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 Les prémices du festin

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Eliphas
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.: MANUSCRIT :.:
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MessageSujet: Les prémices du festin   Dim 16 Aoû 2015 - 17:50

La douce brise du climat méridional de l'Olienne se faisait sentir et gonflait les voiles de la Mûlatre et de ses consœurs, tandis que dans le ciel, les agrestes oiseaux de mer, nombreux, survolaient d'un œil curieux ces volatiles marins d'un tout autre genre, autrement plus féroces. Une genre plutôt rapace, de celui qui ne vous laissait que le temps de crier : "gare !", avant de voir ces vautours assoiffés de sang et d'or, fondrent sur leur proie toutes voiles dehors.
De leurs coques striées de rouge et de noire, si caractéristique des navires thaaris, les bâtiments fendaient les vagues, impétueuses, en chasse.
À bord, les hommes s'affairaient aux tâches qui leurs étaient imparties tandis que, debout sur le gaillard d'avant, celui qui se faisait désormais appeler Pietro contemplait tour à tour la côte lointaine et ses équipages. Ces rufians n'avaient rien de gentilles donzelles : sous leurs airs candides se dissimulaient des passés de débauche, de passion et de désordre. Ces anciens bucherons et pécheurs on s'en doutait, une fois en mer, n'avaient pas fait que se livrer à la pèche au thon. Cosmopolite, l'équipage accueillait aussi bien des marins scylléens que des sharassiens et des pâtres des cités d'Estrevent : un véritable conglomérat des origines possibles parmi les hommes de la Mer, et chez lesquels se comptaient parfois plus d'une ascendance drow. Tout ce monde vivait heureusement en bonne entente grâce à la discipline rigoureuse que faisait régner Eliphas à bord de ses navires et sur la Mûlatre en particulier, grâce au Bosco, Skanjo, dont le fouet avait su rappeler à plus d'un les vertus de l'obéissance.
Skanjo était un diable d'escogriffe de deux mètres de haut, dont les ascendances zurthannes se lisaient sur le visage et le reste du corps. De même que ses balafres. Chasseur et pêcheur en son pays, il avait été acheté par Eliphas sur le marché aux esclaves de Thaar, près de la Grande Place, voilà sept ans et avait bien vite échanger la fonction d'esclave contre celle de garde du corps, puis de contremaître à bord d'un premier bâtiment et enfin sur le navire amiral de la flotte de son maître.
Tout l'équipage craignait Skanjo...
Un bon achat, se félicitait le marchand à chaque fois qu'il voyait son second caresser la peau d'un rameur de ses lanières de cuir cloutées. Un achat qu'il entendait faire fructifier avec cette campagne, bien évidemment.
La piraterie était comme une seconde nature chez les marins estreventins et à plus forte raison chez les thaaris. Mais quelle flotte marchande ne la pratiquait pas ? Il était de notoriété publique que chaque navire marchand, lorsqu'il effectuait une traversée de l'Olienne ou de l'Eris, améliorait son ordinaire en se livrant à un ou deux abordages si l'occasion pouvait s'y prêter. A présent, Eliphas disposait de lettres de marque en bonne et due forme, décernées par le gouverneur de Chiard.
Grâce à l'Oiseleur, il avait pu recruter quelque cent trente hommes dans les tavernes et les bordels de la ville portuaire. Cela avait pris son temps : une ennéade... Mais l'appât du gain avait fait son œuvre de par la ville basse. l'on se trouvait précisément à quelques milles de la côte lorsque du haut de son perchoir, la vigie ; un sharasien du nom d'Eustache le Moigne, avisa des voiles orangées, qui se pouvaient bien être deux nefs marchandes de Merval.

« Fais donc monter tout le monde sur le pont, avisa Eliphas à son second. Un éclair de voracité dans les yeux. Et que l'on garde un œil sur la chiourme. »

Le mufle couturé de cicatrice du contremaître se pencha vers un sifflet en or et en sonna deux notes stridentes, de celles qui dans l'instant vous électrisent tout un équipage. Aussitôt le signal perçu, mousses et marins accoururent sur le pont de la galère, entre les deux rangées de rameurs de part et d'autre du grand mât, et se regroupèrent sous le regard sévère du capitaine et de son lieutenant.
Il y avait là un ramassis de crapules à faire rougir les plus sanguinaires des pirates : colliers de coquillages ou de corail, peaux de moutons et cimeterres et poignards en travers de leur larges ceintures cloutées, les forbans attendaient patiemment les paroles de leur maître.

« Compères ! Voilà quatre jours que nous avons quitté Chiard et naviguons dans ces eaux. Oyez mes paroles et regardez sur notre tribord, le beau poisson que la grande putain nous apporte ! Ce sont très probablement des marchands de Merval, qui s'en viennent les cales remplies de trésors et de richesses : velin de Velyn et sel de Merval ! Ces trésors et ces richesses, ils vous faudra les prendre par le fer ! Mais songez également aux prisonniers que nous pouvons faire et que nous vendrons lors de notre retour ! »

Et aussitôt, dans une sauvage clameur, plus d'un œil brilla chez ces maroufles, qui songeaient à présent aux tavernes de Chiard, à leurs bordels et à leurs caves à vin ; mais surtout : à leurs poches pleines d'or.
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