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 La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]

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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Mar 19 Mai 2015 - 13:21

<< Le pouvoir des mots(début intronisation de Neraën) Une 7e Branche sur une étoile >>


Printemps - mi 8e ennéade de Barkios
8e année du XIe Cycle


La journée touchais à sa fin.

Depuis le début du printemps, les jours avaient largement rallongés, et malgré quelques piques de froid et l'humidité de la forêt, le fond de l'air avait retrouvé la douceur des beaux jours. Mais à cette heure, les deux lunes avaient pris le relais pour veiller sur Anaëh.

Malgré l'appréhension qu'elle avait eu de cette soirée tout c'était relativement bien passé. Mais tout de même, voir son père inviter Fenris à partager un repas chez lui avait été aussi surprenant que troublant. Elle mentirait en disant que cette proposition ne l'avait pas rendue suspicieuse. Son père n'était pas franchement le type à faire ce genre de choses  sans arrière pensée, que ce soit en bien ou en mal...

Enfin... le repas était passé et d'une façon très agréable, lui faisant même oublié les résolutions difficiles aux quelles elle essayait de se tenir depuis quelques temps déjà, autant d'un point de vue diplomatique que personnel. Randil avait disparut très tôt bien au-delà de la lisière du jardin. Quelques anecdotes édifiantes sur les premières années d'Halya n'avaient pas manquées d'être mentionnées mais ses appréhensions n'avaient pas résisté à la bonne humeur ambiante. Seule restait cette légère tension qu'elle s'efforçait ignorer pour que personne ne s'en aperçoive.

A présent, les rires et les discutions s'étaient calmés. Andënis n'était pas restée, dînant comme à son habitude avec sa propre famille, aussi un brin de rangement s'imposait. Ne serait-ce que ce détail faisait toute la différence entre le palais et cette maison ou elle n'était personne et tellement plus à la fois. Lorsqu'elle se leva à son tour pour aider son père à rassembler la vaisselle, un geste de la main la coupa dans son élan.  

-Non ! Je m'en charge. Andënis m'étripera si la cuisine n'est pas en ordre et nous avons un hôte ce soir.
-Très bien. Comme tu voudras...

Une expression pensive passa un instant sur son visage. L'idée de rester là à regarder son père faire des allé-retours en conversant avec Fenris avait quelque chose d'étrange. Peut-être que...

-Peut-être que faire quelques pas dehors intéresseraient notre hôte ?  Demanda-t-elle finalement avec un sourire joueur. Rien de comparable à ceux du palais mais le jardin vous plaira peut-être.

Elle avait encore buté légèrement sur le « vous ». Cela lui arrivait de plus en plus souvent. En seulement quelques ennéades, cette marque de politesse avait perdue tout son sens et tout son à propos. Mais les habitudes avaient la vie dures et celle là ne pouvait être changé d'un claquement de doigt. Alors elle attendait le bon moment... Où simplement de ne plus se poser tant de questions.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Mer 20 Mai 2015 - 17:45

Pour Fenris aussi, la journée d'achevait. Mais le réel évènement du jour fut quand le père d'Halyalindë vint le trouver pour l'inviter à dîner chez lui avec sa fille. Il avait accepté avec un grand sourire mais au fond il ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur les motivations du vieil elfe. Quelques jours plus tôt, il lui soutirait des informations sur sa relation avec la Protectrice et à présent il le conviait dans un cadre privé. Que cherchait-il à faire exactement ? Ignorant encore beaucoup de choses sur son amie, il était bien incapable de deviner les intentions du paternel.

Le soir venu, alors que le jour déclinait sur Anaëh, il se rendit sur les lieux en compagnie d'Halie qui lui servait de guide. Dans le salon, le regard du cavalier s'arrêta un moment sur une vielle elfique. Son intérêt pour l'objet fut remarqué et Fenris n'eut d'autre choix que d'avouer qu'il jouait un peu à une époque. Hélas, l'armée l'avait empêché de poursuivre la pratique d'un instrument quelconque. Quelques instants plus tard, le jeune noble se retrouva avec l'objet dans les mains, se préparant à jouer sous les encouragements de son public improvisé. Le maestro demanda humblement leur indulgence : il n'avait pas joué depuis plus d'un siècle.
Malgré la simplicité de la mélodie et quelques couacs inévitables dus au manque d'entraînement, Fenris révéla un autre de ses talents dans ce loisir qu'était la musique. L'archet glissait sur les cordes avec grâce, faisant raisonner la pièce de sons mélodieux. Il ne faisait pas que jouer : il interprétait réellement son morceau. Cela se voyait dans ses gestes, dans sa posture, et surtout dans son regard qui ne quittait plus les cordes de l'instrument. Lorsqu'il acheva son morceau, il s'inclina brièvement en remerciant ses spectateurs avant de reposer la vielle avec délicatesse.

La soirée se passa à merveille. L'ambiance était plus qu'agréable et les discussions bien loin des tourments politiques et militaires qui occupaient toutes les bouches depuis plusieurs années. Chez lui, Fenris n'était pas accoutumé au débarrassage de la table mais son caractère serviable, la bien séance et le vie de l'armée n'avaient pas manqué de le faire réagir en voyant tout le monde se lever pour commencer à ranger. Il n'eut toutefois que le temps de prendre son assiette entre ses mains avant que le Conseiller n'arrête les deux jeunes gens dans leur élan.

-Très bien. Comme tu voudras... Peut-être que faire quelques pas dehors intéresseraient notre hôte ? Rien de comparable à ceux du palais mais le jardin vous plaira peut-être.

Fenris ne manqua pas de remarquer le sourire de son amie. Dans cette maison, elle était bien plus naturelle que dans la salle de réception où ils avaient reçus ensemble les ambassadeurs. Toutefois, Fenris ne pouvait se permettre de se montrer aussi léger qu'à son habitude, devant faire preuve d'un peu plus de formalisme en la présence d'Eorim. Ce fut la raison pour laquelle il commença par s'incliner avant de réponse à sa question.

-Je n'ai rien contre l'idée de prendre un peu l'air, bien au contraire. De plus, je suis sûr que votre jardin est des plus agréables.

La dernière phrase était destinée au Conseiller devant lequel il s'inclina avec respect.
Lorsque Halyalindë sortit, il lui emboîta le pas mais, avant de sortir, il jeta un dernier coup d’œil sur Eorim en train de ranger. Ce dernier se doutait très probablement que les deux elfes n'allaient pas rester là à le regarder pendant qu'il trimait. Il devait savoir qu'ils allaient quitter la pièce, ne serait-ce que par politesse, pour retourner au salon, visiter les lieux ou encore faire un tour dans le jardin. Ses intentions commençaient donc à se dessiner dans l'esprit du cavalier... Le Conseiller connaissait sa fille bien plus encore que Fenris n'avait pu en apprendre sur elle, même après les quelques jours d'épreuve qu'ils avaient traversé ensemble. Peut-être avait-il quelque chose à espérer ? Peut-être que le silence d'Halie à son sujet cachait un attachement plus profond envers le cavalier ? Mais alors, pourquoi refuser de le montrer ? Peut-être n'avait-il pas été suffisamment explicite ?...
Le jeune Nöldorion se sentait un peu pressé par le temps. Sa rémission touchait à son terme et bientôt il devrait repartir pour le front. Malgré les évènements importants qui s'annonçaient dans les ennéades à venir, il se dit qu'il était temps pour lui d'obtenir une réponse claire avant son départ. Ce soir-là était sans doute le moment idéal. Halyalindë ignorait encore ses projets concernant sa remise en service et leur promenade serait sans doute un cadre propice... Depuis le pas de la porte, il voyait déjà l'éclat de la lune sur la nature environnante. Une ambiance romantique et l'intimité de la nuit seraient des alliées idéales s'il parvenait à trouver l'occasion de lui dévoiler ses sentiments.

Mais point d'empressement.
Après un instant passé à réfléchir à tout cela, il rejoignit son amie et ainsi commença leur ballade nocturne. L'air était doux mais pas froid. La veste de Fenris, loin d'être frileux, était presque de trop. Hiboux et criquets se faisaient entendre par moment et quelques lucioles et vers luisants venaient compléter la lune pour éclairer les recoins ombragés. La nuit était si belle...
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Jeu 21 Mai 2015 - 18:58

Tout le temps de soirée, et malgré une ambiance légère, Fenris était resté paré de sa plus exquise courtoisie et de son respect le plus marqué. Il avait été bien moins naturel que lors de leurs entrevues habituelles. Mais Halya ne s'en était pas formalisée, après tout l'invitation de son père était étrange et la présence de quelqu'un qu'il connaissait si peu devait retenir le cavalier... Ce qui ne l'avait pas empêché de surprendre la Protectrice.

Halya avait toujours été sensible à la musique. Malheureusement, dotée d'une vois très approximative et d'une patiente encore plus réduite durant sa jeunesse qu'aujourd'hui, elle n'avait jamais réussi à apprendre à jouer d'un instrument. C'était pour cela qu'elle avait appris à danser. Pourtant, elle restait fascinée par la dextérité d'un musicien, la grâce qu'il fallait pour tirer un beau son d'un vulgaire objet. L'archer courrait, léger sur les cordes de la vielle de son grand père et la mélodie s’enchaînait. Ce n'était pas la plus exacte ni la plus magistrale des représentation à laquelle elle avait eut l'occasion d'assister mais l’interprétation était belle et simple. Pas une fois Fenris ne quitta son instrument des yeux. Pas une fois ceux d'Halyalindë ne se détournèrent de lui.

Lorsqu'elle se détourna pour passer dans le jardin, elle n'attendit pas que son ami lui emboîte la pas, préférant lui laisser la possibilité de parler à son père puisqu'il cette invitation lui semblait toujours étrange.

La première bouffée d'air la fit sourire. Le temps était assez doux pour qu'elle ne regrette pas  de ne pas avoir récupéré sa capeline mais ses épaules a moitiés découvertes par des manches basses, frémirent. Les bruits furtifs de la nuit après les voix et les rires paraissaient reposants. Les ombres jouaient entre les plantes soigneusement entretenue du jardin. Elle avait déjà fait quelques pas sur l'herbe lorsqu'elle perçut les pas de Fenris s'approchant de la porte. Ici, pas de chemin, l'espace était bien trop petit pour en mériter. Les plantes rases se prenaient dans le bas de la robe blanche et grise d'Halya sans qu'elle n'y prête grande attention.

La nuit était calme et cela faisait des années qu'elle n'était pas restée si tard dans cette maison. Elle n'aurait pas pensé que voir Fenris dans un cadre si inhabituel pourrait être aussi... étrange ? Non. Ce qui la gênait était bien plus compliqué, bien plus difficile à exprimer que cela. La soirée avait été parfaite. Mais elle se demandait parfois si voir Fenris repartir au Front au plus tôt ne serait pas plus simple...
Depuis qu'il était arrivé à Ardamir, ils passaient un temps fou ensemble. Un temps qu'elle appréciait et qui lui permettait de penser à autre chose ou de résoudre des problèmes épineux... Mais qui ne durerait plus longtemps. Elle essayait de ne pas y penser, comme elle essayait de ne pas se faire d'illusion sur le sort probable que réservait cette guerre à deux combattant. Après tous ce qu'ils avaient vécu ensemble dans un temps si court, Fenris était devenu quelqu'un d'important à ses yeux. Ceci elle ne pouvait le nier. Mais elle savait aussi que cette complicité ne pourrait durer. Il repartirait... Et elle aurait du garder une distance qu'elle n'avait pas sue tenir. Une distance qui apparaissait encore plus mince en le voyant ici.

Enfin, après ces quelques pas seule, elle se retourna vers le cavalier. Tout ceci était son propre problème et il n'avait pas à en pâtir.  Plutôt que de revenir sur les raisons ou non de cette soirée, elle décida de revenir sur un point qui l'avait étonnée.

-Je ne savais pas que vous jouiez de la vielle...

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Sam 23 Mai 2015 - 20:56

Fenris marchait, silencieux, aux côtés de son amie ignorant que ce qui le perturbait troublait également la Protectrice. Toutefois, lui était bien plus optimiste qu'elle. Certes, il avait pleinement conscience que le fait d'être membre de l'armée le mettait en danger et il avait déjà prouvé qu'il était prêt à donner sa vie pour sauver les siens. Malgré tout, il préférait penser à son retour auprès de sa famille plutôt qu'au sort tragique qu'il était susceptible de rencontrer à chacune de ses missions. C'était à ses yeux le meilleurs moyens pour continuer à vivre pleinement.

C'était à peine si le cavalier observait le jardin qui l'entourait. Son regard se portait parfois d'un côté ou de l'autre mais il ne parvenait pas réellement à lui accorder son attention. Tout comme Halyalindë, son esprit restait préoccupé. Bien trop pour pouvoir jouir de cette petite visite nocturne.

-Je ne savais pas que vous jouiez de la vielle...

Fenris fut tiré de ses pensées et se tourna vers son amie l'air quelque peu absent. Cela ne s'arrangea d'ailleurs pas lorsqu'il la découvrit à la lumière de la lune. Les rayons d'argent sur sa robe blanche la rendait si éclatante qu'on l'aurait crue nimbée de magie. L'espace d'un instant, il se plut à penser qu'un Eäla était intervenu pour la rendre plus belle encore...
L'effet ne devait guère être très différent sur la peau et les cheveux du noble... Il portait des vêtements couleur bleue nuit, brodée d'argent dont les fils réagissaient eux aussi à l'éclat de la lune, venant égayer un peu sa sombre tenue et l'assortir à son teint.
Finalement, le cavalier se reprit et adressa un sourire à la Protectrice.

-Je suis ravie de voir que je vous surprends encore et j'espère ne pas m'arrêter là.

Il fit quelques pas de plus avant de poursuivre, préférant changer de sujet. Après tout, il n'avait rien à ajouter sur la question après ses déclarations au moment de sa petite représentation.

-Cette invitation m'a un peu surpris mais votre père est un homme charmant. J'apprécié toujours autant sa compagnie. [Bref silence] Mais pas autant que la vôtre bien sûr...

Il ajouta cette dernière phrase avec un sourire léger et un ton doux, comme il le faisait depuis quelques temps lorsqu'il lui faisait un compliment. Il souhaitait mettre peu à peu en place l'ambiance qui l'amènerait à sa question fatidique, espérant qu'elle le laisserait faire et ne se détournerait pas de lui comme elle avait déjà pu le faire auparavant.


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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Dim 24 Mai 2015 - 0:20

Le regard de Fenris passa sur elle, étrangement absent. La rare lumière des deux lunes s'accrochait à ses traits et à ses cheveux, tranchant incroyablement avec sa veste bleu-nuit. Les jeux d'ombre contrastaient plus encore ses yeux asymétriques, rappelant à Halya les soirées qu'ils avaient pu passer seuls au cœur de la forêt, loin de toute lumière.

Surprise, elle l'était. Elle l'était de jour en jour. Il semblait que le monde entier voulait la surprendre : les diplomates, les drows, les Noss, les humains, son père. Mais Fenris semblait y exceller. Des avis, des conseils, des gestes simples, des compliments. Elle était toujours aussi surprise à chaque fois qu'il faisait référence à quelque chose qu'elle avait mentionné sans forcément y faire attention. Surprise par ses propres réactions. Des réactions qu'elle était obligée de contrôler et de doser avec prudence.

Mais le sujet badin de la musique ne semblait pas convenir au cavalier pour l'heure.

-Cette invitation m'a un peu surpris mais votre père est un homme charmant. J'apprécie toujours autant sa compagnie.

Halya sourit. Elle n'était pas la seule à se demander à quoi était dû cette proposition visiblement... Elle ouvrit la bouche pour faire un bon mot mais sa voix ne franchit jamais ses lèvres, coupée par celle de Fenris. Son ton tenait presque de la confidence. Ce jeu de galanterie qu'elle avait elle-même provoqué, il l'avait poussé bien plus loin qu'elle ne s'y attendait. S'en rendait-il seulement compte ?

Rire, détourner la conversation pour cacher un sourire trop sincère, elle en avait pris l'habitude. Deux pas en avant, trois pas en arrière, comme une danse qu'elle répétait pour ne pas chuter.

-Moi de même... Mon père est bien trop friand de ragots.


Le ton de la jeune femme se voulait dégager, comme lorsqu'ils se promenaient au Palais sous le soleil. Mais sa réponse sonnait faux, même elle pouvait s'en apercevoir. Malgré ses tentatives pour éviter les yeux de son ami, elle les croisa par mégarde. Elle se figea une fraction de seconde. Quelque chose dans ce regard l'empêcha de se détourner de nouveau.

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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Dim 7 Juin 2015 - 12:03

Il y avait quelque chose dans l'attitude de son amie qui fit dire à Fenris que le moment était venu, sans même qu'il ait à fournir plus d'efforts pour amener la conversation sur ce dont il voulait lui parler. Il s'était pourtant préparé à toutes les éventualités, jusqu'à finir par stopper net leur échange pour se montrer plus direct, sans pour autant manquer de tact.
Mais nul besoin de mettre en oeuvre l'un de ses plans. Halie se tenaient là, visiblement troublée par quelque chose, cherchant à lui cacher le fond de ses sentiments. Le cavalier prit tout ceci pour un signe : Il était temps d'agir. A la remarque sur son père, Fenris eut un petit rire.

-Et quel genre de ragots pourrait-il bien chercher sur nous ?

Achevant sa phrase, il s'arrêta et plongea son regard dans celui que son amie qui ne semblait déjà plus pouvoir s'en détacher. Le jeune homme n'attendait pas vraiment de réponse et affichait un sourire confiant et détendu, bien loin de ce qu'il se tramait aux tréfonds de son cœur. Il choisissait néanmoins de ne rien en montrer pour ne pas apitoyer la Protectrice sur son sort. Il savait encaisser les coups, il avait été éduqué et entraîné pour ça.

-Halie... Il y a une chose que j'ignore et que je ne parviens pas à déterminer par mes propres moyens.

Tout en parlant, il avança vers elle jusqu'à ne plus être qu'à quelques dizaines de centimètres. L'étiquette lui aurait interdit de se tenir si près d'elle en public, sauf pour une danse à la rigueur... Mais ici, seuls, baignés dans la nuit, hors de vue de la maison des Yasairava... Il s'y risquait.
Puis il reprit, d'une voie un peu plus ténue.

-Peut-être pourrez-vous m'aider.

Le regard de l'elfe s'était mué en une expression que la Protectrice avait parfois pu deviner mais qu'elle n'avait encore jamais vue avec autant de clarté. Sur son visage se lisait la tendresse et dans ses yeux un attachement naissant qui ne pouvait avoir qu'elle pour objet. Il n'était nullement dans les intentions du noble de l'embrasser car la chose qui aurait été bien plus osée encore que leur proximité physique actuelle mais aussi trop prématuré étant donnés la nature de leur relation et l'état des sentiments du cavalier. Toutefois, il souhaitait afficher clairement son affection à son égard, qu'elle n'ait plus de doutes le concernant et qu'elle lui réponde, quelque soit ce qu'elle ait à dire.

Voilà. Ils y étaient enfin... Fenris avait fait le grand plongeon. Si Halyalindë se montrait réticente à comprendre, il n'hésiterait pas à lui prendre délicatement la main à la manière d'un amant. Désormais, ce n'était plus l'ami qui se tenait devant elle mais le soupirant, celui qui en appelait au droit de lui ouvrir son cœur afin de l'aimer le plus sincèrement du monde.
La balle était à présent dans le camp de la Protectrice qui, jusque là, ne lui avait jamais donné à espérer, ni à renoncer.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Lun 8 Juin 2015 - 23:48

Ces yeux clairs qui étaient vrillés dans les siens, elle ne pouvait les ignorer. Son cœur rata un battement.

Il prononçait des mots anodins. Des mots qui demandaient de lire entre les lignes. Des mots dont le sens disparaissait derrière le ton doux qu'il employait. Le ton qu'il employait toujours lorsqu'il la complimentait. Le ton qu'elle s'était efforcée de prendre pour un jeu.

Il fit un pas en avant. Elle ne recula pas.

Elle avait l'impression de pouvoir compter le nombre de cils de ce visage rayonnant sous la faible lumière. Ce calme, cette simplicité, cette présence qui lui était si chère était plus proche que jamais. Elle découvrait les détails les plus infimes d'une expression qu'elle avait déjà cru surprendre. Cette expression qu'elle avait d'abord crainte lors de leur fuite puis qu'elle s'était refusé à interpréter alors que les jours passaient.

Toutes ses questions qu'elle ne voulait pas poser, tous ces moments où elle avait refusé de voir l'évidence, où elle s'était écartée, même d'un pas, pour ne pas prendre de risques, tout volait en éclats. Son cœur s'emballait. Il était là, simplement là, à la fois plus loin et plus proche que jamais. Elle aurait voulu pouvoir douter de ce que signifiaient les mots qu'il ne prononçait pas. Elle aurait aimé qu'un éclair la frappe pour l'empêcher de regarder dans ses yeux et d'y voir l'écho d'une attente. Elle ne voulait pas le regarder en face. Et pourtant...
Pourtant, la distance qu'elle s'évertuait à tenir par convenance, par crainte, était aussi pesante que l'idée de son départ.
Pourtant elle espérait malgré tout ce regard.

Elle n'avait pas le droit de faire passer ses sentiments personnels avant la cause d'Anaëh. Elle en avait besoin.

Ses lèvres frôlèrent celles de Fenris.

Un frisson couru de la base de sa nuque aux bouts de ses doigts. La chaleur presque surnaturelle que dégageait sa peau n'avait pas changé. La bienveillance, l'abnégation de cet homme qui avait accepté de se sacrifier pour une autre personne l'avait interpellée dès leur première rencontre. Elle l'appréciait. Puis elle avait appris a le connaître un peu, rien qu'un peu, jusqu'à se rendre compte qu'elle avait assez confiance en lui pour lui confier un peu de ses problèmes, de ses angoisses. En un instant, ils avaient partagé peur, douleur, rires et joie. Elle avait goûté à une paix nouvelle au milieu des dangers. Elle l'aimait.

Halya fit soudain un pas en arrière comme si elle venait d'être frappée par la foudre.

Un visage livide aux yeux cernés encadré de courts cheveux blancs, une peau cireuse tachée de sang dansèrent sous ses yeux. Un autre bien plus vieux s'y ajouta, des rides profondes labourant ses traits et une buée blanche obscurcissant son regard.

La chute était violente. Les émotions qui agitaient l'elfe étaient si tumultueuses qu'elle n'arrivait plus à s'y retrouver. Ce contact fugace, elle l'avait cherché sans réfléchir. Le regard de Fenris la happa de nouveau.
Elle... l'aimait. Telle était l'horreur de la situation.

Elle ne voulait pas s'attacher maintenant. Elle ne voulait pas perdre encore une fois ceux qui lui étaient chers. La guerre emportait chaque jour son lot d'hommes et de femmes dans les rangs de l'armée. Si elle s'aventurait sur cette voie, si elle se laissait espérer et qu'il disparaissait, elle ne pourrait pas y survivre. Pas une nouvelle fois. Elle n'avait pas cherché à comprendre les regards qu'ils échangeaient parce qu'elle ne voulait pas avoir à faire ce choix. Ils ne connaissaient à peine... Et c'était mieux que ça reste ainsi.

Du fond de l'amalgame d'émotion qui brûlait en elle, la peur hurlait.

-Je suis... Déjà Kaelan... J'ai

Les mots restaient coincés dans sa gorge. Elle ne voulait pas les prononcer pas ceux-là.

« Dis-lui simplement la vérité avec franchise. »

Quelle vérité ? Les excuses, le devoir, la raison, tout cela lui paraissait creux. Elle aurait pu craindre qu'il détourne son attention des problèmes importants, qu'il souffre si elle perdait la vie dans une époque aussi trouble... Mais sa peur était bien plus égoïste.

-Je ne veux pas m'attacher pour voir la personne que j'aime mourir. Pas encore une fois. Je ne peux pas supporter l'idée de...


Trop c'était trop. Une larme déborda.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Mar 9 Juin 2015 - 17:26

Alors qu'Halyalindë demeurait silencieuse, le temps semblait s'être comme suspendu. Ses yeux n'était désormais plus capables de quitter ceux de l'elfe vairon et il put enfin se plonger dans son regard à loisir. Jusque là, il n'avait fait qu'observer brièvement et à bonne distance. A présent, il n'était qu'à quelques centimètres d'elle et était en mesure de percevoir jusqu'aux stries de ses iris vertes. Malheureusement, il n'avait que bien peu de choses à détailler dans ses yeux car la nuit avait agrandi ses pupilles à leur maximum au point qu'il pouvait voir son propre reflet éclairé par la lune.
Alors qu'il voulut porter son attention sur une autre partie de son visage, il se reteint en s'apercevant qu'Halie s'était lentement approchée. Si lentement qu'il n'était pas sûr qu'elle-même s'en soit rendu compte. Elle était comme sous le coup d'une attraction incontrôlable... Et Fenris sentit soudain son cœur s'alléger. Ce n'était pas la réponse à laquelle il s'attendait mais le fond du message était le même : Les sentiments de la belle était réciproque. Peut-être même avait-elle de l'avance...

Laissant de côté ses tergiversations, le jeune Nöldorion resta immobile tandis que le visage de sa dulcinée approchait du sien. Il n'avait pas imaginé ce moment si tôt mais il ne ferait rien pour aller à son encontre. Il n'osa même pas la toucher de peur de briser la magie de cet instant. Il attendit donc avec patience et délectation que sa peau touche la sienne. Il lui semblait que son cœur battait plus fort à mesure qu'elle se rapprochait et sa respiration s'était totalement arrêtée. Mais lorsque que leurs lèvres se frôlèrent, Halyalindë se ravisa de manière soudaine, allant jusqu'à prendre ses distances. Fenris, lui, ne bougea pas. Reprenant subitement sa respiration, il était encore sous le coup des émotions qu'elle venait de lui faire vivre et dont elle venait de le priver de leur si douce conclusion. Pourtant, il gardait sur ses lèvres l'empreinte de ce bref contact et le parfum de sa peau.

Relevant les yeux pour apercevoir son amie, il la trouva bien plus agitée. Revint alors en mémoire du cavalier ce dernier soir qu'ils avaient passé seuls dans la forêt tandis que les drows étaient tout proches. Halie avait alors fait un cauchemar qui l'avait réveillée malgré la fatigue. Sous l'effet de la peur, elle avait mis un moment avant de reprendre ses esprits. Mais cette fois, il doutait qu'elle achève de se tirer de ce songe qui venait de passer devant ses yeux...
Dans sa torpeur, la Protectrice prononça un nom qu'il n'avait encore jamais entendu. Toutefois, il n'en fallut pas plus à Fenris pour comprendre... La situation présente aidant fortement. Ce Kaelan devait être son ancien amour et, étant donné la suite des propos de son amie, il devait être décédé. Le jeune noble en fut désolé pour elle mais n'en ressentit aucune jalousie ni colère. Halie ne parlait pas de ce qui lui importait au fond du cœur... Elle avait dû beaucoup l'aimer pour souffrir encore de sa disparition.

-Je ne veux pas m'attacher pour voir la personne que j'aime mourir. Pas encore une fois.

Tout comme elle semblait tenir aujourd'hui à lui.

-Je ne peux pas supporter l'idée de...

Fenris eut alors comme une illumination. Ce soir-là, dans la forêt, ce n'était pas de sa mort dont elle avait eu peur... Mais de la sienne. Elle refoulait donc ses sentiments depuis aussi longtemps qu'il espérait un geste de sa part.
Il aurait voulu la prendre par les épaules pour la forcer à le regarder de nouveau et l'apaiser mais se retint par crainte de la faire fuir. Toutefois, lorsqu'il vit une larme perler sur sa joue, son cœur se serra et il ne put empêcher ses jambes de faire à nouveau un pas vers elle et sa main de se lever vers son visage pour l'essuyer. Mais elle l'esquiva... Il respecta sa volonté et demeura là où il était.

-Halie... Loin de moi l'idée de te faire souffrir.

Son visage exprimait sa peine de la voir pleurer. Un instant plus tôt, c'était le plus beau moment de sa vie et voilà qu'à présent il était saisi par la peur de la perdre pour de bon. Certes, il honorerait sa décision quelle qu'elle soit. Mais, pour l'heure, il n'avait pas l'intention de jeter les armes sans combattre...

-Je ne demandais rien de plus que pouvoir te faire la cours et laisser mon cœur s'exprimer enfin librement. Et peut-être même t'aimer... autant que tu sembles m'aimer.

Il marqua une pause. Si elle avait finalement compris ses sentiments pour lui, lui aussi les avait vu dans ses yeux. Il comprenait pourquoi elle ne voulait pas y céder... mais il ne pouvait se résigner à accepter ces raisons qui ne lui semblaient pas aussi légitimes qu'elle s'en était convaincue.

-Mais si tu laisses la peur parler pour toi, ne crains-tu pas de passer à côté de la vie ? De ta vie ?
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Mar 9 Juin 2015 - 20:23

Elle repoussa la main de Fernis d'un geste maladroit et chassa ses larmes d'un revers de main. Sa propre sécheresse la mettait mal à l'aise, mais elle ne voulait pas qu'il s'approche. Elle s'en voulait un peu de ne pas pouvoir faire calmement la part des choses. C'était le prix à payer lorsque l'on se mentait à soi-même trop longtemps.

-Halie... Loin de moi l'idée de te faire souffrir.

Pourtant il n'y avait pas de colère. Lorsque la voix de Fenris l'invita à soutenir de nouveau son regard, elle n'y discerna que de la tristesse... Et de la détermination. Aucune rancœur. Elle l'avait repoussé mais il ne renoncerait pas tout de suite. Pas avant d'avoir abattu ses propres cartes. La suite le confirma.

-Je ne demandais rien de plus que pouvoir te faire la cours et laisser mon cœur s'exprimer enfin librement.

« Très bien, refuse tant que tu voudras ! Je m'en fiche ! Je reposerais cette question autant de fois qu'il le faudra ! »

Un écho lointain la perturbait. Cela n'avait rien à voir. Elle était si calme à l'époque. Elle prenait son temps pour éprouver la solidité des choses au lieu de marcher dans une étendue sans fin de sable mouvant. Elle pensait connaître la mort et n'effleurait qu'à peine l'amour. Mais maintenant elle savait ce que ça impliquait. Elle en connaissait les risques.

-Tu ne comprends... !

-Et peut-être même t'aimer... autant que tu sembles m'aimer.

Le reste de la phrase d'Halya resta scellé dans sa gorge. Ce mot qu'elle se refusait à entendre, il l'avait prononcé. Il ne comprenait pas ce qu'elle avait tenté de dire. Elle inspira difficilement l'air de la nuit.

-Si tu laisses la peur parler pour toi, ne crains-tu pas de passer à côté de la vie ? De ta vie ?

-Je crains de la perdre !

Oui elle laissait la peur parler pour elle. Elle la laissait s'exprimer alors qu'elle ne l'avait jamais fait avec personne. Elle se souvenait des liens qui pouvaient se créer entre deux personnes au fil des années. Mais ce qu'elle éprouvait en à peine un mois était déjà fort. Peut-être n'était-ce que passager, mais si ça ne l'était pas, combien de temps avant que la fin de ce bonheur l'emporte définitivement ? Si dans un mois, un an, l'un d'eux mourait...

Il fallait qu'elle lui donne des explications. Il fallait qu'elle lui raconte tout. Qu'il comprenne. Mais les mots peinaient à prendre forme. Elle gardait les yeux vrillés dans ceux de Fenris comme si cela avait pu suffire.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Mer 10 Juin 2015 - 19:04

Fenris ne voulait pas lui couper la parole et ne s'en rendit compte qu'une fois qu'il avait commencé sa phrase. Trop tard pour faire marche arrière... Il acheva donc son propos avant de se rendre compte de l'impact de ce qu'il venait de dire sur son amie. Visiblement, l'amour était un problème... Elle avait pourtant aimé par le passé. La difficulté venait donc d'aujourd'hui. De lui peut-être ? Il ne semblait pas... Elle n'avait exprimé que la crainte de le voir mourir. Sans doute sa position de soldat devait-elle contribuer à nourrir cette peur mais il ne pouvait concevoir d'être autre chose pour l'instant. Pas alors que la guerre faisait rage au sein même d'Anaëh. Elle devait elle-même le savoir puisqu'elle n'avait pas hésité à reprendre les armes alors qu'elle ne faisait plus partie de l'armée.

Finalement, Halie lui confia qu'elle craignait de perdre la vie. Fenris fronça légèrement les sourcils. Que voulait-elle dire par là ? Lui aussi craignait de la perdre, comme n'importe quelle personne encore en âge d'observer son avenir s'étendre sous ses pieds. Ils étaient tous deux bien trop jeunes pour que la mort ne les effraie plus. Ce n'avait pas de sens dans la situation présente. Quel était le rapport avec leurs sentiments ?
Toujours calmement, le cavalier reprit la parole.

-Tu as raison. Je ne comprends pas.

Cela n'était pas dit sur le ton du reproche ou de la colère. Pourtant, il aurait sans doute eu de quoi perdre les pédales et s'emporter rien qu'un peu. Après tout, il lui avait ouvert son cœur et elle avait exalté ses sentiments avant de finalement le repousser, se refusant à leur histoire après lui avoir fait ce terrible aveux sur son propre ressenti à son égard. De quoi lui en vouloir au moins un peu... Mais pas Fenris.
Au fil des ennéades passées à ses côtés, il avait appris à la connaître. Pas totalement, bien sûr, mais assez pour savoir qu'elle ne lui ferait jamais de mal intentionnellement ou sans une excellente raison. Et cette raison, il ne pouvait pas la comprendre avec les quelques mots qu'elle lui lâchait à contre-cœur.

D'un ton plus doux encore, il s'adressa à nouveau à elle.

-Explique-moi.

Il marqua une pause avant de poursuivre.

-Tu as toujours aimé me parler. Et j'ai toujours su t'écouter. Si tu me considères encore un peu comme un ami ou si tu as encore suffisamment confiance en moi pour cela, alors tu le peux encore aujourd'hui. Parle-moi Halie, s'il te plaît. Ne me laisse pas avec pour seule réponse que tu as peur de me perdre... Parce que ce n'est pas une réponse.

Les derniers mots de Fenris étaient peut-être un peu durs pour Halyalindë mais lui aussi souffrait de la situation. Il voulait comprendre car il était impossible pour son cœur de se contenter de cette justification. La bienséance lui empêcherait d'insister toute la nuit et si jamais il ne parvenait pas à la faire changer d'avis, il aurait bien du mal à faire le deuil de ses sentiments naissants en l'état actuel des choses.
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Jeu 11 Juin 2015 - 18:55

Les dernières phrases de Fenris heurtèrent Halya comme une gifle.

Avait-elle été si maladroite pour que la confiance qu'elle ait placée en lui soit remise en question ? Ou pire : devait-elle être définitivement remise en question si elle refusait les avances du cavalier ?

Pourtant, une fois encore, il ne paraissait pas en colère. Il ne s'énervait pas, ne s'en allait pas. Ne s'approchait pas non plus. Il attendait son explication. Il attendait une vraie réponse. Elle le lui devait.

-Je t'ai déjà parlé de mon voyage hors d'Anaëh.

Elle détourna les yeux. Elle savait qu'il ne considérait pas les humains avec mépris comme d'autres, mais de là a accepté un mariage mixte, il y avait un monde. A part Sandriel et sa famille qui ne l'avait appris par bribes, il était la première personne à qui elle parlait de sa vie humaine.

-En vérité, en quelques dizaines d'années, je ne pouvais plus supporter la contrée des hommes.Tout n'était que chaos et lutte. Il n'ont aucune conscience de l'interdépendance des choses ni de l'équilibre nécessaire à la vie. Mais j'ai rencontré un guérisseur de Naëlis du nom de Kaelan. Nous nous sommes mariés. Nous avons vécu ensemble jusqu'à ce que je le vois vieillir. Il avait un fils, Emeric, que je considérais comme le mien.

L'aveu était bien moins difficile qu'elle ne le pensait. Seule la peur du jugement de Fenris rendait l’exercice tendu. Au fur et à mesure que les sons, les visages, les images lui revenaient en tête, elle se souvenait de la douceur du quotidien, des petites choses et des plus grandes. Mais il n'y avait pas d'amertume, pas de regret ni de tristesse. Sa voix avait regagné un peu de son calme. C'était dans une autre vie et pouvoir en parler ainsi ne faisait que prouver qu'elle était en paix avec son passé.

-Nous avons vécu ensemble à peine cinquante ans avant que Tari l'emporte. Puis Emeric est mort. Lorsque je suis partie, les filles de mon fils avaient des enfants et les gens les pensaient plus âgées que moi. Je sais maintenant que c'était une erreur de rester là-bas, mais j'ai n'ai plus de regret. J'ai appris ce qu'il en coûtait de perdre un être cher. Il n'était pas elfe, je savais que ça se finirait ainsi et j'ai du me le répéter des milliards de fois. Mais lorsqu'il est mort...

Ses mains remontèrent le long de ses bras comme si elle était soudain atteinte par le froid de la nuit pourtant douce. La peur revenait au galop, mais elle ne menaçait plus tout à fait de la submerger comme une vague de fond. Elle chercha de nouveau le regard de Fenris avant d'ajouter ce qu'elle n'avait jamais raconté à qui que ce soit.

-J'ai failli me laisser mourir là-bas. C'est Emeric qui m'a fait promettre d'aller revoir ma famille au moins une fois. Kÿria a mis sur ma route Randil et Unmiriel. J'ai repris confiance. J'ai chassé avec eux. J'ai joué avec eux. J'ai rencontré d'autres personnes. Je suis entrée dans l'armée. Finalement, je m'en suis remise. Ne pense pas que je vive encore pour un souvenir. C'est une personne qui a compté pour moi. Je m'en souviens avec affection. Mais il ne fait plus partie de ma vie. J'ai tourné la page depuis longtemps. Tu sais tout... Mais si en quelques années, le perdre a été si douloureux, qu'en sera-t-il de nous ? Je t'ai déjà vu passé à deux doigts de la mort et j'ai sûrement été plus soulagée que je ne l'aurais du en te voyant ouvrir les yeux. Nous nous connaissons depuis moins d'un mois et j'ai l'impression que tu en connais plus sur moi que mes plus proches amis. Combien de temps faudra-t-il avant que ta présence me soit indispensable ?

Elle fit une pose, serrant les dents pour ne pas craquer une seconde fois.

-Tu dois sûrement penser que je suis folle d'avoir aimé un humain, et je ne t'en voudrais pas. Je ne veux pas ressentir ça encore. Je ne le supporterai pas deux fois... Et je te souhaite de ne jamais le vivre.

Son cœur était plus serré que jamais. Le regard planté dans celui du jeune homme, elle avait l'impression de discerner tout ce à quoi elle essayait de renoncer... et cela la révulsait. Elle ne voulait pas le rejeter. Elle aurait voulu trouver le réconfort de son sourire, d'un regard, de la sensation de sa main sur son épaule. Elle ne voulait pas souffrir. Alors elle n'arrivait pas à bouger.
Elle ouvrit la bouche et la referma. Elle ne devait rien ajouter. Mais au moins elle lui avait dit. Elle lui avait tout dit. Et peut-être que son passé mettrait fin à cette situation, qu'elle le veuille ou non.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Sam 13 Juin 2015 - 7:02

Oui, Fenris se souvenait de l'avoir entendu parler de son séjour chez les humains. Il avait d'ailleurs montré une grande curiosité à l'égard de cette race dont il ne connaissait que bien peu de choses en vérité. Et tout ce qu'il savait, il le tirait de multiples ouvrages qu'il avait lu durant son enfance. Toutefois, le jeune Nöldorion n'avait pas eu l'indélicatesse de la questionner sur ses rencontres, de peur justement de lui rappeler des amis proches qui avaient disparus depuis. Car elle avait forcément lié quelques liens avec les autochtones... mais pas à ce point-là, il ne s'y était pas attendu.
L'adoption de l'enfant le choqua bien moins que le mariage qui lui fit l'effet d'un coup de massue en pleine poitrine. Mariée... Halie avait été mariée. Et avec un humain. Certes, cela remontait à longtemps et, certes, elle était veuve aujourd'hui mais la nouvelle restait difficile à encaisser. Fenris était ouvert d'esprit mais il ne pouvait nier que les conventions dans lesquelles il avait été élevé ne l'avait pas marqué, ne serait-ce qu'un peu. Une fois encore, il n'éprouvait aucune colère mais il demeurait un brin meurtri par la nouvelle.

Alors que la dame d'Ardamir poursuivait son histoire, le cavalier fut pris d'émotions nouvelles, s'approchant davantage de la compassion. Il réalisait à quel point l'épreuve avait été dure pour elle. Elle avait presque manqué ne pas s'en remettre et avait songé à la mort. C'était la preuve qu'elle avait tenu à lui plus que tout. A la voir si fragile, il aurait aimé la prendre dans ses bras mais il avait en mémoire sa dernière tentative et savait qu'il ne devait plus bouger de sa position. C'était elle qui avait installé cette distance, c'était donc à elle de la briser.
Halie parla ensuite d'eux, employant le présent et le futur. Elle se voyait parfaitement s'attacher à lui, avouant qu'elle l'avait laissé approcher plus près encore que tous ses autres amis. Leurs liens étaient donc déjà plus forts qu'il ne l'aurait imaginé une heure plus tôt. Lui qui avait cherché durant des jours le moindre petit signe d'un attachement plus profond que celui de la simple amitié, le voilà qui découvrait que c'était déjà acquis.

-Tu dois sûrement penser que je suis folle d'avoir aimé un humain, et je ne t'en voudrais pas. Je ne veux pas ressentir ça encore. Je ne le supporterai pas deux fois... Et je te souhaite de ne jamais le vivre.

Fenris conserva le silence un instant encore, observant son amie recroquevillée devant lui. Sa perception de la température environnante étant peu commune, il ne put s'empêcher de se demander si elle avait froid. L'absence de chair de poule lui fit dire qu'il s'agissait de tout autre chose. Une chose qu'il était incapable de définir sur l'instant.
Finalement, après toutes ces déclarations, il prit sur lui de répondre à cette question muette que lui posait la Protectrice.

-Pour te dire la vérité, je ne sais pas vraiment ce que je dois penser ou non. Je suis plus ouvert d'esprit que la majorité des elfes d'Anaëh mais je ne connais pas suffisamment les humains pour avoir un avis tranché.

Il marqua une pause, affichant un visage sincère. Il avait été choqué, elle ne pouvait en douter. Toutefois, qui était-il pour la juger sans savoir ?

-Les seuls proches que j'ai perdu sont mes montures. Je sais que cela peut paraître idiot pour certains mais je pense que toi tu dois comprendre cela. Après la douleur de la séparation, j'ai fais en sorte de ne garder en mémoire que les moments heureux et de faire des autres des souvenirs amusants et plaisants. Et puis je suis passer à autre chose en me disant qu'ils n'auraient pas voulu que souffre toute ma vie, même s'il m'arrive de repenser à eux avec nostalgie.

Fenris sourit une nouvelle fois de manière plus sincère et triste à la fois. Certes, les deux histoires étaient difficilement comparables mais le cavalier se connaissait suffisamment pour savoir qu'il n'agirait pas différemment s'il devait perdre son père ou son frère (les deux membres de sa famille les plus susceptibles de rejoindre Tari dans les années/siècles à venir). Son but n'était pas de comparer ses épreuves à celles d'Halyalindë mais de lui faire comprendre qu'elle ne devait pas se torturer en se murant dans la douleur.
Cet "autre chose" à laquelle elle devait passer ne serait peut-être pas lui mais il lui souhaitait de trouver un bonheur plus durable que le demi siècle qu'elle avait eu avec cet homme.
Fenris soupira devant sa tentative sans doute vaine et poursuivit.

-Je suis... une oreille pour t'écouter. Un épaule pour pleurer. Des bras pour t'étreindre. Des mots pour te faire rire. Ne pourrais-tu... te contenter de ce que j'ai à t'offrir ? J'ai conscience que le fait d'être soldat n'arrange pas les choses mais nous sommes en guerre. A ma place, pourrais-tu t'imaginer autrement qu'avec les armes en main ? Je ne peux que te promettre de me montrer plus vigilant que jamais et de faire tout mon possible pour revenir auprès de toi. Mais si cela ne suffit pas, tu n'as qu'un mot à dire.
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Dim 14 Juin 2015 - 0:59

-J'espère que tu pourras me pardonner, murmura une voix rauque.
-Ne dis pas de sottises, il faut que tu te reposes.
-Ce ne sont pas des sottises, idiote ! Tu sais, à l'époque, je ne réalisais pas ce que ça impliquait pour toi.
Dans ses yeux laiteux, cernés de rides, elle voyait la même force qu'à leur rencontre.
-Moi si.





Halya continuait à chercher tout ce qu'elle pouvait comprendre dans le regard de Fenris. Mais cette fois, elle l'avait touché. De la surprise et... Un peu d'incompréhension ? C'était sensé... Et même normal. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'être un peu déçue, non pas de Fenris, mais d'elle-même, pour lui avoir annoncé dans une telle situation. Au moins, il se refusait à la juger ouvertement...

De façon assez maladroite, il continuait à essayer de la rassurer. Garder les moments heureux et passer à autre chose, elle l'avait fait. Elle en était persuadée. Elle aurait pu le jurer sur tout ce qu'elle avait de plus cher. Mais il fallait croire que ce n'était pas parce qu'on chérissait les bons souvenirs que les épreuves disparaissaient. Être en paix avec son passé ne voulait pas dire qu'il n'avait pas d'impact sur l'avenir.




-Je savais ce qui se passerait si j'acceptais de t'épouser.
-Mais tu l'as fait.
-Et je le referai.
-Tu parles... Devoir coucher jour après jour avec un homme de plus en plus vieux et rabougri... ça doit pas être bien palpitant.
Même cloué au lit il la provoquait. Il n'obtint qu'un sourire. Elle n'avait pas envie de se battre.
-Promets-moi que tu m'oublieras.
-Pardon ?
-S'il te reste des siècles à vivre, tu n'as aucune raison de les passer seule. C'est ton avenir et tu dois admettre que je n'ai aucun droit dessus.





Quel avenir ?

Rien n'existait plus que le visage du cavalier. Il n'y avait plus de secrets, plus d'incompréhension, plus de souvenirs auxquels se raccrocher. Fenris ne lui avait pas tourné le dos. Il n'y avait plus qu'elle et lui. Lui qui malgré son incompréhension l'acceptait telle qu'elle était et telle qu'elle avait été.

Un goût amer lui donnait presque la nausée. Il avait raison. Si elle le repoussait, c'était uniquement par peur. Quel avenir avait-elle si elle se refusait maintenant à donner une chance à ses propres sentiments ? Elle pourrait s'enfermer dans le travail tant qu'elle le voudrait, il n'y en aurait jamais assez pour lui faire oublier qu'elle restait prisonnière de liens qu'elle pensait avoir rompus à grand-peine.

Elle avait exprimé ses craintes et il les avait entendues. Mais si, alors qu'elle pensait ses propres sentiments sincères, elle fuyait cette idylle, quand aurait-elle le courage de s'attacher à quelqu'un ?

Fenris soupira. Elle le sentait près à renoncer devant son silence. Quelque mot et cette porte serait refermée définitivement. Il n'y aurait plus de risque. Plus de lien.

-Je suis... une oreille pour t'écouter. Une épaule pour pleurer. Des bras pour t'étreindre. Des mots pour te faire rire.


Chaque mot était comme une livre de plomb qu'on ajoutait dans la poitrine d'Halya.. Elle voulait continuer à avoir ces longues conversations, ce soutien qu'elle avait découvert auprès de lui. Elle voulait lui être utile. Elle voulait entendre dans sa voix cette légère teinte de provocation lorsqu'il la taquinait. Elle voulait entendre leur rire se mêler à nouveau. Elle voulait que ses bras l'étreignent. Alors...

-Ne pourrais-tu... te contenter de ce que j'ai à t'offrir ?

La surprise passa rapidement sur son visage. Se contenter ? Elle en voulait plus ? Elle lui demandait plus ? Non. Elle lui demandait de renoncer à tout ça. Elle lui demandait de ne pas insister. Mais les mots du cavalier sonnaient justes. Ce qu'elle lui demandait réellement, c'était la certitude qu'elle n'aurait jamais le cœur brisé à cause de lui. Et cela, personne n'aurait put lui donner. Qu'ils soient en guerre ou non ne changeaient rien. L'éternité était longue et l'amour un danger autant qu'un présent.

J'ai conscience que le fait d'être soldat n'arrange pas les choses, mais nous sommes en guerre.

Une nouvelle pensée lui traversa l'esprit comme l'éclair.

Elle sentit le rouge lui monter aux joues, honteuse. Encore une fois, elle s'était emportée sans mesurer ce qu'elle disait. Ce qu'on lui disait. Elle n'avait pas pu mesurer ce qu'elle ressentait. Elle parlait, elle pensait, elle agissait comme si leur avenir ensemble était assuré pour peu qu'elle prenne le risque de faire un pas en avant. Fenris ne lui avait que demandé la possibilité de voir si leur inclination les mèneraient plus loin ensemble. Quel courage lui fallait-il pour se tenir encore droit devant elle, sans qu'aucune pression, aucun mouvement d'humeur ne vienne entacher ses mots ? Lui, un jeu soldat, lui offrait un amour naissant et elle le repoussait comme s'il risquait de faire s'écrouler une montagne sur elle.
N'aurait-elle pas du s'inquiéter plutôt de la sincérité des sentiments de l'homme qui lui faisait face ? N'aurait-elle pas du se réjouir de sentir à nouveau son cœur battre de la sorte ? N'aurait-elle pas du craindre que leurs penchants ne s'effacent aussi vite qu'ils étaient apparus ?

A ma place, pourrais-tu t'imaginer autrement qu'avec les armes en main ?

Il allait repartir au Front et risquer sa vie pour celle d'un peuple. Elle risquerait la sienne sans hésiter si elle n'avait pas accepté une autre charge tout aussi importante.
Elle savait ce que représentaient les combats et l'armée. Elle s'y complaisait même sûrement plus que le jeune cavalier. Elle aussi avait vécu avec les armes à la main. Elle avait côtoyé la mort. Elle aurait donné sa vie pour sauver quelqu'un d'autre. Elle avait déjà pris nombre de décisions difficiles affectant des centaines ou des milliers d'êtres. Elle avait sacrifié des vies, ses amis, sa mère, pour en sauver un plus grand nombre. Elle ne se voilait pas la face à ces moments-là. Elle était capable de faire preuve de courage. Alors pourquoi maintenant... ?

Je ne peux que te promettre de me montrer plus vigilant que jamais et de faire tout mon possible pour revenir auprès de toi.

Comment aurait-elle pu douter de la sincérité de ces mots, de ce regard ?
Comment aurait-elle pu se réjouir de sentir son cœur se tordre à la faire suffoquer ?

Mais si cela ne suffit pas, tu n'as qu'un mot à dire.

Un mot. Un simple mot.

« Désolée »

Un choix si simple, si anodin. Le choix de former trois syllabes.

L'ombre permettait à peine à Halya de voir la différence de couleur des iris dans lesquelles elle était plongée. Fenris était sérieux et calme même sur le point de renoncer. Il venait de mettre son cœur à nu et il n'avait reçu que peur et défiance. Elle ne voulait pas le faire souffrir. Ni maintenant, ni jamais. Mais c'était pourtant tout ce qu'elle avait réussi à faire jusque là par son manque de fermeté, par ses révélations, par les élans de son cœur. Elle avait réagit au-delà de toute proportion. Il n'était pas seulement question d'elle, de sa peur, de son angoisse.

Il avait fait le premier pas. Elle l'avait laissé espérer. Elle savait pourquoi. Elle avait reculé. Elle savait pourquoi. Même maintenant, parfaitement consciente de la bête tentait de la déchiqueter de l'intérieur à l'idée de prononcer ce mot, elle était tétanisée. Elle ouvrit la bouche une fois de plus, prit une légère inspiration, mais elle était incapable d'articuler un son.

N'avait-elle pas le droit d'essayer ? Le droit d'espérer ?

-Je...

Elle appréciait chaque seconde qu'elle passait auprès de lui. Cela ne méritait-il pas une chance ? Ou était passée la femme qui avait pour ambition de réunifier le peuple elfe, d'arrêter les tueries, de protéger la Première œuvre au péril de sa vie ? Pourquoi ces lèvres qui avaient voué sa propre mère à une mort certaine ne pouvaient pas finir une simple phrase ?

Elle luttait contre son envie de fuir, d'oublier. Elle luttait contre son cœur qui lui hurlait de plonger dans le vide. Elle luttait depuis des ennéades pour ne pas voir ce que tout lui criait. Elle luttait contre son propre courage. Depuis quand la peur contrôlait-elle sa vie ?

Si pour une fois tout pouvait être simple. Vrai et sans conséquence comme les jours qu'ils avaient passés à fuir. Mais il ne s'agissait pas d'un combat ni d'une traque. Il n'y avait pas de stratégie, pas de vainqueur. Il n'y avait en jeu que des possibles. La peur lui tenaillait toujours le ventre, mais elle avait quelque part la volonté nécessaire pour la faire taire. Elle devait faire un choix. Pour lui et pour elle-même.

-Je ne peux pas... Je ne veux pas renoncer à toi.

Doucement, ses bras glissèrent le long de ses côtes, lâchant prise. Sa voix tremblait mais ce n'était pas de la panique ou de la détresse qu'on y devinait lorsqu'elle enchaîna.

-Je ne supporte pas l'idée de te perdre. Je ne te demanderai jamais d'abandonner les armes, surtout maintenant. Mais j'ai peur. Je n'arrive pas à m'en détacher. Alors... et même si c'est un mensonge... Dis-moi qu'il ne t'arrivera rien. Je t'en prie...


Elle l'avait dit d'une traite. Ses mâchoires étaient douloureuses. Un goût de larme persistait. Ses mains se tenaient fermement l'une l'autre pour cacher les tremblements qui les agitaient. Mais elle l'avait dit.
Ses yeux cherchaient avidement les réactions de Fenris. Une étincelle dans son regard, un geste, un signe, n'importe quoi.

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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Dim 14 Juin 2015 - 17:29

Alors que le silence se faisait de plus en plus pesant, Fenris faisait preuve d'une très grande maîtrise de soi pour ne pas tout simplement éclater. Un début de phrase avortée brisa momentanément le vide sonore qui se reforma aussitôt après. Halyalindë était en proie à de nombreux tourments qu'elle devait démêler seule. Lui ne pouvait plus rien faire pour lui venir en aide, pas même un geste tendre. Chacun de ses actes pouvaient l'influencer de tant de manières différentes... Et il voulait qu'elle prenne sa décision en âme et conscience, qu'elle ne puisse jamais lui reprocher quoi que ce soit sur cette nuit.
Après plusieurs minutes qui lui semblèrent une éternité, il prit une inspiration et ouvrit la bouche, se préparant à lui dire qu'elle pouvait prendre le temps qu'elle voulait pour y penser, après quoi il aurait pris congé. Mais il fut interrompu par le son de la voix de son amie.

-Je ne peux pas...

Le sang de Fenris se glaça. C'était les mots qu'il ne voulait pas entendre qui lui tombaient à présent dessus comme des trombes d'eau, le rendant soudainement plus lourd de la tristesse qu'il allait devoir rapporter avec lui jusqu'au front avant de la traîner tel un boulet jusqu'à ce qu'elle s'estompe, puis s'efface. Mais, une fois de plus, Halyalindë le coupa dans son élan.

-Je ne veux pas renoncer à toi.

Le jeune Nöldorion releva subitement la tête, ne cachant ni sa surprise ni l'espoir qui venaient de naître dans son cœur. Silencieux, il attendit un mot, un signe qui lui confirmerait la signification de cette phrase et surtout qu'elle n'était pas suivie d'un "mais". Et ce fut suspendu à ses lèvres qu'il l'écouta une nouvelle fois.

-Je ne supporte pas l'idée de te perdre. Je ne te demanderai jamais d'abandonner les armes, surtout maintenant. Mais j'ai peur. Je n'arrive pas à m'en détacher. Alors... et même si c'est un mensonge... Dis-moi qu'il ne t'arrivera rien. Je t'en prie...

Oui ! Elle lui disait oui ! Durant un instant, il avait cru toute cette histoire terminée. Tous ses sentiments bons à étouffer. Tous ses souvenirs à oublier. Mais elle décidait finalement de lui laisser une chance. De leur laisser... A lui à présent de jouer son rôle de prétendant et de la rassurer sur ses craintes. Mais avant, il devait se calmer lui-même. Il prit une grande respiration et, expirant, il calma les battements de son cœur triste, effrayé et rendu fébrile par ce dernier retournement de situation. Une deuxième respiration, un fin sourire et une expression apaisante se dessinèrent sur son visage. Une troisième respiration, il tendit une main dans la direction de son amie, l'invitant à lui donner la sienne.

-Il ne m'arrivera rien. Je te promets de tout faire pour cela.

Lorsqu'il sentit la peau d'Halyalindë sur la sienne, il serra ses doigts avec la douceur de la tendresse et la fermeté de l'assurance puis il l'attira lentement à lui. Lorsqu'elle fut suffisamment près, il lâcha sa main et l'invita à venir se blottir contre lui. Il passa ses bras autour d'elle et l'étreignit de manière rassurante. Il découvrit alors de nouvelles sensations : celle de la chaleur de son corps contre le sien, de la faible masse de sa silhouette entre ses bras, de l'odeur de ses cheveux sous son nez. Sans même s'en rendre compte, son cœur prit un battement à la fois plus calme et plus fort. Il goûtait enfin à la joie de l'avoir contre lui. Certes, cette étreinte se voulait plus apaisante qu'intime mais elle n'était pas dénuée de tendresse et cette proximité leur aurait été interdite par les règles de bonnes conduites en temps normal.
Délectant ce moment, Fenris glissa quelques mots à l'oreille à l'oreille de la Protectrice.

-Oh, Halie...

Il restait néanmoins à l'affût du moindre changement dans le comportement de sa dulcinée, cherchant des signes de l'apaisement tant espéré. Il lui dirait tout ce qu'elle voudrait entendre car il savait qu'elle en avait besoin pour reprendre le dessus même s'ils étaient tous deux conscients qu'il ne serait jamais en mesure d'être sûr de revenir toujours.
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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Lun 15 Juin 2015 - 21:41

Il y avait des choses que les mots seuls peinaient à exprimer. Des moments où ils étaient superflus. Et d'autre ou au contraire, il n'y avait rien de plus important que d'entendre certains mots. Mais cet instant précis, Halya n'aurait pas su dans quelle catégorie le classer. Perdue dans ses sentiments comme dans le regard de Fenris, la surprise, l'espoir, l'intensité qu'elle y voyait n'allégeait pas le poids qui coulait lentement dans sa poitrine.

Elle avait choisi.

C'était totalement fou. C'était insensé. C'était irresponsable. Mais il lui avait laissé le temps de se débattre dans ses propres sentiments. Il lui avait laissé le temps de choisir. Et c'était ce qu'elle voulait.

Elle ne sentait pas la fébrilité qui habitait Fenris. Elle ne distingua pas les quelques respirations qu'il lui fallait pour se reprendre. Elle ne vit que la sincérité du sourire qui marquait de nouveau son visage. Les lèvres de d'Halya s'étirèrent à leur tour dans une expression incertaine. Une main s'approcha de la sienne, mais n'atteint pas son but. Juste une invitation. Elle la détailla un instant, incapable de soutenir le regard de Fenris. Ses doigts glissèrent sur la paume ouverte traçant discrètement les plus grandes lignes qu'elle y distinguait. Il avait sans aucun doute perçu leurs tremblements.

-Il ne m'arrivera rien...

Sa voix était assurée et vibrante. Oui... C'était exactement ce qu'elle avait besoin d'entendre. La main brûlante du cavalier s'empara de ses doigts glacés. Le contact la fit frissonner. Elle avait déjà saisi sa main, pour l'aider par exemple, mais ce contact était tout autre. Sans hésiter, cette main qui la tenait avec assurance la tira doucement en avant. Elle vrilla de nouveau son regard dans celui du jeune homme, mais ne résista pas. Elle était alors aussi proche de lui qu'au début de leur conversation. Elle avait l'impression que son cœur battait à grands coups pour s’échapper de sa poitrine, chacune de ses tentatives se répercutant jusqu'au bout des doigts de sa geôlière.

Les yeux de Fenris disparurent de nouveau alors que ses bras passaient lentement dans le dos d'Halya. L’étreinte était douce. Ses deux mains se posèrent sur le torse du jeune homme comme pour maintenir une distance même infime. Mais il n'était plus temps de trembler. Naturellement, elle laissa sa tête se poser au creux de l'épaule du cavalier avec un soupir. Aveux ou non, décision ou non, sa présence était restée la même. Mais à présent, elle pouvait s'y laisser aller. Elle avait le droit d'être proche de lui. Elle sentait sa chaleur d'une façon étrangement prononcée, l'odeur de sa peau, la régularité de sa respiration, la force des battements de son cœur, sa mâchoire contre sa tempe, le souffle qui dérangeait quelques-unes de ses mèches. Après tant de doutes, une tension bien réelle s'était envolée. Peu à peu, sa respiration se calmait, ses muscles se détendaient un à un. Depuis quand ne s'était-elle pas sentie à ce point en sécurité ? L'avait-elle déjà été ? Une à une, les craintes qui pesaient sur ses épaules s’allégeaient, s'ordonnaient, misent en rang par bien d'autres émotions.

Un souffle vint chatouiller la pointe de son oreille, déclenchant une vague de frisson le long de son dos. Un murmure. Son surnom. Un sourire lui échappa. Elle avait l'impression de l'entendre pour la première fois.

Sa main remonta jusqu'à l'épaule de Fenris sans trop s'y appuyer puis glissa sur sa nuque jusque se perdre dans ses cheveux blancs. Le geste n'était pas des plus adroits mais se voulait léger... tendre ? Elle profita quelques instants de cette simple sensation alors qu'il la tenait toujours contre lui.

Elle aurait voulut dire quelque chose de vrai, d'important. Elle aurait voulut le remercier un millier de fois. Le remercier pour avoir eu une patience qu'elle n'aurai jamais cru trouvé chez personne, pour lui avoir ouvert les yeux. Lui dire à quel point son aveux lui était cher malgré tous les doutes qu'elle avait pu montrer. Mais tout était encore trop mouvant. Même si la situation général ne leur laisserait pas tout le temps qu'ils auraient désiré, elle ne voulait pas se précipiter. Peut-être que trop de choses avaient été dites en trop peu de temps ? Alors au lieu de s'écarter pour replonger dans le regard si particulier du soldat, au lieu de risquer de briser l'instant avec des mots inutiles, elle souffla simplement :

-Merci Fenris.

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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Dim 28 Juin 2015 - 7:38

Durant les minutes qui suivirent le début de leur étreinte, Fenris resta attentif à l'état de son... amie. Oui, le terme était encore juste. Et il n'aurait pas su comment la qualifier autrement. Sa dulcinée ? Non, c'était un peu trop tôt. Sa prétendante ? C'était plutôt lui qui prétendait à son cœur. Mais il y réfléchirait plus tard. Pour l'heure, il sentait la respiration d'Halie s'apaiser et ses muscles se détendre les uns après les autres. Sans même la voir, il était capable de dire qu'elle allait beaucoup mieux et était bien plus sereine qu'au début de leur conversation.
Alors qu'il laissait échapper le doux surnom de son amie, celle-ci vint glisser ses doigts jusque dans ses cheveux, en passant par sa nuque. Ce contact nouveau et d'une nature qu'il n'avait encore jamais connu provoqua un frisson jusque dans son dos. A présent, s'ouvrait devant lui un nouvel univers dont il ne connaissait rien dans la pratique. Il allait découvrir les mots doux, les gestes tendres, peut-être même les baisers et, pourquoi pas, la chaleur de l'amour. Mais il n'était pas temps de songer à tout cela. Avec le calme retrouvé, Fenris profitait pleinement de cette longue étreinte, debout au milieu d'un jardin, sous les rayons des lunes. Une main était posée sur son épaule. L'autre au creux de son dos. Une douce brise vint faire vaciller leurs cheveux et si le cavalier n'y était pas sensible, il était sûre qu'Halie, bien au chaud dans ses bras, ne la sentirait même pas passer.

Combien de fois avait-il dû réprimer cette envie de la toucher ? Une mèche qui lui masquait le visage et qu'il aurait aimé replacer derrière son oreille. Sa main qui frôlait la sienne tandis qu'ils marchaient côte à côte et qu'il aurait voulu saisir au vol. Cette étreinte dont elle semblait avoir tant besoin alors que nobles, militaires et ambassadeurs la harcelaient de toute part. Il n'aurait su les compter tout en réalisant qu'à présent tout cela lui était permis, dans la mesure où Halie le lui permettrait.

Fenris desserra finalement l'emprise de ses bras autour de la Protectrice, incapable de dire combien de temps ils avaient passé ainsi l'un contre l'autre. Leurs deux corps se détachant, il chercha aussitôt les yeux de la rouquine et lui adressa un sourire tendre comme il l'avait déjà fait alors qu'il l'observait et qu'elle ne regardait pas. Ne voulant pas rompre le contact physique, l'une de ses mains glissa le long du bras d'Halie pour atteindre ses doigts. Il vint alors les placer sur son avant bras, l'invitant ainsi à poursuivre leur promenade de manière un peu plus romantique, se tenant plus proche l'un de l'autre. Il garda une main posée sur la sienne dans un geste qui se voulait doux et affectueux. Tandis que la brise continuait de venir les taquiner, il lui proposa sa veste. L'écart de température entre ses bras et l'air doux de cette nuit de fin de printemps devait être assez sensible et ce petit vent n'était sans doute pas pour améliorer les choses.
Après un moment, ils décidèrent de rentrer en passant par la maison d'Eorim. Ils saluèrent le Conseiller pour prendre congés. Fenris le remercia encore pour son invitation et l'agréable soirée qu'il avait passé en sa compagnie, puis ils quittèrent les lieux. Les rues d'Ardamir et les couloirs du palais étaient vides à cette heure tardive et les deux tourtereaux marchaient d'un pas lents, comme s'ils se trouvaient toujours dans le jardin des Yasairava. Le jeune noble devait bien avoué qu'il n'était pas pressé de quitter le bras de sa tendre amie, maintenant qu'il l'avait obtenu. C'est pourquoi il la raccompagna jusque devant sa chambre où ils restèrent encore quelques minutes.

-Bonne nuit, Halie. A demain.

Dans ses quelques mots, on pouvait sentir un brin d'inquiétude et d'espoir. Cette nuit, elle avait accepté de lui ouvrir son cœur mais peut-être se raviserait-elle durant la nuit ? Cette crainte lui avait effleuré l'esprit tandis qu'il se voyait sur le point de la quitter et de la laisser seule avec ses idées pendant plusieurs heures. Essayant de se montrer plus confiant qu'il ne l'était, il plongea son regard dans celui de la belle, attendant de lire dans sa réponse l'assurance que son cœur ne changerait pas d'avis d'ici l'aube.


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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Mer 1 Juil 2015 - 0:03

L'étreinte ne dura qu'un instant. Du moins c'est ce qu'aurai juré Halya, lorsque d'un accord silencieux, ils s'écartèrent légèrement. Le fond de l'air la fit frissonner. Le sourire si doux de Fenris réapparut comme un ultime baume. Enfin, pour le première fois, elle pouvait lui répondre. Tout s'était déroulé vite. Elle n'était pas sûre de comprendre ce qu'il s'était passé en elle. Elle ne voulait pas s'y pencher. Parce qu'à cet instant précis, elle se sentait heureuse. Étourdie, inquiète, mais heureuse. Un sourire encore un peu incertain, mais paisible illumina le visage de la protectrice. Pour la première fois, elle n'avait pas à détourner les yeux.

Elle laissa courir un regard tendre sur les traits du cavalier en détachant sa propre main de sa nuque. Le mouvement qui l'avait poussée vers ces lèvres finement dessinées paraissait tellement lointain. Et pourtant elle le comprenait mieux que jamais... Mais c'était trop tôt. Trop incertain.

Elle allait reculer d'un pas pour lever toute ambiguïté lorsque Fenris s'empara une fois de plus de sa main pour l'inviter à s'accrocher à son bras. Elle sourit un peu plus franchement, se souvenant de leur première balade dans le Palais, lorsqu'elle avait refusé son bras pour éviter de le blesser involontairement. Aujourd'hui elle le prenait. Sa seconde main glissa doucement sur le bras du cavalier, comme pour limiter la distance qui les séparait.

La promenade continua quelque temps. Les paroles, rares d'abord, se firent plus légères. Elle refusa la veste du jeune homme, préférant sentir la brise qui la sortait de ses pensées. Ils avaient marchés ensemble des dizaines de fois à l'abri des regards, discutant de choses et d'autres. Mais la distance qu'elle s'escrimait à conserver s'était envolée. Elle s'étonnait que ce tutoiement qu'elle avait retenu tant de fois n'ai pas fini par faire son chemin plus tôt. Sinon, rien ne semblait vraiment changer... A part son propre regard.

Puis leurs pas les ramenèrent vers la maison. Randil n'avait pas refait son apparition. Eorim lisait dans un fauteuil près de quelques bougies en fredonnant sans s'en apercevoir une vieille contine. Les au revoir ne s'éternisèrent pas. Halya embrassa une dernière fois son père sur la pas de la porte, son cœur toujours un peu serré de le voir seul dans cette maison. Mais sa main n'attendit pas longtemps pour se reposer sur le bras de Fenris en s'éloignant vers le Palais. Les discussions avaient repris. Puis elles s'éteignaient quelques instants, sans gêne.

A part les deux gardes en faction à la porte, personne ne croisa leur route. Prenant son temps, gouttant l'instant, Halya avait chassé peu à peu les doutes qui lui enserraient encore la gorge. Le contact de Fenris était toujours aussi présent dans ses pensées. L'empreinte chaude que laissait sa main. Imperceptiblement, elle le laissait conduire. Lorsqu'ils dépassèrent l'étage des invités, les derniers escaliers ne lui semblèrent jamais à la fois si longs et si courts. Immobiles devant la porte des appartements de la Protectrice, ils échangèrent encore quelques mots, rechignant un peu à laisser cette soirée s'évanouir. Mais même avec de la bonne volonté, les réponses s’essoufflèrent. Ils étaient arrivés à destination.

-Bonne nuit, Halie. A demain.


Avec un brin de surprise, Halya cru déceler une once d'inquiétude dans la voix de Fenris. Croisant une nouvelle fois l'intensité de son regard, elle sourit. Bien sûr, elle n'était pas totalement revenue de toute cette histoire, mais elle était bien plus paisible que tout ce qu'elle avait put montrer au cours de cette soirée.

-A demain. Je suis désolée pour... enfin...

Elle s'était dit que ce n'était pas le genre de chose qu'elle devait dire. Qu'elle ne devait pas revenir sur ce qui s'était passé alors qu'elle avait encore du mal à faire la part des choses. Elle se l'était dit...

-Tout aurait put être plus simple si je t'en avais parler avant. Je suis désolée d'avoir réagit aussi... violemment.

Et c'était parce qu'elle s'était promis de ne pas encore agir inconsidérément ce soir, que le toutes ses autres pensées restèrent soigneusement sous forme de pensées. Même les bons mots et les piques. Malgré tout, elle hésitait à se détourner de cette silhouette dont seul le visage et les cheveux pâles étaient véritablement visible dans l'ombre du couloir. Ses yeux avaient soutenu la question muette de Fenris, tentant d'exprimer ce que ses mains et ses lèvres n'avaient pas encore la certitude de pouvoir dire. Mais sa dernière phrase n'attendait aucune réponse. Elle savait que c'était à elle de rompre le charme.

S'arrachant au regard de son prétendant, Halya posa la main sur la poignée de la porte de ses cartiers.

<< Le pouvoir des mots(Intronisation de Neraën) Une 7e Branche sur une étoile >>

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MessageSujet: Re: La réponse dont on craignait la question[Pv Fen, Halya]   Ven 10 Juil 2015 - 8:47

Si l'assurance dont la Protectrice avait fait preuve dans son "à demain" avait rassuré le cavalier, Fenris ne s'attendait pas aux excuses qui suivirent. La joie de pouvoir enfin laisser libre cours à ses sentiments avait balayé le souvenir de l'incident survenu plus tôt et ce fut à lui d'être brièvement surpris de la voir revenir dessus. Elle n'avait pas à culpabiliser pour avoir été sincère avec lui. Il était même touché de voir comment elle avait fait face à ses peurs pour lui. C'était la preuve de l'attachement qu'elle lui portait déjà.
Adressant à son amie un tendre sourire, il se rapprocha d'un pas et lui saisit une dernière fois la main. Puis, de sa voix douce, il la rassura.

-C'était déjà oublié.

Enfin, il porta les doigts d'Halyalindë jusqu'à son visage afin d'y déposer un baiser. Ce geste, nouveau pour Fenris, marquait le tournant que prenait leur relation. A présent, ils n'étaient plus de simples amis mais deux personnes dont les cœurs tendaient à se rapprocher l'un de l'autre. Leurs sentiments étaient probablement nés en même temps mais il avait été le premier à voir les siens. Il les avait tus le temps de savoir s'ils étaient bien réels et s'ils demeureraient loin de la peur et de la mort. Puis il avait tenté, sans succès, de sonder ceux de la Protectrice. Le choc avait été rude mais il ne regrettait rien. Il avait eu besoin d'obtenir une réponse. Ce n'était certes pas celle à laquelle il s'était attendu mais cela ne lui importait plus à présent.

Libérant les doigts d'Halyalindë, Fenris recula d'un pas. Il lui souhaita une nouvelle fois la bonne nuit et attendit que la belle disparaisse derrière la porte de sa chambre pour se diriger vers la sienne.
Le chemin jusqu'à ses appartements lui sembla bien long. La faute en incombait probablement à la vitesse de son pas. Le cavalier traînait presque des pieds, désireux qu'il était de ne pas s'éloigner trop vite de la Protectrice et du moment qu'ils venaient de passer ensemble. Sa porte lui sembla bien lourde si bien qu'il peina à l'ouvrir et plus encore à la refermer, comme s'il fermait la porte à cette soirée.
Dos à l'entrée, il observa l'intérieur de sa chambre seulement éclairée par les rayons des lunes. Il n'avait pas envie de rester enfermer... Aussi, après avoir lesté son lit de sa longue veste, il se rendit sur le balcon et vint s'appuyer sur la rambarde. Il regarda la forêt avoisinante, écoutant la symphonie d'une oreille nouvelle, profitant de la brise sans même se soucier de la température qui baissait de plus en plus.

Fenris n'avait jamais ressenti cela. Ses sentiments n'avaient pas encore eut le temps d'évoluer mais pourtant il se sentait différent. A présent, il n'y avait plus ni doute ni secret. La cage dans laquelle il avait emprisonné ce qu'il ressentait avait été ouverte et il laissait ses émotions l'envahir pleinement, sereinement. Il était heureux, goûtant à un bonheur nouveau et qui, il le savait, ne ferait probablement que croître.

Après un moment, il s'installa dans le fauteuil, toujours placé sur le balcon. Ses yeux continuèrent de scruter l'horizon tandis que dans son esprit se repassait sans cesse les images de cette nuit, la sensation de cette étreinte, l'odeur des cheveux d'Halie, la douceur de sa peau sous ses doigts... Le souvenir était encore si présent qu'il lui semblait y être encore par moment.
Les minutes et les heures s'écoulèrent ainsi et Fenris ne sentit même pas le sommeil le prendre pour l'emmener vers des rêves nouveaux. Il ne dormit que peu cette nuit-là, réveillé alors même que les premiers rayons du soleil n'avaient pas encore tout à fait fait leur apparition. Lorsqu'il vint aux aurores pour sa séance de rééducation quotidienne, Herardilel fut même surpris de trouver l'elfe déjà lavé et habillé, déjeunant dans un coin de la chambre, une tasse à la main. Le cavalier était un lève tôt, mais à ce point, tout de même...
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