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 C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]

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Arthur
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MessageSujet: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 12 Mai 2015 - 9:38

[suite immédiate de :Les cloches sonnent, c'est l'heure de partir à la chasse à l'Oeuf]

Se douter d'une chose et en acquérir la certitude sont deux choses différentes.

Il savait désormais ce qu'elle voulait faire, confirmant ce qu'il avait comprit quand elle avait employé ce mot, « ramener », et il savait également ce qu'il lui faudrait faire le moment venu. Pour l'heure, il s'était contenté d'acquiescer en remerciant la jeune femme pour sa réponse, et il se retira un moment pour s'isoler et réfléchir mais surtout, donner une indication de la route à suivre pour celui qui demeurait encore cette nuit là hors de portée à présent qu'ils connaissaient leur prochaine destination.

C'est ainsi qu'au lendemain de la décision, le trio se dirigea vers Kahark, la cité la plus proche qui soit située au pied des Monts Corbeaux, ou tout au moins un village alentours dont une caravane marchande avait renseigné l'existence. Durant ces nouveaux jours de trajet, il avait prit la tête de la petite troupe et s'était muré dans un silence relatif, mais quand son esprit n'était pas aux aguets et fixé sur d'éventuelles menaces qui se présenteraient, il s'égarait à y chercher même le frémissement lointain d'une présence familière, et pendant le plus gros du voyage, seul le silence lui fut offert.

Alors qu'ils arrivaient bientôt au village où ils avaient prévu de faire une dernière halte avant d'entamer l'ascension, du moins, était-ce ainsi qu'était prévu les choses, Jena prit la décision de rompre le calme instauré pendant leur marche, et curieusement, elle se mettait à douter. Elle qui était d'habitude si certaine de ce qu'elle avançait, ou même de ce qui se produirait, la voila troubler ? Il ignorait ce qu'il se passait dans la tête de la jeune femme, c'était d'autant plus curieux qu'il avait obtenu la dernière fois un indice qui les avait conduit sur cette route, si le dragon avait décidé de les ignorer, il aurait pu feindre ne pas l'entendre. C'était une chose qu'il estima devoir relever, ce pouvait avoir une importance plus tard.

« C'est une bonne idée, et pour répondre à votre doute, nous insisterons et attendrons. Si sa volonté est véritablement que nous le trouvions, alors il nous aidera, sinon… Si nous devions faire face à un manque flagrant de bonne volonté et d'assistance, il sera peut-être nécessaire que vous preniez plus d'assurance face à lui, et puisqu'il est venu à vous réclamer votre aide, si il ne nous orientait pas davantage, peut-être mettre nos participations sur la balance, nous l'aidons mais nous ne sommes pas de vulgaires pantins qu'il manipule selon ses envies. »

Il ne souhaitait pas que cela se produise, mais si un tel cas de figure devait avoir lieu, un peu de fermeté et d'affirmation ne serait peut-être pas de trop, même face à un dragon, après tout, c'était lui qui était venu, et eux qui lui faisaient une faveur en acceptant de l'aider, les rôles ne devaient pas s'inverser.
De fait, donc, ils s'étaient arrêté pour tenter d'établir un nouveau contact, et tandis qu'elle s'apprêtait, il perçut un frémissement dans le lointain, une certaine joie mêlée à une importante fatigue et surtout une faim impérieuse qui le domina et le prit, même si il savait que ça n'était pas la sienne.
Il y répondit par la simple évocation de petits fruits et autres baies dont il avait fait la collecte au cours de leur voyage, anticipant les besoins logiques de son compagnon dès lors qu'il les rattraperait après un pareil trajet.

Un dernier effort l'ami, et tu pourras dormir et reposer tes ailes autant qu'il te plaira, un droit à la paresse la plus extrême garantie sans aucune remarque de ma part.

Et il ponctua cette pensée par un encouragement fort pour son compagnon qui n'hésitait pas à lui partager – peut-être pour s'en soulager – son épuisement et les douleurs qu'il commençait à ressentir dans des ailes largement éprouvées.
Malgré cela, c'est un curieux sourire qui pouvait paraître énigmatique à Caïn, ainsi qu'un regard vers là d'où il venait, mais dirigé vers le ciel.

« Les renforts arrivent... »

Et sans doute pour la première fois depuis longtemps, la chose était dite avec une joie tout juste retenue.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 13 Mai 2015 - 19:00

    Oui je commençais à douter et Arthur l’avait bien sentit dans mes paroles. Cet homme secret et silencieux était très perspicace. Si je n’avais pas vu son âme, je me serais probablement méfiée… peut-être que malgré ça j’aurais dû le faire, peut-être que je me reposais trop sur le jugement de Néera. Avant, j’étais plutôt douée pour cerner les gens en un seul coup d’œil, mais aujourd’hui même si le regard de la Déesse veillait sur moi, le mien s’était éteint depuis des mois. Je ne pouvais plus juger aussi facilement les personnes qui croisaient mon chemin.
    Et puis après tout… Je devais m’en remettre au Destin, comme à chaque fois.

    Arthur me rassura par la fermeté de ses propos. Il n’était pas venu pour faire demi-tour au premier obstacle. Cette perspective me fit sourire.
    Il n’avait pas tort, après tout le Blanc m’avait demandé de lui venir en aide, de trouver sa progéniture et de la protéger. Mais s’il se montrait trop…. Énigmatique, il me suffirait de lui dire que ces petits jeux ne m’intéressaient plus et que la Déesse avait prévu bien d’autres choses pour sa Gardienne. Certes, il était préférable d’éviter l’ire d’une telle créature mais comme Arthur l’avait si justement souligné, il était hors de question d’être seulement des pantins dans cette quête.

    « - Vos paroles sont justes…. Je connais déjà la vie de pantin… Évitons de rajouter un nouveau maître à mes ficelles. »

    Mes paroles n’étaient pas celles d’une femme aigrie, bien au contraire, j’avais laissé échapper ma phrase sans la moindre émotion, comme si cette sombre constatation ne m’affectait guère. Or c’était tout l’inverse et Néera le savait, mais elle savait également que je n’avais jamais rechigné devant la moindre de ses demandes. De mon départ de Velteroc pour les terres Elfiques, jusqu’à mon isolement forcé dans une grotte pour donner naissance à mon fils.

    Je restais silencieuse puis je sentis un changement d’atmosphère, une sorte de tension chez Caïn et…de la joie chez Arthur ? C’était surprenant et les paroles de mon compagnon de voyage ne me furent d’aucune aide pour éclaircir le mystère.
    Cependant mon Esprit le sentit. Une autre créature, un être qui n’était pas humain mais qui avait une faculté intellectuelle tout aussi développée. Je le sentais se rapprocher mais il ne tenta à aucun moment de communiquer avec moi. En revanche j’étais persuadée qu’Arthur savait parfaitement de qui il s’agissait.

    « - Arthur ? De qui… »

    Je n’eus pas besoin de terminer ma phrase, son Esprit m’effleura et j’eus la certitude qu’il s’agit d’un être similaire mais à la fois totalement différent du Blanc. Il avait cette forme reptilienne, du moins la même « signature » que le Blanc. Difficile à expliquer après tout il ne s’agissait que de sensation pure, propre à l’Esprit et loin d’être physiquement descriptible.

    « - Et qui avons-nous l’honneur de rencontrer sur notre route ? »

    Les renforts ? Ainsi donc Arthur avait contacté cette créature sans même m’en parler. J’avais toujours tâchée d’être la plus honnête possible concernant cette quête qui nous liait, et j’avais toujours pensé qu’il y avait une certaine réciprocité…. Mon premier revers était quelque peu difficile à digérer mais peut-être qu’Arthur avait une bonne raison pour ne pas avoir annoncé la venue de son ami ? Il avait l’air heureux de le retrouver, du moins c’était le sentiment que j’avais perçu chez lui quelques secondes plus tôt.

    Caïn semblait toujours aussi tendu, il avait rapproché légèrement son cheval du mien. Ses yeux devaient sûrement voir la créature que je ne pouvais que deviner. Et connaissant un tant soit peu l’homme qui voyageait à mes côtés, il ne devait pas avoir vu ce genre de chose très souvent.
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Arthur
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 13 Mai 2015 - 19:35

Il y était finalement parvenu, après un éprouvant voyage qui avait mis à l'épreuve son endurance, et il s'était même contraint à aller bien au-delà du seuil de confort qu'il s'était jusqu'à lors permit, mais il avait réussi, il l'avait rattrapé !
Un énigmatique message parvenu à la Princesse-Marchande qui lui offrait son toit, réclamant sa présence, un lieu de rendez-vous… Il n'y avait pas davantage de détails, avait-il comprit, mais il le connaissait, cet humain, avec ses secrets. Mais l'occasion semblait trop belle pour la femme de voir s'éloigner un moment ce qui était devenu une source de quelques soucis, la faute à son indépendance et sa tendance naturelle à la curiosité que ceux -là jugeaient inapproprié. En somme, il avait tôt fait de filer retrouver une compagnie l'acceptant tout entier pour ce qu'il était… Et curieux de savoir dans quoi s'était fourré l'humain !

« Son nom est Monarth, Jena, c'est un dräke auquel je me suis lié, ou plutôt qui s'est lié à moi voilà huit ans, me sauvant la vie en même temps que ma raison. »

Il raconterait peut-être davantage le récit si elle le demandait, mais ça n'était pas sa priorité… Il fallait qu'il prenne soin de son compagnon et cela passait par le préserver d'éventuels revers indélicats à sa curiosité, qu'il n'était peut-être pas capable de braver dans son état… Il avait des doutes quant à sa capacité à tenir mentalement tête à un dragon, quoiqu'il l'avait déjà fait, en forme, mais dans son état actuel, s'eut été prendre un trop gros risque.

Sois prudent si tu veux effleurer l'esprit de cette femme, elle est en quelque sorte liée à un dragon, et il est peut-être plus agressif que l'était Leirn.

« Désolé de vous l'avoir caché, j'ignorais si il parviendrait à nous rejoindre, à vrai dire… Il vient de très loin et je n'allais pas vous embarrasser avec ce genre d'hypothèses. Je me suis dis qu'il pourrait nous aider, une fois remit de son voyage, à anticiper les éventuels obstacles ou même à nous offrir une perspective de « dragon »»

Pour une fois, le dräke était trop épuisé pour faire le malin et se lancer dans une série d'acrobatie et il se contenta de se poser assez maladroitement et brutalement sur l'épaule d'Arthur – dont la veste était fort heureusement amplement rembourrée à cet effet -, enroulant sa queue autour de son coup pour se stabiliser. Il plongea ses yeux aux facettes multicolores dans celui de l'autre homme qui le fixait curieusement, et la petite créature s'étonna de la tension qu'il percevait.

Il n'a pas l'habitude de ce genre de contact…

Ouais mais bon… Je sais bien que je suis impressionnant, mais tout de même !


Il ne put réprimer un sourire avant de s'adresser à Caïn.

« Ne vous en faites pas, il est inoffensif, surtout pour vous, je peux vous garantir que vous êtes bien loin d'appartenir à son menu. »

En parlant de ça, et il eut l'écho insistant de son compagnon qui lui transmit sa faim déraisonnable, comme si il voulait que cette pensée ne soit plus que la seule présente même dans l'esprit de l'humain, il fallait récompenser son compagnon de son effort héroïque, rien de moins que cela !

« Que diriez-vous de nous poser là et essayer de contacter le Blanc ? »

Il s'était arrêté, descendant prudemment de sa monture pour ne pas trop secouer son compagnon trop fatigué pour trouver un équilibre véritablement stable et ouvrit l'une des sacoches attachées à sa selle dont il tira une bonne quantité de baies et autres petits fruits qu'il posa à même le sol tandis que son compagnon reptilien décollait pour se laisser paresseusement planer jusqu'au sol, manœuvrant tout juste pour atterrir à côté de son repas sur lequel il se jeta sans une once d'hésitation, partageant sa satisfaction – à défaut d'une franche reconnaissance - avant de s'éloigner et de se concentrer sur son repas.

Il se releva après avoir un instant observé le dräke, il voulait lui signifier et lui exprimer tant de choses, mais pour l'heure, il voulait le laisser à son repas mérité et à un repos nécessaire… Il avait parcouru une folle distance en un temps réduit, ce qui tenait lieu de performance, surtout pour un être de cette taille, inutile de l'ennuyer pour l'instant. Il revint vers ses semblables humains, espérant que la chose ne serait pas plus mal prise que la seule surprise.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 19 Mai 2015 - 11:32

    Un dräke. Je n’en avais jamais vu un avant… Et je ne le voyais toujours pas, mais je pouvais sentir sa présence si particulière. J’hochais légèrement la tête en guise de salut lorsqu’Arthur me présenta son compagnon. Il me présenta ensuite des excuses pour m’avoir caché le fait qu’il avait convié Monarth à nous rejoindre, malgré un léger froncement de sourcils je finis par lever la main dans le but de lui signifier que c’était déjà oublié.
    J’aurais voulu voir la tête de Caïn pour qu’il s’attende ainsi rassurer sur le régime alimentaire du dräke, son air choqué ou surpris devait valoir le détour. Mais je me contentais de rester silencieuse, jusqu’à ce qu’Arthur propose de nous arrêter là le temps de contacter le Blanc. Il devait sûrement vouloir profiter d’une petite pause pour retrouver son compagnon et je ne m’étais guère trompée puisque quelques secondes après avoir mis pied à terre j’entendis les bruits distincts d’une créature en train de manger.

    Caïn, comme à son habitude, vint m’aider à descendre de scelle et m’indiquer un endroit où m’asseoir confortablement.

    « - Vous souhaitez boire quelque chose ? »
    « - Non. Merci Caïn, garde les yeux bien ouverts pour moi, comme d’habitude. »

    J’adressais un sourire sincère à mon compagnon et sentit presque aussitôt un léger malaise chez lui. Il n’était toujours pas habitué au fait que mon regard voilé savait toujours où se poser. Je baissais aussitôt les yeux, moi-même gênait par cette sensation toujours désagréable. C’est homme m’était dévoué corps et âme, je ne pouvais pas en douter, en revanche, sentir que par certains aspects je l’effrayais…. C’était plus difficile à accepter.

    Je m’installais sans plus attendre et après quelques secondes, je prononçais à nouveau le nom du Blanc comme la première fois.
    Mais rien ne vint. Peut-être qu’il ne m’avait pas entendu, aussi après quelques minutes de silence je l’appelais à nouveau. Mais toujours rien.
    Je me concentrais plus fortement, cherchant son Esprit autour du mien. La première fois j’avais senti qu’il était juste au-dessus de moi lors de notre bref échange. Mais là j’avais beau tâter l’espace autour de moi, je ne parvenais pas à sentir l’empreinte de son Esprit.

    « - Il ne te répondra pas. »

    Entendre la voix de Néera si forte à mes oreilles me fit sursauter. Son petit rire amusé, me fit sourire. Elle l’avait fait exprès, comme chaque fois qu’elle interrompait mes méditations de la sorte. Me faire sursauter semblait être son jeu favori et elle y parvenait très bien.
    Je ne l’avais plus entendu depuis notre dernier échange, et sentir sa présence si près de moi me fit un bien fou.
    Je savais que si je posais une question au sujet du Dragon ou de la route à prendre, elle ne me répondrait pas. Elle resta un moment, quelques secondes, puis s’éclipsa à nouveau sans un mot.

    « - Dame Jena…Gardienne… pardonnez-moi mais la nuit va bientôt tomber, il nous faut reprendre la route. Est-ce qu’il vous a donné une direction ? »

    La voix de Caïn me parvenait de loin, comme si je m’étais trouvée dans le brouillard. C’était chose fréquente lorsque je méditais et que je priais la Déesse. Il me fallait toujours quelques minutes pour retrouver l’usage de mes sens.
    Je me levais et me dirigeais vers ma monture en remerciant une nouvelle fois Caïn pour son aide.
    Mon regard glissa vers une direction dans laquelle je savais qu’ils trouveraient Arthur.

    « - Il est resté sourd à mes appels. Je n’ai même pas sentit sa présence autour de nous… Allons à Karhark pour la nuit. Je ferai un nouvel essai demain et si nous n’avons pas plus d’information… Il nous faudra commencer l’ascension sans plus d’indication. Prier nous portera peut-être chance. »
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Arthur
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 19 Mai 2015 - 13:24

« Peut-être était-il en train de chasser ou bien de paisiblement digérer sa dernière proie en se reposant, il vaut mieux ne pas tout de suite supposer le pire, ces créatures ont des besoins et des habitudes, tout comme nous. »

Il savait bien de quoi il parlait, et c'est finalement avec une certaine sérénité et un optimisme qu'il prit l'absence de réponse du dragon, son esprit ne s'en préoccupait pas, ne voulait s'attacher au fait que cela repousserait la résolution de cette quête, Monarth était de retour à ses côtés, et même tout à son repas, il pouvait percevoir, effleurer l'esprit de son compagnon, comblant ce vide qui, depuis plusieurs ennéades, avait été tant source d'une certaine déprime que d'une difficulté à dormir.

« J'ouvre donc la voie. »

Il ramassa son sac, non sans générer un certain mécontentement qu'il perçut fortement, il n'est jamais plaisant d'être interrompu en plein repas, surtout quand on l'a si vaillamment mériter.

Tu mangeras pendant le trajet, détends-toi.

Il récupéra les baies et les petits fruits que le dräke avait étalé dans sa hâte, mue par un appétit vorace, et lorsqu'il fut monté, invita son compagnon à se poser devant lui, sur la selle, et lorsqu'il se mit en route, il examinait le chemin tout en piochant machinalement et régulièrement dans son sac pour ensuite tendre une main ouverte et pleine au dräke dont le petit ventre gonflait tant il s'empiffrait en une fois.

Doucement, tout est pour toi, inutile de te faire exploser !

Et curieusement, le message passa, le dräke ralentit sa dégustation avant d'y mettre un terme, escaladant le torse fort heureusement prévu pour résister à ses griffes, passa sur son épaule pour finalement, d'un bond à demi-maitrisé se retrouver sur la croupe du cheval, se lovant et s'enroulant sur les affaires attachées là. Arthur sut qu'il allait devoir le porter par la suite jusqu'au lit qu'il occuperait, Monarth refuserait de se remuer avant d'avoir pu se reposer et digérer l'énorme quantité de nourriture – en proportion – qu'il venait de s'enfiler.

Arrivés à Karhark, ils prirent deux chambres dans une petite auberge, non sans attirer une certaine attention, surtout du fait du petit lézard enroulé qu'il tenait dans ses bras, Monarth n'était pas une créature commune, et il avait toujours eu ce don de monopoliser les regards dans ce genre de situation. Mais la surprise passée, les gens oublieraient, reviendraient à leurs discussions.

« Je vais aller le poser sur mon lit, il a besoin de repos et de calme, puis nous mangerons … Ensuite, il faut qu'on parle, mettons à profit cette absence de réponse. »

Ce n'était pas dit avec autorité, mais il estimait que c'était la meilleure marche à suivre, ils ne pouvaient pas librement discuter dans un endroit pareil, il faudrait attendre, d'autant que les sujets qu'il avait l'intention d'aborder était délicat, aussi, par souci de discrétion que pour se laisser le temps de se convaincre que sa démarche à venir était la bonne, il repoussait un peu le moment de mettre à l'épreuve de nombreuses choses, et de faire acte de foi, ce qu'il se refusait à faire depuis bien longtemps.

Quand ils eurent terminé leur repas et qu'ils se retrouvèrent tout les trois dans la chambre réservée à l'usage de Caïn et Jena, il prit l'initiative de la discussion, après tout, c'était lui qui avait suggéré cette échange… Et au vue de ce qu'il avait en tête, la soirée promettait d'être longue, ou peut-être pas… Dans tout les cas, l'un et l'autre seraient plus avancés, même sans indice du dragon.
Et c'est avec le plus grand des sérieux, et une certaine gravité, qu'il entama les choses, poser contre le mur opposé, les bras croisés.

« Je pensais repousser ce moment le plus loin possible, mais qui sait ce qui nous attend ensuite, nous n'aurons peut-être plus le loisir de nous poser ainsi et de mettre les choses à plat. Aussi vous demanderais-je de me laisser aller au bout, sans m'interrompre. »

Et c'était parti… Il jouait désormais à pile ou face, risquant finalement beaucoup à dévoiler son jeu, pour commencer. Si elle avait voulu de l'honnêteté, elle n'aurait pas pu rêver mieux que ce qui suivrait, même si certaines révélations ne lui conviendrait peut-être pas.

« Je ne peux pas vous laisser ramener l'oeuf que nous trouverons à Beltrod… Ce serait manqué à ce que je considère mes devoirs, et sans vouloir vous manquer de respect, je ne vous crois pas capable de le protéger. J'ai appris qui vous étiez là-bas, Jena Kastelord, épouse de Hanegard Kastelord, proche conseiller du Comte de Velteroc, qui a mit à feu et à sang la Péninsule et qui, pour ce que j'en sais, semble possédé une forte ambition. L'oeuf que nous trouverons n'est pas une relique sacrée, un jour, il en sortira un dragon… Un dragon que je ne peux laisser à la portée d'hommes de ce genre. J'ignore si vous êtes capable de le protéger, si cela devait impliquer d'aller contre ou de tuer le comte, ses hommes, votre époux… Et les enjeux sont trop grands pour miser là-dessus. »

« Et ne me demandez pas d'avoir foi en vous… Ou en la Déesse à ce sujet… C'est maintenant que je fais acte de foi, en vous dévoilant que je m'opposerais à vous, à votre intention de le ramener à Beltrod, et je suis prêt à y risquer ma vie en vous faisant face, il vaut mieux mourir en ayant tenté de faire ce qu'on pensait juste que de se complaire dans sa survie obtenue en ayant trahi tout ce à quoi on prétend. Je veux croire que la Déesse comprendra, et je veux croire qu'elle ne vous permettra pas de me neutraliser. »


C'était une première chose, mais pas la seule, pas la plus importante… Elle lui avait fait une promesse, qui pouvait s'en trouver lier à tout cela, ou non, mais alors, il saurait comment comprendre ce qui suivrait, la manière de l’interpréter. Aussi après avoir prit le temps de reprendre son souffle, et à Jena de digérer cette première révélation, il reprit, avec la seconde partie… La promesse… Le prix.

« Vous m'aviez fait une promesse, au début de cette histoire… Vous vous êtes engagée à m'aider à trouver ce que je cherchais si je vous aidais, et je vous ai dis que vous vous engagiez à une chose dont vous n'aviez pas conscience du prix. Voilà le prix que je réclame… Je veux une raison. Je veux une raison à tout ce qui a put m'arriver depuis quelques années… De ce jour où je me suis vu mourir pour permettre à mon roi d'échapper à ses ennemis et où je fus ramené par une prêtresse de Néera, et depuis lequel je n'ai eu de cesse de la servir, embrassant un idéal par bien des aspects pénibles et lourds, trop lourd, à essayer de comprendre le sens de sa décision, à donner un sens à ma survie. Et je m'y suis consacré, pleinement, allant même au devant de la Brume qui semblait distiller la folie lors du Voile, quitte à y perdre la raison moi-même, je considérais que cela faisait parti de mes devoirs.
Puis vint le régicide de Trystan, ma fuite, puis la disparition de mon épouse… Alors que je n'avais jamais manqué au moindre de mes devoirs, je crois, je me retrouvais dépouillé de tout. Je n'ai pas compris, mais je n'ai pas totalement renoncé, et j'ai cherché ma compagne, erré dans les Terres Stériles sur la piste des dragons, car elle était liée à l'un d'eux, pour tout vous avouer… La Blanche, Leirn. Là, je le confesse, j'ai maudis la Déesse, parce que je ne comprenais pas, j'y voyais un jeu des plus malsains dont j'étais le pion… Et alors que je revenais en Péninsule, avec la ferme résolution de tourner la page, essayer de reconstruire, de redonner un sens à tout ça, voila que m'apparaissait ce dragon blanc, puis quelques jours à peine après, ce bout de femme désagréable, liée à une dragonne qu'elle a sobrement baptisé Néera… Puis finalement vous, avec cette quête… Cela semble une chose à laquelle je ne peux fuir…
Aussi j'en viens au reste de ce que vous m'avez promis… Ce que je cherche, une raison aux événements du passé, évidemment… Mais je cherche surtout une raison de continuer d'avancer, de vivre et de supporter chaque jour qui passe, de me battre pour ce en quoi je crois… Voici, Jena, le prix que vous vous êtes engagés à payer. »


C'était maintenant un moment clé, assurément, quel qu’en soit le résultat, se serait riche en enseignement, sur la suite, sur la Déesse également…
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 20 Mai 2015 - 12:27

    « - Je vais d’abord vous répondre concernant l’œuf. »
    Je poussais un soupir avant de m’asseoir sur le bord du lit. Caïn s’affairait à mes côtés, entassant couvertures et vêtements à même le sol pour préparer sa couche. J’avais écouté les paroles d’Arthur sans l’interrompre. J’étais d’abord surprise. Non par la teneur de ses propos mais par ce sentiment d’urgence qui semblait les accompagner. Il avait été parlé avec grand sérieux du début à la fin, il s’était montré bien plus loquace que depuis le début de leur voyage. Tous ces longs silences prenaient sens maintenant, il avait pensé chaque mot, chaque phrase pour être sûre de dire exactement ce qu’il pensait et ressentait. J’étais touchée par autant de franchise, mais je ne m’étais pas attendue à avoir cette conversation maintenant.

    Après ma première phrase, j’avais laissé passer une longue minute, réfléchissant à mon tour aux mots que je devais prononcer. Il pouvait bien me faire grâce du temps que je prenais à répondre, car après tout si lui avait pris le temps de préparer son discours, il n’en allait pas de même pour moi.

    « - Je trouve la sincérité de vos paroles courageuse. A mon tour de clarifier quelque chose. Le Blanc m’a confié la mission de trouver son œuf. Il a demandé qu’il soit protégé mais il ne m’a jamais nommé clairement pour cette tâche. Jusqu’à présent je me sentais la responsabilité de veiller sur lui. Mais il va de soi que si je trouve une personne plus… apte à comprendre et à protéger le Dragon qui en sortira, je céderai ma place. Mais je me doute qu’Il aura son mot à dire concernant la personne en question. Quoi qu’il en soit si vous vous sentez capable d’assurer la protection de cette créature…. Je ne tenterai rien pour vous empêcher de le mettre à l’abri…Mais je veillerai à ce que vous respectiez vos paroles, car je suis d’accord avec vous, ces créatures ne devraient être à la portée d’aucun homme… Surtout en ce moment en Péninsule. »

    Je laissais le silence envelopper à nouveau l’atmosphère de la chambre. J’avais déjà sentis la colère et la déception de Néera à propos de la situation actuelle. Les guerres, les morts, les prises de pouvoir… Tout cela lui déplaisait fortement…
    Il fallait maintenant que j’aborde un sujet plus délicat, plus sensible…. Il me demandait de tenir ma promesse et je n’avais rien contre ça, seulement est-ce que mes paroles suffiraient à lui redonner la Foi en l’avenir ? Cet homme m’avait toujours paru songeur, tourné vers son passé… Et il m’en donnait la preuve avec ses paroles. Je comprenais parfaitement son sentiment, je l’avais ressenti tant de fois ces derniers mois… Ses mots faisaient si fortement écho à ceux que j’avais prononcé qu’il me fallut plus d’une minute pour réfléchir à quoi lui dire.

    « - J’aimerai être capable de répondre à la question que vous venez de me poser… J’aimerai honorer la promesse que je vous ai faite en vous répondant exactement ce que vous aimeriez entendre… Je suis exactement comme vous Arthur… J’étais heureuse, j’avais tout pour l’être…. Un mari aimant, deux enfants adorables, un bébé à naître, un endroit paisible où la vie semblait s’étirer lentement… J’avais tout ce que j’avais toujours voulu avoir mais il a fallu qu’Elle vienne à moi. Qu’Elle me choisisse moi. Du jour au lendemain j’ai été plongé dans le noir, j’ai dû quitter ma famille, quitter cet endroit qui me rendait si heureuse… Juste parce qu’Elle le voulait.

    Longtemps j’ai été comme vous. J’ai cherché une raison à tout ça, j’ai cherché à comprendre pourquoi elle avait choisi de me rendre malheureuse moi et pas une autre… Je n’avais jamais rien fait contre elle, j’avais déjà vécu d’horribles choses dans ma vie et pourtant à force de prière j’avais enfin trouvé la paix, j’étais là où je voulais être…
    J’ai mis du temps à comprendre que je me trompais. Je l’ai blâmé pour tout ce qui m’arrivait alors que c’était Elle qui m’avait accordé toutes ces joies, tous ces instants de bonheur que j’avais vécu auprès des miens. Je la remercie chaque jour de m’avoir permis de rencontrer Hanegard, de m’avoir donné trois beaux enfants. Ma raison à moi de continuer, seule, dans le noir, c’est que je sais qu’un jour j’éprouverai à nouveau cet immense bonheur et grâce aux épreuves qu’elle m’aura aidé à traverser… J’en savourerai chaque seconde. »


    Je me levais et sans la moindre hésitation je marchais jusqu’à me trouver à un pas d’Arthur. Je gardais les yeux baissaient, fixé vers son torse. Je n’avais guère envie de l’embarrasser avec ce voile noir qui embuait mon regard et qui mettait mal à l’aise tant de monde.

    « - Votre raison à vous Arthur, elle se trouve là et là. » Je posais le bout de mes doigts sur sa poitrine, à l’endroit où je sentais battre son cœur, tandis que mon autre main s’élevait doucement jusqu’à toucher son front. « Vos souvenirs heureux doivent vous servir de phare au milieu de la brume … Le Destin s’est montré cruel avec vous, rien ne permet de le justifier mais vous pouvez faire la paix avec vous-même… Ma raison à moi de continuer chaque jour d’endurer le manque de ma famille … C’est de savoir qu’un jour je les retrouverai… C’est de me souvenir de chaque moment passé avec eux… A vous de trouver ce dont vous avez besoin pour avancer, vous ne devez jamais oublier… Mais vous devez avancer pour que ce que vous avez vécu n’ait pas été vain. Nous avons tous un rôle à jouer, nous faisons tous partit de cet équilibre fragile que défend Néera… N’abandonnez pas, à force de foi et de courage, vous trouverez. ».

    Je me reculais légèrement. J’aurais aimé que mes mots suffisent à apaiser son âme torturée. Le toucher m’avait permis de ressentir un peu plus la force des émotions qu’il avait ressentie.

    « - J’aimerai tellement enlever ce point de vos épaules Arthur… J’aimerai vous donner une raison précise, un mot, un but… Mais ce que vous avez vécu à fait de vous celui que vous êtes aujourd’hui. »


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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 21 Mai 2015 - 8:51

Avait-elle conscience que ces premiers mots auraient en parti suffit, tout du moins, ce qu'ils signifiaient pour lui ? Probable que non, mais était-ce réellement important, après tout ? Elle lui offrait une chance de trouver une raison à tout ceci, de saisir l'opportunité de se trouver une raison de prolonger le « combat » à travers cet œuf, et il n'aurait pas à la trahir, il n'aurait pas à défier la Déesse elle-même pour la saisir, c'était ce qu'il avait espéré sans toutefois croire le recevoir… Restait toutefois à trouver cet œuf, et que ce choix convienne à ce Blanc… Mais malgré tout, il lui semblait que le plus sérieux obstacle venait de se dégager, et bien que loin encore de l'aboutissement, cela suffisait à lui donner un sentiment de légèreté, ça et le fait d'avoir parlé de toutes ces choses qui le taraudaient depuis sa rencontre avec la Gardienne…

Il n'avait pas obtenu de réponses claires, mais n'en attendait pas non plus, et il se satisferait de ce qu'elle venait de lui offrir, c'était bien plus qu'il n'avait espéré, et ce sans avoir eu à batailler pour l'obtenir. Il en venait à espérer qu'elle ne se laisse pas corrompre à l'avenir par ceux de la noblesse qui tenteront d'user de l'influence qu'on peut exploiter d'une femme reconnu comme une Gardienne… Qu'elle préserve son intégrité des ambitieux, c'est tout ce qu'il lui souhaitait sur cet instant.

Au-delà, le reste devait raviver plus de blessures qu'en soulager… Il ignorait si la comparaison avait une raison d'être, mais si elle possédait encore tout ce qui lui était cher, même si tenu loin d'eux, il n'en était rien pour lui, sinon à travers celui qui partageait son esprit depuis plusieurs années maintenant. Ceux qu'ils considéraient en amis, celle qui était son épouse et l'espoir avec elle de voir naître sa descendance, de connaître cette joie et de permettre à son héritage de ne pas s'éteindre avec lui, tout cela, il ne le retrouverait qu'une fois sa vie éteinte, il n'y avait pas pour lui de service à rendre un temps avant de finalement pouvoir reprendre là où les choses s'étaient interrompues. Mais il comprenait ce qu'elle voulait lui signifier, sans y trouver d'écho pour lui-même.

« Vous l'avez peut-être fait, Jena… Tout au moins, vous me laissez saisir cette chance si elle se présente. »

Ça n'était pas forcément la meilleure… Mais c'était tout ce à quoi il pouvait aspirer pour l'instant, et il ne pouvait se permettre de la négliger alors qu'elle se présentait. Si elle aboutissait, nul doute qu'elle aurait des conséquences dont il était incapable de concevoir l'ampleur et la forme.

« Considérez-vous libéré de votre promesse. »

C'était suffisant, et il ne s'imaginait pas contraindre par ce qui ne trouvait aucune solution, tout au moins, pas une qu'elle ne pouvait lui apporter par elle-même. Comme elle l'avait si justement dit, bien qu'il en soit conscient, c'était à lui de trouver, pour ce qui suivrait, mais il ignorait si cela donnerait un sens à ce qui précéda. L'avenir le lui dira.

« Pour parler de notre quête… Demain, il vous faudra retenter de le contacter, peut-être aurons-nous davantage de chance, et il sera plus disposé à vous répondre. Dans tout les cas, avec Caïn, je vous charge de faire demain le plein de provisions, et vous confie la grande responsabilité de trouver des petits fruits pour Monarth, de mon côté, j'irais discuté avec les habitants en essayant de glaner des renseignements sur l'hypothétique stèle frappée par la foudre… J'ai tout de même un doute sur le résultat que je pourrais en tirer, mais qui sait, nous pourrions avoir des surprises et cela nous aiderait. » Il lui faudrait sans doute aller voir du côté des religieux, et c'est pourquoi il s'attribuait cette tâche, craignant que la Gardienne, même sans le désirer, n'attire l'attention dont il ne voulait pas. « Cette idée vous convient ? Ainsi, que nous obtenions un résultat avec lui ou non, si je parviens à quelque chose, nous n'aurons pas à nous attarder et pourrons poursuivre notre chemin. »
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Ven 22 Mai 2015 - 11:54

    Je ne savais pas vraiment à quel moment mes paroles avaient apporté une réponse à Arthur, mais l’entendre me dire qu’il me libérait de ma promesse me rassura autant que cela me surprit. Je ne m’étais pas attendue à ce que cette conversation soit si courte mais je n’allais pas m’en plaindre, après tout j’étais épuisée.
    Arthur m’expliqua alors comment il voyait notre journée du lendemain et j’acquiesçais. Pendant une fraction de seconde je me demandais pourquoi il ne me proposait pas de me rendre au temple chercher des informations sur cette stèle. Après tout il s’agissait là d’un indice à caractère religieux… Mais à la réflexion il était sûrement plus sage que je passe inaperçue pour éviter tout retardement.

    « - L’idée me convient, nous nous occuperons de récupérer ce qu’il nous faut pour l’ascension et après-demain nous quitterons Kahark »

    Sur ces mots et après avoir souhaité une bonne nuit à Arthur, Caïn me laissa seule le temps de me préparer pour la nuit. Je dormais déjà lorsqu’il revint à son tour se coucher sur son matelas de fortune.

    Ma nuit fut loin d’être paisible. Je me réveillais bien avant l’aube, couverte de sueur et essoufflée. Je ne parvenais pas à me rappeler les images qui étaient à l’origine de ma terreur. Seulement j’avais encore l’impression de sentir le goût du sang sur ma langue et le bruit assourdissant des lames s’entrechoquant. Ce genre de rêve n’était jamais très bon signe, je devais une nouvelle fois avoir vu les guerres qui noyaient la Péninsule dans un bain de sang… pourtant cette fois j’avais l’impression que quelque chose m’échappait, comme si ma terreur était dû à autre chose, comme si cette fois mon rêve avait été quelque peu différent.

    J’essayais vainement de me rendormir mais à peine avais-je refermé mes paupières que j’entendis sa voix dans ma tête.

    « - Jena. Ouvre les yeux. »

    Je me redressais sur le lit et obtempérais. Le nuage noir habituel qui masquait ma vue était différent cette fois. Je pouvais voir clairement au milieu d’un halo de lumière blanche le visage enfantin de Néera. Elle était assise au bord du lit. Tout autour d’elle était noir mais Elle… Je la voyais comme en plein jour. Revoir la beauté des couleurs me donnait presque envie de pleurer mais je tâchais de me reprendre. Si elle se tenait là près de moi c’est qu’elle voulait me parler.

    « - En effet. Jena, jusqu’à présent je me suis tenue à l’écart de cette quête que tu mènes pour le Blanc. Je t’ai recommandé la prudence, maintenant j’attends de toi autre chose.»

    J’étais tellement persuadée qu’elle allait me dire d’arrêter là mes affaires avec le Dragon pour me rendre là où elle souhaitait ma présence, que la suite de ses paroles me laissa stupéfaite.

    « - Je veux que tu protèges cet œuf Jena. Tu dois le trouver et le protéger à tout prix. Mais pas seulement des hommes qui le cherchent … Il doit aussi l’être du Dragon lui-même. Ces créatures sont orgueilleuses, puissantes et terriblement dangereuses. Ma Sœur n’aurait jamais dû les laisser sortir du Royaume des Morts. »
    « - Mais comment voulez-vous que je le protège du Blanc, je ne suis qu’une brindille face à lui… »
    « - Trouve cet œuf et protège le par tous les moyens. Il pourrait devenir la cause de bien des problèmes s’il venait à tomber entre de mauvaises mains. Je veille sur toi Gardienne, maintenant rendors toi. Rien ne troublera tes prochaines heures de sommeil. »


    La lumière disparue et je me retrouvais à nouveau dans le noir total. Mais comme promis je retrouvais le sommeil presque aussitôt et rien ne vint le troubler jusqu’au chant du coq.

    Après un petit déjeuner rapide, CaÏn vint me trouver et après m’avoir énoncé avec difficulté qu’une aveugle sachant marcher sans la moindre difficulté dans un marché bondé pouvait attirer l’attention, il proposa de me bander les yeux et de me tenir le bras. Le bout de tissu ne changea pas grand-chose, mais cela sembla rassurer mon compagnon de route. Il attrapa mon bras et me guida à travers la ville, il nous fallut plusieurs heures pour rassembler tout ce qui nous semblait nécessaire : nourriture, cordes, couvertures supplémentaires…
    Caïn me raccompagna à l’auberge, il devait se rendre chez le maréchal ferrant de la ville avec les chevaux.
    Je m’installais à une table dans le coin de la salle et attendit le retour d’Arthur, espérant qu’il avait eu de la chance de son côté. J’avais eu le temps de réfléchir toute la journée… Il me fallait être honnête avec lui et lui parler de mon entrevu nocturne avec Néera.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Ven 22 Mai 2015 - 14:28

Ils s'étaient séparés pour la nuit sur ces mots, et il était revenu dans sa chambre où dormait enroulé sur lui-même, une de ses ailes déployée couvrant presque l'intégralité de son corps, Monarth, il sentait l'esprit épuisé mais apaisé et ne put retenir un sourire. Il n'aurait jamais du estimer préférable que l'un et l'autre se soit séparé… Sans cette décision, les choses seraient probablement différentes, et même si sa situation n'était pas beaucoup plus enviable, il retrouvait avec son compagnon une sérénité et une assurance qui lui manquait. Et cette nuit là fut la première bonne nuit qu'il passa depuis son départ de Thaar… La solitude profonde et angoissante l'avait quitté.

Le lendemain, alors qu'il s'apprêtait déjà pour sa journée, il put observer le dräke s'éveiller difficilement, s'étirant comme l'aurait fait un chat, excepté qu'il y ajoutait le large déploiement de ses ailes à cette routine de l'éveil.

Prends la journée pour te reposer, je t'ai laissé à disposition de quoi manger… Dès demain, je risque d'avoir besoin de toi, alors il faut que tu sois en forme.

Et le lézard ne répliqua nullement, appréciant la perspective d'un jour à flâner et à manger, et d'ailleurs, cette pensée lui avait ouvert l'appétit, aussi se lança t-il à l'assaut du repas qu'on lui avait mit de côté alors qu'Arthur quittait la chambre, non sans une dernière pensée.

Si une personne vient, fais toi discret, inutile de trop attirer l'attention.

Il circula à travers le village, prenant le temps de réfléchir aux derniers événements avant de se pencher sur la question de la stèle, pour laquelle il irait trouver les religieux, c'était là-bas qu'il avait le plus de chance de trouver des traces mentionnant l'existence d'une stèle dans les Monts Corbeaux. Et ce qu'il découvrit, tout autant que la manière le surprit, il était curieux mais par certains aspects satisfait de ce qu'il apprenait… Les ruines d'anciens monuments à la gloire d'antiques dieux associés aux Primordiaux. Il releva aussi la crainte et l'horreur, voir même parfois l'hostilité et à chaque fois n'insista pas, invoquant avoir entendu parlé d'un tel lieu, vaguement, et curieux de savoir ce dont il s'agissait. Il n'obtint toutefois pas sa localisation exacte, mais il avait suffisamment pour se satisfaire… Des ruines dans les montagnes, en altitude, voila l'objectif, et pour l'aider, il allait bénéficier de la perspective élevée de Monarth.

Il remercia, s'excusa d'avoir évoqué un tel sujet, offrit quelques pièces pour le Culte, et après les formules et prières d'usages, jeta un œil aux Monts Corbeaux dont il entamerait l'ascension le lendemain. Il y avait là-bas quelques chose qui effrayait les gens, peut-être le dragon, quoique la chose se serait répandue… Peut-être simplement des brigands squattant les lieux… Peut-être une secte s'inspirant de ces anciennes idoles. Quoique ce soit, il lui faudrait les trouver, et dans la mesure du possible anticiper tant la nature que l'ampleur de la menace qui suscitait ces réactions.

Non sans avoir passé un temps dans une taverne à discuter et à jouer un peu aux dés avec des locaux, il retourna à l'auberge, passant d'abord par sa chambre pour trouver un Monarth assoupi, y déposa ses affaires avant d'aller toquer à la porte de Jena, qu'il savait rentré, et lorsqu'on lui ouvrit, il entra, et passé les usages, décida de partager ses quelques découvertes.

« Il semble que la stèle fasse partie d'un ensemble de monuments dans les montagnes, en altitude, consacrés à d'anciennes divinités, et il y a quelque chose là-bas, c'est peut-être qu'une superstition mais il y avait autant d'horreur que de crainte à l'évocation de ce lieu… Mais c'est peut-être aussi le dragon qui est la source de ces sentiments, si il s'y est installé. Mais même si je n'ai pas sa localisation exacte, une telle description suggère un ensemble étendu, remarquable, ce qui signifie qu'il sera plus simple à Monarth de le repérer depuis les airs. »

Ça n'était malgré tout pas gagné, mais le dräke représentait un formidable atout, pour repérer l'endroit, mais également les éventuelles embûches et activités humaines que pouvaient conduire à la frayeur des hommes et femmes qu'il avait rencontré aujourd'hui.

« Et de votre côté, tout s'est bien passé ? »
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Dim 24 Mai 2015 - 19:23

    Arthur finit par me rejoindre dans la petite chambre accouchée que j'occupais. Caïn n'était toujours pas revenu et lorsque les coups retentirent à la porte je crus d'abord que c'était lui. J'avais quitté la salle commune grâce à « l'aide » de la fille de l'aubergiste qui m'avait gentiment proposée de me raccompagner. J'aurais très bien pu faire le trajet sans son aide, mais inutile de se faire remarquer pour rien. J'avais conservé le bandeau sur mes yeux, je m'étais presque habituée à sa présence... S'il pouvait mettre à l'aise les gens autour de moi alors il était un faible prix à payer pour ne plus ressentir cette légère angoisse que provoquait mon regard.
    Après les salutations d'usages – nous ne nous étions pas encore vu de la journée – Arthur me raconta ce qu'il avait appris en question les membres du clergé local. Je regrettais de ne pas avoir pu me rendre dans le petit temple de Néera, mais l'avoir souvent dans ma tête me permettait de m'affranchir des prières devant la statue de la Damedieu.

    Mon compagnon de route avait réussi à glaner quelques informations intéressantes. Si l'oeuf se trouvait non loin de cet ancien lieu de culte se serait moins compliqué que de chercher derrière chaque roche de chaque pic montagneux. Sans avoir pour autant une direction, nous avions un repère assez précis.

      « Nous sommes déjà bien plus avancés qu'hier ! La présence de Monarth est effectivement un atout à ne pas négliger, il pourra nous indiquer les chemins les moins escarpés, voir les zones qui pourraient se rapprocher à ces anciens lieux de culte et même assurer notre protection en nous avertissant à l'avance de la présence d'hommes, devant ou derrière nous. »

    Ce petit dräke était décidément un vrai miracle dans cette quête. Il serait nos yeux en altitude. Il nous fallait espérer qu'il ait suffisamment d'endurance parce qu'il nous faudrait probablement de nombreux jours avant d'atteindre la fameuse stèle... Et nous n'étions même pas sur que l'oeuf se trouverait là.
    Arthur me demanda alors de lui parler de ma propre journée. J'avais réfléchis longtemps pour savoir exactement quoi lui dire. Pouvais-je tout lui raconter, pouvais-je avoir totalement confiance en lui. Je me remémorais ce que j'avais vu et senti la première fois que je l'avais touché et je me décidais enfin pour l'honnêteté la plus totale. Nous étions tous les deux dans la même galère, dans quelques jours nous serions coupés du monde dans les sommets glacés des Monts Corbeaux, il me faudrait forcément m'en remettre à lui, autant commencer tout de suite.

    « - Nous avons réunis tout ce que nous semblait nécessaire pour renforcer notre équipement. Il me semble que Caïn devait également voir si le forgeron n'avait pas un âne à nous vendre pour porter le plus gros des affaires. Nous avons fait suffisamment de provision pour 3 ennéades de marche, nous avons des couvertures, des cordes et tout un tas d'autres choses que je ne saurais vous nommer mais que Caïn a jugé utile. »

    Je restais silencieuse un moment, laissant à Arthur le temps de faire un rapide inventaire des choses qu'il pourrait manquer afin de les voir avec Caïn à son retour.

    « - En revanche je dois vous parler d'une chose qui s'est produite cette nuit.... Néera m'est apparue dans cette chambre. Elle me parle souvent mais elle se présente à moi rarement, sauf quand elle juge que ses paroles revêtent une importance capitale et je pense qu'il me faut les partager avec vous. Elle m'avait déjà mise en garde contre le Dragon, elle m'avait demandé d'être prudente avec cette créature et de ne pas lui faire confiance.

    Cette nuit, elle m'a confié la tâche de veiller sur cet œuf, de le protéger à tout prix des hommes... et du Dragon lui même. Elle a également précisé que des hommes le cherchaient... »


    Le silence s'installa entre nous. J'avais bien conscience que mes paroles semblaient être l'exact contraire des mots que j'avais prononcé la veille dans cette même pièce aussi, après un léger soupir je repris.

    « - Je ne compte pas revenir sur ma parole Arthur. Je vous confierai la protection de cet œuf, et cette fois sans demander l'avis à son géniteur, en revanche, tant que Néera ne m'ordonnera pas le contraire j'irais partout où il ira, j'espère que vous comprendrez que je n'ai pas le choix. »
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 25 Mai 2015 - 14:22

Cette révélation, en supposant sa fiabilité – ou non d'ailleurs, mais comme avec les rumeurs, il fallait savoir tirer ce qu'on pouvait et discerner le vrai du faux… chose plus délicate quant cela à trait au divin -, lui offrait un point de vue qu'il avait déjà considéré, ou tout au moins, supposé, et craint. Que des hommes cherchent le dragon, il n'en était guère surprit, après tout, ce dernier était apparu aux yeux de tous en Odélian, la rumeur avait pu prendre de là et des intrépides chasseurs avaient pu s'en saisir… Mais dans quelle mesure avaient-ils pu suivre sa trace ? Quoiqu'il arrive, et même en supposant qu'ils soient parvenus à remonter la piste jusqu'ici, ce qui était un scénario dès plus déplaisants, mais il voulait croire avoir encore suffisamment d'atouts dans sa manche… Et le plus précieux dormait dans la pièce d'à côté.

Ce qui le fit réfléchir, c'était la méfiance à l'égard d'un dragon dont les intentions devenaient floues. Ne pas lui faire confiance… Soit, c'était une chose qu'il pouvait faire aisément, mais dès lors, il fallait s'interroger sur ce qui motivait la créature, et dans quelle mesure on pouvait donner crédit à ce qu'il avait pu dire. Toutefois, et d'après les mots de Jena, en supposant qu'ils soient vrais et non « fantasmés », l’œuf était une réalité, non une quelconque illusion servant d'appât. Il allait falloir jouer double jeu avec une créature qui jouait elle-même, jusqu'à ce que ses intentions soient plus claires.
Dès lors vint la question de ces silences… Mais il se garderait bien d'en faire une réflexion approfondie, pour l'heure, il était demeuré silencieux, à réfléchir à la façon dont il allait falloir procéder, et là-dessus, il se demanda dans quelle mesure Néera laissait le dragon s'approprier l'esprit de la jeune femme. Monarth avait un libre accès à son esprit, même si il avait apprit à se prévenir contre certaines intrusions, il était bien loin de résister à une volonté ferme, et pouvait tout juste figurer un homme derrière une porte répondant non à la question « puis-je rentrer ? », il suffisait au dräke d'enfoncer cette dernière et elle s'ouvrirait sans plus de résistance.
Néera, si elle était présente, conservait-elle l'esprit de la jeune femme des intrusions ? Il en aurait bien fait le test, mais c'était une chose délicate, mais il espérait que oui, et le suggérerait même. C'était un premier point, l'information était pouvoir, si le dragon s'apercevait de l'existence de cette méfiance, de l'avertissement, il pouvait adapter sa stratégie, tandis qu'à les croire encore crédule et tout investit dans la tâche qu'il avait confié, assuré de la continuité de son plan, ils pourraient s'apprêter pour une action éventuelle.

« La question va vous paraître curieuse, mais savez-vous si Néera protège votre esprit ? J'aurais bien demandé à Monarth d'éprouver ce fait, mais je n'aimerais pas froisser la Déesse. »

Des mots pouvant posséder bien des sens… une invitation à la protéger ou une demande d'autorisation, si celle-ci était refusée. Et il écartait tous les doutes, toutes les demandes de précision... Il considérait cela superflu, il fallait admettre et procéder en fonction.

« Comprenez bien que le dragon pourrait lire en vous cette méfiance, et qu'il vaudrait mieux la lui cacher… Si la Déesse a raison, si il nous cache des choses, le savoir sans qu'il en ait conscience peut nous donner un avantage qui ne sera pas de trop si nous devions faire face à une telle créature. »

Lui qui avait juré de protéger les dragons, le voici à devoir envisager d'en affronter un… Et de ne pouvoir s'épargner la pensée qu'alors, il faudra frapper les ailes en priorité, qu'une soit brisée ou déchirée, et il n'y aura plus qu'à craindre sa magie, mais la créature serait plaquée au sol, et par connaissance, il savait les dragons blancs bien peu protégée contre une attaque directe… Leirn ne l'était pas… C'était une rapide, assurément, mais ses écailles n'étaient pas conçues pour en former une cuirasse à l'épreuve d'une épée.
C'était tout ce qu'il pouvait en dire, à cela se joindrait quelques instructions en plus à Monarth… Chercher des ruines, chercher des traces d'activités humaines, devant eux mais aussi derrière, alentours… Et pourquoi pas le dragon.

« Et je comprends, si vous considérez que c'est votre devoir, je ne m'y opposerais évidemment pas, dès lors qu'on s'entende sur le fait que vous ne pourrez choisir pour moi ma façon de vivre à ce moment là. Comprenez là que je ne crois pas qu'il soit bon, ni pour moi, ni pour ce qui va éclore, de vivre dans une cité comme Beltrod. »

C'était en rapport aux discussions de la veille… Il comprenait son devoir tout autant que son envie de retrouver les siens, et la tentation de conduire le chevalier dans ces parages pour permettre à l'un et l'autre d'être satisfait pouvait être tentant, et il voudrait le lui permettre, mais plus rien ne l'attirait là-bas, et à supposer qu'un jour, son lien avec un dragon, si il en établissait un, se sache, il voudrait s'épargner le plus de rapport à la noblesse tant que ce dernier ne sera pas assez mature pour vivre seul.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 2 Juin 2015 - 11:41

    Arthur fut loin de réagir comme je l’avais imaginé. Non pas que je pensais qu’il puisse s’emporter, ou clairement refuser ce changement de programme. Mais le fait qu’il prenne la chose si… sereinement me soulagea. La question qu’il me posa alors me fit légèrement froncer les sourcils. Je ne m’étais jamais vraiment demandée si Néera veillait sur mon esprit, Elle me permettait de percevoir les choses différemment, de « sonder » les âmes que je croisais mais je n’avais jamais eu la curiosité de lui demander si la réciproque était vraie. Lorsque je touchais quelqu’un, je pouvais ressentir son âme avec une force parfois insoutenable. L’expérience n’avait été que rarement agréable, je ressentais parfois une douleur si vive, si incontrôlable que j’en étais malade plusieurs jours après… Est-ce que ce contact permettait également à celui que je touchais de voir mon âme ?
    J’hochais la tête lorsqu’il continua son explication en parlant de la présence du Dragon dans mon esprit et du fait qu’il pouvait probablement lire en moi comme dans un livre ouvert.

    « - Je ne sais pas quoi trop vous répondre… Je ne… »

    « - Crois-tu que je laisserai celle qui détient la clé de mon précieux trésor sur Miradelphia sans la moindre protection ? Crois-tu que je laisserai ma Gardienne se promener l’Esprit ouvert ? Je suis la seule à lire en toi Jena. »

    L’intrusion inattendue de Néera me fit légèrement sursauter, comme à chaque fois et je laissais ma phrase en suspens le temps d’entendre ses paroles jusqu’au bout. A peine quelques secondes et sa présence se dissipa dans mon esprit, comme un nuage de fumée.

    « - Néera veille sur mon Esprit. Je suppose que je peux communiquer avec lui, comme je pourrais le faire avec Monarth, mais que mon esprit reste fermé à qui voudrait le fouiller. »

    Je restais un instant silencieuse, me répétant les paroles qu’il avait prononcé et la douleur qu’elles me faisaient ressentir… Il n’y était pour rien, même si ses mots étaient prononcés sans la moindre douceur, il voulait que les choses soient clairement énoncées et je ne pouvais que l’approuver. Pourtant je ne pouvais que souffrir face à ce que cela impliqué. Certes j’avais pensé que dans un premier temps je pourrais retourner auprès de ma famille, temps que l’œuf demeurerait …un œuf. Mais j’avais pertinemment compris qu’à partir du moment où le dragon naîtrait il me faudrait l’amener ailleurs…
    La veille, quand j’avais cru pouvoir confier cette tâche à Arthur et ne plus m’en soucier… J’avais aussitôt pensé qu’avant la fin de l’été j’aurais pu me trouver avec Liliana pour l’écouter me parler des exploits de Merwan, j’aurais pu écouter des heures le rire de mon fils et profiter de la douceur et de la tendresse d’Hanegard. Mais tout cela m’était à nouveau retirer… je devais à nouveau renoncer à eux pour servir au mieux ma Déesse.

    « - J’irai ou vous jugerez qu’il faut aller. »

    Ma voix n’était qu’un murmure, et malgré mes efforts pour masquer l’émotion que ces mots me procuraient, je sentais bien que j’échouais lamentablement.
    J’attendis un petit coup frappé à la porte et tournais la tête au moment où Caïn pénétrait dans la chambre. Il expliqua avoir trouvé un âne chez le forgeron, qu’il n’était plus tout jeune mais qu’il délesterait nos chevaux dans les montagnes.

    « Puisque nous sommes prêt, nous pourrons partir dès demain matin. »
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Dim 7 Juin 2015 - 16:44

Il y avait dans cette conversation une chose qui lui paraissait pour le moins surréaliste, pourtant, il n'oserait probablement pas en exprimer l'idée, mais il prit un petit air soucieux en observant la jeune femme après qu'elle soit passée par deux états… D'abord, elle ignorait, ne possédait aucune réponse à sa question, et c'était en réalité ce à quoi il s'attendait… On est rarement, voir jamais confronté à un être pouvant s'égayer dans son crâne et se complaire dans l'écoute voir l'influence des pensées, aussi n'était-il pas surprenant de ne pas le savoir.
Mais elle avait sursauté légèrement, et ensuite, elle savait, avec certitude, que sa protection était garantie. Cela signifiait-il que la Déesse était en ce moment même penché sur elle, à les écouter ? Il comprenait et pouvait intégrer une communication par le biais de visions, de rêves, lorsqu'elle était dans un état particulier, mais que la communication semble aussi directe que celle qu'il pouvait avoir avec Monarth… Que la Déesse puisse répondre à ses doutes aussi vite, il avait du mal à le concevoir, et pourtant, il n'émettrait pas de doute, après tout, si elle était si sûre… C'était son esprit, pas le sien.

« D'accord, c'est une bonne chose dans ce cas. »

Ne pas trop se poser de questions, considérer la chose vraie et en tirer les conclusions… Le Dragon Blanc ne pourrait pas nécessairement connaître la méfiance de la jeune femme à son égard, et le jeu de dupes pourrait continuer. Bon, il restait encore de nombreux obstacles, et pas des moindres si il fallait combattre un dragon, mais au moins pourraient-ils cultiver un semblant d'effet de surprise, à supposer que cela serve.

Nul besoin de lire dans les pensées pour comprendre la douleur que ses mots avaient pu infligé, il en était conscient au moment même de les prononcer, mais il était déchiré entre sa propre volonté, la nécessité alors de protéger ce qui sortirait de l’œuf, et le fait de ne pas vouloir faire souffrir la jeune femme… L'un et l'autre était des serviteurs d'une volonté qui les dépasse, pions auxquels on exigeait un sacrifice plus grand qu'à d'autres pour un résultat qui n'avait aucune garantie d'exister.

« J'espère que cette situation durera le moins possible, afin que vous puissiez retrouver votre famille. D'abord, trouvons cet œuf, ensuite, nous réfléchirons à la façon de faire les choses au mieux, pour nous deux. »

Et il se redoutait lui-même, l'abnégation qui lui causait souvent du tort, il redoutait de consentir à s'oublier encore le temps que jugera la Déesse nécessaire à passer auprès du dragon à venir avant que l'un et l'autre puisse reprendre leurs chemins, chacun de leurs côtés. Il devrait y penser, même si il voulait exclure cette idée qui déjà le faisait douter.

Là dessus, ils se séparèrent, et il leur souhaita à tout les deux une bonne nuit avant de rejoindre Monarth, en lieu et en pensée… Il ne cessait de se le répéter, mais qu'est-ce que cette compagnie, ce sentiment et cette présence avait pu lui manquer… Jamais dans toute sa vie il ne s'était senti aussi seul que lorsque Monarth n'était plus là.

Le lendemain vint, et après un petit-déjeuner à l'aube, ils quittèrent l'auberge et le village aux premières heures, entamant leur chemin dans les Corbeaux. Il reprit la tête du groupe, et Monarth vint se poser sur ses épaules, il avait retrouvé des couleurs et de la vigueur, et ses écailles ces derniers jours ternies par la fatigue et l'effort avait retrouvé leurs éclats bronze et or.

Bon, n'oublie pas, des ruines dans les hauteurs, vers les sommets, et pense à regarder devant et derrière nous tout signe d'une activité humaine, voir même de ce dragon mais si c'est le cas, ne le provoque pas.

Oui oui, je sais, il est moins sympa que Leirn.

Précisément, et reviens te reposer régulièrement… On a une grande zone à explorer, et tu es le plus grand atout qu'on possède pour nous faciliter la tâche, inutile de t'épuiser trop vite à la tâche.


La chose était pensée avec soin, pour appuyer sur l'ego qu'il savait fortement présent chez le dräke, cette grande mission, cette dimension indispensable, voila des choses qui parlaient et donnerait davantage de vigueur à ses ailes, davantage d'attention à la tâche.

Et plus vite nous en aurons fini, plus vite je n'aurais plus à te demander de voler de la sorte.

C'était également là une chose importante à ses yeux… Ces prochains jours, il allait exiger du dräke une certaine façon de voler, et de profiter de son vol, ce qu'il n'aimait guère, préférant dans la mesure du possible le laisser flâner. Il trouverait le moyen de rembourser cette dette.
Dans tout les cas, le dräke poussa un piaillement plein de force avant de se décrocher de l'épaule du chevalier, se laissant tomber un instant avant de prendre de l'altitude dans un vol parfaitement maîtrisé et plus assuré qu'il y a deux jours à peine.

« Le voila parti nous éclairer la voie… »

Et maintenant ? Il faudrait attendre les premiers retours, et ces derniers ne parviendraient qu'une fois le dräke revenu, le contact faiblissant avec la distance. Alors en attendant, ils progresseraient, évidemment, mais après les derniers jours, il ne se voyait pas replonger dans son mutisme.

« Selon la manière dont les choses se dérouleront, aussi longtemps que ce que nous trouverons demeurera un œuf, j'accepterais de vivre non loin de là où se trouve votre famille, si cela peut vous rassurer… »

Il avait dit cela mine de rien, comme une banalité glissée là. Il n'attendait, ni ne cherchait à observer les réactions de la jeune femme. Et comme pour souligner l'aspect anodin de l'annonce, il décida d'amorcer un tout autre sujet.

« Qu'est-ce que cela représente, en toute honnêteté, pour vous, d'être Gardienne ? »

Il fallait bien aborder un sujet, il ne se voyait pas discuter de la pluie et du beau temps, ou de la route.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Dim 7 Juin 2015 - 19:23

    Le matin était arrivé bien plus tôt que je l'aurais souhaité. J'avais passé une énième nuit tourmentée, agitée par des rêves sombres et terrifiants. Ce n'était rien comparé à ceux que j'avais pu faire au sujet d'Ilinsar, mais chaque matin je me réveillais épuisée. Le bruit des armes, les cris, l'odeur du feu et du sang... Je ne savais pas s'il s'agissait d'images du passé, du présent ou de ce qu'il adviendrait, je ne savais pas non plus s'il s'agissait d'une quelconque réalité, mais ils étaient marquants de réalisme. Etait-ce cela que m'avait décrit Néera ? Les luttes de pouvoir ? Les centaines, les milliers de mort … tout cela pour un trône ?
    Caïn sembla remarquer ma fatigue dès qu'il me vit sortir de la chambre de l'auberge et il se montra plus prévenant qu'à l'accoutumé. Cette fois-ci je ne lui fis aucun reproche et je le laissais gérer tout ce qu'il y avait à gérer avant le départ. Je me retrouvais presque en selle sans m'en être rendue compte.
    Après avoir quitté le village, je sentis sans comprendre que si le silence nous entourait, Arthur et Monarth étaient en grande discussion. Je me laissais donc bercer par le doux balancier de ma monture. Il me faudrait être prudente car à ce rythme j'aurais tôt fait de m'endormir en selle.
    Les battements d'ailes du dräke me tirèrent de ma somnolence. Je pensais qu'après sa phrase Arthur retournerait au silence, comme cela avait été le cas les premiers jours de notre voyage, mais il me surprit en abordant un sujet sur le ton banal de la conversation... Mais quel sujet. Mon cœur se serra un instant, l'Espoir s'insinuant lentement en moi. Mais il ne me fallait pas espérer ainsi, il ne me fallait pas croire que ce serait possible, il y avait toujours un contretemps, toujours une chose qui faisait que rien ne se passait de la sorte. Tout d'abord il y avait ce dragon...

    « - C'est... très aimable de votre part Arthur... Mais nous savons tous les deux, je pense, que nous ne pourrons prévoir quand cet œuf éclora. Et nous ne pouvons pas prendre le risque que l'être vulnérable qui en sortira soit aperçu... Il nous faudra avoir trouvé un endroit sur avant qu'il casse sa coquille. Mais pour l'heure... Espérons déjà que son géniteur ne nous pose pas de problème »

    C'était trop tard. L'espoir avait fait son chemin profondément, et malgré mes paroles contraires je me laissais croire quelques instants à mon retour à Renhanda. J'aurais aimé que ce moment soit mille fois dans mes rêves au lieu de ces cauchemars épuisants.
    Mais je me rappelais encore la dernière fois... Hanegard était sur le départ, Liliana m'avait aussitôt reproché le fait que j'allais devoir repartir, Dastan avait boudé mon départ... et j'avais eu le cœur déchiré par les pleurs d'Elyan. Leurs vies continuaient sans moi et il me fallait m'y résoudre. C'était sûrement ça le plus dur sacrifice qu'exigeait Néera de moi. Leur absence me pesait évidemment... Mais savoir que je n'étais plus là dans leur vie, que je ne partageais plus rien de leur quotidien... Cela me pesait d'avantage. Et je priais la Déesse qu'elle ne me laisse pas devenir une étrangère,

    Arthur rompit à nouveau le silence et me posa une question qui sous son allure banale et sur le ton léger de la conversation, était en fait très personnelle. Qu'est-ce que cela représentait pour moi d'être la Gardienne de Néera ?
    Personne ne m'avait jamais posé cette question ? A vrai dire je ne me l'étais même pas posée moi même.

    « - Et bien, à vrai dire je n'ai jamais vraiment eu le temps d'y réfléchir. C'est un immense honneur pour moi d'avoir était choisi par la DameDieu pour la servir. Même si, parfois, c'est difficile de comprendre sa volonté, je sais que ce que je fais, je le fais pour Elle. Je n'ai pas vraiment eu le choix, on peut difficilement dire non à une déesse. Parfois je suis désespérée par ce rôle qu'Elle m'a donné, par les sacrifices qu'Elle exige de moi, mais j'ai foi en Elle. J'ai bien conscience de n'être qu'une fourmi dans un univers qui nous dépasse tous, mais j'espère de tout cœur parvenir à accomplir ce qu'elle attend de moi. »

    Etais-je fière de l'attention que me portait la Déesse ? Je ne l'aurais pas dit ainsi. Certes savoir qu'Elle me portait une attention particulière me touchait profondément même si je n'arrivais toujours pas à m'expliquer pourquoi son regard s'était arrêté sur moi.

    « - Et vous Arthur ? Je vous ai rencontré dans un campement au milieu de nulle part entouré d'hommes d'armes... Vous m'avez expliqué pourquoi vous recherchiez le dragon, mais pas ce qui vous empêche de rentrer chez vous ? Mais vous n'êtes pas obligé de me répondre. »

    Après tout le chemin s'annonçait long, alors autant faire plus ample connaissance, surtout si nous étions destinés à faire un long voyage ensemble.
    Il me faudrait d'ailleurs penser, une fois l'oeuf trouvé, à comment j'allais expliquer ce nouveau changement de programme à Hanegard. Mon époux était quelqu'un de patient et de compréhensif... Mais d'un tout petit peu jaloux sur les bords.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Dim 7 Juin 2015 - 21:07

« Pour pouvoir rentrer chez soi, Jena, il faudrait encore qu'un tel lieu existe… »

C'était dit d'une curieuse manière, la tristesse était présente, mais aussi un humour, une ironie, il n'était plus un lieu qui l'appelait, lui évoquait son chez lui, aucun dans lequel il souhaitait demeurer plus que quelques jours. Il se voyait fort bien errer à travers les terres, voir plus loin, jusqu'à ne plus pouvoir poursuivre sa marche, alors il attendrait que Tyra vienne l'emporter et le ramène près de Roxane, et alors, il serait chez lui, à supposer qu'il en possède encore la conscience à cet instant.

« Il n'y en a plus un seul pour moi… Du manoir que possédait ma famille et dont je refuse aujourd'hui l'héritage, même si je pouvais encore y prétendre, de cette cabane que je ne souhaiterais posséder de nouveau que pour offrir une sépulture à ma compagne dans ce lieu qui représentait tant pour nous avant de la confier à mon ancien intendant, si il vit toujours, pour lui offrir une fin de vie paisible, récompensant ces années d'une loyauté incomparable. »

C'était des choses auxquelles il pensait depuis qu'il envisageait un retour en Péninsule… L'ensemble des choses qu'il aspirait à retrouver ou à récupérer, et ce qu'il en ferait, une fois obtenue… Il s'était même dit qu'il serait sans doute prêt à faire un sale travail pour en permettre la réalisation, un faible prix pour lui, pour rendre concrets les seuls souhaits qu'il avait encore, véritablement.

« C'est pour cela que tant qu'il n'y aura qu'un œuf, je demeurerais non loin de chez vous, pour que vous puissiez retrouver votre foyer, votre époux, vos enfants. Il y a un lieu où on vous attend, où on a besoin de vous, il n'y a rien de tel pour moi, aussi, tant qu'il sera possible de faire ainsi, je vous permettrais de les voir, et leur permettraient de vous revoir. »

Il ne pourrait pas accepter de priver lui-même une autre de ce dont on l'avait lui-même privé, d'autant qu'elle lui offrait peut-être une opportunité nouvelle de donner un sens à sa vie, il considérait dès lors que se serait un retour de faveur, mais il considéra une possibilité d'augmenter le bénéfice de l'effort qu'exigerait cette faveur, pour lui-même, à stagner en un endroit qui ne lui évoquerait rien. Aussi osa-t-il une proposition.
 
« Tout ce que je vous demanderais en retour, c'est alors d'user de votre influence pour me permettre de récupérer cette cabane dans les montagnes, en Ancenis. Qu'en dites-vous ?»

Il ne concevait pas de proposer un marché, au départ, mais la chose lui était soudainement venue, il y avait là un biais pour récupérer cette maison, cet endroit, sans avoir à payer un prix qu'il ne voulait ou ne pourrait se permettre.

Avec tout ça, il en avait oublié de dire quoique ce soit sur son statut de Gardienne, difficile, avec tout cela, d'y redire quoique ce soit, ce sont bien d'autres pensées qui, l'instant d'après, l'avaient submergé… Il se souviendrait, il reparlerait de cela une fois la chose passée, car la curiosité d'une jeune femme qui se sent contrainte par une Déesse dont l'une des valeurs capitales était le Choix, c'était une chose qui ne manquait pas d'intérêt.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 8 Juin 2015 - 11:51

    J’écoutais parlé Arthur de ces endroits qui furent un jour ses foyers mais au aujourd’hui ne semblaient plus avoir la même valeur à ses yeux. Pouvait-on réellement se sentir sans chez soi ? Je n’avais pas perçu l’étendue de ce que pouvait être la vie de ce chevalier errant, en fait je ne m’étais guère attachée au « errant »… Maintenant cela prenait un tout autre sens et je ne pouvais que me sentir désolée pour lui. Cet homme était loin de mériter les malheurs qui s’étaient abattus sur lui. Le Destin avait été cruel et je priais pour que Néera soulage un jour son âme. Je me promis dès lors de rajouter à mes prières une pensée pour cet homme qui, presque à nouveau sur le ton le plus banal du monde, me confirmait qu’il ne verrait pas d’inconvénient à patienter quelques temps près de Belrtod.

    « - Merci Arthur. Vos paroles me touchent plus que vous ne pourriez l’imaginer. »

    Il me parla alors d’un retour, d’une aide en échange du temps qu’il acceptait de passer en Velteroc. Je fronçais légèrement les sourcils au-dessus de mon regard voilé mais à l’entendre, je trouvais sa demande plus que raisonnable. Il aurait pu me demander bien plus…

    « - Je vous promet de demander l’aide de mon époux. Peut-être saura-t-il comment récupérer cette cabane, si elle est habitée, s’il y a un moyen quelconque de l’acquérir... Je suis certaine qu’il vous aidera mieux que moi !»

    J’espérais qu’il comprendrait que je pouvais difficilement user de ma position de Gardienne pour récupérer cette cabane perdue au milieu de l’Ancenis. L’Ordre de Néera était fondé sur l’absence de bien personnel, pourquoi une Gardienne viendrait réclamer une cabane… Et pouvais-je réellement forcer les choses du fait de mon statut ? Je me voyais mal agir ainsi. Je préférais laisser le soin à mon époux de régler ce genre de question.

    La piste commençait à monter un peu plus, rendant la progression un peu plus lente. Le silence était retombé mais je finis par le rompre pour poser la question qui me brûlait les lèvres depuis notre conversation à cœur ouvert à l’auberge.

    « - Arthur, pardonnez-moi d’avance, mais il y a une chose que j’aimerai comprendre… Lorsque nous nous sommes rencontrés, je vous ai proposé mon aider, une sorte de faveur si vous acceptiez de m’accompagner. Quand vous m’avez raconté pour votre compagne … J’ai pensé que vous voudriez peut-être savoir… J’ai ressenti ce besoin de comprendre lorsque je vous ai touché et pourtant vous ne m’avez jamais posé cette question … Je ne prétends pas avoir une réponse à vous offrir, mais j’aimerai comprendre pourquoi… Alors que vous pouviez quasiment tout me demander, vous n’avez pas posé cette question là ? »

    Oui, c’était une question plus que personnelle, de l’ordre de l’intime même. Mais après tout … j’étais Prêtresse et Gardienne de Néera, j’avais entendu les confessions de tant de personnes. Et puis je doutais que Caïn entende quoi que ce soit, et même si c’était le cas, l’homme de confiance de mon époux était quelqu’un de très discret !

    Je m’étais déjà demandée de nombreuses fois ce qu’il serait advenu si Arthur m’avait demandé ce qui était arrivé à sa compagne. Néera aurait-elle répondu à ma demande ? Je n’en avais aucune garantie, après tout elle n’avait pas toujours répondu aux demandes des fidèles que j’avais rencontrés à Beltrod. Lorsque la rumeur de ma présence à Velteroc s’était répandue, des hommes et des femmes de toutes origines sociales étaient venus me voir. J’avais entendu certains d’entre eux, relayant leurs demandes à la Déesse. Je n’avais pas eu beaucoup de réponse, mais il était arrivé qu’Elle intervienne dans mon Esprit. Peut-être que pour Arthur Elle aurait fait la même chose.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 11 Juin 2015 - 18:58

« M'importe peu la manière, de même que l'échec, dès lors que vous tenez votre promesse et essayer. »

Il ne comprenait pas en quoi l'époux de la jeune femme aurait davantage de chance, tout conseiller qu'il pouvait être pour Nimmio, il n'avait guère d'emprise sur l'Ancenois, alors qu'une Gardienne pouvait influencer le Culte lui-même fort présent et influent là-bas… Culte qui devait par ailleurs lui rester sympathique, dans une certaine mesure, il avait des rapports potentiellement tendus avec les Chouettes d'Argent, pas avec le Culte de Néera et Primepreste.
Mais peu importe, elle essayerait, c'était le plus important, et plus qu'il n'espérait obtenir au départ, n'ayant qu'envisagé sur le tas une telle option.

Jena posa alors une curieuse question, du moins, la suggéra puisqu'il ne trouva pas de formulation complète dans ses mots, mais la réponse allait de soi, et il se montrerait parfaitement honnête, il n'y avait rien à cacher, surtout pas après s'être ouvert comme l'autre jour, ce serait là que de menues révélations sur sa personne, sur la manière dont il envisageait ces sujets.

« A vrai, cela ne m'est même pas venu à l'esprit… J'ai accepté ce que je crois être la réalité. Poser la question, c'était la garantie d'une déception et d'une souffrance, quelque soit la réponse… La confirmation de sa mort n'aurait rien changé à ma situation, l'idée qu'elle soit en vie m'aurait fait un grand tort car cela aurait signifié qu'elle se trouvait quelque part, que j'avais été incapable de la trouver, peut-être aurait-elle été hors de ma portée, et le savoir ne m'aurait pas réconforté. »

« Ainsi, ennuyer la Déesse avec une question à laquelle j'avais déjà ma propre réponse n'avait aucun sens, aucun motif… Je préfère chercher à comprendre le sens à tout ceci, à supposer qu'il y en ait un, aller de l'avant, retrouver une piste, une raison de continuer à vivre et à me battre. C'est ce qu'elle aurait voulu. »


Il espérait que la réponse ainsi formulé satisferait la curiosité de la jeune femme, et il se concentra sur sa route, regardant de temps en temps le ciel, bien conscient que Monarth était à présent trop loin pour être perçu.


* * *


Quatre heures s'écoulèrent avant que le reptile volant ne revienne de sa première escapade, et il n'avait pas chômé, sans pour autant s'épuiser à la tâche, profitant des courants aériens pour se laisser porter et s'économiser. Et il était porteur de quelques nouvelles, mais elle n'était pas forcément bonne, voir potentiellement inquiétante, quoiqu'il serait possible d'y faire quelque chose, il n'y avait là encore rien qui soit insurmontable.

Montre moi.

Et les images circulèrent… C'était une chose des plus délicates, et il allait devoir faire un certain exercice, assisté par Monarth, pour tirer les choses essentielles. Les pensées, c'était une chose finalement aisée, c'était une communication élémentaire, on pouvait ne pas saisir des principes, des concepts étrangers ou incompris de l'un ou de l'autre, mais mise à part cela, leur façon d'être permettait une compréhension dans une telle situation…
Il s'agissait là de souvenirs, d'images… Et c'était là une chose bien différente, et Arthur devait faire avec des souvenirs qui lui étaient étrangers, de la forme qu'ils prenaient. Bon, il fallait relativiser, ça n'était pas sa première fois, mais il doutait que son esprit s'adapte un jour, surtout qu'une telle expérience n'était pas fréquente. Fort heureusement, Monarth, bien conscient de cette difficulté l'assista et lui montra l'essentiel, tout du moins, ce qui l'était pour l'homme, car lui-même s'était attaché à bien d'autres choses.
Une petite troupe… Des cavaliers, une dizaine… Le détail autant que l'habitude de Monarth dans cette discipline lui permit d'aller jusqu'à supposer des chevaliers, au vue de l'équipement… A une quinzaine d'heures… Non, à peine plus d'une demi-journée… Moins que cela si on supposait que leurs chemins se croiseraient. Il faudrait agir… User de Monarth pour anticiper la rencontre et l'éviter ou bien « cacher » Jena et les attributs qu'elle mettait trop en avant à son goût, et baratiner en fonction sur l'instant, ce qu'il faisait fort bien.
L'autre information, intéressante également, c'était la présence, à environ trois jours de marche, d'un village dans les montagnes… Ce pouvait être une première étape qui apporterait quelques éléments supplémentaires, et des pistes pour les ruines, à supposer que Monarth ne trouve rien d'autre d'ici là.

Merci, tu peux te restaurer et te reposer.

Et le dräke accueillit la chose avec enthousiasme avant d'enrouler sa queue autour du cou de l'humain pour se maintenir ainsi plus fermement en place. Il semblait avoir déjà mangé sur la route de retour, une petite proie sur laquelle il avait fondu.

« Monarth vient de me rapporter la présence d'une petite troupe d'une dizaine de cavaliers, probablement des chevaliers, à une demi-journée, peut-être moins. Peut-être sans rapport, mais il vaut mieux être prudent… A cela deux solutions, je vous laisse décider… Soit on fait ce qu'il faut pour les éviter et les laisser nous passer sans qu'ils nous voient, soit vous vous changez, Jena, et affichez bien moins votre statut, et lorsque nous les croiserons, si ils décident de nous aborder, je baratinerais. »

Il fallait voir comment la jeune femme réagirait à sa proposition, et surtout la décision qu'elle prendrait.

« Autrement, à trois jours de marche, donc probablement moins avec nos chevaux, il y a un village dans les montagnes. Je vous propose de nous y rendre, peut-être pourrons-nous y glaner des renseignements sur les ruines, si jamais dans ce délai, Monarth ne trouve rien d'autres pour nous aiguiller. »
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Ven 12 Juin 2015 - 11:01

    Je méditais les paroles d’Arthur longtemps après que le silence se soit installé sur notre petit groupe. En un sens, je pouvais comprendre son choix. Ne pas savoir lui permettait de ne pas souffrir de la réponse… Mais à sa place, ne pas savoir m’aurait tué à petit feu. Il m’avait répondu sans la moindre gêne et toujours sur ce ton si simple qui caractérisait nos conversations, mais j’espère ne pas l’avoir heurté par ma question.
    Les heures s’étirèrent et nous progressions tantôt lentement, tantôt un peu plus vite, cela au gré des chemins escarpés et des plaines jalonnant notre parcours. Il ne semblait pas faire très beau, j’aurais dit que le ciel devait être couvert, parce que je ne sentais pas les rayons du soleil printanier caresser mes joues, mais il ne faisait pas humide non plus donc je pouvais espérer que la pluie ne soit pas du voyage pour la fin de cette journée.

    Monarth revint bientôt, interrompant mes réflexions sur la météo et les paysages qui nous entouraient mais que je ne pouvais pas voir.
    Pendant plusieurs minutes une conversation silencieuse sembla lier la créature et Arthur. Je ne fis aucune remarque, ne voulant pas interrompre leur échange. Les paroles qui suivirent me firent hausser les sourcils.
    Déjà ? Comment des chevaliers pouvaient être aussi avancés que nous ? Ah moins qu’ils n’aient reçu les mêmes informations que moi lors de ma rencontre avec le Blanc et quasiment au même moment, je ne voyais pas comment un groupe d’homme pouvait nous avoir quasiment devancé…
    La suite des paroles d’Arthur m’étonnèrent également. Me changer ? Mais pourquoi donc devrais-je me changer ? Je ne voyais pas en quoi ma tenue d’une simplicité affligeante pouvait être un problème. Elles étaient loin les robes de soie brodées d’or que j’avais pu porter à Alonna… Cette robe blanche rappelait certes mon statut de Prêtresse mais… enfin mon regard aussi était sûrement un brin problématique mais… Bon soit, il fallait peut-être reconnaître que pour quelqu’un d’averti je pouvais être reconnaissable.

    « - Quoi que nous fassions concernant le groupe d’homme, si vous jugez qu’il faut que je … passe un peu plus inaperçue alors je ne vois pas d’inconvénient à quitter mes vêtements de prêtresse. »

    « - Vos vêtements de voyage sont dans un de ses sacs. Je vous les récupère. »

    J’étais étonnée que mon compagnon de voyage sache que des vêtements de voyage avaient été mis pour moi dans un sac. Je suppose que Clarys le lui avait donné avant que nous partions de Beltrod. J’entendis Caîn descendre de selle et se diriger vers l’âne qu’il faisait avancer derrière lui, attaché à une longe. Il farfouilla quelques secondes et revint près de moi avec le tas de vêtement dans les mains. Il m’aida à descendre de mon cheval et je restais plantée là un grand sourire aux lèvres.

    « - Je suis peut-être aveugle messieurs mais je sais que ce n’est pas votre cas donc… tournez-vous le temps que je me change ! Et toi aussi Monarth ! »

    Je sentis la gêne et j’imaginais fort bien le rouge monter aux joues de Caïn. Il me guida à un endroit qu’il m’indiqua comme étant « discret » et il retourna vers les chevaux.
    J’effilais le pantalon que j’avais eu l’habitude de porter à Alonna lorsque je partais à cheval, et une chemise en laine suivit d’un corset contre lequel je luttais une longue minute. Finalement je parvins à le lacer mais je pestais encore lorsque j’émergeais de derrière les arbres et que Caïn vint vers moi pour me guider vers mon cheval.
    Pour clore mon changement de tenue, je repassais sur mes épaules ma cape de voyage sombre, nattais mes longs cheveux et passais sur mes yeux le même bandeau qui avait servi à Karhak. Je remontais en selle en appréciant la sensation de liberté qu’offrait le port du pantalon.

    « - Maintenant que ceci est réglé. Nous devrions continuer d’avancer normalement. Si nous les croisons ils pourraient peut-être nous en apprendre un peu plus sur leur propre quête. Et… vous baratinerez pour le reste ! Je vous fais confiance. En revanche, s’ils sont à une demi-journée, nous devrions peut-être ralentir l’allure et camper pour la nuit à une distance raisonnable de leur groupe. Je préfère les croiser en plein jour. »
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Arthur
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 18 Juin 2015 - 16:08

Elle pense vraiment que je… 

Je crois surtout qu'elle pense que je pourrais te le demander…

Ah… Ces humains…

Comme tu dis.


Et ils s'étaient détournés de la jeune femme pour se replier sur eux-même, laissant à Jena l'intimité qu'elle réclamait pour se complaire dans celle qu'ils partageaient.

Pendant que j'y pense, tu m'as toujours pas raconté comment ça c'était passé chez la marchande, et avec euh… la bleue.

Itarillë.

Oui, voila, alors ?

Oh, nous avons beaucoup partagé, il y avait bien longtemps que je n'avais plus croisé un tel esprit, la tête pleine de voyages ! Par contre, avec la… marchande… Il semble que mes intrusions et ma curiosité ait été pour le moins mal perçues, et ton message accueillit comme une délivrance, pour ne pas dire une façon « polie », comme vous penseriez, de se débarrasser de moi.


Il sourit à cette idée, se doutant bien des troubles que pouvaient provoquer un esprit aussi curieux et indépendant autant qu'indomptable tel que celui de Monarth. Il laissait pour sa part une liberté complète, se contentant d'avertissement comme avec Jena, moins pour lui-même que pour la santé mentale du dräke qu'un contact possible avec une Déesse, quoiqu'il ne reconnaissait pas ce concept, pour ce qu'il en savait, tout au moins une puissance étrangère un peu trop grande et impénétrable par ses talents, pouvait mettre à mal. Il ne se voyait pas limiter le dräke, ou le contraindre, dans sa manière de se comporter comme de voler, en dépit de ce que pourrait penser ses propres congénères.

« Je serais plutôt d'avis de ne pas leur dire, ni tenter d'obtenir le moindre renseignement d'eux, sauf ce qu'ils pourraient par eux-même nous révéler de leurs propres motifs. A supposer qu'ils soient de ces hommes qui cherchent également l’œuf, ne leur offrons pas même le commencement d'un cheminement de pensées qui les conduiront à supposer quoique ce soit. »

D'ailleurs, tu devras rester à l'abri des regards, au plus nous serons communs, au mieux nous nous porterons. Même si j'aurais apprécié t'avoir dans leurs têtes.

« Nous obtiendrons probablement ce dont nous avons besoin au village, inutile d'en faire davantage. »

D'autant qu'il pouvait s'agir d'une troupe de chevaliers aux motifs totalement étrangers à leur quête, aussi valait-il mieux se contenter d'écourter au plus la rencontre qui aurait lieu, et il avait bien des solutions de repli… Des méthodes dont il ne parlerait pas avec la jeune femme qui pourrait désapprouver mais qui serait peut-être nécessaire.

« Dans tout les cas, je suis d'accord, nous nous arrangerons pour ne pas leur tomber dessus avant demain. »

Parcourir une grande distance était moins important à ses yeux que de permettre un voyage dans les meilleures conditions, il voulait un délai au lendemain pour se préparer à cette rencontre qui pouvait fort bien se limiter à des salutations courtoises et un « bonne route » en passant, mais il fallait envisager également le pire des scénarios.

A la nuit tombée, je veux que tu repartes en vadrouille… Cherche des feux, tu trouveras les hommes bien plus facilement.

Dans ces montagnes, quelques hommes pouvaient passer inaperçus, même à l’œil vigilant de Monarth, tout au moins le jour. Mais la nuit, les feux qu'ils allumeront les trahiront tous. L'information était une chose primordiale, et il considérait bénéficier d'un certain avantage avec Monarth là-haut, d'autant que le Blanc ne semblait pour l'heure pas avoir montré le bout de son nez, et si ce dernier jouait double-jeu, il ne pouvait pas encore orienter leurs concurrents comme le faisait le dräke.

Ils montèrent le camp bien avant que la nuit ne tombe, et avec les informations que lui rapporta Monarth, Arthur put établir un plan plus précis de la situation, et de la manière de mener les choses le lendemain selon le rythme que pourrait poursuivre ces chevaliers et eux-même.
Et le rapport du dräke de sa cueillette nocturne fut aussi intéressante… Un petit groupe d'hommes d'armes à pied suivait semble-t-il de loin les traces des chevaliers, tous venant du sud, et un campement de marchands dont il estimait pouvoir négliger la menace pour le moment, sauf à constater un comportement anormal la nuit suivante.

Il laissa à Jena et Caïn tout le temps de se lever et de s'apprêter, de manger un morceau, il n'y avait pas lieu de se presser, surtout si on voulait croiser les chevaliers en journée, et Monarth reparti peu avant eux pour sa ronde matinale, il devait se concentrer sur les ruines, Arthur considérant avoir suffisamment d'informations pour anticiper les prochaines rencontres.

« Monarth a repéré deux feux en plus de celui des chevaliers, des piétons armés venant du sud, une demi-dizaine et des marchands. Les derniers sont probablement à négliger, mais nous continuerons de les avoir à l’œil. Quant aux chevaliers, nous devrions les croiser dans la matinée, je ne les imagine pas traînant au matin. »

Il était plutôt optimiste, et espérait être contagieux à ce sujet, les informations pour l'heure étaient finalement assez encourageante, et Monarth remplissait sa tâche avec autant d'efficacité que de brio, leur conférant un temps d'avance et une capacité à anticiper les événements.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 23 Juin 2015 - 20:07

    Cette nuit à la belle étoile avait été un peu plus fraîche que les précédentes, peut-être parce que le ciel avait été parfaitement dégagé, laissant voir les milliers de points brillants. J'avais veillé tard cette nuit, mes yeux morts fixés vers ce ciel que j'aurais du pouvoir voir. J'avais prié de longues heures, récité les mots que je connaissais par cœur, j'avais adressé comme chaque soit demandé à la Déesse de veiller sur Hanegard et sur nos enfants et je m'étais endormie le cœur un peu plus léger. Mais encore une fois mon sommeil avait été troublé. Des cris, du sang et de la fumée, ces images revenaient sans cesse. Quand Caïn me secoua doucement l'épaule pour me réveiller, je grognais même, persuadée que je ne m'étais assoupie qu'une minute.
    Pourquoi devais-je voir ces horreurs ? Ces visions n'étaient assorties d'aucune légende, je ne savais pas s'il s'agissait d'événements passés ou à venir, je savais juste que c'était une réalité...

    Je me traînais hors de mon couchage et restais silencieuse le temps de manger un morceau et de ranger mon paquetage (bien que Caïn fasse toujours le plus gros du travail).

    « - Vous semblez encore avoir trop peu dormi Dame Jena »
    « - Ne vous en faites pas Caïn, tout va très bien... »

    Nous avions fini par rejoindre Arthur qui finissait de seller son cheval. Il nous informa que Monarth avait fait un repérage très efficace dans la soirée et qu'il venait de repartir à la recherche de ses fameuses ruines.
    C'est avec un peu plus de précision que nous reprîmes la route. Il fallait reconnaître que le dräke était d'une utilité indéniable. Il était nos yeux dans le ciel et grâce à lui nous pouvions anticiper nos prochaines rencontres.
    Et une fois de plus Arthur vit juste. En fin de matinée, alors que nous arrivions à l'embranchement d'un col, nous vîmes scintiller sur la route qui redescendait par l'autre versant, les armures d'un groupe de chevaliers. Il était neuf, sans même les voir j'en avais la certitude... je ne m'attardais pas sur cette sensation étrange de savoir quelque chose que je n'aurais pas dû.

    Ils ne semblaient pas hostiles, après tout notre petit groupe de voyageurs était loin de pouvoir les effrayer aussi nous abordèrent-ils gaiement.

    « - Olà voyageurs, nous ne nous attendions pas à croiser d'autres pauvres âmes dans ses montagnes. Êtes vous des commerçants en route vers le village en haut du col ? »

    Je gardais ma tête baissée sur les rênes de mon cheval. J'avais à nouveau placé le bandeau sur mes yeux pour éviter d'attirer l'attention et visiblement ça marchait à merveille puisque visiblement personne ne se souciait de moi.
    Caïn imita le chevalier et mit pied à terre pour lui serrer la main qu'il lui tendait. Visiblement ce groupe d'hommes avançaient sans pensée hostile. Du moins je l'espérais.

    « - Effectivement nous nous rendons au village. Parait qu'il y a quelqu'un qui pourrait soigner ma... sœur. »

    Je souris intérieurement de la réserve de Caïn. C'était un brave soldat, dévoué à mon époux et sa fidélité l'empêchait même de se faire passer pour mon mari. Je ne savais pas exactement si Arthur et lui s'étaient mis d'accord à propos du fameux baratin à tenir à ces chevaliers, mais après tout pourquoi pas.

    « - A Olyssea on nous a dit qu'il y avait un vieil ermite là haut qui avait vécu longtemps chez les elfes et qu'il pourrait connaître quelques remèdes. Et vous qu'est-ce qui vous amène dans ces montages ? »

    La question était posée en toute innocence mais nos trois paires d'oreilles étaient pendues aux lèvres du chef de ce petit groupe.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Sam 27 Juin 2015 - 12:16


Enguerrand salua la déclaration du voyageur d'un profond signe de tête.

« Vous m'en voyez navré. J'espère que Néera dans sa clémence mettra fin à vos malheurs et que vous trouverez ce que vous allez chercher d'un si bon pas. »

Mais lorsque ce fut au tour de la petite troupe d'expliquer les raisons de sa présence, un autre chevalier prit la parole. Brun, l’œil brillant, le nez aplatit et le doit droit, celui qui marchait en tête arborait l'air fier et le sourire communicatif de ceux qui aiment être admirés.

« Je me nomme Gilles de Montclair et une mission nous a été confiée par le Dragon Blanc lui-même. » Commença-t-il, un orgueil non dissimulé dans la voix. « Nous devons retrouver et protéger son fils. Il nous a envoyés ici pour rencontrer une Dame liée à lui qui nous guidera dans notre quête. »

Un sourire dépité naquit cependant sur ses lèvres lorsqu'il continua.

« Hélas j'ai bien peur que nous n'en sachions que peu sur cette femme. Mais au vu des dangers que pourraient représenter cet animal s'il tombait entre de mauvaises mains, nous n'abandonnerons pas. »

Pour une troupe lancée sur les traces d'un mirage, ils paraissaient étonnamment joyeux. N'étant pas pressés, ils avaient calqué leur rythme sur celui des voyageurs pour leur répondre. Pourtant, l'un d'eux, dont la joue était marquée d'une large cicatrice, observait attentivement le petit groupe depuis son apparition. Il détaillait particulièrement la femme aux yeux bandés, mais son regard n'était pas lubrique pour un sou.

Sa voix était bien moins clinquante et chaleureuse que celles de ses compagnons lorsqu'il prit la parole pour s'adresser au gaillard qui avait présenté cette femme.

« De quoi souffre votre sœur exactement ? »

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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 30 Juin 2015 - 18:32

« Un dragon , rien que ça ! Les chevaliers se lassent des exploits guerriers et revisitent les vieilles histoires maintenant ? »

Avec ses allures de simple reître, il pouvait bien se permettre une petite vacherie envers ces chevaliers, d'autant qu'à juste titre, en supposant qu'il ne savait rien des dragons, en rire serait la manière de réagir la plus naturelle qui soit à cette annonce de « recherche de dragon », faisant écho aux nombreuses histoires et contes qui pouvaient se raconter un peu partout.

Pour lui-même, il se surprenait du manque complet de discrétion dont faisait preuve ces chevaliers, ils ne cachaient rien de leurs intentions, mais le plus curieux était la manière de présenter la chose… Comme si le Dragon Blanc était une entité connue et reconnue de tous, l'invoquant comme un autre aurait dit s'être fait confié une mission par Néera elle-même, alors que la chose ne parlait à personne, voir pouvait sonner comme une complète hérésie. Mais il n'allait pas s'en plaindre, au vue du caractère du bonhomme et avec sa petite provocation, peut-être allait-il obtenir des petites informations sans même avoir à faire montre du moindre intérêt pour la chose, et ça, ça lui plaisait.

Bref, il y avait ce loustic qui se gonflait d'orgueil, énonçant sa quête et qui, sans doute, la criait à qui voulait bien l'entendre, et même aux autres, il y avait ses suivants, et il y avait le balafré dont l'attitude n'échappait pas à Arthur, il était soupçonneux, comme lui-même l'aurait été en cherchant Jena, en croisant une personne aux yeux bandés… Mais il possédait le mensonge adéquat, convenu pendant la soirée avec Caïn, et c'est tout naturellement, non sans prendre une attitude légèrement désinvolte de celui qui prend la parole sans qu'on la lui donne qu'il répondit.

« Elle a une cataracte d'après un prêtre qu'on a rencontré, et l'homme que nous allons trouver saurait la soigner, d'après lui. »

Le choix n'était pas le moins du monde anodin puisqu'il éprouverait même un examen plus approfondi, à supposer qu'ils prétendent pouvoir se le permettre, ce dont il doutait, même en cas de soupçon… Ce serait un comportement déplacé dans n'importe quelle situation, et si l'on supposait qu'ils cherchaient Jena, donc la Gardienne de Néera, se serait risqué de la froisser, ce qu'aucun chevalier sain d'esprit ne pouvait se permettre.

Il gardait simplement à l'esprit ce qui était une évidence, il lui faudrait continuer de surveiller les mouvements de ce groupe, au moins pour être convaincu que ces derniers ne les suivent pas et poursuivent leur chemin.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Sam 4 Juil 2015 - 14:21


Devant la réponse assez acerbe du voyageur, plusieurs paires de sourcils se froncèrent. Même s'ils ne devaient pas être de simple paysan vu leur maintien et le fait qu'ils se promenaient à cheval, ce genre de manque de respect n'était pas vraiment agréable. Et cela ne manqua pas... Le plus irascible de la troupe monta sur ses grands chevaux.

« Silence maraud ! Prend garde à tes paroles ! »

« Du calme ! » le tempéra tout de suite Gilles, toujours aussi grand seigneur. « Avouez que même nous, nous aurions eu du mal à croire pareille histoire il y a seulement quelques ennéades. Cette quête est notre pourtant, et nous touchons au but. Ce n'est ni le lieu, ni le moment de se courroucer pour des chimères. »

Le rappel plein d'entrain et d'assurance avait fait son office. La plupart des cavaliers avaient retrouvé leur superbe. Les autres gardaient un air maussade ou revêche. Au moins l'explication de la cataracte avait été accueillit d'un léger mouvement de tête par le sombre curieux. Il ne semblait pas décidé à creuser plus loin, plus ou moins satisfait sans doute.

Gilles lança un regard interrogatif à son ami. Mais il n'eut aucun retour, pas même un froncement de nez menaçant. Le Chevalier de tête soupira. La suspicion de Basil leur avait plus d'une fois compliqué la tâche. Autant ne pas faire trop de vague...

« Et bien nous devrions reprendre notre route pour tirer cette affaire au clair. Bonne route à vous et que Néera vous garde ! »

Aussi simplement qu'ils étaient arrivés, les chevaliers voltèrent pour reprendre leur cavalcade vers la ville.

Une fois assuré que les oreilles des voyageurs étaient à distance, Basil remonta la cohorte pour venir se placer à côté de Gilles... Mais il n'eut pas le temps de commencer.

« Qu'est-ce qui t'as pris de questionner cette pauvre femme ? »
« Et toi, qu'est-ce qui t'as paris de ne pas le faire ? Et si c'était elle ? »
« Nous l'aurions sut d'une manière ou d'une autre, voyons ! »

Cet imbécile avait sûrement plus d'air que de plomb dans la tête...

« Mais bien sûr... Ton dragon serait descendu du ciel pour la pointer de sa grosse tête blanche. Bon. Garde au moins ma remarque dans un coin de ta tête et hâtons-nous. Avec une description de celle que nous cherchons, ça sera plus facile. Et nous savons où ce rendaient ces trois-là. Nous aurons peut-être le temps de les rattraper.»

Un grand rire manqua de désarçonner le rutilant cavalier.

« Je t'en prie Basil ! Déride-toi un peu. »
« ça serait plus facile si un dragon blanc ne nous avaient pas voué à une mort certaine si nous ne trouvons pas ce foutu œuf. Allez. Il nous reste de la route a faire. »

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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 7 Juil 2015 - 11:48

    J’avais sagement décidé de laisser les hommes discourir entre eux. Mais j’en profitais pour étendre doucement mon pouvoir, je ne les voyais pas mais je pouvais voir leur âme aussi clairement qu’en plein jour. Certes je ne pouvais pas lire l’histoire, les émotions ou les désirs de la personne, mais je ressentais une sensation à sa vue… Une sorte d’intuition. Heureusement qu’il ne me fallait décrire à personne ce qu’il se produisait lorsque je faisais ça… puisque c’était tout bonne indescriptible. Après quelques secondes je conclus mon petit examen par un bref soupir. Non rien ne me semblait hautement dangereux dans les hommes que nous avions en face de nous. Si certains étaient loin d’avoir une âme purifiée par la foi, ils n’étaient pas non plus des assassins.
    Je tendis donc l’oreille à la conversation qui se tenait et je fus profondément surprise par ce que j’entendis….
    Ainsi donc Le Blanc avait confié pour mission à ces hommes de me retrouver ? Il leur avait même dit que je les aiderai dans leur quête ? C’était complètement surréaliste… Pourquoi le Dragon avait-il eu deux discours totalement différent ? Avait-il décidé de trouver « les hommes au cœur pur » lui-même ?

    Je restais silencieuse alors que l’un des membres du groupe s’interrogea sur ma prétendue maladie. Je me retins de lui dire qu’avec un bandeau sur les yeux, il était peu probable que je souffre de la cheville mais là encore je me gardais d’intervenir dans la conversation. Par chance ils ne semblaient pas savoir qui ils devaient retrouver.
    Visiblement l’excuse concernant ma cataracte sembla plus que suffisante pour combler la curiosité du voyageur et bientôt le petit groupe continua son chemin. Ils étaient maintenant devant nous et ils se dirigeaient au même endroit…
    Lorsqu’ils furent assez loin je fis approcher mon cheval jusqu’à être au niveau d’Arthur.

    « - J’avoue ne pas bien comprendre à quoi joue Le Blanc… Etes-vous sûr que nous devrions continuer vers ce village ? Maintenant que l’on sait qu’ils me recherchent nous devrions plutôt prendre de l’avance et prier pour que Monarth découvre quelque chose dans les montagnes. »

    Je n’étais pas à l’aise avec l’idée d’avoir ce groupe d’homme dans le dos, mais je préférai trouver l’œuf avant eux et avoir le temps de quitter les Monts Corbeaux avant qu’ils ne s’en rendent compte.
    Par contre il allait me falloir avoir une petite conversation avec Le Blanc, si ce dernier voulait bien se laisser contacter… « Appelle moi et je serai là » qu’il disait… Bien sûr ! Il était surtout en train de rameuter des chevaliers pour nous compliquer la tâche oui.

    « - Il faut que j’essaie à nouveau de le contacter… Je ne comprends pas ce qu’il est en train de faire. Et s’il veut s’amuser en confiant cette tâche à chaque personne qu’il croise je préfère savoir d’ores et déjà à quoi m’attendre pour la suite. Qu’en pensez-vous ? »

    Si Néera n’avait pas tant tenu à ce que je protège cet œuf, j’aurais déjà été en route vers Velteroc. Mais elle m’avait demandé de le trouver et de veiller sur lui… Alors pour Elle je le ferais sans hésitation, même si cela signifiait de devoir affronter plus tard ce groupe de chevalier.

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Arthur
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 7 Juil 2015 - 12:59

« Je ne le comprends pas non plus, mais tout ceci pourrait confirmer le double-jeu dont nous devons nous méfier. »

Il ne comprenait pas tout, il y avait des choses dans l'esprit du dragon qui lui était inconnues, mais c'était évident, mais ce comportement ne lui était pour autant pas étranger. Le tout était de savoir si il agissait de la sorte par jeu, ou avec des desseins plus profond que cela, et Arthur se serait demandé si l’œuf existait bel et bien, si Néera n'avait pas renouvelé auprès de Jena sa demande de le trouver et de le protéger, même de ce dragon.
L'autre interrogation, mais si il pouvait s'épargner d'avoir à la vérifier, était l'influence réelle de Jena sur des chevaliers et sur ceux-ci en particuliers. Si elle ordonnait une chose contraire à leurs intentions, si elle leur interdisait de mettre la main sur l’œuf, écouteraient-ils ? Il en doutait sérieusement.

« Quant au village, jusqu'à présent, je l'étais, désormais, moins. En ne nous y rendant pas, en effet, puisque c'est probablement là qu'ils chercheront notre trace, nous ne leur offrirons pas davantage d'indices, sur notre parcours et sur ce que nous recherchons. Monarth finira par trouver ces ruines, il faut miser là-dessus. »

Renoncer à de possibles indications pour une fausse piste qui ferait peut-être prendre un détour à ces chevaliers et les laisserait vide de toute indice, c'était un pari qui valait le coup d'être fait, même si ça n'assurait pas le gain de la partie qui se jouait.
Ils bénéficiaient de l'atout que leur conférait Monarth, mais tôt ou tard, il en était convaincu, ce Dragon réapparaîtrait, et si il voyait juste, ces chevaliers finiraient par obtenir de précieux indices concrets quant au chemin à prendre, si il s'avérait qu'ils possédaient trop de retard.

« Vous croyez vraiment, si il joue réellement un double-jeu, qu'il vous révélera ses véritables intentions ? »

Était-elle naïve à ce point ?

« Si vous voulez mon avis, et je le maintiens depuis que vous m'avez averti de la mise en garde de Néera, il faut bluffer avec ce dragon. Si vous vous y essayez, et si il vous répond, il vous faut réussir à jouer la comédie, à continuer de jouer son jeu… Il sera peut-être assez orgueilleux pour nous indiquer la suite, sûr de ses manigances. Si il sait que nous doutons de lui, alors il pourrait vous mentir avant d'assister davantage ceux qu'on peut considérer comme nos concurrents, et les conduire directement à l’œuf… Si sa véritable intention est de le confier aux hommes. »

Et il ne retint pas la note de scepticisme qui allait avec cette dernière hypothèse… Quand bien même l’œuf était réel, les intentions autant que le comportement du dragon était trop curieux pour affirmer qu'il désirait cela. Il y avait autre chose, une chose qu'ils pouvaient bien ne jamais apprendre, mais il y avait autre chose.

« Dans tout les cas… Si vous voulez le contacter, faites… Après cela, on accélère, il nous faut mettre le plus de distance entre eux et nous. »
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