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 Inébranlable Alonna [Duncan]

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Inébranlable Alonna [Duncan]   Mer 24 Juin - 9:24


« Ouvrez les portes ! »
Le soldat avait hurlé si fort que la baronne eu l'impression qu'il était juste à côté d'eux. Les cliquetis des chaînes et l'animation des passants donnait à la cohorte des allures princiers. Partout sur leur passage les gens acclamaient leur Suzeraine et son invité. Les héraults arranguaient les foules si bien que leur traversée des Trois-Murs fut plus longue qu'à l'accoutumé. L'Alonna avait longtemps attendu son retour et à présent qu'elle était revenue, elle ne pouvait leur en vouloir.
Elle avait vu l'état de ses terres en les traversant. Beaucoup de champs ne donneraient aucune récolte avant plusieurs mois et ceux qui avaient survécu au passage des hommes d'armes étaient de beaucoup diminué. Elle gardait néanmoins espoir pour toute les récoltes tardives et celles de l'hiver à venir. Elle craignait la famine et les nouvelles que lui avait envoyé son ami depuis la Sgarde alors qu'elle était à Diantra ne semblaient pas plus engageante.
Cela faisait déjà presque deux heures qu'Alanya avait gardé le silence, observant avec attention le paysage et les visages ravi du peuple qui l'acceuillait. Jusqu'à présent elle n'était pas détesté même si elle connaisait parfaitement le coeur des hommes du Nord: elle devrait encore faire ses preuves et les évènements à venir serait décisifs. Rares étaient les lignées qui demeuraient sur le trône de l'Alonnan et la belle le savait. Elle devrait faire preuve de prudence et d'habilité. Elle espérait que l'annonce des prochaines "bonnes nouvelles" garderaient l'amour de ses gens. Quoi de mieux qu'un mariage et un bébé pour unir son peuple? Du moins c'était le mieux qu'elle avait à offrir pour le moment. La machine politique était longue à lancer et malgré sa volonté et celle de Duncan, ils leur faudraient du temps.
Elle offrit tout de même un regard de considération vers l'homme à la goutte. Son silence avait dû être pesant et malgré les deux énnéades en sa compagnie, elle n'arrivait pas à le cerner. Leurs conversations étaient toujours vagues ou sans importance et le choix des mots semblaient un art. Il n'y avait plus eu de rapprochement physique non plus. Parfois il lui prenait la main mais le contact s'arrêtait à ce moment là. La baronne n'offrait aucune faiblesse. Elle se méfiait du monde comme de la peste et sa confiance n'était acquise qu'à un nombre de personnes de plus en plus restreint.
La voiture s'arrêta alors qu'ils pénétraient dans l'enceinte du castel de la capitale baronniale. Après quelques pas, les chevaux s'ébrouèrent et toute l'assemblée qui avait accompagné le voyage des deux seigneurs ne tardèrent pas à entourer leur carosse.
« Son Honneur Dame Alanya de Broissieux et le Seigneur du Lys ».
A peine l'on avait annoncé son arrivé que la porte s'ouvrit à la volée. La baronne garda son mutisme et tourna la tête vers la lumière éblouissante du milieu d'après-midi. Un visage marqué par le temps lui faisait face et les yeux de l'homme lui transperçaient déjà le coeur. Il s'agissait de son Sénéchal. Loin d'avoir revêtu ses beaux habits, il gardait la retenue matiale et il fallait dire que ça lui convenait mieux. La belle se leva et accepta la main tendue qui l'aida à descendre de sa prison roulante dans laquelle elle avait été enfermée durant trop de temps. Son ventre s'arrondissait et cela attirait quelques regards mi curieux mi attendrit. « Ma Dame, je suis ravi de votre retour ». Il avait la voix rauque et dur des Hommes du Nord qui avait tutoyé la Mort à plusieurs reprise.
« Pas plus que moi Hermance. Il est bon de rentrer chez soi ».
Un bref instant une chaleur familière de sureté étreigna son coeur. Cela était bon de se sentir protégée et entouré des siens. Elle tourna la tête et vit apparaitre dans l'encadrement son futur époux. Le Seigneur-à-la-goutte peinait à descendre les deux marches avec jambe endoloris.
« Pouvez-vous aider mon ami? Le voyage a éprouvé sa santé depuis Etherna ».
Avec le respect qu'il devait et un salut approprié, le Sénéchal Lesdiguières s'exécuta. Le Lys trouva sa place à ses côtés et ce n'est qu'à ce moment là qu'elle se rendit compte qu'ils étaient seuls dans la cour.
« Où sont-ils Hermance? Je ne vois ni mon frère, ni ma soeur, ni ma mère. Se pourrait-il qu'ils n'aient pas attendu mon arrivée pour repartir dans nos seigneuries? »
« Non ma Dame. Le Conseil des Grands Seigneurs se tient dans la grand' salle ».
« Bien. Allez faire annoncer notre arrivée. Le seigneur du Lys et moi-même avons encore quelques affaires à régler ici ».
« Bien ma Dame ». Malgré tout, il demeura un court instant immobile dans l'agitation des serviteurs. « Il est bon de vous voir saine et sauve votre Honneur ». Une lueur traversa la clareté bleutée de ses yeux. Il était sincère. Il l'avait toujours été avec elle et ce qu'elle appréciait dans cet homme qui n'était pas né ni bourgeois ni noble. Elle savait le lien qui les unissait si indescriptible et pourtant si fort qu'il aurait certainement donné sa vie pour la sienne sans hésiter. Il était un conseiller précieux qui ne se souciait que peu des prérogatives de la noblesse et des charges qu'un titre incombaient. Un voleur était un voleur pour lui, qu'il sois noble ou roturier.
« Je peux aisément dire que la garde que vous m'avez accordé y est pour beaucoup mon ami. Maintenant hâtez-vous. Je ne voudrais pas interrompre un débat que je sais déjà fort passionnant... ». Elle eut un petit rire franc et enjoué. Elle savait déjà qu'en silence certains s'achetaient les voix des autres pour accéder au trône qui était trop longtemps resté vide. Les pas de l'homme d'arme s'éloignèrent dans le gravillon de la cour. Les chevaux étaient en train d'être désattelés, les bagages amenés dans les quartiers respectifs. Les officiers Alonnais qui l'avait servis s'était vu offrir un repos bien mérité et même Ingrid avait disparu de la circulation, certainement déjà affairée à une nouvelle tâche. Ils étaient seuls dans la cohue que provoquait leur arrivée. Alanya se tourna doucement vers l'Ethernan. Il allait devoir vivre son premier conseil sous les regards inquisiteurs de ses vassaux.
« Bienvenu à la capitale Alonnaise mon seigneur. Que la ville au Trois-Murs porte sa vaillance au devant de votre coeur. Il y a un adage qui dit: "Souvent envahie, parfois vaincue mais jamais détruite". J'espère qu'il vous servira de guide. Vous aurez besoin de toute la force nécéssaire dans les temps à venir... ».
Il savait très bien de quoi elle parlait à demi-mot et même si son visage rayonnait, elle savait que des heures difficiles les attendaient. Et Duncan n'ignorait rien de la situation actuelle de la baronnie. Elle espérait juste que ses enseignements durant le voyage lui serait profitable pour l'entrevue qui se déroulerait dans quelques minutes.
Petites précisions:
 
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Mar 14 Juil - 19:38


Les couloirs semblaient si différents depuis la dernière fois. L'odeur qui flottait dans le dédalles n'avait plus la même saveur rassurante et elle se trouvait bien étrangère entre ces murs qui étaient pourtant les siens. Elle était partit trop longtemps et peut-être qu'intimement elle aurait préférée que le temps s'arrête dans ce chateau. Elle aurait même aimé être indispensable mais l'Alonna n'avait été figée par aucun maléfice et la belle n'était qu'un pion dans le vaste échiquier. Il en était ainsi. Elle regardait parfois à droite, parfois à gauche: même les visages qui lui étaient familiers semblaient différent. Jamais elle n'avait pensé que les énnéades avait creusé un fossé entre elle et sa terre. Entre elle et ses gens. Entre ce qu'elle espérait et la réalité.
Le castel de la capitale baronnial était d'une sobriété déconcertante et pourtant on y trouvait une beauté singulière et rafinée lorsqu'on y regardait à deux fois. Loin des preceptes du faste sudiste, il gardait une pudeur certaine. Ses longs couloirs de pierres grises étaient sublimés par les doux rayons de soleil de l'après-midi. Les grandes fenêtres semblait à première vue imposante mais lorsqu'on y faisait attention, on s'appercevait des détails de formes, de couleur ou de placement. Mais là n'était pas l'oeuvre maitresse de la batisse. Si elle avait somme toute une utilité militaire, les gravure, bas et hauts reliefs que l'on pouvait appercevoir quelques fois prouvaient du bon goût des prédécesseurs d'Alanya. Rien n'était fait dans la démeusure et l'on trouvait une espèce de réconfort dans la subtilité architecturale dont faisait preuve le castel des Trois-Murs.
La baronne menait d'un pas mesuré son futur époux à travers ce qui serait bientôt chez lui aussi. Elle voulait qu'il découvre par lui-même la finesse dont faisait preuve l'Alonnan tant dans son patrimoine que dans le coeur de ses sujets, bien que l'on ne remarquait de prime abord l'austérité de l'un et de l'autre. Ils bifurquèrent au bout de quelques minutes et se trouvèrent bientôt devant une large porte de bois massif. Deux gardes étaient sagement postés là, d'abord stoïque à l'arrivée de la belle et de son clopinant chevalier puis, une fois ces derniers arrivés à porté de vu ils saluèrent leur suzeraine respectueusement.
« Messieurs, veuillez nous annoncer au Conseil. Nous ne voudrions troubler une conversation ». Il ne fallut qu'une minute à peine pour que l'on entende raisonner dans la grande salle les noms de Broissieux et du Lys. Lorsqu'ils s'avancèrent, l'atmosphère semblait lourde et le silence teinté d'un vacarme sourd. Parmi les grands seigneurs, la belle y connaissait la plupart et si la moitié était encline à la voir rester sur le trône, l'autre aurait largement préféré reigner à sa place. Elle ne pouvait cependant les en blâmer, elle qui n'avait jamais été rien d'autre qu'une petite épouse d'un petit seigneur.
Tu es née pour faire de grande choses.
Les paroles de son oncle auprès duquel elle avait tout appris résonnaient subitement tout autour d'elle. Un coup d'oeil silencieux à l'homme qui marchait appuyé sur sa canne finit de la convaincre que ce n'était que le fruit de son imagination.
Sers toi de forces comme de tes faiblesses et tu sembleras intouchable Alanya. Ce n'est pas le nombre de qualités qui fait de quelqu'un une personne qui compte en notre monde, mais sa faculté à jouer de ses défauts pour finalement paraite sans faille. Tu seras quelqu'un qui compte un jour, et en ce but je t'enseigne tout ce que mon âge me permet de savoir. Il faut que tu saches. L'ignorance est un pêché aux yeux des Cinq.
Elle souffla. Elle sentait peser sur elles des regards réprobateurs. Elle avait été absente si longtemps qu'elle se sentait presque étrangère alors qu'une chaise vide se profilait, encore si loin mais pourtant si proche d'elle. Puis ses yeux gris croisèrent ceux de ses amis. Le seigneur de Wacume était là, celui de Jersada aussi. Sa mère, Hermance... Pourtant il en était deux paires qu'elle aurait damné sans consession pour voir et elle n'attendit que peu pour les retrouver. Sa soeur et son frère était là, parfaitement immobiles, debout pour la saluer.
La grande salle portait bien son nom mais contrairement à ce que la baronne aurait pu penser, à peine une minute avait séparé l'entrée et ce moment où elle salua l'assemblée respectueusement, accordant des égards à chacun. Et le temps reprit d'ailleurs son cours normal lorsque sa soeur l'embrassa, la serrant si fort qu'elle n'eut d'autre choix que de se reconnecter à la réalité. « J'ai cru que tu ne reviendrais jamais.. ». Angelique était d'une beauté pure en ce jour et malgré son éternel timidité, aujourd'hui elle se risqua à se faire remarquer par cette étreinte emplie d'affection. Alanya eut un petit pincement au coeur. Bientôt sa jeune soeur prendrait le chemin du sud pour se rendre auprès d'Arichis. Elle savait qu'il s'agissait là de la bonne solution, que cela lui épargnerait les prochains mois qui seraient certainement plus difficiles encore que ceux qu'ils avaient tous connus jusque là mais son coeur ne pouvait s'empêcher de se serrer à cette idée. Elle offrit un dernier sourire tendre à sa parente alors que la belle se defaisait de son étreinte pour prendre son jeune frère dans ses bras. Lui était bien plus stoïque qu'Angelique mais il en avait toujours été ainsi. Fulcran en voulait à Alanya de n'avoir presque jamais été présente auprès d'eux et, aujourd'hui était particulier. Elle avait lu un bref instant la flamme qui animait les yeux presque identiques aux siens de son frère. «Oui, je suis là maintenant ».
Alanya alla embrasser sa mère avant de prendre finalement place en bout de table, là où elle devait être. Elle entendait les chuchotis critique des uns et ceux ravis des autres. Décidément, l'Alonnan n'était pas encore prête à s'accorder sur tout les points.
« Messeigneurs, veuillez reprendre place », sa voix était forte. Elle n'avait pas faillit et ses yeux semblaient impérieux si bien que le silence se fit presque aussitôt et on n'entendit que le bruit des chaises autour de la table de bois massif. « Messeigneurs, permettez-moi de vous présenter le seigneur du Lys, conseiller personnel de son Honneur de Clairessac et intendant de l'Ethernan en son absence. ». Cette fois, le silence ne résista pas lorsqu'elle le fit prendre place à sa droite. L'image était cocasse. Le jour avant son départ -et avant la mort tragique de son défunt mari- elle siégeait à l'endroit exacte où se tenait le Seigneur-à-la-Goutte. Cela ne laissait pas le doute envahir les seigneurs présent: il était à une place d'honneur et plus encore, à une place que beaucoup convoitait certainement depuis le veufage de la belle. « Messeigneurs, en ce jour, je me présente devant vous avec de fraiches et bonnes nouvelles. Mon séjour dans le Sud fut long et fatiguant mais néanmoins fructueux. Mais avant de parler de l'avenir de l'Alonnan -de vos terres- laissez moi vous annoncer solannellement que les dieux sont juste. Messeigneurs, la prière à la Damedieu dit: 'Une vie s'en va et une autre s'en vient du Royaume de Néera'. Sachez qu'en quittant ce monde pour celui des Braves, feu son Honneur Desmond de Broissieux m'a gratifié d'un présent que toute femme et épouse aimante comme je l'étais et comme je le suis encore rêve un jour d'avoir. Je porte en moi la Vie. Non seulement il pousse dans mon ventre un petit être, mais ce dernier finira les projets que nous avions mon époux et moi-même: nous voulions une Alonna naissante, une nouvelle ère. Nous voulions qu'en scellant un nouveau destin celui de nos terres sois intimement lié. Cet enfant sera notre avenir à tous ! L'Alonnan va changer. Notre peuple qui a trop souvent marché, mangé, grandit les corps empêtrés dans la boue se lèvera à nouveau, fort et uni ! Il deviendra non seulement plus puissant mais il sera aussi la voix d'un Nord nouveau. Notre terre sera riche de ses savoirs et non plus de ses manquements. Nous ne seront plus seulement une petite enclave mais au nom de l'enfant que je porte nous seront bien plus que cela. Nous serons Seigneurs, marchands, peuple de l'Alonnan ! ». Alanya s'était relevée et observait l'assemblée. Son coeur s'arrêta lorsqu'elle fit face à deux longues secondes de silence. Deux silence romput par le fracas des chaises que l'on pousse, des seigneurs qui se levèrent et d'Odias de Wacume qui se saisit de son verre le levant, bras tendu, au dessus de la tablée.
« Gloire à l'enfant de l'Alonna ! »
Et tous en coeur ils reprirent son exclamation. Tous. Même Ansfild d'Eskil, le cousin de Chtoll qui affichait son sourire affable et ses yeux pervers. Alanya n'était pourtant pas sote. Elle savait que parmi ceux qui scandaient leur enthousiasme quelques uns ne partageaient pas l'ardeur qui emplissait pourtant en ce moment précit l'espace. Il faudrait à Alanya du temps pour s'installer durablement et plus encore à sa famille pour porter dans l'opinion des Grands Seigneurs mais elle se savait en bonne voie pour. Lorsque tout le monde eut fini de congratuler la future mère et la renaissance de la baronnie, le calme s'installa de nouveau et elle put reprendre en ces termes:
« Je vous remercie tous d'être une fois de plus présent, prêt à marcher avec moi dans le sens d'un avenir meilleur. Mais c'est un travail long et fastidieux pour une femme seule et c'est l'une des raisons de la présence ici à mes côtés du Seigneur du Lys. Il m'épaulera et me conseillera comme vous le faites aujourd'hui et depuis le début. Comme vous l'avez toujours fait auprès de mes prédécesseurs et comme vos enfants continueront à le faire après ».
Le seigneur de Lodiaker se leva sans précipitation et observa premièrement l'assemblée qui attendait la suite du discours de sa baronne. « Ma Dame, nous annonceriez-vous des épousailles? ». Sa voix était claire et aucun reproche ne résonnait dans son ton, pourtant à présent Alanya avait les deux pieds dans le plat et ne pouvait faire marche arrière, quand bien même elle sentait déjà le danger arriver.
« Oui mais il ne s'ag... »
« Ma Dame, pardonnez mon impolitesse mais je vous demande simplement si oui ou non vous annoncez devant votre conseil que vous avez offert votre main à cet homme ».
Elle se leva à son tour. Non seulement il la piégeait sachant pertinemment que ses détracteurs ne se feraient pas prier mais en plus il l'insultait devant toute l'assemblée. « Oui mon Seigneur. Il s'agit de cela. J'ai promit ma main au seigneur du Lys alors que nous nous trouvions à Diantra ».
Le seigneur de la ville aux mines se mit à rire jaune, un sourire torve accroché à son visage. Peut-être n'avait-il jamais accepté le renversement de sa cousine, Constance la Traitresse. « Et vous croyez que nous allons tolérer cela? Un parfait étranger, conseiller d'un homme que vous avez vous même réprouvé et qui depuis quelques temps semble se soucier plus de son prorpe interêt que celui de sa terre? Allons ma Dame, vous êtes fort drôle ! Est-ce le Sud qui vous a rendu si risible? ».
Alanya ne se dégonfla pas et afficha même un sourire serein sur ses lèvres. Répondre avec précipitation et emportement était ce qu'il attendait le plus et elle ne lui ferait pas cette faveur.
« Seigneur, je ne vous demande pas votre permission, à moins que vous ne soyez mon père, ce que je doute être vrai. Regardez autour de vous et voyez où vous siégez. Maintenant regardez où je me trouve. Tâchez de ne pas faire preuve d'égarement à l'avenir et tenez votre langue un peu. La dernière fois que j'ai entendu quelqu'un d'aussi bavard à ma table, faisant fi de beaucoup de principes, c'était un petit garçon sur les genoux de sa mère », quelques uns s'esclaffèrent de la boutade mais lui resta de marbre. Il n'en avait pas fini.
« Vous avez tôt fait d'oublier feu votre époux, vous m'accorderez ce point ». Beaucoup acquissèrent ses paroles plus ou moins silencieusement.
« Je ne l'oublie pas Loubier. Comme je vous l'ai tous dit, j'aimais profondément le baron de Broissieux. Je l'aime toujours et par l'enfant que je porte je l'aimerai à jamais. Mais il n'y ai pas d'homme qui puisse se vanter de vouloir régenter et plus largement vivre sans quelqu'un pour l'épauler. A Diantra, les routes du seigneur du Lys et moi-même se sont croisées et s'il y est bien une chose dont on ne doit se justifier, ce sont les raisons du coeur. Il m'a offert le repos dont j'avais besoin et il m'a aidé alors que je doutais de faire les bons choix pour la baronnie et moi-même. Je n'ai pas à vous apprendre Messeigneurs que les sentiments sont des liens invisibles pourtant parfois bien plus fort que le roc. Ce que j'éprouve pour cet homme ne saurait être remis en doute, ni même pour ce que j'éprouve encore de l'homme avec lequel j'ai partagé la plupart de mes années et dont je porte l'enfant, symbole ultime d'amour. »
Si elle avait pu, elle aurait été félicité pour son jeu d'acteur. C'était un privilège de la noblesse que de savoir mentir avec autant de brio. Elle se congratula même intérieurement bien qu'elle savait qu'il y aurait toujours des sceptiques. Il y en avait toujours de toute façon, mais ceux là se fatiguait avec la distance. Il lui suffirait de tenir le même discours jusqu'à ce qu'ils se soient lassés de le remettre en question. Le seigneur de Kreskan se leva à son tour sans qu'elle ne le remarque.
« On dirait que l'amour brille sur votre famille malgré les désagréments de la vie votre Honneur. Peut-être que certains sont fait de telle façon à oublier la perte plus vite que d'autre... ». Il était difficile d'ignorer la critique qu'il faisait là, bien qu'elle ignorait encore ce que signifiait tout cela.
« Oui, Ansfild peut certainement attester de tout l'amour de la famille de son Honneur ». Alanya se glaça sur place, se tendant presque à vue, laissant son regard couler vers le cousin de Chtoll. Elle ne remarqua même pas sa mère baisser la têtte.
« Vous l'ignoriez ma Dame? Pardonnez moi d'annoncer le mariage de votre mère avec le seigneur d'Eskil. C'était une belle cérémonie. Quel dommage que vous ayez raté cela ! ».
Le regard lubrique de l'intéréssé et la voix mielleuse de Loubier fini de la convaincre du coup monté qu'ils avaient savamment orchestré depuis son départ. Et à cet instant, elle aurait bien traversé la table et planté une dague dans la tête du seigneur de Lodiaker. Mais tout venait à point à qui savait attendre et Alanya avait la rancune longue. Très longue.
« Félicitation aux mariés dans ce cas. Je regrette de n'avoir été présente et je regrette encore plus que l'époux ne m'ait envoyé de missive pour m'en tenir informé. Je souhaite tout mes voeux de bonheur puisque cela était leur choix ». La tête baissée de sa mère prouvait cela dit qu'il ne s'agissait pas du sien.
« Et par cet amour, vous comptez vous lier à un homme qui a personnellement conseillé le seigneur de Clairessac, cet homme, je me répète, que vous avez réprouvé? »
« Je n'ai rien réprouvé seule. C'était une décision conjointe avec feu mon époux. Et ce n'est pas l'homme que nous réprouvions, la preuve étant qu'un traité uni maintenant l'Ethernan et l'Alonnan. Il s'agissait avant tout de politique. Je veux bien que cela vous sois un peu étrange encore seigneur Loubier mais tout de même. Son honneur de Clairessac n'avait aucune prétention sur l'Alonna si ce n'est la gloire personnelle. Et quand bien même le seigneur du Lys reste le conseiller du baron d'Etherna, il n'en est pas moins un homme de sens. Je doute qu'il cautionne les actes actuels de Jérôme, pas plus que vous, pas plus que moi ou pas plus que n'importe quel personne de censé sur cette terre ».
Alanya se sentait si seule à présent qu'elle aurait aimé lever la séance mais cela aurait certainement prouvé la faiblesse dont elle faisait preuve à cet instant. Qu'importait ce qu'ils pensaient. Elle n'avait qu'à couper la bonne tête de l'Hydre. Elle s'était trompée en exterminant presque un à un tout les Chtoll mais elle trouverait à la longue. Elle les aurait à l'usure. Pourtant, elle tourna la tête vers Duncan qui était jusqu'alors resté silencieux. Elle attendait de lui un appui à ce moment précis. Elle en avait besoin et il se devait de commencer dès à présent à asseoir son autorité s'il voulait un jour l'aider dans sa tâche et porter le titre fièrement. Qu'avait-elle de plus à dire? Le Conseil promettait d'être encore long...
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Duncan du Lys
Humain
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Mar 21 Juil - 16:49


Le Lys n'était pas de ceux aisément assaillis par l'anxiété. Toutefois, dans les dernières lieues du voyage, il put la sentir, s'affairant inexorablement à faire vaciller le Boiteux. Il gardait ses yeux rivés sur l'horizon, et sur le ciel envahi d'épais nuages assombris. On aurait aisément pu croire que le soleil se couchait, alors qu'en réalité il était encore tôt. La forteresse de l'Alonna n'avait rien à envier aux contrées voisines du Nord - ni à celles du Sud, d'ailleurs. Réputée et considérée comme la plus imprenable des places fortifiées, ces murs, par leur teint, profilaient à la fois une impression de sécurité et d'incertitude. On l'aida à descendre, ce qui ne manqua pas de le faire sourire intérieurement, puis on les guida aussitôt à travers les couloirs. Duncan gardait ses yeux grands ouverts, posant ses mirettes sur les murs et les salles qu'ils traversaient.

Voilà qu'ils étaient annoncés à la lisière de la grande salle où, selon ce qu'il avait pu ouïr, tous les vassaux de sa future épouse se trouvaient. Lorsque la porte s'ouvrit et qu'ils s'engagèrent dans la nef, il conserva un air sérieux. Il pouvait presque sentir les regards des seigneurs. Certains étaient jaloux, certes. La plupart devaient nourrir une certaine interrogation et une curiosité légitime en apercevant le Lys. Il était probable que certains le reconnaissent. Les festivités ne tardèrent pas à débuter, alors qu'Alanya prenait place sur son trône, Duncan resta debout, dos à son siège. La joute débuté - Duncan s'y attendait. Cependant, du temps s'écoula avant que le mariage entre Alanya et lui même ne s'invite aux sujets de discussion. Il n'écoutait que d'une oreille. Ses yeux étaient rivés sur le sol, en contrebas. Son visage n'était ni renfermé, ni souriant. Pensif, simplement. Lorsqu'un silence survint, il tourna le visage vers Alanya, puis remarquant qu'elle le regardait, il sourit par réflexe avant de tourner son visage vers l'assemblée.

« Je me réjouis, à l'instar de chacun ici présent, de voir que même en ces temps troublés, l'amour se révèle à chacun d'entre nous. N'est-ce pas une raison pour nous délecter, à l'unisson, de ce bonheur dans lequel la famille régnante d'Alonna semble nager ?» Le Lys posa son regard sur le seigneur qui semblait ravi de la gêne d'Alanya.

Tenant fermement sa canne manufacturée de sa main droite, il fit jouer ses doigts, ces derniers tournoyant pour déplacer l'appui en amont vers le flanc du Lys.

« Vous avez raison, seigneur. J'ai personnellement conseillé le baron d'Etherna. J'aime à croire que je l'ai avisé sur ses actions les plus louables. J'aime aussi à croire que j'ai toujours réprouvé certains de ces actes. N'est-ce pas là le rôle d'un conseiller ? D'aviser le plus sain, de fustiger ce qui ne l'est point, d'être en désaccord lorsque cela s'avère nécessaire ? Je n'ai, ni par le passé, ni présentement, considérer la dilapidation des ressources de l'Etherna dans la poursuite d'une chimère comme un acte louable. Je sais, comme nous tous ici présent, que vous avez peur, seigneur. Vous craignez être sous une tutelle. Sachez ceci : j'ai, tout comme vous, peur.

J'ai peur de voir un Nord balafré face à la menace sombre. J'ai peur de voir l'Etherna se vider et s'épuiser dans des tentatives vaines de récupérer un territoire qui ne lui revient pas. J'ai peur de voir vos rivaux s'affirmer face à l'Alonna, et qu'elle se retrouve isolée. J'ai peur que vos actions à venir soient celles d'une meute face à une armée, désireuse de survivre face à des armées ennemies, et les Cinq savent que je ne pense pas exclusivement aux Sombres en disant cela. Croyez-vous sincèrement, seigneur, que l'amour prévaut sur la survie ? Non. Je ne suis pas ici uniquement par amour pour votre baronne. J'aime ce qu'elle est : l'ultime frontière, l'ultime obstacle à la frénésie. J'ai, de mes propres yeux, assisté à la victoire de Clairssac sur ces terres. Je n'y suis pas étranger. J'ai, de ma modeste existence, vécu sous la tutelle d'un seigneur puissant. Alors dites-moi, seigneur, qui, mieux que quiconque, connait les failles de l'Alonna, et qui, plus que quiconque, est prêt à les combler ? »


Le Lys descendit les quelques marches qui lui faisaient face, et s'approcha du groupe compact de seigneurs où se trouvait celui à qui il s'adressait jusque là. Arrivé devant lui, il le regarda durant quelques instants, puis son regard balaya l'assemblée.

« Aujourd'hui, vous êtes seuls. Après l'union à venir, ce seront eux, qui seront seuls ! Ceux qui, tapis dans l'ombre, vomissent leur haine pour vos murailles, pour vos troupes et pour votre force. Il n'y a rien que je ne souhaite plus que de voir à nouveau l'Alonna se dresser comme un phare. Bientôt, tous les regards se tourneront vers nous, seigneurs. Et je ne veux pas que ce soit de la haine, mais de la crainte et du respect. Bientôt, nous ne serons plus seuls. Voyez, en cette union, l'intérêt de cette nation, de notre nation, de la nation Alonnaise. Sans Alonna, le Nord n'est rien. Rien ! Rappelons, à tous les seigneurs du Nord, pourquoi ces terres ont toujours été respectées. Montrons-leur, que le Nord ne se pourra jamais se passer de l'Alonna. Chacun de nous ici a son rôle à jouer dans cet édifice. Cette terre a beau être une baronnie, dont les tenants du titre se sont illustrés à travers l'histoire, c'est désormais à vous qu'appartient de construire son avenir. Choisissez quelle Alonna vous désirez.»

Il acheva ses propos sur ces dires, et les premiers applaudissements ne tardèrent pas à retentir. Plus les secondes passaient, et plus les approbations se multipliaient, jusqu'à être audible dans l'ensemble de la pièce. Certains restèrent stoïques, mais la plupart des nobles semblaient se retrouver dans les dires du Lys. Ces gestes avaient été calculés pour appuyer ses propos : après tout, il avait passé plusieurs jours dans un carrosse à réfléchir au discours qu'il venait de prononcer. De quoi faire mûrir des propos touchant le cœur des Hommes.
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Sam 8 Aoû - 12:27


La clameur ne se fit pas attendre alors que le Lys finissait tout juste son discours. Il avait une prestence incroyable. Il s'exprimait comme un politicien hors pair et Alanya savait là qu'il s'agissait de sa plus grande qualité mais aussi le danger que cela représentait pour elle-même. Elle resta stoïque, comme son obligation l'y forçait. Après tout, elle était la main de la justice. Sa propre devise attestait aussi de la volonté familiale à ne porter d'égard qu'aux faits et non aux sentiments des uns ou des autres.
Elle observa un court instant son futur époux. Elle compris alors que la jambe touchée n'était pas pour lui une punition mais un autre moyen de faire resplendir, de faire rayonner son charisme. Il se tenait devant l'assemblée des seigneurs, droit, solidement ancré sur sa canne finement ouvragé qui lui allait ni trop grande ni trop petite. Il avait l'art de se présenter et, malgré les réticences des incorrigibles, il avait certainement dû s'attirer quelques considérations. Après tout, il n'était pas bien différent d'eux.
Alors que la chaleur du brouhaha satisfait se dissipait peu à peu, Alanya se leva. Un silence complet se posa sur tout les protagonistes de ce Conseil particulier. Ils lui avaient redonné l'espoir d'un jour faire de cette terre balafré une évidence tant militaire, commerciale que politique. Ensemble ils donneraient naissance à une nouvelle dynastie. Le Lys avait raison: on ne devait plus voir l'Alonnan par ses faiblesses mais la craindre et la respecter pour son statut et sa puissance.
Mais la quiétude et l'espoir ne fut que de courte durée. Le cousin Lodiaker se releva, frappant des mains dans le mutisme pesant des autres. Le son raisonna un peu contre les murs épais de pierre de la Grande Salle. « Bravo pour ce discours Seigneur du Lys. Il plait à entendre que vous considérer nos terres... Mais peut-être suis-je un peu plus dur à convaincre que mes voisins ». Le ton sarcastique n'était même pas caché et quelques rires étouffés de seigneurs trop peureux pour l'acquisser publiquement conclurent sa phrase. « Douce Dame, regardez donc; pas même mariée qu'il se tient déjà au devant de vous ». Il marqua une pause trop courte pour que la baronne ne réplique mais assez longue pour qu'il se tourne vers l'assemblée: « Cet homme n'est là que pour détourner nos pensées. Après tout, qui pourrait croire qu'après des années de service auprès de Clairessac ce guai luron vienne à tout abandonner pour une contrée qu'il a déjà fait ployer une fois par le passé. Allons ! S'il connait si bien nos faiblesses pourquoi n'en profiterait-il pas, son statut acquis devant les Cinq, pour s'octroyer ce dont il semble rêver ! Ecoutez Messeigneurs, écoutez ce que j'en dis de tout ce là: ce n'est qu'une ruse. La Licorne est prise d'une soif de terres que personne ne peut ignorer et il n'est pas bête. L'Alonnan a encore des droits sur la Sgardie! Ma cousine en a été élue reine par la Damedieu et par celle-là même à rendu notre terre et celle de notre voisine liées par la puissance divine !»
Un vacarme s'instaura tranchant avec le profond silence qui régnait jusqu'alors. Chacun y allait de son commentaire et beaucoup furent pris de doutes. Voilà que Constance refaisait surface. La Broissieux avait pourtant veiller à éteindre la flamme de ses partisans mais elle aurait dû se douter que la famille Lourbier jamais ne renoncerait à cette femme qui s'était entichait de Goar le Fol. Malgré la situation, la belle ne déparait pas de son calme et scrutait le visage de ses plus proches alliés. Il était peu nombreux face aux indécis et aux partisans de l'ancienne baronne mais ils étaient là. Droite, impassible, elle leva la main. Bien sûr aucun ne sembla y prêter attention et ce ne fut qu'après quelques longues minutes que les seigneurs retrouvèrent leur calme tour à tour. Il restait bien quelques chuchotis mais Alanya pouvait à présent s'exprimer sans crier.
« J'entends votre inquiétude Monseigneur, mais est-ce que cela pardonnera la folie de vos mots? Le seigneur de Lodiaker vous mendate car vous êtes en l'absence d'une prochaine naissance l'héritié légitime de sa terre. Pourtant vous ne restez que son cousin. Ne me donnez pas une raison valable pour vous arrêter: la vérité n'est pas unique et la justice se doit de prendre en considération les revendications de chacun. Mais insultez encore une fois quiconque de cette pièce et vous visiterez bientôt les geôles d'Alonna. C'est un endroit que l'on dit fort peu acceuillant et je veillerai personnellement à ce que votre séjour soit aussi agréable que celui du voleur ou du meurtrier. » Elle sourit. Un sourire qui illuminait ses traits fins et la rudesse de son jugement. Bien sûr il n'était peut être pas aviser de faire cela en public mais ici présent, nul n'ignorait que sous son visage doux, la Belle cachait un caractère d'acier que nul feu n'aurait su faire fondre. Il n'y avait jamais de menaces en l'air et le ton qu'elle avait employé ne masquait en rien sa détermination en cas de récidive. Voilà trop longtemps qu'elle le laissait faire. Il venait non seulement d'insulter son invité -et promis- mais aussi son autorité. Ce n'était pas son mari qui avait pris l'initiative de décimer la famille de Chtoll entièrement ou presque. Elle ne faisait pas dans la demie mesure.
« Constance s'est fourvoyé en pensant qu'aucune répercussion ne planerait sur nous lorsqu'elle a pris la liberté de vendre notre terre à Goar Ier. Ni elle ni lui n'était capable d'assurer une quelconque prospérité à leur état et plus encore: comment vouloir contenter son peuple quand déjà l'on bafoue le droit élémentaire d'expression ? Nous l'avons tousjugé coupable de ses actes et de la guerre civile qui en a découlé. De ce fait, toute prétention au trône d'elle-même ou d'un de ses décendants a aussi été signé et acté comme non recevable. Nous avons été clément en autorisant la famille à garder ses fonctions car il était clair qu'aucun de ses parents n'était responsable de son égarement -ou du moins n'en n'avions nous pas la preuve. La Sgardie ne se résume plus qu'à l'ancienne Oësgard et nous n'avons aucun droit de prétention dessus, pas plus que Goar en avait pour légitimer son royaume. Tous ses partisans et ses gens en payent aujourd'hui les conséquences. ». Elle se tut et adressa un long échange muet avec chacun des nobles attablés. « J'ai moi aussi peur. Peur de ce qu'il adviendra de nous si l'Oësgard tombe. Si Serramire et Odélian ne parvienne pas à s'entendre. Si Sainte Berthilde ne soutient pas nos défenses. Il y a ici deux personnes qui sont allés au front. Qui ont vu ce que les Noirs Peaux nous réserve si nous montrons un seul signe de faiblesse. J'aurais voulu que la paix revienne après l'accession au trône de ma famille. Je l'ai sincèrement souhaité. Mais sans votre appui et votre aide, nous n'irons pas plus loin que les Sgardiens aujourd'hui: malades, décimés, en exil. Est-ce cela que vous désirez? Fuir de ce qui a fait votre famille, ce qui a fait ce que vous êtes à présent? Moi, Alanya de Broissieux, Dame de Broissieux, Protectrice de l'Alonnan par la grâce de la Damedieu je ne ploierais pas devant ceux qui menacent nos frontières comme ceux qui sont aux pieds de nos murs. Notre armée peut encore se battre et nos murs peuvent encore nous protéger. La Sgarde ne tombera pas facilement non plus. ». Tous l'observait avec des yeux ouverts. Même le cousin Lodiaker n'osa répliquer. Ils n'y croyaient peut être pas mais elle s'était montré si investit dans ces quelques palabres qu'aucun ne la contredit. Alanya avait ce visage inexpressif et pourtant chargé d'une détermination presque palpable. Elle avait des projets pour sa baronnie et elle enendait les réaliser tant qu'elle pouvait encore. Sa grossesse freinerait surement et elle ne comptait pas attendre d'être alliter. Elle se tourna vers le Sénéchal. «Combien pouvons nous espérer mobiliser pour une guerre éventuelle? »
« Nous n'avons pas subit de grandes pertes malgré les guerres qui ont ravagés l'Alonnan et la campagne de Sgarde au côté du Seigneur Clairessac. Peut-être pouvons nous espérer 9000 hommes prêts à se battre, peut être un peu moins. »
« 9000 hommes ne peuvent être mobiliser ma Dame. Alonna ne pourrait déjà que difficilement financer une guerre de plus d'une année et nos récoltes risques de manquer tant au peuple qu'à nos soldats. »
« Jersada n'a pas tord. Jamais un tel effectif ne pourra être efficace si nous ne pouvons fournir la nourriture à tous. En deux mois ce sera le rationnement !»
« Je l'entends Meseigneurs, et il parait logique qu'un roulement s'établisse entre ces 9000 personnes. Seigneur de Kreskan, seigneur de Lourbier, combien pensez-vous pouvoir placer à nos avant-postes? Sans compter la guarnison régulière. »
« Pour ma part, je dirais pas plus de 1000. »
« Lodiaker ne pourrait acceuillir à peine plus. »
« Voilà qui me semble amplement suffisant pour l'heure. Nous n'avons pas encore pris position dans ce conflit et j'attendrai encore un peu avant de me prononcer sur l'entrée ou non de l'Alonnan dans la guerre de Sgarde. »
« Pourquoi refusez-vous d'y participer Ma Dame? Ne voyez-vous pas qu'il en va de notre sécurité à tous?! »
« Je le vois très aussi certainement que je vous vois. Mais je vois aussi qu'après les Drow viendra le temps des négociations afin de savoir à qui revient cette terre maudite. Je jurerai devant les Cinq que la Licorne de l'Ethernan ne laissera pas son bien aussi facilement et que si les armes il doit prendre, les armes il prendra, quelqu'en sois le prix. Et je pense aussi que Serramire ne reculera pas devant un bon prétexte d'humiliation d'un de leur ennemi. J'ai entendu dire qu'ils ont déjà mit une commise sur Bastylle. Ne croyez pas non plus que Sainte-Berthilde agisse pour la simple gloire. Il doit y avoir à dessous une motivation plus forte. En somme, se n'est pas tant l'aide que je refuse de fournir, mais une guerre plus longue que je souhaite éviter. Tenez-vous en à ce que nous venons de dire. Mobilisez la moitié des effectifs que vous pourrez receuillir à la frontière. Si nous devons intervenir, nous serons toujours à temps de lever plus d'hommes. »
« Et que comptez vous faire pour nos récoltes? Nos paysans s'inquiètent et les champs sont dévastés. Nos experts estime à une année la perte, peut être même plus. »
« Qu'ils commencent à semer les jachères. Leur terre a certainement dû moins souffrir que celles ensemensée. Que chaque seigneurs fasse établir la liste la plus précise possible de son grenier. Je veux avant la fin de la prochaine énnéade les quantités en grain de chacun. Si nous devons rationner, je veux que nos maitres estiment nos chances de passer l'an. En attendant, commencez à prévenir la population et rassurez là. Je ne laisserai pas mourir de faim mes gens. J'espère que les quelques traités que j'ai signé avec les Sud soient assez fort pour palier à notre situation. »
La belle se sentait plus légère. Personne n'avait relancé le sujet et malgré les désaccords, il semblait que tous avaient plus ou moins accepter la situation et la présence du seigneur du Lys. Elle savait que le gros du conseil était terminé mais il lui restait quelques affaires à régler en priver.
« Il commence à se faire tard et je n'oserais vous retenir plus ici. Faites ce qui a été convenu. Nous nous reverrons vite si les choses vont comme je l'espère. »
Alors que tous la saluèrent -parfois non sans un rictus désapprobateur- elle retint un peu plus Hermance et Odias. Elle devait leur parler. Le Lys était biensûr convié. Elle gageait qu'il aurait certainement des conseils avisés pour la suite. Les seigneurs quittèrent la salle, puis sa soeur, son frère et sa mère, non sans une bise. Malgré leurs différents, elle les aimait plus fort de jour en jour. Ils avaient été là pour l'épauler au moment où elle en avait le plus besoin et ils avaient su prendre les décisions qui s'imposaient en son absence. Même le mariage caché de sa mère semblait oublié et pardonné. Après tout, ce n'était pas à elle qu'elle en voulait mais à cet homme qu'elle auraitmieux fait de pousser sur le billaud avec son cher cousin.
« Mes amis, asseyons-nous. Pardonnez-moi de vous retenir plus longtemps. Je vous sais fort occupé en ce moment mais, durant mon absence il s'est passé tant de choses plus urgentes que ces quelques querelles de nobliaux... Odias, racontez-moi votre rencontre avec le Corbeau. Vos lettres étaient bien consises. Me voilà rentrée et j'aimerai en connaitre tout les aspects. »
« Aymeric de Brochant, Ma Dame est un homme aussi orgueilleux que fin stratège. Les conditions durant lesquels je l'ai rencontré n'étaient pas les plus propices aux négociations et quand bien même elles l'auraient été, je crains qu'il n'y ai dans son coeur que trop de rancoeur à votre égard. J'ai pourtant été le plus convainquant possible mais sans votre serment il n'y a qu'une seule autre solution de sattirer les bonnes grâces du Marquis... »
« Parlez donc mon ami »
Il eut un petit regard compatissant vers Duncan puis inspira bruyament pour se reconcentrer vers sa baronne.
« Il est presque certain que s'il ne peut vous avoir vous-même, il choisira une manière plus détournée d'obtenir la main mise sur vous. »
«[color:260d=# 330099] Entendez-vous un mariage mon Seigneur? »
« Oui Sir Lesdiguières. J'en ai l'intime conviction. Son cadet était sur le front. Quelques rumeurs courraient déjà sur une possible nomination de ce jeune homme comme son sénéchal. Rien de sûr ici mais il est clair que ce serait le parti idéal pour une femme telle que vous et pour homme aussi entêté que Brochant. Avec un mariage, il est presque certain de vous avoir dans son giron. »
Alanya éclata d'un rire franc et cristallin. Un rire que l'on devina moqueur. Ses yeux brillaient d'une étrange lueur tandis qu'un sourire carnassier se dessinait sur ses lèvres. Elle aimait les défis et plus encore, elle aimait qu'on lui résiste. S'il était malin le Corbeau, elle le serait aussi et elle gageait d'un jour lui faire ravaler son orgeuil.
« Quelle situation cocasse, n'est-il pas? Je n'épouserait pas ce jeune frère pas plus que je ne ploierais le genoux devant cet obstiné. L'Alonnan a trop durement payé le prix de sa liberté pour lui remettre des chaines. ».
Même si le ton de la Douce était catégorique, elle attendait de ce conseil restreint leur avis et surtout celui de son futur époux. La discussion qu'ils avaient eut dans le carosse était resté superficielle et elle voulait entendre les arguments de l'homme-à-la-goutte...


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Duncan du Lys
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Mer 12 Aoû - 11:33

Bien que la majorité des présents accueillirent avec enthousiasme les propos du Lys, certains demeurèrent sceptiques, et là où beaucoup applaudissaient et approuvaient, d'autres prirent la parole. Un, en particulier, dont les propos semblaient plus correspondre à une vaine tentative de s'affirmer plutôt que d'aller à l'encontre des dires du futur baron d'Alonna. Le Lys reprit la place qui était la sienne, et alors que la salle se vidait de ses occupants, Alanya retint quelques noms. Elle les mena tous, lui y compris, vers une salle annexe, où les murs clos et la porte scellée entérineraient l'aura de secret qui baignait entre ces murs.

Le Lys demeurait penseur. La baronne engagea la discussion avec l'un de ses fidèles, tandis que les cristaux de l'une des rosaces attiraient l'oeil du Boiteux. Il s'en approcha, et posa ses yeux à travers les vitraux, regardant en contrebas les immenses plaines s'étendre à l'horizon. Jusque là, le Lys n'écoutait que d'une oreille. Lorsqu'il entendit le nom de Brochant, il dévia légèrement le visage, tournant ainsi l'oreille vers les interlocuteurs. Lorsqu'il en eut l'occasion, il prit derechef la parole, entamant une lente marche à travers la pièce, allant ainsi se placer derrière Alanya en plaçant sa main sur son épaule.

« Nous aurons besoin de la protection de Brochant si nous ne voulons pas nous retrouver isolés et encerclés ; Alonna a autant besoin de cet homme qu'il n'a besoin d'Alonna : ses terres sont épuisées par les guerres qu'il a entretenu en Oësgard ces derniers temps. Cette terre est une abysse dans ses domaines, il ne peut désormais compter que sur Alonna pour espérer rester un acteur pionnier dans l'échiquier politique du Nord.

Il n'est pas question de donner à Aymeric de Brochant le bâton de se faire battre. Mais nous sommes plus que jamais en position de revenir dans son giron tout en assurant à Alonna une...liberté, dans ses agissements, qu'elle n'aura peut-être plus jamais l'occasion d'exercer. Cet homme sait peut-être où est son intérêt, et ce dernier se trouve dans les landes vierges de l'Alonna et dans son armée intacte. Renouer avec Brochant, au terme des cérémonies matrimoniales, devrait être notre premier objectif, ma chère. Qu'en pensez-vous, monseigneur ? »


Le Lys avait été assez habile pour n'utiliser ni un ton impératif, ni un air faiblard ou suggestif. Il avisait ce qu'il pensait être nécessaire, et demander l'avis du seigneur présent n'aurait pour effet que lui faire croire que ce nobliau disposait d'une importance quelconque auprès de la famille régnante. Une illusion nécessaire, mais nullement dérangeante. Après tout, il se tenait face à la baronne et au futur baron.



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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Sam 15 Aoû - 15:10


Le lys s'était détourné de la fenêtre surplombant les vastes champs de leur domaine. Bien sûr elle ne s'attendait à rien d'autre qu'une approbation et malgré sa farouche opposition, elle savait qu'un jour où l'autre son allégeance ne serait plus courtisé mais imposé d'une manière moins diplomatique -bien que l'on pouvait douter du sens réel de ce dernier mot. La Belle se releva, écoutant les propos de son futur époux. Elle ne s'était pas trompée.
« Je doute mon seigneur que le Corbeau de Serramire accepte votre proposition si jamais vous le conviez directement à votre union. Pour l'avoir cotoyé, sa rancoeur est si grande que je crains qu'on ne puisse espérer de lui aucun effort dans notre sens. Il a plutôt été clair là dessus. »
« Ma Dame, je doute que ce sois une bonne idée que de traiter avec ce Brochant. Notre armée est encore forte bien que les guerre n'est entérinées notre moral. Si vous le souhaitez ainsi, je peux vous affirmer sans détour que nous tiendrons si jamais il se décidait à prendre votre terre par la force. Les Trois-Murs n'ont jamais cédé et ne cèderont pas de si tôt. »
Alanya n'écoutait que d'une oreille distrète, trop occupé à regarder Duncan près de sa fenêtre qui, malgré son air détaché, sembler mesurer tout les aspects qu'une possible unification avec le marquisat pouvait engendrer et à n'en pas douter, il pensait comme elle. Elle leva la main, faisant taire ses vassaux qui depuis s'occupaient à savoir qui des deux avaient plus de raison que l'autre. Elle détourna la tête pour les regarder avec un sourire bien veillant. « Merci mes amis. J'ai entendu tout vos conseils et je saurais en tenir compte pour prendre ma décision. A présent, vous veuillez nous laisser seuls je vous prie. Je vous ferais appeler si jamais j'ai besoin de vos avis éclairés sur la situation. ». Après quelques salutations polies, le seigneur de Wacume et son sénéchal franchirent la porte et la refermèrent sur les deux jeunes gens. La salle était devenue silencieuse. Ils étaient à présent seuls et la baronne savait qu'ils pourraient parler sans détour à présent. Malgré son caractère tempétueux et fière, la belle Alanya avait confiance en cet homme. Peut-être à tord, personne n'aurait pu dire les dessein exacte de l'homme-à-la-goutte. Les évènements des dernières énnéades prouvaient tout aussi bien le manque de loyauté du Lys et pourtant elle ne pouvait s'empêcher de croire qu'il n'était pas là pour la détruire. Du moins, elle arrivait à s'en convaincre. Elle ne lui confierait pas l'avenir de sa terre ni le moindre pouvoir décisionnaire mais son avis comptait plus que celui de n'importe qui d'autre. Peut-être cela était dû au grand esprit dont il avait fait preuve en sa présence jusqu'alors. D'un pas calme, la baronne le retrouva près de sa fenêtre où l'on appercevait les champs à travers le vitrail. Il ne lui faisait pas encore face lorsqu'elle mit fin au silence qui s'était abattu dans la pièce aux murs épais.
« L'Alonna n'a jamais eu autant de valeur qu'à se jour. N'est-ce pas ironique alors que nous sortons d'une guerre civile et que nous ne sommes même pas sûr d'avoir assez de récoltes pour tenir l'hiver à venir? ». Sa voix était douce. Elle observait l'herbe vivace se ployer au gré de la brise printannière venue des Monts d'Or. Elle aimait sa terre plus que quiconque et elle n'aurait jamais supporté la voir souffrir à nouveau. « Vous avez raison mon Seigneur. Nous n'aurons plus jamais l'occasion de négocier un arragement à notre avantage auprès du marquisat et pourtant je ne peux me résoudre à cette percepective... En faisant cela, nous brisons aussi tout nos échanges avec l'Odélian. Notre neutralité faisait notre force jusqu'à présent et nous pouvions tirer profit autant de Serramire qu'Odélian ou Sainte Berthilde. Et nous voilà à présent en pature au milieu des rapaces. L'Alonnan n'est pas un trophée et n'en sera jamais un. ». Les yeux gris de la belle fixait toujours l'horizon. Qu'adviendrait-il de sa terre une fois que l'allégeance serait donné ?
« Si nous donnons à Aymeric ce qu'il souhaite comment croyez-vous que Jérôme réagira? Surtout qu'on dit qu'il a retrouvé les bonnes grâces de Gaston dernièrement. Nos principaux échanges commerciaux se finiront. De plus, vous connaissez mieux que quiconque le caractère de la Licorne. Il n'hésiterait pas à venir épée au poing en bas de murailles. Il est aussi capricieux et avide qu'un enfant. Il n'aura jamais la Sgardie et, par conséquent, il demandera autre chose. ». Elle soupira, osant poser son regard sur Duncan. Elle avait les traits fins et malgré la fatigue des obligations de son rang, elle gardait cette beauté sauvage et cet expression qui invitait à la prudence. Pourtant, jamais auparavent elle n'avait été dans une telle situation. Elle en venait presque à regretter son cousin qui, malgré leur différent conjugaux, l'avait toujours soutenue et aidé dans ses choix. « Qu'avons-nous à négocier qui vaudrait des sacrifices aussi grand que mon allégeance ? ». Elle ne réalisa même pas de la proximité entre eux. Il n'était même pas à un mètre l'un de l'autre et pourtant, elle ne s'était jamais sentit aussi seule. Elle espérait sincèrement qu'il pourrait éclaircir son jugement et offrir des réponses suffisantes aux questions qu'elle avait posé et celles qui étaient restées muette. Alanya avait oublié: s'il est facile de choisir pour soi, il est difficile voire dangereux de décider pour une baronnie entière...

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Duncan du Lys
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Mer 19 Aoû - 20:30

Le Lys s'arrêta d'écouter la suite du conseil après qu'il eût entendu les réactions à ses propres paroles. Comme si cela lui fournissait un certain réconfort, il retourna à la fenêtre, où contempler l'horizon lui permettait d'esquiver bon nombre d'interventions qui auraient été attribuées à l'auto-attribution de droits dont il ne disposait pas encore - du moins officiellement. Aucun Être, sinon les habituels sceptiques, n'aurait soupçonné que le Lys se trouvait là pour le pouvoir. Il était ambitieux, certes, mais il lui aurait été bien plus aisé de devenir baron sur sa terre natale qu'en Alonna.

Pourtant bien déterminé à asseoir sa position, et à bâtir de ses mains l'échelle qui le mènerait vers des sentiers plus élevés, il ne savait que trop que la terre dont il serait baron, quelques heures passées, lui était intimement liée. Il souffrirait si elle souffrait, et profiterait de sa gloire et de ses réussites. Il fut tiré de sa torpeur par le départ des nobles avec lesquels sa fiancée s'entretenait ; puis, à nouveau, il l'écouta alors qu'elle prit la parole. Il demeura stoïque, même après que la baronne ait fini de parler. Il demeura ainsi une longue minute, puis, lentement, usant du pommeau de sa canne, il dégagea une mèche de son front.

« Comprenez une chose, ma Dame, dans l'hypothèse - et la nécessité, de nous vassaliser à Brochant. Alonna n'a pas besoin de suzerain. Elle a besoin d'alliés. Maintenant. Et plus le soleil nous éclairera, et plus il faiblira, et plus ce besoin de n'être plus seuls se fera pressant et oppressant.

Quant à mon ancien baron, Monsieur de Clairssac, qu'il fasse à son aise ! Que son armée - ou ce qu'il en reste, vienne frapper à notre porte. Qu'il dilapide les ressources qui subsistent à ses caprices comme il l'entende, nous avons bien des moyens de contourner un embargo si tel était son souhait.
Quant à la neutralité qui vous est chère, ma chère, sachez qu'elle ne vaut désormais plus rien. Une Tour n'est pas solitaire comme un Cavalier sur un échiquier. Tâchons de ne pas être des Pions ou des Fols. Sans vouloir en être le Roi, j'entends bien être le Joueur de cette partie, et non le Joué, ma Dame. Et cela passe par la constitution d'alliances dont Aymeric de Brochant reste le meilleur parti. Qui plus est, nous lui offrirons une porte vers le Sud d'Oësgard : Etherna, Odélian...ce qu'il n'a plus depuis longtemps.

Concernant les récoltes, ma Dame, l'accord signé avec Monsieur le Baron de Missède nous aidera fortement le temps qu'il faudra pour permettre à notre propre terre de fournir à nos sujets le nécessaire pour vivre. »
Il se décrocha de la fenêtre, puis se dirigea vers la sortie. « Vous seule êtes juge, ma Dame. Vous avez la clé de notre salut à tous, et vous savez désormais ce qui se trouve derrière chaque porte. Faites votre choix, et faites le bon, ou que les Cinq nous gardent. Le voyage nous a épuisé, aussi je vous laisse décider en paix, en l'attente de la cérémonie qui se tiendra demain, si j'en crois vos dires, puisque vous vouliez profiter de la présence de votre cour afin de taire les dissidences.

Madame. »


Il courba seulement la tête, puis sortit.

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Jeu 3 Sep - 17:17


Elle l'écouta et ne broncha pas lorsque les pas de son fiancé se dirigèrent vers la sortie. Elle préférait aux grands discours le mutisme bénéfique de ces murs. Courbée vers la fenêtre, elle s'en servit d'appui un instant. La chaleur de son souffle forma un petit brouillard sur le matériel transparent. Elle fixait le vide. Il ne régnait dans la pièce que ce silence morne qu'elle décidait de subir. Depuis combien de temps n'avait-elle pas été seule ainsi? Bien trop longtemps. Elle avait oublié la saveur de se retrouver avec soi-même. Le voyage avait eu raison de sa patience et de ce qui faisait d'elle une femme de poigne. Bien sûr elle avait toujours veiller à prendre conseil mais depuis quand leur accordait-elle plus d'importance? La baronne d'Alonna ne jouerait pas à ce jeu. Elle n'était pas de celles qui suivent mais de celles qui imposent.
Le chemin était encore long pour parvenir à ses fins mais jamais elle n'abandonnerait, qu'importe les sacrifices. De longues minutes s'étaient égrainées dans le néant de la petite salle. Elle releva la tête, fière et d'un geste fluide se rendit vers la sortie. Elle déambula quelques temps dans les couloirs de pierres. Tous se poussaient à son passage et seulement quelques uns s'aventurer à lui demander ce qu'elle cherchait. « Où est le héraut ? ». Tantôt on lui indiquait un couloir tnatôt un autre mais au bout du compte c'est dans la cour intérieure qu'elle eut plaisir à le débusquer enfin.
« Docénas, accours. ». La cour intérieur du castel d'Alonna était austère mais non moins dénuée d'un certain charme. Elle était large et il s'agissait de son coeur battant. Ici se retrouvaient presque tout les corps de métiers. Et tandis qu'elle s'était arrêté, un homme grassouillait s'en venait à sa racontre au pas de course. Rouge et essouflé, il s'inclina de manière théâtrale devant sa suzeraine. Il avait cet air grotesque. Son embonpoint n'arrangeait rien à son portrait caricaturé. « Ô grande Dame, Ô Madame! L'on m'eut dit que vous me cherchiez plus tôt que j'aurais mis mes petites affaires de côté Ô belle Baronne ! ».
« Cela ne fait rien. Il faut que tu partes promptement pour la Grand Place. Fais savoir à tous les crieurs de rue et tout les badauds que demain la baronne se mariera dans la cour du château. Dis leur qu'elle invite tout son peuple à venir et qu'un cortège traversera la ville entière avant de faire une procession dans les champs. Demain sera un jour de fête pour tous. ». L'homme gras en resta coi. Il était à la fois étonné et joyeux. Ses yeux brillaient d'excitation tandis qu'il se retournait et partait aussi vite que ses petites jambes potelées le portaient. « N'ayez crainte Ô Douce Dame! Personne n'ignorera vos fillançailles, d'Ydril jusqu'à la Sgarde !». Elle le regarda s'en aller et hurler elle ne savait trop quoi à quelques pauvres malheureux qui s'étaient retrouvés sur son chemin. Elle espérait réellement que demain se passerait comme elle l'entendait.
Le soir se couchait et tout le château s'affairait aux préparatifs du mariage. Même depuis ses appartements Alanya pouvait entendre le bruit frénétique qui se dégageait des cuisines. Tout le petit monde du castel n'était pas près de dormir ce soir. Alors qu'elle se delestait de la rigueur du trajet dans un bain chaud, elle apperçu une lettre posée sur ses draps. Elle n'avait pas fait attention à sa présence avant cet instant. « Ingrid, porte-moi cette lettre ». La petite rousse s'exécuta et la baronne trempée attrapa le vélin. Tandis qu'elle se faisait coiffer, elle observa le sceau brisé et elle ne tarda pas à comprendre pourquoi. Elle était initialement adressé à Odias.
« A qui appartiens le corbeau Madame? ». La question était innocente mais elle eut pour effet de tirer un sourire en coin à la baronne.
« Serramire, ma chère. »
« Le Sieur de Brochant n'avait il pas un peu de rancoeur envers vous? »
« Oui Ingrid. C'est d'ailleurs ce qui rend ce papier d'autant plus intéréssant. »
« Je crains de ne plus vous comprendre Madame... »
« Il n'est pas de ton ressort de comprendre mais toutefois, tu peux savoir qu'l s'agit là d'un premier pas vers l'avenir. ». Alanya déroula lentement la lettre. Ses yeux parcouraient la lettre et plus elle avançait dans sa lecture et plus son sourire s'étirait. Elle se releva finalement et quitta son bain et les mains délicates d'Ingrid. Entièrement nue, les gouttes ruisselaient sur son corps. Son ventre n'était pas encore assez gonflé pour la déformer. « Reviens dans une heure. J'aurais un travail à te confier. »
« Mais ma Dame, vous n'allez pas rest... »
« Dans une heure Ingrid. ».
Lorsque la porte de sa chambre fut close elle alla prendre quelques fioles et petites boites où diverses poudres et plantes étaient entreposées. Elle alluma un feu dans l'âtre et commença à préparer son mélange. Une fois les feuilles moulues, les poudres mélangées et le liquide versé dans une fiole vide, elle alla rechauffer la mixture. Elle la posa dans le bois brulant et retourna écrire quelques mots: « Vous aviez raison. Je pense que cette lettre vous offrira une bonne lecture. Buvez ceci, cela soulagera la douleur dans votre jambe pour deux jours ». Elle pris un plateau qui avait certainement dû être oublié et déposa le petit billet, la lettre d'Aymeric et la potion encore chaude.
Il faisait nuit lorsqu'on toqua à sa porte. Ingrid entra et Alanya portait à elle le plateau qu'elle avait préparé avec soin. « Va porter ceci au Seigneur du Lys. Dis lui que je lui souhaite une bonne nuit et que nous nous verrons dans la cour demain. »...

Le soleil n'était pas encore tout à fait levé lorsqu'un parterre de pieuses tira la belle de son sommeil.  Elle avait oublié à quel point les rituels de mariage sont épuisants. Les Prieuses étaient toutes encapuchonnées. La première s'avança et aida la baronne à se relever. S'en suivit jusqu'à midi le rite de préparation, mêlant bain dans le fleuve avec prière. Au déjeuner, la belle mangea seule dans ses appartements comme le voulait la tradition Alonnaise. Sur les coups de 14 heures, elle était enfin prête. Il lui faudrait traverser tout le castel les yeux bandés pour se rendre dans la cour. Depuis les lueurs de l'aube elle entendait son peuple prendre place. Dorcénas avait fait un travai fabuleux: c'était un jour de fête pour l'Alonnan et nul ne voulait manquer la cérémonie.
L'on toqua à la porte. Ingrid ouvrit sur les ordres de la belle et dans l'encadrement se dessina le corps de son frère. « Es-tu prête? ». Lorsqu'il posa les yeux sur elle, elle en resta bouche bée.
« Je le suis. Je suis heureuse que tu ais accepté de me mener jusqu'à la cathèdre...». Alanya était sincère. Elle n'avait pas eu la chance de partager beaucoup de chose avec son cadet et celui-ci lui en voulait profondément. « Prenez le petit coffre. ». Deux hommes de main s'exécutèrent tandis que Fulcran la retourna pour nouer sur ses yeux le tissus qui lui cacherait la vue jusqu'à son arrivée dans la cour.
Le temps lui parut infiniment long. Des gardes encadraient leur marche et plus elle s'approchait de l'extérieur, plus elle entendait son peuple clamer son arrivée imminente. Elle inspira profondément et souffla bruyamment. « Tu as peur? ».
« J'ai toujours peur Fulcran... C'est mon lot. »
« Essaye de ne pas tomber avant d'être arriver face à ton fiancé, il risquerait de partir en courant. »
Elle eut un rire franc et quelques secondes après le cortège s'arrêta et le silence se fit dans l'assemblée. Son jeune frère retira le bandeau et elle cligna des yeux plusieurs fois afin de s'accoutumer de nouveau à la lumière. Elle était cachée par une voûte. Un pas en avant et tous la verraient. « Je suis là. ». Elle lui attrapa le bras et il commencèrent à avancer.
Le silence était devenu lourd et la tension se relâcha dans un "oh!"admiratif général en voyant s'avancer leur suzeraine. La foules repris alors sa liesse, acclamant le cortège qui marchait vers l'estrade. Il fallait dire que la baronne avait sortit le grand jeu. Sa robe était d'un ton gris-bleu, tout en voilage. Le tissus laissait deviner avec justesse la forme de sa poitrine et de ses hanches avec une simplicité et une désinvolture qui lui était propre. Son visage avait été maquillé avec finesse pour faire ressortir le gris de ses yeux. Ses cheveux avaient été natté et remonté sur son crâne avec style, laissant sa nuque nue. Seule une mèche rebelle venait encadrer son visage. Enfin, elle portait comme unique bijou le diadème d'argent de son couronnement: Il s'agissait là d'une orfèvrerie fine, où deux sarments de vigne s'entrelaçait jusqu'à ses tempes. Ils étaient reliés par un faucon aux ailes déployés qui coïncidait à la perfection avec son visage et son front. En somme, on en oubliait même les prémices de sa grossesse.
Tout était parfaitement organisé. L'allée qui menait jusqu'à l'estrade était entourée des bourgeois et des nobles. Ses plus proches alliés et amis se trouvait se part et d'autre de l'estrade tandis qu'au milieu se tenait droit le Lys, le prêtre de Néera et la prêtresse d'Arcam. La cérémonie allait pouvoir débuter...
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Duncan du Lys
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Jeu 3 Sep - 18:30

A l'instar d'un insecte tentant d'échapper à son inéluctable sort, le vélin se fondait et se tortillait sous la chaleur des flammes. La lettre lue, le Lys avait laissé le parchemin lui glisser des doigts pour finir son léger envol entre les bûches ardentes, qui jusque là, se contentaient de réchauffer le visage du futur baron, scrutant les braises pourpres.

« En ce moment où Duncan et Alanya de la maison du Lys et de Broissieux se présentent devant vous, ô Dieux d'Amour et de Bonté, nous vous prions. Déjà leurs cœurs sont remplis d'amour l'un pour l'autre mais voici qu'ils veulent vous confier cet amour et vous demandent de les combler de vos bénédictions. »


Il se leva, doucement, puis posa sa canne contre le rebord d'une commode. Il ouvrit la fenêtre. Le soleil s'était déjà tut à l'horizon, et seule la Lune en contrebas éclairait les plaines environnantes. Une brise s'engouffra, arrachant au Lys un frisson. Il posa sa cuisse gauche contre le rebord, s'adossant au rebord, tenant dans sa main droite un verre de vin.

« Soyez, ô Dieux éternels, la source même de la parole qu'ils se confieront ici, en votre présence et qu'ils auront à garder tout au long de leurs jours. Donnez-leurs d'être fidèles, comme vous êtes fidèles ; donnez-leurs d'être purs, comme vous êtes purs ; donnez-leurs d'être bons, comme vous êtes bons ; donnez-leurs de brûler d'amour, comme vous brûlez d'amour et que par la grâce de vos bénédictions, leur union s'en trouve toujours fortifiée. Donnez-leurs, dieux de douceur, de s'aimer comme vous nous aimez et qu'ainsi leur amour ne faiblisse jamais. »

Il demeura là quelques instants. Puis, lentement, il défit son haut. Le Boiteux posa sa coupe, puis acheva de libérer son torse de sa tenue qu'il avait porté l'entière journée durant. S'avançant tant bien que mal, il prit place sur le coffre qui siégeait à l'extrémité du lit, et se défit de ses bottes.

« Moi, Duncan de la maison du Lys, prend comme épouse Alanya de maison Broissieux. Je promets de la protéger, de l’honorer, prendre sa famille comme ma famille, et ses intérêts comme mes intérêts. Une seule âme, un seul cœur. »

« Moi, Alanya de la maison Broissieux, prend comme époux Duncan de la maison du Lys. Je promets de le protéger, de l’honorer, prendre sa famille comme ma famille, et ses intérêts comme mes intérêts. Une seule âme, un seul cœur. »

Sa jambe lui faisait un mal innommable. Durant la cérémonie et les festivités, il s'était passé de sa canne, ne souhaitant pas apparaître courbé et fléchissant, mais droit, digne et prêt à recevoir le titre de baron. Puis ils avaient dansés. La plupart du temps, il ne pensait pas à la douleur, mais elle revenait à la charge dès que sa jambe se reposait et s'engourdissait.

« Ô Dieux d'Amour et de Bonté, vous qui avez fait l'homme et la femme, qui avez souhaité leur union et l'avez bénie, nous vous prions pour Untel et Unetelle qui aujourd'hui se consacrent dans l'amour mutuel. Que votre bénédiction descende sur eux, que votre ardeur les enflamme. Qu'ils trouvent le bonheur en se donnant l'un l'autre, qu'une descendance vienne embellir leur foyer. Dans la joie, qu'ils sachent vous rendre grâce, dans les épreuves qu'ils se tournent vers vous et que votre présence les aident dans leurs tâches quotidiennes. Dans la tristesse enfin qu'ils vous trouvent à leurs côtés afin que vous allégiez leur fardeau et que marqués de vos signes, ils soient pour le monde les témoins de votre existence et gardent au loin les impies. Embrassez-vous, et par ce baiser vous devenez mari et femme. Ce que les Dieux ont béni, nul Homme ne peut le disjoindre, et maudit soit celui qui se met entre eux. »

Il se souviendrait toujours du tonnerre d'applaudissements, du festin, des bravos et des hourras. Il garderait, jusqu'au dernier jour, la couronne qui lui fut remis, celle qui appartenait à Desmond, feu cousin d'Alanya. Il n'oublierait pas non plus le sourire de son épouse lorsque celle ci fût revêtue de la cape des Trois Valeurs, un trésor familial conservé par les Lys depuis les premiers d'entre eux.
Après avoir enlevé ses derniers vêtements, il se retourna et rejoignit Alanya dans leur lit matrimonial. Son inexpérience totale dans le domaine arracherait probablement plus d'un sourire à la baronne, mais que pouvait-il bien en avoir à faire. Après tout, il était baron, désormais.
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Inébranlable Alonna [Duncan]   Jeu 5 Nov - 19:42


Elle écouta religieusement Duncan exposer les tennants et aboutissants de leur grand projet. Elle eut envie de sourire mais s'en priva de peur d'inffluencer la réaction de l'assemblée qui -pour une fois- semblait réellement silencieuse. Etait-ce une bonne chose? La belle doutait de l'approbation sans conflit de ce changement.
L'Alonna était une terre bien organisée quoique le côté juridique ait longtemps été laissé pour compte. Le pouvoir avait été centralisé lors du règne de Hanegard Kastelord mais le projet n'avait jamais été poussé jusqu'à ses limites. Les terres du nouveau couple baronnial étaient certes administrées mais cela ne convenait plus. De plus, pouvait-on leur en vouloir marquer leur époque? Alanya se perdait dans quelques rêveries. Le Lys n'était certes pas le bel apollon qu'elle avait mille fois imaginé petite, ce n'était certes pas un mariage de coeur mais il avait une chose qu'elle ne pouvait encore nommé qui lui plaisait, l'attirait et plus enore, la poussait à surpasser ses propres ambitions déjà bien grandes.
« Eduquer la roture ! Et puis quoi après!? Autoriser l'amour saphique ! ». Se détournant un temps de ses pensées, elle fixa le cousin du seigneur de Lodiaker. Elle avait ce regard froid et inexpressif qui aurait tôt fait de réduire au silence le plus bavard des hommes. Sa réplique cependant eu l'effet escompter car il y eu quelques rires autour de la table. Ces hommes étaient gras ou grivois mais la plupart du temps ils étaient les deux à la fois. Aussi exaspérant étaient-ils, elle resta muette attendant que la tablée se calme. Elle accorda un regard lassé à son époux. Alanya n'était pas réputée pour sa patience et il était temps que les choses changent en Alonnan. Elle se leva dans le calme, finissant ainsi les quelques bavardages intempestifs. «Seigneurs, peut-être est-il utile de vous rappeler que ce conseil est un honneur pour vous, une chance de participer à l'éllaboration de projets comme celui que l'on vient d'exposer. Pour autant, n'oubliez jamais où se trouve votre place et celle qui est la notre. Vos avis nous intéresse et nous entendons chacun d'eux afin de faire consensus entre nous tous, mais les remarques désobligeantes seront traités comme telles. ». Elle s'était déplacée dans le bruit des pans de sa robe, posant une main sur l'épaule de l'intéressé. La Belle se pencha à son oreille et y souffla trois mots que lui seul eut le loisir d'entendre avant de blêmir, se rapetissant sur son siège.
« Pour répondre à votre question mon seigneur, ou du moins celle qui semble induite de vos propos, nous allons effectivement instruire le peuple de manière rudimentaire pour le moment. Les maîtres organiseront des classes où chaque personne pourra participer. Notre voeux est d'offrir à tous une amélioration des conditions de vie. Ils apprendront la base des calculs et de la lecture, ainsi que pour les jeunes filles une éducation à la bonne tenue d'une demeure pour qu'elle prospère. Si notre peuple arrive à remonter la pente, alors notre terre suivra dans le même élan. ». Il semblait toujours encastré dans son fauteuil mais ayant toutefois repris un peu de couleurs. Les autres secouèrent la tête mais n'osèrent pas plus provoquer le couple. Avec douceur la baronne caressa le bras de son époux et sans un mot de plus retourna à sa place.
« Il me semble qu'un cas plus.. concret éveillera d'avantage votre interêt. Un marchand mal éduqué -comme l'Alonna connait- aura de grands soucis pour réussir à ne pas se faire avoir par la première fripouille venue. Avec un apprentissage des chiffres et des lettres, ils seront non seulement capable de marchander sans soucis mais en plus pourront dynamiser le commerce interne en signant quelques contrats de petites invergure. Et c'est en seula, messieurs, que c'est utile. Si le petit commerce fleurit et prospère, ce sont nos caisses qui se renfloueront par la même. ». Elle s'arrêta et se tourna vers son époux. Les seigneurs semblaient encaisser plutôt bien les changements mais, elle s'y attendait déjà, ils se rebifferaient avec le temps.
Personne n'osa poser de questions sur le contenu des trois volumes et elle s'en formalisa assez bien: les longs débats auraient eut raison de sa patience déjà bien entammée. Quelques râleries se firent entendre mais elles n'eurent pas assez d'écho pour être porté à vive voix face au couple qui se tenait, imperturbable, devant eux.
Du moins jusqu'à ce que d'Eskil, le seigneur de Chtoll -cousin de la branche érradiquée- se leva et s'esclaffa. C'était de la moquerie, ni plus ni moins. Depuis son mariage arrangée avec la mère d'Alanya il semblait prendre de plus en plus de place dans le conseil.
« Faites nous croire qu'c'est votre idée Madame ! Voilà qu'un Ethernan se pointe et il se pense assez connaisseur de l'état de notre baronnie pour prétendre le mieux placé pour réformer nos terres! Cessez donc de nous endormir avec vos palabres pleines de belles promesses et agissez ! Les Sombres sont à nos portes et les réfugiés nous apporte la peste ! Ne me faites pas croire que la legislation de l'Alonna est notre priorité et venez-en aux faits !». Le grivois bonhomme marqua une pause et se tourna vers le Lys qui n'avait jusqu'alors pas bronché. « Vous avez certes épousé son Honneur mais votre arrivée tombe comme un cheveux dans notre soupe. Cela est aussi douteux que l'apparition d'un bubon en période de peste. »

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