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 Les droits de l'hôte [Vaea]

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Flourens de Nulhadon
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MessageSujet: Les droits de l'hôte [Vaea]   Mer 5 Aoû 2015 - 21:02

Mois de Barkios, 6eme année du onzième cycle.



La petite troupe s'achemina par un versant de colline, dévalant une pente herbue d'où dépassaient quelques ajoncs et racines tordues. La bride lâchée, les lourds sabots des destriers labourèrent la terre. La journée avait été pluvieuse, le sol trempé et une brume humide s'accrochait aux versants boisés des Monts-Corbeaux, au loin.

Morne était le pays Bredan et morne, le bourg de Breda, avec ses toits en ardoise, qu'un crachin faisait doucement tintés, sa grande rue, l'une des seules pavées, et sa Grande Place et sa croix du marché. Sous le ciel bas et triste, les toits des habitations brillaient de par la pluie. La terre, détrempée, s'enfonçait sous les pieds aussi profondément qu'une épée dans une botte de foin. Il n'y avait nulles chansons à boire ou à forniquer dans ce bourg, nuls rires ni faces enjouées sur le visage des habitants.
Pas même un éclat de voix ou seulement l'écho lointain d'une discussion, choses pourtant si courantes dans les villes et les bourgs. Uniquement le sinistre claquement des huis et des volets, battus en rythme par le vent, le murmure des feuilles dans les arbres et le martèlement régulier provenant de la forge voisine. Recroquevillées sous leurs capes et leurs manteaux, les yeux rivés sur la terre en larmes, quelques silhouettes isolées glissaient paresseusement entre deux flaques, fournissant l’impression vague de spectres titubants, hagard.

Au-dessus du bourg, le donjon seigneurial dressait une silhouette plus sombre encore, presque sépulcrale dans la grisaille et la brume légère qui accolait l'épaisse bâtisse fortifiée. A son fait, la bannière au piquier des Luskendales flottait hardiment.

Les sentinelles du château furent les premiers à constater l'arrivée du chevalier, car c'était du moins la condition que l'on soupçonnait à cet homme, dont le port et l'assiette trahissait sous la cape et le manteau de voyage fatigué, un harnois de plates et d'acier. Pour ceux qui auraient pu douter de ce fait, la puissante monture que menait par la bride l'un des compagnons du voyageur, Yvelin, finissait par venir à bout des plus septiques : c'était un destrier d'un noir plus sombre que la plus épaisse des nuits, un cheval de guerre, dont les énormes sabots soulevait des mottes de terre à chaque pas. Ils étaient nombreux, les hommes qui par ces temps de guerre, se prétendaient rejetons de telle ou telle race, sombres ou illustres lignées de prud'hommes et eux-mêmes chevaliers. Mais bien peu en vérité pouvaient se payer une telle monture, qui seule départageait l'obscure franc-coureur du véritable chevalier. Sur les chevaux de bât, derrières, on pouvait apercevoir des lances d'arçon et un écu soigneusement recouvert d'une housse usée. La troupe qui accompagnait le voyageur était à sa semblance : sale et crottée. Mais sous chaque manteau usé par le temps, se devinait la poignée d'une solide épée en fer de Kahark et de temps à autres, l'éclat fugitif de la maille. Les bourgeois et le commun émergèrent de leurs échoppes et de leurs demeures au fur et à mesure que le voyageur et sa troupe s'avançait. Des têtes apparaissaient de-ci de-là aux fenêtres et bientôt, ce fut une véritable foule qui accompagna la petite flotte jusqu'aux portes du donjon. Une foule en armes, où s'apercevaient de nombreuses têtes rasées, aux méchants habits de broignes et de mailles, armées de gourdins, de couteaux de boucher ou pire : de fauchards avec ses dents pointues et perfides. Armes maléfiques que celles-ci, songeait Flourens. Elles n’honoraient point et changeaient les règles du jeu de la guerre. Pensez-donc : le chevalier, maître de la guerre et fils d'Othar, pouvait désormais se faire décoller de sa monture par de simples paysans armés de ces ustensiles...
Mais les temps étaient durs en Olyssean, et la plupart des hommes avaient rejoins l'Ost au nord, sous les ordres du Goupil et de la Louve...

Car bien que les voyageurs ne soient point au courant le pays Bredan était en flammes. Et la vue de quelques cavaliers en armes suffisait à mettre en émoi la populace, la première à faire les frais des troubles. C'est qu'on s'échauffaient durement, entre les gens des Pyks et ceux de Brandin le Noir, bâtard de feu le Borgniat.

« - Qui que vous soyez, r'partez ! Z'êtes pas les bienvenus ici ! »

Un accueil bien chaleureux en somme et de quoi faire passer son chemin à l'aimable troupe de voyageurs. C'est qu'ainsi armés, ils devenaient effrontés, ces gueux !

D'un geste rageur, Lambrequin, l'écuyer avança sa monture, un sommier, et brandit un poing menaçant en direction de l'attroupement : « - Guerpissez céans, manants ! Et prestement ou vous tâterez de mon épée ! »

La foule gronda autour des voyageurs et le grondement se répandit dans la rue comme un tourbillon.

« - Bésigue ! C'est qu't'as pas froid aux mirettes l'jeunot, té ! Et d'où que ça vient, que tu crois pouvoir nous donner des ordres beau damoiseau, hé ? »

Fallait-il attendre que la situation s'envenime d'avantage ? Neni ! La troupe ne se le fit pas dire deux fois et préféra un sage repli, s'élançant au grand galop dans la Grande Rue tandis que les bourcadins, surpris et affolés, se jetaient sur les côtés.
Parvenus à la sortie de la ville, la troupe s'arrêta sur une petite éminence pour vérifier qu'elle n'était pas suivie. Orderic, le chevalier au goupillon, prêtre de son état, partit d'un grand éclat de rire :

« - Avez-vous vu comme le damoiseau leur a parlé ? Mortaille ! ils ont guerpis comme des pucerelles effarouchées ! »

Ah ça ! Il n'en fallu pas plus pour que Flourens, qui soulageait sa vessie contre un arbre en se ressassant les derniers événements, le foudroie du regard. Il brandit son poing vers le cavalier et l'agita férocement.

« - Voilà qui n'était guère prudent, maudit prêtre ! Une chance que les gardes de la porte n'aient pas réagis à temps, sans quoi nous étions perdus ! Prisonniers de ce bourg et de ces gueux ! »

Remontant ses braies d'un geste enervé, le sire enfourcha son destrier et la petite troupe se remit en marche. Avec toutes ces histoires, il n'était plus question de trouver une bonne auberge où passer la nuit. Kahark était encore loin et le sol, trempé, ne donnait guère envie de passer la nuit à la belle étoile. Las, les lieux passèrent... sans tavernes ni écuries, ni châteaux où réclamer le gîte. Et la mauvaise humeur, la faim et la fatigue avaient misent un terme à toutes les discussions.
Ils se préparaient à passer la nuit dehors lorsqu'ils croisèrent enfin un marchand de Sharas. Lequel, en échange d'un sou, leur apprit la présence d'un castel, non loin. Dont il ignorait toutefois le propriétaire.
Soulagés, les cavaliers s'en firent indiquer le chemin et se présentèrent aux portes du château à la fin du jour.

Assis sur son cheval et tenant haut le pennon de son maître, Lambrequin s'avança sur le pont-levis en bois et héla les gardes.

« - Holà ! Bonnes gens ! Mon maître et ses compagnons demande le gîte et le couvert pour la nuit. Nous avons de quoi payer pour la nourriture... »
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