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 Une journée légère

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Une journée légère    Jeu 29 Oct 2015 - 19:52


Une journée légère


Fin de la 1ière ennéade de Verimios

Quelques jours s'étaient écoulés depuis le Congrès de l'Apreplaine. Ce dernier s'était assez bien déroulé. En cette matinée d'été, l'air était doux et le soleil au rendez-vous. Le baron était habituellement un homme matinal mais en ce jour de fin de semaine et après tant d'efforts et de discussions qui s'étaient poursuivies jusqu'à parfois très tard le soir,ou tôt le matin, il était épuisé.

Niklaus avait donné de sa personne et cela se voyait physiquement. Il arborait à présent deux beaux creux sous les yeux et avait perdu pas mal de poids. Ses joues s'étaient creusées. Le soir précédent il avait fêté son retour dans la bourgade d'Apreplaine. Il y avait retrouvée par hasard une connaissance qu'il avait connu à Diantra il y avait quelques années, une femme d'une admirable trempe et quelque peu aventurière. Il avait ensuite passé le plus clair de la soirée avec Alix Jäger, son ami d’enfance et d'autres proches avant de revenir à son manoir tard dans la nuit où Mme de Hautval était arrivé la veille.

La sensation agréable de ses draps de lin nid d'abeille lui faisait grand plaisir. Les grandes fenêtres étaient restées ouvertes pour faire de l'air, et le soleil brillait à présent au travers des grands rideaux qui s'écartaient par moment sous l'action du vent. Personne n'était venu le déranger, et sans le son régulier du clocheton qui sonnait toutes les demi-heure au dessus de l'aile abritant la bibliothèque, l'homme n'aurait jamais su l'heure qu'il était. Déjà onze heures...

Mais le jeune homme étant fatigué, il n'était pas pressé de s'extraire de cette agréable sensation de flottement entre deux monde qu'était le demi-sommeil. Il finit par s’assoir, laissant les rayons du soleil flotter par intermittence sur la peau de son bras et sa face gauche. Il enfonça son visage dans ses mains jointes.

Il n'était pas peu fier d'être arrivé à un accord, et était surtout heureux d'être de retour chez lui.

Il s'ébroua lentement, le sourire lui revenant difficilement. Son corps était groggy de la veille au soir, et son ancienne cicatrice au dos lui tirait un peu. Il se leva finalement pour se servir un verre d'eau de la cruche qui trônait sur une table en bois brut. Cela lui fit le plus grand bien. Ses appartement étaient le dernier étage avant les combles. Ils occupaient l'aile centrale et étaient subdivisés en cinq pièces de tailles appréciables.

Il passa dans son cabinet d'eau pour faire rapidement sa toilette. Passant dans le petit salon, qui donnait sur l'entrée du manoir et sur les jardins, il jeta un regard furtif par les interstices des rideaux fluctuant sous l'effet du vent. Prenant garde de ne pas être vu dans son simple appareil par ceux qui auraient pu être dans les jardins, il confirma que le temps était magnifique et passa donc vers une petite pièce emplie de coffre et grosses armoires pour choisir sa tenue.

Il passa finalement un pantalon fin et une chemise en lin blanc. Passant des chausses également en accord avec ce jour d'été, il entreprit ensuite de prendre le tout petit escalier qui quittait l'étage pour redescendre vers le rez-de-jardin.

Le baron et ses aides ne recevaient pas les deux derniers jours de la semaine, en conséquence aucun étranger n'était sensé se trouver dans le manoir, à l'exception de Mme de Hautval et sa suite, qui avait fait un rapide arrêt par le manoir avant de retourner chez elle.

Il fut informé par un domestique que cette dernière était parti faire le tout du petit lac sur lequel donnait la propriété, ou un autre tour de son gout . Le baron prit une miche de pain pour se sustenter quelque peu et se mit en marche pour retrouver son invitée. Il la chercha d'abord dans la gloriette qui avait marqué leur première promenade par un excellent moment de thé. Il la retrouva assez rapidement, dans la gloriette ou ailleurs, selon la promenade de son amie.

Il la salua avec entrain, heureux qu'il était d'en avoir fini avec la politique pour cette semaine.


- Ah chère amie, j'espère que vous avez aussi bien dormi que moi...

Il fit un sourire franc à son amie.

- J'ai appris par mon intendant que vous partez demain... J'hésite entre la tristesse de vous voir partir et la joie que j'ai à vous imaginer de retour chez vous. Vous devez en avoir plus qu'assez de supporter l'Apreplaine. J'espère que vous ne la quitterez pas avec de trop mauvais souvenirs... Et que j'aurai la joie de vous voir revenir.

Il eut un petit sourire agréable en contemplant le ciel bleu. Cette belle journée le rendait joyeux.


- Savez-vous quoi ? Je viens d'avoir une idée. Vous m'aviez demandé en arrivant de vous faire visiter Apreplaine. Nous n'en avons jamais eu le temps. Voilà comment vous laisser un dernier souvenir bien agréable de notre petit chez nous ! Laissez moi vous mener à Apreplaine. Nous pourrions nous promener dans cette petit ville que je connais comme ma poche et aller visiter nos meilleurs artisans, je serai très heureux d'essayer de vous y trouver des souvenirs de notre rencontre !
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Une journée légère    Jeu 5 Nov 2015 - 20:07



Certaines journées pouvaient commencer du pied gauche. Un peu comme aujourd'hui, Blanche avait été réveillée par une caresse s'étant bien vite muée en une chatouille dérangeante qui l'avait arrachée au sommeil. Assez distraite, elle ruminait entre ses lèvres agitant sa gambette.

« Odeline, arrête de m'embêter… Mh... »

Mais sa lieutenante n'était pas le moins du monde présente dans les draps et encore moins son époux. Alors la Dame du Val avait ouvert un œil et soulever l'étoffe pour découvrir : une araignée ! Oui, cette monstrueuse bête grimpait le long du galbe de sa jambe et atteignait désormais son genou. L'horreur pour elle, elle qui ne manqua pas de faire vibrer ses cordes vocales. Elle savait qu'elle n'aurait jamais du ouvrir la fenêtre cette nuit. Chassant l'insecte avec toute la véhémence et la brutalité dont elle pouvait faire preuve, elle sauta agilement de son lit armée d'un oreiller. Et c'est hurlant à s'en fendre le gosier que la pauvre Dame effrayée s'acharna à marteler les draps. Évidemment les cris de dégoût de la Comtesse ne manquèrent pas d'alarmer l'entièreté de sa suite. Déboulant de la salle d'eau adjacente, la garde personnelle, la charmante Odeline - vêtue d'une simple serviette de bain qu'elle avait dépêché d'enrober autours de sa taille et fourreau en main – dégaina, prête à pourfendre le vil gredin qui s'en prenait à sa maîtresse. Dans ce même temps une tripotée d'hommes en armure  de la garde d'obsidienne firent sauter le verrou de la porte pour surgir épée en main. Mai la scène qui s'offrait à ce petit monde était assez cocasse. Mis à part, la frénésie démente de saccager un lit à l'aide d'un coussin dans le vain espoir d'écraser la Bête , ,ul ennemi ne se présentait à l'horizon.

« TUEZ MOI CETTE CHOSE !!!!  IHHHHHHHHHH JE DÉTESTE CA, ELLES ONT PLEIN DE PATTES !!!!!! »

Relâchant sa si dangereuse arme d'appoint, Blanche levait les bras et venait se réfugier dans un nouveau hurlement strident dans le dos d'Odeline qui était partagée entre son rôle de protectrice et le ridicule de la situation. L'expression de la lieutenante se complaisait en une série de grimaces, entre sérieux et hilarité.

« Et bien ! ET BIEN !!! Qu'attendez vous donc, je vous dis qu'elle est là ! »

Grogna la Dame en agitant sa main afin qu'ils obtempèrent. Fort de sérieux, la Gard Obsidienne s'approchait des draps malmenés. Et du bout de son gant,  un dénommé Henrich soulevait le tissu pour découvrir la si terrible Bête ! Blanche se crispa à sa vue, manquant au passage de briser les tympans d' Odeline. « Tuez là ! Éventrez là ! » Beuglait-elle. Une cacophonie de tintements de cuirasse s'éleva et la pauvrette qui n'avait rien demandé à personne, fuit sans demander son reste, courant de ses huit pattes dans le but d'atteindre les dessous d'une commode. Hélas. Hélas, elle finit écrasée sous la semelle d'une botte. Ainsi fut le destin tragique de Damoiselle Arachnéa.


Voilà comment avait commencé la journée de Blanche. Sans doute que la rumeur de l'épisode « grandiloquent » courrait déjà dans les couloirs des serviteurs transis de rires par cette histoire. Malheureusement les malheurs ne venaient jamais seuls. Ainsi Blanche décompta plusieurs incidents. Par exemple, après s'être faite lavée les cheveux, les caméristes eurent le malheur de découvrir un nœud si serré qu'on dut lui couper une mèche de sa tignasse. Après cela, elle découvrit une tâche sur sa robe du jour qui était donc immettable. Lors de son petite-déjeuner, un jeune domestique de sa suite  trébucha sur une dalle et lui renversa le pot de confiture sur la tête. Néanmoins, Blanche avait gardé son calme lorsqu'elle avait lu l'angoisse suffocante dans les yeux de la jeune fille à qui on réservait des coups de bâton. La baronne ne lui en tint pas rigueur et demanda pas à ce qu'elle ne soit pas corrigée. C'est donc pour la deuxième fois qu'elle repassait par la case du baquet d'eau  et qu'il fallut choisir une tenue.


« Je ne vais tout de même pas mettre cela, vous plaisantez, j'espère ? Vous avez vu le décolleté! Il est encore plus pigeonnant que celui d'une catin thaarie ! J'ai l'air d'être une pu.. »

Blanche se tut. Allons. Allons. Ce n'était pas là la faute de ses gens si le monde avait aujourd'hui voulu lui pourrir simplement la vie. Elle expira lentement et tenta de retrouver son calme.

« Arrangez moi cela, je ne sortirais pas tant que je ne serais pas présentable! »

Et sur ces mots, la silhouette pivota pour se laisser choir dans une cathèdre pour attraper un livre et reprendre sa lecture. Les chuchotements allaient bon train entre les caméristes et couturières, stressant déjà quant au fait que c'était son dernier jour ici bas et qu'il serait impoli de ne point se présenter devant le baron d'Apreplaine. Au bout de près de deux heures de travail, la tenue avait été améliorée… Enfin, du moins pouvait-elle prétendre à sortir désormais.

Toujours aussi remontée, Blanche avait décidé de se détendre dans la nature. La symphonie sauvage avait le don de l'apaiser et se promener calmait les orages dans sa poitrine. Elle pouvait ne plus penser à rien. Accompagnée de quelques gardes, Blanche entreprit de faire le tour du parc jusqu'à finalement échouer sous les arcs de la gloriette où elle avait demandé à ce qu'on lui apporte une infusion de pêche, mandarine et goyave. Savourant paisiblement son thé, les billes cérulées se tournèrent dans la direction de cette voix qu'elle connaissait bien désormais. Un trait de khôl soulignait son regard donnant un peu plus de profondeur à ce dernier. Blanche reposait la porcelaine sur la sous-tasse et se redressait. Une robe d'été couvrait sa silhouette par ses couleurs dorés et turquoises.  D'une élégante révérence, la Dame se plia d'une révérence séduisante qui avait le don d'accentuer un décolleté plongeant allégé par le subterfuge de dentelle et de voile ouvragé. Une légèrement manche de perles noires cachaient faussement ses épaules afin qu'aucun ne put rougir de sa légèreté. Enfin les pans de sa toilette se terminait en une volée de voiles brodées de perles fantaisistes. Un sourira ourla ses lippes peintes de rouge et attendit d'avoir son accord pour se rasseoir.


« Bel ami, l'on m'a arraché trop tôt au sommeil, malheureusement… Sachez que mon cœur se serre tout autant à l'idée de vous quitter, vos terres ont le don de me détendre et ce malgré ces si longs jours que comptèrent le sommet. »

Les iris se promènent un instant sur la surface des flots, reprenant une nouvelle gorgée de son thé.

« Si vous m'invitez à nouveau, ce sera avec un plaisir immense que je reviendrais vous voir. Sachez qu'Hautval et même Ancenis seraient ravies de vous recevoir. Vous y goutterez notre vin que s'arrache les amateurs et qui fait la réputation de notre pays. Et je déplore en effet le fait de n'avoir pu visiter vos contrées en raison de ma santé mais j'ai pu lire de nombreux livres sur vos terres. »

Blanche releva son regard intéressé sur le baron. Il en fallait peu pour ravir une Dame. Un entrain brûlant se lut alors dans ses prunelles à l'idée d'être « couverte » de cadeaux si bien que ses lèvres s'arrondirent dans un « o » de ravissement. Terminant son thé, sa silhouette avala les deux mètres qui la séparait de Niklaus et lui prit le bras.

« Je partage votre avis. Allons-y, j'ai tant hâte. »

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une journée légère    Lun 16 Nov 2015 - 20:23


Le baron eut un sourire. Il était heureux de se livrer à un exercice bien moins complexe et surtout bien plus agréable que ce que lui avait réservé la Providence durant les dernières semaines. Il se leva lentement et avança d'un pas mesuré vers le grand corps de logis. Ils eurent un peu de marche, s'étant éloignés quelques peu dans leur promenade.

Une fois de retour, on fit préparer un attelage pour partir pour Apreplaine, la bourgade toute proche. Cela laissa un peu de temps aux deux personnes pour se préparer un peu plus avant. Surtout au baron à vrai dire qui n'avait pas vraiment soigné sa tenue au saut du lit. Il redescendit avec ses habits habituels, bien façonnés mais sobres de couleurs et de formes. Niklaus n'aimait pas pavoiser en général, et encore moins devant ses sujets. L'équipage choisi était bien entretenu.

Le chemin était agréable, car la route bien entretenue. Pavée avec soin jusqu'à l'entrée du domaine des Altenberg, elle devenait au passage du grand mur d'enceinte une route de terre dont la forme confirmait le soin que l'on attachait à sa réfection régulière.

La forêt qui entourait la résidence historique de la famille était dense mais n'était pas naturelle. Tout avait été planté quelques centaines d'années auparavant, durant les grandes campagnes d'afforestation de sections entières de l'Apreplaine. Le reste de la baronnie était une succession de champs et de plaines, toutes les forêts ayant été façonnés de la main de l'homme. Même les bocages si charmant qui marquaient la limite des différentes cultures n'avaient rien de naturels mais avaient été plantés de manière à permettre à une faune sauvage de se développer, et d'engloutir les marigots permettant ainsi à ceux qui n'avaient pas le droit de chasser le gros gibier d'au moins pouvoir se sustenter de quelques petits gibiers comme des lapins ou des faisans.

La route sortait rapidement de la forêt pour passer dans ce paysage plat mais riant sous le soleil de ce mois d'été. La brise chaude qui soufflait provenait des terres et tant que le vent ne tournerait pas en faveur de l'océan, on pouvait s'attendre à du beau temps. La Valence, le cours d'eau dont le chemin suivait la rive, se prélassait doucement. Le niveau n'était pas bien haut et l'on pouvait voir les rochers et autres pierres sous l'onde calme.

Par endroit des jeunes gens jouaient ou se baignait, insoucieux des complexités et tracasseries des grands. Les moissons n'avaient pas encore commencées et les travaux des champs étaient assez limités en cette période. On défrichait de-ci de-là des mauvaises herbes et l'on veillait à l'irrigation pour éviter que ce beau temps ne devienne signe de sècheresse pour les cultures. Mais l'heure en ce moment était plutôt à la désinvolture.

Le baron ne s'en préoccupait pas. Ses gens avaient eu suffisamment de drames dans leurs vies ces derniers temps pour profiter de la protection et du calme relatif qu'il avait réussi à faire régner malgré les grands bouleversements derniers. Les récoltes seraient certainement d'une importance critique, Diantra allant nécessiter durant l'hiver un ravitaillement que ses proches faubourgs ne sauraient absorber.

Le baron chevauchait non loin de l'équipage de son invité et pressait parfois un peu le pas pour pouvoir saluer telle ou telle personne de sa connaissance. Il fallait dans les choses publiques savoir parfois se montrer.

Au détour d'une minuscule colline, a peine une bute, arriva la vision de la bourgade d'Apreplaine. Le baron n'arrivait plus à se souvenir si Blanche y était déjà venue. Les quelques fermes bien bâties qui étaient en dehors de la bourgade n'étaient pas particulièrement actives, toujours pour les mêmes raisons. On se contenta de toute manière de continuer droit vers la bourgade, en remontant toujours la petite rivière.

Les murs n'étaient pas extrêmement imposants, mais bien entretenus. Pour une ville de cette taille, il s'agissait d'un ouvrage d'art militaire d'une stature tout à fait convenable.

A la différence des campagnes alentours, la bourgade était en effervescence. L'été était toujours signe de fêtes et surtout de longues journées où le commerce allait bon train. Un grand nombre de denrées ne supportant pas la chaleur devaient être acheminées et vendues rapidement, en particulier les poissons de rivières pêchés du jour, et en conséquence le marché dépassait sa taille habituelle. Au lieu de ne prendre d'assaut que les grandes places de la bourgade, ce dernier s’étendait dans ces journées un peu folles jusque sur les esplanades se trouvant entre les remparts et les premières maisons.

Une foule bigarrée et joyeuse faisait là des allers et des venues en tout sens. Un certain sentiment de légèreté se faisait ressentir dans tout ce petit fatras, pourtant assez bien organisé. Les odeurs qui s'échappaient de la foule n'étaient pas à l'image de la capitale. Cela sentait bon, même très bon. Des grillades avaient lieues un peu partout et un parfum agréables d'herbes fines embaumait toute la petite communauté. Beaucoup de gens saluèrent le baron qui mit de toute manière pied à terre, s'approchant de l'équipage de Blanche pour lui proposer de descendre.


"- Alors Ma chère ? Par quoi souhaitez vous commencer ? Si nous remontons la rue principale, nous pourrions aller jusqu'à Arrivius, sa famille tient depuis toujours la plus coquette des draperies d'Apreplaine la Ville. Ou bien peut-être préfèreriez vous gouter quelques spécialités locales ? Ou encore aller chez Mme Vanberg, qui tient la meilleure joaillerie de la bourgade ? "
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Une journée légère    Jeu 31 Mar 2016 - 20:54


Reléguée à la diligence, Blanche soupirait. Le coude s’appuyait mollement contre les boiseries alors que son attention s’était portée sur le paysage plutôt joli malgré son côté artificiel. Les ancêtres avaient su mettre en valeur ce patrimoine si plat. A croire que Niklaus aurait préféré les rondeurs des monts de Hautval, pourtant bien que les horizons irréguliers avaient leur charme, ils étaient aussi par moment un désavantage, des tracés tortueux et hasardeux, parfois pentus et écharpés.  Néanmoins, le chemin principal qu’empruntaient les marchands était lui entretenu parfaitement et pavé pour leur jouissance personnelle et leur facilité relative. Les billes roulèrent bientôt sur cette silhouette à cheval qui s’alignait avec le carrosse.

« Ne faites pas cette tête, ma Dame… Vous n’aimeriez pas froisser,  Monsieur le Baron d’Apreplaine. Je suis certaine qu’il se refroidirait davantage à vous voir ainsi. »

«  Mh… Hm… Tu sais pourtant que je préfère monter à cheval, Odeline… C’est plus vivifiant…. Et puis, je sais que tu n’aimes pas son côté sectaire et froid mais… Je suis la même… Tu sais. »

« Je le sais et le conçois mais votre place n’est pas sur une selle. Du moins pas aujourd’hui. Vous aurez tout le loisir de monter dès demain pour repartir à Hautval. »

La Lieutenante n’ajouta rien à propos de Niklaus. Ce monde d’apparence n’est pas fait pour elle. Dans une moue boudeuse, Blanche fit tomber la toile servant d’ombrage et s’allongea pour une petite sieste le temps du voyage. Le parcours lui parut ainsi plus rapide. A son réveil, elle constata quelques mèches rebelles qu’elle retravailla pour pallier à son relachement. La porte de la diligence ouverte, la Dame du Val entreprit de descendre les quelques marches pour offrir son plus beau sourire à son nouvel ami. Le regard balaya dans une lenteur minutieuse le panorama qui s’offrait à elle.  Quelques soldats de la Garde d’Obsidienne l’escortaient pour la forme. Elle avait permis à ses dames de compagnie de l’accompagner et leur offrir quartier libre.
Face aux propositions,  la mine fut hésitante. Le minois se pencha tantôt à gauche, tantôt à droite. Les différents choix étaient tous aguicheurs. Elle procéda donc par élimination. Elle avait mangé, il y’a peu donc écarta cette première activité. Choisir la Joaillière lui parut quelque peu grossier donc elle en revint au loisir le plus prenant pour une femme de cette époque : les vêtements. Il ne manquait plus que les chaussures pour agrémenter le stéréotype.


« Il me semble qu’« Ar-rivus » est le choix le plus avisé. Cette robe est la dernière qui soit propre, à cause du petit incident de ce matin et me trouver de quoi me vêtir pour ce soir ne serait pas de refus. Dit ainsi, j’ai l’air d’une pauvrette. »

Les lippes se crispèrent en une moue un brin gênée. La Dame du Val se tourna ensuite vers sa suite.

« Bien évidemment, mes Damoiselles… Je vais aussi vous gâter aussi. »

Il n’en fallut pas plus pour que de petits cris d’extases s’extirpent du gosier de ses dames de compagnie qui avaient hâte d’ajouter de nouvelles tenues à leur garde de robe. Il faut croire que Blanche était généreuse avec ses sujets. Elle se rapprocha d’Odeline et joua du coude en arquant les sourcils de malice.

« Il serait bon de te voir aussi dans une belle robe de princesse, Odeline. »

Des petits rires de la part de sa garde fusèrent discrètement. En effet, les camarades d’Odeline savaient oh combien cette dernière détestait revêtir les tenues habituelles des femmes, bien plus encore de jolies robes d'aristocrates. Pour elle, seule son armure, le cuir ou encore une chemise de lin comptaient. Niklaus avait sans doute remarqué l’étrange familiarité entre les deux femmes, si bien que Blanche était beaucoup plus formelle avec ses propres suivantes qu’avec ses chevaliers. Après cette petite espièglerie, Blanche se rapprocha du Baron pour se laisser guider. L’œil curieux se promena tout du long sur les habitants de la Bourgade.

« Mon bel ami… Aimez-vous les chevauchées ? Je serais friande pour la fin de la journée d’une petite escapade en votre compagnie. »


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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une journée légère    Mar 5 Avr 2016 - 18:28



Le baron proposa son bras à son interlocutrice.

“ - Allons donc chez Arrivius. Vous ne serez pas décue…”

La petite ville était calme. On y entendait naturellement quelques clameurs, et l’équipage était suffisamment inhabituel pour retenir le regard de plusieurs passants. Beaucoup jaseraient de cet évènement. On voyait rarement le baron au bras d’une femme, surtout une femme mariée. Mais le baron n’en n’avait que faire. La foule n’était pas nombreuse et le baron salua quelques personne au passage qu’il reconnaissait. S’il ne pouvait prétendre connaître chaque homme et chaque femme de la Péninsule, au moins à Apreplaine la Ville était-il presque comme dans sa maison.

Les grandes maisons aux beaux colombages s’étendait le long de rues agréablement pavées et dont le mortier était ajusté avec précision. De grandes rigoles canalisaient des petits ruisseaux d’eau venant de fontaines placés par endroit, se faufilant ensuite au travers de soupiraux devant certainement mener à des galeries sous la bourgade. Nul monument grandiose, nulle statue faisant l’apologie d’une célébrité, nul arche de triomphe. La ville était conçue selon un plan moderne, les quartiers y étaient alignés selon un ordre choisi, seuls les pattés de maison étaient selon un plan anarchiques, visiblement issu de déconstruction et reconstruction au fil de la vie des propriétés.

Les échoppes étaient grandes, et à une centaine de de lieues de la capitale en ruine, bien garnies. Si certaines personnes étaient clairement pauvre parmi la foule vaquant à ces occupations, aucun miséreux faisant la manche n’était visible. Le jour était beau, et les grands bâtiments, pourtant privés, laissaient échapper de leurs fenêtres supérieures de grandes bannières aux couleurs azur de l’Apreplaine et au cygne éployé. Elles étaient noué en leur centre par de grands rubans de velours noir.

La brise estivale qui soufflait et le grand soleil jouant avec quelques magnifiques cumulus de beau temps donnait un air hors du temps à la scène. Certains bâtiments étaient moins bien entretenus que d’autre, et si personne ne respirait le luxe, personne ne respirait la misère. La ville semblait être au mains des artisans, petits bourgeois et petits nobles. Construite sur deux collines, la Valence coulant en son centre, la bourgade ne révélait pas au visiteur son entièreté dès le premier abord. Il fallait quelque peu escalader la douce pente montant vers le haut de la ville. Deux grands aqueducs coupaient la ville pour tracer un chemin direct jusqu’aux deux collines, alimentant certainement de bas en haut les fontaines.

Mais le baron changea de direction et prit visiblement le parti de ne pas tracer tout droit mais de prendre une des artères contournant tangentiellement la colline. Il avançait en se fixant au pas de son invité.


“ - Nous sommes encore en deuil… Pour au moins deux mois…”


Ils arrivèrent sur la petite rivières. De beaux ponts en pierre sans fioritures étaient disposés à intervalles réguliers. Plusieurs d’entre eux voyaient de petites habitation occuper leurs flancs. Les fortifications de la ville enjambaient la petite rivière en laissant sous leur porche un espace suffisant pour laisser passer de large chalands de halage et petits navires à voile, destinés plus certainement à de petites marchandises ou des hommes. Les quais étaient saturés bien que bien rangés.

Les échoppes sur les quais étaient plus généralement portées sur des matières en gros. On y trouvait plusieurs marchands de charbon de bois ou de houille, de nombreuses ventes de bestiaux et de nombreuses poissonnerie. Tout du moins sur la rive droite. Et ils passèrent sur la rive gauche en passant une petite passerelle de bois. De ce côté les quais étaient agrémentés d’arbres et un retrait plus important existait par rapport aux maisons et bâtiments. On sentait cette face de la ville plus cossue. Ils avancèrent jusqu’à une grande échoppe.


“ -Nous y voilà.”

Ils passèrent l’entrée, et naturellement étaient attendus, on ne pouvait s’attendre à ce qu’ils ne passent inaperçus. Une grande matrone les accueillis immédiatement, laissant derrière elles ses petites mains. L’intérieur était plus sombre que l’extérieur. Tout était recouvert de boiseries foncées contre lesquels du nombre semblant infini de grands rouleaux de draperies étaient placés. D’autres pièces plus délicates encore étaient dépliées et tombaient de grands présentoirs. De nombreuses armoires venaient compléter l’échoppe. Certains modèles montrant tout le savoir faire de broderie de la maison étaient placés dans des écrins. S’inclinant avec respect, elle lança doucement :


“ - Ma Dame… Votre Honneur… Bienvenue...

- Bonjour à vous. Je vous amène Mme de Hautval. Je lui ai dit le plus grand bien de vos créations.

- Messire le baron nous fait trop d’honneurs.

- Redressez vous donc et présentez à Madame mon invitée ce que vous nous faites de mieux.

- Naturellement. Pour ce qui est des draperies, nous avons beaucoup en réserve… Je ne sais donc par où commencer. Pour ce qui est des modèles, ce sera mon mari qui s’occupera de vous faire des propositions. Toutes nos draperies sont façonnées en Apreplaine ou dans les environs de Christabel. Les matières premières viennent de bien des endroits en revanche… Je ne sais quelle toile de fond vous souhaitez pour la pièce maîtresse, mais nous avons par exemple rentré il y a trois ans une exceptionnelle soie dont il nous reste encore deux pièces de draps. Ces messieurs de la teinturerie nous ont fait pour l’une de ces deux pièces un coloris de bleu que nous pensons être parmi les seuls à notre connaissance à maîtriser, issus de plantes de l’Apreplaine. Seriez-vous intéressés de le voir ?”
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Une journée légère    Lun 18 Avr 2016 - 22:07


Si c’était si élégamment donné, Blanche prit donc son bras sans attendre. Il ne manquait plus que son ombrelle qu’on le lui fournit et qu’elle ne tarda pas à ouvrir pour couver sa peau laiteuse des rayons du soleil. Les saphirs naviguaient çà et là le long des passants qui posaient un regard curieux, parfois douteux sur le couple atypique. Niklaus n’avait jamais parlé de son mariage et cela devait sans doute étonner les passants qui ne devaient pas souvent voir à son bras une quelconque personne féminine. Si Blanche pouvait approuver l’architecture de la ville, elle constatait tout de même que cette dernière était quelque peur artificielle. Pour autant, cela avait tout de même du charme. Les billes cérulées se promenaient de temps à autre sur les échoppes avec la curiosité des enfants et elle pouvait apprécier de ne point souffrir des aléas du terrain puisque ce dernier était pavé. Ses talons trouvaient donc un appui plus ou moins stable pour la marche. Grand bien lui fasse, il avait décidé de ne pas emprunter la pente. Pourtant la Dame du Val avait l’habitude des montées et descentes jalonnant son propre pays ce qui entretenait sa forme au quotidien bien qu’elle se plaisait souvent à quelques jeux sportifs ou autres activités demandant un certain effort physique. Par exemple, il était assez courant que la Dame se plie à quelques passes avec les deux maîtres d’arme de son chanteau ou encore avec sa propre garde personnelle mais tout cela était inconnu du tous. Parfois, il valait mieux savoir préserver quelques secrets. Elle aurait aimé être une bretteuse hors pair tout comme une arcaniste renommée mais tout cela prenait du temps. Et ces dernières semaines, elle en manqua. Les prunelles se levaient à ses mots et elle ne sut quoi réponde. Aussi, ses yeux se baissèrent en signe de respect. Si elle devait compte les jours de deuil à son actif, elle aurait pu aisément dire qu’elle l’était depuis maintenant 2 ans et demi. Le long de la berge, les iris se posaient sur l’onde observant si l’eau était trouble. En effet, les rivières étaient souvent des décharges publiques. Les lavandières en avaient besoin, tout comme les tanneurs, palefreniers, bouchers, poissonniers et autres métiers de la vie courante. Il y’avait aussi les bains publics pour les gens les plus pauvres. Donc généralement, les cours d’eau des villes étaient bel et bien pollués. Blanche qui était d’habitude assez bavarde en présence du Baron d’Apreplaine était désormais bien peu loquace. Elle profitait du paysage. Une fois devant l’échoppe, elle en détailla la façade avant d’y entrer.

« Bien, bien. »

Repliant son ombrelle et le confiant à l’un de ses domestiques, elle jeta un coup d’oeil en arrière à ses dames de compagnie qui étaient toutes excitées mais n’échangeaient que quelques chuchotements en étant les plus discrètes possibles. L’attention de Blanche fut attirée par la maîtresse des lieux qu’elle salua d’une inclinaison de tête et écouta, attentive, l’échange.

« De la soie d’un bleu que seuls vous maîtrisez. Cela me paraît un bon départ. Hm vous pourriez marier cette couleur à un beige avec un peu de doré... Comme première pièce. Je chercherais aussi si vous êtes en mesure d’en produire du satin dans une teinture cramoisie, vous savez cette couleur produite avec les œufs de je ne sais plus quel insecte mais qui donne ce rouge si particulier et quelques pièces de draps en taffetas aussi, je n’ai pas encore choisi la couleur, par contre. »

Elle fit une pause pour détailler de long en large et en travers toute l’étendue de la place.

« J’ai aussi certain goût particulier pour mes robes... Elles sont souvent atypiques. » En témoigne les nombreuses parures que le Baron avait pu voir tout le long de son séjour.

« Il me faudrait aussi de quoi satisfaire mes amies. »

Blanche se tournait alors vers ses dames de compagnie qui se rapprochèrent de leur maîtresse comme subjuguée par l’annonce qu’elle venait de faire.

« Mais vous verrez avec elles, ce qui leur plaît. »

Blanche sembla donc toute disposée à découvrir la kyrielle de draperies que vous pouvait offrir cette boutique. L’ombre d’un instant, elle pensa à son époux. Elle avait pensé à le gâter aussi car Blanche était plutôt une âme généreuse avec ceux qui le méritaient mais en dépit des derniers heurts, elle préféra remettre sa décision à plus tard, à savoir si elle serait davantage de bonne humeur.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une journée légère    Jeu 28 Avr 2016 - 22:04


La dame réfléchit un instant à la demande de Blanche, et s’éclipsa quelques secondes derrière un grand étal, pliant de tout son poids pour récupérer dans un coffre un grand livre. Elle l’amena jusqu’à l’endroit où le baron et la baronne attendaient.

“ - Je regarde nos inventaires, je vais descendre à la réserve. Nous disposons de plus de cinquante lieues linéaires de tissus vous savez… Ce que nous ne pourrons vous fournir immédiatement pour taille, nous allons pouvoir vous proposer de vous le fournir dans des délais très raisonnable.”

“ - Elle dit vrai ma chère amie, ajouta le baron. Jamais ils ne m’ont fait défaut… Je suis un mauvais client car je ne suis pas très original dans mes tenues, mais mes commandes pour offrir ont toujours été réalisés avec un soin digne de la capitale”

“ - Merci Votre Honneur.”


On voyait que les compliments de Niklaus était allé droit au coeur de l’imposante matronne. Le baron écoutait poliment ces dames discuter. Lui même n’était pas nécessairement un homme de grand goût, il aimait les habits fonctionnels, de qualité, biens taillés. Une austérité assez élégante espérait-il. L’essentiel provenait du magasin. Il était lui même à moindre mesure impliqué dans l’affaire puisqu’il avait aidé le couple de drappier à s’installer et louait une partie leurs locaux.

La famille du baron n’étant pas propriétaire éminent des terres de l’Apreplaine, il n’en était pas moins très impliqué dans son économie à différent niveau par ses finances privées, disposant de la propriété privée de nombreuses terres et de nombreux bâtiments. Etant également propriétaire de plusieurs établissements privés ou propriétaire partiel. Ce phénomène était bien particulier à l’Apreplaine, et la raison principale en était la présence bi-centenaire des Altenbergs comme administrateur des lieux pour la Couronne, des nobles sans terres mais attaché à cette terre dont ils assuraient jusqu’ici la diligente administration.  

La matrone finit par sortir le nez de son grimoire.


“ -Nous avons tout ce qu’il faut… J’ai même des étoffes que je peux vous présenter de suite. Laissez moi quelques minutes.”

Elle disparut à nouveau pendant une dizaine de minutes. Elle revint les bras chargés de nombreuses étoffes parfaitement enroulées et emballées. Elle les déballa avec soin.

Le baron n’avait pas menti. Il s’agissait d’un travail d’orfèvre. Nul n’aurait pu se douter que dans une ville aussi cérébralement conçue et administrée qu’Apreplaine-la-ville puisse se trouver des trésors d’originalité de cette envergure. Le premier drapé  était d’une matière difficilement reconnaissable et était d’un orange cassé. Il donnait l’impression d’être gaufré au premier abord, mais en passant la main sur l’étoffe, ce dernier devint lisse comme du satin pendant quelques secondes avant de reprendre un aspect gaufré.


“ - Lors de la marche cet effet est visible. Je n’ai que peu de pièces de ce genre. Nous avons abandonné la production car nous n’avions pas la clientèle. Et cela prend un temps infini à réaliser. ”

Elle ouvrit quelques autres réalisations, dont certaines réservaient d’autres surprises. Le bleu indescriptible dont elle avait fait la promotion était effectivement inconnu aux femmes du Médian. Il s’agissait un bleu proche du bleu nuit, mais aux reflets étranges et quelques peu envoûtant. Il fit sensation.

Le baron lui même, qui pourtant n’était pas un homme très habile en termes de vêtements, fut impressionné.


“ - Il y ira très bien avec vos yeux ma chère…”

La matrone fit venir son mari, qui était aussi maigre que son épouse était épaisse, et il en quelques coups d’œil, il prit les mensurations de la baronne de Hautval. Il sortit un parchemin et un fusain et, sous les instructions de son épouse qui lui indiqua les demandes de la baronne, fit une proposition de robe. Le dessin était précis, et l’on sentait que la robe était composé pour les formes de la baronne. Les pièces étaient assez complexes, dans un enchevêtrement qui était prêt du corps tout en respectant les convenances. Sans aucun doute ferait-elle parler d’elle.

Plusieurs coups de fusains furent nécessaires pour prendre les remarques de la baronne, qui fut visiblement amusé par le jeu et heureuse d’avoir rencontré un tailleur de talent. Ils finirent par arriver à un accord sur le modèle final. On fit encore le choix de quelques pierreries et perles à ajouter par endroit, de manière sobre mais bien présentes.


“ -  Permettez moi de vous en faire cadeau ma chère baronne,” fit Niklaus lorsqu’enfin la décision fut prise d’arrêter le plan final de la robe.

“ - Il nous faudra un mois pour réaliser l’œuvre Votre Honneur”, fit la femme.

“ - J’espère que vous reviendrez pour me faire l’honneur d’un diner dans cette robe ma chère…”, ajouta Niklaus à l'intention de Blanche.

Il quittèrent l’établissement. Ils firent encore un tour en ville. Ils s’arrêtèrent dans un magasin de confiserie, achetèrent quelques batons de confiseurs, et furent à nouveau en chemin.


“ - Vous me parliez de chevaucher un peu. Le soleil est encore haut. Nous pourrions rentrer au manoir en faisant quelques détours… Souhaitez vous que nous y allions à cheval dès à présent ?”
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