AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Haldren Baenfere
Drow
avatar

Nombre de messages : 811
Âge : 117
Date d'inscription : 19/12/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 1035 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   Mer 19 Aoû - 11:44

[Ce rp se déroule en parallèle de celui-ci : http://miradelphia.forumpro.fr/t19790-des-miracles-dans-la-cour, quelque temps avant le départ d’Haldren pour Eraïson]

Les caves de l’Aile Blanche s’enfonçaient profondément sous terre sur plusieurs niveaux et dotées d’un excellent système d’aération via de fin tuyaux qui les reliaient à la surface, héritage de l’époque où les bâtiments servaient d’entrepôts pour des barriques de vin qui nécessitaient une conservation à température et humidité constante. Il s’agissait d’ailleurs de l’une des raisons qui avaient poussé Haldren Baenfere à installer le quartier général de son gang en ces lieux, car ces vastes caves lui permettaient de stocker les marchandises volées avant qu’elles ne soient revendues à divers individus tous plus louches les uns que les autres. Il était connu qu’à Thaar, tout pouvait se trouver au marché noir dès lors que l’on savait taire ses questions quant à la provenance des articles.

Ce jour-là, l’archimage accompagnait Kruss Ironwrist, fier représentant du peuple nain et receleur sans scrupule, afin d’effectuer un inventaire de leur butin.


Idem pour ces tableaux, chef, impossible de les refourguer à prix correct dans le coin, tout le monde chez Maman sait qu’ils viennent de Baaz’Hima.
Hors de question de revendre à perte. Mais nous pourrions les faire transiter jusqu’à Langehack, Gueule d’Ange y a des contacts là-bas.

Sous l’impulsion du drow, le gang de l’Aile Blanche avait pris des contacts au-delà de Thaar, et en particulier dans les riches terres du Sud de la Péninsule d’où venait ledit Gueule d’Ange, escroc patenté qui jouait de son charme auprès des femmes comme un musicien de son instrument. Jusque-là, seuls de petits articles avaient été échangés afin de tester la fiabilité de la liaison maritime, mais Haldren commençait à penser qu’il lui fallait passer à la vitesse supérieure. La contrebande était presque une industrie à grande échelle dans les terres décadentes de Langehack ou de l’Ithri’vaan, mais la décadence rapportait gros à ceux qui savaient l’utiliser à leur avantage. Or justement, la voie maritime constituait l’un des axes privilégiés pour la contrebande à grande échelle, les navires alliant une grande capacité de fret à une vitesse largement supérieure à tout convoi terrestre.

Dresse-moi une liste précise des marchandises que nous pourrions envoyer à Langehack. Moi, je vais aller voir Gueule d’Ange pour organiser la livraison.

Laissant le nain au cœur de dans son royaume du larcin, le drow remonta vers les étages supérieurs du bordel afin de trouver son lieutenant. Il s’agissait d’une entreprise délicate qui allait nécessiter une excellente mise au point avant de pouvoir la réaliser.

[Une ennéade plus tard]

Les tractations en vue de la livraison des marchandises volées se déroulaient bien, toutefois il restait à régler un point crucial : trouver un navire pour effectuer le transport, de préférence rapide et commandé par quelqu’un que les scrupules n’étouffaient pas. Voilà pourquoi, accompagné de Gueule d’Ange, Haldren suivait les quais de Thaar en direction d’une taverne où il savait que se retrouvaient souvent plusieurs des capitaines les moins recommandables de l’Olienne. Bien évidemment, le terme « recommandable » variait selon la personne qui l’employait, et un voleur possède un sens des valeur inversé par rapport à un marchand honnête, si tant est-ce que ces deux mots ne soient pas antinomiques.

L’auberge du naufrageur…  c’est ici, annonça Gueule d’Ange.

Grommelant un assentiment, le drow poussa la porte de la taverne et entra. La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur la ville, aussi espérait-il bien trouver les personnes qu’il recherchait. Le bar était enfumé, et plein de marins en goguette. Une bonne partie de la salle se trouvait déjà totalement alcoolisée, des putains se tenaient dans le fond et attiraient les clients pour des passes à l'étage, des joueurs commençaient à s'engueuler et on sentait que les couteaux pouvaient se trouver tirer à tout moment. Bref, il s'agissait d'une excellente taverne !

Les deux nouveaux venus furent l'objet de coups d’œil multiples, mais dans le monde des truands ou assimilés, on sait aisément différencier un collègue de rapine d'une imbécile venu s'encanailler. Haldren repéra celle qu'il cherchait : une jeune femme à la crinière flamboyante, aisément repérable vu la cascade rouge vif qui lui dégoulinait dans le dos. S'asseyant sans gêne en face d'elle, l'archimage demanda :


Parait que votre navire est l'un des plus rapides de l'Olienne ?
Revenir en haut Aller en bas
Le Continent
Humain
avatar

Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 07/08/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 20ans (né en 989)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   Ven 21 Aoû - 14:12


« Que l'on apporte plus de bières ! »

Les choppes s’entrechoquaient dans des éclats de rire et laissaient le mousseux de leur contenu voler au rythme de chansons marines endiablées, car la pêche avait été fructueuse, et l'or, et d'autres bibelots, s’amoncelait près de la table du Capitaine dans d'énormes sacs de toile. Place habituelle de l'équipage de « La Brise », le coin avait spécialement été aménagé pour madame à l'aide de coussins pour apporter confort et pratique pour les besoins de chacun. Ils pouvaient ainsi après des jours de labeurs intenses , et de navigation, s'offrir un repos bien mérité et des distractions en folie dans les tavernes et autres auberges que comptaient la zone portuaire de la principauté de Thaar. L'« auberge du naufragé » restait une place de choix. Ils étaient là à la suite d'une traque qui avait duré au moins trois bons jours, mais le butin en valait certainement la chandelle, car plusieurs tournées avant déjà été offertes à l'ensemble des ivrognes et autres raclures du coin. L'atmosphère était festive. Beaucoup étaient déjà ivres en ces lieux. Et quelques petites bagarres éclatèrent par-ci par là. S'il avait l'audace de venir voir de plus près le coin de « La Brise », ils pouvaient être sûr que leurs os seraient brisés à la minute où ils auraient jeté un œil trop confiant, et puis on les retrouverait peut-être morts sur le pavé le lendemain.

Le Capitaine ne profitait pourtant pas de cette occasion avec les siens. Son équipage n'avait pas reçu un sou de la dernière expédition, mais pourtant ils usaient de tous les services à disposition dans la taverne, car bien que très possessive, une leçon de son père lui avait appris à entretenir son entourage. Elle offrait donc les festivités en échange de la soumission totale de ses hommes. Mais la loyauté, ils lui accordaient gratuitement en général, ainsi sa générosité était grandement appréciée vu son comportement habituel. La nuit était douce, elle aurait voulu marcher sur les quais et prendre l'air frais de sa clémente mer, or terminer sa tâche restait sa seule priorité pour le moment. La jeune femme avait en sa possession un petit carnet de cuir rouge où elle détaillait tous les gains et les éventuelles pertes acquis au cours de ses expéditions précédentes, sa carte des mers était étalée devant elle, et s'accompagnait de ses instruments de navigatrice. Pour tout dire, elle préparait déjà un itinéraire pour le prochain départ.

Un spectacle bien étrange s'offrit alors aux yeux de tous lorsqu'un drow aussi noir que l'obscurité fit irruption dans la salle. Il avait franchi la porte d'un pas serein, et Miradelphia avait pu l'observer quelques instants avant de rebaisser la tête et retourner à ses comptes. Les autres regards restèrent cependant river vers l'étrange personnage, et son curieux ami humain, alors qu'il avançait calmement. Grande fut sa surpris lorsqu'elle perçut son arrivée en face d'elle du coin de l’œil. Tous autour d'elle étaient devenus comme muets, et immobiles puisqu'ils laissèrent même ce dernier tirer une chaise pour prendre place. Mais elle ne le regarda pas.

« Parait que votre navire est l'un des plus rapides de l'Olienne ? »
« Qui crois-tu être pour penser avoir le droit de t'adresser au Continent ? » hurla l'un des moins patients.

Il tapa du poing sur la table, tout en projetant des jets de salive en direction de l'intrus.

« Je vais t'éclater ta sale gueule de rat à oreilles pointues... » ajouta-t-il en lui saisissant l'épaule tandis qu'il préparait à lui asséner un coup écrasant.

Il se tut soudainement. Le Continent n'avait pourtant pas dit un mot. Elle s'était contentée de lever la main à plat, à mi-hauteur de son visage. Sans avoir à le regarder droit dans les yeux, il avait obéi, car lorsque le Continent ordonnait, tout le monde devait s’exécuter sous peine de lourdes conséquences. Ce qu'elle fit dans un premier fut pour le moins bien singulier, elle continuait d'empiler les pièces en formant des petites colonnes comme si celui qui avait pris l'initiative de poser ses fesses devant sa personne n'existait pas. Tout ce qu'il pouvait lui raconter passerait donc au-dessus de ses oreilles. Au bout d'une bonne minute, elle leva la tête et rompit le silence glaçant qu'elle avait pu instaurer :

« Qui le demande ? » se contenta t-elle de dire en arrachant à la volée une coupe de vin des mains d'un des ses sous-fifres. Elle but une longue gorgée avant de reposer son verre d'un coup sec sur le bois, ce qui fit voler quelques gouttes pourpres.
« Le Continent n'a que faire des petits voleurs dans ton genre. J'espère que tu as eu bonne raison pour me déranger. Sans fioritures. Et j'espère que tu as assez d'or pour payer la dette de ton audace. »

Elle sortit habilement sa dague d'or et des pierres précieuses et la planta d'un mouvement puissant à sa gauche. Ce geste eut l'effet d'obliger le reste de la salle, qui regardait alors avec insistance dans sa direction, à retourner à leurs préoccupations premières, ce qu'ils firent sans attendre. Pour  la vingtaine de membres du vaisseau pirate se trouvant tout autour de la tablée du Capitaine, ils  se rassirent tous mais gardèrent une main sur le pommeau de leur lame. Il n'était pourtant pas question d'intimidation, il s'agissait seulement d'instaurer une zone de respect.
Revenir en haut Aller en bas
Haldren Baenfere
Drow
avatar

Nombre de messages : 811
Âge : 117
Date d'inscription : 19/12/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 1035 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   Ven 21 Aoû - 18:05

L’équipage paraissait quelque peu agacé par l’interruption intempestive des deux voleurs, ce qu’un gaillard à l’haleine pestilentiel confirma en braillant et postillonnant d’abondance. Il s’apprêtait à flanquer une violente taloche au drow… et donc accessoirement de mourir dans d’atroces souffrances, Haldren ayant une compassion envers les imbéciles qu’il fallait observer au microscope… lorsque la capitaine fit un léger signe de la main. Presque aussitôt, tous les rufians se calmèrent et reprirent leur place, obéissant tels des écoliers devant leur maîtresse. Assez étonnamment, elle ne réagit pas tout de suite, continuant à faire des colonnes avec des pièces de différentes provenances, probablement un butin crapuleux.

Lorsqu’enfin elle se décida à ouvrir le bec, ce fut pour indiquer d’un ton glacial qu’il valait mieux éviter de lui faire perdre son temps. Bizarrement, Haldren la croyait, et il suffisait de voir la bande de scélérats autour d’eux pour deviner qu’ils se jetteraient comme des chiens sur les deux nouveaux-venus si leur patronne l’ordonnait. Gueule d’Ange jetait de légers regards inquiets autour de lui, n’appréciant pas d’en sentir plusieurs qui se tenait juste à portée de dague, mais l’archimage ne s’en occupait même pas, que ce soit par dédain ou simple mépris du danger.


J’ai toujours une bonne raison de déranger mes interlocuteurs, ma chère. Souvent c’est afin de les menacer, de les tuer ou de les réduire en esclavage. Parfois juste pour discuter et tailler le bout de gras autour d’un verre. Mais dans votre cas, c’est pour vous proposer un contrat car vous m’avez été recommandée comme particulièrement douée dans votre partie.

Quitte à faire affaire avec de tels sagouins, au moins fallait-il s’assurer qu’ils étaient fiables et compétents. Mais cet équipage disposait à Thaar d’une réputation assez flatteuse, tout du moins auprès de la pègre.

Je crains de ne pas avoir de pièces en or sur moi, acceptez-vous d’être payée avec ce type de monnaie ?

Tendant la main, il écarta les piles de pièces qui se trouvaient devant la femme aux cheveux rouge sang et posa à la place trois rubis de la plus pure eau, qui brillaient d’une superbe couleur sanguine à la lueur des torches. Des « foutredieu » et « morbleu » s’échappèrent à voix basse entre les lèvres serrées des truands, qui même dans leur sale métier voyaient rarement des gemmes d’une telle qualité. Haldren avait volontairement agit ainsi pour bien leur faire comprendre qu’il était un client sérieux et non un gigolo n’ayant pas les moyens de ses ambitions.
Revenir en haut Aller en bas
Le Continent
Humain
avatar

Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 07/08/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 20ans (né en 989)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   Lun 24 Aoû - 14:47

Il était très inhabituel, voire complètement mal-vu, pour un inconnu du milieu d'entrer dans les tavernes des ports. Il n'y avait ici que des marins, et bien d'autres truands des mers, et tous savaient se reconnaître entre eux lorsqu'ils avaient l'occasion de se croiser, mais l'individu qui venait de pénétrer dans la pièce ne semblait résolument pas appartenir à ce groupe. Il avait là une dégaine particulière, trop élancé pour avoir la carrure d'un homme ayant navigué longtemps sur les eaux, trop serein pour être un vulgaire brigand, et sa chevelure soyeuse et blanche reflétait les flammes des bougies. Le Continent avait beaucoup de mal à discerner le personnage, mais de par sa nature, ce drow ne pouvait être que sournois.

Ce dernier n'y alla pas par quatre chemins, il semblait pressé par son affaire. Le ton qu'il prenait ne plaisait pas vraiment à l'ignoble pirate, trop d'orgueil dans sa voix, il était sûr de lui, comment avoir confiance en un tel individu ? Surtout qu'il ne s'était pas encore nommé. Cela avait pour don de l'agacer, un étrange étranger qui prenait trop ses aises alors qu'il se trouvait au milieu d'une bande de pirates sanguinaires, et qui plus est, qui prétendait vouloir offrir un contrat à l'équipage. Mais ce qui intriguait le plus Le Continent, c'était le fait que le drow avait avoué qu'il connaissait l'équipage de « La Brise » de réputation. Quels étaient ceux qui avaient pu les recommander ? Tant de questions qui resteraient en suspens pour le moment.  

La belle se mit donc à réfléchir à cette proposition. Elle n'était jamais contre un contrat, mais ce monsieur là avait décidé de débarquer à l'improviste durant une de leur nuit de débauche. Elle se tourna et lança un regard à son second qui était assis derrière elle. C'était un homme grand et brun, avec une énorme barbe et une grosse bedaine. Miradelphia se contenta de lui susurrer quelques mots et Il se leva, ramassa son barda et fit le tour de la table. Il tendit alors le coup en direction du drow et lui murmura quelques mots que peu purent entendre, même le Capitaine « Ne la froissez pas, vous y êtes presque... ». Miradelphia se contenta de sourire, elle se doutait bien, du moins dans les grandes lignes, que son second avait fait une remarque à son encontre, mais cherchait-il à encourager l'elfe sombre, ou à lui faire renoncer sa curieuse entreprise ? La belle femme se saisit d'une pièce du bout des doigts, puis s'amusa à la faire passer entre ses phalanges. Elle observa les trois rubis posés à la place de ses tas de pièces, ce qui eut tendance à orienter son ressenti vis à vis du drow.

« Silence ! » dit-elle d'un ton sec, alors que les voix montées quant au présent que l'inconnu offrait à ses yeux. Et à nouveau elle fit régner l'ordre de part son autorité conséquente. « Vous êtes indélicat. Prétentieux. Qui vous dit que je ne possède déjà beaucoup plus que ce que vous ne possédez ? »

Elle claqua des doigts, et tous ceux de son équipage, à l'exception du plus jeune et plus petit -il devait avoir la quinzaine, un jeune délinquant sans foyer- se levèrent machinalement dans un remue-ménage digne de réveiller un mort. Ils sortirent un à un par la porte d'entrée, emportant avec eux les sacs rempli de pièces d'or. Miradelphia se leva à son tour, tandis que le jeune moussaillon s'empresser de ramasser les restes du trésor se trouvant toujours sur la table, et en particulier les pierres rouges. Le Capitaine remit sa cape sur ses épaules et se dirigea vers la porte à son tour, alors que le petit lui passait sous le bras d'un pas précipité. Elle s'arrêta brusquement et s'en se retourner vers la table où elle se tenait et où le drow et son compagnon siégaient encore, dit :

« Qu'attendez-vous ? Nous avons un navire à rejoindre. Et plusieurs questions à vous poser sur le trajet. En espérant que vous aurez assez pour survivre d'ici là. » cette fois-ci elle se retourna « Sachez que Le Continent n'a pas encore décidé si vous en valez la peine. Si vous ne vous faites pas égorger, c'est bon signe. Mais allons. Marchons, et dites-moi tout. »
Revenir en haut Aller en bas
Haldren Baenfere
Drow
avatar

Nombre de messages : 811
Âge : 117
Date d'inscription : 19/12/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 1035 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   Mar 25 Aoû - 15:48

Haldren ne bougeât pas tandis que le barbu à l’ample bedaine se faufilait - si tant est-ce qu’un homme de sa corpulence puisse se faufiler - jusqu’à lui et lui murmurait à l’oreille « Ne la froissez pas… vous y êtes presque… et elle a un caractère de cochon quand elle n’a pas tué quelqu’un ». Les derniers mots avaient été prononcés si bas qu’Haldren eut un léger doute quant à leur origine. Avait-il réellement entendu cela, ou juste imaginé ? Bah, peu importait, car il voulait volontiers admettre que la rousse paraissait en effet le genre de femme capable d’exploser pour un simple regard de travers.

Toujours est-il que les trois rubis n’eurent qu’une partie de l’effet désiré, la rousse cavaleuse (des mers) le traitant d’indélicat et de prétentieux. Une partie, en effet, car malgré cette acerbe réponse, les rubis furent empochés et la joyeuse compagnie quitta la taverne en invitant les deux voleurs à les suivre. Se levant, l’archimage se demanda intérieurement si les menaces étaient un moyen de négocier des tarifs à la hausse ou tout simplement un état d’esprit acquis par des années de piraterie sanguinaire en compagnie de gibiers de potence. Aucune importance, décida-t-il, sans oser le dire à voix haute pour ne pas énerver encore plus sa bouillante interlocutrice.

A cette heure de la nuit, les quais de Thaar se trouvaient quasi-déserts, en dehors de quelques marins en goguette et de catins racoleuses. Pas de trace de la garde, mais les miliciens évitaient la zone lorsqu’ils le pouvaient, préférant patrouiller dans des quartiers plus huppés et surtout plus tranquilles. Une brise fraîche soufflait de la mer, et aux odeurs marines se mêlaient celles moins agréables des sorties d’égouts qui refoulaient jusqu’à eux.


L’or et la merde, voilà bien les odeurs qui flottent sur cette ville, marmonna le drow en refermant sa cape pour se protéger du froid.

Gueule d’Ange avait fait de même, mais Haldren aurait juré qu’il s’agissait moins chez le voleur de se protéger du froid que d’approcher sa main de la poignée de sa dague pour le cas où la situation dégénèrerait. Le fait que les trois rubis aient été acceptés semblait indiquer un accord de principe sur leur affaire, mais rien ne permettait de s’assurer qu’ils ne fonçaient pas droit dans une embuscade. Les pirates ou contrebandiers n’étaient guère connus pour leur rigueur morale, sauf parfois lorsqu’il s’agissait de leurs associés proches. Si les deux voleurs finissaient la gorge tranchée dans une ruelle obscure, l’équipage pirate récupérerait gratuitement trois beaux rubis, ce qui ne serait pas pour eux une mauvaise affaire.

Chemin faisant, le drow s’approcha de la belle rousse ombrageuse et entreprit de lui expliquer plus en détail le contrat qu’il souhaitait lui proposer.


J’aurais besoin que vous transportiez une cargaison à destination de mes associés à Langehack. Tableaux, vases, bijoux, des articles fragiles qu’il faudra bien sur traiter avec soin, l’humidité ou les chocs risquant de les détériorer. Et… je préfèrerais éviter que les douaniers ne mettent leur nez dans mes affaires, l’origine exacte de ma cargaison ne regardant que moi.

Autrement dit, mais seul un idiot ne l’aurait pas encore compris, il s’agissait de marchandises volées que le drow souhaitait écouler loin des lieux du larcin.
Revenir en haut Aller en bas
Le Continent
Humain
avatar

Nombre de messages : 12
Âge : 25
Date d'inscription : 07/08/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 20ans (né en 989)
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   Ven 28 Aoû - 1:39


Tous les itinéraires étaient possibles pour rejoindre le point de rendez-vous. Cependant, Le Continent avait la main, et elle préféra prendre un chemin loin de l'obscurité. A vrai dire, la jeune femme n'aimait pas trop l'idée de perdre de vue l'elfe à la peau sombre, il devait se sentir comme dans son élément la nuit. La lumière des torches et autres lanternes à bougies qui pendaient au-dessus de leurs têtes éclairaient suffisamment leur route pour que tous soient discernables.C'est ainsi qu'elle put conclure à quel point le jeune homme derrière elle semblait réellement mal à l'aise. Il était à la limite de trembler, mais cela était difficilement observables sous l'épaisseur de tissu qui  le protéger du souffle glaciale des nuits près des côtes.

« J'espère que vous tenez le pommeau de votre lame, sous votre cape, plutôt que de vous astiquez le manche... » dit-elle à l'encontre du compagnon humain du drow, lequel paraissait très inquiet, avec une tendance légèrement paranoïaque. Cela amusait plutôt la rouquine qui voyait là un non-habitué de ces lieux pourtant si féeriques. Après tout, qui oserait dire qu'il y avait plus de dangers sur terre que sur les mers ? Les hommes avaient un comportement bien étrange au bout de longues semaines isolés sur un engin de bois en flottaison sur de vastes étendues de flotte à perte.

Elle marchait en tête du cortège mais avait pu observer du coin de l’œil le comportement de ses deux invités, et se mettait même à analyser et à anticiper leurs attitude.s Sachez que Le Continent n'avait peur de rien, encore moins de deux petits hommes qu'elle jugeait être des gringalets à côté de ceux qu'elle côtoyait au quotidien. Il n'était même pas question de précaution, le Capitaine marchait d'un pas sûre, car si un danger il y avait dans ces ruelles, il venait d'elle. D'ailleurs, sur le chemin à travers les quais, ils croisèrent seulement un effectif réduit de marins ivres ou en attente de départ, quelques ribaudes par-ci par-là mais le peu qui se tenait là détalait et disparaissait dans l'ombre à la vue de la chevelure couleur sang. On n'entendait plus que les vagues qui frappaient contre le bois, et parfois des rats faire leur ronde de nuits à la place des patrouilleurs de nuit.

Le drow expliqua sa situation, et ce dont il avait besoin, car bien entendu, s'il « ordonnait », il finirait bien vite son trajet avec une tête en moins sur ses épaules. Il fallait bien choisir ses mots, surtout quand la déesse ne se trouvait pas dans sa période la plus reposante. « Oreilles-pointues » nécessitait l'aide de La Brise pour acheminer une cargaison d'objets diverses et en tout genre vers Langehack.

« Le Continent se fiche bien de ce que vous pouvez bien transporter. Tant que le paiement sera là, à la hauteur de ses espérances. De plus, si vous faites appel à mes services, c'est que vous voulez éviter à tout prix les autorités... Inutile d'être condescendant avec moi. »
Au bout de quelques minutes, elle s'arrêta au niveau d'un ponton, où quatre ou cinq larges et solides barques qui flottaient aux grès des vagues. Il y avait là aussi quelques uns de ses hommes qui attendaient sagement que leur maîtresse ne revienne. Ils lui firent un signe de la tête en la voyant, et se contentèrent d'un regard noir pour les deux nouveaux venus, car ils se doutaient bien qu'à cause d'eux ils allaient avoir du pain sur la planche.

« Nous y sommes ! »  annonça-t-elle finalement. Ces embarcations permettaient donc de rejoindre le navire, en tout discrétion bien évidemment, et pouvaient surtout transporter de la marchandises en grande quantité.

« Vous vous doutez bien que ce bateau est trop précieux pour que j'accoste dans le port. La vérité est qu'il se trouve dans une baie non loin, que seuls les habitués connaissent et que très peu osent emprunter. »  elle mit les deux pieds dans l'un des barques où se tenait déjà un rameur « Voilà comment cela va se passer. Nous devrons quitter Thaar au plus vite, avant le levé du soleil de préférence, car lorsqu'il fait nuit noire comme actuellement, il y a très peu de mouvements sur les mers, donc très peu de chance d'attirer l'attention sur nous. Ces messieurs-là vont vous aider à ramener votre marchandise et la transporter via ses barques jusqu'au navire. Pressez-vous donc pour terminer cette tâche dans les plus brefs délais, et soyez aux petits soins avec ceux-là, ils sont très sensibles, et ils rapportent tout à maman... »  ricana-t-elle. « Pour ma part, je pars rejoindre le reste de mon équipage en vous attendant. Je ne suis en revanche pas très patiente de nature, bien entendu. Comprenez donc que ce contrat est pour l'instant accepté monsieur le drow, et son ami le fou du manche. »

Quelques temps s'écoulèrent avant l'arrivée de la cargaison sur le pont de La Brise, qui était resté plonger dans l'obscurité malgré l'agitation constante à son bord. C'était un grand navire au bois noire et aux trois voiles rouges, long d'une vingtaine de mètres mais d'une légèreté rare. Ils avaient pu faire montrer la marchandise à la force de leur bras et par un système de poulie qui amenait directement la barque et ses occupants sur le navire. En bon Capitaine, Le Continent vint à leur rencontre pour les accueillir :

« Bienvenue à bord de La Brise... Respectez ce que l'on vous dit et tout se passera pour le mieux. Et sachez qu'ici vous n'avez plus aucun droit, c'est moi la reine, et tout ce que je dis est vérité. Ayez une bonne raison pour me déranger ou passez par mon second, monsieur Barnabas. » elle alla se placer derrière le gouvernail et cria « Faites lever l'encre monsieur Barnabas. A tribord toute ! Souquez ferme ! Dégageons de ce trou au plus vite mes enfants, nous avons une longue route, mais la nuit est avec nous, le vent portera nos voiles et nous poussera jusqu'à notre destination sans aucun problème. » la jeune Capitaine interpella de nouveau son second « Montrez à ces gentes dames l'une de nos cabines si elles ne supportent pas l'air marrin. Je crains que le plus chétif des deux ne salisse le bois de mon pont. »
Revenir en haut Aller en bas
Haldren Baenfere
Drow
avatar

Nombre de messages : 811
Âge : 117
Date d'inscription : 19/12/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 1035 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   Ven 28 Aoû - 13:25

L’affaire fut ainsi entendue, et la rouquine accepta de convoyer les marchandises frauduleusement acquises. Le reste de la nuit fut occupé au transport de la cargaison depuis les caves de l’Aile Blanche jusqu’aux soutes de la Brise. L’aide de l’équipage ne fut pas de trop, et Haldren dut réveiller tous ses sbires  afin que le matin ne les surprenne pas en plein travail. Fort heureusement, rien de tel ne se passa, et lorsque l’astre solaire émergea de l’horizon, la proue du navire fendait déjà les flots en direction de l’Ouest et des côtes de Langehack.

Les deux voleurs s’étaient vu attribués une cabine, et ils supportaient plutôt mal que bien le mouvement des vagues. La Brise semblait se jouer des creux, et Haldren aurait juré que les matelots prenaient leur pied à dompter ainsi l'Olienne, mais son estomac se rebellait contre un tel traitement. Les drows n’avaient plus tenté d’expédition en mer depuis leur célèbre défaite navale bien des siècles plus tôt, et l’archimage maugréait que cela constituait surement l’une des décisions les moins stupides des anciens rois du Puy. Qui donc voudrait aller régner au milieu de ces étendues de sperme de poisson et de pisse de poulpe ?

Ce n’est qu’en milieu de matinée qu’ils réussirent enfin à émerger sur le pont, légèrement verdâtres l’un comme l’autre, et allèrent s’accouder au bastingage. Tandis que Gueule d’Ange admirait discrètement les formes du Capitaine, Haldren s’occupait plutôt de l’horizon. Ces eaux étaient dangereuses, même lui le savait, et à tout instant un monstre marin ou un autre navire pirate pouvait apparaître et cingler vers eux. Les troubles qui secouaient la Péninsule empêchaient les flottes ducales d’accomplir leurs patrouilles au sein de l’Olienne avec leur régularité habituelle, et il en résultait une recrudescence des actes de piraterie dans les parages. Se retournant, le drow regarda l’équipage et la rouquine qui les dirigeait, se disant qu’ils paraissaient compétents et suffisamment nombreux pour gérer un abordage sans même qu’il ait à intervenir.


Si elle a le même tempérament au lit que le reste du temps, ça doit en valoir la même, murmura Gueule d’Ange avec un sourire salace, s’attirant au passage un regard furieux de son chef.
Nous ne sommes pas là pour ça, reste concentré sur la cargaison. Et dis-toi qu’elle serait capable de se monter tes couilles en pendentif, alors évite de faire le malin.

Le regard du drow se porta de nouveau sur l’océan. Sa perception, supérieure à celle d’un humain, lui fit remarquer au loin une légère déformation de l’horizon, comme si les hauts des mats d’un navire se trouvaient juste à la limite de leur champ de vision. Peut-être s’agissait-il juste d’un autre marchand en route lui aussi vers Langehack, mais Haldren espérait que la vigie de la Brise ne le perdrait pas de l’œil.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une cargaison à l'origine douteuse [Le Continent]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Faut-il se passer des scrutins sur le continent noir? Est-ce l'image d'Haiti?
» Anastagia Pierre Américaine d’origine haïtienne couronnée Miss Florida USA 2009
» l' origine du coup de boule
» Un maire d’origine haïtienne élu à North Miami
» Waterloo, vidéo documentaire origine Planet

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Ithri'Vaan ~ CENTRE :: Principautés de Thaar :: Thaar (Cité)-
Sauter vers: