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 Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]

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Roland de Dorour
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MessageSujet: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mer 27 Mai 2015 - 7:36

Matin du 6ème jour de la septième ennéade de Barkios, an 8



Ainsi qu'il l'avait supposé, Jérôme de Clairssac était arrivé à Cantharel dans le courant de la soirée, peu après que la nuit ne soit tombée, en vue des ouvertures des négociations qui auront lieu le lendemain. Il y aurait donc l'opportunité de surprendre au matin le seigneur avec lequel il souhaitait s'entretenir, pour de nombreuses raisons, le soutien possiblement retrouvé d'Odelian se rajoutant à certaines problématiques qu'il souhaitait résoudre et éclaircir avec l'homme qui était régulièrement l'un de ses adversaires.
Et quoi de mieux que de le surprendre durant ses exercices pour discuter avant l'ouverture des discussions sur la construction d'un conseil du nord ? Une opportunité de lier l'utile à l'agréable, d'exercer et de se confronter tout en faisant son devoir et répondant à ses obligations ? Absolument rien !

Connaissant la routine qu'il avait pu observé, c'est comme une fleur qu'il déboula dans la salle d'arme où avait commencé à s'exercer l'Ethernien, avec sa démarche nonchalante et assurée, ce sourire toujours sur ses lèvres, se réjouissant plus encore à l'idée d'échanger les coups, sans pour autant écarter les sujets sérieux qui devraient être abordé.

« Les habitudes ont la peau dure, à ce que je vois ! Il est bon de voir que la guerre n'a pas entamé la rigueur de l'exercice, ni votre ponctualité, Jérôme. »

Il se dirigea vers les râteliers d'armes, examinant les bâtons de bois, avant de s'arrêter sur son choix et de s'en saisir, et s'apprêtant à s'amuser avec, il stoppa son geste, comme si il se rappelait avoir oublié une évidence.

« J'allais oublier, quelle tête en l'air je fais…» Tout en secouant la tête légèrement et en levant les yeux au ciel. « Ça ne vous pose pas de souci si je m'invite et me permets de vous proposer ma compagnie en qualité d'adversaire, n'est-ce pas ? » A son sens, la réponse allait de soi, et il avait même été suffisamment loin, à dessein, pour ne pas se voir essuyer un refus auquel il ne croyait toutefois pas de la part de l'homme qu'il avait devant lui. « De plus, il me faut discuter avec vous, cela vous fera gagner du temps sur une journée qui, j'en suis certain, promet d'être chargée. »

Il n'avait pas encore attendu la moindre réponse qu'il se présentait face à Jérôme, son bâton dans la main, et c'est là qu'il adressa sa première véritable question auquelle il allait offrir l'occasion de répondre avec un :

« Alors, qu'en dites-vous ? »

Et il n'y avait là pas une trace du moindre doute, c'était l'évidence même, il ne pouvait pas refuser, tout du moins, c'est ce qui se dégageait de l'attitude « conquérante » de la Lance de Dorour.


Dernière édition par Roland de Dorour le Mer 27 Mai 2015 - 12:01, édité 1 fois
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mer 27 Mai 2015 - 11:54

Gaston avait demandé à Jérôme de se rendre à Cantarel en Sainte Berthilde afin de parler d'un conseil pour le nord. Il avait même lâché le mot royaume du bout des lèvres. Le baron était étonné que cela en arrive la, lui qui était ami de Nimmio et tentait de convaincre les seigneurs qu'il avait croisé de ne pas le juger hâtivement et de discuter avec lui. La précipitation qu'avaient les nobles de faire de la politique alors que les guerres n'étaient pas terminées, de surcroît avec l'arrivée des drows qui aurait dû activer les renforts l’écœurait mais lui aussi faisait partie de la noblesse et il devait apprendre et tenir son statut. De plus qu'il était tout de même concerné par tout cela. Ce rôle que Gaston lui avait confié l'amener à penser qu'il lui faisait donc confiance et que l'avenir serait écrit main dans la main et non dans la douleur. Bien que voulant remonter dans le nord pour préparer la défense et les offensives, avide de tuer des sombres, il prit sur lui d'accéder à la requête de Gaston. Il lui demanda une ligne de conduite, ce qu'il pensait qu'il se dirait et ce qu'il fallait savoir, concéder ou pas. Une fois bien préparé, il partit le lendemain matin en compagnie de sa garde composée de dix soldats émérites.

Ils chevauchèrent aussi rapidement que possible et ils arrivèrent dans la soirée du 5ème jour de la 7ème ennéade. L'heure étant "tardive", on fournit une chambre à Jérôme et on logea ses gardes, bien qu'il en conserva deux qui se relayaient avec les autres pour sa protection. La nuit fut agréable, un bon lit étant toujours une bonne chose. Depuis son serment renouvelé, il avait eu un peu de temps pour récupérer de la fatigue qu'il avait accumulé mais il l'était tout de même encore vu tous les efforts et les chevauchés qu'il avait faites ces derniers temps. Son obsession le poursuivait et il ne voulait que tuer du drow, ses sentiments pour Aline lui ayant été dévoilé ayant marqué au fer rouge le calvaire qu'elle avait vécu et vivait toujours.

Le lendemain, il se leva et prit son petit déjeuné rapidement. On lui avait indiqué que les discussions débuteraient ce jour et il se devait donc d'être présent bien évidemment. Toutefois, il ne voulait pas manquer son entrainement quotidien, de même qu'il voulait être prêt lorsqu'il retournerait affronter ses adversaires et que cela lui permettait d'extérioriser sa fureur. On lui indiqua ou se trouvait la salle d'arme et il s'y rendit en compagnie de ses gardes. D'abord un échauffement, puis des mouvements sur des mannequins prévus à cet effet. Ce jour, Jérôme avait décidé de s’entraîner principalement à l'épée et au bouclier, délaissant sa flamberge depuis quelques temps pour accentuer sa rapidité, élément indispensable contre les sombres. Il s’entraîna ensuite contre ses gardes afin d'être en condition réelle, prenant des épées d'exercices émoussées. Soudain, alors que l'entrainement arrivait à son paroxysme, une voix que Jérôme connaissait se fit entendre. L'entrainement s'arrêta et Jérôme se retourna, un sourire se dessinant sur ses lèvres. Il avait apprit que Maélyne de Lourmel était ici, représentante de Serramire et il était donc logique que son conseiller soit présent. Il connaissait Roland, l'ayant affronté à plusieurs reprises. L'homme était tenace et son habileté n'était plus à démontrer. Bien que comprenant immédiatement une partie des intentions de l'homme et se préparant déjà à cela, il le laissant pavaner comme il en avait l'habitude. Il prit une arme et demanda s'il pouvait se joindra au baron tout en expliquant qu'ils avaient à parler. Cette seconde intention diminua le sourire de Jérôme qui se demanda ce qui l'attendait. Jérôme se plaça au milieu et il confia son épée et son bouclier à un garde qui lui tendit son bâton comme celui que Roland avait prit. La sueur perlait de son corps, il fit un signe de la main à Roland, l'invitant à se mettre face à lui pour débuter

"Les habitudes et la ponctualité m'ont pourtant fait bien défaut ces derniers temps. Je profite donc d'une accalmie passagère. Invitez vous donc Roland, ne faites pas votre timide"

Un peu d'intimidation ou un échange querelleur mais bienveillant tout de même que seul les deux hommes comprendraient, se cherchant tout en se respectant et qui durerait sans doute durant l'assaut, du moins pour le baron.

"Si vous tenez le rythme, nous pouvons discuter tout en continuant l'entrainement, le temps me manque, je me doute que vous savez que les discussions vont bientôt débuter"

Encore une bravade amicale. Jérôme se mit en position, prêt à recevoir le premier assaut
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Jeu 28 Mai 2015 - 8:07

« Vous choisissez le bâton… »

Était-ce pour l'imiter ? Sans importance, mais curieux, les chevaliers se satisfont si aisément de l'épée, lui y préférait ce simulacre de lance. Il répondit par un sourire et une courbette exagérer à la petite provocation de son adversaire du jour, les choses allaient prendre une toute autre forme d'ici très peu de temps, il n'avait pas l'intention de tourner autour du pot et d'attaquer franchement, frapper d'estoc.

« Les discussions vont bientôt commencer, je le sais, c'est à dessein que je suis venu glaner ici quelques informations. »

Ou tout au moins, confirmer et entendre de vives voix des rumeurs et les suppositions qu'il avait pu en tirer, il voulait jauger l'homme, mais surtout ses intentions, et un élément du personnage… Un élément clé pour les temps à venir.

« Il se dit des choses, et j'aimerais éclaircir certains points, si vous le permettez, sur votre loyauté... »

Et dès le mot lâché, il commença à attaquer, gentiment, de petites frappes sans conséquences pour tester la prise de l'homme sur son arme, il avait en tête la façon dont allait se dérouler l'exercice, et il n'y avait pas encore lieu d’accélérer le rythme. Il cessa pour marcher, suivant tout en parlant une trajectoire circulaire.

« On raconte que le Baron d'Etherna a retrouvé les faveurs d'Odelian, ce qui, pour les temps à venir, pose la question de la loyauté du Seigneur de Bastylle à Serramire, surtout en cas de différends entre ces deux entités. »

Et c'était là une question des plus sérieuses, et il prit grand soin d'appuyer sur les titres pour en affirmer la différence, qu'importe qu'il n'y ait qu'un seul et même homme derrière, ces derniers impliquaient deux serments, deux engagements, deux loyautés incompatible dès lors que des tensions éclateraient entre Odelian et Serramire.

« Alors, Jérôme… Que feriez-vous au nom de votre loyauté envers Odelian ? Trahiriez-vous ? Tromperiez-vous ? Provoqueriez-vous sciemment le désordre en Serramire à seule fin de satisfaire votre maître si il envisageait cette option ? »

Roland, pourtant si jovial d'habitude entamait une danse des plus sérieuses, appuyant chaque interrogation d'un coup plus puissant… Il était loyal envers Serramire, au-delà de sa loyauté personnelle envers Maélyne, et il avait devant lui un homme qui prétendait à des terres alors que son cœur servait un étranger… Un étranger qui, un jour prochain pourrait tenter de nuire, et l'homme devant lui pouvait lui servir d'une façon qui n'avait rien d'honorable.

Et il se doutait déjà de ce qu'allait lui répondre l'homme, il connaissait l'histoire… Mais il voulait l'entendre de sa bouche, afin que la chose soit enfin admise.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Ven 29 Mai 2015 - 7:14

"Le bâton oui, pour être sur un pied d'égalité"

Bien entendu, Jérôme savait que Roland était féru de la lance et qu'il aurait un avantage mais il s'en moquait bien, un entrainement servait justement à développer ses compétences, autant en profiter. Quand au fait que les nobles préféraient l'épée, c'était vrai bien que Jérôme utilisait une flamberge, nette contraste avec les habitudes de la chevalerie. Roland avoua qu'il était venu avec des arrières pensées et non pour le simple fait d'échanger des coups, Jérôme s'en doutait bien et il attendait que le duel, aussi bien physique qu'oral débute. Il ne répondit pas, attendant qu'il se lance, ce qu'il fit. Le premier coup, verbal, fut donné avec brutalité, l'on parlerait donc de loyauté. Jérôme sourit, se demandant si de toute façon, vu la réputation qu'il avait depuis la rupture de son serment, donnerait de la crédibilité à ses réponses ou si bien que posant des questions, Roland avait déjà les réponses, ou du moins celle qu'il pensait et qu'il n'écouterait au final pas réellement ce que le baron dirait. Joignant le geste à la parole, le premier assaut survint suivit d'autres. Pour l'instant, la joute oral était lancé mais au niveau des armes, on tâtonnait, on se cherchait. Jérôme avait bien entendu apprit à se servir de presque toutes les armes, sa noblesse l'y obligeant mais il avait plus d'affinités avec certaines. Le bâton, il connaissait et il se défendait mais c'était tout et il le savait. Il fit donc bonne illusion en ce moment. Il ne répondit toujours pas, attendant une réelle question et pas juste des suppositions ou des demi mots. Il ne faisait que se défendre pour l'instant tout en cherchant une ouverture dans la garde de son adversaire. La suite arriva

"Vos informations dates un peu Roland, Odélian et Etherna sont réconciliés, j'ai refais le serment qui n'aurait jamais dû être brisé à Gaston d'Odélian, le nouveau marquis et notre ancienne amitié demeure, le pardon a été donné. C'est d'ailleurs pour cette raison que je suis ici, pensez vous qu'il m'enverrait pour une mission de cette envergure si la confiance n'était pas au rendez vous ?"

Jérôme ne comprenait pas bien la raison du questionnement sur le double serment engagé, ce n'était pas une nouveauté et les termes étaient clair, sauf si on prenait en compte les récents événements, en effet. Mais Roland oubliait aussi un autre point crucial dans ses paroles

"Voyons Roland, c'est évident non, dans une situation normale, si les deux suzerains entrent en guerre, et bien je ferais mon devoir, respectant mes serments. Je sais ce que l'on pense de moi dernièrement mais je n'ai aucune envie de trahir qui que ce soit, ce n'est pas dans mes habitudes. Etherna entrera en guerre aux côtés d'Odélian et Bastylle aux côtés de Serramire. Toutefois, je ferais tout mon possible pour que les choses n'en arrivent pas la, jouant le médiateur entre ces deux puissances pour qu'elles trouvent une sortie pacifique au conflit qui pourrait survenir. J'aime Serramire et le nord tout entier et toutes mes actions jusque la ont était faites pour sa grandeur. Je pensais y parvenir lorsque les seigneurs de Serramire ont enfin cessé leurs querelles pour s'unir de nouveau, mais apparemment j'ai échoué et je suis triste de voir son état. Constater que Vermilias et Lourmel se lèvent contre moi, rejetant tous les accords passés et les amitiés naissantes me chagrine énormément. Mais comme vous le savez, en ce moment, la situation n'est pas normale. En effet, le marquis de Brochant à mit une commise sur Bastylle, ce qui amène la question de savoir s'il respecte ses vassaux."

En rappelant la commise, Jérôme amenait la question de savoir si demain, ce ne serait pas au tour de Maélyne de subir les assauts du marquis. Lourmel et Bastylle étaient censées être alliés, ce qui refroidirait les ardeurs d'un agresseurs et pourtant, Maélyne s'était retourné contre Jérôme et se trouvait aux côtés de Brochant, gonflant son ost qui avait marché contre le baron. Et pourtant c'était elle qui, lors de leurs première rencontrent, s'inquiétait de son avenir en raison des griefs entre sa famille et celle de Brochant. Une fois Bastylle reconquise et Lourmel isolée, ne serait ce pas à elle d'en subir les conséquences ?

"En mettant une commise sur Bastylle, le marquis enfreint les règles du serment qui nous engageaient l'un envers l'autre, qui sera le prochain lorsqu'il aura récupéré Bastylle sous sa coupe ? Dois je me mordre les doigts de lui avoir fait confiance et d'avoir cru en lui pour redresser le marquisat ?"

Autant marquer le coup une fois de plus

"Les dernières tractations me donnaient l'espoir de régler cette affaire pacifiquement, peut être qu'il avait succombé à de mauvais conseils ? par contre l'humiliante défaite que vient de subir Serramire est un camouflé pour le marquisat qui montre qu'il n'a pas retrouvé sa gloire d'autrefois et pire, qui vient de s'affaiblir encore. Quelle tristesse, ses ennemis doivent bien rire en ce moment."

La menace d'une invasion, en ces temps de guerre n'étaient pas illusoire. Des pressions seraient sans doute faites pour qu'il rejoigne une cause. Nimmio ou Kahina pouvaient largement faire peser leur poids sur le marquisat. Certes celui-ci disposait encore de ressources mais il n'avait démontré que sa faiblesse. Certains pourraient trouver étonnant que Jérôme se confie autant mais il était las de cette politique décadente et pleins de demi mots.

Tout en parlant, l'entrainement devenait de plus en plus sérieux et âpre. Roland appuyait ses coups de plus en plus. Ils se faisaient plus puissant mais Jérôme en avait à redonner en terme de force brute et il répondit coups pour coups à son adversaire, tentant de l'empêcher de prendre le dessus.
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Lun 1 Juin 2015 - 12:10

« Tout dépend le véritable objectif de cette mission… Mais vous connaissez ce Gaston d'Odelian mieux que moi, je ne vais pas contester votre jugement de ses intentions. »

En réalité, il n'avait guère envie de creuser une question insoluble en l'état, c'était juste une idée qui lui était venu à l'instant, considérant qu'il était possible de se moquer de l'issue du conseil qui s'organisait pour s'assurer la confiance d'un vassal qui s'était déjà égaré avec de trop grande ambition en lui offrant l'illusion de l'importance. Mais tout ceci était de bien vilaine pensée qu'il mit de côté, la suite titillait déjà son intérêt et surtout de nombreuses idées bien plus intéressantes, mais surtout plus concrètes.

Et là, se découvrait une situation – prétendue évidente – que le chevalier avait bien du mal à saisir, sans doute par certains aspects trop attachés à une loyauté pleine et un respect de ses serments que son adversaire n'avait pas nécessairement, malgré les bonnes intentions qui l'animaient. Comment pouvait-on concevoir comme évident une situation où se confronterait deux puissances auxquelles on aurait prêté serment ?

« Etherna au côté d'Odelian, Bastylle au côté de Serramire, c'est une évidence, jamais les hommes n'accepteraient autre chose... »

Tout du moins, c'était deux choses allant de soit, le problème était l'individu au sommet, les autres étant attachés à leurs terres, mais celui portant les deux titres, lui, se trouvait tirailler envers deux engagements prétendument aussi sacrés, l'un que l'autre, alors comment...

« Mais vous, Jérôme… Vous ne pouvez vous dédoubler, ni affirmer que vous ne pencherez pas plus d'un côté ou de l'autre, ni vous maintenir dans un vœu de paix lorsque ceux qui vous gouvernent ont la volonté de se battre. »

Et choisir, c'est porter préjudice à celui vers lequel on ne penche pas, et donc, par voie de conséquence… Trahir, même si l'on peut écraser et étouffer ceux qui pourraient user de ce mot, mais ça n'était pas franchement une logique correspondant à l'homme devant lui, alors comment résolvait-il une telle situation, pour lui-même.

« Donc là où vous voyez l'évidence, je ne parviens pas à la trouver… Mais vous pourriez peut-être m'éclairer sur la façon dont vous concevez les choses. »

Restait l'ensemble des autres sujets qu'il avait pour l'heure esquivé au même titre que les coups de son opposant, et le terrain sur lequel il s'attendait à être amené, c'était logique, et probablement l'un des plus grands moteurs pour l'Ethernien à retourner auprès d'Odelian… Aymeric était par bien des aspects un imbécile et un irresponsable, et la mise en pièces de ses troupes contre les eldéens en étaient une preuve parmi tant d'autres, qui mettrait Serramire dans une position bien moins assurée… Le rejet systématique d'une voie diplomatique et conciliante, et la volonté de s'approprier l'entier mérite de la reconquête d'Oësgard – qui avait désormais fort peu de chance d'aboutir - en évacuant ainsi l'idée d'une discussion entre Jérôme et lui-même, incluant le pardon de ce dernier en échange de son allégeance, et y préférant une confiscation pure et simple.
Par la combinaison de ces deux erreurs, il était parvenu à renforcer un voisin et à s'affaiblir lui-même à la veille d'un important bouleversement venu du sud… Il y avait beaucoup à perdre et peu à gagner, et pour lui-même, bien qu'il estimait que le domaine n'avait guère besoin de cela, il en venait à espérer un soulèvement pour renverser le fou qui rappelait le pénible souvenir de Merwyn le Fol.

« En l'occurence, sur le sujet de la commise, si l'on s'en tient au droit féodal, je dirais que Aymeric, selon la façon dont on présente les choses, était dans son droit. Votre fidélité était sujet à interrogation, après vos négociations avec Arsinoé d'Olyssea pouvant être considéré comme des égarements et un défaut de fidélité envers Serramire… Et ce, quelque soit vos véritables intentions, avec toute la franchise et les bonnes intentions que vous souhaitez invoquer. »

Il savait que cela pouvait choquer son opposant, voir même lui suggérer qu'il pouvait trouver face à lui un ennemi. Mais il n'en était rien,

« Pour autant, je ne soutiens pas son geste, je le condamne, c'était une erreur… Mais seulement une erreur politique et tactique, une de plus...  Il aurait du simplement pardonner ce qu'il considérait comme des errements, et savoir si il a raison ou tort n'est pas important. »

Ceci devrait suffire à contrarier toute pensée le situant parmi les adversaires supposés, partisans du marquis, les choses n'étaient jamais simple, ni blanche, ni noire, chacun invoquant son bon droit et la malveillance de son opposant, avec un point de vue suffisamment reculé, on pouvait parvenir à une position plus… neutre, même si pour lui-même, il ne l'était pas.

« De même, il ne tient qu'à votre discrétion de décider si vous avez eu tort ou raison de lui faire confiance pour diriger le pays serraminois et de nourrir de possibles regrets. »

Cette dernière question était probablement rhétorique, et il n'avait pas manqué le sous-entendu, même si il allait feindre ne pas avoir entendu la menace qui s'y cachait. Lourmel pouvait être une des prochaines cibles du Marquis, mais il aurait alors bien des peines à faire les choses… Si Jérôme était un homme à s'attirer des ennuies avec ses ambitions et des guerres multiples, Maélyne était d'un tout autre genre, et confisquer ses terres seraient une chose autrement plus pénible lorsqu'il faudrait le justifier, et ensuite, il faudrait parvenir à la déloger, elle et ses partisans d'Outremont et Lourmel, ainsi que les alliances et amitiés qu'elle aura pu se gagner à l'étranger comme dans Serramire.

Une fois répondu à tout cela… Il y avait une dernière chose à laquelle, pour l'instant, il souhaitait répondre… A la provocation qu'il savait courtoise… Choisir le bâton pour équilibrer le combat hein ? Si au tout début, il avait usé de quelques frappes franches et fortes, usant de ce qu'il n'avait pas à son avantage – la force brute -, qu'il s'était montré plus défensif, attentiste par la suite, plus concentré sur les mots eux-même, ceux de Jérôme autant que la prudence qu'il devait mettre dans les siens, pour cette réponse là, il se mit à accélérer soudainement, enchaînant frappes d'estocs foudroyantes et frappes de taille successives – tout en arborant un sourire qui contrastait avec la violence des coups -, où il éprouvait les défenses de son adversaire, les mettant à mal avec une arme dont il n'était pas un maître, contrairement à lui, et il poussa ainsi, parant ou repoussant les tentatives de Jérôme de reprendre la main – ou tout au moins de mettre un terme à ses assauts – jusqu'à déséquilibrer le baron et lui faucher les jambes pour le faire tomber, avant de lui tendre la main pour l'aider à se relever.

« Votre pied d'égalité ne semble pas capable de vous maintenir debout, Jérôme. » offrit-il finalement pour ponctuer la sanction, avec son plus beau sourire, expliquant par là-même la soudaine accélération.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mar 2 Juin 2015 - 12:13

Roland souleva un point intéressant auquel Jérôme avait déjà pensé. Peut être en effet que Gaston avait envoyé le baron à Sainte-Berthilde pour s'en débarrasser, c'était une possibilité qui n'avait pas manqué de germer dans l'esprit de Jérôme. Toutefois, il était aussi clair que Odélian avait subit un sévère revers à Christabel et qu'unis, ils étaient bien plus fort que chacun de leur côté. Jérôme ne répondit pas à cet argument de choc que Roland venait de mettre sur le tapis. Le conseiller de Maélyne aborda ensuite la question de savoir ou se trouverait le baron en cas de conflit. Il était en effet évident qu'il était impossible de se dédoubler mais c'était aussi pour cela qu'il y avait des serments et des serments ligues, cela afin de dire à qui allait sa priorité

"C'est une évidence que je ne pas me dédoubler, de même qu'il serait inconcevable de rester neutre en cas de conflit. J'ai dis que je tenterais la médiation, pas que je ne prendrais pas part aux hostilités si elle échouait. Je serais à la tête d'un de mes osts et un de mes généraux sera à la tête d'un autre. Un homme seul ne changera pas grand chose. Mon serment engage la terre et les forces à appuyer leur suzerain. D'ailleurs, certains nobles n'ont pas les capacités de se battre, trop âgé, handicapé ou malade, voir peur de la guerre. Et pourtant ils font bien serment et l'honorent en envoyant leurs troupes avec un général à leur tête"

Contrairement à ce qu'il venait de dire, un homme pouvait tout changer, un combattant d'élite qui tue une tête pensante adverse ou administre une peur terrible aux troupes ennemies. Ou encore une réputation ou encore un stratège ou tacticien talentueux pouvait faire pencher la balance. Les hommes de Jérôme le suivaient partout maintenant qu'il avait accumulé autant de victoires, ils lui étaient d'un fidélité totale de par ses réussites militaires. Mais Jérôme n'était pas la pour se contredire lui même et ce qu'il avait dit était tout aussi vrai concernant les nobles qui ne venaient pas sur un champ de bataille et à qui on ne reprochait jamais rien tant qu'ils honoraient leur serment. Subtilement, mais il se doutait que son adversaire ne s'en contenterait pas, il avait éludé la question, ne disant pas pour qui il prendrait parti. Et pendant que les mots volaient, c'était aussi le cas des coups, chacun voulant prendre le dessus sur l'autre sur les deux tableaux. Roland esquivait à merveille les tentatives de Jérôme, ce qui le fit redoubler d'ardeur. Roland parla ensuite de la commise sur Bastylle et il noya étonnement bien le poisson si l'on peut dire, expliquant qu'il était dans son droit tout en arguant ensuite que lui même n'était pas de son avis et qu'il aurait agit autrement. Cela fit marquer un temps d'arrêt à Jérôme qui se reprit rapidement

"Si tous les seigneurs mettent une commise sur la terre de leurs vassaux dès lorsqu'ils ont un doute, la péninsule sera bientôt encore plus à feu et à sang qu'elle ne l'est déjà...Jérôme n'a jamais rompu son serment d'allégeance concernant Bastylle et c'est donc le marquis qui à prit l'initiative d'attaquer le premier, au détriment de toutes les règles de féodalité. Mais de toute façon, chacun son interprétation et tout le monde a aussi tord que raison au final."

Lorsque Roland parla de la confiance de Jérôme envers le marquis pour diriger Serramire, le baron dû admettre qu'il s'était peut être fourvoyé. Pourtant les dernières tractations promettaient de belles choses mais elles n'étaient sans doute plus d'actualité avec le serment fait à Odélian.

"L'avenir dira si j'ai eu raison de lui faire confiance ou non. Je suis toutefois déçu par sa rapidité à mettre une commise et aussi par la stupidité de l'assaut contre Amblère qui a coûté la vie à tant de fils de Serramire."

Roland accéléra soudain ses mouvements, prenant l'initiative et obligeant Jérôme à se mettre sur la défensive. Le baron stoppa les premiers coups et chercha à reprendre le dessus mais sans succès. Il ne pu empêcher Roland de le mettre à terre, prouvant sa supériorité dans l'art de la lance. Une pique et un visage rayonnant plein de suffisance, il s'approcha et tendit la main au baron pour l'aider à se relever. Loin de s'offusquer de sa défaite, Jérôme prit la main de son adversaire et se releva, tout sourire. Il passa sa main dans ses chevaux afin de les remettre en arrière

"Le premier point et pour vous en effet. Et va pour le pied d'égalité, j'ai des lacunes dans le bâton en effet. Peut être que vous m'enseignerez à force de me botter les fesses"

A l'entrainement, Jérôme faisait fi de l'étiquette. Il ne voulait pas non plus que son statut fasse que ses partenaires l'avantage.

"Mais dites moi, Roland, vous êtes venu juste pour me demander ou allait ma loyauté ou il y a autre chose que vous voulez savoir ou me dire ?"

Jérôme était en effet intrigué car c'était la une question rhétorique de savoir que Jérôme a avait une double allégeance.
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Ven 5 Juin 2015 - 17:37

« Un homme peut faire la différence, son expertise de la guerre et son génie stratégique, ou bien sa capacité et un charisme tel qu'il pourrait motiver les hommes et leurs conférer une ardeur décuplée comme à faire trembler et douter ceux qui se trouvent en face… Un homme peut changer la donne, même si il ne doit pas être quelconque… Et vous le savez. »

Bien sûr qu'il le savait, il fallait être idiot pour ignorer une telle vérité… Le monde n'était pas composé d'hommes et de femmes égaux à tout point de vue, le concept même de ce qui est commun n'existait que pour souligner davantage l'exception et la rareté, autrement, on ne parlerait pas de telle chose.

« Qu'importe à qui va la raison, puisque vous avez tout deux tort. »

C'était dit sur le ton de la plaisanterie, même si il y avait là un fond de vérité… Deux hommes se considérant dans le bon droit, fermement accrochés à cette conviction, et accusant de la faute l'autre, c'était une chose délicate à gérer.
Il mit ensuite à terre son adversaire, et une fois ce dernier relevé, il minimisa l'objet de sa visite… Questionner un homme sur sa loyauté était-il vraiment un sujet anodin, dans cette situation ? Lui ne le pensait pas, mais si la chose l'était pour le baron, alors...

« Oh, bien sûr que non, je suis venu croiser le fer… Ou le bois en l’occurrence, avec vous, c'est un motif tout aussi légitime à ma venue, non ? »

Et ça lui ressemblait, et pour cause, c'était tout aussi vrai que le reste, et nul connaissant le chevalier ne pouvait contredire une telle affirmation tant il s'était taillé une réputation à défier à droite à gauche seigneurs et chevaliers que sa route l'amenait à croiser, dans les règles de l'art ou bien en les surprenant.
Pourtant, il y avait une seconde volonté plus sérieuse derrière, et là encore, il s'exprima avec franchise et honnêteté.

« Mais ne sous-estimez pas la question de votre loyauté, Jérôme… A l'heure où tremblent les couronnes, où se fondent de nouvelles alliances, de nouveaux royaumes et où le Nord, plusieurs siècles après sa conquête par le Royaume de Diantra, s'apprête finalement à regagner son indépendance et à en discuter les termes, il paraît important de savoir où vont les loyautés des uns et des autres, vous ne croyez pas ? »

Il prônait l'indépendance, quand bien même les dires parlaient du Bohémond de Soltariel, que protégeait désormais l'Estréventine, mais c'était un avis bien personnel, qu'il cultivait depuis son enseignement, si il n'était pas un farouche et teigneux soutien à cette cause, il ne pouvait nier totalement ne pas être séduit par l'idée que le Nord retrouve son indépendance d'antan, les rois qui se succédaient venaient de trop loin et se souciait trop peu du nord dans lequel ils ne voyaient qu'un vaste grenier à céréales et une zone tampon contre les menaces terrestres étrangères.

« Bon, prenez l'arme qui vous sied le plus, un tel entraînement d'où serait absent le moindre défi me fait horreur, et Othar lui-même désapprouverait que cela puisse exister ! »

C'était à son tour de provoquer en balayant la prestation précédente, mais là encore, il y avait une demi-vérité, comme dans tout ce qu'il pouvait dire.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mar 9 Juin 2015 - 11:39

Roland le reprit bien entendu immédiatement sur le fait qu'un homme seul pouvait renverser une situation critique. Jérôme sourit à son adversaire qui était sur la même longueur que lui, du moins sur tout l'aspect stratégique. Jérôme ne répondit pas à cela car les deux hommes savaient pertinemment ce qu'ils en pensaient tous les deux, Roland n'était surement pas dupe de la supercherie du baron alors qu'il volait de victoires en victoires. Roland continua sur le fait que les deux avaient tord, le marquis comme le baron. Le sourire de Jérôme, alors qu'il aurait dû disparaître, s'allongea

"Tord ou raison, voila une question bien épineuse et à laquelle il est difficile de répondre. Chacun à sa façon de voir les choses et se dit être dans son bon droit. Vous avez raison, je vous concède ce point également."

L'assaut physique continuait et une fois de plus, Jérôme se retrouva au sol, ce qui faisait deux fois de suite. Voila qui commençait à faire beaucoup, surtout s'il ne voulait pas que la tête de son adversaire ne gonfle

"Un entrainement est un motif légitime, il est vrai. Vous semblez gagner tous les points et ne m'en laisser aucun, quel jouteur vous faites"

En effet, il y avait ici une joute physique et une verbale. Il était étonnant pour quelqu'un qui aurait écouté de constater que l'on parlait également avec légèreté alors que le sujet était très sérieux. Etait ce un jeu habituel entre ces deux personnes ou alors ne prenaient elles rien au sérieux ? La suite augmenter encore cette intensité, Roland parlant ni plus ni moins d'indépendance du nord et d'un royaume à part. L'invitation à venir à Sainte-Berthilde était pour fonder un conseil du nord mais chacun savait que sous cette dénomination, la question était plus profonde que cela, surtout avec les événements qui s'étaient déroulé au médian et à Diantra et le fait qu'un point commun les liait tous, c'était qu'aucun ne faisait confiance, ni même n'appréciait le comte de Velteroc. Jérôme était bien en peine, alors que lui le pensait loyal et plein de bonne volonté

"Vous parlez de ma loyauté ? je suis d'accord avec vous une fois encore sur le fait que les loyautés sont importantes. Mais pourquoi me demander la mienne, vous ne faites pas partie de ceux qui disent que je manque à tous mes serments et que je n'ai plus d'honneur ? ceux qui pensent ainsi n'ont que faire de savoir à qui va ma loyauté, ne pensez vous pas ?"

La péninsule était prompt à traité un homme de parjure et encore plus ces derniers temps même sans réels motifs. Il se demandait donc pourquoi cet homme s’intéressait à lui. Heureusement pourtant que tous ne jugeaient pas si rapidement ou encore que le bénéfice du doute ou le pardon faisait parti de leur discours. Cela avait permit à Odélian et Etherna de se réconcilier et de repartir sur une base assainie

"Quand à ce que vous dites sur les alliances et les royaumes, il y a de nombreux obstacles qui se dressent devant certaines décisions et qui risquent de mettre en péril leur conclusion. Le nord sera t il assez fort pour passer outre plusieurs décennies de rancœurs et de discorde pour enfin trouver un accord, voila une question périlleuse à laquelle je n'ai pas encore de réponse. Nous verrons bien demain si les velléités seront être mises de côté ou pas"

Sainte-Berthilde était aujourd'hui le plus neutre des territoires au nord et c'était une bonne chose qu'il se porte en médiateur. Jérôme espérait qu'il parviendrait à trouver les mots pour calmer les tensions qu'il y aurait forcément entre Serramire et Odélian.

Roland lui proposa alors de choisir son arme, faisant référence à Othar et à l'affront qu'un tel duel lui faisait. Le baron ne se fit pas prier, étant d'accord avec lui une fois de plus, comme quoi deux adversaires pouvaient penser pareil. Jérôme partit vers le râtelier d'arme, y reposa le bâton et il prit une flamberge en bois, son arme de prédilection. Les choses allaient se corser maintenant même s'il ne sous-estimait pas son adversaire qui avait une réputation des plus impressionnante. Jérôme n'était toutefois pas en reste même s'il n'avait plus eut de duels officiels depuis celui à Odélian ou il avait défait un garde de la duchesse de Langehack, Jeanne de Sephren.
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Ven 12 Juin 2015 - 18:41

« Tireriez-vous la moindre fierté, la moindre satisfaction d'une victoire acquise sans mérite, dont je vous aurais fait présent pour le plaisir ou pour flatter ? Considérez qu'en ne vous épargnant pas, je vous honore, Jérôme. »

Ca n'était qu'une petite plaisanterie, même si c'était la vérité, mais la question n'avait pas autant de sérieux qu'elle le semblait. Pour autant, qu'importe la réponse il continuerait « d'honorer » de la même manière le baron, et ce jusqu'à ce que ce dernier déclare la fin de cette séance.
Jérôme évoqua ensuite les racontars et interrogea la Lance sur son adhésion à ces derniers, ce à quoi il possédait sa réponse, alimenté et soutenu par une anecdote des plus parlantes.

« Me croyez-vous faisant partie de ceux qui se fient aux racontars et basent leurs jugements sur ceux des autres ? Combien de fois, lors de mes voyages, ai-je défié des épées dont on vantait la force et louait l'invincibilité, pour finalement trouver une maigre opposition. Non, j'ai toujours préféré jauger par moi-même la qualité d'un homme, dans la mesure où la chose est possible, avant d'en diffuser le portrait. »

Il avait croisé de telles épées dont le mythe s'était construit pour partie sur des mensonges et des récits qu'ils s'étaient inventés, cela faisait parti du jeu. Chez certaines, il avait trouvé la réalité et admit les dires, mais pour de nombreuses autres, il avait mit à la lumière de témoins la faiblesse de ces mensonges lorsqu'il les avait opposé à sa lance.

« Mais les faits parlent tout autant. Prétendriez-vous n'avoir jamais manqué à un seul de vos serments, Jérôme ? Prétendriez-vous ne pas avoir sacrifié un peu de votre honneur par ambition ? »

En somme, les mots des gens pouvaient tromper, les actes bien moins, et Jérôme lui-même devait reconnaître ne pas être un être dénué du moindre tort, de la moindre faute, et donc, comme il allait l'exprimer, que cette image négative provenait pour partie de sa manière d'agir, non pas seulement des racontars visant à le discréditer.

« Aussi, si le portrait n'est pas aussi sombre que certains peuvent le décrire, il y a pourtant là-dedans une part de vérité, ne le pensez-vous pas ? Comme l'épée médiocre peut véritablement être invincible si l'or abreuve sa réputation. »

Il gardait toujours cette attitude et cette position d'observateur, une neutralité qui ne s'exprimait pas dans le refus de s'engager, d'accuser, mais plutôt d'y voir un certain sens sans jamais en convenir totalement. Tout comme les légendes, tout comme les rumeurs, tout ceci portait une forme de vérité, que celle-ci soit interprété ou non, il n'y avait pas nécessairement un pur et franc désir de calomnier pour calomnier, mais l'expression de sa déception exacerbée par l'image qu'on avait de l'homme en conflit avec les décisions de ce dernier et la réalité qu'elles génèrent.

« L'Histoire est faite d'obstacles à surmonter. Si le nord veut se bâtir un avenir commun, il faudra que les uns et les autres fassent des concessions, l'effort ne peut venir d'un seul que les autres tenteront d'abuser, et ils devront pardonner avec sincérité sans quoi tout s'écroulera à la première véritable difficulté. Peut-être le nord n'en est pas capable ou bien l'est-il… Ce sont nos suzerains qui le décideront, et l'Histoire ne manquera pas de se souvenir de leur force ou de leur faiblesse dans cet instant clé. »

Dès lors que Jérôme avait pris en main une arme convenant davantage à sa manière de se battre, les engagements reprirent, et à dessein, non plus pour appuyer le moindre propos, mais au nom du seul désir de tirer de son adversaire le meilleur, et de lui-même par la même occasion, les choses devinrent plus intense. Ca n'était pas un véritable duel courtois tel qu'il entendait les mener, l'arme qu'il maniait n'avait pas l'équilibre des lances qu'il avait coutume d'employer, mais assurément, l'arme de Jérôme possédait le même défaut pour un bretteur de sa qualité, rien de plus qu'un entraînement, un échauffement, pourtant, pour l'observateur, les engagements et assauts que l'un et l'autre menait à présent pouvait paraître disproportionné. Mais pour Roland, malgré l'air désormais des plus concentré qu'il abordait, cette partie était la plus plaisante, et chaque coup qu'il prenait, plutôt que l'agacer, ne faisait qu'accroître l'intensité qu'il y mettait.

Si il avait aisément bénéficier d'un avantage tout deux armé de bâton, désormais, ils rendaient coups pour coups et le niveau s'équilibrait, et Roland opta pour son approche personnelle, usant davantage d'esquive que de parade, déviant les coups plus que les contrant. Il ne s'engagerait pas dans un combat purement physique que son corps ne permettait pas à l'excès, et il maintiendrait son adversaire à distance en profitant de sa portée supérieure.

Et en pareil moment, il n'y avait plus un mot à dire, seules les armes et les corps avaient la place de s'exprimer.


(Je te laisse décider et improviser la conclusion de cette « passe », si tu veux poursuivre la discussion, pendant, Roland punirait assurément et de façon expéditive une déconcentration de Jérôme ^^)
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Ven 19 Juin 2015 - 10:14

"Aucune, je préfère de loin cela à une passe purement amicale et sans intérêt. Et si l'on mettait un enjeu, cela aurait encore plus de piquant"


Une lueur apparut dans les yeux du baron au fur et à mesure que le duel s'accentuait. Il acceptait de perdre un combat, l'orgueil ne faisant pas parti de ses péchés mais il avait toujours un peu de mal tout de même, fier de remporter les assauts plutôt que de finir par terre comme c'était le cas. Roland était connu pour sa dextérité, sa réputation était faite et tout le monde avait en tête ses nombreuses victoires lors de duels implacable. Jérôme lui avait accordé l'usage de la même arme en se sachant moins fort que lui mais il ne s'attendait pas à une telle déculottée. Jérôme était aussi un duelliste accomplit et il était toujours compliqué d'accepter la défaite


"Les réputations sont souvent surfaites, il est vrai et les déceptions peuvent être au rendez vous. Pourtant la votre vous précède et de plusieurs sources, ce qui permet d'attester de sa réalité contrairement à ceux qui ne sont adulés que par leurs proches."


Il revint sur les serments brisés


"Si vous m'aviez posé cette question une année en arrière, je vous aurais répondu que oui je n'avais fais défaut à aucun serment. Il serait hypocrite de le dire aujourd'hui, même si cela me fait encore souffrir. Après par ambition, je ne saurais vous répondre sans prendre du recul."


En effet malgré la réconciliation, il portait la tare de sa défection envers Odélian profondément en lui et il ne l'oublierait pas de si tôt même si pour lui, la cause était juste et le sacrifice à la hauteur du but recherché, le fait était la. Roland parla ensuite de choses qui pouvaient intéresser Jérôme car il connaissait son rôle de conseiller de la dame de Lourmel


"De bien sages paroles Roland, puisse Néera les entendre et inspirer les protagonistes tout à l'heure. Les concessions doivent être fait de parts et d'autres. Serramire est il prêt à en faire, d'autant plus vu sa situation ? je suis surpris de voir que c'est Maélyne de Lourmel qui soit la et non le marquis en personne. Les suzerains voient ils l'importance de cela ou se moquent ils de ce qu'il se dira, chacun cherchant à tirer la couverture à lui ? Dites moi Roland, savez vous des choses que vous devriez me dire pour faciliter la suite ?"


Ce n'était pas du tout une demande à des renseignements confidentielles, loin de la mais peut être qu'il avait été envoyé à lui afin de mettre en place certaines choses ou de lui dires certaines choses pouvant permettre de faire avancer la réunion.

Toutefois, il ne répondit pas, du moins pas tout de suite car l'engagement avait prit une envergure plus grande. Muni de son arme de prédilection, Jérôme était bien plus habile qu'avec le bâton et les passes d'armes se succédèrent, s'intensifiant et s'accélérant. Coup de taille, pointe, coup d'estoc, esquive, parade, tout le registre du parfait duel fut utilisé sans qu'aucun des deux ne prenne le dessus bien que donnant tout ce qu'ils avaient. La sueur commença à perler des deux individus suite à l'effort fournit, la tension de la concentration était à son paroxysme, aucun ne voulant lâcher. Les personnes présentent ne pure qu'admirer les techniques employées bien que l’œil aguerrie constaterait que faute d'armes réelles et équilibrées, confectionnées spécialement pour eux, ce n'était pas la perfection que les deux semblaient pouvoir déployer qui était de mise. Jérôme oublia tout pour se focaliser sur l'instant présent ou une erreur indiquerait la défaite. Quel délice que d'affronter quelqu'un de ce talent. Le temps s'allongea mais comme toutes les choses ont une fin, ce duel aussi. Après une suite de parades et d'esquives de part et d'autres, Jérôme feinta avant de se retourner et de lancer sa flamberge à hauteur de tête, pour décapiter son adversaire. Il s'arrêta alors que la lame en bois se trouvait au niveau du cou de Roland. Pourtant, la victoire ne fut pas acquise car au moment ou il se figea, sur de sa victoire, il constata que la bâton de Roland se trouvait arrêté au niveau de son cœur


"Match nul alors ?"


Un sourire radieux illuminait le visage de Jérôme malgré le fait de ne pas être parvenu à avoir une victoire suite aux deux défaites. Il attendait maintenant une réponse à sa question d'avant alors qu'il abaissait son arme, essoufflé mais se contrôlant pour ne pas le paraître. Une passe d'arme aussi longue était rare
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Ven 26 Juin 2015 - 17:09

« Disons cela, oui. »

Il n'y avait pas véritablement trace de déception, c'était un bel engagement dans ces conditions, et il n'en était pas encore à se considérer tel qu'il ne puisse admettre autrement qu'avec amertume l'absence d'une victoire.

« Pour en revenir à vos questions... »

Il prit un instant pour réfléchir et se remémorer les quelques paroles de Jérôme, s'appuyant sur son bâton, le combat était pour l'heure terminé, et il avait l'intention de se concentrer pleinement sur ce qui suivrait.

« Quelle est la situation supposée de Serramire dont vous parlez ? Et en quoi cette dernière, quel qu’elle soit d'après vous, suggère d'autant plus de concessions de la part du marquis, comparé à ses voisins ? »

Il n'avait pas nécessairement une attitude fuyante… Mais lorsqu'on parle de « situation », les choses deviennent par expérience des plus subjective, aussi était-il curieux de connaître, selon Jérôme, la situation de Serramire. Il avait déjà sa petite idée, tout autant que la réplique, mais il attendait d'être sûr avant d'avancer sur ce terrain là… Mais il avait une volonté et un but, bien évidemment, qu'il espérait atteindre, pour la suite.

« Quant à l'absence du marquis… vous connaissez les dernières nouvelles et pourtant, vous vous surprenez de ces choses-là ? Les événements d'Amblière n'ont pas laissé indemne le marquis, comme c'est toujours le cas dans de telles batailles, et la marquise a préféré rester auprès de lui. Au vue de l'importance de Lourmel et de Maélyne, sa désignation ne paraît dès lors pas si surprenante, ne croyez-vous pas ? Et pour ce qui est du vôtre, comme je l'ai dit tout à l'heure, il vous appartient de le connaître, lui et ses intentions, mieux que moi, pour en juger. »

Ainsi n'avançait-il rien avec la force de l'affirmation purement énoncée, si Jérôme décidait d'en conclure qu'il y avait là un mépris de ce qu'il pouvait advenir de ce qui serait entamé ici, de la part de Serramire, se ne serait que l’œuvre de sa seule conviction, mais il devrait alors remettre en question la propre décision – et sa relation – avec son suzerain qui n'avait pas plus daigné venir en personne.

« Je sais des choses, mais quant à savoir ce que signifie le fait de faciliter les choses… Il y a de nombreuses questions qui jalonnent ce cheminement… Une facilité pour qui ? Pour quel résultat ? Comprenez que bien que courtois et cordiaux, nos rapports ne sont tels que sur un plan officieux et personnel. Officiellement, vous êtes déclaré traître en Serramire, et moi, loyal seigneur de ce domaine, je ne puis et n'ai pas le désir de vous soutenir ou de vous rejoindre dans votre félonie. »

Il n'avait que peu d'intérêt pour un prétendu « bien commun » qui risquait d'être invoqué… A vrai dire, il n'y croyait de toute façon pas, et encore moins dans une telle situation. Il avait beau apprécié Jérôme, pour de multiples raisons, ce qui expliquait une telle mise en scène malgré la délicate relation avec Maélyne, il n'en oubliait pas ce qu'ils étaient l'un et l'autre officiellement. Et l'homme face à lui, dans son différend avec Aymeric et malgré toutes ses belles intentions et paroles sur son « amour de Serramire et du Nord » nourrissait tout autant le désir d'asseoir pour de bon l'affaiblissement de ce dernier en le privant pour de bon d'Oësgard et Alonna en faveur d'Odélian. En cela, il était un ennemi désigné et réel qui n'hésitera sans doute pas à mettre à mal Serramire pour sa propre grandeur… Alors facilité la vie à un tel homme, avec de telle intention ? Il pouvait toujours courir.

« Alors, et n'y voyez aucune agressivité de ma part, vous me connaissez, aussi longtemps que vous vous comporterez en traître et servirez des intérêts étrangers, et ce en soutenant une démarche qui a vocation à affaiblir Serramire, il n'est pas dans mon intérêt de vous faciliter quoique ce soit. »

Il fallait lui rappeler ce qu'il était, du point de vue serraminois, au-delà de toute les considérations personnelles et les questionnements sur le bon-sens de cette décision… Le Marquis, quitte à passer pour un tyran, avait usé de son bon droit, il n'y avait aucune contestation possible sur ce point… Et Roland voyait déjà une impasse se dessiner… Jérôme ne serait pas capable de mettre de côté sa rancune, et tout formation d'un nord uni passait par une rencontre entre Aymeric et Jérôme pour mettre un terme à une tension qui gangrènerait l'ensemble, pourrissant les relations possibles entre Odelian et Serramire.

Dans tout les cas, les mots purent apparaître durs, et il l'était, mais ainsi était Roland, sincère et direct dans sa démarche et dans son énoncé… Et il espérait également qu'il comprenne une chose pour plus tard… Il l'avait dit, malgré toute la courtoisie et la sympathie qu'il avait pour l'homme, la chose ne pouvait être qu'officieuse tant qu'il était déclaré officiellement traître en Serramire. Une telle vérité valait pour une autre, qui représenterait moins elle-même que Serramire et ses intérêts, mais il ignorait si Jérôme serait capable de considérer cela.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Lun 29 Juin 2015 - 7:20

Jérôme posa la pointe de la flamberge de bois au sol et il s'appuya sur la garde afin de récupérer de l'assaut qui s'était révélé merveilleux. Roland commença à répondre et il sembla avoir prit un mot du baron de travers, ce dernier rectifia alors


"La situation de Serramire est on ne peut plus difficile, encore plus avec la terrible défaite qu'elle a subit devant Amblère. Toutefois, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis. Je n'ai jamais dis que Serramire devait faire plus de concession que ses voisins. Mais il semble qu'elle soit bien gourmande et ne souhaite pas en faire. Mais peut être que je me trompe et dans ce cas, il y aura matière à négocier."


Bien que sachant pour la défaite, l'état du marquis avait été laissé de côté, sans doute car il était difficile de sembler fort avec un souverain...diminué. Jérôme n'était pas au courant de son état actuel et il accusa donc le coup, bien que dissimulant cela, lorsqu'il l'apprit. Il ne pu s'empêcher de répondre à un pic placé plus tôt par Roland


"L'importance de Lourmel, ou le fait de vouloir l'écarter également"


Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres, preuve de la taquinerie qui n'était pas bien méchante, bien que réelle. Enfin Roland en vint aux gros mots qu'il avait jusque la évité, comme quoi personne n'y coupa. Les sourcils de Jérôme se froncèrent, preuve de son agacement


"Traîtrise, félonie, de bien grands mots qui semblent devenir d'une popularité éreintante ces derniers temps. Il semble qu'il y en ait un peu partout en péninsule et de façon on ne peut plus arbitraire. Le traître n'était il pas Aymeric de Brochant alors qu'il gisait des les geôles de Serramire et desquelles il s'est enfuit et non en ayant été gracié ou relâché par la justice. De paria à marquis, quelle belle réhabilitation n'est ce pas ? et dire que je l'ai aidé et cru en ces belles paroles, est ce en levant une commise qu'il remercie ceux qui l'ont appuyé pour devenir marquis de Serramire ? voila une déception de taille, moi qui voyait un si grand avenir pour Serramire grâce à cet homme, me serait je donc trompé à ce point ? il est intéressant de se poser la question de savoir s'il compte remercier tous ceux qui l'aident de la même façon.

Si je vous demande si vous avez des informations, ce n'est pas pour me faciliter les choses mais bien pour faciliter les choses dans sa globalité, non pour moi mais pour tous Roland et surtout pour parvenir à cette unité du nord qui semble compromise avant même de débuter. Soit Maélyne vous a envoyé pour me faire parvenir des éléments, soit vous êtes venu pour le faire. Si ce n'est pas le cas, alors je me fourvoie et je vous fais perdre votre temps, veuillez m'en excuser"



Roland semblait voir Jérôme comme un adversaire à Serramire, peut être qu'il n'avait pas vu, ou n'était pas au courant de tout


"Affaiblir Serramire ? mais voyons Roland, vous parlez de traîtrise et de félonie. Il me semble bien que le marquis à fait serment à la couronne lors des funérailles, je me trompe ? la régente m'a nommé maréchal et m'a mandé pour ramener deux terres qui lui avaient échappé et dont tout le monde semblait se moquer éperdument, Serramire en premier. Qui est donc le félon ? celui qui obéit à l'ordre qui lui est donné ou celui qui barre un représentant de la couronne à laquelle il a fait allégeance ? il est étonnant de voir le temps de réaction péniblement long avant d'avoir eu une réaction. De plus que celle-ci fut tellement disproportionnée et dans l'erreur. Jamais il n'avait été question de spolier le marquis mais celui-ci s'est embarqué dans folle course contre ma personne."


Il laissa un bref silence pour qu'il s’imprègne de cela mais reprit avant de le laisser répondre


"Il y a eut beaucoup de malentendus dans cette histoire, j'ai tenté à trois reprises de faire autrement ou de tempérer le marquis afin de m'expliquer avec lui. Une première fois avant même d'être mandaté par la couronne. Je n'ai pas été reçu et l'on m'a éconduit. Une seconde en envoyant l'un de mes conseillers, cela a été un fiasco. Enfin, une troisième fois en demandant une rencontre directement entre nos deux personnes, afin d'aplanir les choses. Le marquis à alors foncé sur Amblère, avec le résultat que l'on connait. Il a préféré courir à sa perte et surtout celle de son armée, afin de me devancer et surement me couper dans mon avancée plutôt que de trouver une solution pacifique entre nous et d'unir nos forces, s'adjoignant quatre mille homme de plus pour repousser les sombres.

Alors oui, en voyant la farouche opposition que le marquis de Serramire déploie à mon encontre, et en constatant ce que la couronne est devenue suite à sa débâcle contre le comte de Velteroc, en surplus de la disparition de la régente et de son fils, le roi,  j'ai dû faire des choix tout comme votre suzeraine me l'a demandé."



Un petit moment mélodramatique ne fait jamais de mal. Jérôme aimait enfoncer le clou bien que cela pouvait aussi ressembler à de l'auto apitoiement. Ce n'était pourtant pas le cas cette fois, ce temps était révolu, du moins il l'espérait.


Vous pensez donc, et je vous comprends, que j'ai des griefs envers Serramire. Et bien non, une fois encore je vous assure que ce n'est pas le cas et que je suis plus attristé de voir ce qu'il se passe que réjouis de voir cet ancien duché si puissant tomber en décadence. Peut être que tout cela fera entendre raison au marquis et qu'il reviendra sur ses idées, redevenant celui en qui j'avais mis tant d'espoirs. Maintenant pensez ce que vous voulez, chacun son point de vu mais je ne suis traître envers personne depuis ma réconciliation avec Odélian et tous mes serment sont respectés, même celui que j'ai envers le marquis de Serramire pour Bastylle."


En effet, la Sgarde n'appartenait plus à Serramire depuis plusieurs années et, jamais, les marquis successifs n'avaient tenté de la reprendre. Et rien, dans le serment de Jérôme, ne l'empêchait d'aller prendre une terre libre, encore plus depuis la sécession de cette terre d'avec le royaume. Il n'avait donc jamais enfreins son serment envers le marquis de Serramire.
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mer 1 Juil 2015 - 10:15

« La situation de Serramire est on ne peut plus difficile… Soit, mais en quoi ? Expliquez-vous, Jérôme. Et n'invoquez plus la défaite d'Amblère, dans les discussions à venir, cette dernière est à relativiser avec les déconvenues d'Odelian et Sainte-Berthilde à Christabel, dont les conséquences sont à mon sens plus sérieuses qu'une défaite contre les Drows. »

Il lui semblait que ces mots n'avaient guère de sens, qu'ils étaient davantage une formule magique qu'il se répétait sans cesse en souhaitant que les Dieux l'exaucent et que cette idée devienne réalité. « On ne peut plus difficile », autant dire au fond du trou, alors le baron avait intérêt à avoir de solides arguments pour justifier une telle affirmation… Et il passa sur le reste, Jérôme était-il un extralucide ou en possédait-il un dans sa manche pour être au courant, avant l'heure, des intentions et des conditions que Serramire pourraient poser sur la table, ou bien ceci faisait parti d'une manœuvre à venir dans les négociations.

Tout ceci sentait le dialogue de sourd, où chacun exposerait sa vision sans rechercher celle qui serait commune.

La suite fut accueillit avec un certain sourire, même si ce qui se profilait ne prêtait en réalité pas à rire. Il avait employé des mots à dessein, et pourtant, il lui avait bien semblé mettre en avant la différence entre ce qui est officiel et ce qui est officieux… Et pourtant, Jérôme s'emballait et s'égarait, jusqu'à relier entre eux des points qui n'avaient pas à l'être. Il se contredisait même à présent… L'homme était susceptible, et les mots l'avaient vexé. A supposer qu'une partie était dû à un emportement excessif, la démonstration n'en était pas moins riche en enseignement. Il se nota au fur et à mesure quelques petites choses à aborder, il ne servait à rien de tenter de raisonner un homme aussi sûr de sa vérité et aussi fermé à tout autre récit qui éclabousserait son éclat.

« Eh bien, eh bien ! Comme vous y allez ! Je ne vous savais pas autant à fleur de peau, Jérôme. »

Il y avait une petite teinte amusée dans sa voix, peut-être parce que face à une telle réaction, c'était la meilleure réponse à avoir, en rire. Il pouvait le prendre mal, assurément, et Roland se fit la remarque qu'il était probable que ça soit le cas, plutôt que de se dire que sa réponse était comment dire… Un chouilla exagérée ? Mais c'était dit à présent, et tant pis pour les conséquences !

« Bon, j'espère que vous me permettrez de remettre en ordre certaines choses sans m'interrompre, dans votre cavalcade, vous vous êtes parfois égaré… Ou bien est-ce ainsi que vous concevez les choses, et alors, le problème est plus sérieux. »

Pour ne pas dire quasiment insoluble… Quand on commence à tout mélanger et qu'on est incapable de retracer honnêtement le fil des événements, ça devient plus délicat de s'accorder avec qui que ce soit.

« Alors, pour commencer, non Maélyne ne m'a pas envoyé… Elle n'est même pas au courant de ma venue et ne m'a pas confié d'information à vous transmettre. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je suis là de mon propre chef et avec mes propres intentions, c'est dire le caractère tout à fait officieux de notre échange, comme je vous le disais il y a un instant. Donc aucun élément, mais pas non plus une perte de temps pour moi. »

C'était pas faute de le lui avoir plus ou moins suggéré, d'autant qu'à aucun moment il ne s'était présenté de la sorte, il voulait discuter, il venait à la pêche aux informations, mais à aucun moment il ne s'était dit représentant Maélyne. C'était là la meilleure des manières de créer des tensions… Supposer, et se convaincre suffisamment fort qu'une hypothèse est exacte, et agir et réagir en conséquence. Aussi Roland espérait-il que cette fois, le message était bien passé, qu'il n'aille pas ennuyer Maélyne en affirmant que les mots de Roland était les siens.

« Ensuite, et plus sérieusement… Pour l'aide que vous avez apporté à Aymeric à l'époque, je crois que vous avez reçu Bastylle, non pas une commise, celle-ci est venue plus tard, et le soutien que vous lui avez apporté ne vous conférait pas une immunité, mais si la chose avait été négociée en ces termes, je vous présente mes excuses. »

Ça n'était bien évidemment pas le cas, du moins, l'espérait-il, la chose aurait été idiote. Et il passa sur le renouvellement des insinuations… Espérait-il convaincre Roland ou Maélyne de trahir à leurs tours Aymeric pour anticiper un mauvais coup de sa part ? Quand bien même Aymeric nourrissait de telles intentions, ils ne se mettraient pas dans une situation illégitime d'eux-même, se serait la juste réponse à l'abus, une fois ce dernier commis.

« Et puis… Vous n'écoutez pas… Oui, je parle de félonie et de traîtrise, car tel est le discours officiel, et dans ce domaine, je me moque bien de vos supposées intentions réelles, puisque la seule chose qui importe, c'est que Aymeric vous ait déclaré ainsi et qu'il est dans son droit de le faire. Et sauf votre respect, ces accusations sont bien plus fondées que vous ne le dites, et ce n'est pas en invoquant justement votre crime que vous aurez raison. Même si vous avez tenté de l'interpeller plusieurs fois, même si il vous a ignoré, vous n'aviez pas à prendre l'initiative, ni à comploter auprès de la régente pour obtenir tout à la fois le titre de maréchal et les terres, vous permettant ainsi de passer outre ses décisions, son autorité et sa souveraineté. Par cette décision, quel qu'ait pu être le bien fondé qui vous a motivé à la base, vous avez fauté et vous l'avez trahi... Et invoquer la démence et l'arbitraire, nier toutes responsabilités et prétendre au sens du devoir n'y changera rien, cela ne résoudra rien. »

Comprendrait-il la volonté, depuis le début, de Roland, où userait-il de ces nouveaux mots pour son argumentaire personnel de « Roland me considère comme un traître et c'est un partisan de Aymeric » ? Curieusement, il en était à craindre la seconde, alors qu'il n'aspirait qu'à mettre chacun devant ses responsabilités afin qu'une fois face à l'autre, la chose ne se résume pas à une bataille de gamins se chamaillant à coup de « J'ai raison et t'as tort, na ! », et d'ailleurs, en parlant de gamins lui vint l'envie d'oser aller plus loin.

« Pour la comparaison enfantine, Papa vous a dit non, vous êtes allé chouiner auprès de Maman et celle-ci vous a dit oui… Partant de là, que Papa se mette en colère et vous donne la fessée est une réponse ma foi tout à fait légitime. Certes, il aurait pu simplement vous gronder et vous expliquer en quoi ce que vous avez fait était mal, mais ça n'est pas dans le caractère du bonhomme, que voulez-vous…  Et puis, vous m'avez tout l'air d'un gamin capricieux qui n'entendrait pas les choses de cette oreille si il n'obtient pas ce qu'il veut. Alors pour répondre à votre question par une autre, dans cette situation, qui du Papa ou du Fils est réellement à blâmer ? »

Oui, tout ceci pouvait être très très mal accueillit, mais il fallait dire les choses telles qu'elles étaient, quitte à en froisser certains, il assumerait la pleine responsabilité des conséquences sur sa relation avec Jérôme. Et si celui-ci désormais s'obstinait à croire que Roland était du parti de Aymeric, alors qu'il avait plus d'une fois souligné les erreurs de jugement de ce dernier, eh bien soit ! Mais cela condamnait tout espoir de voir le Nord s'unir, puisque les deux ne seraient pas plus capable, l'un que l'autre, de faire la part des choses et de désamorcer cette crise, et il n'y aurait pas de résultat sans mettre à plat l'ensemble des questions et conflits.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Lun 6 Juil 2015 - 10:41

Roland ne voulait pas parler d'Amblère dans la situation de Serramire et pourtant c'était bien la le soucis


"Vouloir éluder un problème d'importance est une chose mais les faits subsistent tout de même. Odélian s'est renforcé en reprenant Etherna sous son giron et Sainte-Berthilde conserve Olyssea et Aretria en vassaux. Serramire est isolé au jour d'aujourd'hui, la défaite est d'autant plus désastreuse même si c'est contre les drows."


Serramire avait tout de même perdu la moitié de ses effectifs professionnels et pour l'instant, l'avenir changerait peut être la donne, elle était toute seule, sans vassaux. Après si les châtelains de Serramire avaient décidé que ce n'était pas important, chacun voyait ce qu'il souhaitait. La suite donna raison à cette phrase d'ailleurs. Tout était sujet à interprétation et l'on pouvait souvent en faire de multiples selon les personnes qui analysaient.

Roland s'amusa ensuite du baron. Certes à fleur de peau il l'était et il pouvait l'être vu les événements qui survenaient sans interruption et sans trêve. Jérôme fronça les sourcils, n'aimant pas qu'on se moque de lui mais l'entretien n'était pas officiel et sur un terrain d'entrainement, certaines choses pouvaient passer. De plus qu'il répéta qu'il n'était pas venu au nom de la dame de Lourmel. Jérôme s'était donc trompé et cela donna une autre vue sur cette discussion, il trouva dommage que son instinct l'ait trompé, il avait espéré certaines choses mais il s'était fourvoyé, soit.


"Autant pour moi, j'avais pensé" il laissa en suspens le reste "mais non ce n'est pas surprenant que vous soyez venu de votre propre chef, surtout connaissant votre réputation. J'en prends donc bonne note."


Roland continua sa plaiedoirie, Jérôme avait l'impression de se répéter sans cesse et cela devenait plus que frustrant, surtout que ça ne menait jamais nul part, chacun voyant les choses à sa façon. Il souffla


"Traîtrise et maintenant complot, cette fois c'est vous qui y allez fort"


Il s'esclaffa en employant ces mots


"Pour passer outre des décisions, il aurait fallu qu'il y en ait " il leva les yeux au plafond "ce qui n'était pas le cas même en venant en demander. Maintenant vous pouvez blâmer la couronne d'avoir voulu récupérer des terres qui faisaient parti du royaume en constatant que personne ne faisait rien. La discussion et le dialogue permettre bien des choses alors que les armes ont tendance à fermer beaucoup de portes."


En effet, le marquis avait levé directement des troupes et mit une commise sans vouloir discuter ou comprendre. Ce n'était pas des plus diplomate, surtout qu'il y aurait eu plus de choses à faire avant, dont certaines étaient maintenant fermées ou bien plus compliqué à mettre en oeuvre.


"Après vous pouvez dire et invoquer ce que vous voulez, vous l'avez soulevé vous même, chacun voit les choses de la façon dont il l'entend. Le marquis voit d'une certaine façon, moi d'une autre et il semble que vous, encore d'une autre"


Roland prit une citation infantile afin de marquer sa déclaration, chose on ne peut plus limite mais leur séance d'entrainement avait été fatigante et Jérôme devait encore se préparer pour le conseil qui devait avoir lieu plus tard. Il se demandait aussi ou Roland voulait en venir. Soit il était venu pour lui marteler ses erreurs, soit pour se moquer en invoquant sa traîtrise et en sachant que cela le blesserait, soit pour un autre motif et si c'était le cas, il ne l'avait pas encore saisi


"Moquez vous si vous le voulez mais la situation est ce qu'elle est aujourd'hui. Alors vous parlez de compromis tout à l'heure. Oui il faut en faire mais il faut que cela vienne des deux côtés et pas d'un seul. Comment voyez vous les choses, vous ? savez vous vous mettre à la place de quelqu'un d'autre pour voir les choses de son point de vue et non du votre seul ? Eclairez moi, que feriez vous à ma place ?"


Un petit jeu qui pouvait être sympathique
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Lun 6 Juil 2015 - 21:08

Il n'avait pas voulu pleinement et de cette façon l'emmener sur un tel terrain, mais Jérôme n'imaginait pas combien il servait le propos de Roland en parlant ainsi et par lui-même de l'isolement de Serramire… Il n'existait pas de meilleur sujet pour dévoiler la contradiction sur laquelle Jérôme se reposait que celle où celui qui se veut restaurateur de la grandeur se fait l'artisan du déclin. Pour sûr, il allait bientôt pouvoir s'en servir…

« Ma vision des choses ne vous satisfera pas, Jérôme… Parce que la résolution des problèmes, l'intérêt commun au dessus de tout, cette globalité pour laquelle vous me demandiez des facilités, pourrait passer par un renoncement de vos ambitions. »

Et il avait conscience que se serait une chose délicate à digérer, mais il espérait trouver les bons arguments… Mais c'était faire appel à une chose dont il ignorait la place à présent dans l'esprit et le cœur de l'homme qui se tenait face à lui… Son véritable sens du devoir mis sur la balance avec son ambition et son appétit.

« Le Nord ne sera jamais uni tant qu'il existera un différend entre vous et Aymeric car tout ce qui le concerne gangrènera depuis les fondations tout ce que nous pourrions entreprendre… Il n'y aura jamais de résolution tant que l'un comme l'autre, vous ne considérerez pas votre part des responsabilités dans cette situation, tant que vous invoquerez ce « chacun voit les choses de sa façon » et n’œuvrerez pas à la construction d'une vision commune. »

En somme, toutes les discussions à venir n'aboutirait à rien, c'était son point de vue, autant le dire franchement, et même Jérôme pourra admettre la véracité d'une telle idée.

« Le cœur du problème vient de cette manigance, cet arrangement, si vous préférez, que vous avez passé avec la Couronne… Encore que la chose se serait mieux passée si vous vous étiez rendus directement auprès d'Aymeric après avoir été mandaté et soutenu par la Couronne… Si les choses ne paraissaient pas être une conquête pour vous même, comte d'Oësgard, mais comme un soutien de la Couronne à Serramire, pour restaurer l'intégrité de son domaine de jure.»

Mais avec des « Si », le monde serait on ne peut plus différent, et ressasser le passé ne servait à rien, aussi enchaîna-t-il directement avec cette idée-même.

« Mais trêve de ré-imaginer le passé… Ce qui est fait et fait, il faut à présent réparer les dégâts. »

Les dégâts… Et c'est là qu'il pouvait réexploiter les propres mots de Jérôme… La raison pour laquelle Serramire était « on ne peut plus en difficulté », la véritable raison pour laquelle rien dans le Nord ne se fera tant que Jérôme et Aymeric n'auront pas fait la paix.

« Quels sont les dégâts ? Vous-même les avez mis en avant, aussi vais-je me permettre de vous reprendre. Serramire est isolé, ayant perdu ses grands vassaux tandis que ses voisins préservent les leurs, voir davantage… En l'état, donc, Serramire n'a aucun intérêt à rejoindre une coalition au sein de laquelle on pourrait abuser de sa mauvaise posture, ce qui condamne à l'impasse les discussions à ce sujet. »

Et maintenant, la solution, l'unique qu'il considérait viable, et qui ferait appel au sens du devoir, mais pas seulement, de Jérôme.

« La solution est de restaurer la souveraineté de Serramire, et donc, de lui restituer l'autorité sur Alonna et Oësgard, pour rééquilibrer les forces en présence, effacer l'objet de toutes les tensions et instaurer un climat et un contexte propice à des discussions équilibrées. De cette manière seulement vous serez le restaurateur de la grandeur de Serramire, tout autre voie vous conduirait à être celui qui a parachevé son déclin en subtilisant ces domaines pour votre profit ou celui de votre suzerain. »

Il laissa juste le temps à l'idée de se faire son chemin dans l'esprit de l'homme face à lui, et sans laisser le temps à la réplique, poursuivit son raisonnement.

« Bien sûr, je vous imagine déjà protestant, de grandes concessions pour vous, et Aymeric dans tout cela ? Une levée de la commise et un pardon accordé, vous pourriez également réclamer, à défaut de la terre en propre, tout au moins la régence d'Oësgard, sous certaines conditions évidemment… Afin d'épargner de possibles conflits d'intérêts, vous ne posséderiez pas les pleins pouvoirs, mais vous pourriez être l'un des grands responsables de la restauration d'Oësgard et y gagner des intérêts, sous une forme ou une autre, là-bas, et l'Histoire se souviendra que votre décision aura permit au Nord de se construire dans la durée. »

Une petite pause avant de conclure finalement.

« Alors oui, ce ne sont pas des terres et un titre, encore que le Conseil du Nord, si il se met en place, pourrait élever Etherna au rang de comté, cela pourrait être une condition supplémentaire, le soutien à une telle motion, mais vous aurez participé à quelque chose de plus grand que vous, et l'on s'en souviendra. »

Ainsi, ça n'était pas des terres ou des titres, mais plutôt les honneurs et une place dans l'Histoire, pour celui qu'on considère de multiples fois parjures, l'on pourra dire qu'en définitive et lorsque la situation l'exigea plus qu'en aucun autre moment, il aura été fidèle à ses idées et ses promesses, ce qui est bien plus difficile que de les tenir quand tout va pour le mieux.
Il espérait être entendu par Jérôme, la discussion touchait assurément à son terme, et c'est tout ce qu'il pouvait et voulait faire… Suggérer cette idée, cette solution, ce dénouement qui permettrait un Nord indépendant et solide dans ses fondations.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mer 8 Juil 2015 - 11:52

Roland reprit la parole et à aucun instant, le baron ne l'interrompit. Non qu'il n'en avait pas l'envie mais les mots étaient bien choisis et ils touchaient assurément. Par contre, il était étonnant de ne voir les choses que d'une seule façon ou d’interpréter certains dires. Jérôme aimait le nord et par conséquent il aimait Serramire, ainsi que la Sgarde, mais aussi Odélian et Alonna. Il serait hypocrite de dire qu'il n'avait pas certaines préférences mais il était clair que le nord passait au dessus de tout. Aussi en voyant cela à sa façon, et non juste du point de vue de son suzerain uniquement, d'autres issues faisaient leurs apparitions même si elles étaient fâcheuse. Lorsque Roland eut terminé, un silence s'installa entre les deux hommes. D'abord logique pour quelqu'un qui réfléchit et assimile ce qu'il vient d'entendre, il devint gênant alors que le baron ne prenait toujours pas la parole. Sans doute que Roland devait se dire que Jérôme allait réfuter en bloc ce qu'il venait d'entendre et qu'il allait repartir dans son monologue incessant sur son droit. La surprise serait peut être de taille lorsque enfin, le baron se décida à répondre sur un ton très neutre et dénué de passion


"Voila de biens sages paroles Roland, je dois bien le reconnaître. J'avoue ne pas avoir réfléchit ainsi mais je vois déjà des failles. Permettez moi de vous dire certaines choses et je vous remercierais de ne pas m'interrompre avant que je ne vous le dise."


Et voila qu'il allait de nouveau partir dans un long discours


"L'on me donne bien des ambitions ou des titres peu glorieux. Personne n'apprécie d'être traité de félon, traître, parjure. Je vous l'ai déjà dis, j'aime le nord mais dans son entièreté et je sais qu'il faut faire certains sacrifice pour réussir à l'unifier. Vous me dites que Serramire est isolé et qu'il doit retrouver sa souveraineté. J'ai déjà renoncé à mon serment envers Odélian, me parjurant alors que je ne l'avais jamais fais et cela pour atteindre un but plus grand. Partant de ce point de vue, pourquoi est ce que l'on irait alors pas plus loin ? pourquoi Serramire, qui a fait défaut et à perdu tous ses vassaux, ne finirait pas tout simplement vassal à son tour ? Pourquoi Odélian ne deviendrait il pas un duché qui serait suzerain de Serramire ? pourquoi personne ne pense ainsi et ne voit que d'une seule façon ?"


Voila une théorie qui était dangereuse et qui ne se ferait certes pas dans le bonheur et pacifiquement. Mais ce pouvait aussi être une possibilité après tout. Sans s'interrompre plus que pour reprendre son souffle, Jérôme continua


"Plus sérieusement, Roland, j'aimerais savoir pourquoi vous parlez de souveraineté sur Oësgard et Alonna tout en oubliant, volontairement ou pas, de parler d'Odélian ? parce que si vous parlez de souveraineté de juré, Odélian fait parti des terres qui étaient sous la coupe de Serramire, je me trompe ? si l'on part du principe que Serramire doit retrouver sa souveraineté, alors pourquoi laisser Odélian de côté et vouloir reprendre celle sur les autres terres ? parce qu'elles sont plus faibles ? parce que Jérôme est félon mais pas le marquis d'Odélian ? voila une question à laquelle j'aimerais trouver réponse."


Jérôme maqua une brève pause mais il reprit. Il n'avait pas dit à Roland qu'il pouvait répondre car il n'avait pas terminé. En effet, maintenant qu'il avait parlé du pire, il était temps d'offrir une porte de sortie et de montrer qu'il n'était pas forcément celui que l'on pensait. L'ogre, le conquérant, l'ambitieux, tout cela était beau et la pratique allait sans doute dans ce sens mais il ne l'était pas


"Vous savez Roland, si j'étais si ambitieux et avide de terre que cela, pensez vous que je me serais incliné si facilement devant Aymeric à Serramire ? j'avais conquis la capitale et Versmilia allait tomber. Bastylle était en révolte et j'avais la part belle de résister et de tenter de le combattre. Mais je ne l'ai pas fais car j'aime le nord et que j'avais de grands espoirs. J'avoue avoir été déçu à plusieurs reprises et je ne sais pas si le nord mérite de s'unir lorsqu'on constate qu'il semble tout faire pour éclater, chacun voulant tirer la couverture à lui. Vous avez parlé de compromis à faire, et bien sachez que moi, je suis prêt à en faire mais encore faut il qu'en face, ce soit pareil. Et aujourd'hui, comme hier, je n'ai eu aucun signe que c'était le cas. Je suis allé voir le marquis, je vous l'ai dis et j'ai été éconduit, dites moi alors pourquoi j'y serais retourné après mon entrevue avec la couronne ?


Je ne vais pas protester comme vous le pensez. Au contraire, votre idée est la meilleure solution pour trouver un accord et je vais vous étonner mais je ne m'y opposerais pas si cela se faisait car je suis un homme de compromis. Mais pour que cela arrive, il faudrait que de l'autre côté, le marquis soit ouvert à ce genre de propositions et sans l'accord des deux partis, pas d'entente. Et vous oubliez un détail, c'est que maintenant, il y a un troisième partie. Je ne suis pas certain que Gaston d'Odélian, le nouveau marquis soit d'accord avec cela. Pensez vous que ce serait possible vous ? et comment procéder pour que tous soient d'accord ? voila une question ardue. Alors dites, moi qu'avez vous à répondre à tout cela"



Voila il avait terminé, du moins pour l'instant. Il était curieux de voir et d'entendre la réaction de Roland. Celui-ci ne devait sans doute pas s'attendre à ce que Jérôme adhère à sa plaidoirie


Dernière édition par Jérôme de Clairssac le Ven 17 Juil 2015 - 13:16, édité 1 fois
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mer 8 Juil 2015 - 17:34

Il n'y était pas opposé. C'est ce qu'il retint le plus de la réponse que lui fit Jérôme… Il n'était pas hostile à un tel scénario et ne se concevait pas tant que ça comme un obstacle, mettant en relief d'autres interlocuteurs dans ce rôle, c'était autre chose, et il avait déjà sa petite idée, mais le baron venait de lui enlever un sérieux poids.
Il était sur la bonne voie, il progressait, il lui fallait poursuivre et terminer, et alors, qui sait, sauf si leurs marquis respectifs étaient sanguinaires et déraisonnables jusqu'au bout, ils pouvaient espérer une issue diplomatique à l'ensemble… Une démonstration éclatante qu'une entente peut exister et conférer ses chances d'exister au Nord, fort et uni.

« Serramire, vassal d'Odélian ? Vous ne pourriez concevoir plus grande provocation que celle-ci, et si vous considériez réellement les choses de la sorte, alors il faudrait vous apprêter pour un long, sanglant et âpre conflit, dont vous ne pourriez garantir l'issue, car aucune voie diplomatique n'y mettrait un terme. Le Nord ne se construirait jamais, et Serramire demeurerait un domaine insoumis et incontrôlable, car il n'est pas dans sa nature de se soumettre, il a toujours dominé la région. Voilà pourquoi personne ne pense ainsi. »

Il ne prenait pas la chose au sérieux, ce n'était pas une idée dangereuse, il avait accueillit la chose comme une farce, une petite boutade qui prêtait d'avantage à rire.

« Et je vous contredis sur un point… Serramire n'a pas perdu tous ses vassaux, ses plus grands, en titre tout au moins, baignent depuis trop longtemps dans des rêveries d'indépendance, mais ne soyez pas méprisant au point d'ignorer ceux qui n'ont pas le titre de baron. Se tient devant vous le Seigneur de Dorour, vassal de Lourmel, dont la loyauté à Serramire est encore à ce jour intact. »

Ça n'était pas dit avec gravité, et il n'attachait qu'une importance secondaire à cela, mais il tenait toutefois à faire remarquer qu'il existait un monde au-delà des barons, et qu'ils étaient tout aussi propriétaires et vassaux que ces derniers.

« Ensuite, pourquoi laisser Odélian de côté dans les éventuelles prétentions serraminoise ? Parce qu'il faut savoir raison garder. Lorsque je parle de réaffirmer la souveraineté de Serramire sur ses vassaux, c'est autant pour restaurer son domaine et mettre un terme aux conflits actuels, que pour établir des dialogues qui, sinon, ne seraient pas équilibrés, de la manière la plus simple et légitime possible. Vouloir soumettre Odélian, avec une telle volonté, est tout à la fois inutile et contre-productif puisque cela ne résoudrait rien et nécessiterait non plus simplement des discussions et des accords mais une guerre. »

Pas si simple de mettre des mots sur ce qui relevait selon lui d'une évidence, mais sans vouloir trop se vanter, il estimait plutôt bien s'en sortir, il fallait encore voir comment le prendrait Jérôme. Apprécierait-il de ne pas y voir une manœuvre le visant personnellement ?

« C'est le plus sûr et simple moyen de parvenir à un accord, et cela ne coûtera rien à Odélian… Il ne concède rien, renonce simplement à s'étendre, mais la voie sera ouverte à des négociations mutuellement profitable. Si il tente de s'accrocher à ces terres, cela pourrait fermer les portes à la possibilité d'un Nord uni, aux accords avantageux qui auraient pu être passés, car concevoir un tel projet sans la participation de Serramire est impossible… Et croire qu'à défaut, il pourra le soumettre par la force est folie, se serait coûteux en hommes et en or, et tout ce qu'il aura obtenu, c'est un domaine qu'il ne maîtrisera pas, qui sera facilement enclin à la révolte et qu'il aura toutes les peines du monde à rebâtir à son avantage. »

« C'est donc dans son intérêt, sauf si il veut ravaler sa fierté et aller se prosterner devant Nimmio de Velteroc, de permettre au dialogue de s'installer, et cela passera par la réaffirmation de la souveraineté de Serramire sur Alonna et Oësgard. »

Est-ce que cela suffirait ? Il n'imaginait pas devoir faire davantage pour ce qui relevait plus d'un accord de principe, il y aurait assurément d'autres choses discutés, ne serait-ce que dans la nature et la composition des accords suggérés, mais tout cela ne le concernait pas, il n'était de toute façon pas habilité à le négocier, pas plus que Jérôme, son idée était de le convaincre, et de lui offrir des pistes et des suggestions à glisser à Gaston, comme le lui demandait son interlocuteur.

« Aymeric aura obtenu ce qu'il veut, ces deux domaines, et il n'aura pas à subir les discussions. Vous pourriez obtenir la levée de la commise et la paix, la régence d'Oësgard et une réputation redorée. Gaston et Godefroy obtiendront les accords avantageux qui découleront des discussions, et Gaston n'aura pas à éprouver ses finances pour reconstruire Oësgard, et par le biais de votre régence, pourrait même y placer certains intérêts. »

Il marqua un léger temps avant de conclure sa plaidoirie, il fallait désormais voir si Jérôme considérait les choses comme lui quant à l'intérêt que Gaston aurait dans une telle manœuvre, et si connaissant mieux ce dernier, il y avait là matière à la convaincre.

« Ça plutôt qu'une guerre incertaine, je crois que ça les intéressera. Ne croyez-vous pas ? »

Si Jérôme convenait que sa proposition était raisonnable et intéressante pour chacun des partis, il ne resterait plus qu'à les convaincre et prier les dieux que ces derniers se montrent enfin ouvert à une issue diplomatique et moins gourmand qu'ils pouvaient l'être, d'un profit immédiat. Et il lui faudrait encore envoyer un dernier message, ou tout du moins formulé une requête particulière avant de rapporter l'ensemble de cette conversation et de la manœuvre à laquelle il s'essayait à sa suzeraine.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Ven 17 Juil 2015 - 13:53

Roland sembla grandir, comme s'il avait un poids qui s'était retiré de ses épaules lorsqu'il entendit le baron accepter ce qu'il disait sans rechigner, ni crier au loup. IL ne voyait bien entendu pas pourquoi Serramire deviendrait vassal, cela fit sourire Jérôme qui avait dit cela plus par bravade et humour qu'en y pensant réellement

"Oësgard à toujours eut des idées indépendantistes et cela n'empêche pas le marquis de vouloir la récupérer après avoir laissé faire les autres. Je ne suis pas méprisant Roland, nous parlons bien des terres voisines et non du marquisat lui même. Je n'ai certainement pas oublié les vassaux qui s'entretuaient il y a peu, Bastylle qui se rebellait contre sa propre suzeraine ou encore Lourmel que je pensais être mon amie se retourner contre moi. Je n'oublie pas, ne vous inquiétez pas pour cela."

Venant à Odélian, Jérôme ne comprenait toujours pas très bien

"L'équilibre est une chose précaire et qui sait, si on venant attaquer des terres qui avaient pris leur indépendance, cela n'en amènera pas de nouvelles ? Pourquoi Alonna et la Sgarde se laisseraient ramener sous le joug de Serramire sans se défendre, ni appeler au secours des alliés qui grossiront de manière conséquente l'effort de guerre et les massacres à venir. Et qui nous dit qu'une fois renforcé de la Sgarde et d'Alonna, la suite logique ne serait pas d'aller reprendre Odélian pour retrouver sa légitimité sur ses anciens domaines ? Vous pensez inconcevable que Serramire reste isolé, vous voulez qu'elle retrouve sa majesté, vous parlez de sa grandeur et de l'obligation d'y parvenir pour éviter des bains de sangs. Mais en même temps, vous occultez tout ce qu'il pourrait découler de cela et les bains de sang qui pourraient survenir ?

Quand à la folie de soumettre la Sgarde par la force, n'est ce pas ce que le marquis est en train de faire ? les soucis seront les mêmes pour lui et si on le laissait faire, il s'affaiblirait d'autant plus qu'il est justement isolé comme vous le soulevez. L'intérêt des uns ou des autres peut être différent selon la façon de voir les choses."


Il y avait en effet beaucoup d'éléments inconnus. Les fiertés, les buts, les intentions, les attentes et bien d'autres paramètres qui pouvait faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre. Le marquis souhaitait ardemment reconstruire le duchés d'avant et cela pouvait être inquiétant pour Odélian que de le laisser se redresser.

"Vous êtes quelqu'un de sage Roland, ou un manipulateur hors pair, au choix. Mais si vos intentions sont louables, ce ne sera peut être la même chose avec les deux marquis. Comme je vous l'ai dis, pour ma part, je n'y suis pas hostile car c'est le nord qui m'intéresse mais Aymeric de Brochant n'a pour l'instant démontré aucune ouverture possible, refermant toutes les tentatives de tractations. Il y a donc un long chemin à parcourir et de nombreux obstacles sur la route afin de parvenir à un accord."
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Roland de Dorour
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Mar 21 Juil 2015 - 9:00

Roland porta sa main à son visage, secouant la tête et poussa un soupir… Décidément, ces guerriers ne savaient considérer les choses que de cette façon, à croire qu'il n'existait qu'une seule et unique voie pour aboutir à un même résultat, celle du combat… Et c'était entre les mains d'hommes de cet acabit que reposait la destinée du nord, c'était peu encourageant.

« Attaquer… Toujours attaquer… »

Ne savait-il faire que cela ? Plus que jamais, il ne regrettait pas d'être un guerrier, ses exploits ne seront jamais l'expression de ses actes sur un champ de bataille, mais au moins concevait-il encore que les hommes pouvaient discuter ou manœuvrer sans avoir à faire couler le sang… Ce que Jérôme semblait oublier.

« N'avez-vous toujours pas compris que j'envisage une voie diplomatique, dénué de la nécessité guerrière ? »

Mais il n'en dirait pas plus, ne répondrait pas davantage aux interrogations du baron, non pas qu'il n'ait aucune réponse, mais il jugeait que c'était de trop. Il avait transmis une piste… Une série de propositions à suggérer à son suzerain pour parvenir à un accord, quand lui-même glisserait cette discussion à l'oreille de Maélyne. Plus en dire, c'était suggérer une stratégie à venir, qu'en dehors de tout accord, de toute reconnaissance, Odelian pourrait exploiter contre Serramire… Et il ne serait pas le complice de Jérôme en cela.

« Mais je ne répondrais pas davantage à vos questions… Comprenez que je ne fasse pas confiance en votre suzerain, alors évoquer de possibles stratégies qu'il pourrait détourner à son avantage, se serait un bien mauvais calcul, et une trahison de ma part. »

Qu'importe si Jérôme n'avait pas de telles intentions, il comprendrait… Ou pas, mais même dans ce cas, se serait sans importance, l'essentiel étant qu'il avait transmis ses propositions, au-delà, que Jérôme ne saisisse pas qu'en l'état, Serramire et Odélian étaient davantage des rivaux que des alliés pouvant se faire confiance… C'était une broutille.

« Vous avez maintenant des propositions à transmettre à Odélian, qu'importe ce qui découlera de vos discussions tout à l'heure, ne les oubliez pas. Pour ma part, je rapporterais, après tout ceci, notre échange à Maélyne, car la chose était pour l'heure officieuse, entre nous. »

Et une chose lui revint dans les mots de Jérôme, et il avait bien l'intention de reprendre et de le mettre face à ses responsabilités, lui si enclin à accuser les autres de tous les maux.

« Oh, et en parlant d'elle...  « Lourmel, que je pensais être mon amie se retourner contre moi »… Le lui reprochez-vous sérieusement ? Qu'auriez-vous attendu d'autre de sa part ? Qu'elle rompe son serment à Serramire et entre en guerre contre Aymeric pour vous soutenir ? Est-ce cela que vous exigez de vos amis, Jérôme, qu'ils sacrifient tout ce qu'ils possèdent pour soutenir un acte égocentrique? »

Allait-il prendre la mouche sur le terme d'égocentrique ? Ou allait-il admettre que sa manœuvre et son initiative pour récupérer Oësgard et Alonna, suscitant tout ces événements, s'était en effet fait sans une seule pensée de ce qu'il pouvait advenir, et de la situation dans laquelle il mettrait Maélyne ? Dès lors, comment pouvait-il lui reprocher d'avoir agit elle aussi dans son intérêt propre ?

« Oh et… Avant que j'oublie… Si d'aventure les propositions conviennent à Gaston, qu'il vous demande de qui elles viennent et que vous décidiez d'être honnête, attribuez les à Maélyne, pas à moi, je souffrirais d'une telle exposition et préfère qu'elle en bénéficie. Et si il tempête, épargnez la. »

Oui, il se retirait volontairement d'une éventuelle participation à ce qui pourrait être une grande page de l'histoire du Nord, mais ça n'entrait pas dans ses ambitions bien plus modestes, et risquait de bouleverser bien trop sa vie pour lui plaire… Agir officieusement lui convenait fort bien, ainsi pouvait-il demeurer qui il était en tout autre instant sans avoir à décliner la moindre offre.

« A moins que vous n'ayez vous-même un message que je devrais transmettre, je vous propose de mettre un terme à cet entraînement, et vous remercie de m'avoir permit de m'y incruster. »
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]   Jeu 23 Juil 2015 - 12:05

Roland semblait exaspéré, il voulait de la diplomatie et c'était tout à son honneur mais les faits penchaient plus sur les levées d'armes ces derniers temps. Espérons que Néera lui soit favorable et qu'elle l'entende tout en insufflant aux dirigeants des volontés moins belliqueuses. Il se méfiait également de Gaston, ce qui démontra qu'il n'avait pas pleinement foi dans ses arguments et qu'il savait, en son fond intérieur, que le conflit était une perspective.

"C'est tout à votre honneur que de vouloir une sortie pacifique à tout ce qui est en cours. J'ai bien compris votre désir mais malheureusement, il dépend du bon vouloir de plusieurs personnes. Personnellement, comme je vous l'ai dis, je n'y suis pas opposé et je pense qu'il s'agit du meilleur compromis possible."

Autant avant Jérôme était quelqu'un qui voyait toujours le positif, autant ces derniers temps, il avait tendance à tout voir du côté sombre. Il ne comprit d'ailleurs pas pourquoi, après avoir tant expliqué qu'il venait de son propre grée et que cela n'avait rien à voir avec Maélyne, il allait lui rapporté leur discussion. Enfin, si cela pouvait apaiser la dame et assainir leur relation et qu'elle redevienne comme auparavant, cela ne l'embêtait pas. Roland en vint d'ailleurs à Lourmel et à ce que le baron avait dit

"Je n'ai jamais demandé à personne de rompre un serment pour moi. Je me serais par contre attendu à ce qu'elle vienne me demander des explications ou qu'elle cherche plus à une médiation entre le marquis et moi même. Au lieu de cela, elle a levé son ban et envoyé contre moi sans rien tenter."

Jérôme avait écarté l'égocentricité que Roland avait soulevé pour s'en tenir aux faits. La déception avait été grande que de voir des amis se soulever contre lui sans même chercher à comprendre ses motivations. Il y avait certes eut des erreurs et un manque de communication certain du côté de Jérôme mais une réponse armée sans palabre lui avait paru disproportionné. Roland demanda de donner tout le mérite à Maélyne si elles aboutissaient, une preuve supplémentaire de son intégrité et de son attachement à la dame. C'était un beau geste auquel le baron acquiesça

"Je le ferais si tel est votre volonté mais je saurais que c'est grâce à vous si l'on parvient à trouver une solution sans en arriver à la bataille rangée."

La sagesse et le talent de Roland était l'une des raisons pour lesquelles Jérôme lui laissait passer autant d'écarts, de même que la rencontre était officieuse. Roland mit fin à la conversation

"Je n'ai pas de messages à faire passer non, nous verrons bien ce que ce conseil donnera. Merci pour cette leçon Roland"

En parlant de leçon, Jérôme parla autant du partage de sa sagesse que de l'entrainement qu'ils avaient eu.
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Où s'exercent les armes et les langues. [Jérôme]
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