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 Douce revanche... [pv Krish]

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Zaahrian
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MessageSujet: Douce revanche... [pv Krish]   Sam 30 Mai 2015 - 21:16

Comment avait-il fait? Lui-même ne le savait pas, mais le fait est qu’il avait effectivement réussi. Après des jours et des jours de marche à travers forêts et paysages désertiques, Zaahrian avait atteint Thaar vivant et, si ce n’était pas déjà assez bien comme ça, en un seul morceau. Comme il s’était ennuyé de l’agitation urbaine et de sa faune bigarrée et bruyante. Il n’avait pas franchi ses hautes portes qu’il sentait déjà l’odeur familière du bazar avec ses étales colorés, croulant sous les épices, la nourriture et les soieries précieuses. Malheureusement pour lui, il n’avait pas un sou à y dépenser. Il n’avait même pas suffisamment d’argent pour se payer de la nourriture. Toutefois, il était en ville et celle-ci regorgeait de possibilité d’y faire fortune. Enfin, c’est toujours plus vrai en ville que perdu au beau milieu de la forêt. Déjà, s’il réussissait à faire quelques poches ici et là, il pourrait peut-être se payer une nuit à l’auberge avec un bon repas chaud en agréable compagnie. Zaahrian s’imaginait un scénario de rêve pour la nuit à venir avec un bon bain et des huiles parfumées… Jamais il n’avait été aussi heureux de voir des gens, même si c’était une foule d’inconnu qui ignorait totalement sa présence. Rarement dans sa longue existence il s’était senti aussi seul lors de son périple jusqu’à Thaar. Il espérait que Guilin s’en sortait bien malgré la dissolution de la guilde, mais il ne devait pas oublier les raisons de sa présence ici.

En marchant dans les rues de Thaar, le visage de Djamel lui revint à l’esprit comme un fantôme qui refusait de le laisser en paix. Guilin avait tué Djamel, c’est vrai, mais il avait obéi aux ordres qu’on lui avait donnés comme le parfait pantin qu’il était. Il était fâché contre lui, mais il s’en voulait aussi de ne pas avoir pu le protéger. Le jeune homme était mort et il ne pouvait rien y changer. Toutefois, il pouvait le venger en retrouvant celui qui avait donné l’ordre de l’éliminer. Dans une ville comme Thaar, ça équivalait à trouver une aiguille dans une botte de foin, mais Zaahrian pouvait se montrer particulièrement tenace lorsqu’il avait quelque chose en tête.

Avant de trancher la gorge de quelqu’un, Zaahrian devait d’abord s’assurer qu’il avait suffisamment la force de le faire. « De la nourriture… » Il s’arrêta devant une auberge dont les portes grandes ouvertes laissaient passer les éclats de rire et d’agréables odeurs de nourriture. Son estomac protesta bruyamment, lui rappelant du même coup qu’il n’avait toujours pas d’argent et qu’il devait sérieusement s’y mettre s’il voulait son repas et son bain chaud. « Voler quelques bourses, ça ne devrait pas être bien compliqué. Je suis un assassin, mes mains sont agiles et mon sourire dévastateur! Voilà l’occasion de tester mes compétences de voleurs… » Zaahrian s’était plus ou moins fait à l’idée qu’il ne pourrait probablement plus vivre en faisant des assassinats. Travailler en solitaire n’avait pas que des avantages, malheureusement. Daeron était connu. Pour les autres, Zaahrian n’était qu’un instrument, l’extension de la main de Daeron qu’il maniait à sa guise comme… comme un pantin. Le semi-elfe soupira avant de s’engager dans une ruelle très achalandée. Impossible de passer sans bousculer quelqu’un, c’était donc l’endroit idéal pour aller à la pêche. « Allez, de la monnaie clinquante pour papa! »

Impossible de le nier, Zaahrian ne manquait certainement pas de confiance. En même temps, être trop confiant pouvait éventuellement causer des problèmes. Même dans une ville comme Thaar, le semi-elfe se démarquait du reste de la population locale. Déjà, par sa taille, mais aussi avec ses cheveux blonds et ses yeux d’un gris très pâle qui rappelait l’argent. Toutefois, Zaahrian ne l’avait peut-être pas remarqué, mais son passage en forêt ne s’était pas fait sans heurt. Il était quelque peu… ébouriffé. La fatigue brouillait les traits de son joli visage et si les regards se tournaient vers lui, certains affichaient de l’inquiétude alors que d’autres étaient franchement amusés. Ainsi, la présence de Zaahrian ne passait pas totalement inaperçue et comme le but d’un voleur et de ne pas se faire remarquer, le pauvre est bien mal parti.

Zaahrian cibla sa première victime : un homme dont la bourse pendait de façon ostentatoire à sa ceinture, le narguant avec ses courbes voluptueuses pleines de promesses. Certaines personnes ne pouvaient tout simplement pas s’empêcher d’afficher leur richesse. C’était bien le meilleur moyen pour tout se faire dérober. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à faire plus attention à l’avenir. L’elfe se faufila en sa direction comme un chat sur sa proie. Il affichait déjà un sourire de délectation, anticipant une victoire éclatante. Ses doigts étaient parcourus d’un léger picotement d’excitation et son cœur battait la chamade dans sa poitrine lui donnant presque le vertige. Au moment d’atteindre sa victime, il la bouscula légèrement.

— Oh, pardonnez-moi mon bon monsieur. Il y a tellement de gens ici qu’il est impossible de passer sans accrocher quelqu’un!

Zaahrian prenait son ton le plus avenant, déployant tout son charme à grand renfort de sourires. Il tapota l’épaule de l’inconnu alors que son autre main se glissait vers la bourse pour la lui arracher. L’astuce consistait à détourner l’attention de la victime et à être rapide.

— Ce n’est rien! Bonne fin de journée à vous!

Zaahrian inclina légèrement la tête et continua son chemin en faisant disparaitre la bourse dans le fond de son sac. Il devait se retenir de ne pas s’esclaffer de rire tant fut facile. Malheureusement, il n’avait pas fait 10 pas qu’une voix tonna derrière lui.

— Au voleur! Au Voleur! C’est lui là-bas, j’en suis certain! C’est le pouilleux d’elfe!

« Pouilleux d’elfes? », pensa Zaahrian alors qu’une multitude de regards se braquaient soudainement sur lui et que la foule s’éloignait en formant un cercle parfait autour de sa petite personne. Zaahrian n’avait que quelques secondes pour réagir. Il pouvait soit courir, soit jouer la comédie. Il choisit la seconde option. Il pivota sur ses talons en prenant un air théâtral. Ses yeux lançaient des éclairs alors qu’il toisait de toute sa grandeur l’homme qui osait, avec raison, l’accuser d’être un voleur. Ce n’était pas parce qu’il venait de lui prendre sa bourse qu’il devait l’insulter.

— Comment osez-vous, monsieur, m’accuser d’être un voleur?

L’homme le pointa du doigt, le visage rouge de colère. Zaahrian avait l’impression qu’il allait exploser sous l’effet de la rage.

— Ma bourse! Elle était à ma ceinture un instant avant que vous ne me bousculiez. Et voilà, elle n’y est plus! N’est-ce pas la tactique des voleurs de détourner l’attention des honnêtes gens avant de les dépouiller de leurs maigres possessions?

— Vous en savez beaucoup pour un homme honnête. En toute sincérité et n’en soyez pas vexé, mais vu votre corpulence, je doute vraiment que vous soyez un voleur. Vous ne devez pas courir bien vite alors que moi…

Un large sourire se peignit sur son visage et avant que qui que ce soit ait eu le temps de réagir, Zaahrian filait à toute vitesse. Il avait donc opté pour la comédie et la course à bien… C’était bien l’un des avantages d’avoir du sang d’elfe dans les veines : il était plus rapide et plus agile que la majorité des gens ici. En quelques minutes, il avait réussi à perdre ses éventuels poursuivants. Il n’avait qu’à se tenir tranquille pendant quelque temps et les gens auront tôt fait de l’oublier. En attendant, il avait bien assez d’argent pour se payer un bon repas. Au détour d’une ruelle sombre, il s’arrêta pour compter son butin. La somme était rondelette, assez pour quelques jours de confort. « Avoir su que c’était aussi facile d’être un voleur, j’aurais commencé bien avant! » Zaahrian replaça la bourse dans son sac et se dirigea vers la première auberge qui lui semblait accueillante. Les choses commençaient peut-être enfin à s’améliorer pour lui…


Dernière édition par Zaahrian le Dim 31 Mai 2015 - 10:26, édité 1 fois
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 31 Mai 2015 - 0:47

Ennui...
Forge et massage...
Forge et affaires de la corporation...
Réflexion sur ce qui s'était passé à Sol'Dorn... Puis de nouveau Ennui.

Depuis sa rencontre avec la Matrone et le Façonneur, l'émotion était redescendu bien bas... Après avoir remis ses affaires en ordre et préparé de nombreux placements à Sol'Dorn pour pouvoir profité du chaos en temps et en heure, Krish s'était enfermée dans sa forge pour lancer les premières esquisses de ce qu'elle voyait déjà comme son chef-d’œuvre... Jusqu'à ce que les deux assassins qu'elle avait récupérés pour le voyage donne d'étranges nouvelles. Daeron était introuvable... ou plutôt, Daeron n'était plus.

La première réaction de Krish avait été d'éclater de rire: un assassin assassiné... C'était plutôt cocasse de voir la fin du chasseur à l'égale de celle de ses proies.

La seconde avait été de proposé aux deux assassins qui avaient su parfaitement s'adapter et interpréter ses ordres pendant son déplacement, une place dans sa garde, sous les ordres de Widryn. L'homme avait accepté, pas la femme.

La troisième avait été formée de deux grandes questions: qui et pourquoi?

Daeron avait des relations. Plusieurs personnes influentes utilisaient ses services. Elle même avait en tête quelques noms et se serait bien gardée de poser un contrat contre ces personnes... Elle connaissait des professionnels bien avant l'arrivé de cet homme mais si elle avait choisit de lui faire un minimum confiance en ce qui concernait les contrats, c'était bien par ce qu'elle pensait que le nombre de ses mécènes lui garantirait une certaine stabilité. Il aurait fallu être totalement fou pour s'en prendre à lui alors que ses commanditaires gardaient soigneusement le statut quo entre eux. Et puis Daeron en savait trop, son assassin serait une proie de choix pour beaucoup de gens dans cette ville ou la simple perspective de récupéré quelques unes des informations de cet homme d'affaire pouvait permettre de jeter à bas des concourants d'envergure.

Cette intrigue promettait d'être moins décevante que celle qui l'avait mener à Sol'Dorn. Se cramponnant à sa curiosité, elle avait profité des séances du Conseil et de ses accointances dans les recoins les plus sombres de Thaar pour lancer son enquête... Qui fut assez rapide. Visiblement, celui qui avait perpétré ce crime ne s'était pas fait le plus discret du monde dans la profession.
Elle récupéra finalement l'information qu'elle cherchait par un autre homme d'affaire qui lui-même le tenait d'une putain qui avait su délier la langue d'un rat bas-fond qui connaissait un des protégés du défunt. Elle avait un nom et une description sommaire. Visiblement, l'homme avait quitté la ville peu après, une sage décision même si elle empêchait Krish d'espéré profiter plus avant de cette heureuse distraction. Mais plus important encore pour la comédie de paix et de calmes des hautes sphères: elle avait appris qu'il n'y avait aucun commanditaire...

Tout aurait pu s’arrêter là. Elle aurait trouvé d'autres hommes vaniteux habiles de leurs mains pour effectuer la sale besogne. Elle aurait continuer à faire des essais d'alliage et de formes pour son projet. Mais c'était sans compter sur le hasard...




La journée était humide mais la chaleur de l'été n'était pas encore définitivement tombée sur la ville et le petit matin était encore frais. Dans le quartier marchand les passages incessants sur le sol poussiéreux gardaient en suspension un nuage qui vous chatouillait le nez. Les tire-laine dansaient au milieu de la cohue, invisibles et silencieux mais Krish ne s'en inquiétait pas plus que ça. Elle devait faire vite. En retrait et restant volontairement proche des étals et des mendiants qui s’intercalaient, elle vérifia les informations qu'on lui avaient rapportées avec quelques piécettes.

Une fois assurée, repérer un guetteur pour s'assurer qu'elle était au bon endroit ne fut pas bien difficile, même si ce n'était pas son métier, on apprenait quelques tours en un millénaire. Il y en avait sûrement beaucoup d'autre par contre. Elle ne devait pas être la seule à avoir eu vent de cet affaire... Mais elle était la seule a avoir fait le déplacement en personne, elle aurait pu le parier. Les gardes ne tarderaient pas a être de la partie. Tout le monde avait intérêt à ce qu'il disparaisse avant...

Comme si de rien était, elle se dirigea vers l'enseigne et poussa la porte. Krish n'était pas particulièrement habituée à passer inaperçu. Même lorsqu'elle sortait en tant que plébéienne, son maintient, son sourire provoquant, son déhanché, son regard qui hurlait d'orgueil n'étaient jamais camouflés et elle en jouait souvent. Pourtant, cette fois, elle avait fait un effort. Habillée simplement d'un sarouel ocre et d'une veste floue aux larges poches et d'une tunique légère qui couvrait tout ce qu'il y avait à couvrir sans même essayé de le mettre en valeur, elle avait même laissé de côté la plupart de ses breloques. Ses oreilles, bien que toujours découpées comme de la dentelle, n'étaient piquées d'aucune chaîne, d'aucune boucle de métal, les marques distinctives sur son dos étaient cachées sous le tissus, aucune arme n'était visible sur sa personne, soigneusement gardées au contact de sa peau. Elle s'était même défaite de sa marque de fabrique: ses griffes d'argent. Avec ses cheveux blancs rassemblés en chignon et ses yeux rouges, elle était une drow comme les autres... Du moins tant que l'attitude ne rentrait pas en jeu.
L'auberge était étrangement plus accueillante que ce à quoi Krish s'attendait. Il était encore bien tôt et seul un pauvre type mangeait un gruau peu appétissant dans un coin de la salle. Le gérant ne fut pas bien dur à trouver. Quelques pièces et on offrait une grosse tranche de pain et de la viande séchée pour que la colporteuse qu'elle était puisse déjeuner.

Tout en mastiquant avec application quelque chose qu'elle n'avait pas eu l'occasion de goûter depuis des siècles... au bas mot, elle guettait distraitement les clients qui descendaient des chambres. Des cheveux blonds, des yeux gris, un profil étiré aux oreilles discrètement effilées... Lorsqu'enfin le visage qu'elle attendait apparu, elle fourra son quignon de pain dans sa poche et se leva. Le cirque auquel ce voleur s'était livré devant toute une foule n'avait eu lieu que la veille mais mieux valait ne pas traîner si elle voulait être tranquille.

D'un pas décidé et sans le lâcher du regard, elle arriva à la hauteur de celui qu'elle était venu voir. Elle avait gardé les mains en évidence pour éviter qu'il ne tente quoi que ce soit contre elle en interprétant mal ses intentions. Elle s'approcha plus que la coutume le voulait envers un inconnu et s'autorisa un sourire joueur.

-Si j'étais un assassin qui avait payé une chambre avec de l'argent volé aux yeux de tous, je sortirais rapidement par la porte de service avant qu'un Prince ne décide de se venger, souffla-t-elle une fois assez proche pour que que personne d'autre n'entende son avertissement.

S'ils le jouaient mal, se tirer de là en gardant cet homme en vie et l'intégrité de son anonymat pourrait être assez sportif... Mais Krish sentait son cœur battre délicieusement vite à cette idée.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 31 Mai 2015 - 3:00

Après ce vol désastreux, n’importe qui avec un peu de jugeote ne se serait pas attardé en ville et se serait éloigné le temps de se faire oublier. Ce n’est pourtant pas ce que décida de faire Zaahrian, trop heureux d’avoir enfin atteint Thaar, il n’avait certainement pas l’intention de partir aussitôt arrivé. Dès qu’il eu posé les pieds à l’intérieur de l’auberge, il demanda une chambre. Il demanda aussi qu’on lui prépare un bain, car il en avait grandement besoin. Il y passa près d’une heure à enlever la crasse accumulée pendant son crapahuta en forêt. L’eau chaude combinée à quelques herbes aromatiques eut tôt fait de détendre ses muscles endoloris et de le faire somnoler. Il eut toutes les difficultés du monde à garder les yeux ouverts suffisamment longtemps pour avaler son repas. Heureusement pour lui, personne ne vint l’embêter pendant la soirée. Évidemment, certains des habitués le regardaient du coin de l’œil, mais ils avaient cette attitude envers tous ceux qui n’étaient visiblement pas du coin. Certaines demoiselles essayèrent d’attirer son attention en papillonnant autour de lui, mais Zaahrian restait totalement indifférent à leurs attentions. Elles ne récoltaient jamais plus qu’un sourire ou un haussement d’épaules de sa part. De toute façon, Zaahrian n’était pas d’humeur à batifoler. L’assassin n’avait pas réalisé avant aujourd’hui à quel point il était tendu depuis la mort de Daeron. Ce n’était pas tant le désir d’atteindre Thaar qui l’avait motivé jusque-là que celui de s’éloigner le plus possible de la scène de crime, comme s’il craignait que le fantôme de Daeron ne le rattrape. Ridicule, ce démon devait être au cœur des orgies les plus décadentes que l’autre monde pouvait avoir.

Vidé, Zaahrian traina des pieds jusqu’à son lit où il s’écroula de tout son poids. Il dormit d’un sommeil sans rêves et s’éveilla tout naturellement à la lumière du soleil. Il se sentait nettement plus reposé, mais il avait besoin d’encore une nuit ou deux de ce genre et quelques bons repas pour récupérer totalement de son périple. S’il devait regretter une chose de la guilde, c’était la nourriture qui ne manquait jamais.

Après une toilette rapide, Zaahrian rassembla ses affaires et descendit rejoindre la grande salle pour y prendre son premier repas du jour. Il gardait toujours ses choses avec lui, par habitude. Il savait très bien qu’il pouvait être forcé de quitter les lieux rapidement et qu’on n’allait probablement pas lui laisser la chance d’aller récupérer ses effets personnels. Les gens pouvaient être très rudes parfois. Au pied de l’escalier, il fut d’abord surpris de voir autant de monde, mais il réalisa alors que la journée était en fait déjà bien entamée. Le semi-elfe avait dormi longtemps plus qu’à l’habitude. L’absence de règles strictes à respecter commençait déjà à se faire sentir. Dans la guilde, il n’y avait pas de place pour les paresseux et les lèves-tares. Les choses devenaient un peu plus souple une fois devenu assassin, car il n’était pas rare d’être forcé de rester debout jusqu’à très tard dans la nuit, mais Daeron n’aimait pas que ces protégés dépassent une certaine heure. Zaahrian n’avait plus à s’en soucier maintenant, il pouvait faire ce qu’il voulait.

À peine avait-il fait son entrée dans la grande salle que Zaahrian la vit s’approcher. Il était difficile de la manquer, en fait. Sa peau était noire comme l’ébène précieux ses cheveux avaient la couleur de la lune et ses yeux scintillaient comme des rubis. L’assassin était un romantique dans l’âme, car d’autres auraient dit qu’ils rappelaient la couleur du sang frais. Elle s’avançait vers lui, plantureuse comme n’importe laquelle drow qu’il avait connu. S’ils partageaient les oreilles pointues, l’assassin n’avait jamais eu une quelconque affinité avec les elfes noirs. À ses yeux, ils étaient terrifiants. Ils avaient en eux ce que les autres elfes n’ont pas : une force physique brute et un côté sanguinaire qui faisait d’eux des guerriers redoutables et redoutés. Aucun drow n’avait fait parti de la guilde et Zaahrian soupçonnait en fait que même Daeron n’était pas assez fou pour ce lancer dans ce genre d’entreprise. Déjà, mettre la main sur un enfant drow ne devait pas être facile. Ensuite, une fois adulte, rien ne pouvait garantir qu’il aurait pu garder le contrôle sur la créature. En cet instant, l’assassin se sentait nerveux. Elle avait le regard rivé sur lui. Son regard la balaya des pieds à la tête : aucune arme visible, mais elle n’était certainement pas désarmé. C’est un fait : les drows sont toujours armés. Zaahrian plissa les yeux et son corps se tendit comme la corde d’un arc, prêt à réagir à la moindre menace. Elle ne semblait pas particulièrement hostile, même lorsqu’elle s’approcha beaucoup trop près de lui avec ce sourire joueur aux lèvres. Ça devait être le même genre de sourire qu’il avait lorsqu’il s’apprêtait à tuer quelqu’un… sauf que là, elle n’avait pas l’intention de le tuer. C’était plutôt une mise en garde. Apparemment, son petit manège de la veille avait maintenant fait le tour de la ville. Avec le bouche à oreille, l’histoire avait un peu changé depuis. On disait maintenant qu’il avait volé cet homme sous les yeux d’une foule ébahie en lui disant qu’il était trop gros pour courir après lui de toute façon. Zaahrian haussa un sourcil interrogateur. Un rapide regard dans la pièce lui suffit pour comprendre l’ampleur de la situation. Une dizaine d’hommes le regardaient d’un air suspicieux. Ce n’était pas comme la veille où les gens étaient curieux, sans plus. Là, ils faisaient clairement des rapprochements et le voir parler avec une drow… Ce n’est pas sans raison qu’ils ont mauvaise réputation. Quatre d’entre eux avaient visiblement tiré des conclusions alors qu’ils se levaient, une arme à la main. Zaahrian fit la moue. Ses vacances venaient de prendre fin de façon abrupte.

— Casse-pied…

Il n’avait pas envie de mâcher ses mots, l’ennui et l’agacement ayant largement pris le dessus sur la crainte qu’il avait éprouvée. Le problème maintenant est que ces hommes barraient le chemin vers la sortie. Zaahrian soupira, gonflant ses joues à la manière d’un enfant énervé.

— Manuel de l’assassin, souffla Zaahrian à l’intention de l’elfe noir, quand l’accès à porte est bloqué, passez par la fenêtre. Suis-moi!

L’ordre n’était que pour la forme. Il savait très bien que cette femme allait le suivre de toute façon. Il ne se retourna même pas pour voir. Il passa par la fenêtre et couru d’abord avant de se fondre dans la foule d’un pas rapide, empruntant de multiples dédales jusqu’à atteindre ce qui semblait être un cul-de-sac. Il n’y avait personne hormis eux. Il se retourna pour faire face à l’elfe noir. Fini les plaisanteries, Zaahrian affichait une mine sérieuse, un regard glacial.

— Je ne peux pas quitter cette ville, j’ai une histoire à régler avant. Maintenant, tu vas me faire plaisir de m’expliquer comment tu sais que je suis un assassin. Personne ne le sait hormis ceux qui ont des contacts avec le milieu, ceux qui commanditent les assassinats.

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 31 Mai 2015 - 19:56

-Casse-pied…

Le sourire de Krish redoubla. Elle ne savait pas si ce charmant message lui était adressée à elle ou aux gentils-hommes qui ne tarderait pas à les attaquer, mais la réaction à la fois franche et désuète de l'assassin n'était pas franchement celle qu'elle aurait attendue d'un vil professionnel… Sans parler de la mine de poisson globe qui suivit ! Le manuel de l'assassin acheva l'elfe noire qui partit d'un grand rire en passant par la fenêtre la plus proche à la suite du semi-elfe.

Moins habituée aux parcours, elle perdit déjà quelques mètres sur son guide rien qu'au passage du premier obstacle. Elle ne manquait ni de souplesse, ni d’endurance, mais fuir n'était pas vraiment dans ses mœurs. Une fois dehors dans la ruelle, elle s'enfonça dans la foule à son tour. Sa grande taille par rapport aux humains était autant un avantage qu'un problème : facilement suivable, elle repérait facilement l'assassin aux cheveux clairs. Et elle en avait besoin… Car le bougre filait dans la foule comme si elle n'existait pas alors que Krish avait l'impression de bousculer une personne sur deux malgré ses tentatives d'esquives.

Si elle ne le perdit pas totalement après plusieurs virages, ce ne fut que grâce à la présence d'un chariot à moitié vide sur le bord de l'artère qu'elle n'hésita pas à utiliser comme tremplin. Un angle de rue plus tard, elle attrapa une étole vive sur l'étal d'un marchand. Il n'y avait de toute façon pas assez de drow pour qu'elle se fonde dans le décor, alors…

Puis les grandes voies disparurent. Les ruelles refermèrent leur ombre sur l'elfe noire. Un autre royaume ou personne ne regardait le visage de ceux qui fuyaient. Les passages devenaient de plus en plus étroits, jusqu'à un dernier tournant. Krish faillit perdre son homme un nombre de fois incalculable et avait pris un certain retard mais les dieux devaient être avec elle… En parti.

Elle déboucha dans un cul-de-sac et faillit heurter celui qu'elle suivait, visiblement à l'arrêt depuis déjà quelques instants. Le souffle un peu court, le voile rouge vif dans la main gauche, elle recula d'un pas.

-Et bien ! Même à près d'un millénaire on dirait que je tiens encore la route !

La course était loin d'être une pratique habituelle mais Krish ne s'était jamais laissé allé. Son corps était soigneusement entretenu… Et pour le coup, ça lui avait été utile pour autres choses que d'agréables batifolages !

-Tu pourrais au moins me remercier. C'est pas comme si j'essayais de t'éviter une mort lente et douloureuse sous les mains des tortionnaires les plus experts de Thaar, mais presque.

Mais malgré l’apparent détachement de la forgeronne, la réalité restait peu avantageuse pour elle et elle en avait parfaitement conscience. Elle était seule, dans une ruelle moisie en face d'un assassin entraîné qui, en plus de ne pas avoir l'air commode, avait tué l'un des maîtres de guilde les plus prometteurs de ce dernier siècle. Pour faire bonne mesure, elle croisa les mains dans son dos, à un souffle des deux dagues qui lui barraient les reins, tout en sachant que son vis à vis ne devait pas être dupe. Elle était bien plus à l'aise à la lutte.

-Beaucoup pensent que c'est un commanditaire qui a eu sa peau, et les autres en ont rien à foutre. Tout ce qu'ils veulent ce sont des informations pour jeter leurs adversaires dans la boue et Daeron avait des affaires avec beaucoup trop de beau linge pour que des documents… ou encore mieux, un témoin, tombe entre des mains expertes. Moi, je voulais savoir de quelle trempe tu étais.

Il aurait été bête de perdre un homme de talent en plus d'informations intéressantes… Mais surtout elle ne pouvait pas laisser passer une occasion en or de s'opposer aux crétins qui lui en voulaient tout en joignant l’agréable à l'utile.

-Dis-moi. Pourquoi un type comme toi prendrait le risque d’occire son propre maître alors qu'au vu de ce que t'as fait hier, tu n'as pas beaucoup d'autres options ?


Tout en parlant elle avait noué son butin autour de ses reins, histoire d'avoir les mains libres… Au cas où.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Lun 1 Juin 2015 - 1:01

Pourquoi les gens s’obstinent-ils à penser que les assassins sont tous des êtres cruels et perfides au cœur dur et totalement incapable d’éprouver de la compassion? Certes, la majorité pouvait répondre à cette description peu invitante, mais à chaque règle il y a des exceptions et Zaahrian en était la preuve. Oui, il tuait des gens. C’était son métier, la chose pour laquelle on l’avait formé. Avait-il choisi de faire ça? Absolument pas, mais le destin en avait décidé autrement. La mort était devenue une routine pour lui. Il ne la craignait pas, mais il la respectait. Il la respectait dans son inévitabilité. À tous, elle se présentera un jour ou l’autre. Pour plusieurs, ce sera sous les traits de la vieillesse, pour d’autres ce sera la maladie ou un accident et pour quelques rares élus, ce sera un assassin. Toutefois, Zaahrian refusait de rentrer dans les stéréotypes, car s’il acceptait la mort, il aimait aussi la vie. Son métier ne le définissait pas. Du moins, il déployait de gros efforts pour que ce ne soit pas le cas. Il pouvait paraître enfantin, insolent ou même idiot aux yeux des autres, mais il ne l’était pas. Son regard moqueur cachait un esprit vif qui ne laissait rien passer ou presque. Après tout, la perfection n’existe pas.

Zaahrian ne s’était pas soucié de la drow et de ce fait, il avait failli la perdre en chemin. Enfin, lorsqu’il s’arrêta dans la ruelle et qu’elle faillit lui rentrer dedans, il sut que ce n’était pas le cas. Elle semblait plutôt fière de ses propres performances. Zaahrian n’était pas particulièrement impressionné, mais la situation actuelle n’était pas propice aux commentaires déplacés.

— Vous n’êtes pas entraîné à vous déplacer rapidement dans une foule, mais vous vous défendez bien, je suppose. Vous avez ça dans le sang, vous les drows. Avec un entrainement adéquat, rien ne va vous arrêter.

Il haussa les épaules en penchant la tête de côté. La discussion sérieuse pouvait maintenant commencer. Comme s’il en avait envie! En plus, cette femme était convaincue qu’elle venait de lui sauver la vie. Il y a des gens qui se pensent vraiment au-dessus de tout ici! D’un autre côté, avec ce qui venait de se passer à l’auberge, Zaahrian savait qu’il avait merdé quelque part. Son petit spectacle de la veille l’avait mis sur la sellette et ce n’était vraiment pas ce qu’il avait voulu. Ne pouvant pas revenir en arrière, il devait maintenant se faire le plus discret possible s’il voulait atteindre son objectif.

— Bon, si vous le dites! Il courba l’échine dans un geste théâtral. Je vous en remercie.

Pendant qu’il se penchait, Zaahrian porta la main à la dague attachée à sa ceinture. Il se méfiait toujours autant d’elle. Il ne savait pas si la situation était à son avantage ou non, alors autant ne pas prendre de risque. Apparemment, elle pensait à la même chose lorsqu’elle glissa ses mains derrière son dos. C’est donc là qu’elle cachait ses armes. Vilaine fille!

— J’apprécierais que vos mains soient bien en vue. Ça m’éviterait d’être obligé d’utiliser cela.

Il agita sa dague avec un sourire aux lèvres. Il n’avait pas l’intention de l’utiliser, mais il n’avait pas non plus envie de lâcher. Cette femme aux courbes plantureuses était à sa recherche et elle avait réussi à mettre la main sur lui. Ça supposait qu’elle avait eu accès à des informations précises que peu de personnes pouvaient fournir. Il pensait aussitôt à Guilin, mais il n’était pas le seul. Daeron devait avoir des amis proches, des gens qui savaient des choses… Sur ce coup, il avait l’impression que le monde entier en savait plus que lui et c’était lui l’assassin! Mais voilà, le chat sorti enfin du sac. Elle était là à cause de Daeron.

— Aaaaah, je vois.


Zaahrian s’esclaffa de rire. Les gens donnaient à Daeron beaucoup plus d’importance qu’il ne le méritait en vérité. Ce type méritait amplement ce qui lui était arrivé. Le blondinet alla s’assoir sur le dessus d’un tonneau qui trainait là. Il balança ses jambes dans le vide d’un geste désinvolte en continuant de s’esclaffer. Apparemment, il trouvait toute cette histoire à mourir de rire. En même temps, était-il sérieux ou jouait-il la comédie? Au bout de quelques minutes, il finit par se calmer. Il braqua alors son regard sur la drow, à nouveau sérieux. Ses yeux avaient le même éclat que la dague qu’il tenait toujours à sa main : vif et froid.

— Oui, il est mort. Je l’ai tué et j’en retire une immense satisfaction. Ce n’était pas si difficile de tuer Daeron. Il était de chair et de sang comme vous et moi. Si on le coupait, il saignait. Toutefois, il fallait être rusé. Il fallait accepter de mettre sa propre vie en jeu pour prendre la sienne. Il n’était pas question de frapper par-derrière pour lui prendre son dernier souffle d’un seul geste. Non, je devais le regarder dans les yeux. Il devait me voir sans se méfier de moi… J’ai empoissonné tout l’alcool qu’il gardait dans son bureau. Il m’a servi un verre, j’en ai pris une gorgée que j’ai recrachée discrètement, mais le poison était très efficace. Mes lèvres se sont engourdies, je savais que je risquais d’y laisser ma peau. Pendant que ses muscles paralysaient, je lui ai tranché la gorge avant que mes propres mains refusent de m’obéir. Voilà comment est mort l’estimé Daeron. Croyez-moi, le monde se portera bien mieux sans lui.

Elle était la première personne à entendre sa confession. Zaahrian en retirait encore plus de satisfaction. Sera-t-elle déçue d’apprendre que Daeron n’avait pas opposé plus de résistance? Lui-même avait trouvé la chose plus facile qu’il ne l’avait imaginé. D’un autre côté, il n’aurait probablement pas fait le poids dans un combat contre Daeron. Il ne l’aimait pas, mais impossible de nier le fait qu’il avait du talent. Il l’avait vu se battre quelques fois avec une précision meurtrière dans chacun de ses mouvements. Avec son charisme naturel, il pouvait aussi comprendre qu’on ait pu l’apprécier et même l’admirer. Maintenant qu’il n’était plus, on s’intéressait à ce qu’il avait pu laisser derrière. Zaahrian s’esclaffa de nouveau.

— Je crains, malheureusement, que Daeron ait amené de nombreux secrets dans sa tombe. Il ne nous disait rien. On avait accès seulement aux informations nécessaires pour remplir les contrats. Je n’ai jamais su le nom des commanditaires même si j’ai parfois eu à faire avec eux. Là, je parle des bonnes femmes hystériques qui ont payé pour faire tuer leurs époux. Pour le reste, seul Daeron le rencontrait. Daeron distribuait les contrats selon les niveaux de difficulté et l’expérience de ces assassins. Après sa mort, j’ai été malade un moment à cause du poison. Quand je suis enfin revenu à moi, les autres assassins étaient pour la plupart partis en emportant ce qu’ils pouvaient. Guilin s’est assuré que personne n’ait accès au bureau, mais je ne peux pas promettre que certaines choses n’aient pas disparu. Est-ce qu’un assassin en cavale dans la nature a en sa possession des documents compromettants? Possible, mais je ne le crois pas. Guilin et moi, nous avons fouillé partout dans le bureau, mais il n'y avait rien hormis des livres de comptes. Beaucoup d'argent transitaient dans les mains de Daeron, mais aucune trace au manoir. Je pense plutôt que Daeron avait une cache quelque part. Il n’était pas toujours au manoir et il faisait de nombreux va-et-vient. Il est possible qu’il ait un bureau secret quelque part, peut-être ici même à Thaar! Il se peut aussi qu’il n’ait rien gardé à l’écrit et que tout soit dans sa tête. Dans ce cas, il ne vous reste plus qu’à trouver une pelle et un nécromancien et à aller l’interroger vous-même. Je vous rappelle cependant qu’il risque d’avoir du mal à parler à cause de sa gorge tranchée.

Zaahrian était particulièrement loquace, mais c’est parce qu’il n’avait rien à cacher. Il ne savait absolument rien des activités de Daeron ni s’il avait des informations cachées quelque part. Pour le blondinet, c’était une affaire classée. Si ça les amusait de courir après un fantôme, tant mieux, à condition qu’on le laisse tranquille. D’un autre côté, une petite voix lui disait dans sa tête que cette femme n’était peut-être pas la seule à être à sa recherche. En plus, si elle avait réussi à le trouver, d’autres pourraient le faire aussi…

— À quoi ça sert d’être en vie si l’on ne peut pas s’amuser? Je n’ai pas tué un chef de guilde, j’ai tué mon beau-père. Cet homme a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Il a épousé ma mère et l’a laissé crever de vieillesse seule dans son coin alors qu’il était en train de se taper des prostitués. Daeron prenait ce qui faisait son affaire. Il manipulait les gens et tuaient ceux qui se mettaient dans son chemin. Cette petite guilde qu’il s’était créée n’était rien de plus qu’un outil politique qu’il utilisait à son propre avantage. La preuve, la tête est tombée, la guilde n’est plus. J’ai beaucoup plus d’opportunités maintenant qu’il est mort. Je n’ai pas non plus l’intention de rester ici toute ma vie. J’ai entendu dire que c’était un beau bordel du côté de la Péninsule. Ils auront surement besoin d’un assassin, non?
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Mer 3 Juin 2015 - 23:44

La Forgeronne ramena laissa tomber sa veste sur une caisse éventrée, dévoilant ses bras couverts de métal puis ramena ses mains bien en vue avant de les croisés devant elle avec un sourire carnassier, faisant plus ou moins involontairement pigeonner son décolleté. Des bracelets cuivrés mais ternes, assez peu élégants enserraient ses avant bras presque jusqu'au coude, seules parades qu'elle aurait face à un coup de dague trop rapide... Mais de toute façon, elle doutait que cela lui soit vraiment utile. Si elle portait ce genre de défense, c'était plus parce que le contact du métal lui aurait manqué autrement.

-En cas de confrontation nous y passerons tous les deux. Moi je cracherai un dernier souffle tremblant sous l'assaut d'un d'un assassin aux yeux d'acier, toi tu seras brisé par les... dispositions que j'ai prises avant de m'aventurer dans cette auberge. Ma fin sera nettement plus poétique... et vide de sens j'en conviens.


Le nom et la description de tous les assassins qui avaient travaillé pour elle étaient prêts à être envoyés au Conseil des Princes marchands et aux autorités exécutives de la cité. Celui de ce Zaahrian, bien qu'elle rencontre pour la première fois, était en tête. Mais ce type l'intriguait.

Au début, Krish avait trouvé cet assassin drôle, vivant, provoquant, farouche. Intéressant en somme. Tout au contraire de ceux qu'elle aimait embaucher, il était facilement reconnaissable et avait son petit caractère. Puis il avait commencé le récit de son exploit... Et elle avait opté pour la stupidité. Quelle autre réaction devant un homme qui expliquait par le menu ses méfaits à une étrangère tout en clamant qu'il l'avait fait en son propre nom ?

Mais la raison était bien plus banale que cela. Une Vengeance. Les dents blanches de la drow tranchaient sur sa peau noir d'encre en un sourire encore plus expressif. En tant qu'Eldéenne, elle ne pouvait qu'être sensible à ce motif. Elle se souvenait d'un temps ou elle avait été portée par la vengeance et la volonté de posséder plus, de se défaire d'un caquant trop lourd pour une passion trop grande. Maintenant qu'elle avait tout ce qu'elle voulait, elle se souvenait de cette flamme avec avidité... Quant à tuer son père, combien de fois en avait-elle rêvé avant d'atteindre ses 90ans ?

-Honnêtement : cet homme peut être la pire des raclures perverses et sadique que cette ville ait abritée, j'en ai rien à faire. C'était une raclure compétente qui savait se faire discret dans les affaires, contrairement aux guildes les plus reconnues. Je pensais qu'il était assez intelligent pour garder les pieds sur terre... et la tête sur les épaules. Mais tu semble avoir une bonne raison de l'avoir regardé mourir... et j'aime ton style.

Grandiloquent, poétique, dramatique à en donné le frisson. Aucun doute, ce garçon aurait été foutrement doué au théâtre. Krish s'était demandé un instant si lié l'âme de Daeron ne serait pas une bonne idée... Mais ça serait surement une perte d'argent et de temps pour rien.
Tout en parlant, elle dénoua ses cheveux blancs, les laissant cascader librement dans son dos jusqu'à ses reins. Puis elle se baissa pour tirer les jambes de son pantalon hors de ses bottes.

-Par contre, pour les opportunités, laisse mois en douté. Un de tes condisciples m'a dit que tu étais introuvable récemment. Tu n'es sûrement pas revenu pour le plaisir de te faire couper une main pour vol ou tué par un tas de timbrer. Ce qui veut dire que tu cherches quelque chose.

Son sarouel tomba à terre, laissant ses jambes nues sous la jupe que constituait le voile vert récupéré à la sauvette. Elle le récupéra et le balança dans la caisse avec sa veste avant de faire de nouveau face à l'assassin.

-Bon. La mort de Daeron est moins épique que je ne l'espérais. Mais tu es doué, ça je ne peux pas en douter. J'ai actuellement un problème en suspend avec quelques assassins... Et j'aurai besoin de quelqu'un pour m'apprendre quelques petits trucs. Voilà ce que je te propose. En attendant de partir pour ton grand voyage pour la Péninsule, tu m'apprends les bases de ton métier, à repérer les autres assassins, à déjouer leurs pièges et tu n'aura plus à te préoccuper des commanditaires en colère ou de cette histoire de vol rocambolesque. Ou tu peux continuer à errer de taverne en place marchande pour t’entraîner à faire les poches des passants, à toi de voir.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Ven 5 Juin 2015 - 0:13

Sous ses vêtements, cette femme cachait bien des secrets et il ne parlait pas de ces formes voluptueuses qui le laissaient plutôt indifférent en fait. Non, c’est plutôt les protections cuivrées qui remontaient sur ses bras qui attirèrent l’attention de l’assassin et le firent sourire à son tour. Une protection bien futile devant une lame déterminée, mais qui pouvait peut-être lui faire gagner quelques précieuses secondes et peut-être même arrêter une lame maladroite. Une femme ne craignant pas pour sa vie ne se serait pas embarrassée inutilement de tels objets et Zaahrian comprit alors qu’il avait devant lui quelqu’un de suffisamment important pour qu’on paie quelqu’un pour la tuer. Il n’en fallait pas plus pour capter son attention, mais c’était aussi une raison suffisante pour discrètement surveiller les alentours.

— Être tué par un assassin est un honneur en soi, quand on y pense. Quelqu’un te déteste assez pour dépenser une somme ridiculement élevée pour te faire disparaître alors qu’il pourrait très bien le faire lui-même. Bon, après il faut être prêt à vivre avec les conséquences, surtout si les autorités s’en mêlent, mais le fait de passer par un assassin n’élimine pas tous les risques. Même que si un assassin se fait prendre, s’il est assez intelligent, il va dire tout ce qu’il sait. Il n’y a aucun code d’honneur qui tienne face à une mort imminente. Les nobles cœurs vous diront peut-être le contraire, mais je n’en suis pas un.

Un sourire éblouissant se dessina sur ses lèvres. Non, il n’était pas du côté des gentils, mais il n’était pas non plus du côté des méchants. Il était de son propre côté. Avant toute chose, il pensait d’abord à lui. Zaahrian évitait autant que possible les situations peu avantageuses pour lui, sans pour autant toujours y parvenir. La vie étant imprévisible, il ne pouvait pas dire avec certitude de quoi sera fait demain. Actuellement, son but premier était de rester en vie tout en achevant sa vengeance. Lorsque l’homme qu’il recherche sera mort, la boucle sera officiellement bouclée et il pourra passer à autre chose en sachant très bien qu’il restera toujours un assassin.

— Je n’ai jamais dit que Daeron était un idiot. Au contraire, il était mortellement intelligent et il planifiait minutieusement chacun de ses faits et gestes. Malheureusement pour lui, il n’a jamais envisagé que sa plus grande menace pourrait venir de l’intérieur. Il m’avait en haute estime. Guilin et moi étions ces meilleurs assassins. Il nous envoyait remplir les contrats les plus délicats sans douter aucunement de nos capacités. Vous n’avez aucune idée des victimes qui sont tombées sous ma lame ou sous les flèches de Guilin…

Son sourire était rempli d’une fierté meurtrière. Il aimait croire que dans son palmarès, tous les titres de noblesse y étaient passés à l’exception d’un roi. Jusqu’à maintenant, jamais il ne s’était attaqué à la monarchie, mais il espérait secrètement que ce jour viendrait. Malheureusement, sans guilde pour l’encadrer, il doutait fortement que cela arrive. Il n’était plus qu’une lame solitaire connue de quelques rares personnes. Sa notoriété était morte avec Daeron, mais ce n’était pas sans espoir. Il avait gagné sa liberté et elle était plus précieuse que tout.

— J’ai été envoyé à Thaar il y a quelque temps pour un contrat. Jusque-là, ça n’a rien de vraiment étonnant vu qu’il m’est souvent arrivé de voyager d’un bout à l’autre de l’Ithri’Vaan pour remplir des missions. Toutefois, les choses ne se sont pas exactement déroulées comme prévu et je suis ici pour retrouver le commanditaire de ce contrat. Dès que je l’aurai trouvé, je vais le tuer. Il faut voir cela comme le point final à cette épopée vengeresse. D’abord Daeron, puis cet homme. Toutefois, question de rendre cette situation encore plus compliquée, je n’ai pas la moindre idée de qui ça peut bien être. Je peux seulement supposer que cette personne se trouve bien en ville.

Zaahrian ne savait rien de ce commanditaire, mais il avait peut-être une petite idée pour le retrouver. Pour cela, il devait impérativement aller parler à la famille de Djamel. Évidemment, ce n’était certainement pas une chose à laquelle Zaahrian pensait être confronté un jour. En même temps, il ne pensait pas non plus se rapprocher autant d’une de ces victimes… Il ne pouvait quand même pas se présenter là-bas en révélant son identité. Ils allaient, à coup sûr, le prendre pour le responsable de la mort de Djamel alors qu’il avait essayé de lui sauver la vie.

Devant lui, la Drow commença à se déshabiller. Elle avait déjà enlevé sa veste, mais maintenant le pantalon s’écrasait à ses pieds dévoilant des jambes fuselées. Qu’essayait-elle de faire? De le séduire? Elle pourrait se mettre complètement nue devant lui que ça le laisserait totalement indifférent. À la limite, il était possible qu’il éclate de rire, mais rien de plus. Les femmes ne l’intéressaient pas. Celles qu’il avait eues dans sa vie étaient soit sa mère, soit des monstres sanguinaires. Il n’y avait pas beaucoup de femmes dans l’ordre, mais elles étaient toutes réputées pour leur tempérament explosif et leur penchant pour la cruauté gratuite. Zaahrian avait assisté une jeune apprentie pour son meurtre initiatique. La pauvre victime, un gamin qui n’avait pas passé les tests, avait été éventrée par la jeune fille. Zaahrian se souvenait encore du garçon essayant de retenir ses tripes qui sortaient de la plaie béante, hurlant de douleur le visage couvert de larmes. Il avait été obligé d’intervenir, forçant l’apprentie à finir son travail et vite. Plus tard, elle avait essayé d’enivrer Zaahrian afin de coucher avec lui. Depuis, il avait tout fait afin de garder un maximum de distance entre elle et lui.

Quoi qu’il en soit, si cette femme avait une idée en tête, ce n’était pas de coucher avec lui. En fait, elle révéla assez vite qu’elle avait besoin de quelqu’un comme Zaahrian. Sa vie était menacée par des assassins. N’étant pas nécessairement initiée à leurs méthodes de travail, elle désirait maintenant que Zaahrian lui apprenne les bases afin de pouvoir se protéger contre les éventuelles attaques. L’assassin sourit. Il voyait là une occasion qu’il ne pouvait pas se permettre de manquer. Évidemment, il avait ses conditions. Il quitta son perchoir pour se placer devant la drow, les mains sur les hanches.

— C’est d’accord, mais à une seule condition : je veux être payé. J’ai besoin d’argent pour rejoindre la péninsule et c’est sans parler des nuits à l’auberge et de la nourriture le temps que je serai ici. J’aimerais aussi en apprendre un peu plus sur vos problèmes avec les assassins. C’était des membres de la guilde? Dites-moi leurs noms, je les connais tous. Le moindre détail pourrait vous sauver la vie et je suis très sérieux.

En effet, le sourire de Zaahrian avait disparu pour laisser place à une expression très sérieuse, voir soucieuse. Il lançait de fréquents regards derrière la drow ainsi que sur les murs qui bordaient la ruelle. Un assassin pouvait facilement frapper en s’élançant d'un toit. C'est ce qu'aurait fait Zaahrian si c'était lui qui traquerait la drow...
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Sam 6 Juin 2015 - 0:19

Un contre dix ? Vingt ? Peut-être plus ? En tout cas Krish était presque sûre de pouvoir compter les personnes qui n'auraient même pas esquissé un haussement de sourcil surpris en la voyant se changer dans une ruelle sombre.
Mais ce manège n'était absolument pas une tentative maladroite de séduction. L'art et la manière d'obtenir ce que l'on veut, elle l'avait appris une petite éternité auparavant et ce n'était certainement pas en se défroquant dans une ruelle sordide qu'on arrivait à ses fins.. Enfin du moment que ce qu'on recherchait n'était pas une culbute bas de gamme dans une ruelle sordide. Par contre, si elle avait remarqué une chose au cours de sa longue vie et de ses milliers de sorties incognito en ville, c'était que les gens ne se souvenaient pas des visages, surtout quand ils étaient drows. Pour les autres races il fallait croire qu'ils se ressemblaient tous. Cheveux blancs, peau sombre yeux rouges fort caractère : un drow. Alors il suffisait de changer un peu d'accoutrements et personne ne faisait le rapprochement entre Krish Al'Serat, Princesse Marchande millénaire et les autres noms qu'on lui donnait. Et cela valait aussi pour les gardes et les guetteurs qui en avaient après Zaahrian.

Ils avaient vu un assassin se sauver, suivit par une sombre sans le sous, de taille moyenne, à la peau noire, aux cheveux blancs, yeux rouges et vêtue d'habits communs : une drow parmi tant d'autres. Personne ne pouvait se permettre d'arrêter tous les drows du secteur pour les interroger. Personne n'arrêterait une femme altière portant une robe, des armes de maître et des protections sur-mesure... Et elle avait horreur de passer inaperçu.

Tout en remontant légèrement sa tunique pour faire tourner les sangles qui retenaient ses dagues afin qu'elles reposent sur ses hanches, Krish apprit mine de rien une information fort intéressante... Surtout si elle était vraie. Le meilleur Assassin de Daeron... Elle était presque dégoûtée à l'idée qu'il n'ai jamais rencontré le meilleur élément de cette petite guilde. Mais vu la grandiloquence du personnage, elle attendrait de le voir à l’œuvre pour en juger.

La deuxième chose que Krish nota soigneusement fut la raison avouée de la présence de cet homme. Trouvé un commanditaire. Accomplir une Vengeance... Encore. Elle fut tentée de lui demander qui était la cible de ce commanditaire... mais si elle s’apercevait que c'était elle qui avait ordonné sa mise à mort, ça aurait gâché le plaisir. Vue comment il avait commencé sa tuerie, ce bonhomme aux cheveux blonds risquait bien d'être difficile à arrêter.

A la place de poser sa question, elle sourit à la réponse positive que venait de lui donner l'assassin. Il acceptait sans discuter autre chose que ses gages. Son attitude avant changée du tout au tout, sérieuse et professionnelle. Il était sur la brèche, attentif à tout ce qui l'entourait. La Forgeronne avait même intercepté quelques coups d’œil qu'il lançait aux toits pour une raison mystérieuse.

-L'argent, l'argent toujours l'argent... Que dirais-tu d'être logé, blanchi et nourri jusqu'à ton départ ? Une chambre à vous, près d'une sortie discrète dans le quartier le plus riche de la Haute-ville. Trois repas par jours à ta convenance. Personnel à ta disposition si tu le souhaites. Tous les abrutis qui te courent après sauront que tu es sous ma protection et une fois tes affaires finies, toi et les informations que tu n'as pas aurez le droit à un allé simple pour la Péninsule en invité de marque sur un bateau de marchandise.

Elle s'amusa à observer la réaction de son vis-à-vis pendant un instant avant de finir sans lui laisser le temps de répondre.

-Mais pour mon problème, je doute que tu les connaisses. Pour faire simple, une guilde d'assassin drows est arrivée à Sol'Dorn il y a peu dans le but de réformer la ville. Je suis en affaires avec eux, les conflits sont toujours d'excellentes affaires, mais lors de ma dernière rencontre avec leur Matrone, elle m'a mise hors de moi et je lui ai promis que je ferai d'elle ma putain. Elle pourrait avoir intérêt à m'envoyer quelques-uns de ses hommes, ne serait-ce que par Vengeance. D'ailleurs, avant que j'oublie, un de tes condisciples a accepté d'entrer dans ma garde personnelle lorsqu'il a appris le démantèlement de ta guilde. Kemart... Fern... Misha... non... Je sais plus... Bref un humain passe partout avec un regard morne et un sacré don au lancé de couteau.

C'était Widryn qui avait été contente de récupérer un sous-fifre doué dans les affaires discrètes. Les mercenaires avaient beau être bons dans leur domaine, ils manquaient souvent de subtilité.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 7 Juin 2015 - 3:11

Zaahrian n’avait peut-être pas sourcillé en voyant la femme se dévêtir à demi devant lui, mais il lui fut nettement plus difficile de cacher sa surprise devant sa proposition de paiement. Pas d’argent, mais tout le nécessaire à son confort pour le temps qu’il travaillera avec elle. C’était bien beau tout cela, mais il y avait quelque chose de pas net. Elle devait être une femme bien riche et puissante pour proposer ce genre de chose. De plus, même si c’était très tentant, à l’instant où son contrat sera terminé, Zaahrian se retrouvera sans le sou ce qui n’améliora pas sa situation actuelle. Il avait besoin d’argent. C’était d’autant plus vrai lorsqu’il entendit la raison pour laquelle elle voulait avoir Zaahrian comme professeur particulier. Une guilde d’assassins drow, vraiment? Il devait la protéger contre ça? C’était quoi l’idée d’aller insulter la Matrone? Les conflits sanglants sont monnaie courante chez cette race et il savait que ce n’était jamais bon de se retrouver mêler d’une façon ou d’une autre à tout cela. Malheureusement pour lui, même s’il n’avait pas officiellement scellé le contrat encore, le simple fait de se retrouver en sa compagnie faisait de lui un complice. Au moins, il connaissait l’assassin qui était resté au service de la drow.

— Risf… Selon la description que vous m’en faites, c’est Risf. Un des seuls humains qui travaillaient pour Daeron. Je l’ai connu, il n’était qu’un enfant. En effet, il est doué avec les couteaux et s’il est resté avec vous, c’est qu’il n’a pas la moindre idée où aller. Il a besoin de quelqu’un qui lui donne des ordres. Toutefois, vous ne comprenez pas. Dès que je vous aurai sauvé les fesses, mon contrat sera terminé et je me retrouverai les poches vides. Ce n’est pas avantageux pour moi, surtout que vous me demandez de vous protéger contre une guilde d’assassins drow. Le niveau de difficulté vient d’augmenter sensiblement. Vous savez, Daeron n’avait pas d’assassin de votre race sous son commandement et il y avait probablement une très bonne raison pour ça.

Lorsqu’il parfait affaire, la personnalité de Zaahrian changeait complètement. Il était sérieux et tenait à ses positions. Cette femme allait lui donner de l’argent ou il la laissait se débrouiller tout seul. Toutefois, elle devait lui répondre et rapidement, car il était de plus en plus nerveux. C’était au point où il finit par s’approcher d’elle suffisamment prêt pour lui souffler à l’oreille.

— Je vais vous donner une petite leçon gratuite. S’il y a une vérité universelle chez les assassins, c’est qu’ils sont paresseux. Ils vont tout faire pour éviter les combats au corps à corps dans lesquels ils sont généralement désavantagés. Oui, ils sont légers et rapides, mais ça veut aussi dire qu’ils ne sont pas aussi puissants et endurants qu’un guerrier. Pour tuer quelqu’un, ils vont s’arranger pour le prendre par surprise en arrivant par-derrière, par les airs ou même en dessous s’ils le peuvent. Ils n’attaqueront pas de face à moins d’y être forcés ou que l’assassin soit un idiot ayant un peu trop confiance en lui. La majorité des assassins vont utiliser des armes à distance, car elles ont l’avantage de donner quelques précieuses secondes supplémentaires pour la fuite.

Zaahrian vit une ombre passer pendant une fraction de seconde seulement. Il n’était pas certain de ce qu’il avait vu. C’était peut-être un chat ou un oiseau, mais ça pouvait aussi être un assassin ayant trouvé sa proie et qui s’apprêtait à frapper le moment voulu.

— Maintenant que vous savez ça, je vous rappel que nous sommes dans une ruelle étroite, entourée de hauts murs, que c’est un cul-de-sac et qu’il y n’a aucun témoin à part moi. Ai-je besoin de vous faire un dessin? J’ai vu une ombre sur le mur, je ne sais pas ce que c’est, mais je ne veux pas le savoir. Maintenant, vous allez prendre vos affaires en restant le plus calme et le plus naturel possible. Vous avez un endroit à couvert que nous pouvons rejoindre? Vous allez marcher devant moi. La raison est simple : comme je l’ai dit plus tôt, ils n’attaqueront pas de face et en étant derrière vous, je pourrai vous protéger contre d’éventuels projectiles. De plus, s’ils m’abattent, le temps qu’ils réalisent leur connerie, vous pourrez partir en courant. Eh oui, je suis dévoué comme ça! En fait, à la seconde où je vous ai parlé, je me retrouvais impliqué à vos petites histoires, n’est-ce pas? On y va et on ne traine pas!

L’assassin avait bien l’intention de rester en vie pour quelques années encore et il n’allait pas laisser une drow et ses histoires l’en empêcher. Lorsqu’ils seront en sécurité, ils pourront reprendre leur petite discussion et elle sera peut-être plus disposée à le payer en argent.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Jeu 11 Juin 2015 - 23:06

Krish leva un sourcil en entendant l'assassin refuser son offre.

-Parce que tu penses que tes gages te paieront plus qu'une chambre avec serviteurs, nourriture et draps de soie et la traversée en cabine de luxe de trois ou quatre ennéades jusqu'en Péninsule ? Et je te demande pas de sauver les fesses de qui que ce soit. Un seul assassin face à une Dothka... Je veux bien croire que tu n'es pas mauvais, mais quand même ! Je te demande de m'apprendre à sauver mes propres fesses.

Oui, on pouvait dire que l'estime que portait Krish a ses capacités était sans bornes. Mais elle avait l'habitude d'avoir ce qu'elle voulait et elle voulait apprendre à déjouer les ruses des assassins. Rien de plus simple en somme.
D'un autre côté, en parlant affaires, l'attitude du semi-elfe avait totalement changé. Krish aurait pu jurer voir de la nervosité s'installer sur son visage sérieux. Cette situation le mettait mal à l'aise alors qu'elle même était bine plus calme qu'en l'attendant à l'auberge. Vu sa manière de parler, il craignait vraiment les drows... Ce qui eu le don de tirer un franc sourire à l'elfe sombre. Blasé, théâtral, vengeur et raciste ? Elle aurait pu tomber plus mal.

Cependant, lorsqu'il s'approcha à son tour pour souffler, la main de la forgeronne s'approcha très rapidement de l'une des lames qu'elle avait dévoilées... Mais son geste fut arrêté avant qu'elle n'ait atteint son but.

— Je vais vous donner une petite leçon gratuite.

-Pas si avide que ça alors... dit-elle avait qu'il puisse continuer.

Malgré ses piques, elle ouvrit toutes grandes ses oreilles. Paresseux, c'était noté. Enfin pour elle c'était surtout un principe de rentabilité. Un assassin mort était un assassin inutile donc autant garder sa propre vie quand on faisait commerce de celle des autres. C'était un principe que les maîtres esclavagistes comprenaient souvent mieux que les maîtres assassins paradoxalement.
Le regard de l'assassin changea soudain de direction, comme s'il était concentré sur quelque chose que lui seul pouvait voir. S'il tentait de jouer la grande scène du professionnel, il ne s'en tirait pas si mal. S'il craignait vraiment une attaque... C'était qu'il était plus paranoïaque qu'elle ne l'aurait cru... Quoi que...Un assassin qui frapperait à ce moment précis aurait un coupable tout désigné. Un autre meurtre sur les épaules de ce drôle de blondinet. Personne ne remettrait ce fait en doute et Wik se ferait sans doute une joie de faire en sorte que le corps de sa Maîtresse soit retrouvé aussi mort que possible.

Sans se départir de son sourire, Krish combla tout à fait la maigre distance qui les séparait encore pour poser un rapide baiser sur les lèvres de l'assassin.

-Quel galant-homme. Prêt à mourir pour moi avant d'avoir reçu le moindre sou.
Souffla-t-elle avant de reculer d'un pas. Si un jour on te paye pour me tuer, ou si c'est déjà fait, sache que je préférerais que celui qui m'ôte la vie me regarde dans les yeux. Oublie le couteau dans le dos dans mon cas.

Elle avait prononcé la seconde partie de sa tirade sur un ton détaché mais son regard rouge ne laissait pas la place au doute, elle était sérieuse. Elle aurait pu dire « souvient toi que je peux toujours payer le double. », mais ça aurait été mal la connaître... et sûrement un peu vantard. L'idée de la mort ne la gênait plus. Elle préférait la donner que la recevoir, certes, mais le risque était tellement exaltant... Elle n'avait pas ressentit ce danger depuis des années.

-Suivez la guide.

Elle tourna le dos à Zaahrian et se mit en marche sans plus s'en préoccuper, une habitude flagrante des gens habitués à être escortés. Après leur petit spectacle et avec tous les guetteurs qui devaient encore traîner dans le coin, mieux valait ne pas s'éterniser dans la rue. Mais les endroits vraiment sûr seraient loin. Pour mettre hors de course la plus grande partie de leurs ennuis, autant choisir un lieu qui était revendiqué par quelqu'un d'influent. Deux choix s'offraient à elle : se rendre dans une boutique de sa corporation ou les clients manqueraient peut-être ou dans un certain endroit jugé par beaucoup comme bien moins fréquentable, mais qui avait l'avantage d'être en général, assez bien fourni en témoin. Elle opta donc pour la seconde option.

De sa démarche chaloupée, elle se fraya donc un chemin dans la foule, gardant à l'oeil les mains des passants qui s'approchaient un peu trop, poussés par les remous. Il leur fallut de longues minutes pour arriver à destination. Tout était là : lanterne et enseigne discrète. Inutile de faire du rabattage, ici on connaissait son affaire. C'est donc sans le moindre gène que Krish poussa la porte des Trois-Sœurs, un bordel sous la garde reconnue des Salougan. Un assassin de la Dothka ne risquerait pas de faire capoter les plans de sa maîtresse en attirant les foudres d'un Prince Marchand pour avoir tué une femme importante dans l'un de ses bordels.

Pas de musique, juste une légère odeur d'encens qui refroidissait et une douce fraîcheur. La gérante, une femme à la poigne solide, les accueillit malgré l'heure matinale. Elle loucha d'abord sur l’accoutrement de la forgeronne, ses jambes, son maintien régalien, son air provoquant et vaniteux... Puis sur ses armes et l'homme qui la suivait.

-Navrée, bonne gens, mais mes filles ne travaillent pas à cette heure. Revenez ce soir et nous serons ravi d'assouvir vos désirs.

-Je ne serais pas contre, mais pour l'heure, nous avons besoin d'une chambre.

Plongeant de façon assez inattendue la main dans sa botte, Krish en tira une toute petite pochette sous l'œil étonné des spectateurs. Sans même y jeter un coup d’œil, elle la tendit à la gérante qui l'ouvrit, suspicieuse. Ses yeux s'arrondirent légèrement alors qu'elle apercevait de petites gemmes de couleurs diverses.

-Et vous pourrez vous venter à votre propriétaire d'avoir attiré Krish Al'Serat jusqu'à vous. Cela fait longtemps que je ne l'ai vu.

Les yeux de la femme restèrent neutres, visiblement habituée au gratin, mais elle acquiesça. Le message était clair. Elle referma bien vite la bourse et la glissa dans son corsage avant d'afficher un sourire aussi chaleureux que le permettait le paiement qu'elle venait de recevoir. Avec toute la bonhomie de Thaar, elle guida ses deux hôtes à travers les couloirs. Krish demandait nonchalamment ses préférences à son compagnon. Après tout, c'était lui le professionnel et s'il préférait une chambre disposée en haut ou dans les caves, il avait sans doute raison.

Enfin la porte se referma sur eux après que la gérante ait demandé à l’éphèbe qui y logeait d'en sortir. L'endroit était confortable. Évidemment, seul coin pour s'asseoir... entre autres, un lit outrageusement bien placé tendait les bras aux visiteurs, mais ils n'étaient pas là pour cela. Enfin cela n’empêcha pas la drow de se laisser tomber comme une gamine sur le matelas, les bras en croix. Elle se laissa même allé à pousser un soupir d'aise avant de donner quelques explications.

-Très bien ! Si quelqu'un me tue ici, cela posera un tas de problèmes. Étouffer l'affaire ne serait pas un problème mais j'ai des arrangements avec quelques membres du Conseil de Thaar et ils savent que mon successeur dans les affaires ne les respectera pas forcément. Ceux qui en ont après moi n'ont donc aucun intérêt à se les mettre dos. C'est toi l'expert mais je pense que nous sommes tranquilles pour l'instant.

Krish croisa les jambes en s'asseyant sur le rebord lit et replongea son regard dans celui du demi-elfe, retrouvant un air presque sérieux comme si tout ce qui se déroulait était parfaitement normal et habituel.

-Soyons clair, tu n'es en rien une cible. La Dothka a beaucoup à faire à Sol'Dorn et ne perdra pas un seul de ses hommes pour chasser un confrère qui m'a croisé une fois. Je ne suis même pas sûr qu'elle tentera quoi que ce soit envers moi pour l'instant. Tu comptes vraiment marchander une offre aussi généreuse de ma part ?


Même dans la ruelle, Krish n'avait pas vu l'Ombre que Zaahrian avait discerné. Danger réel ou fantasme, elle n'était pas plu avancé maintenant qu'alors. Mais un peu plus en sécurité, l'assassin serait peut-être plus enclin à revenir sur ses conditions...
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Sam 13 Juin 2015 - 20:24

La garder en vie ou lui apprendre à se garder elle-même en vie, la différence était plus rhétorique que pratique pour Zaahrian. Il devait quand même lui enseigner ses techniques d’assassin et le temps qu’il sera avec elle, tout pouvait arriver. Il est vrai qu’il n’était probablement pas dans les projets de la guilde, mais si la dame ici présente se faisait tuer, il ferait un coupable de choix. Ainsi, il avait tout intérêt à être un excellent professeur, même si ce n’était pas vraiment sa vocation première. Heureusement pour tout le monde, il avait effectivement participé à la formation des jeunes apprentis dans le temps de la guilde. Zaahrian savait ainsi comment s’y prendre. Si la drow se révélait être une élève attentive, elle avait peut-être une chance de s’en sortir vivante.

— Hum, je ne plante jamais un couteau dans le dos. Je tranche la gorge ou j’empoisonne ma victime. Parfois, je fais même les deux. Quoi qu’il en soit, j’en prends bonne note. Si jamais on me demandait de te tuer, je prendrais un verre à ta santé en te regardant mourir empoisonné question de savourer toute l’ironie de la situation.

Il aurait bien aimé s’amuser un peu plus longtemps, mais il n’y avait pas de temps à perdre. Il avait peut-être mal vu. C’était tout à fait possible, mais Zaahrian ne tenait pas particulièrement à aller vérifier. Parfois, il vaut mieux ne simplement pas prendre de chance inutile et écouter son instinct. Jusqu’à présent, cette méthode lui avait plutôt bien servi. La preuve : il était encore en vie malgré tout. La drow semblait exactement où aller, ce qui était une bonne chose compte tenu du manque de connaissance de Zaahrian sur cette ville. Il était capable de se repérer, mais peut-être pas avec la même efficacité que sa cliente. À sa grande surprise, elle les amena directement à un bordel. Malgré ce que l’on pourrait croire de Zaahrian, ce n’était pas le genre d’endroit que fréquentait habituellement le semi-elfe. Trop de femmes, vous voyez? La matrone à l’accueil ne semblait pas particulièrement ravie de les accueillir à une heure aussi hâtive, mais la drow savait comment s’y prendre pour convaincre les gens. Pour le coup, l’assassin la laissa faire. Ça lui permettait aussi d’observer le comportement général de la femme. Tout comme lui, elle ne manquait pas d’assurance et elle n’hésitait pas à jouer sur son physique pour obtenir ce qu’elle désirait. Apparemment, elle était connue même si Zaahrian n’avait jamais entendu parler d’elle avant aujourd’hui. Peut-être que son nom avait été glissé lors d’une conversation précédente, mais ce n’était pas le genre de détails auquel il prêtait une grande importance à moins d’être à la recherche de quelqu’un en particulier.

Les petites manigances de la drow fonctionnèrent enfin et la matrone accepta de leur donner une chambre. Alors qu’ils s’y rendaient, elle lui demanda ses préférences en matière de logement.

— Une chambre dans un donjon avec des murs épais et des gardes en armure. S’il n’y en a pas de disponible, je vais prendre une chambre dont les fenêtres donnent sur la rue achalandée question qu’il soit difficile d’y grimper sans risquer d’attirer l’attention. Un bordel, vraiment? Si vous voulez qu’une information soit connue de tous, il faut venir dans un bordel. Les filles jacassent, les clients écoutent et puis répètent. En quelques jours seulement, la ville entière est au courant. Je suis certain que cette matrone sait tout ce qu’elle a à savoir sur tous les hommes importants de cette ville.

La chambre était déjà occupée par un magnifique jeune homme. Il fut expulsé sans plus de cérémonie par la matrone et Zaahrian le regarda sortir, pensif. La drow ne perdit pas son temps et alla aussitôt s’installer sur l’unique lit de la chambre. Il y avait bien un fauteuil, mais il paraissait nettement moins invitant. Ça allait poser problème au moment de dormir. Au pire, il ira tenir compagnie au jeune homme qui venait de sortir en lui racontant des histoires abracadabrantes sur sa vie d’assassin.

— Oh, c’est toi qui connais tes affaires et les arrangements que tu as avec les gens importants de cette ville, pas moi. Les histoires de politicaillerie ne m’intéressent pas. Je tue les gens qu’on me dit de tuer. Ensuite, les conséquences que ça aura, je m’en moque. C’est les autres qui doivent les gérer, je ne suis qu’un instrument.

Zaahrian se laissa tomber sur le fauteuil et étira ses longues jambes en soupirant.

— Booooon, d’accord. J’imagine que je n’ai pas d’autre choix que d’accepter cette offre tellement généreuse que dès que le contrat sera terminé et que mes fesses seront sur la péninsule, je pourrai me remémorer la nuit quand je dormirai à la belle étoile, le ventre vide, car je n’aurais pas d’argent pour m’acheter à manger que j’aurai au moins été servi une fois dans ma vie par des serviteurs torse nu! Ça me sera d’un doux réconfort.

Un large sourire se dessina sur ses lèvres. L’ironie transpirait dans sa voix et il en était parfaitement conscient.

— Sérieusement, j’accepte l’offre. Je peux toujours me faire de l’argent en faisant autre chose. Tant qu’à être dans un bordel, je pourrais peut-être envisager de vendre mon corps. Apparemment, les semi-elfes ont la cote!

Zaahrian aimait bien s’amuser. Souhaitons maintenant que la drow apprécie son sens de l’humour, car il était loin d’avoir terminé. En même temps, s’il semblait ne rien prendre au sérieux, ce n’était pas le cas. Il aimait cependant que les gens le sous-estiment. Ils cessaient alors de s’en préoccuper et il pouvait alors frapper au moment où ils s’y en attendaient le moins.

— Donc, je dois t’apprendre à repérer les assassins et à te défendre contre eux… C’est ironique, car les assassins sont formés pour frapper avant que la personne ait le temps de se défendre. C’est une tâche ardue que tu me proposes là. Au fait, ça te dérange que je laisse tomber le vous? Je ne suis pas du genre à m’embarrasser dans les règles de politesses inutiles. Bref, par où je commence? Les assassins sont de gros paresseux, ça c’est déjà dit. Les assassins aiment bien grimper partout, c’est déjà dit aussi… Bon, bon, bon.

Zaahrian sauta sur ses pieds, dague à la main.

— Allez, debout, c’est le temps d’une petite leçon d’autodéfense : identifier les endroits vulnérables et comment déjouer un coup porté à ces points!
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 14 Juin 2015 - 15:40

Un donjon avec des murs épais et des gardes... Elle notait. Si le manque de fenêtre et la présence d'outils dangereux et de métal chauffé à blanc n'était pas un problème, alors sa chère forge pouvait bien être l'un des endroit les plus sur pour elle. Bien ! Et bien il ne lui restait plus qu'à trouver un bon projet pour se tenir quelques années et la Dothka ne serait qu'un lointain souvenir.

En tout cas, les réflexions de l'assassin l'amusait. Elle hésitait à le classer dans la catégorie des imbéciles ou des divas. Cependant, après le changement d'attitude auquel elle avait assisté dans cette ruelle, faisait nettement pencher sa raison.

-Et sûrement de la plupart des femmes importantes également. Dès demain ceux qui cherchent à te mettre la main dessus sauront que nous étions ici ensemble. La moitié d'entre eux penseront que tu es mon amant, et la moitié la mieux renseigner que tu a accepter un contrat pour moi. Dans quelques jours, la rumeur aura fait son office. Ils sauront que c'est moi qui ai fait assassiner Daeron pour récupérer des informations et tu redeviendras un pion doué parmi d'autres dans leur petite tête.

Elle n'avait même pas attendu que la porte soit refermée pour répondre à Zaahrian. De toute façon, cette version serait exportée, modifiée, essorée esquintée, retournée, répétée et déformée. L’important était qu'ils soient dans un endroit qui pouvait à la fois sauver la tête de Krish et donner une certaine protection à l'assassin.

Peut-être que ne pas être directement menacé par un environnement hostile le radoucissait mais Krish eu la surprise de l'entendre finalement accepter sa proposition sans marchander plus que ça. Bien, ça lui éviterait d'avoir à le payer en bonne et due forme. Elle sourit à pleines dents pour répondre à son ironique attaque.

-N'est-ce pas ! Goûter au luxe est la meilleure façon de trouver l'ambition nécessaire à l'atteindre soi-même. Mais entre nous, je te déconseille les bordels. Les semi-elfe ont la cote mais avec la part des propriétaires, tu n'auras à peine de quoi t'acheter un manteau chaud pour l'hiver péninsulaire... Et les beaux jeunes hommes vigoureux ne sont pas les clients les plus réguliers.

Krish n'était sûre de rien. Mais elle avait cru apercevoir un regard appuyé sur le jeune homme qu'ils avaient plus ou moins chassé de la pièce. Si c'était le cas, il faudrait qu'elle surveille Wik le temps que l'assassin passerait chez eux.

— Donc, je dois t’apprendre à repérer les assassins et à te défendre contre eux…

Aussitôt, Krish focalisa son attention sur son professeur du moment.

-C’est ironique, car les assassins sont formés pour frapper avant que la personne ait le temps de se défendre. C’est une tâche ardue que tu me proposes là. Au fait, ça te dérange que je laisse tomber le vous? Je ne suis pas du genre à m’embarrasser dans les règles de politesses inutiles.

-Parce que tu m'a vouvoyé jusque là, peut-être ? Ricana la drow

-Bref, par où je commence? Les assassins sont de gros paresseux, ça c’est déjà dit. Les assassins aiment bien grimper partout, c’est déjà dit aussi… Bon, bon, bon.

Au moment au Krish notait mentalement que ce type avait définitivement un grain, il sauta sur ses pieds. Ses dagues produirent un chuintement à peine perceptible lorsque leur fil passa contre le bord du fourreau. Un son lourd. Du bête acier. Pratique, efficace... Mais sans aucun style. Le tranchant devait être souvent affûté pour ne pas perdre de son efficacité et l'arme assez lourde pour sa taille.
Par réflexe, Krish amorça un mouvement pour plonger sur le côté avant que la voix de Zaahrian la détrompe sur la nature de ce geste. Elle lui lança un regard aigu.

En un instant elle était sur ses pieds, une dague dans la main droite, à l'équerre comme un surin, le poing gauche en garde pour dévier un potentiel coup avec son brassard. A quand remontait son dernier combat ? Un siècle ? Deux ? Trois ?
En théorie elle était loin d'être une néophyte. Dans la pratique par contre... Ses premières leçons étaient bien loin et si on avait un jour voulu faire d'elle une guerrière, ça remontait à plus de 900 ans. Elle s’entraînait, pratiquait la lutte plus que régulièrement... Mais elle espérait juste ne pas être trop rouillée en situation réelle. Depuis cette affaire aux frontières de la Nanie et ces quelques problèmes en Aduram, l'eau avait coulé sous les ponts.

Immobile, assez proche de son adversaire, très basse sur ses appuis, déformation de lutteuse pour une plus grande stabilité et des réactions plus difficiles à parer, son cœur commençait à accélérer un peu. Toute son attention était tendue vers Zaahrian, attendant de voir sa façon de bouger pour tenter riposter.

-Alors ? Qu'attendez-vous de moi, maître ?
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Lun 15 Juin 2015 - 22:26

Cette femme avait décidément de la suite dans les idées. Zaahrian ne pouvait être qu’impressionné et, autant l’avouer, elle gagnait son respect ce qui le rendait plus enclin à remplir sa tâche correctement. Elle abattait ses cartes avec l’assurance d’une dame qui avait plus d’une fois jouer à ce jeu. Espérons simplement qu’elle ne se fasse pas prendre à son propre jeu. Être trop confiant rendait parfois négligent et c’était dans ce temps-là que les erreurs pouvaient devenir dangereuses et même fatales. Ainsi, non seulement la drow était intelligente, mais elle était aussi une fine observatrice. Les préférences de Zaahrian étaient-elles dévoilées au grand jour? Pour le semi-elfe, ça n’avait pas une réelle importance. Il ne faisait pas exprès pour se dévoiler, mais la nature est plus forte que tout.

— Hum, les gens vont penser que je suis votre amant, peu importe ce qu’il arrive. Les gens sont de grands romantiques et ils ont du mal à croire qu’un homme puisse travailler pour une femme sans être intéressé. Croyez-moi, les histoires lubriques à notre sujet ne tarderont pas à circuler.

Zaahrian garda le silence quant à ses préférences, mais qui ne dit mot consent. Cette femme devait être suffisamment intelligente pour ne pas s’en formaliser. De toute façon, ça ne changeait rien à sa façon de travailler. Zaahrian avait une étique de travail qui l’interdisait de coucher avec un client. Bon, il avait couché avec une de ces cibles, mais personne n’était à l’abri d’une erreur de parcours. C’était justement pour cette raison que Zaahrian était à Thaar, mais la drow n’avait pas besoin de le savoir à moins que ça ne vienne qu’à interférer avec la tâche qu’elle lui avait confiée.

La réaction de la femme lorsque Zaahrian bondit sur ses pieds, arme à la main, ne pouvait que l’amuser. Avait-elle pensé qu’il allait l’attaquer? Un grand sourire apparu sur son visage.

— Quel réflexe, c’est charmant! Au moins je sais que nous ne partons pas de rien. Tu te tiens bien basse ce qui veut dire que tu dois être particulièrement emmerdante au corps à corps. Tu as fait de la lutte, n’est-ce pas? Viser les jambes pour faire perdre l’équilibre à l’adversaire, c’est efficace. Deux petites choses à savoir cependant avant d’aller plus loin. Premièrement, si j’avais voulu te tuer, tu serais morte depuis longtemps. Je ne traine jamais à la tâche. Deuxièmement, si tu veux attaquer parce que tu sens ta vie en danger, fais-le sans hésiter. De bons réflexes, oui, mais il y avait de l’incertitude, une brève hésitation qui m’aurait laissé une belle fenêtre pour te tuer. N’oublie-pas, c’est ta vie qui est en jeu. Ne pense pas aux dommages collatéraux. Aie confiance en tes habiletés, en toutes circonstances.

Il jeta sa lame sur le fauteuil et posa ses mains sur ses hanches. Évidemment, il fut particulièrement flatté quand la dame l'appela maître.

— Maitre? J'aime ça! Bon, on n’aura pas besoin de ça. Un accident est si vite arrivé, n’est-ce pas? Toute blessure est potentiellement mortelle. Je n’étais encore qu’un jeune enfant à l’époque, mais lorsque ma mère et moi voyagions avec ces marchands itinérants, l’un d’eux a accidentellement marché sur un vieux clou rouillé. C’était une blessure désagréable, mais personne ne s’en est formalisé. Il est mort moins d’une semaine plus tard emportée par une fièvre foudroyante. Évidemment, quand l’objectif est de tuer quelqu’un pour le tuer, on veut s’assurer de ne lui laisser aucune chance. Voici donc les points à privilégier. Premièrement, il y a le cou.

Il porta les mains à sa propre gorge.

— Il y a deux façons de s’y prendre : percer ou trancher. Certains vont privilégier la première option en pensant limiter les dégâts, mais le sang gicle pareil quand on retire la lame. Il faut viser autant que possible le côté, soit à la base du cou, soit près de la mâchoire. Si tu mets tes doigts à cet endroit, tu vas sentir ton cœur battre sous la peau. Ensuite, trancher… Le mot le dit, tu ouvres la gorge d’un seul mouvement en faisant attention d’y aller profondément. Si la coupure est trop superficielle, la victime pourrait s’en remettre si elle est soignée rapidement.

Zaahrian s’était transformé en parfait instructeur. Il était assassin depuis plusieurs années déjà et il savait de quoi il parlait. Il mélangeait sa propre expérience avec ce qu’il avait observé avec au fil des années afin de donner toutes les informations nécessaires permettant à la drow de rester en vie.

— Ça peut sembler un jeu d’enfant, mais ce ne l’est pas. Déjà, c’est une partie du corps plutôt restreinte comparativement au torse et qui n’est pas nécessairement facile d’accès. Quand on tient la tête droite, le menton se met dans le chemin. C’est pourquoi un assassin va passer le bras autour de tête de sa cible pour la ramener vers l’arrière et dégager l’accès. Il peut tirer les cheveux aussi… Bref, peu importe comment il s’y prend, le résultat reste le même. Il faut savoir que l’action se déroule très rapidement. La victime n’a pas le temps de réfléchir qu’elle est déjà morte. Comment s’en protéger alors? Premièrement, tu pourrais envisager le port d’un collier massif. Ça ne va pas te protéger totalement, mais ça va compliquer les choses. Ensuite, il te faut développer les bons réflexes. Si quelqu’un t’attaque par l’arrière, il ne faut pas chercher à le frapper, tu ne vas pas y arriver, il va te tuer avant ça. Il faut protéger ton cou en encaissant la première attaque. C’est là que tes jolis bracelets entrent en jeu. Tu remontes les épaules autant que possible et, surtout, tu ramènes les bras devant toi, les poings à la hauteur de ton menton et les coudes collés. Avec ces protections, tes bras devraient prendre le choc sans que sois blessé. Ensuite, tu peux le frapper. Je privilégie le coup de coude dans l’estomac ou la ruade, tu prends ton arme et tu te retournes pour le frapper, comme ça.

Pour illustrer ses propos, Zaahrian fit mine d’être attaqué vers l’arrière en faisant exactement ce qu’il avait décrit. Se protéger, puis frapper son adversaire imaginaire d’un grand coup de coude avant de se retourner sa main décrivant un grand arque ce cercle comme s’il essayait de blesser quelqu’un avec un couteau. Le tout avait été très rapide.

— Comme je l’ai dit, tout se passe très rapidement. Il te faudra être plus rapide que ton agresseur. Donc, pas de place au doute ou à l’hésitation. Si tu meurs, au moins t’auras essayé de sauver ta peau. Juste que là, ça va? Je continu ou tu veux essayer de pratiquer ce que je viens de faire?

La transformation qui s’était opérée chez Zaahrian pourrait peut-être sembler étrange. D’abord grandiloquent, il était maintenant très sérieux et appliqué dans son enseignement. Il avait accepté le contrat. Sur sa parole d’honneur, il allait le remplir jusqu’au bout.
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Mar 16 Juin 2015 - 21:53

La réaction conditionnée de l'elfe noire eut l'air de beaucoup amuser l'assassin... Mais il avait raison. Elle s'était interrompue au lieu d'aller a bout de son geste. Jamais son père n'aurait laissé passer ça... et elle non plus dans un lointain passé. Elle se serait simplement retrouvée avec un lame dans le ventre et quelques coups supplémentaire pour qu'elle s'en souvienne. Le temps de ses leçons était décidément bien loin... Et puis qu'est-ce qu'elle s'en fichait de son père. Il était mort avant même qu'elle devienne Maîtresse des Forges.

Même si cela lui arrachait les entrailles, elle ignora l'air amusé du semi-sylvain et acquiesça à son conseil. Cet homme savait ce qu'il faisait au moins et elle avait des cours en retard. Elle ne put s'empêcher de faire quand même bonne mesure en ajoutant, à moitié sérieuse :

-Si ma vie m'a appris une chose c'est que les envies changent. Ce n'est pas parce que tu ne veux pas me tuer maintenant que tu ne le feras jamais. Mieux vaut que je garde ce genre de réflexe, et même que je les améliore comme tu l'as si bien fait remarquer.

Mais elle ne dissimula pas sa surprise en le voyant jeter son arme. Pourtant il avait remarquée qu'elle était formée à la lutte. Il pensait la battre même ainsi ? Mais ce qui la surpris le plus fut son explication. Une infection...

-Je ne savais pas que les sang-mêlés étaient sensibles aux maladies et aux toxines comme leur parent humain...
 souffla-t-elle pensivement.

ça pouvait être important à retenir... Mais tout de suite, l'attention de Krish fut encore ramener sur l'assassin. Le cou. Percer ou trancher. Aussi salissant l'un que l'autre. Dans les deux cas : ne pas hésiter a avoir la main lourde et précise. A chaque fois qu'il décrivait ou montrait une position, elle tentait de la reproduire pour que son corps en comprenne les subtilités et puisse les retrouver plus rapidement. Certains conseils faisaient tinter des clochettes parmi ses souvenirs d'enfance. Cette arène où elle avait reçu tant de coups, cette voix glaciale qui lui expliquait chacune de ses erreurs en lui faisant ressentir son échec. Elle était si concentrée qu'elle oubliait même de se mettre en avant, de jouer un rôle. Son visage avait perdu toute expression supérieur, agressive, ennuyée ou amusée. Elle ne s'attendait pas à une première leçon si tôt mais c'était loin d'être pour lui déplaire. Elle voulait apprendre et au vu de la dureté de ses précédent maîtres, que ce soit pour l'art de la guerre ou celui de la forge, elle apprenait vite. Apprendre vite c'était mettre d'autant plus de chance de son côté pour survivre.

Malgré ses entraînements à la lutte, ce que lui avait enseigné son père sur les assassins et leurs méthodes avait sûrement évolués. Après tout en un cycle, beaucoup de choses avaient changée et c'était bien là un sujet sur lequel elle avait pris du retard. Il ne lui restait plus que l'incroyable résistance à la douleur, physique comme mentale, et l'habitude de maintenir son corps en pleine condition quoi qu'il arrive.  

Coude près du corps, poings levés, elle n'avait même pas attendu que Zaahrian lui demande si elle voulait pratiquer pour prendre la position de base. Le visage froids, les yeux brillants de concentrations, elle tenta, au ralenti d’exécuter le geste. Tout en sachant qu'il était imparfait, elle était incapable trouver ce qui clochait. Tourner ainsi le dos à son adversaire sans être en contact avec lui n'avait rien de naturel pour elle.  Une fois. Deux fois. Trois fois. Et toujours son dernier coup n'arrivait pas à prendre d'ampleur. Elle avait l'impression de se déséquilibrer elle même, comme si en se retournant, son propre dos limitait le mouvement de son bras et lui faisait perdre la cadence.  

Après le troisième essaie, elle se retourna vers le semi-elfe.

-Remontre-moi.

Il ne lui serait même pas venu à l'esprit de lui demander une correction sur ses propres mouvements. L'enseignement qu'elle avait suivit était ainsi fait : regarde une fois pour prendre connaissance, deux fois pour comprendre, trois fois pour retenir. Si au bout de trois ce n'était pas intégrer, tu étais mauvaise et tu n'avais plus qu'à t'entraîner seule le temps qu'il fallait pour comprendre par toi même. Une heure, un jour, un an. Avec pour seul explication une remontrance quand ce n'était pas parfait. La capacité d'apprentissage et la clairvoyances sont les plus belles choses qui soient, car c'est ce qui différencie un bon à rien d'un héros. Un crève la fin d'une Maîtresse des Forges. Un cadavre d'une personne bien vivante.

HRP:
 
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Jeu 18 Juin 2015 - 21:24

Zaahrian évitait généralement de tuer les gens sans avoir une bonne raison de le faire. À moins d’être approché avec une offre qu’il ne puisse pas refuser ou découvrir que c’était elle le commanditaire qu’il recherchait, il n’avait aucune raison de vouloir passer à l’acte. Oui, il tuait pour de l’argent, mais ça ne voulait pas dire qu’entre deux contrats, il tuait des gens pour ne pas perdre la main. Ainsi, à moins d’un revirement de situation majeur, elle était en sécurité avec lui.

— Oh non, il était humain. Ma mère était humaine, c’est mon père qui ne l’était pas. J’étais le seul semi-elfe du groupe et donc un objet de curiosité même si les sangs mêlés ne sont pas si rares que ça. Pour l’information, je ne sais pas du tout qui est mon père. C’est l’un des nombreux secrets que ma mère a emportés dans la tombe. Je ne suis malade que de façon exceptionnelle. J’ai survécu à certaines choses qui en ont tué d’autres. En réalité, j’étudie encore les limites que me donne mon sang de bâtard. Daeron m’en a déjà parlé, mais comme je ne lui fais pas confiance, je préfère faire mes propres recherches.

Le semi-elfe était ravi de trouver chez la drow une élève aussi attentive et discipliner. Il ne pouvait pas en dire autant pour tous les autres apprentis qu’il a eus sous son aile. Généralement, ils étaient tellement terrifiés à l’idée de mal faire qu’ils faisaient des erreurs. Pour être un bon assassin, il faut avoir une parfaite maîtrise de ses émotions. Se laisser emporter par ses passions pouvait se révéler fatal. La vie de la drow était en danger, mais ça ne l’empêchait pas de faire preuve d’un grand calme et d’une discipline à toute épreuve. Zaahrian l’observa attentivement lorsqu’elle entreprit de pratiquer le mouvement enseigné. Elle avait du mal, surtout pour la rotation. Malgré tout, elle refusait de laisser tomber et lui demanda même de lui montrer à nouveau.

— Ton assaillant t’attaque par-derrière. Il faut que tu te retournes pour lui faire face. Ce que je t’enseigne n’est pas la méthode absolue que tu dois absolument suivre. Libre à toi de l’adapter selon tes forces et tes faiblesses tout en respectant l’idée de base. L’important, c’est de bloquer la première attaque. Ensuite, la façon dont tu vas riposter…

Il haussa les épaules.

— Si tu te sens plus à l’aise avec le combat au corps à corps, tu peux lui envoyer ton plus puissant coup de botte à la tête. Tu peux aussi, sans te retourner, dégainer tes armes et essayer de le percer en frappant ainsi.

Zaahrian fit mine de dégainer ses armes avant d’envoyer ses bras vers l’arrière pour frapper une cible invisible.

— Comme tu gardes tes armes dans ton dos, ça pourrait être une bonne idée. Il n’aura pas le choix de s’éloigner. Ça te donne le temps nécessaire pour te retourner et l’ouvrir du nombril jusqu’au menton.

L’après-midi passa ainsi alors que Zaahrian enseignait et modifiait ses techniques selon les habiletés propres à la drow. Après un moment à essayer différentes variantes, ils trouvèrent enfin une technique de riposte qu’elle maîtrisa totalement. D’autres auraient peut-être perdu patience, mais le semi-elfe n’est pas difficile avec ses élèves. Il se proposa de jouer l’assaillant pour mettre en pratique la technique en situation réelle, mais sans les armes, évidemment. Il n’avait pas envie qu’elle lui ouvre le ventre et il espérait que cette femme ait encore besoin de lui pour ne pas se permettre de le perdre dès la première journée.

Lorsque Zaahrian ne put esquiver un coup de pied au ventre et qu’il se retrouva plié en deux sur le sol à essayer de reprendre son souffle, il décida que la leçon était terminée pour aujourd’hui. Il resta un bon moment à ouvrir et fermer la bouche bêtement comme un poisson hors de l’eau jusqu’à ce que l’air retrouve enfin le chemin jusqu’à ses poumons dans un bruit de chuintement. Il se releva alors péniblement, une main sur son ventre qui irradiait encore de douleur.

— Quand j’ai dit de ne pas avoir peur de me frapper, j’aurais peut-être mieux fait de spécifier qu’il n’était pas nécessaire d’y mettre toute ta force. On arrête pour aujourd’hui. Je pensais continuer avec les attaques frontales et les coups portés au cœur, mais ça ira à un autre jour.

Le blondinet s’approcha de la fenêtre. Le soleil était sur son déclin, la journée tirait à sa fin. Le temps avait passé si vite. Il n’avait rien remarqué tellement il était concentré à sa tâche. Il s’assit sur le bord de la fenêtre pour regarder son employeur, les bras croisés sur sa poitrine. Son visage avait pris une teinte rouge vif lorsqu’elle l’avait frappé. Il commençait à reprendre une couleur normale.

— Alors, tu es satisfaite? Personnellement, je t’ai trouvé doué et appliqué quoique peut-être un peu dur envers toi-même. Je ne sais pas comment se passe l’éducation guerrière chez les drows, mais l’échec ne semble pas être une option. Je suis convaincu que si je restais avec toi suffisamment longtemps, je pourrais faire de toi un véritable assassin.

Il se frotta les mains comme s’il considérait la chose comme particulièrement intéressante, voire amusante. Il quitta le bord de la fenêtre pour se planter devant l’unique miroir de la pièce.

— Ça t’embête que je te laisse seule pour quelques heures? Je dois aller à la chasse à l’information et rien de mieux qu’un bordel pour faire ça. Je serai en bas en cas de problème. Je ne sais plus si je te l’ai dit, mais je cherche quelqu’un et les filles ont peut-être entendu parler de quelque chose. Si je fais un peu de charme, les langues vont peut-être se délier.

En parlant, Zaahrian s’employait à soigner son apparence. Il arrangea vaguement ses cheveux blonds qui tombaient sur ses épaules et apporta quelques ajustements à ses vêtements. Il n’avait pas besoin d’en faire beaucoup. Il avait cette beauté sauvage propre aux elfes avec ce petit quelque chose d’humain qui rendait son visage expressif. Satisfait parce qu’il voyait, il attrapa sa bourse volée et se dirigea vers la porte d’un pas rapide.

— Bonne soirée! Pas de bêtise là!

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 21 Juin 2015 - 20:33

De répétition en petits combats, Krish ne vit pas passer l'après-midi. Et une certitude s'imposait à elle : elle était diablement rouillée ! L'assassin bougeait vite et, lui, était visiblement au top de sa forme. Il parait tous ses coups sans problème apparent. Il paraît même les coups qu'elle voulait retord ! Il ne lui fallut aussi que quelques heures avant de commencer à comprendre comment adapter ses techniques pour que Krish puisse les intégrer à son propre style. Elle en profita pour travailler particulièrement sur son jeu de jambes souvent à la traîne niveau puissance et coordination. Après tout, elle était forgeronne, pas coureuse de fond.

Il fallut des heures et des heures pendant lesquelles elle s'était forcé à y aller sans retenue pour avoir une chance de le frapper, mais quand elle sentit son pied s'enfoncer dans l'estomac de son adversaire, elle en fut presque étonnée. Il lui fallut quelques secondes pour sortir de sa concentration et qu'un immense sourire fleurisse sur ses lèvres... Mais pour une fois, elle eut la décence de ne pas éclater de rire à la vue de son enseignant à terre. Un des rares respects qui lui restait encore... parfois.

-On doit en être à 1 contre 354 et tu t'effondres ? Une pointe d'ironie dans la voix.

Elle le laissa se relever seul. Lui tendre la main aurait été marquée sa faiblesse avec condescendance. Il s'approcha lentement de la fenêtre et jeta un coup d’œil au-dehors. Son anxiété du début de la journée semblait avoir disparu et son visage reprenait doucement une teinte plus... Viable.

-Satisfaite ? Je ne suis jamais satisfaite, c'est un principe. Et guerrier ou non, l'éducation est le seul don qui ait de la valeur. Alors autant l'honorer. Si tu trouves que je suis trop dur envers moi-même, je ne m'étonne plus que les guerriers étrangers soient si faciles à défaire.

Mais malgré sa réflexion peu engageante, Krish accueillit la dernière réflexion de l'assassin assez pensivement. Elle ? Un assassin. Après tout, c'est ce à quoi elle était vouée dès sa naissance... Elle avait refusé cette voie et voilà que c'était ce même enseignement qui allait peut-être lui sauver la vie. Il y avait quelque chose de terriblement ironique dans tout cela. Quoi qu'il en soit, même si sa véritable voie était déjà trouvée et bien entamée, ce petit extra n'était pas forcément une mauvaise idée. Elle en reparlerait peut-être à l'occasion, quitte à suite ce drôle de bonhomme en Péninsule, ça lui changerait les idées.

— Ça t’embête que je te laisse seule pour quelques heures?

-Va, vole et fais-toi du bien ! Moi, j'ai besoin d'un bain avant d'aller voir s'il y a quelque chose à me mettre sous la dent. Si tu reviens avant l'aube... Pas la peine de frapper.

Encore une fois, son regard rouge était sans équivoque, autant à propos de ce qu'elle voulait se « mettre sous la dent » que de ce que l'assassin risquait en poussant la porte. Mais si c'était juste pour coucher avec des gens qui étaient à ses ordres, elle avait sûrement mieux chez elle… Et elle n'en avait pas plus envie que ça pour l'heure. C'était étrange comme avec le temps, on attendait une certaine qualité de ce genre de chose... Et c'était sûrement pour ça que voir les mouvements souples et fluides de cet homme durant leur entraînement la rendait curieuse.

Comme si le simple fait de prendre en compte les remarque de quelqu'un d'autre pendant quelques heures lui avait redonner un peu de la rigueur qu'on lui avait inculquée au Puy, elle attendit que Zaahrian ait disparu avant de détacher les cheveux qu'elle avait gardés noués pendant l’entraînement et d'aller prévenir la patronne qu'ils partiraient le lendemain, comme si le bordel où elle avait passé l'après-midi était une simple auberge.

La suite de la soirée fut bien plus relaxante que la journée. Un bain bouillant aux effluves entêtantes la débarrassa de la sueur et délassa ses jambes mises à rude épreuve. La jolie créature aux oreilles pointures qui avait été envoyée pour lui frotter le dos devait avoir du sang drow dans les veines. Elle se révéla également une masseuse du premier ordre. Les muscles de la forgeronnes se détendirent un a un sous ses doigts… si bien qu'ils finirent par se tendre d'une toute autre manière.

Lorsque l'employée quitta la pièce, la soirée n'était pourtant pas finie, loin s'en fallait. Nue entre les draps, seule dans la chambre, son corps pesant lourdement le matelas, Krish soupira d'aise… Puis de dépit en pensant à l'alliage qui l'attendait dans sa chère forge et qu'elle ne pourrait pas taquiner avant le lendemain. Les bruissements de la vie et de l'amour craquaient autour d'elle dans la bâtisse comme les crépitements d'un feu lointain. Elle aurait pu descendre, trouver une autre compagnie un peu plus sportive. Mais elle n'en avait aucune envie. Ce lit était bien trop grand et confortable.

L'esprit aussi engourdi que le corps, elle roula sur le ventre, le drap tout juste jeté sur son dos mille fois balafré. En sombrant dans le sommeil, elle eut deux dernières pensées. La première : que si elle devait mourir dans son sommeil, au moins c'est qu'elle aurait bien dormi. Et la seconde, comme toutes les fois où elle fermait les paupières : « Un de plus. »
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Mar 23 Juin 2015 - 21:36

Tsss, Zaahrian ne s’était pas effondré, il avait simplement fait son galant en la laissant gagner. Une femme, pour la garder de bonne humeur, il faut parfois lui donner ce qu’elle veut au risque d’essuyer une crise. Le coup de pied dans l’estomac lui semblait bien plus facile à gérer que les débordements émotifs du sexe féminin, drow ou non. Évidemment, ça n’avait rien à voir avec la réalité des évènements. Il avait bel et bien été déjoué par la Drow suite à une riposte particulièrement adroite de sa part, mais comme Zaahrian était terriblement orgueilleux, il préférait modifier les faits à sa convenance. Il s’abstint cependant de lui en faire la remarque. Ce petit jeu de qui est le plus fort pouvait durer très longtemps et il avait d’autres plans en tête pour la soirée naissante. Ce petit épisode deviendra simplement une de ces histoires issues de la réalité, mais largement altérées pour lui donner le bon rôle.

— Ils sont faciles à défaire, car tu es déjà physiquement plus forte qu’un homme ordinaire. Dans un combat entre un humain et un drow, ce dernier part avec un net avantage. Toutefois, ça ne veut pas dire qu’il va automatiquement gagner. Personne n’est à l’abri d’un coup de chance. C’est pour cela qu’il ne faut jamais sous-estimer son adversaire.

Le semi-elfe était donc libre pour la soirée et toute la nuit si ça lui chantait. En fait, il n’avait demandé la permission que pour la forme, car il serait parti même si elle lui avait dit non. Si l’envie de l’attacher devait passer par la tête de la femme à la peau sombre, il faut savoir que Zaahrian n’a rien de la victime complaisante et qu’il peut être particulièrement chiant quand il s’y met.

Le bordel s’était éveillé de sa torpeur diurne pour commencer ses activités. Les filles et les jeunes hommes se préparaient à recevoir leurs clients alors que les premiers envahissaient déjà le salon. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas tous les clients qui couchent avec les prostitués. Certains ne recherchent qu’un peu de compagnies et préfèrent boire une bonne bière fraichement brasser avec une jeune femme accrochée à son bras qui lui donne l’impression de plaire et d’avoir de l’importance. C’est ce que Zaahrian avait l’intention de faire. L’idée était de s’installer dans le salon, raconter ses histoires tout en restant attentif à ce qu’il allait entendre. Évidemment, son arrivée dans l’aire commune provoqua un certain émoi chez les filles qui n’ont pas toujours droit à des clients aussi séduisants que le semi-elfe. Rapidement, il fut entouré d’un petit harem qui buvait littéralement chacune de ses paroles à grand renfort de gloussement et de clin d’œil langoureux. Plus les esprits s’échauffaient, plus les mains se faisaient baladeuses et certaines réussirent à se faufiler là où il ne voulait pas. C’est à ce moment que l’un des éphèbes de la maison, celui-là même qu’ils avaient sorti du lit plus tôt ce matin se fraya un chemin jusqu’à Zaahrian pour l’embrasser langoureusement. L’alcool lui montant déjà à la tête, il ne fit rien pour le repousser. Quelques filles abandonnèrent l’idée de passer la nuit avec lui, mais certaines restèrent, étrangement émoustillées par le spectacle.

Le jeune homme resta à ses côtés, s’employant à ne jamais laisser le verre de Zaahrian vide. Bière, eau de vie et vin, jamais il ne laissa de répit au semi-elfe qui buvait encore et encore sans faire le moindre effort pour l’arrêter. Il est plus probable qu’il ne s’en rendait même pas compte. Les conversations s’échauffèrent. Zaahrian parlait fort, racontant ses exploits à qui voulait les entendre. Il était probablement celui qui mettait le plus d’ambiance, au point d’en oublier qu’il n’était pas à proprement parler dans une taverne. Ce cirque dura jusqu’à très tard dans la nuit. En fait, il ne restait que quelques heures avant l’aube lorsque Zaahrian décida qu’il était peut-être temps d’aller dormir. Il était dans un tel état à cause de l’alcool que les quelques retardataires se demandèrent, avec raison, comment il faisait pour tenir encore debout.

La chambre qu’il occupait avec la drow se trouvait tout en haut d’un escalier et au bout d’un couloir étroit. Zaahrian ne se souvenait pas que l’escalier eût été aussi haut et abrupt. Il resta un moment à évaluer l’ampleur de la tâche et ses chances de succès. Il n’avait pas posé le pied sur la première marche qu’il réalisa à quel point il était peu probable qu’il se rende jusqu’en haut. Cette perspective le fit glousser de rire.

— Besoin d’aide?

Zaahrian tourna la tête pour croiser le regard du jeune homme avec qui il avait passé la soirée. Il était appuyé nonchalamment contre le cadre de porte et regardait le blondinet avec un sourire à la fois séducteur et amusé.

— Oh! Faut qu’j’monte l’escalier. Là… tu vois… escalier. Un escalier avec beaucoup d’marches pour rien.

— Oui, escalier. Tu es complètement saoul.

Un grand sourire fendit le visage de Zaahrian qui gloussa de rire.

— Tsss… j’chui pas saoul. Je tiens sur mes pieds… j’suis pas saoul, regarde!


Zaahrian lâcha la rampe et leva les bras dans les airs avec une exclamation victorieuse. En fait, lui-même semblait se demander comment il venait de faire ça. Il n’avait pas besoin de se tenir à la rampe, mais il tanguait dangereusement sur ses pieds.

— Voilà! J’chui pas saoul!

Sur ce, il s’écrasa sur le sol. Loin de s’être blessé, il éclata plutôt de rire. L’éphèbe soupira et aida Zaahrian à se relever en passa un bras autour de ses épaules. Même si ce n’était pas la première fois que le jeune homme aidait un de ces clients dans un triste état, ce n’était jamais facile. Le semi-elfe avait le corps mou et lourd avec des réflexes largement handicapés par l’alcool qu’il avait consommé. En plus, il n’arrêtait pas de bouger et c’était sans parler de l’haleine de fond de tonneau qu’il lui soufflait au visage. Après quelques minutes d’effort, ils étaient tous les deux à l’étage et couvert de sueur.

— Oh… ma chambre!

Zaahrian tendit la main vers la première poignée de porte, mais le prostitué l’arrêta.

— Non, ce n’est pas là. C’est au bout du couloir, tu te souviens? Tu es avec la drow.

— Ah… Ah oui, elle… J’lui apprends à être un ass… asssaaaass… ha za zin… À tuer… j’lui apprends à tuer. J’suis un professionnel moaaa. Le meeeeeeeeeeeeeilleur! Si t’as quelqu’un à tuer… j’te fais ça maintenant.

Il sortit le poignard qu’il avait à la ceinture et l’agita dans les airs en mimant frapper quelqu’un. Le jeune homme lui retint le poignet.

— J’en doute pas, mais arrête, tu vas finir par te faire mal.

Zaahrian gloussa de rire et remit le poignard dans son fourreau après quelques tentatives.

— Tu es un assassin, c’est ça?

— Oui, c’est ça!

— Tu tus les gens…

— C’est l’idée!

— Pour de l’argent?

— Yep, sinon je serais juste un meurtrier.

— Tu peux tuer… la drow par exemple?

Zaahrian prit quelques secondes avant de percuter.

— Non non non non nooooooon. Pas bonne idée. Elle va me tuer si j’la tue. Elle est assez caractérielle pour revenir me hanter et me tuer.

— Elle doit dormir. Ça ne devrait pas être difficile, surtout pour toi. Si tu es aussi habile que tu le racontes dans tes histoires…


Une main taquine posée sur son torse pour se caresser. Il n’en fallait pas plus pour flatter son orgueil et effacer le doute.

— Trop facile même. Héhé, tu vas voir!

La chambre n’était plus qu’à quelques pas. Sans faire de bruit, ils ouvrirent la porte pour entrer à l’intérieur. Comme ils l’avaient prévu, la femme dormait profondément dans le lit sans se douter de quoi que ce soit. Zaahrian reprit son arme et la leva haut dans les airs prêts à frapper. Toutefois, au dernier moment, il se retourna et plaça la lame sous la gorge de l’éphèbe et avec un grand sourire il déclara assez fort pour que la drow se réveille.

— Je te l’ai dit, je ne suis pas saoul. Alors, joli cœur, pour qui travailles-tu?

L'éphèbe : #ff9933
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Jeu 25 Juin 2015 - 21:37

Hélas... Comme la plupart des nuits depuis... Toujours, Krish ne dormit que d'un œil. Une habitude salutaire lorsque votre frère et vos parents envoient des assassins après vous pour avoir tourné le dos à leurs valeurs. Elle n'avait sombré que deux petites heures, tôt dans la soirée, avant de s'étirer comme un faern et ne profiter de l'a pénombre. Le soleil avait toujours quelque chose de puissant, agressif, enivrant, alors que la lune, telle Teiweon, recueillait les âmes brisées.

Elle s'était levée silencieusement, roulant et étirant ses muscles engourdis et parfois même courbaturés. Elle avait ouvert les volets et remis ses protège poignets juste pour le plaisir de sentir le métal si doux contre sa peau. Mais il n'y avait pas de forge dans ce bordel. Alors elle avait attrapé l'une de ses dagues et gagné le centre de la pièce en nouant ses cheveux. Un a un, elle avait tenté d'exécuter chaque mouvement, chaque enchaînement qu'elle avait vu dans la journée. Elle se remémorait leurs courts combats, se servant de ses souvenirs comme d'un adversaire invisible. Elle insistait sur les erreurs, les déséquilibres, les manque de puissance ou de rapidité. Frappant, parant, esquivant dans l'ombre jusqu'à en réaliser des passages entiers comme d'autres auraient mémorisé les pas d'une danse complexe.

Une heure, deux heures, trois heures, quatre heures. Puis sa dague était sagement retournée sur sa table de nuit. Elle s'était débarrassée de la sueur grâce à l'eau froide et aux onguents de la table de toilette. Enfin, l'esprit de nouveau engourdit par la fatigue du corps, elle avait dénoué sa crinière blanche et s'était glissée entre les draps.

Le matelas n'était pas à son goût, mais le simple fait d'être allongé, immobile, était suffisant. Dans sa léthargie, elle entendait les bruits de la nuit à travers le filtre de ses sens embrumés. Les insectes entrés par la fenêtre, la brise, les rires, les passages dans le couloir prenaient une dimension onirique. Mais lorsqu'on s'approcha de la porte de sa chambre, sa conscience en fut bel et bien alertée. Avant que la poignée ne tourne, elle attrapa sa dague et rabattit sur son bras prêt à frapper, le drap qui laissait apercevoir des kilomètres de peau noire.

Elle n'avait pas rêvé, la porte s'ouvrit doucement. Deux bruits de pas furtifs. Gardant les paupières mi-closes pour camoufler l'éclat de ses yeux, Krish tenta d’apercevoir ses deux visiteurs. Deux hommes. Grands. Fin. Non-drow. Déjà ce n'était pas directement la Dothka, c'était un bon point. Ceux là n'étaient pas les premiers assassins à la penser sans défense. Sous prétexte d'un sursaut ensommeillé, elle plia une jambe pour pouvoir bondir ou roulé rapidement à la moindre tentative.

L'un des deux hommes s'approcha dangereusement. Sa ceinture, son armure. Elle n'eut pas besoin de lever les yeux pour savoir qui était à son chevet. De légers craquements de cuir lui apprirent qu'un bras se levait doucement. Un bras sûrement terminé par une arme. Le cœur de la forgeronne battait à en éclater. Dans une seconde, elle serait peut-être morte. L'adrénaline coulait à flot dans ses veines, mais elle ne bougea pas, restant aussi paisible, chiffonnée et détendue qu'un professionnel de la sieste. Elle ferma les yeux. Un ultime pari. Un ultime pied de nez. Elle ne ferait pas savoir qu'elle était réveillée.

Un mouvement, trop rapide pour qu'elle puisse saisir à l'oreille ce qu'il venait de se produire.

— Je te l’ai dit, je ne suis pas saoul. Alors, joli cœur, pour qui travailles-tu?

-Inutile de hausser le ton. C'est une habitude de soûlard. Soupira Krish d'une voix tout à fait réveillée.

Elle glissa sur le côté, tête appuyée sur une main, l'autre tenant toujours son arme près de son ventre, apparemment aussi détendue qu'une princesse en son palais. Le drap découvrit sans résistance son opulente poitrine et ses brassards de protection.

-J'ai bien cru un moment que tu allais me tuer et pousser joli cœur sur le matelas. Un conseil pour la prochaine fois, continua-t-elle en vrillant cette fois son regard sur l'inconnu, quand on ne sait pas reconnaître quelqu'un qui simule, on n'exerce pas ce genre de métier.

D'ailleurs cet inconnu était en bien mauvaise posture. Svelte. Sûrement pas très fort. Humain ? Croisement de races ? Elle s'en fichait. La lumière était faible. Il louchait étrangement sur la lame qu'il avait sous la gorge. Il voyait aussi mal que le sylvain, contrairement à elle, mais il était clair qu'il n'était pas habitué à ce genre de situation. Au moins, il n'était pas armé.

En quelques pas, elle fermait la porte et revenait près de son cher duo de meurtrier et d'assassin.

-Il est armé ? Demanda-t-elle par acquit de conscience avant d'arriver vraiment à leur hauteur.

Une fois la question réglée, elle se glissa jusqu'à l'éphèbe, posant sa large main sur son épaule.

-Il me semble qu'il t'a posé une question.

Rien ne semblait vouloir sortir de sa bouche mis à part des borborygmes inaudibles.

-Bon… Commençons par quelque chose de plus simple. Si je descends maintenant demander ton nom à la patronne, elle me répondra quoi ?

-Hamil…


-Bien, Hamil, sais-tu ce que devrait faire le propriétaire des lieux pour étouffer une tentative de meurtre sur ma personne dans l'un de ses bordels ? Sais-tu combien ça lui coûterait ? De quoi payer plusieurs dizaines de vie comme la tienne. Peut-être des centaines si je négocie bien. Je te laisse imaginer ce qu'il réserve de celui qui lui a fait risquer tout cet argent. Dois-je vraiment insister sur le fait que la seule façon que cette affaire reste privée est d'obtenir le nom de celui ou celle avec qui je dois m'entretenir ?


Le plat de la lame de la forgeronne avait glissé le long du torse du jeune homme, tout le corps de la sombre était légèrement appuyé sur le côté du meurtrier. Laissant là les yeux dans lesquels elle avait plongé malgré l'obscurité, elle se pencha jusqu'à ce que son menton repose sur la frêle épaule... pas si frêle que ça. Les cheveux blancs qui cachaient jusque-là l'intégralité de son dos glissèrent sur le côté, dévoilant l’œuvre d'art sauvage qui trônait sur sa peau.

-Sinon je tranche ton gagne-pain.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Sam 27 Juin 2015 - 14:27

— Faire des galipettes à côté d’un cadavre égorgé n’a jamais fait parti de mes fantasmes, tu sauras. J’ose à peine imaginer ce que tu peux penser de moi.

Malgré cette dernière remarque, l’amusement était nettement perceptible dans le ton de sa voix. Un large sourire fendait son visage et il devait faire un effort particulier pour ne pas simplement éclater de rire. Les répliques acerbes de la drow laissaient présager qu’elle devait être réveillée depuis un moment déjà. Difficile d’avoir le sommeil lourd lorsqu’on cherche à vous tuer. Toutefois, l’avait-elle entendu dans le couloir lorsqu’il avait fait référence à son caractère difficile? Si oui, il espérait simplement qu’elle avait compris que ça ne faisait partie que de la petite mise en scène qu’il avait imaginé lorsqu’il avait réalisé qu’on essayait volontairement de l’enivrer. Au bout de sa lame, un jeune homme apparemment terrifié, mais surtout l’origine de cette mascarade qui empiétait largement sur ses heures de sommeil. L’incompréhension se lisait dans son regard. Jamais il ne lui était venu à l’esprit que le semi-elfe faisait semblant depuis le début. Pourtant, il avait lui-même rempli son verre en de nombreuses occasions chaque fois qu’il était vidé. Comment pouvait-il encore tenir debout et être parfaitement lucide sachant tout l’alcool qu’il avait ingéré depuis le début de la soirée?

— Je sais à quoi tu penses! Tu te demandes pourquoi je ne suis pas en train de rendre mes tripes après tout ce que tu m’as fait boire. Si tu survis à cette nuit, tu iras voir dans l’affreux vase qui était juste à côté de nous pendant la soirée. Tu le trouveras rempli d’alcool. J’ai passé la soirée à détourner ton attention pour y verser peu à peu le contenu de mon verre. J’ai bu, évidemment, mais comme tu le vois, je ne suis pas la loque incapable de monter l’escalier que tu pensais que j’étais. Si j’avais vraiment été aussi saoul que je prétendais l’être, je n’aurais pas été capable de la tuer. Elle m’aurait probablement éventré avec mon propre poignard avant de s’en prendre à toi.

Cette fois, il ne put s’empêcher de glousser de rire. L’influence de l’alcool se faisait sentir dans sa bonne humeur apparemment inébranlable. Zaahrian s’était bien amusé pendant la soirée, mais une bonne partie de ses pensées avaient été accaparées par le garçon devant lui et les raisons qui le poussaient à vouloir enivrer l’assassin. Quelqu’un de moins méfiant serait peut-être tombé dans le piège, mais le jeune homme devant lui s’était montré particulièrement insistant dans sa démarche. Ce n’était pas du simple badinage pour obtenir des faveurs. De toute façon, c’est bien connu qu’un homme trop saoul n’arrivera à rien et qu’il est plus probable qu’il tombe endormi avant que les choses ne deviennent vraiment sérieuses. À cet instant, la Krish lui demanda si leur invité était armé.

— Je vais vérifier!

Un sourire goguenard sur les lèvres, Zaahrian entreprit de le fouiller de la tête au pied. Il ne trouva rien. Il s’en doutait depuis le début, mais il préférait quand même vérifier. Hormis ses vêtements, il n’avait qu’un petit pendentif attaché à son cou à l’aide d’une fine lanière de cuir. C’était un jeune homme à la silhouette fine, à peine sorti de l’adolescence et peut-être un peu maigre. Il avait un beau visage, des lèvres invitantes et un petit quelque chose d’envoutant qui attirait les regards. Pour Zaahrian, il n’avait rien d’un assassin.

— Il n’est pas armé. Il n’avait visiblement pas l’intention de faire ça lui-même et son comportement de la soirée me laisse croire que j’étais visé depuis le début.

Krish était, sans aucun doute, très impressionnante. Le pauvre était littéralement cloué sur place et semblait se ratatiner devant la drow qui avait bien l’intention de venir à bout de cette histoire. Le jeune homme ouvrit la bouche pour parler, mais les mots cafouillèrent dans sa gorge et rien d’intelligible n’en sortit. Elle dut insister pour, au final, obtenir un nom à peine murmuré. Zaahrian croisa les bras sur sa poitrine.

— Ça suffit, il ne dira rien, car il ne sait rien. C’est évident que ce n’est qu’un intermédiaire. Cette histoire pue le désespoir, tu ne trouves pas?

Zaahrian s’approcha, chassa la main inquisitrice de Krish et amena Hamil jusqu’au fauteuil pour le faire assoir. Il tremblait comme une feuille. Le semi-elfe lui versa un verre d’eau qu’il lui tendit.

— Prend-le, ce n’est pas empoisonné.

Lui-même s’en versa un verre qu’il but d’un seul trait. Il n’avait bu que de l’alcool durant toute la soirée. Cette eau était donc la bienvenue.

— Raconte-moi ce qui s’est passé et ne laisse passer aucun détail. Ni ma collègue ni moi n’avons de temps à perdre et j’ai vraiment envie d’aller dormir. Je te conseille donc de faire bref.

Le ton de Zaahrian était doux, mais ferme. Toutefois, ça semblait suffisant pour rassurer Hamil qui, après avoir vidé la moitié de son verre, commença à parler.

— Il est apparu peu après votre arrivée. Vous m’aviez fait sortir de la chambre, alors je suis allé me chercher un autre endroit pour dormir. J’étais à peine endormi quand quelqu’un a plaqué une main sur ma bouche pour m’empêcher de crier. Il était masqué et un capuchon tombait sur ses yeux. Sa peau était entièrement recouverte. Je l’ai remarqué, car il me semblait étrangement trop habillé pour la région. C’est qu’il fait chaud ici… donc quand quelqu’un est entièrement vêtu de cuir, ça se remarque. Il m’a parlé de vous. Il m’a dit que la drow devait mourir. Il a aussi dit que pour ce faire, je devais approcher le semi-elfe. Qu’il pouvait faire le travail si je me montrais… convainquant.

Hamil avait pris soin de bien appuyé sur le mot convainquant. Zaahrian comprit à quoi il faisait référence et il s’exclama. Le garçon s’interrompit, surpris.

— Continu.

— Il a dit que si le travail était fait, j’allais être riche. Je veux tellement sortir d’ici… Je pensais que… que ça serait facile. On peut faire faire n’importe quoi aux hommes saouls qui viennent ici.

— Pour ce genre de chose, ce n’est jamais facile. Assassiner quelqu’un, surtout elle… le prix pour ta liberté est lourd, très lourd. De toute façon, tu n’aurais probablement pas survécu assez longtemps pour en profiter. La tuer est probablement la pire idée qu’on puisse avoir, surtout ici. C’est pour cela qu’on t’a approché, car ta mort n’a pas la moindre importance. On t’a aussi dit de passer par moi, car je suis un professionnel et que le travail serait bien fait si tu savais comment t’y prendre. Ce qui m’embête cependant, c’est comment celui qui est venu à toi savait pour mes préférences. Je veux dire, je suis vraiment loin de m’en vanter. C’est peut-être difficile à croire vu mon comportement depuis que je suis ici, mais je viens de passer des jours en pleine forêt tout seul avec moi-même. Il y a vraiment très, très peu de personnes qui savent. Je me demande si…


Il se mordit la lèvre comme s’il hésitait à demander.

— L’homme… est-ce qu’il avait un arc?

Hamil sembla réfléchir pendant un instant.

— Je n’ai rien remarqué…

— Un arc est difficile à manquer, mais il pourrait toujours l’avoir posé quelque part avant de grimper. Si c’est celui que je pense, c’est très mauvais pour nous… à moins que…

Il leva les deux bras dans les airs.

— Mais oui! Je suis un idiot… J’ai vraiment besoin de dormir moi.

Il se tourna vers la drow.

— Tu te souviens plus tôt dans la journée quand je t’ai dit que je pensais avoir vu une ombre passer lorsque l’on était dans la ruelle. Je n’avais peut-être pas rêvé, finalement. Je crois que l’on est surveillé. Enfin, tu es surveillé. Je doute que l’on s’intéresse vraiment à moi, mais il a compris mes allusions. Allez, si ce n’est que ça, moi je vais dormir. Je ne crois pas qu’Hamil soit dangereux. Tu peux le laisser partir. De toute façon, il vaut mieux le garder en vie. Je crois que l’homme qui l’a approché va surement revenir pour s’assurer que le travail est fait.

En parlant, Zaahrian avait entrepris de se déshabiller. Il ne garda que son pantalon de cuir. Il avait retiré sa tunique, ses bottes ainsi que sa ceinture. Il était bien plus musclé qu’il ne le laissait croire. Ses abdominaux étaient bien visibles et ses bras noueux. Il se laissa tomber sur le lit, soupirant d’aise.

— Bonne nuit tout le monde!
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 28 Juin 2015 - 0:12

-Tu ne sais pas ce qui est drôle, répondit Krish faussement dépité lorsque l'assassin lui confia son manque d'attrait pour une partie de jambes en l'air à côté de son cadavre refroidissant.

Pour le coup, elle n'avait même pas besoin d'alcool pour que tout cela la mette d'excellente humeur. Elle connaissait très très très très peu de personnes avec qui elle pouvait s'amuser aussi simplement. Et encore moins avec qui elle n'avait aucun concours de pouvoir. Aussi, tout en agissant, elle ne se privait pas de placer ses commentaires au vitriol. Elle ne l'avait pas entendu dans le couloir et pourtant...

-Il y a plus de chance que je sois revenu te hanter au lieu d'utiliser ton propre poignard. Ça aurait été un défi plus à ma hauteur !

Ce ne fut cependant qu'à regret et non sans avoir fait sauter quelques lacets de la chemise du jeune homme que Krish laissa l'assassin l'extraire de ses griffes. C'était quand même elle qu'on avait tenté d'assassiner ! Mais bon... Il avait raison, ce pauvre type était tétanisé et elle savait très bien qu'il n'avait rien de la tête pensante. De toute façon, la vie de ce gamin s'arrêterait avant le lendemain soir, que se soit par l'homme qui l'avait commandité ou par elle-même. Alors Zaahrian pouvait bien faire ce qu'il voulait pour obtenir des informations. Elle-même avait abandonné depuis bien longtemps les méthodes douces face aux meurtriers potentiels.

Pendant que l'assassin jouait les bons samaritains, elle en profita pour attraper le voile vert qu'elle avait chapardé le matin même et le nouer sur sa nuque à la manière d'une courte robe. Un peu de pudeur dans ce monde de dévergondés. Pour ne pas ruiner les efforts de son comparse, elle resta près de la fenêtre, regardant à la ville endormie dans l'ombre tout en écoutant d'une oreille attentive les confessions intimes du meurtrier.

Un homme totalement inconnaissable. Ne laissant rien paraître, même pas sa race. Savoir qu'il était un homme n'avançait pas a grand chose vu la proportion de femmes dans ce milieu... En tout cas, la proportion de femmes utilisant ce genre de déguisement. Il en avait après elle, non Zaahrian. Un homme qui avait osé essayer de la tuer dans un lieu sous la protection d'un Prince Marchand. Un professionnel zélé. Soit il n'était pas de Thaar et ne connaissait donc pas les endroits à respectés. Soit il était du coin, avant entendu leur petite discussion dans la ruelle et comptait là-dessus pour qu'on ne se penche pas sur son cas. Mais surprise, le semi-elfe semblait avoir une idée de l'identité de cet homme masqué... Où pas.

Lorsqu'il se retourna vers elle pour venir au bout de son raisonnement, Krish ne se retourna pas, comme absorbée par le paysage qui se déroulait au-delà de la fenêtre. Elle se contenta de jeter un regard en arrière en entendant le frottement de vêtements et les craquements de cuir engendrés par le rapide déshabillage du loyal soûlard. Elle ne s'attendait vraiment pas à une réaction si franche de sa part. Peut-être savait-il depuis le début qu'elle ne dormait pas... ou avait-il un bon instinct de conservation.

-Tu peux y aller. Profite bien de tes derniers jours et fait attention à la porte.

Ce n'était pas une menace. Un simple constat. Plus les puissants se montraient durs avec ceux qui s'en prenaient à eux, plus ce genre d'intermédiaire u dimanche réfléchissait avant de se retrouver dans une affaire pareille. Il n'y avait rien de plaisant à les punir, puisque ce n'étaient même pas de vrai guerrier ou de vrais adversaires. Ils étaient juste une masse stupide qu'il fallait dresser à coup de carottes et de bâtons.

Le gigolo ne demanda pas son reste. En quelques secondes, le fauteuil était vide, le garçon dehors et la porte se refermait sans un son. Quelques secondes s'écoulèrent sans autre bruit que celui de la literie, Krish tendait l'oreille. Au bout d'un couloir, les allées et venues n'étaient pas nombreuses devant leur porte. C'était d'ailleurs ce qui l'avait tirée de sa léthargie. Certaine que personne n'était resté à porté d'oreille, elle goûta un instant de plus la fraîcheur nocturne sur son visage, un des plaisirs de la surface.

-Zaahrian...


Elle se pencha légèrement à l'extérieur pour jeter un œil à la façade du bâtiment qui les abritait.

-L'homme a l'arc dont tu as parlé. Il est grand et utilise de courtes flèches avec des plumes claires ? Parce que si c'est le cas, j'ai vu un archer hier matin en approchant de l'auberge ou tu dormais. Il était dissimulé sur un toit et semblait surveillé l'entrée alors que je passais la porte. C'est pour ça que je voulais passer par la porte de service. Et il y a une flèche empennée de plumes claires plantée dans l'ombre du toit juste en face du bordel. Elle n'y était pas à notre arrivée.


Un marquage, une aide pour grimper ou une façon plutôt originale de créer un portemanteau décoratif quand on surveille une cible ? En tout cas, elle avait été placée là à dessein. Peut-être était-ce l'homme que cherchait le sylvain. La fameuse raison de sa présence. Ou alors une connaissance proche pour qu'il devine sa griffe malgré les apparences trompeuses. Le ton toujours sérieux et calme, elle demanda encore:

-Ami ou ennemi ?

L'assassin ne répondrait peut-être pas, mais au moins, elle aurait posé la question.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 28 Juin 2015 - 12:07

Ils formaient une drôle d’association ces deux-là, mais jusqu’à maintenant, ça fonctionnait. Zaahrian ne connaissait pratiquement rien de cette femme, mais il la trouvait sympathique dans son genre. En gros, elle faisait mentir certains des préjugés qu’il avait entretenus sur les drows en n’étant pas une bête assoiffée de sang incapable de tenir une conversation civilisée. Il avait depuis longtemps laissé tomber les bonnes manières, mais elle ne semblait pas s’en vexer, répondant avec aplomb et intelligence à chacune de ses remarques. Il ne put s’empêcher de sourire lorsqu’elle lui affirma préférer revenir le hanter plutôt que de prendre son arme pour la retourner contre lui. Soit elle l’avait effectivement entendu, soit elle lisait dans ses pensées. Au final, Zaahrian l’avait peut-être bien cerné.

Il s’était couché sur le lit, les mains sous sa tête et les yeux fermés à savourer cette agréable sensation que l’on a lorsqu’on s’étend enfin sur un lit confortable après une très longue journée. Il prenait conscience de ses muscles endoloris et de la tension dans sa nuque signe d’un stress persistant. Zaahrian semblait peut-être désinvolte, mais il était inquiet. Cette femme était traquée et il se frottait peut-être à des forces beaucoup préparées et expérimentées que lui. Pendant qu’il était perdu dans ses pensées, le garçon fila sans demander son reste accompagné par les dernières paroles de la drow. La porte se referma et il souffla.

— Je peux comprendre pourquoi il a tenté le coup. Il pensait n’avoir rien à perdre et tout a gagné. Toutefois, il se trompait. Il a effectivement quelque chose à perdre : sa vie. Mieux vaut être privé de sa liberté, mais vivant que d’être mort. Vivant, il y a toujours la possibilité que les choses changent quand on agit intelligemment. Quand on est mort, il n’y a plus rien. Si tu veux le voir mort, je vais m’en occuper… demain ou un autre jour.

Il sentait le sommeil lentement s’insinuer en lui. Son esprit vagabondait, mais il était suffisamment conscient pour entendre les paroles de la drow.

— Hum?

Zaahrian s’attendait à des inepties ou à d’autres remarques sarcastiques de sa part, mais les paroles de la drow lui firent froncer les sourcils. Il finit par ouvrir les yeux et à se redresser dans le lit avec un très mauvais pressentiment. Cette fois, il doutait. Cette description correspondait parfaitement à Guilin, mais il ne comprenait pas ce qu’il pouvait faire en ville si c’était bien lui. Il l’avait laissé au manoir quelques jours plus tôt sans savoir s’ils étaient en bon ou en mauvais terme. Zaahrian avait de nombreuses raisons d’en vouloir à Guilin et ce dernier en avait tout autant, sinon plus. Après tout, il l’avait laissé avec un cadavre sur les bras, des assassins et des apprentis en déroutes et sans doute des commanditaires très en colères et désireux de savoir ce qui s’était passé. La drow ne devait pas être la seule à savoir ce qui s’était passé et à s’intéresser sur ce que Daeron avait laissé derrière. Après un long moment de silence, Zaahrian souffla.

— Sincèrement… Je ne sais pas. Si c’est celui que je pense, il a probablement de très bonnes raisons aujourd’hui de me voir éviscéré sur la place publique même si je l’ai considéré toute ma vie comme mon ami. D’un autre côté, je suis raisonnablement certain qu’il ne veut pas te tuer. Ça fait 5 minutes que tu es perché à cette fenêtre et aucune flèche n’est encore venue se loger dans ton cou. C’est plutôt bon signe, car Guilin ne rate jamais sa cible et je ne crois pas qu’il se sente particulièrement concerné par les conséquences qu’engendrerait ta mort dans ce bordel.

Il soupira longuement, passant une main dans ses cheveux. Il essayait de réfléchir à ce qu’il devait faire, mais il était incapable de se concentrer. Il avait vraiment sa journée dans le corps. À la limite, il se moquait pas mal du fait qu’il risquait peut-être de mourir dans son sommeil.

— Je ne pense pas que l’on soit en danger pour l’instant. Si c’est vraiment Guilin, cette flèche signifie simplement qu’il est en ville et qu’il sait que je suis là. Il va sans doute essayer de nous contacter demain ou dans les jours qui viennent. Si ce n’est pas Guilin… Eh bien, cette flèche est clairement un message. Maintenant, à qui est-il destiné… À nous? À d’autres qui sont à ta recherche? Allez, on en reparlera demain. Si jamais on devait être attaqué avant l’aube, qui ne doit plus être bien loin d’ailleurs, tu n’as qu’à crier comme une demoiselle en détresse et je viendrai te sauver…

Sur ce, Zaahrian s’étendit à nouveau dans le lit et rabattit les couvertures sur lui. En quelques minutes à peine, il s’était endormi comme le prouvait sa respiration lente et régulière. Pour avoir sombré aussi rapidement, c’est qu’il devait se sentir en sécurité. En fait, il devait être plus en sécurité dans cette chambre que n’importe où ailleurs. De plus, il préférait essayer de dormir et récupérer un peu plutôt que de rester inutilement sur le pied d’alerte et être totalement épuisé le jour venu. Zaahrian, lorsqu’il était fatigué, tendait à être de très mauvaise humeur et difficile à contrôler. Il pouvait s’emporter à la moindre contrariété et être plus impulsif que jamais. C’était donc beaucoup mieux pour tout le monde s’il dormait un peu.

Maintenant que Zaahrian s’était tu, le silence tomba comme un rideau sur les lieux. Le bordel avait terminé ses activités pour la nuit et les derniers clients partaient en disparaissant comme des ombres dans les rues désertées de la ville. Pour l’instant, tout semblait normal…

HRP:
 
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Dim 5 Juil 2015 - 18:32

Les paroles de Zaahrian lorsque le manipulateur à la manque avait franchit la porte tournèrent un instant dans l'esprit de la drow. Elle se sentit obligée de répondre :

-Je dois comprendre que tu m'offres une prestation gratuite ?

Elle ne s'attendait pas à une réplique aussi calme. Trop de vin et de fatigue le rendait plus perspicace en tempérant ses penchants de diva ? Le servage préférable à la mort... On pouvait faire tout une dissertation là-dessus. Elle avait travaillé, couché et manipulé pour s'en sortir dans sa jeunesse. Elle n'était même pas adulte qu'elle avait déjà du résister à plusieurs assassins. Mais elle n'avait jamais laissé d'autres qu'elle décidé de la manière de s'en sortir. Elle n'avait jamais cessé de se battre et n'avait jamais accepter qu'on lui impose des volontés. Elle aurait préféré mourir seule dans le caniveau avec son orgueil plutôt que de laisser un puissant lui offrir une vie paisible, confortable et sans dignité loin de son art. Et elle était maintenant du côté de puissant qui achetaient la vie des autres.

-Avant le deuxième siècle, la vie est trop courte, tout est préférable à la mort. Après le huitième, on s’aperçoit qu'une vie éclatante et brève est préférable à une longue déchéance. Les armes et les problèmes changent mais le fond est le même. Chacun lutte pour une vie meilleure. Manque de bol, il faut forcément des perdants pour que d'autres s'en sortent.


Elle ferma les volets et s'appuya un instant sur le mur en écoutant les explications de l'assassin. De vagues explications... Et savoir s'il était là pour la repérer elle ou pour une affaire particulière...

-Fais moi confiance, je saurai appeler mon chevalier blanc.


Elle n'avait même pas achevé de traiter toutes les informations que la respiration régulière et profonde du semi-elfe lui apprit qu'il dormait. Bon... C'était pas tout ça mais elle allait s'ennuyer ferme si elle restait plantée là. Alors au lieu de reprendre son entraînement personnel au risque de réveiller l'assassin, elle laissa tomber son voile et se glissa dans le grand lit, tournant le dos à son voisin. L'intérêt d'un bordel c'était au moins que les lits étaient confortables même pour deux. L'inconvénient c'est qu'il ne fallait pas être regardant sur ce qui avait pu se passer dans sa literie.

Un sommeil aussi léger que le précédent la cueillit assez rapidement. Lorsqu'il reflua de lui-même, elle était incapable de dire combien de temps s'était écoulé. Son bras pendait jusqu'au sol et sa vue était obstruée par un brouillard blanc. Doucement, elle s'assit sur le bord du matelas. Le soleil filtrait par les volets. Zaahrian était toujours profondément endormi... Ou du moins le semblait-il. Avec les traits de lumière qui filtraient dans la chambre, Krish prit quelques instants pour suivre des yeux les quelques muscles finement sculptés qui dépassaient des draps. Ce n'était pas tous les jours qu'elle avait l'occasion d'observer un tel spectacle sans sentir la satisfaction d'avoir déjà fait le tour de la question...

Aussi ne put-elle retenir un violent sursaut lorsqu'elle aperçut du coin de l'œil quelqu'un assis sur le fauteuil. L'homme était entièrement gainé de cuir. Même ses mains et son visage se dérobaient au regard. Un carquois discret était attaché à son épaule... Mai ça paraissait assez secondaire étant donné qu'il tenait son arc bandé près à tiré sur la sombre. A cette distance, même un aveugle n'aurait pas raté son tir. Étrangement, lorsque la sombre se tourna vers lui, il ne bougea pas.

Si elle avait pu en douter étant donné l'ordre que Hamil avait reçu, soit il n'en avait pas vraiment après elle, soit c'était bien l'homme que Zaarhian attendait, soit il était le plus mauvais représentant de sa profession...

-Vous me tuez maintenant ou vous permettez que je me rhabille avant ?

La bravade n'arracha pas un mouvement, pas une réaction à la silhouette encapuchonnée.

-Ne bougez pas, lâcha une voix calme et monocorde. Tu peux arrêter de faire semblant de dormir, Zaarhian. C'est la deuxième fois que tu refuses de tuer une de nos cibles. Mais en tant qu'ancien camarade, j'ai pris sur moi de te laisser une chance. Tu m'as laissé dans de sales draps mais je m'en sors. Toi par contre, d'après ce que j'ai pu voir, tu n'es pas au mieux de ta forme. Tu es l'un des meilleurs assassins que je connaisse. Fini ce travail, personne ne pourra dire quoi que ce soit. Reviens avec nous et arrête d'essayer de foutre en l'air nos affaires.

Houra... Un règlement de comptes... Et Krish avait comme l'impression qu'elle se trouvait juste au milieu.
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Mar 7 Juil 2015 - 21:46

Si elle voulait assister à ça, grand bien lui fasse, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, Zaahrian n’aime pas tellement l’idée d’avoir un spectateur lorsqu’il fait ce genre de chose. Surtout dans ce contexte, il trouvait ça… indécent. Ce n’était pas seulement un assassinat, c’était une exécution, une punition pour un crime perpétré. Krish était la partie lésée dans cette histoire et elle avait le droit d’y assister, mais le jeune homme était aussi une victime, ayant été manipulé par quelqu’un qui lui avait promis quelque chose qu’il désirait plus que tout au monde : la liberté. Nous avons tous des décisions à prendre dans la vie. Certains choix sont bons, d’autres mauvais. Parfois on a l’impression de ne pas avoir le choix, mais nous l’avons toujours. Il y a simplement un chemin plus facile que l’autre. S’il faut savoir se simplifier la vie, il arrive que la facilité ne soit pas la solution. Hamil avait choisi la facilité et il allait en payer le prix fort. Le raisonnement de Krish était d’une vérité implacable. Zaahrian n’était pas habitué d’être confronté à ce genre de réflexion. On ne le payait pas pour penser, mais pour exécuter. Toutefois, depuis la mort de Djamel et surtout depuis qu’il avait tué Daeron, il se retrouvait confronté à ces choix moraux. Étonnant de la part d’un homme qui prétendait être le meilleur assassin de la région. Pourtant, cette profession ne le rendait pas moins humain, au contraire. Jamais de son existence il n’avait eu aussi conscience de l’importance de la vie.

Zaahrian dormait d’un profond sommeil sans rêves. Épuisé par les émotions fortes des derniers jours, il s’était endormi dès l’instant où il avait fermé les yeux. Pourtant, l’instinct d’assassin qui l’animait n’était pas en veille pour autant. Alors que l’aube se levait, il entendit du bruit. Quelqu’un venait d’entrer dans la chambre. Les sens en alertes, il écouta. L’inconnu resta debout près du lit un moment avant de s’éloigner, rejoignant le fauteuil. Zaahrian gardait les yeux fermés, feignant le sommeil. Peu importe qui c’était, il n’avait pas l’intention de les tuer maintenant. Peu après, il sentit Krish bouger à côté de lui. Calme, elle ne semblait pas avoir remarqué la présence de l’autre. Il commença même à se demander s’il n’avait pas rêvé. Une phrase de la drow confirma qu’il avait raison. Cependant, ce n’était pas un inconnu qui se trouvait dans la pièce, mais Guilin. Zaahrian reconnaissait cette voix pour l’avoir entendu des milliers de fois. L’intonation était inquiétante. Il n’était pas seulement fâché, il était surtout en mission et le blond ne pouvait plus feindre plus longtemps.

— Eh bien, pas besoin d’être aussi revêche! Tu sais bien que je ne suis pas du matin, Guilin.


Il se redressa dans le lit pour regarder la silhouette masquée qui tenait toujours son arc prêt à tirer pointé sur eux.

— Guilin, tu veux baisser ce truc. Ça fait bien une quinzaine de minutes que tu es là. Si tu avais vraiment eu l’intention de nous tuer, tu l’aurais fait bien avant. Ensuite, enlève ce truc que tu as sur le visage. Montre ton visage, assassin. Si tu as à me tuer, je veux au moins te regarder dans les yeux quand tu le feras.

Si les paroles de Zaahrian ne l’avaient pas fait réagir au début, ces derniers mots le firent tressaillir. Lentement, Guilin baissa son arc avant de rabattre son capuchon et retirer son masque. Si Zaahrian avait eu une sale tête en arrivant en ville. Guilin n’était guère mieux. Les traits du semi-elfe étaient tirés par la fatigue, altérant sa froide beauté. Des cernes sombres se dessinaient sous ses yeux rougis par un manque de sommeil évident. Malgré tout, son regard brulait de colère alors qu’il fixait Zaahrian. Ce dernier ne bougeait pas, mais il restait sur ses gardes. Le blond tourna la tête vers la drow, le sourire aux lèvres malgré le danger de la situation.

— En passant, je te présente Guilin. Apparemment, il veut te voir morte, comme plusieurs personnes. Je m’excuse d’avance pour la scène de ménage. Au fait, si tu pouvais t’habiller un peu ça…

— Tu vas le faire? Coupa Guilin alors que sa main se resserrait sur son arc.

— Aussi stupide que ça puisse paraître, non. Guilin, il n’y a plus de guilde, il n’y a plus de nous. J’ai vu l’ordre d’assassinat lorsque nous avons fouillé le bureau de Daeron et j’ai vu qu’il m’y avait affecté, mais il est mort. Le contrat est nul. De toute façon, je gagne beaucoup plus à la garder en vie qu’à la tuer.

— Non! La guilde existe toujours. Je suis le nouveau maître de la guilde!

Zaahrian secoua doucement la tête.

— Ce n’est pas aussi simple et tu le sais bien. De plus, j’ai des informations qui pourraient peut-être te faire réfléchir un peu plus d’avant d’agir. Si j’ai bien compris ce que la dame m’a raconté hier, c’est une guilde d’assassin qui en a après elle. Des assassins qui envoient d’autres assassins pour faire le travail? Ça veut dire que, autant ils en ont après elle, autant ils ne veulent pas se salir les mains. C’est un contrat qui aurait explosé au visage de Daeron et qui va le faire à quiconque qui osera le remplir. Tu n’es pas idiot Guilin. Réfléchi un peu!

Guilin se leva d’un bon, prêt à exploser de colère.

— Et toi? Toi tu as réfléchi avant d’agir? Tu y as pensé avant de le tuer aux conséquences que ça aurait sur tout le monde. Parce que tu n’étais pas satisfait, tu as décidé de tout foutre en l’air en te moquant bien de l’impact que ça aurait sur les autres.

Le blond se leva à son tour pour confronter son ami.

— À ce que je sache, tu ne m’as pas arrêté quand tu en avais l’occasion. Tu aurais pu le faire, mais tu as laissé filer tout comme tu ne m’as pas tué quand j’étais inconscient à cause du poison ou encore hier dans la ruelle et même ce matin alors que je dormais. Tu n’as pas envie de le faire. Ce que tu fais ici, c’est par pur principe. Je te connais Guilin. Tu es comme mon frère.

À ces mots, Guilin leva son arc et décocha une flèche si rapidement que Zaahrian n’eut pas le temps de réagir. La flèche passa si près de son visage et qu’elle écorcha son oreille avant de se ficher dans le mur. Le semi-elfe resta interdit pendant un moment avant de porter la main à son oreille blessée. Il regarda le sang sur ses doigts avant de dire d’un ton détaché.

— Joli coup.

— Prouve que tu es mon frère… Tue la drow.

À ces mots, Guilin fit glisser la dague de Zaahrian sur le plancher jusqu’au pied du blond.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Mer 8 Juil 2015 - 0:00

Malgré la situation pour le moins tendue, Krish resta tranquille. Qu'elle aime mettre le destin au défi ne voulait pas dire qu'elle avait des pulsions suicidaires. Ce qui était intéressant, palpitant ; ce qui donnait du sel à l’existence, c'était de se relever des pires difficultés, pas de finir avec une flèche dans l'œil. Mais quand même, elle aurait bien aimé pouvoir passer une petite laine, au cas où elle ait à s'enfuir par la fenêtre...

Heureusement... ou malheureusement, le réveil de Zaarhian détourna l'attention sur une autre cible... au moins en apparence. Mine de rien, et tout en pariant sur le fait qu'aucun des deux professionnels qui se tenaient dans la pièce ne seraient dupe, elle replia ses jambes, au cas ou elle ait besoin de bouger rapidement, et s'appuya plus confortablement sur un bras tout en démêlant sa chevelure blanche en un geste faussement pensif.

Malgré elle, la forgeronne avait tiqué. La proposition avait de grandes chances d'être très alléchante pour quelqu'un qui n'avait plus que des petits boulots à acceptés. Cette fois, il faudrait peut-être qu'elle use de toute sa ruse – et de toute sa chance – pour pouvoir espérer quitter cet endroit en sauvant sa vie et le peu de dignité qu'elle avait encore. Avec un sourire, elle nota cependant la provocation de l'assassin. Il semblait qu'elle ne soit pas la seule à penser que ce qui se jouait dans le dernier regard d'un être méritait d'être partagé. Mais une ressemblance, même vague, avec elle-même n'était pas franchement pour lui plaire dans ce cas précis. Elle aurait accepté la proposition de leur hôte sans une hésitation à sa place...

Ne jamais se rendre avant le coup fatal. Uriz ne l'aurait pas supporté. Ses voyages lui avaient appris qu'il ne servait à rien de s'inquiéter. Où bien, on se préparait et il n'y avait pas de raison d'être sur les nerfs. Où bien la chose était inattendue et il n'y avait rien à faire jusqu'à ce qu'elle se produise. L’improvisation était alors une vertu salutaire. Mais dans tous les cas, l'important était d'agir, pas de s'angoisser.

Alors, elle était attentive. Attentive a la mine surfaite de Zaarhian. Attentive a cette fatigue et cette rage qui couvaient dans le regard de l'autre elfe. Attentive aux changements de tensions de l'arc qu'il tenait et à l'atmosphère lourde qui avait envahi les lieux.

L'homme qui venait de donner un contrat des plus concis au semi-sylvain était bien le dénommé Guilin. Elle était définitivement au milieu d'un règlement de comptes... Elle leur aurait volontiers souhaité de se réconcilier sur un cadavre, de partir loin de cette ville, de s'envoyer en l'air et d'élever leurs enfants assassins dans un coin de campagne reculée... Du moment que ça ne soit pas sur SON cadavre que cette réconciliation se fasse. Et puis une vie aussi morne, sans but ni voie ni passion, elle n'était pas sûre de la souhaiter à son pire ennemi.

Malgré interruption insistante de l'archer, elle attrapa son voile vers pour s'en couvrir comme elle l'avait fait plus tôt dans la nuit. L'ajuster minutieusement était un long... très long travail qui pouvait lui occuper facilement les mains. Même si indisposer ou déconcerter ses potentiels meurtriers aurai pu être un réel plaisir. Elle n'avait aucune envie de subir un tel désavantage en cas de f...

— Aussi stupide que ça puisse paraître, non

« Quoi ? »

la Forgeronne avait relevé la tête, les sourcils froncés, avant de se reprendre. Certes, ce refus était incompréhensible... Mais on ne s'étonnait pas bruyamment lorsque quelqu'un décidait de ne pas vous exécuter sommairement... Où au moins n'acceptait pas immédiatement. Elle fixa son assassin alors qu'il expliquait les raisons de son choix. La proposition qu'elle lui avait faite était si alléchante pour qu'il décide de l'épargner ?

Alors ça... Si on lui avait dit, elle ne l'aurait pas cru...Cet homme était vraiment plein de surprises. Son ami en revanche était assez simple et prévisible. Et que je te demande de tuer la drow. Et que je suis le maître. Et que tu as détruit ma petite vie d'assassin modèle.

La scène qui aurait pu être une exécution sommaire s'était bel et bien tournée en scène de ménage. Krish ne put retenir un soupir. S'ils continuaient comme ça, cette histoire allait se finir par un crime passionnel. Elle aurait put profiter de leur inattention pour récupérer le poignard sous son oreiller et se jeter sur l'un deux, pour fuir, hurler, ou chanter une chanson. Mais rien de tout ça n'aurait eu d'autre effet que de la faire tuer.

Un craquement de bois. Elle était debout. La flèche s'était fichée dans le mur. Les yeux de la sombre revinrent instantanément sur l'archer qui venait de décocher.

— Joli coup.

— Prouve que tu es mon frère… Tue la drow.


Le raclement du métal sur le plancher de bois arracha un frisson désagréable à la forgeronne. C'était une honte de voir le tranchant d'une lame affûtée avec soin traité de la sorte. L'arme s'arrêta aux pieds du blondinet. Dans le léger moment de flottement qui suivit, Krish n'attendit pas que Zaarhian ait pris sa décision.

« Je ne marchanderai pas ma vie. Si une guilde en ruine et l'abandon de tes recherches à Thaar est préférable à tes yeux, soit. Mais ne compte pas sur moi pour te tendre mon cou. »


Même si elle avait parfaitement vu la différence de niveau qui la séparait de l'assassin, elle était droite et un sourire provocateur avait retrouvé sa place sur son visage. ça avait toujours été son choix: se battre seule dans le caniveau avec son orgueil plutôt que de supplier un autre pour qu'il lui offre ce qu'elle ne pouvait atteindre.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Douce revanche... [pv Krish]   Mer 8 Juil 2015 - 22:10

Zaahrian regarda la lame s’arrêter à ses pieds, le métal luisant sous un rayon de soleil filtrant à travers la fenêtre. Il avait tué avec cette arme tellement de personnes qu’il avait arrêté de compter depuis longtemps. Ce poignard n’avait rien de spécial, pourtant. Il était d’une simplicité désarmante, sans fioritures. Seulement une lame affutée et un manche parfaitement équilibré qui tenait dans la main avec aisance au point d’en devenir une extension. Pour rien au monde l’assassin ne l’échangerait et le voir ainsi traité était presque aussi insultant à ses yeux que pour la drow.

Deux choix s’offraient maintenant à lui. Il pouvait tuer la drow et s’enfuir avec Guilin ce qui le ramènerait à sa situation de départ. La seconde option consistait à honorer son contrat avec la drow en tuant Guilin. Bon, il n’avait jamais été clairement question de jouer les gardes du corps, mais il savait que ça risquait d’arriver. Il n’avait toutefois pas prévu que son assaillant serait Guilin. La surprise ne pouvait pas être plus mauvaise et le choix plus cruel. Tuer Krish semblait être la décision la plus logique. Après tout, elle n’était rien de plus qu’un commanditaire. Toutefois, la tuer pouvait avoir des conséquences hautement désagréables à plus ou moins court terme. Avec la mort de Daeron, Zaahrian avait assez donné de ce côté-là. Il préférait éviter d’avoir plus de personnes en colère à sa recherche. De plus, la tuer n’allait pas ramener la guilde. Ils seraient encore deux assassins fauchés, sans protecteur et sans contrat. Toutefois, s’il tuait Guilin, il éliminait une menace pour la drow, mais aussi pour lui-même et il gardait la protection que lui offrait son commanditaire. Mais voilà, il fallait le tuer et le semi-elfe qui se tenait devant lui, bouillonnant de rage, était l’unique personne dans ce monde qu’il considérait comme un ami. On avait souvent testé sa limite. En voilà une qu’il n’avait pas envie de franchir, mais il devait choisir et vite.

BANG!

Un grand bruit survint dans la chambre voisine. Quelqu’un venait-il d’échapper quelque chose ou de tomber du lit? Impossible à dire, mais le bruit était assez fort pour détourner l’attention. Une fraction de seconde suffisait. Une fraction de seconde pour changer l’issu de cette situation intenable. Zaahrian était frais et reposé. Il était concentré, prêt à régir à la première ouverture. Guilin était épuisé par sa dernière nuit blanche. Au bruit, il sursauta et tourna la tête. Un réflexe totalement naturel, mais qui allait s’avérer fatal.

Depuis leur première rencontre, Zaahrian ne cessait de répéter à Krish qu’il ne fallait pas hésiter au moment de frapper. La moindre hésitation pouvait retourner la situation à notre désavantage. La scène se déroula comme un ralenti dramatique. Zaahrian se pencha pour prendre sa dague et bondit vers Guilin. Ce dernier tourna la tête juste à temps pour voir son ami fondre sur lui comme un prédateur. L’horreur déformait ses traits. Il n’avait pas le temps de décocher une flèche. Tout ce qu’il pouvait faire c’était d’encaisser le premier choc du mieux qu’il pouvait. Il était aussi entraîné que Zaahrian, il connaissait les méthodes de son ami et il n’était pas venu sans protection. Le blond essaya de le frapper au cou pour une mort rapide. Guilin para le coup d’un geste semblable à ce qu’avait enseigné Zaahrian la veille à Krish. Il se pencha ensuite avant de se relever de façon à faire basculer son assaillant. Jolie parade, mais le blond s’y attendait. S’en suivit un violent corps à corps où l’un et l’autre faisaient tout pour avoir le dessus sur l’autre. Chacun connaissant les forces et les faiblesses de son adversaire, il était pratiquement impossible de prédire l’issu de l’affrontement.

Guilin était blessé aux bras, la lame de Zaahrian ayant entaillé le cuir de sa combinaison jusqu’à la peau. Le blond avait la lèvre inférieure en sang et à mesure que les coups pleuvaient, plus il devenait impatient. C’est qu’il n’avait pas imaginé commencer sa journée avec un combat pour sa vie. Heureusement pour lui, Guilin était épuisé et il ne pouvait plus tenir la cadence. Un faux pas de sa part laissa une ouverture au blond qui leva le bras pour le frapper d’un mouvement circulaire avec sa lame. Il donnait vraiment l’intention qu’il allait le tuer, mais au dernier moment, il retourna la dague dans sa main pour le frapper violemment à la tête avec le manche. Guilin s’effondra sur le sol, assommé. Zaahrian tomba à genoux à côté de lui, le souffle court.

— Je ne peux pas le tuer… Je ne peux vraiment pas le tuer. C’est le plus grand des cons et je vais sans doute le regretter, mais… je ne peux pas le tuer.

Zaahrian cracha du sang sur le plancher. Ce n’était pas très gracieux de sa part, mais Guilin l’avait durement frappé au visage et l’intérieur de sa joue était fendu. Le goût du sang lui retournait l’estomac.

— Il n’a clairement pas toute sa tête. Juste à le voir, je suis certain qu’il n’a pas dormi depuis la dernière fois que je l’ai vu et ça remonte déjà à plusieurs jours. Impossible de lui faire entendre raison dans ces conditions… Il faut… il me faut de la corde. Il faut l’attacher, il va finir par se réveiller. Cordes, chaines… quelque chose pour l’empêcher de nous tuer.

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Douce revanche... [pv Krish]
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