AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Delnwë Iridwen
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 234
Âge : 29
Date d'inscription : 29/04/2013

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  245
Niveau Magique :
MessageSujet: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Ven 10 Avr 2015 - 20:28

Plusieurs énéades s'étaient écoulées depuis le fameux conseil. Conseil qui avait vu son lot de surprises et de nouvelles dérangeantes. Mais conseil qui avait aussi eu ses bienfaits. A dire vrai, Delnwë Iridwen en était sorti avec autant de satisfaction que de désagréments. Les Noss avaient été difficiles, surtout à l'annonce de l'arrivée d'humains de Naelis. Les siens n'avaient pas tous été des plus raisonnables non plus. Et lui-même ne faisait plus montre de la même patience qu'autrefois. Certains de ses hommes avaient laissé entendre que l'âge forgeait le caractère, d'autres que les défaites de son peuple l'avait considérablement endurci. L'un ou l'autre, il s'était montré direct au conseil, voilà tout. Mais il avait aussi récolté quelques fruits... et quelques renseignements intéressants.

C'était d'ailleurs l'un de ces renseignements qui avaient guidés ses pas jusqu'ici. Durant le conseil il avait pu voir la tolérance de la dame protectrice d'Ardamir à l'encontre des Noss et des humains de Naelis. Lui-même estimait que ces deux factions méritaient qu'on les accepte, les premiers parce qu'ils étaient aussi elfes que ceux des cités, quoiqu'ayant un mode de vie différents. Ils n'en restaient pas moins tous enfants de Kÿria, qu'ils le veulent ou non. Les seconds avaient montré par le passé qu'ils étaient nettement moins stupide que les péninsulaires, et qu'ils méritaient davantage d'estime. Glinaina étant leur reine, cela rajoutait à ce raisonnement. Delnwë avait donc décidé de s'entretenir de tout cela avec la dame protectrice. Seulement le conseil ne fut certes pas le lieu idéal, et par la suite il n'eut guère l'occasion de pouvoir discuter avec elle. Au final, il avait dû remettre son projet, tant le front l'accaparait. Mais aujourd'hui, il profitait d'un temps de bref répit pour venir en ces terres.

Se présentant au palais, il s'était fait accompagné par ses trois plus proches compagnons. Trois soldats, deux hommes et une femme, qui avaient bravé les vagues de la tempête avec lui, et lui avaient servi de seconds. Ils lui étaient resté fidèle, et lui avait grandement apprécié leur loyauté et leur amitié. Au moins il savait avoir confiance en eux.

Ils avaient tous les quatre étaient présents au conseil. Mais ils étaient arrivé alors vêtus d'armure de cuir et de métal faites pour la guerre, sans aucun apparat ni décoration superflue. Aujourd'hui ils avaient réintégré l'armée royale protectrice d'Anaëh et du trône Blanc, même si ce dernier demeurait vide. Et ils avaient dû revêtir l'accoutrement de mise. Ses trois soldats portaient des armures d'écailles et des capes vertes de voyage. Leurs bottes, gants et autres pièces d'armure étaient marqués du symbole de l'armée royale. Quant à Delnwë, son armure d'écailles et d'argent semblait neuve, sa longue cape verte d'apparat brodée de feuilles d'argent mettait en avant son nouveau grade. Il n'aimait pas forcément se mettre en avant du fait de son accoutrement. Mais il savait combien il était important de rappeler son rang et grade aux autres soldats. Rien n'était pire que l'irrespect de la hiérarchie dans une armée.

Ils étaient arrivés il y a peu dans la cité, et n’avaient guère trainé, se dirigeant droit vers le palais. Delnwë entendait s'entretenir si possible directement avec la dame protectrice. Il n'était en aucun cas admissible qu'un quelconque intermédiaire vienne lui demander un message pour lui remettre. Il tenait à lui parler, à elle directement. On ne pouvait juger d'une personne qu'en s'entretenant directement avec elle. C'était là sa manière de penser. Et il n'entendait pas en changer.

Lorsqu’ils parvinrent à l’entrée du palais, ils admirèrent un moment l’édifice. De belle architecture, c’était un ouvrage impressionnant et saisissant, la représentation parfaite du talent des elfes dits des cités. L’entrée était gardée, quoique légèrement. Les gardes portaient la livrée d’Ardamir, sans doute parmi les soldats les mieux formés de la principauté. Leur rôle était davantage de diriger et informer ceux qui se présentaient. Un petit rangement d’armes diverses indiquait que tous devaient se présenter sans armes au palais, sous peine d’être considéré comme indésirable. Et manifestement, ils jugèrent que c’était le cas des quatre elfes qui s’avançaient, leur meneur ayant le pas décidé. La petite délégation fut donc stoppée, et on les somma d’expliquer leur venue. Calmement, Delnwë répondit d’un ton dépourvu d’émotion.

«Allez donc annoncer à votre dame que Delnwë Iridwen, capitaine des quingamor, protecteur du Trône Blanc et des terres de l’Anaëh.»

Il avait encore bien du mal dans son rôle. Capitaine… ce n’était pas de bon gré qu’il avait accepté. Mais l’Anaëh avait besoin de l’armée royale, et l’armée royale avait besoin de capitaines. Son ton était clair et n’entendait pas être contesté. Mais le court moment d’hésitation des gardes suffit à rendre Delnwë impatient. Le ton devint sec, mais nullement agressif.

« Votre dame me connait déjà, et si vous vous demandez si je viens la menacer d’une quelconque manière la réponse est non. Si vous vous demandez si je vais conserver mes armes, la réponse est oui, car un capitaine ne saurait se déplacer sans armes. Maintenant je vous saurais gré de ne point perdre davantage de temps. Il serait regrettable que votre dame ait appris mon départ sans en connaitre la raison, et l’état du front fait que je n’ai guère de temps à perdre sur des formalités.»

Le petit discours sembla avoir son effet, l’un des gardes entrant dans le palais, sans aucun doute pour aller informer qu’un impertinent se trouvait devant les portes et demandait à voir la dame sans se soucier du protocole ou du dérangement. Le protocole… Si Delnwë avait tout respect pour les protecteurs et les nobles, il se moquait du protocole éperdument. Il savait user des termes respectueux, mais se perdre en diverses cérémonies et autorisations mondaines… Croisant les bras, il attendit patiemment, son visage neutre, le regard braqué sur le pauvre second garde, qui n’en avait pas demandé tant. Ses trois compagnons s’adossèrent à ce qu’ils purent à proximité, se doutant que leur capitaine allait probablement encore faire des siennes.
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Halyalindë Yasairava
Admin
Admin
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1359
Âge : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  477ans (né en 531) - taille : 1m98
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Sam 11 Avr 2015 - 1:24

Celondil était en pleine relecture des sujets à voir lors de la prochaine audience régulière lorsque des coups furent frappés à la porte du bureau qu'il occupait depuis près de trois siècles. Des coups lourds et lents. Pas un serviteur. Plutôt un soldat... Fort pressé au demeurant puisque les coups redoublèrent sans que le Chambellan ait eu le temps de se lever. En quelques gestes, il vérifia sa mise, ferma la porte qui donnait sur sa chambre et alla ouvrir la porte.

-Sir, commença un garde qu'il se souvint avoir déjà vu à la Porte principale. Un homme veut voir la Dame Protectrice. Il refuse de se défaire de son arme.

Il n'était pas bien difficile de deviner la suite. Aucun ordre n'avait été donné. Aucune arrivée de ce type n'était prévue.

-Son nom, mon ami.
-Delnwë Iliw... non. Iridwën. Il dit être...
-Oui. Je sais. Installez-le dans le petit salon. Dites-lui que je fais au plus vite. Je vais voir Dame Yasairava.

Le capitaine des archers de l'armée royale... Le plus jeune capitaine également. Ce que les soldats pouvaient parfois manquer de jugeote. Le nom de cet homme aurait dû suffire à lui ouvrir la porte. Avec un peu de chance, il ne garderait pas rancune de cette courte attente...






Depuis déjà quelque temps, les rencontres de Fenris et Halya se déroulaient à l'extérieur pour profiter du printemps qui avançait sûrement. Ce jour là ne dérogeait pas à la règle. Attablés devant un plateau de Blanche-ébène bois peint, ils profitaient de l'air extérieur sur l'une des terrasses qui bordaient les jardins privés du Palais. Quelques arbrisseaux et autres plantes grimpantes soutenues par des arabesques de métal créaient une tonnelle végétale au-dessus de la tête des deux joueurs.

Mais Halya ne prêtait pas le moindre regard à son environnement. Pas plus qu'elle ne remarquait que la manche de sa robe blanche glissait peu à peu sur son épaule, dévoilant sa peau pâle. Toute son attention était portée sur la bataille qu'elle devait remporter. Pour une fois, la partie était serrée. Ils avaient beau échanger coup sur coup, aucun des deux n'arrivait à se démarquer.
Plus d'une fois, lors de ses défaites, elle avait argué que ce jeu n'était pas bien intéressant. Après tout, dans la réalité, quelques cavaliers bien placés et un mage aux aguets aurait eu raison de toutes les stratégies que semblait mettre en place Fenris. Mais aujourd'hui, elle n'allait certainement pas se déconcentrer pour de telles futilités. Surtout alors qu'elle pensait avoir trouvé un mouvement décisif!

D'une main sûre, elle saisit l'une des hautes pièces en bois d'ébène. La forme stylisée d'un oiseau passa au-dessus d'une pièce blanche ornée de multiples traits se terminant en pointe et claqua un peu plus loin en retombant sur le plateau.

-Je capture votre Archer, dit-elle simplement en échangeant la pièce blanche qu'elle venait de passer avec l'une des noires qu'ils gardaient à côté.

Pour l'occasion, elle se fendit même d'un fier sourire de défi à l'adresse de son adversaire. Elle allait même pousser l'audace jusqu'à ajouter quelques mots lorsqu'un homme à la haute stature fit son apparition en s'excusant.
Longs cheveux blonds soigneusement coiffés, yeux d'ambre distants et maintient droit, le Chambellan s'approcha de la table et porta le poing à son cœur en inclinant la tête, faisant fit de la légère irritation qui se lisait facilement sur les traits de la dame. L'arrivée de Celondil n'était jamais bon signe pour ses instants de détente. Elle avait déjà dû s'occuper d'un ambassadeur de Daranovar un peu trop orgueilleux durant la mâtiné. L'idée de devoir repartir à la charge aussi tôt n'avait rien de plaisant. Elle ne put s'empêcher de répondre avec un peu de raillerie dans la voix.

-Que puis-je pour vous, Celondil? Un Ambassadeur à contenté?
-Delnwë Iridwen, Capitaine des quingamor de l'armée du Sud, demande à vous voir.

Cette fois, la Protectrice leva un sourcil. Et c'était bien la protectrice et non simplement Halyalindë qui hocha la tête, tout son sérieux retrouvé.
-Dans votre bureau?
-Inutile.
Le Chambellan ne se fit pas prier pour repartir d'un pas rapide.

Elle avait vu le capitaine pour la première fois lors des évènements du Conseil qui avait précédé son départ à la recherche des Noss de cavaliers. Un Conseil qui avait été... Mouvementé. Elle n'aurait pas imaginé qu'Aranos... Enfin passons. Tout cela était du passé et il fallait faire avec. Tout ce qui comptait était de réunir une force assez puissante pour chasser les drows et les renvoyer aussi loin que possible des frontières d'Anaëh.
Et c'était surement pour cela que le capitaine Delnwë était venu jusqu'ici. Elle n'avait pas quitté Ardamir depuis plusieurs ennéades, essayant plus que jamais de mobiliser les cités récalcitrantes. Correspondant avec Timerion Adantar et cherchant à organiser une relève pérenne pour le trône Blanc. Ils auraient besoin d'homme pour reprendre Eraison, mais sans artisans, sans vivres, fournitures ni couvertures, ils n'iraient pas loin. Et puis Ardamir continuait de vivre elle aussi, avec les rescapés d'Eraisons et certains de Wyslena qui commençaient à craindre le pire. Autrement dit, même si ceux du Front en doutaient peut-être, elle ne manquait pas de travail et Fenris pouvait en témoigner.

Pourtant, si un capitaine était remonté en personne jusqu'à Ardamir, il devait y avoir une bonne raison. Elle avait hâte de savoir ce que lui réservait cet entretien. La présence de Fenris serait aussi une bonne chose s'il s'agissait de stratégie. Après tout, il avait lui aussi assisté au Conseil et il secondait Delyndil dans ses décisions. De plus, Halya avait elle-même apprit à respecter ses avis souvent éclairés.
Lors de leur première rencontre, elle avait pu constater sa franchise et son ouverture d'esprit – parfois même un peu extrême au goût d'Halya. Il avait l'air de respecter les Noss comme des égaux et était même arrivé au côté d'une reine humaine... enfin presque humaine. Elle avait eu l'occasion de parler à la jeune femme et elle était assez mature pour son jeune âge. Mais même si Halya savait d'expérience que tous les humains ne se valaient pas, une nouvelle alliance officielle avec un de leurs royaumes ne lui paraissait pas un choix judicieux pour la réunification du peuple elfe.

Enfin... Une chose était sûre: la pause touchait à sa fin. Dire qu'elle pensait enfin remporter valeureusement une partie. Mais peut-être avec les dernières minutes...
Elle chercha le regard de Fenris en une excuse silencieuse. Puis, sachant pertinemment qu'ils ne pourraient aller beaucoup plus loin, elle sourit, retrouvant l'espace d'un instant son air oublieux des problèmes politiques. Même si ce n'était pas tout à fait vrai, elle proposa:

-A vous de jouer. Un coup gagnant. Si vous réussissez à vous sortir de cette situation, je reconnaîtrais que vous êtes victorieux. Sinon, nous savons tous les deux que je finirais par m'emparer de votre Trône.






Finalement, les gardes avaient bien suivi les instructions. Lorsque Celondil ouvrit la porte du petit salon, il répéta une fois de plus son salut: un poing sur le cœur, un signe de tête.

-Veuillez excuser mon arrivée tardive, Capitaine, ainsi que le piètre accueil dont vous avez fait les frais. Nous n'étions pas prévenus de votre venue, sinon, croyez bien que tout cela n'aurait pas eu lieu. La Dame Protectrice peut vous recevoir immédiatement, mais j'espère que vous pardonnerez le manque de décorum. Si vous voulez bien me suivre. 

color:
 

_________________
couleur: #9999ff
Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

Cadeau d'un gentil membre:
 

MdO2017:
 
Revenir en haut Aller en bas
Fenris Nöldorion
Elfe
avatar

Féminin
Nombre de messages : 333
Âge : 30
Date d'inscription : 12/01/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  212 ans (797 années du 10ème cycle)
Niveau Magique : Apprenti.
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Sam 11 Avr 2015 - 8:24

Le temps était superbe en cet après-midi de fin de printemps. Quelques oiseaux chantaient dans les arbres alentours et le soleil perçait à travers les feuillages. Une douce brise venait par moment rafraîchir l'air ambiant alors qu'il tendait à se réchauffer d'ennéade en ennéade. Fenris avait désormais la joie de pouvoir en profiter bien mieux qu'auparavant car il ne dormait plus autant qu'à son arrivée. Progressivement, le nombre de ses phases de repos s'étaient réduites, si bien que ses périodes de somnolences avaient été remplacées par des siestes : une le matin et une à deux l'après-midi suivant l'heure à laquelle il prévoyait de se coucher.
Les blessures du cavalier étaient désormais suffisamment refermées pour qu'il puisse s'en servir. La rééducation avait commencée toutefois ses actions restaient limitées. Il ne pouvait pas porter de charge et il se fatiguait vite. Sans compter que sa main tremblait assez régulièrement. Fenris ne pouvait donc pas l'utiliser souvent ni très longtemps. Il portait encore son écharpe autour du cou afin de pouvoir le reposer dès qu'il en ressentait le besoin.

La compagnie de la Protectrice aidait beaucoup de jeune noble dans sa rémission. Elle trouvait chaque jour le temps de passer le voir, de faire quelques pas avec lui, de discuter de tout et de rien, de faire quelques parties de ce jeu de plateau qu'elle dépréciait tant. Cela n'était certes que peu de choses mais Fenris était touché par cette attention qu'elle n'avait cessé de lui porter depuis son arrivée. A son contact, il sentait son cœur devenir plus léger, si bien qu'il était à peu près sûr à présent que ses sentiments pouvaient perdurer dans la paix comme dans la guerre. Mais malgré ses quelques tentatives d'en apprendre discrètement un peu plus sur ce que ressentait son amie, il n'était pas en mesure de savoir si la chose était réciproque. Toutefois, il devait avouer qu'il n'avait pas non plus fait montre d'une grande "agressivité" dans sa quête. Seule quelques phrases et compliments lui avaient permis de comprendre qu'il y avait peut-être une chance pour qu'elle ne lui soit pas totalement insensible. Mais à présent qu'il savait pour lui, il envisageait de se pencher sérieusement sur le cœur de la Protectrice.

Depuis leur première promenade dans les jardins du Palais, Halyalindë et Fenris y retournaient souvent pour permettre au cavalier de profiter du spectacle tout en pratiquant la marche de manière régulière. La Protectrice avait fait installer une petite table à mi-parcours de leur promenade, sur une petite terrasse des plus agréables. La plupart du temps, ils se contentaient de boire un thé en discutant mais cette fois-ci, son amie avait tenu à prendre sa revanche à ce fameux jeu de plateau qu'elle n'était jamais parvenu à maîtriser pleinement. Ce jour-là pourtant, elle se révéla bien plus coriace que d'habitude, mettant en oeuvre des stratégies suffisamment poussées pour déjouer quelques plans de son compagnon. Mais alors qu'elle venait de réaliser une nouvelle manœuvre qui le privait d'un archer, quelqu'un les interrompit, coupant net la dame dans son moment de jubilation.
Le Chambellan leur annonça la visite du Capitaine des archers de l'armée royale. Si Fenris s'était attendu à la venue d'un Capitaine, cela n'aurait pas été celui-là. Il pensait à son frère bien évidemment mais aussi à d'autres qui auraient pu vouloir rencontrer la dame. Il était assez curieux de savoir ce qui avait pu le conduire jusqu'ici.

-A vous de jouer. Un coup gagnant. Si vous réussissez à vous sortir de cette situation, je reconnaîtrais que vous êtes victorieux. Sinon, nous savons tous les deux que je finirais par m'emparer de votre Trône.

Malgré le rendez-vous qui l'attendait, Halyalindë avait retrouvé sa taquinerie habituelle et lui donnait l'occasion de répondre à sa dernière attaque afin de ne pas laisser leur partie totalement en plan. Fenris admirait son sourire de vainqueur et le lui rendit, presque attristé de devoir briser son rêve.

-Dans ce cas, je crois que vous allez devoir me céder votre couronne. En déplaçant votre pièce, vous avez laisser le champ libre à mon second archer pour s'en prendre à votre souverain.

S'il devait jouer son tour, Fenris pourrait bloquer le roi avec une autre de ses pièces afin de lui couper toute retraite. La Protectrice avait cédé à la tentation qu'il lui avait lancée en laissant l'un de ses archers à sa merci, tombant ainsi dans son piège.

-Désolé.

Malgré son sourire, le cavalier faisait montre de sincérité. Il était ravi de la voir se défendre aussi bien, rendant la partie fort intéressante pour lui qui aimait les défis et n'accordait que peu d'importance au fait de gagner ou de perdre. Profitant des quelques instants qu'il lui restait encore en sa compagnie, il plongea son regard bicolore dans celui de son amie, essayant de se faire à l'idée que leur petite excursion était finie pour aujourd'hui.

-Je vais peut-être vous laisser, Halie.

Désormais, il lui était étrange de la vouvoyer tandis qu'il l'appelait par ce petit diminutif dont il était le seul à user. Il espérait à présent pouvoir un jour passer au tutoiement... Tout en sachant qu'il lui faudrait encore être patient.

-Je ne sais pas de quoi le Capitaine souhaite vous parler mais je ne serais sans doute pas à ma place dans votre entretien.

Comme à son habitude, Fenris faisait preuve d'une grande humilité, n'oubliant jamais son garde militaire et ce malgré son sang de haute noblesse. Avant de tenter de se lever, il attendit la réaction de son amie, espérant y déceler un peu de cette déception qu'il ressentait lui-même à l'idée de la quitter déjà.
Revenir en haut Aller en bas
Delnwë Iridwen
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 234
Âge : 29
Date d'inscription : 29/04/2013

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  245
Niveau Magique :
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Sam 11 Avr 2015 - 12:57

L'attente fut de durée modérée. Ni trop longue, ni trop courte. Mais si le tempérament de Delnwë s'était passablement détérioré depuis certains événements, il n'avait en aucun cas perdu sa grande patience. Aussi lorsque le garde revint, il n'émit aucun jugement, aucune remarque. Le garde lui annonça que le grand chambellan s'occuperait très prochainement de lui, et qu'en attendant il était invité dans le petit salon. Il acquiesça d'un signe de tête avant de se tourner vers ses trois compagnons, et de leur lancer une petite bourse

« Vous avez quartier libre jusqu'à la fin de mon entrevue. Profitez comme vous le souhaitez de ce temps, vous savez aussi bien que moi que des temps difficiles nous attendent. Je tiens donc à ce que vous puissiez profiter au mieux des quelques temps de paix qui nous restent.»

Les trois soldats lui adressèrent un salut militaire, puis esquissèrent un sourire. Ce genre de sourire qu'un compagnon d'arme que l'on connait depuis longtemps vous adresse. Celles et ceux sur qui on sait pouvoir compter, qui nous sont chers, et que l'on sait pouvoir perdre en un seul instant. Delnwë les observa s'éloigner. Trois braves parmi ceux qu'il commandait désormais. Trois soldats qui savaient quel était leur devoir, mais qu'il lui serait difficile de perdre. La guerre reste cruelle, et prélève à chaque fois son lot de jeunes âmes.

Reprenant ses esprits, il se tourna vers le garde et fit signe qu'il le suivait. Comme convenu, il avait conservé son épée. Fael celeb, Eclair d'argent, reposait dans un nouveau fourreau, tout de vert et d'argent gravé. Fourreau magnifique et représentatif de son nouveau grade, pour une lame simple mais mortelle. Le contraste de l'apparat et de l'efficacité. Quant à Galadh linnol ,"l'arbre chantant", il était sanglé dans son dos, la corde défaite et enroulée autour des gravures faites dans le bois. Le message était clair: les armes restaient à ses côtés, mais n'étaient pas en mesure de nuire. Il fut mené par les couloirs, et vit le vaste hall, magnifique et majestueux du palais. Quoique d'apparence insensible à beaucoup de choses désormais, il ne put retenir un sourire d'admiration. Le palais avait de quoi impressionner, moins par sa grandeur que par sa merveille. Un tel spectacle le détendit un peu. On le conduisit jusqu'à ce qui était appelé le petit salon, manifestement la pièce d'attente des invités d'importance. Il n'aimait pas vraiment qu'on le traite avec tant d'importance. Oui, son grade avait de l'importance, mais il ne devait en avoir réellement qu'à l'encontre des soldats et de la hiérarchie militaire. Autrement, qu'avait-il de plus qu'un simple noble ou marchand de quelque ville d'Anaëh que se fut?

L'attente fut là encore sans longueur perceptible pour le capitaine. Un homme se présenta à lui, probablement le chambellan ou le conseiller de la dame. D'âge indéfini, quoique très certainement plus âgé que lui, les cheveux blonds tombant librement et soigneusement coiffés, il avait une posture droite et sûre. Quelqu'un qui connaissait son travail et savait s'affirmer. Bonne chose.

-Veuillez excuser mon arrivée tardive, Capitaine, ainsi que le piètre accueil dont vous avez fait les frais. Nous n'étions pas prévenus de votre venue, sinon, croyez bien que tout cela n'aurait pas eu lieu. La Dame Protectrice peut vous recevoir immédiatement, mais j'espère que vous pardonnerez le manque de décorum. Si vous voulez bien me suivre.

Le capitaine leva une main, paume ouverte vers le Chambellan.

« Nulle excuse n'est nécessaire. Vos soldats ont fait leur travail, et c'est à moi de m'excuser de la rudesse dont j'ai fait preuve à leur encontre. Me laisser entrer ainsi armé eut été autrement plus grave. J'ajouterai qu'il est normal que vos soldats ne me connaissent pas encore, et que ma visite était imprévue et par là même impolie. Ne blâmez donc personne d'autres que moi quant au protocole. Je vous suis donc.»

Il se leva et emboita le pas à l'autre elfe, qui l'amena par les couloirs et les escaliers du palais. Si Delnwë prit plaisir à admirer l'ouvrage, il ne put s'empêcher de questionner son guide.

« Au risque de vous paraitre impoli, je crains que vos soldats ne m'aient guère signalé votre fonction ou votre nom. Désolé si cela est impoli vis à vis du protocole, mais en tant que militaire j'ai l'habitude de connaitre ceux à qui je m'adresse. J'ose d'ailleurs espérer que j'ai été correctement présenté par vos soldats?»

La moindre des choses en tout cas, c'est que s'il faisait montre de politesse, il ne s'ennuyait certes pas du protocole!
Revenir en haut Aller en bas
Halyalindë Yasairava
Admin
Admin
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1359
Âge : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  477ans (né en 531) - taille : 1m98
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Dim 12 Avr 2015 - 12:29

Contre toutes ses attentes... Halya perdit beaucoup de sa superbe. C'était à croire qu'elle ne maîtriserait jamais ce maudit jeu!

-Humf... Je savais bien que ce jeu ne rimait à rien. Personne ne donnerait volontairement plus de troupes à son adversaire pour l'attaquer sur un autre front. C'est bien trop dangereux et totalement irresponsable! Et puis si ça se trouve, vous êtes avantagé, ce jeu viens de Malereg, non?

Mais elle pouvait dire tout ce qu'elle voulait, il avait raison... Elle venait de se donner un certain désavantage. Si elle menait sa tactique jusqu'au bout, elle laissait son souverain seul et sans cette pièce Fenris arriverait immanquablement jusqu'à l'extrémité du plateau avant qu'elle ne passe ses défenses. Mais même avec l'archer qu'elle venait de récupérer, défendre serait difficile... et elle n'avait de toute façon plus le temps.

-Très bien. J'admets ma défaite... encore. Félicitation, Ô grand stratège.

Elle soupira en réajustant sa robe d'une main distraite. Agacé? Oui, Halya l'était. Mais fort heureusement elle n'était pas rancunière pour ce genres de choses. Et puis elle préférait nettement que Fenris brise ses espoirs plutôt qu'il la laisse gagner. Cela ne faisait qu’attiser sa détermination et aucun doute ne troublerai son esprit le jour où elle aurait enfin une véritable victoire.
Elle cherchait à faire passer le goût amère qui flottait dans sa gorge en laissant ses yeux courir sur le jardin lorsque Fenris appat son regard.

-Je vais peut-être vous laisser, Halie. Je ne sais pas de quoi le Capitaine souhaite vous parler mais je ne serais sans doute pas à ma place dans votre entretien.

L'humilité de Fenris ne cessait de la surprendre... Il prouvait sa valeur par de multiples aspect et semblait toujours craindre d'en faire trop, de trop se mettre en avant. Après avoir côtoyé des personnes comme Sandriel le Prétentieux, ce penchant à suivre à la lettre la hiérarchie était presque incongru. Perdue un instant dans les yeux verrons de son vis à vis, Halya mis quelque secondes avant de répondre avec un sourire

-Non. Au contraire. J'aimerais que vous restiez. Je n'ai pas vu le capitaine Iridwen depuis le Conseil d'Eraison. Ce qu'il a à dire concerne surement ce qui s'est passé là-bas et votre avis serait le bien venu. S'il s'agit d'un sujet plus épineux, il sera toujours temps de vous éclipser.






Celondil nota soigneusement les premières paroles du capitaine ainsi que son ton et son maintien. Il n'avait rien de certains des ambassadeurs imbus d'eux-même avec lesquels il devait souvent composer. Il ne s'était formalisé ni de l'attente, ni de l'accueil et avouait lui-même qu'un manque de rigueur de la part des gardes aurait bien plus à déplorer que ce léger désagrément. Remarque, il n'aurait pas du en attendre moins de la part d'un officier militaire.

Il pensait le guider en silence dans les entrailles du chêne millénaire qui tenait lieu de palais à Ardamir mais fut bien surprise d'entendre son hôte ouvrir la conversation. En général, personne ne lui adressait la parole dans ce genre de situation... sauf les diplomates assez fin pour penser que se mettre le Chambellan dans la poche facilitait l'obtention d'audiences ultérieures. Enfin déjà fallait-il savoir qu'il était le Chambellan... décidément, il devrait avoir une petite discussion avec les gardes des portes dans un avenir proche.

-Vous ne manquez nullement à la politesse, Capitaine. Au contraire, je suis flatté que vous vous intéressiez à ma personne. Je me nomme Celondil et je suis ici en ma qualité de Chambellan. Si d'aventure vous voulez séjourner au palais ou obtenir une nouvelle entrevue avec la Dame Protectrice, je serais heureux de pouvoir vous aider.

Gravir les marches était souvent une épreuve pour les invité qui n'en avaient pas l'habitude mais il fallait croire que la vie de guerrier maintenait en forme. Contrairement à la plus part du temps, Celondil n'eut pas à ralentir son allure une fois les quelques premiers étages passés. Il continua.

-Et je vous rassure, je sais parfaitement qui vous êtes Capitaine Iridwen de l'Armée du Sud. Sinon croyez bien que nous ne vous aurions pas laissé vous déplacer avec vos armes. Les nouvelles vont vite et connaitre une personne telle que vous, de nom comme d'allure, fait partie de mes attributions. Si vous avez la moindre question n'hésitez pas.

Enfin, ils arrivèrent à l'étage tant attendu. Après avoir traversé un salle de détente dont tout un pan recouvert de vitre donnait sur un jardin suspendu, ils firent leurs premiers pas à l'extérieur. Durant leur avancée, plusieurs personnes, serviteurs comme riches, leur avaient jeter des regard interrogatif. Les armes que portaient l'inconnue était autant une curiosité que l'aveu de son grade.
Une fois sur la branche titanesque que formait le jardin, ils n'eurent pas à marcher longtemps pour arriver à une petite terrasse façonnée dans le bois vivant de l'arbre et ombragée de lierre. Le Chambellan fut un peu surpris de voir que le cavalier Nöldorion était toujours présent mais rien ne le laissa paraitre. Au moins, les pièces avaient été rangées dans leur boite et le plateau légèrement poussé sur le côté. Dès qu'elle aperçu les deux homme, la Protectrice se leva pour les accueillir, faisant frémir sa légère robe blanche.

-Dame Yasairava, Sir Nöldorion, voici le Capitaine Delnwë Iridwen.

Elle s'inclina légèrement en signe de respect et tendit rapidement la main un siège à côté de la table. Finalement elle avait été bien inspiré de demander quatre sièges plutôt que deux lorsqu'elle avait fait installer cette escale. Puis elle glissa un signe de tête tout aussi respectueux au Chambellan.

-Merci, Celondil.

Encore une fois, l'homme ne se fit pas prier pour repartir vaquer à ses occupations, prenant tout de même le temps de saluer correctement l'hôte du jour qui s'était montré si cordial avec lui.

-Ravie de vous revoir Capitaine. Repris la Protectrice. Enfin je l'espère... Il me semble que vous avez déjà eu l'occasion de voir Fenris Nöldorion. Si cela ne vous dérange pas, j'aimerai qu'il assiste à notre entretien. Un autre point de vu que le sien est souvent profitable.

Dans son accoutrement actuel et dans le cadre actuel, il devait être bien étrange de la revoir après les évènements mouvementés du Conseil. Mais il ne fallait pas s'y laisser prendre. Sous sa manche droite trônait toujours la longue dague de facture humaine qui ne la quittait jamais. Une lame anonyme comme son épée. Elle n'avait jamais compris le besoin de nommer ses armes. Forgée au feu des combats, c'était elle-même a qui on avait donné un nom. Dame louve. Ses armes n'étaient qu'un prolongement d'elle et de sa maîtrise. Est-ce qu'un loup donnerait des noms à ses griffe ou à ses crocs?
Mais l'heure n'était pas au combat et le Capitaine ne représentait pas une menace. Plus, il avait peut-être des nouvelles fortes intéressantes.

_________________
couleur: #9999ff
Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

Cadeau d'un gentil membre:
 

MdO2017:
 
Revenir en haut Aller en bas
Fenris Nöldorion
Elfe
avatar

Féminin
Nombre de messages : 333
Âge : 30
Date d'inscription : 12/01/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  212 ans (797 années du 10ème cycle)
Niveau Magique : Apprenti.
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Lun 13 Avr 2015 - 19:32

La réaction de la Protectrice devant sa défaite ne manqua pas de faire sourire son partenaire. Il ne doutait pas que cette partie l'avait passionnée, donc même si elle clamait le contraire, elle avait apprécié ce jeu. Peut-être n'aimait-elle pas perdre ou était-elle frustrée de ne pas en comprendre toutes les subtilités ? Toujours était-il il la laissa extérioriser ses sentiments à sa guise avant de finalement lui répondre avec calme.

-C'est vrai, ce jeu vient de Malereg et j'y joue depuis ma plus tendre enfance. Vous partez donc désavantagée. Voyez cela comme un champ de bataille dont la stratégie pour vous comme pour moi est de protéger son Roi. Pour cela, vous pouvez attaquer, vous défendre ou encore sacrifier des unités de manière calculée. Attaquer et sacrifier ne font pas partie de "notre" manière de penser dans la réalité, peut-être est-ce qui vous pose problème dans ce jeu ?

En effet, les elfes préféraient la défense à l'attaque et jamais il ne leur viendrait à l'idée de sacrifier des hommes pour vaincre. Si Fenris faisait en sorte de préserver au mieux la vie des soldats dans l'élaboration des stratégies auxquelles il participait avec son frère, il n'avait aucun mal à se défaire de ce type de convention pour jouer avec des unités fictives. Il voyait les pions sur le plateau de jeu comme ils étaient...

-Pour la prochaine partie, nous jouerons à deux contre Herardilel. Ainsi, je pourrais vous montrer comment vous pouvez raisonner d'une manière différente. Il serait dommage de ne pas persévérer après tous les progrès que vous avez fait, vous ne croyez pas ?

Le cavalier lui adressa un doux sourire. Plutôt que de jubiler devant sa victoire, il préférait tendre la main à son amie afin qu'elle n'abandonne pas en si bon chemin.

Alors qu'il se tenait prêt à laisser la dame seule avec le Capitaine qui devait être en chemin, Halie lui demanda de rester afin de jouer les conseillers. Fenris ne put retenir un sourire amusé. Une personne de plus qui lui demandait conseil... Cela ne lui déplaisait pas, au contraire. Cela prouvait sa capacité à raisonner. Mais étant donné son jeune âge et son grade, il commençait à se demander s'il ne devrait pas réévaluer sa place dans l'armée, et pourquoi pas, dans la société des elfes citadins.

Le noble n'eut que le temps de hocher la tête en direction de son amie en guise d'accord lorsque le Capitaine entra. Halyalindë se leva la première pour saluer l'officier. Fenris l'imita lorsque son nom fut prononcer. Inclinant le haut du corps, il le salua à la manière d'un noble, et non d'un soldat, indiquant par-là que sa présence ici n'avait aucun lien avec l'armée. Mais, si Delnwë venait du front, nul doute qu'il avait entendu parler de la mésaventure des deux elfes avec les drows.
Le cavalier n'éprouvait désormais que bien peu de difficultés pour se relever seul. Il se présentait devant l'officier avec son bras posé dans son écharpe, souhaitant le mettre au repos après l'avoir utilisé à quelques reprises durant leur partie. Il ne portait pas d'uniforme mais un ensemble sur mesure comprenant une longue tunique grise argentée et une veste bleue foncée touchant presque le sol.
Revenir en haut Aller en bas
Delnwë Iridwen
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 234
Âge : 29
Date d'inscription : 29/04/2013

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  245
Niveau Magique :
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Mer 9 Sep 2015 - 18:38

Manifestement, l'elfe qui lui servit de guide au travers du vaste arbre qui tenait lieu de palais aprécia que le capitaine lui fasse la conversation. Sans doute la bienséance et les traditions voulaient qu'on s'abstienne de parler en de telles circonstances, ou quelque chose du genre. Delnwë ne s'embarassait guère de l'étiquette superflue. Il préférait agir selon sa nature, voilà tout. Son guide se présenta sous le nom de Celondil et était le grand chambellan du palais et de la protectrice. Et il savait manifestement à qui il avait affaire. Ses paroles bienveillantes ne furent pas ignorées.

« Soyez certain que j'apprécie votre accueil et ne manquerait pas de m'en souvenir à mon prochain passage dans le palais. Vous semblez être de confiance, et je suis certain que la protectrice en a bien besoin en ces temps. Moi même j'apprécie vos manières, car je ne vous cacherai pas que je ne goute guère aux méthodes de certains politiciens.»

Ils gravirent les étages d'un pas posé, sous les regards manifestement curieux des nobles et serviteurs. Etait-ce donc tellement atypique qu'un caiptaine vienne rendre visite à une protectrice? Les armes étaient-elles donc déplacées? Mais un capitaine de l'armée royale du Trône Blanc ne se déplacait jamais sans ses armes. Car chaque instant il se devait de protéger l'ensemble de l'Anaëh. Ainsi en était-il.

Ils finirent par arriver au lieu voulu. La protectrice était là, vêtue d'une robe d'un blanc magnifique. A ses côtés, un soldat qui avait été présent au conseil, se rappela le capitaine. Mais il ne parvint pas à se souvenir de son nom ou de sa fonction. Vêtu comme un invité de marque, il portait malgré tout un bras en écharpe, signe d'une vilaine blessure en voie de guérison. Quelque mésaventure sur le chemin du retour, semblait-il. Les sombres se faisaient décidément trop dangereux même en leurs propres terres qu'ils croyaient si sûres. La protectrice remercia le chambellan et le congédia. Ce dernier salua Delnwë avec respect, qui lui fut rendu de manière tout aussi prononcée. Puis il fut proposé à l'invité une place aux côtés des deux hôtes. La protectrice affirma être ravie de le revoir, avant de donner le nom de celui qui piquait tant sa curiosité. Fenris Nöldorion. Vraiment? Le soldat se leva et salua du haut du corps, d'un pas un peu raide, signe effectif que la blessure, quoique bien traitée, nécessitait encore un peu de temps avant de totalement guérir. Mais c'était là les risques.

Saluant à son tour la protectrices puis le soldat, Delnwë n'exécuta ni un salut militaire, ni une révérence de noble. Il s'agissait d'un simple signe de respect, qui indiquait qu'il n'entendait ni profiter de sa fonction, ni se laisser intimider par un quelconque titre. Depuis un certain temps déjà on le savait direct et sans hésitation, même au mépris des titres. Sa réputation l'avait probablement précédé. S'asseyant sur le siège offert, il déposa son équipement gênant contre l'accoudoir, avant d'entamer la conversation.

« Je tiens tout d'abord à vous remercier de votre accueil, surtout suite à mon arrivée... imprévue. Quant  la présence du soldat Nöldorion, elle ne me gêne absolument pas. Je préfère de loin la présence d'une personne capable de comprendre ce dont nous pourrions nous entretenir, et quoi de mieux que quelqu'un ayant connu la guerre qui nous touche tant? J'ai d'ailleurs peine à voir, Fenris, que vous ayez été blessé au cours de votre retour, j'espère que vous vous remettrez au plus vite. Et pendant que j'y pense, oubliez les cérémonies avec moi, soldat. Je ne suis pas là pour que l'on me flatte, et vous n'êtes guère en état de prétendre au service. Alors autant nous mettre en bons termes immédiatement, qu'en dites vous?»

Au moins le cadre était posé. Il n'était pas là pour les cérémonies, ni pour l'étiquette, et encore moins pour qu'un soldat lui donne du "captaine Iridwen" à tout bout de champ. Il appréciait davantage les soldats francs et capables de prouesses martiales que les "lèche bottes" comme disaient les humains, ceux qui cherchaient à gagner l'estime des supérieurs avec de belles paroles.

« Mais si je puis revenir à la raison de ma visite, dame Halyalindë. Depuis le conseil que nous savons tous les trois, j'avoue être inquiet. Oui, il y a de quoi être inquiets de nombreuses choses je suis d'accord. Mais ce qui me préoccupe le plus est la réaction de nos confrères et consoeurs vis à vis des Noss. Je ne saisi pas pourquoi sont-ils si hostiles à leur encontre. Ne sont-ils pas enfants de l'Anaëh comme nous? J'ai cru déceler que vous étiez, vous aussi, en faveur d'une union durable, et j'aimerai que nous fassions en sorte que cette union voit le jour. Même si cela doit mécontenter quelques uns des nôtres, je pense qu'ils nous en remercieront plus tard. Car il n'est pas bon d'agiter l'étendard de vaines rancunes lorsque notre ennemi mortel est déjà au coeur de notre belle forêt.»

Une entrée en la matière directe. Il entendait bien repartir d'ici avec au moins quelques certitudes. Et peut être même davantage. Il se savait en présence d'une dame capable de réfléchir au delà de sa simple personne. Et en cela, il la savait bien plus sage que d'autres parmi les siens. Aussi avait-il choisi à qui il s'était adressé...
Revenir en haut Aller en bas
Halyalindë Yasairava
Admin
Admin
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1359
Âge : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  477ans (né en 531) - taille : 1m98
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Sam 3 Oct 2015 - 14:15

"Et certains politiciens ne gouttent que peu les méthodes de notre Dame actuelle, n'en doutez pas". Laissa doctement tomber Celondil.

Une telle débauche de mots sur des sujets à éviter ne lui ressemblait pas. Mais le Capitaine avait la douce naïveté de ceux qui ne passe pas leur vie à gérer les caprices des uns et des autres.

Une fois le Chambellan reparti, Halya ne put s'empêcher de noter le salut du Capitaine, bien loin du salut martial auquel elle s'attendait. La façon dont il s'adressa à Fenris par la suite confirma ce qu'elle pensait. Il n'était pas ici en visite officielle.

La question des Noss. Durant le conseil il avait été d'une rare véhémence concernant des opinions sur les Noss. Qu'il vienne jusqu'ici pour en parler directement avec elle n'en était que plus admirable. Parfois la Protectrice se prêtait à rêver que les mentalités changeaient peu à peu… Mais en général, il y avait toujours la réflexion innocente de quelqu'un pour lui rappeler que si c'était le cas, elles changeaient bien lentement.

« Je ne peux pas vraiment parlé au nom du Haut Conseil mais je pense qu'une alliance durable après les événement du Voile sera très difficile à stabilisée après la guerre. Ne serais-ce que garder une paix relative entre Cités et Noss sur le territoire d'Ardamir, sans songer à une véritable alliance, est une tache qui ne fini jamais. Mais je ne peux que vous donner raison, c'est une cause qui mérite qu'on se batte pour elle et je suis ravie de rencontrer quelqu'un qui partage cet avis. »

En tant que fille de Noss, elle avait sûrement un point de vue très particulier de la chose. La plus part du temps, lorsque les Noss disaient vouloir s'allier au Cité, c'était surtout les voir se dissoudre et les citadins revenir à leur ancien mode de vie. Et lorsque les Cités voulaient s'allier aux Noss s'étaient en pensant qu'il suffirait de deux trois cadeaux pour que les clans les laissent exploiter les ressources d'Anaëh sans les gêner. Obliger chacun à mettre assez d'eau dans son vin pour que la coupe soit buvable par l'autre était non seulement un défi difficile mais aussi un problème de chaque instant.

Aussi préférait-elle se concentrer sur les alliances militaires qu'ils forgeaient pour l'instant… En revanche, l'absence totale de référence à leur mission avortée la surprenait… Elle échangea un regard avec Fenris, ne sachant trop si c'était par politesse ou ignorance que le Capitaine n'abordait pas ce sujet.

« Par contre, je dois admettre que vos craintes envers les réactions de vos collègue me surprend. Je suis d'accord, la plupart ne voient pas l'intérêt que nous avons à la Réunification, d'autres sont même hostiles aux Noss, ce qui est bien compréhensible après la désertification des Cités durant le Voile. Mais ils connaissent leur devoir et des alliances ont déjà lieu. Ils ne laissent pas leurs doutes les priver d'un appui, même un appui qu'ils jugent inutile.
Je me trompe peut-être et Fenris le saura sans doute mieux que moi, mais pour l'instant, il n'y a pas eu d’incident. Delyndil lui-même à soutenu notre dernière mission auprès des clans. Et mais si elle ne s'est pas conclue de la manière dont nous l'avions prévu, ce dont je vous remercie de ne pas avoir parlé, j'ai bonne espoir que la nouvelle de notre Appel se répande rapidement parmi les Noss. »

_________________
couleur: #9999ff
Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

Cadeau d'un gentil membre:
 

MdO2017:
 
Revenir en haut Aller en bas
Fenris Nöldorion
Elfe
avatar

Féminin
Nombre de messages : 333
Âge : 30
Date d'inscription : 12/01/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  212 ans (797 années du 10ème cycle)
Niveau Magique : Apprenti.
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Mer 6 Jan 2016 - 15:02

Imitant ses deux interlocuteurs, Fenris s'installa pour suivre le début des échanges. Il choisit de ne pas changer de place, restant à côté du plateau de jeu dont il entreprit de remettre les pièces à leur position initiale. La prochaine partie ne serait pas pour aujourd'hui mais au moins tout serait prêt.
Écoutant malgré tout avec attention, il s'interrompit lorsque l'on parla de lui, tournant son regard vers le Capitaine qui s'adressait directement à lui.

-Je vous remercie de votre sollicitude en ce qui concerne ma santé. J'imagine que les rumeurs ont eu tôt fait de vous informer sur les évènements qui nous ont récemment touchés avec Dame Yasairava. Quant à la flatterie, je pense que vous vous rendrez vite compte que cela n'est pas dans mes habitudes. Comme vous avez pu le voir au Conseil, les Nöldorion disent ce qu'ils pensent. Même si j'avoue choisir mes mots avec plus de soin que mon aîné.

Clôturant ses propos d'un sourire, Fenris reprit son rangement, laissant les deux dignitaires commencer leur entretien. Écoutant d'une oreille, il comprit bien vite l'objet de la visite de Delnwë. Visiblement, la réaction de ses pairs face à une alliance avec les Noss l'avait profondément déçue. Les évènements récents auraient pourtant dû le rassurer en la matière, comme le lui fit remarquer la Protectrice.

-Je suis d'accord. Mon frère est sans doute l'officier le plus virulent en ce qui concerne les Noss et il a tout de même su entendre raison au sujet d'une alliance pour chasser les drows d'Anaëh. Au point de valider la mission proposée par Dame Yasairava et d'envoyer son propre frère à ses côtés. Même si son cœur le désapprouve, il comprend tout l'intérêt d'une telle union entre nos peuples. Je suis sûr que les derniers récalcitrants peuvent être convaincus de la même manière. Quant aux Noss, même s'ils peuvent dans un premier temps se montrer sceptiques, voire refuser notre offre d'alliance, je doute qu'ils refusent longtemps une occasion de rosser des drows et de les chasser de la forêt à laquelle ils tiennent tant.

Fenris ne voulait pas dire que les taledhels n'avaient pas autant d'intérêt pour Anaëh mais il ne se positionnait que du point de vue des Noss dans ses propos. C'était bien eux le centre de la discussion après tout.
Il entreprit finalement de répondre à la remarque d'Halyalindë au sujet de l'absence d'incidents avec les Noss du front sud.

-En effet, je n'ai pas entendu parler de problème de ce type. Non pas que la collaboration se passe dans la joie et la bonne humeur mais au moins aucun conflit n'a eu lieu. La prochaine difficulté va être l'établissement de la stratégie incluant les Noss. Nous ne devons pas commettre l'erreur de les traiter comme des sous-traitants et leur imposer leurs actes car nous sommes mal placer pour évaluer comment utiliser au mieux leurs compétences. Je crois qu'il faut véritablement les inclure dans la démarche et les laisser nous proposer leur plan d'action.



HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Delnwë Iridwen
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 234
Âge : 29
Date d'inscription : 29/04/2013

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  245
Niveau Magique :
MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   Sam 9 Jan 2016 - 13:49

Le capitaine répondit aux remerciements du soldat Fenris par un simple hochement de tête. Après tout il était normal qu'un officier se soucia de l'état d'un soldat, même s'il n'était pas un de ses subordonnés direct. La victoire ne dépendait pas simplement du nombre de troupes, mais aussi de leur état, leur moral, la cohésion et des dizaines d'autres facteurs. L'armée royale avait ceci que ceux qui la composaient se voulaient soudés et capables d'agir tous ensembles. Du moins en théorie.
Le soldat évoqua alors les rumeurs sur ce qui leurs étaient arrivé, avec la dame d'Ardamir. Cette fois ci, la réponse fut négative.

« Désolé de vous contredire, mais je n'ai eu que peu vent des rumeurs dont vous parlez. Les rapports sont vagues et contradictoires en la matière. Un petit éclaircissement serait le bienvenu...»

Puis il se décida à revenir au sujet principal. Ainsi, Dame Halyalindë estimait qu'il n'y avait pas sujet de crainte. Et le soldat Fenris lui affirmait que le capitaine de la cavalerie, l'un des plus farouches opposants aux Noss, était prêt à faire alliance avec eux. Le sentiment de Delnwë était pour sa part tout autre. Si certains affirmaient être prêt à mettre leurs rancunes de côté, qu'en serait-il réellement dans les actes? La moindre étincelle mettrait le feu aux poudres. Et en ces temps troublés, il n'était certainement pas bienvenu que les enfants d'Anaëh s'opposent entre eux. Croisant les bras, il décida donc de reformuler ses craintes.

« Loin de moi l'idée de mettre en doute vos paroles ni celles des personnes se disant prêtes à ces alliances. Mais soyons réalistes. Ce sont des mots, des discours échangés et des bonnes volontés. Mais lorsque nos armées devront faire face à la masse des sombres qui nous menace, pourrons nous réellement croire que cela se passera sans accroche avec le peuple Noss? Et n'allez pas croire que je rejette la faute sur eux, pour moi l'agression peut venir des deux partis. Je crois que plus que des échanges, il faut une situation claire. A mes yeux, seule une action forte dans le sens de l'union de tout l'Anaëh pourrait éviter de tels débordements. Et j'ai espoir de croire qu'une telle action pourrait permettre de faire perdurer cette union au delà de notre simple oppostion aux drows

Je pense que depuis trop longtemps l'Anaëh est divisée, et vous pensez comme moi. La guerre arrive et nous allons devoir la mener. Mais j'aimerai qu'une fois celle ci achevée, tous les partisans d'une telle réunification s'unissent pour la mener à bien. Voilà, ni plus ni moins, ce que j'espère.»


Le projet avait été jeté. Il fallait désormais voir s'il trouverait écho chez la protectrice et le soldat.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]   

Revenir en haut Aller en bas
 
I quigamor govada i hiril [PV Halya et Fenris]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Fenris Le Bisclavret.
» Yiko, coeur glacé pour sang froid
» Jack Fenris
» Fenris
» Discombobulate [PV Fenris]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Anaëh ~ NORD EST :: Terres d'Ardamir :: Ardamir (Cité)-
Sauter vers: