AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Oschide d'Anoszia
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 477
Âge : 25
Date d'inscription : 10/02/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  29 (Mort)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Dim 12 Avr 2015 - 10:05


Milieu 5e ennéade de Barkios, an 8.

Oschide admirait Diantra du haut des remparts du fort de la valliance. Même si la ville avait été saignée et en partie saccagée par un grand incendie qui ne s'était éteint qu'avec peine, la cité des rois semblait revenir à elle-même. Les badauds revenaient petit à petit s'installer dans les quartiers, mais un jour où l'autre, ils finiraient tous confrontés aux problèmes des mendiants qui commençaient à se faire trop nombreux, résultat des guerres. Le fort de la Vaillance avait été à moitié démoli par les flammes, les pierres avaient été noircies, mais avaient tout de même tenu. On ne pouvait pas en dire autant pour les boiseries et les charpentes. Comme si des années entières s'étaient écoulées, Oschide n'aurait su dire s'il l'avait quitté hier où dans une autre vie. En tout cas, il observait les Langecins et les Velteriens s'afféraient aux travaux de reconstruction. Il n'y avait peut-être plus de batailles à venir, mais il y avait bien un royaume à reconstruire. Ainsi, le chantier allait bon train, et tandis que les uns gueulaient leurs ordres pour l'entraînement des hommes, les autres le faisaient pour activer la cadence du chantier.

Les travaux représentaient un ouvrage colossal, et les Langecins avaient les premiers sortis l'argent nécessaire à la reconstruction. Le duc avait vu dans cela la possibilité de repartir à zéro, faire table rase du passé, et faire naître un nouveau pouvoir. Il restait néanmoins tant de choses à faire, dont son entretien avec l'ogre du médian qui aboutirait très certainement à un nouveau royaume, en tout cas, il l'espérait. Tandis qu'il méditait en pensant à l'avenir, son capitaine des aigles de sang, Ashal d'Amderran, vint l'interrompre dans ses réflexions.

-Altesse, le seigneur de la Courcelle est revenu de sa visite des terres royales, il ramène avec lui le baron d'Agreplaine, un certain seigneur d'Altenberg. Ils sont à l'entrée de la cité.

-Bien, capitaine. Allons à sa rencontre, nous retournerons ensuite à la demeure des dragons. Il parlait bien sûr de la résidence des Anoszia qui laissait arborer plusieurs dragons d'or à l'entrée, d'où cette appellation.

-À vos ordres, Altesse.

Il descendit ainsi les quelques marches qui menaient à la grande place du fort, et reprit sa monture, accompagné de plusieurs aigles de sang qui constituaient son escorte permanente. Au fil du temps, il avait appris à les connaître, et il fallait bien avouer que ces hommes n'étaient pas les meilleurs vivants de Langehack. En même temps, leur sélection et leur entraînement ne laissaient passer aucune faille, tant physique que psychologique, et seule une élite méritocratique pouvait accéder à cette garde. Sur la route, il se mit à imaginer la tête du seigneur d'Altenberg. Il se souvenait vaguement d'un Altenberg lorsqu'il vivait à Diantra, mais ne se souvint pas des propos de son père à leur égard. De réputation, on disait juste que les Altenberg étaient disciplinés, loyaux et humbles. Mise à part peut-être l'humilité, on aurait pu en dire autant des Anoszia, même si leur devise était « Famille, honneur et gloire ».

Au loin, dans une des grandes rues qu'ils empruntaient, il vit l'ambassade d'Agreplaine lorsqu'il reconnut au loin l'héraldique dont on lui avait parlé quelques jours auparavant. Lorsqu'ils arrivèrent à leur niveau, le capitaine des aigles se mit en avant, faisant ainsi s'arrêter tous les cavaliers.

-Son Altesse de Langehack, le duc Oschide d'Anoszia.

Faisant presque en sorte d'ignorer cet usage protocolaire, Oschide sortit du rang pour venir à la rencontre du seigneur d'Altenberg. Quelques badauds et marchands observaient la scène dans les échoppes qui parsemaient la rue. Aucuns d'entre eux ne semblaient menaçants, pourtant il aurait été facile d'y glisser un assassin où un mercenaire, comme lors du siège de Nulhadon qui resterait gravé dans sa mémoire. Cela ne l'empêcha pas de quitter la protection des aigles pour venir se mettre devant l'ambassade en arborant un petit sourire courtois.

-Bienvenue à Diantra, vous êtes ici en amis, et mes hommes se chargeront de vous trouver une demeure, des écuries, et tout ce que vous désirerez. Puis-je maintenant savoir qui d'entre vous est le baron d'Agreplaine ?

Revenir en haut Aller en bas
Niklaus d'Altenberg
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 408
Âge : 29
Date d'inscription : 20/03/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 29 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Dim 12 Avr 2015 - 20:40



Le baron d’Apreplaine s’était levé avec un regain d’anxiété. Le départ pour Diantra était sans aucun doute soit le début de la fin, soit le début d’une chance extraordinaire. L’anxiété l’avait peu à peu quittée au cours de la matinée et de la chevauchée qu’il avait entamé avec le baron de Missède, laissant place à une confiance un peu fataliste. Son sort était après tout dans d’autres mains que les siennes pour l’instant. Le pouvoir qui avait accepté de reconduire son mandat n’était plus, et l’autorité sur ces terres s’établissait maintenant à l’aune de la victoire militaire de Christabel. Si la défaite n’était pas sienne, il avait néanmoins appris à l’accepter et à en prendre ses responsabilités pour les conséquences que cela sous-entendait.

Le départ pour Diantra avait été rapide. Niklaus s’était comme  à son habitude levé à l’aube, n’ayant que très peu dormi de la nuit. Il avait un sommeil assez lourd mais toujours très court, une vieille habitude de pisteur. Il avait attendu le réveil de ses hôtes en allant marcher dans la forêt, une autre habitude qu’il n’avait pas eu souvent l’occasion de respecter ces dernières semaines. Il avait fait à pas lents le tour de l’étang marquant l’orée de la forêt et la fin de la clairière dans laquelle le manoir des Altenberg avait été construit.

Des fumeroles de brouillards s’étaient doucement élevées au fur et à mesure que les lumières de l’astre solaire avaient percées l’atmosphère. Le froid humide bien habituel pour cette saison et qui baignait la région au matin ne faisait rien pour apporter du charme au tableau. Mais Niklaus avait depuis longtemps appris à trouver de la réjouissance même dans les scènes assez mornes et nostalgiques que l’Apreplaine pouvait servir à ses habitants en cette saison. Il s’était habillé de manière sobre, comme à son habitude, mais utile. Des vêtements de voyage bien taillés et qui permettaient de résister au vent.

Le baron de Missède n’avait pas tardé à se lever également. Un autre matinal visiblement. Et les deux hommes firent leur déjeuner rapidement, de manière à pouvoir se mettre rapidement en route pour la capitale. Et le baron d’Apreplaine, à son habitude, ne prit qu’une poignée d’homme pour l’accompagner : cinq en tout. Abandonnant l’idée de prendre le moindre étendard ou un signe exubérant, il se contenta de demander à l’un de ses gardes de prendre un écu représentant le blason de l’Apreplaine.

Il était de toute manière hors de question d’utiliser le moindre insigne présentant le blason de la famille Altenberg. La symbolique était importante pour Niklaus. Tout d’abord par ce qu’il ne se rendait pas à Diantra en son nom propre – tout du moins le prétendrait-il – et ensuite parce qu’il ne voulait pas, à ce stade, présenter ses propres armes à celles de ces potentiels bourreaux. Il laissait le soin aux gens de Missède de marquer les esprits pour lui.

La traversée pour Diantra se fit sans encombre et au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de leur but, Niklaus était de plus en plus posé. Il n’aimait pas l’idée de remettre son sort au destin, mais il y avait des moments pour manœuvrer et se battre, et d’autres où il fallait savoir attendre avec patience que les évènements suivent leur course.

L’arrivée à Diantra réveilla le baron de sa léthargie émotionnelle. La vue des dégâts infligés à la capitale avait toujours l’effet d’un couteau planté profondément dans le cœur du baron. Le socle du pouvoir royal avait été abattu. Bien plus qu’un symbole, c’était aussi un nœud névralgique qui était à présent éteint. Visiblement les conquérants s’étaient décidés à reconstruire à force d’hommes et de moyens. Tout cela était symboliquement pertinent pour ces personnes, qui devaient poser les marques de leur nouvelle autorité. La question de l’utilité de telles entreprises à moyen terme traversa néanmoins l’esprit du baron mais cela cette réflexion serait de toute manière pour plus tard. La question maintenant était de voir pourquoi le duc l’avait convoqué et si on lui laisserait la chance de se faire sa place.

L’arrivée à Diantra s’était faite sans fanfares ni trompettes, et le baron de Missède fit savoir qu’ils étaient attendus. Le baron d’Apreplaine n’eut que très peu de mal à repérer un équipage qui vint quelques minutes plus tard à leur rencontre alors qu’ils remontaient la citée. Le temps que les deux groupes se rapprochent il prit le temps de passer en revue du regard les personnes qui venaient à eux, et y identifia à son avis rapidement le duc. Son escorte était évidemment à la hauteur du personnage, mais le baron fut étonné de voir un duc partir à la rencontre d’un simple hobereau comme lui. Peut-être les rumeurs circulant à son sujet étaient-elles plus des recommandations que des tentatives pour le remplacer. Pourtant les tentations devaient être nombreuses et nombre d’opportuns devaient tenter de l’abattre pour prendre sa charge. Niklaus comptait sur ses contacts dans la capitale pour éteindre les incendies les plus pressants et tentait de maintenir sa réputation.

Sa théorie sur l’identité du duc se révéla rapidement démontrée, le duc quittant rapidement le cortège après avoir été annoncé. Il demanda également à ce que Niklaus s’avance, ce qui n’était pas étonnant puisqu’au final les six plainiens de l’expédition étaient quelques peu enterrés sous le nombre des gens de Missède. Le duc regardait néanmoins dans leur direction, ce qui indiquait à Niklaus que ce dernier avait repéré le bouclier accroché sur le flanc du cheval d’un de ses cinq gardes du corps. Trois informations intéressantes ressortaient de ce regard : le duc avait une bonne vue, le sens du détail, et avait préparé son sujet puisqu’on lui avait présenté l’héraldique de l’Apreplaine. Retenant ces renseignements, Niklaus s’avanca et se courba respectueusement de manière protocolaire.

« - Votre Altesse, je suis Niklaus d’Altenberg. Et je vous remercie de votre accueil. »

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié

MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Mar 14 Avr 2015 - 18:37

Un royaume à (re)bâtir
Oschide & Nikklaus & Cornélia



Isabelle était revenue à la dame Anoszia et son retour avait causé tout un émoi chez elle. Les deux femmes s'étaient jetés dans les bras de l'une et de l'autre et quelques larmes avaient été versées, mais ce, avec joie. Son amie lui était revenue après toute ses épreuves, prête à la servir loyalement comme elle l'avait toujours fait. La dame s'était hâtée à demander de fraîches nouvelles de la part de sa suivante. Plusieurs choses s'étaient déroulée en son absence, elle lui parle de ses fils, puis vint la tristesse et le regret de ne pas pouvoir être à ses côtés durant le carnage qui avait secoué toute la famille des Anoszia et ses alliés. Jamais Isabelle n'avait eu autant de regrets envers sa maîtresse, mais pour Cornélia, il n'y avait rien à pardonné. Elle était simplement heureuse qu'Isabelle allait bien. C'était une bonne chose qu'elle eut prise congé pour retourner quelques temps auprès des siens. Jamais Cornélia ne se serait pardonner de la voir tomber par sa faute.

Quelques jours plus tard, elle appris les tristes nouvelles concernant son fiancé, le comte Wenceslas qui avait longuement disparu. La raison était simple, le malheureux homme avait perdu la vie, emporté par la peste. Une bien noire maladie. Cornélia s'était presque attendue à quelque chose d'aussi horrible, mais elle reçu l'information moins bien qu'elle ne l'aurait cru. Ayant déjà du mal à se tenir debout correctement avec son genou douloureux, elle s'était laissée choir dans un fauteuil et avait sangloter un peu, égoïstement. Évidemment, de ce qu'elle avait connu du comte, il avait un tempérament difficile, n'était pas aussi agréable à l'œil que les chevaliers dont on parlait tant dans les livres et il était aussi petit qu'elle, mais il avait été son espoir. Son espoir d'avoir une vie hors de la demeure familiale, d'avoir des enfants, une maison bien à elle et maintenant, il n'y avait plus rien. Elle avait ensuite réciter quelques prières en son honneur afin que son âme puisse être en paix.

Y avait-il donc un côté positif à toute ses histoires? Au moins, elle était libre de se faire courtiser à nouveau même si l'idée d'avoir un nouvel homme s'accrocher à ses jupons la laissait étrangement de marbre. «Les beaux hommes arrivent et partent », songea amèrement la jeune femme. « Qui voudrait de cette pauvre Cornélia qui vieillit un peu plus à chaque jour, à chaque minutes qui passent? » Heureusement que son père était toujours vivant. Elle demeurerait la fille du dragon, elle serait forte pour lui, mais pour combien de temps encore? Il était temps qu'elle se fasse une place digne dans ce monde bâti pour le sexe mâle.

-Ma dame, il semblerait que votre frère soit de retour, déclara Isabelle en jetant un coup d'œil à la fenêtre. Le Duc n'est pas seul, cependant, il semble avoir des invités, je ne peux savoir de qui il s'agit à cette distance.

La jeune femme déposa son projet d'aiguille sur la table basse, se leva et alla examiner la vue elle aussi. De nature curieuse, elle fronça des sourcils en voyant les nombreux cavaliers qui se dirigeaient vers la demeure des Anoszia. Elle reconnaissait bien son frère et son escorte, mais quant aux autres, cela restait à voir. Elle n'avait qu'à espérer qu'il s'agissait de quelconque alliés, elle n'était pas d'humeur à essuyer des tensions.

-Je ne sais pas, Isabelle, peut-être un autre projet politique de mon frère ou une réunion amicale, espérons le, souffla-t-elle en laissant tomber le rideau sur la surface vitrée. Prépare le petit salon rapidement et apporte une boisson rafraîchissante et quelques collations pour cet invité et mon frère. Les activités des hommes creusent les appétits. Entre temps, je vais changer de robe, peut-être la verte foncée...

Isabelle alla se mettre au travail, mais se résigna lorsqu'elle entendue parler de la robe verte.

-Cornélia, vous êtes à nouveau officiellement célibataire, vous devriez mettre des couleurs plus éclatantes et chassez ce sourire fade de votre visage!

La dame en question haussa des épaules. À quoi bon? La majorité du temps, elle se sentait déprimée, épuisée et son genou n'arrangeait pas du tout la situation. Elle était toujours d'humeur à porter du noir dernièrement ou des couleurs foncées qui la rendaient invisible aux yeux masculins. À quoi bon faire un effort? Les hommes, eux, ne faisaient aucun effort pour elle, visiblement. Elle soupira.

-Ça te ferait réellement plaisir de me voir porter la rouge? demanda l'Anoszia avant de sourire face à la tête d'Isabelle qui hochait vivement. Bon, aussi bien en profiter tant que mon apparence est encore fraîche...

Sur ces derniers mots, Isabelle fit sa révérence et alla prendre soin des tâches que sa maîtresse lui avait donner. On prépara le petit salon pour le retour du duc, suivit de quelques collations et une boisson froide pour rafraîchir les gorges. C'était le printemps, mais le soleil savait se montrer courtois de ses chauds rayons dernièrement.

Dans le petit salon, Cornélia attendait patiamment dans sa jolie robe rouge à l'encolure décorée joliment par de la dentelle de haute qualité. Elle s'était corsetée avec soin, faisant ressortir un peu plus sa poitrine. Un collier de perles mettait discrètement sa gorge en valeur et deux petits rubis ornaient ses lobes d'oreilles. Elle s'était légèrement poudrée, mais ne s'était qu'armée que d'un maquillage passe-partout. Elle n'était tout de même pas à la cours du roi. Son frère ne devrait pas tarder maintenant.

© Grey WIND.
Revenir en haut Aller en bas
Oschide d'Anoszia
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 477
Âge : 25
Date d'inscription : 10/02/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  29 (Mort)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Jeu 16 Avr 2015 - 11:43


Il avait tenté de distinguer le baron d'Agreplaine dans la petite ambassade de six cavaliers. S'il n'était aucunement compliqué de les distinguer des missédois par les couleurs qu'ils arboraient. Il était nettement plus compliqué de trouver lequel était le baron. Ses rapports indiquaient qu'il n'avait qu'une année de moins que lui, il enleva ainsi les deux se trouvant être trop vieux. Il était également reconnu que les Altenberg entretenaient une véritable passion pour la chasse, rendant ainsi leurs bois assez célèbres pour les longues battues qui y étaient menées. De ce fait, le baron devait être taillé pour cavaler durant de longues heures, et ses bras assez forts pour bander un arc. Sans qu'il n'ait eu le temps de finir son petit jeu, l'un des cavaliers sortis du petit groupe et se rapprocha de lui. À n'en pas douter, cet homme présentait tous les traits qu'il s'était imaginé et Oschide ne tarda pas à lui adresser un élégant sourire avant de reprendre la parole lorsque le baron eut fini de se présenter.

-Messire d'Altenberg, c'est un plaisir de pouvoir enfin mettre un visage sur la baronnie d'Agreplaine. Dit-il, toujours aussi respectueusement. Le grand-duc d'Erac ne pouvant se déplacer, je vous propose de m'accompagner jusqu'à ma demeure qui ne se trouve pas très loin d'ici. Je pense pouvoir dire qu'après votre chevauchée, un repas et du vin ne seront certainement pas de refus.

Oschide fit faire demi-tour à sa monture, ce sur quoi, l'escorte des aigles de sang fit de même. Il appela ensuite le capitaine pour qu'il vienne à son niveau.

-Allez prévenir ma sœur que nous arrivons avec des invités.

-Bien, altesse.

Le capitaine partit ainsi au triple galop et ne sortit de leur champ de vision qu'après avoir tourné dans une petite ruelle. La petite compagnie de Langecins et d'Agreplainois prirent par la suite le chemin de la demeure des dragons et Oschide se retrouva côte à côte avec le baron. Il pouvait percevoir dans son regard une certaine appréhension bien qu'il essayât de garder un air totalement impassible, tout comme lui l'aurait fait dans cette situation. De façon à briser la glace assez tôt pour éviter que le malaise ne dure pendant tout l'entretien, Oschide se laissa emporter par des vagues nostalgiques riches en anecdotes.

-Voyez-vous messire, nous pourrions presque dire que je suis né ici et je pense même pouvoir affirmer que ces ruelles et ces quartiers n'ont plus de secrets pour moi. J'imagine qu'il en est de même pour vous dans votre cité qu'il me tarde déjà de connaître. En tout cas, vous comprendrez facilement toute ma peine lorsque j'ai remis mes pieds ici en voyant les plus beaux symboles de notre royauté détruits par la folie d'un seul homme. Depuis, nous nous efforçons de reconstruire et de forger de nouvelles fondations pour notre futur royaume.

On entendait ici et là des hommes en train de travailler dans les demeures les plus dévastées. Au loin, la place du marché était redevenue active depuis leur arrivée, et même si les prix avaient augmentés, il n'en était pas moins bondé. Voyant qu'ils se rapprochaient de plus en plus de leur destination, Oschide indiqua du doigt une petite taverne qui ne payait pas de mine.

-Aujourd'hui, la vie est en train de reprendre son cours dans la cité. Les gens viennent pour trouver notre protection et se mettre à l'abri des pillages dans les campagnes. Même si la plupart pensent que cette guerre est terminée, elle n'en reste pas moins actuelle pour tous ceux qui ont perdu leurs maisons et leurs terres. Il nous faut à présent rebâtir et leur donner de nouvelles perspectives, messire d'Altenberg. Dit-il en le regardant d'un œil attentif. Nous sommes aux faits ici de l'implication d'Agreplaine dans cette guerre, et des hommes que vous y avez envoyés... Son ton s'était fait plus sec et tranchant. Pourtant, nous ne vous en tenons aucune rancœur. Le passé appartenant au passé, nous devons désormais travailler tous ensemble dans un intérêt commun et vous aurez un rôle à jouer dans tout ça, baron.

Ils arrivèrent enfin devant la demeure des dragons qui présentait toutes les qualités d'un bon palais de la noblesse péninsulaire. Cet hôtel particulier à l'architecture impressionnante avait été une récompense du régent Aetius pour les bons et loyaux services de son père lorsqu'il siégeait encore au conseil royal. Maintenant, l'hôtel des Anoszia était devenu un symbole de puissance dans tout Diantra, fief des Langecins. Oschide délaissa sans regret sa monture, puis il invita la petite ambassade à la suivre. Il proposa ainsi aux hommes qui accompagnaient le baron de prendre une autre porte pour rejoindre la salle des gardes afin de manger quelques morceaux, tandis que lui et le seigneur d'Altenberg rejoindraient les appartements privés. Une fois arrivé dans le patio fleuri, il aperçut sa sœur Cornélia en train de s'afférer à quelques travaux d'emménagement. Sa sœur l'avait rejoint en même temps que la baronne d'Alonna, et si leurs conversations n'avaient été en tout et pour tout que quelques mots échangés ici et là, leurs regards en disaient long sur toute la tendresse qu'ils se portaient.

Toujours accompagné du baron d'Agreplaine, Oschide fit son interruption dans le petit salon composé de quelques divans et tables déjà bien riches en nourriture.

-Cornélia, tu devrais te reposer et laisser ces tâches à mes hommes. Son ton montrait une petite note d'inquiétude. Je te présente le baron d'Agreplaine, messire Niklaus d'Altenberg.

Après les présentations protocolaires, Oschide invita le baron à prendre place non loin de lui. Ensuite, la conversation pourrait reprendre là où ils l'avaient laissé.
Revenir en haut Aller en bas
Niklaus d'Altenberg
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 408
Âge : 29
Date d'inscription : 20/03/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 29 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Jeu 16 Avr 2015 - 22:09




Niklaus n’eut pas à subir très longtemps les présentations. Et fit un sourire bienveillant au duc. Ce dernier était d’un âge tout à fait similaire, ce qui confirmait ce qu’il avait pu glaner sur l’homme. Contrairement à ce que le faste militaire de l’escorte laissait présager, ce dernier semblait plus racé que le premier général venu, ce qui n’était pas étonnant vu la lignée, mais toujours une bonne nouvelle pour Niklaus. Au moins pourrait-on discuter.

Acquiesçant en remerciant pour l’invitation, Niklaus se mit dans le sillage du duc, laissant respectueusement ce dernier ouvrir la marche. L’heure de vérité avait sonné, et si le baron était confiant, il n’en ressentait pas moins une certaine appréhension. En ces heures troublées, la loi du plus fort était la seule qui restait, et il était parmi les faibles. En temps de guerre, et dans un pays où toute organisation coordonnée avait disparue, des têtes pouvaient tomber bien vite. Les assurances du baron de Missède n’avaient jamais totalement convaincues Niklaus, qui, s’il n’était pas paranoïaque, n’avait une confiance absolue qu’en son chien. Le jeune homme avait suffisamment tâté le comportement des hommes et de la politique courtisane pour savoir que la parole avait, tout comme l’argent, une valeur variable.

La cité était dans un état suffisamment inquiétant pour rendre le baron quelque peu nostalgique. Mais il n’était pas de ceux à regarder vers le passé en espérant qu’un état reviendrait de lui-même. Personne n’avait vu une pierre remonter seule une pente, il en allait de même pour les réalisations des humains. Apparemment le cheminement intellectuel du duc devait être parallèle car ce dernier fit ralentir sa monture pour revenir au niveau du baron et lui fit comprendre, à force d’anecdote, que la cité comptait beaucoup pour lui.

Niklaus écouta avec silence les propos du duc, se contentant de conserver une mine agréable. Il était clair que le duc savait introduire ses positions. La discussion n’allait en être  que plus intéressante. Le duc commença par replacer sa personne et son enfance dans la cité. Une introduction intéressante, dont Niklaus se demanda s’il s’agissait là d’un moyen de rappeler l’attachement à Diantra de sa famille et de légitimer sa position. Si c’était le cas, le duc n’était décidément pas un politicien né de la dernière pluie, ce qui était un signe excellent, car les hommes sachant manier la politique avec sang froid, pragmatisme et habileté faisaient de bien préférables interlocuteurs pour Niklaus que les brutes épaisses qu’il avait subies en interface sous la régence. Un homme sachant ordonner son discours pour y faire passer un message savait réfléchir, et c’était déjà là une bonne nouvelle.

Le duc en profita pour faire un compliment rapide à Niklaus, utilisant le possessif singulier pour lui parler d’Apreplaine et de sa ville. Ce qui en soi était un bon signe puisque dans l’esprit du duc cette terre paraissait encore liée à Niklaus, au moins pour ses origines. En pensant à cela, le baron d’Apreplaine se demanda si le duc avait écorché avec intention le nom du domaine dont il avait la charge ou s’il s’agissait simplement là d’une véritable erreur. Ne sachant vraiment répondre, le baron décida de laisser la question en suspend. A vrai dire cela ne le choquait pas vraiment et ce
la pour trois raisons. Tout d’abord parce qu’il était vrai que l’Apreplaine était peu signifiante, et donc il n’était pas surprenant que le duc n’ait pas encore retenu le nom. Ensuite et toujours parce que l’Apreplaine était insignifiante si le duc souhaitait lui rappeler ainsi sa position d’infériorité, c’était à la fois de bonne guerre et sans conséquence pour Niklaus qui n’était pas du genre à se démonter pour si peu. Pour finir si c’était là un test pour voir la susceptibilité du baron, le duc saurait bien vite qu’il en fallait beaucoup plus pour sortir Niklaus de ses gonds ou pour le faire tiquer.

La suite fut non moins intéressante, le duc précisant qu’il regrettait la régence et lui attribuant les torts faits à Diantra. Cela n’était certainement pas une surprise de le voir aborder le sujet en ces termes, lui qui avait participé à sa destruction. Les vainqueurs avaient de toute manière le loisir d’écrire l’Histoire comme il le leur chantait, et Niklaus se moquait comme d’une guigne de savoir qui avait raison ou tord dans les histoires des grands du royaume. Il ne s’en était jamais mêlé, car les années de conflit et de régence avaient été également les années où Niklaus avait repris au pied levé la gestion du domaine après la mort malheureuse de son père. Il lui avait fallu combattre l’idée à la cour de se faire remplacer et prendre rapidement le contrôle des rouages bien huilés de l’administration de l’Apreplaine de manière à montrer ses qualités. Car le problème d’un domaine trop bien géré était qu’il pouvait donner l’impression néfaste que ses dirigeants n’étaient pas nécessaires à son bon fonctionnement et qu’un autre pouvait en tirer la même chose. Combattre ce sentiment avait accaparé l’esprit de Niklaus qui ne s’était au final impliqué ni dans le gouvernement de régence, ni dans les conflits qui en avaient suivis. Il avait fait le devoir nécessaire de sa charge, et pas un iota supplémentaire.

Mais maintenant qu’un camp l’avait remporté, et que ses obligations envers la couronne avait légalement disparues avec les derniers restes légaux qu’avaient emportées la chute de la régence, il ne restait plus qu’à trouver les opportunités que le nouveau gouvernement de facto allait apporter. Et il allait de pair que les nouveaux arrivants allaient également avoir besoin d’assesseurs efficaces. Il fallait maintenant que Niklaus démontre ses talents malgré son jeune âge. Et il n’y avait qu’une seule chance de faire une première bonne impression.

Le tableau dépeint par le duc sur la vie dans la cité, forcément positif et optimiste, tranchait totalement avec les problèmes structurels sont la cité allait sous peu être la proie. Le baron se retint de relever les sourcils, se contentant de regarder autour de lui. La seconde partie du discours fut néanmoins plus réaliste, ce qui rassura le baron, car précisant que du travail était sur la table.

Avec talent, le duc changea durement de ton et la tournure de la discussion en l’amenant sur le sujet des hommes que l’Apreplaine avait envoyé pour soutenir l’armée royale et indiquant qu’il souhaitait pardonner. Le visage de Niklaus se referma.

S’entendre dire qu’il était pardonné pour avoir envoyé ses braves se faire massacrer… C’était là bien bas que de dire une chose pareille. Utiliser la mort de ses hommes comme un moyen de pression. Naturellement c’était là le juste retour des choses et de la politique habituelle, mais c’était tout de même un coup très bas et totalement inutile. Si le baron n’avait pas été coopératif, il aurait tourné casaque comme d’autres et se serait enfui ou aurait cherché une alliance ailleurs.

Surtout que le duc avait prouvé qu’il était suffisamment intelligent pour comprendre que Niklaus avait eu autant de choix dans cette décision qu’il n’en avait eu pour répondre à l’invitation du duc dans la capitale : on lui avait posé une question rhétorique.  L’ « invitation » du duc à le retrouver à Diantra était  vraiment une convocation. La « demande » de la régence d’envoyer des conscrits avait été un ordre. Et ils le savaient tous deux. Il était inutile de prétendre le contraire.

Ces milliers d’hommes qui étaient morts lors du massacre de Christabel étaient morts pour rien. A la rigueur avaient-ils simplement sauvés la place de Niklaus. Ce dernier ne s’était pas révolté contre la régence : il avait gardé le silence et sauvé sa place. Et cela par intérêt bien plus que par serment, même s’il ne l’admettait pas. Mais il le savait au fond très bien. Il était évidemment hypocrite sur ce sujet, mais l’ascension vers le pouvoir était aussi un cheminement hypocrite. Un homme comme le duc avait la chance et le luxe d’être né avec le pouvoir. Le nom d’Asnozia en lui-même était celui d’une qualité de lignée.

Les Altenberg n’avaient pas ce luxe, ils s’étaient organisés et avaient passé les trois derniers siècles à lutter continuellement pour conserver leur place. Ils étaient des survivants et leur nom avant d’obtenir la charge royale avait été associé à celui de bons administrateurs, de conseillers, de ministres, mais pas de nobles de hautes lignées. Les Altenberg ne pouvaient prétendre à un rang, ils ne pouvaient que s’en montrer digne, en visant l’excellence dans leur gestion et en étant de bons seigneurs pour leurs gens au passage.  Cela avait fini par payer puisque Niklaus arriverait peut être, juste peut-être, à sauver sa famille de la ruine malgré la chute de la Couronne qui avait été le seul support tangible de leur montée.

Le duc devait bien se douter que si trois siècles passés à vivre ainsi sur la sellette avaient appris quelques chose aux Altenberg, s’était bien l’instinct de survie. Et Niklaus s’était déjà mis en danger en refusant de participer personnellement à la campagne militaire, ce devait déjà être un signe suffisant pour les vainqueurs que Niklaus n’avait pas franchement soutenu la régence – ou tout du moins qu’il était pas le dernier des imbéciles et avait réussi à ne pas mettre ses œufs dans le même panier.

Pour autant Niklaus était encore jeune, et s’il avait fait ses choix, il avait tout de même la vie de mille hommes sur la conscience. Il ne pouvait se résoudre à se montrer cynique au point de les oublier une fois le « pardon » des vainqueurs obtenus. Ces gens étaient morts pour lui bien plus que pour la régence. La régence aurait perdu la bataille avec ou sans les troupes de Niklaus. Mais en les envoyant, Niklaus avait réussi à sauver une fois de plus sa place. Car s’il n’avait rien fait, il aurait été remercié séance tenante.

La régence lui avait fait payer très cher le prix de sa loyauté. Et maintenant qu’il avait fait ce chèque de sang à la régence, l’heure était au retour de justice, car en forçant la main au baron, la régence avait perdu son respect et sa loyauté. Et les derniers soutiens de la régence ne pouvaient plus s’attendre à ce que Niklaus prétende que la Couronne et la régence était encore liée. Tout cela était fini. La comédie s’était transformée et en tragédie et le rideau était tombé sur la régence et sur la Couronne.

Au prix d’une pile indécente de cadavre, Niklaus avait gagné l’indépendance de la Couronne. Et si les vainqueurs étaient de facto ses nouveaux maitres, la relation ne serait jamais celle qu’il avait eu avec la régence. Et si ces braves avaient dans la tragédie un intérêt pour Niklaus, la moindre des choses était de ne pas laisser tomber leurs familles et de se battre pour leur bien être en plus de se battre pour lui-même. Au moins en cela le duc pouvait-il compter sur l’éthique qui était celle de Niklaus. Le duc avait beau dire qu’il était pardonné, Niklaus n’avait pas encore fait la paix avec ses choix, même s’il savait qu’ils étaient les bons.

La phrase concernant la rancœur était intéressante… La victoire avait été si écrasante pour les vainqueurs, évidemment que le duc n’en voulait pas à Niklaus. Niklaus aurait pu contribuer avec cent mille hommes que cela n’aurait rien changé. La défaite avait été si cuisante, et les pertes pour les vainqueurs si négligeables, que de toute manière ils étaient dans la situation bien confortable que de pouvoir tout pardonner. Qu’avaient-ils à perdre à pardonner ?

Le baron rumina tout cela dans le plus grand des silences et ne laissa absolument rien transparaitre de la tempête se déchainant sous son crâne. Il offrirait tout de même plus tard une réponse mesurée au duc décida-t-il. Puisque ce dernier avait amené le sujet sur la table, Niklaus n’allait pas se réfugier derrière le pardon que le duc lui avait offert. Il allait assumer. On lui tendait la main, il allait s’en saisir naturellement, mais il le ferait avec l’attitude d’un homme éduqué et droit et non comme le premier vautour venu prêt à changer de maitre pour un morceau de viande frelatée ou la chance d’un échappatoire facile.

Ils entrèrent dans la maison du duc et firent la connaissance de sa sœur. Tout du moins le baron fit cette déduction de la discussion que le duc avait eu avec son capitaine une dizaine de minutes plus tôt. Le baron avait laissé ses hommes à la porte, assumant seul son destin. Le baron eut un sourire agréable pour la jeune femme qui, à l’image de son frère, paraissait quelque peu fatiguée. Elle était habillée avec soin ce qui était une marque de respect à laquelle le baron fut sensible. Il n’était en effet pas aisée pour la gente féminine de se préparer ainsi.

Le baron eut une révérence protocolaire impeccablement réalisée pour la jeune femme.

« - Ma Dame, je vous remercie de votre présence et suis enchanté de faire votre connaissance. »

Conformément à l’étiquette dont il connaissait les règles jusqu’à la moindre virgule, il attendit que cette dernière tende le bras pour un baise main protocolaire et ne sortit de sa révérence qu’ensuite. Suivant les indications de la jeune femme et du duc, il s’installa non loin de ce dernier. Le duc lui fit signe qu’il avait l’autorisation de s’exprimer. Le baron fit un sourire à Cornélia.

« - Ma Dame votre frère m’évoquait à l’instant les desseins que vous envisagiez pour ma modeste personne. Je n’ai pas eu le temps de le remercier pour l’intérêt qu’il porte à mes quelques qualités. Il ramena son regard sur le duc en reprenant un visage impassible. Votre Altesse a également choisi d’invoquer les tristes évènements qui ont précédé le massacre de Christabel.

Votre Altesse, naturellement je vous remercie de vos paroles de toute à l’heure. Mais je tiens à dire que j’assume l’entièreté de mes actes. L’Apreplaine a contribué selon ses engagements aux demandes de ceux qui représentaient à tort ou à raison l’autorité royale à Diantra, à laquelle ma charge était rattachée. La régence est battue par vos soins. La Couronne n’existe plus. Je n’ai plus de compte à rendre qu’aux Dieux, à moi-même et aux vainqueurs. C’est pour cela que je suis ici.

Pourtant puisque vous avez abordé le sujet de ma responsabilité, je tiens à ne pas me défausser. D’autres accepteraient votre pardon sans rien dire, mais je tiens à vous faire savoir, Votre Altesse, que si je suis navré de cet état de fait, je l’assume. La seule chose dont je puisse vous assurer est que je n’étais ni un soutien de la régence, ni un soutien à la guerre. J’avais prédit cette issue funeste, et je n’ai pas été trompé. Je suis un homme ambitieux pour mon domaine et pour mon pays, Votre Altesse. Mais si je suis ambitieux, je suis aussi loyal aux serments que je fais. Et j’espère que vous verrez là une qualité bien plus qu’une faiblesse.

Je ne me suis pas mêlé de savoir si cela était juste ou nom. Si nous regardons les choses avec pragmatisme, il m’était impossible de toute manière d’y changer quoi que cela soit. En conséquence j’ai fait le choix de m’en moquer et de respecter les serments de ma charge, car c’était la l’action qui me paraissait normale, raisonnable et en accord avec les lois qui régissaient autrefois notre royaume. Ai-je pensé que c’était stupide d’envoyer ces hommes à la mort ? Oui. Ai-je pensé que cette régence était inutile, dangereuse et idiote ? Oui. Etais-je en désaccord avec mes supérieurs hiérarchiques ? Oui. Ai-je renié mes ordres ? Non.

Cela ne me dédouane aucunement de mes responsabilités. J’ai choisi d’exécuter mes ordres. S’il y a une chose que je déteste plus que la bêtise, c’est l’irresponsabilité. Et j’ai choisi d’être responsable. A Votre Altesse victorieuse de choisir s’il préfère voir là  de la responsabilité ou de la servitude. Je ne puis que vous donner ma parole et assumer mes actes. Et je ne le regrette pas. Le pouvoir entraine les responsabilités, et je ne renierai pas mes choix. Mon sort repose entre vos mains. Je n’en dirai en conséquence pas plus à ce sujet. »


Le baron reprit un sourire.

«  - J’ai la prétention de croire que nous nous ressemblons sur certains points Votre Altesse, et tout comme moi vous ne devez pas être très intéressé par des excuses mais bien plus par des solutions. Je ne puis rien changer à ce que j’ai fait. Mais je peux tenter de prouver à Votre Altesse que je suis bien plus profitable pour les ambitions que vous avez pour notre pays vivant et libre que mort ou au fond d’une geôle. Vous devez avoir entendu bien souvent ce discours. Mais laissez-moi vous prouver que je vaux bien mieux que mes pairs et que je sais de quoi je parle. »

Il se tut laissant le duc décider s’il souhaitait interrompre là la discussion ou le laisser continuer. Soutenant le regard de l’homme avec un sérieux accompli pour son âge, le baron comprenait bien qu’il s’agissait là d’un tournant sans retour. Au bout de quelques secondes qui parurent durer de longues minutes, le duc fit signe à Niklaus de poursuivre.

« - Merci Votre Altesse.

Tout d’abord je souhaite commencer par dire que j’ai maintenu avec les différents intendants des domaines royaux une correspondance complète. La débandade des nobles des domaines ne m’a ainsi pas empêché de conserver un œil attentif aux grands courants des domaines et de la capitale. Et contrairement à ce que les flagorneurs doivent vous raconter, je pense que je vais vous soumettre un tableau bien plus noir que ce que les gens cherchant à vous plaire vous racontent.

Je vais commencer par vous donner mon sentiment sur les grands problèmes que les gens ne semblent pas avoir bien pensé et sur les remèdes que nous pourrions y apporter. Et je pense Votre Altesse que vous avez dû être très mal informée par mes pairs qui cherchent à vous plaire et à cacher leur incompétence patente.

Je tiens ainsi à souligner que la destruction de la capitale a été une catastrophe sans précédent pour les domaines. Aussi loin que remonte les archives familiales – et je puis vous assurer qu’elles sont tenues avec rigueur, M. de Missède en répondra, nous n’avons jamais vu une telle baisse dans le commerce et dans les échanges. Je pense que vous avez déjà fait ce diagnostic puisqu’il est parvenu la rumeur à mes oreilles attentives que des négociations commerciales avaient lieues tous azimuts pour relancer le commerce. J’en déduis que le bon diagnostic a été fait, mais que nous attaquons le problème par le mauvais bout.

La chute de la régence et votre victoire à Christabel et les malheurs arrivés dans la capitale ont eut trois grands effets néfastes et un effet bénéfique.

Premièrement la chute de la régence a dispersé ce qu’il restait des dernières attributions régaliennes. On ne contrôle plus la frappe de la monnaie, les impôts finissent on ne sait où, le trésor royal a été dispersé et se trouve certainement dans les poches d’hommes corrompus, les actes royaux ont pour la plupart disparus et la continuité légale n’est plus assurée que dans les fiefs auto-suffisants administrativement. Et ils sont rares. Je pense même que nous devons être en Apreplaine parmi les seuls, de nombreuses archives de mes comparses n’ayant pas été copiées avant d’être versées aux archives royales, les barons préférant économiser la dépense pour d’autres frasques.

Deuxièmement votre victoire a ensanglanté notre pays. On ne remplace pas 12000 hommes morts au combat du jour au lendemain. Surtout que comme vous avez pu le remarquer, ces hommes étaient pour la plupart bien plus capables pour faucher les champs que pour la guerre. Cela représente plus d’un demi-pourcent de la population des domaines morte en un seul jour funeste. En plus de cela des hommes dans la force de l’âge et pas des enfants ou des vieillards. Ce segment de la population absolument stratégique dont nous sommes privés va entrainer une perte importante de production pour l’été à venir dans les campagnes sans parler de la natalité, ou de notre capacité à en faire des soldats, cette fois digne de ce nom. Mais j’y reviendrai plus tard.

Troisièmement le chaos dans lequel le pays est tombé est propice au pillage. Surtout dans les domaines où les nobles se sont plus ou moins fourvoyés et ont abandonnés leur poste pour rejoindre en toute hâte la capitale afin de reprendre leurs habitudes de courtisans auprès des vainqueurs. De nombreux villages ont vu leurs silos et leurs halles aux blés pillés, ou pire brûlés. Les marchands sont tous plus ou moins réfugiés dans les villes où ils font leur beurre sur fond de spéculation sur la nourriture plutôt que d’assurer le transport des vivres des campagnes vers les villes. Le constat a dû d’ailleurs être fait par Votre Altesse, puisque vous avez eu l’intelligence d’ordonner à votre troupes d’assurer en partie le ravitaillement des villes pour pallier aux travers des hommes d’argent.

Et puisque nous en sommes là, nous pouvons aussi aborder le sujet des grands bourgeois et des argentiers. Ceux qui n’ont pas fuis la capitale sont dans la situation où ils tentent de protéger leurs biens bien plus qu’ils n’utilisent leurs fortunes à la reconstruction, ce qui oblige Votre Altesse et ses troupes à contribuer à l’essentiel du travail et du financement de la reconstruction. Une décision qui prouve à court terme à quel point vos coffres sont pleins, ce qui est une bonne nouvelle pour vous, mais qui vous obligera à terme, pour des questions élémentaires de trésorerie, à devoir augmenter vos impôts, ce qui est une moins bonne nouvelle pour vos gens. Et la dernière chose dont nous avons besoin est d’aliéner la population. D’autant que l’administration de la reconstruction que font les intendants de Votre Altesse est basée sur une structure comptable, ce qui est très bien en temps de paix, mais ce qui est une erreur majeure à la sortie d’une guerre. Mais là aussi j’y reviendrai et je vous développerai ma pensée.

Pour finir j’en viens au côté bénéfique de votre victoire : en jetant à bas la régence, vous avez détruit un régime corrompu, plus attaché à sa propre survie à court terme qu’à réfléchir à une stratégie à long terme. Si vous ne répétez pas les erreurs de la régence et que vous prenez maintenant les bonnes décisions, je pense que vous pourriez jeter la première pierre d’un empire bien plus solide que l’ancien royaume. Car vous avez pour vous à la fois la chance d’avoir une économie et une population encore bien vivante et la liberté de réformer l’administration sans vous préoccuper des susceptibilités. Nous sortons de la guerre. Tout est permis.

Voilà l’étude macroscopique que je fais de l’état des domaines. Mais tout cela est de l’ordre de l’indexation des symptômes. A partir de cela il convient à présent d’en tirer des diagnostics sur les maladies qui rongent le pays, avant de nous précipiter dans les aspects curatifs. »


Le baron prit le temps de se servir un verre de boisson. Tout cet exposé avait rendu sa gorge sèche.

« - Bien. Je vous prie de m’excuser pour cette interruption. Je ne suis pas aussi vaillant que certains ménestrels… Mais revenons au diagnostic…

Nous avons plusieurs problèmes combinés : une perte rapide de population, une immigration rapide dues aux troupes langecines dans un pays à genoux, les restes du Voile encore palpables dans certaines régions agricoles les moins bien gérées, un commerce paralysé, une insécurité relativement rampante, une administration calamiteuse des domaines, un gouvernement inexistant à reconstruire et une capitale à rétablir.

Au milieu de tous ces problèmes nous avons quelques bonnes nouvelles : d’abord Votre Altesse n’a pas sciée la branche sur laquelle elle était assise et a décidée avec sagesse de ne pas renvoyer en bloc tous les barons des domaines, ce qui donne un semblant de continuité et vous place en position de force. Vous avez dû voir mes chers comparses venir à vous en quête de réhabilitation dès votre entrée dans la ville. Une stratégie aussi fourbe qu'eux mais très efficace serait de leur faire miroiter un retour dans vos grâce en échange du passage de certaines réforme douloureuse dans leur domaine. Cela va vous permettre de faire passer les mauvaises nouvelles par leur bouche auprès de la population avant de vous en débarrasser, car j’imagine que vous souhaitez distribuer un certain nombre de charges aux plus méritants de vos vassaux. Ensuite Son Altesse le grand-duc n’a pas déclaré de but en blanc qu’il s’accaparait la Couronne, ce qui est une bonne chose car cela donne une porte de sortie honorable qui vous permettra de consolider grandement votre pouvoir et votre emprise sur ces territoires. Il sera toujours temps plus tard, si l’envie irrépressible de se faire appeler Sa Majesté prend le dessus, de décider de manœuvrer en direction de la Couronne de manière plus subtile et mieux organisée que la régence.

Ensuite les guerres dans le continent donnent une urgence renouvelée au besoin d’unité, ce qui permettra d’argumenter avec justesse le besoin de se rallier à une cause commune, centrée sur la reconstruction et l’espérance de jours meilleurs. C’est encore le meilleur moyen de se rallier la population, car un régime qui se construit sur la violence périt par la violence. Les gens vous voient pour le moment comme les bouchers de leurs fils, de leurs pères et de leurs maris. Si vous leur donnez l’espoir, ils vous verront comme les libérateurs d’un régime corrompus et les seuls détenteurs de l’autorité  et des qualités propres au souverain.

Mais au-delà de ces considérations purement politiques, il nous faut réfléchir de manière chronologique de façon à considérer les choses à faire avec l’urgence qui leur est due et de ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

A moyen terme le principal problème est que nous sortons de l’hiver et que nous entrons dans la deuxième phase du printemps. Les semences des plantes les plus importantes pour passer l’hiver, c’est-à-dire les céréales et les légumineuses sont à faire maintenant ou jamais. De même l’accouplement des animaux d’élevage est à assurer maintenant si nous voulons que les bêtes mettent bas avant l’automne et que les petits soient assez fringants pour passer l’hiver sans grande aide.

Un autre problème immédiat que personne ne juge bon de traiter pour le moment est la rapide dégradation sanitaire à Diantra qui s’annonce. L’administration de la ville doit être rétablie avec rapidité pour assurer le transport des corps vers les cimetières, l’évacuation des déchets dans les rues et gérer la mendicité grandissante, les pouilleux étant plus prompts à démarrer des épidémies massives.

Ensuite à moyen terme nous devons réorganiser l’intendance de la reconstruction. Pour l’instant les intendants de Votre Altesse jettent de l’argent au problème sans prendre en compte que nous avons rapidement atteint la limite de la chaine d’approvisionnement en ressources. Brûler un château prend une heure, mais produire les poutres qui servent à sa reconstruction prend plusieurs années. Vous pouvez mettre tout l’argent de la terre sur la table, il ne pourra pas faire apparaitre des poutres par magie. Tout ce que vos intendants vont réussir à vous faire, c’est de vous présenter la plus extraordinairement chère de toutes les constructions jamais entreprise. En ce moment tout le monde a besoin de briques, de bois et de pierre. C’est le pire moment pour imaginer acheter ces matériaux sur les marchés. Je comprends la symbolique que vous tentez d’avoir en reconstruisant aussi vite que possible, mais ce n’est pas une démarche raisonnable. Si vous écoutez mes conseils vous me remercierez plus tard de vous avoir épargné une fortune colossale.

A moyen terme nous devons également reconduire toutes les fonctions régaliennes. Pour cela nous devons rétablir un système d’ordonnances permettant de se substituer aux ordonnances royales maintenant perdues. Nous devons reconduire rapidement le système des grâces de manière à subordonner de facto ce pouvoir à Votre Altesse ou à Son Altesse le grand-duc. Il en va de même pour les ateliers de monnaie dont la production doit reprendre impérativement dans les quatre mois à venir sans quoi nous aurons un défaut monétaire désastreux pour le commerce et dont nos voisins pourraient profiter en imposant une frappe plus importante de leurs propres souverains, détournant ainsi les flux d’argent de leur cour naturel via la capitale. Je n’ai rien à vous apprendre sur le droit de garnison, dont vous usez déjà avec largesse. Il faudra néanmoins réfléchir  à la manière de l’adapter au mieux afin de limiter un usage trop important de vos troupes sur le territoire. Mais c’est là un problème de second ordre.

Pour en finir sur les diagnostics, nous sommes également confrontés au problème à plus long terme de savoir si une autre guerre se profile. Naturellement je n’ose pas avoir l’outrecuidance de penser pouvoir interpréter Vos Altesses, mais l’expérience montre que les souverains sont prompts à la guerre, pour des raisons diverses. Je ne peux me substituer à la vision d’ensemble dont Votre Altesse jouit et par conséquent il m’est absolument impossible de faire des projections à ce sujet. Mais si je devais entreprendre d’imaginer l’effet d’une nouvelle guerre sur notre pays, je pense pouvoir dire sans détour que nous ne pouvons pas nous permettre financièrement et démographiquement une nouvelle saignée dans les six mois à venir à minima sans une dégradation très nette du pouvoir que vous pourrez tirer des terres royales. Il s’agit là d’une analyse qui ne couvre naturellement que les domaines. Je ne saurai avoir la prétention d’étendre mes réflexions aux terres qui sont les vôtres. »


Il fit une pause supplémentaire.

« - J’espère ne pas vous ennuyer avec mes analyses, mais si c’est la dernière chose que je dois faire avant de laisser ma place, au moins aurais-je donné un dernier bon conseil... »

Niklaus eut un sourire un peu triste avant de continuer.

« - Pour finir j’en viens donc aux conseils que je souhaite vous donner afin de maximiser l’efficacité de la construction et de minimiser les crises qui s’annoncent et dont je viens de vous faire part.

Je vais prendre les problèmes un par un.

Tout d’abord l’insécurité : il est clair que vos troupes doivent assumer une part importante de l’effort actuellement et doivent se montrer absolument irréprochables. Tout débordement de vos troupes doit être sévèrement réprimandé, et toute action pouvant être pardonnée à la population locale doit l’être. La justice doit passer par le dialogue et par une fermeté non violente. Je pense en particulier aux vols et aux violences. Les crimes doivent être punis de prison et non de peine de mort systématique. Les délits doivent être réglés par des confiscations et par le retour des objets volés à leurs propriétaires, sans peines outrancières.

A l’heure actuelle la justice est faite de manière trop expéditive. Je sais qu’il est difficile de ne pas céder à la facilité face aux pillards. Mais si on peut les prendre vivants, autant le faire, et autant organiser la justice de manière à limiter la mort d’autres gens. Les familles ont suffisamment soufferts, et si vous vous montrez plus chevaleresque que ces fripouilles, mêmes leurs femmes et leurs enfants vous regarderont avec respect et houspilleront leurs pères et mari pour leur irresponsabilité.

Les vols à l’étalage par les gens mourant de faim ne doivent plus être réprimandés tant que les Maison Dieu ne sont pas rouvertes. Cela doit être là une priorité absolue. Si nous assurons l’alimentation et l’hygiène des mendiants, nous tuerons trois gibiers d’une seule flèche : nous achetons la paix des pauvres, nous empêcherons l’apparition de dramatiques épidémies, et vous vous achèterez les bonnes grâces du clergé des différents Dieux, qui louera votre mansuétude.

Cette main d’œuvre pas chère et urbaine que sont les mendiants pourra reprendre rapidement les tâches les plus élémentaires nécessitant beaucoup de main d’œuvre : le déblaiement des décombres, les tâches de fossoyeurs et le récurage des rues. Cela libèrera vos troupes pour assumer pleinement leur rôle de police.

Mais pour arriver à faire fonctionner les Maisons Dieu sur les réserves de nourritures actuelles, il n’y a pas trente-six solutions : vous devez décréter immédiatement le rationnement et placer sous tutelle administrative le commerce et la distribution des vivres. Vous pouvez utiliser le clergé pour cela. Ils sont désintéressés, et même s’ils mangeront pour certains un peu plus que leur quota – nous connaissons tous le tour de taille de certains moines – au moins ne tremperont ils pas dans du marché noir. Les autorités cléricales s’occuperont en plus de répartir équitablement les victuailles et s’occuperont elles-mêmes d’assurer la police en leur sein. De plus les structures existent déjà, ce qui vous évite de lever une armée de clercs civils pour assurer cette tâche. En plus en occupant les religieux, et en leur donnant un rôle d’importance, nous favoriseront leur égo et par conséquent leur soutien à Vos Altesses. Il sera toujours temps d’arrêter le rationnement et de laisser l’économie reprendre son court quand les récoltes nous redonnerons l’autosuffisance. J’ajouterai que si ce plan rate et que nous avons tout de même une famine, vous aurez l’agréable chance de ne pas en être responsable et de pouvoir rejeter la faute sur le clergé.

Voilà pour la nourriture et l’hygiène à court terme.

A moyen terme, nous avons assez de nourriture dans les domaines pour tenir jusqu’à la fin de l’été même avec les pillages en cours et ceci d’après mes calculs avec une grande marge. Les récoltes de l’été, si elles ne sont pas trop catastrophiques, nous permettrons de tenir jusqu’à l’hiver. Mais si nous ne remplaçons pas dans les quinze jours à venir les six mille paysans qu’il manque dans les campagnes suite à Christabel, nous aurons famine à l’hiver, quel que soit le niveau d’importation de nourriture que vous serez capable de mettre en place. Et si nous arrivons à mettre en culture au moins cent lieux carrées supplémentaires dans un domaine fertile d’ici à la fin de l’été nous serons assurés de l’autosuffisance si les pillages s’arrêtent, ce dont je ne doute pas. Pour cela nous devons favoriser l’exode de Diantra vers les campagnes immédiates. La plaine de la capitale est  à la fois mal exploitée et fertile. Les terres de Diantra sont utilisées principalement pour les céréales, qui sont une production qui rapporte beaucoup d’argent. Mais nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de nourriture. Par conséquent je propose de remplacer un tiers des cultures de la région par des légumineuses, comme les choux. Si nous nous y prenons vite, nous pouvons encore assumer les semences avant celles des céréales et nous pourrons garder les graines de céréales pour l’année prochaine une fois l’économie rétablie.

Alors oui, l’hiver prochain sera moins faste. Il sera plus dur d’avoir des tables comme celle à laquelle vous me recevez ce soir. Mais mieux vaut trop de soupe au choux que pas assez de pain pour toute la population. Un homme qui meurt de faim n’a rien à perdre. Et nous n’avons pas envie que la population entière d’une capitale comme Diantra n’ait rien à perdre. Le peuple râlera à l’idée d’avoir moins de pain, et à l’idée de devoir planter des choux, plus difficiles que le blé et rapportant moins de sous. Mais si nous réduisons les impôts proportionnellement, nous pourrons faire passer la pilule de leur déplacement plus ou moins forcé vers les campagnes alentours.

Je ne saurais trop conseiller en revanche de ne pas favoriser l’émigration vers les domaines agricoles, déjà saturés de réfugiés et où la défiance envers les nouveaux arrivants est plus forte. Je peux en parler, j’en viens. Les gens en Apreplaine ne supportent qu’avec beaucoup de philosophie les gens de Diantra. Si nous imposons une émigration importante, nous allons dans le mur. Il en est de même pour les autres domaines. Les Dieux soient loués, il y a de la place autour de Diantra.

J’en arrive pour finir aux questions liées à l’administration et à la reconstruction en elle-même. Mon conseil ne va peut-être pas vous plaire : je vous conseille de réduire par trois ou quatre la cadence des travaux de reconstruction de la capitale. Jamais le pays n’arrivera à assumer une reconstruction plus rapide, et vous allez essouffler la production de ressources. Les prix ont déjà commencé à augmenter rapidement. Demandez à vos intendants d’aller au marché que nous avons vu tout à l’heure et faites leur faire un tour d’horizon des prix. Vous verrez qu’ils augmentent bien plus vite que la réalité des besoins des gens. C’est dû à la frénésie de la reconstruction. Vos ennemis pourraient en profiter pour s’enrichir à vos dépends. Sans parler de barons locaux moins honnêtes que moi.

Le commerce reprendra de lui-même une fois que nous aurons réglés les problèmes immédiats. Inutile de signer des pactes, de créer de beaux traités ou tout autre artifice légal ou fiscal. Le commerce a lieu s’il y a besoin de commerce. Comme l’eau coule des montagnes vers la mer par là où elle doit couler. Pour continuer dans la métaphore, s’il n’y a pas de pluie, il n’y pas d’eau qui coule, et dans notre cas la pluie est la production initiale que le pays est capable d’assurer.

Rétablissez la production en rendant aux hommes du travail comme je vous l’ai indiqué, et le reste se fera seul. On ne reconnait pas un bon gestionnaire dans le soin qu’il apporte au moindre détail, mais dans sa capacité à identifier les leviers qui lui permettent de démultiplier son action. Ne faites pas attention aux détails Votre Altesse. Personne ne se préoccupera dans un an de savoir si la toiture du château de Diantra a été refaite en un mois ou en six, mais tout le monde se félicitera d’avoir un maitre qui a su assurer d’avoir de la soupe dans les assiettes. »


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié

MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Ven 17 Avr 2015 - 18:24

Un royaume à (re)bâtir
Oschide & Nikklaus & Cornélia



Cornélia était en train de mettre un dernier ordre dans les coussins recouvrant les fauteuils lorsque son frère et son précieux invité passaient le cadre de porte. Son regard presque maternel se posa sur l'aîné de sa famille et lui décocha un bien fade sourire. L'unique illusion de joie dont elle était capable, dernièrement, mais ses yeux n'en étaient pas vidés de l'amour qu'elle portait à ce membre important de sa famille. Quel soulagement que de retrouver les siens!

Elle s'approcha prudemment, ne pouvant s'empêcher de jeter un coup d'œil attentif vers l'invité. Cet étranger devait avoir un âge similaire à son frère aîné, il avait une bonne carrure, ayant visiblement subi des entraînement quelconques. Son visage n'était pas doté d'une extravagante beauté, mais il n'est pas repoussant. Son trait le plus distinctifs était ses sourcils épais, mais Cornélia devina qu'il s'y cachait derrière une belle intelligence.

-Je suis en pleine forme, mon frère, rétorqua-t-elle finalement d'une voix douce. La folie m'aurait atteinte si je n'occupais pas mes mains, et puis, le fait de m'asseoir toute la journée afin d'éviter les inquiétudes de mes proches n'est pas très pertinent.

L'Anoszia avait bien hâte de pouvoir monter à cheval à nouveau, ou simplement prendre de longues marches à l'extérieur lorsque les conditions et son genou le permettraient.  L'envie de reprendre un arc était aussi très forte, mais elle préférait de pas embêter les hommes de sa famille avec ses nouvelles activités typiquement masculines. Les conventions pouvaient bien brûler en enfer.

-Je vous fait mes plus humbles salutations, Baron d'Agreplaine, messir Nikklaus d'Altenberg, ajouta-t-elle ensuite en lui offrant le dos de sa main afin de suivre le protocole des bonnes manières même si l'idée d'être à nouveau toucher par une bouche masculine lui déplaisait. Le souvenir d'un scénario plus ou moins similaire lui revint en tête, sa rencontre avec le comte Wenceslas de Karlsburg. Elle s'était moquée san réelle méchanceté de lui devant toute une assemblée. Bienvenue en notre demeure, j'espère que vous vous y plairez.

Peu de temps après, ils étaient confortablement installés dans des fauteuils et une conversation des plus sérieuses avait été lancé, surtout entre les deux hommes, mais Cornélia fut reconnaissance à son frère pour lui permettre de rester dans ce monde d'hommes. Elle avait déjà longuement songer aux conséquences qu'apporterait cette horrible guerre. Évidemment, ses connaissances en la matière étaient bien vague contrairement à ce que pouvait savoir son frère et le baron, mais elle était heureuse de voir que ses propres réflexions en la matière n'étaient pas remplit d'une féminine ignorance. Cela fut la raison pour laquelle elle se mit à sourire rêveusement.

Elle haussa un sourcil lorsqu'il mentionna être ambitieux, mais toujours fidèle à ses serments. Il s'agissait là d'une bien belle qualité et la dame ne put s'empêcher de commenter brièvement là-dessus avant que le baron ne reprenne son monologue.

-Une bien belle qualité, messir, dit-elle doucement, vous feriez un bien brave époux. C'était des mots lancés innocemment, sans arrière pensée. Cornélia était une femme d'esprit et depuis son séjour auprès d'Ange, une amie commune qu'elle partageait avec son frère, elle s'était prises de nouvelles habitudes, comme celle de lancer de tels commentaires sans peur des remontrances ou des règles ennuyeuses de la courtoisie, ou plutôt de l'hypocrisie noble.

Puis elle s'adossa un peu mieux contre le dossier, cherchant à détendre son genou douloureux. Le médecin lui avait dit qu'elle guérirait au cours des prochaines semaines et que cette blessure ne devrait pas engendrer de problèmes à long-terme. Elle pourrait à nouveau chevaucher comme elle l'avait toujours fait, courir, marcher aisément et danser comme autrefois. Ah, quelle était donc la dernière fois où elle avait dansé?

Un sourire amusé ourla ses lèvres rosées lorsque le baron évoqua ressembler à son frère sur certains points. Cet homme affirmait valoir mieux que ses collègues de la noblesse et qu'il savait de quoi il parlait. Par respect et discrétion, elle attrapa le frêle éventail qui traînait sur la petite table à ses côtés, puis dissimula son expression moqueuse derrière la faible barrière de délicat tissus d'un geste élégant du poignet. Cette conversation devenait de plus en plus intéressante et seuls les dieux savaient à quel point la pertinente manquait à la vie de Cornélia depuis des lustres.

Pendant ce temps, Isabelle fit son apparition dans une entrée adjacente et Cornélia lui fit signe d'approcher en silence afin de ne pas déranger le baron qui s'éclaircissait la gorge d'un verre de boisson et son frère qui n'avait pas réellement d'autre choix que d'écouter attentivement. Sa dame de compagnie se hâta dans un froufrou typiquement féminin et se déplaça jusqu'aux côtés de la fille aînée du dragon pour lui remettre une petite tasse fumante. Ah, voilà qui allait lui faire du mal.

-Merci, Isabelle, chuchota doucement la dame avant de porter la tasse à ses lèvres. Elle grimaça en sentant la puissante odeur s'en dégager, mais fut impressionner de découvrir que le goût était plus doux que son odeur laissait croire. Intriguée, Cornélia adressa quelques murmures à la femme rousse. Ce genre de médecine est souvent amère et désagréable, es-tu certaine de m'avoir donné la bonne chose?

La jeune femme hocha doucement de la tête.

-Évidemment, ma dame, répondit Isabelle. J'ai cependant ajouté un peu de miel pour adoucir le goût amer, mais les herbes proviennent d'ailleurs maintenant, peut-être que le monsieur utilise une différente recette?

Cornélia fit une moue dubitative et redonna la tasse vide à sa servante.

-Elles proviennent d'ailleurs, dis-tu? s'enquit-elle. Qui donc?

-Ah, un herboriste de la ville, ma dame, maître de Vyrelle, de Vynielle, ou peut-être était-ce Vynelle. Désirez-vous vraiment cette information, ma dame?

L'Anoszia hocha discrètement de la tête derrière son éventail, puis laissa partir Isabelle afin qu'elle puisse retourner à ses besognes. Au moins, sa migraine partirait dans quelques minutes et elle se concentra à nouveau sur la voix du baron. Une voix claire, intellligente, modeste, mais pertinemment capable de se faire entendre. La voix d'un homme d'esprit. Un fois sa longue tirade officiellement terminée, Cornélia examina le baron, puis son frère, puis à nouveau le baron avant de soupirer doucement. Cela faisait beaucoup d'information à ingérer en un seul coup, mais l'homme parlait bien. Elle avait presque tendance à croire qu'il connaissait mieux l'art de la parole que ses frères.  Ce flot de parole lui donna bien chaud et elle s'éventa un peu. Sa migraine était partie.

-Puis-je parler, mon frère? demanda-t-elle doucement en adressant un regard tendre vers Oschide. Je ne suis essentiellement pas douée dans la politique et dans les affaires des hommes, mais je peux dire que les paroles du baron vont dans le bon sens. J'ai moi-même eu mes propres réflexions en ces circonstances et le manque de nourriture est une peur qui m'effraie fortement.  

Elle révéla à nouveau son visage en fermant l'éventail et en le déposant sur ses cuisses après avoir lisser les plis de sa jupe. D'un geste gracieux, elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille délicate et son visage devint étrangement sérieux.

-Cette guerre a arraché bien trop d'hommes, comme le dit messir d'Altenberg et nous avons visiblement besoin de fermiers, de bergers et tout ce que vous pouvez imaginer pour nous remettre sur pied. Nous avons plusieurs veuves et orphelins à nos pieds et il nous faut trouver un moyen de remettre le peuple au travail et de leur procurer une sécurité nécessaire afin d'éviter davantage de crimes et de pillages. Que les dieux punissent ces viles criminels!

Un air désespéré passa sur son visage séduisant.

-Il faut aussi absolument éviter une nouvelle guerre, mais cela, vous le savez déjà, n'est-ce pas? commenta ensuite la jeune femme, l'amertume pendant à ses lèvres. Une nouvelle guerre signera l'arrêt de notre existence. En ce sens, je suis d'accord avec le baron, il faut éviter de tomber sous le joug d'une violence inutile qui ne servirait qu'à créer des tensions dont nous n'avons pas besoin avec la population. Un peuple affamé est une arme bien plus redoutable que n'importe qu'elle armée, soyez en certain. Il y a eu suffisamment de décès au cours de cette derrière année, nous  n'avons point besoin de plus.

Elle se servit un peu de boisson pour elle-même, sa gorge s'asséchant plus rapidement que prévu. Cornélia n'avait point parlé ainsi depuis longtemps, trop longtemps. Plus cycles s'étaient écoulés où elle avait à peine adresser la parole à qui que cela soit, sauf peut-être Isabelle, mais jamais elle s'était adressée à cette bonne femme avec autant de passion.

-En ce sens, planter des choux et manger moins de pain me rebute en aucun cas, de toute façon, dans ma situation actuelle, toute nourriture est fade et ne goûte absolument rien, je ne m'en plaindrai pas.

L'appétit de Cornélia était depuis longtemps au repos, au plus grand désarroi d'Isabelle qui avait tenté par tout les moyens de la faire manger au moins un repas complet par jour. Hélas, mêmes les plus beaux délices sur une table ne lui donnait aucune envie de gourmandise. Cela pouvait expliquer son corps amaigri et son humeur maussade habituelle.

-Je crois aussi que la nourriture est présentement plus importante que la reconstruction de la ville, ou du moins, pour l'instant. Évidemment, il faut offrir de quoi loger les gens, mais il ne sert à rien de perdre notre temps à rebâtir les grands établissements quand nous nous mourrons de faim, mais cela n'est que mon ignorante opinion.


© Grey WIND.
Revenir en haut Aller en bas
Oschide d'Anoszia
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 477
Âge : 25
Date d'inscription : 10/02/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  29 (Mort)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Mer 22 Avr 2015 - 16:01


Suite aux présentations, Oschide, le baron d’Agreplaine et Cornélia prirent place sur les divans formant un petit cercle autour de la table remplie de victuailles. Il aimait l’idée de voir sa sœur participer aux conversations politiques à ses côtés. Cela lui permettrait de l’assister, de l’appuyer et de l’aider dans ses décisions. Sachant éperdument que les Anoszia tiraient leur force en restant perpétuellement soudés malgré les dissensions, il voyait en elle une future diplomate capable de pouvoir parler en son nom dans les territoires alliés. Le duc jeta alors un œil curieux au baron qui s’apprêtait à se lancer dans une description détaillée de la situation des terres royales. Voyant-là une bonne occasion de trouver un nouvel œil critique avec suffisamment de reculs sur la situation actuelle, Oschide afficha un regard serein dans sa direction.

Comme il l’avait prévu, le baron d’Altenberg commença par justifier ses actions vis-à-vis de l’ancienne couronne. Il était évident que le choix ne lui avait pas vraiment été laissé, et qu’il avait dû obéir à ses obligations. Oschide ne lui en tenaient pas de rancunes outre-mesure. A vrai dire, sa loyauté envers l’ancienne couronne le rassura presque lorsque le baron envisagea le fait qu’il n’avait fait que son devoir en prenant en compte ses responsabilités envers son domaine, plutôt que de la servitude. Pour avoir été capitaine dans l’armée royale et avoir côtoyé l’ancienne noblesse dans les bonnes grâces de la régente, il savait que ce seigneur d’Agreplaine n’avait pas été une de ces sangsues avides d’argent, de titres et de domaines. Non, en réalité, le seigneur d’Altenberg paraissait être un homme d’honneur, faisant passer ses responsabilités avant ses ambitions personnelles. Ainsi, lorsqu’il lui avoua valoir plus vivant que mort, Oschide acquiesça d’un rapide hochement de tête pour confirmer ces dires.

-Je vous écoute, baron.

Pendant que le seigneur d’Agreplaine poursuivait ses explications, Oschide adressa un regard affectueux à sa sœur qui semblait totalement absorbé par l’éloquence et l’assurance de cet homme pouvant passer de la discrétion absolue à un orateur hors-pair. Cela l’amusait quelque peu, même s’il avait conscience que le baron savait éperdument qu’il jouait son avenir et qu’il était entre les mains du grand-duc d’Erac avant d’être dans les siennes. Mais le baron poursuivit en développant trois axes majeurs qui ne manquèrent pas de lui montrer une nouvelle réalité que la plupart de son entourage lui avait caché, par ignorance ou par choix, cela n’avait plus d’importance puisqu’il pouvait dès à présent se confronter à toutes les difficultés qui les frapperaient. Trois points reflétant les problèmes économiques, humains et sécuritaire du royaume qui n’en était pas encore un. Oschide ne manqua pas de noter une certaine honnêteté qui faisait cruellement défaut ici. Qu’il y ait des problèmes avec la frappe des monnaies n’était pas réellement une nouvelle, mais qu’on lui avoue qu’il n’y avait plus aucun contrôle… La chose le fit doucement maugréer. Ensuite, les douze milles hommes morts dans la bataille des champs pourpres n’étaient pas non plus une nouvelle surprenante. Il était conscient qu’une grande partie des terres royales avait perdu sa principale main d’œuvre dans cette boucherie, mais de là à ce que cela produise une véritable perte de production, Oschide n’y avait pas réfléchit plus que ça, pensant que l’ogre du médian avait pris des mesures afin de palier à cette perte. Dans son troisième point, le baron s’intéressa aux problèmes des pillages et à la sécurité des ravitaillements. Mais cette fois non plus, Oschide n’était pas dupe et comprenait parfaitement les impacts et les retombées sur les terres royales.  Niklaus ne faisait que confirmer une nouvelle fois ses craintes. Pour cela, il lui faudrait envisager de nouvelles mesures, il le savait parfaitement.

La suite attisa un peu plus sa curiosité. Surtout quand le baron évoqua sans craintes la question de la reconstruction de la capitale, dont Oschide s’était fait le principal investisseur. Néanmoins, le seigneur d’Agreplaine au franc parlé eut raison d’aborder le fait que Langehack ne pouvait être la seule ressource économique pour ce travail titanesque. Pour cette raison, Oschide hocha de nouveau la tête lorsque le baron lui évoqua le fait de devoir augmenter les impôts au sein du duché pour rembourser l’investissement dans la capitale. Cela n’engendrerait que du mécontentement dans le Langecins, Oschide le savait. Surtout que bons nombres de ses élites avaient cautionné son départ dans l’unique espoir de trouver de nouvelles perspectives, et non de devoir payer pour d’autres. Avec cette analyse, Oschide ne put que se remettre à l’esprit que Diantra n’était plus qu’un vaste gouffre qui ne tarderait pas à les enterrer tous. Mais s’il y avait une possibilité, même infime, de pouvoir sortir la tête de l’eau, le jeu en vaudrait la chandelle.

Après avoir une but son verre de vin en même temps que son invité, Oschide s’installa un peu plus confortablement tout en continuant de l’écouter. La servante de sa sœur avait apporté du thé dont les odeurs ne manquèrent pas de lui donner l’envie d’y goûter. Mais le duc se ravisa et se contenta du précieux vin de son père.

Les autres points abordés furent nombreux, si bien qu’Oschide faillit en perdre le compte. Il retint tout de mêmes les quelques autres tâches noirs qui assombrissait un peu plus la situation des terres royales. A savoir la perte rapide de la population provoquée par la guerre, l’immigration rapide de ses gens, un commerce paralysé, une insécurité rampante, une administration calamiteuse des domaines royaux, un gouvernement inexistant qui n’en serait bientôt plus un, et une capitale à rétablir.

Néanmoins, le baron aborda les perspectives et les solutions pouvant améliorer cette situation néfaste. Oschide ouvrit dès lors ses oreilles et écouta attentivement tous les points de son invité. Le seigneur d’Agreplaine lança alors l’idée de renvoyer les seigneurs locaux avec leurs titres en leur demandant en échange de faire passer des réformes qui pourraient leur être profitables à long terme. Cette idée lui plut et cela ne fit qu’accentuer sa réflexion vis-à-vis de la politique à mener dans les terres royales, même s’il commençait déjà à entrevoir une nouvelle possibilité.

Par la suite, le baron aborda les questions de réunification du royaume avec toujours ce même soucis de trouver des solutions pour le peuple et non dans son propre intérêt. Décidément, cet homme commençait à lui plaire. De ce fait, il était devenu impératif de planter de nouvelles graines dans les campagnes en y envoyant de nouveaux hommes, de rectifier la dégradation sanitaire à Diantra en rouvrant les maisons dieu. Mais en revenant sur les questions économiques, il devenait également impératif de reconduire les fonctions régaliennes en rétablissant un système d’ordonnance remplaçant ainsi les anciennes, et en reprenant la production des ateliers de frappe monétaire. Sur ces points, ils se rejoignaient sans aucuns problèmes même si le franc parlé de son invité ne s’arrêta pas là lorsqu’il évoqua les problèmes d’une justice trop expéditive, où la mise en place d’un rationnement en attendant les prochaines récoltes. De même lorsqu’il lui conseilla d’arrêter les travaux. Au final, Oschide salua le baron en levant son verre avant que sa sœur ne prenne la parole.

Là aussi il fut attentif et découvrit avec joie le point de vue de sa sœur sur toutes les questions évoquées jusqu’ici. En réponse au baron, elle aborda ainsi le problème dans les campagnes et le trou dans la population qu’il leur faudrait corriger. Même sur la question d’une nouvelle guerre, Oschide salua son avis notamment lorsqu’elle mit en évidence qu’un peuple affamé pouvait être aussi morte qu’une armée. Avec un petit sourire en coin des lèvres, le duc but une nouvelle gorgée du précieux nectar de son père et écouta la suite. Il sourit lorsqu’elle avoua pouvoir se passer de pains pour montrer l’exemple. Un exemple qui devrait d’ailleurs copié puis reproduit dans toutes les strates sociales s’imagina le duc.

Une fois terminé, Oschide sentit venir pour lui le bon moment afin de pouvoir répondre avec minutie à l’analyse du baron.

-Je salue votre expertise messire d’Altenberg. Comme vous me l’avez fait remarquer, je ne suis entouré ici que d’hommes qui ne possèdent pas les connaissances nécessaires du terrain. Ou bien d’hommes préférant rester silencieux à l’égard des difficultés que rencontre le royaume. Je plussoie avec joie votre analyse pour les qualités dont vous avez fait preuves. Ainsi, je vois en vous un homme honnête, loyal et juste, bien plus que tous les seigneurs qu’il m’ait été donné de voir avant vous.  Ne voyez pas ici des formules toutes faites digne d’une hypocrisie nobiliaire, mais bien un point de vue franc sur votre personne.

Tout d’abord, sachez que nous ne comptons aucunement vous mettre geôle, ni vous, ni aucun autre seigneur des terres royales. Nous ne sommes pas là pour exterminer la population, ni pour placer nos pions à notre guise, mais bien pour réparer tous les dégâts qui ont été commis avant et depuis que nous sommes ici. Nous n’avons pas pour vocation d’être perçu comme des occupants, mais bien plus comme des aides. Et si je reprends vos idées, nous y parviendrons sans problèmes je l’espère.


Le tableau que vous dressez des terres royales est juste. Il n’est de secret pour personne que notre arrivée a profondément bouleversé toute l’administration dont les attributions régaliennes, les problèmes de sécurité et la baisse foudroyante de la population. Je n’ai aucun désir de vous contredire sur ces points puisque vous avez raison sur tout et que je suis heureux de les entendre de votre bouche. J’essaierais néanmoins de répondre à votre analyse avec le plus d’exactitude possible, et dans la mesure de mes moyens.

J’aimerais commencer sur un premier point, celui de la reconstruction de la capitale. Comprenez bien que je suis parfaitement au courant du coût que cela représente. Je suis conscient du relatif isolement du Langecins et du duché d’Erac dans ces travaux. Mais nous n’avons pas pour objectif de reconstruire dans l’immédiat tout ce qui a été détruit. Non, nous réparons et remettons les principaux organes qui nous serviront pour un avenir proche. Ce pourquoi, les travaux mis en œuvre ont pour but de remettre le fort de la valliance en état afin de pouvoir regrouper nos hommes et éviter qu’ils ne se mélangent trop longuement avec la population. Comme vous l’avez remarqué, cela n’engendrerait que des problèmes liés à la sécurité de la cité, dont les justices trop expéditives que vous avez bien fait d’aborder. Nous sommes également en train de reconstruire les principaux lieux où le commerce s’effectue, ceci afin de pouvoir réhabiliter les quartiers marchands et leur redonner de l’aplomb. Les prix ont effectivement triplés voire quadruplés depuis cette guerre, mais le commerce n’en est pas pour autant paralysé. J’ose ainsi pouvoir espérer  qu’avec la fin de cette guerre, nous retournerons à une situation beaucoup plus stable, mais je n’ai pas vos qualités d’économistes et je n’oserais prétendre que nos relations avec l’estrévent, la Nanie, le nord de la péninsule lui aussi en déficit et même le sud via les possessions et les alliances de ma famille, ne pourront rectifier cette hausse des prix.

Vos craintes ne sont pas pour autant infondées et il est vrai que nous manquons d’hommes dans les campagnes. Vous êtes bien mieux placé que moi pour pouvoir l’affirmer et j’accepte de nouveau votre franchise. Favorisons l’exode vers les campagnes comme vous le recommandez si justement, et désengorgeons ainsi la capitale. Mais vous comprendrez certainement mon scepticisme en ce qui concerne le remplacement de 6000 braves hommes. Cela représente une quantité considérable qu’il nous sera surement difficile de palier car nous ne pouvons faire revenir les morts en quinze jours seulement. J’aimerais cependant entrevoir avec vous la possibilité de rectifier au mieux ce déficit, ce pourquoi je vous laisse carte blanche pour régler ce problème. Soumettez-moi un programme concret et j’entreprendrais de le soumettre à mon tour au grand duc du Médian.

En ce qui concerne la priorité de rouvrir les Maison Dieu, sachez qu’elles le seront dans l’ennéade qui suit. J’en ai moi-même fait ma priorité absolue dès que je suis entré dans la capitale et que j’ai vu les nécessiteux dans les rues. Je réglerais également les problèmes de la justice avec le guet de la cité en appliquant vos conseils, vous pouvez en être assuré.

Comme la affirmé ma très cher sœur suite à l’évocation du rationnement, nous nous sommes déjà mis en tête d’entreprendre un tel recours jusqu’à ce que la situation se rétablisse. Et comme vous l’avez très bien dit, nous planterons des choux à la place du blé, cela ne constitue pas un problème outre-mesure. J’aimerais maintenant aborder avec vous les points en rapport avec les fonctions régaliennes.

Nous ne sommes pas ignorants de tous les problèmes qui ont été engendré suite à notre arrivée, d’où  la nécessité de reconduire les fonctions régaliennes en rétablissant un nouveau système d’ordonnance afin de substituer aux anciennes ordonnances royales. De facto, je vois en vous un seigneur ayant toutes les compétences et les qualifications pour mener à bien ces réformes. Nous ne pouvons-nous permettre d’ignorer ces problèmes au profit de la guerre que nous sommes en train de mener. Les rapports du baron de Missède qui m’ont été transmis avant votre arrivée attestent votre capacité en ce domaine, ce pourquoi je désir vous faire la proposition de rejoindre le nouveau conseil royal en tant que Grand Argentier. Bien évidemment, il me faudra plaider votre cause auprès du grand-duc d’Erac car vous n’êtes certainement pas le seul à pouvoir prendre cette place.  Mais si vous désirez œuvrer à nos côtés pour remettre le royaume en ordre, alors vous ne pourrez certainement pas refuser.


Oschide entreprit de manger quelques raisins se trouvant dans l’une des assiettes posées au centre de la petite table.

J’ose imaginer que nous pourrions bâtir ensemble de grands projets, et que nous pourrions devenir amis. Mais cela ne tient qu’à vous de le décider.
Revenir en haut Aller en bas
Niklaus d'Altenberg
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 408
Âge : 29
Date d'inscription : 20/03/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 29 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Mer 22 Avr 2015 - 21:43



Le baron avait fini sa tirade sur un constat très simple. Le travail à venir était clairement mis à mal. Mais si l’on s’y prenait tôt, rien n’était perdu. Le baron en ayant fini, il regarda intensément ses deux interlocuteurs. Au moins la discussion avait-elle commencée sous de bons auspices et il était clair que les nouveaux maitres de la capitale ne cherchaient pas à mettre derrière les barreaux. Il avait bien remarqué que ses remarques assez osées avaient provoqué l’amusement de la jeune femme. Il ne l’avait pas mal pris, et en avait profité pour faire un sourire amusé également. Il laissa la jeune dame se réfugier derrière son élégant assemblage de tissus.

On pouvait dire ce que l’on voulait de Niklaus, il ne se départait jamais d’une certaine bonne humeur et d’une certaine affabilité, même dans les temps les plus graves. Malgré son jeune âge, il avait traversé suffisamment d’épreuves pour savoir que si l’on ne voyait jamais le verre qu’à moitié plein, il était difficile d’avancer dans la vie.

Pour l’étonnement mais également pour le plus grand plaisir du baron, la dame prit la parole en première. Le baron eut un sourire aimable et un signe de la tête de dénégation lorsque la jeune dame introduisit son propos en se rabaissant, lui faisant comprendre qu’il n’en croyait rien. Les Altenberg avaient suffisamment eu de femmes à leur tête, et étaient des gens suffisamment instruits pour ne pas tomber dans le piège de penser que la situation interne ou externe des organes reproductifs avait une influence sur l’intelligence ou le sens pratique.

Les us et les coutumes les plus anciennes, qui étaient liées aux forces prépondérantes de la nature barbare, faisaient montre de peu de cas pour le sexe dit faible. Dans l’état de violence permanente à laquelle correspondait la barbarie, il allait de soi que les hommes, plus disposés naturellement à la force physique, avaient le dessus. Mais le destin des hommes n’était pas de se reposer dans la géhenne immonde où les dieux les avaient fait naitre. En prenant en main leur destin, et en créant à la force de leur esprit et de leurs moyens une société où l’intelligence pouvait avoir le dessus sur la force brute, les hommes d’intellect ne pouvaient plus considérer leur meilleure moitié comme inférieure. Tout du moins cela semblait l’évidence pour un homme comme Niklaus. Et si les marauds restaient encore au stade de la barbarie, il avait bon espoir d’imaginer que dans des siècles, et dans une utopie de paix, l’ensemble du genre serait reconnu.

Mais pour le moment ils n’y étaient pas. Et la sœur du duc rappela bien vite Niklaus à des pensées plus prosaïques. Au moins Son Altesse la sœur du duc était-elle plus ou moins de son avis. C’était là une perspective bien rassurante pour le baron qui s’était imaginé devoir affronter des vents contraires et une dénégation passive de l’évidence. Au moins ces gens semblaient-ils pragmatiques. Il fallait parfois l’être, et ils choisissaient bien leur moment. Le baron eut un sourire de remerciement à Cornélia à la fin de son discours.

Vint ensuite le tour du duc. Le baron écouta poliment et avec attention toutes les paroles de ce dernier. Les compliments à l’endroit du baron furent pour commencer nombreux. Il était toujours agréable d'entendre des choses gentilles à son endroit, et c’était la raison pour laquelle le baron s’en méfiait plus que tout. Mais dans l’intérêt de la diplomatie et pour ne pas paraitre immodeste, le baron ne laissa rien transparaitre de son scepticisme naturel et les accepta en remerciant silencieusement d’un salut de tête et d’un petit sourire.

Le duc affirma au baron qu’il ne cherchait pas à le remplacer ou à l’évincer. Là encore le baron le remercia silencieusement. Il verrait ce que valait la parole du duc dans les actes des semaines qui allaient suivre. Après tout ce dernier avait semblé très intéressé lorsque Niklaus avait abordé l’évincement de ses actuels pairs, ce qui prouvait que malgré ses affirmations, le duc avait tout de même des vues sur les domaines et leurs actuels responsables. Niklaus se concentra sur les propos du duc, mais ne put s’empêcher d’avoir un léger et insoupçonnable frisson dans l’échine. Il grenouillait à présent dans un monde où le miel pouvait parfois, et même souvent, recouvrir le goût du poison.

Étrangement il se sentait prêt… C’était peut-être là une marque d’abus de confiance, mais il n’en avait cure. Il fallait parfois être sûr de soi. Surtout lorsqu’on entrait dans la cage aux lions.

Au moins Niklaus avait-il eu le consentement du duc sur les maisons dieu. Il était de l’avis de Niklaus très ambitieux de viser une énnéade de délais pour leur réouverture complète, mais le baron ne pouvait pas critiquer, il était lui aussi du genre à prévoir des délais optimistes pour motiver ses exécutants. Si on ne fixait pas la barre haut, on n’obtenait que rarement un résultat satisfaisant.

Le baron resta d’un marbre stoïque lorsque le duc fit sa proposition de nomination. A peine se contenta-t-il de rejoindre ses mains, croisant ses doigts pour les ramener à proximité de son menton. Il resta ainsi pensif jusqu’à la fin du discours du duc. Il était tiraillé intérieurement entre le doute sur ce que devait cacher une telle nomination et la perspective que cela offrait. Le titre de conseil royal ne lui plaisait pas… Mais alors pas du tout. Il semblait à Niklaus que les travers de la régence recommençaient. Peut-être était-il d’une race de noble et de politicien différente que ces grands hommes qui proposaient de l’accueillir. La famille de Niklaus avait l’habitude des couloirs et d’avancer ses pions dans l’ombre des grands. Les Altenberg n’avaient jamais affiché d’ambition. Dans un panier de crabe, il n’était pas très bon de laisser savoir à ses petits camarades de jeu ses intentions.

Nommer un conseil « le conseil royal » était un mouvement assez typique, visant à affirmer d’ores et déjà certaines vues mais qui consistait à mettre la charrue avant les bœufs. Il s’agissait là de l’avis de Niklaus d’un bien piètre geste politique qui ne visait pas à l’apaisement mais à antagonisme les anciens partisans de la régence. Comme geste d’union, on avait fait mieux. Et Niklaus n'aurait certainement pas procédé ainsi. Il estimait d'ailleurs que cela diminuaient leur chance de voir leurs ambition se réaliser avec douceur.

Le baron laissa planer une petite minute de silence à l’annonce du duc. Brisant le silence, il se racla légèrement la gorge avant de répondre.

«  - Votre Altesse je suis très ennuyé. Vos mots et votre offre me touchent. Je suis heureux que vous ayez prêté une oreille attentive à mes dires et à mes doléances. Au-delà, je suis profondément flatté et même honoré par votre proposition. Si vos buts rejoignent vos paroles, je ne doute pas que nous puissions travailler ensemble. L’amitié découlera naturellement de la confiance que nous pourrons bâtir l’un envers l’autre avec le temps, j'en suis convaincu. »

Le baron regarda attentivement l’un puis l’autre de ses interlocuteurs. Le temps jouait contre lui, mais il souhaitait encore quelques minutes pour peser ses options. Il fallait botter en touche…

« - Votre Altesse laissez-moi revenir une seconde sur votre politique de construction. Je continue à penser que les reconstructions du fort et des marchés peuvent attendre. Pourquoi nécessiter de relever vos impôts dans vos terres ? Les halles ne sont nécessaires que pour du commerce de biens chers. A ce stade, pour le commerce que nous pouvons espérer cette année, de simples étals sont largement suffisants. Dans le pire des cas le besoin de halles ne se fera sentir pour les biens de première nécessité que durant l’hiver pour se protéger des intempéries et du froid, et nous sortons de l’hiver.

Arrêtez de financer les constructions dès aujourd'hui et je suis capable de vous garantir d'arriver à remettre en route l'économie malgré tout avant l'été. Je peux également vous garantir une construction des édifices les plus importants détruits par les flammes d'ici cinq ans sans que le Langecin ou Velteroc n'ait à débourser le moindre écu. Je vous fournirai un plan détaillé sous quarante huit heures.

Concernant vos hommes, il suffit de construire un camp en dehors de la ville si cela vous concerne à ce point… Le fort peut attendre à moins que vous n’ayez peur d’une attaque imminente. J’imagine de toute manière que vous devrez démobiliser à un moment ou à un autre de toute manière. Vous n’allez pas handicaper votre économie de milliers d’hommes en plus du handicap que nous avons ici. Si tout va bien, d’ici à l’été la situation sera sous contrôle et votre besoin de maintenir des forces conséquentes dans la région sera limité. »


Tout en discutant, le baron pensait à toute vitesse. Tout ce qu’il disait au duc, il y avait déjà réfléchi avant leur entrevue, en conséquence il était simple pour lui de ressortir ses réflexions en pensant à la suite des évènements en parallèle. Et la suite n’était pas simple. Car le plus urgent dans l’esprit de Niklaus, outre la reconstruction, était la paix. Et pour avoir la paix, il fallait tenter de recouvrir les conditions de l’union. En observateur extérieur, Niklaus ne savait à quel point les plaies étaient profondes, mais il espérait bien qu’elles ne l’étaient pas au point de non-retour, sans quoi la Péninsule était condamnée à des dizaines d’années de violence encore.

«  - Votre Altesse. Je suis, je peux vous le dire, prêt à accepter votre proposition dans son idée. Si Votre Altesse souhaite me faire confiance et me donner les moyens de la reconstruction, je ne peux qu’accepter. Mais avant cela, je dois vous avertir que je souhaiterai préciser quelques points sur son exécution. Que Votre Altesse ne prenne pas cela pour de la désinvolture ou de l’ingratitude mal placée, mais je pense qu’il s’agit là de points importants qui peuvent avoir un impact non négligeable sur votre crédibilité future et celle de votre maitre.

La Couronne n’existe plus pour l’heure, tant qu’un nouveau roi ne sera pas sacré. Peu me chaut de savoir qui cherche à poser la couronne sur sa tête, mais je m’inquiète de l’intitulé de votre conseil. Vos Altesses sont victorieuses, soit, mais aucune n’est pour le moment Majesté. Tout comme la régente n’était pas Majesté.  A ce titre je pense qu’il  est très précoce d’intituler le moindre de vos conseils comme « royal ». Vos alliés comme vos ennemis trouveront qu’il s’agit d’une préemption de titre hâtive. Je sais qu’il s’agit là de symbolique, mais en politique la symbolique a parfois plus d’importance que les actes réels. Je ne saurai trop vous conseiller de l’appeler d’un nom plus générique, et plus prompt à réunir les gens autour de vous. Vous pourriez par exemple l’appeler le conseil d’Union du Royaume. Cela ne changerait rien au pouvoir que Vos Altesses y exerceraient mais au moins cela ne donnera pas l’impression que le sacre a déjà eu lieu dans vos esprits.

En parlant de sacre, j’en viens à une deuxième réalité : bien qu’ayant capitulé, je ne suis pas un vassal de Votre Altesse ou de Son Altesse de Velteroc. Ma charge de baron est une charge royale par essence éphémère. Vous êtes les vainqueurs et vous disposez dans les domaines du pouvoir absolu que la violence vous confère. Mais dans un cadre strictement légal, mon unique souci doit être de conserver les terres dans le meilleur des états pour notre futur souverain. Je suis prêt à travailler de toute mon âme avec vous pour la reconstruction des domaines royaux. Et je suis prêt à accepter des charges dans ce sens, mais je ne souhaite pas que cela soit confondu avec une vassalité officielle. Si je suis de facto sous votre autorité, cela ne saurait revenir à accepter que l’Apreplaine ne devienne de facto un territoire vassal du Langecin ou de Velteroc. Je ne puis conserver ma charge de baron autrement car cela serait un parjure total de ma fonction.

Si cela peut rassurer Votre Altesse, je pense que vous aurez bien plus à gagner à m’avoir comme un partenaire conscient de l’autorité de facto que vous avez sur ces territoires plutôt que de m’obliger à rendre l’Apreplaine vassale, ce qui serait un acte revenant à voler des territoires à la Couronne, et je ne saurai m’y associer.

Par ailleurs, cette liberté me permettra certainement de tenter des médiations que vos vassaux ne sauraient avoir car ils seraient capturés séance tenante. Et si vous souhaitez faire la paix, vous aurez besoin de médiateurs. Je pourrai ainsi aller converser avec ceux qui soutiennent encore la régence pour tâter le terrain et voir si un arrangement est possible avec ces gens. Vous ne pourrez tous les écraser comme vous avez écrasé nos armées. Le temps des compromis va arriver. Comme je ne serai pas votre vassal, je ne parlerai pas en votre nom et je ne pourrai faire de promesses ou engager votre parole. En revanche je pourrai être un intermédiaire qui vous permettra de garder ouverte la porte du dialogue. Si vous voulez vraiment la paix Votre Altesse, une telle personne est nécessaire. Un ambassadeur est une chose, un médiateur en est une autre. Et quoi de mieux qu’un médiateur comme moi dont vous pourrez mesurer l’intégrité et la confiance à l’aune de mes réalisations dans les domaines ? »


Le baron se rendait bien compte qu’il ne prenait pas le duc complètement dans le sens du poil. Mais il avait sa loyauté et son éthique, et le duc ne pouvaient pas espérer de lui qu’il en déroge. Le duc était un homme intelligent, et Niklaus avait, du moins le pensait-il, expliqué avec sagesse et calme les intérêts que pouvaient trouver l’homme dans cette situation.

« - En résumé Votre Altesse, j’accepte de travailler avec vous pour la reconstruction des domaines royaux et de la capitale et je suis prêt à mettre ma personne au service de cette cause. Je conjure Votre Altesse d’entendre mes conseils concernant la minimisation des liens avec la Couronne. De facto la plupart des pouvoirs royaux vont revenir aux vainqueurs, et si vous souhaitez m’en donner la réforme, je ne m’opposerai pas à être votre assesseur en la matière. Car je sais reconnaitre le rôle des vainqueurs. Mais si Leurs Altesses souhaitent ménager ceux qui vous feront certainement roi un jour, ne Vous autoproclamez pas de la Couronne trop vite. Cela reviendra vous mordre. Je n’ai pas besoin de titres ronflant et rappelant la Couronne comme Grand Argentier du royaume. Nommez-moi Surintendant par intérim, et soulignez bien le fait que ce n’est que par intérim. En procédant ainsi vous prouverez que vous faites preuve de plus de retenue que la régence, et vous vous placez au-dessus d’eux en honneur. Accepteriez-vous un tel arrangement Votre Altesse ? Vous n'avez rien à y perdre, car ne nous voilons pas la face, vous pouvez toujours vous débarrasser de moi à votre convenance. En conséquence ce seront les résultats qui compteront. Mais si vous acceptez vous trouverez en moi un homme déterminé, capable et qui vous prodiguera des conseils sans peur de tout faire pour vous plaire. J'accepterai également sans discuter tous les ordres liés à ma charge de surintendant ou à mes responsabilité de vaincu, mais cela s'arrêtera là. Ne me demandez pas de déshonorer ma charge de baron. »


Revenir en haut Aller en bas
Oschide d'Anoszia
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 477
Âge : 25
Date d'inscription : 10/02/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  29 (Mort)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Ven 24 Avr 2015 - 17:54

Hrp:
 


Aux premiers mots du baron, Oschide sentit qu'une sorte de malaise était en train d'opérer entre eux. Bien que la présence de sa sœur apaisait un peu l'atmosphère, la conversation entre les deux hommes n'en restait pas moins périlleuse. Au fil des mots qui sortaient de la bouche du baron, Oschide se demanda dans quel camp se trouvait exactement son invité. Il semblait conscient d'avoir été vaincu, mais semblait être aussi totalement étranger à l'égard du couronnement d'un nouveau roi qui ne l'importait peu. Oschide aurait pu reconnaître qu'une certaine rancœur était encore présente dans l'esprit des anciens nobles royaux, mais il ne comprenait pas comment l'on pouvait être aussi froid. Comme si cet homme ne cherchait en réalité qu'une neutralité pouvant le détacher le plus possible du nouveau pouvoir.

Au fur et à mesure, le visage du duc s'était un peu plus durci même si la proposition d'une reconstruction en cinq années lui avait plu. Ensuite, que le baron ne veuille pas se faire appeler Argentier, mais surintendant, cela ne changeait rien. Mais au moment où il entendit « intérim », son sang ne fit qu'un tour. Peu importe les raisons louables pour lesquelles il voulait qu'on le nomme de cette façon, cela n'était pas possible. Si le baron voulait garder sa place, il se devrait de montrer un peu plus de reconnaissances et d'enthousiasmes. Oschide pouvait être généreux avec ses amis, et même ses ennemis, mais ça... Il avait le sentiment qu'en donnant une main, on lui prenait le bras.

Une fois terminé de parler, Oschide se resservit un verre en prenant soin de sentir tous les arômes qui s'en dégageaient. Il en servit également un au baron et autant dire que le geste pouvait être plus symbolique qu'anodin. Puis, d'une petite voix qui ne tarderait pas à monter en intonation, Oschide reprit à son tour la parole.

-Que l'on vous nomme Argentier, Surintendant ou contrôleur général des finances ne m'importe pas. Vous pouvez prendre le titre qu'il vous sied le plus et je l'accepterais. Mais que vous me parliez d'intérim, là je ne vous suis plus, seigneur d'Altenberg. Peu importe les raisons pour lesquelles vous le voulez, je dois vous rappeler que vous faites désormais parti d'un nouveau royaume et qu'il vous faudra éviter de garder votre « neutralité » sous peine de vous attirer les foudres des nobles qui le composeront.

Vos intentions sont parfaitement louables. Vous voulez vous faire l'intermédiaire et tenter de rouvrir le dialogue, soit, nous ne dirons pas non. Mais si vous le faites, ce sera au nom du royaume et pas seulement en votre nom. Nous tentons maintenant de reconstruire des bases solides, pas d'établir une intérim, me comprenez-vous ?

Votre demande d'arrêt des travaux prendra effet dès demain, et vous disposerez de cinq années pour remettre les organes administratifs en état. Je vous laisse mon entière confiance concernant ce travail, vous avez ma parole.

Concernant le nom utilisé pour parler du futur conseil, ne vous m'éprenez pas, il s'agit ici d'un terme générique et non du terme définitif. Nous avions pensé au conseil du Médian ou au conseil des Grands, mais cela ne sera effectif qu'après son établissement, donc, ne mettons pas la charrue avant les bœufs.

Sachez à présent que les terres royales n'ont plus de raisons d'être, ou du moins, plus dans leur forme originelle. Nous ne souhaitons pas partager les baronnies entre le Langecins et l'Eraçon, soyez en assuré, Baron. Non, nous ne voulons pas de cela pour toutes les raisons que vous avez déjà évoqué, et nous ne sommes pas stupides au point de nous mettre tous les nobles sur notre dos. Ce que nous voulons est bien différent.

Le couronnement du Roi se fera la prochaine ennéade. Nous prêterons serment devant lui, peu importe les anciens serments de vassalité que vous aviez avec l'ancienne régence. Car ici, les titres baronnales et comtales des terres royales ne seront plus une charge, mais bien un titre héréditaire comme toutes les autres provinces de la péninsule. Les anciennes terres royales seront regroupées au sein d'un duché et dirigées par l'un de ses nobles avec l'accord de tous les seigneurs péninsulaires souhaitant rejoindre le royaume, et ce, lors d'un conseil. Maintenant si vous craignez que les nobles nous chient dans les bottes, comprenez ceci : Le comté de Caïssa est passé du côté de l'usurpatrice estréventine, et ne fait présentement plus partie de nos soucis mise à part pour la frontière commune que nous entretenons avec lui. La Baronnie de Vallancourt est aux mains de Romeus de Vellencour, mon cousin que vous devez d'ailleurs connaître. De même pour la baronnie d'Esteria qui se trouve être affilié au futur roi Nimmio. Ne reste que le comté de Christabel sous la direction des hommes de Velteroc, et vous, seigneur d'Agreplaine. Sans trop de peine, j'ose pouvoir penser que l'établissement d'un duché où les nobles auraient plus à gagner, ne devrait pas poser de problèmes. Surtout si vous n'êtes pas obligé d'être découpé en mille parts et partagés entre les « vainqueurs ».

Vous ne déshonorerez ainsi plus votre charge de baron si vous devenez un vassal à part entière du Roi. Alors écoutez-moi. Une fois le roi couronné, les choses évolueront et prendront effet. Nous n'en sommes plus à faire en sorte que chacun soit content ou non, nous avancerons, point.


Oschide détacha son regard de celui du baron pour se concentrer de nouveau sur son verre de vin presque vide.

Je me répéterais surement, mais j'ai beaucoup d'estime pour vous et pour le travail que vous avez effectué dans votre baronnie. Comme je l'ai déjà dit, il ne doit pas être aisé de trouver en ces terres des hommes aussi honnêtes et francs que vous. Mais je vous en conjure, ne voyez pas en nous des simples remplaçants arrivés là par l'épée et le sang. Non, si nous sommes ici aujourd'hui, c'est parce que l'ancienne régence était gangrénée et que la régente a mené le Royaume à sa ruine en imposant son fils sur le trône et en refusant d'entendre la colère de ses vassaux.

Son regard était de marbre et son ton presque amer.

Nous reconstruisons aujourd'hui les pots cassés, et nous sommes prêts à travailler avec nos anciens ennemis dans cet unique but. J'ignore les liens que vous entreteniez avec l'ancienne régence, et à vrai dire, je ne souhaite pas le savoir. Mais il vous faut prendre votre décision seigneur d'Altenberg. Êtes-vous avec nous, oui ou non ? Et ne me dites pas oui par défaut parce que votre baronnie s'est retrouvée sous occupation des troupes de Velteroc. Lorsque l'ancien chancelier a décidé d'incendier Diantra et de partir, des nobles l'ont suivi, vous aviez donc le choix de faire de même, mais vous êtes restés pour vos gens et vos terres. Alors j'attends votre réponse.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  
Niveau Magique : Non-Initié

MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Mer 29 Avr 2015 - 1:33

Un royaume à (re)bâtir
Oschide & Nikklaus & Cornélia



Des coûts, des dépenses, de l'or, toujours et encore de l'argent! Cornélia ne pouvait blâmer ces deux hommes de discuter le sujet, mais il est vrai que les réparations allaient être dispendieuses, mais à quoi bon s'acharner sur un sujet dont on connaissait déjà l'inévitable réponse? La destruction était bien belle à semer au cours de la panique, mais elle coûtait bien cher à ceux qui osaient vouloir reconstruire derrière  elle. En plus, avec le manque visible d'hommes en âge de travailler, la main d'oeuvre devenait également un problème. Satanées guerres! Si le monde était gouverné par des femmes d'esprit, aucune de ces saloperies ne seraient arrivées!

-Si mon frère offrait une geôle à tout ceux qui osent parler d'une si charmante éloquence, il y a bien longtemps que nous n'aurions plus d'alliés compétents, plaisanta la jeune femme lorsque son frère prit une pause entre deux discours.

La conversation était drôlement sérieuse et Cornélia se plaisait à détendre l'atmosphère de  quelques phrases comiques jetées ici et là. Même si les sujets étaient intéressants, elle préférait attendre pour lorsqu'elle avait vraiment quelque chose de pertinent à ajouter, car tout se disait déjà amplement entre ces deux voisins de salon. Encore une fois, son frère accusait la guerre pour avoir ruiné le commerce et un sourire amer ourla les lèvres dissimulées derrière l'éventail de la dame. Ils pouvaient bien se plaindre des conséquences, mais au final, ils en étaient tous les responsables. Au moins, ils pouvaient être heureux d'avoir mis un terme au règne d'une régente incapable et dépourvue d'esprit pour le bien commun des royaumes. Ha!

-Je comptais moi-même rendre visite à ses maisons pour les nécessiteux, mon frère, je crois qu'il serait judicieux qu'une dame telle que moi apporte directement son support à la petite population. Ah, ne protestez point, car je ne dédaigne point me salir les mains ou partager ma soupe avec les plus malheureux d'entre nous, commenta ensuite l'aînée des filles Anoszia en concentrant son regard verdâtre vers le baron. Mon temps libre doit bien servir à quelque chose de constructif, puisque je ne risque par de partir en épousailles aussi tôt!

D'humeur à faire la rigolote amère, elle ne s'empêcha pas un dernier commentaire concernant les choux et le blé.

-Si certains ne sont pas content des changements se déroulant dans nos champs, ils n'auront qu'à faire leurs propres potagers, dit-elle un peu froidement. Cependant, je m'inquiète pour les boulangers. N'allons-nous pas abaisser leur commerce ainsi? Quoique, au moins, tout le monde mangera à sa faim, enfin, espérons-le.

Les monologues reprirent de nouveau et Cornélia déposa finalement son éventail sur ses genoux et harponna au passage une fraise dont elle enleva minutieusement les petits feuilles vertes qui recouvraient la tête de celle-ci. Elle porta ensuite le fruit délicieux à sa bouche et mordu délicatement dans sa chair rouge. Silencieusement, elle en apprécia la texture juteuse et s'essuya ensuite les mains sur la petites serviette de table traînait sur le bras de son fauteuil. Elle n'avait peut-être aucun appétit, mais il était difficile de dire non à des fruits à l'apparence si agréable en ces temps si difficiles.

-Pouvez-vous réellement rebâtir en cinq années, Baron? s'enquit nonchalamment la jeune femme, sensiblement impressionnée par de tels projets de reconstructions. Il est vrai qu'avec l'organisation et les fonds nécessaires, cela pourrait être possible. Je crois que notre invité marque un point, Oschide, confirma ensuite la dame en se tournant vers son frère. Les hommes de l'armée peuvent bien se contenter d'un campement, je doute qu'une attaque ennemie soit éminente, surtout lorsque je crois que toute les armées environnantes soient suffisamment épuisées par nos récents combats.

La discussion se poursuivit ensuite, mais Cornélia ne manqua pas de sentir quelques étranges vibres provenir de son frère. Oh, son ton avait changé et frôlait le dérangement. Il releva son éventail et masqua son visage calculateur à nouveau derrière celui-ci, un sourire frôlant la sournoiserie pendant à ses lèvres rosées. Son frère lui posait dorénavant une question et visiblement, il n'y avait qu'une bonne réponse pour chacun d'entre eux.

-Je crois effectivement que nous sommes rendu à un point où le bien commun est bien plus important que satisfaire les envies de tout le monde, remarqua la jeune femme qui s'aéra doucement, ses joues poudrées se réchauffant lentement. La neutralité ne fait tristement point partie de vos options actuellement, mon seigneur. Prenez notre main tendue, Baron, vous ne regretterez pas une alliance avec nous, les Anoszia, car nous sommes des êtres tout à fait capables de gérer ces nouvelles catastrophes.

© Grey WIND.
Revenir en haut Aller en bas
Niklaus d'Altenberg
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 408
Âge : 29
Date d'inscription : 20/03/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 29 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Sam 2 Mai 2015 - 16:10



Niklaus eut un sourire amical et une moue teintée d’admiration envers la jeune sœur du duc lorsque cette dernière fit connaitre son volontariat pour assurer son soutien envers les  plus démunis. Il était clair qu’un geste de compassion des plus grands était souvent vu  avec bienveillance et forçait le petit peuple au respect. Malgré le soin qu’il portait à assurer dans ses charges un maximum de justice, il le faisait pour des motifs aussi cyniques que politiciens de s’assurer la paix sociale. Le baron n’avait pas la compassion exemplaire dont faisait part la jeune femme. Comme souvent avec Niklaus, la compassion dont il faisait montre s’exprimait au travers d’assesseurs, n’ayant lui-même aucune envie d’en assurer la fonction.

Les religieux étaient en général sa cible de choix. Ces gens avaient pour la plupart d’entre eux l’ambition d’aider les pauvres. Même les religieux dont les motivations étaient plus temporelles se devaient de ne pas être trop gourmands. Un religieux corrompus l’était toujours moins qu’un fonctionnaire. Les fonds mis à disposition arrivaient donc bien, pour l’essentiel, dans l’écuelle des plus défavorisés. D’autant qu’un grand nombre de ces religieux avaient réellement la volonté de servir leur prochain. N’aurait-il pas été criminel de les empêcher de résoudre des problèmes que Niklaus aurait été bien en peine de résoudre à lui seul ? Et si en en étant mécène on pouvait s’acheter une conscience, que demander de plus ?

S’il faisait de gros efforts pour rester discret, le baron ne frayait pas non plus avec les plus miséreux. Il n’en avait au final ni le courage ni l’abnégation. Si bien qu’il ne cherchait pas à rectifier son comportement. Mais aussi indirecte que pouvait être la charité du baron, il savait reconnaitre les efforts des autres quand il les voyait. Et cette jeune femme faisait sans aucun conteste des efforts en acceptant d’aller au chevet des plus indigents.

Malheureusement le sourire de Niklaus ne fut que courte durée, les choses redevinrent rapidement bien plus délicates. Le ton et l’attitude du duc avaient changés. Ce qui n’était pas une surprise, mais une bien mauvaise nouvelle. Le baron ne comprit pas immédiatement l’agacement du duc pour les précisions qu’il avait apporté. Et si d’autres auraient coupés net la discussion pour calmer le jeu, lui avait pour habitude de laisser les gens s’exprimer jusqu’au bout de leur pensée, ne cherchant pas à interrompre – avec la même courtoisie d’ailleurs dont avait fait montre les deux Asnozia-. Cela avait par ailleurs l’avantage d’en apprendre un maximum sur ce que l’interlocuteur souhaitait réellement tirer de la conversation. Et en l’occurrence les demandes du duc et la vision que ces deux personnes avaient de l’avenir fut rapidement mises à jour.

Niklaus se contenta de rester stoïque lors de la sortie du duc… Les choses étaient bien plus complexes que le baron ne l’avait envisagé… Et l’affaire était maintenant très claire…

Ils ne cherchaient pas un roi pour la Péninsule, ils cherchaient à poser une Couronne sur leur tête, sans se préoccuper du pays dans son entièreté. Ces gens n’étaient pas là pour tenter de rétablir l’ancien royaume en le réformant. Ils étaient là pour assimiler les domaines royaux dans un nouveau royaume autoproclamé. Assimiler étant un piètre descriptif, puisque le duc venait de démontrer que leur objectif était de cimenter leur pouvoir aussi vite que possible et d’imposer un nouveau découpage des ensembles féodaux.

Niklaus dût faire un gros effort sur lui-même pour ne pas broncher et rester de marbre. Il ne laissa rien paraitre de ses scrupules, comprenant bien qu’il était maintenant de la plus grande importance de ne plus ouvrir totalement son cœur à cet homme. Car la discussion s’était aiguillée sur une toute autre voie. Au moins les paroles étaient-elles claires. Des menaces, toujours des menaces, encore des menaces. Le baron n’était peut-être pas un homme puissant, mais il n’était dénué ni de courage, ni de froideur quand il le fallait. Et il détestait plus que tous les menaces non dissimulées, surtout de la part de personnes parlant d’alliance.

Les hommes de pouvoir étaient souvent prévisibles, et ce que Niklaus craignait intervenait sous ses yeux. Le duc en était preste à incomber tous les défauts à la régence pour ne pas voir les leurs. Le duc arriva même, ce qui était tout de même le comble du comique, à critiquer l’outrecuidance de la régente pour avoir tenté d’imposer son fils sur son trône comme introduction au fait que M. de Velteroc allait se faire sacrer l’ennéade prochaine. Avait-il donc si peu de respect pour l’intelligence du baron ? Ou était-il tellement sûr de lui qu’il en avait perdu la vision objective des choses ? Comme si un tel geste ne pouvait être vu comme un fait tout aussi accompli que la tentative de la régence. Dans l’esprit de Niklaus cela revenait à la même chose... Niklaus pouvait jouer le jeu d’une comédie politique pour circonvenir aux réalités légales. Mais une aussi grossière ? C’était là un mouvement aussi réfléchi que celui d’un enfant trop gâté se jetant sur un gigantesque gâteau sans y penser. Et il fallait l’excuser s’il ne souhaitait pas participer avec ferveur à la gabegie… Les Altenberg n’avaient pas survécu à 300 ans de cour en se précipitant sur le moindre asticot venu proche de la surface, même s’il venait avec des titres pompeux et des promesses doucereuses.

Le duc était peut-être un politicien habitué aux grandes stratégies, mais il ne fallait pas prendre le baron pour un petit fonctionnaire innocent des manœuvres les plus grossières. Mais il ne pouvait pas le crier cela à la face de l’Asnozia, donc il fallait rester posé, et continuer avec un visage impassible et un regard intéressé aux propos du duc. Le baron se demanda tout de même si l’homme était aussi fin politicien qu’il  ne l’avait d’abord pensé. Le duc ne pouvait se retenir d’empiler des promesses dont le baron savait très bien qu’elles n’étaient pas forcément garanties en les mettant en rapport avec des menaces bien réelles, ce qui agaçait grandement Niklaus.

Le duc lui promettait un titre héréditaire ?  Cela faisait rire intérieurement le baron. Si la légitimité du nouveau royaume était aussi bancale qu’il le pensait, son titre le serait autant. En acceptant de prendre ce titre, le baron se rendait immédiatement coupable de lèse-majesté de l’ancienne couronne et n’aurait auprès des autres nobles de la Péninsule pas plus de légitimité sur ce bien mal acquis qu’un pillard de cadavre après la bataille. Et pour la noblesse du nouveau royaume, il ne serait qu’un parvenu ayant tourné casaque. Sans parler de ce duc qu’on allait lui placer au-dessus de la tête. Il faudrait donc des garanties.

Le duc lui promettait une place au conseil ? Ce dernier avouait lui-même qu’il ne pouvait qu’en discuter avec de Velteroc et que « d’autres » étaient sur les rangs. Au mieux lui promettait-il un appui. Le baron se demanda intérieurement à combien d’autres personnes il avait promis ce rôle ou un autre en échange de leur soutien. Cela à la rigueur le baron s’en fichait. Il n’était pas trop inquiet sur sa carrière et trouverait au pire à se recycler.

Les Asnozia disait vouloir un allié ? Ils voulaient un serment devant un nouveau roi, poudré de frais, dans la semaine qui suivait. Un allié qui vous tordait le bras n’était pas un allié. Mais peut-être était-ce là la jeunesse et la franchise d’un militaire sûr de son pouvoir qui avait parlé. Si ces deux personnes espéraient avoir gagné une once de confiance auprès de Niklaus après leurs deux dernières sorties, c’était l’effet inverse. Niklaus était à présent bien plus méfiant qu’il n’avait pu l’être quelques minutes seulement auparavant. Mais là encore, il resta impassible. De toute manière il n’avait pas le choix, mais ces gens plutôt que de chercher à gagner la loyauté de Niklaus, avait décidé de la forcer…

Un sacre dans l’énnéade d’un nouveau roi ? Quelques semaines seulement après une guerre liée à une tentative de placer un homme sur le trône par la régence ? Niklaus avait bien du mal à voir comment l’on pouvait trouver une grande différence entre les deux procédés. Le sort lui avait joué un bien mauvais tour. Au final, un tyran en remplaçait un autre. Un ambitieux parvenu, un autre… Personne dans cette contrée ne semblait avoir de préoccupation pour d’autres grandeurs que celles de ses chevilles. Que ces personnes aient de l’ambition, Niklaus pouvait le comprendre et l’entrapercevoir, lui-même n’en était pas dénoué. Mais se comporter de manière aussi drastique, frontale et si peu inclusive… On pouvait avoir de l’ambition pour soi et viser les plus hautes fonctions et le plus grand des pouvoirs sans mettre en péril des siècles de construction.

Les réflexes élémentaires et – il fallait bien l’avouer – quelques peux bestiaux primaient décidément souvent sur la réflexion et les manœuvres politiciennes muries dans ce royaume. Le temps de la barbarie ne s’était pas encore éclipsée et les personnes d’importance ne semblaient ces dernières années même plus faire mine de respecter les us et les lois. Heureusement que la masse immense des gens simples était suffisamment crédule pour continuer de croire dans les lois, car ceux qui étaient censés les faire respecter ne cherchaient même plus à prétendre les honorer. Des soulèvements avaient commencé pour moins que cela… Niklaus espérait au moins qu’en vendant son âme, il parviendrait à sauver quelque chose. De toute manière il n’était pas croyant… Alors qu’avait-il à perdre ?

Au final, se rendait compte le baron, ces gens n’avaient que peut faire de l’union, ou de la grandeur de la Péninsule. Après six cent ans d’union, le royaume de la Péninsule était maintenant déchiré pour des raisons d’orgueil... Et cela ne semblait déranger personne sauf Niklaus… Ils voulaient tous leur royaume, leur couronne, quitte à renverser un ordre qui aurait pu être millénaire si la folie de quelques-uns ne l’avait pas emporté. Que la régence ait été à la source de cette guerre civile était sans importance, seuls les actes des vainqueurs comptaient. Qui avait tué qui importait peu dans le grand ordre des choses. Seul le royaume comptait. Mais non. La couronne avait un éclat trop brillant pour que quelqu’un se préoccupe du vrai pouvoir. Ce qu’un titre, un objet, une illusion de grandeur pouvait faire faire aux grands de ce monde qui étaient souvent trop pressés… Niklaus ne pouvait que se désoler de constater que les passions étaient plus fortes que la raison, même chez les plus puissants.

Niklaus avait fait ses propositions dans l’objectif d’une réunification du royaume de la Péninsule, avec un objectif sur le long terme. Mais c’était là bien méconnaitre ce que les occupants cherchaient. Car au final, ils voulaient abattre ce qui restait de l’ancien royaume pour en forger un nouveau de toute pièce et tenter d’imposer un fait accompli. Niklaus n’était peut-être pas un des grands de ce monde, mais il ne fallait pas que ses deux interlocuteurs le prennent pour un politicien né de la dernière pluie. Malgré leurs belles assurances et le faux sentiment de sécurité qu’ils tentaient de vendre, on ne pouvait imaginer un geste plus à même d’indigner un grand nombre de nobles dont la relation avec les vainqueurs de Christabel n’était pas au beau fixe. Leurs futurs diplomates et ministres auraient bien du pain sur la planche à arriver à reconstruire ce qui allait être détruit sous peu.

Et pour changer, un ultimatum lui avait été donné. Décidément on pratiquait bien moins la carotte que le bâton dans ces terres… Il se demanda brièvement si ses aïeuls avaient été obligés de se confronter à de tels choix cornéliens. Il n’en était pas bien sûr.

« - Votre Altesse, vous vous méprenez. Sur mon compte, sur mon éthique, et sur mes motivations. Si ma capitulation vous fait partir du principe que je suis un traitre à votre solde, permettez-moi de vous arrêter. Je n’entretenais aucune sorte de vassalité avec la régence. Ma charge est issue du royaume de la Péninsule. Ce royaume de six cent ans pour lequel nos familles ont durement travaillé. Naturellement à des niveaux bien différents, mais nous y avons contribués néanmoins. Et c’est de ce royaume dont je vous parlais et de celui-là uniquement, pas du palliatif dont vous me parlez à présent et dont je n’avais aucune idée. Je ne suis pas dans le secret de vos manœuvres. Je vous parlais d’intérim car j’envisageais que vous aviez dans votre esprit le bien du royaume de la Péninsule dans son intégralité à l’esprit.

Visiblement vos plans sont biens différents de ce que j’en avais compris puisqu’il s’agit d’en créer un nouveau de toute pièce, réunissant les territoires que vous contrôlez. Une décision bien loin de l’union à laquelle j’espérais pouvoir travailler et qui risque fort de faire poursuivre la guerre pendant longtemps encore. Même si cette dernière risque de devenir larvée à la vue de votre actuelle victoire.

Je n’ai pas quitté mon poste car je ne suis pas de ceux qui fuient la queue entre les jambes au premier son de botte venu.  J’ai capitulé car j’estimai que je n’avais pas à détruire mon domaine pour la régence qui ne représentait pas nécessairement la Couronne du royaume de la Péninsule. C’était là le meilleur moyen de servir le futur roi de la Péninsule. Ne prenez pas la capitulation et l’occupation que j’ai concédée pour un soutien à  une cause.

Vous vous énervez de m’entendre parler de ‘de facto’. Il ne s’agit pas d’un souhait de neutralité de ma part. Il s’agit d’un fait. Il existe une différence entre l’état de fait dans lequel nous sommes et l’état de loi dans lequel nous sommes. L’état de fait est que vous occupez ces terres et que vous y détenez la force du glaive. L’état de loi est que ces terres sont pour le moment encore des domaines royaux et qu’ils appartiennent légalement à la Couronne de la Péninsule.

Vous me dites que les anciens traités, les lois et les charges n’ont plus de sens. Vous sous-entendez par-là que l’on peut tout imposer par la force, et vous avez raison à court terme. Mais ce que la force permet, elle ne le légitime pas forcément.

Une réalité transcende nos discussions : je ne possède pas le territoire de l’Apreplaine, je ne suis pas seigneur de l’Apreplaine. Je suis simplement un homme chargé d’une mission. Ce qui m’attriste est que l’homme qui fut à la source de cette charge a disparu. Avoir la charge d’un domaine et en être le Seigneur, c’est là bien différent. Si votre but est d’intégrer l’Apreplaine dans votre nouveau duché de force, je n’ai aucun moyen de m’y opposer. Mais il vous faudra faire acte de cette annexion lors de la fondation de votre nouveau royaume.

Si j’avais été duc ou comte ou seigneur d’un fief m’appartenant, j’aurai pu prendre une décision vous concernant et décider du sort de mes terres et de les faire quitter mes serments liées à la Couronne de la Péninsule. Mais il ne s’agit pas de mes terres, mais de celles de la Couronne. C’est comme si l’intendant de vos terres prenait la décision sans vous consulter de faire passer vos terres sous l’influence d’un autre royaume. Il n’a aucune légitimité pour le faire. Je n’en ai pas plus sur mes terres. Le titre de baron que je porte n’est qu’une médaille en sucre. Je ne m’appelle pas Niklaus d’Apreplaine. Je suis sans terre mais avec une charge, et je suis conscient de ma condition.

Que vous décidiez de créer un nouveau royaume vous regarde, je ne cherche pas à vous donner des conseils que vous ne souhaiteriez pas entendre. L’Apreplaine est un domaine du royaume de la Péninsule, Votre Altesse. Ma charge est de le maintenir pour la Couronne de la Péninsule. Cela ne vous plait peut être pas, mais je suis fidèle à mon éthique, et à ma charge. Il en allait de même pour la régence. Et si je reçois un jour une charge de Votre Altesse, je m’y tiendrai autant.

Que vous souhaitiez annexer l’Apreplaine dans ce nouveau royaume que vous souhaitez construire, c’est là votre choix en tant que vainqueur, et, pour reprendre vos termes, le choix d’hommes utilisant le sang et l’épée. Mais la légalité de ma décision de passer ce territoire dans votre royaume sans l’accord du Roi ou des pairs du royaume de la Péninsule n’existe pas. Si vous pensez que je vais ingurgiter le contraire, alors vous me prenez pour plus naïf et bien moins bon homme d’Etat que je ne le suis.

Votre Altesse semble troublée de me voir vouloir rester neutre. C’est pourtant là la seule voie possible sans renier mes serments. Si vous souhaitez intégrer l’Apreplaine à votre nouveau royaume Votre Altesse, il sera nécessaire de faire un acte d’annexion, et il ne s’agit plus des conditions de capitulation. J’ai respecté mes engagements en ouvrant les portes de mes villes, en facilitant la vie à vos hommes et en maintenant l’ordre et la continuité administrative dans les terres dont j’ai la charge. Si vous souhaitez annexer l’Apreplaine, il s’agit de votre responsabilité et non pas de la mienne. N’inversons pas les rôles.

Pour autant je comprends que Votre Altesse souhaite que la chose vienne de moi et non d’elle. Vous souhaitez ainsi regagner en légitimité et utiliser quelqu’un des domaines. Je peux le comprendre, et dans le principe, je ne m’y oppose pas, car dans cette situation inextricable dans laquelle la guerre m’a placée, vous souhaitez que je choisisse un camp. Je peux l’entendre. Et je n’apprécie guère Soltariel, l’incendie criminel de la capitale m’a dégouté de leurs tactiques.

Si maintenant vous souhaitez me voir renier mes serments, faire un crime de lèse-majesté, et passer définitivement dans votre camp, je souhaite des garanties, car je n’ai aucune envie d’être le dindon de votre farce. Je peux être l’assesseur de vos ambitions dans les domaines, et je comprends que mon prix pour cela soit que je m’aligne définitivement dans votre camp. J’aurai espéré le faire plus subtilement, mais qu’à cela ne tienne. Mais cela aussi vient à un prix : premièrement je souhaite être assuré de recevoir la charge de baron d’Apreplaine dans votre nouveau royaume avec les prérogatives actuelles. Deuxièmement je souhaite savoir si vous avez déjà choisi un duc pour les domaines, et si ce n’est pas le cas, je souhaiterai faire partie de la discussion liée au placement de cette charge, car si je m’engage sur ce chemin, je souhaite savoir à qui je vais être lié, et pourquoi pas faire acte de candidature. Ensuite et pour finir je souhaite avoir votre parole d’honneur que le nouveau royaume aura à cœur la prospérité des domaines et de Diantra et ne souhaite pas simplement écharner la région et l’utiliser comme bête tête de pont pour marcher sur la Péninsule. J’ai confiance dans votre parole Votre Altesse, et si vous avez confiance en la mienne, nous pouvons décider de cela ici et maintenant, et demain je me mettrai au travail pour atteindre les objectifs dont nous avons parlé.  »
Revenir en haut Aller en bas
Oschide d'Anoszia
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 477
Âge : 25
Date d'inscription : 10/02/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  29 (Mort)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Ven 8 Mai 2015 - 9:31


Oschide esquissa un rapide sourire lorsque sa sœur ouvrit la bouche pour faire suite à ses paroles. Leur père se serait surement amusé de les voir tous les deux ainsi, il en était persuadé. Il salua dès lors chacune de ces interventions et remarqua l’intérêt qu’elle porta à la politique du Royaume, à son plus grand plaisir. Mais ce plaisir fut aussitôt remplacé lorsque le baron d’Apreplaine reprit la parole. Finalement, cet homme n’était pas celui qu’il avait imaginé rencontrer après les quelques mots qu’on lui avait rapporté.

Dans ses premiers mots, il n’ajouta rien de nouveau, et surtout, ne répondit pas de manière concrète à sa simple question qui devait se terminer par un oui ou un non. Oschide aimait les réponses concises et devenait las d’entendre le baron tourner autour du pot en répétant inlassablement les mêmes choses. On ne pouvait rien tirer des terres royales, si ce n’est des bureaucrates vivant avec la peur de tout perdre du jour au lendemain. Décidément, ce qu’il avait dit un peu plus tôt dans la conversation avait été comme s’il avait parlé à un mur. Etait-il conscient qu’il ne faisait que lui offrir bien plus qu’il n’avait jamais eu ? D’autres auraient accepté sans rechigner, mais celui-là s'offusquait sur chacune des offres. L’homme qui lui faisait face n’avait pas l’air de véritablement bien cerner la réalité, à croire qu’il n’était jamais sorti de sa baronnie. Cependant, il devait admettre qu'il était tenace et qu'il souhaitait rester digne. A vrai dire, il en aurait fait autant. Mais soit, Oschide l’écouta tant bien que mal, tentant de faire de son mieux pour ne pas grimacer ou grincer des dents. Il s’imagina pendant un bref instant le Grand-Duc de Velteroc à sa place, et se demanda ce que celui-ci aurait fait en entendant tant de choses.

Heureusement pour lui, son éducation et son honneur l’empêchait de perdre son sang-froid. Au final, il se ravisa même de paraître une nouvelle fois dur lorsqu’il répondrait aux nouveaux mots du baron. Il l’avait écouté sans une seule interruption, les yeux toujours rivés en direction du baron. Il avait cessé de boire du vin, celui-ci réduirait son jugement si la conversation devait encore durer. Une fois terminé de parler, Oschide reprit de bonne grâce avec un sourire plutôt jovial qui faisait disparaître ses grimaces affichées pendant les dernières minutes.

-Vous voulez des garanties, vous les aurez. Son ton était redevenu un peu moins sec. Vous voulez être assuré de recevoir la charge baronniale d’Apreplaine, c’est ce qui est prévu pour toutes les seigneuries des terres royales. J’ai déjà évoqué ce point me semble-t-il, je n’y reviendrai pas une troisième fois.

Pour ce qui est du nouveau titre ducal, non, il n’y en a pas encore. Le conseil ne s’est pas encore réuni et il reste encore beaucoup de choses à faire avant.  Si vous voulez proposer votre candidature à ce titre, je ne vous en empêcherai pas. Ayez seulement à l’esprit que chacun des autres seigneurs ont la confiance du Grand-Duc ou de moi-même, tout autant que vous bien évidemment, même si les autres nous sont affiliés par le sang.  Dans notre cas, la famille est notre force, alors à moins que vous n’acceptiez de rentrer dans la nôtre, je ne saurai me prononcer sur vos chances de réussite. Mais il faudrait pour cela que j'en fasse la demande, et vous semblez être plus que sceptique à mon sujet donc nous éviterons de vous mettre dans l'embarras.

Vous voulez également ma parole d’honneur que les terres royales ne deviendront pas le réservoir de toutes nos futures guerres pour la paix du Royaume, nous en rediscuterons lorsque Soltariel marchera sur vos terres, mais soit, j’en parlerai au Grand-Duc d’Erac.  

Avez-vous d’autres demandes ? Profitez-en pendant que vous êtes là, baron, le temps risque de cruellement me manquer dans les jours qui suivront.

Revenir en haut Aller en bas
Niklaus d'Altenberg
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 408
Âge : 29
Date d'inscription : 20/03/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 29 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   Jeu 14 Mai 2015 - 20:53


Le baron répondit au sourire du duc par un sourire. Les deux riaient un peu jaune, mais c’était là l’ordre des choses. On ne pouvait pas espérer mettre les cœurs au diapason en si peu de temps après une guerre aussi courte qu’elle avait été épuisante et après les derniers évènements aussi tragiques que rudes. Le baron comprenait l’agacement mutuel qui avait pu ressortir des divergences de vue qui continuaient d’exister. Au moins le point important central restait : l’avenir des terres royales semblaient plus constructif dans les années à venir si chacun pouvait tenir ses promesses.

« - Je remercie Vos Altesses de leur patience à mon égard. Je n’ai rien à ajouter. J’ai tenté d’être exact dans mes réponses ce qui les rend parfois un peu âpres… A l’image de mon pays. »

Il eut ensuite un sourire humble et sérieux.

« - Je remercie Vos Altesses pour le temps que vous avez consacrées à m’écouter et pour la franchise dont elles m’ont laissées faire part. Je suis conscient et navré que Vos Altesses n’aient pu trouver dans mes réponses exactement ceux pourquoi elles m’avaient convoquées, ou un vœu de fidélité absolue. Je ne suis pas un bonimenteur et j'espère que vous préfèrerez un homme franc et loyal à son éthique qu'un homme prêt à toutes les corruptions pour obtenir vos faveurs, ces gens là feront de même avec Soltariel, croyez-le bien. Au moins avec moi vous savez à quoi vous en tenir. Vous connaissez à présent mon avis complet avec ce qu’il a d’objections et de louanges à l’égard des politiques des vainqueurs. Soyez assurés que cet avis je ne le partage nullement avec mes pairs ou avec les sujets de l’Apreplaine. Je tiendrai mes serments et assurerai la marche de l’Apreplaine en attendant le jugement de ce nouveau royaume, soit de m’évincer, soit de me reconduire.

Je ne suis pas un ingrat ou un enfant gâté Votre Altesse. Je loue la sagesse que vous avez eu de ne pas nous faire passer par le fer, mais nos différences sont le fruit des évènements. J’essaye d’être fidèle à la Loi du royaume de la Péninsule presque défunt, j’ai conscience que mon combat ressemble à celui d’une vieille arrière-garde. Il doit être risible pour vous et pour mes collègues. J'ai la conscience de cela. Mais cette fidélité au royaume de la Péninsule sera la même fidélité dont je ferai part aux Lois édictées par le nouveau royaume si vous émettez l'acte d'annexion précédemment cité.

J’apprécie les buts ultimes de Vos Altesses, et si nos pensées du gouvernement peuvent sembler différentes, je pense qu’elles peuvent être complémentaires. Et comme je le disais précédemment, je pense que la confiance puis l’amitié ne peuvent être que l’enfant du temps. Si ma loyauté et mon attachement aux Lois peuvent être ennuyeux, elles sont aussi parfois des qualités, surtout pour un gouvernement de paix. Si le roi Trystan s'était appelé le roi Nimmio, j'aurai tenu le même langage. Tout cela n'a rien de personnel Vos Altesses, et croyez bien que je vous tiens en estime même si je diffère sur certains points. Croyez-moi également lorsque je dis que je suis acharné au travail et que lorsqu’on me donne une charge, je m’attache à l’honorer avec ferveur.

Je n’ai plus rien à dire pour ma  défense, je suis certain que Vos Altesses sauront faire la part de mes qualités et de mes défauts. Je resterai à votre entière disposition et j’attendrai vos décisions et celles de sa future Majesté. Il ne reste plus qu’à vous remercier de votre accueil. »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Un royaume à (re)bâtir [Pv Niklaus-Cornélia]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Royaume perdu d'Arnor
» Les souveraines du royaume
» [PARTENARIAT]Le Royaume de Zaïrys
» le royaume d'outrebrumes
» [Fiche d'île] Royaume d'Alabasta

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Royaume de la Péninsule ~ SUD OUEST :: Diantra-
Sauter vers: