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 Zaahrian - assassin [terminé]

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Zaahrian
Sang-mêlé
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Personnage
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MessageSujet: Zaahrian - assassin [terminé]   Dim 29 Mar 2015 - 15:42


Nom/Prénom : Zaahrian
Âge/Date de naissance : 100 ans soit  le 9 jour (Tariho) de la troisième ennéade du mois de Karfias de l’an 907
Sexe : Masculin
Race : Semi-elfe
Faction : L’Ithri’Vaan
Particularité : Zaahrian ne sait pas qui est son père. Sa mère a emporté ce secret dans sa tombe.

Alignement : Chaotique neutre
Métier : Assassin
Classe d'arme : Corps à corps. Il se bat avec une épée et un poignard.

Équipement :

- Une épée
- Un poignard
- Des vêtements : tuniques (2), pantalon de cuirs, bottes de cuirs, ceinture avec fourreaux pour son épée et son poignard.
- Une armure légère en cuir : Un plastron avec une dossière retenu par des sangles avec des épaulettes et des jambières.
- Des gants de cuirs
- Un sac à dos pour transporter ses effets personnels
- Une pochette de cuir qui contient 4 fioles de verre pouvant contenir du poison. Une seule en continent encore.
- Une couverture pour les nuits à la belle étoile
- Une cape
- Le nécessaire pour allumer un feu

Description physique :

Zaahrian a largement hérité des traits caractéristiques de ses aïeux elfes. Grand et svelte, il a une démarche légère et sûre qui lui permet de se déplacer silencieusement. Ses cheveux sont d’un blond très clair qu’il porte assez long et son visage semble figé dans le temps. Le sang immortel des elfes mélangé à celui des humains lui garantit une vie longue, très longue pour un mortel et un vieillissement tout en douceur. C’est un concept difficile à accepter pour lui, car il a passé la majorité de sa vie entourée d’humains, humains qu’il a aussi vus mourir. Si les hybrides ne sont pas rares, il n’est pas du genre à s’arrêter pour parler de ses sentiments avec le premier venu.

Toutefois, contrairement aux elfes qui ont une stature plutôt frêle et légère, Zaahrian a une musculature beaucoup plus marquée. Il ne sera jamais gonflé comme certains de ses guerriers qui ont le cou aussi large que celui d’un taureau, mais ses muscles sont bien découpés. C’est un corps dont il est fier et qui le rend un peu vaniteux. Certes, il est fort, mais la puissance n’est pas son point fort. Au combat, il préfère éviter les affrontements directs le plus possible, privilégiant les attaques-surprises et les issus rapides. S’il doit engager un combat, Zaahrian sait très bien se défendre. Il est rapide sur ses pieds et le fait qu’il se batte avec deux armes fait de lui un adversaire redoutable. Une fois encore, il va s’assurer de ne pas avoir le temps de se fatiguer en gratifiant son opposant de coups traitres et salops. C’est un adepte de « dirty fight » et il ne s’en cache pas.

Il est dit plus haut que son visage semblait figé dans le temps. C’est effectivement le cas, bien que ce ne soit qu’une illusion passagère. Il finira par vieillir grâce au sang humain qui coule dans ses veines. Toutefois, le processus est grandement ralenti, de sorte que depuis qu’il a dépassé les 70 ans, son visage est resté inchangé. Des traits fins, mais durs, assez osseux avec une mâchoire assez prononcée et un menton relativement pointu. Ses lèvres sont pleines et promptes au sourire narquois qui le caractérise si bien. Ses yeux sont d’un gris pâle saisissant surmonté de sourcils qui lui donnent un air sévère lorsqu’il ne sourit pas. Son teint reste relativement pâle, même lorsqu’il reste au soleil pendant de longues heures. Seuls ses cheveux sont véritablement affectés. Ils deviennent si pâles qu’ils paraissent presque blancs. Pour ce qui est de ses oreilles : pour les hommes elles sont assez pointues pour qu’on pense que c’est un elfe, mais pour un elfe elles sont trop rondes pour que ce soit le cas. En toute sincérité, Zaahrian n’en a rien à faire.

Lorsqu’il part en mission, il arrive parfois que Zaahrian trace des motifs sur son visage avec de la peinture. Ce n’est pas vraiment pour le rendre méconnaissable, mais surtout pour en mettre plein la vue quand sa « victime » posera son regard sur lui. Il est plutôt flamboyant dans son genre et on le lui a reproché souvent lorsqu’il était actif, mais comme il était aussi très efficace, on le laissait faire.

Description mentale :

Lorsqu’on parle d’un assassin, on s’attend à ce qu’il soit un être particulièrement froid et méthodique, cruel et sans scrupule avec un penchant certain pour la mort. Pourtant, ce n’est pas tellement la description que l’on pourrait associer à Zaahrian. Certes, il est méthodique et professionnel dans ce qu’il fait, mais on ne pourrait pas dire qu’il est véritablement cruel. En fait, on peut facilement tenir une conversation avec lui et le trouver agréable. Enfin, il faut aimer son humour noir et son côté narcissique qui ressort à l’occasion. Il donne l’impression de ne pas se prendre au sérieux parfois. Évidemment, c’est difficile de dire s’il s’agit d’une façade ou s’il est réellement ainsi.

En fait, Zaahrian assume totalement le fait qu’il est un assassin. Pour lui, ce qu’il fait n’est pas plus mal que les guerriers au service d’un roi ou d’un prince. Les deux sont payés pour tuer. La seule différence c’est que l’assassin n’attaquera pas directement de front. Il n’est pas à la recherche d’une gloire éternelle et évite le plus possible les affrontements. Non, il va frapper par-derrière ou utiliser du poison, mais le résultat final reste le même. Sa cible est morte. On dit qu’ils sont des lâches en frappant ainsi aussi sournoisement. Pour Zaahrian, il croit plutôt agir intelligemment et sans se fatiguer. Est-ce si mal de vouloir rester en vie? En plus, jamais il ne fait souffrir ses victimes alors qu’un guerrier blessé peut mettre plusieurs jours à mourir dans d’atroce douleur. Sincèrement, qui est le plus mauvais des deux?

Certains diront aussi que pour être un assassin, il faut n’avoir aucun respect pour la vie. Zaahrian a un grand respect pour la vie. Il en profite autant qu’il peut le faire. Voilà, la mort fait partie de la vie. S’il y a une chose qui est certaine dans ce monde c’est que tout le monde finit par y passer, même les elfes. Ça prend juste plus de temps. Il ne prend pas un réel plaisir à tuer, mais ça ne le répugne pas non plus. En fait, généralement, les gens qu’il doit tuer ont une bonne raison de mourir. Il a plutôt l’impression de rendre service à l’humanité. Évidemment, il arrive parfois que les motifs de ses employeurs soient plus obscurs. Il essaie de ne pas trop se poser de question, mais c’est quelques fois inévitable.

Évidemment, maintenant qu’il n’est plus actif, Zaahrian est à la recherche d’une nouvelle carrière. Il est à la croisée des chemins. Il a été témoin de la mort de sa mère ainsi que de ses amis humains. Il sait que son sang elfe va le maintenir en vie longtemps encore. Face à ça, il ne sait pas trop comment réagir. Il ne sait pas qui est son père et même s’il clame n’en avoir rien à faire, il aimerait bien un jour le croiser. Chaque fois qu’il voit un elfe, il ne peut s’empêcher de s’interroger et de se demander si c’est lui. Il sait bien que les elfes n’ont qu’un intérêt limité pour leurs progénitures bâtardes, mais bon, qui sait? Il est parfaitement conscient que ces interrogations sont issues de son côté humain et, dans ses mauvais jours, il voit ça comme une faiblesse. Évidemment, si quelqu’un demande ses services en tant qu’assassin, il le fera. C’est tout ce qu’il sait faire. Il a été élevé dans cette optique. Il ne peut pas être un professeur, il ne peut pas être un guerrier ou même un marchand. Cependant, il s’y connait très bien dans l’art des poisons et comment prendre une vie. En attendant, il voyage beaucoup et profite de la vie autant qu’il le peut.

Un dernier petit détail important de la personnalité de Zaahrian. Il préfère les hommes. Malheureusement, les femmes sont toujours sur ses talons alors que lui il préfère celui qui est assis dans le fond de la salle, qui le regarde sans vouloir se faire remarquer. Ce n’est pas quelque chose qu’il affiche publiquement. En fait, personne ne le sait sauf les quelques très rares amants qu’il a eus dans sa vie. Bien qu’il éprouve du désir, ce n’est pas une priorité dans sa vie. On aurait tendance à croire qu’il ne vit que pour passer d’un bordel à l’autre en mettant dans son lit tout ce qui bouge, mais ce n’est vraiment pas le cas. Pour lui, profiter de la vie c’est plutôt boire une bonne bière fraichement brassée en compagnie de joyeux lurons à raconter des histoires plus invraisemblables les unes que les autres…

Capacités magiques :
Votre texte ici

Histoire :

Le choix d’une mère…

Zaahrian a passé les premières années de sa vie sur les routes avec sa mère et un petit groupe de marchants voyageant de ville en ville pour y vendre diverses marchandises. Il ne sait pas dans quel contexte sa mère rencontra son père, mais il était le seul enfant du groupe à avoir du sang d’elfe en lui. Du moins, il était le seul pour qui c’était véritablement apparent. Avec les années, Zaahrian a compris que les traits elfiques sont plus ou moins apparents selon les cas. Bref, sa mère suivait ce groupe de voyageur. On appréciait ses connaissances de la forêt et des plantes qui y poussaient. Elle était la guérisseuse du groupe et vendait des herbes médicinales ainsi que des remèdes à ceux qui en avaient besoin. C’était une femme de caractère qui appréciait son indépendance, mais c’était une bonne personne. Zaahrian se souvint d’avoir été heureux. Ce n’était pas toujours facile, mais c’était une vie simple. Il serait probablement devenu marchand ou guérisseur à son tour si la vie n’en avait pas décidé autrement.

Il était encore très jeune quand c’est arrivé. Zaahrian ne sait pas exactement comment c’est arrivé et ses souvenirs sont confus, mais il sait que sa mère fut approchée par un homme de belle apparence, Daeron. Il l’apprendra plus tard, mais cet homme était aussi un demi-elfe. Il était très charmant et ce n’est pas étonnant que sa mère en soit tombée amoureuse. Après tout, même si elle aimait son indépendance, elle avait aussi un fils à nourrir et cet homme offrait ce dont il avait besoin : de la stabilité, un toit sur la tête et une figure paternelle à qui s’identifier. À ce moment-là, personne n’avait compris que cette relation avait son intérêt. Pour des raisons bien précises, il avait les yeux sur Zaahrian ou plutôt, sur ce qu’il pouvait devenir avec le bon entraînement.

Sa mère épousa Daeron lors d’une cérémonie très joyeuse avec abondance de musique et de nourriture. Il était un homme prospère bien que la nature de ses activités ait encore été un mystère à ce moment-là. Il disait travailler pour un homme riche et qu’il s’employait à réaliser diverses tâches pour lui. Cela lui permettait de voyager beaucoup et il avait un tas d’histoire à raconter. Tout cela fascinait le jeune garçon qui était fasciné par ces récits comme tout jeune garçon l’aurait été à sa place. C’est à cette époque qu’il a appris sa première grande leçon de la vie : si tout semble trop parfait, c’est qu’il y a probablement quelque chose de suspect de cacher derrière. Quand la petite famille emménagea dans la demeure de Daeron, la vérité fut révélée. Il travaillait bien pour un homme puissant de la région, mais ce n’était pas son talent de négociateur qu’il mettait à son service, mais bien ses talents d’assassin.

Zaahrian ne sait pas si sa mère fut naïve ou non dans cette histoire et il n’est pas près de lui jeter le blâme. Il est certain qu’elle voulait ce qu’il y avait de miteux pour lui et tout le monde fait des erreurs. Daeron collait beaucoup plus à la description d’un assassin que Zaahrian aujourd’hui. Derrière sa façade d’homme charmant se cachait un homme sans scrupule et manipulateur. Tout ce qu’il faisait avait un but précis et il savait comment tirer avantage des autres. Autour de lui, il avait un petit groupe d’apprentis, tous des semi-elfes à divers degrés. C’était des enfants abandonnés ou kidnappés par ses soins pour les former à devenir des assassins.  À cette époque, il ne comprenait pas les ambitions de Daeron derrière tout ça, mais en vieillissant, tout lui apparut nettement plus clair. Daeron était avide de pouvoir. Se mettre au service des autres n’était pas suffisant pour lui. Il voulait qu’on le craigne et l’admire. En se mettant à la tête d’un petit groupe d’assassin, il voulait attirer sur lui la notoriété dont il rêvait tant. Il désirait une place de choix dans l’échiquier politique de l’Ithri’Vaan en devenant le tueur de rois et de princes. Bref, il était fou, mais son plan a bien failli fonctionner.

Pendant longtemps, Zaahrian se demanda pourquoi sa mère n’avait tout simplement pas fui en découvrant la vérité. Peut-être aimait-elle vraiment Daeron. Peut-être même que c’était réciproque, car il n’a jamais compris pourquoi il avait gardé cette femme en vie. En même temps, elle fut d’une grande utilité à cause de ses connaissances sur les plantes. Comme tout ce qu’il faisait semblait toujours calculé dans les moindres détails, ça n’aurait pas été étonnant. C’est donc de sa propre mère qu’il apprit l’art des poisons, car comme elle le disait : ce qui peut servir à soigner peut aussi tuer un homme; c’est une simple question de dosage. La femme qui se souciait tant de la santé des autres lui avait appris à tuer. En fait, peut-être qu’elle avait fait tout ça pour garder son fils en vie…

Quand la mort frappe une première fois…

Son avenir était loin d’être sécurisé et Daeron s’avéra être un maître particulièrement exigeant et cruel. Les plus faibles finissaient par disparaître pour être remplacés par de nouvelles recrues. De ceux qui étaient avec lui au moment où intégra le groupe, seulement deux ont réussi à s’en sortir : lui et Guilin. Guilin est probablement ce qui peut se rapprocher le plus d’un ami pour lui. Ils ont grandi ensemble et fait face aux mêmes difficultés. Semi-elfe comme lui, ils étaient pourtant très différents physiquement. Ses cheveux étaient noirs comme la nuit et, alors que Zaahrian se développait en musculature, Guilin restait d’une stature plus légère et délicate. Ça lui donnait un net avantage sur la rapidité. Un fort esprit de compétition se développa entre eux et ils étaient toujours à essayer de déterminer qui était le plus rapide, le plus fort, le plus silencieux. Ils trouvaient à s’amuser malgré leur situation plus que précaire.

Le temps passa, très lentement. Zaahrian voyait les années avoir de plus en plus d’emprise sur sa mère. Quarante-cinq années avaient passé pour lui, mais il avait toujours l’air d’un jeune adolescent. Quant à elle, sa mère était devenue une vieille femme dont la vie ne tenait plus qu’à un fil. Il savait que c’était inévitable. Zaahrian avait vu la mort tellement souvent qu’il en était insensible. Pourtant, cette mort avait une saveur particulière. Elle l’affecterait personnellement et c’était un sentiment désagréable et déroutant. Le moment venu, il resta avec elle jusqu’à la toute fin. Il la regarda lutter contre l’inéluctable, se battre à chaque respiration jusqu’à ce qu’enfin, son souffle soit suspendu à tout jamais. Il ressentit un intense sentiment de perte, mais aucune larme ne coula sur ses joues. La mort avait enfin apporté la paix à sa mère et c’est en voyant son visage paisible qu’il comprit tous les sacrifices qu’elle avait faits pour lui. Dans la mort, elle avait emporté avec elle nombre de ses secrets, dont l’identité de son père.

Durant la nuit, Zaahrian entreprit de creuser une fausse pour le corps de sa mère. Il creusa longtemps. Il espérait que l’effort physique apaise le malaise qu’il ressentait malgré tout.

« — Zaahrian, je crois que c’est assez profond…

Le jeune homme leva les yeux vers Guilin dont il avait reconnu la voix. Il se tenait près de la fausse qui était effectivement très profonde; les bords lui arrivaient à la hauteur des yeux.

— Ah…

— Viens, je vais t’aider à sortir de là.

Guilin tendit la main pour le tirer de là. Zaahrian était dans un triste état. Il était couvert de terre et il avait terriblement mal dans les bras. Il pouvait à peine les remuer. Guilin lui enleva quelque chose des cheveux avec une grimace de dégoût.

— Tu avais un vers de terre dans les cheveux.

— Sacrée excuse pour me faire un câlin, ça!

— Tu trouves le moyen de faire de l’humour même maintenant? Vraiment?

— Ne me sous-estime pas. Viens, il faut la mettre en terre. Où est Daeron?

Guilin haussa les épaules.

— Je l’ai vu s’enfermer dans une chambre avec deux femmes. Ne me demande pas ce qu’ils sont en train de faire…

Zaahrian gloussa de rire, imité par Guilin. Ensemble, ils réussirent à mettre en terre la mère du jeune homme. Il aurait aimé pouvoir la changer et la mettre dans de plus beaux vêtements. Quand la fosse fut refermée, les deux adolescents restèrent devant pendant un moment.

— Ce n’est pas le moment de faire une prière? Demanda Guilin le plus sérieusement du monde.

— Je ne sais pas moi. À qui veux-tu que je fasse une prière?

— Ben… aux divinités… tu sais… pour recommander l’âme de ta mère au repos éternel.

Zaahrian regarda la terre fraichement retournée en se demandant vraiment ce qu’il pouvait bien dire comme genre de prière. Il finit cependant par dire quelques mots.

— Au revoir, maman. Repose-toi bien… Attends-moi pas trop vite… ça risque de prendre un certain temps avant que j’arrive…

Guilin lui serra l’épaule avant de l’entraîner doucement à l’intérieur pour se laver. »



La mort de sa mère marqua un tournant important dans la vie de Zaahrian. Elle était le dernier lien mortel qu’il avait avec ce monde. Tous ceux qu’il a connus durant son enfance étaient morts depuis longtemps. Le temps continuait sa course sans l’atteindre, mais le monde continuait de changer. Il n’atteignit l’âge adulte qu’aux environs de 65 ans. Il avait alors cessé de grandir et son visage avait l’apparence d’un jeune adulte de 20 ans. Selon Daeron, il pourrait vivre encore 500 ou 600 ans s’il avait de la chance. Son passage à l’âge adulte signifiait aussi qu’il était maintenant prêt à partir en mission.

Un assassin est né…

En réalité, la première mission n’était pas le baptême de feu des assassins. De la façon dont Daeron entraînait ses recrues, ceux qui étaient presque prêts à remplir des contrats étaient chargés de tuer les recrues qui étaient jugées incompétentes. Trois de ces jeunes gens étaient morts sous la main de Zaahrian. Il n’avait pas le choix, c’était eux ou lui. S’il avait refusé de le faire, il aurait été tué à leur place. Une première fois marque toujours et Zaahrian gardait un souvenir très vif du premier apprenti ayant trouvé la mort par sa faute. En fait, il s’avéra que le jeune homme avait volontairement échoué aux tests en sachant très bien ce qui allait lui arriver. Ne voyant aucune issus et n’ayant aucune envie de devenir un tueur, il préférait embrasser la mort volontairement. Il n’avait posé aucune résistance à Rian.

« Daeron avait donné à Zaahrian une dague en lui disant qu’il était maintenant prêt à prendre sa première vie. La victime était un jeune humain jugé trop faible. Il devait être tué et ça constituait aussi un test pour les recrues plus anciennes. C’était le point de non-retour, le moment où ils devenaient des meurtriers. Rian était nerveux, certes, mais il était aussi déterminé à ne pas mourir maintenant. Lorsqu’il entra dans la cabane où était enfermé l’adolescent, il fut sous le choc de trouver un garçon calme et en pleine possession de ses moyens. Pour quelqu’un qui s’apprêtait à mourir prématurément, il était même plutôt heureux.

— Zaahrian, je suis désolé que ce soit toi… En même temps, j’en suis heureux. Je sais que tu vas le faire.

— Tu sais comment je m’appelle, mais je ne connais pas ton nom…

— Appel moi Jacob… Allez, ne tardons pas. Si tu attends trop, tu vas échouer ton test.

L’adolescent se tourna vers lui et garda ses bras le long du corps. Il resta là, immobile, attendant que Rian bouge.

— Je suis prêt…

— Ah… heu… ouais, je vois ça.

Rian s’approcha, ne sachant pas comment réagir. Il s’attendait à voir quelqu’un pleurer et essayer de se défendre. Il avait même vu un apprenti condamné s’en sortir en déjouant l’autre et en le tuant. Il s’attendait donc à un peu d’action et non pas à une victime consentante.

— Tu ne devrais pas crier… faire quelque chose…

— J’ai échoué volontairement aux tests. Je ne veux pas être un assassin… Je veux rentrer chez moi, mais je sais que je ne peux pas. On va me tuer avant que j’aie fait deux pas hors d’ici. Je préfère mourir ici, rapidement… Je ne serai pas chez moi, mais je serai loin d’ici. Les dieux auront pitié de moi…

— Ok… J’vais essayer de faire ça bien…

Le garçon posa le doigt sous son sternum.

— Vise ici, un coup sec. Attention à l’os et assure-toi que ta lame remonte un peu. Tu devrais atteindre le cœur… Ça va être rapide…

Il avait l’impression que le gamin en savait plus que lui sur la question. Il posa une main sur son épaule pour l’empêcher de bouger et de l’autre, il plongea la lame dans le corps de Jacob. Il rata son coup et la lame ripa sur le sternum. Il dut s’y reprendre une seconde fois, causant des douleurs inutiles à son ami. Jacob s’effondra sur le sol et mourut dans les bras de Zaahrian. Il était un peu fâché du manque de combativité de Jacob et il ne comprenait pas qu’on puisse vouloir la mort de cette façon. Ses mains et ses vêtements étaient couverts de sang… Le premier sang qu’il a versé. »


Le premier contrat de Zaahrian avait pour cible un petit noble de la région particulièrement cruel et détestable. C’était un homme gras qui étouffait les paysans à son service sous d’importants impôts. À côté de lui Daeron avait presque l’air sympathique. Le contrat avait été lancé par un autre noble de la région dont la mort de son confrère lui serait grandement profitable. En fait, il comptait épouser la veuve de la victime et annexer les terres aux siennes. Pour assurer le succès de la mission, Zaahrian avait décidé d’amener avec lui Guilin pour l’assister à distance. Il était un archer émérite et pourrait le couvrir en cas de problème. La demeure du noble consistait en une petite forteresse de pierre aux murs épais avec d’étroites fenêtres. Après avoir observé les lieux pendant quelques jours, il était clair que la sécurité du noble était fortement déficiente. Un seul garde était posté à la porte d’entrée. Cet homme comptait sur l’épaisseur de ses murs pour le protéger.

Lorsqu’il fut enfin prêt, Zaahrian se faufila à l’intérieur de la demeure pour atteindre la chambre du seigneur et ainsi le tuer promptement. Dans la tête du semi-elfe, rien ne pouvait mal tourner. Il n’y avait pratiquement pas de sécurité et cet homme était si gras qu’il avait du mal à se déplacer. Il lui suffisait de lui ouvrir la gorge pour ensuite filer par la fenêtre comme une ombre. Malheureusement, il n’est pas si facile de tuer un homme… Quand Zaahrian fit irruption dans la chambre, il trouva l’homme debout au milieu de la pièce, aussi nu que le jour de sa naissance alors que sa femme se trouvait étendu sur le lit, le visage ne cachant rien de l’appréhension qu’elle éprouvait devant cette vision d’horreur. Rian fut tellement surpris qu’il en resta figé. Ce fut le noble qui réagit en premier. Nullement impressionné par l’arme que tenait l’assassin à la main, il le chargea comme un terreau en poussant un mugissement de colère. Zaahrian dut faire un saut de côté pour l’éviter et s’empêtra dans les tentures qui décoraient la chambre. Lorsqu’il fut enfin sur ses pieds, il s’élança derrière sa future victime qui filait vers la sortie la plus proche à une vitesse surprenante pour un homme de sa corpulence.

De son côté, Guilin attendait toujours à l’extérieur le retour de son ami. Il était impatient de rentrer et d’aller se mettre au lit. Voilà des jours qu’ils dormaient à la belle étoile et il n’y était pas encore vraiment habitué. Toutefois, du raffut attira son attention. Le garde à l’entrée semblait tout à coup s’animer. Guilin ne se posa pas de question et décocha aussitôt une flèche vers le soldat qui s’effondra sur le sol. Quelques secondes plus tard, il fut témoin de la scène la plus irréelle (et pourtant très vrai) de toute sa vie. Un homme obèse et complètement nu surgit dans la cour en courant. Venait derrière la silhouette très reconnaissable de Zaahrian qui s’élançait à toute vitesse vers la cible. Toutefois, sa course fut abruptement interrompue lorsqu’il s’écrasa tête première sur le sol. Le garde n’était pas aussi mort qu’il semblait l’être et avait réussi à attraper le jeune homme par le cheville. Zaahrian passait déjà une très mauvaise soirée et les choses devenaient de pire en pire. D’un coup de pied, il neutralisa le garde puis s’élança à nouveau derrière sa cible. Au même moment, une femme apparue à son tour sur le seuil de la porte. Guilin l’entendit clairement crier.

— Mais tuez-le, bon sang!

Et Zaahrian de répondre tout aussi distinctement.

— C’est ce que j’essaie de faire, madame!

La victime tentait toujours de fuir, mais son poids commençait à se faire sentir. Son allure ralentit et Zaahrian finit par le rattraper. Tout se passa extrêmement vite. La lame brilla dans les airs et dans un mouvement vif, elle trancha la gorge de la cible qui s’écroula dans un horrible borborygme. Zaahrian ne regarda même pas derrière et reprit sa course pour rejoindre son ami qui l’attendait non loin.

« Zaahrian avait mal. Par deux fois il était tombé sur le sol et la deuxième chute avait été de loin la plus douloureuse. Ses mains étaient en sang et ce n’était pas que le sang de sa victime. Il retrouva Guilin dans le boisé, riant aux larmes.

— C’est le truc le plus incroyable que j’ai vu de ma vie!

— Tu parles de quoi? Du type nu ou de la femme qui hurle derrière pour que j’achève son époux?

— Les deux… et t’entendre répondre était aussi quelque chose. Il est mort?

— Oui, toujours plus mort que ton garde. J’ai vu la flèche. Vise mieux la prochaine fois!

— Tsss, il fait noir. Je n’y voyais pas très clair. Au moins, c’est fait.

— Ouais, madame est contente. Elle va pouvoir marier son amant. À ton avis, quelles sont les chances qu’elle ait convaincu son amant d’engager des assassins pour se débarrasser de son époux? À voir ce type, j’aurais fait la même chose. Le voir nu va me donner des cauchemars pendant des semaines.

Guilin renifla bruyamment et lâcha une exclamation de dégoût.

— Pouah, l’odeur est horrible. Qu’est-ce qui s’est passé?

— Ce type s’est vidé sur moi, qu’est-ce que tu penses!? Dès que j’ai eu posé la main sur son épaule, tout s’est relâché. Tu parles d’une première mission…

Guilin éclata de rire à nouveau, ignorant les menaces de Rian qui n’avait certainement pas envie de rire. »


Encore aujourd’hui, Zaahiran raconte volontiers cette histoire. Évidemment, maints détails ont changé depuis le temps. Il s’est donné le bon rôle et c’est son vieil ami qui subit tous les coups du mauvais sort. Après tout, il n’est pas là pour se défendre et rétablir la vérité…

Un assassin floué…

Après cette première mission désastreuse, les choses s’améliorèrent sensiblement pour Zaahrian. En fait, il se révéla être parmi les meilleurs éléments Daeron, sinon le meilleur de tous. Avec son ami Guilin, ils formaient un duo d’une efficacité redoutable. Toutefois, plus le temps passait, plus Zaahrian tendait à n’en faire qu’à sa tête. L’univers fermé auquel il était confiné lui pesait énormément sur les épaules. Dès qu’il en avait l’occasion, Rian se rendait dans les tavernes des environs pour boire et profiter de la vie. Durant ces soirées, il se sentait vivant et prenait énormément de plaisir à être le centre d’attention en racontant des histoires plus ou moins vraisemblables (mais toutes inspirées de ses propres aventures). Personne ne connaissait sa réelle identité ni les détails de sa profession. Étant un demi-elfe, il pouvait être bien plus vieux qu’il ne semblait l’être et avoir beaucoup voyagé, ce qui expliquerait toutes ses histoires. Il gardait ces petites sorties secrètes, sachant qu’il risquait d’avoir des ennuis si on venait à le découvrir.

Il devait avoir près de 90 ans quand sa vie prit à nouveau un tournant important. En fait, rien ne laissait présager ce qui allait arriver et même Zaahrian ne l’aurait pas cru si on le lui avait dit. Le tout commença par une nouvelle mission. Zaahrian avait été mandaté pour tuer le fils d’un homme important de Thaar : Djamel. On ne lui avait pas donné beaucoup de détails, seulement qu’il aimait fréquenter les tavernes. Rian savait que pour découvrir sa victime, il devait se mêler à la population locale et éventuellement le démasquer. Ça pouvait être long, mais généralement les gens de bonnes naissances sont faciles à démasquer au travers de la populace. Après tout, il devait être pareil à toutes ses autres victimes : désagréable, imbu de sa petite personne et une forte propension à se trouver plus beau qu’il ne l’est réellement. Toutefois, après plusieurs semaines de recherches, il n’avait toujours pas démasqué sa victime. Ça commençait à être embêtant, car il avait des comptes à rendre à Daeron qui le pressait de mener à bien sa mission.

De plus en plus perplexe, il arpentait les tavernes et les bordels sans rien trouver d’autre que les habituels ivrognes qu’on s’attend à croiser dans ce genre d’établissement. Un soir, il mangeait seul à une table. C’était très calme et il n’y avait que quelques habitués non disposés à écouter ses histoires. Plongé dans ses pensées, Zaahrian ne remarqua pas le jeune homme s’assoir à côté de lui. En fait, il l’avait vu souvent depuis son arrivée dans la région. Ce n’était qu’un gentil garçon de fermier. Grand et beau avec le visage buriné par le soleil. Un air affable particulièrement agréable et un rire qui coulait comme du miel. Plusieurs fois il avait écouté les histoires du blond.

« — Pas d’histoire ce soir, mon cher ami?

— Hum, les murs et les chaises vides font difficilement un bon auditoire et je ne suis pas assez ivre pour me convaincre du contraire.

Il rit à la remarque de Zaahrian qui sourit à son tour. Son rire était contagieux et même l’assassin ne pouvait y résister.

— De plus, je suis dans la région depuis un moment déjà. Je n’ai plus de nouvelles histoires à leur raconter, seulement les vieilles.

— Pourtant, elles sont excellentes. Lui assura le jeune homme. Surtout celle de l’assassin qui doit tuer le mari d’une femme et qui se retrouver à poursuivre le malheureux complètement nu dans les rues du village.

— Ah oui, c’est ma préférée aussi, effectivement.

— Elle est vraie, bien entendu.

— Tout à fait, croyez-moi. Je raconte mot à mot ce que cet assassin m’a dit.

— Même lorsque la victime s’est vidé les tripes sur l’assassin?

— Surtout ce détail.

— Surprenant quand même que vous ayez échappé à une rencontre avec un assassin. Ne sont-ils pas des êtres sans âme qui tue froidement leur victime?

— Bien… L’assassin ne tue pas le premier qui vient à croiser sa route. De plus, je peux vous assurer que je n’avais pas la moindre idée qu’il puisse être un assassin. Il était l’être le plus aimable, charmant et polie que j’ai croisé dans ma vie. Ce n’est qu’à la fin du récit qu’il m’a avoué la vérité. J’en ai été mortifié, mais bon, on ne sait jamais sur qui l’on va tomber lorsque l’on voyage. C’est la beauté de la chose. »


Zaahrian gratifia le jeune homme d’un clin d’œil amusé. À cet instant, une complicité s’établit entre les deux hommes qui passèrent ensemble le reste de la soirée à boire de l’alcool et à se raconter des histoires. Le jeune homme le questionna beaucoup sur ses voyages et ses aventures avec une telle candeur que l’assassin commençait à se sentir inconfortable de lui mentir à ce point. Bon, il ne pouvait lui faire bien du mal. Dans quelque temps, il sera parti et le garçon l’oubliera rapidement. Tard dans la nuit, son compagnon était si ivre qu’il tenait à peine sur ses jambes. Zaahrian décida de l’amener jusqu’à sa chambre. Oui, parfois il se sentait généreux. À vrai dire, le joli minois de son jeune ami lui plaisait énormément et l’idée de partager le même lit que lui ne lui était pas désagréable non plus. Quelque chose lui disait que le gamin n’était pas fermé à cette idée. Quand on a une préférence pour le genre masculin et qu’on est soi-même un homme, on apprend à déceler les signes. D’ailleurs, cette préférence, ce n’est pas comme s’il l’avait choisie. Aussi loin qu’il se rappelle, ce fut toujours ainsi. Les femmes ont à ses yeux que très peu d’estime. Celles qu’il a côtoyées étaient toute au service de Daeron ou étaient des comploteuses qui manipulaient les gens autour d’elles pour arriver à leur fin. Là, on ne parle pas du physique qu’il trouve généralement navrant. Certaines lui sont plus sympathiques que d’autres comme les tavernières. Il aime aussi celles qui ont un caractère bien trempé et défendent fièrement leur indépendance. Malheureusement, elles sont plutôt rares dans l’entourage immédiat de Rian.

« Zaahrian peina à porter le jeune homme jusqu’à sa chambre qui se trouvait à l’étage de l’auberge. Il n’était vraiment pas en mesure de se tenir sur ses pieds et l’alcool rendait son corps flasque et lourd. Arrivé à la chambre, le blond le déposa sur le lit avec autant de douceur qu’il le put. Il resta ensuite à le regarder pendant un moment, pensif.

— Hum, dans un pareil état, je crains qu’il soit parfaitement inutile.

Le jeune homme ouvrit les yeux et sourit.

— Je ne suis pas aussi ivre qu’il n’y parait.

Zaahrian éclata de rire.

— Me voilà berné comme un débutant. Il me semblait aussi que trois pichets de bière ne pouvaient vraisemblablement pas t’assommer. Tu joues à un jeu dangereux…

Il haussa les épaules, nullement impressionnées. Rian reconnaissait en lui un côté frondeur qu’il trouvait fort charmant. Il n’avait pas rencontré quelqu’un comme lui depuis longtemps. Il savait que ce n’était que pour une nuit, mais il lui offrait une distraction plus que bienvenu.

— Je n’ai pas peur… Je sais ce que je fais.

— Hum, voyons ça alors! »


La nuit fut exactement comme il l’avait espéré et elle devait rester longtemps dans sa mémoire comme un doux souvenir qu’il chérissait secrètement. Toutefois, avec l’aube qui se levait doucement sur la ville, venait un dur retour à la réalité. Il lui restait encore sa mission à accomplir et, jusqu’à présent, il était toujours dans le brouillard. À ses côtés, son jeune amant s’éveillait. Il ne savait même pas son nom. Il ne lui avait pas demandé et il n’avait pas spécialement envie de le faire.  Ça n’allait rien changer au fait qu’ils n’allaient probablement jamais se revoir.

« — Tu devrais rentrer chez toi. On t’attend surement. Fit remarquer Zaahrian avant de s’étirer paresseusement dans le lit.

— Sans doute, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive. Père s’énerve pour rien, je ne suis plus un enfant. J’ai l’âge de me marier et je sais que ce jour est pour bientôt alors je profite du peu de temps qu’il me reste.

Rian se leva du lit, regardant son amant toujours étendu sous les couvertures avec un sourire.

— Comme c’est amusant ce concept de faire ce qui est convenable en dépit de nos désirs personnels. Voilà longtemps que j’ai décidé de faire ce dont j’avais envie et me voilà l’homme le plus heureux du monde.

— Quand on vient d’une famille comme la mienne, il y a des responsabilités auxquelles nous ne pouvons échapper.

— Qui es-tu donc pour parler de cette façon?

Sur ce coup, Zaahrian avait un mauvais pressentiment. Le hasard avait-il était aussi cruel avec lui?

— Presque, je suis Djamel, fils d’Iyas Sabi. Sans doute as-tu déjà entendu ce nom.

Oh oui, il l’avait entendu et il aurait préféré entendre autre chose. Il avait trouvé sa victime. Il avait été plus proche avec Djamel qu’avec aucune autre de ses cibles. Il en savait bien plus qu’il le voulait.

— J’ai l’impression que tu viens de voir un fantôme. Ça va?

Rian se ressaisit rapidement.

— Oui, ça va. Je suis simplement surpris.

Son arme était à portée de main. Un coup rapide et c’était terminer. Pourtant, quelque chose retenait son geste.

— Je dois y aller, souffla Djamel en quittant à son tour le lit à la recherche de ses vêtements. Je… j’aimerais qu’on se revoie. Demain, retrouve-moi à la source en bordure de la ville. Nous y serons tranquilles. Soit là à midi.

— Sans faute, j’y serai.

— Parfait! Au revoir, mon ami! »


Le jeune homme quitta la chambre d’un pas rapide respirant l’enthousiasme de la jeunesse. De son côté, Zaahrian ne s’était jamais senti aussi misérable. Il ne comprenait pas pourquoi un jeune homme comme lui se retrouvait à être sa cible. Il n’avait rien du monstre sans cœur qui mourrait sous sa lame habituellement. Il était question ici d’un jeune homme plein d’esprit et d’entrain, prêt à sacrifier son propre bonheur pour satisfaire les exigences de sa famille. Un garçon admirable comme il y en avait peu de nos jours. Il n’avait pas le choix. Il devait le tuer, mais pour la première fois depuis qu’il était un assassin, il se répugnait à remplir sa mission.

Zaahrian fut d’humeur maussade pour le restant de la journée ainsi qu’une partie de la nuit. C’est l’épuisement qui le poussa finalement dans un sommeil agité. Il se réveilla aux premières lueurs de l’aube nullement reposé et l’esprit toujours assailli par le doute. Il savait qu’il n’avait pas le choix de le faire. S’il s’opposait à Daeron, ce dernier n’hésiterait pas à le traquer jusqu’au bout du monde pour le tuer. Il n’avait pas envie de passer sa vie à fuir devant lui. Il avait d’autres choses à faire.

L’assassin arriva tôt au point de rendez-vous. Il voulait y être avant Djamel. Il se percha dans un arbre et, caché par le feuillage, il attendit la venue du jeune homme. À ce moment, il s’était plus ou moins fait à l’idée de le tuer. Il préférait s’en charger lui-même et lui donner une mort rapide et sans douleur autant que possible. S’il le ne faisait pas, un autre sera envoyé à sa place et il sera probablement moins compatissant que lui. Djamel arriva à l’heure convenue avec cette même énergie qu’il lui connaissait depuis leur première rencontre avant qu’il ne sache sa véritable identité. Zaahrian tenait son poignard dans la main. D’un bon, il pouvait l’atteindre et le tuer avant qu’il ne réalise ce qui venait de se passer… Un bond et c’était terminer. Pourtant, une fois encore son geste fut retenu par la force de ses pensées.

« — Huummm… Je suis arrivé! Tu es là?

Zaahrian réalisa soudainement qu’il ne lui avait jamais dit son nom, malgré les heures passées ensemble. Il soupira longuement; il venait de prendre une décision. Il rangea son poignard dans son fourreau.

— Djamel, je suis là.

Il bondit sur le sol, l’ombre d’un sourire aux lèvres. Malgré tout, il semblait terriblement fatigué et son visage était d’une pâleur inhabituelle due au manque de sommeil et aux tourments qui ne cessaient de le hanter. C’était la première fois qu’il se sentait aussi désemparé devant une mission à accomplir. Même ses vieux souvenirs du temps où il n’était qu’un apprenti n’avaient rien à voir avec ce qu’il vivait aujourd’hui.

— Que faisais-tu percher dans les arbres?

— J’aime y grimper. C’est mon sang elfique qui fait ça.

Il rit un peu, imité par Djamel avant de reprendre un air très sérieux.

— Maintenant, tu vas m’écouter très attentivement. J’ai quelque chose à te dire de très important et tu ne dois pas m’interrompre avant que j’aie terminé. Je m’appelle Zaahrian. Je fais partie d’un groupe d’assassins qui offre ses services à quiconque ayant besoin de nous et qui est capable de payer. Si je suis là, c’est que quelqu’un a mis un contrat sur sa tête. J’étais à ta recherche depuis quelques jours, mais je ne savais qui tu étais. Je connaissais ton nom et je savais aussi que tu fréquentais souvent les tavernes des environs. Je pensais pouvoir te reconnaître facilement. Le fils d’un homme important… Normalement, ils sont tous maniérés et ont un caractère assez distinctif. Sauf que toi… toi tu es différent. J’ai été berné et c’est très surprenant, car ça ne m’arrive jamais. Normalement, je n’aurais pas dû te parler. Je ne parle pas à mes cibles, c’est inutile. J’exécute les ordres sans poser de questions. Moins tu en poses, moins tu en sais, mieux c’est pour tout le monde. Généralement, je ne sais même pas qui lance le contrat sauf pour quelques exceptions où c’est évident comme la femme veut voir son époux mort pour une raison ou pour une autre. Mais voilà, je SAIS et ça change TOUT. Dès que tu m’as proposé ce rendez-vous, la première pensée qui m’est venue en tête était que ce serait l’occasion idéale d’accomplir ma mission… de te tuer. J’étais prêt à le faire, crois-moi. Tuer ne me dérange pas. Je suis un assassin, je gagne ma vie en tuant les gens… Cette fois cependant, j’ai décidé de te laisser en vie. Tu as une chance de t’en sortir si tu fuis la région sans tarder. Va dans la Péninsule, va chez les elfes ou les nains s’il le faut. Prends un bateau qui t’amènera le plus loin possible de Thaar et de l’Ithri’Vaan. Pars et ne regarde pas derrière. Tu comprends ce que je te dis?

Pendant qu’il parlait, Zaahrian avait vu le visage de Djamel se décomposer. Il était pâle comme la mort et en proies à terreur effroyable. Il s’était reculé de quelques pas et avait adopté une position défensive, prêt à résister si l’assassin changeait soudainement d’avis. Le semi-elfe n’avait pas bougé d’un poil et gardait son calme.

— Heu… oui… oui, je crois. Mais, mais pourquoi veut-on me tuer?

— Je n’en sais rien. Ton père s’est surement fait de puissants ennemis et ils ont décidé de le faire souffrir. C’est pour cela que tu dois partir et ne jamais revenir. Pars maintenant… J’ai des choses à arranger de mon côté aussi. ALLEZ!

Djamel tourna les talons et disparus parmi les arbres, laissant Zaahrian seul. Que devait-il faire maintenant? Tuer Daeron… Oui, il devait le faire. C’était le seul moyen de ne pas être contraint à une vie de fuite sans fin. Malheureusement, il ne pouvait rien faire pour Djamel. Il ne savait pas qui était l’auteur de ce contrat sur la tête de ce malheureux. Il espérait simplement qu’il ait de la chance et qu’il puisse vivre une vie normale ailleurs.

À ce moment, un cri le tira brusquement de ses pensées.

— Djamel!?

Zaahrian s’enfonça en courant dans le bois, arme à la main. Il ne tarda pas à retrouver Djamel. Il était étendu sur le sol, du sang sur les vêtements. Une silhouette était penchée sur lui. Le semi-elfe bondit, prêt à frapper. L’inconnu se tourna vers lui et Zaahrian reconnu au dernier instant Guilin. Ce dernier le déjoua habilement avant de durement le frapper dans le ventre pour l’arrêter. Il s’écroula sur le sol, secoué d’une toux violente.

— Mais qu’est-ce qui t’a pris, idiot?

Zaahrian se releva péniblement, ivre de colère.

— Qu’est-ce que tu fais ici? Pourquoi, pourquoi as-tu fait ça?

Il pointa du doigt le cadavre de Djamel. Il avait la gorge tranchée et son visage était maculé de sang frais.

— Je viens de te sauver la vie! Tu prenais trop de temps pour ta mission, alors Daeron m’a envoyé pour te surveiller. Il a bien fait à ce que j’ai constaté. Je t’ai vu en ville ce matin, errer comme un fantôme. Je t’ai suivi à distance. J’ai tout entendu de votre petit échange. Qu’est-ce qui t’a pris? Ce n’est pas toi, ça!?

Zaahrian avait envie de le frapper. Il sentait la colère bouillonner en lui. Il n’avait aucune larme à verser. Rien ne pouvait ramener Djamel de l’endroit où il était allé. Il regrettait toutefois que les derniers instants de sa vie aient été aussi violents. Avoir la gorge tranchée amène une mort rapide, mais pas assez pour que la victime n’ait pas conscience de ce qui lui arrivait. Si Zaahrian s’était exécuté, il aurait plutôt planté sa dague dans son cœur.

— Pourquoi devait-il mourir? Tu l’as entendu comme moi. Lui-même ne comprenait pas pourquoi on voulait le voir mort…

— Tu sais très bien que c’est ainsi que ça fonctionne. Nous ne sommes que les exécuteurs. On ne pose pas de questions.

— On devrait peut-être le faire plus souvent! Les choses ne sont pas allées comme prévu, mais ce garçon n’avait rien à voir avec les autres cibles. Il écoutait mes histoires et il les trouvait bonnes, tu imagines!? Il… j’ai couché avec lui! Je me demande qui a joué avec qui…

— Tu as quoi!?

Guilin semblait réellement sous le choc. Il connaissait Zaahrian depuis longtemps, mais hormis quelques remarques douteuses à l’occasion, son ami n’avait jamais rien fait de déplacé avant.

— Je ne te demande pas de comprendre.

Il s’agenouilla à côté du corps de Djamel et ferma doucement ses yeux.

— De toute façon, ça ne changera rien au plan que j’ai en tête.

Il se releva pour faire face à Guilin.

— Que vas-tu faire? Demanda-t-il, incertain.

— Simple, je vais tuer Daeron.

Guilin gloussa de rire.

— Tu ne peux pas être sérieux, là.

— Daeron est fait de chair et de sang, il peut donc être tué. Il dit que je suis son meilleur élément. Je vais lui faire une petite démonstration de mes talents dont il ne se remettra pas. Ça suffit, j’ai d’autres choses à faire que d’être sa marionnette. De toute façon, avec ce qui vient de se passer…

— Je ne vais rien dire, tu le sais bien…

— Non, je ne le sais pas. À vrai dire, je ne te fais pas confiance. Tu aurais pu venir me parler plus tôt. Tu l’as dit toi-même, tu m’as vu en ville. Tu ne l’as pas fait… En réalité, tu as fait exactement ce que l’on attendait de toi. Tu es une marionnette obéissante. Crois-moi, si tu t’opposes à mon plan, je vais t’éliminer. Je n’ai pas l’intention de te faire du mal, ni de toucher à aucun assassin du groupe. Ma cible est Daeron. À partir de maintenant, je remplis mes propres contrats.

Zaahrian s’éloigna de son ami, lui tournant ouvertement le dos.

— C’est de la folie, il va te tuer…

— Ne sous-estime pas mes capacités. Je vais le tuer, même si c’est la dernière chose que je dois faire dans cette vie…»


Le poison de la liberté…

À partir de ce moment-là, la situation apparue beaucoup plus clairement à Zaahrian. Les doutes qu’il avait cessèrent presque aussitôt de le hanter. Il allait tuer Daeron et il savait exactement comment il allait s’y prendre. Il mettait sa propre vie en jeu, mais devant le risque, il se sentait plus déterminé et vivant que jamais. Ce n’est pas sa place d’assassin qu’il remettait en cause, mais ce jeu de marionnette auquel on le contraignait. Il voulait avoir le contrôle de sa vie et de ce qu’il faisait sans avoir de compte à ne rendre à personne. Il savait aussi que Daeron n’allait jamais accepter de le laisser partir de son côté. La seule solution était de le tuer et sa mort n’allait manquer à personne. Il n’était probablement pas le seul à vouloir le voir mort, mais il préférait ne pas fomenter un complot qui risquait de s’ébruiter. Guilin était au courant et il voulait le prendre de vitesse au cas où il déciderait d’ouvrir sa bouche. Il aurait peut-être été plus avisé de le tuer, mais Rian se répugnait à tuer son vieil ami. En fait, malgré ce qu’il avait dit, il osait croire que Guilin allait retarder son retour de quelques heures pour lui permettre de s’exécuter.

La nuit était déjà tombée lorsqu’il revint au camp. En chemin, il s’était préparé pour ce grand moment. Il avait couvert son visage de peinture ce qui lui donnait des airs d’elfe des bois. Question de ne pas affoler le camp au complet, il se faufila dans le bureau de Guilin en escaladant le mur jusqu’à la fenêtre. Daeron était absent, mais il savait qu’il allait finir par apparaitre. Il profita de son absence pour empoisonner tout l’alcool qu’il trouva dans ce bureau. Le chef était réputé pour être un grand buveur. Il espérait qu’il s’en serve un grand verre question de lui faciliter la tâche. Rian connaissait un poison qui paralysait les victimes tout en les laissant parfaitement conscientes de ce qui se passait autour d’elles pendant un temps avant que la respiration ne s’arrête et que la victime meurt. Une décoction cruelle et difficile à réaliser, mais qui pouvait avoir son utilité, surtout dans le cas d’une vengeance. Puis, il attendit en silence…

« Zaahrian était dans le bureau depuis près d’une heure quand Daeron apparut enfin. Il avait un air débraillé comme s’il venait de passer une dure journée. Rian le soupçonnait d’avoir encore couru les fêtes de la noblesse. Il était tellement avide de pouvoir et de reconnaissance qu’il faisait tout pour se faire remarquer. Personne ne savait cependant que ce même homme allait être celui qui risquait de préparer leur assassinat. Daeron ne cacha pas sa surprise en voyant le blond confortablement installé dans sa chaise. Il y avait quelque chose dans le regard de Zaahrian qui n’inspirait pas confiance. Il a tellement l’habitude de le voir agir en fanfaron que lorsqu’il est sérieux, ça donne froid dans le dos.

— La cible est éliminée.

Rian lui présenta son poignard couvert de sang séché. En chemin, il avait tué un malheureux poulet pour rendre la scène plus crédible. Il avait l’habitude de confirmer ses meurtres en présentant sa lame souillée. Si elle avait été propre, Daeron aurait été suspicieux.

— Bien… Tu as été long, plus long qu’a l’habitude. Tu m’éblouis toujours avec ton incroyable efficacité. Que s’est-il passé pour que tu sois si longtemps retenu?

— J’avais peu d’information. Il ne faut pas s’attendre à un miracle de ma part avec seulement un nom et un détail trivial sur ses habitudes. Thaar est une grande ville, après tout. Voilà, il est mort, noyé dans son propre sang. Une mort poétique, comme je les aime.

Daeron gloussa de rire. À ses yeux, Zaahrian en faisait beaucoup trop, mais le travail avait été accompli. Il n’avait donc rien à dire.

— Célébrons dans ce cas.

Il servit deux verres de vin. Zaahrian savait qu’il était empoisonné, mais il l’accepta quand même. Pendant qu’il le servait, il s’était posté près de la fenêtre préalablement ouverte. Le temps était chaud, il n’y avait donc rien d’étonnant à que Zaahrian l’ait ouverte. Daeron en prit aussitôt une gorgée de vin. Le blond l’imita, mais garda le liquide dans sa bouche.

— Plus la liste de nos victimes s’allonge, plus nous devenons célèbres. La plupart de nos cibles sont encore de petits nobles et des personnages de moindre importance, mais avec le temps, qui sait? Je rêve du jour où tu seras envoyé pour assassiner un roi sous le nez de sa garde personnelle… Tu as le potentiel pour ça.

Zaahrian attendit que Daeron détourne son regard sur autre chose pour cracher le liquide qu’il avait dans la bouche par la fenêtre ainsi que le reste de son vin. Il était temps, car il sentait sa bouche s’engourdir légèrement.

— J’en rêve aussi. Quel moment glorieux ce sera! Tuer de jeunes innocents n’est certainement pas digne de ma splendeur.

Daeron gloussa de rire.

— Ne dit pas de bêtise, personne n’est innocent, tu le sais bien. Venant d’un assassin aux mains couvertes de sang… Ça ne fait pas séri…

Il s’étouffa. Le poisson commençait à faire effet. Lentement mais surement, ses muscles allaient paralyser et le priver de son agilité et de ses réflexes. Bientôt, il sera aussi démuni qu’un jeune enfant.

— Qu’est-ce que… Tu… tu m’as empoisonné!?

Ce fut au tour de Zaahrian de rire. Il sentait déjà l’euphorie de la victoire couler dans ses veines. Il n’avait qu’à tendre le bras pour l’achever, mais il voulait faire durer le plaisir. Si la mort venait trop rapidement, il n’en retirait aucune satisfaction.

— Ah la la, déjà les grandes accusations. Je suis une victime innocente dans cette histoire, le poignard que tu utilises pour tuer tes victimes. Dis-toi simplement que le couteau peut aussi blesser son propriétaire s’il ne le manipule pas correctement. Évidemment, je vise plus qu’une simple blessure.

Daeron  se rua sur Rian dans le but d’y prendre son arme, mais ses mouvements étaient déjà affectés par le poison et il s’écroula lourdement sur le sol.

— Je t’ai tout… donné. J’ai… j’ai fait de toi… ce que… tu… es. TU ne… ne serais rien… sans moi.

— Effectivement, tu as fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Je tu des gens pour de l’argent. J’imagine que les choses pourraient être bien pires. Toutefois, je ne te tue pas à cause de ça. Non, ça serait trop évident. Je suis quelqu’un qui apprécie beaucoup sa liberté. J’aime bien aller là où je veux, quand je le veux… sans avoir quelqu’un pour me surveiller. Guilin à bien fait son boulot, ne t’inquiète pas. Il devrait même rentrer d’ici peu s’il n’est pas déjà arrivé. Non, j’ai l’intention de mettre fin à ta misérable existence simplement parce que tu es une nuisance pour tout le monde. Je suis un assassin et j’ai décidé que je travaillais maintenant en solo. Le premier contrat que je compte remplir a été fait sur ta tête. Donc, voilà pourquoi nous en sommes arrivés là. Évidemment, je compte en retirer une profonde satisfaction.

Pendant qu’il parlait, le poison avait continué à faire son effet. Daeron ne pouvait plus parler, ni bouger, mais il restait parfaitement conscient de ce qui se passait autour de lui. Avec sa dague, Zaahrian déchira les vêtements de sa victime pour dévoiler son torse. Il respirait toujours, mais s’il n’agissait pas vite, le poison finirait son action. Il grava dans la chair le nom de Djamel, le dernier ayant trouvé la mort par son action.

— Que par ta mort, tes victimes trouvent enfin la paix

Puis, il enfonça le poignard directement dans son cœur. C’était terminé. Daeron était mort et il avait retrouvé sa liberté. En fait, ils étaient tous libres maintenant. Toutefois, malgré l’excitation du début, la joie n’était pas entièrement au rendez-vous.

La porte s’ouvrit au même moment où Zaahrian se relevait. Guilin déboula dans la pièce, le souffle court.

— Tu arrives trop tard… Mais tu le savais ça. Tu aurais pu arriver en même temps que moi, mais tu as attendu. Donc soit que tu t’attendais à jouer les héros, soit que tu étais trop pressé d’assister à mon triomphe.

Zaahrian se laissa tomber dans une chaise. Il ne se sentait pas très bien. Il avait quand même avalé une petite quantité de poison. Il espérait simplement que ça ne soit pas suffisant pour le tuer.

— J’n’arrive pas à croire que tu as réussi. En fait, je pensais plutôt empêcher un massacre.

— Ah, pitié… Ne me sous-estime pas. Je suis le meilleur et je l’ai pris à sa propre faiblesse. J’ai empoisonné son alcool. Le reste a été facile à faire. Pourquoi compliquer les choses quand en fait c’est une simplicité enfantine?

— Tu as une sale tête…

— Ah oui… le fait est que j’ai aussi avalé un peu de poison. Une quantité infime comparativement à lui, mais suffisamment, je le crains, pour me rendre malade sinon… peut-être me tuer.

Son ami se précipita aussitôt sur lui, ce qui fit rire Zaahrian.

— Ne fais pas le con, Rian. Il faut te soigner. Quel poison as-tu utilisé?

— Si ce poison doit me tuer, tu n’auras pas le temps de préparer l’antidote avant qu’il ne fasse son effet. Allons, il n’est pas dit que je vais mourir et même si ça doit arriver… Les dieux verront peut-être l’utilité d’avoir un assassin à leurs côtés. Pourquoi être l’assassin des rois quand on peut être l’assassin des dieux? Tu manques sérieusement de vision, mon cher Guilin. »


Zaahrian perdit connaissance peu après, mais il ne mourût pas. Évidemment, sinon il ne serait plus là aujourd’hui. Il se réveilla dans le lit de sa chambre avec un Guilin réellement inquiet à son chevet. Il s’avéra que la mort de Daeron avait créé une véritable onde de choc au sein de la « guilde » et que pratiquement tout le monde avait fui. Il ne restait que Guilin, Zaahrian et des apprentis trop désorientés pour savoir quoi faire. Il était clair que Rian n’avait pas non plus l’intention de s’attarder sur les lieux. Il voulait voyager et profiter un peu de sa liberté. Il avait aussi l’intention de retrouver celui qui a financé la mort de Djamel. En tuant Daeron, il n’avait fait que la moitié de la tâche. Guilin aurait voulu accompagner son ami dans sa quête, mais Rian lui fit comprendre qu’il serait mieux ici. Les jeunes devaient retourner à leurs parents. Ensuite, Guilin pourra le rejoindre s’il le veut ou prendre sa propre route. Il était temps qu’il reprenne lui aussi le contrôle de sa vie.

Zaahrian quitta ainsi son ami avec bien peu dans ses poches. Il avait eu l’intention de partir en prenant quelques objets précieux de Daeron, mais apparemment d’autres avaient eu la même idée avant lui. Peu importe, il était un bon conteur et il était toujours un assassin merveilleusement efficace…


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MessageSujet: Re: Zaahrian - assassin [terminé]   Sam 4 Avr 2015 - 1:48

Voilà, la fiche est terminée... ouf!

Bonne lecture ^^
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Zaahrian - assassin [terminé]   Sam 4 Avr 2015 - 22:49


Longue fiche mais tout m'a l'air en ordre. Félicitation! Je crois que tu connais la suite Wink

Code:
[Métier] : Assassin

[Sexe] : Homme

[Classe d'arme] : corps à corps

[Alignement] : Chaotique Neutre

Foire au RP ~ Pour tout ce qui est recherche de compagnons RP. En bref, que du bonheur !
Journal de bord ~ Pour archiver tes liens de RP qui content l'histoire de ton personnage {Vivement conseillé}.
Et enfin, si tu as des question, n'hésite surtout pas à demander l'aide d'un parrain, ou à tout simplement poser tes questions dans la partie créée à cet effet.

_________________
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MessageSujet: Re: Zaahrian - assassin [terminé]   

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