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 Ce qu'il reste | Libre

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Aranos
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MessageSujet: Ce qu'il reste | Libre   Sam 22 Aoû 2015 - 20:46

      En bas des territoires de Naelis, là où commençait la mer, s’élevait le rocher sur lequel l’Aurore avait été bâtie. Un dernier chemin, celui qui serpentait sur le ponton de pierre, s’offrait aux voyageurs, nombreux et pénitents, résolus ou égarés, qui souvent se pressaient aux abords de ce lieu de savoir. Là, sous le vent crasseux du soir, deux longues formes se tenaient devant le pont conduisant à l’Aurore. Elles s’étaient rencontrées par hasard, l’une venant de l’Ouest, l’autre du Nord. La même capeline les drapait de secrets contenus, le même soupir avait affaissé leurs épaules fatiguées, après cette longue route. L’une comme l’autre, avant de s’engager dans la voie menant à la citadelle, elles contemplaient l’austère promontoire de savoir que représentait l’Aurore ; et elles doutaient, une dernière fois, elles hésitaient avant de s’engager. Le hasard, les dieux, avaient accolé pour un instant ces deux-là, sous le crachin du soir, face au bastion de science qui les dominait. Aussi tout doucement, mot après mot, les deux inconnus se mirent-ils à parler :
      « D’où ? fit l’un
      – Edelys, loin dans la Péninsule de mon peuple, près de l’autre océan,
répondit l’autre. Et toi ?
      – Eraïson. »

      Un silence.
      « Les rumeurs de guerre … ?
      – Elles sont vraies.
      – Toi aussi ?
      – Moi, plus que les autres. »

      Il n’y avait rien à répondre. Un deuxième silence.
      « Pour nous, Edelys est sortie de la guerre, Arcam nous préserve qu’elle y retombe. »
      Encore un silence.
      « Vos terres aussi sortiront de la guerre. Par la grâce des Dieux, ton Beau Peuple verra sûrement revenir la paix. »
      A nouveau, le silence.
      « Alors, tu viens chercher des recettes pour vaincre ? Tu viens apprendre à manier le feu magique, et les arcanes d’où on invoque les éclairs ? »
      La pluie battait le visage mutique de l’autre. A présent, il semblait emmuré dans un silence grognon.
      « Peut-être que tu n’en as pas besoin. On dit bien que vous, les Immortels, lorsque vous menez la guerre, c’est toute la forêt qui combat pour vous. »
      Ces mots déclenchèrent l’orage. L’autre sortit de son silence, et il tonna à la face de l’homme d’Edelys :
      « Je ne fais la guerre que selon les préceptes du Dieu de la Guerre, et on me dit que c’est dépassé. J’abrite notre nation derrière des murailles de pierre, et les Esprits forestiers abattent nos murailles. J’ai donné mon sang et mes années à mon peuple, et maintenant mon peuple me chasse. Mais je n’abandonnerai pas ma vie à quelques druides mystiques, et je n’attendrai pas la mort sans autre barricade qu’un maquis de vieux bois. Si les Cités ont encore un avenir en Anaëh, ici, on saura me le dire. Sinon … »
      Son œil avait passé des hautes tours de l’Aurore, jusqu’à la mer hérissée de rochers qui s’agitait en contrebas, si bas. L’homme avait capté le regard de l’Elfe. Cette fois, le silence fut plus long encore. Puis l’un après l’autre, ils carrèrent les épaules, redressèrent l’échine pour tenir face au vent, et puis ils entreprirent de gravir le ponton détrempé qui, zigagant, courrait jusqu’au seuil de la forteresse du savoir.
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Aranos
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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste | Libre   Lun 28 Sep 2015 - 20:38


      « Il n'est même pas entré dans le château, grogna l'homme d'Edelys, attablé devant sa chope. La pluie battait toujours sur l'Aurore, parfois drue, parfois crachinante ; et c'était ainsi sans discontinuer, depuis bientôt une ennéade entière. Il est resté là, en bas de la grand'porte, à se faire tremper et encore tremper, avec toutes ces trombes tombées des nuages. Il ne regardait même pas la forteresse, il avait les yeux plongés vers le bas. Il n'a pas bougé d'un pas, il était là, juste là ; où les murs tombent à-pic sur la côte, entre les rochers et la mer.
      Ca a été trois jours comme ça, quatre peut-être. Chaque matin je passais, et toujours il était là, sur le parapet, planté comme un platane. Jusqu'à ce que le jour suivant, que j'y dise bien, le cinquième : il était parti. Il avait filé au petit matin, sans un bruit.
     C'était un Elfe, il fallait voir : un très fier, ombrageux, et tout. Il a dû repartir à la Forêt, là-haut, près du Grand Lac. »


      L'homme d'Edelys gratta sa barbe mal rasée, et passa un doigt sur ses lèvres gonflées. Il eut soudain une moue pleine de doutes.
      « Encore que, dit voir : il ne donnait pas l'air d'être de la Forêt, cet oiseau-là. »
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