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 Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]

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Aleth
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MessageSujet: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Sam 10 Oct 2015 - 18:51

Fin Verimios
An 8 du 11ème cycle




Aleth tomba au sol plus bruyamment qu'elle ne l'aurait voulu mais elle était incapable de se réceptionner correctement. Elle se savait dans une chambre d'auberge où la lumière était éteinte. Elle l'espérait vide, même si l'heure tardive ne lui en donnait nullement l'assurance. Derrière elle, la fenêtre était restée ouverte après son effraction. Sa chute, elle l'avait faite depuis le corbeau qui se trouvait juste au dessus de l'ouverture et auquel elle s'était suspendue pour passer du toit à l'intérieur du bâtiment.
Allongée sur le ventre et prenant appui sur ses coudes, Aleth tenta de rassembler ses forces. Elle était essoufflée plus que de coutume et elle se sentait épuisée sans pour autant ressentir de réelle fatigue. Pourtant, tout son corps lui répondait avec de plus en plus de peine et chaque mouvement était devenu une véritable épreuve de force et de volonté. Jetant un œil sur l'entaille à sa main gauche, la Sublime lâcha un juron à voix basse.

Un bruit.

Aleth releva soudainement la tête. La chambre n'était pas inoccupée.


****Plus tôt dans la soirée****


Aleth était arrivée depuis quelques jours déjà. Elle avait fait le voyage depuis Baaz'Hima, seule. Pour une fois, la raison de sa présence à Thaar, bien que professionnelle, n'avait aucun lien avec un séjour politique d'Azhar. Cette situation n'était d'ailleurs pas pour lui déplaire. Sa position était certes bien plus confortable aujourd'hui mais la vie au palais avait quelque chose d'étouffant pour un électron libre comme elle. Salougan ne sortait jamais ou presque, préférant recevoir que se déplacer. Quant à ses femmes, elle n'était plus amenée à les escorter car son temps étant désormais divisé entre la gestion de la sécurité et la protection du prince lui-même. Elle parvenait encore à s'octroyer des moments de répit seule à l'extérieur des hauts murs de la résidence princière mais pas aussi souvent qu'elle le voulait.
Autant dire que ce voyage était une bénédiction.

Toutefois, Aleth n'avait pas matière à s'ennuyer pendant son séjour. Elle avait quelques petites choses en tête...
Tout d'abord : se faire connaître de ses troupes locales. Si elle était déjà venue au domaine Salougan de Thaar, elle n'avait pas le même statut à l'époque et il était grand temps, après presque deux mois, qu'elle rencontre cette partie de ses effectifs.
Cette visite lui permit au passage de procéder au même état des lieux que celui réalisé lors de sa nomination au titre de Sublime Akhaban. Elle avait inspecté les unités, les locaux et le matériel à disposition et assisté aux entraînements pour en juger l'efficacité. Malheureusement, si à ses yeux les choses n'était pas à la hauteur à Baaz'Hima, elle avait eu raison d'imaginer ce qu'il pouvait en être sur un site isolé et peu fréquenté par la hiérarchie...
Et enfin, Aleth souhaitait recruter. Les Akhabans comptaient certes parmi les guerriers les plus efficaces qui soient mais ce corps d'élite manquait de plusieurs compétences... Elle avait identifié quelques hommes qu'elle pourrait former mais cela lui demanderait du temps et elle n'en disposait pas : des vies étaient en jeu. Elle avait donc besoin d'un complément d'effectifs pour parer au plus urgent.

Après quelques journées bien remplies, Aleth s'accorda enfin un moment pour souffler. Elle quitta donc le domaine à la nuit tombée pour s'enfoncer dans les rues de Thaar qu'elle reconnaissait sans mal pour y avoir circulé un bon nombre de fois durant la dernière décennie. Elle se rendit dans l'une de ses auberge favorite avec dans l'idée de trouver un peu de compagnie pour la soirée. Un ancien collègue mercenaire avec lequel papoter ou bien un homme pour la nuit, peu lui importait.
Malheureusement, Aleth n'eut pas de chance. Tous ses anciens camarades avaient du pain sur la planche et étaient disséminés un peu partout en Itrhi'Vaan. Quant aux hommes... Il n'y avait pas eu grand monde pour faire son bonheur. Quelques uns tentèrent bien de l'aborder mais entre un pilier de bar (qu'elle se chargea elle-même de mettre dehors), un pervers qui salivait rien qu'en posant les yeux sur son décolleté absent et un jeunot qui n'était pas capable d'aligner deux mots... Le choix était vite fait. Et elle était trop lasse pour partir en chasse elle-même.
Alors la Sublime s'installa à une table au coin de la pièce et écouta ce qu'il se passait aux alentours pour tuer le temps et se distraire un peu. Elle trouva d'ailleurs son bonheur dans les récits d'un voyageur d'un âge indéterminé (et indéterminable) qui se trouvait à deux allées de là. La salle étant très calme, elle n'eut aucun mal à suivre ses histoires et esquissa parfois quelques sourires.

Finalement, Aleth se leva, laissant quelques pièces sur la table pour payer ses consommations (que des alcools forts), et quitta les lieux. C'est ensuite, dans les rues désertes de Thaar, que les choses se sont gâtées.


Dernière édition par Aleth le Mar 12 Avr 2016 - 8:46, édité 2 fois
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Lun 12 Oct 2015 - 13:32

Zaahrian trainait toujours à Thaar et il avait vaguement l’impression qu’il n’était pas près de quitter cette ville de sitôt. L’endroit n’était pas déplaisant, mais il n’aimait pas l’idée de rester au même endroit trop longtemps. La Péninsule et ses promesses de richesses à cause des nombreux conflits qui la déchiraient l’appelaient de plus en plus, mais il était pieds et poings liés. Oh, il ne manquait pas de confort. Il avait tous les vêtements et les esclaves qu’il voulait à sa disposition, mais Zaahrian était un aventurier dans l’âme. Cependant, la raison la plus importante motivant son envie de partir était liée à la nature même de sa profession. Soyons réaliste, les gens qui ont besoin et qui peuvent se payer les services d’un assassin ne courent pas les rues. Même s’il y a beaucoup de gens qui rêvent de tuer quelqu’un, ceux parmi eux qui ont les moyens de passer à l’acte ne sont qu’une poignée et ce chiffre diminue de façon plus dramatique pour ceux qui sont réellement prêts à passer à l’acte et qui entreprennent les démarches pour engager un assassin. Par chance, Zaahrian avait réussi à dénicher un contrat. Ça n’avait rien de bien excitant. C’était un marchand moyennement fortuné qui avait décidé de mettre toutes ses économies sur la tête d’un rival. L’assassin ne se posa pas plus de questions et empocha une partie de la somme. La cible devait être morte avant la fin de la prochaine ennéade. Il lui restait donc 4 jours avant la fin de l’échéance. C’était un peu court pour bien apprendre l’emploi du temps de la victime, mais c’était faisable. Il devait tuer cet homme à un moment où il sera seul et à l’abri des yeux d’un éventuel témoin gênant. Pour le surveiller, Zaahrian avait pris une chambre dans une auberge non loin de son échoppe. D’ici là, il était égal à lui-même. Il buvait et racontait des histoires au coin du feu, liant des amitiés aussi spontanées qu’éphémères avec les gens de l’endroit.

Il était tard lorsque Zaahrian monta à sa chambre. C’était une petite pièce pauvrement meublée comparativement à ce qu’il avait au manoir de Krish et qui lui rappelait les conditions dans lesquelles il vivait lorsqu’il était encore membre de la guilde de Daeron. Tant que le lit n’était pas infesté de parasites, il n’allait pas s’en plaindre. Zaahrian retira ses vêtements, ne gardant que son pantalon de cuir. Il glissa sa précieuse dague sous son oreiller au cas où il serait attaqué et il se coucha. Le semi-elfe était sur le point de s’endormir lorsqu’un bruit sourd le tira de sa torpeur.

Pas le temps de réfléchir.

Zaahrian bondit du lit, sa dague au poing et prêt à se défendre. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine sous l’effet de l’adrénaline. Qui pouvait bien s’en prendre à lui? Un assassin mécontent d’avoir de la compétition sur son territoire? Il était pourtant un honnête assassin cherchant seulement à faire un peu d’argent pour son voyage vers la péninsule. Toutefois, au lieu d’un meurtrier au regard froid et prêt à lui trancher la gorge, il vit une silhouette gauche étendue à plat ventre sur le plancher de la chambre et en proie à d’apparentes difficultés.

— Qu’est-ce que…


L’assassin alluma une chandelle et une lumière diffuse éclaira la pièce. Zaahrian était toujours pied et torse nu et il observait la jeune femme d’un air à la fois critique et dubitatif. Cette fille n’était visiblement pas en état de faire quoi que ce soit. Le simple fait de bouger semblait lui demander un effort considérable. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait ce genre de symptômes. Il restait à savoir si la dose qu’elle avait reçue lui sera fatale.

— J’ai vu des entrées par effraction plus gracieuses que ça. Moi aussi j’aime bien passer par les fenêtres, mais je m’assure que la pièce est vide avant d’entrer… à moins de ne pas avoir le choix et c’est ton cas n’est-ce pas? Alors… Qu’est-ce qui peut bien amener une femme à s’écraser sur le plancher de ma chambre?
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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Lun 12 Oct 2015 - 16:08

Tandis que l'importuné allumait sa chandelle, Aleth se releva avec peine, prenant appui sur tout ce qu'elle trouvait. Cela faisait un moment maintenant qu'elle s'était habituée à l'obscurité et la luminosité nouvelle apportée par la bougie fit légèrement plisser les yeux de la Sublime. Elle découvrit alors le visage de celui qu'elle avait réveillé, ainsi que l'arme qu'il tenait à la main. Elle reconnut sans mal le conteur d'histoires. Elle était donc revenue sans le vouloir jusqu'à l'auberge qu'elle avait quitté plus tôt dans la soirée.

La première réplique du demi-elfe lui arracha un rire fatigué. Ca, pour une entrée ratée, elle était ratée. C'était le comble pour elle dont a vie professionnelle avait toujours tourné autour de la discrétion la plus absolue. Pour voler, espionner et tuer, c'était un minimum.
Mais l'homme ne s'arrêta pas là et voulu en savoir plus sur l'objet de sa présence dans sa chambre. Il avait bien raison de la questionner étant donné la situation mais Aleth n'était pas vraiment du genre coopérative...

-Chouette ! Encore un bavard. C'est vrai que j'en vois pas assez ses derniers temps.

La Sublime pensait clairement à Azhar en disant ça. Il fallait avouer qu'il adorait parler, et ce même dans les moments les plus intimes, là où, justement, elle aurait tendance à se montrer encore moins loquace que d'habitude.
Elle reprit avec plus de sérieux dans la voix.

-Ta question est légitime mais mon silence aussi. Et comme je n'ai pas l'intention de m'éterniser, je vais me contenter de sortir pour trouver un endroit plus tranquille. Rendors-toi.

Prenant un appui pesant contre le mur, Aleth entreprit d'avancer vers la porte de la chambre. Elle parvenait encore à marcher mais ses pas ne tarderaient bientôt plus à s'emmêler. Elle devait trouver un lieu sûr et vite.


****Plus tôt dans la soirée****


Avec l'été, les nuits étaient devenues plus que douces. Le ciel dégagé permettaient aux lunes d'éclairer les rues de manière idéale, réduisant les zones d'ombre tout en les rendant plus intenses.
Comme à son habitude, Aleth circulait de la manière la plus discrète qui soit. Le son de ses pas sur le pavé étaient presque inaudible. Quant à sa silhouette, c'était à peine si on avait le temps de la voir se dessiner entre deux ruelles. Elle ne craignait pas vraiment les rencontres, ses compétences martiales la protégeant aisément contre un petit groupe de bandits, mais à passer son temps à penser à la protection rapprochée, il devenait presque machinal d'en appliquer les préceptes au quotidien.

Tandis qu'elle se rapprochait du quartier de résidence des princes de Thaar, la Sublime s'arrêta soudain. Une vague impression parcourut sa colonne vertébrale. Une impression qu'elle connaissait bien...

On l'observait.
Sans doute la suivait-on.

Elle se risqua alors à jeter un œil derrière elle, scrutant les ombres pour tenter de discerner la moindre silhouette, tendant l'oreille pour percevoir un bruissement imperceptible de vêtement froissé ou de respiration tendue.
Rien... Mais cette impression ne la quittait pas et elle se trompait rarement.
Il lui fallait changer de stratégie. Aleth reprit alors sa route d'un pas nouveau, activant son allure pour distancer légèrement son poursuivant et se donner le temps de mettre son plan en œuvre.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Lun 12 Oct 2015 - 18:51

Zaahrian n’était pas du genre à se laisser arrêter par une réplique acerbe aussi bien lancée soit-elle. Il avait devant lui une jeune femme en bien mauvaise posture, mais malgré cela, elle restait combative et déterminée. C’était admirable de sa part, mais aussi incroyablement stupide de sa part. Elle devait savoir qu’elle ne pourrait pas aller bien loin et que d’ici quelques minutes, elle s’écraserait à nouveau sur le sol et serait incapable de bouger, devenant une cible incroyablement facile pour quiconque ayant de mauvaises intentions. Maintenant qu’il voyait mieux son visage, il reconnaissait la jeune femme. Il l’avait vu un peu plus tôt dans la soirée. Elle avait royalement ignoré ses histoires pour plutôt essayer d’attirer l’attention des quelques hommes potentiellement potable de la place. S’il ne se trompait pas, elle n’avait guère eu de succès malgré son joli minois.

— Ah! Une soirée a raconté des histoires et j’ai encore de la voie. Rien ne m’arrête! Je te reconnais. Tu étais à l’auberge plus tôt. Peu importe ce qui c’est passé, la soirée à mal tournée pour toi. C’est ce type à la cicatrice au visage qui t’a fait ça? Je l’ai vu partir tout juste après toi. C’est quand même une drôle de coïncidence…

Il croisa les bras sur la poitrine, n’essayant même pas de l’aider. C’était une grande fille, elle pouvait se débrouiller toute seule. De toute façon, ce n’est pas comme si elle le suppliait de lui porter assistance. Toutefois, il se permit quand même un petit conseil d’ami.

— Si j’étais toi, je réfléchirais sérieusement avant de sortir de cette chambre. Je m’y connais en poison et en toxine et tu es visiblement sous l’effet de quelque chose. Reste à savoir maintenant si les effets vont s’atténuer ou s’ils vont continuer à paralyser tes muscles jusqu’à ce que tout s’arrête, y compris ton cœur. Tu peux aussi simplement t’écrouler sur le sol et rester là, bien vivante, mais incapable de bouger, devenant une cible si facile que même un bambin pourrait t’achever. À te voir aller, je crois qu’il ne t’en reste pas pour bien longtemps avant de ne plus être capable de te déplacer. Tu dois le sentir. C’est comme si ton corps refusait de t’obéir. Tes muscles tremblent comme si tu venais de faire un gros effort et tu sais qu’ils finiront par lâcher, mais tu ne sais pas quand. Tu paniques, car tu ne sais pas ce qui t’arrive et ton cœur bat plus vite, répandant encore plus efficacement la toxine.

Il marqua une pause avant de reprendre sur un ton tout aussi grandiloquent.

— Malheureusement pour toi, même si j’ai une petite idée de ce qu’ils ont utilisé pour t’empoisonner, je n’ai aucun remède à te proposer. Alors, tu vas marcher sur ton orgueil démesuré, t’assoir gentiment ici et te détendre un peu. Ça serait aussi grandement apprécié si tu pouvais me dire à qui je dois ramener ton corps au cas où le poison aurait raison de toi…

Il fallait quand même être prévoyant. Cette fille pouvait quand même mourir, même s’il était raisonnablement persuadé qu’elle allait s’en sortir. Lui-même avait ingéré ce genre de poison passé et il était toujours de ce monde. La quantité était minime, il faut le dire. Comment avait-elle été infectée? Une boisson? Une blessure? Ah c’était peut-être ça. Il pouvait voir la marque sur sa main. Quelqu’un avait trempé sa lame dans du poison et l’avait blessé… Qui serait assez lâche pour faire ça? Ah… Ouais… Un assassin… Un assassin était assez lâche pour faire ça. Cette fille devait avoir eu une soirée sacrément intéressante et il était curieux d’en savoir un peu plus…
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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mar 20 Oct 2015 - 10:34

Si Aleth n'avait aucune intention de rester mais le conteur avait au moins raison sur un point : son corps ne lui obéirait bientôt plus. Le faible engourdissement qu'elle avait ressenti au départ s'était déjà étendu à chaque membre. Elle sentait à peine ses muscles lui répondre et le contact du sol sous ses pieds ou du mur sous son bras. Sa main étant la première à avoir été touchée, elle lui servait d'indicateur de l'avancement de son état... et celle-ci ne répondait que bien peu à ses sollicitations. Combien de temps avant qu'elle ne puisse vraiment plus bouger ? Difficile à dire. Si courir avait accéléré le processus, ses efforts pour trouver une cachette dans son état n'allaient pas l'aider. L'estimation la moins favorable qu'elle pouvait faire se limitait à quelques minutes.

Alors qu'elle avançait toujours péniblement vers la porte, elle ne put s'empêcher de rire à la conclusion du conteur qui croyait que la panique était la cause du délabrement rapide de son état. Panique due à l'ignorance. C'était amusant de le voir essayer de l'analyser sans rien connaître d'elle car, contrairement à ce qu'il croyait, elle savait parfaitement ce qu'il lui arrivait. Quant à paniquer... Ce n'était pas vraiment son genre.

-Alors, tu vas marcher sur ton orgueil démesuré, t’asseoir gentiment ici et te détendre un peu.

Aleth s'arrêta et se tourna lentement vers son interlocuteur pour le dévisager. Son orgueil ? Azhar avait de l'orgueil. Et à ne plus savoir qu'en faire. Quant à elle, ce qui passait souvent pour de la fierté était tout autre chose en réalité.
Elle lui répondit assez sèchement.

-Un gamin peut bien me tuer. Pourquoi je ferais plus confiance à un conteur d'histoire qui se fait passer pour un simple voyageur et qui dort avec une dague ?

Son corps était peut-être ralenti mais pas son esprit. La Sublime aussi se souvenait de lui et elle n'était pas dupe. Cet homme n'était pas ce qu'il prétendait et si elle n'avait pas de raisons de se fier au paysan du coin, elle en avait encore moins concernant un étranger qui avait tout à cacher. Il savait visiblement utiliser l'arme qu'il avait entre les mains et ses connaissances sur les poisons et les narcotiques lui laissaient entendre que son activité n'était sans doute pas très éloignée (sinon identique) à celle des hommes qui la poursuivaient.
La méfiance était tout ce qu'elle avait et c'était la seule chose qui l'avait maintenue en vie toutes ces années.

Sans attendre la réponse du conteur, Aleth franchit les deux pas qui la séparait de la porte et l'ouvrit (non sans s'y reprendre à deux fois). Personne dans le couloir... La voie était libre.
Rassemblant toutes ses forces, elle s'engageant dans la pénombre d'un pas un peu plus assuré. Elle ne pourrait sans doute pas quitter le bâtiment mais elle y trouverait sans doute une cachette pour attendre que les effets du poison se dissipent ou fassent leur office.



***** Plus tôt dans la soirée *****


Un homme jeune et en proie à la panique déboula à un carrefour sombre. Son regard se porta de tous côtés, cherchant visiblement quel chemin prendre. Son souffle était court, il avait couru pour arriver jusqu'ici. Il tenait sa dague d'une main ferme, comme s'il avait peur qu'elle ne lui échappe. La lame luisait sous les rayons des lunes.
Après avoir hésité plusieurs fois, le jeune s'engagea dans une ruelle, prenant un petit pas de course... et disparut au détour d'une échoppe.

Aleth maintenait son poursuivant d'une main sous la gorge, le dos contre sa poitrine. S'il bougeait, elle resserrait son emprise, coupant en même temps sa respiration et le sang qui montait à son cerveau. De la façon dont elle s'était positionnée, elle ne craignait pas la lame qu'il tenait toujours comme si sa vie en dépendait et qu'il la craignait en même temps.
Après quelques compressions de sa gorge, le jeune finit par comprendre qu'il ne servait à rien de lutter et il cessa de se débattre.

-C'est bien la première fois qu'on engage des assassins pour me tuer. Je devrais être flattée... mais vu ta médiocrité je trouve que c'est plutôt une insulte. Qui t'a engagé ?

Pour toute réponse, la Sublime sentit le tranchant de la dague venir entailler le dos de la main qui serrait la gorge de son poursuivant. Si c'était une tentative pour se libérer, c'était raté... En tout cas, il était clair qu'il ne lui dirait rien.

-Tant pis pour toi.

En une fraction de seconde, Aleth passa sa seconde main derrière la tête du jeune et remonta la première au niveau de son menton. Une torsion, un crac, et le corps sans vie de l'assassin novice s'écroula sur le sol. Elle enjamba son corps et reprit son chemin en direction du quartier princier, comme si de rien n'était.
Il n'y avait qu'une seule raison pour qu'on veuille la tuer mais les conspirateurs du trône d'Azhar déployaient plus de moyens d'habitude. Il y avait fort à parier que les choses n'allaient pas en rester là. Elle devrait se montrer prudente.



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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mer 28 Oct 2015 - 23:31

Malgré son état, cette fille avait encore un sens de l’observation bien aiguisé. Elle avait remarqué sa dague et sans doute qu’elle se méfiait du fait qu’il en sache autant sur les poisons et les effets qu’ils avaient. Zaahrian courba légèrement l’échine, un sourire aux lèvres, mais avant qu’il n’ait plus lui dire quoi que ce soit, la fille se jetait déjà sur la porte pour l’ouvrir. Sa coordination était tellement affectée par le poison qu’elle dû s’y prendre par deux fois avant d’être capable de l’ouvrir avant de s’engouffrer dans le couloir sombre de l’auberge. L’assassin soupira avant de se lancer à sa poursuite. Il devrait vraiment apprendre à se méfier des demoiselles en détresse. À chaque fois qu’il en aidait une, ça tournait mal pour lui. Bon, ce n’est pas comme s’il en avait plusieurs à son actif, mais Krish devait compter pour 10 demoiselles en détresse à elle seule, au moins. Il attendait encore le jour où ce serait un jeune homme en détresse qu’il devrait aider. Évidemment, Djamel ne comptait pas, sa tentative de lui venir en aide s’étant soldé par une mort qui, plus il y pensait, plus elle lui semblait inéluctable.

— Attend, ne fait pas l’imbécile! Souffla-t-il à voix basse pour ne pas déranger les occupants des autres chambres. « Ma chambre est probablement l’endroit le plus sûr pour toi dans l’immédiat et… » Il grimaça, se disant qu’il allait probablement le regretter. « Si j’avais un contrat sur ta tête, tu serais morte depuis longtemps, alors entre dans cette chambre si tu veux vivre. »

Autant jouer franc jeu. De toute façon, elle avait probablement déjà compris la nature réelle des activités de Zaahrian. En plus, il disait vrai en affirmant que s’il avait eu un contrat sur sa tête, elle serait morte depuis longtemps. Inutile de jouer avec une cible, c’est courir le risque de la perdre. Il entendit des bruits de pas précipités venant d’en bas. Ce n’était peut-être rien, mais il valait mieux ne pas tenter sa chance.

— Allez! C’est maintenant ou jamais. Crois-moi, je n’aurais aucun mal à m’en laver les mains si tu refuses.

HRP:
 
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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Ven 30 Oct 2015 - 11:07

Oui, Aleth avait compris. Formée à l'assassinat, elle savait reconnaître ses anciens collègues à leurs compétences mais aussi à leur comportement. Cette faculté lui était utile dans son métier, bien sûr, mais elle s'en était toujours servi car elle ne se méfiait de personne plus que d'un individu tuant de sang froid homme, femme et même enfant et dont la raison n'était guidée que par la couleur de l'or.
 
Les premiers mots de l'assassin n'eurent aucun effet sur sa détermination. Elle continuait à avancer avec difficultés dans le couloir éclairé seulement par l'éclat des lunes à travers les quelques fenêtres qui le parsemaient.

-Ma chambre est probablement l’endroit le plus sûr pour toi dans l’immédiat et…

Les pas de la Sublime se stoppèrent net tandis que ses oreilles attendaient la suite.

-Si j’avais un contrat sur ta tête, tu serais morte depuis longtemps, alors entre dans cette chambre si tu veux vivre.

Au moins, il n'essayait pas de nier ce qu'il était. C'était un bon point pour lui. Dans le cas contraire, elle aurait aussitôt repris sa marche vers... on ne sait où.
Mais alors qu'elle était en proie au doute, elle entendit (tout comme lui) les pas dans l'escalier. Elle se retourna alors subitement vers le recoin noir d'où provenait le bruit et d'où surgirait bientôt l'intrus. Les dents serrées et le cou raide, la tension était palpable.

-Allez! C’est maintenant ou jamais. Crois-moi, je n’aurais aucun mal à m’en laver les mains si tu refuses.

L'autre bout du couloir était trop loin. Elle n'avait plus vraiment le choix. Elle finit par faire demi-tour mais, alors qu'elle atteignait seulement le montant de la porte, une silhouette apparut sous la lumière de la fenêtre qui illuminait la sortie de l'escalier. Ils n'avaient plus le temps de disparaître dans la chambre sans attirer les soupçons. Aleth n'eut qu'une seconde pour réagir. Achevant de s'avancer vers le conteur, elle l'enlaça comme une amante étreindrait l'homme qu'elle était venue retrouver. Dissimulée par la carrure de son "nouvel ami" et par l'ombre de sa silhouette, il n'était pas possible de l'identifier. Si l'intrus était un de ceux qui la cherchait, elle pourrait toujours entraîner le conteur dans la chambre en restant dans l'ombre et en donnant l'impression qu'ils allaient s'adonner à quelques plaisirs. Si au contraire il n'était qu'un client lambda, au moins ça ne ferait pas naître en lui des soupçons sur ce qu'il se tramait dans ce couloir.

L'intrus ne les vit pas tout de suite. Une main dans sa poche, il semblait chercher quelque chose. Il en sortit une clé et s'approcha d'une des portes près de lui. Levant les yeux, il découvrit le joyeux couple et eut un sourire amusé avant de faire jouer le mécanisme de la serrure. Lorsqu'elle entendit la porte se refermer, Aleth plongea son regard dans celui de l'assassin avant de le lâcher et de s'adosser au montant de la porte derrière elle.

-C'est pas vraiment votre genre de jouer au preux chevalier. Pourquoi tu te risquerais à m'aider alors qu'ils sont au moins trois à mes trousses ?



*****Plus tôt dans la soirée*****



Avec tous ses sens désormais aux aguets, Aleth avançait d'un pas rapide en direction du domaine Salougan. Le petit jeunot n'était pas encore un vrai professionnel et la Sublime avait déjà prouvé qu'elle savait se battre. Nul doute qu'il y avait au moins un individu plus expérimenté derrière tout ça. S'il n'avait pas accompagné son apprenti ce soir-là, il ne tarderait pas à comprendre ce qui lui était arrivé et elle aurait bientôt affaire à lui. Dans le cas contraire, cela signifiait qu'elle avait quelqu'un d'autre à ses trousses, quelqu'un qu'elle n'avait pas encore repéré. Il avait donc un avantage sur elle. A choisir entre partir en chasse d'un fantôme et chercher à se mettre à l'abri, elle préférait la seconde solution pour le moment.

Un bruit raisonna derrière elle et elle s'arrêta pour tendre l'oreille. Se retournant avec prudence, elle ne découvrit que des rues vides. Plus de doutes pour elle : il était déjà là.
Faisant mine d'avoir pris ce bruit pour la manifestation du passage d'un rat, elle reprit sa route, empruntant le même pas rapide et assuré. Quelques dizaines de mètres plus loin, un nouveau son se fit entendre. Aleth s'arrêta une deuxième fois. Non seulement cela confirmait ses doutes mais cela dévoilait aussi le plan de son poursuivant. La réaction de la plupart des gens dans cette situation était la fuite dans la direction opposée au danger. Il s'attendait sans doute à ce qu'elle fasse de même et elle choisit de jouer son jeu. C'était le meilleur moyen d'affronter rapidement son adversaire et de mettre un terme à ce contrat sur sa tête.

Feignant la méfiance, la Sublime reprit sa route en s'éloignant de la source du bruit. Elle suivit ainsi le chemin vers le piège tendu par l'assassin, observant avec attention les rues et places qu'elle s'apprêtait à emprunter afin d'identifier l'endroit où aurait lieu son embuscade.
Finalement, sa route aboutit à un embranchement de trois ruelles. D'instinct, la semi-elfe s'arrêta et sonda du regard l'ombre qui s'étendait dans chacune d'entre elle. Plus un bruit de venait perturber le silence de a nuit. Derrière elle, l'instigateur de cette manigance ne se manifestait plus et alors qu'elle comprenait que le moment était venu, elle vit une ombre se mouvoir devant elle pour finalement se détacher des autres. Un homme bien armé descendait depuis une lucarne à quelques dizaines de mètres d'elle. Il n'avait pas encore posé le pied au sol qu'elle distingua une autre forme dans la ruelle sur sa gauche... avant qu'une troisième n'apparaisse à sa droite.
Trois contre un ? Moui... Elle avait connu pire. Elle était certes habillée "en civil" et donc dépourvue de ses armes principales, elle portait bien évidemment une ou deux dagues et quelques couteaux à lancer dissimulés dans les plis et les coutures de ses vêtements. Tandis que les trois silhouettes avançaient lentement vers elle, Aleth glissa lentement sa main gauche dans le bas de son dos pour saisir la poignée d'une de ses lames avant de froncer les sourcils. Quelque chose n'allait pas... Ramenant sa main devant elle, elle plia les doigts à quelques reprises. Elle ressentait un très léger engourdissement qui était très inhabituel. L'entaille au dos ne pouvait pas être la seule cause de ce changement et elle jura intérieurement. Ce petit con ne cherchait pas à lui faire lâcher prise avec cette petite blessure ! Il savait sa lame empoisonnée et devait probablement croire que le poison agirait bien plus vite que ça.

Relevant les yeux vers les trois hommes qui avançaient toujours vers sa position, elle recula d'un pas. Elle ignorait combien de temps elle avait devant elle mais elle n'en aurait certainement pas assez pour se débarrasser de ces individus... Elle en voyait trois... Mais il pouvait y en avoir d'autres.
Pas le choix... Elle devait fuir le plus vite et le plus loin possible. Le poison commencerait sûrement par la paralyser et peut-être s'en arrêterait-il là. Elle devait se trouver un abri pour attendre de voir mais avant, il lui faudrait échapper à ses poursuivants.

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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Jeu 5 Nov 2015 - 22:50

Tuer de sang-froid un enfant? Jamais! Zaahrian était peut-être un assassin, mais ça ne voulait pas dire qu’il n’avait pas d’honneur, au contraire. Sa raison n’était pas entièrement motivée par la couleur de l’or. Évidemment, si l’on venait à lui offrir une somme faramineuse pour remplir un contrat un peu plus douteux, peut-être qu’il y réfléchira sérieusement, mais si ça impliquait un enfant, jamais. Il avait été un enfant tuant d’autres enfants durant sa formation juste pour rester vivant. Il s’était promis qu’il ne le ferait plus. C’est le genre de chose qui marque, peu importe qui l’on est.

À force d’argument, il avait réussi à convaincre la jeune femme à rentrer dans sa chambre, mais les bruits de pas étaient maintenant dangereusement proches. Elle eut juste le temps de le rejoindre qu’elle passa ses bras autour de lui pour l’enlacer telle une femme amoureuse dans les bras de son amant. Il fallut quelques secondes à Zaahrian pour comprendre ce qu’elle faisait. Non, elle n’avait pas soudainement envie de son corps, elle voulait plutôt de dissimuler dans son ombre. Aux yeux de n’importe lequel arrivant, ils avaient l’air d’un jeune couple d’amoureux sur le point de rejoindre une chambre. C’était quand la dernière fois que l’assassin eut une femme dans ses bras? Très longtemps et il n’était pas particulièrement confortable avec cette idée. Ce n’était pas naturel pour lui de sentir une poitrine écrasée contre son torse. Trop de courbe et pas assez de muscle, même s’il devait admettre que cette fille n’avait rien à voir avec les donzelles filles de nobles incapables de faire quoi que ce soit de leurs dix doigts. Heureusement pour eux, ce n’était qu’un client de l’auberge. Aussitôt arrivé, il rejoignit sa chambre sans leur prêter plus d’attention. La porte refermée, la fille le regarda en lui faisant clairement comprendre qu’il n’était pas l’allure d’un preux chevalier et qu’elle n’avait pas un, mais trois agresseurs à ses trousses.

— Trois, tu dis? Ah, eh bien, bonne chance!

Zaahrian fit un pas de côté pour la laisser passer comme s’il venait soudainement de changer d’avis. Toutefois, il fit la moue avant de l’attraper par le bras pour la traîner à l’intérieur de sa chambre.

— Soit pas ridicule. Tu tues ta cible du premier coup ou tu ne la tues pas. Inutile de courir après une cible à moins d’être absolument certain de la rattraper rapidement. Ça augmente trop les risques d’être pris. Non, ils doivent attendre dans un coin que tu réapparaisses ou ils sont rentrés gentiment et tu auras d’autres assassins dans les pattes dans les prochains jours. Remarque, ce n’est que mon opinion personnelle, je peux me tromper.

Il n’y avait personne dans la chambre. Zaahrian déposa la fille sur le lit pour éviter qu’elle ne s’écrase simplement au milieu de la pièce et alla discrètement regarder par la fenêtre. Il y avait des volets, mais il ne les ferma pas. Il faisait une chaleur exécrable dans la pièce et la nuit apportait une douce brise rafraichissante. Personne n’allait fermer les volets à cette température. Le faire serait de stupidement attirer l’attention. Personne en vue hormis quelques retardataires éméchés. Il se retourna ensuite vers la jeune intruse.

— Maintenant, prend ma main et serre là le plus fort que tu peux que je puisse juger à quel point le poison t’affecte. Sérieusement, trois assassins à tes trousses dont au moins un qui utilise du poison… soit ce sont des débutants, soit tu as la réputation d’être coriace. Quoi qu’il en soit, on veut vraiment te voir morte. Je n’ai rien d’un chevalier servant, mais je trouve ta situation très intrigante. Donc, dis-moi, qu’as-tu bien faire pour qu’on mette un contrat sur ta tête?
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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Sam 26 Déc 2015 - 17:30

Aleth n'eut pas d'autre choix que de se laisser entraîner de force dans la chambre, incapable d'aller à l'encontre du mouvement qui lui était imposé. Elle ne comprenait pas vraiment à quoi jouait son nouveau camarade à passer du oui au non. Il fallait dire qu'elle n'était pas vraiment d'humeur à avoir le sens de l'humour. Non pas que le contrat sur sa tête soit en mesure d'entamer son assurance et son sens de la dérision mais ses poursuivants étaient trop proches d'y arriver pour qu'elle parvienne à se détendre.

L'arrivée sur le lit se fit sans délicatesse. Heureusement, la Sublime n'était pas habituée à recevoir les égards des nobles et ce fut à peine si elle le remarqua. Elle fut davantage perturbée par le fait d'avoir tout juste pu retenir son propre corps de s'affaler sur les draps, signe que son état se dégradait plus vite qu'elle ne l'aurait voulu. Tout de suite après, un bruit métallique raisonna dans la petite pièce. A défaut de pouvoir résister au conteur, elle avait conservé ses réflexes de survie. Elle avait donc furtivement saisi une de ses dagues dissimulées et ne l'avait pas senti lui échapper alors qu'elle se retenait pour rester assise.
Après un regard sur l'arme échouée sur le sol, elle leva les yeux vers l'assassin qui lui servait désormais de garde du corps. Un pincement des lèvres accompagné d'un haussement de sourcils traduisit sa pensée : "Les habitudes ont la vie dure".

Après avoir observé la main qu'on lui tendait, Aleth se décida à la saisir pour la serrer aussi fort qu'elle en était encore capable. Elle était déjà pas mal diminuée et elle serait bientôt contrainte de faire fi de sa volonté de paraître forte et indépendante et de s'échouer sur le lit. Toutefois, elle avait bien l'intention de demeurer assise aussi longtemps que possible. Ses ennemis avaient joué en fourbes mais elle était tenace.

-Donc, dis-moi, qu’as-tu bien faire pour qu’on mette un contrat sur ta tête ?

Cette fois, Aleth laissa échapper un petit rire avant de répondre simplement.

-Mon boulot.

Après une brève pause, elle eut un sourire de fierté alors qu'une pensée lui traversait l'esprit.

-C'est même un compliment dans mon métier.

Une fois cette idée exprimée, elle disparut pour laisser place à une nouvelle.

-Alors tu es prêt à risquer ta vie parce que je t'intrigue ?! J'ai plutôt du mal à y croire.

Puisse qu'elle était contrainte de rester là à attendre et puisse qu'elle était encore en mesure de s'exprimer, autant tuer le temps... De plus, elle n'arrivait pas à cerner ce type et restait sceptique quant à sa démarche. Qu'est-ce qui lui disait qu'une fois qu'elle serait hors d'état il n'irait pas trouver ceux qui la traquent pour la balancer ? L'art de faire confiance n'était décidément pas à sa portée. Il fallait avouer qu'elle avait de bonnes raisons pour cela...


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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mer 6 Jan 2016 - 1:55

Non, Zaahrian n’était pas du genre à tendre spontanément la main vers une parfaite inconnue pour l’aider, surtout si ça risquait de mettre sa vie en danger. Toutefois, il arrivait parfois que la situation soit si intrigante que l’assassin décidait de mettre de côté ses principes pour s’amuser un peu. Cette fille était quand même entrée dans sa chambre en plein milieu de la nuit, sous l’influence d’un poison avec trois hommes sur les talons. La curiosité de Zaahrian était piquée et même si c’était difficile à croire, il était bien décidé à mettre son nez dans cette affaire.

La fille était maintenant sur son lit. En s’assoyant, elle avait échappé la dague qu’elle avait furtivement sortie de sa cachette. Elle s’échoua à ses pieds sous le regard moqueur de Zaahrian. Il comprenait sa méfiance, mais elle n’avait rien à craindre avec lui. Il avait quand même un code d’honneur et il n’était pas un homme à commettre une trahison. Le comportement de la jeune femme donnait de plus en plus d’indications sur ses activités. Elle avait visiblement reçu un entrainement poussé. En plus de celle qui était tombée sur le sol, Zaahrian était prêt à parier qu’elle avait des dagues de cacher un peu partout sur elle. Évidemment, on ne lui aurait pas envoyé trois assassins pour la tuer sans avoir une bonne raison. Ça représente une sacrée somme d’argent.

— Nous avons donc une jeune femme qui trempe dans des histoires peu recommandables à ce que je vois! Oh, tu ne devrais pas supposer de ce genre de chose. Après tout, tu débarques en plein milieu de la nuit dans ma chambre, armée jusqu’aux dents, sous l’influence d’un poison quelconque et avec trois hommes à tes trousses. J’ai bien le droit de trouver ta situation intrigante si je le veux!

Le poison était déjà bien avancé dans son organisme, mais Zaahrian était maintenant pratiquement certain qu’elle n’allait pas mourir. De toute façon, son sang de demi-elfe lui donnait une certaine résistance aux toxines. Ça ne la rendait pas immune à ce genre d’attaque, mais ça lui donnait une chance. Un humain s’en serait probablement moins bien sortie qu’elle.

— Le plus drôle, c’est que je suis presque certain que ce n’est pas toi la cible principale. Tu n’es qu’un obstacle à abattre avant d’atteindre quelqu’un de plus gros. Je me trompe peut-être, mais tu n’as pas la tête d’une princesse ou d’une riche héritière. Tu es peut-être une voleuse qui a dérobé quelque chose d’important et qu’une personne essaie de récupérer, mais tes poursuivants semblent déterminés à te tuer et c’est difficile d’obtenir des renseignements d’un mort. Non, tu as plutôt la tête d’une mercenaire… Tu es payé pour protéger quelqu’un et comme tu es sacrément doué dans ce que tu fais, on doit t’éliminer en premier en ne prenant aucune chance. Allez, dis-moi que j’ai raison dans mon observation!

Zaahrian la regarda en croisa les bras contre sa poitrine, un sourire aux lèvres. Elle n’était peut-être même plus capable de lui répondre, mais ça n’empêchait pas le semi-elfe de continuer à lui parler.

— Les effets du poison seront dissipés d’ici quelques heures. Si j’étais toi, j’essaierais de dormir. Tu ne crains rien avec moi. Comme je te l’ai déjà dit, tu serais morte depuis longtemps si j’avais un contrat sur ta tête.

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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Sam 9 Jan 2016 - 17:11

Visiblement, l'assassin avait compris sa question de travers et il répondit à côté. Ce qu'il lui arrivait avait tout pour l’interpeller et quiconque ayant un tant soit peu de curiosité ne pouvait qu'y succomber (pour peu qu'il ne craigne pas pour sa vie). Non, ce qui la rendait sceptique était certes lié mais ce n'était pas tout à fait cela.

-Ce n'est pas que ma situation t'intrigues que j'ai du mal à croire. C'est que ce soit ta motivation pour m'aider.

Le conteur évalua la progression du poison en serrant sa main et il ne parut pas s'alarmer. Aleth savait où elle en était à ce niveau-là mais elle ignorait quelle toxine exacte lui avait été inoculée. Il y en avait un certain nombre qui pouvait avoir es mêmes effets mais l'issue n'était pas toujours des plus joyeuses.
Mais, vu l'expression du semi elfe, elle n'avait pas grand chose à craindre hormis la paralysie.

L'assassin se lança ensuite dans une grande tirade, expliquant le raisonnement qui l'amenait à penser que l'intruse était un garde du corps. Elle ne pouvait effectivement pas le cacher. Une femme issue d'une classe pauvre armée de la tête aux pieds et dont la tête était mise à prix... La situation était assez évidente. Elle ne chercherait donc pas à le cacher. Toutefois, elle n'avait pas de raison de lui avouer son identité ou celle de son client (ce qui revenait au même car le rapprochement entre elle et Azhar n'était pas difficile à faire). De plus, elle avait pris soin de retirer son insigne. Le contour avait laissé son empreinte aux extrémités de son col droit sur sa veste de cuir mais cela ne suffisait pas pour identifier ce qu'il représentait.

-Bravo pour la déduction. Ça prouve que tu as au moins quelques compétences.

Aleth était assez curieuse de savoir qui elle avait en face d'elle. Elle avait beau être issue du même milieu que lui, le peu qu'elle savait ne lui permettait pas de l'identifier. De plus, le marché de l'assassinat était si fructueux en Estrevent qu'il était difficile de connaître les noms de tous les professionnels de la région. Son nom ou celui de son mentor l'aiderait sans doute mais s'il elle le lui demandait il lui retournerait sans doute la question et, pour l'heure, elle ne souhaitait pas lui répondre.

-Les effets du poison seront dissipés d’ici quelques heures. Si j’étais toi, j’essaierais de dormir. Tu ne crains rien avec moi. Comme je te l’ai déjà dit, tu serais morte depuis longtemps si j’avais un contrat sur ta tête.

-Tu n'as peut-être pas de contrat sur moi mais qu'est-ce qui me dit que tu ne vas pas essayer de trouver ceux qui me cherchent pour essayer d'avoir une part du butin ? D'autant qu'un de leur copain est mort donc il y a un quart de la récompense disponible.

La Sublime prit bien soin de ne pas lui faire remarquer qu'il ignorait son identité et donc s'il avait effectivement un contrat ou non... Elle préféra axer sa question sur le doute qui demeurait toujours et qui ne lui permettait pas de se fier un minimum à lui. Après tout, elle ne le connaissait que depuis une dizaine de minutes et n'en avait appris que bien peu sur lui. Le tenter de la sorte était une bonne façon d'obtenir des réponses.

Tandis que la conversation avançait, le bras sur lequel elle prenait appui la soutenait de moins en moins, tendant à flancher de plus en plus. Mais hors de question pour elle de lâcher prise pour l'instant. Elle ne pourrait pas s'enfuir si son "protecteur" s'avérait être un ennemi mais au moins elle saurait à quoi se préparer.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mar 12 Jan 2016 - 22:46

— C’est triste de se méfier autant de tout le monde même si je sais que tu as de bonnes raisons de le faire. Moi aussi je le serais si j’avais trois assassins sur les talons prêts à m’ouvrir la gorge à la première occasion qui se présentera. Toutefois, pour ton information, je ne suis pas réputé pour agir de façon logique et prévisible. Je suis sur un contrat, mais en attendant que les choses deviennent intéressantes, c’est l’ennui total. Tout ce que je peux faire pour l’instant, c’est de surveiller ses allées et venues pour déterminer le moment idéal pour frapper. Voilà qu’une jeune femme entre par la fenêtre de ma chambre d’auberge, empoissonnée, avec des assassins à ses trousses. Personnellement, je vois ça comme une occasion de m’amuser un peu. Ne cherche pas à comprendre, même mon meilleur ami a renoncé depuis longtemps. Il veille seulement à ce que je ne me fasse pas tuer stupidement et comme il n’est pas ici pour jouer les casse-pieds, je crois que l’on peut s’amuser un peu. N’empêche, sa présence aurait été utile quand même. S’ils sont vraiment trois, des mains supplémentaires de notre côté n’auraient pas été de refus. À savoir, il est peut-être sur ton cas…

Il s’arrêta, réfléchissant à cette possibilité tout en regardant intensément Aleth. Le doute était bien présent dans ses yeux acier. Il n’avait pas particulièrement envie de se retrouver opposé à Guilin une nouvelle fois. Leur amitié avait déjà suffisamment souffert ces derniers temps. Ils n’avaient pas besoin d’une nouvelle querelle, surtout pour quelque chose d’aussi trivial que cette histoire. En même temps, il était presque certain que son ami n’était pas impliqué dans ce contrat. Il ne reconnaissait pas sa signature. Guilin travaillait toujours de la même façon et s’il était mêlé à cette histoire, il aurait déjà fait sentir sa présence.

— Non… je ne pense pas. Je le connais, s’il était là, il nous l’aurait fait savoir en envoyant une flèche par la fenêtre de la chambre. Il aime faire paniquer ses victimes. C’est généralement dans cet état d’esprit qu’elles font des erreurs et qu’il n’a plus qu’à les tuer. Il attaque à distance avec des flèches. C’est le meilleur archer que je connaisse. Lui non plus ne t’aurait pas raté…

Convaincu que son ami n’était pas impliqué, Zaahrian avait retrouvé sa bonne humeur qui l’avait brièvement quitté pendant ses réflexions. Son sourire s’élargit sensiblement lorsque la jeune femme lui confirma qu’il avait vu juste sur son identité. Il rit à sa remarque sur ses compétences.

— Si j’étais toi, je ferais attention à ce que je dis. J’ai été entrainé à devenir un assassin dès que j’ai été capable de tenir un couteau et j’ai fait ma première mise à mort alors que je n’étais qu’un adolescent. Tu n’as rien à craindre de moi, mais ne me sous-estime pas.

Il croisa ses bras contre sa poitrine alors que la jeune femme avait de plus en plus de mal à rester en position assise. Évidemment, elle luttait de toutes ses forces pour rester consciente, incapable de lui faire totalement confiance.

— Oh oui, je vais sortir en te portant comme un sac de farine sur mes épaules pour essayer de retrouver les assassins qui veulent ta peau dans le but d’avoir ma part du butin. J’ai une grande gueule, mais je ne suis pas stupide! Ils ne voudront pas partager et même si je suis doué, à trois contre un, mes chances sont limitées. Le poison te fait dire des âneries. Cesse de lutter et dors. Demain, quand tu te réveilleras, tu pourras t’excuser d’avoir ainsi douté de moi. Je vais être gentil et te laisser le lit. Je vais sagement rester sur la chaise.

Puis, il attendit que le poison fasse inexorablement son effet. Zaahrian pouvait comprendre la peur de cette jeune femme. Lui-même avait été empoisonné. Il se souvenait de la sensation que ça faisait alors qu’il sentait la toxine se répandre dans son corps. Il avait eu peur, mais en même temps, il était content, car Daeron était mort. Il avait accepté son sort en sachant que cette ordure n’allait plus jamais faire de mal à quiconque. Puis, il avait ouvert les yeux. La situation était chaotique depuis, mais il était encore de ce monde et prêt à affronter tous les obstacles se dressant sur son chemin.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Quelques heures plus tard…

Tout était très silencieux. Il faisait noir dans la chambre. Toutes les lampes s’étaient éteintes durant la nuit. Le soleil n’était pas encore levé, mais une lueur morne à l’horizon indiquait que l’aurore était propre. Zaahrian était toujours assis sur sa chaise. Il n’avait pas bougé, mais ses yeux étaient fermés. Il avait probablement fini par s’endormir. Après tout, sa nuit avait été brusquement écourtée.

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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mer 27 Jan 2016 - 10:16

Tandis que le poison continuait de s'immiscer en elle, Aleth suivait tant bien que mal les longues tirades de son nouvel... ami, à défaut d'un autre mot plus approprié. Le bras qui lui servait d'appui la soutenait de moins en moins. Son poignet céda lentement sous l'endormissement et, sans pouvoir rien y faire, elle se retrouva posée sur le coude. Elle n'en avait plus pour très longtemps.

-Personnellement, je vois ça comme une occasion de m’amuser un peu.

La réaction de la Sublime fut sans appel. Relevant les yeux vers son interlocuteur, elle haussa un sourcil sceptique semblant signer faire "Sans blague ?". Pour s'amuser, elle cherchait un peu de compagnie ou s'engageait dans un combat distrayant mais dont elle connaissait ses chances de gagner. Lui, il s'immisçait dans un contrat impliquant des assassins en guilde... Il devait être soit fou soit vaniteux. A moins qu'il soit aussi compétent qu'elle mais alors elle ne devrait pas tarder à trouver son nom car ils étaient bien peu dans le métier.

-Ne cherche pas à comprendre, même mon meilleur ami a renoncé depuis longtemps.

Aleth eut un petit rire. Moui... Il était peut-être fou finalement.

Elle écouta ensuite parler de son ami et de ses méthodes. Celui-là jouait dans une autre cour... Par en terme de son niveau de compétence mais parce qu'il prenait plaisir à faire son métier. Effrayer ses victimes avant de les tuer, ce n'était pas le genre de la semi elfe qui agissait de manière nette et rapide. Elle ne pensait pas pouvoir s'entendre avec un type pareil et ne put s'empêcher de penser que son interlocuteur devait avoir au moins un point commun avec cet homme pour être devenu son ami. L'avenir lui dirait lequel.

-Si j’étais toi, je ferais attention à ce que je dis. J’ai été entraîné à devenir un assassin dès que j’ai été capable de tenir un couteau et j’ai fait ma première mise à mort alors que je n’étais qu’un adolescent. Tu n’as rien à craindre de moi, mais ne me sous-estime pas.

Aleth haussa à nouveau un sourcil. Si cette réplique était censé l'impressionner, ça ne marchait pas du tout. Elle n'avait pas peur des trois assassins à ses trousses, pourquoi aurait-elle peur de lui. De plus, son parcours semblait très similaire au sien, à par qu'elle n'avait pas attendu l'adolescence.
Elle se contenta de lui répondre sur un ton plat.

-Parce que tu te crois seul au monde ?

La réaction du conteur quant à son scepticisme concernant sa traîtrise fut sans appel. Au moins, il n'était pas idiot. Progressivement, elle en apprenait un peu plus bien qu'elle n'avance pas beaucoup au sujet de son identité. Mais il était trop tard pour qu'elle parvienne à en savoir plus. Le poison continuait son avancée et elle serait bientôt incapable de parler.

-Je vais être gentil et te laisser le lit.

Tandis qu'elle faisait un dernier effort pour s'allonger tant bien que mal, elle répondit sur un ton sarcastique.

-Vous êtes trop bon mon prince.

Comme s'il allait se fatiguer à la déplacer pour la mettre sur le fauteuil ou la laisser à même le sol. Il était certes assassin et elle l'avait énervé plus qu'un peu mais il avait assez bon fond pour veiller sur elle en attendant que le poison se dissipe. Il avait juste mauvais caractère mais elle était mal placée pour s'en plaindre.

**********************

Après de longues heures d'immobilisation, la Sublime ouvrit enfin les yeux, ramenée à elle part son corps lui-même. Chacun de ses muscles se remettaient enfin de l'engourdissement qu'ils avaient subi et leur réveil provoquait de violentes sensations qui, loin d'être douloureuses, n'en étaient pas moins désagréables. Grimaçant, elle lutta pour tenter de bouger certains de ses membres et elle obtint une réponse. Mais si elle retrouvait enfin sa motricité, elle ne sentait pas encore ce qu'elle faisait. Elle pourrait avoir l'impression d'avoir monter le pied suffisamment haut pour le poser sur une marche et se prendre le pied dedans... Il lui faudrait encore un petit moment pour retrouver toutes ses capacités.
Observant la salle, elle vit l'assassin assis dans son fauteuil, dormant visiblement à point fermé. Essayant de se redresser pour s'asseoir, elle ne manqua pas de le réveiller.

-Heureusement que tu veilles au grain !

Le corps de la Sublime retomba sur le lit. L'exercice demandait un petit peu plus d'effort que prévu.
Elle lâcha un soupir.

-La prochaine fois, c'est moi qui monte la garde et toi qui joue les damoiselles en détresse.

Et elle retenta à nouveau de s'asseoir, refusant de rester allonger plus longtemps. Le poison avait disparu et les effets finiraient par s'estomper. Maintenant, elle devait penser à la suite.



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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mer 10 Fév 2016 - 22:38

Zaahrian avait les yeux fermés, les bras croisés sur son torse et la tête légèrement penché vers l’avant. Nulle ne doute qu’il dormait, mais quand Aleth remua, le semi-elfe redressa aussitôt la tête en prenant un air le plus naturel possible.

– Non non, je ne dormais pas. Je ne faisais que reposer mes yeux. La nuit fut courte et j’ai mal à la tête… Et je ne ferais pas une demoiselle en détresse très convaincante. Ils ont essayé de me mettre une robe sur le dos, mais non… non, ça n’a pas fonctionné.

Cette histoire de robe était remontait au temps où il était encore un apprenti. Ils travaillaient l’art du camouflage et pour une raison ou une autre, quelqu’un fit remarquer que Zaahrian était plutôt délicat pour un gars et qu’il pourrait peut-être se faire passer pour une fille si le besoin se présentait. Évidemment, il s’opposa farouchement à cette idée, mais le nombre l’emporta sur lui et il se retrouva affublé d’une robe appartement à une servante. Si seulement il avait choisi un vêtement à sa taille… La propriétaire originale du vêtement était nettement plus frêle que lui, surtout des épaules. Il était donc coincé et incapable de bouger. De plus, le vêtement tendu sur son torse mettait en évidence l’absence de poitrine. Rian s’était donc retrouvé au milieu d’adolescents débattant de ce qui serait le plus efficace pour imiter des seins. On lui créa une fausse poitrine avec des morceaux de tissus ce qui eut comme résultat final deux bosses inégales et difformes qui n’avaient rien à voir avec une véritable poitrine. Là-dessus Zaahrian perdit patience et une mêlée générale s’en suivit. Quand Daeron intervint pour séparer les pugilistes, Rian avait le nez en sang et la robe déchirée pendait lamentablement sur son corps en dévoilant beaucoup plus que ce que sa pudeur de l’époque lui permettait.

Zaahrian se leva sur ses pieds et s’étira longuement, essayant de ramener un peu de vie dans ses muscles ankylosés après être restés assis beaucoup trop longtemps. Il avait de désagréables fourmillements dans les jambes et il commença à faire les cent pas dans la pièce pour les soulager.

— Tu pourrais au moins me remercier : tu es toujours vivante! Je t’avais dit que tu pouvais me faire confiance! Le soleil est levé. Tu devrais être en sécurité… jusqu’à ce soir. Ça nous laisse quelques heures pour essayer de déjouer le complot contre toi et ton boss.

En parlant, il remplit une écuelle d’eau et la tendit à la jeune femme.

— Bois, ça va te faire du bien. Ça fait bizarre hein? Presque autant que quand le poison commence à faire effet. Je sais, je suis passé par là aussi. C’est comme si on était complètement vidé de notre énergie. Ça va aller, mais tu n’es pas encore en état d’aller courir sur les toits.

Il trouvait qu’elle s’en sortait plutôt bien compte tenu des circonstances. Lui-même avait été incapable de sortir du lit pendant quelques jours suite à son empoisonnement. Apparemment, la substance utilisée par l’assassin était différente. L’idée n’était pas de tuer la victime, mais de l’affaiblir. Une personne paralysée est beaucoup plus facile à tuer, mais Zaahrian avait tendance à croire que ça réduisait le plaisir éprouvé pendant l’acte. Évidemment, ça ne s’appliquait pas à Daeron. Il l’avait empoissonné pour de bonnes raisons. Cet homme était extrêmement dangereux et l’assassin croyait plus que jamais avoir été très chanceux de survivre à cet affrontement.

Zaahrian la regarda boire et lorsqu’elle eut terminé, il replaça le bol sur l’unique table de la chambre. De fait, c’était une chambre avec un mobilier très minimaliste, mais confortable. Ce n’était certainement pas la chambre la plus chère de l’établissement, mais il avait droit à un matelas en laine, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et il n’était pas envahi de puce, ce qui était un luxe rare dans les auberges.

— Bon, maintenant que tu ne risques plus de tourner de l’œil à tout instant, je crois que c’est le moment de répondre à quelques questions. Plus je vais en savoir, plus facile ce sera de t’aider. En échange, j’accepte de répondre à tes questions le plus franchement possible. Évidemment, c’est à toi de me croire ou non, mais je ne promets d’être sincère, sur la tête de ma défunte mère.

Un sourire éclatant ponctua sa dernière phrase. Il se voulait avenant, mais parfois les gens qui sont trop de bonne humeur peuvent paraître suspicieux, surtout après une nuit aussi agitée.

— Je te laisse même commencer, si tu veux. Je ne pense pas avoir grand-chose à cacher de toute façon. Je peux te raconter comment j’ai tué mon maître de guilde; j’aime bien cette histoire.

L’assassin s’appuya contre la table et croisa gracieusement les bras sur son torse.

— Je t’écoute!


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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Dim 21 Fév 2016 - 10:27

Aleth ne put s'empêcher de lever un sourcil sceptique à la réponse de l'assassin prit au petit réveil et qui jurait ne pas avoir dormi. Enfin, peu importait. Et puis, dans ce métier, on ne vit guère très longtemps si l'on ne possède pas un instinct particulièrement aiguisé. Nul doute qu'il se serait réveillé au moindre bruit suspect.

-Tu pourrais au moins me remercier : tu es toujours vivante ! Je t’avais dit que tu pouvais me faire confiance !

La Sublime ne montra aucune réaction. Il marquait un point mais elle était encore loin de lui faire confiance. Elle n'en avait même pas pour son patron à qui elle devait pourtant la liberté. Des décennies de malheurs étaient passées par là et en avait effacé toute trace. Il lui faudrait donc bien plus qu'une simple nuit pour effacer ses doutes.

-Ça nous laisse quelques heures pour essayer de déjouer le complot contre toi et ton boss.

-Et il va nous les falloir. Maintenant qu'ils savent à quoi je ressemble, je ne peux pas me déplacer comme je veux. Il faut que je me change et que je récupère mes armes.

Voilà qui allait être compliqué. Tant que la menace pesait sur elle, elle devrait être extrêmement prudente et elle était en ville depuis trop peu de temps pour savoir à qui elle pouvait se fier parmi les Akhabans de Thaar. Aussi, elle devrait s'introduire dans ses appartements et récupérer son équipement sans être vue. Fort heureusement, elle avait déjà repéré les failles dans la sécurité du domaine et n'avait pas eu le temps de les corriger. Sa principale difficulté résidait dans le fait qu'elle devrait agir de jour.

Encore trop engourdie, Aleth dut prendre l'écuelle à deux mains afin de boire quelques gorgées. Elle n'avait pas eu l'occasion de se désaltérer depuis sa sortie de la veille et la dernière chose qu'elle avait absorbé était les quelques verres de vin qu'elle avait dégusté pour occupé sa soirée. Autant dire qu'elle était déshydratée.

-Ça va aller, mais tu n’es pas encore en état d’aller courir sur les toits.

-Je préfère ce genre de ballade une fois la nuit tombée de toute façon.

-Bon, maintenant que tu ne risques plus de tourner de l’œil à tout instant, je crois que c’est le moment de répondre à quelques questions. Plus je vais en savoir, plus facile ce sera de t’aider.

Il fallait bien que ça arrive... Au moins, il montrait un certain intérêt dans sa tâche. C'est vrai que son identité et celle de son employeur pouvait s'avérer utiles mais Azhar avait tellement d'ennemis qu'il était impossible d'identifier le commanditaire de son assassinat et ainsi trouver qui il avait pu engager pour ce contrat. Ils devraient donc procéder dans l'autre sens...

-Je te laisse même commencer, si tu veux. Je ne pense pas avoir grand-chose à cacher de toute façon. Je peux te raconter comment j’ai tué mon maître de guilde ; j’aime bien cette histoire.

Voilà qui l'arrangeait bien. Elle saurait enfin à qui elle avait affaire.

-Je t’écoute !

Aleth l'observa un instant et finit par lui poser deux questions.

-Quel est ton nom et qui était ton maître de guide ?


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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mer 2 Mar 2016 - 13:32

On ne pouvait pas lui reprocher de tourner autour du pot. Après un bref instant de silence alors que la jeune femme l’observait d’un air critique, elle lui demanda sans détour quel était son nom ainsi que l’identité de son maître de guilde. Zaahrian éclata de rire devant tant de franchise et quelques minutes furent nécessaires avant qu’il se calme complètement.

— Je me doutais bien que ces détails allaient t’intéresser. Je m’appelle Zaahrian. Visiblement, je suis un semi-elfe d’une centaine d’années, environ. J’ai passé toute ma vie dans l’Itrhi’Vaan. Quant à mon maître de guilde, il s’appelait Daeron. Ça ne fait que quelques ennéades qu'il est mort, mais le monde se porte déjà mieux sans lui. Enfin, personnellement, je me porte merveilleusement bien depuis que je suis libre de mes mouvements. Il y a bien eu quelques troubles au lendemain de sa mort, mais rien que je n’ai pas pu arranger. Maintenant que nous sommes dans les confidences, je peux bien te dire que je suis le responsable de sa mort. De toute façon, ça ne changera rien au fait qu’il est mort et que son corps est en train de pourrir, dévoré par les vers. Si ça n’avait été que de moi, je l’aurais laissé se faire dévorer par les vautours, mais l’odeur aurait été épouvantable.

Il parlait calmement comme quelqu’un qui n’avait rien à cacher et qui n’avait aucunement honte d’être l’assassin de celui qui l’avait formé à l’art de tuer. De toute façon, à la simple mention de son nom, la jeune femme avait peut-être fait les liens dans sa tête. La mort de Daeron avait fait grand bruit dans le milieu. Ses détracteurs, ils étaient nombreux, avaient applaudi sa disparition et acclamé le mystérieux responsable de cette mise à mort. Ce n’était que depuis récemment que le nom de Zaahrian était associé à l’évènement. Le fait qu’il se vante facilement de son exploit y était pour beaucoup. En prenant la décision de le tuer, il n’avait pas pensé aux conséquences qu’aurait son geste. Daeron n’avait pas que des détracteurs et son décès avait laissé une place vacante ainsi qu’une vague de rapaces avides de mettre la main sur le lot d’informations et de secrets que le maître de guilde possédait. Malheureusement, il semblait avoir emporté le tout dans sa tombe. Malgré de rigoureuses recherches, ils n’avaient rien trouvé dans les documents de Daeron. Soit il mémorisait tout, soit il avait une cachette ailleurs que sur le domaine et connue de lui seul. Dans un cas comme dans l’autre, il n’était plus là pour partager ces informations.

— De la guilde, il ne reste que Guilin et moi. Les autres se sont éparpillés aux quatre vents, je suppose. Personnellement, je grappille ici et là de petits contrats pour amasser de l’argent et je me suis mis au service d’une drow puissante de Thaar le temps d’avoir les fonds nécessaires pour partir vers la Péninsule. Je m’infiltre là où elle veut que je m’infiltre et je forme aussi un petit groupe de ses hommes à l’art des assassins. Présentement je suis sur un contrat. Un marchand frustré m’a demandé d’assassiner un rival. J’allais commencer à le pister pour voir ses habitudes et tout ça quand tu as déboulé dans ma chambre. Je suppose que ça va attendre maintenant que tu me proposes quelque chose de nettement plus intéressant.

Un large sourire se dessina sur les lèvres de l’assassin. Une lueur amusée brillait clairement dans son regard, signe qu’il était ravi par ce changement de plan.

— Maintenant que je t’ai raconté mon histoire, raconte-moi la tienne. Je veux savoir ton nom, ton chef de guilde, ton employeur, bref toutes les informations qui peuvent être utiles. Si tu pouvais me décrire les assassins qui t’ont agressé, ça pourrait aider. Parfois les guildes ont une sorte de symbole ou d’uniforme qui permet de retracer leur appartenance. Parfois, on accroche sur un détail qui nous semble être sans importance, mais qui peut se révéler capital. Toute information est bonne à prendre et peut être utilisée si l’on sait s’y prendre. À deux, on devrait arriver à quelque chose!

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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Jeu 10 Mar 2016 - 18:18

Aleth écouta son histoire et ne manqua pas de faire le lien avec quelques rumeurs dont elle avait entendu parler. Dans son métier, il était nécessaire de rester informer sur les activités des guildes et assassins indépendants. Cela lui permettait d'évaluer leur potentiel pour un contrat (que ce soit pour les embaucher ou les déjouer) et donc de garder à l’œil ceux qui représentaient une menace sérieuse.
Daeron, elle le connaissait de nom et avait eu vent de sa mort. Elle n'avait pas été pour lui déplaire à vrai dire... La formation qu'il donnait à ses recrues depuis leur plus jeune âge était assez efficace pour qu'elle guette ses activités. Mais à sa mort, il y avait fort à parier que la plus part de ses élèves, devenus libres, aient quitté le métier. Et si ce Zhaarian l'aidait aujourd'hui, elle aurait sans doute une menace de moins à surveiller demain.

C'était à son tour d'en dire plus sur elle. Redressant la tête, elle observa l'assassin, le jaugeant sans même s'en cacher. Elle ne faisait confiance à personne, ça il l'avait compris, mais il lui vint à l'esprit qu'il serait peut-être mal venu pour elle de se montrer avare maintenant qu'il lui avait tout dit (car qui irait se vanter d'avoir tué un homme tel que Daeron si ce n'était pas vrai).

-On me connaît sous plusieurs noms mais ici je suis Aleth et je n'ai pas de guilde. J'ai un poste permanent en tant que Sublime Akhaban de Baaz'Hima. En gros, je suis chargée de la sécurité de Salougan, de sa famille et de ses biens et je suis probablement la seule femme de son entourage à ne pas avoir couché pour en arriver là. Je suis à Thaar pour vérifier l'état des troupes sur son domaine dans le quartier des Princes et je n'ai même pas pu rester quelques jours sans trouver les ennuis.

Assise sur le lit, Aleth avait les pieds posés sur le sol. Elle remuait les orteils et les chevilles pour essayer de faire passer cet état d'endormissement désagréable qui lui courait dans tout le corps. Son objectif était de se lever au plus vite. Il fallait qu'elle retrouve sa mobilité avant que la matinée ne soit trop avancée afin de pouvoir traverser la cité et s'infilter chez Azhar.

-Je dois reconnaître que c'était le meilleur moment pour eux pour frapper. La guilde qui a été embauchée est peut-être même d'ici parce qu'à Baaz'Hima, je suis presque intouchable. Jamais quelqu'un n'aurait tenté de m'attaquer là où j'ai accès à toutes les ressources armées de Salougan. Alors qu'ici j'ai beaucoup moins de contacts et je ne peux pas me fier à mes hommes tant que je ne serais pas sûre qu'ils sont fiables.

Aleth marqua une pause. Elle fit une grimace tandis qu'elle poursuivait ses tentatives pour réanimer son corps qui ne lui répondait que par des assauts de sensations désagréables.

-En ce qui concerne ceux qui me courent après, j'ai pas pris le temps de les laisser m'approcher quand j'ai compris que j'étais empoisonnée. Quant à celui qui m'a fait ça...

Elle montra le dos de sa main entaillée.

-C'était un petit jeune qui empestait la peur. Il n'avait pas dû faire ses preuves parce qu'il ne portait aucun signe distinctif. Et... Disons qu'il ne s'est pas montré des plus coopératifs.

Aleth ne se montra pas plus explicite mais l'expression de son visage en disait suffisamment long sur ce qu'il était advenu du pauvre novice. Elle ne prenait pas de plaisir à tuer mais elle préférait ne prendre aucun risque.

-Et toi ? Tu n'as rien vu de particulier sur le type qui a quitté l'auberge en même temps que moi ?


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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Jeu 17 Mar 2016 - 16:33

Zaahrian écouta son histoire avec attention. Tout comme lui, elle semblait sincère bien qu’il soit difficile d’en être absolument certain. En même temps, quelle intérêt aurait-elle à lui mentir. C’est sa vie qui était en danger, pas celle de Zaahrian et le blond s’offrait pour l’aider. On ne refuse pas une main ainsi tendue. Dans son récit, un détail retint son attention.

— Tu n’as pas couché pour avoir ton poste? Là, je dois dire que je suis impressionné. C’est triste à dire, mais la moitié des filles ayant un rôle d’importance ont généralement une liste d’amants longue comme mon bras. L’autre moitié de ces filles ont des épaules de dockers et sont capables d’arracher une tête à coup de dents, autant dire qu’elles sont terrifiantes, et puis il y a celles qui sont réellement talentueuses en plus d’être… passablement mignonnes. Je me demandais dans quelle catégorie te placer, maintenant je sais.

Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Zaahrian qui semblait sincère dans ses propos. Il avait l’habitude de travailler avec des hommes. Non seulement il préférait leur compagnie dans tous les sens du terme, il trouvait les femmes généralement terrifiantes. Qui a parlé du sexe faible? Dans les êtres les plus perfides, revanchards et cruels qu’il a croisés dans sa vie, une bonne majorité était des femmes. Pire encore, elles planifiaient souvent leurs crimes avec sourire et discrétion, ne laissant rien paraître de leurs véritables intentions. La méfiance de Rian envers le sexe féminin n’était pas sans raison.

— Je n’ai pas souvent été à Baaz’Hima. Peut-être une fois ou deux, pour des contrats. Thaar étant plus près de la guilde, c’est ici que ce passait la majorité de mes missions. Ailleurs, ça devenait compliqué, les autres Guildes n’appréciant pas nécessairement que l’on empiète sur leur territoire. Tu vas me dire, ce n’est pas tellement différent ici qu’ailleurs. Effectivement, il n’est pas rare de tomber sur la compétition, mais au final, c’est le talent et l’efficacité qui a le dessus. Envoyer un gamin sur le point de se pisser dessus pour faire le travail, je n’appelle pas ça être efficace bien qu’il reste dangereux. Tu es quand même passé très près d’y laisser ta peau.

Zaahrian croisa les bras contre sa poitrine tout en l’écoutant attentivement. Il emmagasinait les informations, même si au finale, elles étaient bien maigres. Pour une fois, il était bien embêté par un tel casse-tête et il serait presque tenté de lui dire de se débrouiller sans lui, mais le blond avait donné sa parole. Il allait donc l’aider en espérant y voir plus clair éventuellement.

— Non… La lumière était faible et je dormais au moment où tu es arrivé. Je suis peut-être très efficace, il n’en reste pas moins que je suis un mortel et qu’il m’arrive d’être désorienté. Je ne suis pas toujours attentif à tout ce qui se passe autour de moi. Il soupira, l’air contrarié. Donc, si je résume la situation, on n’a pas grand-chose. Je suppose cependant que les liens de ton employeur avec Thaar sont moins important que si l’on se trouvait à Baaz’Hima ou la liste de contact serait sans fin et j’exclu ici les ennemies potentiels. Donc… tu as dit que tu as des hommes ici, mais que tu ne leur fait pas encore confiance. Je crois qu’on n’a pas le choix d’aller fouiner de ce côté-là. Ils en savent peut-être plus long que toi sur le sujet. Avant toute chose cependant, je propose que l’on mange un morceau. Je meure de faim et je ne serais bientôt plus utile à grand-chose si je n’avale pas quelque chose rapidement.

Difficile d’être un simple mortel, non seulement faut-il dormir, mais la faim oblige à s’arrêter souvent pour se sustenter. Zaahrian fouilla dans sa petite bourse de cuir accroché à sa ceinture. Elle contenait quelques pièces. Normalement, il n’est pas un exemple de générosité, mais le contrat sur lequel il travaille présentement promettait de renflouer ses coffres. Il s’exclama donc sur un ton joyeux.

— Je te paie le petit déjeuner, mais pour le prochain, c’est toi qui allonge la monnaie.
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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mer 23 Mar 2016 - 13:08

-Tu es quand même passé très près d'y laisser ta peau.

Aleth haussa les sourcils en signe d'accord. Elle avait baissé sa garde une seconde et avait eu de la chance. Elle admettait son erreur et la prenait comme une leçon.

-On m'y reprendra pas.

Tandis que Zhaarian faisait le résumé de leur situation, la Sublime achevait de se mettre debout. Marcher l'aiderait sans doute à faire passer cette sensation désagréable... Encore fallait-il qu'elle arrive à tenir sus ses pieds. Deux tentatives lui furent nécessaires pour y parvenir. Après quoi, elle fit quelques pas tout en s'appuyant contre un mur pour ne pas tomber. Le remède était efficace. Elle finit par parvenir à faire quelques mouvements de contraction et d'étirement des muscles pour  faire passer un peu plus son mal.
Lorsque l'assassin l'invita à manger, Aleth était bien moins handicapée mais tout n'était pas encore revenu dans l'ordre. Loin de là. Toutefois, la demie-elfe s'était suffisamment habituée à la sensation pour parvenir à faire avec.

-Je te paie le petit déjeuner, mais pour le prochain, c'est toi qui allonge la monnaie.

La Sublime se mit à rire de bon coeur.

-J'ai plutôt l'habitude qu'on m'offre à boire mais je meure de faim ! Et j'offre plutôt la tournée quand cette affaire sera réglée.

Aleth suivit Zhaarian jusque dans l'auberge. Tout en mangeant, ils mirent au point leur plan d'action. Elle devait récupérer ses affaires pour être prête à affronter à nouveau ses poursuivants. Ils devaient également identifier les assassins engagés mais aussi leur employeur. Le cadavre de l'apprenti qu'elle avait proprement tué la veille devrait les aider pour la première partie mais pour la deuxième... Aleth devrait profiter de son intrusion chez Salougan pour prendre quelques renseignements.
Ensuite, ils n'auraient plus qu'à attendre la nuit pour mettre leur plan à exécution.


*****************


Dans le domaine du Seigneur de Baaz'Hima, l'absence de la Sublime avait bien évidemment été remarquée. Les gardes l'avaient vue sortir la veille mais personne ne l'avait vu rentrer depuis et la matinée était largement entamée. L'entraînement qu'elle devait mener à l'aube afin d'initier cette partie des Akhabans à ses méthodes avait commencé en retard et s'était déroulé de la même manière que d'habitude. On avait bien évidemment mené quelques recherches discrètes afin de s'assurer qu'aucun corps lui ressemblant n'avait été trouvé mais rien. Elle avait tout bonnement disparue.
C'était un problème. Non seulement pour Salougan mais aussi pour l'Akhaban "en chef" de Thaar... Il fallait bien que la tête de quelqu'un tombe et il n'avait pas vraiment envie que ce soit la sienne. Certes, la Sublime était assez grande pour s'occuper d'elle-même mais s'il était incapable de la retrouver là ça devenait son problème. Il était loin d'être incompétent mais il était encore relativement jeune. Sa promotion était un peu une chance inespérée et le Prince-Marchand n'aurait sans doute aucun mal à lui trouver un remplaçant.

Alors qu'il se dirigeait seul vers son bureau, plongé dans les tourments de ses pensées, il fut brusquement happé dans l'ombre du couloir à sa droite pour être violemment plaqué face contre le mur. Son épée ne lui était d'aucun secours dans cette position. La dague dans le bas de son dos lui avait été arrachée avant même que son visage ne touche de marbre et celle se trouvant à sa cheville était hors d'atteinte, son pied étant coincé par celui de son agresseur qui devait visiblement bien le connaître...

-Bonjour Limard.

L'Akhaban ouvrit de grands yeux, semblant ne pas comprendre.

-Aleth ?!

L'homme était surpris à plus d'un titre. Non seulement il ne s'attendait pas à trouvé ici celle qu'il cherchait partout depuis l'aube mais en plus elle avait repéré toutes ses armes cachées alors qu'elle venait à peine d'arriver à Thaar.

-Qu'est-ce qui vous prend ? Où vous étiez passée ?!

La Sublime n'était pas vraiment d'humeur à faire des politesses. Ce n'était pas son genre de toute façon... Même les bons jours.

-Il me prend qu'à peine arriver en ville on essaie de me tuer. Une idée ?

-Quoi ?!

-La Madame te demande si tu as une idée de qui peut bien vouloir sa peau. Quelqu'un qui aurait les moyens de payer trois assassins pour ça.

-Je suppose qu'ils sont toujours à vos trousses si vous vous cachez. Mais vu ce que vous dites, vous vous doutez bien que ça peut pas être moi.

En effet, même si les Akhabans étaient bien payés (afin d'éviter la corruption), il n'avait pas pour autant les moyens d'engager des professionnels pour la tuer. Et pour quelle raison aurait-il fait ça ? Il n'avait rien à y gagner.

-Je n'ai pas crié sur les toits que je quittais Baaz'Hima et la nouvelle n'a pas pu se répandre dans Thaar en quelques heures. C'est donc que quelqu'un de l'intérieur a vendu la mèche. J'ai déjà fait un sacré tri dans les rangs des Akhabans et des employés au palais mais ici j'ai même pas eu le temps de parler à un seul d'entre eux. M'est avis qu'il y a au moins un traître dans le lot et que je lui ai fait tellement peur qu'il s'est empressé de prévenir son employeur pour m'éliminer. Ça te paraît crédible vu comme ça ?

-Nettement.

Aleth était des plus efficaces dans son travail et ce qu'elle avait réalisé à Baaz'Hima avait rendu Salougan plus inaccessible que jamais. Nul doute que quelqu'un ne voulait pas qu'il en soit de même à Thaar... Quelqu'un qui avait réussi à infiltrer le domaine afin d'atteindre le Prince. Mais si elle mettait son grain de sel ici aussi...

-Mais vous vous trompez de cible. J'ai aucun intérêt à trahir notre Seigneur. Je n'ai pas besoin de plus d'argent que je n'en ai déjà et il a toujours été bon envers moi.

-Il sait récompenser ceux qui le méritent. Par contre, il n'aimerait pas qu'il me compte parmi ses ennemis.

Il était de notoriété publique qu'Azhar pouvait se montrer particulièrement cruel envers les traîtres à sa maison et ses détracteurs. Sa condamnation préférée n'était-elle pas la fosse à serpents ?... Plutôt douloureux comme mort contrairement à la pendaison qui pouvait se pratiquer ailleurs.

-C'est pas la peine de me menacer, je vous ai dit que j'y étais pour rien. Par contre, je peux vous aider.

En une fraction de seconde, Aleth lui fit faire volte-face. Maintenant toujours Limard au mur, elle plaça une dague sous sa gorge pour le dissuader de se saisir de l'une de ses lames. Le plus amusant était qu'elle utilisait la dague de l'humain pour le tenir en respect...

-Développe.

Après avoir accusé le coup après l'action toujours aussi délicate de la Sublime, l'Akhaban reprit ses esprits et remit ses idées en ordre.

-Je connais chacun des hommes et femmes qui travaillent ici. Akhabans, intendant, servantes, esclaves... Je peux trouver le traître en quelques heures. Il me suffit de regarder qui est sorti depuis votre arrivée et, si je ne trouve pas de déplacement inhabituels, de procéder par élimination.

Conservant son regard sur l'humain, Aleth semblait peser le pour et le contre. Il n'y avait pas qu'envers Zhaarian qu'elle émettait des doutes et manquait de confiance... Mais envers tout le monde.
Limard insista.

-Je vous l'amène ce soir. Dites-moi juste où vou...

-Non.

La Sublime marqua une pause. Puis elle fit un pas en arrière et jeta la dague à quelques dizaines de centimètres au dessus de sa main pour la rattraper par la lame et la tendre à l'Akhaban.

-Je viendrai le chercher pour m'occuper moi-même de son cas.

Aleth avait encore des doutes et refusait de lui dire où elle se cachait. Qui aurait pu soupçonner qu'elle se faisait aider par un assassin qui la cachait dans sa chambre d'auberge ?

Limard reprit son arme et accepta avant de regarder la Sublime s'éloigner et disparaître au bout du couloir. Il ne pouvait qu'être admiratif devant ses compétences et avait hâte de suivre ses enseignements.
Se retournant finalement de l'autre côté, il rangea sa dague dans son dos.

-Bon. Au travail.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Ven 1 Avr 2016 - 22:53

En parlant, Zaahrian avait observé la jeune femme se mettre sur ses pieds et arpenter d’un pas maladroit la pièce dans l’espoir de retrouver son aplomb. Lui-même se revoyait à sa place il y a tout juste quelques ennéades, après avoir tué Daeron. Elle s’en sortait plutôt bien et d’ici quelques heures, elle serait complètement rétablie et prête à tuer.  C’était bien beau avoir un but en tête, mais il fallait encore se faire un plan pour y parvenir. Autour d’un repas chaud, ils discutèrent de la marche à suivre. Heureusement, leurs idées se complétaient bien et ils n’eurent aucun mal à échafauder un plan qui se tenait bien que Zaahrian ne soit pas aussi organisé normalement. Cette fille avait un sacré culot quand même. Elle n’avait pas l’intention de se cacher, ce qui augmentait sensiblement les risques que tout tourne mal, mais elle avait confiance. Première chose toutefois, elle devait aller récupérer son équipement et sur ce coup, Zaahrian ne pouvait pas la suivre. C’était ses hommes et elle voulait régler ça toute seule. Néanmoins, le blond ne fut pas laissé à ne rien faire. Il fut décidé qu’il devait aller identifier la guilde de l’assassin mort. Toutefois, comme le corps devait déjà avoir été ramassé par les autorités, le semi-elfe n’avait pas d’autre choix que de se rendre directement à la morgue. C’était visiblement lui qui avait hérité du sale boulot, comme toujours.

++++++++

Un peu plus tard…

Apparemment, trouver une morgue était plus facile à dire qu’à faire. Les gens qu’il avait questionnés ne semblaient pas plus le savoir que lui. Avant aujourd’hui, il ne s’était même jamais interrogé sur ce qui advenait de ses victimes après qu’il ait frappé. Dans son esprit, les autorités s’empressaient simplement de mettre les malheureux en terre. Il n’y avait aucun intérêt à garder un corps couché sur une table. Ce n’est pas comme s’il allait soudainement ouvrir les yeux et vous faire la causette! S’il y avait moyen de trouver le meurtrier ou la cause de la mort simplement en regardant le corps, ça ferait longtemps qu’il n’y aurait plus d’assassin, non? Malheureusement pour Zaahrian, il se trompait complètement.

Le blond avait perdu beaucoup de temps à chercher les lieux et ce n’était que par un pur hasard qu’il l’avait découvert. En fait, il avait surpris deux hommes transportant un corps sur un brancard. Il les avait suivis discrètement avant de se faufiler dans la morgue. L’intérieur était exactement comme il l’avait imaginé : sombre, humide, sinistre et puant. L’odeur prenait littéralement à la gorge : un mélange de corps en décomposition et d’alcool. On avait aménagé la morgue sous terre. Le plafond vouté fait de pierres était plutôt bas et il n’y avait aucune fenêtre. L’éclairage était assuré par des lampes à l’huile et des torches. Dans une autre pièce, il entendait des voix. Lui-même se trouvait dans une salle relativement vaste avec une dizaine de tables alignées contre le mur. Sur plusieurs d’entre elles, un corps était étendu couvert d’un drap. Évidemment, il ne pouvait pas y en avoir qu’un seul! Qu’est-ce qu’Aleth lui avait dit déjà? Ah! L’homme avait eu la nuque brisée proprement. Sans perdre de temps, Zaahrian s’approcha de la première table. Le corps dégageait une odeur étouffante de pisse et de merde. Il tira le drap pour tomber nez à nez avec un visage grotesque, violacé et bouffi. Le malheureux avait la langue sortie, ses traits étaient si déformés qu’il était méconnaissable et il pouvait voir de profondes lacérations autour de son coup. On avait pendu cet homme, mais au lieu d’une mort rapide la nuque brisée, son agonie avait été lente et avait fini par mourir étranglé. Zaahrian avait déjà assisté à une pendaison. C’était par hasard qu’il passait par là et son attention avait surtout été attirée par la foule qui s’était rassemblée autour de l’échafaud. Il y avait quatre condamnés. Certains paraissaient calmes, mais l’un d’eux était totalement paniqué alors qu’il implorait la clémence du bourreau. « Bon sang, aie au moins le courage de mourir comme un homme… » La pensée résonnait encore dans son esprit des années après l’évènement alors que son regard ne quittait pas le visage du défunt. Malheureusement pour le prisonnier, quand la trappe s’est ouverte sous ses pieds, il a commencé à se tortiller au bout de sa corde en faisant des sons horribles. Aussitôt, ses boyaux se sont lâchés et il est resté là à gigoter pendant une éternité jusqu’à ce qu’un soldat se lasse et aille s’accrocher à ses jambes pour terminer le travail. Zaahrian n’avait pas peur de la mort, mais il était conscient que certaines morts étaient mieux que d’autres et finir au bout d’une corde n’était pas pour lui. Il risquait de finir comme ça. En tant qu’assassin, s’il se faisait prendre, c’était la corde automatiquement. Ils en avaient parlé Guilin et lui. Ce n’était pas un sujet de conversation très joyeux, mais c’était une éventualité qu’ils ne pouvaient pas tout simplement ignorer. Chacun savait ce qu’il avait à faire si l’autre se faisait prendre. Guilin allait lui envoyer une flèche en plein cœur avant que la trappe ne s’ouvre et comme Zaahrian était meilleur au lancer du couteau, c’est de cette manière qu’il allait achever son ami.

Zaahrian replaça le drap sur la tête du défunt puis passa à une autre table. Tous les draps étaient d’une propreté douteuse, mais celui-là était maculé de taches sanguinolentes. L’odeur de brulé qui s’en dégageait n’était pas invitante. Se doutant qu’il ne s’agissait pas de son homme, l’assassin préféra s’éviter des cauchemars et passa à la table suivante. Il tira le drap pour tomber nez à nez avec un crâne enchâssé dans une peau trop petite. Les lèvres de l’homme s’étaient retroussées pour dévoiler une dentition fortement abimée. C’est de lui que venait l’odeur de décomposition. Il était mort depuis un certain temps déjà et la présence de terre indiquait qu’on l’avait sorti de sa tombe, mais pourquoi? Zaahrian commençait à ne pas se sentir très bien et il se demandait sérieusement qui pouvait pratiquer ce genre de métier. Il allait continuer son inspection quand une voix l’arrêta.

— Vous êtes déjà ici? Je ne vous attendais pas avant une heure.

Zaahrian se tourna vers la voix, pris de court. Il avait dit à Aleth qu’il reviendrait avec des réponses. Tout ce qu’il pouvait faire maintenant était de jouer le jeu.

— Oui… J’étais impatient d’arriver! Vous savez ce que c'est. Le premier jour dans de nouvelles responsabilités, c'est toujours plus excitant!

— Hum, vous êtes bien le premier à dire cela en venant ici! Autant profiter de votre présence pour commencer dès maintenant. Un corps particulièrement frais vient d’arriver et il me tarde de le disséquer!

Dissé… quoi? L’homme lui fit signe d’approcher. Humain, il devait avoir la cinquantaine. Aussi sec qu’une branche d’arbre mort, ses gestes étaient pourtant vifs et ses yeux brillaient d’intelligence. Il alla vers une table où était étendu un corps que Zaahrian n’avait pas encore examiné. Il tira le drap pour dévoiler un jeune homme effectivement encore très frais. Hormis un teint blafard et une allure plutôt flasque, il donnait l’impression de simplement dormir. Seul un œil expert pouvait voir qu’il avait eu la nuque brisée. Il correspondait en tout point à la description que lui avait faite Aleth.

— Il a eu la nuque brisée… Déclara tout simplement Zaahrian en regardant le corps.

— Ah… mais oui, c’est exact! Je suis impressionné, mon dernier assistant n’était pas aussi observateur.

— Ouais, bon, ce n’est pas difficile de voir que la tête semble légèrement décalée par rapport au reste du corps et dans un angle qui n’est pas naturel.

Zaahrian était en train de monter dans l’estime de l’étrange médecin qui regardait le semi-elfe d’un œil brillant et appréciateur.

— Bien, avec ton sens de l’observation, je suis certain que nous ferons des découvertes étonnantes. Le corps humain est encore un véritable mystère pour nous! Voyons, voir si ce jeune homme nous cache des surprises… Allez, enlève-lui ses vêtements pendant que je prépare mes instruments.

C’était le moment parfait pour mener sa propre investigation. Il retira complètement le drap qu’il jeta sans cérémonie en boule sur le sol. À première vue, il ne manquait rien chez le jeune homme qui avait même encore ses bottes aux pieds. Il était chanceux, car les rues de la ville grouillaient d’indigents qui n’hésitaient pas à dépouiller les cadavres quand ils en trouvaient. Il portait une armure de cuir semblable à la sienne. Simple, mais de qualité et sans marques d’usure, ce qui laissait croire qu’elle était neuve. Ce n’était qu’un gamin, un apprenti peut-être, mort au moment où il faisait ses premiers pas chez les assassins. Triste, mais il était tombé sur la mauvaise cible. Zaahrian trouva une dague joliment ornementée à sa ceinture ainsi qu’une bourse pratiquement vide. Il examina rapidement l’arme avant de cacher le tout sous ses vêtements. Il s’attaqua ensuite aux habits du mort non sans éprouver des difficultés.

— Bon sang! Tu ne pourrais pas t’aider un peu! Grogna-t-il entre ses dents alors qu’il essayait de faire passer un bras hors de sa tunique.

Il força et força encore jusqu’à ce qu’il entende un craquement sinistre dans le bras du mort. Zaahrian le lâcha aussitôt.

— Oups…

Il reprit l’extrémité par le poignet et constata une courbe étrange dans l’avant-bras qui n’était pas là lorsqu’il a commencé.

— Je suis presque certain que ça ne devrait pas plier là. Pardon, mais ce n’est pas comme si tu pouvais sentir quelque chose maintenant!

Le bras maintenant cassé, il lui fut plus facile de retirer la tunique et le cadavre était maintenant torse nu sur la table. De son côté, Zaahrian était en sueur après avoir autant forcé. On pourrait croire qu’il est facile de déshabiller quelqu’un qui n’oppose pas de résistance, mais ce n’était pas le cas, car justement il n’avait plus aucun tonus. Les muscles s’étaient relâchés au moment du décès, rendant le corps lourd et difficile à manipuler.

Le fait est que Rian avait un très beau corps sous les yeux. Une musculature fine, une silhouette svelte et légère et une peau très claire et sans imperfection. Il n’avait même pas de cicatrice hormis une petite coupure à peine guérie sur son bras gauche. À première vue, il n’avait aucun tatouage ou marque qui pourrait indiquer la guilde à laquelle il appartenait. Frappé d’une soudaine inspiration, il entreprit de le tourner sur le côté. C’est là qu’il le vit : un tatouage d’une simplicité désarmante, mais qui pouvait indiquer son grade d’apprenti. Il s’agissait d’une boucle surmontée de deux espèces de… cornes… non des lignes comme si c’était un symbole de l’infini non complété.

— Vous auriez pu trouver quelque chose de plus original…

Sur ces mots, le vieil homme revint avec ses instruments posé sur un plateau.

— Tu n’as toujours pas terminé?

— J’ai eu… un peu de mal…

Il agita le bras mou du mort pour montrer l’ampleur de ses difficultés.

— Il est cassé… Mais comment? Ah! Peut-être souffrait-il d’une maladie qui rendait les os plus fragiles! Fascinant! Il faudra faire quelques tests! Bon, je vais t’aider à retirer ce qui lui reste de vêtement.

Ensemble, ils n’eurent aucun mal à retirer les derniers vêtements de l’apprenti assassin qui était maintenant aussi nu que le jour de sa naissance. Le regard de Zaahrian s’égara brièvement et il se dit qu’il était dommage qu’un si beau jeune homme soit mort tragiquement. Il aurait pu être son formateur et si ça avait été le cas, il ne serait pas mort aujourd’hui. Envoyé un apprenti sur un contrat aussi difficile… Autant dire que ses maîtres cherchaient à se débarrasser de lui.

— Il nous faut un peu plus de lumière. Va chercher les lampes à l’huile qui sont là-bas et dispose-les de façon à ce qu’on voie bien le champ d’opération.

Agacé qu’on lui donne encore des ordres, Zaahrian obtempéra quand même non sans soupirer. Bientôt, ils n’étaient plus qu’un ilot de lumière dans un écrin de noirceur. Autour d’eux, la pièce semblait beaucoup plus sombre et les ombres que projetait la lumière vacillante des lampes donnaient à l’endroit déjà sinistre une ambiance plus inquiétante encore. C’était ironique qu’un assassin soit inconfortable entouré de cadavre, mais il n’avait jamais côtoyé la mort de cette façon. Il ne restait jamais suffisamment longtemps sur les lieux d’un méfait pour observer les corps qu’il laissait ici et là.

— Nous pouvons commencer…

D’un geste expert, il entailla la peau du mort depuis la gorge jusqu’à son nombril. Ensuite, il fit une seconde incision perpendiculaire à la première avant de rabattre la peau comme s’il s’agissait d’un vulgaire morceau de cuir, dévoilant les organes internes et la cage thoracique de l’apprenti. Zaahrian avait les yeux ronds comme des écus. C’était donc ce qu’il entendait par dissection! Un rapide coup d’œil au plateau du médecin dévoila tout un assortiment d’instruments digne d’une salle de torture. Tout à coup, il faisait moins le malin. En même temps, il ne pouvait être que fasciné par ce qu’il voyait. Il y avait du sang, bien entendu. Il coulait de la plaie, épais et sombre. Les côtes luisaient, pâles et nacrées, protégeant le précieux cœur et les poumons. Il voyait la masse foncée du foie et un peu des intestins. Il y avait aussi d’autres morceaux qu’il n’arrivait pas à identifier.

— Bon… Tout semble normal jusqu’à maintenant. Allons voir le cœur.

Pour l’atteindre, il devait casser les os de la cage thoracique. Rian tressaillit en entendant les coups de marteau et les os se briser. Ce n’était pas le genre de bruit qu’on aimait entendre et ça lui rappelait le son qu’avait fait le bras lorsqu’il l’avait cassé, mais en plus clair.

La cage thoracique ouverte, le cœur était maintenant visible, organe rouge sombre coincé entre les poumons. Zaahrian porta machinalement une main à sa poitrine, sentant les battements de son propre cœur sous ses doigts. Il était surpris, fasciné et écœuré par ce spectacle. Surpris, car il le trouvait plus petit qu’il ne l’avait imaginé. Fasciné, car jamais de sa vie il n’avait vu un cœur humain. Il avait vu celui de bien des animaux, compris celui d’un cheval, mais jamais celui d’un humain. Finalement, il était écœuré, car il avait cet étrange impression que ce chercheur transgressait quelque chose de sacré. L’idée était ridicule, car maintenant que l’assassin était mort, tout ce qui restait derrière n’était que de la chair sans vie. Pourtant, il y a quelques heures à peine, ce jeune homme était vivant avec tout ce que ça implique. Ce cœur avait aimé et détesté. Il avait construit des rêves et gardé des secrets. Sa main se crispa sur sa poitrine alors que le savant fou cueillait le fragile organe en tranchant les derniers liens qui le retenaient.

— N’est-ce pas magnifique? Allez, prend-le!

Il le tendit à Zaahrian avec un sourire invitant. L’assassin tendit les mains pour le prendre d’un geste mécanique. Comme le reste du corps, il était étrangement frais. Il semblait surtout très fragile. Il savait qu’il n’avait qu’à serrer pour le détruire. «Magnifique n'est pas vraiment le mot qui vient vient à l'esprit.» Pensa-t-il les lèvres pincées.

— Pose-le dans un de ces bols. Nous y reviendrons plus tard. Il y a tant à voir.

Zaahrian resta debout près de la table, se demandant s’il devait admirer ou détester cet homme. Une chose était certaine, il ne voulait pas subir le même sort à sa mort. L’idée d’être déshonoré de son vivant lui était déjà insupportable. Là, il avait l’impression que cet homme cherchait à percer les secrets les plus intimes du mort. Il continua son sombre manège, retirant un à un les organes. Le blond enregistrait l’information comme si les images s’imprimaient sur sa rétine.

— Bon, je crois que l’on peut s’attaquer au cerveau, sans doute l’organe le plus mystérieux de tous.

Il s’empara d’une scie, posa une main sur le visage du gamin pour le maintenir… et il commença à scier. Zaahrian eut un haut-le-cœur involontaire et dû détourner les yeux. Il ne se sentait pas très frais depuis le début de la séance, mais là, c’était la goutte qui faisait déborder le vase. Heureusement, la lame se cassa après seulement quelques coups.

— Bon sang, je crois en avoir une autre par ici, voyons voir…

Il s’éloigna de la table d’opération à la recherche d’une lame de rechange. À ce moment, un autre jeune homme entra dans la pièce, un semi-elfe comme Zaahrian, mais plus vieux en apparence.

— Désolé de mon retard, monsieur.

L’homme le regarda d’un air interdit.

— Mais qui êtes-vous?

— Votre nouvel assistant! J’ai été retenu malgré moi par une affaire urgente. Je suis désolé…

— Si vous êtes mon assistant, alors qui est…

Il se retourna pour regarder Zaahrian, mais ce dernier avait déjà pris les jambes à son cou sans demander son reste.


++++++++++++++++++++++++++++++++++


Quelques heures plus tard, Zaahrian alla rejoindre la belle au point de rendez-vous qu’ils s’étaient fixé. Il était fraichement lavé, s’étant rendu compte qu’il empestait les odeurs de la morgue. Il avait donc les cheveux encore légèrement humides lorsqu’il accueillit la jeune femme.

— As-tu la moindre idée du bruit que fait un crâne que l’on scie? Crois-moi, si tu étais morte la nuit dernière, un fou furieux aurait plongé les deux mains dans ton torse pour en sortir ton cœur en disant que c’est la plus belle chose qu’il ait vue de sa vie… Sinon, j’ai identifié la guilde de l’assassin que tu as tué si ça t’intéresse…
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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Dim 3 Avr 2016 - 10:06

La nuit était tombée sur Thaar. La chaleur étouffante de la journée avait laissée place à un air passablement frais malgré les murs de la cité qui irradiaient encore des rayons du soleil qu'ils avaient emmagasinés. Pour nos deux comparses, c'était l'heure de passer à l'étape suivante.

Aleth ne s'était pas privée pour se moquer gentiment de son nouveau compagnon revenant de la morgue. Il n'avait visiblement pas connu les sanglant combats des arènes de Sol'Dorn. Une fois que l'on y avait assisté (ou, dans son cas, participé), on n'avait plus peur de grand chose. De plus, elle avait parfois eu à faire des choses sur ordre de son maître qui auraient eu de quoi empêcher le demi-elfe de manger pendant une ennéade.
Mais elle se garderait bien d'évoquer son esclavage... Azhar l'avait affranchie mais elle n'était pas rentrée à son service comme esclave et il serait mal venue pour elle de salir sa réputation. Elle avait certes une certaine confiance en ce chevalier de la nuit mais elle ignorait encore jusqu'à quel point elle pouvait s'y fier.
Elle aurait bientôt sa réponse.

Depuis quelques heures déjà, Aleth arpentait les rues de la cité, se rendant d'auberge en auberge afin d'être vue. A chaque fois qu'elle entrait dans un établissement, elle s'arrêtait sur le pas de la porte puis faisait le tour de la salle en regardant chaque personne présente les unes après les autres. Elle avait mis sa cuirasse, ses cheveux étaient tressés et elle portait ses deux lames principales bien en vue dans son dos. Le message était clair : elle voulait prendre sa revanche et défiait ses assassins de l'affronter face à face. La démarche aurait pu paraître surprenante s'il n'avait pas s'agit d'une personne dans sa position. Ancienne assassin (entre autre chose), la Sublime gagnait désormais son pain en assurant la sécurité d'un des hommes les plus puissants d'Ithri'Vaan. Tout comme son employeur, elle avait une réputation à défendre et pour quoi passerait-elle si elle se planquait à la moindre anicroche ? De plus, il n'était pas rare de voir quelqu'un de son niveau nourrir suffisamment d'orgueil pour finir par se croire invincible, et c'était bien là-dessus que la demie-elfe comptait.

Fermant la porte derrière elle, Aleth quittait la sixième auberge de la soirée. Toujours aucun signe de ses poursuivants. Soit elle avait joué de malchance et ne les avait pas encore trouvé, soit ils attendaient le moment et l'endroit propices pour l'attaquer. Même s'ils pouvaient rester méfiants face à son attitude, ils n'allaient certainement pas manquer une occasion pareil. Pour une fois qu'une victime n'essayait pas de se cacher !
Et Zhaarian dans tout ça ? Eh bien la Sublime était seule. Du moins en apparence. Et il valait mieux pour lui qu'il sache se faire aussi discret qu'il le disait car nul doute que la guilde qui la cherchait s'assurerait au préalable qu'elle ne leur tendait pas de piège. Après tout, elle avait quelques dizaines d'hommes à son service à Thaar. Elle aurait très bien pu en sélectionner quelques uns pour assurer sa protection en toute discrétion.

Aleth s'arrêta. Se trouvant à un carrefour débouchant sur une petite placette au milieu des habitations, c'était l'endroit parfait. Encore quelques pas et elle se trouverait au milieu. Peut-être que c'était ce qu'attendaient ses assassins. Car, elle le sentait depuis un petit moment maintenant, elle était observée et suivie. Zhaarian ? Son instinct lui disait que non. Elle ne l'avait d'ailleurs pas vu depuis un bon moment. Etait-il seulement encore là ? De toute façon, ce n'était plus le moment de s'en soucier. L'heure était venue.
Hors de question pour elle de s'avancer davantage. Sans doute y avait-il quelqu'un de posté avec une arbalète quelque part et, ici, elle ne devait pas être à sa portée sans quoi elle serait déjà morte. Bien. Il était grand temps de passer aux choses sérieuses.

-J'ai pas toute la nuit ! Alors vous sortez ou je viens vous chercher !

La Subime attendit quelques secondes. Tous ses sens en éveil, elle guettait le moindre mouvement. Plus le temps s'écoulait, plus elle en était persuadée : ils étaient là.
Finalement, une ombre se mua dans une ruelle sur sa droite. Puis sur sa gauche.

-C'est du déjà vu. Vous n'êtes pas très originaux les gars !

-Désolé de te décevoir.

Aleth se retourna subitement. Derrière elle se tenait l'homme balafré de Zhaarian. Il avait une sale gueule d'ailleurs... Et sa voix était nasillarde. Un mélange entre un tueur avide de sang et un pervers... Cela n'avait pas vraiment de quoi la rassurer mais il lui en fallait plus pour l'effrayer. Surtout maintenant.

-Finissons-en.

-Oh, nous allons en finir. Mais pour toi, ça va être très... très long.

Lentement, le balafré sortit son sabre de son fourreau. Ce geste était accompagné par un son métallique tandis que l'assassin poursuivait son discours.

-Car pour avoir tué l'un des nôtres, aussi incompétent soit-il, tu vas souffrir.

La lame brillait à présent dans la nuit sous les rayons des deux lunes.
Se tenant face à lui, Aleth entendait derrière elle les deux acolytes du balafré qui progressaient lentement dans sa direction. Pour toute réponse à la menace qu'elle venait d'entendre, elle sortit ses armes dans un geste vif et se mit en position de combat, une lame devant elle et l'autre derrière sa tête. La traduction du message était facile à faire : Même pas peur.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Lun 4 Avr 2016 - 21:41

Après un moment passé à la taverne à raconter ce qu’ils avaient fait chacun de leur côté et à préparer la suite des opérations, les deux assassins s’étaient à nouveau séparés. C’est du moins ce qu’ils voulaient faire croire, car Zaahrian n’était en fait pas très loin de la belle. Il était chargé de surveiller ses arrières alors que la jeune femme prenait les choses de front. C’était un étrange retournement de situation pour Zaahrian qui était habituellement celui qui se lançait tête baissée alors que Guilin s’assurait qu’il ne se fasse pas stupidement tuer. Pour l’occasion, il avait même décidé d’arborer ses fameuses marques qu’il se peignait sur le visage lorsqu’il avait un contrat particulièrement important. Il avait l’air d’un Noss sauf que son terrain de jeu était le toit des maisons de Thaar et non pas la forêt.

Sa tâche était beaucoup plus délicate qu’on pourrait le croire. Il devait la suivre d’assez loin pour avoir une bonne vue d’ensemble et être capable de voir les éventuels assaillants qui se présenteraient par les toits, mais il devait être assez près pour pouvoir réagir si jamais quelqu’un se montrait. En plus, il devait être parfaitement invisible pour donner l’impression qu’Aleth était vraiment seule. Heureusement, il n’avait pas été le meilleur assassin de sa guilde sans raison. Zaahrian s’était transformé en véritable fantôme, prêt à frapper au moindre signe d’alerte.

Évidemment, ils devaient prendre leur temps. La jeune femme marchait dans les rues de la ville, passant de taverne en taverne, seule en apparence. Elle représentait une cible de choix, mais les autres assassins n’étaient pas aussi cons que ça. Son manège sentait le piège à plein nez. Une confrontation face à face était inutile. Il suffisait de la surprendre par-derrière. Même si Zaahrian était là pour la protéger, il était seul. C’était facile de le submerger et de passer cette dernière ligne de défense pour aller la tuer. Toutefois, à force de les narguer, n’importe quel homme finira par s’enorgueillir. L’instinct viril va prendre le dessus sur le gros bon sens et c’est là qu’il va devenir con. Donc, après une sixième taverne visitée et un Zaahrian qui commençait à en avoir plein le dos de se promener sur les toits que la belle, jusque-là silencieuse, remarqua enfin quelque chose. Le blond les avait vus aussi du haut de sa cachette et il vit aussi deux autres ombres se faufiler sur les toits pour se mettre en position. Voilà qui justifiait enfin sa présence ici. Sans prêter attention à l’échange surement très intéressant qui devait se passer en bas, Zaahrian se demandait plutôt comment les neutraliser tous les deux. Il devait réagir vite…

Dans un synchronisme trop parfait pour avoir été voulu, dès que la belle se plaça en position, un corps s’écrasa au sol juste derrière elle et le balafré, la gorge tranchée. Des bruits de combats se firent brièvement entendre sur les toits avant qu’un autre corps ne tombe. Cette fois, Zaahrian s’arrangea pour le faire basculer sur l’un des assassins au sol qui fut tellement surpris qu’il n’eut pas le temps de réagir avant de recevoir son collègue mort dans les bras. C’était le moment pour Rian d’entrer en scène.

Comme un démon, il bondit sur le sol, tuant d’un coup net l’acolyte encore coincé par le corps tombé du ciel. Puis, il lança sa dague d’un même geste en direction de l’autre assassin. L’arme se planta juste à la base de sa gorge, ne lui laissant aucune chance. À la course, il récupéra son arme et remonta sur les toits, aussi agile qu’un félin. Une voix perça alors la nuit.

— À toi de jouer, princesse!

Tout s’était passé si rapidement. Disons que Zaahrian, sur ce coup, n’avait pas eu le temps de vraiment réfléchir. Dès qu’il avait commencé à tuer, il savait qu’il devait enchainer les coups rapidement pour éviter une riposte et profiter de l’effet de surprise qui pouvait décider de l’issu d’un combat. Dommage qu’il fasse si sombre cependant. Il aurait aimé voir la tête du type qui a reçu le cadavre sur la tête! Il reprit confortablement sa place sur le toit pour assister au combat qui devait se dérouler dans la rue. Après tout, elle pourrait encore avoir besoin de lui. À n’en pas douter, pour l’instant, c’était lui le héros du jour. Pour une fois qu’il a réellement le bon rôle dans une histoire…
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Mar 12 Avr 2016 - 8:31

Lorsqu'Aleth entendit les combats derrière elle, un sourire se dessina sur son visage. Non seulement Zhaarian était là, mais en plus il avait tenu parole. Il ne lui fallut pas longtemps pour régler leur compte aux quelques assassins qui se trouvaient dans son dos. A mesure que les cadavres pleuvaient, elle vit l'expression assurée et malsaine du balafré fondre comme neige au soleil. Il n'en revenait pas. Il s'était laissé piéger... La Sublime avait assurée ses arrières et n'avait pas choisi son compagnon au hasard. A lui seul, il avait su surprendre et décimer tout l'effectif qu'il avait emmené avec lui.

-A toi de jouer, princesse !

Le regard du balafré se posa sur la demi elfe, toujours en position de combat. C'était comme si son esprit avait décroché le temps du combat et que les quelques mots de l'assassin lui avait rappelé la présence de la Sublime. Il la fixa un instant, stupéfait, puis la stupéfaction laissa place à la colère. De rage, il vint porter le premier coup qui fut paré sans le moindre mal malgré la force déployée.

-Espèce de catin ! Tu vas payer pour ce coup fourré ! Traîtresse !!

Il enchaîna plusieurs coups, avançant toujours plus dans la direction d'Aleth qui reculait au fur et à mesure afin de conserver toujours la même distance entre eux. Ses lames tournoyaient autour d'elle, formant une barrière que le sabre du balafré ne parvenait pas à franchir. Pourtant ses coups se faisaient de plus en plus violent à mesure que sa colère montait. Et ça n'allait pas aller en s'arrangeant...
Lorsque la Sublime en eut assez de reculer (tout en se faisant insulter), elle utilisa ses deux armes pour bloquer la lame de son adversaire en direction du sol.

-Moi ? Tu t'es pas regardé. Qui a envoyé un gamin en première ligne ? Il est beau ton joli discours de solidarité mais qu'est-ce qu'il vaut quand on envoie des gosses à la mort à sa place ?

Le balafré serra les dents et, dans un cri, il força la demi elfe à lever ses armes pour récupérer l'usage de la sienne. Elle l'avait visiblement énervé un peu plus et n'avait pas l'intention de s'arrêter là. Tout en continuant de parer et d'esquiver la pluie d'attaques qui lui tombait dessus, elle continua de le provoquer.

-Qui a tellement les foies qu'il utilise un paralysant pour chopper une simple catin ?

-La ferme !

Le balafré lui donna un grand coup de pied dans le ventre et Aleth vola en arrière. Elle parvint malgré tout à réaliser une roulade pour ne pas se vautrer complètement et fut bien vite debout, prête à éviter les attaques qui fondaient déjà sur elle.
Les lames croisées devant elle, elle bloqua un autre coup venant d'en haut. Dans son dos, un poteau l'empêchait de reculer et le visage de son assaillant se trouvait à quelques centimètres à peine du sien. Pourtant, elle n'était pas inquiétée et continuait son manège.

-Qui n'a même pas le cran de remplir un contrat seul alors qu'il n'y a qu'une femme seule à tuer ?

Cette fois, elle ne lui laissa pas le temps de répliquer. Elle n'avait pas fini sa phrase qu'un genou vint violemment faire la rencontre des parties de son adversaire. Celui-ci recula suffisamment pour permettre à la Sublime de lui administrer deux coups supplémentaires : un dans le ventre et l'autre dans le menton. Ce dernier fit basculer le balafré en arrière et il chuta méchamment sur le dos. Aleth s'avança d'un pas sûr, écartant d'un coup sec la dernière tentative désespérée de l'assassin sentant sa fin approcher. Le sabre s'envola à quelques mètres de là dans un raisonnement métallique.
Arrivée au niveau du balafré, elle écrasa volontairement un de ses poignets pour le clouer au sol et l'empêcher de lancer la dague qu'il venait de récupérer. La demi elfe se tenait au dessus de sa future victime, impassible. Elle n'avait eu aucune éducation hormis celle qui avait fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui. Chacun de ses gestes avaient été méticuleusement calculés, tout comme ses mots. Comme un animal acculé, l'assassin avait été pris de désespoir et l'avait attaquée avec sauvagerie. Par ses mots et en l'empêchant de la toucher, elle avait alimenté sa colère, la transformant peu à peu en rage puis en haine. Lorsque sa raison l'avait abandonnée, ce fut alors le moment pour elle de frapper.

A présent qu'elle pouvait correctement le voir sous la lumière de l'unique lune levée, elle aperçut le tatouage à la base de son cou. Ecartant son col et la pointe de son arme, elle put correctement voir le symbole de l'infini entouré de quelques fioritures...

-Chef ou simple officier ?

En effet, cet homme n'était pas un membre lambda. Ils avaient confié la tâche de tuer une professionnelle du milieu à quelqu'un de suffisamment expérimenté. Mais pas assez... Il avait échoué.

-Qu'est-ce que ça peut te foutre ?! Tue-moi qu'on en finisse !

-Je crois que ça vaut mieux pour toi...

En effet, cet homme ne supporterait pas l'humiliation de sa défaite. Si sa guilde le laissait en vie, il finirait dans la rue. Sa réputation était finie. Si jamais on lui reconfiait un contrat un jour, il n'aurait rien de bien glorieux... Quant à Aleth, elle risquait de devoir vérifier continuellement ses arrières en sachant qu'elle venait de ruiner sa vie.
En fait, c'était mieux pour eux deux.

Le balafré n'eut même pas le temps de souffrir. D'un coup sec, elle le fit passer sur le ventre et, la seconde d'après, une lame avait sectionné sa nuque. C'était ainsi qu'elle tuait ses victimes lorsqu'elle le pouvait. Moins de sang et la mort survenait dans l'instant sans douleur. Ils n'avaient même pas le temps de crier.
Après avoir essuyé son arme, Aleth la rangea dans son dos. Elle observa un instant le corps sans vie du balafré avant de chercher du regard son compagnon du jour. Ecartant les bras, elle prit un air faussement énervé.

-Princesse ?! T'as pas trouvé mieux ?
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Ven 15 Avr 2016 - 21:46

Zaahrian s’était retiré pour observer le combat depuis les hauteurs. C’était entre elle et cet homme. Rian n’était là que pour l’assister si les choses tournaient mal, mais cette fille était pleine de ressources et il ne s’inquiétait pas pour elle. De fait, il eut raison. Aleth maîtrisait bien la situation. Elle prenait un malin plaisir à le provoquer, faisant faire à l’homme des erreurs de débutants. Le combat fut rapide et quand l’autre assassin comprit que la fin était proche, il n’essaya même pas de résister et lui demanda d’en finir sans répondre à sa question concernant la signification de son tatouage. S’il n’était pas le chef, d’autres pouvaient éventuellement s’en prendre à la belle et à celui pour qui elle travaillait. Aleth devra faire avec et garder l’œil ouvert.

Le mort gisant le visage dans la poussière, la belle leva les bras en l’air en signe d’exaspération devant le manque d’imagination de Zaahrian pour lui trouver un surnom. Un grand rire perça les ténèbres, un éclat de joie incongrue devant la multiplication des cadavres autour d’eux. Zaahrian était assis sur un toit, ses jambes pendant dans le vide.

— Au contraire, je trouve que ce nom te va très bien. Princesse des assassins à la beauté aussi ravissante que dangereuse qui ne s’épanouit réellement que dans l’ombre.

Le blond se sentait poète. Il sauta sur le sol, s’approchant de sa compagne avec un sourire.

— Tu aurais préféré que je t’appelle poulette, peut-être?

Il regarda l’homme qu’elle venait de mettre à mort proprement en lui tranchant simplement la nuque.

— Intéressante technique et nettement moins salissant qu’une gorge tranchée.

Zaahrian était couvert d’éclaboussure de sang, vestige de ses propres mises à mort. Il se gratta pensivement le menton.

— J’aurais tellement voulu voir la tête de l’autre quand je lui ai balancé le corps de son copain depuis le toit. C’était certainement drôle à voir.

Il tapa des mains.

— Bon, tu n’avais pas parlé d’aller clouer un cadavre sur une porte quelconque à moins que tu ne préfères les laisser là. D’ailleurs, je propose qu’on ne reste pas là trop longtemps. Trop de corps, ça risque d’attirer l’attention, sans parler des bruits de combats…
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Aleth
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MessageSujet: Re: Assassins à tous les carrefours [PV Rian/Aleth]   Dim 17 Avr 2016 - 8:15

A la pique envoyée par Zhaarian, Aleth n'eut qu'un haussement de sourcil à lui rétorquer. La réponse coulait de source, inutile de la formuler. Le caractère fantasque de son compagnon lui plaisait beaucoup. Cela lui changeait du sérieux qui l'entourait chaque jour et des répliques du Prince visant soit à l'énerver, soit à provoquer son désir. Le demi elfe était certes un assassin mais les choses semblaient plus simples avec lui. Il n'y avait entre eux aucun faux semblant, l'un et l'autre n'hésitant pas à se dire leurs quatre vérités sans que l'autre sans offusque vraiment. Une certaine légèreté planait sur leurs échanges et la Sublime sentait qu'elle pouvait se montrer naturelle.

-Je ne fais pas souffrir mes victimes inutilement. En sectionnant la nulle, elles ne peuvent pas le voir venir et n'ont pas non plus le temps de le sentir.

Depuis le temps, Aleth n'avait aucun problème avec le fait d'ôter des vies. A ce stade, une de plus ou une de moins... Et puis son nouvel emploi la conduisait bien moins souvent à cette extrémité. Azhar ne se faisait pas attaquer tous les jours, surtout avec l'organisation qu'elle avait mise en place, et elle avait rarement à intervenir elle-même. Toutefois, elle prenait grand soin de ne rien perdre de ses compétences en se rendant à l'entraînement une à deux fois par jour et en allant régulièrement sur le terrain. Aujourd'hui, elle avait pu constater que cela avait porté ses fruits car elle avait mis à terre un officier de guilde sans grande peine.

-J’aurais tellement voulu voir la tête de l’autre quand je lui ai balancé le corps de son copain depuis le toit. C’était certainement drôle à voir.

La Sublime sourit en revoyant le visage du balafré en train de se décomposer. Le voir passer de l'assurance exacerbée à la stupéfaction la plus totale avant de sombrer dans la rage incontrôlée l'avait beaucoup amusée. Le sang froid étant primordial dans ce métier, il faut toujours garder la tête sur les épaules et ne jamais se montrer trop confiant. C'est ainsi que l'on commet des erreur. Aleth se savait douée mais éprouvait toujours ses compétences et remettait toujours ses techniques et stratégies en question, se persuadant qu'il était possible de faire encore mieux.

Zhaarian frappa dans ses mains, signalant qu'il était temps de passer à la suite.

-Oui, finissons-en. Je te raconterai tout ça autour d'un verre. C'est moi qui offre. Mais avant, nous devons retrouver Limard.


*******

Tandis qu'il faisait nuit noire, des coups forts et sourds raisonnèrent dans la maison. C'était une demeure assez grande et plutôt luxueuse, même pour les critères de Thaar. Devant, il y avait une cour cintrée de petits murets et rehaussés de grilles en fer forgé. Une épaisse porte en bois empêchait l'entrée sur le petit domaine.

-Que se passe-t-il ? Cria une voix.

Il s'agissait d'une femme. Sans descendre de l'étage où elle se trouvait, elle avait réclamé une explication depuis son escalier, se montrant ferme, presque inquisitrice.

-Ça vient de l'extérieur Madame. Répondit le responsable de sa garde.

Sans plus attendre, il fit signe à deux de ses hommes de le suivre et il se dirigea vers la porte tandis que la silhouette de la dame apparaissait sur le pallier. A peine l'officier eut-il mit un pied dehors qu'il vit les quelques gardes qui étaient postés à l'extérieur en train de se diriger à grand pas vers le portail. Les coups s'étaient interrompus depuis seulement un instant lorsqu'ils ouvrirent, pics en avant, près à stopper tout intrus. Mais, plutôt que d'avancer comme un seul homme, tous se redressèrent subitement. Certains restèrent sur place tandis que d'autres eurent un mouvement de recul.
L'un d'eux cria :

-Allez chercher...

-Je suis là. Le coupa son supérieur qui avait déjà traversé la cour. Que se passe-t-il ?

Le garde lui indiqua la porte et l'homme soupira en découvrant le spectacle...

-Alors ?!

La femme se tenait à présent sur le pas de la porte. Les épaules découvertes, elle s'était visiblement rhabillée en hâte, maintenant une robe de chambre fine au niveau de sa poitrine. La dame était soignée et on pouvait deviner le soin qu'elle prenait pour entretenir son corps. Toutefois, sa stature laissait entendre qu'elle n'était pas aussi douce qu'elle en avait l'air. Elle semblait plutôt du genre prête à tout.

-C'est notre espion chez Salougan, Madame.

Repoussant la porte un peu plus, les rayons lumineux provenant de la maison vinrent éclairer le pan extérieur. Là, gisant le corps sans vie d'un homme portant l'uniforme des Akhabans mais dépouillé de tout insigne.

-On dirait qu'il a été démis de ses fonctions.

La dame serra les dents. Le message était clair. Non seulement Aleth était toujours en vie mais elle avait démarqué son informateur et celui-ci lui avait révélé son identité avant de mourir. Si la Sublime n'avait pas le pouvoir de lui faire regretter son geste, son employeur le pouvait... Et nul doute qu'il n'apprécierait pas vraiment ses desseins. Le temps qu'il soit informé, il saurait rapidement prendre des mesures drastiques. Elle ferait mieux de disparaître au plus vite.

-Rassemble tes hommes. Nous partons avant l'aube.

-Et les assassins ?

-Ils sont déjà morts et leur guilde a été identifiée. Je leur déconseille de commettre l'erreur de la traquer.



***********


A bonne distance de là, un moment plus tard, trois verres s'entrechoquèrent. Comme prévu, Aleth payait sa tournée. C'était sa façon de fêter le fait d'être toujours en vie tout en remerciant Zhaarian et Limard pour leur aide. L'un et l'autre avait du mérite dans cette histoire. Zhaarian n'avait eu aucun intérêt à l'aider, d'autant qu'elle n'était qu'une inconnue pour lui. Pourtant, il l'avait veillée, avait enquêté pour elle et avait brillamment assuré ses arrières. Tout ça, sans rien lui demander en échange. Quant à Limard, il avait su lui montrer qu'il était digne de confiance (bien que le mot soit très mesuré dans la bouche d'Aleth) et des plus efficace en démasquant le traite et en obtenant le nom de son employeur.

-Tu as déjà quitté Thaar ?

Limard fronça des sourcils, intrigué.

-Non, pourquoi ?

-Ça te poserait un problème de partir ? Plus ou moins définitivement ?

L'Akhaban semblait ne pas comprendre et resta un moment interdit.

-Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Ça veut dire que, contrairement à Suhayl qui n'en branlait pas une, j'ai pris trop de responsabilités pour arriver à tout gérer et mon scribe ne peut pas m'aider pour tout. Sans compter qu'à chaque fois que Salougan bouge, je bouge aussi donc je ne peux pas avoir l’œil partout. Donc j'ai besoin d'un second.

Limard eut peine à y croire et resta bouche bée un petit moment.

-Un meilleur salaire. Une chambre dans le palais avec tout le confort. De ce que j'ai pu voir l'autre jour à l'entraînement, te former va me prendre du temps mais je pense que tu as les capacités. Donc si tu te sens prêt à relever le défi...

-Vous plaisantez ou cas ?! Bien sûr !

-Oui alors, premier ordre : tu vas passer au tutoiement parce que sinon tu vas sentir ta douleur.

Aleth prit un air faussement menaçant qui provoqua un rire chez son nouveau Second (poste qu'elle créait sans même en parer à Azhar... Mais elle saurait bien le lui vendre et puis il n'était pas à quelques souverains près...).

-D'accord, d'accord. Je vais faire de mon mieux.

La Sublime lui adressa un hochement de tête accompagné d'un léger sourire avant de se retourner vers Zhaarian.

-Et pour toi ? Qu'est-ce que je peux faire ?
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