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 Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Mer 29 Avr 2015 - 21:59



Dans le secret des Dieux

Fin de la 5ème ennéade de Barkios, an 8, 11ième cycle.




Niklaus avait très bien dormi. Non pas que la journée précédente avait été particulièrement reposante pour ses nerfs, mais il était un homme taillé dans un bois résistant aux aléas de la vie. Il avait dormi en ville chez un ami de la famille. Les Dieux étaient loués, il y avait encore des gens sur lesquels ont pouvait compter. L’auguste marchand chez qui Niklaus était descendu était en réalité son cousin maternel, un roturier qui représentait lui aussi avec ses enfants les derniers descendants des Carosis. Il n’était certes pas noble, mais Niklaus étant noble sans terre, il ne valait au final pas beaucoup mieux. Et cela leur allait bien.

Jean Carosis était un homme plus âgé que Niklaus, d’une extraordinaire intelligence et d’une culture intransigeante en ce qui concernait le commerce.  Niklaus sachant s’incliner devant plus intelligent que lui et surtout cherchant à s’entourer de gens compétents, laissait à Jean le soin de négocier les produits des terres de l’Apreplaine sous propriété des Altenberg. Car bien qu’ils ne disposaient pas de la propriété éminente de l’Apreplaine, les Altenberg y possèdaient un grand nombre de propriétés privées en leur nom propre, comme d’autres propriétaires terriens au travers des domaines.

Jean était de ces notables discrets dont la fortune n’avait pas changé la vie et pour lequel l’appât du gain était plus un jeu intellectuel qu’une fin en soi. Il vivait dans une belle maison à colombage à proximité de la cathédrale. Il avait échappé belle et avait pour le moment évité l’incendie et le pillage, aux prix de grands efforts cependant. Plusieurs de ses entrepôts avaient néanmoins brûlé et l’annexe de sa propre maison était partie en fumée. Il avait donc fait mener le cheval de Niklaus et de ses gardes à l’écurie d’un ami.

Niklaus avait bien dormi malgré le froid glacial qui régnait dans la maison. Avec la chute rapide de la capitale et des lignes de ravitaillement, le bois de chauffage commençait à manquer dans la ville, et Jean, qui était très pieux, avait fait cadeau d’un grand nombre de ses réserves aux prélats de Deina. On avait offert à Niklaus de dormir avec les enfants de la famille au premier étage, où un feu brûlait, mais il n’avait pas voulu détruire l’équilibre précaire de la famille, déjà bien entamé par les catastrophes ayant fondues sur la capitale. Il avait refusé et avait reçu en échange un nombre absurde de couvertures de belle laine de la part de la maitresse de maison. Il les avait acceptés bien volontiers avec des remerciements rigolards devant l’amas de tonte que représentait toutes les couvertures qui lui était proposé. Il y avait de quoi réchauffer une armée. La conséquence avait été une nuit fort confortable surtout que Niklaus, habitué aux longues traques dans le froid, n’était pas frileux.

Il attribuait la brume de son réveil principalement au fait qu’il n’avait pas pu trouver un moment de calme après son réveil. Et de calme il en avait besoin pour réfléchir au futur. Il décida donc de faire le jeûne et de quitter directement la maison, choisissant de s’en aller visiter la ville décharnée de sa grandeur.

Les rues du quartier pourtant cossu étaient bondées. Mais contrairement à la dernière visite de Niklaus, on y retrouvait principalement des vagabonds, pour la plupart ne semblant pas être des classes les plus pauvres mais d’anciens artisans ayant certainement perdus leurs domiciles, les quartiers entourant les fortifications ayant été les plus durement touchés. Niklaus se doutait que la plupart de ces pauvres hères avaient reçus l’hospitalité chez leurs anciens fournisseurs et clients et offraient leurs services aux plus offrant pour un salaire dérisoire voire nul en échange du couvert et de la protection qu’offraient les murs encore debout des immeubles alentours.

Tout ce bruit n’allait pas à Niklaus, qui se dirigea d’un pas ferme vers la cathédrale. Le monument était lui bien droit, tenant solidement sa place au cœur de la ville, insoucieux des ruines alentours et semblant vouloir préserver la grandeur passée. Les cloches sonnaient, ce qui était un présage rassurant pour Niklaus, ce dernier se doutant qu’avec l’office, un peu de calme serait assuré dans ce lieu.

Niklaus n’était pas pieux. Loin de là. Naturellement il mettait un point d’honneur à aller à quelques offices et à  faire ses devoirs envers les Dieux. Cela ne faisait pas réellement partie de ses sports favoris, mais c’était là bien nécessaire, afin de maintenir une certaine chaleur avec le clergé et de manière à se montrer dans un contexte au-delà des soupçons. Bref. Il s’agissait de rentrer dans le moule.

Mais pour Niklaus, les Dieux n’étaient au final pas des êtres méritant le respect des humains. Ils ne semblaient pas se préoccuper beaucoup des misères et des problèmes de cette terre, et l’on n’était jamais mieux servi que par soi-même. Si les Dieux s’intéressaient aux humains, ce n’était en tout cas jamais de manière désintéressée. Que pouvait-on réellement attendre d’une personne ne s’intéressant à vous que pour ce que vous pouviez leur donner ? Les hommes étaient des jouets bien malléables dans les mains de ces tyrans fantastiques. On ne pouvait imaginer rester éternellement le jouet des Dieux. Un jour futur, peut-être pas si lointain que Niklaus ne l’imaginait, les Dieux seraient à la portée des humains. Mais en attendant ce jour, il fallait faire semblant. Courber l’échine, encore et encore, en espérant un improbable salut.

Il entra dans l’édifice. Les chaises gardées pour la noblesse dans le transept étaient encore là, chose incroyable dans une ville en ruine. Mais le clergé avait visiblement bien faire respecter l’ordre du lieu. Ces gens pouvaient être extraordinaires d’autorité quand ils le voulaient. Et surtout ils avaient inconsciemment l’autorité divine pour eux. Qui pouvait réellement se prévaloir de n’en n’avoir rien à faire ?

Niklaus remonta à pas lents la nef principale. L’édifice était somptueux, et Niklaus y voyait là bien plus l’expression du génie de l’Homme que l’expression de la grandeur d’un Dieu ou d’une Déesse. Mais là n’était pas la question. Il fallait se reprendre et faire semblant… Encore…

Il s’avança jusqu’à la partie réservée à la noblesse. Évidemment la partie liée à l’ancienne cour de Diantra était vide, et aucun noble des domaines n’était là. Ces gens avaient déguerpis plus vite que le baron ne les en pensait capables. Sous l’œil amusé d’un certain nombre d’autres de ses pairs, qui eux se trouvaient à des endroits réservés à la noblesse terrienne, le baron s’avança sans rougir et sans honte vers la chaise qui était normalement réservée à sa fonction, se retrouvant seul au milieu d’un groupe de chaises vides. Il ne put se retenir de sourire devant l’ironie de cette situation. Décidément le sort était bien peu charitable de lui rappeler l’isolement dans lequel il s’était mis. Niklaus n’était pas un homme prenant les chemins tracés par les autres. Au moins ne pourrait-on pas lui reprocher d’avoir écorné le nom de sa famille. Les Altenberg n’étaient pas connus pour être typiques.

L’office commença, et Niklaus, en bon élève, respecta les rites et la liturgie avec précision mais sans passion. L’office dura une grosse demi-heure, et la célébration fut terminée rapidement. L’urgence n’était pas dans les longs offices pour le clergé. Il y avait trop de pauvres à nourrir, et cela allait bien au baron, qui se rassit sur sa chaise pour contempler l’édifice, lui permettant de réfléchir en paix.

L’autre aile du transept était remplie principalement de nobles non issus des domaines, tous terriens. Ces grands dont le sang assurait de base une position dans le monde quittaient rapidement l'édifice pour vaquer à leurs occupations. Et finalement, au bout de quelques minutes de frottement de chaise et de cacophonie, il ne resta plus qu’une personne. Une femme affublée d’un sourire amusé à l’intention de Niklaus. Et la scène était comique, il fallait le dire. Niklaus avait été quelques temps auparavant le seul dans son aile de transept, au milieu d’une marée de chaises vides et la femme avait été perdue parmi ses pairs, et maintenant qu’ils ne restaient plus qu’eux deux, ils étaient à armes égales de vide autour d’eux.

Niklaus inclina la tête en lui rendant son sourire. Il se leva et fit le tour de l’autel pour s’approcher de la Dame. A voix basse pour respecter le lieux et avec un sourire, il lui fit :

« Que Ma Dame me pardonne l’outrecuidance de lui parler sans avoir été préalablement présenté… Je n’espère pas la déranger dans ses prières… Ma Dame a-t-elle eu pitié de me voir seul à continuer de me présenter parmi ceux qui ont quitté Diantra ? Si c’est le cas je l'en remercie… Mais je ne pense pas avoir l’honneur d’avoir été présenté. Je me nomme Niklaus d’Altenberg. »
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Sam 9 Mai 2015 - 14:52



La levée du jour avait semblait plus dure que celle de la nuit précédente, et celle d'avant encore. Diantra se parait d'un manteau duveuteux de brume froide, cachant la misère et la crasse. Il n'y avait plus mauvaise période pour choisir de prendre un peu de repos dans la capitale. La Grande Citée arborait le gris, la suie d'un feu qui l'avait ravagé et la tristesse de tous ces coeurs qui se pensaient abandonnés. Elle n'avait plus la splendeur d'une jouvencelle mais de l'Aînée, celle que le mariage avait usé, celle qui semblait trouver une étrange délectation dans son avenir que l'on savait funeste -et bien plus proche que lors de ses vingt ans.
Et chaque partie du corps de la Dame Citadelle semblait meurtris. De ses pieds baignant de part et d'autre dans le fleuve, des pieds gangrainés par l'abandon des grands seigneurs ayant préféré fuir plutôt qu'affronter celui qu'on surnommait à présent le Boucher. De ses jambes, dans les quartiers malfamés que l'on aurait un temps voulu rasé au profit de la nouvelle bourgeoisie. De ses mains où le grand marché se tenait à l'époque. Il ne restait rien de l'animation jouasse d'une foule harrenguée. De sa tête et de son esprit qui avait disparut avec la peine des artisants et commerçants. Seuls les plus riches arrivaient à garder un semblant de dignité, mais ce n'était qu'une partie infime. La plupart trainaient leur misère par delà les ruelles, priant, pleurant pour une pièce ou deux. Les rues et avenues n'étaient plus animée de la même chaleur. Il faisait aussi froid au dehors que dans le coeur des habitants. Et comme si cela ne suffisait pas, la Brulée se voyait parcouru, assiégée, assaillie par les hommes d'armes venus de contrées qui -pour certains- semblaient encore étrangères. On pouvait voir flotter dans les airs les bannières du Médian et du Langecin.
La baronne d'Alonna observa un instant ces bouts de tissus virevoltant dans la fraîcheur matinale. L'étendard de vair au faucon de gueules se trouvait une belle place parmi les autres. Qui aurait pensé qu'un jour flotterait dans la capitale les couleurs de sa famille? Elle qu'on traitait dans les couloirs de parvenue ou même de félonne. Elle en riait souvent d'ailleurs. Alanya de Broissieux, Protectrice de l'Alonnan et Grande-Félonne des terres du Nord. Peut-être était-ce là la meilleure façon de s'en moquer. Elle ne s'intéressait que peu aux racontards. Elle était baronne de sa terre et en ce nom, elle se devait de faire tout son possible pour son peuple.
Un bref instant, elle eut presque envie de partir de là. Une voix intérieure lui soufflait souvent que l'avenir de l'Alonnan qu'elle chérissait tant n'était pas beaucoup plus clair que la plaie qui parcourait la grande ville. Alanya s'y refusait. Jamais elle n'avait abandonné les siens et malgré son exil forcé par ses impératifs, elle n'avait cessé de diriger les siens afin que chacun de ses gens ne souffre plus.
Des bruits de pas se firent entendre dans la demeure qu'elle avait récupérée, dans les quartiers Est de la ville. Il n'y avait pas de faste dans cette maison et cela l'avait séduite. Les propriétaires, lui avait-on dit, était partis pour le Soltaar où on leur avait promis une tranquilité qu'ils n'étaient plus assurés d'avoir à Diantra. Aussi la baronne avait-elle établit ses quartiers dans cette dernière sans remords pour les habitants déserteurs. On toqua d'abord avant que la porte de bois se mette à grincer. Une petite tête rousse fixant le sol, les mains croisées au devant d'un tablier s'arrêta sur son porche. «Ma Dame, l'on dit dans les rues qu'un office sera célébré ce matin pour Sainte Deina». La baronne détourna le regard de la fenêtre où elle se trouvait jusqu'alors pour faire face, droite, posant sur la jeune femme un regard inquisiteur. «Ingrid, viendrais-tu m'importuner si tôt pour simplement me dire qu'une office sera celébrée, et ce comme tout les jours depuis que Diantra est tombée?». Elle n'était pas en colère et son ton semblait plus doux que la réprobation qu'elle venait de faire à mi-mots. «Je n'oserai ma Dame. L'on dit aussi que ce jour un sermont sera donné pour aider les démunis et qu'il serait mal vu qu'un noble ne s'y trouve. Alanya fronça les sourcils. Elle pardonnait beaucoup à la jeunesse, elle-même ayant subi son impétuosité mais elle ne laissait guère passer ce genre de paroles venant de ses propres domestiques. La petite rousse leva juste assez le regard pour s'appercevoir de sa bévue et enchainer aussitôt: «J.Je.Je, ce n'est pas ce que je voulais dire ma Dame! Mais il est certain que l'altruisme dont vous vous auréolerez si vous y participiez vous placerez en bonne sympathie de beaucoup d'habitants, et même de certains autres nobles locaux». La baronne se détendit un peu sans rien en faire paraitre: «Les nobles locaux». Elle pouffa avant de s'asseoir au coin de son bureau qu'elle avait amenagé. «Ils n'existent plus. Ils sont presques tous partis avec Angleroy. Maudits soient-ils. Et l'on me traite encore de félonne alors que jamais je n'ai abandonné ni mes fonctions ni mes devoirs». Elle soupira, reprenant son calme: «Prepare-moi, veux-tu. Je ne voudrais faire honte à notre si bon clergé».
C'est donc affublé d'une longue cape de velour vert bouteille doublé de soie rouge fermée par un faucon aux ailes déployés, cachant une robe simple et pourtant de bonne facture qu'elle se rendit au dernier joyaux de la Couronne encore debout. La cathédrale était habillée de la pâle lueur du matin et lorsqu'elle arriva sur son parvis, elle n'eut jamais autant l'impression d'être petite. A la gloire des dieux, pensa-t-elle. Elle les détestait. Tous ces gens engoncés dans leur beaux habits, allant donner la pièce à ceux dont ils ne se souciaient qu'une fois l'an. Puis elle se détesta. Après tout, en ce moment même, n'était-elle pas comme le bourgeois gros comme une femme enceinte, qui franchissait avec un sourire narquois les grandes portes du lieu saint? Il était des tâches beaucoup plus difficiles que d'autres et la prière pour des dieux qu'elle n'aimait plus en faisait partie. Elle avait trouvé une voie qui lui correspondait plus, une foi renouvellée par l'apparition d'un étrange vieillard dans sa vie, un vieillard que l'on nommait la Voix. Son entrevue avec ce dernier restait un souvenir houleux. Il l'avait perdu dans ses propres songes.
Mais il était une chose que l'on se devait d'accorder aux pieux des Cinq, c'était bien la magnificiance de leur construction. Traversant les transepts pour s'asseoir là où son rang l'obligeait, elle se perdit à regarder l'immense construction de voûtes, colorées par les vitraux représentant diverses saintes scènes. La beauté du lieu l'emporta un instant loin de ses préoccupations principales et elle fini par se poser face au choeur, non loin du prêtre qui sermonerait l'assemblée constituée de croyants avides d'espoir. Le retable en fond sortait comme une pièce antique et précieuse, captivant le regard des curieux.
Et alors que sonnèrent enfin les cloches annonçant le début de l'office, un homme de belle allure marcha la tête haute en direction du paquet de chaises vides, à sa droite. Ces chaises qui étaient initialement attribuées aux nobles des terres du Roi, et qui depuis quelques temps s'obstinaient à rester vides. Jusqu'à présent, aucun des anciens seigneurs n'avaient osé revendiquer le moindre droit directement, bien que les belligérants Anoszia et Velteroc avaient choisit de laisser à chacun la charge qui leur avait été autrefois attribué par la Régente. Cela amusa la belle qui eut bien du mal à se concentrer durant les longues minutes qui s'égrainaient au rythme des quantiques et des sermonts. Ce n'est que lorsqu'enfin le prêtre conclua son long dicours qu'elle se sentit le coeur allegée de ses devoirs les plus barbants. Elle ne posa pas tout de suite le capuchon sur sa tête, préférant laisser partir tout les nobliots et autres bourgeois. Elle tourna la tête vers le seigneur qui -fort heureusement- ne semblait pas plus disposé à quitter les lieux qu'elle. Un sourire en coin, a demi amusé à demi intrigué orna son visage qui n'était pas encore marqué par le temps, alors que le bel homme vint la rejoindre dans la discrétion que demandait un lieu de prières. Il se présenta galemment et à son nom, son rictus se transforma en un sourire carnassier dont elle seule avait le secret, tournant la tête vers le retable qu'elle avait plus tôt observé.
«Quel bel ouvrage que celui-ci, vous ne trouvez pas? Regardez donc, Monseigneur. L'or luit si bien grâce au vitrail de Sainte Deina. Mais qu'a-t-elle de plus que la jeune pucelle? Je me le demande parfois. Qu'avons-nous de plus que d'autres pour avoir tant de privilèges: des terres, de l'or, des bâtiments à notre éfigie... Et plus encore, je me demande comment pouvons-nous aspirer à trouver en ces lieux la simplicité que nous impose notre foi. Aussi en déduis-je que comme moi, vous n'êtes pas là pour trouver quelconque pardon, ni même encore ma pitié seigneur d'Altenberg, son Honneur d'Apreplaine». Elle tourna à nouveau son visage entouré de la cascade brune de ses cheveux. Une face illuminé par des lèvres étirées dans un sourire engageant: «Qu'êtes-vous venus chercher ici, Monseigneur?». Il y avait cette lueur dans le regard de la baronne. Ce regard qui indiquait à son interlocuteur qu'elle commençait à jouer. Il savait qui elle était, et si la distance l'avait empêché de le savoir avant, la broche à son cou devait à présent l'éclairer. Du moins, elle l'espérait. Finalement, ce n'était pas une mauvaise journée et la fraicheur du lieu saint ainsi que son mutisme semblait, une fois dans sa vie, un terrain propice à une discussion qu'elle pensait devenir fort intéréssante.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Dim 24 Mai 2015 - 20:38


Le baron d’Apreplaine rendit un sourire de plus en plus amusé à la jeune femme dont la fine impertinence avait en ses lieux saints un air d’interdit qui n’était pas pour déplaire à l’homme. Il n’était pas certain de l’identité de la jeune femme, mais il lui semblait qu’il s’agissait de la baronne d’Alonna. Il ne l’avait jamais rencontrée personnellement, tout du moins ne s’en souvenait-il pas, mais il en avait entendu parler. La politique du reste du royaume n’avait jamais préoccupé au premier degré le baron  qui avait toujours principalement ménagé des amis et des sources informations dans la cour de Diantra, de manière à connaitre les mouvements pouvant influencer sa place. Il était certes resté à l’écart des autres crabes dans le panier, mais pas au point de ne pas les observer pour voir d’où viendrait le prochain coup.

Ayant récupéré la charge de son père de manière précoce, il avait fallu bien des tractations et convaincre bien des gens pour garder la charge de baron, et avec l’arrivée de la régence, il avait fallu rester attentif à de potentielles tentatives de destitution. C’était là un mal nécessaire mais bien dommageable pour le jeune homme, qui avait perdu beaucoup d’énergie à cela et avait dû travailler deux fois plus dur pour arriver à la fois à reprendre la gestion de son domaine, si petit mais si complexe.

En bref, sa méconnaissance des autres nobles du royaume faisait qu’il ne connaissait pas les goûts ou les façons de la jeune femme. En conséquence, qu’elle ne fut pas sa surprise de cette réponse mi-philosophique, mi-taquine. Décidément cette femme était singulière. Il lui demanda silencieusement l’autorisation de s’asseoir à ses côtés, vérifiant auparavant qu’ils n’étaient pas observés. Non pas qu’il était gêné, mais en homme d’éducation, il ne souhaitait pas être indiscret envers la baronne.


« - Je cherche rarement le pardon et jamais la pitié, mais je prends l’un et l’autre lorsqu’on s’offre de me les donner… »

Il fit un geste du bras, lent et évasif, pour pointer les dorures et autres peintures dont la baronne avait parlée.

« - Cet édifice a peut-être des défauts. Et je vous rejoins sur l’inutilité de l’opulence d’un tel lieu. Si les Dieux sont cupides, cela ne sera pas d’or et de pierres. Au final cet endroit est bien plus un lieu pour les hommes qu'un lieu pour les Dieux. C'est dommage, mais compréhensible. Pour autant leur rendre hommage a du sens, je respecte ce que les hommes ont tenté de faire ici… Je pense en revanche que là où nous touchons du doigt l’aspect divin dans ce lieu c’est dans sa relative indépendance du temps et des évènements. Regardez-nous ! Nous avons cette discussion dans un calme presque inhumain lorsqu’on pense à la détresse du dehors... Voilà au final ce que je suis venu rechercher ici… Le calme de cet endroit. Et vous chère baronne ? Cherchez-vous quelque-chose ici ? »
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Lun 25 Mai 2015 - 19:27

La cathédrale l'intéréssait bien moins que l'homme. Il avait de cet air de gentil homme que le physique classait dans une classe de gens moins futé, ce qui de toute évidence ne lui correspondait pas plus. Alanya était intriguée par celui qui avait osé braver les yeux à la fois réprobateurs et interrogateurs de la petite noblesse qui se massait à Diantra à l'heure de laver ses pêchés. La Sainte Deina abritait encore les prières des pauvres gens. Le chuchotis de la discussion des jeunes barons semblait une insulte envers la Sainte Protectrice de la grande citée.
Il était clair que le le fringuant seigneur d'Apreplaine n'était pas un atardé et il avait un sens de la conversation qui plaisait à la femme. Après tout n'était-ce pas là une agréable journée pour discuter si banalement? Cela lui semblait un éternité qu'elle n'avait pas bavardé d'autre chose que ses propres interêts. Pour autant elle n'abandonnait pas son statut et sa prestance. Elle avait bien plus à perdre à baisser la garde qu'à la garder.
«Avez-vous des choses à confesser votre Honneur pour accepter la pitié et le pardon?». Elle dévoila ses dents éclatantes dans un large sourire franchement amusé. «Ne vous offusquez pas je vous prie, nous avons tous des secrets. Et pour beaucoup l'on préfère le pardon d'un être de chair que d'un entité divine». Cette fois-ci elle alla d'un rire léger qui raisonna un peu contre les murs de pierres, montant dans les voûtes comme une douce mélodie.
Ses yeux gris se plantèrent dans ceux de Niklaus. Il n'avait pas tord et peut-être cherchait-elle inconsciemment la même chose que lui, bien qu'elle en doutait.
«Je partage votre pensée Monseigneur. Mais j'irais même plus loin si vous le permettez; l'Homme a besoin de quelque chose de plus grand et d'intacte. Ce lieux offre à la fois l'abris au milieu des braises mais aussi l'espoir. L'espoir de voir quelque chose renaitre, comme l'unique fleur ayant survécu au passage d'une armée dans son champs. La foi est la fleur résistante à toute les intempéries du coeur de l'homme. La prière est l'envie que la pièce florale donne finalement des graines et qu'à force d'acharnement, le champs redeviendra une plaine colorée», la Dame de l'Alonnan s'interrompit pour laisser le silence envahir la conversation, permettant par la même à son interlocuteur de mesurer toute l'allégorie qu'elle venait de lui dépeindre.
«Nous sommes le vent votre Honneur. Le vent qui sème les graines par delà les propres racines de la fleur et le peuple à besoin de nous voir dans le seul endroit qu'il considère vivant dans le désastre. Et qu'importe le visage que nous avons, qu'importe la terre ou le titre que nous tenons. Nous sommes par devant eux et s'ils nous voient en ces lieux, ils sont intimment persuadé que leur cause, leur espoir sera entendu par quelqu'un capable de rendre toute magie possible. Que de la terre inféconde devienne à nouveau fertile. Que le coeur en deuil se soulève pour une nouvelle liesse. Voilà ce que je fais ici Monseigneur. J'offre à ceux qui prient, à ceux qui espèrent le peu que je puisse leur apporter. Une caresse pareille au battement d'ailes d'un papillon». Elle sourit vaguement. «Au moins leur donner la présence que les Cinq ne peuvent offrir».
Elle était déplacée mais assumait complètement. Cette religion n'était plus la sienne et même si elle ne le disait pas -ou ne le montrait pas- elle n'était pas non plus obligée d'être la plus pieuse. Surtout que personne en ces temps troublés pouvait affirmer que la foi guidait à chaque pas. Au moins le Karamstra offrait des perspectives plus justes de ce qu'elle pensait être la religion. Ni Dieu ni Maitre, simplement des puissances régissant un monde remplit de haine et de bonté, de beauté mais aussi de laideur.
«J'espère toutefois ne pas troubler le calme que vous recherchiez votre Honneur. Surtout si vous avez fait le chemin depuis votre terre juste pour cela».
Le prêtre lâcha une raclement de gorge désaprobateur, certainement las des babillages qui polluaient son lieu saint. Cela amusait encore davantage la belle. Elle ne lui jeta pas même l'ombre d'un regard alors qu'elle sentait ses yeux lourdement posé sur leur petit duo. Elle se contenta simplement de se redresser en adoptant une position pieuse, le coin gauche droit de ses lèvres étiré moqueusement.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Ven 29 Mai 2015 - 19:51


Le baron eut un sourire amusé, se retenant d’un petit rire, lorsque la femme lui demanda s’il avait des choses à se faire pardonner. Des secrets il en avait, mais rien ne lui rongeait la conscience, cela au moins il pouvait en être sûr. Bien sûr il avait des remords et des regrets. Qui n’en avait pas ? Après tout, il n’avait rien d’un innocent. Mais dans ce monde de pécheurs, on ne pouvait passer son temps à s’en faire pour la vie d’après, surtout lorsqu’on était suffisamment haut dans l’échelle de la chaine alimentaire.

La femme eut un discours assez ouvert aux idées et aux réflexions de l’homme, ce qui  le rassura d’une certaine manière. A qui pouvait les espionner, ils ne tenaient pas le discours le plus pieux que cette cathédrale devait avoir jamais entendu. Mais ce n’était pas bien grave pour Niklaus.  Il n’avait plus très peur des Dieux de toute manière. Ces derniers avaient fait au final autant de bien que de mal à ce monde, et il n’était pas du plus grand respect envers ces entités peu inquiète du bien commun.

Dans une certaine mesure Niklaus avait la foi. Il croyait à l’existence des Dieux, et croyait que leur influence pouvait être bénéfique. Mais il croyait au libre arbitre et à la puissance que l’Homme pouvait et pourrait encore déchainer sur cette terre dans les bonnes conditions. Il croyait en l’Homme et croyait dans le progrès. Ainsi ses prières l’étaient moins que des réflexions et les moments qu’ils passaient dans les temples lui servaient plus à penser aux affaires des hommes.

C’était là un peu hypocrite, et il n’irait pas jusqu’à révéler tout cela à son interlocutrice, mais c’était ainsi. Plus qu’aux Dieux, c’était à l’influence bénéfique que la religion pouvait avoir sur ses ouailles que le baron croyait. Et un chef de communauté ne pouvait se soustraire à une chose bénéfique à son peuple. Si le baron prétendant être pieux pouvait persuader ses sujets à obéir aux commandements les plus simples de leurs religions c’était toujours cela de gagné pour assurer l’ordre des choses.

Le baron fit un sourire et un signe de la main au prêtre les ayant rappelés à l’ordre. Il fréquentait la cathédrale depuis son plus jeune âge, ayant eu le droit d’y aller à chaque visite de son père à la capitale. Le silence n’y avait jamais été total, et les discussions étaient toujours nombreuses entre les offices. Le baron fit un « bonjour mon père » silencieux tout en finissant son signe de la main, et revint à la jeune dame. Il n’avait jamais aimé les religieux austères, ces derniers étaient souvent pire que la galle. Les Dieux étaient loués, les religieux de sa région étaient souvent enjoués. Il avait des souvenirs de banquets mémorables lors de certaines de ses visites au monastère de Scyla ou au monastère de Waldhouse, dans son Apreplaine natale.


«  - Ne vous en faites pas ma Dame. J’étais convoqué par les nouvelles autorités. Si cela n’avait tenu qu’à moi, je serai resté dans mes pénates, le domaine dont j’ai la charge à en ce moment besoin de moi plus que jamais. Mais malheureusement je sers mieux les intérêts de ma charge à Diantra en ce moment qu’à faire des choses constructives dans mes provinces. Ironique n’est-ce pas ? La politique a ses raisons que la raison ne connait pas. Qui d’ailleurs n’a pas à faire à Diantra ? La moitié du centre de la Péninsule rode dans les allées en ruine. Comme vous avez pu le constater lors de l’office, nous ne sommes pas très nombreux à être resté pour tenter de sauver les ruines des vautours ayant fondus sur la capitale. Et vous très chère ? Qu’est-ce qui vous amène dans les domaines ? Faites-vous partie des hordes que je cherche à repousser ou espérez-vous reconstruire ? »

Il eut un sourire encore plus large, laissant la liberté à son interlocutrice de prendre le parti –ou d’avoir le doute- de penser qu’il plaisantait.
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Mer 3 Juin 2015 - 14:40

Le baron salua l'homme pieu de la main. Il avait l'allure d'un homme foncièrement bon mais rudement intelligent que la politique ne rendait pas indifférent. Bien sûr, la charge baronniale était accompagnée de nombreux préceptes diplomatiques mais il appartenait à chacun de s'y plier ou non. Le bel homme semblait avoir choisis la justice dans son sens premier; rendre a quiconque le souhaite, et à sa terre dont il avait la charge un jugement égal, en faveur de personne, quand bien même cela pouvait l'arranger. Il aurait d'ailleurs pu partir auprès de Cleophas en Soltariel mais il ne l'avait pas fait. Il y aurait certainement gagné et Alanya savait que l'ancienne couronne avait dû pêcher les gros poissons avec de gros apâts puisqu'une bonne partie de la noblesse des Terres Royales se retrouvaient à présent vide.
Elle n'avait pas aimé l'audace du seigneur d'Altemberg sans raison. Ceux qui avaient décidé de rester semblaient être vus comme des vaincus, des parias que le Boucher du Médian avait soit pliés à sa volonté soit attirés comme on attire un chien avec l'os. Il avait raison: tout les noble alentours -et même d'ailleurs- avait trouvé mystérieusement affaire à Diantra. La belle capitale n'était plus mais du plus petit bourgeois ayant fait fortune grâce aux tapisseries jusqu'à son Altesse Oschide d'Anoszia, tous avaient accourus. Elle ne leur en voulait pas, au contraire; il est parfois bien plus bénéfique de plier genoux que de batailler pour obtenir quelques avantages purement personnels. Mais le baron qui se tenait à ses côtés semblait bien plus intéréssé par le bien de ses terres que par la gloire de sa maison. La belle en était intrigué. C'était un personnage à la fois mystérieux et à la fois dangereux. Elle ne savait où le placer mais cela lui plaisait d'avantage que ces nobles dont l'instrument politique n'avait aucune valeur sinon que de se faire rôtir au buché dès qu'un nouveau roi serait proclamé -si tant est que la lignée des Velteroc ne demeure pas.
Alanya ne perdait pas son sourire tandis qu'il posa ses questions. Il était en son droit de se demander ce que venait faire une Dame du Nord, alors même que l'on savait pertinemment le caractère indépendantiste de sa région natale. Elle s'en amusait même. Se tourna vers lui, observant son visage d'homme dans la force de l'âge, elle posa ses mains sur les siennes doucement. Les yeux gris comme l'acier semblait dépeucer son interlocuteur. Elle avait toujours cette attitude dérangeante et pourtant bienséante. Elle n'était ni tout à fait désinvolte ni tout à fait dans les conventions. Elle savait en jouer. La baronne s'était plus d'une fois retrouvée punie par son oncle alors qu'elle était sa pupille pour la même raison: ni insolente ni prude, elle était le parfait amalgame des deux.
« Il est en effet ironique de trouver une utilité à des lieues de chez soi. Je ne peux que vous comprendre. Je me languis de ma terre qui a beaucoup souffert -peut-être même plus que les terres de l'ancienne couronne durant la traversée de son Altesse de Velteroc. Il ne m'est pas étrange de vous savoir convoqué par les autorités temporaires; il faut dire que nombreux sont les nobles qui ont -vous l'avez très justement dit- quittés leur terre et leur devoir au profit d'une place assurée. Beaucoup vous regarde comme un traitre parmi les anciens nobles nommés me trompe-je? ». Elle s'arrêta pour soupirer, sa lèvre légèrement plissée.
« Edelys a déjà montré des signes de rébellions et le reste des terres s'est certainement soumis car ils n'avaient pas le poids pour faire face à l'armée du Médian et celle du Langecin qui frappait à votre porte. Peut-être est-ce d'ailleurs votre cas et je ne peux vous en blâmer: vous avez sauver vos gens, du moins un temps. Mais l'affront de la prise de la capitale reste ce qu'elle est. Ce n'est ni plus ni moins qu'une occupation pour le moment et je comprends les seigneurs locaux. »
Elle se releva, gracieusement posant une main instinctive sur son ventre plein. Que deviendrait son enfant si jamais l'on venait à annexer sa terre? Combien faudrait-il encore à Serramire pour revendiquer son droit sur l'Alonnan? Elle en était malade. « M'accompagnez-vous, votre Honneur? Il me plairait de poursuivre cette discussion tout en marchant. Mes jambes commencent à s'engourdir à force de rester là sans bouger. ». Il se releva à son tour et portant sa main sur le bras tendu du baron, tel le gentilhomme qu'il était, ils s'avancèrent vers la sortie. Elle poursuivit n"anmoins à voix basse:
« Ma présence ici est somme toute politique. Je ne partirai pas tard de la capitale. Je cherche avant tout à nouer des liens économiques forts entre ce que nous appelons le sud et ma baronnie qui se trouve bien affaiblie mais non moins dénuée d'interêts. Je ne suis pas là pour espérer quelconque avantage de la part du futur roi, ni même m'octroyer une partie des terres laissées vides. Je laisse cela aux autres. De toute façon, il adviendra un moment où chacun se manifestera en faveur de lui-même. Je ne connais que trop cette situation Monseigneur, j'ai vécu la guerre civile et j'ai vu que l'Homme ne défend que son propre interêt en dépit des règles qui régissent nos vies ou même des règles divines. Et lorsque cela arrivera -car ça arrivera bien plus tôt que beaucoup le pense- il sera temps pour moi de rentrer. Ce ne sont pas ces choses là qui m'intéresse. Me battre comme les chiens le fond pour un morceau de viande ne me plait guère plus qu'à vous. »
Ils marchaient calmement à travers les rangs et les quelques fidèles du peuple qui les regardaient avec interrogation. « J'espère cependant ne pas faire partie de celle que votre guerre Sainte pourchasse votre Honneur. ». Elle eut un petit rire, levant la tête vers le baron. Il était grand et malgré la taille respectable d'Alanya, elle devait, comme avec Arichis, lever la tête bien plus haut qu'à l'accoutumé. Elle mentait sans doute un peu. Sa présence ici était autant politique qu'économique mais la seconde raison impliquait souvent implicitement la première. Elle avait tout de même été honnête. La baronne de l'Alonnan ne cherchait à s'octroyer un nouveau titre ou de nouvelles terres. Si elle le voulait, elle n'avait qu'à le prendre. Elle cherchait quelque chose de plus durable et de plus grand. Elle voulait qu'Alonna rayonne comme elle n'avait alors jamais rayonnée...
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Mar 9 Juin 2015 - 17:12




Le baron perdit l’espace d’un instant son sourire à la mention de la traitrise et des accusations que certains pouvaient porter. Niklaus n’était certes pas dans une position simple. Mais de nos jours qui l’était ? Chacun numérotait ses abatis. Drôle d’expression d’ailleurs mais qui allait tellement bien à la situation. Tout le monde se préparait à la grande bataille pour le pouvoir et chacun espérait déjà se voir sur telle ou telle marche de la pyramide. En conséquence tout le monde écrivait soigneusement et visiblement l’identification de ses membres, sachant qu’ils allaient en perdre dans la bataille. Mais Niklaus ne comptait pas se lancer dans une bataille où l’on pouvait perdre autant que l’on pouvait gagner. Celui qui laissait son sort au jeu du hasard, et donc des Dieux, était un fou. Certains fous avaient du succès, mais il était le plus souvent de courte durée. Oui beaucoup n’aimaient pas sa démarche, que certains pensaient au final très orgueilleuse. Mais pour se lancer dans une bataille brutale, il fallait que le jeu en vaille la chandelle. Et Niklaus n’était motivé ni par les branques de Nimmio de Velteroc, ni par ceux de Soltariel. La plus extraordinaire expression de sa différence était pour Niklaus la pratique de la chasse. Il ne pratiquait pas la chasse à courre comme presque tous les nobles de la Péninsule, il pratiquait la chasse à l’approche et parfois à l’affut. Une chasse bruyante et cherchant à montrer ? Très peu pour lui. En vertu de quoi les petites machinations si visibles et si inutiles de Diantra étaient bien peu pour lui. Concernant la traitrise, il répondit en retrouvant le sourire en ces termes :

«  - Ah Madame… Je suis peut-être le plus extraordinaire traître que chacun puisse espérer, puisque ma fidélité n’est acquise à personne… Je pense n’être ni plus bon ni plus mauvais qu’un autre. Mais je suis fidèle à mon éthique et à mes principes. »

Il se releva avec la baronne. Il écouta les raisons qui motivaient sa venue. Il était un peu sceptique. Mais il était toujours sceptique de toute manière… Il eut un sourire en entendant parler de guerre sainte.

« - Je mentirai en disant que j’ai choisi de capituler en raison de l’armée qui nous occupe. J’ai capitulé car cette guerre civile n’est plus la mienne, elle ne l’a en fait jamais été. J’ai eu la faiblesse d’accepter de fournir des troupes à la régence par respect des serments que j’ai fait à l’ancienne Couronne. Ce choix que je pensais être le bon était une erreur. J’aurai du refuser de participer à la guerre civile dès le départ. Ce choix délicat a coûté la vie d’un millier de mes sujets sans garantir un futur meilleur à leur famille. C’était un sacrifice inutile, et un bon souverain ne fait pas de sacrifices inutiles. Je ne referai pas une telle erreur, et tant pis si l’on m’appelle un traitre pour cela. Ceux qui font passer leur intérêt personnel avant l’intérêt de nos communautés, voilà les réels traitres. Un bon chef doit avoir une vision claire du monde tel qu’il est, et tel qu’il souhaite le voir devenir de manière à convaincre les autres d’y adhérer. Si nous travaillons pour nos petites personnes plutôt qu’à un but plus grand, alors les pouvoirs exceptionnels dont nous disposons sont inutiles dans nos mains incapables.

Vous ne trouverez pas une seule économie capable de fonctionner correctement dans la situation dans laquelle nous sommes tous… Collectivement. Nouer des liens économiques n’est malheureusement pas le meilleur moyen de relancer nos productions à l’heure actuelle. La sécurité et le rétablissement d’un gouvernement fonctionnel sont nos priorités. Le déclin de nos économies respectives n’est que le symptôme du mal profond qui ronge la Péninsule : sa grande instabilité et sa désunion progressive. Tant que nous ne parviendrons pas à retrouver une sécurité et un fonctionnement commun, les liens commerciaux seront inutiles. Dans une économie démembrée, il ne faut pas chercher à recoller les morceaux tant que de grands déséquilibres existent. Au contraire je crains que nous accélérions notre déchéance commune. Nos travaux doivent commencer chez nous et par nous. Pour cela, il faut que nous reprenions en main notre sécurité commune et que nous arrêtions séance tenante les guerres intestines. Et pour cela, il n’y a pas trente six solutions. Nous avons besoin d’une solution politique rapide à la succession de notre bon roi. Le temps joue contre nous. Le plus tôt sera le mieux. De cela j’en suis convaincu. »
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Dim 2 Aoû 2015 - 16:07


« Et par cela je vous rejoins Monseigneur. Peut-être ai-je minimisé les raisons de ma venue. A l'heure actuelle, nous sommes plus perdus qu'une fourmilière sans reine. Et dans notre système, la politique est aussi bien question d'économie que l'économie est question de politique. Vous avez donc indéniablement raison sur plusieurs point: sans un trône stable, le royaume se disloquera doucement. Il serait mentir que de ne pas voir que le Nord ne tardera pas à vouloir couper les ponts avec le Médian. Et j'avoue que cette idée ne m'enchante guère plus que pour vous l'occupation de vos terres. ».
Alanya s'arrêta un bref instant pour continuer de marcher dans le silence religieux de la Sainte Deina. Ils s'approchaient de la porte et plus ils parlaient, plus la conversation semblait être lourde de sens. Au moins n'était-il pas simple d'esprit. Plus encore, il était de bonne distraction et ses pensées rejoignaient pour beaucoup celle de la baronne.
« Je crains mon seigneur que la situation ne dégénère d'avantage. Beaucoup trop de personnes sont ces traîtres que vous décrivez si bien. Leur présence à la capitale est signe d'un interêt certain pour les places laissées vacantes. Ne nous voilons pas la face. Il n'y aura jamais un seul candidat et les autres attendent certainement le moment le moins attendus pour faire entendre leurs revendications. Des revendications mon ami, que je soupçonne d'être loin du bien-être collectif mais plus de l'égo. »
La lumière du matin caressait à présent les corps en mouvement des deux nobles qui se retrouvèrent auprès de la sortie. Les vitraux ne luisaient plus sur le sol devant eux comme une miriade d'arc-en-ciel mais laissait le panorama dévasté de la Ville Calcinée. Peut-être est-ce l'une des raisons qui fit serrer le coeur de la douce, accroché comme une Dame au bras de son cavalier de circonstance. « Et je dois vous avouer, Seigneur d'Altenberg, que s'il advenait que mes pires présages se réalisent, la Péninsule telle que nous la pensons vous et moi ne sera plus que lambeaux de petites terres avec quelques nobles accrochés à un titre sans valeur. Voilà bien longtemps que notre fonctionnement à perdu ses valeurs et maintenant voilà qu'elle en perd sa viabilité. Je le vois moi-même à mes propres conseils, alors que l'Alonnan est non seulement régit par le pouvoir décisionnaire baronnial mais aussi par tout les grands seigneurs qui peuplent ses terres. Il n'y a plus que la domination et les richesses qui comptent dans le coeur de ceux qui ont un temps sois peu le pouvoir. Bien que cela existait avant -et en cela je vous parle de siècle avant nous- mais il y avait aussi des valeurs indissociables du titre comme la protection, la justice ou même la prospérité. Cela me chagrine de constater que la protection n'est que secondaire, la justice rarement équitable et la prospérité de courte durée. »
Alanya s'arrêta sur le parvis alors que la rue semblait tout à coup bien plus calme qu'elle ne l'était en réalité. Elle fit face au grand homme, rayonnant d'une assurance dont elle devait souvent faire preuve face aux monde qui l'entourait. « Mais nous ne pouvons blâmer nos gens pour cela. Il n'y a de mauvaises actions que si l'on pousse dans la direction opposée à celle que l'on souhaite avoir. Les fautifs ne sont pas ceux qui exécutent mais ceux qui ordonnent. Ah... Nous nous trouvons dans un bien drôle de monde, dans une bien drôle de période. » Elle lui offrit néanmoins un sourire timide avant de reprendre de sa voix calme. « Je m'égare, pardonnez-moi. Vous êtes de fort bonne compagnie et lorsque c'est le cas, ma langue a tendance à ne plus obéir qu'à sa propre passion. J'espère tout comme vous que notre situation s'améliorera dans les jours à venir...». Elle marqua une brève pause et posa la main sur le bras du gentil homme. « Poursuivons notre route si vous le voulez bien. »
Ils reprirent la marche d'un pas mesuré et entammèrent la descente de la rue pavé où plusieurs petits commerces subsitaient malgré les aléas peu favorables des dernières énnéades.
«D'ailleurs mon Seigneur, selon vous qui pourrait rétablir au mieux l'ordre auquel nous aspirons tous? Pardonnez-moi encore une fois de la question, mais j'avoue que votre détachement face à tout cela éveille en moi autant de curiosité que de fascination. Que se cache-t-il derrière le bel homme plein d'esprit que vous êtes? ». La baronne de l'Alonnan accrocha un de ces sourires mystérieux, les yeux brillants d'une attention particulière pour la réponse qu'il allait devoir formuler bien qu'elle doutait aussi qu'il ne s'échappe par quelques bonnes formules. Il était habile et elle n'arrivait pas tout à fait à cerner ses interêts ni même ce qu'il pensait plus précisément de tout ce qui se passait actuellement, si proche de sa baronnie.
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Dim 9 Aoû 2015 - 18:01


Niklaus resta silencieux aux propos de la jeune femme. Il se contenta de suivre son pas et, tout en l’écoutant, leva les yeux vers le beau ciel de printemps qui leur était offert. Il soupira d’aise en sentant la douce clarté du jour le réchauffer. Au moins le ciel était-il clément. Plus clément que dans son Apreplaine natale en tout cas. Là-bas le souffle de l’océan amenait de conséquents nuages et le ciel était bien plus changeant.

Il était d’accord avec l’analogie de la fourmilière dans une certaine mesure. S’il ne pensait pas l’organisation des hommes aussi bien régulée que celle de ces insectes, il était néanmoins d’accord sur le fait que l’absence d’une structure claire permettait trop d’entropie. Les questions de guerre dans le nord n’était pas trop dans l’esprit du jeune baron, mais son interlocutrice n’avait pas tord de souligner cet élément important de la situation actuelle.

Le nord lui paraissait un problème à gérer dans un deuxième temps, sous des cieux plus cléments, une fois le gouvernement reconstruit. Mais peut-être que ces deux problèmes viendraient à se superposer si l’action prenait trop de temps à Diantra. Le baron ne savait que trop bien qu’il n’y aurait pas qu’un seul prétendant au trône. Et les tactiques n’y changerait que peu. Il fallait donc s’organiser pour éviter une énième course au trône.

Le baron s’arrêta lorsque la femme lui fit face et lui rappela les devoirs de la noblesse. Ou plutôt de l’aristocratie. Sa passion était palpable, ou sinon la simulait-elle bien. Le baron lui rendit son timide sourire à la fin de sa sortie, hochant la tête doucement pour dire qu’il comprenait sa passion. Ils reprirent leur marche avec lenteur, ce qui allait bien au baron.

La question qui arriva était la question à cent mille souverains. Il regarda son interlocutrice avant de détourner les yeux pour scruter les rayonnages d’une boutique ouverte sur la rue. De petites sculptures en bois pour les pèlerins, un grand classique à proximité de la cathédrale. Certaines étaient bien réalisées… D’un air distrait, il regarda Alanya par coups d’œil furtifs. Il eut un sourire humble lorsqu’elle lui décocha un compliment.


« - Qui serait à même de gouverner ? »

Il eut un sourire amusé, presque complice.

« - Honnêtement. La figure de proue importe peu. Évidemment je préfèrerais un homme ou une femme le plus éclairé possible. De toute manière la prochaine monarchie devra être une monarchie d’union. Ce qui importera sera le format de sa reconquête du pouvoir. L’idéal serait à mon sens une monarchie élective. Mais je n’entretiens que peu d’espoir à ce sujet. Pourtant la prochaine Couronne devra faire avec des nobles plus assertifs que jamais. Si nous n’arrivons pas à donner des gages que le pouvoir royal laissera des latitudes à ses sujets, surtout à l’aristocratie, jamais nous ne parviendrons à assoir la moindre autorité. Nous sommes dans un régime aristocratique et féodal. Ne l’oublions pas. La Couronne doit guider, arbitrer, et coordonner mais ne peut prétendre au même pouvoir sur les terres des nobles que sur les domaines royaux. Cela doit être codifié.

J’ai un immense avantage : je ne convole pas la Couronne et ma famille n’est lié à aucun des belligérants. Dans les semaines qui viennent, je vais essayer de me rendre utile et de jouer les intermédiaires. J’espère pouvoir faire office de médiateur. J’essaierai de sauver ce qui peu l’être et d’étouffer dans l’œuf ce qui semble être la deuxième phase de notre guerre civile. Mon espoir est d’avoir un gouvernement fonctionnel et d’union avant l’été.

Pour ma part, je ne sais pas ce qu’il adviendra de moi. J’espère avoir quelques qualités qui me permettront de faire entendre un peu mes opinions. Si la future Couronne a du respect pour mes actions et pour mes résultats, alors peut-être aurai-je l’honneur d’être choisi pour poursuivre d’une manière ou d’une autre mes actions au niveau du royaume. Mais je suis un noble sur strapontin. Il serait malvenu de faire semblant d’être plus important que je ne le suis.

Mon rôle était jusqu’à présent de représenter l’autorité royale sur le domaine de l’Apreplaine. Si la Couronne disparait, alors mon autorité disparait. Si mes tentatives pour la Couronne échouent, alors j’improviserai. Je pense que dans ce cas je serai obligé de prendre conseil avec les habitants de mon domaine et que nous décidions d’une voie à suivre. J’espère ne pas avoir à en arriver là.

Je ne peux vous dire qu’une chose : j’ai pour moi ma liberté de penser. Et cela on ne me l’arrachera qu’à ma mort. De plus j’aime l’Apreplaine. J’espère simplement Madame que vous entendrez parler de moi en bien dans le futur, et que vous garderez de moi une bonne impression…

Si tout échoue, peut-être les personnes de bonnes volontés pourront au moins elles se réunir ? Puis-je vous demander si je peux espérer vous quitter aujourd’hui en sachant que nous pourrons converser dans le futur en toute amitié, peut être pour le bien du pays ? Et par ailleurs madame, qu’espérez-vous du futur proche ? »
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Mar 11 Aoû 2015 - 17:22


Les étales des marchands florissaient le long de leur marche et un instant, malgré la dure réalité de leur conversation, tout parut léger à la jeune femme. Cet homme était un intellectuel à n'en pas douter mais au delà de ça -et à la différence de la majorité de la noblesse- il ne s'intéressait que peu à la politique pure. Il s'assurait avant tout du bien être des petites gens et d'ailleurs les quelques salut respectueux qu'il lança durant leur parcours eurent fini de la convaincre totalement. Le seigneur de l'Apreplaine avait l'air bienveillant et doux. Alanya ne mentait pas lorsqu'elle lui assurait apprécier sa compagnir. Elle avait l'impression de pouvoir se confier pour une fois sans détour et que nul jugement sur sa pensée ne serait fait. Bien sûr qu'elle s'en souciait peu avant cela mais cela engendrait quelque chose de plus profond en elle. Quelque chose qui n'avait pas resurgit depuis son enfance. Elle avait, alors qu'ils arpentaient calmement les rues de la capitale, le droit d'espérer naïvement comme l'aurait fait une jeune fille. Elle pouvait spéculer sur l'avenir sans craindre les obligations de son rang. La baronne perdait de son caractère au pofit d'une discution éclairée, loin de toute les bonnes moeurs des cours et loin de tout les apparats de l'aristocratie.
La chaleur que dégageait Niklaus semblait même communicative. Peut être était-ce là le début d'une entente sincère et dénuée d'interêts. La femme du Nord écoutait l'homme avec attention, veillant sur la foule qui se massait dans la grand'rue avec un vague sourire imprimé sur les lèvres. Lorsqu'il eut fini, elle lui offrit un regard franc et amical: « A n'en pas douté mon Seigneur. J'entends à ce que nous gardions de bon rapport quelque sois la finalité de toute cette affaire. ». Les pavés resonnaient sous le passage d'une diligence et eux poursuivaient leur chemin sans savoir vers où exactement. Mais là n'était pas leur priorité. Ils finiraient bien par arriver quelque part de toute façon.
« L'avenir. J'aimerais le voir à la manière de ces gens toujours béat. J'aimerai vous dire mon ami qu'il n'y aura pas plus de guerre, que nous repousserons les Puysards au Nord et que nous finirons par tous nous unir sous une seule et même bannière comme d'antan. J'aimerais sincèrement. ».
Elle fit une halte près d'un petit stand qui ne payait pas de mine. Quelques bijoux de très bonnes factures y étaient installés. Certainement des bijoux volés dans les maisons bourgeoises lorsque celles-ci s'étaient retrouvées sans propriétaire. « Voyez mon Seigneur. Tout est question de perception. ». Ils reprirent leur balade à ces mots. « Ce qui est un mal pour les uns sera un bien pour d'autres. Chacun ne voit pas les choses d'un même angle. Ce qui me fait croire d'ailleurs que peu importe qui prendra cette maudite couronne il y aura toujours ce que j'aime appeler une guerre de principe. Ce genre de guerre simplement engagée sur une divergeance de point de vue car si plusieurs partis se montent, alors les partisans de l'un ou de l'autre finiront déçus. ». La belle soupira lascivement. Elle n'avait pas tord et c'était une issue probable au vu de la popularité en chute libre du Boucher du Médian. « J'espère que la noblesse me fera mentir mais j'en doute. ».
Elle s'interrompit une minute dans sa conversation pour prendre le temps de réfléchir. Un silence s'installa mais il n'était pas pesant. Au contraire, on aurait aisément pu lui donner un sens ou même un bénéfice si cela avait dû être. « Quant à mon futur, je l'imagine auprès de mon peuple. Le Nord a assez patis de guerres et de troubles pour que j'éloigne ceux que j'ai juré de protéger assez loin de l'agitation de la capitale. Néanmoins je serais toujours prompt à répondre présent si quelques amis éprouverait le besoin de mon aide. Mon devoir n'est pas qu'envers la noblesse et j'aime à croire que j'arriverais à faire de ma terre une terre meilleure et peut-être même à pousser ceux qui en exprime le désir à s'améliorer, eux aussi. ». Femme et philosophie ne faisait pas bon ménage et pourtant Alanya s'aventurait sur ce chemin sans crainte. « La féodalité ne convient plus qu'à nos nobles dans l'état actuel. S'il advenait qu'un roi soit enfin mis sur le trône alors il devra commencer de grandes réformes, qui elles-même seront l'aube d'un air nouveau. J'admire le système que vous avez réussit à inscrire en Apreplaine. Bien qu'encore assez idéaliste pour les terres indépendantes de la couronne, je pense que nous pouvons tendre vers un système plus démocratique qui satisferait enlèverait peut-être un peu le clivage et les différences entre notre peuple et nous. Moins de privilèges certes mais des agissements concrets dans le sens d'une prospérité durable. Voilà comment j'espère seigneur d'Altenberg le futur de tous. Qu'enfin l'on abolisse ces lois vieillissantes et que nous commençions à vivre avec notre ère plutôt que de pleurer ce qui n'est plus. Cela sauvera, je le souhaite, une partie d'entre nous.. Du moins, ceux qui se sente près à aller de l'avant. ».
La belle eut un rire doux et mélodieux. Elle fixa le grand homme un instant. Les rayon du soleil le rendait beau mais elle n'épprouvait aucune attirance pour lui, si ce n'est de la sympathie. Elle le trouvait beau, tout simplement. Une beauté sans déir, sans tabou. Beau dans ce jour. Beau dans cette lumière. Même leur balade était belle. « Me trouvez-vous utopiste de croire que le monde peut encore changer à ce point? Que les Cinq m'emporte, bien sûr que je le suis mais qu'importe. Ceux qui ont déjà changé le cours des évènements l'étaient un peu aussi je le présume. Ne croyez-vous pas qu'il serait parfois bien mieux d'avoir un brin de folie et un soupçon de passion pour faire ce que nous faisons? ». Son rire résonna à nouveau dans la rue. « Et vous dites moi, si vous arrivez à sauver le royaume, qu'espérez-vous devenir? ». Elle lui accorda un sourire en coin. Ce sourire mystérieux, sauvage, qu'on ne discernait à peine. Il avait un goût de danger et de jovialité ce sourire, quelque chose de mystique...
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Mer 19 Aoû 2015 - 18:15



Les deux personnes continuaient tranquillement leur petit marche. La ville était vraiment mal en point. Si le quartier de la cathédrale n’était pas celui ayant le plus physiquement souffert lors de l’incendie, car se trouvant assez loin du chateau et des remparts, il était néanmoins clair que la population avait été appauvrie durant les heures qui avaient suivi, avec l’exode d’un certain nombre.

Niklaus resta silencieux quand aux compliments que la femme faisait à l’endroit de l’Apreplaine. Il ne pensait pas les institutions de sa petite contrée aussi connue au niveau du pays. Tant mieux si c’était le cas, au moins les critiques permettraient d’apprendre. Il était étonné d’entendre la jeune femme lui parler de démocratie. A vrai dire il ne pensait pas vraiment son domaine de la sorte. Si par certains aspect la baronnie se voulait être à l’écoute de ses gens, et cherchait à administrer ses terres dans le respect du bien du peuple, il était loin d’agir sur commande de ce dernier.

Niklaus ne croyait pas en la démocratie. Le peuple était trop large et trop inconstant, et surtout trop innéduqué pour qu’on puisse lui demander un avis éclairé sur les affaires dépassant son entendement. Il était nécessaire de ne pas être trop cynique lorsqu’on était au pouvoir de manière à assurer le bien du peuple dans son ensemble car c’était en élevant toute la société que l’on parviendrait à augmenter la force du pays. Il ne fallait pas se priver de donner des charges et des responsabilités à ceux qui étaient les plus à même de remplir les tâches, en conséquence de quoi il ne fallait pas que la noblesse soit dans une tour d’ivoire. Il fallait le bien du peuple et garder à l’esprit que l’on était au service de la société et il fallait être à l’écoute des demandes du peuple et ne pas être indifférent à ses maux. C’était ce que la famille Altenberg tentait d’obtenir, sans pour autant décliner le pouvoir politique trop en aval.

Il eut un sourire calme et amusé à son rire joyeux. Il était agréable de voir quelqu’un de bonne composition d’esprit, de positif et riant, dans cet environnement si difficile.


“ Je ne sais madame s’il s’agit d’une utopie. Je me méfie des utopies. En revanche je pense que le monde peut beaucoup changer, si l’on s’en donne les moyens. Pour ma part je ne pense pas que le changement brutal soit très nécessaire. J’ai toujours peur des dégâts involontaires que l’on peut provoquer lorsqu’on se risque à changer les choses trop rapidement.”

“Concernant les motivations de chacun, peu importe à mon sens qu’il s’agisse de passion, de folie de raison ou de toute sorte d’autres humeurs, l’important est le but que l’on y cherche et la manière que l’on a d’y parvenir. On juge les gens à l’aune de leurs actions autant que de leurs résultats.

Pour ma part, je ne sais ce que je vais devenir, je pense néanmoins y travailler. Au moins j’espère conserver ma place en Apreplaine. C’est la seule chose que je défendrai chèrement. Je sais qu’il s’agit là un peu de fierté, et que je ne m’applique pas totalement mes propres leçons. Mais j’ai trop peur de voir le travail de ma famille tomber entre de mauvaises mains. Au moins si l’on doit me remplacer un jour, j’espère pouvoir former et choisir mon successeur. Je sais que cela ne dépend pas de moi, mais j’y travaille néanmoins. Nous verrons le temps venu.”

Il eut un sourire un peu pale en comparaison de ceux qu’il avait pu faire précédemment. Il appréciait cette petite matinée de conversation. Et visiblement avaient-ils trouvé des choses à se dire.

“Nous verrons bien assez tôt si nos actions ont la faveur de la Providence. Je ne peux qu’espérer un dénouement heureux pour notre pays. Mais le temps passe, et je ne veux pas prendre votre matinée complète. Puis-je vous ramener quelque part ? Nous nous retrouverons certainement au conseil…

Bien que vous vous voyez retourner dans le nord, j’espère que vous me ferez l’honneur de venir me rencontrer en Apreplaine.  Le domaine dont j’ai la charge n’est pas bien prestigieux, mais il a son charme. J’espère lui faire honneur. Vous serez toujours la bienvenue chez moi. Peut-être me trouverez vous cavalier, surtout après une première rencontre aussi fortuite. Mais il faut parfois savoir faire preuve de plus de clairvoyance que les vieilles coutumes. Je ne cherche pas à vous manquer de respect. Puis-je néanmoins vous demander que nous entretenions une correspondance ? ”
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Dans le secret des Dieux [pv Alanya d'Anoszia]   Dim 23 Aoû 2015 - 13:08


Niklaus était de ceux dont la bienveillance transparaissait à travers leur personne. La belle baronne ne doutait pas de la véracité de ses propos ni sur l'intelligence des mots choisis. Il était de ceux dont Alanya aurait aimé s'entourer, ce genre d'homme apte à réfléchir autant que dispendre leur savoir lorsque cela était utile. Si les choses devaient aller en empirant dans les terres Royales, elle était certaine du rôle conciliateur que jouerait ce bel homme. Il était éclairé et ne visait qu'une amélioration générale plutôt qu'une gloire personnelle. Bien sûr elle n'était pas dupe non plus: il est difficile d'abandonner tout les privilèges que l'on a gagné sous couvert d'une quelconque acceptation.
« Vous m'avez fait passer un agréable moment Seigneur d'Altemberg mais je ne voudrais pas abuser de votre sympathie. Retournez à vos obligations, vous êtes d'autant plus touché par ce... ». Elle chercha un bref instant le mot, observant la ville au alentours. « Drame. J'espère que nous nous croiserons prochainement car si vous restez prudent quant à votre rôle, je serais prête à parier que vous n'êtes pas de ceux que l'on ignore. Vous avez le mérite des convictions, cette chose qui manque à beaucoup de belligérants en ce moment. »
Elle lui offrit un sourire sincère mais néanmoins mystérieux. Cette phrase prouvait qu'elle n'avait pas encore livré tout le fond de sa pensée. Après tout, il faut toujours garder des choses pour soi. Des petites graines qu'il faudra laisser germer afin que l'idée prenne toute la splendeur qu'elle devrait.
« Vous êtes un homme bon, Gardien de l'Apreplaine et je puis vous faire la promesse de rendre visite à votre charmante terre dès que les choses se seront apaisées pour moi. Et si jamais vous deviez voyager, pensez à l'Alonnan. Ce n'est certes pas la plus extravagante baronnie du Royaume mais nous avons pour nous la chaleur du coeur. Il me plairait de vous montrer les quelques bijoux que contiennent une si petite enclave. »
Alanya eut un dernier petit rire et posa une main délicate sur celle de l'homme de grande stature qui lui faisait face. « A mon tour d'être hors des coutumes; Niklaus, qu'importe l'issus de tout cela et les choix que nous aurons à faire tout deux, vous pouvez me compter comme une amie. Et je serais bien indigne d'un tel titre si nous n'échangions pas à l'occasion quelques lettres. Je vous ferais parvenir des nouvelles dès que possible.  ». La baronne se recula et inclina respectueusement la tête en signe de respect. Les gens ne leur portaient pas d'attention et eux semblaient tout à fait ignorer les quelques badauds qui se pressaient dans la rue, autour des petits commerces installés tant bien que mal. « Si vous me cherchez le temps de mon séjour à la capitale, j'ai pris mes quartiers dans une petite demeure un peu plus au sud. Vous n'aurez qu'à frapper..». Et a ces mots, elle lui jeta un dernier regard complice avant de s'en retourner près des siens. La journée avait commencé sous de bonnes augures...


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