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 L'escale terrienne d'un marin

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: L'escale terrienne d'un marin   Mar 7 Juil 2015 - 0:52

L'escale terrienne d'un marin






Ville d'Apreplaine,
8ième ennéade de Bàrkios de la 8ième année du 11ième cycle


La bourgade d’Apreplaine était l’une de ces villes jolie, bien rangée, mais sans grand intérêt. Il y faisait bon vivre, cela pouvait se sentir à bien des choses. On pouvait, de-ci de-là, apercevoir des bacs fleuris aux balcons des grandes maisons à colombage. Les grands étendards montrant fièrement les armes du domaine étaient bien entretenus, bien qu’en bernes et noués de rubans noirs. L’eau s’écoulant des fontaines était claire et les rues étaient propres.
 
Les gens vaquaient à leurs occupations. La ville n’avait pas de grands monuments colossaux à faire voir à l’homme de passage, ni encore de cathédrale ou de palais. L’architecture n’y était pas impressionnante, ni même très recherchée, mais on la ressentait fonctionnelle et bien appliquée. Les choses étaient bien faites, mais sans grandiloquence. Dans ce pays qui avait connu la pauvreté extrême et qui s’était bâti sur la force de son travail, un sou était un sou et l’on n’avait pas dépensé des sommes extrêmes dans des projets proclamant la grandeur du domaine.

 Le baron d’Apreplaine était dans les murs de la maison du conseil, l’endroit regroupant les plus hautes administrations du domaine, sise sur la place centrale de la bourgade, au sommet d’une petite colline. Il était au balcon après une longue matinée d’effort. Il avait à nouveau laissé son invitée pour la journée à son manoir pour s’occuper des affaires courantes de son domaine. Mme de Hautval n’avait de toute manière pas besoin de sa présence constante et Niklaus souhaitait la voir se reposer dans la quiétude de son manoir en attendant le début d’un sommet s’annonçant bien difficile.
 
Il soupira d’aise en jetant un regard attendri sur le ballet des habitants de la ville. Si la température était remontée, elle n’était pas encore au niveau de l’été et des fumées tranquilles s’élevaient de certaines cheminées, surtout à l’approche du repas de midi. Le tableau était digne d’une gravure, et le baron espérait que les choses resteraient toujours ainsi. Il travaillait dur pour que les choses se maintiennent et pour que l’Apreplaine continue à prospérer pacifiquement.
 
Au dehors, l’activité tranquille n’était pas celle d’un jour faste. Mais le calme ambiant était du goût du baron, fatigué de l’excitation des derniers jours. Il espérait simplement que les troupes d’occupation quitteraient rapidement les terres de l’Apreplaine et que cette dernière pourrait reprendre une vie plus normale. On frappa à la porte, et le baron quitta le balcon pour retourner dans son bureau. Il s’agissait du prévôt de la ville.  Ce dernier avait rendez-vous pour faire son rapport.
 
La réunion dura environ une petite demi-heure, et finalement en fin de discussion l’officier fit savoir à Niklaus que les gardes lui avaient signalé qu’un noble du nom de di Moncale était arrivé en ville pour la nuit, ce qui piqua la curiosité du baron. Niklaus était un politicien qui avait gardé ses distances avec Diantra jusqu’à récemment. Pour autant il avait toujours gardé ‘l’oreille au tapis’ comme il aimait dire. Il connaissait l’homme de nom, et de fonction. Il serra la main du prévôt en lui rendant sa liberté. Il lui demanda également de porter un message au seigneur di Montecale pour l’inviter à lui rendre visite à la maison du conseil, si tout du moins ce dernier en avait envie.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Jeu 30 Juil 2015 - 0:06

Bon vent, Pied-de-Chaise !

Assis dans son coche, Enrico pouvait encore sentir les effets de la rage bouillonnant dans son corps. Trop vite installé, trop vite reparti. Voilà comment résumer son séjour en Béranthe, dans un château qui lui avait brièvement appartenu par la volonté des vainqueurs. A bien y repenser, il s’était plutôt comporté comme un invité en son sein, et n’avait pas eu le temps d’y faire grand-chose. Apprendre qu’il avait une fille, ce qui n’était déjà pas mal… Et toute la famille était au courant maintenant. L’affaire avait été gardée secrète, une volonté d’Hernán qui ne souhaitait pas voir son fils frappé de discrédit. Le nom des Montecale était déjà assez sifflé dans les cours pour qu’il ne s’entache d’une nouvelle rumeur. Le fait qu’il soit noble avait déjà été remis en question maintes fois, mais toujours l’estropié avait défendu son statut social, acquis de haute lutte. Anobli, il avait été anobli bon sang ! Et ça, la plupart des gens semblaient l’oublier facilement…

A l’intérieur de la voiture, pas un mot. Les femmes voyageaient dans l’autre, celle derrière, et les hommes s’étaient enterrés dans un mutisme complet depuis le départ de la seigneurie. Maussade, Enrico dardait un regard vide sur les nouvelles terres qu’il traversait. Apreplaine, la baronnie du seigneur d’Altenberg. Un homme extrêmement intelligent, et des dires du Duc d’Anoszia, un futur pilier du relèvement de la Péninsule. Bien entendu, il ne ferait que passer, Nelen la Conquise l’attendait déjà, son opération militaire sur place ayant été parachevée par son frère Piezarre. Peut-être que là-bas il serait mieux considéré… Les rumeurs circulaient qu’il s’était taillé une petite réputation en Langehack, et qu’une fois les frontières des domaines royaux passés, une plus grande valeur lui serait accordée. Pas plus mal, au vu du sang qu’il avait versé pour s’approprier une telle position.

Ils prirent quartier dans la plus belle auberge qu’ils purent trouver. La bourgade en comptait bien quelques-unes, mais le rang et l’orgueil des Montecale exigeaient un endroit décent et plus distingué pour leur servir de logis le temps d’une journée et d’une nuit. Choisir Apreplaine comme lieu de repos était une idée de Raúl, qui avait pensé que les esprits échauffés devaient se calmer dans un endroit calme et reposant. On ne pouvait pas leur enlever cela ; les habitants d’ici étaient particulièrement placides. Contraste étonnant avec toutes ces affaires de guerre, et la tumultueuse vie de la famille soltaar. L’établissement du Buisson d’Or les accueillit dans leurs meilleures chambres, laissant toute la petite tribu se reposer dans leur coin. Caterina décida d’emmener ses enfants visiter la petite ville, ces derniers mourant d’ennui depuis leur arrivée. Et alors que les autres membres vaquaient à leurs occupations respectives, l’amiral à la jambe de bois reçut une visite plutôt inattendue.

Un homme du baron, se présentant comme le prévôt, fit savoir à Enrico que son maître l’attendait à la maison du conseil. Intrigué, il accepta tout de même la proposition de l’officier et des deux gardes qui le flanquaient. Il ne connaissait pas Niklaus d’Altenberg personnellement, ni ne se connaissaient leurs familles. C’est la curiosité qui avait poussé l’amiral langecin à accepter l’invitation. Laissant sa famille aux bons soins de ses frères et du patriarche, il suivit le prévôt et ses pandores jusqu’à l’endroit qu’ils lui avaient intimé. Sur la place centrale, une petite colline portait sur ses épaules une construction plus imposante que les autres. Ladite maison du conseil, à n’en point douter. Marchant à son rythme jusqu’au lieu de rendez-vous, il fut reçu par des serviteurs, qui l’emmenèrent sans plus attendre rejoindre le baron dans une salle appropriée à une entrevue. N’ayant toujours pas été instruit de l’objet de leur rencontre, il avait quelques appréhensions, mais arriva finalement dans le bureau du seigneur local.

Le baron d’Altenberg était un homme grand, et plutôt costaud. Loin de l’image érudite à laquelle on le rattachait. Mais sous ce physique plus large, un franc sourire apportait chaleur et lumière dans la salle, qui aurait parue bien sombre sans ce rictus. Enrico se rapprocha de quelques pas contrôlés vers le seigneur d’Apreplaine, et esquissa une révérence.

« Votre Honneur, baron d’Apreplaine, c’est pour moi une immense fierté que de me voir convié à m’entretenir avec vous. »


Il s’humecta les lèvres avant de reprendre.

« Mais si je puis me permettre, messire d’Altenberg, je serais curieux de savoir ce qu’un marin éclopé tel que moi aurait d’intéressant pour un baron dont le renom n’est plus à établir. »
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Jeu 30 Juil 2015 - 21:06



Le baron avait poursuivi sa journée sans trop repenser à l’invitation qu’il avait déclinée vers M. di Montecale. Il n’avait plus autant de temps que précédemment pour s’occuper du domaine dont il avait la charge. Il y avait passé tout son temps de son arrivée à l’aurore jusqu’au milieu de la matinée.

La fin de matinée quant à elle avait été le théâtre de discussions concernant un certain nombre d’affaires privées dont le baron devait prendre connaissance afin de donner son aval à ses assesseurs. Le baron avait donc passé les dernières heures à s’entretenir avec son surintendant, Alix Jäger, un homme que sa naissance avait voué aux tâches les plus simples mais dont l’intelligence et une enfance d’amitié avec le baron avaient permis de le hisser aux plus hautes fonctions dans le domaine. En devenant surintendant, il était en charge des domaines privés de la famille d’Altenberg et de leur prospérité. Le baron ne frayait pas qu’avec la noblesse, et beaucoup de ses gens les plus proches étaient issus du ‘’petit’’ peuple.

Alix lui avait exposé un certain nombre de sujets nécessitant son attention dans les propriétés de la famille. La scierie de Waldhouse en particulier ne disposait plus de suffisamment de stock, et plusieurs moulins n’arrivaient plus à vendre leur production sur les marchés locaux, tant la pression en provenance de la capitale était forte. Les prix montaient rapidement, ce qui aurait pu réjouir le baron s’il avait été un homme cupide, mais cela l’inquiétait beaucoup. Il était naturel à la fin du printemps et au début de l’été de voir le prix de la farine augmenter, après tout la dernière récolte datait de presque un an, mais pas dans les proportions de cette année. Il en allait de même pour les légumineuses et toutes les autres céréales. L’élevage était moins concerné, au contraire les prix avaient tendance à descendre, la capitale ayant perdu beaucoup de ses riches, seuls capables de faire une demande importante en viandes et fromages, produits par essence hors de portée des plus pauvres.

Il fut heureux d’apprendre que M. di Montecale avait accepté de venir. Ce dernier était annoncé à l’entrée. Niklaus donna des instructions pour que les deux hommes se retrouvent à l’étage, dans un petit salon. La pièce était de nature assez sombre, toute recouverte d’un bois sombre. Les lambris étaient très simples. Aux deux coins de la pièce tournés vers l’intérieur du bâtiment se trouvaient des grands poêles à faïence, certainement utilisés l’hiver. Sur le mur se trouvaient de grandes tapisseries très simples, sans motifs complexe. Une mosaïque recouvrait un des murs, représentant un port niché dans une petite anse. Si le reste de la salle était dépouillé, la mosaïque était quant à elle un objet très réussi et avait certainement demandé beaucoup de travail.

Le baron arriva en premier dans la salle, ce qui l’étonna car il avait pris du retard en déposant un document chez un de ses clercs. Mais l’explication arriva rapidement. Le baron s’approcha de son interlocuteur avec un sourire bon enfant. Ce dernier s’agrandit lorsque l’homme esquissa une révérence. Le baron en fit de même, bien qu’un peu rapidement et finit de se rapprocher pour tendre sa main.


« - Je vous en prie. Inutile de nous confondre en titres et particules. A moins que vous n’y insistiez, je n’y tiens pas. Je vous reçois en mon nom propre et non au nom de mon domaine. »

Son sourire diminua et il eut un regard très sérieux. Il décocha un regard rapide à la condition de la jambe d’Enrico. Il écouta la demande d’Enrico sur la raison de sa venue. Le baron botta en touche.

« - Je suis navré de constater que j’ai commis un impair en vous conviant à l’étage. Je suis désolé, je n’étais pas au fait. Mais pour m’excuser suivez moi donc encore quelques pas. Installons-nous sur le balcon pour boire un verre. J’espère que vous n’avez pas encore déjeuné. Je n’ai pas eu le temps de m’y mettre. »

Le petit salon était effectivement adossé à une rangée de grandes fenêtres protégés par de grands rideaux blancs qui flottaient au vent et une porte s’ouvrait sur la fin de la rangée de fenêtre pour accéder à un balcon de pierre qui offrait un petit panorama sur la place principale de la bourgade et sur les quelques encablures entourant la colline sur laquelle la petite cité était construite.

A l’extérieur une table de métal et de pierre était disposée autour de deux sièges à l’allure confortable. Un  soleil agréable brillait sur la plaine, entrecoupé par moment de nuages moutonnants. La brise d’est qui soufflait doucement était assez chaude pour assurer aux deux hommes un moment agréable en extérieur.


« - L’été arrive enfin… Et je pense qu’en ce moment, à la vue de la situation, mieux vaut profiter chaque instant agréable. »

Un serviteur fit son apparition.

« - Ah ! Jean…»

L’homme eut un sourire pale.

« - Il faudra nous excuser Messire, nous n’étions pas au courant que vous receviez. »

Le baron eut un sourire à Enrico.

« - Vous lui direz s’il est excusé après notre repas… Quoi de beau au menu ce midi Jean donc ? »

Le serviteur eu un regard de chien battu pour les deux hommes, mais le baron, tout amusé du désespoir professionnel de son servant, continuait à le regarder sans broncher.

« - Alors ?

-  Un pâté de chasse avec une salade de radis et une tourte au poisson.

- Bon… En attendant que M. di Montecale trouve des mots pour vous exprimer sa grande insatisfaction, cherchez nous un vin frais. »


Le baron regarda l’homme partir avec un sourire.

« - C’est un brave garçon. Il veut toujours trop bien faire. Pour répondre à votre question M. di Montecale, j’étais curieux de vous rencontrer. Vous me parlez de mon renom, et vous me faites bien rire. Votre nom m’étais je pense plus familier que le mien pour vous. Vos victoires à l’est ont été retentissantes. Retournez-vous vers l’est ? »

On amena la boisson et quelques olives.

« - Je suis heureux que vous soyez là. Vous disposez d’une perspective que je ne peux avoir… J’ai beaucoup de questions pour vous. Votre avis m’importe beaucoup. Vous devez certainement connaitre mes efforts pour tenter d’obtenir la fin de la guerre civile et le retour à un calme relatif dans le Médian. Je souhaiterai connaitre votre avis franc sur le sujet. Commençons par cela. Nous parlerons de mes problèmes maritimes après. »
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Ven 7 Aoû 2015 - 13:10


Le baron semblait être un homme pour qui l’étiquette importait peu. Une chose qu’Enrico respectait beaucoup, mais qui n’était pas vraiment dans ses habitudes. La rigidité militaire l’empêchait souvent d’être familier avec ses supérieurs, bien qu’il y eut quelques exceptions notables. Ne revenons pas sur cette nuit arrosée avec le Duc, à la fois mémorable et honteuse, ou encore ce petit concert improvisé avec le capitaine de Corlingo. Des exemples gênants. Mais si le baron d’Apreplaine ordonnait de ne pas user des titulatures, alors, était-ce dès lors considéré comme un ordre ? L’amiral passa ses dents supérieures sur sa lèvre inférieure, puis dit :

« Messire, si je puis me permettre, ceci tiens plus de l’habitude que d’autre chose, et ne vous étonnez pas si par moment le naturel revient au galop. Mais je ferai un effort. »


Le sourire de Niklaus se changea en expression sérieuse lorsqu’il lorgna sur sa jambe de bois. Il s’excusa de lui avoir fait monter tout un étage, et l’invita à s’installer sur un balcon, afin d’y prendre le déjeuner. Enrico marcha avec l’imposant baron, et lui dit, non sans qu’un sourire bienveillant se calque sur ses lèvres :

« Les sévices de la guerre sont dures, et leurs leçons douloureuses. Mais j’ai pris le temps de m’habituer à ma condition, ne vous en faites pas. Ce n’est pas un escalier qui me fera peur, c’est certain ! En revanche, j’accepte votre généreuse invitation, sir. Je n’ai point mangé ni bu également. »

Lorsqu’ils arrivèrent audit balcon, l’estropié put apprécier la vue d’ensemble donnée sur la petite bourgade apreplainoise. Calme et sereine, elle semblait ne pas se soucier le moins du monde des horribles événements extérieurs, et vivait calmement dans un environnement paisible, routinier. Enrico n’enviait pas vraiment la petite vie calme des roturiers et des paysans, cependant, il devait avouer qu’elle était dotée d’un certain charme par moments. Si on exceptait le dur labeur et l’absence totale de droit politique… Il s’assit à l’un de ces sièges confortables mis à disposition pour les deux hommes, et s’égara dans la contemplation du dehors. Le baron avait raison ; il fallait profiter de chaque moment agréable.

Un serviteur arriva. Son nom fut prononcé par le maître des lieux ; Jean. Et apparemment, il n’était pas très à l’aise à l’idée que la venue d’un étranger ne lui ait pas été annoncée. Sa situation pour le moins gênante amusa Enrico, qui sourit au baron lorsque ce dernier enfonça un peu plus le clou. Ce n’était pas bien méchant, et, après tout, les jeunes larbins n’étaient-ils pas faits pour être enquiquinés ? Il énonça le plat concocté. Un pâté de chasse ? L’occasion de goûter de nouvelles choses. La perspective de manger de la tourte au poisson néanmoins ne put que réjouir l’amiral langecin. La discussion continua de plus belle, après que le garçonnet eut été chercher des boissons.

« Je ne pensais pas être si connu en terres royales. Je suis assez perplexe, étant donné le coup rude que cette conquête a porté à Scylla. Vous me semblez plus un homme de paix qu’un homme de guerre, messire. Or, ce n’est point la paix que j’ai apporté sur Nelen. »

Une boisson accompagnée d’olives dans un bol atterrirent soudainement sur la table. Enrico prit soin de humer le vin et ses arômes. Œnologue à ses heures perdues, il fut plutôt satisfait par ce dernier, qu’il ne connaissait pas. Après y avoir goûté, il continua :

« Oui, je rentre à Langehack. Le Conseil de Diantra a sonné le glas de mes possibilités ici. L’amirauté royale n’est plus qu’un rêve éloigné à présent, et le baron de Valancourt ne m’a jamais réellement apprécié. Un homme rustre, si vous voulez mon avis. »


Il dégusta quelques olives. La senteur lui rappelait Boniverdi et ses appartements de luxe. Un souvenir pas si lointain, encore vivace.

« Mon avis sur la guerre civile ? Je ne suis qu’un militaire, et l’on préfère me demander de combattre plutôt que de donner mon avis. Mais soit, si vous souhaitez l’avoir… Je fonctionne à la loyauté plus qu’à la véritable légitimité. Je suivrai le duc Oschide d’Anoszia sans hésiter, quelle que soit la fin, car c’est cet homme qui m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui. Certes, les revers sont nombreux, et tout ne se passe pas comme prévu. Mais je pense que le véritable souci de cette guerre est le manque de loyauté et l’oubli des valeurs premières. L’honneur, le dévouement, le respect… Tous ces mots semblent avoir été balayés par l’ambition, la soif de pouvoir, et la jalousie. Tous veulent être rois, ou ducs, ou marquis. Et ils sont prêts à s’entre-déchirer la Péninsule, au risque de finir par n’avoir plus rien à diriger qu’une terre fantôme, vidée de sa population et dépouillée de son patrimoine. Nous sommes en train de nous transformer en Nisétiens, messire d’Altenberg. Les Drows sont déjà à nos portes dans le Nord, et je suis sûr que le Médian ne lèvera pas le petit doigt car celui-ci est trop fier pour se rattacher à lui. Le rêve de feu ce bon Trystan est mort avec lui, je pense. »

Les mots étaient venus naturellement, comme s’ils avaient été retenus trop longtemps par son propriétaire. Tout cela commençait sérieusement à le rendre malade. Il s’avachit dans son siège un peu plus et reprit une gorgée de vin, avant de sourire.

« Mais ceci, messire Niklaus, n’est que mon humble avis. Vous devez avoir une vision toute autre des choses, peut-être plus générale ou plus exacte. »
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Mar 11 Aoû 2015 - 19:12



Le baron, avec le calme posé et un peu fatigué d’un homme ayant trop vécu en trop peu de temps, semblait, sous son visage fatigué, réellement heureux de se trouver en compagnie de son invité. Si une certaine énergie se dégageait infatigablement du baron, cette dernière était néanmoins dernièrement bien plus atténuée qu’à l’habitude. Il ne connaissait pas le marin plus que cela, mais de premier abord, ce dernier lui plaisait bien. Il avait l’air sympathique et franc. Deux traits rares dans ce petit monde péninsulaire. Et puis le nom avait un petit quelque chose d’exotique.

Certains noms se répétaient à l’infini dans la péninsule tant certaines familles avaient petit à petit placé des leurs un peu partout. Les Altenberg n’étaient plus représentés que par quelques foyers, aucun n’ayant une importance politique, pour la plupart devenus des marchands ou argentiers. La branche de  Niklaus était la seule encore les deux pieds dans la politique. Di Montecale était le seul que Niklaus connaissait ayant ce nom, et c’était là un détail intéressant.

Au dehors l’atmosphère était celle d’un midi de semaine. La vie de la bourgade s’atténuait petit à petit dans les rues commerçantes tandis que la place centrale retrouvait de l’activité. Les grandes portes des temples s’étaient ouvertes sous l’action des sacristains, attendant les quelques fidèles qui voudraient se recueillir une fois le déjeuner passé. Les quelques cantonniers qui avaient passé la matinée à balayer la place avaient disparus.

Les grands arbres lançaient leurs longues ombres sur les bâtiments à colombage entourant la place, et la brise chaude continuait son action. Outre le bruit de la fontaine, les feuilles d’arbres bruissant calmement et le doux remous des étendards et drapeaux de l’Apreplaine recouvraient le brouhaha ténu des conversations qui commençait à monter.

Les quatre grandes auberges qui avaient pignon sur la place sortaient leurs grandes tables pour les placer à l’ombre des grands arbres.  Rien de bien sophistiqué… De très simples et très longues planches de bois poncés placés sur des tréteaux de bois et encadrés de grands bancs de bois. La foule commençait à monter vers la place centrale et les odeurs de potées et de pain chaud commençaient à fendre l’air de la bourgade.

C’était là une longue tradition pour la plupart des habitants de l’Apreplaine, surtout dans les périodes difficiles, et le baron se joignait parfois à ses compatriotes pour partager le repas de midi ou du soir.

Car en cette période de vaches maigres, il était plus simple et plus économique pour beaucoup d’acheter un repas simple à l’auberge plutôt que de le faire chez soi. Cela économisait du bois de chauffe et cela permettait de mutualiser le coût des repas. Les auberges fournissaient des repas de qualités très correctes à un prix très tassé.  A cela s’ajoutait que l’intendance de la baronnie leur venait en aide pour conserver les prix bas en réalisant des efforts sur les taxes qui étaient prélevés sur leur activité progressif en fonction du nombre de plats servis. Ainsi plus un aubergiste servait de plats, et moins il payait de taxes. Cette mesure resterait certainement toute l’année. Niklaus l’aménagerait en fonction de la récolte estivale.

Ainsi dernièrement un nombre plus important qu’à l’habitude d’habitants se retrouvaient pour manger dans les auberges. Leurs rires et leurs cris montaient jusqu’aux deux hommes assis sur leur balcon. Tout en contemplant d’un air distrait le spectacle, le baron écoutait son interlocuteur avec attention, retournant souvent son regard vers lui.


« - Langehack ? Hmm… Je vois. », laissa tomber le baron lorsque le marin lui informa qu’il comptait remonter par là haut.

De ce que Niklaus en avait compris, Langehack n’était pas l’endroit le plus stable de la terre politiquement en ce moment, surtout pour des anciens alliés du duc dont la condition était encore mal définie. Le baron eut un sourire amusé lorsque son interlocuteur lui parla de Valencourt. Niklaus connaissait relativement bien son collègue, qu’il savait intelligent mais fourbe. Par manque d’esprit, ce dernier était bien incapable de ne pas finir par se fâcher avec tout le monde. Il n’était donc pas étonné du ressentiment de di Montecale à son endroit. Le baron sentit le malaise de l’homme lorsqu’il parla des derniers évènements et de la guerre. Niklaus eut un soupir et une moue compatissante.

«  - Vous avez raison de dire que je suis un homme de paix bien plus que de guerre. Si j’ai appris le métier des armes, et si j’ai tué, je ne suis pas un homme de guerre. Non pas que je suis contre la notion, bien au contraire. Je n’ai simplement jamais été entrainé dans une guerre.

Je n’ai pas de ressentiment, envers vous ou envers bien d’autres, pour la situation dans laquelle nous nous trouvons. Chacun à agit d’une certaine manière, et il serait idiot de se pointer du doigt plutôt que de travailler de concert à la reconstruction. Vos efforts en mer Olienne me sont connus. C’est une des raisons qui m’ont poussé à vous demander de bien venir me voir. Mais j’y reviendrai dans un instant.

Concernant la situation actuelle, j’entretiens de bons espoirs sur le fait que nous retrouverons bientôt un peu de paix durable et que nous pourrons reconstruire. Je partage votre avis sur le fait que notre pays est sur le déclin. Je pense également que nous sommes suffisamment nombreux à vouloir retourner la situation pour que nous puissions sous peu avoir le dessus. J’organise un congrès sous peu pour tenter de résoudre diplomatiquement les différents entre les trois principaux intéressés et j’ai bon espoir d’y arriver. Que cela rate ou non, nous serons certainement amenés à reparler. Une fois le gouvernement royal rétabli, le royaume aura l’opportunité de reprendre l’initiative sur certaines fonctions régaliennes.

Pardonnez ma curiosité et mon indiscrétion, si vous ne voulez pas en parler, je ne prononcerai plus un mot sur le sujet, mais qu’allez-vous retrouver en Langehack ? La situation du duc est un mystère pour beaucoup, certains le disent très malade. Sa déchéance physique pourrait certainement sous peu entrainer sa déchéance politique.

Je sais que rien ne vous fait peur et que vous êtes un homme faisant face au danger. Je vous sais néanmoins ici avec votre famille. Nous savons tous deux que l’Apreplaine jouit d’un calme qui contraste avec le reste du royaume pour le moment. Les ennemis du duc sont nombreux et le Langehack est certainement le plus instable des lieux en ce moment.

Ne vous méprenez pas sur mes intentions. Je ne cherche pas à vous faire faire des infidélités. Je ne suis empêtré dans aucune alliance politique et je ne cherche pas à vous recruter pour telle ou telle faction. J’ai beaucoup lu, et beaucoup étudié. Si l’Histoire nous apprend quelque chose, c’est que nombre de gens de grande valeur ont été tués de manière méprisable lors de grands bouleversement politiques comme ceux que nous traversons. Des savants, des philosophes, des stratèges, des explorateurs, des médecins, ou des marins.

Je tiens à vous dire que l’Apreplaine vous est ouverte si vous souhaitez y rester le temps que la situation se tasse. Je serai heureux de vous accueillir. A cela s’ajoute que j’ai potentiellement pour vous une proposition. »


Le pâté et la salade de radis arrivèrent. Il s’agissait d’un plat élégant bien que simple. On sentait que le service avait tenté de camoufler leur manque de préparation dans la présentation du plat. Deux assiettes de cuivres avaient été disposées devant les deux hommes ainsi que des couverts d’argent. Une corbeille en osier élégamment tressé avait été posée à droite, de grosses tranches d’un pain brun y étaient disposées sur un linge rouge. Les tranches étaient encore fumantes et semblait sortir du fournil. Fut également posé sur le bord de la table une grande terrine en céramique aux motifs compliqués et bariolés. A l’intérieur, la graisse avait déjà été raclée et s’y trouvait un magnifique pâté prédécoupé en tranches généreuses, son fumet était affriolant bien que son aspect esthétique n’était pas extraordinaire. Le dernier élément, bien qu’il fut celui qui sentait le moins sur la table, était certainement celui qui avait demandé le plus de travail esthétique. La salade de radis avait été présentée sous la forme de deux spirales blanches, entrecoupée d’une ligne verte, se rejoignant en leur centre. Des jeunes pousses d’un légume bleu vif inconnu au marin avaient été tailladées pour faire de beaux motifs. On aurait dit une tapisserie aux motifs floraux abstraits. Le domestique, après avoir découvert les trois plats, entreprit de servir les deux hommes de leur entrée. Il se débrouilla d’ailleurs très bien car le résultat final dans l’assiette fut très beau à contempler. Il resservit le petit monde en vin et s’en fut, laissant les plats pour un second service, si ces messieurs en souhaitaient.

« - Comme vous le savez l’Apreplaine est un domaine autant tourné vers la terre que vers la mer. Syriac est l’unique port de commerce des domaines sur l’océan d’Eris. Nous disposons d’une situation économique qui, si elle est pour le moment réduite par rapport aux autres domaines en raison de notre faible population est l’une des plus efficace.

La stabilité politique et institutionnelle de l’Apreplaine, combinée à ses grands efforts administratifs, en font une province digne d’un commerce florissant. Pour autant pour le moment nos efforts sont limités par les interfaces dont nous disposons. En particulier le fleuve est un axe préféré par beaucoup pour descendre la péninsule.

L’insécurité maritime est une des raisons de cet état de fait. Meca est une plaie béante dans notre flanc ouest et l’origine de nos problèmes de pirateries. Je souhaite faire de l’Apreplaine le débouché naturel sur l’Océan d’Eris, ce qui nous permettrait potentiellement d’ouvrir le commerce à longue distance avec le nord. Ceci est un souhait sur le long terme, mais lorsqu’on est aux affaires, il faut savoir faire preuve de vision.

J’espère pouvoir convaincre la prochaine Couronne de m’appuyer dans cet objectif de pacifier Eris. Et pour cela il me faudra des avis militaires. Vous êtes certainement l’expert du moment sur la conquête d’iles. Si je ne peux pas vous fournir de flotte à l’heure actuelle. Je souhaiterai vous proposer de rester en Apreplaine le temps que la situation de notre royaume se tasse et que vous me donniez votre avis sur les extensions à faire au port de Syriac et à son chantier naval afin qu’il puisse, en plus d’accueillir des navires de commerce comme il le fait actuellement, accueillir une flotte militaire. »
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Mar 25 Aoû 2015 - 12:22

Enrico analysa les paroles du baron en attendant la venue du plat. Il semblait être un homme intelligent, et un orateur remarquable. Peut-être un peu trop confiant en l’avenir du Royaume. Les affaires royales étaient délicates, et le nœud gordien semblait inextricable. Nimmio de Velteroc avait déjà tenté de le couper, mais apparemment, son épée n’avait pas été assez tranchante, et le nœud persistait. L’idée d’un congrès, cependant, n’était pas une si mauvaise idée, au vu de la situation.

« Je vous souhaite dès lors bonne chance dans votre entreprise, messire. »


Il parla finalement de Langehack. Un endroit dangereux, en ce moment ? Était-il bien informé ? Il avait quitté un duché en parfaite santé, content de savoir la mer Olienne un peu plus contrôlée qu’auparavant. Certes, le duc avait quelques ennemis, telle cette enflure d’Alcion d’Amderran, mais un calme relatif régnait en ce moment dans la cour langecine. La préoccupation de l’avenir du Médian était sur toutes les lèvres, et le reste paraissait bien secondaire, tant la situation était critique. Aussi fut-il étonné d’entendre le baron parler d’instabilité, alors que partout dans le Nord, et dans le Médian, le temps était à la discorde. Certes, il marquait un point en définissant l’Apreplaine comme un havre de paix, et Enrico lui concédait qu’il avait su maintenir un respectable écart avec les affres du monde extérieur. Et bien évidemment, comme l’amiral s’y attendait, il lui proposa dès lors de rester plus longtemps.

« Monseigneur, votre proposition est généreuse, autant pour moi que pour ma famille. Malgré tout, je reste fidèle à mon suzerain, auquel j’ai fait serment d’allégeance. Qu’importe le danger, si l’on ne peut se fier à mon honneur, alors qui suis-je dans ce bas-monde ? Les dieux ne m’ont donné qu’une parole, et j’ai juré de revenir m’occuper de ces îles récemment prises avec le concert de mon frère. En temps de paix, peut-être aurais-je accepté votre proposition. Mais Langehack m’appelle, et je dois répondre. J’écouterai tout de même votre proposition, messire baron. »


Le plat arriva lorsque Niklaus reprit la parole. Un pâté accompagné d’une salade de radis, afin de régaler les papilles des deux hommes. Enrico saliva lorsqu’il sentit l’odeur entêtante du pâté aux tranches prédécoupées. Quant à la présentation de la salade, he bien, l’estropié n’avait jamais compris à quoi cela servait de faire une magnifique présentation si l’instant d’après tout s’effondrait comme un château de cartes, s’en allant rejoindre les estomacs des convives. Il devait pourtant avouer que c’était agréable à la vue. Peut-être ceci donnait-il plus grand appétit ? Ils attaquèrent leur plat alors que le baron faisait sa proposition. Enrico goûta au pâté et à la salade, aussi bons qu’il l’avait imaginé. Il aurait continué à mastiquer si le sir d’Altenberg n’avait prononcé cet ignoble mot. ‘Meca’. Plus de mastication, seulement un regard intéressé et déterminé. Beaucoup connaissaient les faits d’armes de l’amiral face à la piraterie dans sa jeunesse, ces faits d’armes qui lui avaient valu l’anoblissement, au prix d’une jambe et d’une haine désormais farouche contre le pavillon noir.

Il posa son couvert, et étudia la proposition du baron. Là, il y avait tout de même matière à réfléchir. Ce qu’on lui demandait était diablement tentant, étant donné qu’il avait l’opportunité d’enquiquiner à nouveau la piraterie mécane. Il posa ses mains sur la table, et soupira.

« Vous avez trouvé mon point faible, messire d’Altenberg. Mon aversion profonde pour la piraterie et Meca en particulier m’interdit de vous refuser mon aide. La possibilité de faire échouer leurs plans me réjouirait au plus haut point. Alors, j’ai une contre-proposition à vous faire. »


Il but une gorgée de ce bon vin qui lui avait été servi, l’étudiant de son palais. Puis il continua.

« Je resterai quelques jours de plus en Apreplaine. Le temps de visiter Syriac, étudier ses défenses et ses possibilités stratégiques, pour enfin rédiger un compte-rendu et un rapport. De par ce rapport, je vous fournirai des conseils avisés sur les extensions militaires possibles, ainsi que d’autres astuces pour déjouer les pirates. Car, il n’y a pas qu’avec une bonne défense et des bateaux que l’on peut exterminer la vermine, messire baron. J’ai d’autres cordes à mon arc. Une fois ces quelques jours passés, je devrais rentrer à Langehack au plus vite, comprenez-moi… »


Il se rassit un peu plus confortablement.

« Qu’en pensez-vous ? »
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Mer 2 Sep 2015 - 19:38


Le baron réfléchissait encore aux paroles précédentes de son invité. Il lui avait aimablement souhaité bonne chance dans son entreprise diplomatique. C’était là une entreprise bien difficile à n’en pas douter. De la chance, il lui en faudrait certainement. Peut-être les gens avaient-ils raison après tout. Il regarda l’homme qui lui faisait face avec un sourire un peu mélancolique. Peut-être fallait-il accepter les choses et laisser le démembrement du royaume s’opérer en profondeur. L’ébauche d’ensemble que Niklaus souhaitait sauver n’était peut-être au final pas si sauvable que cela. Peut-être les personnes qui insistaient sur l’impossibilité de ses desseins avaient-ils raison. Niklaus regarda les nuages passer tout en avalant quelques bouchées de l’entrée. Il n’avait pas très faim. Ces derniers temps il avait plutôt un maigre appétit, certainement lié à la pression permanente qui reposait – de son propre fait – sur ses épaules.

L’homme voulait s’en retourner rapidement au Langehack, une volonté que Niklaus respectait naturellement. Il ne lui avait pas fait sa proposition dans le but de l’empêcher de s’en retourner à Langehack, mais simplement pour lui offrir une opportunité au cas où il avait eut des réticences. Ce n’était pas le cas, ce qui était très bien pour di Montecale. Niklaus était heureux pour lui. Il acquiesça silencieusement et ajouta simplement.


« - Je n’insiste pas, je ne cherche pas à vous éloigner de vos responsabilités. Je vous propose d’ailleurs de trinquer à votre retour rapide et sûr à Langehack. Retenez de tout cela que ma porte vous est ouverte. »

Le baron continua sa lente progression dans son assiette, heureux que son domestique ne lui ai servi qu’une petite portion. Ce dernier était d’ailleurs de retour pour un deuxième service, que le baron refusa d’un geste poli de la main, le remerciant silencieusement. L’homme demanda silencieusement à di Montecale qui parlait s’il souhaitait se resservir et, une fois les désirs de l’invité satisfaits, s’éclipsa avec le plat d’entrée. Il avait placé au passage deux nouvelles coupes de vin sur la table pour la suite des évènements culinaires.

L’homme lui donna son accord pour aller visiter Syriac et lui donner un avis éclairé. Le port de l’Apreplaine en était aussi la ‘capitale’ économique, si on pouvait parler de capitale, car le domaine n’était pas bien grand et surtout pas bien peuplé. Pour une faible population, le port était néanmoins assez développé, sans que ce développement n’ait eu une influence très positive, tant l’océan d’Eris faisait misère à qui voulait y commercer. Un investissement à perte pour le moment qui avait fait enrager des générations d’Altenberg.

Le baron eut un sourire franc pour l’homme, sortant un peu de son air mélancolique.

« - Ne prenez pas mal mon humeur M. di Montecale, votre présence me fait très plaisir, et votre réponse encore plus, mais je suis dernièrement très affligé. Je ne cherche pas à me plaindre, je souhaite juste vous faire savoir que l’on m’a connu sous des dehors plus joyeux. »

Le nouveau vin arriva il était bien plus sec. Avec lui arriva également le plat principal, une grande tourte qui avait été façonné à la forme d’un poisson. On découpa des parts pour en servir une par convive avant de refermer le grand moule dans lequel le plat était arrivé.


« - Ce sera un honneur pour moi d’avoir votre avis. Je sais reconnaitre mes faiblesses, et si je pense avoir quelques talents en administration, je ne suis ni le marin le plus émérite, ni le tacticien le plus sensé. Je vous fournirai les plans de Syriac et donnerai des ordres pour que vous ayez accès libre. Je vous ferai également parvenir les plans des extensions que nous souhaitons mener dans les deux années à venir, pour recevoir vos critiques. Vous verrez vite que je suis un homme ayant des ambitions pour que notre domaine serve au mieux la Couronne, et se serve lui-même au passage comme mes aïeux avant moi. Je dois aller à Waldhouse demain pour préparer le congrès. Syriac est un peu plus loin. Je vous propose que nous nous y rendions. Je vous laisserai poursuivre dans l’intervalle et vous retrouverait après demain soir pour recevoir votre rapport. Il ne vous faudra pas trop d’une journée pour faire le tour. Nous serions de retour ici dans quatre jours. Qu’en pensez-vous ? »


Il eut un sourire et entama son plat de résistance, l’appétit lui étant un peu revenu.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Mar 3 Nov 2015 - 13:35

Le baron proposa bien aimablement de trinquer à son retour en Langehack, chose pour laquelle il ne pouvait qu’opiner. Il se saisit de son verre, un sourire aux lèvres, et porta donc un toast.

« A votre bonne santé, et à mon retour dans les terres de mon suzerain. »

Il but une gorgée de vin, en appréciant les arômes singuliers.

« Je me souviens avoir déjà mouillé à Syriac lors d’une mission d’escorte d’un navire marchand vers le Nord. C’est un petit port, certes, mais dont la fonctionnalité en fait tout son charme. Je n’ai jamais aimé les grands aménagements esthétiques qu’ils ont tenté d’établir à Boniverdi. Où est donc le professionnalisme militaire là-dedans, hm ? Ce courtisan d’amiral de Martirigi semblait avoir passé beaucoup trop de temps au palais. Promettez-moi de ne point tomber dans les mêmes travers, messire, ce serait extrêmement dommage pour la beauté de votre futur port de guerre. »


Il sourit. Beaucoup de marins avaient été de son avis lorsqu’ils avaient vu s’ériger des colonnes, ou encore vu des bâtiments être ‘enjolivés’ par de jeunes architectes aux penchants sexuels douteux. Un bâtiment militaire ainsi massacré était la porte ouverte à l’hilarité pour les autres marines. D’où la pétition qu’ils avaient décidé de signer, quelques valeureux capitaines et lui. Heureusement, le projet n’avait été qu’en partie effectué, laissant l’essentiel du port dans un état parfaitement opérationnel. Enrico écouta dès lors ce qu’avait à dire le baron d’Apreplaine. Quelque chose le préoccupait, et l’amiral mit cette humeur quelque peu sombre sur le congrès politique planifié par le maître des lieux. Nul doute que c’était là une entreprise plus qu’éreintante, même pour le plus fin diplomate, tant les intérêts étaient nombreux. Il vit avec satisfaction le second plat arriver, une tourte au poisson, qu’il ne toucha pas tant que le baron n’avait pas commencé, usage de politesse oblige.

Il écouta le plan préparé par Niklaus pour les journées à venir, et ne put qu’approuver, même s’il devrait rentabiliser au maximum son temps. Ce n’était pas un problème pour un militaire tel que lui, et c’en était même motivant de pouvoir retrouver, ne serait-ce qu’un temps, l’atmosphère d’un port et l’organisation navale qui lui tenait tant à cœur.

« Messire d’Altenberg, c’est entendu. Je ferai de mon mieux pour vous prodiguer conseils et astuces. Si vous avez déjà des plans préparés, ce n’en sera que plus simple. Je souhaiterais également avoir à mes côtés mon frère Albano, à qui j’essaye d’inculquer quelques leçons en matière militaire et navale. Hormis cela, je pense que tout est parfait et que nous devrions atteindre nos objectifs. Du moins, si vos marins collaborent sans aucun accroc… Je comprendrais qu’il soit difficile de laisser un étranger, arrivé tout fraîchement, commencer à donner des directives et autres. »

A Langehack, il avait connu les mêmes difficultés au départ, avant d’obtenir un réel prestige suite à sa prise de Nelen. Par l’odeur alléché, il attaqua la tourte, qu’il trouvait plutôt bonne. Il n’aurait pas pensé trouver de la bonne nourriture sur un territoire aussi peu peuplé que l’Apreplaine, mais la surprise avait été plutôt agréable.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: L'escale terrienne d'un marin   Sam 14 Nov 2015 - 13:01

Le baron eut un regard étonné. Ainsi M. di Montecale était-il déjà allé à Syriac ? C'était inespéré. Le baron le remercia silencieusement sur ses compliments sur la fonctionnalité du port.

Le baron eut un sourire amusé à l'évocation de la nécessité de sobriété pour la fonctionnalité d'un port digne de ce nom. Il n'était pas trop inquiet pour cela. L'Apreplaine n'était pas connue pour son monumentalisme ou pour son envie irrépressible de faire passer l'art avant l'utilitarisme, bien au contraire. Le baron trouvait également à titre personnel qu'il y avait une certaine beauté dans la simplicité.


" - Ne vous inquiétez pas de voir les travers de l'amiral Martigri, j'aime comme chacun les belles et les bonnes choses. Mais j'ai horreur des dépenses inutiles. Mais j'ai pour ambition pour Syriac d'en faire un port de commerce autant que d'en faire une rade militaire. "

A l'acceptation finale de l'homme, le baron eut un sourire supplémentaire, et leva à nouveau son verre en signe de remerciement. Au moins la chance lui souriait-elle aujourd'hui. On desservait les couverts pour en arriver au dessert, une sorte de faisselle meringuée sur un sirop de fruit rouge.

" - Entourez-vous de qui vous souhaitez. Et je dispose des plans chez moi. Je les ai réalisés moi même pour leur définition générale, leur application est encore en gestation dans mon esprit. Vous n'aurez aucune difficulté à faire collaborer le burgrave de Syriac et ses hommes. La discipline et le professionnalisme sont des caractéristiques indispensables à quiconque espère obtenir des charges militaires en Apreplaine. Je suis jeune mais n'ai aucun scrupule à sévir. Nous ne sommes pas ici à Diantra, les charges ne sont pas à vie.

Je vous rédigerai un acte vous donnant mandat d'inspection générale, une lettre de recommandation au burgrave et vous ferai escorter par un homme de confiance. Il vous faudra les trois pour vous présenter au burgrave, ce dernier est sur mes ordres très à cheval sur les accès à l'arsenal.

Si mes souvenirs sont bons, nous avons un navire en cours de finition à l'arsenal et une coque en cours d'assemblage au chantier. Cela vous permettra d'observer deux navires à deux étapes clefs d'avancement et de nous faire la critique de nos méthodes en bien et en mal.

Je vous propose d'y aller dès cette après-midi, comme cela vous y serez demain midi. Vous pourrez passer la nuit à Altstadt. Naturellement tous vos frais de déplacement sont pris en charge par la baronnie, et tous vos frais personnels sont pris en charge par moi même en mon nom personnel. Vous êtes mon invité.

Je me propose de vous y retrouver après-demain midi. Nous pourrons passer l'après-midi ensemble pour faire le point et nous quitter le lendemain."


Le baron se remit à manger. La chose était entendue, et si l'homme n'avait rien à ajouter sur le sujet, il passèrent à d'autres discussions plus légères avant de se quitter avec la certitude de se retrouver le sur-lendemain, di Montecale prenant avec lui les papiers et l'homme que lui confia le baron.
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