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 Au fond d'une ruelle | Rosh

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Eliwa
Elfe
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MessageSujet: Au fond d'une ruelle | Rosh   Mar 4 Aoû 2015 - 15:12


Lorsque Mîrmae pleura une énième fois, Eliwa soupira et se releva du fauteuil dans lequel elle s'était affalé. Depuis qu'ils étaient revenus de La Dross, ses nuits étaient agitées. Elle ne savait pas pourquoi, et surtout, elle ne savait pas quoi faire pour arrêter cela. Lorsqu'elle entra dans la chambre, et qu'elle fit grincer le parquet, l'enfant s'arrêta le temps d'un instant. L'elfe en profita pour se pencher au dessus de son berceau et pour la prendre dans ses bras. Lui murmurant quelques mots à l'oreille, elle commença à la bercer, marchant de long en large dans la pièce. Alayda arriva à cet instant même, une mine contrite sur son visage.

 - Je suis désolée Eliwa, je n'arrive pas à la calmer, je ne sais pas ce qu'elle a, je ne sais plus quoi faire...
 - Ce n'est pas grave, ce n'est pas de ta faute. Va te recoucher, je m'occupe d'elle pour le reste de la nuit. Je pense que je vais la garder avec moi, je n'ai rien d'autre à faire, de toutes façons.

Demain, elle devrait s'occuper de l'établissement. Elle allait devoir réfléchir à ce qu'elle allait en faire, et si elle allait y rester. Elle avait eu plusieurs offres intéressantes, certains voulaient racheter son bien, et ses habitants. Mais elle n'était pas certaine de ce qu'elle avait envie de faire. Voulait-elle réellement s'en débarrasser ? Dans ses bras, sa fille gigota et la ramena à la réalité. Demain. Elle réglerait ça demain. Tout en chantant une berceuse tout bas, elle regagna son fauteuil, face à la fenêtre. Aralaurë l'attendait toujours là, au pied du siège. Lorsqu'elle fut à nouveau installée correctement, elle passa une main derrière l'oreille de l'animal et commença à masser doucement cette zone qu'elle savait si sensible. Bientôt, elle put sentir le poids de sa tête au creux de sa main, et un long grognement sourd naquit au fond de sa gorge. Un sourire apparut sur les lèvres de l'elfe. Ici, dans cette maison qu'elle avait tant haït, qu'elle avait tant voulu quitter, elle vivait un des rares moments de bonheur de sa vie. Elle pouvait entendre le cœur de sa fille battre au rythme du sien. La main qu'elle avait posé sur son dos se soulevait à chacune de ses inspirations.Son pouce caressait doucement sa nuque, tendrement. Elle était avec sa famille. Sa seule et unique famille.

Elle avait été idiote de croire qu'un jour, un homme aurait pu en faire partie. Elle avait été idiote de penser un seul instant au fait qu'elle aurait pu être la mère des enfants d'un homme. Parce qu'elle ne le serait jamais. Elle ne serait jamais qu'une mère seule parmi tant d'autres.

 - Je suis désolée Mïrmae. Sincèrement. J'aurais voulu que tu ais un père. J'aurais voulu pouvoir te donner ce que je n'ai pas eu.

Ce qu'elle ne disait pas, c'était qu'elle aurait aimé se donner, à elle aussi, ce qu'elle n'avait pas eu. Et ce qu'elle n'avait eu cesse de chercher. Seulement, il semblait évident qu'elle ne le pouvait pas. La priorité n'était plus ce qu'elle voulait, ce dont elle avait besoin. Mais ce dont sa fille avait besoin. Elle était devenu le centre de son attention, et la seule raison à ses actions. Elle était l'unique moteur de ses décisions. Quand le soleil se leva, elle se rendit compte qu'elle s'était assoupie. Et que sa fille ne s'était pas réveillée en pleurant. Doucement, elle se leva de son siège et alla reposer Mîrmae dans son berceau. Cela lui déchirait le cœur de devoir la laisser ici, et de savoir qu'elle allait avoir un réveil désagréable, mais elle avait à faire. En sortant de la chambre, avant de descendre les escaliers, elle frappa à la porte d'Alayda, pour lui signifier qu'elle devait prendre le relais auprès de sa fille. Elle n'attendit pas la réponse étouffée de l'humaine pour dévaler les marches et s'engouffrer dans une pièce dont peu de gens avaient l'accès. Il s'agissait d'une petite salle d'eau, dans les sous sols de la maison, qui était anciennement réservée à ceux qui avaient assez d'argent pour se payer les services de celles qui allaient avec. Depuis, elle l'avait nettoyée, et l'avait faite interdire à tout client.  Rapidement, elle se débarbouilla et enfila un pantalon en toile, un chemisier des plus sommaire, et ses bottes qu'elle quittait rarement. En passant dans l'entrée, elle prit sa cape et rangea une dague contre sa cuisse.

 - Ara ! appela-t-elle en bas des escaliers, après avoir sifflé.

La boule de poils blanche dévala presque aussitôt les marches pour s'asseoir devant celle qui l'avait appelée. Une caresse sur sa tête, quelques consignes données aux gardes, et elles se retrouvèrent dans la rue. L'air était encore frais, le soleil n'avait pas encore eu le temps de réchauffer la ville. L'elfe prit une grande inspiration, et s'élança en direction du marché. Elle aimait flâner là-bas, voir ce que les marchands avaient à proposer, et surtout, se laisser porter par la foule. Elle n'y allait pas tant pour trouver des choses, mais pour se sentir libre là où elle ne l'avait pas été des années plus tôt. Seulement, on lui tomba dessus avant qu'elle n'ait eu le temps d'arriver à bon port. Trois hommes, deux humains et un semi, à vu d'oeil, la firent reculer dans une ruelle, et la coincèrent contre un mur. Leurs lames brillèrent rapidement au soleil, avant qu'ils ne les dégainent pour la menacer avec. Aralaurë grogna, mais un claquement de langue de la part de l'elfe la fit taire de suite. Elle ne savait pas ce qui lui valait cette charmante rencontre, et elle préférait écouter ce qu'on avait à lui dire avant de faire quoi que ce soit.

 - A ce qui paraît, c'est toi qui a tué Ezra ? se lança finalement l'un d'entre eux.

Ses dents parfaitement alignées, ses maxillaires serrés, et ses yeux plantés dans les siens, ne furent pas pour la rassurer. Apparemment, ils lui en voulaient. A moins que ce ne soit le contraire. A moins qu'ils l'aient haït au point de vouloir le tuer eux même. Replaçant une mèche blonde derrière son oreille, Eliwa se racla la gorge. Elle n'avait pas pris le temps d'attacher ses cheveux, et elle s'en voulait légèrement. Encore heureux, elle avait pris le temps de prendre une lame avec elle. Mais à cet instant, ce n'était pas ce qui importait. A cet instant, elle se demandait surtout ce qu'elle allait bien pouvoir dire. Cette question était-elle réelle, ou n'était-ce qu'un piège, pour savoir si oui ou non, elle mentait ? Elle n'en savait rien, et elle allait devoir décider rapidement.
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Roshan Quintero
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Lun 10 Aoû 2015 - 1:32


Le fer s'entrechoquait dans la salle, se réverbérant sur les murs de la pièce décorée d'armes, de portraits et autres ornements luxueux. Roshan et son adversaire se jaugeaient avant d'enchainer, passes, parades, moulinets, estocs. Même si l'échange fut acharné, aucun des deux ne trouva une ouverture. Continuant l'échange pendant encore quelques minutes, le combat fut interrompu par l'interruption d'une femme; Ssinssrigg.

" Quand tu auras fini de faire joujou avec ton maître d'arme, des affaires plus urgentes requiert ton attention.

- C'est mon entrainement quotidien mère, je le pratique depuis mon enfance et papinou y accordait beaucoup d'importance.

- Ne parle pas d'Ultrine, comme ça ! Tu salis sa mémoire, il était l'Renok sssiks...

-Je suis l'Renor Sssiks maintenant. Ne l'oublie pas. Ni toi, ni ma chère sœur. "

Interrompant son duel pour se porter devant sa mère, l'arme toujours au poing. La drow sourit à son fils, aimant voir son petit homme jouait les durs, son côté drow prenant le pas. Elle caressa le torse de son rejeton du bout des doigts " Tu es si mignon lorsque tu fais preuve d'autorité " avant de s'incliner  " Pardonne mon impudence, Renor Sssiks " Ssinssrigg aurait pu être dresseuse de fauve-elle avait d'ailleurs longtemps réclamer un fern-tellement elle était à l'aise devant le danger, se jouant des menaces avec une facilité déconcertante, Roshan pensa qu'elle était une véritable inconsciente ou d'un égocentrisme effarant. Quoiqu'il en soit, le prince se remit en position et salua son maître d'arme avant de terminer la leçon. Il posa son épée et s’essuya avec une serviette, jetant un œil à son bandage. Se remémorant la scène qui s'était déroulée dans le hammam, il devrait s'occuper aussi de cette affaire.

Un raclement de gorge de la part de sa mère, le ramena dans la pièce et il focalisa son attention sur elle, tout en se versant un verre d'eau.

" Alors que me vaut une visite du joyau le plus étincelant de Thaar ?

- Elle a besoin que tu ailles remettre de l'ordre dans nos affaires. On m'a informé qu'une nouvelle bande pratique l'extorsion sur le marché des douces fragrances. Je pense que ces idiots ignorent qui contrôle cette partie de la citée. Quoiqu’il en soit il serait de bon ton d'aller leur expliquer et pourquoi pas, d'en faire un exemple.

- Je passerais sur le marché tout à l'heure afin d'enquêter sur tout ça.

-Fort bien. Je te laisse. Occupez-vous bien de lui. " Dit-elle en s'éloignant à l'adresse des deux sœurs qui étaient assises dans le fond de la pièce. Les deux gardes du corps sourirent " Il est notre bien le plus précieux. "

Une heure plus tard, le demi sur son destrier, paradait dans les rues, se frayant un chemin dans la populace grouillante-quoique peu compact-qu'on trouvait déjà dans les venelles de la citée. Attachant sa monture à l'entrée de la grande place, il inspira profondément, ses narines se chargeant de tout un tas de senteurs qui faisait la réputation de ce marché : Olives, épices, viandes séchées, fleurs, graines. Toutes ses odeurs se mélangeaient comme le son des marchands à la criée qui malgré l'heure, donnaient déjà de la voie afin de vendre leurs articles. L'ambiance était toujours très intéressante sur un marché, mais Quintero n'était pas sorti pour le plaisir de se promener. Naviguant entre les allées, il alla saluer quelques marchands qui l’accueillaient avec un sourire crispé et des cadeaux; victimes d'une guerre se jouant dans ses rues et qui s'en doute jamais ne finirait.

" Venez gouter mes olives, les plus charnues de la région.

- J'espère que tu ne me concurrences pas trop Enrique.

- Jamais je n'oserais mon sieur. tenez goutez les.

- Effectivement elles sont très bonnes. Comment va la famille Enrique ?

- Très bien, je vous remercie de prendre de ces nouvelles. Ma femme va bientôt mettre au monde un autre bambin.

- Mes félicitations. Dis moi Enrique, tout se passe bien pour vous ? On m'a rapporté que des malandrins viendrait vous causer des ennuis. "

Le sourire du marchand disparu. Malgré son gabarit imposant il n'était qu'un marchand sans histoire, il avait peur et ne voulait pas d'ennui.

" Je...

- Tu sais que vous payez pour notre protection. Parle sans crainte, laisse moi vous protéger, fais le pour tes amis et ta famille.

- C'est un petit groupe. Ils ont réussi à s'imposer dans quelques rues à l'Est et ils essayent de s'étendre. Tiens ceux-là en font partis. "

Il désigna de la tête trois hommes à la dégaine sale et à l'air chafouin. Ils s'éloignaient du marché pour se diriger dans une rue adjacente.

" Ne pense plus à eux. Je vais régler le problème. " Dit Roshan en souriant avant de quitter Enrique. Laissant son cheval sur place, il suivit le petit groupe à pieds, espérant que ces derniers ne le conduisent à leur planque. Cependant ce ne fut pas le cas, le semi les vit bifurquer pour tomber sur une fille. Ils la firent reculer dans une allée, disparaissant à la vue du demi, qui s'avança prudemment. Jetant un coup d’œil, il vit la jeune femme, une blondinette toute menue, plutôt mignonne accompagnée d'une bête ? Un gros chien ? Il avait du mal à voir, les hommes lui bouchaient la vue. Roshan aurait aimé en profiter d'avantage de cette scènette mais il avait d'autres chats à fouetter et s'il se devait d’accélérer le processus. Il s'appuya sur le mur avant de se racler la gorge ce qui attira le regard de tous, dérangé dans leur exaction :

" excusez moi mes seigneurs mais j'aimerais m'entretenir avec vous. "


Dernière édition par Roshan Quintero le Mer 26 Aoû 2015 - 17:45, édité 1 fois
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Eliwa
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Jeu 13 Aoû 2015 - 10:08


Eliwa n'eut pas le temps de décider qu'on interrompit leur charmante petite discussion. Un semi, accoudé au mur, demanda poliment aux trois hommes s'il pouvait s'entretenir avec eux. Ou plutôt, il leur donna un ordre poliment. Parce que cela ne sonnait pas réellement comme une question, et il était évident qu'il ne leur laissait pas bien le choix. L'elfe fit une grimace lorsque les lames se firent plus instantes envers elle. Cela ne semblait pas leur plaire de se faire ainsi héler en pleine besogne. Et surtout, ils semblaient assez déstabilisés. L'un deux grogna quelque chose aux deux autres et s'en alla en direction de celui qui avait osé les interrompre. Pendant ce temps, on lui souffla gentiment un ''On t'a posé une question me semble, on attend une réponse.'' Une réponse, oui, elle devait répondre. Seulement, elle était un peu distraite par ce qu'il pouvait bien se passer là bas, au bout de la ruelle, et si tout cela était plutôt une bonne chose pour elle ou non. Mais on venait de la rappeler à la réalité, et elle se concentra rapidement pour fournir une réponse.

 - Oui, j'ai tué Ezra. Pourquoi cette...
 - Ha, je l'savais ! s'exclama-t-on, d'une voix triomphante.

Elle n'aurait su dire s'il était heureux d'avoir gagné un quelconque pari, ou au contraire, s'il était content de sa confirmation. Toujours était-il qu'il l'avait crié, et avait appelé celui qui s'était éloigné pour qu'il profite de sa joie passagère. Seulement on lui cria en retour qu'il y avait plus important. Eliwa profita de cette inattention passagère pour envoyer son genoux droit sur l'entrejambe du troisième homme, le faisant se plier en deux douleur. Elle en profita pour récupérer sa lame, et se mit en garde pour éviter toute représaille pouvant venir de celui qui s'était réjouit.

 - Je ne sais pas bien ce que vous me voulez, mais j'avoue ne pas aimer beaucoup la manière dont vous m'avez abordé. Alors maintenant que nous sommes à égalité, j'aimerais connaître les raisons de cette agression, déclara-t-elle rapidement, avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche.
 - Ah la pute ! Marco magne toi, elle essaye de se rebeller !

De l'autre côté de la rue, le fameux Marco n'avait pas l'air dans une situation bien plaisante. L'homme qui les avait hélé n'était visiblement pas d'humeur à plaisanter, et à en juger par sa posture, il avait des comptes à régler avec les trois autres. Cela aurait d'ailleurs été pour arranger l'elfe, qui n'aurait pas craché sur un coup de main. L'agacement et l'hésitation que marquait très nettement celui qui se tenait devant elle aurait put jouer en sa faveur, et elle le savait, si l'envie lui prenait, elle pouvait sans trop de difficulté lui passer l'envie de revenir jouer avec elle. Seulement voilà, elle avait besoin de savoir pourquoi on la cherchait ainsi, et s'ils étaient les seuls, ou si d'autres étaient après elle aussi. Mais avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche pour insister sur sa demande, celui qu'elle avait envoyé parterre un instant auparavant jugea bon d'essayer de lui rendre la monnaie de sa pièce. A peine eut-il levé le bras que ce dernier se retrouva pris dans un étau dont il ne pouvait manifestement pas s'échapper tout seul. Effectivement, sa louve n'avait pas hésité une seconde, et avait planté ses crocs avec vigueur dans l'avant bras. Il eut beau crier et se débattre, cela ne lui apporta rien de bon.

 - A votre place, je resterais tranquille, lança l'elfe, un sourire en coin.

A croire que le malheureux avait envie de perdre son bras ! Après tout, il en faisait ce qu'il voulait, mais tout de même. S'il décidait de se le faire arracher sur le champs, elle ne donnait pas cher de sa vie. Une fois que le calme fut quelque peu revenu, puisque les cris avaient laissé place à des supplications, elle reposa sa question. Cette fois ci, on lui répondit clairement, après un moment d'hésitation tout de même, et un regard vers Marco, pour obtenir une approbation qui ne vint jamais :

 - Hum... Et bien, nous sommes ici pour te donner un avertissement, à vrai dire. Je ne sais pas si tu connais les anciens associés d'Ezra, mais l'un d'eux est vraiment remonté contre toi. Il veut sa vengeance, et il n'aura cesse de te poursuivre avant de l'avoir accomplie. Nous sommes juste ici pour... pour que tu en ais conscience, et au passage, on devait t'amocher un peu, mais...

Mais clairement, l'elfe avait la situation bien en main. Alors comme ça, on la cherchait ? On voulait venger la mort de ce miséreux à qui elle avait ôté la vie. Lorsqu'elle l'avait fait, elle n'avait pas pensé un seul instant aux représailles qu'il pourrait y avoir par la suite, et aujourd'hui, elle y était confronté de plein fouet.

 - Je vois. Ca te n'ennuie pas de faire passer un message en retour ? Disons que tu y gagnes ta vie, si jamais tu te demandes. En attendant...

Elle n'eut pas besoin de finir sa phrase, un cri de douleur et un flot de sang illustrèrent à merveille ce qu'elle voulait dire. En attendant, celui n'aurait pas cette chance. Le loup lui avait non seulement arraché le bras, mais avait refermé ses crocs sur sa gorge. Le carmin était venu tâcher son doux pelage blanc, et Eliwa se dit qu'elle devrait la laver rapidement, si elle ne voulait pas que cela sèche et risque de lui arracher quelques touffes de poils. Les yeux écarquillés par la terreur, celui qu'elle avait chargé d'un message de bougeait plus, regardant fixement le cadavre de son comparse. Elle le désarma sans peine, et, une main sur son épaule, elle lui glissa à l'oreille :

 - N'oublie pas mon message, tu seras gentil.

S'avançant vers Marco, le dernier des trois, elle s'adressa au semi. Tout amabilité avait disparue de sa voix, mais elle se força tout de même à sourire légèrement. Après tout, c'était grâce à sa petite diversion qu'elle avait put retourner aussi rapidement la situation à son avantage.

 - Tu as besoin de celui là vivant ? Parce que si ce n'est pas le cas, je te l'emprunterais bien lorsque tu auras fini avec lui.

Elle n'avait aucune idée des affaires qu'ils avaient à régler tous les deux, ni même s'ils étaient ensemble. Elle prenait un certain risque en lui posant cette question, puisque ce dernier avait l'air bien plus habile que les trois autres. S'ils devaient engager un combat, ce serait légèrement plus dur d'avoir le dessus.
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Roshan Quintero
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Lun 7 Sep 2015 - 4:16


Providence pour l'une-encore que, sait on jamais-calamité pour les autres; Roshan était posté à l'entrée de la rue et attendait. Toisant tout ce petit monde, déconcentré par son arrivée, la tension épaissit l'atmosphère déjà tendu qui régnait dans la ruelle.  Un étage plus haut, on entendit un volet se fermer alors que les quelques passants qui circulaient derrière le demi, se hâtaient de dépasser la venelle pour laisser un peu d'intimité à ce qui n'allait pas tarder à être un règlement de compte. le groupe de marauds décida finalement après des regards mauvais, d'envoyer l'un d'eux en éclaireur. Le gaillard après avoir reniflé avança d'un pas mal assuré tout en lançant : " Qu'est-ce tu nous veux toi ? Barres toi, tu vois pas qu'on est en affaire ? " Mais le demi-drow ne bougeait pas, toujours appuyé sur le mur, les bras croisés, il attendait patiemment que l'homme se rapproche de lui. S'arrêtant un instant le séide qui pensait rebroussé chemin pour retourner à sa besogne comprit que sa petite menace n'avait pas eu l'effet escompté. Son regard devint inquiet en comprenant qu'il allait devoir insister. C'était le problème avec des petites frappes, ils comptaient sur leur nombre et leur airs menaçants mais dès qu'on leur résistait un peu, ces baudruches se dégonflaient en rien de temps. Manifestement on était tombé sur de beaux spécimens, surement vicieux mais peu dangereux en face à face. Arrivé devant Roshan, une nouvelle menace fut lancée :

" T'es sourd le bâtard ? Casse-toi vite fait "

- Bâtard ? Lorsque j'étais plus jeune, un drow m'a traité de petit bâtard. C'était l'un de mes cousins, une querelle avait éclaté entre nous et l'injure fut lancée, ne supportant pas la lignée de mon père. Il était dans le commerce du tissus et des fourrures, alors je suis allé chez lui pendant qu'il était parti quelques jours pour ses affaires et j'enlevai sa femme. A son retour, j'invitai le scélérat à venir diner chez moi afin de faire la paix et d'enterrer les maux du passé. Le drow paraissait pourtant soucieux lors du repas me confiant qu'il n'avait pas trouvé sa femme en rentrant. Je me suis levé alors pour lui dire qu'il n'avait pas à s’inquiéter car sa femme était là. Il était dans la fourrure alors j'avais trouvé ça de bon ton d'avoir fait empailler son épouse. C'était macabre mais le rendu était très réussi; c'est la pose donnée au corps qui donna tout son drame à la scène . Il aurait aimé me tuer je pense mais j'avais empoisonné sa nourriture, il ne put que se lever de sa chaise et faire quelques pas avant de tituber et de s'écraser sur le sol. J'étais impulsif voire sanguin à cette époque mais comme je l'ai dit, j'étais jeune. "

Véritable histoire ou simple improvisation, son interlocuteur n'en mener pas large. Lorsque son ami l'appela, il se contenta de lui demander un instant. Dans sa bêtise ou une curiosité malsaine, Marco articula : " Tu as gardé le corps de la fille ? " Ce qui déclencha un rire chez Roshan.

" Non. J'ai ramené les corps dans la demeure du mari et j'y ai mis le feu. Tu comprendras donc que je n'aime pas être traiter de bâtard. J'ai un nom, je m'appelle Quintero, Roshan Quintero. " A l'évocation du nom, les pupilles de Marco s'écarquillèrent " Bien. Je vois que ce nom t'es familier. C'est étrange de connaitre mon nom mais de ne pas savoir que le marché des douces fragrances est sous notre protection. " Un son allait sortir de sa bouche mais le demi prit les devants " Ne dis rien. Tes justifications ne m’intéresse pas. Si tu me dis qui t'emploie et où le trouver, tu pourras sortir de cette ruelle vivant. Qu'est-ce que tu en dis ? La proposition me parait honnête. "

Marco ne put répondre car l'elfe et son loup passèrent à l'action. Regardant la scène, le coupe-jarret voulut accourir pour aider ses camarades mais une main brulante vint se plaquer sur bouche, alors qu'une autre lui bloqua le bras dans le dos. " Laisse la faire, tes amis étaient déjà mort. " Dit Roshan. Marco était affolé, comment la main de ce type pouvait être si brûlante, déjà une rougeur s'imprimait sur sur le visage du mercenaire. Le combat de l'elfe fut rapidement terminé et Quintero relâcha sa proie qui se frotta les joues et le poignet. Hébété dans un premier temps pendant que l'elfe s'adressait au semi, Marco sortit une lame de ses frusques et bondit vers la blonde en crachant : " Tout ça, c'est de ta faute, sale catin "  Mais alors qu'il allait toucher sa cible, l'homme s'embrasa, une colonne de feu vint envelopper le pauvre bougre qui hurla de douleur avant de se rouler sur le sol. Mais il était trop tard les flammes le dévoraient pour ne laisser qu'un cadavre calciné.

Alors qu'il était tranquillement en train de tenir le mur, racontant son anecdote, Roshan se concentrait, cette histoire de bâtard n'étant peut-être qu'un catalyseur de plus afin de mieux invoquer sa magie, il avait pris le temps; faire ça proprement. A vrai dire, son plan à la base était de faire cramer tout le monde dans la ruelle sans distinction pour la pauvre jeune fille et son loup. Mais les aléas de la vie-surtout le coup d'éclat du truand-en décidèrent autrement, poussant le mage a agir d'instinct  et le pauvre Marco ne fut que la seule victime de ses flammes. " Par le con d'Isten, il me le fallait vivant ! " Lâcha Roshan qui était encore sous le contre-coup de son sort. Le troisième larron avait filé dès qu'il l'avait pu et il ne restait plus que des cadavres et des questions.  Fixant l'elfe d'un air légèrement agacé il répondit enfin à sa question : " Oui j'en avais encore besoin...et vivant. Qu'est-ce que Marco et ses amis voulait à la pimpante demoiselle ? " Regardant le cadavre de l'homme baignant dans son sang et relevant les effluves de chairs brulées du second, Quintero observa " Peut-être qu'on devrait parler de ça ailleurs. "
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Eliwa
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Jeu 10 Sep 2015 - 17:28


De sa faute ? Eliwa sourit amèrement. Elle n'avait rien demandé, elle ne faisait que se rendre au marché, comme elle avait l'habitude de le faire. Et ils lui étaient tombés dessus, pensant sans doute qu'elle ne pourrait riposter. Alors, avant de faire le moindre geste, elle répliqua :

 - Tu ne peux justement blâmer que ton idiotie.

Et lorsqu'elle voulu dégainer sa lame, pour la dernière fois, l'homme s'embrasa sous ses yeux. Ses hurlements déchirèrent ses tympans, mais elle ne le nota même pas. Ce devait être une des rares fois où elle assistait en direct à une démonstration de ce genre. Elle n'avait jamais été portée sur l'Art, et n'avait jamais réellement compris son fonctionnement. Alors quand on usait de magie en face d'elle, elle éprouvait toujours ce sentiment, entre la surprise et l'effroi. Surtout lorsqu'elle ne s'y attendait absolument pas. Alors quand on l'inonda de question, elle ne sut que répondre. Son esprit avait encore du mal à enregistrer ce qu'il venait de voir, et l'agacement du semi n'était pas pour l'aider. Ce ne fut que lorsqu'il lui fit remarquer la puanteur qui commençait à émaner de la ruelle qu'elle réagit. Effectivement, l'odeur de chaire brûlée était prenante, et lorsque celle du sang vint s'y mêler, elle fit un effort monumentale pour ne pas rendre le contenu de son estomac. Son odorat avait toujours été sensible, ce fut pourquoi elle répondit attentivement :

 - Tu as raison. Allons-nous en.

Joignant le geste à la parole, elle quitta la ruelle, en essuyant soigneusement la lame de sa dague. La taille ridicule de la lame lui fit un instant regretter de ne pas avoir emmené son sabre. Elle aurait été bien plus efficace, et bien plus impressionnante. Et cela lui aurait certainement évité ce débordement de violence. Mais elle se ravisa rapidement. Après tout, ces hommes étaient à sa suite. Et ils l'auraient attrapée un jour ou l'autre. Elle préférait sans aucun doute que ce se fut passé maintenant, plutôt qu'un autre jour, au sein de sa maison, où sa fille était censée être en sécurité.

 - Je pense que je te dois bien une pinte. Ou peut-être préfères-tu autres chose ? Dans tous les cas, dis moi ce que tu veux, je te l'obtiendrai. Dans la mesure du possible, rajouta-t-elle rapidement.

Il était vrai qu'elle pouvait lui offrir quelques boissons, qu'elle pouvait lui fournir quelques informations, et qu'elle pouvait lui procurer des services plus personnels. Après tout, il l'avait plutôt bien aidée, là-dedans, et elle lui était plutôt reconnaissante de ne pas lui avoir réservé le même sort qu'à celui qu'il avait brûlé vif.

 - Oh, et je suis vraiment navrée pour ce Marco, je suis bien consciente que ce qui lui est arrivé est entièrement de ma faute. Il méritait sans aucun doute son sort, mais je suis désolée qu'il n'ait pas pu t'être plus utile.

Elle attendait de voir ce qu'on lui demanderait. Parce que celui qui se tenait prêt d'elle n'avait pas l'air d'être n'importe qui. N'importe qui ne ferait pas ainsi brûler des gens en pleine rue. Parce que n'importe qui aurait bien trop peur des représailles. Il devait appartenir à une de ces familles auxquelles les petites frappes ne touchaient pas. Mais laquelle ? Elle n'en avait pas la moindre idée. La couleur, par endroit cendrée, de sa peau, et ses cheveux d'un noir de jais lui firent supputer qu'elle était en présence d'un demi drow. Mais rien de plus. Elle était partagé entre la curiosité et la méfiance, parce qu'elle n'avait aucune idée de son identité. Il pouvait être l'un de ceux qui cherchaient à venger la mort d'Ezra. Il pouvait même être le commanditaire de ces trois mercenaires, pour le peu qu'elle en savait. Ce qui expliquerait pourquoi il avait pu se permettre de tuer ainsi homme, sans se soucier des conséquences.
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Roshan Quintero
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Mer 16 Sep 2015 - 21:38

Les effluves de la ruelle commençaient à se propager offrant une odeur difficilement supportable. Il fallait des années pour réussir à se tenir devant des cadavres et en tolérer l'odeur, mais on ne s'y habituait jamais complètement. Jetant un coup d’œil discret ils sortirent tous les deux, marchant normalement, essayant de ne pas attirer l'attention. A vrai dire, Roshan se fichait un peu d'être reconnu ou non, ces activités " parallèles " étaient déjà connus dans la rue. Mais il valait mieux ne pas faire une mauvaise rencontre, tel que les gardes du guet ou les comparses des macchabées de la ruelle. Croisant quelques passants certains saluaient Roshan mais réservait un regard craintifs devant l'animal de sa nouvelle comparse dont le pelage était tacheté par endroit, traces éparses du combat qui eut lieu précédemment. Écoutant les paroles de l'elfe, le demi sourit en entendant les remerciements. Il était cocasse que le couple marchait tranquillement dans le rue alors que si son plan initial s'était déroulé comme prévu, il aurait été seul à repartir vers le marché; enfin ainsi va la vie. A vrai dire, Roshan n'y pensait déjà plus, souriant simplement :

" Ahah, c'est serviable de votre part. Commençons par la pinte. Vous avez peut-être un établissement en tête ? "

Sa réponse pourrait lui donner un indice sur une affiliation éventuelle avec un des groupes qui se partageaient la ville. Lorsqu'on était dans sa position il valait mieux savoir où l'on mettait les pieds, il aurait été gênant que toute cette histoire avec cette blondinette ne soit qu'un autre traquenard élaboré visant à l'éliminer, par les cinq qu'il pouvait parfois être fatiguant de jouer sur l’échiquier thaari. Cependant pour Quintero, la question ne se posait pas, il était fringuant, bien en place et il adorait ça. Attendant que la dame fasse son choix il reprit plus sérieusement :

" Marco a eu le sort qu'il méritait, cependant, j'ai besoin de savoir qui sont ses complices et où le trouver. Tout à l'heure dans la ruelle, je t'ai demandé pourquoi ces trois pauvres bougres s'en était pris à toi. Tu en as une idée ? "

Jetant un coup d’œil derrière son épaule il aperçut deux silhouettes aux courbes bien familières. Décidément on ne le laissait jamais s'amuser tout seul, l'ombre de la matriarche planant toujours autour de son petit enfant roi. Il sourit car après tout, ces deux panthères qui lui servaient de gardes du corps, l'avait déjà sorti de mauvais pas. Tant qu'elles le suivraient à bonne distance, cette situation lui convenait. Il s'arrêta devant une étale pour parler boutique avec le marchand; qui aurait cru qu'il venait d'immoler un gars dans une ruelle sordide une poignée de minutes avant.

" Tiens tu veux gouter un abricot ? C'est plutôt délicieux. " dit-il en mordant dans l'un d'eux " Au fait, moi c'est Roshan et toi ? "
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Eliwa
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Mer 30 Sep 2015 - 21:46


Un endroit où elle voudrait l'emmener. A vrai dire, elle n'avait pas en tête un lieu précis, et si elle s'aventurait à lui en proposer un au hasard, elle risquait fortement de faire fausse route. Ne serait-ce parce qu'elle n'avait aucune idée de qui était la personne en face d'elle. Alors, le plus simplement du monde elle lui répondit :

 - A ton aise, je n'ai pas de préférence. Emmène nous donc où tu le souhaites !

Elle espéra un instant qu'elle ne lui avait pas laissé libre cours pour réaliser une entreprise en sa défaveur, mais elle n'y pensa pas bien longtemps, puisqu'on détourna son intention avec une autre question. Décidément, il n'avait pas l'air de vouloir en démordre, et ce qui l'avait attirée ici semblait suffisamment compter pour qu'il insiste. Elle hésitait à lui dire le pourquoi du comment. Elle hésitait à saisir la perche qu'il venait de lui tendre, et à mentir éhontément quant à ce qu'elle savait ou non. Après tout, il serait bien pratique de lui répondre qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'ils lui voulaient, qu'ils lui étaient tout simplement tombés dessus, comme les autres de leur espèce avaient l'habitude de le faire. Comprendrait ce qu'il voudrait, mais en attendant, elle se mettrait à l'abri de toute récidive. Après tout, il connaissait peut-être Ezra, et livrer son meurtrier sur un plateau d'argent à un inconnu n'était peut-être pas la meilleure idée. Elle décida finalement de tâter le terrain :

 - Je connaissais Ezra.

Aucune émotion dans sa voix, rien qui ne puisse trahir sa tristesse ou sa jubilation. Elle avait lancé un nom, et elle attendait maintenant la réaction du semi. Le connaissait-il ? Ou n'avait-il aucune idée de son existence ? La suite dépendrait certainement de sa réponse. S'il s'avérait qu'il était un ami proche, alors elle écourterait au possible leur entrevue. Mais elle doutait de la chose, elle n'avait jamais croisé cet homme, elle en était certaine. Et son nom, lorsqu'il le lui donna enfin, ne lui disait rien. Avec un sourire, elle accepta l'abricot qu'on lui tendit, et croqua dedans. Ce n'était pas la première fois qu'elle en goûtait un, mais celui-ci était particulièrement bon. Il avait du prendre le soleil plus longtemps que les autres, et il était plutôt sucré. Son jus coula légèrement sur sa lèvre, et elle l'essuya rapidement avec son pouce. Quelques mètres plus loin, elle jeta le noyau, et reprit la parole :

 - Enchantée, Eliwa. Tu es quelqu'un du coin ? Je ne t'ai jamais croisé dans les rues de Thaar.

Ni dans son bordel. Et pourtant, un nombre important de personne passait dans son bordel. Cherchant plus à se rassurer quant à la nature de celui qui l'accompagnait qu'autre chose, elle ne nota que tardivement les regards qu'on portait sur sa louve. Du sang était venu colorer, avec parcimonie, son pelage blanc. Chose qui ne rassurait visiblement pas la foule. Sans réellement donner d'explication, elle pressa le pas, comme si elle voulait fuir quelque chose. Elle avait certes peur pour sa louve, parce que cette dernière était assez fragile, malgré ce que l'on pouvait croire, et elle n'avait aucune envie qu'un être mal intentionné, ou trop apeuré, lui lance la première pierre, de crainte que la pluie suive sous peu. D'ordinaire, elle n'avait pas ce genre de problème, mais le carmin avait tendance à exciter les foules, et elle préférait ne pas prendre de risque. Plus tôt ils seraient arrivés à destination, plus tôt elle pourrait régler le souci. Et dans une maigre explication, elle lança, à l'intention du mage :

 - On dirait qu'il va falloir que je lave ça au plus vite.
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Lun 26 Oct 2015 - 0:50


Elle lui laissait donc le choix du lieu, par les cinq que de politesses dans ce duo nouvellement formé. Malheureusement pour Quintero, il n’apprendrait donc pas grand chose sur les possibles affiliations de l'elfe. Alors qu'il réfléchissait à un lieu susceptible d’accueillir leur augustes personnes, il regarda la jeune femme déguster le fruit gorgé de soleil, du jus venant à couler sur la blanche joue de la jeune femme, avant d'être rapidement essuyer d'un coup de pouce. Après avoir payé le marchand d'une piécette et laissé sa nouvelle acolyte déguster son fruit, ils décidèrent d'avancer, voir ou leurs pas les mèneraient. Il était silencieux, cherchant dans sa mémoire ce que pouvait bien lui évoquait le nom d'Erza. Se devant de connaître une bonne partie de la pègre locale; pas seulement les grands pontes mais aussi les petites crapules, il cherchaient dans sa mémoire. * Ludvic Von Crete, mercenaire, poterne Est. Jogo, coupe-jarret, taverne le passe-temps, Karim doigts fins, vol à l'étalage, mendiant, saltimbanque, la place des bouchers, l'hôtel Nerim, les docks. Hermoïne, putain et informatrice, bordel à proximité du marché des douces fragrances, taulier, Erza.*

Cet instant de réflexion devait peser pour Eliwa, car Quintero ne parlait toujours pas. Après plusieurs minutes il finit par dire " Erza, hein ? " Parlait-elle vraiment de ce Erza ? Ce n'est pas comme si il en existait des tas et la blondinette n'était pas faite en sucre mais comment lui dire " Ah oui celui qui tiens une baraque à pute " Il chercha un peu comment présenter la chose mais il décida finalement qu'il n'en avait rien à faire et se contenta de dire " Désolé, je ne vois qui tu parles, c'était quelqu'un d'important à Thaar ? Ou simplement pour toi ? "

Remarquant finalement les taches de sang, Roshan entraina Eliwa dans une ruelle, " par ici, je connais un endroit " Ils marchèrent dans des ruelles étroites dans lesquelles les paravents tendues formaient une protection efficace contre l'astre solaire, si bien que la pénombre régnait dans la rue. Après un ou deux croisements il finirent par tomber sur une petite place charmante, éloignée de l'agitation qui remuait généralement la grande citée. cernait d'échoppe et de gargotes, on trouvait en son sein une petite fontaine dont le centre possédait une statuette d'Isten

" Tu peux débarbouiller ton compagnon ici. " Il y avait des enfants qui jouaient et ici le temps semblait plus paisible loin de l'agitation et du bruits des grandes rues et autres marchés. Se posant sur une petite terrasse d'une taverne, Roshan commanda deux verres de bières et des amuses-bouches, pendant que les enfants s'étaient arrêtés de jouer; hypnotisés par le grand loup, mélange entre peur et d'envie de le caresser. En attendant la commande, le demi observa la place avant de reprendre la conversation qu'ils avaient interrompu quelques rues plus tôt :

" Oh je viens d'une région un peu plus au nord mais la plupart du temps je traine dans les rues de la citée. Et toi ? Tu es une véritable Thaari ? " On leur apporta leur commande " Je vais être honnête avec toi. (menteur) Je ne sais pas ce que ces gens te voulaient et qui est ce Erza mais On m'a engagé comme milicien privé pour assurer la protection d'un marché pas loin de là où nous eûmes notre petite altercation. Les hommes qui t’ont attaqué extorquent les commerçants du coin et c'est mon métier de les retrouver et de les empêcher de nuire. Tu as l'air de savoir te débrouiller, peut-être pourrions nous associer afin d'éliminer cet ennemi commun ? "


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Au fond d'une ruelle | Rosh   Ven 6 Nov 2015 - 13:02


N'ayant proposé aucun établissement, ils reprirent leur route silencieusement, jusqu'à ce que le semi l'interrompe pour répéter le nom d'Ezra. Il ne voyait pas de quoi elle parlait. Elle avait des doutes quant à cela, parce que le sang mêlé elfe avait tout de même une petite notoriété. Il n'avait jamais accepté aucune proposition d'affiliation à un quelconque prince marchand, n'avait jamais eu besoin de l'un d'entre eux pour prospérer, et il lui était difficile de croire qu'un natif, de la trempe de ce semi, n'ait jamais entendu parler de lui. Mais Eliwa n'insista pas, et se prêta au jeu, répondant après un instant de réflexion, comme pour chercher une réponse qu'elle connaissait déjà :

 - Je dirais qu'il ne passait pas inaperçu. Je ne me suis jamais réellement intéressée à ceux qu'il avait l'habitude de côtoyer, mais ce il était devenu quelqu'un d'assez important, je pense. Enfin, je ne le connaissais pas assez bien pour te renseigner plus que cela. Tu devrais demander à d'autre, si jamais tu es curieux à propos de sa personne.

Mensonge. Elle le connaissait parfaitement. Elle savait très bien le genre de personnes qu'il avait l'habitude de voir, le genre de personnes qui le visitaient régulièrement, ceux qu'il tentait de maintenir loin de lui, et ceux qu'il gardait au plus près. Certaines têtes avaient changées depuis qu'elle était partie, mais l'importance de celles-ci n'avait pas évolué. Il avait réussi à se maintenir dans des sphères assez hautes, si on considérait son point de départ. Chose qui ne lui avait absolument pas traversé l'esprit quand elle lui avait planté une lame en plein cœur. Chose qu'on lui rappelait violemment aujourd'hui. Certes elle n'avait pas cru pouvoir reprendre son affaire et vivre ainsi tranquillement sa vie, sans qu'on essaye de l'évincer du post. Sans qu'on essaye de venger la mort de l'ancien proxénète. Avec ces pensées revenaient les souvenirs de cet affrontement. Ils se mêlaient avec la boucherie qu'elle avait engendré dans la ruelle, un peu plus tôt. Et ses iris furent bientôt comme voilés de carmin. Elle voyait comme à travers un filtre, et le sang peignait désormais les murs et les tentures. Cela ne dura qu'un instant, puisqu'on la tira de ses pensées en l'emmenant dans d'étroits chemins, où les rayons du soleil ne parvenaient même plus jusqu'à eux. Qui débouchèrent sur une charmante petite place, où le bourdonnement et l'agitation des artères principales n'étaient plus que des lointains souvenir. Elle put remarquer quelques tavernes, et quelques échoppes, mais ce qui retint son attention, comme s'en assura son compagnon, fut la fontaine.

Elle avait exprimé le besoin de laver la fourrure de sa louve, désormais tâchée de brun, qui attirait selon elle une attention bien inutile. Alors, doucement, elle se dirigea vers l'eau courante, et fit entrer Aralaurë dans le bassin de pierres. Les enfants qui y jouaient un peu plus tôt s'étaient tous arrêté pour contempler, subjugués, le grand loup blanc. Eliwa leur adressa un sourire qui se voulait bienveillant, et entreprit rapidement de laver toute tâche potentiellement suspecte du pelage de l'animal. Ce dernier n'apprécia pas réellement la fraîcheur de l'eau sur son échine, mais il se laissa faire quand l'elfe chuchota quelque chose à son oreille. Ses mots étaient inaudibles pour d'autre qu'elles, et cela donna sans doute l'impression qu'elle contrôlait parfaitement le prédateur. Mais ce n'était pas réellement le cas. Elle ne le contrôlait pas, comme il ne la contrôlait pas. Chose assez peu compréhensible à Thaar, cité où l'esclavage n'était pas aberrant, et où les compagnons étaient, pour la plupart, domptés. Faisant au plus vite, elle finit par rejoindre Roshan à la table qu'il leur avait prise, gardant un œil sur Ara, qui s'était étendue sur une des rares parcelles éclairées par les rayons du soleil. Il avait déjà commandé, et on les servit alors qu'il répondait encore à sa question. Il lui disait venir d'une région un peu plus au nord, alors qu'elle avait pensé avoir à faire à un natif. Peut-être n'avait-il vécu là bas que quelques années de sa vie, ou peut-être lui mentait-il. Elle ne serait pas surprise que ce fut le cas, puisqu'elle même se méfiait du semi. Depuis qu'elle était revenue à Thaar, elle était beaucoup plus méfiante, et accordait que très peu sa confiance. Elle était moins ouverte, moins encline à dialoguer avec les autres, à leur donner de réelles informations, et à voyager avec eux. Un milicien, lui disait-il. Évidemment. Il en avait complètement la dégaine. L'elfe aurait sans doute pu relever ce point, se fâcher à ce sujet, et essayer de lui soutirer la vérité. Mais elle n'en avait cure, à vrai dire. Il lui proposait bien plus intéressant.

 - Je ne sais pas non plus ce qu'ils me voulaient. Ils m'ont seulement demandé si je connaissais Ezra, question à laquelle je n'ai même pas pu répondre, puisque tu as débarqué. Ils ont du se sentir menacés, et ont du paniquer. Je ne vois pas d'inconvénient à remonter jusqu'à leur commanditaire. Seulement, je n'ai pas de contact ici, je ne connais pour ainsi dire personne. Puisque la seule personne un temps soit peu influente que je connaissais est morte. Je ne suis pas une habituée de la ville, et si nous devons prendre quelqu'un en chasse, je crains qu'il puisse me semer rapidement. Peux-tu m'assurer que nous n'allons pas nous lancer dans quelque chose que nous ne pourrons achever ?

Mensonge, encore. Elle connaissait parfaitement le quartier dans lequel ils étaient, et si certaines parties de la ville lui étaient peu connues, elles pouvaient se compter sur les doigts d'une main. Quant à l'absence de contact, elle n'aurait pu sortir plus gros mensonge. Elle avait baigné dans les affaires de son père, passé une grande partie de sa vie dans son bordel, et dans les rues de Thaar. Elle connaissait plus de monde ici que n'importe où ailleurs. Et les gens la connaissaient. Pour la plupart, uniquement de vue, elle leur était familière, mais ils n'auraient su dire qui elle était. D'autres l'avaient gardée en mémoire, et savaient sans aucun doute qui elle était. Elle eut une pensée pour Lil'Ssinum, et un instant, son regard s'éclaira. Avant de redevenir des plus ordinaires, pour plonger dans les yeux de Roshan. Elle voulait lui donner cette impression qu'en cet instant même, elle s'abandonnait à lui. Qu'elle mettait son destin entre ses mains, qu'il pouvait, et qu'il était en droit de le façonner à son gré.
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