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 Le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre[Solo]

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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre[Solo]   Dim 5 Avr 2015 - 0:25

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6e ennéade de Barkios, an 8


Le soleil était encore haut et éclairait le petit jardin. Chaque plante semblait entretenue avec le plus grand soin. C'était presque à se demander si ce n'était pas un adepte du Cercle d'Anadris qui habitait là.


Halya inspira à fond l'odeur des fleurs. Le printemps était revenu une fois de plus. Des petites choses simples semblaient parfois extra-ordinaires en ces temps troubles. Voir le retour de la saison verte alors qu'elle venait tous juste d'échapper à une chasse à l'homme et que la guerre faisait rage avait un côté miraculeux.

Sans frapper, l'elfe poussa la porte de la demeure, l'une des rares à donner directement au niveau du sol. C'était la mère d'Halya qui avait fait cette demande pour pouvoir s'occuper seule de son jardin et s'échapper un peu de la cité lorsque la pression se faisait trop forte. En habitante d'Ardamir, sa fille n'avait pas vraiment hérité de ce besoin de sentir le sol sous ses pieds... Mais même si elle n'était pas revenue depuis près d'un an, cette demeure restait celle où elle avait passé son enfance.
C'était la preuve qu'Eorim, premier-né des Yasairava et ancien Conseiller Mage d'Ardamir était prêt à renoncer au confort du domaine familial et à l'appui de son sang pour épouser la femme qu'il aimait : une chasseuse sylvaine.

La respiration un peu courte, la protectrice souleva légèrement sa robe et franchit le pas.

-Père? Dënis?

L'endroit n'était pas bien grand pour la propriété d'un noble. Quelques pièces, quatre chambres et un jardin de belle taille. Pour s'en occuper, ils n'avaient jamais eu qu'une gouvernante, et encore, elle n'habitait pas les lieux, la mère d'Halya refusant d'avoir du personnel. Et cela faisait plus d'un demi-cycle que cette personne arpentait les pièces avec ses yeux suspicieux et son cœur d'or: Andënis. Dans les souvenirs d'Halyalindë, elle avait toujours été là et s'occupait déjà des tâches domestiques alors que la protectrice s'écorchait encore les genoux en essayant de tenir sur ses jambes.

Très vite, un bruit de porte ouverte à la volée parvint à Halya, toujours dans le hall. De la salle à mangé surgit une longue silhouette au visage souriant creusé de fossettes. Ses longs cheveux blonds tressés avec minutie coulaient dans son dos.

-Halyalindë!
-Dënis!
-J'étais sûr que vous viendriez. Votre père ne voulait pas me croire! Mais moi j'étais sûre que les affaires du palais ne vous prendraient pas tout votre temps alors que vous venez à peine de vous remettre. J'ai eu tellement peur quand j'ai appris la nouvelle!

La femme sera un instant Halya dans ses bras avant de reculer d'un pas pour l'observer de son habituel air inquisiteur. Le même qu'elle utilisait quand Halya faisait la moitié de sa taille et revenait d'une escapade couverte de bleus et d'érafflures. Maintenant, la grande fille dépassait sa petite gouvernante d'une tête, et était Protectrice d'Ardamir. Là ou toute la famille de son père n'attendait qu'une guerrière rustaude, elle avait fait plus que ce qu'on lui demandait! Elle se contenta de sourire en attendant les réflexions qui n'allaient pas tarder à venir...

-Vous êtes radieuse. Soupira-t-elle. Si seulement votre mère vous avait poussé à porter des robes lorsque vous étiez plus jeune! Une vrai sauvageonne!
-Et bien si tu avais réussi à transformer ma mère en elfe des cités, je serais toujours là à faire la cuisine pour père, je serais une danseuse reconnue et tu n'aurais plus de travail, lança la rousse sur un ton taquin. Je suis heureuse de te voir Dënis.

Halya suivit la gouvernante dans la cuisine pour s'asseoir et discuter un peu pendant qu'elle s'occupait du déjeuner. Elle n'osa pas refuser de prendre le repas avec son père, pour une fois qu'elle venait. La conversation allait bon train, Andënis avait toujours un mot à dire et ce n'était pas nouveau. Au milieu des souvenirs et des boutades, la protectrice parla de sa mère à cœur ouvert et se surprit à remarquer que l'amertume était moins forte. À peine huit ans... Elle en voulait toujours à cette guerre de la priver de ses proches, mais quelque part, elle était parvenue à se pardonner et à accepter un peu ce qui s'était passé. Elle n'aurait su dire si c'était une bonne ou une mauvaise chose de pouvoir tourner la page si vite...

Au bout d'un moment, la petite blonde laissa s'échapper Halya en lui indiquant avec un sourire incertain:

-Il est dans le jardin. Comme toujours lorsqu'il n'est pas en haut à trafiquer Kÿria sait quoi dans son bureau.

Halya n'avait pas besoin qu'on lui en dise plus. Son père prenait soin du jardin comme d'un nourrisson depuis la mort de sa femme à Ellyrion. Il avait presque arrêté de pratiquer la magie et se consacrait désormais à l'étude des plantes. Il se complaisait dans de vieux souvenir et de vieilles habitudes comme si cela pouvait faire revenir la défunte. Mais au moins, il avait l'air heureux de se rapprocher ainsi de son épouse.
La jeune femme prit un instant la main de son ancienne gouvernante avant de s'éloigner en direction de la salle à manger pour passer dans le jardin.

-Merci de prendre toujours soin de lui Dënis.
-C'est normal. Qu'est-ce que je pourrais bien faire d'autre? Soupira Andënis avec un sourire plus franc.

Le jardin de derrière était encore mieux entretenu. Des plantes improbables cohabitaient assez bien et des couleurs vives commençaient à apparaitre dans les bosquets. Au milieu de la flore, un haut personnage aux cheveux blanc, agenouillé dans le terreau semblait brasser quelque chose, caché derrière un arbuste touffu. C'était toujours un peu étrange pour Halya de le voir s'esquinter le dos dans le jardin alors qu'elle l'avait connu toute son enfance comme un homme au maintien régalien et aux vêtements impeccables, plongé dans des livres aussi épais que lui. Elle s'approcha, le bas de sa robe blanche glissant dans l'herbe humide. Elle n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que les yeux verts de son père, si semblable aux siens, se tournaient vers elle.


-Ma Rava! Le danger de mort te va fort bien, tu as une mine splendide !

Eorim se leva, un sourire rayonnant sur le visage pour venir serrer sa fille dans ses bras... Avant de se souvenir de l'état de ses mains et de sa tunique sombre. Il pila net et se contenta de plaquer un gros baisé sur la joue de la jeune femme en gardant les mains en l'air.

-Je suis heureux que tu aies pu te libérer, ma Rava. Je pensais passer au palais demain pour prendre de tes nouvelles. L'Ancien devait aussi me donner quelques conseils pour soigner un Mandevilla qui refuse de fleurir... Alors, ta jambe?

Halya releva légèrement sa robe et sauta deux fois sur place. Bien sûr, c'était sur sa jambe saine qu'elle s'appuyait pour cet exploit digne d'une gamine de 40 ans, mais l'attelle lui permettait vraiment de se déplacer sans problèmes.

-Pour l'instant, les guérisseurs laissent le temps faire son œuvre, mais je trouverai un mage pour consolider tout ça avant de repar...

-A non! Tu ne vas pas repartir encore au Front! Ardamir a besoin de toi! Tu as fait le choix stupide d'accepter cette nomination alors vous allez devoir assumer, Halyalindë!

Il avait beau râlé, la flamme de fierté qui brulai dans le regard d'Eorim lorsqu'il croisait celui de sa fille ne pouvait pas être dissimuler.

-Toi aussi, tu m'as manqué papa.

Devant l'air taquin de sa fille, l'ancien conseiller laissa tomber sa retenue et la pris dans ses bras en oscillant d'un pied sur l'autre. Un câlin terreux en bonne et due forme.

-Ma robe!
-C'est de la terre, ça partira.
-Mais...
-Quand je viens te rendre visite, tu ne m'embrasses même plus!

Elle continua d'essayer de s'en défaire sans parvenir à retenir son rire. Finalement, elle réussit à reculer assez pour être hors d'atteinte. Son père aussi riait aux éclats.

-Ma grande fille...
-Il y a de fortes chances que ce soit moi...

Il la regarda encore, une fierté non dissimulée dans les yeux. La voir en dehors du palais était devenu un luxe. Ici, elle n'était que sa fille et lui ne devait respecter aucun autre devoir que celui de son cœur... Même s'il avouait aisément qu'il ne respectait pas plus que ça les convenances au Palais, Halya, elle s'y tenait plus rigoureusement et il évitait de lui créer des ennuis.
Après la mort de Mariel, Halya était restée près de deux mois près de lui avant d'emménager au Palais. Mais depuis, elle était toujours plus occupée à cause des sombres et des Noss. Il aurait voulu l'aider à tenir Ardamir mais il n'en avait plus la force. Lorsqu'elle lui avait proposé le titre de Main Droite, il avait décliné l'offre. C'était Mariel qui l'avait poussé en avant, qui le mettait toujours dos au mur quand il en avait besoin et le soutenait lorsque ses devoirs devenaient trop lourds.

Il n'était pas un guerrier, mais en choisissant d'unir sa vie à une archère aussi butée, il savait que le pire pouvait arrivé. Pourtant, le jour où on lui avait annoncé qu'elle ne reviendrait pas, il avait compris qu'il n'y aurait pas vraiment d'après pour lui. Il comptait les jours et se sentait doucement décliner mais ne perdait pas le sourire pour rassurer son entourage. Seul, il se contentait de vivre encore un peu pour aider les autres. Il apprenait l'herboristerie. La magie lui avait appris qu'il n'était jamais trop tard pour apprendre. Hélas, son contrôle sur les sens de ses interlocuteurs ne pouvaient soigner les blessures et les maladies.
Mais surtout, il continuait pour sa fille. Cette femme qui n'avait même pas encore fondé sa propre famille et se vouait corps et âmes a ses convictions. Ce petit bout qu'il avait vu grandir et qui avait cloué le bec de son maudit frère! Ha! Il l'avait pas volée celle-là!

-Allez. Si je ne suis pas présentable pour le déjeuner, Andënis refusera de me donner plus qu'un bouillon. Et encore!

Halya ricana en l'accompagnant à l'intérieur. Il se prêtait toujours au jeu. Si Andënis avait été sa grande soeur, tout le monde n'y aurait vu que du feu.
Il disparut à l'étage pour faire un brin de toilette pendant que Halya mettait la table pour deux. Andënis s'éclipsa après avoir discuté encore quelques instants avec sa petite protégée. Visiblement, elle ne passait maintenant que le matin pour s'occuper de la maison. Propulsés trois siècles en arrière, le père et la fille bavardèrent en mangeant. L'absence de Mariel se faisait toujours sentir, mais de moins en moins lourde. Ils parlèrent de tout et de rien. Des avancées de la guerre, des anecdotes du palais, des rencontres qu'ils avaient faites dernièrement.

Halya ne lui avait pas encore parlé de l'étrange Veole ni de Fenris. Il se montra particulièrement curieux au sujet de ce cavalier avec qui elle avait survécu à sa dernière épopée, mais elle resta avare en détails, arguant préférer ne pas se replonger dans ces jours difficiles pour l'instant. Elle lui donna également des nouvelles de Kaëlis qu'il salua avec détachement.
Puis se fut le tour des échanges politiquement incorrect sur les manies et le caractère des conseillers, des officiers, des artisans, bref, de tout ce qui marchait sur deux pieds et que pouvaient connaitre l'un ou l'autre. Eorim se complaisait dans l'envoi de piques cinglantes. Un sport qu'il avait toujours beaucoup apprécié... et qui avait déclencher les plus belles disputes de couples qu'Halya avait eu l'occasion de voir... que se soit dans le sien ou non.

Le repas passa vite et après un petit verre d'eau-de-vie, la protectrice du finalement s'en retourner. Malgré la saison, elle avait emprunté une légère cape pour dissimuler les traces de terre qui maculait le devant de sa robe. Elle embrassa une dernière fois son père. La journée était radieuse et cette entrevue lui avait fait du bien même si la nostalgie s'emparait d'elle à présent.
Peu importe, elle comptait bien profiter encore un peu de ce temps. Du travail l'attendait toujours, bien au chaud dans son bureau, mais elle avait encore quelqu'un à voir. Peut-être après s'être changée...

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couleur: #9999ff
Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

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