de reprendre un peu de contenance.

-Très bien... Je ne pouvais quand même pas vous laisser retourner à Eraison comme cela après ce que vous aviez fait pour moi.

-Est-ce avec cet argument que vous avez convaincu mon frère de me laisser partir avec vous ?

-Et puis j'avoue que pouvoir passer un peu de temps avec un ami me fait toujours plaisir.

Un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres tendit qu'il portait à nouveau son regard sur elle.

-Cela devrait pouvoir s'arranger.

Un brin de malice apparut sur le visage de l'elfe tandis que des bruits de pas s'approchaient d'eux. Il ne se rendit même pas compte du message caché que pouvait renfermer la dernière réplique de son amie... Elle n'avait pas besoin de n'importe quel ami. C'était sa compagnie à lui qu'elle recherchait. Mais Herardilel apparut entre les voiles de la porte fenêtre et cela coupa court à leur conversation. Le soigneur afficha une mine réjouit en trouvant les deux elfes.

-Encore debout ? Je m'attendais à vous trouver assoupi avec votre livre sur les genoux, comme hier.

Fenris accusa la plaisanterie mais il fut bien forcé de reconnaître qu'il avait raison : Difficile pour lui de garder les yeux ouverts lorsqu'il était seul.

-Je dois avouer que Dame Yasairava y a beaucoup contribué. Et que je somnolais à son arrivée...

Le jeune noble préférait revenir aux formules de politesse usuelles en la présence du soigneur. Il aurait été peu convenable d'affubler la Protectrice de son surnom en public. Et puis, après tout, c'était une chose qui leur appartenait. A la rigueur pouvait-elle l'appeler par son prénom mais seulement pour s'adresse directement à elle, pas pour la désigner à quelqu'un d'autre.
Le soigneur fit quelques pas dans leur direction et salua la Protectrice comme il se le devait avant de se tourner à nouveau vers son principal patient du moment.

-Je venais vous tenir compagnie pour vous aider à lutter contre le sommeil mais puisque c'est déjà fait, je vais plutôt vous reconduire à votre lit. Vous êtes levé depuis suffisamment longtemps. Mais avant...

Herardilel leva les mains afin de montrer les trois fioles qu'il tenait. Fenris ne cacha pas sa réaction devant cette mauvaise surprise mais cela n'empêcha pas le soigneur de poser ses remèdes sur la petite table d'appoint le temps d'effectuer les préparatifs.

-N'auriez-vous pas plutôt de l'hydromel de soixante-dix ans d'âge ? Le goût n'en serait pas moins atroce mais le nombre de degrés anesthésieraient entièrement mes papilles.

Habitué à ce genre de réaction et à l'humour du cavalier, le soigneur rit de bon cœur avant de lui tendre les deux premières fioles. Fenris les avala d'une traite, grimaçant après chaque traitement. Herardilel récupéra les flacons vides avant de lui tendre le troisième.

-Trois ?!

-Oui. La première pour la cicatrisation, la seconde pour vous aider à refaire le sang qu'il vous manque et celle-ci pour vous redonner un peu d'énergie.

-N'est-ce pas contre-indiqué si je dois me reposer dans quelques minutes ? Demanda Fenris en se saisissant de cette dernière fiole.

-Non. L'efficacité n'est pas immédiate mais elle est bien plus pérenne. Cela sera très progressif et vous n'en ressentirez réellement les effets que dans quelques jours.

Tandis que le cavalier avalait son dernier traitement, Herardilel eut un regard en direction de la dame. Elle qui se plaignait d'un peu de potion diluée... Son ami se trouvait moins bien lotis qu'elle. Il reprit la dernière fiole avant de récupérer les deux autres sur la table.

-Bien. Je vais préparer le prochain traitement et je reviens vous chercher.

Fenris inclina la tête en guise d'accord avant de se retrouver à nouveau seul avec Halie. Ils devaient donc déjà se dire au revoir... Cette entrevue avait été trop courte à son goût. Pour une fois qu'il avait l'occasion de se voir. Mais il ressentait effectivement a fatigue qui semblait déjà vouloir reprendre le dessus sur son esprit et il devait bien admettre qu'il lui fallait se ranger à l'avis de son soigneur.
Tournant son regard vers son amie, il lui adressa un sourire. Ils ne pouvaient pas se quitter comme ça... Il se sentirait mieux s'il avait l'assurance de la revoir bientôt.

-Aimez-vous les jeux de société ? J'ai vu un plateau de je ne sais quoi qui traînait dans un coin de ma chambre. Si vous avez un peu de temps les jours prochains...
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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 13:26

Très rapidement, l'entretient des deux elfes fut interrompu par l'arrivé du guérisseur de Fenris. Halya ne se formalisa pas du fait qu'il utilise sont nom de famille pour parler d'elle. C'était la coutume et elle même aurait surement parlé du "Sir Nöldorion" et non de "Fenris". Elle s'amusa plutôt de voir que les deux elfes semblaient avoir bien sympathisé... et cela la rassura un peu de voir de ses yeux à quel point le guérisseur prenait soin du cavalier.

Et cela marquait aussi la fin de leur premier tête à tête depuis leur retour à la civilisation. Fenris était encore faible et le soigneur ne le laisserait pas s'épuiser en vain. Elle attendit cependant que son ami prenne ses remèdes... trois... Et ça avait l'air particulièrement infecte. Une fois qu'il eut avalé la dernière fiole, elle ne put s'empêcher de prendre à partit Herardilel, dès fois qu'il décide de se venger des petites moqueries que se permettaient la protectrice.

-Je vous promet de ne plus jamais émettre la moindre plainte à propos de vos remède...

La réplique eut le mérite de faire rire un peu le guérisseur avant qu'il ne s'excuse et ressorte, surement autant pour aller préparer ses remèdes que pour laisser le temps aux amis de se saluer dans les formes. Le tact dont il faisait preuve était tout à son honneur.

Halay se trouva de nouveau seul avec Fenris. Elle devait partir. Elle avait encore une foule de chose à faire.

-Et bien il semble que je doive vous  laissez... Voulez-vous que je poses ces livres sur votre table de chevet?

Lorsque cavalier lui fit sa proposition, elle chercha dans sa mémoire si elle avait vu le plateau en question lors d'un de ses passages. Si c'était le cas: impossible de s'en souvenir...

-Bien sûr. Et cela vous aiderait peut-être à rester éveiller un peu plus longtemps. Mais je dois avouer que cela fait des années que je n'en ai pas eu l'occasion. J'espère que vous ne serez pas trop sévère...

Elle avait repris son sourire joueur. Dans l'état du cavalier, c'est plutôt lui qui aurait put l'accusée d'user d'un avantage... Surtout que la dame jouait de temps à autre avec son père. Mais puisqu'elle ne connaissait pas le jeu auquel elle aurait affaire, autant en profiter.

Elle se leva et remis le siège qu'elle avait bougé à sa place d'origine avant de saluer une dernière fois Fenris. Elle s'approcha et posa légèrement une main sur son épaule valide pour qu'il ne tente pas de se lever comme sa son arrivée.

-A demain.

En sortant, elle ne s'apperçu même pas de la simplicité de sa phrase. Depuis son retour en Ardamir, et même si c'était la première fois qu'elle discutait avec son occupant, elle passait dans cette chambre chaque jour. Pour s'assurer que tout allait bien? Parce qu'elle se sentait responsable? Elle n'avait sauté cette habitude qu'une seule fois l'avant veille à cause d'une question pressente de l'ambassadrice de Mera. Cela lui avait parut tout naturel de revenir le jour suivant.
En tout cas, a présent, elle passerait surement pour se changer les idées. Car si elle avait des connaissances avec qui elle pouvait se détendre, Fenris était bien le seul qui n'était en aucune façon relié à la Politique de la ville... et qui, par conséquent, ne lui en parlerait pas.

Elle était heureuse qu'il aille bien... autant physiquement que mentalement. Tout cela ne semblait pas l'avoir changé. Il était fatigué mais le cavalier qu'elle avait rencontré était toujours là.

Le jour suivant fut moins agité que les précédent. La Protectrice eut même le temps de quitter le palais pour rendre visite à son père. Ce ne fut donc que dans l'après midi qu'elle franchi de nouveau le seuil de la chambre de Fenris pour la fameuse partie. Partie qu'elle n'emporta pas...

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MessageSujet: Re: Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 13:32

Fenris fut ravi de voir la facilité avec laquelle elle son amie accepta de faire quelques parties avec lui. Cela aurait comme effet non seulement d'égayer un peu ses journées mais aussi de l'aider à rester éveiller plus longtemps. Il accueillit donc son acceptation avec un grand sourire.
Lorsque Halyalindë prit congé, il la salua d'un signe de tête et lui rendit son "à demain" avant de la regarder disparaître dans la pénombre de la chambre. Herardilel ne tarda pas à le rejoindre. Il le laissa se lever seul et resta près de lui tandis qu'il se rendait jusqu'à son lit. Il l'aida à s'allonger et le laissa se reposer. Pendant ce temps, il fit préparer un bain que le cavalier prit un peu plus tard. La baignade n'avait désormais plus de but thérapeutique, même s'il devait veiller à ne pas perdre inutilement la chaleur qu'il emmagasinait sur la terrasse. L'eau lui semblait moins bouillante qu'à ses débuts et il profitait enfin de ses bains comme il le faisait autrefois. Herardilel contrôla ses blessures qui cicatrisaient très bien puis il refit les bandages avant de le laisser dîner et se coucher.

Les jours suivant, Halyalindë tint sa parole et revint pour jouer quelques parties avec lui. Durant leur jeu, nulle discussion déplaisante. Ils avaient déjà réglé toutes les questions que leur périple avait laissé en suspend et profitaient à présent de la vie qu'ils étaient parvenus à préserver. L'ambiance était bonne enfant et leurs rires raisonnaient entre les branches alentours. Après des jours entiers passés à dormir, le cavalier avait l'impression de reprendre peu à peu vie, comme si son cerveau était resté léthargique durant toute cette période et que ces moments lui permettaient de le raviver lentement.
La Protectrice ne semblait guère douée pour ce jeu mais elle tendait à s'améliorer au fil des jours. Fenris lui donnait parfois quelques astuces afin de préserver ses pions. Si ses conseils portaient lentement leur fruit, cela ne fut guère suffisant pour lui permettre de remporter une manche. Heureusement pour elle, son ami avait la victoire modeste et l'encourageait à persévérer. Pour autant, il ne lui facilitait pas la tâche, craignant qu'elle ne trouve l'attention rabaissante ou qu'elle l’interprète comme de la pitié.
Leurs parties se mirent à durer de plus en plus longtemps, Fenris ressentant de moins en moins la fatigue. Il lui semblait qu'il appréciait de plus en plus la compagnie de la Dame d'Ardamir. Toutefois, il lui tardait de pouvoir quitter les murs de cette chambre pour prendre l'aire ailleurs que sur la terrasse et explorer la cité.
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Le beau dormant... ou les premières rémissions de Fenris [PV Halie] [Terminé]
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