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 Lorsque le vent hurle

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MessageSujet: Lorsque le vent hurle   Jeu 21 Mai 2015 - 15:39


L'air froid faisait valser les nuages à chaque coup d'aile, envoyant seulement quelques gouttelettes glisser le long de sa peau. Les courants tourbillonnaient autour de lui. Un autre jour, il en aurait profité. Il se serait perdu dans le ciel, aurait joué à chat avec le vent lui-même. Mais cette fois son esprit était entièrement tourné vers le sol.

Son regard perçant avait balayé les montagnes, les hameaux, les plaines, villages, les tourbières, les cités et les bois. Mais il était tant que son cœur s'y résolve… Il devrait se poser. Les amas d'humains étaient bien trop grands et ces créatures aussi imprévisibles que violentes. Mais s'il n'en trouvait pas…

L'éclat du soleil lui tapa dans l’œil… Depuis le sol. Virant pour se défaire de la sensation désagréable, il aperçut ainsi un petit groupe d'humains juchés sur des proies alléchantes. La dizaine de cavaliers, peut-être un peu moins, étaient gainés dans des écailles de métal brossées avec tant de soin que le soleil radieux scintillait autour d'eux à chaque mouvement. Tournoyant dans le ciel, les yeux blancs du chasseur distinguaient leur mouvement lent et approximatif, engoncés dans des couches de tissus et de métal trop lourde pour un jour si chaud. Cela pourrait être plus simple qu'il ne le pensait…






Gilles s'essuyait le front du revers de sa manche. L'été n'avait pas encore frappé, mais depuis quelques jour, Erac se trouvait sous un soleil de plomb. Et par une telle chaleur, leur équipement de voyage qui était sensé les tenir à l'abri du froid et de la pluie se transformait vite en instrument de torture. N'y tenant plus, il se tourna sur sa selle.

-Enguerrand ! Tu sais...
-Par les Cinq !

Le raclement de lames qu'on dégaine et le cri de deux autres de ses compagnons le stoppèrent net. Main à l'épée, même le débonnaire Enguerrand avait le visage figé dans un rictus de surprise terrifiée.
Les chevaux n'attendirent pas que leurs maîtres reviennent de leur stupeur. Deux d'entre eux tombèrent à bas. Gilles resta en selle de justesse et suivit le départ au galop de ses camarades. Ils devaient rester en mouvement s'ils voulaient avoir une chance. Car devant eux, venait de fondre une créature de légende. Un Dragon.

« Paix, Humains. »


Une voix forte explosa dans le crâne de Gilles, nouant son ventre de terreur. Son destrier continuait sa course dans un monde qui lui paraissait d'un coup beaucoup plus lent. Un coup de tonnerre silencieux résonna dans sa poitrine. Le vent hurla a ses oreilles. L'arrachant à ses derniers repères. Il fut ballotté comme un fétu du paille, envoyé roulé au sol comme s'il avait reçu le plus violent des coups, mais la douleur de la chute n'arriva jamais, amortie par un coussin frais. Sa tête tournait, vibrait, sifflait alors qu'il essayait de se redresser. Son épée était toujours là, bien serrée dans sa main. Des gémissements apparaissaient petits à petit dans son monde. Autour de lui, ses compagnons se relevaient à leur tour, aussi désorienté que lui. Quelques chevaux avaient aussi été balayés. Alors qu'il réussissait enfin à poser son regard sur quelque chose, il découvrit pour la première fois la créature dans toute sa splendeur.


Elle était là, immobile, son œil blanc posé sur eux. Gilles frissonna devant ce regard culminant sans bouger au-dessus de sa tête. Il avait l'impression que la créature vrillait toute son attention sur lui, prête à fondre. Pourtant, elle était juste là. Elle avait beau être plus petite que ce qu'il imaginait en écoutant sa nourrice lui conter des légendes, ce monstre était bien réel.
Sa tête fine et son port attentif rappelaient la noblesse des aigles et des faucons qu'il avait jadis eu l'occasion de voir. Sa peau lisse et immaculée était tendue sur des muscles secs et ses ailes... Ses ailes...

« Paix, j'ai dit ! »


La voix retentie à nouveau, toujours aussi forte. Son accent farouche et vif donnait presque l'impression d'entendre un animal aux abois malgré la puissance écrasante qui en émanait.Sa tête fine et son port attentif rappelaient la noblesse des aigles et des faucons qu'il avait jadis eu l'occasion de voir. Un claquement de mâchoire les fit sursauter et toute l'attention se vrilla de nouveau sur la bête.

« Écoutez-moi. »

Les yeux de Gilles s'arrondirent. Le dragon... C'était le dragon... Le dragon lui parlait. Leur parlait. Presque malgré lui, le chevalier s'entendit lancer d'une voix étranglée :

-Que nous voulez-vous ?

Aussitôt le long cou glissa sans un bruit vers le sol pour s'arrêter à là hauteur des yeux de Gilles. Le geste avait été si vif que l'humain se demanda si la créature avait vraiment bougé. Toute la troupe fit un pas en arrière. Gilles était incapable de bouger, hypnotiser par le regard sans pupille du Dragon blanc.

« Je n'ai d'autre choix que de me fier à vous, petit homme. Je ne suis pas ici pour vous donner la chasse. »

Restant à distance respectable, les muscles toujours tendus, la créature semblait pourtant rassérénée. Sa tête à peine mobile oscillait de droite et de gauche comme celle d'un oiseau attentif.

« Mon enfant est sur vos terres, humains. Retrouvez-le. Protéger-le. Je n'ai d'autre choix que vous le demander. »

-Votre enfant... Reprit l'humain dans un murmure.
-Gilles ! Qu'est-ce que tu fais ! Tu vas quand même pas écouter cette... chose ?!

La voix de Basil secoua celui qui était resté le plus près du monstre. La créature se cambra immédiatement, prête à s'envoler. Un second claquement de mâchoire rappela les humains à l'ordre.

« Répandez la nouvelle, humains. Allez donc chercher Celle-qui-écoute à votre Kahark. Trouvez-le et peut-être qu'aucun mal ne vous sera fait ! »

Sans attendre plus longtemps, ses immenses ailes se déployèrent dans un claquement de tempête, si fines que la lumière passait au travers, dessinant un labyrinthe de veines vermeilles. La terre et l'air vibrèrent lorsque le Dragon s'arracha du sol sans même avoir besoin de prendre de l'élan. Le vent hurla une nouvelle fois, se mêlant au rugissement de la créature. Comme s'il ne pesait pas plus lourd qu'un nuage, l'immense bête s'éleva en cercle dans l'azure, laissant là ces créatures rampantes qu'étaient les humains.






Pour ou contre, l'Histoire de Gilles de Montclair, devenu Hérault du Dragon, et de sa troupe de chevalier se répandit comme une traînée de poudre dans la petite noblesse. En quelques ennéades, d'Oesgard à Ydril en passant par Diantra, les rumeurs enflèrent à tel point que malgré les tensions politiques, toute la Péninsule eut vent de la rencontre. Déformée, embellie, devenue plus épique, plus rocambolesque à chaque fois, le message restait pourtant le même, et ce message, passait de bouche à oreille de plus en plus loin.

Des hommes, nobles comme vagabonds, artisans comme guerriers et même des femmes emplies de courage ne purent résister à cet appel extraordinaire. Bravant les dangers, les bêtes sauvages, les bandits et les guerres, tous  convergeaient vers un point, de l'espoir plein la tête : Kahark.

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
Site de l'artiste: http://www.3mmi.org/v9/
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