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 Espoir et jeunesse [Pv]

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Espoir et jeunesse [Pv]   Mar 25 Aoû 2015 - 15:08


Ils étaient arrivés à Brevise tôt dans la matinée. La seigneurie était une voisine de Langehack, à seulement une demi-journée de marche. En bordure de la Shanae, Brevise offrait tout le confort et le luxe d’une cité typique du Langecins. De belles architectures montraient la richesse du seigneur des lieux et l’on comprenait assez aisément que celle-ci provenait surtout de sa place centrale au carrefour du principal fleuve du duché. De sa monture, Oschide avait alors pu contempler la belle forteresse perchée en haut d’une colline longeant le fleuve et surplombant la basse-ville. Bien qu’elle ait été largement plus petite que la cité ducale, Brevise jouissait d’une certaine place de choix au sein du duché ou le calme et la prospérité étaient les maîtres-mots. Il l’avait déjà traversé plusieurs fois en venant et partant de la cité ducale, mais il y trouvait un certain réconfort à chaque passage tellement la propreté et le cadre enchanteur l’apaisaient.

Comme il s’y était attendu, Brevise affichait les étendards de son seigneur dans les moindres parcelles de la ville. L’annonce de l’union entre Isilie de Brevise et Odoric di Maribelo avait déjà fait grand bruit dans le Langecins et même en Ydril à ce qu’on disait. Alors que la Péninsule agonisait lentement, les Langecins avaient accueilli cette nouvelle avec un grand enthousiasme pour la plupart et plusieurs centaines de badauds avaient fait le déplacement jusqu’à Brevise pour profiter des festivités et des répercussions économiques que l’événement délivrerait à la région.

Dès leur arrivée, Oschide et Méliane reçurent un chaleureux accueil. Se montrer à la population était surement la meilleure manière de démentir les rumeurs qui les disaient tous deux en pleine agonie. Même si l’état de Méliane restait préoccupant, son ventre arrondi ne tarda pas à provoquer de grands sourires chez la gente féminine. Ainsi, même si Méliane se démenait pour paraître en forme, le peuple ne retiendrait uniquement que leur duchesse donnerait bientôt un nouvel héritier pour Langehack. A ses côtés, Oschide était resté discret. Vêtu d’une armure sobrement décorée, le duc avançait sans désir de briller aux yeux de tous car le héros du jour était bien son cousin Odoric qui était sur le point d’épouser la fille d’Uthar. Celui-ci avait alors revêtu ses plus beaux habits reflétant la richesse et la puissance de leur famille. Sous les acclamations de la foule, son jeune cousin à l’allure encore enfantine avait semblé apprécier la situation sous les regards bienveillants de son père Gilderio et de sa mère Isabella. Eux aussi avaient fait le voyage jusqu’au Langecins, délaissant pendant quelques jours le comté d’Ydril qui sortait fraîchement de la dernière guerre civile. Lors d’entretiens avec son cousin Gilderio, Oschide avait d’ailleurs pu découvrir toutes les péripéties du comté, en commençant par le festin d’amarante jusqu’à la mort du jeune comte. Dès lors, il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour comprendre à quel point Ydril était à présent sous l’emprise officieuse de sa famille et de leurs alliés. Mais jusqu’à quand resterait-elle officieuse ? Jusqu’à quand son père recouvrirait-il son orgueil et son appétit pour débarrasser Ydril des derniers pions de l’estréventine ? Il était, en tout cas, évident pour lui que Langehack resterait désormais à l’écart des ambitions du patriarche.

En plus de quelques notables de Mirabelo, la délégation ducale devait faire une cinquantaine d’individus sans compter les aigles de sang qui lui servait toujours d’escorte. D’autres seigneurs langecins avaient été invité et avaient fait le déplacement jusqu’à la petite seigneurie et Uthar de Brevise avait semblé être le premier heureux. En cette neuvième ennéade, Brevise était réellement devenue le centre du Langecins. Un tournoi bien plus petit que celui de Langehack avait lieu et une centaine de chevaliers s’apprêtaient à rentrer en lice sous les yeux de leurs ducs. De toute évidence, une partie de la dot qu’il avait lui-même financé s’était retrouvé dans ce tournoi qui rapporterait bien plus au seigneur de Brevise vu la population qui s’agglutinait déjà dans les ruelles et dans les campements provisoires en périphérie. Les festivités ne dureraient que deux ou trois jours, mais elles s’apprêtaient déjà à redonner un grand bol d’air à tout le monde, au moment où l’on en avait le plus besoin.

C’est accompagné de quelques chevaliers réputés qu’il se rendit dans les estrades pour le début du tournoi en milieu d’après-midi. Le soleil printanier réchauffait déjà considérablement l’atmosphère et il n’osa même pas imaginer l’inconfort que devait procurer les armures de plates aux chevaliers qui rentreraient bientôt en lice. Un héraut vint alors prendre place au milieu de l’estrade et annonça les candidats un par un en n’omettant évidemment pas de mentionner les titres de chacun. Il reconnut ainsi la plupart des chevaliers qui s’étaient déjà battus dans le tournoi précédant. Certains avaient brillé contre les missédois, d’autres moins, mais le niveau général restait tout de même assez bon. Néanmoins, plusieurs noms totalement inconnus furent annoncés à la grande surprise de tous. Même Méliane sembla interrogative à la mention de ces jeunes seigneurs Langecins dont personne n’avait entendu parler. Uthar de Brevise se tourna dès lors vers eux avec un petit sourire au coin des lèvres avant de mettre un terme à leur question.

-L’un d’eux est mon ancien écuyer, Bertrand de Savron. Il est très prometteur vous verrez.

-Quel âge a-t-il ? demanda Méliane d’une voix peu rassurée.

-L’âge de se battre, altesse. répondit le vieux avec un petit sourire malin.

-Et qui sont les autres qui ont l’air d’avoir le même âge ? Redemanda son épouse.

-Robert de Lument et Louis de Buire sont des orphelins de deux anciens chevaliers de Brevise. Ils forment un bon trio, vous verrez.

Bien que ces trois jeunes gens leur fussent complétement inconnus, la foule acclamait déjà le jeune Bertrand et ses deux acolytes en boudant les autres habitués. C’était du jamais vu lors d’un tournoi. Même si les jeunes générations inspiraient beaucoup d’admiration du fait de leur fougue et de leur panache, il était rare de voir d’aussi jeunes gens bénéficiant d’un tel engouement avant même que la joute ait commencé. Sans attendre plus longtemps, la joute débuta à un bon rythme et les adversaires se succédèrent rapidement jusqu’à ce que les fameux Robert de Lument et Louis de Buire se retrouvent à devoir jouter l’un contre l’autre. Les deux chevaliers s’élancèrent sous les hourras de la foule qui plongèrent toute la lice dans une excitation sans pareille. Sans comprendre comment, son attention se fit plus nette et le fracas des deux lances sembla arrêter son coeur pendant un bref moment. Surprit devant une telle violence, Oschide comprit que ces deux jeunes coqs jouaient bien plus que les autres dans cette arène ou la noblesse les regardait. Ils n’étaient là que pour se faire une place dans ce vaste océan de couleurs et d’héraldiques en tout genre. L’acharnement dont ils firent preuve dans les lances d’après ne firent qu’accroître sa curiosité et son admiration jusqu’à ce qu’il comprenne enfin pourquoi la population de Brevise les acclame avec autant de ferveur. Au moment où le jeune Louis de Buire l’emporta, les applaudissements vinrent recouvrir toute la lice pour les deux amis devenus adversaires pendant un bref instant. Méliane se leva et les félicita sans attendre en donnant à chacun un morceau de son écharpe en soie.

Pendant un moment, Oschide vit en eux l’espoir d’une nouvelle génération pleine de promesse. Leur amitié n’avait pas eu d’impact sur leur courage et leur hardiesse et la population semblait avoir un énorme coup de cœur pour eux. Cette impression se renforça au moment où Bertrand de Savron rentra en lice dans une armure toute simple avec des héraldiques très proches de celles de Brevise. Son adversaire, Courval de Reveux, n’était rien d’autre que son capitaine de cavalerie considéré comme la meilleure lame de Langehack. Autant dire que l’expérience ne jouait pas en la faveur du jeune Bertrand. Et pourtant, le jeune chevalier ne manqua pas de hargne lorsqu’il réussit presque à désarçonner son capitaine. Tous les yeux étaient rivés sur ce combat où l’inégalité flagrante du duel donnait presque un goût d’héroïsme de la part du chevalier sans terre.

-Que pensez-vous de lui, altesse ? demanda Uthar dans sa direction.

-Sa précipitation pourrait lui être fatale, mais il est très prometteur. Brevise semble être un bon vivier pour notre chevalerie. Ces jeunes feront la gloire du Langecins à n’en pas douter.

Il vit son amiral débarquer derrière lui au même instant. Heureux de revoir son compatriote sudiste, Oschide le salua directement d’un geste de la main et lui fit signe de venir vers eux. Méliane découvrit ainsi le fameux Soltaar qui avait donné son nom à la première plage d’Achid Kamil sur laquelle le corps expéditionnaire avait débarqué.

-Seigneur de Montecale, c’est un plaisir de vous rencontrer enfin. Prenez place à nos côtés, je vous prie, cette joute est fascinante.

Tandis que l’amiral prenait place juste à côté de lui, Oschide lui adressa une accolade sur l’épaule avant de poursuivre silencieusement tellement l’attention était toujours tournée vers les deux chevaliers qui s’affrontaient dans la lice.

-Comment allez-vous amiral ? Je réuni un conseil restreint ce soir après le banquet, j’aimerais que vous soyez présent.

Juste après qu'il eut terminé de poser sa question, un autre fracas vint de nouveau attirer son attention. A sa plus grande surprise, le jeune chevalier venait de briser sa lance contre le bouclier de son capitaine. Les deux hommes étaient à présent à égalité et la foule retenait son souffle.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Mer 26 Aoû 2015 - 10:31


« Plus vite Marco ! »

« Je fais de mon mieux, messire di Montecale ! »

Jamais un coche n’avait été aussi vite. Et pour cause, le retard à rattraper s’était transformé en véritable course contre le temps. Enrico avait beau ne pas faire d’effort physique, tout ce retard l’avait fatigué et l’avait fait suer quelque peu. Prolonger son séjour à Apreplaine lui avait permis d’aider le baron au mieux pour son problème maritime, mais du reste, l’estropié semblait avoir perdu aux changes. Et s’il arrivait en retard à ce mariage ? Ce serait plutôt mal vu, surtout sans excuse valable. Alors il déboulait à toute vitesse sur la route, empruntant des soi-disant ‘raccourcis’ que lui concoctait Marco Solomeo. Croiser un soltaar à Syriac avait été une agréable surprise, apprendre qu’il était un cousin du capitaine Esteban Salggirio en avait été une plus grande ! Faisant route ensemble, ils s’étaient dirigé vers Langehack à toute allure, changeant leur chevaux à mi-chemin, alors qu’ils étaient couverts d’écumes et aux jambes flageolantes.

Sur la route de terre battue, la voiture brinquebalait dans tous les sens. Derrière suivait le second attelage contenant les femmes, alors qu’à l’avant Raúl avait déjà du mal à éviter de vomir. Marco était frénétique, faisant claquer ses rennes de façon presque maladive. Arrivés à un embranchement, ils parvinrent à passer sans encombre devant un autre cortège, qui dut freiner et les abreuver d’insultes et de gestes plutôt impolis. Enrico les regarda un instant, puis fut saisi d’un doute lorsqu’il vit des prêtres d’Arcamenel dans celui-ci.

« Je… Je crois qu’on a failli rentrer dans une procession relig… »

« Messire ! Devant ! »

Enrico se retourna, et put voir dès lors une foule de passants, attroupés autour de la route, qui les saluaient. Il y en avait également encore sur la route, ce qui fit tourner le sang de l’amiral. Sortant à moitié par la fenêtre du toit, il se mit à essayer de dégager les pauvres hères qui étaient encore sur le chemin.

« Place ! Place ! Faites place ! »

Alors qu’il faisant tournoyer sa main dans tous les sens, les hommes se bougèrent et commencèrent à l’acclamer, louant Arcamenel et levant les bras en reproduisant les gestes d’Enrico. Ce dernier, hébété, regarda la foule comme s’il avait vu un fantôme, alors qu’ils s’éloignaient au galop. Apparemment, les petites gens étaient tristes de le voir partir, car elles se mirent encore une fois sur la route, et suivirent les coches ainsi pressés pendant quelques dizaines de mètres, avant de s’arrêter. Au loin, Enrico pouvait voir la véritable procession s’arrêter devant cet attroupement brouillon. Il crut même distinguer un juron assez cru… enfin, venant d’un cortège religieux. Il redescendit à l’intérieur de la voiture, quelque peu étonné de ce qu’il venait de voir, puis regarda Hernán.

« Je crois que nous serons à l’heure. »




Arrivés à Brevise en trombe, ils avaient tout de même pris le temps de se changer, avant de se diriger vers l’endroit où la joute prenait place. La famille Montecale ne put cependant accéder aux mêmes infrastructures qu’Enrico, et se contentèrent de places secondaires. L’amiral, quant à lui, avait revêtu son armure de fonction, sobre malgré la bande rouge lui ceignant la poitrine. Marchant d’un pas assuré avec sa canne, il parvint à la logue du duc sans encombre, et à peine fut-il rentré que ce dernier le remarqua. Il lui fit un signe de la main, et Enrico s’avança donc vers son suzerain, et fit la révérence au couple ducal. Un mince sourire s’étira à voir le ventre rond de la duchesse Méliane, qui attendait patiemment l’arrivée d’un nouveau bonheur. Elle lui proposa de prendre place à leurs côtés.

« Je vous salue, Altesses. Duchesse de Lancrais, le plaisir est également immense pour moi de vous rencontrer. »

Il s’assit à côté d’Oschide, et fut assez surpris lorsqu’il lui fit l’accolade sur l’épaule. La surprise passée, il sourit un peu, et écouta l’Anoszia lui parler de ce conseil restreint.

« Le voyage fut assez mouvementé, mais je participerai volontiers à ce conseil. Je me demandais juste si… »

Un fracas vint l’interrompre, et il tourna la tête vers la joute. Là, un jouvenceau semblait avoir fracassé sa lance contre un homme plus âgé, et à l’armure plus riche. Sûrement un débutant faisant face à un jouteur d’expérience, cependant, Enrico en connaissait bien peu sur ce genre d’événement. Il reprit donc là où il en était.

« Je me demandais juste si votre Altesse autoriserait ma famille à participer au banquet. »

Les participants reprirent leur place, prêts à se jeter l’un contre l’autre encore une fois.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Mer 26 Aoû 2015 - 16:12


Il aimait cette atmosphère qui lui rappelait tellement de souvenirs. Toute sa jeunesse n’avait été dédiée qu’à l’entraînement et à la préparation de joutes comme celle-ci. Pendant les belles périodes, le comté d’Ydril fourmillait de tournois à chaque ennéade. Bercé par les fresques héroïques des plus grands chevaliers, il n’avait eu de cesse de les imiter et de tirer tous les honneurs. De cette façon, il s’était fait un nom en Ydril et à Diantra jusqu’à ce que le métier des armes lui donne ses premières responsabilité. Les jeunes gens qui joutaient en face d’eux étaient de la même trempe. Plein d’espoirs, de rêves et d’illusions alors qu’une mort brutale et prématurée était généralement la seule conclusion. Combien de ses amis avaient péris avant lui ? Seul Rhys et lui avaient eu suffisamment de chance pour se trouver au bon endroit, au bon moment, ou du moins, c’est ce qu’il pensait.

Tandis que les chevaliers étaient revenus à leur position de départ pour s’équiper de nouvelles lances, l’amiral de Langehack profita de ce court répit pour lui demander si sa famille pouvait participer au banquet. La demande le fit doucement rire, surtout lorsque l’on savait à quel point le nom de Montecale était aujourd’hui célèbre depuis la prise de Nelen.

-Le comble aurait été que votre famille n’y participe pas, amiral. Tous les Montecale semblent jouir d’une bonne réputation dans le Langecins à présent. La faute en est à vos exploits dans l’Olienne à tous les coups, dit-il en laissant s’échapper une brève esclaffade. Mais regardez ces chevaliers dans l’arène. Imaginez la même chose sur l’eau, nous trouverions aisément les meilleurs éléments pour composer notre flotte, tant pour les rameurs que pour les jouteurs. Nous en faisions quelques fois par chez moi, chez vous aussi j’imagine ?

Au même moment, les deux chevaliers s’élancèrent dans la lice. Son capitaine baissa en premier sa lance afin de viser au plus juste le bouclier du jeune chevalier, mais celui-ci attendit le dernier moment pour abaisser la sienne en guise de provocation absolue. Déconcerté par ce geste culotté, le capitaine de cavalerie se fit désarçonner d’un coup sec et se retrouva le cul à terre en seulement quelques secondes. S’en était finit du capitaine qui dû se résigner à la défaite alors qu’à côté de lui, Bertrand de Savron célébrait déjà sa victoire en parcourant toute la longueur de la lice pour saluer la foule. Celle-ci l’acclama plus qu’aucun autre auparavant et scanda son nom comme s’il avait été un dieu.

-Voilà qui est fait, fit le seigneur de Brevise heureux comme tout après l’issu de ce duel. Nous allons pouvoir nous rendre au château. Je sens déjà la bonne odeur des côtelettes et des poulets rôtis envahir mon nez et titiller ma bouche. Altesse, si vous me l’accordez, je me ferais une joie de vous tenir le bras jusqu’à là-bas.

-C’est accordé, répondit Méliane en affichant un sourire courtois. J’imagine de toute façon que mon époux a beaucoup à faire avec notre amiral.

Oschide rit devant les propos de sa femme qui ne manquait pas de piquant. Mine de rien, elle avait repris du mordant depuis la fin de sa convalescence et cela le réjouissait amplement.

-Sur ma vie, je vous promets une danse ma douce.

-Faites attention,  nous n’avons qu’une vie et vous n’êtes plus de la première jeunesse figurez-vous. J’espère que vous ne tomberez pas à terre comme à notre premiere rencontre.

Sur ces mots, toutes les personnes à proximité se mirent à rire, mais lui devait être le plus amusé de tous. Ainsi, son épouse ouvrit la marche avec le seigneur de Brevise, et Oschide leur emboîta le pas avec l’amiral de Langehack à ses côtés, suivit d’une longue colonne de nobles dames et d’hommes en armure. Le temps était à la fête, aux robes colorées et aux milles odeurs d’épice estréventins faisant la richesse des nobles Langecins.

-Je me souviens de la dernière fois où nous nous sommes vues. Le sieur de Vallancourt, qui se trouvait non loin de vous, déchargeait sa bile sur ma personne. Sale journée pour l’avenir du Royaume, n’est-ce pas ? dit-il avec une pointe d’ironie. Voyez-vous, notre tentative de restaurer un royaume fort s’est avéré inefficace et je m’excuse d’ores-et-déjà de vous avoir envoyé à Béranthe pour la construction d’un arsenal sur l’Eris. Il y a eu un espoir, mais nous devions être les seuls à l’avoir visiblement. En tout cas, vous devez savoir avant que le conseil n’ait lieu que je souhaite vous nommer gouverneur de l’archipel de Nelen. J’ai aujourd’hui la volonté de me concentrer sur le Langecins et nos possessions. Par conséquent, je souhaite vous avoir comme l’un des principaux artisans de nos futurs projets. Il s’arrêta un bref instant avant de poursuivre. Vous aurez tout le temps nécessaire pour y réfléchir, mais sachez que je me rendrais avec vous sur Nelen dès que ce mariage sera terminé. En attendant, profitons de nos familles et de l’ambiance tant qu’il en est encore temps.


Méliane de Lancrais, duchesse de Langehack

Méliane délaissa le bras du seigneur de Brevise pour se mettre à leur niveau et prendre un nouveau bras, celui de l’amiral qui semblait tout juste encaisser les informations laissées par le duc.

-J’espère que mon époux ne vous donne pas trop de travail, amiral de Montecale ? Vous avez déjà beaucoup fait pour nous, vous devriez songer à prendre du repos et rester avec votre famille. Et celui qui est à côté de vous devrait en faire autant car les ambitions et les rêves attendront.

Voyant qu’Oschide avait quelques pas en avant pour marcher aux côtés du seigneur des lieux, Méliane en profita pour glisser quelques autres mots dans l’oreille de l’amiral.

-Etes-vous marié, amiral ? Si la réponse est négative, il serait temps pour vous de choisir votre âme sœur. La moitié des femmes du Langecins ont entendu parler de vos exploits et souhaiteraient vous avoir rien que pour elles. Dit-elle avec le plus grand sourire.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Ven 28 Aoû 2015 - 10:56

L’amiral du Langecin fut content de savoir que sa famille était si bien accueillie et représentée sur sa nouvelle terre d’accueil. En peu de temps, certes, deux Montecale s’étaient illustrés sur le théâtre d’opération de l’Olienne, et avaient arraché des victoires sur l’archipel de Nelen, approvisionnant de ce fait Langehack en diamants, et lui assurant la primauté commerciale dans la mer. Piezarre avait autant fait qu’Enrico en un sens, l’un avait vaincu sur mer, l’autre sur terre. Il avait hâte de croiser son frère afin de le féliciter et de boire avec lui. Il commençait à lui manquer. Et plus de nostalgie encore en découla de l’estropié lorsque celui-ci revit les arsenaux de Boniverdi, alors que le Duc lui parlait de ses naumachies ydrilotes. Il pouvait presque sentir l’odeur iodée de la mer, et les mouettes rieuses passant au-dessus de vastes étendues de cales sèches, abritant l’une des armadas les plus puissantes du monde. Du haut de ses appartements, Enrico avait eu une si belle vue… maintenant si lointaine, et si amère de souvenirs. De rêves brisés.

« Certes, messire. Je me souviens de la célèbre naumachie organisée par Asdrubal de Soltariel. Je n’avais jamais vu pareille merveille… Je fus même membre du comité d’aide, afin que tout soit parfait et se passe le plus réalistement possible. Huit galères se sont affrontées ce jour-là dans le lac. Jour faste, et souvenir vivace. »

Alors qu’il rêvassait, les yeux d’Enrico descendirent sur la lice, où les deux cavaliers élancés l’un contre l’autre. Si pari il y avait eu, ce serait sur le plus vieux qu’il aurait misé. Et si pari il y avait eu, il aurait perdu. Car il fut totalement désarçonné par un petit coup vicieux du jeune homme. Pas besoin d’être un expert pour comprendre que ce coup était brillant, le résultat parlait de lui-même. Enrico sourit, et tapa un peu des mains, impressionné par la fougue du novice. Il avait été comme lui dans la Marine, et avait pris beaucoup de risques dans sa jeunesse. Risques récompensés, mais aussi payés. C’est alors que le seigneur de Brevise clôtura les joutes, invitant tout le gratin à fêter le mariage en son château. L’amiral commençait à être plus à l’aise en présence de tous ces nobles qui, grâce à Nelen, le toléraient à présent bien mieux qu’avant. La Duchesse prenant le bras de Brevise, Enrico se plaça à côté de son suzerain pour la marche vers le castel. La discussion, bien évidemment, reprit. Les thèmes abordés furent sans surprise tournés vers l’échec cuisant de la politique du Velterien.

« Rassurez-vous votre Altesse, l’épisode de Béranthe n’a été qu’un mauvais calcul déjà bien vite oublié. Et comme pour le reste, ce n’est aucunement votre faute, mais bien celle de l’Archiduc. Comme vous le dites si bien, il faudrait vous concentrer davantage sur vos possessions plutôt que sur le Royaume. »

Il fit une pause et sourit lorsqu’il entendit qu’Oschide l’accompagnerait pour voir Nelen. Une idée se tissait dans sa tête, et le fait de passer plus de temps avec l’Anoszia était plutôt bénéfique pour son plan.

« Je suis ravi d’apprendre que vous viendrez sur votre nouveau fief, messire Duc. J’avais l’intention de donner une fête en votre nom une fois là-bas, je suppose qu’elle prendra encore plus son sens avec vous pour la présider ! »

Et ils se dirigèrent vers le château afin d’y célébrer le mariage. Ce serait sûrement très faste, la réputation du Langecin concernant l’étalement de ses richesses était tout à fait méritée. Enrico y retrouvait un peu de la cour du Soltaar, sans ses ennemis bien sûr. Il n’en avait pas encore ici, du moins, pas des ennemis déclarés. Oh, sauf cette enflure d’Alcion d’Amderran. Mais ce dernier détestait jusqu’au Duc lui-même…
Soudain la Duchesse délaissa le bras de Brevise pour venir se mettre à celui d’Enrico. Un peu dérouté, il ne sut trop quoi dire, ce que Méliane s’empressa de faire à sa place. Ses paroles étaient à la fois des félicitations et des préoccupations quant à la fatigue de l’amiral. Certes, tous ces voyages l’avaient fortement fatigué, mais il se sentait encore d’attaque malgré l’épuisement des derniers jours. De Nelen à Brevise, en passant par Béranthe et l’Apreplaine, il n’avait cessé de bouger et de travailler. D’aucun dirait que c’était mauvais pour sa santé.

« Je vous remercie, votre Altesse. Mais mes responsabilités m’empêchent de me reposer à une heure aussi importante. Des tonnes de choses restent à faire, et votre sollicitude me touche profondément. Quant à votre mari, je ne saurais qu’être d’accord avec vous. J’ai pu voir qu’un heureux événement était en route pour vos Altesses. »

Elle aborda ensuite le thème des femmes. Intérieurement, Enrico rigolait. Fort heureusement, sa réputation de coureur de jupons n’était connue que dans la marine de Soltariel, ou dans les grands ports péninsulaires. Quelques rumeurs couraient, évidemment, mais pas autant que dans ces points de passage tant fréquentés durant sa jeunesse. A entendre Méliane, beaucoup de femmes le trouvaient à leur goût depuis les exploits de l’Olienne. En vérité, son orgueil lui disait qu’il n’était pas étonné, et que même sans la victoire, tout son charme aurait pu opérer sans problème. Ha, l’orgueil…

« Non, je ne suis point lié à une autre femme. Mais n’ayez crainte, je saurais trouver dame qui me sied. »

A cette phrase, il regarda en direction d’un couple de jeunes nobles qui parlaient entre elles. Une fois leurs regards captés, il afficha un petit sourire qui en disait long. Elles rirent sous cape, papotant entre elles comme des pipelettes en jetant quelques œillades à l’amiral. Oui, décidément, les jeunes femmes de la noblesse restaient les plus faciles à séduire selon lui. Il en remerciait d’ailleurs les Cinq.

Le château, quant à lui, s’était rapproché entre-temps. Et dans moins d’une heure, les festivités commenceraient…
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Mar 1 Sep 2015 - 16:16


Après avoir vu son épouse rire aux mots probablement drôles de l’amiral, le seigneur de Brevise leur fit découvrir la somptueuse salle de sa forteresse qui accueillerait les festivités. Celle-ci avait été richement décorée de soieries et de tentures toutes aussi colorées les unes que les autres. De toute évidence, il faisait bon vivre dans cette seigneurie et Uthar n’en oubliait pas sa bonne humeur et son hospitalité. Oschide se rendit alors compte de tous les progrès accomplis depuis son arrivée à la tête du duché. A cette époque, tous les seigneurs l’avaient vus venir d’un œil curieux pour les uns ou soupçonneux pour les autres. Mais il ne fallait pas baisser les armes sous prétexte qu’un mariage serait la conclusion heureuse d’une intégration dans le duché.

Heureux d’avoir retrouvé son amiral après presque deux ennéades sans nouvelles, le duc lui fit signe de venir s’installer une nouvelle fois à ses côtés. Petit à petit, les invités arrivaient par deux, trois ou quatre, tous vêtus de magnifiques habits pour la quasi-totalité. Comme il était de coutume, les deux futurs mariés se mirent en plein centre de la table principale qui donnait vue sur toutes les autres, qui quant à elles, parcouraient toute la longueur de la salle. De ce fait, Odoric et Isilie s’installèrent sous les yeux bienveillants de leurs parents respectifs. En tant qu’invités d’honneur, Oschide et Méliane furent placés tout près d’eux avec l’amiral juste en face. La famille de celui-ci quant à elle se retrouvait quelque part dans la salle en face de quelques nobles Langecins.

Une fois que tout le monde fut installé, des pages arrivèrent des cuisines avec de la nourriture en profusion. Oschide eut alors une pensée émue pour tous les habitants des terres royales qui devaient se résigner à manger du chou pour économiser le blé. Mais cela ne faisait plus vraiment parti de ses préoccupations premières puisqu’on lui avait gentiment fait comprendre qu’il n’avait pas sa place. Avant que tout le monde ne commence, Uthar se leva avec une coupe de vin remplie à ras bord.

-C’est un honneur pour moi de célébrer l’union qui liera ma fille à une noble famille d’Ydril, et ce, au sein même de sa seigneurie, dit-il en renversant quelques gouttes de vins sur le jeune Odoric par inadvertance. Et c’est un honneur de recevoir ici leurs altesses de Langehack, Méliane de Lancrais et Oschide d’Anoszia, qui vont bientôt nous apporter un héritier. Longue vie aux futurs mariés, longue vie au duc et à la duchesse et longue vie à Langehack !

Aussitôt, Méliane se leva à la vue de tous et leva également son verre, qui était quant à lui remplis d’eau. Sans en renverser une seule goutte, elle débuta à son tour ses remerciements en affichant un sourire radieux à son auditoire.

-Les dernières ennéades ont été difficiles pour nous tous, et je suis heureuse de me retrouver aujourd’hui parmi vous pour fêter l’union qui liera nos maisons. Il est bon de retrouver quelques moments de réconforts et d’apaisements lorsque tant de malheurs se déroulent dans nos contrées voisines. Mais Langehack est aujourd’hui plus fort que jamais, et ce même alors que Merval nous a tourné le dos. Car Langehack peut désormais compter sur des hommes d’honneur, de talent et à la loyauté sans faille. J’ai vu toute à l’heure des jeunes chevaliers aux héraldiques encore inconnues s’élancer dans la lice avec une telle ferveur que je ne peux qu’être rassuré de les savoir bientôt auprès de nous lorsque le duché leur fera appel. Nobles dames, nobles seigneurs, cette fête est la nôtre, profitons-en !

Toute la salle se mit à applaudir et à acclamer la duchesse qui lui adressa un sourire qui pouvait paraître normal pour la plupart, mais qui le ravi au plus haut point. Dans une bonne ambiance générale, toutes les personnes présentes se mirent à manger et à boire en racontant tout un tas d’histoire. Leur table était cependant restée un peu plus silencieuse, ce pourquoi, son épouse ne tarda pas à jeter de grands regards dans la direction de l’amiral.

-Amiral, racontez-nous cette terrible bataille navale où un dragon est apparu d’après ce que disent les rumeurs !

Décidément, Méliane était plus en forme que lui, c’était comme s’ils venaient d’échanger leurs rôles. Car tandis qu’elle souriait à tout va et converser avec tout le monde, lui attendait et écoutait silencieusement à ses côtés. Pour dire, il ne s’était même pas levé pour après son épouse pour célébrer lui aussi le mariage. C’était comme si toute envie de parler avait disparu…
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Mar 8 Sep 2015 - 12:05

Le faste du château était prodigieux, et de Brevise semblait avoir mis les petits plats dans les grands pour le mariage de son enfant. La salle aussi richement décorée rappelait à Enrico de nombreux souvenirs, dont celui de cette réception à Soltariel qui l’avait vu combattre en duel face à Rosco della Colona pour une question d’honneur. C’était surtout les tentures filigranées d’or qui lui rappelaient cette soirée épique, principalement car le noble contre qui il s’était battu avait fini dedans. Ici cependant, pas de duels. C’était un mariage, et croiser le fer durant les noces portait malheur aux jeunes époux. C’est avec honneur qu’il s’assit face au Duc à la table, et ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil curieux au reste de la salle, en quête de sa famille et de l’endroit où ils se seraient placés. Il se souvenait encore de la tête de son père lorsqu’il lui avait dit qu’il serait à quelques mètres du seigneur de Tall.

Nourriture à foison, vin à profusion, il faudrait cependant attendre le toast aux jeunes mariés. Enrico avait toujours aimé les célébrations matrimoniales, bien qu’il n’ait aucune envie d’en avoir une pour lui-même. Uthar de Brevise se leva, prenant une coupe de vin et la présentant à l’assemblée. Le discours qu’il prononça était court, mais disait l’essentiel. Aussi, ce fut la Duchesse elle-même qui reprit l’élocution du seigneur, avec une coupe remplie d’eau cette fois, histoire de ne pas nuire à son enfant. Ici, les paroles étaient toutes autres, et parlaient de loyauté, d’honneur et de bravoure. Apparemment, la vaillance des chevaliers sur la lice en avait inspiré plus d’un, et plus d’une pour être exact. Il était bon de voir une dame parler de noblesse et de dévouement, alors que la moitié de la Péninsule semblait en ce moment en avoir oublié jusqu’à l’existence de ces mots. Toute la salle applaudit lorsque la vérité sortit de la bouche de Méliane, et Enrico ne put s’empêcher un sourire admiratif.

Le festin put ainsi commencer, riche en pommes de terre, volailles et pièces de viandes noyées dans la graisse d’oie. L’amiral ne se jeta pas sur la nourriture avec envie, mais préféra conserver ses manières, inculquées à la dure par un père autoritaire. C’est en revanche avec un intérêt prononcé qu’il apprécia la qualité du vin. Pas une piquette, et pour cause ! Ça aurait fait tâche pour le mariage de son fils, n’est-ce pas Uthar ? Ce vin eraçon devait avoir mûri dans une bonne barrique. Enrico se renseignerait. Le silence qui régnait à la table fut brisé par la Duchesse de Langehack, qui demanda à l’estropié comment s’était passé la bataille. Il ne s’y attendait pas du tout, mais, après avoir pris une gorgée de vin, il étudia tous les regards curieux de la table.

« Votre Altesse, c’est avec plaisir que je vous narrerai cet épisode ô combien glorieux de votre Marine. »

Il sourit et écarta son assiette, désireux d’avoir de la place pour ses mouvements. Car tout en racontant la bataille, nul doute qu’il ferait quelques gestes pour rendre son récit plus vivant.

« Vers le milieu de la troisième ennéade, alors que nous avions embarqué à bord de huit galères, nous approchions des côtes nélénoises. Je me souviens qu’une brume nous privait d’une partie de notre vision, tout comme elle gênait celle des éventuels défenseurs. Le commandant de la flottille ennemie de quatre galères, un homme que je n’ai pu voir à cause de sa lâcheté, avait disposé ses navires en triangle. Il avait compris qu’en nombre réduit par rapport à nous, la meilleure technique restait une attitude agressive, pour nous surprendre. »


Il sourit, plantant son couteau dans la table.

« Mais je ne suis pas un marin d’eau douce né de la dernière pluie. Après quelques échanges de tirs sommaires, nous avons fait front avec nos galères, afin de les frapper de nos rostres ! Ces immenses béliers sous-marins font d’irréversibles dégâts dans la coque des navires, mes seigneurs, et font tomber les malheureux qui ne savent s’accrocher. Et une fois que chacun de leurs navires furent percés, nous nous précipitâmes pour flanquer les bougres ! Les mercenaires du Trait firent un travail remarquable, bien que la mer ne soit pas leur terrain d’action favori. J’en ai vu plus d’un vomir par-dessus la rambarde durant la traversée. »

Un peu d’humour pour détendre l’atmosphère…

« J’ai suivi mes hommes au combat, content de pouvoir mettre la main sur un peu d’action, trop absente depuis trop longtemps. Je dois dire que je me suis étonné moi-même. Je pensais que ma jambe de bois me gênerait, mais elle m’a semblé bien légère ce jour-là. A croire que Néera lui aurait insufflé la vie ! »

Il reprit une gorgée de vin, prêt à entrer dans le moment que tous attendaient.

« La bataille tourna en notre faveur, bien qu’un brûlot vint heurter le navire de feu l’amiral Vellencour. Un homme de qualité, à qui ce récit est par ailleurs dédié. Deux galères nélénoises furent investies, et deux autres mises en déroute, ces canailles préférant plutôt fuir que d’affronter nos vaillantes lames. Je vois encore ces pleutres filer vers l’horizon… Et l’un de nos navires, fougueux et courageux, les prendre en chasse ! Las… C’était sans compter sur le dragon marin ! Immense bête tout droit crachée du royaume de Tyra, elle détruisit une embarcation ennemie, mais ne put non plus s’empêcher de s’en prendre au navire de nos mercenaires. Triste incident, qui nous força à nous établir sur l’île d’Achid Kamil, afin d’y installer un fort d’où nous mènerions nos opérations. »


Il présenta sa coupe à Méliane.

« Cela dit, votre Altesse, nous pûmes ainsi établir le fort qui porte aujourd’hui votre nom, et que mon frère se fait en ce moment une joie d’administrer ! »


Ainsi se finit son récit, pas vraiment exagéré, mais ayant occulté certaines choses, comme la torture d’un capitaine ou l'exécution des prisonniers, qui n’étaient pas faites pour le ravissement des oreilles.
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Ven 11 Sep 2015 - 19:34


Ce Montecale était décidément un sacré personnage et chacune de ses interventions avaient le don de susciter l’intérêt de toutes et tous. Le duché ne le découvrait guère en ce jour puisque du temps s’était passé entre son arrivée et le mariage, mais il ne faisait absolument aucun doute qu’il avait acquis de la notoriété durant toute cette période. D’une certaine manière, sur les deux sudistes fraîchement débarqués dans le Langecins, l’un avait réussi sur le champ d’honneur tandis que l’autre avait failli sur un terrain tout aussi périlleux, celui des loups ambitieux et belliqueux.

Il scruta les expressions de son épouse qui découvrit toute l’odyssée du Soltaar. Il ne tarda pas alors à repérer un petit sourire voulant tout dire. De toute évidence, l’amiral avait conquis les cœurs une nouvelle fois. Mais de là à dire, qu’il avait réussi le passage d’entrée pour s’intégrer aux élites de Langehack, il y avait un monde. Au moins, tant qu’il ne rapportait pas de mauvaises nouvelles, il ne risquait rien. Sur ce point, ils n’étaient pas si différents en étant tous les deux en phase de probation perpétuelle.

Lorsque l’amiral conclut en rappelant à tous, le nom du fort établit en l’honneur de son épouse, la tablée se mit à le saluer et le vin coula abondamment. Méliane esquissa alors un regard de remerciement dans la direction du Soltaar pour cet acte si symbolique. Aussitôt, les bavardages et commérages reprirent de plus belle et toute la salle plongea dans un vacarme assourdissant. Ne pouvant pas avoir une conversation audible avec des hôtes à ses côtés, Oschide se contenta de sourire à chaque fois qu’on le saluait et à lever sa coupe lorsqu’il le fallait, mais en réalité, il n’avait aucune véritable envie de s’attarder dans des conversations futiles.

Ainsi, lorsque le moment vint de quitter la salle pour ouvrir le petit conseil restreint qu’il s’était mis en tête de faire, le duc se leva en embrassant son épouse et fit signe à ses gardes de ne pas l’accompagner. Mais avant de pouvoir bouger, Méliane lui retint le bras.

-Vous m’avez promis une danse, ne l’oubliez pas ! En tout cas, filez à vos affaires, je n’ai pas le cœur à la politique pour ce soir.

-Ce ne sera pas long, ma douce, dit-il en l’embrassant une nouvelle fois.

Puis il adressa un rapide regard dans la direction de son amiral, du seigneur des lieux et du seigneur de Tall qui avait fait le déplacement jusqu’ici. Sans aucun regret, il laissa derrière lui l’atmosphère étouffante de la salle, préférant la fraîcheur des lieux aux haleines alcoolisées des invités. Uthar arriva juste derrière lui et fit signe de le suivre.

-Nous serons mieux dans mes bureaux pour converser, votre altesse, fit le vieil homme visiblement un peu ennivré. Si vous me le permettez, j’ouvrirai la marche, ces escaliers peuvent être traîtres pour ceux qui ne les connaissent pas.

Ils gravirent ainsi les innombrables marches en colimaçon qui parurent interminables, mais au moins, chaque petites ouvertures disséminées dans les murs au fur et à mesure de l’ascension leur permettaient de voir les festivités qui avaient également lieu en dehors de l’enceinte fortifiée. Tout Brevise était en fête, ça ne faisait aucun doute, mais lui, ne l’était pas. Il avait masqué sa peine depuis son retour de Diantra, mais il ne pouvait plus la cacher, il était temps de mettre les choses au clair. Une fois arrivés, les nobles prirent les places vacantes les uns après les autres et pour une fois, tout le monde fut mis à la même enseigne, même si Brevise se réserva sa place personnelle. Dès que le calme revint et que l’on entendit plus que le crépitement des quelques chandelles allumées ici et là dans la pièce, Oschide prit la parole.

-Mes seigneurs, nous festoyons en ce jour pour cette si belle union qui soudera notre duché, mais nous ne pouvons pas nous voiler la face plus longuement vis-à-vis de l’avenir de Langehack.

Guilhem de Tall prit aussitôt la parole, laissant apparaître une mine agacée.

-Si vous voulez parler du nouveau royaume d’Harold, laissons les faire et ne nous en occupons pas. Ce pantin finira tôt ou tard par se faire assassiner ou mourir dans une fosse avec le reste de ses partisans, lâcha-t-il en finissant par un gros soupir.

-Et les nobles Langecins qui l’ont rejoint ? Vous allez les laisser mourir dans cette fosse ? demanda Uthar, conscient des proportions que prenaient les événements.

-Des nobles ? Guilhem se mit à rire dans sa petite barbe finement taillée. Aucuns de mes nobles ne l’ont rejoint, c’est cette vipère d’Amderran qui a envoyé ses sbires pour tenter d’amadouer l’Eracien.

Oschide tapa du pied soudainement, coupant ainsi net aux accusations du seigneur de Tall. Il fixa aussitôt l’amiral qui était resté muet depuis le début du conseil.

-Amiral, j’aimerais avoir votre point de vue sur la situation dans les terres royales. Vous étiez avec moi là-bas et vous avez vu tout comme moi ce qui s’est passé dans cette salle. Faites-nous part de votre ressenti et des échos que vous avez pu entendre après cette ridicule mascarade, je vous prie.

Il était temps pour son amiral de jouer dans une autre cour et prouver que l'homme de guerre et de mer pouvait aussi jouer avec les mots et la politique. En attendant, tous les regards se braquèrent sur le Soltaar, impatients d'en apprendre un peu plus sur les derniers événements.


Dernière édition par Oschide d'Anoszia le Lun 21 Sep 2015 - 22:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Lun 21 Sep 2015 - 20:02

Apparemment, ils avaient aimé sa manière de narrer les exploits de Nelen. Un poil théâtral, mais c’était toujours plus intéressant qu’un ennuyeux rapport militaire. Entre son écriture d’un livre traitant des vins péninsulaire et ses nouveaux devoirs de gouverneur, peut-être Enrico trouverait-il le temps de rédiger également le combat pour l’archipel. Son frère devrait bien entendu l’aider, ayant mené les opérations terrestres à sa place. Ainsi, il pourrait faire entrer son nom et celui de sa famille au panthéon historique, immortalisé par l’encre et glorifié par la plume. Il se réjouissait déjà de se lancer dans l’écriture de pareil récit, si bien qu’il entama joyeusement son assiette. Cherchant sa famille du regard, il fut alerté par la mouvance soudaine des Grands du Duché, le seigneur de Tall tout comme celui de Brevise, ainsi que le Duc Oschide, qui se levaient de table. L’heure du conseil avait donc sonné, et c’est en prenant une coupe de vin en main qu’il quitta la tablée, suivant son suzerain vers un coin plus tranquille.

Dès leur arrivée dans les quartiers d’Uthar, tous s’assirent afin de se poser, ce que l’amiral leur sut gré après le nombre de marches qu’il eut à gravir avec sa jambe de bois. Prenant place, il trempa ses lèvres dans la coupe, pensif. Il savait quelles seraient les préoccupations de cette entrevue, et il avait déjà un avis tranché sur la question. Le tout était de savoir rester à sa place. Et qu’il était trop tôt pour ce qu’il avait imaginé déclamer à son seigneur. Ici, il écouterait d’abord, et parlerait ensuite, comme un homme intelligent. C’est Guilhem de Tall qui posa très vite les bases de la discussion. Le royaume de l’Eracien était vivement pointé du doigt comme une nuisance dont il ne fallait pas s’occuper. Le maître des lieux, en revanche, semblait inquiet pour l’avenir des nobles langecins l’ayant rejoint, le reste de l’assemblée crachant sur le nom du seigneur d’Amderran. Si Oschide avait mis fin au débat houleux qui commençait à peine sous ses yeux, Enrico pensait lui aussi la même chose d’Amderran. Le temps d’une halte avant de se diriger vers Nelen, et il avait déjà pu entrevoir de quel genre de personnage il s’agissait.

Le Duc voulut tout à coup qu’il s’exprime sur le sujet. L’amiral, surprit, arrêta le mouvement de sa main tenant la coupe qui se dirigeait vers sa bouche. Puis, regardant les hommes tournés vers lui, il se racla la gorge. Posant le récipient sur le côté, il plaça ses mains sur les accoudoirs, tout en prenant une grande respiration.

« Une mascarade. Vous avez choisi le mot le plus adéquat pour ce ‘conseil’, Altesse. Le Velterien avait tout à sa disposition pour prendre le pouvoir, tout à sa disposition pour faire taire une quelconque opposition. Mais cette… cette ‘assemblée’ veule de nobles calculateurs lui ont préféré ce courtisan de bas étage eraçon. Pourtant, l’Archiduc n’a rien fait. Il a été insulté, traîné dans la boue, mais il n’a rien fait. »

Il reprit machinalement sa coupe, comme dans un réflexe.

« Votre Altesse a parié sur le mauvais cheval, voilà votre seule erreur. Nimmio sait gagner des batailles, ça il l’a prouvé. Mais la guerre, c’est une toute autre chose. »


Il but une gorgée de vin.

« Harold est un fin politicien, ne pas le reconnaître serait fatal. Cependant, nous avons une longueur d’avance. Si vous me permettez… »

Au fil du temps, Enrico semblait s’être amélioré en politique. Depuis son exil, une vive attention des choses du monde lui avait été requise, et lui servait à présent d’une toute autre manière qu’il ne l’aurait cru.

« Le Médian est faible. Je l’ai traversé de part en part, depuis Béranthe jusqu’ici. J’ai vu ses réalités, et elles s’en tiennent à deux facteurs alarmant ; le premier concerne ses récoltes. Les champs sont inexploités, et le peuple crie la misère. Pour l’anecdote, si vous daignez regarder mon coche de plus près, des impacts de fruits pourris sont visibles. Une populace qui crève de faim est dangereuse, mes seigneurs, je pense ne pas avoir besoin de vous le dire. Le deuxième facteur comprend sa sécurité. Tous ces soldats à Diantra font la vie belle aux brigands et coupe-jarrets de la région, qui grossissent leurs bandes avec les paysans affamés. En fait, le royaume que l’Eraçon souhaite contrôler est un cadeau empoisonné, involontairement donné par le Velterien. »

Se réinstallant plus profondément dans son siège, il finit par un éloquent, mais efficace :

« Langehack est riche et paisible sous votre égide, mes seigneurs. Pourquoi partager vos richesses et vos avantages avec une région qui sombre dans le chaos ? »

Il se rendit compte qu’il avait parlé plus qu’il ne l’aurait imaginé, et se racla à nouveau la gorge.

« Hum, pardonnez ma longueur, Excellences. »

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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Mar 22 Sep 2015 - 10:04

Il ne pouvait pas le nier, les mots de l’amiral sonnaient douloureusement dans ses oreilles, mais ils n’étaient pas dénués de vérités et de bon sens. Comment avouer que ses choix n’avaient pas étaient les bons et qu’il s’était trompé sur les espoirs qu’il avait fondé sur le velterien, sur lui-même et sur l’avenir du Royaume. Avait-il était trop ambitieux ? Trop naïf ? Trop idéaliste ? Finalement, ces questions n’avaient plus vraiment d’importance, car il avait parié et il avait perdu comme le lui rappelait si efficacement son amiral. Pourtant, ses intentions de l’époque n’avaient pas été si dépourvues de réflexions et d’arguments en sa faveur et il y en avait eu assez pour que des chevaliers Langecins le rejoignent.

Au moins pouvait-il se rassurer sur ce point en se disant qu’aucun des hommes envoyés dans le Médian n’avaient perdu la vie et que l’opération, si coûteuse en logistique, n’aurait aucune répercussion physique sur le duché. Il y avait donc finalement de quoi relativiser quant à l’implication de Langehack dans cette vilaine mascarade. Visiblement d’accord avec les propos du navigateur, Guilhem de Tall lui adressa un bref sourire avant de répondre à son tour.

-L’amiral a raison, altesse. Il est aujourd’hui évident que si le Velterien avait tout du parfait guerrier avec sa victoire sur l’ancienne régente, son incapacité à pouvoir répondre à l’opposition n’était qu’un indice révélateur en plus pour ne pas faire de lui le nouveau Roi. Beaucoup s’y sont risqué avant lui et je n’ai pas besoin de vous rappeler ce qu’ils ont perdu. Il but une longue gorgée du précieux nectar qu’il faisait tournoyer dans sa coupe depuis quelques instants. Le Médian n’a plus rien à proposer, les propos du seigneur de Montecale sont justes. Les terres royales sont en pleine agonie et le Velterien, victime de sa guerre, se retrouve avec une populace en crise à cause du manque de nourriture. Si Langehack continue à le soutenir, nous serons entraînés dans sa chute et nous serons obligés de racler les fonds de nos coffres pour assurer notre survie. Évitons ça, altesse !

Les propos du seigneur de Tall s’avérèrent être tout aussi sensés que ceux de l’amiral, bien qu’ils furent prononcés avec un peu moins de tacts quand même. Uthar, qui n’avait jusque-là que peu parlé, entreprit de poursuivre l’argumentation du seigneur de Tall.

-Nous ne vous blâmerons pas pour vos actions, altesse. La victoire du Velterien sur la régente a été un coup de maître sans le moindre doute. Le vent a tourné et vous avez décidé de participer à cet effort qui aurait pu se transformer en victoire monumentale si Nimmio de Velteroc avait eu assez de cran pour remettre tous ces nobles de pacotille dans le rang. J’aurai moi-même forgé le même espoir en lui si j’avais été à votre place. Mais il faut à présent faire le bilan de cette opération et nous demander ce que nous a véritablement rapporté cette alliance. Car Langehack lui a envoyé des hommes, de l’argent pour rétablir l’ordre à Diantra et de la nourriture. En échange, qu’avons-nous reçu si ce n’est des vaines promesses qui reposaient sur des hypothèses et des approximations ?

Cette question, il se l’était déjà posé depuis longtemps et il devait reconnaître que Langehack n’avait reçu aucun retour depuis son entrée aux côtés de Velteroc et d’Hautval. Il était temps pour lui de reconnaître ses erreurs, chose qu’on ne lui avait jamais appris à faire.

-Vous avez tous les trois parfaitement raison et je suis le seul responsable de ce désastre dans lequel j’ai entraîné Langehack. Au nom de mes liens de parenté avec Blanche de Hautval, j’ai pris le partie de son époux et j’ai impliqué le duché dans un combat que je pensais avoir gagné d’avance. Du fait de mon arrivée récente à la tête du duché, ma légitimité en tant qu’homme fort de la noblesse péninsulaire a été remise en cause lors de ce conseil, ce que j’aurai dû voir venir longtemps à l’avance. Il fit une courte pause pour se rafraîchir la gorge avec le vin de Brevise. Mes seigneurs, Langehack n’agira plus jamais gratuitement pour soutenir un voisin, je vous en fais la promesse, mais il est désormais temps pour nous de nous projeter dans l’avenir et savoir ce que nous souhaitons réellement pour le duché.

-Le duché est très loin d’avoir autant souffert que le Médian où les terres royales, altesse, répondit le seigneur de Tall. La seule épine que nous avons aujourd’hui est celle laissée par Alcion d’Amderran qui a envoyé des nobles auprès d’Harold sans votre consentement. Cet homme n’a d’estime que pour lui-même et pense surement pouvoir faire pression sur vous en ayant Erac de son côté. Il n’est pas inimaginable qu’Alcion décide d’entamer une guerre civile pour vous affaiblir suffisamment afin que vous n’ayez plus d’autre choix que de vous soumettre à Harold. Sur ma vie, une telle chose n’arrivera jamais, je vous en fais la promesse, mais nous devons désormais nous tourner vers d’autres alliés pour empêcher cela.

-Le baron de Missède pourrait nous apporter le soutien nécessaire en cas de guerre civile, reprit le vieil Uthar.

-Le baron ne risquera pas de découvrir ses arrières en nous fournissant les hommes nécessaires. Il risquerait autant, voir bien plus que nous en faisant cela, répondit Oschide. Messire de Tall a raison, nous devons élargir nos horizons.
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Sam 3 Oct 2015 - 10:43

100ème post !!!:
 

Enrico avait retenu son souffle jusqu’à l’intervention favorable de Guilhem de Tall, qui le rassura grandement quant à sa prise de parole. Apparemment, le seigneur partageait son point de vue sur la situation, rajoutant plus de poids à ses arguments. Lorsqu’Uthar de Brevise fit de même, cela finit sûrement d’achever le processus de persuasion. Oschide faisait partie des puissants qui écoutaient leurs conseillers, et c’est sous la bannière de leurs mises en garde qu’il énonça son discours. Ici, il annonçait que le Langecin n’apporterait plus son aide à une entreprise hasardeuse, mais plus encore, qu’il fallait se tourner vers l’avenir, et c’est à ce moment-là qu’Enrico voulut intervenir. Cependant, le seigneur de Tall prit la parole avant lui, et rappela dès lors la position fâcheuse du sieur d’Amderran dans cette histoire d’allégeance royale. Un fieffé filou, doublé d’un opportuniste, qui semblait faire fi de son suzerain ducal.

Les mots ‘guerre civile’ furent lâchés, et déjà messire Guilhem semblait se préparer au pire. Harold n’apporterait que des soucis dans ce duché, c’était certain. Et Alcion quant à lui cherchait un trône plus grand pour y poser son noble fessier, à n’en point douter. Mais à situation précaire, il y avait toujours une porte de secours. Certains invoquèrent le fidèle baron de Missède, un homme ayant déjà honoré son serment et porté ses fruits dans la récente fournaise politique du Médian. Pourtant, le Duc coupa court à cette aide providentielle, Théobald y risquerait bien trop. Ils se trouvaient ainsi en position fort fâcheuse, avec un Médian qui les prenaient pour une simple région en plus sur laquelle mettre la main, un traître assez fourbe pour tenter d’évincer le nouvel homme fort du Langecin, et l’impossibilité d’être indépendant aux vues des puissances les entourant.

C’est alors qu’Oschide d’Anoszia prononça les paroles ‘élargir nos horizons’. A ces mots plus que bienvenus, l’amiral vit une transition parfaite pour sa proposition, pour le moins singulière. Ici, tout comme Nimmio face à la régente, il tentait le coup de poker. Il s’éclaircit la voix, et se releva, montrant bien l’importance de ce qu’il allait dire. Après une gorgée de vin, il posa le récipient sur une table basse, puis se tourna vers les Grands de Langehack, joignant les mains.

« Altesse ducale, mes grands seigneurs, vous avez tous parlé sagement. La cause du Médian est perdue pour nous, et le sieur d’Amderran semble se voir meilleur homme à gouverner ce duché que n’importe lequel d’entre vous. Vous parlez déjà de guerre civile, messires, mais ne voyez pas tout de suite le pire alors qu’il reste une alternative très intéressante. Je dirais même qu’elle pourrait régler tous les soucis que vous rencontrez à l’heure actuelle. »

Il avait à présent leur attention. Il sourit. Tant de temps passé à peaufiner cette éventualité, à s’entraîner pour en faire le plaidoyer… A présent, c’était le moment de vérité. La persuasion.

« Vos problèmes premiers concernent à la fois la Couronne et Amderran. Mais il n’y a pas que deux prétendants à une couronne d’or en Péninsule… »


Il se resservit du vin, mais n’y toucha pas.

« Au sud, rappelons-nous qu’il existe également un autre prétendant, plus légitime encore. Je vois déjà vos mines perplexes, mes seigneurs, mais laissez-moi finir, je vous en prie. Soltariel est terre de cocagne depuis qu’elle s’est détachée du Médian. Elle est riche, elle est prospère, un peu comme Langehack. Elle est dotée de la marine la plus puissante de son temps, et jouit d’une stabilité impressionnante en regard de ce qu’il s’est produit partout ailleurs en Péninsule. Le Nord se morcelle, le Médian sombre peu à peu… Que voulez-vous pour le Langecin, Altesse ? Vous ne portez certes pas la Princesse d’Ys dans votre cœur, mais elle ne saurait refuser une alliance avec un pays aussi riche que le vôtre. »

Il fit quelques pas vers les seigneurs assis, les regardant tour à tour durant son discours.

« Vous avez combattu le pouvoir en place, et ce au nom du Velterien. Mais ce n’est pas un enfant que vous combattiez, seulement sa mère la régente. Elle n’est plus là désormais, mais son fils reste en vie. Si vous voguez vers le Soltaar, et cherchez à vous joindre au Soleil Blanc, vous résoudriez ainsi tous vos problèmes ; Harold serait pris de court, et ne saurait répondre face à la menace suderone, déjà trop occupé à tenter d’asseoir son pouvoir dans le Médian. Et en ce qui concerne Amderran, son enclavement dans un territoire si grand, et à la merci d’une flotte imposante, le ferait sûrement réviser ses positions. Et s’il tente quoi que ce soit, écraser une mouche n’aura jamais été aussi facile. »

« C’est une solution miracle au premier abord, mais qui comporte deux choses qui pourraient vous déplaire. Ploieriez-vous le genou face à l’Enfant Roi, tout en vous excusant d’avoir soutenu la rébellion de Nimmio de Velteroc ? Pourriez-vous faire alliance avec Kahina de la Maison d’Ys, et son homme, Maciste l’Alité ? »

Il fit un pas de plus.

« Pour le bien de votre Duché, bien entendu. »

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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Mer 7 Oct 2015 - 15:29


Du haut de la grande tour de Brevise, dans les appartements du seigneur des lieux, il commençait à régner une certaine fraîcheur et un vent qui animait les feux projetés par les petites chandelles disséminées un peu partout dans la pièce. Si l’on entendait de multiplies échos provenant du bas et montrant à quel point la fête battait son plein, l’atmosphère qui régnait autour des seigneurs Langecins était tout autre, presque identique à la fraîcheur nocturne et printanière déjà annoncée. Car lorsque l’amiral Langecins prit la parole, tous les regards se braquèrent de nouveau sur lui, curieux d’apprendre ce que le Soltaar avait en tête.

Si les conseils de l’ancien capitaine de Soltariel pouvait être des plus judicieux, Oschide n’avait pas non plus perdu à l’esprit que cet homme était un sudiste tout comme lui, amateur des belles paroles et des discours endiablés. Mais au moment où le suderon parla, il dut néanmoins se raviser et avouer que l’homme qui faisait face aux plus puissants des Langecins ne manquait réellement pas de culot.

S’il ne lui avait pas coupé la parole durant tout son discours, c’était bien pour entendre la fin de ses pensées jusqu’au bout. A la fin justement, le duc ignora quelle réaction adopter entre le fait d’être tout simplement outré ou de continuer à s’intéresser à de tels propos. Se rapprocher de Soltariel était surement l’une de ses dernières idées et volontés. Lui qui avait déclaré une guerre totale à l’estréventine et son petit protégé de Merval, voilà qu’on lui proposait de ployer le genou devant un enfant qui n’était peut-être même pas le véritable rejeton du régicide et de son épouse, l’ancienne régente. Mais aussi de faire alliance avec la noble la plus bipolaire et mégalo de la péninsule.

Si Uthar de Brevise paraissait visiblement intéressé par les derniers propos de l’amiral, Guilhem de Tall était quant lui sceptique et ne manqua de pas de le faire remarquer en grimaçant. Avant que les deux seigneurs Langecins ne prennent la parole, Oschide préféra répondre directement à l’amiral, voulant ainsi creuser un peu plus.

-Un autre prétendant plus légitime vous dites ? Si Bohémond avait eu un frère jumeau connu de tous, je vous aurai surement cru et trouvé l’idée judicieuse parce que je ne vous apprendrai pas qu’un autre Bohémond existe en ce moment même dans le marquisat de Sainte Berthilde. Alors vous me conseillez de ployer le genou devant un enfant roi peut être issu de la chatte d’une putain où de je ne-sais-qui ? C’est bien cela ? Oschide parût énervé de prime abord, mais se ravisa et changea immédiatement d’attitude. Comme vous l’avez dit, cela pourrait être une solution. Si nous décidions de fermer les yeux sur l’éventuelle illégitimité de cet enfant, nous pourrions très certainement trouver en Soltariel un allié puissant, sans oublier le fait que ma famille se trouvant là-bas ne sera peut-être plus considérée comme otage de l’estréventine. Son regard s’obscurcit quelque peu à l’évocation de la duchesse du grand soleil. La duchesse justement, parlons-en car vous n’avez pas oublié qu’en prenant l’archipel de Nelen, nous lui avons montré notre bellicisme et notre volonté de mettre un terme à l’hégémonie Soltaar sur les mers. En réalité amiral, vous me proposez de choisir entre la peste et le choléra si je comprends bien, même si la peste a de toute évidence, bien plus d’atouts de son côté si l’on considère qu’elle n’est pas sur le point de subir une révolte massive de sa population.

-Mais il paraît que le duc Maciste a retrouvé ses esprits depuis peu, reprit le vieil Uthar en se caressant la barbe.

-J’ai effectivement entendu dire qu’il était revenu à lui, c’est vrai, affirma le duc. Si nous devions ouvrir des négociations avec Soltariel, ce sera sans doute par lui que nous passerons et non par l’estréventine en qui je n’ai aucune confiance.

-La petite Kahina n’acceptera surement pas que son mari fraîchement revenu d’entre les morts négocie seul avec un ennemi voisin qui lui a mis des bâtons dans les roues depuis plusieurs ennéades, dit le seigneur de Tall toujours aussi sceptique. En réalité, altesse, je ne sais pas si c’est une bonne idée de nous rapprocher de Soltariel, même si les arguments de l’amiral pouvaient être convaincants je l’avoue. Ce revirement de situation serait peut-être mal perçu par la noblesse et cela confirmerait l’attitude d’Amderran à votre égard.

-Qu’il soit maudit celui-là ! lança Uthar, chez qui l’alcool commençait à prendre effet.

-Non, coupa Oschide, sur ce point, les dires de l’amiral pourraient s’avérer exacts. Amderran se retrouverait complétement cerné et serait obligé de rappeler ses gens qu’il a envoyé à Harold, sous peine de se faire littéralement anéantir. Pour cette raison, un rapprochement avec le sud serait de toute évidence une bonne idée. Il regarda de nouveau l’ancien capitaine, droit dans les yeux. Il me faudra parler de cette conversation à mon épouse qui prendra elle aussi une décision sur d’éventuelles négociations avec le duc et la duchesse de Soltariel. Si cela s’avérait être possible, nous vous enverrons parler au nom de Langehack et vous fournirez les arguments qui vous siéront le plus pour réussir votre tâche.

-Altesse, vous semblez oublier qu’Amderran détient un moyen de pression sur votre personne que vous ne devez pas prendre à la légère ! Car vous ne semblez pas vous souvenir que le frère cadet d’Alcion est le capitaine de votre garde ducale et qu’au moindre mouvement du petit doigt de l’aîné, celui-ci pourrait mettre un terme à votre existence, à celle de la duchesse et à celle de votre future progéniture. Alors je vous en prie, altesse, ne prenez pas cette décision de rapprochement à la légère, et si vous devez le faire, faites-le au moins dans le plus grand secret.  

Ashal d’Amderran… il est vrai qu’il l’oubliait trop vite celui-là. Cet homme était un véritable fantôme, capable de camoufler ses moindres ressentiments. Mais de toute évidence, les liens familiaux seraient forcément bien plus forts que le reste, lui-même pouvait l’affirmer. Les aigles de sang formaient l’élite de la chevalerie langecines. Sous les ordres de leur capitaine depuis maintes années, ces hommes ne cachaient pas que leur fidélité envers leur capitaine était bien plus forte qu’envers lui et Méliane. La chute des Sephren n’aidant certainement pas. Détenir un corps d’élite était un atout précieux, sans conteste, mais avoir un corps d’élite à la fidélité aussi changeante et dangereuse n’allait pas sans lui causer quelques soucis.

-S’il doit y avoir des négociations, elles se feront dans le plus grand secret où seulement vous, la duchesse et moi-même seront au courant. Si cela doit se faire, nous partirons pour Nelen avec l’amiral et il reprendra la mer pour le sud de la péninsule dans la foulée, affirma-t-il en regardant l’amiral avec le même regard qu’auparavant. En ce qui concerne le capitaine Ashal d’Amderran, il est évident qu’il représente une menace à ne pas omettre. Alcion compte d’ailleurs sur lui pour exercer officieusement un moyen de pression, ce que je ne peux plus tolérer. Nous devons trouver un moyen de reléguer les aigles de sang à un rôle de simple troupe combattante sans pour autant les dissoudre car au lieu d’affronter une troupe unie et ordonnée, nous nous retrouverions à devoir affronter des petits groupes disséminés dans tout le duché. Il réfléchit quelques instants en regardant les seigneurs un à un. Il me faut m’entourer d’hommes en qui je puisse avoir une confiance absolue, et non plus des hommes qui ont juré fidélité à leur seul capitaine. En voyant ces jeunes chevaliers combattre dans la lice avec toute la vigueur de leur jeune âge, toute à l’heure, j’ai eu l’idée de former un nouvel ordre regroupant tous les cadets des familles qui ne possèdent aucune terre et qui seraient prêts à vouer leur vie pour une cause bien plus grande que ce qui était initialement prévu pour eux.

-C’est une bonne idée, altesse, reprit Uthar. Langehack fourmille de jeunes gens dans cette situation-là. Avec quelques vétérans à leur tête, cet ordre pourra surpasser celui des aigles après quelques années d’existence, sans aucun doute.

-Il y a également des cadets à Tall qui ne demandent que ça. Protéger leurs suzerains sera surement pour eux la meilleure chance et perspective d’avenir, au lieu de parcourir la campagne en vendant leurs services à n’importe qui.

-Dans ce cas, je vous laisse à tous deux le soin de porter la nouvelle dans vos seigneuries. Je recevrai les cadets à Langehack où je proclamerai officiellement la création de ce nouvel ordre. Vous pouvez disposer et retourner à la fête mes seigneurs, ordonna le duc aux hommes devant lui. Sauf vous, amiral, nous avons encore des choses à nous dire je crois. Une fois que les seigneurs quittèrent les lieux après les avoir salués, Oschide reprit. Vous m’avez peut-être trouvé dur dans mes propos toute à l’heure, mais vous devez comprendre que vous ne me proposez ni plus ni moins de m’allier à mes ennemis. Cette opération est périlleuse et vous le savez tout autant que moi. Surtout que vous avez-vous-même quitté Soltariel en laissant tout derrière, ce qui fait presque de vous un tourne-casaque vis-à-vis de ceux que vous serviez. N’avez-vous pas peur de vous retrouver face à un mur si vous devez y retourner ? Si vous parvenez à me convaincre, il me sera surement moins difficile de convaincre à mon tour la duchesse qui ne porte pas non plus l’estréventine dans son cœur depuis que Merval lui a préféré Kahina d’Ys.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Ven 16 Oct 2015 - 11:59

La tension était palpable dans la salle. Après qu’il eut parlé, Enrico se rendit compte qu’il ne faisait pas l’unanimité. Uthar de Brevise semblait plus qu’intéressé par ses propos, à l’inverse du Duc, qui avait du mal à contenir son malaise face à de telles propositions. Guilhem de Tall, quant à lui, émettait des réserves, mais n’avait pas encore totalement désapprouvé ces paroles. Quoi qu’il en soit, le sourire de l’amiral s’estompa peu à peu, remplacé par un air neutre, alors qu’il se rasseyait confortablement pour siroter son vin et écouter ce qu’avait à dire ses puissants seigneurs. Bien évidemment, ce ne fut ni le seigneur de Tall, ni celui de Brevise qui vint critiquer sa position, mais Oschide lui-même. Enrico fut néanmoins étonné de la véhémence des propos du Duc. L’estropié n’avait fait que lui proposer ses idées, et il avait l’impression d’être devenu un ennemi auquel on faisait la morale lorsqu’Oschide lâcha ses paroles.

Enrico se mura dans le silence à mesure que le Duc parlait, sachant rester à sa place. Tout ce qu’énonçait son Altesse était véridique, mais empreinte d’une aigreur fort peu commune. Kahina semblait l’avoir quelque peu marqué, elle qui ne laissait personne indifférent, d’une façon ou d’une autre. Uthar rappela donc à tous la rumeur tenace, laquelle désignait le retour de Maciste parmi les vivants, après un séjour entre le monde de Tyra et le leur. Enrico se permit un sourire en coin. S’il était vivant, cela ne serait que bénéfique pour la suite, même s’il fallait encore convaincre un homme par ici… Les grands continuèrent de converser, passant allègrement d’Amderran à l’Estréventine, ou encore de la sécurité du Duc avec un membre de la famille de cette vipère dans sa propre garde. Sur ce point, ils n’avaient pas tort ; éloigner un tel danger n’était que trop conseillé. A rester au-dessus du nid des serpents, il y en avait bien un qui, au final, finissait par mordre.

Oschide raviva quelque peu l’espoir d’Enrico de voir ces négociations s’effectuer, lorsqu’il les envisagea, se déroulant dans le plus grand secret. Un tel secret serait certes difficile à cacher, mais pas impossible. Le regard du Duc, en revanche, n’avait pas changé. Il paraissait toujours d’une humeur aussi exécrable qu’auparavant, ce que l’amiral n’interpréta pas comme un bon signe. Il avait travaillé dur pour gagner la confiance de son nouveau suzerain, et la perdre aurait été une erreur lourde de conséquences. C’est alors que le souverain de Langehack congédia les hommes dans cette salle. Guilhem et Uthar se levèrent, prêts à partir. Enrico voulut également se lever, mais Oschide le retint dès lors de le faire, lui intimant qu’il avait encore quelque chose à lui dire. Ne sachant comment l’interpréter, l’unijambiste fut quelque peu anxieux à cette idée, et se rassit, faisant tournoyer machinalement sa coupe de vin. Une fois les seigneurs partis, Oschide se mit alors à lui parler…

Contrairement à ce qu’il s’attendait d’entendre, le Duc le rassurait quant à son comportement de tantôt, et lui demandait, en somme, de le convaincre. Enrico se força alors à se lever, regardant son suzerain droit dans les yeux. Ici, il allait être franc, et surtout, tâcherait de se montrer convaincant. Il reprit donc à la racine du problème.

« Altesse, je comprends votre état d’esprit. Mais je ne suis en aucun cas un opportuniste qui retournerait sa veste à la moindre occasion, et je défierai quiconque le prétendra. Je suis peut-être Suderon, mais mon honneur reste sacré à mes yeux. »


Il posa sa coupe, et se racla la gorge.

« Vous avez raison pour Bohémond, Altesse. Il est vrai que pour le moment, il y a deux garçonnets, l’un à Soltariel et l’autre à Sainte-Berthilde, qui sont brandis chacun comme un étendard. Mais réfléchissez, messire. Arsinoé se sachant défaite, aurait préféré fuir vers Sainte-Berthilde, à la portée des armées de Nimmio ? Ou aurait suivi son chancelier dans une fuite vers le Sud salvateur, qui aurait pris parti contre le Velterien ? Sans parler de la situation déplorable au Nord… Il veut son indépendance, et la Régente se serait retrouvée confrontée à des ennemis plutôt qu’à des alliés. Non, le véritable Bohémond n’est pas dans le Berthildois, monseigneur. J’en doute fortement. »


« En ce qui concerne l’alliance avec Soltariel, je comprends également votre réserve envers cet arrangement. Plus qu’une réserve, d’ailleurs, vous ne semblez pas approuver. Je tiens seulement à vous rappeler que vous n’êtes plus le simple fils du vicomte Arichis, Altesse. Vous êtes Duc de Langehack, vous avez à votre disposition, et à celle de votre légitime épouse, un grand duché, riche et prometteur, qui est une des clés du contrôle du Royaume. Je ne peux rien vous demander, monseigneur, sinon d’agir ici pour le bien de vos gens et de votre place. Rangez votre rancœur pour faire place à la raison. Vous savez tout comme moi que préférer Soltariel au Médian serait crucial pour l’avenir ! Ici, agissez comme le Duc, et non plus comme l’homme. Faites passer votre devoir avant tout… »

Il mit une main sur sa poitrine.

« J’ai toute ma vie sacrifié ma personne à mon devoir. J’ai gravi lentement les marches de ce qui m’était interdit par la naissance, et ce à l’aide de mes choix. Et tous ces choix, accompagnés parfois de haine et de ressentiment, m’ont amenés là où je devais être. Les dieux vous sourient, Altesse. Et si vous souhaitez mettre à profit cette bénédiction, alors faites le bon choix. Pas celui du cœur, mais celui de la raison. »

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Espoir et jeunesse [Pv]   Ven 16 Oct 2015 - 14:06


En écoutant son amiral essayer de le convaincre, Oschide aurait pu s'injurier depuis longtemps. Pourtant, le duc l'avait laissé poursuivre en continuant de chercher dans le regard du soltaar le moindre signe de faiblesse afin de déceler une hésitation. Mais le suderon parut sûr de lui, bien plus que la plupart de ses conseillers et ses propos, si rudes, ne parvenaient même plus à l'offusquer. À n'en pas douter, plusieurs vérités bien acérées s'étaient échappées de la bouche de l'amiral et il se devait à présent de faire le bilan de tout ceci. Sur la question de Bohémond, le soltaar ne parvint néanmoins qu'à lui donner des suppositions, mais de toute façon, qui dans ce royaume pouvait bien savoir quel était le bon où le mauvais. Il était vrai que la logique aurait voulu que l'ancienne régente parte trouver refuge chez l'estréventine. Mais il fallait aussi mettre en avant qu'une épave avait été retrouvé dans le nord, avec à son bord, plusieurs grands du royaume. Était-ce une diversion pour nous inciter à penser que l'enfant roi se trouvait dans le Berthildois ? Quoiqu'il en soit, celui-là n'aurait surement pas de grandes terres à diriger vue les volontés indépendantistes des Nordistes et celles du Médian.

Le regard figé sur l'une des flammes s'émanant d'une chandelle, Oschide méditait ces dernières paroles et s'attendait déjà à en recevoir de nouvelles, ce qui ne tarda pas. Cette fois-ci, l'amiral mit en évidence la querelle qui l'opposait à l'estréventine. De toute évidence, il ne la portait pas dans son coeur, la jugeant responsable des malheurs de sa famille et de petite fille capricieuse. Cela, il ne pouvait le nier, c'était certain. Mais c'est au moment où le soltaar en vint à lui demander d'agir avec raison et non avec son coeur qu'il crut tout simplement sortir de ses gonds. Faisant de son mieux pour garder son calme, il ne fit que grincer des dents et attendit que l'amiral se tût pour reprendre de plus belle.

-Agir avec raison, et non avec son coeur. Cette tirade aurait pu sortir de la bouche de mon père. Je me demande d'ailleurs si cela n'a pas déjà été fait. dit-il amer. J'ai passé ma courte vie à agir en devoir avec mes obligations et pour le bien de ma famille, pour celui de mon nom. Comme vous seigneur de Montecale, j'ai gravi les échelons, peut-être trop vite pour certains, mais je les ai gravis tout de même. Pour la première et unique fois dans mon existence, la raison du coeur a pris le dessus sur mes obligations lorsque j'ai rencontré mon épouse. C'est à cette même période que la raison aurait voulue que je rejoigne Ydril pour défendre les possessions de ma famille, redorer notre blason et libérer mon père. Qu'a fait Kahina d'Ys pendant tout ce temps ? Elle a laissé un jeune comte écraser une partie de sa noblesse et n'a agit que lorsque celui-ci mourut sur le champ de bataille ! Si ce gamin n'était pas mort, mon père et ma famille seraient encore en train de croupir à Ydril et de se battre contre cette injustice. Comprenez-vous alors mon scepticisme vis-à-vis de cette étrangère ? demanda-t-il le regard encore brûlant et plein de rancœur. Je me suis efforcé depuis mon arrivée ici à agir au nom du bien du duché, en allant jusqu'à mettre ma famille proche en seconde position, me privant ainsi des seules personnes en qui je pouvais avoir confiance. Alors seigneur de Montecale, ne me demandez pas de mettre ma rancoeur de côté et de me soumettre devant une telle personne car je ne le ferais pas et aucune alliance véritable ne saurait jamais exister entre nos deux duchés. Soltariel possède peut-être la supériorité sur mer et un nombre considérable d'hommes de guerre prêts à en découdre, c'est certain. Il est possible qu'en quelques ennéades seulement Nelen pourrait être reprise et les côtes langecines noircies par la piétaille soltaar. Mais tout ceci se fera au prix du sang et non sans mal. Soltariel souffrira et mettra un temps considérable à s'en remettre, cela, je l'affirme haut et fort et sur le duché que j'ai juré de défendre lors de mon sacre.

Ses yeux étaient toujours rivés sur la chandelle qui commençait presque à l'envoûter. Il trempa ses lèvres dans le délicieux nectar laissé par Uthar et reprit la parole.

-Si mon épouse est d'accord, Langehack ouvrira les négociations en tant qu'égale de Soltariel et non comme une chienne qui chercherait à ronger les derniers os encore valables. Vous leur ferez comprendre que cela ne nous affectera aucunement s'il refuse de tendre leur main. Et que s'ils persistent à vouloir la guerre, nous continuerons à leur offrir, car nous ne ferons que défendre nos terres. S'ils acceptent néanmoins de participer au dialogue eux aussi, alors il me sera surement possible de trouver un moyen de freiner ma rancœur et mon hostilité pour tenter de faire un premier pas. Ainsi, le moment venu, ce sera bien ma raison qui parlera seigneur de Montecale, soyez-en assuré. Tôt ou tard, il faudra que la paix revienne et je suis prêt à faire des efforts pour y parvenir. Quitte à accorder quelques sacrifices s'il le faut.

Il esquissa un bref sourire avant d'inviter l'amiral à le suivre.

-Vous voilà fixé mon ami. Retournons boire et danser auprès des nôtres. Un long voyage nous attend vous et moi pour la suite. Il est encore temps d'en profiter.
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