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 Un conseil pour les gouverner tous

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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Un conseil pour les gouverner tous   Mer 13 Mai 2015 - 7:59

Milieu 7ème ennéade

La lumière du midi éclairait la vaste sale du conseil où, sous peu, prendraient place les membres du nouveau conseil royal.  Il n’avait pas été facile de réunir tout ce petit monde en un même lieu, mais le jeu en valait la chandelle.  Le Royaume avait plus que jamais besoin d’unité et les personnes qu’il réunissait en ces lieux étaient, pour lui, les plus à même de parvenir à ce résultat.

Il traversa les lieux d’un pas feutré, observant les décorations placées spécialement pour l’occasion. Les couleurs des différentes familles assiégeantes étaient représentées, symbole de leur nouvelle mission. Les places étaient chères en ces temps de renouveau et tous le savaient.
Aussi, nombreux étaient-ceux qui avaient fait le chemin pour se rendre à la capitale dès l’annonce de la prise de la ville par les troupes médianaises. Un gouvernement était tombé, un nouveau lui succèderait bientôt et l’heure était à la redistribution des cartes stratégiques.

Chacun chercherait alors à se positionner comme le meilleur des vassaux, le plus à même de porter une charge honorifique leur apportant autorité et reconnaissance. Même les seigneurs qui n’avaient, de prime abord eu que méfiance et antipathie pour Nimmio étaient venu en ce jour, espérant faire oublier par leurs accolades et remarques amicales, leurs turpitudes passées.

Mais comme l’avait très bien fait remarquer Nikolaus lors d’un entretien qui lui avait été rapporté, après une guerre, les meilleurs alliés pour gouverner sont bien souvent ceux qui, accomplissant leurs devoir, ont été les adversaires les plus résolus d’hier. Aussi, l’Archiduc du Médian serait-il magnanime, accordant le pardon à ceux qui le demanderaient et offrant des gages solides et des largesses politiques à ceux qui le soutiendraient ouvertement en renouvelant sans détour leur serment à son encontre.

L’heure n’était plus à la guerre, plus aux calculs, plus aux complots, non, l’heure était à la réunification de tous sous une nouvelle bannière, une nouvelle lignée ; celle du Phoenix et de la Chouette, celle des Velteroc et des Ancenis.

Finissant sa traversée jusqu’au Trône qui présidait la pièce, l’Archiduc qui paraissait désormais bien moins fatiguée que les semaines précédentes, s’assit avec dignité sous le regard de la Garde velterienne qui était chargée d’assurer la sécurité des lieux.  Ils avaient fière allure dans leurs armures lustrées, arborant leur hache à deux mains et se maintenant au garde à vous comme à l’accoutumée.

Les joutes verbales et politiques allaient certainement se succéder, mais, si les marges politiques restaient à définir sur de nombreux points, un au moins était parfaitement clair : La coalition avait gagnée la guerre et personne ne pouvait plus lui contester la gouvernance sur le territoire qui s’étalait du médian au langecin et intégrait les terres royales à l’exception notable de Caissa. Sur les forteresses et les remparts flottaient les drapeaux de l’alliance et les soldats, hier ennemis, fraternisaient désormais avec la population. Tels avaient été les ordres stricts envoyés à chaque capitaine et ces derniers étaient scrupuleusement respectés, le moindre écart étant lourdement sanctionné.

Une partie substantielle des hommes du médian avait été démobilisée afin de permettre aux paysans et citadins qui avaient quittés leurs terres pour participer à l’effort de guerre de s’en retourner chez eux. Les bras chargés des richesses prises sur les cadavres de l’ost de l’usurpatrice, les fiers soldats du duché devaient, pour certains, déjà avoir retrouvés leurs foyers, bien heureux d’apporter à leur famille quelques moyens supplémentaires de subsistance et l’histoire de leurs actes de bravoure qui resteraient pour longtemps gravés dans les mémoires.

On disait même que le Duc avait commandé à un artiste langecin la confection d’une tapisserie relatant les exploits réalisés lors de cette guerre afin que jamais il ne soit oublié que la justice finit invariablement par triompher de la traitrise et de la roublardise. Les dieux veillent et par le marteau de Mogar, la justice divine s’était abattue.

Mais il revenait désormais à Néera de remplir son office et de rapporter paix, unité et fraternité à ces terres qui avaient tant souffert sous le joug prédateur des traitres déchus. La guerre avait été un mal, mais un mal nécessaire pour extirper jusqu’au dernier morceau de la tumeur infâme.  La reconstruction commençait dès à présent et le clergé de la déesse serrait associé au travail comme il l’avait toujours été en Veltroc.

Enfin, demeurait un point de réflexion pour le Duc du Médian. Il s’agissait du sort des prisonniers de guerre dont il avait espéré un temps, obtenir une rançon. Plus de quatre mile hommes avaient étés emprisonnés à l’issue des combats et parmi eux, un certain nombre de hauts gradés des armées de Sainte Berthilde, Olysséa, Odélian et d’autres des ex terres royales. Si pour ces derniers, la libération était probable a court terme, une fois leur loyauté acquise, la silence des trois premiers territoires était étonnant. N’avaient-ils dont aucune considération pour la vie de ces hommes qui avaient défendus l’honneur de leurs territoires au péril de leur existence ? Étais-ce là leur sens de l’honneur que d’abandonner ceux qui s’étaient battus pour eux ? Y compris le Sénéchal dirigeant la coalition et dont la noblesse exigeait qu’une ambassade fut envoyée pour proposer une rançon.

Mais ces considérations attendraient la fin de ce conseil. Les prisonniers étaient bien traités et les le Duc savait précisément quoi en faire si d’aventure personne ne venait s’acquitter de son devoir de seigneur envers ces hommes valeureux.

Les seigneurs étaient à présents annoncés. Il se redressa droitement dans une pose de dignité et de sérénité, prêt à accueillir chacun avec les égards qui lui étaient dus au fur et à mesure que leur nom serrait énoncé par le Hérault en présence.


Dernière édition par Nimmio de Velteroc le Mer 3 Juin 2015 - 9:20, édité 2 fois
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Jeu 14 Mai 2015 - 18:40

Hanegard était arrivé seulement la veille à Diantra, et il se sentait encore tout courbatu de la fatigue d’un long voyage maritime. Mais l’heure ne se prêtait pas au repos, car l’Archiduc convoquait au château un conseil des seigneurs. Seraient présents tous les hauts personnages qui pensaient compter pour quelque chose dans le nouveau royaume du Médian, et surement une masse considérable de petits seigneurs ou de courtisans, avides de retrouver l’ambiance d’une cour royale où s’arracher faveurs et bonnes places.

Qu’en penserais-tu, Trystan ? se demanda à voix basse l’ancien baron d’Alonna.

Il lui arrivait parfois de revoir le visage de l’ancien souverain aux yeux aveugles. Ce roi, qu’il avait finalement connu trop peu de temps, restait pour Hanegard un modèle. Seul au milieu des intrigues et des trahisons, il avait su tenir l’unité du royaume et s’appuyer pour cela sur des hommes issus du peuple. La confiance dont il avait fait preuve en nommant l’ancien commandant des légions de Serramire au poste de régent puis de baron d’Alonna résonnait encore au plus profond du cœur d’Hanegard, qui jamais n’oublierait le serment de fidélité prêté au monarque à l’époque du grand tournoi royal de Diantra.


Te suis-je fidèle, ô mon roi ? Est-ce voir Nimmio assis sur le trône de Diantra que tu voudrais ?

Personne ne pourrait répondre à cette question avec certitude, mais Hanegard voulait croire que les mânes de Trystan approuvaient ce qui se passait en ce jour. Certes, le royaume était morcelé en trois : l’ombrageuse Soltaar, le Médian renaissant et les instables terres nordiques. Certes la guerre avait ravagé la Péninsule, déclenchant famines et épidémies, brigandages et terreurs. Mais ce jour scellait la fin de cet âge sombre, et les actes de Nimmio permettaient d’espérer une stabilisation géopolitique apte à favoriser une période de paix.

Oui, Trystan approuverait l’Archiduc. Il savait lui aussi que les circonstances font l’homme, et que parfois elles dictent leurs destinées.

Fermant le col de sa cape, Hanegard quitta l’hôtel où il logeait et pris la direction du palais royal, ses guerriers nains sur les talons. Il lui fallut les laisser dans la cour d’honneur, la sécurité des lieux étant assurée par la garde velterienne de Nimmio. Le wandrais se fraya un passage au milieu des masses de nobles, n’hésitant pas à forcer de sa lourde épaule le passage lorsque la foule devenait trop compacte. Cela lui valut quelques regards courroucés, mais personne n’osa rien dire. A côté des fleurets élégants des courtisans, la lourde lame de l’ancien baron manquait certes de grâce, mais on sentait qu’elle avait plus souvent qu’à son tour tranché bras et têtes.

Ayant passé les postes de gardes et arrivant enfin dans la salle d’honneur du château où Nimmio recevait les hommages des grands féodaux de son royaume, Hanegard fut annoncé par un héraut qui avait une voix inversement puissante à sa taille. Nul ne pouvait sans s’étonner voir ce petit bonhomme maigrichon tonner d’une voix de stentor qui portait dans toute la salle. S’amusant doucement des facéties de Dame nature, Hanegard s’avança sur le tapis rouge entre deux masses compactes de nobles venus assister au conseil, puis alla poser un genou à terre devant le trône de son suzerain et maître.


Votre Altesse.

L’Archiduc paraissait fatigué. Tension nerveuse du moment ou séquelles de ces rudes années passées à courir le monde à la tête de ses armées pour se tailler un royaume ? Sans doute un peu des deux. N’ayant pas pu revoir Nimmio depuis son retour, Hanegard en profita pour lui faire un rapport sur l’évolution dans les Wandres.

La situation au comptoir de Fort Norkan est désormais stabilisée. Notre alliance a été renouvelée avec les Sicambres et leurs vassaux, qui profitent de notre appui pour renforcer leur influence politique et militaire dans la région. Le roi Siegmund vous envoie ses amitiés et vous prie de croire qu’il voit en vous non seulement un allié mais aussi un frère. Nous commerçons avec les wandrais, ainsi qu'avec la cité-état de Thanor. Afin de subvenir aux besoins en nourriture du comptoir, un traité commercial a été signé avec la seigneurie de Lourmel. Les anciennes installations portuaires ont été remplacées par une digue et des quais en pierre, aptes à résister aux tempêtes hivernales de l’Eris. Leur présence n’étant plus nécessaire au Nord, je suis revenu avec les navires de la flotte de Fort Norkan qui sont désormais ancrés près de Beltrod et n’attendent que vos ordres.

Hanegard laissa volontairement de côté l’épisode relatif à la trahison des nains de Lante, et le traité jeté au feu par leur chef. Pleinement conscient de l’importance politique du moment, l’ancien baron avait oblitéré tout élément qui aurait pu porter préjudice à la gloire de Nimmio. Quand à la flotte de Fort Norkan, il ne s’agissait au fond que de deux caraques et d’une caravelle, mais cela représentait à ce stade la seule puissance maritime dont pouvait se prévaloir le Médian sur son flanc océanique.

Croisant le regard de son suzerain, Hanegard l’interrogea silencieusement, ne sachant pas si l’Archiduc souhaitait qu’il demeure durant la session du conseil. N’étant après tout qu’un simple châtelain sans responsabilité officielle, il craignait de n’avoir pas sa place au milieu du concert des puissants et pensait donc pouvoir se retirer pour aller se reposer. Mais dans le regard de Nimmio comme dans celui de son plus proche allié, le duc de Langehack, Hanegard crut lire comme une lueur d’amusement. A croire que les deux compères riaient sous cape de quelque chose qu’ils savaient et que leur vassal ignorait.



Dernière édition par Hanegard Kastelord le Mar 2 Juin 2015 - 20:00, édité 1 fois
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Duncan du Lys
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Ven 15 Mai 2015 - 11:04

Le premier jour, ce fut douloureux. L'appui, fait d'ébène et d'hêtre, souffrit de la main de son nouveau maître un appui si fort que celle-ci devint blanche, tant la pression fit fuir le sang des veines. Celle-ci ne pouvait s'empêcher de vaciller imperceptiblement, tandis que d'incompréhensibles gémissements accompagnaient la progressive rectitude des jambes du Lys. Il déclara finalement forfait, le visage et le front, ensemencé de perles de sueur. Il se rallongea brutalement, épargnant sa jambe de douleurs ultérieures.

Le troisième jour, il s'aida de ses deux mains, saisissant avec une vigueur pâlotte deux béquilles de bois. Il replia sa jambe, afin que son pied atteint n'effleure pas le sol. Les lèvres légèrement entrouvertes, il y glissa sa langue pour les humidifier et se donner du courage. Il osa un pas. Puis un deuxième. Le troisième lui fut fatal, et une béquille lui fit défaut, le projetant au sol dans un cri. On l'aida à se relever avec douceur, et on le rallongea.

Le sixième jour, il put se lever. Faire quelques pas. Oh, certes, la douleur était là. Elle le serait toujours, inconsciente mais omniprésente. On le lava, se contentant de baigner son pied droit, atteint de la goutte, dans un bassin d'eau tiède. La prudence engendrée par la peur provoquait la douleur qu'il attendait. Il serra ses dents si fort qu'on put croire qu'elles allaient se briser. Et par des soupirs, courts, intenses mais nombreux, il glissa son pied dans la bassine. Les souffles se firent plus longs, témoins du soulagement du fait que la douleur ne l'avait pas assailli.

Au huitième, on put le vêtir. A son pied atteint, on osa même y glisser des bandages propres, et une botte large. On lui donna la canne, et il put quelque peu marcher. Durant presque trois énnéades, la goutte cloua le Lys sur un lit. Du Médian à un hospice digne de ce nom, on le transporta sur une civière, tel un infirme dont la pâleur du visage ne pouvait que difficilement présager la survie. Lorsqu'il fut en état de voyager - avec les milles précautions dont on se doute, il formula le souhait de se rendre à la capitale. L'heure était cruciale, et il était hors de question pour le Lys d'être absent à l'un de ces événements qui change le cours du siècle.

Son teint avait pu récupérer quelques couleurs, ténues quoique belles. Ses yeux verts étaient rivés vers le sol, sans réellement penser à l'instant présent. Ni le tumulte ou la puissante voix du héraut ne le tirait de ses souvenirs. On l'avait somptueusement bien paré, de l'une de ses belles tenues d'apparat. Appuyé généreusement sur sa canne, il avait osé reposer son pied sur la pierre. Avec son soutien, il avait belle allure. Jeune, élégant, mais quelque peu estropié, boiteux, ainsi donc infirme. On ne l'avait point annoncé. Il n'était pas de ceux qui jouissaient de l'honneur d'être ainsi introduit avec les fastes de la cour royale. Que nenni, lui, si discret, s'était glissé parmi ceux qui, curieux, s'étaient attroupés dans la salle agitant leur droit de s'y tenir. Légèrement sur le côté, le Lys se trouvait entre la garde protégeant le Trône et celui qui y siégeait, et la masse difforme des nobles. Une vue imprenable sur les premiers conviés à l'hommage usuel. Parmi ceux-là, Hanegard Kastelord.

Oh, Duncan le connaissait bien, bien qu'il doutait que celui-ci le connaisse. Kastelord avait bonne réputation, et le soutien inconditionnel qu'il avait apporté et manifesté à l'égard de Nimmio ne pouvait que laisser présager un bon avenir pour l'ancien baron d'Alonna. Le Lys ne l'avait point rencontré. Lorsque ce dernier était au campement du nouvel Archiduc afin de s'entretenir avec lui, en compagnie de Margot, il n'avait eu le loisir de le croiser. La goutte l'avait foudroyé peu après son départ du campement, le laissant sur la touche pendant trois bonnes énnéades. Placé de manière à être vu, le Lys ne prit pas la parole. Un regard du Roi sur sa gauche, et la première personne qu'il apercevrait serait Duncan, soutenu par sa canne. Le temps ferait son oeuvre. Pour l'heure, le silence et l'observation demeuraient primordiaux.

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Ven 15 Mai 2015 - 12:58


Les Langecins étaient tous rentrés d'un seul bloc. Bien ordonnés et bien habillés, une longue colonne de nobles et d'officiers vint prendre place dans la grande salle. Tous, suivirent le duc de Langehack et le baron de Missède en prenant soin de bien s’étaler et de recouvrir toute la droite de la salle. Oschide vint à son tour prendre place sur l’estrade qui trônait au fond de l’allée centrale. Lorsqu’ils rentrèrent, la quasi-totalité des seigneurs des anciens domaines royaux étaient déjà présents, ainsi que les seigneurs Eraciens, il en reconnut quelques-uns à qui il adressa de brèves salutations. Il vit également Enrico de Montecale siégeant tout près du baron de Vallancourt, son cousin éloigné qu’il ne connaissait que d’aspect.

Oschide resta debout un long moment. L’estrade encore vide n’attendait plus que l’Archiduc d’Erac et son épouse, Blanche de Hautval. En attendant, il observa un à un les visages des seigneurs qui composeraient bientôt le futur royaume. Il retrouva ainsi la délégation d’Apreplaine à côté de celle de Vallancourt, avec le seigneur d’Altenberg au milieu de ses hommes, il lui adressa d’ailleurs un petit hochement de tête afin de le saluer à son tour.

Toute la salle semblait être plongée dans un vacarme inaudible que seule une voix bien rauque aurait pu interrompre. Pour la première fois, les nobles étaient pratiquement tous présents et s’observaient d’ores et déjà comme si chacun souhaitaient montrer sa supériorité. Il fallait dire aussi que le chauvinisme était fortement ancré dans les traditions de chaque, cela pouvait être un avantage comme un inconvénient. Pour le moment, il ne voyait que des Langecins unis. Il ne restait plus qu’à espérer pour voir un Royaume uni cette fois-ci.

L’Archiduc fit alors son apparition, accompagné de son épouse et d’une longue colonne composée de sa garde Velterienne. Cette garde avait une forte prestance et imposait le respect avec leurs longues haches et leurs disciplines de fer. Néanmoins, ses aigles de sang qui lui servaient de garde rapprochée, avaient eux aussi fières allures dans leurs armures rougeoyantes toutes parsemées d’un aigle écarlate. Une chose était sûre, ils ne risqueraient lors de cette séance.

Oschide salua l’Archiduc et le laissa s’asseoir avec son épouse. Il prit place à son tour sur l’un des sièges à ces côtés. Tant que le futur roi n’était pas couronné, il se garderait encore le privilège de pouvoir siéger à ses côtés comme un égal. Quelques seigneurs vinrent alors saluer l’Archiduc en lui promettant monts et merveilles. Puis le héraut annonça la venue d’un certain seigneur Kastelord. Il en avait beaucoup entendu parler. Nimmio semblait en faire un homme de confiance et souhaitait lui attribuer une place importante au futur conseil royal. Le Nordiste n’hésita pas à bousculer quelques épaules pour se frayer un chemin, ce qui l’amusa quelque peu, surtout si ces nobles avaient pu savoir ce que représenterait cet homme une fois le roi couronné.

Après avoir ployé le genou devant Nimmio, le seigneur Kastelord en profita pour adresser quelques rapports sur le nord, tous plus positifs les uns que les autres alors qu’il savait pourtant que la situation restait tendue, mais cela, ils en parleraient à la prochaine séance. Suite à cela, Oschide s’amusa quelque peu de voir le Nordiste s’interroger sur sa place lors de ce conseil.

-Restez avec nous, seigneur Kastelord.

Suite à cela, Oschide se leva et fixa la grande assemblée d’un regard autoritaire.

-SILENCE ! lança-t-il d’une voix qui recouvrit tous les petits commérages.

Plus aucun bruit ne vint perturber la grande salle et un silence de plomb régna pour la première fois. Le duc resta debout pour annoncer le programme de la séance.

-Nous sommes tous rassemblés ici pour une seule raison : l’avenir du Royaume. Avant le couronnement d’un nouveau souverain, plusieurs questions restent en suspens et nous comptons bien y remédier aujourd’hui même. Que les seigneurs des domaines royaux s’avancent !

Il attendit que les seigneurs prennent place devant l’estrade.

-A daté de ce jour, par le traité de Diantra et par l’approbation de l’Archiduc du Médian, Nimmio de Velteroc, les seigneurs des domaines royaux se verront réattribuer leurs fonctions baronniales en recevant un titre héréditaire. Barons d’Apreplaine et de Vallancourt, vous ne serez plus liés par vos serments à l’ancienne régence et deviendrez des seigneurs vassaux à part entière du futur royaume. Lors d’un conseil qui aura lieu dans les prochains jours, nous mettrons en perspective l’établissement d’un futur duché royal. Si vous avez des questions ou des recommandations, nous vous donnerons la parole en fin de séance.

Il manquait les seigneurs de Christabel et d’Esteria -- les anciens domaines royaux --, mais Oschide avait eu connaissance quelque jours auparavant que ces terres reviendraient au Grand-duché du Médian, sans possibilité de négocier leur retour dans un potentiel duché royal. Après tout, le seigneur de Velteroc les avait eus par les armes et le sang, au contraire d’Apreplaine et de Vallancourt qui avaient donné leur reddition. Nimmio avait alors placé ses proches au sein des seigneuries, qui étaient à leurs tours entrées dans le giron de l’ogre. Ainsi, Caïssa deviendrait le futur enjeu du Royaume afin que le duché royal puisse s’agrandir même si ça ne constituait qu’un projet à réaliser sur le long terme.

- Au vu de leur victoire contre l’ancienne régente : Arsinoé d’Olyssea, qui par ses actes, a plongé le Royaume dans un bain de sang et conduit à sa division presque totale. Nous, nobles des terres alliées et fidèles au Médian, offrons la couronne à l’Archiduc du Médian, son altesse Nimmio de Velteroc, ainsi qu’à son épouse et altesse Blanche de Hautval. Nous leur offrons le trône royal et la légitimité pour exercer leurs futures fonctions de Roi et Reine du Royaume, à savoir : la défense du Royaume, la défense des intérêts publics et privés, ainsi que la puissance et la gloire de notre avenir commun.

Aussitôt, les hommes dans l’assemblée commencèrent à frapper du pied et quelques échos comme « Vive le Roi » et « vive la reine » résonnèrent dans la grande salle bondée. Il ne restait plus qu’à entendre le discours des futurs souverains.
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Ven 15 Mai 2015 - 14:47


« Foutaises ! Absurdité ! »

Romeus de Valencourt était resté calme lorsque son parvenu de cousin éloigné avait prit la parole. Un duché royal, deux mots qui ne voulaient rien dire mis l’un à côté de l’autre. Déjà, Oschide ne faisait pas mention de la petite province d’Edelys, ni de ce qu’il adviendrait de Christabel ou Esteria. Mais en bon seigneur, Romeus était resté calme, cette situation l’horripiler plus qu’autre chose. Sa famille avait toujours été attachée aux traditions, et s’il n’avait pas prêté main forte à a cousine Marguerite de Soltariel, c’était parce ce que son devoir ne lui permettait pas d’interférer dans les affaires d’autrui. Il avait toujours été un serviteur de la couronne, comme son père et son grand-père avant lui. Et les cérémonies de renouvellement des serments envers les rois étaient des moments qui emplissaient toute la famille d’honneur, l’honneur de voir cette Royal Charge remise entre leurs mains, de nouveau, une confiance renouvelé en chaque génération. D’autant plus que ces parvenus de Langehack et de Velteroc avaient osé mettre un gueux unijambiste à la tête de Béranthe sans en discuter avec lui.

Romeus n’était pas le seul à s’être montrer indigné. Il regrettait à présent de ne pas être parti avec l’Angleroy à Soltariel. Il n’était pas parti par respect envers sa cousine Margot que l’estreventine avait usurpé, mais également parce ce qu’il croyait à un renouveau, à un apaisement.


« Qui êtes-vous Oschide d’Anoszia pour prendre ainsi la parole ? Vous étiez un capitaine des compagnies royales qui a déserté le champ de bataille ! Votre comte devenu duc puis grand-duc et là archiduc s’est montré caduc. Des rires fusèrent devant la pique du comte de Vallancourt. De quel royaume voulez-vous le faire roi ? Vous avez épousé une duchesse ce qui ne fait pas de vous notre égal, votre duché a perdu ses vassaux, ne prenez pas cette air présomptueux avec nous l’Anoszia. Votre père aurait honte de vous entendre. »

Romeus jeta un coup d’œil à son comparse d’Apreplaine. Un silence s’était installé durant sa tirade, mais petit à petit des applaudissements retentirent discret mais de plus en plus bruyant parmi l’assistance des courtisans de Vallancourt, quelques nobles diantrais et edylois et non sans surprise des seigneurs de l’eraçon. Un des seigneurs qui avait fait le voyage, dissimulé derrière un courtisan d’Apreplaine, lança une pique à son voisin à voix assez haute pour se faire entendre.

« Peut-être, va-t-il torturer le seigneur de Vallencourt pour avoir son vœu de vassalité. »

En Erac, les rumeurs avaient vite circulé à propos de Léandre. D’ailleurs, son fils cadet était également présent. Harold du Lyron était comme son ainé, grand et bien bâti, pas très laid et une chevelure d’ébène qui lui retombait sur les épaules. Il s’avança jusqu’à l’estrade, où Romeus s’écarta pour le laisser parler.

« Votre Altesse. Il s’adressait à Nimmio. Votre épouse a eu deux enfants avec le Régicide que vous avez reconnu publiquement. Vous vous êtes appuyé sur cela pour ne pas reconnaitre Bohémond de Scylla comme roi du royaume des hommes, et Kahina de Soltariel comme sa régente. Vous ne pouvez pas donner une parole par là, et une autre par ici. Nombreux ici présent doute de vous, et nombreux sont vos ennemis dans cette salle. Si vous ne reconnaissez pas Bohémond, alors vous devez ici présentement déchoir de leur droits à l’héritage les enfants de votre épouse Alcyne et Astrée de Hautval car de ce qu’il parait aux premiers abords est que vous ne prenez que ce qui vous arrange des agissements de l’Ivrey et votre justice ne peut être légitime si vous prenez des demi-mesures avec d’autres. Si vous attribuez à Bohémond les fautes de son père, ce qui est de votre droit et est légitime, alors vous devez attribuer les mêmes aux enfants de sa Grâce Blanche d’Ancenis. Ceci bien évidemment n’a rien de personnel. »

Clap clap clap. Romeus sourit et applaudit, bientôt rejoint par tous ceux qui avaient de l’amertume pour le Velterien, même quelques langecins dont le duc n’avait pas entièrement acquis leur soutien échangèrent des regards entendus. Comte d’Erac, Harold était obligé d’aller en courbettes devant celui qui devait être son vassal. Il ne souriait pas, mais se contenter de défier du regard l’Anoszia et le Velterien. Ils étaient venus ici en conquérant, et réclamaient ce qui n’était pas de droit pour eux. Ils prenaient les Valencourt pour des dindons, et tous les nobles qui étaient resté loyaux à Diantra pour des cruches. Pis que tout, ils prenaient les eraçiens pour acquis, en oubliant qu’un ennemi commun pouvait unir des adversaires. Dans cette foule de nobliaux, uniquement deux avaient osé prendre la parole devant tous, rejoint par un troisième qui se fraya un chemin. Il faisait parti de la délégation ancenoise et siégeait au conseil de régence de la baronnie.

« Je ne puis dire si nous sommes là pour se voir imposer un roi ou en choisir un, mais la demande du bon seigneur Harold d’Erac mérite une réponse claire et juste. »
             

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Ombre fugace
Maître de ton destin

-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Lun 25 Mai 2015 - 1:38



La nuit d’Arkuisa de la 7ième ennéade était encore totalement couchée sur l’Apreplaine lorsque le baron Niklaus d’Altenberg s’était levé. Il avait été averti quelques heures au précédent qu’un premier conseil réunissant tous les nobles des terres sous le contrôle direct ou indirect de Nimmio de Velteroc avait été convoqué. Il s’agissait sans nul doute de la dernière ligne droite avant le couronnement de Sa nouvelle Majesté. Depuis les discussions de Niklaus avec le duc d’Asnozia, une semaine et demi seulement s’était écoulée, autant dire trop peu de temps pour que Niklaus parvienne à discuter avec ses collègues des terres royales. La venue de l’épouse de Nimmio ayant également pris une partie de son temps.

Le baron se doutait que la situation serait difficile au conseil. Les quelques échanges épistolaires qu’il avait pu avoir avec Vallencourt prouvait que ce dernier était passablement énervé de la précipitation avec laquelle l’affaire était menée. De nombreuses susceptibilités étaient à fleur de peau, le baron de l’Apreplaine l’avait ressenti rien qu’aux formes parfois griffonnées rageusement qui avait fait figure de lettre de réponse à son endroit de la part de ses collègues.

Le système politique de la Péninsule n’avait rien d’absolu, et même dans des situations moins chaotiques, il n’était pas simple d’arriver à obtenir un consensus, ou même l’obéissance rapide à des directives royales. Alors former une nouvelle royauté dans ces conditions… Rien de simple. Le baron d’Apreplaine était inquiet. Finalement résolu, mais inquiet.

Les chevaux avaient été sellés, et tout était prêt pour le départ. Le baron avait pris quatre hommes avec lui : son homme de confiance Alix Jäger, qu’il considérait comme un frère, son bras droit Auguste Waldman et Jérôme et Sigiste de Wüst, deux autres fidèles. Ils avaient discutés toute la soirée précédente autour d’un diner frugal et froid. Le baron avait donné des instructions précises, dont le silence absolu de ses hommes lors de l’audience. Partant avec cinq gardes, ils se mirent en route deux heures avant le lever du soleil pour la capitale toute proche. Au petit matin, deux heures seulement après le lever du soleil, ils étaient en ville. Le baron passa rapidement chez son cousin pour se rafraichir avec ses hommes et paraitre aussi sobre que dignes d’apparence pour le conseil. Les armes de l’Apreplaine n’apparaissaient pas sur leurs tenues faites de différents bleu sombre, bruns ou noirs. Laissant ses gardes avec les chevaux, Niklaus annonça que la délégation d’Apreplaine était arrivée.

Ils étaient arrivés très en avance pour le conseil de façon volontaire et furent introduits dans la salle. Comme cela on ne les annoncerait pas. C’était parfaitement en accord avec la discrétion coutumière du baron et de ses aïeux. Les couleurs des familles qui avaient été convoquées étaient ostensiblement affichée en décoration à des places prédéterminées. Ils se placèrent donc devant les grandes armes de l’Apreplaine. D’abord seuls avec la garde, les gens de l’Apreplaine furent rapidement rejoints par une foule grandissante de nobles mais surtout de leurs suites, toutes plus importantes les unes que les autres. Finalement les plus grands arrivèrent, clou d’un spectacle dont la mise en scène paraissait réfléchie. Les Langecins en particulier prirent à eux seul une grande partie de la salle, s’éparpillant au premier rang. Le baron se retint de sourire à la méthode et se contenta d’observer le ballet. Le duc aperçut finalement Niklaus et le salua. Ce dernier le salua en retour, sous le regard interrogateur de son collègue de Vallencourt qui se trouvait à côté de Niklaus. Notant qu’ils n’étaient que tous les deux, Niklaus s’approcha de Vallencourt et lui demanda où se trouvaient leurs collègues. Ce dernier glissa dans l’oreille de Niklaus que Christabel et Esteria n’ayant pas fait reddition, leurs barons n’avaient pas été invités et qu’il était sans nouvelle d’eux depuis plusieurs jours.

A y repenser Niklaus n’avait pas non plus eut de nouvelles depuis une énnéade. Un doute horrible assaillit le baron. Une purge avait-elle été commencée ? Le cœur de Niklaus chavira un peu. Il connaissait bien ces barons. Eux n’avaient pas donnés leur reddition. Leur fidélité à l’ancien royaume leur avait peut-être été faite chèrement payée. Rien d’honorable dans ce procédé si cela était vérifié. Ces hommes avaient fait leur travail et méritaient mieux que d’être renvoyés comme des chiens galeux. Niklaus chuchota à l’oreille de Vallencourt, qu’il croyait bien incapable de cacher sa colère.


« - Calmez-vous cher ami, je vous en supplie. Ne prenez pas de décisions hâtives. Ces gens sont suspicieux à notre encontre. Leurs méthodes sont brutales, mais ils sortent de la guerre. J’ai bon espoir qu’ils finissent par s’assagir. »

Le baron de Vallencourt fit une moue peu convaincue à Niklaus, et ils reprirent leur place, car la séance débutait. En effet un noble nordiste apparemment nommé Kastelord et que Niklaus ne connaissait pas se lança et comparu en premier devant de Velteroc. Les discussions restèrent nombreuses dans l’assistance en parallèle. Les rapports étaient tous bons. Ce qui renforça encore l’opinion de Niklaus que tout cela était une mise en scène. Il soupira et échangea un regard lourd de sens avec Alix Jäger, son acolyte. Décidément les jeux de cour n’étaient pas  de son goût. Il avait trop le sens de l’efficacité politique pour ces pertes de temps. Pire, il trouvait cela un peu maladroit. Mais bon… D’autres mordraient peut-être à l’hameçon.

Le silence intimé par le duc eut l’effet d’un électrochoc sur l’assistance. Encore une habitude martiale assez étonnante vu le contexte, mais néanmoins bienvenue car le baron avait trouvé ce bourdonnement incessant assez perturbant. Quel manque de respect pour les orateurs… S’il n’était pas en phase absolue avec la mise en scène, le baron trouvait le silence respectueux bienvenu. Il hocha donc la tête d’approbation en direction d’Oschide d’Asnozia lorsque ce dernier intima le silence.

De manière assez surprenante, on commença par évoquer le cas des territoires royaux, et l’on convoqua les barons devant l’estrade. Quittant ses quatre compagnons, le baron s’approcha donc, accompagné de M. de Vallencourt. En trois phrases l’affaire fut faite. Ils étaient annexés par un traité dont Niklaus ignorait jusqu’à l’existence, inclus dans un nouveau duché, et placé sous l’autorité d’un nouveau roi. Leurs demandes ou questions étaient reléguées en fin de séance. Point barre.

Niklaus resta de marbre, stupéfait intérieurement. Aucun des deux barons n’eut le temps de dire quoi que cela soit ou même d’esquisser l’ombre d’un geste, le duc d’Asnozia reprit la parole pour offrir, au nom de l’assemblée, la couronne à l’Archiduc. Jetant un coup d’œil en arrière, le baron put constater que certains acclamaient. La mise en scène était complète de manière à écraser tout autre propos et clôturer l’affaire. La réaction ne se fit pas attendre. Le baron de Vallencourt qui avait réussi jusque-là à se tenir tranquille, écoutant peut-être en cela les conseils de Niklaus, prit finalement la parole sans ambages.

L’écœurement du baron était palpable. Niklaus ne pouvait lui en vouloir. La forme n’y était tellement pas que plusieurs voix s’élevèrent à sa suite. Mais malheureusement le baron se laissa emporter à faire une pique. Encore un jeu que Niklaus n’appréciait pas. Si le fond de l’argumentaire de Vallencourt avait ses mérites, il jouait aussi. Niklaus regardait intensément le baron. Il fallait avouer que ce dernier avait un courage ou une témérité extraordinaire de faire ainsi face. Niklaus se retourna en entendant un commentaire venir du côté de son entourage. Mais ses quatre compagnons étaient tous silencieux, ils étaient retournés vers un cinquième personnage, que le baron ne reconnut pas, et qui s’était glissé parmi eux. Encore une tactique roublarde. Niklaus fusilla Vallencourt du regard. Il ne pouvait pas croire que ce coup bas pouvait venir de l’homme.

Un autre ancenien arriva pour mettre son grain de sel. La situation était en train de tourner au vinaigre. Toute cette pagaille rappela au baron d’Apreplaine pourquoi il avait fini par haïr la régence. Les gens du Médian avaient peut-être les yeux plus gros que le ventre, mais Niklaus détestait voir encore de l’entropie s’ajouter. Les regards étaient tournés vers lui, l’homme silencieux depuis le départ. Visiblement sa réputation devait le précéder. Niklaus, encore énervé des sales coups qu’on venait de lui faire de toute part  commença par une pique. De sa profonde voix grave,  et fusillant l’assistance du regard, il assena :


« - Il est dommage que cela soit une personne de mon âge qui le dise : mais de mon temps la noblesse était éduquée et savait attendre qu’on donne la parole pour parler. Je ne parlerai que si la coutume est respectée. Maintenant taisez-vous tous je vous prie. »

Les discussions prirent un peu plus de temps pour s’arrêter que lorsque le duc avait intimé par un hurlement le silence, mais cela finit par arriver. Des ‘chuts’ sonores de nombreux courtisans sensibles aux bonnes manières finirent par arriver à bout des récalcitrants. Niklaus leva la main en regardant l’archiduc pour demander la parole. Lui au moins respecterait le protocole, si personne ne semblait vouloir l’observer. Il eut l’autorisation de parler. Mais plutôt que de parler au duc, il se tourna vers la foule. D’une voix grave et solennelle il parla ainsi :

«  - En cette heure grave, l’une des plus importantes de notre Histoire récente, que faisons-nous ?  Qu’est-ce que l’Histoire retiendra de ces quelques instants ? Nous avons tous aujourd’hui des scrupules. Qui n’en aurait pas ? Nous enfonçons ici le dernier clou du cercueil d’un royaume pour lequel nous avons tous cru. Pour lequel nous nous sommes tous battus. Pour lequel nous sommes tous redevables de notre statut et de l’ordre des choses qui nous est cher. Les humains ne sont plus unis sous une seule couronne comme ils l’ont été pendant mille ans. J’ai moi aussi espéré un retour de la Monarchie de la Péninsule. Mais Notre Roi nous a quitté sans descendance claire. Toutes les tentatives jusqu’à présent pour trouver un héritier faisant consensus ont échouées. Au point d’en être arrivé à une guerre civile qui a emporté tant de nos sujets. Tant des nôtres…

La monarchie de la Péninsule a vécu, et aussi triste que cela a été pour moi de l’admettre, le royaume s’est dans les faits perdu avec Trystan et Eliam. J’ai accepté cette réalité au cours des derniers jours. Toutes les tentatives pour exhumer des descendances se heurteront aux mêmes écueils et la guerre de succession pourrait continuer à durer des années, des siècles peut-être. Et cela, il est de notre devoir de ne pas l’accepter. Depuis le début de ce cycle, nos contrées sont affligées de maux incessants et cette guerre intestine marque l’apogée du désastre. Si nous continuons sur notre lancée, il n’y aura plus rien à sauver.

Si vous êtes réalistes, vous arriverez à la même conclusion que moi : notre union est notre seul salut. Le sud s’unira certainement un jour autour de ceux qui ont fui en brûlant Diantra. Le nord est lui aussi en bourdonnement. Désuni le centre de la péninsule est une cible facile. Lequel de nos territoires peut se targuer d’être immune d’invasion ? Qui parmi nous dispose de l’autarcie des biens ? Même les plus forts d’entre nous doivent voir l’évidence ! Seuls nous ne pouvons rien. Ensemble, nous pouvons les plus grandes choses.

Dans le monde des forces immenses existent. Les hommes sont un peuple parmi d’autres. S’il ne peut plus être uni totalement, il est au moins de notre responsabilité d’essayer de nous unir. Nous ici présents.

L’ancien royaume n’existe plus et la force des choses nous oblige cette union. Nous ne sommes ni immortels, ni pourvus des dons des autres peuples. Les hommes ne survivent qu’à la force de leur travail commun. Et notre rôle de nobles est de guider nos communautés pour assurer leur sécurité et leur prospérité, pas de devenir des généalogistes pointilleux.

Monsieur de Velteroc a des défauts et des qualités. Il est un homme comme nous tous. Mais ses victoires militaires et les décisions criminelles de brûler Diantra de ses adversaires lui donnent effectivement un ascendant indéniable. Je pense qu’à ce titre il est le mieux placé d’entre nous pour assurer le rôle de souverain d’un nouveau royaume regroupant les terres que nous avons sous notre charge.

Alors oui, cela m’emplit d’une grande tristesse que de dire cela, car je regrette que nous n’ayons pu sauver le royaume de la Péninsule comme il a pu autrefois exister. Mais l’on ne peut pas vivre éternellement dans le passé. Nous devons réagir. Car au-delà de la tristesse qui nous étreint, j’ai maintenant aussi et surtout l’espoir : l’espoir de voir nos territoires s’organiser à nouveaux. Pour la sécurité et la prospérité de nos terres.

Je comprends vos scrupules : j’ai les mêmes. Il est dur de passer outre nos différents. Mais c’est notre chance. Il y aura beaucoup de détails à régler pour assurer la pérennité de ce nouvel ensemble. Dont les questions relevées ici qui pourront j'en suis sûr être réglées. Mais au-delà des scrupules qui nous rongent, et des méthodes qui nous on peut être choquées, j’ai cet espoir. Cet espoir de pouvoir travailler à notre union et à notre prospérité commune que j’espère vous avoir communiqué et qui peut être notre guide pour les années à venir. Car c’est le travail qui nous attend tous, et qui devra être fait avec bravoure, avec abnégation, et avec la grâce de la Providence.

C’est pourquoi je soutiens la création de ce nouveau royaume. Je vous remercie. »
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Jeu 28 Mai 2015 - 11:13


Blanche avait fait beaucoup de concessions jusqu’à présent. Elle s’était montrée souriante mais derrière… Ah derrière, elle voyait d’un très mauvais œil son époux qui s’amusait à faire ses distributions et prendre des décisions sans lui confesser, sans même demander son avis. Depuis cet incident lors de son arrivée à Diantra, une profonde rancœur œuvrait. De toute façon qu’est-ce qu’il en avait à faire ? Rien. Justement, c’était bien là le problème. Elle avait fait emmener les héritiers du trône de Velteroc à Hautval et ne lui en avait pas même touché un seul mot. Ils étaient d’ailleurs sous bonne garde.

La garde d’Obsidienne était présente pratiquement au complet et renforcée de quelques hommes. Pas d’armures d’apparat, la simple armure fonctionnelle les habillaient. Elles étaient noires de toute façon, rien de bien extravagant, pas de plumes, pas de pierres précieuses. Odeline était juste dans le dos de sa maîtresse, sa chevelure et le bas de son minois étaient dissimulés ne laissant paraître qu’un regard froid, d’acier à l’image de celui de Blanche. Ils s’étaient positionnés derrière les cathèdres et le reste de la garde au sein de ladite salle près des fenêtres par exemple et des portes là où est leur place. Blanche portait une robe qui semblait trop grande pour elle, elle était, elle, d’une couleur bleu nuit, avec une très large jupe très bouffante avec des manches longues.

Elle s’était assise en fixant Oschide qui prenait la parole. Le regard était sombre mais elle n’en disait rien. Les notes de cette symphonie étaient mal orchestrées depuis le début. Mais là n’était que le commencent de cette mascarade. Elle débuta avec Hanegard qui plia le genou devant Nimmio et ne la salua pas. Était-elle invisible ? Elle tourna un visage horriblement offusqué vers le Comte puis fixait Hanegard. La pilule passait extrêmement mal. Ses poings se crispèrent sur le bois autant que ses ongles s’y plantaient. Elle déglutit. Comme à chaque fois lorsqu’elle était dans un épisode noir de colère, Blanche avait un mal fou à contrôler quelques manifestations magiques. Pour l’instant aucun signe n’était à l’œuvre. La suite ne fut pas mieux. Blanche fut annoncée en magnifique fantoche. Un nom qu’on citait pour faire genre dans les propos d’Oschide, pourtant il savait ce qu’elle avait enduré, ce qu’il vivait. Il lui avait tout confié. Les battements de son cœur s’accélérèrent tandis qu’elle se cramponnait à son cathèdre. La respiration devint même sifflante.
Lorsque Romeus s'avança, une nouvelle fois, elle ne reçut aucun salut. Avaient-ils tous perdus leurs manières ? Ne leur avait-on jamais instruit les usages de la cour ? Pire encore fut Harold du Lyron alors qu’il exposait de long en large ses analyses et attentait à la pérennité du fruit de ses entrailles, l’air se raréfiait. Ce n’était évidemment pas voulu et totalement inconscient de la part de Blanche dont la chevelure et son voile se soulevaient peu à peu. Les pans de sa robe s’agitaient. Un fiel brûlant explosait au  sein de sa poitrine remontant jusqu’à sa gorge qu’elle serrait. Blanche inspirait et expirait sous l’effet d’une crise d’hyperventilation. Les yeux un instant crurent se révulser jusqu’à ce qu’une main chaleureuse et aimante ne la ramène à un semblant de raison, la seule. C’était un gant noir qui pressait à l’en faire mal. Les billes bleues se levèrent vers cette présence que fut Odeline. Un regard autoritaire la couvait avec une bienveillance mêlée d’amour. La baronne déglutit. Parlons-en du protocole, Niklaus, même lui, ne pensa une nouvelle fois pas à saluer Blanche. Elle prit une grande inspiration et se détacha de son siège pour les surplomber tous. La baronne s’avança, elle balaya d’un regard l’assemblée. Le minois se pencha de côté alors qu’elle esquissait une moue.




    « Hm Hommes, femmes, je savais que la haine et la rancœur habitaient les murs de votre cœur mais je n’imaginais pas à quel point ceci pouvait vous faire oublier vos prérogatives. En effet, cela veut parler comme les grands hommes, mais cela en oublie les bases fondamentales telles que le salut, l'honneur, les bases chevaleresques, la protection du peuple, ... Enfin… »


Cette remarque était lourde de sens. Ressentaient-ils désormais cette honte ? Ils le devraient ! Elle chassa cela tout cela d’un haussement d’épaules.


    « Sachez que mon époux m’a muselé comme un vulgaire animal mais l’animal que je suis, à décider de rompre ses entraves. Avant toutes choses, vous venez tous protester… Non critiquer en fait. Moi, Blanche d’Ancenis, je suis prête à vous écouter. Vous pouvez me confier ce que vous voulez à ce jour. J’écoute. Bien évidemment cette initiative est la mienne et non celle de Nimmio de Velteroc. Je vous offre un pouvoir décisionnaire, je vous offre l’occasion de construire quelque chose selon ce que vous croyez juste. »


Blanche joignait dès lors ses mains contre son ventre et patientait après cette horde de charognards prêts à se dévorer entre eux.
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Duncan du Lys
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Dim 31 Mai 2015 - 15:58

L'écoute était aujourd'hui mère de toutes les bénédictions. Pourtant, les dieux savaient quelles douceurs et quels vices soumettaient, en cette journée anodine, les oreilles sensibles. Ténacité et retenue étaient, paradoxalement, les vertus qu'il avait fallu entretenir au préalable, car tant les esprits s'échauffaient, plus l'on sentait les quelques infimes mouvements de doigts portés vers les pommeaux et les poignées des lames, prêtes à être découvertes en un cinglant mais habile mouvement. Duncan s'était placé de manière à être quelque peu à part, mais lorsqu'il entendit les premières paroles, il eut tôt fait de se servir des réactions pour se glisser dans la foule. Et grand bien lui eût coûté cette décision, car vint le tour de Blanche de Hautval de parler. Lorsqu'elle se tut, un mouvement de flottement demeura, de doute - malgré les quelques sourires de ceux qui avaient compris la manœuvre.

« Pardon, madame. »

Le Lys avait parlé. Les yeux se tournèrent vers lui, si bien qu'une petite place se fit tout autour du Boiteux, comme si l'on remarquait à l'instant son infirmité.

« Gentes dames et bons seigneurs. Nous avons pu tous constater à quel point monsieur de Vallancourt sait user de la rhétorique. Sa fougue n'ont d'égal que son brio à s'illustrer en ce jour. » Il marqua une pause, souriant, conscient que ceux qui, comme Vallancourt, s'opposaient à Nimmio, souriaient au Lys, songeant qu'il se trouvait de leur bord. « Quant à monseigneur, inclinant la tête à l'adresse de Harold du Lyron, je salue votre finesse et votre technicité. Si vous me le permettez, mes seigneurs, laissez-moi donc éclairer l'ombre de la situation. Nimmio de Velteroc ici présent a, comme bien d'autres, accusé Aetius d'Ivrey de régicide, refusant à ce titre de reconnaître sa régence comme légitime. Son union avec feu dame Arsinoé, et leur enfant, Bohémond de Scylla n'ont donc nul droit. Comme vous le soulignez, monseigneur, cela en va de même pour madame de Hautval et ses filles.

Aux yeux de la loi, madame de Hautval n'a ni droit, ni légitimité à prétendre au titre de reine en tant qu'ancienne épouse de l'Ivrey, et ses filles n'ont ni droit, ni légitimité à recevoir des dieux les titres de reine et princesse du royaume des hommes. Il en est ainsi.

Mais l'Ivrey étant régicide, Nimmio de Velteroc n'était-il point dans son droit le plus sain, le plus juste de s'opposer à une régence bâtie sur du sang ? Nous connaissons tous la réponse, mes seigneurs : il n'était pas seulement dans son droit, mais dans son devoir. La lignée du feu roi Trystan s'est éteinte, et voilà qu'après tant d'années d'usurpation, les dieux accordent au royaume des hommes celui qui, aux yeux de tous, renverse le tyran de par son droit et son devoir. Il n'est pas ici question, mes seigneurs, du bon-vouloir de chacun. Aux yeux de la loi et de la morale qui, depuis le premier roi de notre histoire, rythme les dynasties, Nimmio de Velteroc a agi au mieux.

Son droit, son devoir et sa légitimité, mes seigneurs, ne sauraient être éclipsées par aucune autre proposition, même celles émanant de vous, madame de Hautval. Vous n'avez en aucun cas le monopole de l'attention des seigneurs ici, car aux yeux de la loi, le droit et la légitimité vous font défaut, si ce n'est au travers de votre époux. Alors mes seigneurs, je vous le demande : qui, si ce n'est Nimmio de Velteroc, saurait régner sur le royaume des hommes ici présent ? Son épouse ? Tenteriez vous les dieux à couronner une femme qui, avec tout notre respect le plus pur, n'a ni droit ni légitimité à prétendre à ce titre ? Mes seigneurs, voyez où nous ont conduis ceux enfreignant les lois dynastiques. La situation à ce jour est-elle enviable ? Seriez-vous prêt à risquer ce qu'il nous reste, en refusant la couronne au seul qui peut désormais y prétendre ? Car je vous dis ceci : n'agissez qu'envers votre propre intérêt, et d'ici deux ans, il n'y aura ni noblesse, ni clergé, ni tiers état, ni aucun souvenir de ce qui fut un jour une nation. »

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Lun 1 Juin 2015 - 9:18

Les réactions qui suivirent ses paroles ne tardèrent pas. Cela avait eu au moins le mérite de révéler tous les visages des futures personnes à éliminer en cas de résistance. Si Nimmio voulait être considéré comme un futur bon roi, lui ne se priverait pas pour user des armes et détruire tous ceux qui leur chieraient dans les bottes. En parlant de « chier », les propos de Vallancourt lui donnèrent une envie subite de déféquer. Il se retint pourtant et esquissa un petit sourire dans sa direction puis attendis que le seigneur d’Apreplaine parle, ainsi que la baronne de Hautval et enfin un mystérieux homme arborant une canne pour se maintenir.

-Je n’attendais pas autant de politesses envers ma personne, vellencourt. Cela me flatte énormément, je vous assure. Maintenant je vous demanderai de m’excuser, vos si belles paroles m’ont donné envie de m’absenter aux latrines.

Bientôt, le sire de Vallancourt se ferait appeler « chiasse verbale », se dit-il avec humour. Mais un mystère subsistait néanmoins. Comment un homme pouvait-il courir si vite au suicide à cause de son arrogance alors qu’il n’était pas en force et qu’on lui proposait une offre en or. Il n’y avait pas à dire ! si les dieux guidaient cet homme dans ses actions, aucun doute que les dieux se montraient trop orgueilleux pour eux, simples mortels !

Hrp:
 
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Lun 1 Juin 2015 - 15:45

Alanya était arrivée parmi les premiers nobles. Elle s'était jusqu'alors fait discrète, préférant l'ombre d'un pillier plutôt que la lumière douce passant à travers les larges fenêtres. Elle n'était venue que par politesse alors que le Duc du Langecin l'avait cordialement invité. Elle avait reçu la missive la veille et savait depuis lors que sa journée serait longue et fastidieuse. Chacun irait certainement de sa contestation, de sa remarque afin d'obtenir on ne sait trop quoi de plus de la part d'un futur Roi que beaucoup abjure déjà.
Et elle, dans tout ça, n'avait rien à y faire. Après tout, les affaires de la cour n'avait jamais intéressé la belle, sinon lorsqu'il s'agissait d'un interêt commun. Il n'y avait dans ce rendez-vous qu'un bon prétexte aux joutes verbales et aux affronts des uns et des autres. Elle ne trompa d'ailleurs pas, au vu du déroulement de ce conseil.
Un sourire courrait sur ses lèvres fines et lisses. Elle portait une robe grise dont la simplicité n'avait d'égale que la beauté sauvage de son corps qui semblait savamment découvert ou caché. La baronne avait remonté ses cheveux et seule demeurée une mèche brune qui caressait son épaule dénudée. Elle avait tour à tour identifié les protagonistes qui s'était placé selon un ordre qui semblait écrit d'avance. Une orchestration pompeuse qui déjà la fatiguait. Elle remarqua la présence de nobles des terres royales, comme Niklaus, qui plutôt que de s'enfuir laissant à feu et à sang leur terres avait préféré offrir le bénéfice du doute au Grand-Duc du Médian et ses alliés. Du moins, c'est ce qu'elle pensait avant que la boucherie verbale ne commença.
Si les revendications du seigneur en colère avait tout lieu d'être, la formulation n'en était pas moins qu'une volonté de prouver sa stupidité. Il était face à celui qu'on voulait alors couronnait, ayant sa pleine puissance et une autorité jusqu'à présent très peu contestée, mais ce Vallencourt n'en avait que faire; avait-il tord ou raison n'était en fait pas ce qui intéréssait Alanya mais plutôt l'usage. Même Oschide qu'elle appréciait avait manqué d'un cruel tacte. Le bain de sang continuait alors que des gens moins emportés tentaient tant bien que mal de répondre aux vindications d'un seul. Beaucoup étaient habiles en parole -comme le baron d'Apreplaine qu'elle avait eu la chance de rencontrer plus tôt. Elle avait apprécié sa finesse d'esprit et maintenant elle se voyait aimer sa rigueur et la sureté avec laquelle les mots sortaient avec assurance de sa voix pleine.
L'appui de la colonne contre laquelle elle s'était mise manqua alors se mission lorsque la Duchesse Blanche parla. Non, elle ne parlait pas en fait. Ses mots n'étaient ni à visé politique, ni totalement réfléchis. Elle n'avait aucune habilité et plutôt que de donner des réponses elle s'insurgeait elle-même contre son mari. Ce conseil devenait ridicule et même le soutien proche de Nimmio semblait absent en ce jour. Comment pouvait-elle agir de la sorte alors même qu'ils se présentaient devant la petite et haute noblesse en tant que les prétendants les plus sérieux à un trône vide? Le visage de la femme de l'Alonnan s'assombrit. Cela n'augurait rien de bon et malgré toutes les éventualités qu'elle avait pensé, elle n'aurait jamais cru possible qu'une femme si bien éduqué se mette elle-même dans une position aussi délicate. Le Médian semblait cindé et les détracteurs ne tarderaient certainement à le remarquer.
Un homme appuyé sur sa canne pris alors la parole. Elle l'avait déjà croisé, dans le Nord mais ne parvenait pas à se souvenir de qui il s'agissait bien que ses paroles montrait un esprit politique exacerbé. Mieux encore, il était le seul jusqu'à présent avec Sieur Altenberg à avoir un temps soi peu d'estime pour ce que représente la couronne et l'édification d'un nouveau royaume. Elle regarda patiemment l'assistance tandis que l'on continuait les commérages à voix basse. Beaucoup n'osait parler tout haut alors que la majorité ne pensait pas différemment les uns des autres. Cette assemblée lui donnait la nausée -où était-ce sa grossesse qui lui jouait des tours?
En tout cas, s'en fut trop lorsque le duc du Langecin s'absenta sans autre excuse qu'aller là où vont les gens seul. L'erreur était si flagrante et même si cela montrait une forme de courage, elle prouvait aussi une faiblesse politique que les geignards utiliseraient bientôt. Aussi, plutôt que de se taire et d'observer la boucherie qui s'annonçait, Alanya fit quelques pas pour se démarquer de l'assemblée qui s'était réunis. Les bavardages fusaient alors qu'Oschide se retirait et elle avait déjà vu du coin de l'oeil le seigneur Vallencourt se lever vivement.
Ses pas étaient légers et sa voix sortie claire, portant loin afin que tous entende.
«Messeigneurs.», elle offrit un regard perçant à toute les personnes présentes dans la pièce, du petit seigneur à la duchesse du Médian. Elle ne s'adressait pas à une personne, mais à tout ceux qui voudraient l'entendre par dessus les babillages des langues bien pendues. «Seigneur de Vallancourt, veuillez bien me laisser la parole avant de vous offusquer une fois encore». Elle offrit un sourire mielleux mais non moins méchant, ses yeux trahissant une certaine perte de patience. Elle avait horreur de cela et pourtant une voix hurlait en elle de le faire, comme une force qui l'aurait envahit et pousser au devant, près de la scène où se tenait Blanche et Nimmio.
«Mesdames, Messeigneurs, cherchez-vous plus une personne à blâmer pour les dégâts d'une guerre ou bien cherchez-vous à établir quelque chose de plus grand que vous et moi? Si il s'agit de la première, sachez d'abord qu'une guerre n'a pas qu'un côté. Ceux qui ont choisis de fuir laissent le champs libre à ceux qui sont restés et inversement, ceux qui sont restés ont -dans un certain sens- spolié ceux qui sont partis. Il en sera toujours ainsi. Ce qui parait juste à l'un sera surement hérésie à l'autre; nous sommes fait par les Dieux de telle façon que nous ne sommes ni notre voisin de droite ni notre voisin de gauche. Nous avons parfois des avis communs et parfois des avis divergeant». Elle s'interrompit et observa le seigneur qu'elle avait fait s'asseoir avant qu'il ne provoque encore une émeute. «Seigneur Vallancourt, vos revendications sont toutes aussi justifiées que l'opposition de ce qui voudrait être le futur pouvoir. Les réponses que l'on vous a fournit se suffisent à elle-mêmes. A vous à présent de les accepter ou non, mais les faits sont tels qu'ils sont et nous ne pouvons, ni vous ni moi, changer la naissance d'un enfant ou le mariage du Duc et de la Duchesse. Maintenant vous avez certainement entendu les dire de mes prédécesseurs: nous sommes -et je l'espère- assez civilisés pour savoir discuter. Si vous avez plus légitime que son Altesse de Velteroc, alors nous vous écoutons. Je n'ai pas été invité pour entendre qui fera quoi mais plutôt trouver la plus juste des solutions quant à l'établissement d'un nouveau royaume». Elle s'arrêta un instant pour observer l'assemblée qui continuer à discuter. Elle espérait vraiment que le jeu se calme entre ces nobles affamés de terres et de titres. Elle se tourna ensuite vers la Dame d'Ancenis avec calme. «Ma Dame, vous savez l'estime que je vous porte depuis longtemps déjà. Mais sachez que ce n'était ni le lieu ni le moment pour manquer à la fois à votre devoir d'épouse et à la fois à celui de conquérante que vous représentez aux côtés de votre mari; plutôt que donner des réponses justes vous préférez offrir à tout le monde un spectacle navrant -et je m'excuse de ces termes. L'on ne vous voit pas attachée ni contrainte d'être ici, alors pourquoi annéantir les efforts communs dès que vous en avez eu l'occasion? Pardonnez-moi mais vous n'avez présentemment, et comme l'a souligné l'homme à la canne avant moi, aucune légitimité si ce n'est par votre alliance. Je ne crains que votre passé ne vous ratrappe de trop votre Altesse et en cela, l'on ne peut blâmer que les revendications de cette guerre dont vous êtes une actrice non négligeable».
«Vous êtes une femme forte et pleine de qualité. Vous avez offert à votre époux un soutien conséquent et vous êtes respectée dans le Médian. Votre statue de femme ne vous a jamais arrêté dans vos prises de positions et en ça, je vous admire Madame. Je comprends votre désarroi, car ici l'on ne répudit pas seulement l'ancien Royaume que vous avez combattu pour vos convictions -vous qui vous êtes toujours opposée au règne de la Régente Arsinoé et de son fils- mais l'on répudie aussi votre aînée. Je vous entends, Madame. Je porte moi-même un enfant et je ne saurais dire comment je réagirais si l'on tenait mes propres enfants responsables de leur parenté. Mais ici comprenez que vous n'obtiendrez aucun soutien en vendant le seul qui a toujours épaulé vos désirs, lui et ses alliés.» Elle fini en lui offrant un sourire désolé mais sincère. Elle pensait ce qu'elle venait de dire.
«Enfin, je finirai par souligner à ses Altesses De Velteroc et d'Anoszia qu'ils ont eux-même convoqué ce conseil afin d'établir un nouveau royaume et qu'il fallait s'attendre à ce qu'il y ait des revendications. Beaucoup des seigneurs des anciennes terres royales ne savent encore rien de leur destin et ils ont peur. Comprenez les et ne cherchez pas à fuir vos responsabilités. Je vous en prie essayez de trouver un arrangement pour le bien commun. De mon expérience dans le Nord, je peux vous affirmer qu'une entente trouvée justement est la base à l'édification d'une politique solide». Elle s'arrêta et salua d'un hochement de tête les protagonistes principaux. Elle avait essayé d'être la moins insultante possible et la plus précise mais elle savait que de toute manière cela ne satisferait jamais tout le monde et que les esprits emplit de rages reprendront dès son petit discours fini. Elle n'en avait cure, cela ne la toucherai certainement pas directement. Il fallait juste que chacun admette qu'il faudrait faire des consessions, que cela sois d'un parti ou de l'autre.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Mar 2 Juin 2015 - 14:52


Observant la scène qui se déroulait devant lui, Nimmio souriait. Décidément, Arsinoé avait su s'entourer des crétins les plus résolument stupides de la péninsules. Pas étonnant qu'elle n'ait pas su mener une campagne militaire en bonne et due forme entourée de pareils imbéciles. Invités a venir discuter de la mise en place d'un nouveau royaume, alors même qu'ils se présentaient comme les vaincus de cette guerre et auraient, dès lors due, comme certains d'entre eux, considérer qu'il s'agissait là déjà d'un honneur que de ne pas avoir été destitués et remplacés par les partisans des vainqueurs, ils venaient cracher sur la main qui leur était tendue. Comprenaient-ils que leur survie elle-même ne tenait qu'à un fil et à la bonté de celui qu'ils insultaient ?

Nombreux étaient ceux qui avaient conseillé Nimmio d'éliminer les opposants en puissance et d'imposer la Terreur comme bien d'autres l'avaient fait avant lui. C'était plus sûre d'après eux, moins contraignant. Mais il ne les avait pas écouté. Jugeant que l’intelligence pouvait prévaloir sur la violence et la diplomatie sur la barbarie, il avait préféré organiser ce conseil afin d'écouter leurs demandes, inquiétudes, attentes et autres observations. Mais voilà que la surprise s'invitant et que certains semblaient souhaiter se transformer en martyrs. Cela l'amusait au plus haut point.

Olah valancour ! Je constate avec plaisir que la branlée que vous avez ramassée a Christabel ne vous a pas privée de votre sens de l'humour ! Grand Duc, Archiduc, Caduc, voici un joli triptyque ! Vous auriez ajouté Trouduc et là j’applaudissais... Avant de vous faire empaler pour outrage bien entendu ! Le ton amusé de cette réponse déclencha alors une vague de fou-rires dans l'assemblée qui avait visiblement bien besoin de se détendre après les piques échangées de ci de là. Mais voyez-vous cher ami, que le plaisir des bons mots ne vous dispensent pas du respect que vous devez aux personnes présentes en ces lieux. Une guerre a été menée. Le sieur du Lys en a rappelé les raisons, les tenants et les aboutissants. Cette guerre est aujourd'hui terminée et vous avez été invités, vous et les autres à prendre place afin que nous organisions la suite et mettions sur pied une nouvelle organisation. Nous aurions pus choisir d'imposer ces changements par la force, mais nous avons préféré vous consulter et relever auprès de vous les besoins qui sont les votre et qui vous permettraient d'effectuer la mission qui sera la votre demain. Je ne compte pas être un de ces tyrans autocrate que l'on peut voir dans certains de nos ouvrages historiques, non, je souhaite au contraire me montrer ouvert éclairé et à l'écoute des besoins de chacun dans l'intérêt de tous. Notre royaume a un grand besoin de réformes et d'infrastructures. Les seigneurs rassemblés ici et dont certains seront membres du conseil royal restreint seront les artisans de ce renouveau. Aussi je souhaiterais que les débats se recentrent sur l'avenir et que l'on mette fin à l'étalage des griefs du passé.  

Il se tourna ensuite en direction du seigneur Harold de Lyron. Ce dernier semblait avoir compris de quoi il en retournait et avançait avec la prudence et le respect qui était celui des grands seigneurs. A cet instant, Nimmio se surprit a espérer que le choix de ne pas écarter toute la lignée était le bon. Il y avait chez les Eracien quelques hommes sensées et qui comprenaient tout l'intérêt de ne pas s'opposer frontalement quand bien même il ne serrait pas en total accord avec ce qui leur était proposé. Et puis Harold n'avait-il point, par cette situation, récupéré Erac dans son intégralité territoriale, ce que son père n'avait jamais pu obtenir ?

Seigneur Harold, votre question et légitime et une réponse a déjà été apporté par le Seigneur du Lys à cette dernière. Les descendants d'Aetius en tant que tels sont en effet écartés de toute prétention à la couronne en tant que membre de sa lignée. Cependant, considérez également ceci. Blanche d'Ancenis est désormais ma Femme et je suis prêt à reconnaître l'ensemble de ses enfants comme les miens si telle est sa volonté. En tant que mes enfants et dans le cadre où je deviendrais effectivement le nouveau Roi de la Péninsule, ils seront à considérer comme des princes et princesse de sang a part entière, qu'elle qu'ait pu être leur filiation originelle.

Ces derniers mots étaient tout autant destinés à Blanche qu'au Eraciens et aux Ancenis. D'ailleurs, l'intervention de sa femme l'avait quelque peu surpris. Sortant de l'ordinaire et venant semer le trouble au milieu d'une situation déjà fort compliquée. C'est donc tout logiquement qu'il se pencha ensuite vers elle en apportée.

Ma femme, je ne vous reconnais point dans vos déclaration... Il me semble que nous ayons besoin d'une entrevue seul à seul afin d'éclaircir certaines choses. Je ne pensais pas que vous ayez une telle rancune dans le cœur au point de mettre en péril un conseil aussi important que celui-ci. Nous avons aujourd'hui une chance d'unir ce qui est épars et de préparer la renaissance de ce royaume qui ne fait que s’affaiblir et se morceler chaque jours un peu plus depuis la Mort du Roi Trystan. Quels que soient vos griefs a mon encontre, je vous en conjure, ma Femme, laissez une chance à ce conseil de se clore sur une résolution positive et prenons ensuite le temps de discuter des grandes décisions et réformes qui vous semblent importantes.

Une fois que la Baronne d'Alonna eut pris la parole a son tour, Nimmio se leva à nouveau. Il fallait a présent conclure afin de mettre un terme aux remous qui avaient parcouru l'assemblée. S'ils fallait cependant retenir une chose, c'est que malgré la présence de quelques éléments perturbateurs, la grande majorité des seigneurs présents s'avéraient réalistes et prêts pour une réelle discussion. Parmi eux, un homme qui ne connaissait que peu jusqu'ici se distinguait. Niklaus d'Altenberg semblait être un homme d'une grande sagesse. Un rapport d'Oschide avait été donné à Nimmio suite a une de leur rencontre et, ce dernier, s'il dépeignait un seigneur lucide, réaliste et volontaire était néanmoins en dessous de la réalité.

Mes Seigneurs, je pense que bien des avis ont étés donnés et que, pour ceux qui on souhaité exprimer une vision, un objectif, un espoir pour l'avenir, les choses sont assez claires. L'unité est la clef de notre survie a tous. Il est grand temps que les réformes nécessaires soient mises en place afin de sauver ce qui peut l'être et de rétablir ce qui a été détruit. Chacun d'entre vous a sa part a prendre dans cet effort. Chacun d'entre vous a sa place a prendre à nos côtés. Une place pleine de possibilités, d’opportunités et de responsabilités. Vous avez entre vos mains l'avenir de notre royaume et il nous revient a présent à tous d'en être digne.

Des applaudissements fusèrent alors parmi ceux qui se considéraient comme partie prenante de ce nouveau royaume. Quiconque avait quelques ambitions comprenait aisément désormais que la porte était ouverte et que les plus intelligents d'entre eux pourraient raffermir leur pouvoir. Après tout, un certain nombre de terres se retrouvaient a présent sans seigneurs et nombre de charges royales, ducales et autres étaient à récupérer. Un royaume était mort, un nouveau renaissait de ses cendres et tout était a recréer. Quand le silence retomba finalement, Nimmio reprit la parole sur un ton solennel.

Bien, a présent que les questions de légitimité ont été posées, il me revient de vous présenter ma vision de ce royaume que nous souhaitons voir se relever. Je souhaite associer chacun aux prises de décisions, à la hauteur qui est la sienne et permettre à ceux qui souhaitent participer plus avant à l'élaboration des politiques du royaume, à intégrer le Conseil restreint qui se réunira ici à Diantra, au Palais Royal. Le Conseil restreint dont le nombre de membre n'est pas encore fixé, sera le réel organe législatif de notre royaume. Les grandes décisions y seront débattues et amendées afin de coller au plus près aux besoin du royaume. Un certain nombre de charges seront attribuées pour la gestion des affaires courantes dans divers domaines stratégiques tels que la sécurité de nos terres, de nos liaisons maritime, la gestion de nos finances, la réalisation de nos infrastructures, notre approvisionnement en nourriture et tout autre question capitale. Que toute personne qui souhaite intégrer cet organe et éventuellement postuler a une charge se fasse connaître auprès de moi. Nous aurons alors l'occasion d'en discuter et de définir de quelle manière il convient de constituer ce conseil. Sur ce, reste-t-il des questions ?


La tension était en grande partie retombée. Les partisans du nouveau royaume étaient largement en surnombre vis à vis des sceptiques qui n'avaient, pour leur part pas émis d'opposition frontale. Non, sans doute étaient-ils prêts a accepter des compromis et à reconnaître le nouveau maître des lieux qu'il était. Il faudrait cependant les convaincre.
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Mar 2 Juin 2015 - 18:17

Niklaus prit la parole en premier. Sans doute de tous ceux qui suivirent, il fut celui à qui les paroles inspirèrent le plus. Romeus le regardait, neutre, Harold de même. D’autres seigneurs jouèrent des coudes pour arriver aux premiers rangs. La salle était pleine, la noblesse du médian était réuni, en grande partie. Le médian contrairement au nord ne disposait pas d’une force ennemi l’obligeant à se réunir en oubliant les différents, ni comme le sud d’une légitimité à se distinguer du reste. Le médian était une terre qui avait subi des guerres civiles, des renversements de nobles, et des disparitions de dynasties. Le Lyron n’oubliait pas le crime. Ancenis n’oubliait pas l’ingérence. Les domaines royaux n’oubliaient pas la conquête. Le Langecin n’oubliera pas l’humiliation. En fin de compte, on avait des terres divisées entre elles, qui gardaient rancune à leurs voisins. L’œil avisé remarquera non sans peine les tensions, non pas entre les grands seigneurs mais entre leurs partisans. Un groupe de hautvalois était mélangé à un groupe de velteriens au fond de la salle, mais des hautvalois les regardaient avec colère. Les christabelois ne se mélangeaient pas aux esteriens, qui eux comme honteux évitaient les velteriens. Les langecins en sous nombre se tenaient compagnie avec les missédiens, et moquaient par les ancenois qui étaient debout près des eraciens.

« Sire d’Altenberg. Il n’est pas question ici de généalogie mais plus de respects. Nous avons été invités ici pour discuter, parlementer de l’avenir des terres qui sont sous notre juridiction. Pourtant, la première chose qu’on a essayé de nous faire en franchissant ces portes est de nous entendre imposer un monarque qui nous a amené à l’éclatement du royaume. Le respect des traditions. Le respect des coutumes. Le respect des lois. Le respect des Dieux. Voilà ce qui fait la différence entre notre peuple et les barbares wandrais dont le duc aime s’entourer. Vous parlez d’invasion sire d’Altenberg, mais quelles invasions ? Qui ici, déclarent des guerres ? Vous souhaitez l’union, vous souhaitez que nous marchons ensemble, alors soit faisons-le, mais qu’on nous force pas à mettre un pied devant l’autre. »

Blanche d’Ancenis avait prit la parole avant lui, suivit d’un boiteux, du duc de Langehack, d’une femme puis de Nimmio de Velteroc. Lorsque les partisans de ce dernier se mirent à applaudir comme des macaques, l’autre moitié de la salle restait encore choqué par les propos du duc. Des ducs en fait. Les applaudissements se perdirent dans un silence de plus en plus gêné. Les hautvalois se détachèrent des velteriens, les langecins restés seuls sans leur duc étaient regardé de travers par les christabelois et esteriens. Même les ancenois se lancèrent des regards, se demandant quel sort s’était abattu dans la salle. Harold voulut prendre la parole, Romeus lui demanda la permission de parler, et celui-ci le lui accorda d’un mouvement de la main l’intimant à commencer. Le Valencourt s’avança, et pointa un doigt vers Nimmio.

« Voyez messire d’Altenberg. Entendez seigneurs et dames. Vous voulez nommer un roi qui n’arrive même pas à gérer son propre mariage ? Voulez-vous messire d’Altenberg d’un roi qui menace avant de discuter ? Regardez, entendez, « branlée », « trouduc », « empaler » ? »

Romeus tourna le dos à Nimmio pour regarder l’assemblée. Il joignit ses mains contre sa poitrine, et continua.

« Est-ce là ce que vous désirez ? Avoir un roi aux manières de wandrais à force de les côtoyer ? Voyez messieurs dames quel genre d’homme souhaite nous gouverner. Vous savez tous ici, auprès de quelles personnes le comte Nimmio de Velteroc s’est aimé s’entourer durant son séjour à Diantra. Du Duc de Langehack messieurs dames. Un duc qui a les manières d’un bouffon, qui interrompt notre conseil pour se rendre aux latrines. Sa manière à lui de nous dire qu’il nous défèque au visage, que nous pourrons parler autant que nous le souhaitons, cela reviendra à parler dans le vide. Parlons-en de ce duc. Qui est-il ? Oschide d’Anoszia. Premier fils de l’actuel Régent d’Ydril. Ydril qui est le grand soutien de la duchesse Kahina d’Ys. Peut-être est ce moi qui divague, mais ce duc de Langehack n’essai-il pas d’avorter toute discussion au sein des royaux pour le profit de sa famille ?

La famille. Continuons d’en parler, et parlons des soutiens de Nimmio de Velteroc. Oschide d’Anoszia est un lâche qui a fuit le champ de bataille dès que la situation s’est empiré au nord pour se réfugier à Langehack. Vous connaissez l’histoire, il a épousé Méliane de Lancrais, tierce personne devenue duchesse, qui est aujourd’hui malade. Mais rappelons que Méliane de Lancrais n’a aucune légitimité sur Langehack contrairement à Margot des Soltarii-Berontiis, cousine des Sephren. Vous parlez de droit, d’union, de progrès, mais vous voulez devenir roi et vous entourer de gens d’usurpateur et de barbares. »


Harold du Lyron lui fit un clin d’œil et fit un pas en avant.

« Messire de Valencourt n’a pas tort mon seigneur. Si vous voulez prétendre à la couronne, il vous faut être rigoureux dans votre façon de faire. Votre légitimité se base sur le régicide de l’Ivrey, et vous en écarter ainsi sa lignée pour clamer en votre nom la couronne. Vous ne pouvez pas dire alors, que vous prenez les enfants de Blanche d’Ancenis et d’Aetius d’Ivrey comme les votre. Comme vous ne pouvez pas régner auprès d’une reine qui a partagé la couche de l’Ivrey. Il n’y a pas de demi-mesure messire. Si vous souhaitez prétendre à la couronne, il vous faut vous détacher de tout ce qui a eu de près ou de loin rapport avec le régicide. »

Romeus qui n’avait toujours pas digéré le discours vulgaire du comte, reprit la parole.

« Parlons-en de ce régicide d’ailleurs. Toute la prétendue légitimité de Nimmio de Velteroc se repose là-dessus. Mais qui a déclaré le Régent Aetius régicide ? Nimmio de Velteroc lui-même afin de justifier ses actes. Sur qui ce base-t-il ? Sur l’Archimage Nakor qui a été déclaré ennemi numéro un du royaume. Un sorcier aussi vieux que mon grand-père, qui prétend avoir vécu plusieurs siècles. Un homme qui a vécu plusieurs siècles, entendez-vous cela…. Petits rires gênés dans l’assistance. Donc nous avons un mage fou qui prétend avoir vu Aetius assassiner notre roy Trystan que Tari ai son âme. D’un autre côté, il y a Aetius d’Ivrey. Le vainqueur du tournoi royal, rappelez-vous en, un noble, un homme civilisé en principe, qui a été nommé régent de Scylla. Une terre maudite dont personne ne voulait. Un homme qui s’est imposé par ses principes, ses choix et sa juste politique, qui est devenu comte. Un prince de sang, qui est venu à Diantra même pour mater la rébellion, tuer les rebelles qui ont tué notre roy Trystan. L’Ivrey a fait son devoir, il a prit le jeune roi Eliam sous sa coupe. Et Eliam aurait fait un très bon roy s’il n’était pas mort dans l’explosion magique de l’Arcanum. Nakor s’est alors montrer à l’enterrement de notre roy pour lancer des vulgarités sur les victimes. Et si cela devait se résumer à deux paroles, nous avons celles d’un paire du royaume, prince de sang, noble parmi les nobles, et celle d’un sorcier fou qui se prend pour un elfe. Qui devons-nous nous croire ? Pis encore, devons nous douter d’une complicité entre les fabulations du sorcier et celle du comte de Velteroc, qui rappelons-le avait une mère sur laquelle circulent des rumeurs de nécromancie. Messire d’Altenberg, pensez-vous toujours qu’il faut faire de cette homme notre roi ? Un homme qui s’entoure de sorciers, de barbares et de nobliau aussi respectueux qu’un barbier de Fourbésié ? Il ne suffit pas dire « je suis légitime » pour être légitime. Un roi ne se base pas sur les ouï-dire d’un fou en remettant en cause les dires d’un respectable paire du royaume.

« Nous avons entendu l’argumentaire de ceux qui s’oppose à un couronnement sur de Duc Nimmio, nous avons entendu ceux qui sont pour malgré le fâcheux incident avec Oschide d’Anoszia qui s’est absenté pour les latrines. Nimmio de Velteroc veut écarter ceux qu’il juge illégitime par les agissements du prétendu régicide Ivrey, mais souhaite garder auprès de lui Blanche d’Ancenis et ses filles. Il se dit légitime pour reprendre la succession, et a le soutien de ceux qui se sont manifestés, c'est-à-dire un wandrais, la dame baronne du nord qui va faire scission avec nous, et un duc de Langehack controversé qui occupe la place revenant de droit à Margot de Soltariel. Nous l’avons entendu, sa propre femme, Blanche d’Ancenis conteste son époux.

Mes sieurs et dames, certains me connaissent, d’autres que de noms. Je suis Harold d’Erac, fils cadet de Léandre d’Erac, le frère de Charles d’Erac, soit l’oncle de Trystan des Fiiram. Trystan était un fils illégitime, mais mon oncle Charles l’a toujours considéré comme son fils. De ce fait, je suis son cousin, actuellement le plus âgé, me suivent après mes sœurs Roxane et Alcippe, puis mon frère. Je vous ai tous entendu, et nous avons entendu ceux qui ont osé s’exprimer. Nous voulons un roi. Mais un roi qui une légitimité aux yeux des hommes et des Dieux. Je ne prétends pas être ce que je ne suis pas, je ne suis pas un conquérant, je ne suis pas un guerrier, je suis un noble parmi vous qui a eu le privilège d’être le cousin de Trystan. Peut-être pas de sang à cause de l’adultère de sa mère, mais de cœur nous l’étions. Je reste humble devant vous. Une dynastie a disparu, c’est un fait. Ma dynastie, celle d’Erac, est la plus proche de celle de feu Trystan. Je me propose à vous, tandis qu’on a essayé de vous imposé Nimmio de Velteroc. Vous avez pu voir son vrai visage, et si mes intentions ne vous paraissent pas clair, laissez quelqu’un les éclaircir pour moi. »


Harold invita une femme de la main à se démarquer du fond de la salle. Elle portait une robe bleue à capuche, avec l’agitation générale et le nombre de personnes présentes, on ne lui avait pas prêté attention. Elle dégagea sa capuche et s’avança, les rangées de nobles s’écartèrent sur son passage. Les premiers remarquèrent son pendentif, celui du culte néérite, d’autres la reconnurent et d’autres reconnurent sa chevalière, celle des Haute-Prêtresse de Néera.

« Nobles gens. Enfants de la DameDieu. Harold d’Erac a bien parlé. Notre Royaume vit ses heures les plus sombres depuis un bon millénaire. Ayez Foi en votre déesse, car elle n’abandonnera pas son royaume. Ne soyez pas cupide, ne prétendez pas à ce que vous ne pouvez prétendre car la vie est régit par les lois sacrées de la Bienvaillante, les lois des hommes. La Déesse voit en Harold d’Erac le digne et humble successeur du premier roy Fiiram ayant réuni la péninsule sous une même couronne. Ayez Foi en votre Déesse, et n’osez pas remettre en doute sa parole. »

Peu de personnes purent voir le regard entendu entre Harold et la Haute-Prêtresse, mais le silence s’était installé, et ce même parmi les velteriens. Les Eraciens furent les premiers à mettre un genou à terre, les Ancenois suivirent, puis les Christabelois. Les Langecins se regardèrent, puis en l’absence de leur duc, suivirent le mouvement. Romeus restait ahurit devant Harold, comprenant maintenant comment il s’était servit de lui. Il regarda, presque la bouche ouverte, ses partisans mettre un genou à terre, et fit de même. Peut-être survivra-t-il sous Harold. La suite de l’Histoire nous dira qui suivra, et qui s’opposera à la Déesse BienAimée, Néera la DameDieu.

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Mar 2 Juin 2015 - 21:13


Le baron de l’Apreplaine avait dit ce qu’il avait à dire. Il avait tenu parole et pensait avoir fait la chose juste. Il se retourna à temps pour voir Blanche se lever. Elle toisait du regard l’assistance, une moue au visage. Pour l’assistance, son regard impérieux fut froid et un peu méprisant. Il fallait dire que le mépris n’était pas une denrée bien chère dans ces lieux. Pour Niklaus dont elle croisa le regard, elle eut un regard plutôt attristé. Niklaus eut un temps d’arrêt. Lui si à cheval sur l’étiquette, lui si à cheval sur les usages, lui qui était héritier d’une longue tradition de gens à la civilité confondante… Lui avait oublié de saluer les maitres de cérémonies. Il inclina doucement la tête en baissant le regard, faisant comprendre faiblement qu’il acceptait la remontrance silencieuse et qu’il demandait pardon. Il réintégra les rangs sans demander son reste.

Les paroles de Blanche furent étonnantes. On ne pouvait en tout cas pas reprocher à cette femme son indépendance. C’était assez exceptionnel. Il ne l’aurait pas conseillé en ce sens, mais ne pouvait s’empêcher d’avoir un certain respect pour les traits de caractères de le femme de M. de Velteroc. Elle allait à l'encontre de son mari, ce que Niklaus jugeait en pareil lieu une faute politique. Mais le caractère entier et la passion dont Mme de Hautval lui avait parlé avait du reprendre le dessus. Il fallait dire qu'une pierre aurait eu bien du mal à se contenir en ces lieux.

Il écouta poliment et avec attention ce que la personne suivante avait à dire. Niklaus était assez d’accord avec ce que l’homme avait à dire. Il n’entendait rien aux reproches que l’on pouvait faire concernant la descendance de Mme de Hautval car il avait perdu depuis longtemps le fil de qui  cherchait tel ou tel droit d’héritage ou de titre. Niklaus n’était pas non plus totalement certain des principes légaux que l’homme avançaient, mais en droit coutumier, le champ était souvent libre à l’interprétation. Une des raisons pour lesquelles les Altenberg haïssait ce droit. En conséquence il s’agissait là de points techniques dont Niklaus était prêt à faire fi. Globalement M. du Lys –bien que Niklaus ignora jusqu’à son nom – fit une impression très positive au baron. Sa conclusion en particulier fut tout à fait du goût de Niklaus. Ce dernier, d’habitude discret, hocha ostensiblement de la tête pour soutenir l’inconnu lorsqu’il parla de l’intérêt commun.

Vint ensuite l’intervention de M. d’Asnozia. Cette dernière laissa le baron totalement pantois. Oui Vellencourt avait montré qu’il n’était pas doué en esprit, et son jeu de mot était à proprement parler un peu idiot, la situation ne s’y prêtait guère, mais comment pouvait-on être aussi grossier en de pareilles circonstances ? Pire, cela semblait irresponsable. Asnozia lui-même avait dit vouloir donner aux nobles des terres royales un brin de parole. Oui Vallencourt n’était pas aussi calme que Niklaus, mais on ne pouvait pas en vouloir à ce pauvre homme. Il avait vu ses amis et collègues se faire balayer d’un revers de la main, et certaines précisions étaient compréhensibles. Niklaus n’était pas en accord avec lui sur tout, mais on ne pouvait prétendre que tout ce qu’il disait était dénué de sens. Niklaus eut un secouement de tête désapprobateur au départ fracassant du duc.

Vint ensuite Mme la baronne d’Alonna que Niklaus avait déjà rencontré il n’y avait pas si longtemps. Cette dernière ne fut pas tendre mais parut souvent juste à Niklaus. Il resta de marbre mais eut des hochements de tête approbateurs lorsqu’elle parla de l’union des hommes face à l’adversité. Ses propos, égaux et sans haine eurent sans doute un certain écho. Au moins tentait-elle de recentrer le débat. Niklaus eut un regard amical et un sourire pour la femme qui devait se sentir bien peu aidée par tant de haine autour d’elle.

Vint encore Velteroc. Le début effara Niklaus, un regard désespéré passa rapidement sur son visage. L’homme fit un préambule digne de son subordonné. Il était peut-être énervé, mais la vulgarité n’était pas la politesse des rois… Le baron eut un soupir avant de se reprendre et de retrouver un visage de marbre. Les choses tourbillonnaient vers le pire. On eut pu croire à une farce de l’ancienne cour… Le baron était dégoûté… S’il avait été moins mature et moins apte à la politique, le baron aurait certainement versé une larme de rage et de mélancolie. Comment gérer un Etat dont le conseil de lancement était un pareil fiasco ? Niklaus eut un tressaillement dans le dos et le doute le prit.

Le reste du discours fut moins pire… Au contraire il relevait le niveau du préambule. Niklaus n’écouta qu’à moitié. Il était sonné, bouleversé. Derrière son visage de marbre et sa stature droite l’incompréhension le rongeait. Il ne releva même pas lorsque l’homme demanda des volontaires pour son conseil. Peut-être de Velteroc avait-il un bon fond… Mais Niklaus n’était pas homme à faire acte de candidature à quoi que cela soit. Pas dans ces conditions.

Certains héritaient de titre, d’autres les usurpaient, d’autres encore accouraient comme la petite vérole sur le bas clergé lorsqu’on proposait des sièges, des titres, le soi-disant pouvoir… Dans l’esprit de Niklaus, en digne héritier d’une famille qui n’avait jamais hérité d’un titre autre que son nom, une place d’importance se méritait et se gagnait à la force du poignet et du cerveau. Elle n’était pas quémandée. Si l’on pensait qu’il méritait une place ou qu’il était le mieux placé pour un travail, alors cela irait de soi et l’on viendrait lui proposer. Ce n’était pas à lui de chercher un rôle de gouvernant. Cela devait aller de soi, ou ne pas être. Il ne s’avança pas, si ces hommes étaient suffisamment idiots pour préférer les vautours ou aux hommes d’intelligence, cela serait leur problème. Niklaus avait confiance en soi et était certain de pouvoir se retourner. Il se tint silencieux.

A son grand dam, Vallencourt prit la parole pour répondre à Niklaus. Evidemment ce dernier usa de toute la débâcle qui venait de se produire. Le pire est que sur le chapitre du comportement, Niklaus ne pouvait donner tort à l’homme. Le pauvre ami… Les coups qu’assénaient Vallencourt étaient bien placés. L’homme connaissait bien les travers de la famille d’Altenberg. Niklaus ne pouvait pas décemment défendre ce comportement. Niklaus ne put soutenir le regard de Vallencourt. Oui il ne soutenait pas de tels débordements. Trouvait-il l’attitude de Velteroc et d’Asnozia puérile ? Oui… Mais Niklaus redoutait une poursuite de la guerre encore plus que l’attitude de ces hommes qui -c’était le comble- s’ils étaient plus âgés que lui, semblait aimer combattre dans boue comme des jeunes enfants des rues.

Vint alors la rocambolesque sortie de du Lyron. Un prétendant de plus… Un… Niklaus était effaré. Etait-ce cela la cour ? Pas dans ses souvenirs. Pas dans son éducation. Puis vint une religieuse… Ce fut le pompom… Depuis quand les religieux avaient-il le droit au chapitre ? Niklaus détestait que l’on en appelle à l’autorité divine pour assurer un règne sur les hommes. Cela marchait peut-être sur le peuple, mais cela ne marchait pas pour lui. Il croyait dans les Dieux et dans la puissance qu’ils pouvaient déchainer, mais il ne croyait pas que quiconque puisse comprendre leurs desseins. Les races étaient seules sur cette terre. Sous le regard et au bon vouloir des Dieux, peut-être, mais seuls à se battre pour se sortir de leur crasse et résoudre leurs problèmes.

Il ne s’agenouilla pas. Il resta les bras croisés et soutint le regard de qui voulait le dévisager. Le silence pesant, presque assourdissant régnait et liquéfiait l’atmosphère de froideur. Personne ne s’était attendu à cela. Il prit la parole.


« - J’ai foi en nos Dieux. Et j’ai foi en l’Homme. La loi divine et la loi humaine ne sont pas sur le même plan et ne traitent pas des mêmes choses. Il faut rendre donc au roi ce qui appartient au roi et rendre aux Dieux ce qui appartient aux Dieux. Je n’aime pas que l’on me brandisse ma foi au visage pour tenter des gains temporels.

Il s’agit là à mon sens de la plus grande insulte qu’on puisse leur faire. Même si la Déesse vous a parlé, ayez honte Madame ! Ayez honte qu’en votre qualité vous ne sachiez reconnaitre qu’être un humain humble reconnaissant l’autorité des Dieux et leur grandeur face à nous, c’est reconnaitre que leurs voies sont impénétrables pour nous autres mortels. Même pour ceux qui en assurent le Culte.

Si chacun cherche à poser une couronne sur sa tête aujourd’hui, alors nous sommes perdus. L’ancien ET le nouveau royaume. Si c’est cela que vous espérez comme union, alors elle est inutile. Peut-être me suis-je trompé en pensant que la civilisation avait encore une chance ? Peut-être sommes-nous déjà des barbares en puissance ? Je prie les Dieux que cela ne soit pas le cas. Honte à nous tous si nous n’arrivons pas à passer outre nos différences. Le malheur sera vite sur nous. J’ai au moins l’espoir de constater que beaucoup ici l’ont compris. J’en ai assez vu et assez entendu aujourd’hui dans cette assemblée que certains ont rendu pitoyable de vulgarités. On ne peut espérer gèrer un royaume par les coups-bas et les insultes. Vous connaissez mon avis. Ceux qui connaissent mon nom connaissent mes qualités.

Je ne suis pas un faible ou un couard, mais vous n’aurez plus mon vote. Aucun de vous. Ceux qui voudront reconstruire ce qui a été détruit et souhaiteront que j’apporte ma pierre à l’édifice auront ma porte ouverte et mon soutien et je les invite à venir me voir. Ceux qui voudront inféoder l’Apreplaine par la force n’auront qu’à le faire et  à m’évincer pour le plus grand malheur de mon peuple, et, si les Dieux croient encore à la justice, pour leur plus grand malheur aussi. Si ni l’une ni l’autre des solutions n’est possible, alors je pense qu’il vaut mieux vivre seul que mal accompagné.

Je quitte cette assemblée sans regrets, et j’espère vous revoir sous de meilleurs hospices pour discuter de choses constructives.

Messieurs, Mesdames… A bientôt je l’espère en Apreplaine. »


Le baron s’inclina longuement, dans une dernière marque de respect, devant M. de Velteroc et Mme de Hautval. Il ajouta à l’intention de Mme de Hautval.

« - Madame, puis-je vous arracher quelques minutes à cette assemblée ? J’ai le sentiment que vous ne manquerez pas et j’ai une affaire des plus urgentes dont je dois m’entretenir avec vous. Cela ne saurait attendre. Je comprends l’embarrât dans lequel je vous mets, mais je vous en prie, accordez moi votre pardon et cette audience privée. »

En quittant aussi discrètement et posément que possible, il alla vers la baronne d'Alonna et lui tint ce language :


« - Madame, cela vous concerne aussi. Si vous souhaitez nous accompagner... »

Bien sûr on jazzerait, mais Niklaus n’en avait cure. Au moins là encore avait-il fait son devoir.
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Mar 2 Juin 2015 - 22:33

La femme à la robe bleue avait parlé d'une voix forte et intélligible. Mais ces paroles semblaient si vide de sens que cela tira un sourire à la baronne de l'Alonna. Qui était-elle pour intervenir tel un cheveux sur la soupe alors que déjà les nobles présents luttaient verbalement depuis plusieurs minutes. Son rang de Haute-Prêtresse ne l'autorisait pas à intervenir ainsi, quand bien même sa Déesse eut-elle touché son être de Son doigt divin. Cela semblait louche et pire que cela, elle rendait la religion inhérante à la politique. Personne n'oserait contester un droit divin et lorsqu'elle vu s'agenouiller nombre d'hommes, elle sut déjà que le conseil se terminait ici. Elle ne baissa même pas la tête en signe de respect, restant impassible face à l'intervention innopinée de la demoiselle qui semblait sûre d'elle.
La tirade du baron d'Apreplaine la réconforta néanmoins. Elle partageait sa vision, bien qu'elle ne portait pas dans son coeur les Cinq. Elle respectait néanmoins le culte de chacun, surtout que dans cette salle, elle était l'hérétique. Et le soulagement fut total lorsqu'il s'éclipsa en silence, l'invitant à le suivre. Elle hocha la tête et s'avança une dernière fois vers l'assemblée.
«Messeigneurs, ne laissez pas l'étonnement ou l'enervement vous aveugler dans votre jugement. Prenez le temps et levez la séance. Si, comme nous le propose Madame Harold d'Erac est un Roi de droit par la Damedieu, elle offrira alors à chacun la réflexion nécéssaire pour éclairer votre jugement. Il n'y aura pas plus de discours en ce jour sinon des insultes ou des gestes regretables», elle s'octroya une pause avant de reprendre, «Veuillez m'excuser, Messeigneurs, Mesdames». Elle marcha calmement, la tête haute vers la sortie sous les chuchotis des nobles ne sachant que penser de tout cela.
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Duncan du Lys
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Mer 3 Juin 2015 - 6:28

Le Lys ne fit aucune révérence à l'adresse de la religieuse : l'état de sa jambe l'en dispensait. En revanche il se mit à prier pour un siège lorsqu'il entendit la réponse de Nimmio de Velteroc à l'adresse de ses détracteurs. Duncan était désormais convaincu que les bons militaires ne faisaient en aucun cas des bons dirigeants. Malheureusement, Nimmio de Velteroc manquait de clairvoyance politique, au point de commettre la seule erreur qui pouvait aggraver sa situation : reconnaître le sang des filles de Blanche de Hautval. Lorsqu'il vit certains sortir de la salle, le Lys n'attendit pas plus. Après un regard défait envers Nimmio de Velteroc, il se retourna et emboîta le pas à ceux qui s'en allaient. Il s'arrêta près de Margot, lui adressant, sur le ton le plus calme :

« Rien ici, en ce jour, ne pourra rendre cette situation plus vivable. Venez, madame. Rentrons. »

Et sur ces mots, Duncan du Lys sortit de la salle.

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Mer 3 Juin 2015 - 9:20


A peine avait-il eu le temps de terminer qu’un de ses hommes vint le tirer de sa concentration pour l’avertir que le conseil avait subi un revirement de situation. Ils en étaient donc arrivés là. Nimmio avait reconnu les deux filles de Blanche tandis qu’une haute prêtresse sortie de nulle part avait proclamé Harold d’Erac comme nouveau Roi. Quelle ignoble foutaise s’injuria-t-il. Même quelques-uns des Langecins avaient vraisemblablement ployé le genou devant elle. Ce qui n’était pas prêt de se reproduire. Une fois sa commission terminée, il se remit en route et retrouva une salle du conseil en plein émoi. Le seigneur d’Apreplaine annonçait son départ et son intention de ne plus prendre part au vote, ce qui ne pouvait être blâmé à tel point la situation avait dégénéré à un point de non-retour. Oschide s’en voulut pour tous les espoirs qu’il avait mis en ce nouveau royaume, mais il devait à présent avouer qu’il leur faudrait plus de temps pour le réaliser. Une fois à la vue de tous, le capitaine des Aigles vint se remettre à ses côtés avec le reste de la garde, puis Oschide fit face à l’ogre du Médian en ignorant la scène pathétique qui se jouait du côté des Eraciens.

-Reportez cette séance, Nimmio, mais ne commettez pas l’irréparable. En attendant, je ne serai pas loin, vous saurez ou me trouver.

Oschide tourna les talons et afficha un grand sourire lorsqu’il passa tout près du seigneur de Vallancourt. Même s’il se plaçait bien au-dessus de toutes les injures qu’on avait pu lui dire, insulter son honneur était surement la pire des choses que l’on pouvait lui faire. Mais le duc se ravisa au moment où il se souvint d’avoir envoyé la compagnie du Trait pour renforcer la garnison de Velteroc à Vallancourt. Cet homme pouvait donc parler autant qu’il le voulait, un simple ordre de Nimmio ou de lui-même ferait table rase du passé, c’était ça le pouvoir et non se montrer en spectacle pour déblatérer un concentré d’injures et de conneries. Quelques instants plus tard, tous les Langecins et Missédois quittèrent la salle. Oschide affichait une certaine sérénité au côté de Théobald qui le suivait.

-A la moindre échauffourée dans ce merdier, faites entrer vos hommes dans la ville.

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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Un conseil pour les gouverner tous   Mer 3 Juin 2015 - 12:21

Personne ne l’avait écouté. Blanche fixait l’assemble en silence et encaissait les multiples insultes à son encontre. Elle avait l’habitude. Les gens étaient juste bizarres. Elle ne prit pas la peine de répondre à tous puisqu’au final, à quoi cela servait. Elle se contentait de faire craquer une à une ses phalanges tandis que la garde d’Obsidienne s’agitait quelque peu face à l’échauffement de la salle. Elle entrouvrit ses lèvres mais une voix s’extirpa provenant de son clan, c’était Géralt d’Helderion, dit le Faucon des plaines en raison de ses charges efficaces sur les ennemis, un éminent noble de Hautval. Elle s’adressait autant à Vallencourt qu’à Harold.

    « Monseigneur, sauf votre respect, vous reprochez au Seigneur de Velteroc de s’entourer de sauvages mais le seul sauvage que je vois ici, c’est vous. Votre manque de politesse n’a égard que l’immensité de l’Océan d’Eris. Vos manières sont aussi rustres que celle d’un Kerkand. Vous n’êtes pas ici pour parlementer mais détruire aussi purement que simplement. »


Gélrat d’Helderion se recula alors que ses pairs parlaient entre eux. L’annonce d’Harold fut purement et simplement le clou du spectacle d’un cirque. Le brave, Brand de Carruw.

    « Oh certes vous n’avez pas la prétention d’être ce que vous n’êtes pas mais au final, vous le faites quand même. Quelle ironie. Sinon où étiez-vous lors de la prise de Diantra par les rebelles qui ont ouvert les portes ? Nous avons pu voir comment vous étiez de tout cœur avec le feu et vénérable Trystan, n’est-ce pas vous et votre père qui s’êtes soulevés contre la couronne ? Quelle grandeur d’âme. D’autres félons qui s’arrogent des droits. »


Blanche leva la main pour le faire taire. La suite n’en fut que plus drôle, la Haute-Prêtresse de Néera. Les religieux de la suite de Blanche étaient déjà outrés. Tous savaient de renom que Blanche d’Ancenis était une fervente dévote de la Déesse Mère. Alors que l’Ancenoise s’inclinait bien bas devant l’assemblée et se détournait laissant Niklaus s’approcher et échanger quelques mots. Un prêtre de Néera hautvalois ajouta.

    « Enfants de la Déesse, je suis moi-même l’un des représentant de la Sainte Mère et sachez que là n’est qu’une mascarade. Notre bien aimée Déesse se manifesterait elle-même pour désigner le successeur du Royaume si cela était le cas. Cela a été prouvé durant le Voile. Les Dieux peuvent interagir avec nous désormais. Je ne vois là qu’un accord entre deux partis. Je ne vois là qu’un mensonge. Je ne vois là qu’une femme avide et indigne de notre Mère à tous qui doit fourniquer avec le Démon, ce Démon…. »


Une nouvelle main de Blanche fit cesser les propos du prêtre. Cela suffisait comme ça. Elle leva les yeux sur ladite femme. Le cultre Néeréen était tombé bien bas, elle qui avait foi… Voilà même qu’au sein de la foi venait s’inviter des détracteurs avides. Au moins tous n’étaient pas de parfait moutons et semblaient avoir un soupçon d’intelligence car là, elle ne voyait que des personnes doués d’un Q.I. inférieur à la moyenne. Elle se tourna finalement vers les Ancenois. Blanche s’adressait à eux dans le capharnaüm de ce conseil.

    « Nobles peuples, vous vous agenouillez devant celui qui est détracteur de votre sang. De tout temps Ancenis fut fervent défenseur de l’Ivrey. Votre sang ! Vous vous agenouillez devant celui qui a enfermé Raymond d’Ancenis et l’a détenu en otage ! Avez-vous perdu la tête ? l’Ivrey et Raymond d’Ancenis ne furent pas bon pour vous ? Vous faites honte à votre sang et vous savez à quel point le sang prévaut, telle est notre devise. Je ne comprends pas. Cela me dépasse, vraiment. »


C’était étrange que les Ancenois s’agenouillent face à celui qui crachait sur leur héros national et plus encore devant celui qui avait emprisonné par le biais de son père, l’un des dirigeants. Avaient-ils tous oublié ce qu’Erac avait fait à Raymond d’Ancenis alors que celui-ci fut sénéchal des armées éraçiennes, qu’ils étaient respectés et que lors d’une négociation entre Raymond et l’Erac, les éraçiens avaient fait prisonnier celui qui voulait la paix et celui qui fut bon avec eux. C’était d’une incohérence la plus totale.
Blanche s’éclipsait avec Niklaus après avoir lancé un regard à son époux le suppliant tacitement de ne pas commettre l’irréparable et tuer tout le monde. De toute façon, la Garde d’Emeraude devait sans doute évacuer les lieux avec leur Maitre. La Garde d’Obsidienne quittait tout autant les lieux. Blanche glissa à l’encontre de Romeus avant de partir.


    « Je suis toujours ouverte à la discussion, si vous consentez à ne pas m’insulter une énième fois. »


Dans la salle, il restait deux gens de la Baronne en tant qu’espion pour l’informer de la suite et si cela ne suffisait pas. Elle ferait intervenir ses lucioles.
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