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 Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh

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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Jeu 26 Nov 2015 - 15:07

Lëan ouvrit les rideaux, laissant entrer un flot de lumière dans la pièce. Contrairement à Ardamir, le ciel de la capitale était dégagé de tout branchage. Un ciel immense et clair en cette belle saison. Les pierres blanches de la ville rayonnaient sous le soleil et les quelques fontaines qui parsemaient la Cités rafraîchissaient l'air. Mais l’atmosphère était totalement différente de celle feutrée de la forêt elle-même.

Un grognement mécontent s'éleva des couvertures torturées sur le lit. Il fallu encore quelques secondes pour qu'une masse de cheveux roux en émerge, suivit d'un bras, d'un œil vert-sombre et d'une ample chemise blanche mal ajustée. La jeune femme sourit en voyant la Protectrice émerger difficilement du sommeil. Elle avait vu sa chambre allumé en passant dans le couloir en plein milieu de la nuit et un messager était parti peu avant l'aube. Certains la décriaient pour ses opinions, mais on ne pouvait lui enlever le fait qu'elle travaillait d'arrache-pied pour gérer cette situation délicate au mieux.

-Bonjour Lëan.

-Bonjour Dame Halyalindë.
-Tu pourrais me préparer un bain ?
-Il est déjà prêt. »

La prévenance de sa compagne fit sourire Halya malgré la courte nuit qu'elle venait de passer. Elle repoussa quelques mèches vagabondes et laissa pendre sa main jusqu'à frôler la fourrure blanche de l'animal qui bordait son lit avant de s'extirper des draps, la fatigue déjà oubliée. Une longue tradition de nuits entrecoupées et raccourcies permettait de savoir exactement  quel état d'épuisement était supportable... Et celui dans lequel elle se trouvait était somme toute très léger. Il aurait été stupide de se mettre en état de faiblesse pour un jour comme celui-ci.

C'est avec un soupire d'aise que la Protectrice se laissa aller quelques minutes dans l'eau chaude. Sa morsure brûlante sur ses cicatrices fit remonter un frisson le long de son dos. L'odeur forte des huiles embaumait. Tout était calme. Seul les chuintements que ses mouvements lents produisaient dans le bassin et les quelques bruits que les murs n'étouffaient pas entièrement troublaient le silence. Et pourtant, d'ici quelques heures, elle serait dans la mêlée. Une rencontre qu'elle appréhendait autant qu'elle désirait. Beaucoup de choses se joueraient là-bas.

Après tout ce qu'elle avait déjà consenti, elle sentait arrivé le moment décisif.

Dix ans auparavant, lorsque le Haut Conseil lui avaient demandé d'assumer la charge de Protectrice, les autres Seigneurs et Dames pensaient devoir stabiliser la région qui risquait en premier lieu de devoir faire face à la présence drow. La famille de Dragan était effondrée. Les hauts diplomates tiraient chacun dans un sens différents sans qu'aucun n'ait réellement tord. Les Protecteurs pensaient devoir donner le temps au Conseil d'Ardamir de se rassembler pour élire quelqu'un de plus apte à diriger sur la durée. Après Ellyrion et le sacrifice de sa propre mère pour permettre à ses troupes de se replier avec le moins de dommage possible, on l'avait choisie pour le calme, la poigne et l'objectivité dont elle avait fait preuve. Halya avait accepté pour sa Cité, comme elle avait décidé de quitté les Aigles à la mort du précédent Protecteur pour remplacer l'ancien chef des armées. Elle ne pensait pas avoir à tenir cette responsabilité longtemps et avait encouragé les Conseillers à se consulter pour choisir son successeur au plus vite, ne voulant pas imposer sa présence... Et ne préférant pas avoir à composer avec les autres Protecteurs plus que nécessaire.

Mais lorsque le Voile s'était étendu sur le monde et que les Cités s'étaient vidées, c'était elle que les habitants avait finalement choisit de suivre. C'était elle en qui les Conseillers avaient placés leur confiance. Et elle avait décidé de faire tout ce qui serait en son pouvoir pour aider son peuple. C'était son serment. C'était son devoir. Et elle avait risqué plus d'une fois sa position et sa vie en faisant ce qu'elle estimait nécessaire. La présence de membres des Baar'Ane dans sa garde personnelle tout comme l'absence d'Unmiriel à son côté n'en étaient que la part visible. Elle avait déjà eu à faire les sacrifices les plus personnels pour sauver les hommes et les femmes qui dépendaient d'elle. Elle le referait autant de fois que nécessaire... Mais les membres du Haut Conseil comprendraient-il sa position ? Accepteraient-ils ses actes ? Elle avait toujours su qu'en contactant directement le Commandant de l'Armée Royale et en prenant des décisions pour le Front en l'absence de roi et sans consulter le Conseil des Protecteurs, elle prenait des risques qu'il lui faudrait assumer. Elle ne comptait pas se dérober... une fois les drows repoussés.

Mais, aujourd'hui, pour mener la guerre à bien, elle n'avait confiance en personne plus qu'en elle-même. Les Protecteurs s'étaient déjà cachés derrière la défense et l'attente plutôt que de combattre sans même envoyé plus de troupes que nécessaires au Sud. Eraison avait payé leur aveuglement. Ils avaient profité de la sécurité de leur terres alors que leurs frères mouraient au Front. Ils continuaient même pour certains les luttes fratricides qui les opposaient régulièrement aux clans d'Anaëh alors que les drows piétinaient leurs frontières et prenaient chaque jour de nouvelles vies.

Elle les savaient dévoués à leur Cité pour certains, au Peuple entier pour d'autres, mais le temps n'était pas à la paix et à la reconstruction, ni aux délibérations sans fin que demanderaient l'élection d'un monarque... Tout comme elle se savait incapable de porter la couronne à long terme, elles les jugeaient incapable d'ordonner et de gérer des tueries. Sans compter que celui qui prendrait les décisions nécessaires pendant la guerre ne pourrait mener personne sur le chemin de la paix. Comment celui qui aurait poussé son peuple à la violence et à la haine pourrait tourner la page ?

Hélas, elle était sûre que beaucoup penseraient que celui qui mènerait leur peuple à la victoire serait celui qui siégerait sur le trône Blanc pour le Cycle à venir. Une belle erreur.

Enfin... le temps s'écoulait quoi qu'elle fasse et mieux valait ne pas ajouter au reste le stress d'un potentiel retard.

Finalement, il ne fallu pas tant de temps que cela pour tresser ses cheveux et fixer sur son front une émeraude cerclée d'argent travaillée jusqu'à représenter l'emblème d'Ardamir. Lavée, pomponnée et coiffées en un temps record grâce au concours de Lëan, ce fut avec un pincement au cœur qu'Halya avisa la dague qu'elle ne pourrait emmener. Mais l'heure arrivait à grand pas.

Les pas de la Protectrice résonnaient dans le couloir entremêlés de ceux du Conseiller Medherith, de Randil, du Limier et du Guerrier Baar'Ane qui la suivaient. Sa robe vert tendre à la teinte douce et à la coupe d'apparence très simple dans la plus pur mode Ardamirienne, ondulait à chacun de ses pas. Il ne leur faudrait pas longtemps pour atteindre le hall qui précédait la salle du conseil.








La matinée touchait à son terme lorsque les portes de la salle du Haut Conseil s'ouvrirent. Les murs étaient finement ouvragés pour rappeler les événements qui avaient amenés à la fondations des Cités. Les gravures de génies se mêlaient aux plantes grimpantes qui couraient librement sur les murs. Avec ses quatre immenses fenêtre orientées sur les points cardinaux et son plafond démesurément haut qui se terminaient en un puits de lumière à ciel ouvert, la salle avait des airs de lieu sacré même en l'absence de la discrète prêtresse de Kÿria qui observerait tous les débats, assise au centre de tout. Mais cela n'était rien comparé à la table qui trônait en son centre.

Sculpté dans la dalle de marbre unique qui formait le sol, un anneau de pierre assez large pour que les vingt-cinq participants, et même plus, s'y attablent sans se serrer, semblait presque ondoyer comme un serpent en suspension dans l'air tant les artisans de l'ancienne époque avaient su rendre une impression de légèreté et de mouvement. En en son centre, de la même taille que la trouée au plafond, le sol de pierre faisait place à un parterre de verdure rase, de buissons tortueux et de ces plantes grimpantes qui en débordaient sur le sol dans sept directions pour finir par se rejoindre sur les murs. Sept plantes rampantes aux fleurs de couleurs chatoyantes qui pendaient en guirlandes. L'Étoile à Sept Branches.

Un par un, chacun des 22 Protecteurs présents prit place autour de l'anneau, laissant leurs conseillers, leurs gardes et autres accompagnateurs à l'extérieur. Chacun à sa place sur la boucle. Nord-ouest pour Malereg, La Quatrième-saison au Nord-Ouest, Eteniril au Nord, Holimion eu Nord-Est,  Alëandir au Sud-est, Ardamir au Sud-ouest et Daranovar à l'Ouest. Le Protecteur de chaque ancien chef lieu au milieu de ses confrères, sur l'exacte pointe d'une branche. Une tradition où se mêlait rituel social et spirituel. Aucune arme et aucune autre personne que les Protecteurs n'étaient admis en ces murs à moins d'un événement extraordinaire.

Aucun de ceux qui avaient la charge d'une Cité et la chance de pénétrer dans un tel lieu n'aurait raté volontairement ce Conseil... Et les trois sièges vides étaient lourd de sens. Eraison, Wyslena et Alëandir. Même le Conseiller du roi choisi par ses pairs pour représenter la capitale en l'absence du Roi avait ajouté un  siège légèrement en décalage plutôt que de s'asseoir à la place de l'ancien monarque.

Assise à côté de deux sièges vides dans cette salle chargée d'histoire face à aux cinq autre groupe de quatre protecteurs, l'émotion d'Halya était réelle. Heureusement, que Kalendrilh était là également. Elle n'imaginait pas la douleur que cela aurait put être de représenter seule les quatre protectorats des terres ancestrales d'Ardamir.

Dans le silence relatif, la haute prêtresse se leva au centre de l’Étoile. Ses cheveux châtains et ses yeux vert clairs firent le tour de l'assemblée avant d'entonner une prière, presque un chant.

«  Ô Mère que Ta main nous guide sur les voie éternelles.
Ton oeil nous accompagne, et Tes bras nous soutiennent.
Puissiez-vous entendre Ses volontés souveraines,
Et pour le bien de tous vous y plier sans peine.  »

L'ouverture était faite.

« Seigneurs Protecteurs et Dames Protectrices, vous êtes rassemblés sous l’œil de notre Mère pour désigner le prochain guide de notre peuple. L'heure est sombre et nous ne disposons pas du temps nécessaire pour élire sagement un souverain, mais la guerre fait rage et un régent est nécessaire. A cette personne reviendra le devoir de protéger toute l'Oeuvre et de défendre chaque vie en ces temps troublés. Accepter cette charge n'est pas un présent mais une responsabilité immense prise devant la Mère en personne et nulle ne peut l'accepter à votre place. »

La voix grave et forte rebondissait dans la salle à l’acoustique aussi finement travaillée que les volutes de pierres qui la paraient. Les débats commenceraient bientôt. Mais avant cela, il y avait encore une étape à franchir.

«  Que ceux et celles qui y sont préparer se fassent reconnaître. »


Dans cette salle chargée d'histoire, et sous le regard de ceux qui lui avaient donné la chance de rétablir l'ordre en Ardamir, Halyalindë se redressa doucement, le visage paisible, notant ceux qui avaient le même geste.
Plusieurs regards étonnés se tournèrent vers elle. Après tout, elle n'était protectrice que depuis une dizaine d'année et dans le jeu de la diplomatie depuis moins d'un siècle, quoi de plus normal?


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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Ven 18 Déc 2015 - 22:59


Arkuisa de la troisième ennéade de Vérimios, VIII° année du XI° Cycle,
Salle du Haut-Conseil, palais d'Alëandir.


Assis au rebord de se fenêtre, Neraën regardait. Devant lui s'étendait tout un horizon d'Alëandir, belle cité devenue il y a bien longtemps celle régnante d'Anaëh. La fenêtre grande ouverte en cette nouvelle aube, il attendait tout en scrutant l'horizon qu'arrive l'heure du Haut-Conseil. Il était arrivé la veille en même temps que les protecteurs d'Actellys, de Scalim et de Solith ; les quatre elfes avaient en effet profité de tous aller en Alëandir pour se rejoindre à Solith et parler de leurs propres protectorats avant d'aborder le sujet d'Anaëh toute entière. Il y avait eu fort à discuter : cités, noss, gestions de territoire, quelle relation établir entre tous les protecteurs... Les discussions avaient duré près d'une journée, journée pendant laquelle Neraën eut tout loisir de découvrir le mode de fonctionnement de ses confrères ainsi la volonté de certains de ne pas être totalement sous la coupe de quelqu'un. Établir des liens entre protecteurs pour mieux s'entraider s'il devait y avoir besoin était une chose, pour le reste... certains sujets étaient, même par rapport au protecteur d'Eteniril, glissants et relevaient d'une "chasse gardée" - il était évident que certaines choses restaient au sein du protectorat et que le protecteur en question n'avait pas forcément l'envie d'en parler à ses collègues. Au final, cette journée et même le voyage qui s'ensuivit entre protecteurs eurent pour Neraën leur utilité. Utilité qui s'avèrera peut-être effective lors du Haut-Conseil, mais il ne voyait pas quelles situations pourraient montrer cela, du moins pas de situations ordinaires.

La matinée se déroula lentement, Neraën ayant tout le temps devant lui pour se préparer et faire le tour de quelques endroits du palais : notamment la bibliothèque. Il prit soin de saluer en particulier les personnes qu'il connaissait déjà lorsqu'il les croisait et, pendant une bonne partie de la matinée, il discuta avec les deux elfes qui l'avaient accompagné : le conseiller Telleran et le commandant Falaedhel. Il savait que l'idée que le seigneur-protecteur et le commandant en chef de l'armée d'Eteniril partent en même temps n'était pas très bonne, mais vu les circonstances il avait demandé à ce que ce soit le cas. Si le sujet du front au sud était abordé - ce qui risquait d'être le cas avec la dame-protectrice d'Ardamir - il aurait besoin des conseils de son ami avant de prendre de grandes décisions. Puis, lorsque l'heure du conseil sonna, ils se dirigèrent tous trois vers la salle du Haut-Conseil.

Quand il arriva près de la porte, en remarquant tout le monde présent au niveau de la porte comme dans la salle Neraën craint au niveau de sa magie et essaya de couper au maximum sa sensibilité à l'extérieur. Le temps qu'il se fasse à l'ambiance, aux gens, à la pression qu'il y aurait peut-être. Puis cela irait mieux. Il s'avança donc, sa longue tunique de vert, d'or et de blanc traînant derrière lui sans pour autant gêner ses mouvements ou ralentir ses pas. Ceux qui étaient présents lors de son intronisation quelques ennéades auparavant purent reconnaître la tunique de cérémonie que Neraën portait ce fameux jour, tunique qui normalement n'aurait pas forcément due être remise. Mais on ne change pas un vieux militaire qui a appris à faire avec deux fois rien : une tunique coûteuse représentant les couleurs d'un protectorat est parfaite pour être portée en une telle situation, aussi est-il ridicule de la laisser au placard sous prétexte qu'elle a servi à une cérémonie d'intronisation. L'ancien aigle avait même porté l'épée d'Eteniril - représentant sa fonction de seigneur-protecteur - jusqu'à ce qu'il soit arrivé dans la cité d'Alëandir. A cet instant il ne la portait pas à son côté, la règle concernant le port d'armes lors du conseil ayant été assez claire. Après avoir salué Anorn il alla s'asseoir à la chaise qui était au nord de la table, retrouvant auprès de lui les protecteurs qui avaient fait route avec lui.

Au fur et à mesure chacun prit place et les différentes discussions entamées s'arrêtèrent pour laisser place à un silence presque religieux. Au centre de la table se tenait désormais une prêtresse, très discrète, qui attendait calmement. Lorsque tous les yeux furent posés sur elle et que toutes les oreilles étaient prêtes à l'écouter elle se leva, fixa de ses yeux émeraude chaque protecteur présent et entonna une prière. Neraën baissa alors la tête tout en fermant les yeux, demanda sincèrement à la Mère de guider ses pensées, ses paroles et ses actes lors de ce Haut-Conseil.

"Ô Mère que Ta main nous guide sur les voie éternelles.
Ton oeil nous accompagne, et Tes bras nous soutiennent.
Puissiez-vous entendre Ses volontés souveraines,
Et pour le bien de tous vous y plier sans peine.


Ainsi débutait le haut-conseil. La prêtresse, de sa voix forte et grave, présenta la raison de la réunion des protecteurs ainsi que le but de celle-ci : élire rapidement un régent.

- Que ceux et celles qui y sont préparés se fassent reconnaître.

Certains restèrent muets face à la demande de la prêtresse, d'autres chuchotèrent. Neraën attendit, jambes croisées et dos appuyé contre le dossier de la chaise, faisant le tour des protecteurs présents afin de voir leurs réactions. Lorsqu'il arriva au tour d'Halyalindë, il lui sembla percevoir bien plus de gêne ou de tristesse d'être dépourvue de deux de ses protecteurs qu'autre chose. Cela le toucha. A sa place il se serait senti responsable de l'absence des autres protecteurs liés à Eteniril... Il finit par terminer de faire le tour de la table des yeux et eut presque un sourire en voyant la protectrice d'Ardamir se lever. Mais ce qu'il se passait était trop beau, trop simple... il manquait ce qui devrait certainement faire l'âme d'Anaëh. Aussi Neraën attendit que les personnes désirant se présenter se lèvent et, à son tour, se leva. Mais pas pour la même raison. Aussi prit-il la parole avec la conviction en ses dires que pouvait manifester un ancien lieutenant de l'armée royale, de sorte à ce que tous l'entendent distinctement.

- Si je me lève à mon tour, moi Neraën Yeldoreï, Seigneur-Protecteur d'Eteniril, ce n'est pas pour me présenter à la responsabilité de guide d'Anaëh. Je ne me présenterai pas moi-même. Mais je me permets de soulever un point que je considère comme étant d'importance.

Il regarda chacun des protecteurs avant de continuer.

- Vous savez tous que les Elfes sont, surtout ces dernières années, partagés entre ceux qui ont décidé de vivre dans des villes et ceux qui ont préféré de vivre au plus proche de la nature. Je pense que personne ici ne me contredira si j'assure que les liens entre ces deux courants de pensée se sont au fur et à mesure craquelés voire même brisés, au point que dans certains protectorats les conflits aient été jusqu'à la violence et la mort. Mais nous sommes tous frères, nés d'une seule et même Mère, gardiens d'une seule et même Œuvre. Et cela certains l'ont compris et ont décidé d'aider les autres dans ce but commun.

Il laissa un court silence s'installer, que chacun comprenne qu'il parlait ici du front elfico-drow. Il suffisait de s'être informé auprès de bonnes personnes pour savoir qu'un nombre conséquent de noss avaient rejoint le front pour aider à se battre contre les Drows. Déjà, parmi ceux qui comprenaient où il pouvait vouloir en venir, certains firent une moue de désapprobation.

- Pourtant pratiquement toutes les personnes présentes dans cette pièce sont considérées comme étant des cités. Moi compris. Ne pensez-vous pas qu'avoir un régent ou même un roi des cités mettrait en cause sa légitimité concernant les noss ? Et qu'en serait-il si nous avions l'un d'eux comme régent ? L'accepteriez-vous tous comme une personne apte à comprendre, à vous comprendre et à guider tous les Elfes d'Anaëh ? Je pense que non. Nombreux seraient ceux qui ne l'accepteraient pas. Et en un sens ils auraient raison.

Ses yeux se fixèrent dans ceux de la prêtresse. C'était maintenant surtout à elle qu'il s'adressait, même si tous les protecteurs présents étaient concernés par ce sujet.

- C'est pourquoi, prêtresse de notre Mère à tous, je propose non pas qu'un seul régent ou un seul roi soit élu, mais un triumvirat : une personne qui sache quelle est la vie au sein d'une ville, une autre au sein d'une noss et la troisième capable de faire le lien entre les deux premières. Ces trois personnes seraient de la sorte plus à même d'être reconnues par tous et ainsi de mieux pouvoir assurer des liens voire une unité entre les Elfes. J'ai terminé."

Puis, sans faire de bruit, il se rassit. Allait commencer un débat certainement houleux vu le sujet qui forcerait plusieurs à prendre position.


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Dernière édition par Neraën Yeldoreï le Mer 17 Fév 2016 - 22:07, édité 1 fois
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Sam 19 Déc 2015 - 0:42

Et voilà... encore un conseil supplémentaire, un étage au mille-feuille décisionnel que représentait leur société au moment ou ce dont ils avaient besoin était surtout d'une personne pouvant rallier les Cités. Et au nom de Quoi ? Des Noss ? Une cause qu'elle ne connaissait que trop bien, qui lui tenait à cœur à titre professionnel, personnel et de façon plus intime que bien des personnes ici... Et cette cause, elle la trouvait ici galvaudée comme jamais.

Les traits un peu plus sombre, elle se rassit doucement, attendant de voir les réactions de ses confrères avant de mettre son grain de sel.

Dans un état major comme ici, il ne s'en sortiraient pas si tout le monde prenait la parole à la volée. Et si dans l'armée, le grade permettait assez souvent de ne pas avoir à chipoter sur l'ordre et donnait des habitudes difficiles à évincées; ici c'était bien plus complexe. Tous égaux en théorie, les plus âgés, les plus expérimentés étaient plus facilement écoutés... par tradition. Prendre la parole d'une façon aussi cavalière, en séquestrant l'auditoire plutôt qu'en se rappelant à l'assemblée de façon civilisée pouvait faire plus de mal que de bien... Surtout si peu de temps après avoir été nommé.

Mais ce ne serait certainement pas Halyalindë et sa franchise qui lui jetteraient la première pierre. Un peu d'emportement ne pouvait pas être toujours négatif... Bien que lancer à tour de bras des débats de la sorte risquait d'envenimer la situation au lieu de résoudre quoi que ce soit.

Non, la Protectrice ne lui tiendrait rigueur que du fond de ses paroles, pas de la forme.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Sam 26 Déc 2015 - 21:20


Si on avait voulu lui attribuer certains quartiers du palais d'Alëdandir, il avait refusé pour rester là où il s'était établi depuis déjà une petite ennéade. Dans une sorte d'immeuble à trois étages, où ils avaient un endroit pour vivre correctement, sans que ce soit trop pompeux non plus. Ils avaient même une chambre pour Aldartha, et c'était sans aucun doute ce qui comptait le plus à ses yeux. Parce qu'il ne voulait pas expliquer à d'autres la nécessité d'une seconde chambre à coucher, il ne voulait pas avoir à mentir pour s'en procurer une autre, et il savait pertinemment que ça aurait été le cas s'il avait été loger au palais. Sans parler des rumeurs qui auraient certainement courue dans les couloirs, entre ceux qui s'occupaient de l'entretien et de l'intendance, pour peut-être remonter à certaines oreilles plus hautes placées. Sa vie privée était une chose réellement personnelle, qu'il ne voulait exposer aux yeux de tous, qu'il souhaitait garder privé plus que n'importe quoi d'autre. Il préférait donc la tenir à l'écart des autres, pour ne pas être préoccupé plus que de raison. Ils étaient d'ailleurs finalement arrivés à la veille du Haut Conseil, et comme avant chaque événement important, Anorn ne put s'empêcher de rendre visite à son frère. Parfois, il pouvait rester des heures avec lui, sans forcément lui parler tout le temps. Sa seule présence suffisait à l'apaiser, et lorsqu'il était perdu, lorsqu'il ne savait plus quoi faire, c'était vers Aldartha qu'il se tournait automatiquement. Il était son point de repère, et même plus que cela, il était sa moitié. Sa véritable moitié. Arwain était peut-être celle qui avait réussi à lui faire surmonter la perte de cette dernière, mais elle ne pourrait jamais la remplacer, c'était impossible. Cette fois, il ne resta pas plus de deux heures, certainement parce qu'il avait déjà une idée de ce qu'il allait dire, de ce qu'il allait faire. Il n'avait pas besoin de rester plus longtemps, et son frère n'avait pas besoin de lui non plus. Avant de le quitter, il entreprit tout de même de lui redonner quelques couleurs, l'isolement et le refus de sortir ne l'aidant pas vraiment à améliorer son état. Chaque fois qu'il quittait la pièce, il espérait que c'était pour la rouvrir sur quelqu'un de nouveau. Ou plutôt, sur quelqu'un qu'il ne connaissait que trop bien. Il savait qu'il avait très peu de chance pour qu'il revienne un jour, pour que son esprit retrouve le chemin de la vie, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que cela était possible. Et s'il ne voulait lui infliger les soins d'un mage de l'esprit, il voulait tout de même penser que là était une solution. Une possibilité.

Lorsqu'il revint dans sa chambre, Arwain l'attendait. Il pouvait sentir sans peine son regard l'interroger, même quand il ne la regardait pas. Alors il entreprit de la rassurer, d'abord sur l'état de son frère, ensuite sur ses décisions. Elle l'écouta calmement, et finit par lui sourire. D'abord légèrement, puis plus franchement. Ce qui le rassura. C'était peut-être idiot, mais de la voir ainsi le confortait dans l'idée qu'il présentait plutôt bien son avis, et que ce dernier n'était pas complètement erroné. Il ne serait peut-être pas au goût de tous, mais s'il lui plaisait à elle, alors cela lui suffisait. Pour l'instant en tout cas. Parce que demain, il serait seul, elle ne serait pas à ses côtés pour le soutenir, pour l'épauler, le corriger. Il s'était certes toujours débrouillé sans depuis, mais cette fois était différente. Cette fois, la décision à prendre était d'une importance majeure pour le futur du Royaume entier. Du peuple entier. Et cela changeait tout de même légèrement la donne.

 - Ne te mets pas trop la pression Anorn, ce n'est pas la peine. Tu sais bien que tu feras au mieux, et que, quoi qu'il arrive, une décision sera prise. Je sais que tu veux faire en sorte que ce soit la bonne, que tu aimerais ne pas te tromper, que les autres ne se trompent pas. Mais tout ne repose pas sur toi, vous serez vingt deux. Vingt deux. Tu ne seras tout seul, et tu n'es qu'en partie responsable du déroulement de la séance de demain. Viens, finit-elle en lui tendant la main.

Après un soupire, il s'exécuta, la rejoignant sur le bord du lit. Une fois qu'il fut assis, elle délaça le haut de son vêtement, et commença doucement à lui masser les épaules, le haut du dos, puis la nuque. Au fur et à mesure que ses mains passaient et repassaient, l'elfe se détendait. Il aurait pu s'endormir là, si elle ne s'était pas arrêté pour le prendre dans ses bras. Il se laissa bercer un instant, avant de l'entraîner sous les draps. S'il devait se lever tôt demain, il avait tout intérêt à se coucher tôt pour être en forme.

***

Les premiers rayons du soleil se montraient quand il sorti dans la rue. Ses gardes l'accompagnaient, comme chaque fois qu'il se rendait quelque part, chose qu'il persistait à trouver absurde. Mais c'était l'envie de son épouse, il ne se risquerait donc pas à la contrarier. Quand il passa les portes du palais, peu d'entre eux étaient déjà arrivés. Deux des trois autres Protecteurs de la Quatrième Saison étaient là, et ce fut vers eux qu'il se dirigea en premier. Il leur toucha deux mots avant de continuer plus avant, pour pénétrer dans la salle où se déroulerait le Haut Conseil. Ils purent s'installer quand tous furent présents, tous sauf trois. Si cette absence était lourde de sens, et si elle dérangeait assez, on ne s'y attarda pas pour autant, et une fois que la prêtresse eut parlé, un léger silence s'installa. Ainsi donc, ceux qui se sentaient aptes à porter la lourde charge qu'amenait le devoir de guider son peuple pouvaient, voire même avaient l'extrême obligeance, de se manifester maintenant. Etait-ce donc de cette façon que l'on choisirait un régent ? La chose paru légèrement absurde à Anorn, et non sans peine, il put ressentir un léger remouds du côté de Neraën. S'il se concentrait un instant, il pouvait clairement affirmer qu'il était légèrement en désaccord avec la façon de faire, ce qui soulagea un peu Anorn sans qu'il ne sache exactement pourquoi. Se désigner soi même comme étant apte à gouverner, à guider, à protéger, était trop prétentieux aux goûts d'Anorn. Seulement ici, cette éducation et cette bienséance ne semblait pas être de mise. Ils se devaient sans aucun doute de laisser tout ceci à l'entrée de la salle, pour essayer de prendre une décision au plus vite. Mais cela lui déplaisait tout de même fortement, et ce ne fut pas sans un brin de gêne qu'il se leva. Tout comme Halyalindë, et bientôt Neraën. Sauf que ce dernier ne se levait pas pour se présenter. Il se levait pour prendre la parole, sans y avoir été invité, sans réellement s'excuser du trouble qu'il occasionné, et pour en plus aborder un sujet conflictuel. N'osant pas l'interrompre de vive voix, il le fixa ostensiblement, chose qui ne fut visiblement pas remarqué par le concerné, et tenta de le lui dire autrement. Ce fut évidemment un échec, puisqu'il ne cessa pas son discours avant de l'avoir entièrement terminé.

A cet instant, Anorn hésita à prendre la parole. Il hésita parce qu'après l'intervention de son comparse, toute nouvelle prise de parole inattendue serait certainement prise pour plus malpolie encore que la première. Cependant, il se devait de parler, de dire quelque chose suite à cela, sans quoi les débats seraient sans fin, et le but du Haut Conseil, totalement oublié. Chose qui ne devait pas arriver, puisqu'ils n'auraient pas de seconde chance. Il voyait en outre déjà le Protecteur de Carrorbelian se décomposer, sa mine se figeant dans une sorte de masque de haine et de dégoût. Il le sentait prêt à exploser à tout moment, puisque, si Anorn ne l'écoutait pas et ne prenait pas ses choix et ses envies pour choses envisageables, d'autres le feraient certainement. Alors, après avoir lancé un regard plutôt mécontent à Neraën, il entreprit de s'exprimer à son tour :

 - Si vous me permettez, j'aimerais prendre la parole suite à cet éclat de voix. Je n'alimenterai pas le débat, au contraire. Je m'excuserais bien des manières du Seigneur Protecteur d'Eteniril, mais je crains que ce ne soit déplacé. Si le sujet qu'il a abordé est extrêmement intéressant, et sensé, je pense tout de même qu'il n'est pas approprié à cet instant. Nous ne sommes pas ici pour lancer un débat, mais pour essayer de régler une situation qui devient de plus en plus dérangeante, et à laquelle il est urgent de trouver une solution. Nous aurons tout le temps plus tard pour discuter de ce sujet, je l'espère en tout cas. Il n'est seulement pas très opportun, à mon avis, de l'amener à cet instant.

Ne laissant pas réellement aux autres le temps de réponde, de crainte que certains se sentent obligés de le contredire, il enchaîna sur la véritable raison de leur présence ici :

 - Comme vous pouvez le voir, je me suis levé, suite à la demande de notre Soeur ici présente. Je suis préparé à recevoir cette charge que nous allons attribuer tous ensemble aujourd'hui.

Ces deux phrases n'étaient pas forcément nécessaire tant dans le fond que dans la forme. Elles étaient juste là pour rappeler quelle était leur tâche aujourd'hui, quelle était leur préoccupation. Pour clore le débat avant même qu'il ne soit lancé. Certainement pour mieux le reporter, pour en parler plus librement lorsque les autres priorités auront été gérées, lorsqu'elles auront disparues. D'ici là, ils se devaient de se concentrer sur le sujet principal. Sans quoi, la question de la Régence ne serait pas réglé avant une ennéade.

_________________


Estiam Faerin : Bah j'ai très envie d'Anorn mais j'essaie d'être réaliste quand même

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Kalendrilh Fandoreth
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Dim 27 Déc 2015 - 2:16

Les heures étaient sombres pour Anaëh, mais tout espoir n’était pas encore perdu. Il y avait une chance pour que la situation se renverse et que les elfes triomphent, mais pour cela, il était maintenant clair qu’ils devaient s’unir sous la gouverne d’un chef unique. Il fallait une figure forte capable de sortir les elfes de leur torpeur et de les mener vers la victoire. Par conséquent, Kalen ne se sentait pas apte à remplir une telle tâche qui lui semblait herculéenne. Il se sentait vieux et faible. Il ne pouvait pas prétendre pouvoir remplir ce rôle. Ainsi, quand il fut décidé qu’un tel vote allait avoir lieu, Kalen savait déjà qu’il allait retirer sa candidature. C’était une sage décision. Il sera beaucoup plus utile aux côtés de l’élu et son appui sera indéfectible.

Kalen se prépara donc pour ce jour important sentant la nervosité lui tenailler le ventre. Son visage restait impassible, mais il était troublé. Malgré qu’il ait prit sa décision, il avait tout de même l’impression d’agir en lâche, comme si une petite voix dans sa tête lui disait qu’il pouvait en faire plus. Peut-être… Après tout, nous sommes tous plus fort qu’on le prétend, mais il ne devait pas se laisser bercer d’illusion. Il était conscient que sa situation était précaire. Après la mort de sa femme et son fils qui refusait de lui adresser la parole, il avait l’impression qu’une partie de lui-même lui avait été arrachée et qu’il n’était plus qu’une âme errante dans ce monde de plus en plus instable. Il gardait les apparences pour ne pas inquiéter les gens de Mera, mais il ne savait pas combien de temps il allait tenir encore. Si seulement son fils acceptait de lui accorder qu’un seul regard…

Il quitta ainsi Mera avec un petit groupe de ses gens, tous parés d’armures étincelantes autant pour se protéger des menaces extérieures que pour exhiber les couleurs de la cité. Juste avant de partir, il put apercevoir son fils au loin, le visage grave alors qu’il suivait des yeux l’escorte. Pensait-il à lui? Impossible à dire, mais Kalen senti un pincement au cœur et les commissures de ses lèvres se crispèrent dans une esquisse de sourire. Il aurait voulu l’avoir à ses côtés et il espérait qu’un jour, son garçon ait la force de lui pardonner ses erreurs.

-----------------------

Comme à chaque fois que Kalen se présentait au Haut Conseil, son cœur était renversé par la beauté des lieux. C’est dans cette salle que les grandes décisions se prenaient, celles qui avaient le pouvoir de bouleverser les fondements mêmes de la civilisation elfique. Une fois encore, une grande décision allait être prise et Kalen allait humblement y participer. Il salua d’un signe de tête les visages connus avant de prendre place. Les discussions allaient bientôt commencer et il espérait que les voix ne soient pas trop discordantes. Les elfes n’ont pas l’habitude d’agir dans l’urgence, mais cette fois, il n’avait pas le choix. S’ils n’arrivaient pas à s’entendre, ils étaient perdus. La séance s’ouvrit avec la prière de la haute prêtresse. L’elfe ferma les yeux pour s’imprégner de ses paroles et un frisson remonta son échine. L’émotion était palpable. Tous ici présent comprenaient les enjeux de cette rencontre. Ceux qui étaient prêts à remplir le rôle de meneur étaient invités à se lever. Il resta assis et se recroquevilla presque sur son fauteuil comme s’il avait honte de ne pas se lever. Il courba les épaules et passa une main sur son visage, cachant un œil. De l’autre, il balaya rapidement la salle pour voir ceux qui avaient eu le courage de se lever et il vit Halya. Évidemment, le contraire aurait été étonnant. Non loin d’elle, Anorn était également debout, préparé à jouer ce rôle décisif. Kalen avait le plus grand des respects pour ces deux êtres qu’il considérait comme des amis. La distance ne leur permettait pas toujours de se voir et volontairement, il avait gardé le silence sur les évènements de sa vie personnelle, mais il avait beaucoup de respect pour chacun d’eux. À ses yeux, ils étaient tous les deux aptes à être roi par intérim. La décision s’annonçait plus difficile encore qu’il l’avait imaginé.

Évidemment, dans ce genre de réunion, il y a toujours une voix plus discordante que les autres, cherchant à alimenter un débat qui n’avait pas sa place. L’elfe se redressa légèrement dans son fauteuil et ses mains se crispèrent sur les accoudoirs jusqu’à faire blanchir ses jointures. La question des Noss était épineuse pour Kalen, mais ce n’était pas le moment d’en parler. L’idée d’un triumvirat n’était pas mauvaise en soi, mais vu la situation, ce n’était pas la chose à faire. Il n’avait pas envie d’alimenter le débat, mais il ne voulait pas non plus rester silencieux.

— Peut-être avez-vous raison, Neraën Yeldoreï, Seigneur-Protecteur d'Eteniril, mais dans la situation actuelle, il nous faut un pouvoir unique. Il nous faut un être fort, capable d’imposer ses décisions pour nous guider dans cette période de troubles. Dans ces circonstances, un triumvirat n’est pas une option… C’est aussi pour cette raison que je ne me présente pas. Je ne m’en sens pas digne… et je ne suis pas assez fort. Toutefois, peu importe qui sera élu au terme de nos discussions aura mon appui et je serai heureux de me battre à ses côtés.

Il marqua un bref temps d’arrêt avant de reprendre.

— Halyalindë… Anorn… Vous ne me facilitez guère la tâche en vous présentant tous les deux, mais le contraire m’aurait grandement étonné.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Dim 27 Déc 2015 - 22:37


Ca y est, c'était parti... l'elfe baissa la tête tout en faisant une moue malheureusement peu surprise, même s'il aurait préféré que ce qui venait de se passer n'arrive pas. Du moins pas de la sorte. Il jeta un coup d'oeil à son comparse de gauche qui, lui, cachait un sourire amusé. Alors que certains protecteurs commençaient à sérieusement grommeler, il s'approcha rapidement de son confrère et chuchota.

"Il ne s'est rien passé là ?
- Non... jamais rien avec lui. Juste quelques foudres lui sont tombées dessus, rien de plus.
- En même temps, à quoi pouvait-il s'attendre en manquant ainsi à l'étiquette ?
- A faire réagir les gens suite à un coup de pied dans une fourmilière. Si tu regardes bien, on peut déjà remarquer ceux qui sont campés sur leurs positions des autres et surtout ceux qui ne supportent pas les noss.
- Hum... En attendant je parie que les réponses des deux protecteurs ne vont pas lui suffire.
- A coup sûr. De toute façon il est trop vieux, on ne le changera pas.
- Ne sommes-nous pas plus âgés que lui ?

Falaedhel fit une moue avant de répondre, soupirant presque.
- Je crois bien que oui Telleran, nous le sommes..."


En effet, pendant les interventions des protecteurs de la Quatrième Saison puis de Mera, Neraën était resté assis sans sourciller sur sa chaise (même si le fait qu'Anorn ait voulu "s'excuser" pour lui le blessa et l'énerva plus qu'autre chose). Les réactions des différents protecteurs ? Les chuchotements ? La tension qui montait ? Il fit attention à cela. Il était même en train d'analyser ce qu'il voyait. En fait, il prenait un malin plaisir à voir la scène à laquelle il participait, parce qu'il savait qu'une telle proposition ne ferait que faire réagir ses confrères. D'un autre côté, si cela venait de permettre de démontrer que réunir les Elfes serait un long travail malgré la nécessité, il était quelque peu soulagé : les protecteurs eux-mêmes étaient capables de s'écouter. Cela avait tenu à peu ; si Anornedellon n'avait pas pris la parole, alors ce qu'il craignait aurait été avéré et pour lui la question de la protection de la Première Œuvre serait devenue fort délicate. A quoi bon dire de grands mots et faire les fiers en élisant l'un des siens à la régence si personne n'était capable de s'écouter ? Dans quel mur fonceraient-ils ? A savoir...

Il laissa terminer le protecteur de Mera, personne que Neraën considérait pour l'avoir déjà rencontré. Mais tout comme les paroles d'Anorn, le guerrier ne voyait là que de mauvais prétextes à repousser ou à oublier une échéance. Certainement ne s'en rendaient-ils eux-mêmes pas compte. Aussi se devait-il d'expliquer la raison première de sa prise de parole, sans se lever cette fois-ci.

"Avant que nous ne continuions sur cette lancée, et je m'excuse d'avance pour le trouble, l'impudence ou quel qu'autre mot que vous voudrez utiliser, je vais me permettre d'expliciter la raison de ma précédente prise de parole.

Déjà, il en voyait s'agacer. Un énervement le prit, chose qui le surprit... il leva doucement mais fermement la main au niveau de son épaule, paume vers l'autre côté de la table, pour montrer qu'il désirait terminer de parler. Contre mauvaise fortune bon cœur (ou pas), certains se turent. Il rabaissa alors sa main.

- La situation est urgente, vous l'avez vous-mêmes dit. Il est donc demandé de prendre une décision au plus vite quant à un régent ou un roi, en somme un meneur. Mais vous oubliez quelque chose : ce n'est pas parce que nous devons nous presser qu'il faut faire la seule chose que l'on nous demande à moitié. Parce qu'à vouloir oublier une partie des données qui sont censées influencer notre choix, au lieu de sauver la majorité nous la tuons... du moins est-ce ainsi que cela fonctionne en temps de guerre. Et nous sommes en temps de guerre, certains ici présents pourront vous certifier la chose.

En ce moment-même nombre de protectorats ont des problèmes de conflits entre ceux que nous sommes venus à appeler Elfes des Cités et Elfes des Noss. Nous avons là une problématique qui pourrait nous permettre d'aider à arranger ces conflits, du moins éviter qu'ils ne s'aggravent encore. Cet élément qui aiderait grandement à sortir des conflits parfois meurtriers serait d'avoir un ou plusieurs régents - ou rois, qu'importe ! - qui seraient reconnus par les noss elles-mêmes comme étant aptes à guider le peuple d'Anaëh. Et je puis vous assurer qu'avoir le titre est loin d'être suffisant, d'où la proposition de les inclure dans la régence. Et si mes mots ne vous suffisent pas, réfléchissez seulement à ceci : à quoi cela peut-il rimer d'avoir un "meneur d'Anaëh" si moins de la moitié des Elfes le considèrent comme tel, et donc que moins de la moitié des Elfes qui pourraient aider à avoir une victoire sur les Drows et à récupérer Eraïson accepteront de réellement s'unir derrière ce même chef ?


L'arrière-goût d'énervement était passé, la volonté de faire comprendre le problème et une peine prenant réellement le cœur de Neraën. Il se souvenait de cette première bataille contre les Drows, de ce qu'elle avait donné malgré le fait que l'Armée d'Ellyrion ne soit composée que de soldats unis. Alors si ce n'était plus le cas entre les différents guerriers ? Inutile de s'étonner que le front soit stagnant.

- Mais il n'est pas à moi d'imposer quoi que ce soit. Je me suis permis de prendre dès le début la parole afin de signifier à tous que le vote que nous allons faire sous peu aura un impact concernant notre politique interne, en-dehors de nos seules cités, et ainsi éviter de perdre du temps en proposant cette option plus tard. Nullement pour ouvrir un débat de longue durée. Si le Haut-Conseil souhaite garder la même idée qu'initialement prévue, je ne m'opposerai pas plus. Par contre je lui conseillerais de choisir une personne non seulement capable de prendre des décisions difficiles et de mener un peuple dans une guerre, mais également capable de se faire reconnaître et respecter en tant que tel par les noss."

Puis il se tut, et ferma les yeux afin de prier silencieusement Kÿria d'aider les différents protecteurs, lui compris, à faire le bon choix. Dans la salle s'installa le silence et la tension était moins palpable. Le fait que le seigneur-protecteur d'Eteniril ait posément nuancé ses propos tout en concédant le fait que sa demande pourrait ne pas aboutir calma la plupart des plus belliqueux. Qu'ils prennent sa dernière prise de parole pour une marque de faiblesse s'ils le souhaitent, Neraën s'en fichait royalement. Il était juste réaliste, ce serait l'entièreté du Haut-Conseil qui déciderait, pas une ou deux personnes. Et puis, de toute façon, s'il voulait que ses comparses intègrent l'idée qu'il faudrait peut-être un jour arrêter les conflits actuels en usant de la politique, le seul moyen qu'il possédait était de laisser aux autres le choix après avoir exposé son idée.


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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Lun 28 Déc 2015 - 1:27

Halyalindë expira doucement lorsque Anorn puis Kalen empêchèrent le débat de déraper. Reconnaissante, elle desserra lentement les mâchoires. Elle se savait le sang trop chaud pour être aussi efficace qu'eux lorsqu'il s’agissait de calmer les esprits. Mais elle nota mentalement les réactions diverses qui avaient lieu autour de la table et l'importance d'aborder sérieusement le problème Noss en conseil. Si même Kalen trouvait que ce n'était pas une mauvais idée, c'était vraiment qu'elle ne s'exprimait pas assez ouvertement et clairement sur le sujet.

Enfin... Elle aurait bien aimé pouvoir en parler une autre fois... Mais Nearen ne semblait pas disposé à s'arrêter, confirmant la première impression rustaude qu'il venait de donner... Et sûrement dans l'esprit de beaucoup de Protecteurs, le fait que les anciens militaires ne devaient entrer dans le Conseil qu'avec parcimonie

Cette fois, Halya se redressa calmement sur son siège, les deux mains posées sur le cercle de pierre, sans dire un mot. Jusqu'à ce que le tout nouveau protecteur ait fini de déverser sa verve. Elle n'imaginait pas qu'un homme élu depuis si peu de temps se lancerait frontalement contre le Conseil tout entier, avant même s'en avoir saisit les codes et les subtilités. Mais visiblement c'était le cas et le nombre d'aberrations racistes bien-pensantes qu'il prenait pour de l'ouverture d'esprit était tout aussi effarant.

Dans le silence qui s'installa quelques secondes à la fin de sa tirade, la Protectrice expira une nouvelle fois à fond. Kalen la connaissait assez pour savoir à quel point elle se retenait de faire le moindre commentaire... Surtout au sujet des Noss.

« Merci d'avoir renoncer a prendre cet assemblé en otage, Neraën. L'attention que vous portez aux Noss est toute à votre honneur. Ils seront ravi de voir un Citadin leur tendre gracieusement la main. J'espère d'ailleurs voir prochainement les fameuses troupes d'Eteniril se joindre au Front et aux milliers d'elfes des clans qui ont déjà accepté de coopérer avec nous. »

L'attaque était féroce, quoi qu'entourée de satin... Et encore fallait-il comprendre à quel point les Noss étaient différents et peu intéressé par les actions des cités pour en comprendre toute la porté. Mais elle avait trop longtemps souffert de l'inactivité des Protecteurs qui retenaient leurs soldats chez eux tout en donnant des leçons et de leur dédains envers des Noss. Supporter un tel discours était d'autant plus difficile qu'il paraissait de bonne foi.
Le discours d'un Citadin dans toute sa splendeur qui prenait les Noss pour un seul peuple, une masse d'elfe sous-évolués qui n'attendaient que la charité des Citadins pour participer à une politique qui n'avait aucune emprise sur eux et suivre un chef sous prétexte qu'il était issu d'une lointaine tribu qu'ils ne connaissaient même pas de nom. Voilà ce à quoi elle venait d'assister. Un homme qui ne regardait ses semblable que de son point de vu, sans pouvoir imaginer d'autres possibilités de rassemblement que pousser d'autres cultures à agir comme la sienne. Alors mieux valait qu'elle ne s'attarde pas sur cette idée.

Au moins, la remarque acerbe la soulagea tout de même assez pour que son dos retrouve un peu de souplesse. Elle retint tout de même un léger soupire en apercevant le sujet qu'elle se devait d'aborder à présent.

« Mais puisque nous pouvons maintenant commencer, et que nous avons attaqué par les sujets qui fâches, me permettez-vous de mettre fin à une rumeur avant de reprendre nos débats ? »

Elle attendit de voir quelques sourcils se levés et quelques têtes se hocher toujours aussi raides, avant de continuer. Après tout la plupart n'étaient plus à cela près...

« Quelque soit vos opinions sur les Noss, certains d'entre vous ont entendu dire que j'avais moi même une filiation avec les clans et peu ont eu une réponse clair. Jusqu'ici il ne me paraissait pas judicieux de m'exprimer officiellement sur ce sujet mais étant donné la passion qu'il semble déchaîner, j'ai peur que certains d'entre vous voient mon silence comme une mesquinerie. Le sujet d'aujourd'hui est trop grave et je ne veux prendre en traître aucune de vos valeurs. Oui ma mère était issue d'un clan. Elle a quitté sa Noss natale pour intégrer l'armée d'Ardamir et a périt à Ellyrion pour sauver d'autres vies. Oui je suis fière de mon maigre héritage mais j'ai fait ma vie dans les Cités. A vous de voir si cela change quoi que ce soit à l'honneur que vous m'avez fait en me proposant de siéger à vos côtés, mais qu'aucun d'entre vous n'imagine une quelconque honte de ma part. »

Et un abcès de crevé. Des visages se renfrognaient, d'autres s'ennuyaient, d'autres paraissaient plus intrigués qu'affectés et d'autre enfin regardaient autour d'eux pour voir qui était dans quelle catégorie. Les réflexions personnelles allaient sûrement bon train...

« Je vous rend la parole, Anornedellon. Navrée d'avoir dû ajouter ce genre de considération familiale à un débat qui devrait être centré sur les capacités et les idées personnelles de chacun... »

« Si je puis me permettre, ajouta la voix aigrelette de la Protectrice d'Eryndolen, l'idée du Protecteur d'Eteniril me semble loin d'être sote, pourquoi ne pas élire également un reflet Noss à notre Régent dans les ennéades à venir ? Cela stabiliserait sûrement les relations internes et nous permettrait de reprendre les reconstructions de nos murs sans que les Noss les plus virulents s'en prennent aux carrières.
-Mais vous n'y pensez pas ! Les noss n'ont pas la moindre idée du travail que représente l'administration d'une Cité. Ils ne seraient qu'une gène, s'ils ne profitent pas de ce statut pour nous détruire de l'intérieur.

« Sans vouloir vous offenser, qu'un Conseil exclusivement constitué de citadin choisisse un Noss apte à représenter tous les clans est impossible. Quel elfe de Noss viendrait se proposer jusqu'ici ? Quelle Noss suivrait un tel elfe ? Même si l'idée d'une politique partagée voit le jour, qu'elle soit bonne ou mauvaise, les clans devront choisir eux même leur représentant, et cela ne pourra se faire que lorsque nous-même, citadins, aurons un représentant stable. Alors je vous en prie, ne nous égarons-plus.»

La représentante d'Ardamir, à côté de ses deux sièges vides, appuya sa dernière phrase d'un regard véritablement impliqué malgré son ton cassant. Elle avait été froide, elle le savait, mais se perdre en faux problèmes ne serait jamais une solution et elle avait du mal à voir s'égarer tous ces hauts personnages. Puis son attention se posa sur Anorn, faisant abstractions des autres pour se recentrer. Elle lui sourit à demi, comme elle aurait put lui demander de vive voix de prendre le relais. Quelqu'un devait bien commencer alors autant que ce soit l'une des quatre personnes à s'être proposé, elle n'avait que trop monopolisé la parole... Et elle ne voulait pas continuer sans avoir pris le temps de se calmer un peu.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Sam 2 Jan 2016 - 18:17


Anorn pouvait sentir sans peine une désapprobation certaine de la part de Neraën, lorsqu'il voulu s'excuser pour lui. Il savait que ce dernier risquait de ne pas apprécier, mais tout ceci allait bien plus loin que cela. Ils étaient réuni pour élire un régent, non pas pour changer toute l'organisation de leur hiérarchie. Ils n'étaient pas entrain de discuter de leurs opinion, lors d'une grande réunion, chacun n'avait pas à hausser le ton pour faire entendre sa voix. Ils étaient ici pour une seule et bonne raison. Certes le sujet qu'il voulait aborder était intéressant. Certes l'organisation politique était sans doute à revoir. Mais pas maintenant, pas aujourd'hui, pas lorsque la situation était si urgente ! Son explication, et ses excuses mirent un léger baume au cœur d'Anorn, mais qu'il reste tout de même sur ses positions le chagrinait légèrement. Feraient-ils cela qu'à moitié, s'ils n'élisaient qu'une personne ? Bacleraient-ils leur tâche s'ils n'essayaient pas de renverser les choses ? Certainement pas. Les paroles de Neraën faisaient sens, et il était évident qu'un meneur issu des cités n'aurait aucun impact, aucune légitimité sur les noss. Seulement, il était bien trop tard, ou trop tôt, pour penser à cela. L'urgence dont ils faisaient les frais ne leur permettait pas de renverser totalement les choses. C'était une situation qui devrait s'instaurer sur la durée, quelque chose qui ne pouvait être réalisé à l'instant. Et donc une perte de temps, ainsi qu'une agitation provoquée non souhaitable. Le sujet étant houleux, Anorn ne se fit pas prier pour relever les réactions de chacun, mais il désapprouvait totalement la manière dont il avait été abordé. Peut-être avait-il tort, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que ce n'était pas là la meilleure idée de la journée.

Cependant, lorsqu'il eut fini, on ne s'attarda pas plus là dessus, Halyalindë prenant la parole pour faire avancer les choses. Comme elle le lui avait dit quelques ennéades auparavant, elle s'entreprit, en ses termes, de faire taire toute rumeur quant à sa mère. Cela lui fit plus de peine qu'autre chose, parce qu'il estimait qu'elle n'avait pas à se justifier ainsi à propos de sa vie privée. L'origine de ses parents étaient de l'ordre du personnel, et il était triste et regrettable qu'on en arrive à de tels propos, seulement dans le but de calmer les esprits. Ils étaient censés être au dessus de cela, au dessus de leur motivations personnelles lorsqu'il s'agissait de prendre une décision qui faisait seulement appel au bon sens. Mais certains ne pouvait l'être, visiblement, et cela était d'une grande tristesse. Finalement, elle lui donna la parole. Elle attendait de lui qu'il continue la cérémonie, qu'il relance le véritable sujet de leur présence ici, chose à laquelle il ne s'attendait pas réellement. Certes il savait qu'il allait devoir parler, qu'il allait devoir défendre ses idées, et expliquer à chacun pourquoi il était apte à occuper la fonction de régent, selon lui. Mais si vite ? Cela le prit légèrement au dépourvu, sans pour autant qu'il n'en montre un seul signe.

 - Merci Halyalindë. Je suppose que la parole m'est donnée pour que je m'exprime au sujet de ma candidature, si je peux l'appeler ainsi.

Il n'aimait pas réellement le terme, même si c'était sans doute le plus adapté. Le problème était qu'il n'avait pas l'impression de concourir pour quoi que ce soit, qu'il n'avait pas l'impression de devoir surpasser ses pairs, de devoir être meilleur qu'eux pour gagner quoi que ce soit. Il pensait seulement être une des personnes les plus aptes à occuper cette fonction, mais ce n'était que son avis. Pas celui des autres, peut-être pas celui de chacun.

 - Je ne sais par où je devrais commencer, peut-être en vous expliquant pourquoi je me sens apte à occuper une telle fonction. Vous devez sans doute déjà me connaître, pour la plupart. Pour les autres, je suis Anornedellon Nedi Lûcannui, Seigneur Protecteur de la Quatrième Saison depuis maintenant trois siècles. Cette fonction m'a donné une certaine expérience en politique, que je pense non négligeable, j'ai été amené à prendre presque toutes sortes de décisions, et je sais comment fonctionnent les choses. Au moins lorsqu'elles se rapportent à la politique, précisa-t-il d'un ton légèrement plus enjoué. Si je me suis levé, c'est tout d'abord parce qu'il me semble assez important que notre peuple ne soit pas, temporairement ou sur un plus long terme, représenté par le premier venu. J'entends par là par quelqu'un qui n'aurait pas l'expérience, l'ouverture d'esprit, et la capacité de jugement nécessaire à la fonction. Cette dernière demande évidemment une certaine dévotion envers le peuple elfique, et ensuite, une certaine force mentale, et une aptitude à prendre des décisions rapidement, qu'elles soient évidentes ou non. Comme l'a rappelé Neraën, nous sommes en guerre, et s'il est facile de l'oublier ici, loin du Front, ce n'est pas une raison pour le faire. L'absence d'autorité centrale a jusqu'à ce jour porté préjudice à nos frères et à nos sœurs, nous n'avions plus réellement d'union, de coordination entre chaque partie de notre peuple. Et c'est ce que nous allons ramener à la fin de ce conseil.

Maintenant que les priorités étaient établies, maintenant qu'il avait exposé à tous la vision du régent qu'il avait, il était temps de faire cette chose qu'il détestait le plus, soit se vendre. Il n'allait pas monopoliser la parole, ni même faire un long discours. Les critiques fuseraient bientôt, les questions aussi. Et ils y répondraient tous, tous les quatre. Ceux qui s'étaient présenté, et ceux qui se seraient vendus. Mais c'était sans doute pour le bien de son peuple, et se taire en espérant que chacun remarque ce qu'il n'aurait pas dit était plutôt une mauvaise stratégie.

 - Je ne sais encore ce qui importe le plus pour vous, je ne sais ce que doit représenter le régent à vos yeux. Vous me le direz certainement, mais j'aurais quelques petites choses encore à ajouter. Il est important à mes yeux que vous sachiez que je connais le poids de cette tâche. Je connais les risques qui en incombent, et malgré cela, je présente ma candidature. Parce qu'il m'est insupportable de voir notre peuple partir ainsi à la dérive, il m'est insupportable de penser que je peux y faire quelque chose, et que la lâcheté peut-être, m'en empêcherait. J'ai été confronté à certains événements qui m'ont été douloureux au court de ma vie, comme beaucoup d'entre vous j'imagine, et ils m'ont rendus plus fort, plus conscient des choses, de leur nature réelle. Et c'est ce que j'aimerais mettre à votre service. J'aimerais que tout un chacun puisse profiter de mon vécu, de mon expérience, et de mon savoir. Y a-t-il plus noble but que de me mettre au service de mon peuple ? Je ne pense pas.

Parler des Noss, parler du Front, parler des sombres, il n'en avait rien fait. Pas encore. Parce qu'on était toujours dans cette partie de la conversation où chacun évalue l'autre, où les décisions ne sont pas prises, et où la politesse est toujours de mise. Viendrait certainement un moment où tout ceci disparaîtrait, où l'on ferait tomber les masques pour éviter de se tromper dans une décision si importante. Ce moment n'était pas venu. Alors inutile d'attiser les différents.

 - Je m'arrêterai ici pour l'instant. Je me doute que vous puissiez avoir des questions, des critiques, des remontrances. Mais si vous le voulez bien, je redonnerai maintenant la parole à l'un de ceux qui se sont levés en même temps que moi. Une fois qu'ils auront exposé chacun leur point de vue, il va de soi que nous pourrons ouvrir les débats, et la discussion.

Il ne savait si Halyalindë allait reprendre derrière lui. Ou si au contraire, ce serait un de ceux qui n'avaient pas fait encore entendre leur voix.

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Estiam Faerin : Bah j'ai très envie d'Anorn mais j'essaie d'être réaliste quand même

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Kalendrilh Fandoreth
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 5 Jan 2016 - 23:55

À quoi bon s’excuser quand l’on savait très bien que nos propos dérangeaient tout le monde? On ne pouvait logiquement pas reprocher à quelqu’un de vouloir faire entendre son point, mais il fallait aussi faire preuve de bon sens quand venait le temps d’ouvrir la bouche. Il y a des choses beaucoup plus urgentes et cette assemblée extraordinaire ne s’était pas réunie pour parler de la question des Noss. Kalen écouta poliment, mais l’agacement était visible sur son visage marqué de cicatrices. Il ne quittait pas des yeux le trouble-fête, refrénant une envie d’être beaucoup plus tranchant dans sa réaction. Évidemment, il ne voulait rien imposer, mais il faisait clairement sentir son désaccord allant jusqu’à sous-entendre que le Haut Conseil avait tort de vouloir continuer sur leur idée initial. De son côté, Kalen ne cachait pas sa méfiance envers les Noss. Il ne leur faisait pas confiance et ils n’étaient à ses yeux que des sauvages hantant les forêts. Ils étaient vicieux et imprévisibles. Toutefois, il savait que les Drows les menaçaient tout autant que les habitants des cités. La question des Noss était inévitable, mais elle était nettement moins urgente et meurtrière que les armées Drows prêtes à les écraser.

Le regard de Kalen glissa vers Halya. Il la connaissait suffisamment bien pour savoir qu’elle devait avoir du mal à garder son calme. Elle s’était adoucie avec le temps, mais il se souvenait encore de l’elfe prenant soudainement la parole pour mettre fin à un échange interminable entre deux Protecteurs. Elle avait aussitôt regretté son geste et s’était profondément excusée, mais Kalen n’avait pas été choqué de son geste. Il est vrai qu’il ne s’y attendait pas, mais l’idée exprimée n’était pas sotte et avait effectivement aidé les deux Protecteurs à avancer. Pour un elfe, Halya était impulsive. Sa capacité à réagir rapidement face à une situation tendue faisait d’elle un bon choix au titre de régent, mais elle avait avoué elle-même prendre parfois des risques trop importants. Mettre sa propre vie en danger est une chose, risquer celle de toute une armée en est une autre. Les soldats sont prêts à mourir pour défendre leur terre, mais ce n’est pas une raison pour se lancer aveuglément au combat. Il est possible de défendre et protéger la liberté de nos semblables sans mourir.

Son regard se posa ensuite sur Anorn qui parla des raisons de sa candidature. Toujours silencieux, il l’écouta s’exprimer sur les qualités que devra avoir le régent. Sur ce point, il était tout à fait d’accord avec lui. Il fallait quelqu’un de fort pour unir ce peuple depuis trop longtemps divisé entre les citées. C’est facile pour un protecteur de s’occuper simplement de ses petites affaires entre les murs de son palais, ignorant totalement ce qui pouvait se passer au-delà des murs. Kalen l’avait vécu. Mera, encastrée dans sa gigantesque caverne, se trouvait naturellement isolée du reste. Il pourrait très bien rentrer chez lui et garder ses frères et sœurs à l’abri, mais il savait que cette idée n’était pas viable à long terme. Si la guerre était perdue, Mera deviendrait un ilot de paix fragile avant d’être englouti définitivement dans les ténèbres. C’est pourquoi il était ici à cette assemblée afin de remplir son devoir et se montrer digne du rôle qu’on lui avait confié.

— Anorn, je ne doute pas un seul instant que tu sois capable de remplir cette fonction. Comme tu l’as dit, il faut quelqu’un capable de prendre les décisions. Je sais bien que le problème « Noss » est bien présent, mais je pense qu’il est nettement moins urgent que celui des Drows. De toute façon, certains d’entre vous savent déjà mon point de vue sur la question des Noss et je ne tiens pas à y revenir. Ce n’est pas le moment de toute façon. Nous sommes ici pour choisir un régent. Il nous faut un pouvoir fort, sans quoi nous serons incapables de prendre des décisions critiques. De toute façon, comment envisagez-vous de parlementer avec les Noss sans avoir de consensus dans le Haut Conseil? Il ne faut pas bruler les étapes.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 12 Jan 2016 - 17:00

Les deux protecteurs qui s'étaient levés purent enfin prendre la parole. Pour Erhiond, l'avenir était simple : Après la défaite drow, la suprématie des Cités et le développement de nouvelles inventions pour rendre leur frontière durablement hermétique. Une autarcie totale, autant pour les extérieurs que pour les elfes. Plus d'exploration de jeunesse et plus de retour possible lorsqu'on franchissait la frontière de la forêt Un accord de tous les protectorats frontaliers pour garder des troupes importantes mobilisées en permanences.
D'un âge incertain, l'homme aux cheveux blonds parlait d'une voix calme et ferme tout en gardant un sourire affable sur les lèvres. Ses yeux presque noirs passaient d'un protecteur à l'autre avec une sorte de tendresse dans le regard. Tous le connaissaient depuis longtemps comme un homme concerné et compatissant. La plupart avait même pu apercevoir plus d'une fois sa femme et ses trois enfants lors de précédents Conseils... Mais ses idées extrêmement tranché en refroidissait plus d'un.

Malgré le mouvement d'humeur qui avait de nouveau secoué l'assemblée à l'annoncent de ses idées futures, il continuait de parler avec aplomb, sans s'énerver, expliquant chaque point, chaque partie de son idée, aussi bien sur la nécessité de tous se regrouper en force pour vaincre les drows qu'à propos de l'importance de protéger durablement ce qu'il restait de leur peuple et de leur culture citadine. Habilement, il survola la question Noss en rappelant qu'alliés ou non, ils n'avaient pas les même savoirs que les elfes de pierre et que tout savoir était une étincelle légué par les anciennes générations : un don qu'il fallait faire prospérer.

Nöenis était bien plus austère... Mais bien plus modérée. Les premiers mots qu'elle prononça furent pour refuser net d'aborder le sujet des Noss. Cela ne pouvait être qu'une décision collégiale qui a son sens n'avait pas lieu d'être avant que les elfes noirs ne soient totalement repoussés hors d'Anaëh. A part ce détail, ses mots étaient très proches de ceux employés par le Protecteur de la Quatrème Saison... Mais sur un ton si différent que l'intention qu'elle faisait passée était tout autre.  Sa voix grave tranchait avec son corps menu et sa petite taille mais elle n'avait rien à envier aux plus charismatiques de se confrères tant sa présence était remarquable.

L'esprit analytique de la vieille elfe avait mainte fois prouvé ses capacités. On murmurait qu'elle était la seule Protectrice qui avait prévue une attaque drow sur Alëandir lorsque, trois siècles auparavant,  on avait repérer des mouvement près du Lac d'Uraal et que c'était grâce à sa prévoyance que le siège avait été si court. Elle savait prendre en compte un très grand nombre de facteur et prendre les décisions qui s'imposaient pour les siens... Même contre l'avis du Haut-Conseil auquel elle s'était ouvertement opposé à plusieurs reprise... et rarement à tord.

Les heures s'égrainaient sur des visions et des tactiques. Des précisions pragmatiques et des envolées rêveuses. Le tout entrecoupé de questions pour réussir à cerner au mieux les visées et le caractère de ces Protecteurs que certains semblaient tout à coup découvrir pour la première fois.

Durant tous ces premiers échanges, plusieurs points avaient grandement surpris Halya. Le premier de tous était la rapidité avec laquelle tous s'étaient plus ou moins mis d'accord sur le fait qu'il n'était plus possible de laisser le Front en l'état, même ceux qui étaient pris par d'importants conflits internes. La majorité des Protecteurs prenaient enfin le risque au sérieux. Après des mois à se disperser et se perdre en conclaves, ils venaient chacun avec la volonté d'agir, même un peu.

Ne serait-ce que cela était un trésor au combien réconfortant. Kal et elle avaient remué assez de boue pour y trouver quelques pépites.

En suite il était clair que, même si le titre que l'on s'accordait à donner aujourd'hui était celui de Régent, nombre de personne présentes semblaient se tourner en grande partie vers les plans qu'avaient les candidats (à défaut d'un meilleur terme) pour leur peuple une fois la guerre terminée. Elle en avait elle-même et ce n'était pas une mauvaise chose de s'informer... Mais une chose lui apparaissait de plus en plus clairement.

Lorsqu'on lui demanda à son tour d'entrer dans la danse, elle était bien plus détendue qu'au début de leur réunion... Et peut-être un peu plus hésitante, bien qu'elle sache le cacher sans problème.

« Et bien... Je ne peut qu'approuver ce que nos confrères ont déjà dit. Nous avons besoin de quelqu'un de droit, de dévoué, qui soit capable de prendre des décisions difficile pour le bien commun. Mais nous avons également besoin d'une figure qui soit capable de fédérer les nôtres. A mon sens, en temps de paix, le pouvoir réside dans les mains de toutes les personnes assises autour de cette table. Dans les faits, chacune de nos Cité est indépendante et n'a de compte à rendre à aucune autre. C'est par une volonté commune de réunion et d'entraide que nous nous réunissons ici au nom de nos Protectorats respectifs. Et c'est par cette même volonté que les Protecteurs prennent des décisions collégiales depuis des Cycles. Notre monarque est alors quelqu'un d'avisé, approuvé pour sa sagesse et capable d'attendre le temps nécessaire ou la bonne convergence pour prendre la meilleur décision possible ou aiguillé les décisions du Conseil sur le long terme.

L'importance de connaître une voix qui puisse rapidement réorienter les débats, trancher dans des impasses ou hiérarchiser nos priorité est toute autre en temps de crise. Comme aujourd'hui. Et c'est pour cela que je me suis levée. Pour la régence, non la royauté.

Je veux dire par là que si j'endosse ce rôle, je ne m'engage que pour la durée de la guerre et rien de plus. Aujourd'hui, j'ai peur que nous ne retombions dans nos vieux travers avant que la question des drows ne soit véritablement réglée. Que nous recommencions à vouloir attendre et voir, se concentrer sur l'intérieur d'Anaëh et nos projets futurs plutôt que de poser les questions les plus difficiles. Et j'estime qu'il aurait été lâche de taire cette crainte pour la satisfaction générale. »


« Mais si vous ne vous pensez pas prête à assumer la couronne, comment pouvez-vous penser être apte à supporter ce poids pendant la régence. »

« Je n'ai pas dit que je ne m'en sentais pas capable, seulement que trop de choses se passeront d'ici la fin des combats pour que nous puissions avoir ne serait-ce que la plus petite idée de ce que nous serons alors. Je tenais à rappeler que le Conseil aura a statuer sur l'identité de notre monarque après que les drows aient été repoussés hors de nos frontière. Pour l'instant, nous devons justement choisir quelqu'un capable de les repousser.
Je ne vous cache pas ma volonté de favoriser le rapprochement entre les Noss et les Cité et je ne peux que rappeler comme les autres, l'importance d'agir ensemble dans le même but sans se laisser bêtement guider par une seule personne.

Vous semblez l'avoir tous compris : cette guerre est différentes de toutes les batailles que nous avons connues depuis cinq Cycles. Des milliers d'entre nous ont été massacrés et il suffit d'avoir posé les yeux sur le visage souriant de certains de nos soldat alors qu'il achevaient des ennemis à terre, d'entendre la Symphonie bouillonner de rage et de peur près de la frontière ou aux alentours d'Eraison, pour qu'un nom vienne à l'esprit. Le Linoïn.

Même lorsque nous auront repoussé les drows, ils n'auront pas tout à fait perdu si les nôtres voient leur cœur aussi marqués par la guerres que les Exilés en leur temps.

Nous aurons deux mission dans les années à venir, que nous le voulions ou non. Vaincre les drow sera sans doute la plus aisée si tous ici présent, nous comprenons l'importance d'en finir. Mais la seconde sera bien plus difficile car ce sera la haine elle-même qu'il faudra vaincre.

Cela peut paraître insensé, et je ne vous demande pas de ne plus considérer les elfes noirs comme nos ennemis. Mais n'oublions pas ce qu'ils ont été car c'est ce que nous risquons de devenir. C'est la soif de vengeance et l'incompréhension, l'inaction des nôtres qui a relâcher cette soif de sang sur le monde. Cette fois nous ne pourrons pas exiler ceux qui voudront voir mourir jusqu'au dernier drow. Et que ferons nous ? »


Un sujet presque tabou venait d'être abordé. Les langues se déliaient. Les mains s'agitaient. Le ton montait, invectivant à droite à gauche. La tension était palpable.

« S'il vous plaît... C'est n'est bien sûre que ma seule opinion mais j'essaie juste de rappeler à quel point le fait de penser à ce qui se déroule ici et maintenant est capital. Nous en sommes tous témoins et nous y participons tous, le Haut-Conseil à tendance à prévoir toujours plusieurs dizaines de coups d'avance. Mais cette fois, nous n'en aurons pas le temps autant que nous le voudrions.
Je ne demande aucun de vous de se précipiter, seulement de réfléchir à l'identité de la personne la plus apte à supporter la responsabilité de la crise que nous traversons. »


Une nouvelles fois, les langues se délièrent. Moins âpres cependant. Préférant sans doute remettre le parallélisme sous le tapis le temps de pouvoir y penser clairement par devers soit. Chacun échangeait à voix basse avec quelques voisins, partageant de rapides points de vue sur la question. Mais dans les murmures des uns et des autres, la question qui avait été posé à voix haute revenait souvent.

Après tout, n'est-ce pas risqué de ne considérer un régent que sur ses capacités de gestion de crise ? Un monarque qui bénéficierait de la reconnaissance du peuple grâce à la défaite des sombres n’assiérait-il pas bien mieux sont autorité, et par la même rendrait une cohésion plus facile à tenir sur le long terme ? Un régent seulement choisit pour la guerre ne risquait-il pas d'aller trop loin, de risquer trop de chose sachant qu'il ne serait pas celui qui devrait sortir de l'ornière après coup ?

A contrario, d'autres restaient plutôt silencieux, réfléchissant visiblement aux implications et à la probabilité des événements qui venaient d'être évoqués. D'autre encore hochaient vigoureusement la tête en trouvant d'autres arguments à la nécessité d'un choix uniquement basé sur la situation actuelle.

Puis les questions plus habituelles reprirent d'elles même... Et à leur tours les questions de long terme. Les traditions ne s'effaçaient jamais vraiment.

A la fin de la mâtiné, un certain engouement se dessinait en faveur des deux plus âgés. Mais après une courte pause... plus les questions affluaient et plus il était clair que si Noënis était d'une efficacité redoutable dans l'ombre de ses confrères et possédait un esprit plus aiguisé que les meilleurs lames de leurs officiers, elle préférait agir seule que prendre du temps à fédérer au risque de voir toute une stratégie tomber à l'eau. Ainsi les questions des modérés s'adressaient de plus en plus aux représentants de la Quatrième Saison et d'Ardamir.

Lorsque la lumière du soleil déclina au dessus de leurs têtes, la séance fut ajournée et les portes se rouvrirent pour libérer tout ce beau monde.

Épuisée mais pas mécontente de sa première journée, Halya passa quelques instants avec Kalendrilh  pour se détendre avant d'écourter rapidement les discussions qui s'effilochaient dans le couloir pour retourner auprès de sa fine équipe. Après un débriefing rapide avec Medherith, elle se retrouva enfin seule avec un Randil à deux doigts de l'implosion sur les bras. Pas de sortie ce soir là, mais elle savait que le lendemain, elle n'y couperait pas : le ventre de la bête crierait famine. A la place, elle dirigea ses pas jusqu'au sanctuaire de Kÿria.

Étrangement, plus elle participait à ce genre d'événement, plus elle avait du mal à les supporter... Mais c'était la première fois que cela lui apparaissait aussi clairement. L'atmosphère calme des lieux l'aidait à réfléchir et Randil semblait également de meilleur humeur, parcourant l'endroit d'un pas sautillant, humant l'air avec curiosité. Les yeux de sa mère le suivaient distraitement.

Elle était venu avec des idées bien arrêtées et le désire de faire ce qu'il fallait pour la guerre qui était en train de se dérouler. Mais discuter durant toute la journée avec les Protecteurs lui avait bien plus apporté qu'elle ne le pensait. Après avoir oscillé plusieurs fois d'un côté à l'autre de la balance, il était temps qu'elle fasse enfin un choix raisonnable et durable. Un choix qui serait le sien, libéré d'Ellyrion, d'Uraal, d'Eraison et même de Blanchamp. Le premier qu'elle allait prendre depuis longtemps.





Le lendemain, lorsque les pas affluèrent de nouveau vers la salle du Haut-Conseil. Halya était à l’affût d'un visage bien précis... Qu'elle trouva sans trop de peine.

D'un pas souple, elle se glissa jusqu'à Anorneddelon, saluant rapidement ses accompagnateurs.

« Excusez mon attitude cavalière mais puis-je vous emprunter une seconde ? »

S'excusant une seconde fois auprès de ceux qu'elle venait d'interrompre, elle s'écarta de quelques pas avec le Protecteur de la Quatrième Saison.

« Parlons à cœur ouvert, l'heure n'est pas aux sous-entendus. Pour l'instant, le Conseil tourne en notre faveur, mais à ce rythme, il faudra encore une ennéade pour nous départager, sans même parler d'Erhiond. Aussi j'ai besoin que vous me répondiez sincèrement et sans détour. »

Sa voix était posée, sans empressement, insensible à l'expression d'Anorn. Mais avec un pareil discours certains auraient certainement crus qu'elle était là pour demander à un confrère de se retirer. Peut-être faire un arrangement qui les satisferaient tous deux.

« Je pense que vous ferez un bien meilleur souverain que beaucoup d'entre nous, moi comprise et de très loin. Mais l'inaction et l'abus de prudence ont déjà gagner les plus sages d'entre nous. Je ne peux me résoudre à risquer une fois de plus les vies des quelques personnes qui auront conscience du danger pour la sécurité de tous. Alors laissez moi vous poser deux questions.
Si un druide était près à vous conseiller, prendriez-vous le temps de l'écouter même si tout le Conseil était contre vous ? Et pouvez-vous me donner votre parole que vous mettriez tout en œuvre pour repousser les drows hors de nos frontières avant tout autre chose ?

Je ne vous demande pas de grands discours, pas d'explications, juste une réponse en l'état actuel des choses. Oui ou non. Je saurai à quoi m'en tenir. »


Le visage de Halya était toujours aussi calme... Sans être tout à fait ce masque de neutralité qu'elle présentait lorsqu'elle devait prendre des décisions de manières objectives. Elle scrutait le regard de son interlocuteur, écoutait attentivement son ton, plus, peut-être que ses mots. Lorsque le point final fut posé, elle porta sa main à son cœur, à ses lèvre, inclina gracieusement la tête puis s'écarta d'un pas en s'excusant de lui avoir voler ces quelques instants avant de s'évader en rappelant dans le Conseil les attendait tout deux.

De nouveaux, ils étaient tous réunis et les débats reprenaient.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 12 Jan 2016 - 22:53


Il bouillonnait. Sincèrement. Qu'était cet individu, qui sans compter le fait qu'il se permettait de rompre les traditions de la sorte, osait amener un débat tout autre ? Qui était cet importun protecteur tout juste chargé de sa fonction ? Et comment pouvait-il seulement se permettre d'appuyer sa proposition d'inclure les noss dans leurs histoires ? Jamais il n'avait vu cela ! Jamais il n'aurait pu seulement l'imaginer ! On lui avait toujours inculqué que les traditions n'étaient pas transmises pour rien et il était persuadé que ses professeurs avaient absolument raison. Perdre les valeurs qui étaient les leurs, d'autant plus pour se rapprocher d'Elfes étranges qui ne cherchent qu'à les embêter avec leurs manies et leur extrémisme, ne ferait que mener les cités à leurs pertes. Et si déjà cela était inconcevable, en temps de guerre contre les Drows il n'était pas question d'y penser. Ah, le protecteur était bien en peine de voir que cet elfe - à qui il ne pouvait même pas attribuer comme excuse de faire partie d'une plus jeune génération, au contraire - voulait ébranler le Haut-Conseil en n'en faisant qu'à sa tête. Mais était-ce si surprenant que cela ? S'il était bien connu que les Elfes de Daranovar ne savaient qu'obéir aux ordres sans réfléchir, il était tout aussi bien connu que les Elfes du Nord et notamment ceux d'Eteniril n'en faisaient qu'à leur tête sans montrer le moindre tact possible. Des militaires, tous autant qu'ils étaient. Il ne fallait pas aller chercher plus loin.

Le protecteur, âgé d'environ six cent cinquante années, sourit lorsque les autres répliquèrent. Ils lui donnaient tous raison à lui, renvoyant paître ce grand idiot aux cheveux blancs. Lui se tut, il ne voyait même pas l'intérêt d'essayer de répondre à ce seigneur-protecteur qui en plus, disait-on, était ancien chef d'armée - d'ailleurs il se demandait comment pouvaient survivre des armées de protectorat avec un gus comme lui... enfin ce n'était qu'une question de temps, de toute façon. Le dénommé Neraën eut un brin d'intelligence en ne continuant pas plus sur sa lancée. Limite, le protecteur était surpris par cela et se demandait si l'autre n'avait pas quelque chose dans la tête de plus dangereux encore... enfin si cela pouvait exister ! Quoi qu'il en soit, ceux qui se présentaient purent parler dorénavant en toute liberté, présenter ce qu'ils comptaient faire, leur point de vue et ce qui devait avoir lieu lors d'un haut-conseil fait en bonne et due forme.

De temps à autres lors des différents débats de la matinée, il regarda plus ou moins discrètement son comparse d'Eteniril et, après quelques heures, se demanda si cet elfe était vraiment normal. Il ne parlait pas, ou du moins très peu, semblait sonder tout le monde de ses yeux glaciaux et se concentrer... sur quoi et par rapport à quoi ? Il avait bien envie de lui poser la question, mais il n'était pas l'heure à des sarcasmes mérités et l'étrangeté du personnage ne lui donnait pas spécialement envie. Lorsque l'heure vint de faire une pause une fois le soleil à son zénith, l'elfe ne put que remarquer la sensation de fatigue qui se dégageait de l'autre malgré le fait qu'il essayait de la cacher. Cela aurait presque pu marcher... s'il n'était pas devenu aussi pâle.


~~~~~~


Falaedhel regarda Telleran en cachant son inquiétude : pour faire partie de ceux qui connaissaient le mieux Neraën - enfin... avec lui tout était relatif - il commençait à s'inquiéter de l'état de celui-ci. Au départ, le fait qu'il ne participait plus au débat était compréhensible puisqu'il avait tendance à observer et à apprendre bien plus par la gestuelle et les réactions que par la parole. Mais qu'il se taise autant, qu'il semble même complètement "ailleurs" alors que les différents protecteurs ne pouvaient s'empêcher de parler à voie basse entre eux n'était pas habituel. Au contraire, il était bien plus de ceux qui écoutaient lors de ces moments particuliers et répondaient de façon succincte. Le commandant n'avait pas envie d'attirer plus l'attention sur son protecteur qu'il ne l'avait déjà fait. Aussi ne s'approcha-t-il pas de lui. Il se tenait cependant prêt à agir à tout moment si son état empirait. A un moment, le regard de Neraën s'arrêta sur le peu de végétation qui se trouvait au centre de la pièce et sembla se sentir mieux. Telleran était de son côté absorbé par le Haut-Conseil en lui-même, devant certainement avoir ses oreilles grandes ouvertes afin d'entendre le maximum de choses. Ce n'était pas plus mal ainsi.

Enfin le conseil se termina pour la matinée, laissant ainsi aux différents protecteurs le temps de manger et de discuter avec leurs conseillers. Falaedhel s'approcha silencieusement et posa la main sur l'épaule de son protecteur tout en se penchant pour lui murmurer à l'oreille.

"Neraën ?
Au bout d'un moment les yeux de l'elfe le regardèrent, lui donnant l'impression que l'ancien militaire n'était qu'à moitié présent.
-Oui ?
-Viens, tu réfléchiras à tout ça lors du repas. La route fut longue."


Ou comment faire comprendre au principal intéressé qu'il s'inquiétait plus de son état qu'énonçait la vérité. La route fut longue... ou plutôt tu es trop fatigué, va te reposer. Sans plus dire un mot Neraën se leva, le visage plus ferme que jamais, et se dirigea sans protester vers les quartiers qui lui avaient été attribués. Les deux conseillers le suivirent et, une fois rentrés dans la pièce principale, s'assirent à la même table que le mage de l'esprit. Un silence pesant, c'est tout ce qu'il en résultat. Jusqu'à ce que Neraën aille se coucher.

"Bon...
-Tu serais capable d'expliquer ce qu'il s'est passé ? C'est la première fois que je le vois aller dormir de lui-même.
-Ca ne m'étonnerait pas qu'il ait eu du mal à contrôler le flux pendant le haut-conseil : à un moment je me suis concentré sur lui, j'ai pu ressentir qu'il l'utilisait.
-Ca lui ait déjà arrivé lors d'un conseil ?
-Non. Du moins je ne l'avais jamais ressenti - après je ne suis pas spécialisé dans l'immatériel.
-Et merde...
-On l'a choisi avec ce défaut !
-Et pas que... en attendant j'aimerais bien savoir ce qui ou qui l'a mis dans cet état, parce que ça m'étonnerait que la seule réaction des autres protecteurs l'ait touché à ce point."


Une certaine colère pointait dans le regard de Falaedhel.


~~~~~~


Alors que les protecteurs rentraient progressivement dans la salle du Haut-Conseil, Telleran alla directement voir la prêtresse qui à nouveau s’assiérait au centre du cercle. Il s'inclina, lui parla quelques minutes, s'inclina à nouveau lorsqu'elle lui fit un signe de tête et alla s'installer à la place de son protecteur après avoir touché deux mots aux protecteurs qui l'entouraient. Pourtant, il n'expliqua pas exactement ni explicitement ce qu'il se passait mais savait assez manier les mots pour ne pas trop soulever d'interrogations. Neraën Yeldoreï, Seigneur-Protecteur d'Eteniril, ne serait pas présent au Haut-Conseil en cette fin de journée. Tous le remarquèrent, le mage fit comme si cela était normal.

Lors de l'après-midi il évita de trop poser de questions, puisqu'il n'était pas lui-même protecteur, et écouta énormément.


~~~~~~


"Bougre d'imbécile regarde-moi, regarde-moi !


Neraën eut du mal à fixer du regard celui qu'il pouvait presque considérer comme un ami. Il était déboussolé, ne savait même dans quel monde il était, avait aussi froid que chaud... Il tremblait sans pouvoir se contenir. Tétanisé. Pourquoi la magie l'avait-elle prise ? Pourquoi ce rêve et surtout pourquoi une telle intensité ? Il ne savait pas, ne savait plus, n'avait plus aucune notion de rien. La main de Falaedhel tenait fermement son visage alors que l'autre faisait en sorte que son corps déjà assis à même le sol ne tombe pas plus bas. Le commandant lui parlait, mais il n'entendait pas. Il se passa un moment comme ça. Puis le militaire se leva rapidement, attrapa un verre qui trainait sur la table d'à côté et en jeta en pleine figure le contenu rouge. Neraën clignota des yeux et sembla enfin retrouver ses esprits.

-Merde tu m'as fait peur, vieux. Tu me comprends maintenant ?"

Neraën hocha affirmativement la tête et se laissa s'adosser contre le mur. Que s'était-il passé ? Il ne saurait le dire. Mais il ressentait l'âme de Falaedhel être inquiète, bien plus qu'il ne l'avait jamais ressentie. Parce qu'il n'arrivait plus à voir son comparse sous sa forme physique... il était devenu à son tour un être de lumière, comme pouvait l'être Anorn.

Ils continuèrent à "discuter", Falaedhel se chargeant d'obliger son confrère à boire et à manger - après lui avoir quand même renversé de l'eau sur la tête pour rincer son visage, ce qui si ça n'eut pas grand effet apparent fit un bien fou au protecteur. C'était la première fois que le militaire voyait Neraën "rêver" et c'était également la première fois qu'il avait la preuve que certaines rumeurs étaient vraies. Le malade, lui, refusa catégoriquement de parler de quoi que ce soit concernant ce qui avait été un véritable cauchemar.

L'après-midi passa, puis le soir. En début de nuit Neraën se força à sortir afin de prendre l'air. Il était bouleversé, n'acceptait que de parler du conseil en lui-même et s'était renfermé sur lui-même. Qu'est-ce qui lui avait traversé l'esprit ? Personne n'était capable d'avoir le moindre indice.



Le lendemain matin, Neraën fut à l'heure au Haut-Conseil, en avance même. Certains protecteurs furent étonnés de le revoir et vu la façon dont certains le regardaient, plusieurs avaient se faire des idées peu avantageuses sur la raison de son absence de la veille. Il vint s'excuser auprès de la prêtresse pour son absence improvisée de la veille et prit le temps de parler aux protecteurs affiliés à Eteniril. S'il semblait un peu fatigué, il était loin de montrer la pâleur de la veille. C'était déjà un bon début. Il hésita à aller informer Anorn que son problème provenait du lien magique qu'il entretenait avec lui et qu'ils avaient certainement déstabilisé en cherchant qu'est-ce que cela pourrait leur apporter, cette chose soit-disant unique en son genre. Le fait qu'Halyanlindë aille directement trouver le mage de la vie et que tous les protecteurs s’asseyaient le dissuadèrent d'essayer. Du moins pour l'instant, puisqu'il faudrait bien qu'il aborde un jour ce sujet avec lui.

Les débats reprirent, Neraën écouta plus qu'il ne parla - même si Telleran lui avait dit tout ce qu'il devait savoir. Ses yeux et ses oreilles étaient aux protecteurs, son esprit était à la végétation qui se trouvait au centre de la table. Calme et sereine, elle était comme un roc sur lequel il pouvait s'appuyer pour ne pas déraper à nouveau. C'était en tout cas beaucoup moins troublant que d'avoir l'impression de lire dans l'esprit de tout à chacun, se retrouver avec toutes les paroles et pensées d'autrui résonnant dans sa tête et encore pire, de voir, entendre et respirer comme s'il était dans le corps d'Anorn.
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Anorn
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mer 20 Jan 2016 - 21:03


Le conseil se déroulait plutôt bien, jusqu'à ce qu'il ressente quelque chose d'assez étrange. Quelque chose de viscérale, de profond, et surtout quelque chose d'inconnu. Il n'était pas habitué à ressentir si intensément les choses, et cela le bouleversa légèrement. Il pensa d'abord à un malaise passager, peut-être un manque quelque part, ou un dysfonctionnement ailleurs, mais lorsqu'il sonda rapidement son corps, il s'aperçut que ce n'était pas physique, que la gêne n'était pas causée par quelque chose de palpable. Une bouffée de chaleur s'empara soudainement de lui, et il toussa discrètement pour masquer son inquiétude. Que se passait-il ? S'il n'était pas physiquement mal, il ne restait que le mental. Et il savait qu'il n'était pas mentalement malade. Une deuxième fois, il prit le temps de s'ouvrir au flux, pour essayer de régler ce problème qui devenait de pire en pire. Cela allait devenir difficilement supportable, et surtout très compliqué à masquer complètement. Lorsqu'il prit le temps de se concentrer un peu plus, de se couper légèrement de ce qu'il se passait autour de lui, sans pour autant en avoir l'air, il le sentit. Neraën. Il pouvait sentir son aura si étrange, sa signature si particulière. Un rapide coup d'oeil vers lui lui confirma ses craintes. Son visage était assez pâle, trop fermé par rapport à d'habitude. En premier lieu, il n'osa pas lui attribuer la gêne qu'il ressentait, parce que cela lui paraissait trop gros, trop simple, ou plutôt, impossible. Ils avaient un lien, certes, mais de là à ressentir ce que l'autre ressentait ? Non, cela lui semblait peu probable. Et s'il n'arrivait pas à se convaincre durant le Haut Conseil, la pause qu'ils prirent pour déjeuner l'y aida fortement.

Alors qu'il était attablé, avec les protecteurs de ses terres particulièrement, il eut un léger pincement au cœur. Il ne releva pas de suite, se disant que cela n'avait rien d'anormal, et que ce n'était pas forcément lié à ce qui s'était passé dans la salle du conseil. Sauf que quelques instants plus tard, il se sentit comme vidé soudainement, comme si une grande partie de son esprit s'était envolé, n'avait jamais existé. Son visage se figea, trop peu de temps pour que quelqu'un le remarque, mais il sut que le temps d'un instant, il n'avait put bouger. Pas même s'il l'avait voulu, pas même s'il l'avait du. Et si tout ceci s'estompa aussi vite que c'était arrivé, Anorn en gardait tout de même un goût assez amer. Parce qu'il savait à présent que cela venait de Neraën, que tout ceci venait de lui, et non pas de l'archimage. Que ce dernier n'avait pas particulièrement un problème. Mais il pouvait sans peine ressentir lorsque l'autre n'allait pas bien. Il voulut quitter la table pour chercher le Seigneur Protecteur d'Eteniril, mais le malaise s'étant estompé, il présuma que cela n'avait pas grand intérêt. Il aurait plus affolés ceux qui ne se doutaient pas de grand chose, qu'aidé Neraën. Il aurait tout de même une discussion avec lui suite au Haut Conseil, parce qu'il se devait de lui partager cela. C'était assez déconcertant pour qu'ils prennent le temps d'en parler.

***

Finalement, la journée s'acheva sur une pause. Chaque prétendant s'était exprimé sur leur vision des choses, et les débats étaient allés bon train. On discutait beaucoup des opinions de chacun, et surtout de celles d'Halyalindë et d'Anorn. Lui écoutait plus qu'il ne participait, mais autour, les protecteurs ne se privaient pas pour alimenter la discussion. Lorsqu'il quitta la salle, ses pensées étaient plus claires que jamais. Ils allaient devoir prendre rapidement une décision, sans quoi ils se perdraient facilement dans des débats sans fond ni forme, et qui ne souffraient pas réellement de solution. Le choix se précisait peu à peu, et demain, il pensait pouvoir parvenir à un résultat définitif. En sortant de la salle, il put récupérer ses gardes, non sans un léger soupir de résignation. Il trouvait toujours et encore cette idée complètement absurde. Mais peut-être devait-il s'y habituer, peut-être le gênaient-ils parce qu'ils étaient sans cesse dans son champs de perception, et qu'il devait se faire à leur présence constante et plutôt rapprochée. Le chemin jusqu'à l'endroit où il logeait avec sa femme fut assez court, et bientôt, il fut à nouveau avec elle. Il échangea un moment sur ce qu'il s'était passé dans la journée, avant de lui exprimer son souhait de se reposer. La journée avait été chargée, et il avait besoin de repos avant de pouvoir retourner au conseil le lendemain.

 - Quoi qu'il arrive, vous prendrez la bonne décision, tu le sais n'est-ce pas ? Je ne pense pas que vous puissiez tus vous tromper quant au régent que vous mettrez en place. Ais confiance, tout ira bien, lui murmura-t-elle.
 - Tu as raison, je suis sans doute trop peu confiant, je ne devrais pas tant douter. De toutes façons, tout devrait être fini d'ici demain. Viens te coucher, lui répondit-il en lui tendant la main.

Arwain l'attrapa, un sourire aux lèvres, et il la tira contre lui. Ses bras vinrent l'enlacer, et il put profiter pleinement de sa proximité. Elle avait certainement passé la journée dehors, en lisière d'Anaëh, parce qu'elle avait cette odeur si caractéristique de la Prime Forêt, légèrement recouverte par celle plus âcre de la fumée. Sans doute à cause du marché qu'elle avait du traverser pour revenir jusqu'ici. Il se demandait ce qu'elle avait bien pu faire lorsqu'il sentit sa main bouger doucement contre son torse. Ses doigts s'évertuaient à redessiner les lignes de ses os, notamment celles de sa clavicule. Elle lui murmura une question, à laquelle il répondit par l'affirmatif. Il devait réellement dormir. Même s'il était de ceux qui ne se reposaient plus tellement, le lendemain s'annonçait plus compliqué que n'importe quelle autre journée. Certainement plus gourmande en énergie aussi. Il n'arrêta pas pour autant sa main, profitant de la douceur de sa peau contre la sienne. Lui avait machinalement commencé à caresser son dos, laissant sa main se perdre plus loin qu'il ne l'aurait voulu. A cet instant, il se sentit jeune à nouveau. Il avait trois cent ans, était plein d'espoir, et n'avait aucune responsabilité, si ce n'était de mener sa vie à bien. Le corps de sa femme se fit plus pressant contre le sien, et il faillit se laisser aller. Mais il ne pouvait pas, et à contrecœur, il arrêta les vas et vient de sa main, la laissant reposer au milieu de son dos, et il lui souhaita une bonne nuit. Il savait qu'elle était déçue, quelque part. Qu'elle aurait aimé qu'il cède, au moins cette fois. Même si elle savait que ce n'était que partie remise, que ce n'était pas parce qu'il le voulait, mais parce qu'il le devait. La nuit risquait d'être longue pour elle, et elle se lèverait certainement bien avant lui. Il la connaissait. Elle ne pouvait dormir tant qu'elle avait quelque chose en tête. Et elle avait bel et bien quelque chose en tête, on ne pouvait en douter.

***

Anorn arriva, comme à son habitude, en avance le lendemain matin. Il avait entrepris de discuter avec le protecteur de Carrobrelian, notamment à propos des Noss. Cela n'était clairement pas à son goût, et il savait qu'il n'allait pas le mettre en de bonnes conditions ainsi, mais il était important pour lui que ce problème ne se règle pas ici. Qu'il ne fasse pas d'esclandre face à tous, uniquement pour tenter de convaincre les autres que son point de vue était le seul et unique viable. Il lui assura donc qu'ils en reparleraient en Quatrième Saison, lors du prochain conseil, et qu'il n'était donc pas nécessaire d'aborder la chose aujourd'hui, comme il avait apparemment prévu de le faire. Anorn venait tout juste de finir lorsque que Halyalindë vint le voir pour lui parler un instant, avant que la cession d'aujourd'hui ne commence. Elle s'excusa en l'interpellant, chose à laquelle il répondit par un geste de la main, lui signifiant qu'elle n'en avait pas besoin. Il avait terminé sa conversation, elle ne le gênait pas du tout. Commençant par une constatations simple, un résumé éclairé du conseil qui se déroulait, elle intrigua quelque peu Anorn. Il se demandait bien quelle était sa demande, parce qu'il était certain qu'elle était venue lui demander quelque chose. Autrement, elle n'aurait pas cherché à l'intercepter si rapidement, ni à l'écarter des autres. Allait-elle lui demander d'accélérer la cérémonie ? D'amener doucement, mais fermement les elfes réunis autour de cette table à prendre une décision rapidement ? Si tout ceci tournaient effectivement en leur faveur, il restait l'aîné, et peut-être pensait-elle que grâce à cela, il avait bien plus de poids. Il n'en était certes pas convaincu, mais il ne voyait pas bien pourquoi elle aurait voulu le prendre à part, si ce n'était pour cela. Les questions qu'elle lui posa finalement le laissèrent un instant perplexe. Les réponses lui paraissaient si évidentes qu'il fut surpris qu'on ne les connaisse pas déjà.

 - Si un druide était prêt à me conseiller, il va de soi que je l'écouterais. Que le conseil soit pour ou contre, même si je pense qu'il n'a pas son avis à donner à ce sujet, cela ne changera absolument rien. Et je peux vous promettre que repousser les drows hors d'Anaëh serait ma priorité.

Il avait fait concis, comme elle le lui avait demandé. Il ne s'était pas perdu en explications aussi longues qu'inutiles, certainement parce qu'il avait été surpris. S'ils avaient eu plus de temps, il aurait sans doute pris la peine de s'expliquer, et de lui notifier son étonnement. Mais le conseil allait certainement reprendre bientôt, et il préféra aller s'installer plutôt que de la retenir pour s'épandre sur un sujet qui n'en avait pas besoin. Les débats finirent par reprendre lorsque la séance d'aujourd'hui fut ouverte, mais ces derniers revenaient encore et toujours aux mêmes sujets, tirant sans cesse les mêmes conclusions. Quand on essayait un temps soit peu d'en trouver une. Il laissa passer la matinée, n'intervenant que lors de discussions vues et revues, et lorsqu'il se réunirent à nouveau après une courte pause déjeuner, Anorn prit la parole :

 - S'il-vous-plait, commença-t-il en attendant le silence.  Cela fait maintenant une journée et demie que nous discutons à propos de la régence. Que nous nous posons certaines questions, et que nous échangeons nos avis à ce sujet. Nous sommes ici dans une réunion d'urgence, et si ordinairement les choses se déroulent plus lentement, il est évident qu'aujourd'hui est un jour un peu particulier. Les débats se répètent, et les mêmes conclusions viennent à être tirées. Je pense que là est le signal. Il serait bon de se décider, au moins partiellement, si ce n'est totalement, avant la tombée de la nuit. J'aimerais rappeler que le régent qui sera mis en place n'aura pas forcément une place définitive à la tête du Royaume, mais cela reste tout de même une possibilité. Il ou elle ne sera pas parfait, ne répondra pas à toutes vos attentes, ne sera pas comme chacun aimerait qu'il ou elle soit. Il s'agit là de choisir au mieux, et surtout, de choisir rapidement. Demain matin au plus tard, nous aurons un régent.

Lorsqu'il se rassit, les chuchotements et les remarques fusèrent bon train. Il était certain que cela ne plaisait pas à tous, mais il se devait de rappeler l'état d'urgence. S'il ne le faisait pas, il était certain que le Haut Conseil durerait encore une paire d'ennéades.

_________________


Estiam Faerin : Bah j'ai très envie d'Anorn mais j'essaie d'être réaliste quand même

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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 26 Jan 2016 - 1:28

Le début de la journée avait été exactement comme la veille : une succession de questions de plus en plus pointues entrecoupées de débats d'idée à la limite du hors sujet. Mais cette fois, elle ne s'était pas impliquée. Répondant avec application lorsqu'on s'adressait à elle, elle ne posa pas une questions, ne rectifia pas une réponse. Elle observait. Elle écoutait. Elle orientait parfois les débats sur un sujet ou sur un autre mais laissant d'autres le mener.

Elle posait sur l'assemblée le même regard qu'au plus intense de ses combats. Son esprit s'activait hors du temps même si son corps ne pouvait pas l'exprimer. Chacun et chacune avait ses tics, ses sujets tabous, sa façon d'aborder un problème. Elle ne connaissait pas la moitié d'entre eux aussi bien qu'elle l'aurait voulu, mais son instinct ne la trompait pas. Politique ou non, elle se devait de ne pas l'oublier et de lui prêter l'attention qu'il avait mérité après tant d'année de bon et loyaux services. Et c'est là que le bat blessait.

Car Anorn lui avait répondu exactement ce qu'elle avait besoin d'entendre. Il n'avait pas fait dans le verbeux. Il n'avait pas esquivé, pas délayé. Sa raison lui disait qu'elle avait déjà fait l'erreur de laisser d'autres qu'elle prendre les décisions concernant le Front. Son cœur lui rappelait à quel point cela avait coûté cher... Une Cité entière : Eraison. Le bon sens même lui disait qu'Anorn était un homme de parole et de principe... Mais pas qu'il était un homme d'action.

Elle repensa à leur discussion... Peut-être avait-il compris qu'elle mette au clair ses ascendances en voyant le regard que lui avait jeté le Protecteur de Carrobrelian ? Enfin... Ce n'était pas le plus important et de loin. Au lieu de la légère offuscation qu'elle aurait put lire sur ses traits, il avait presque été étonné de ses questions. Non de leur ton ou de leur côté directe, mais plutôt de leur contenu. Il avait répondu comme s'il énonçait une évidence et ses yeux ne cachaient pas la moindre réserve. Il était totalement sincère... Et bien plus consensuel qu'elle ne pouvait l'être pour des Protecteurs traditionalistes.
A leur yeux il avait de son côté l'âge, l'expérience de protecteur et la rondeur des mots. Le fait qu'elle soit sollicité dans les débats presque à l'égal d'un tel Protecteur montrait à quel point les efforts qu'elle avait fournis ces dernières années, et principalement après la disparition de Dyarque, avaient été visibles. Au moins toutes les missives qu'elle avait pris le temps d'écrire pour mobiliser les protecteurs malgré l'absence de souverain n'avaient pas été vaines...

Lors de la pause déjeuné, elle s'était sentie bien plus libre de parler, s'intégrant à ceux qu'elle n'avait pas particulièrement l'habitude de côtoyer pour ces quelques instants plus détendus. Elle avait prit une dernière fois le temps d'observer, riant de bon cœur pour détendre l'atmosphère.

En arrivant, elle pensait que la lâcheté à ne pas commettre était de se reposer de nouveau sur les décision d'un autre pour en finir avec cette guerre, quitte a aller contre ses propres désirs et ses propres expériences. Elle portait le destin du Peuple avant tout... Mais son instinct lui disait qu'elle faisait une erreur. Que quelque chose n'allait pas... Et il avait raison.

Lorsqu'ils entrèrent de nouveau en conseil et qu'Anorn prit la parole, invitant fermement les protecteurs à se presser sans provoquer un soulèvement général des plus conservateurs, elle sourit. Presser ainsi les débats n'était clairement pas avantageux pour lui... En poussant les plus traditionnels dans leur derniers retranchements, il favorisait même énormément la candidate qui ne prétendait au trône que le temps de stabiliser la situation et avait clairement établit cette limite. Pourtant il l'avait fait, parce que c'est ce qu'il convenait de faire. Lorsqu'il se tue, elle n'attendit pas que les débats reprennent.

« Puis-je ? »

Contrairement aux derniers Conseils, elle avait la certitude d'une chose : elle avait la capacité de faire de bonnes choses pour tous. Elle s'était prouvée à elle-même de quoi elle était capable en tant que Protectrice autant qu'en tant que Commandant. Elle se savait capable de reprendre la main si le Haut Conseil démissionnait de nouveau. Ce qu'elle avait hésiter à faire ces derniers mois, elle le ferait. Elle ne laisserait pas les elfes sombrer. Elle avait appris de leurs erreurs et elle saurait les pallier si jamais le besoin s'en faisait sentir...

« Vous avez raison, Anornedellon. Les débats ne pourront être entretenus aussi longtemps que nous le voudrions. C'est pourquoi, si le Conseil y consent, j'aimerai me retirer des personnes envisagées pour prendre la charge de Régent. »

Un certain murmure accompagna sa déclaration. Elle leva la main pour obtenir le silence de ses confrères, sa voix toujours aussi calme et son visage décontracté. En premier lieu, cet acte allait sûrement être mis sur le compte de sa jeunesse, d'une inconstance chronique ou que savait-elle encore, mais rien n'aurait été plus faux.

Rester pied et points liés par les hautes sphère de la politique loin des profondeurs d'Anaëh n'était pas sa voie. S'obstiner n'apporterai rien de bon à qui que ce soit s'il y avait une meilleur solution.

Elle laisserait mourir une partie d'elle en restant entre les murs d'une cité de pierre. Ne serait-ce qu'y rester le temps de ce conclave était difficile, alors des décennies, peut-être des siècles... Quitter Ardamir... Quitter cette proximité avec la forêt... Elle en oublierait qui elle avait été.

Faire confiance a quelqu'un était bien plus difficile que se décider à porter elle-même le fardeau, surtout après des déconvenues au conséquences si lourdes. C'était un risque plus grand pour tout le monde, elle la première. Mais le courage était peut-être là justement. Laisser un autre porter ce poids lorsqu'on sentait que l'on pouvait être plus utile, plus efficace, d'une autre façon.

« Mon choix n'est pas précipité, et ma candidature ne l'était pas non plus. Je pense toujours être plus apte à fédérer rapidement notre peuple, Noss et Cité, tout comme je pense pouvoir chasser plus rapidement les sombres d'Anaëh. Mais nous l'avons souligner plus d'une fois : la Régence ne s'étend pas qu'à cela et une victoire assurerait un pouvoir stable à celui qui sera en place à ce moment là. La raison nous apprend à observer les faits et à s'appuyer sur notre expérience pour en tirer des conclusions appropriées. »

Consciente d'avoir toute l'attention du Conseil, elle se leva calmement, se coupant toute retraite. Son visage était paisible et clair, même si objectivement ce qu'elle faisait lui coûtait.

« En quelques heures, Anornedellon nous a plusieurs fois montré qu'il était non seulement capable d'avoir une vue d'ensemble de la situation, mais également de recadrer les débats lorsque cela s'avérait nécessaire. Vous tous, nous tous l'avons écouté. Il a montré qu'il est capable de reconnaître les priorité du moment et établir des limites. N'est-ce pas là agir en Souverain ? »

Abandonné était plus difficile qu'il n'y paraissait... surtout pour elle. Se battre jusqu'à ce que les forces vous abandonne pour quelque chose de juste est facile. Mais composer en permanence, trouver un compromis, ne jamais être la main mais seulement la tête, voilà quelque chose de plus complexe... Et bien déléguer est encore bien plus dur et demande autant de confiance en soit qu'en les autres.

« Je suis assez sûre de moi, assez folle diront certains, pour me porter volontaire. Mais pas assez pour que mon orgueil obscurcisse mon jugement. »

Elle inclina la tête face à l'assemblée.

«  Je suis navrée de vous mettre face à un tel revirement en cours de débat. Mais comme je l'ai dit, si le Conseil l'accepte, je souhaite me retirer. Et si les Protecteurs choisissent de suivre mon choix de vote, je ne pourrai qu'en être honorée. »

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Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

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Kalendrilh Fandoreth
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 26 Jan 2016 - 2:39

Malgré ce léger dérapage en début de session, tout se passait étonnamment bien. C’était peut-être l’urgence de la situation qui motivait les Seigneurs protecteurs à se concerter le plus rapidement possible pour éviter les débordements. Il est rare de voir une telle unité se créer aussi vite, mais Kalen était content. Il avait l’impression que ça allait fonctionner. Du moins, ça ne serait pas faute d’avoir essayé sinon.

Plongé dans un profond mutisme, le protecteur de Mera observait la scène autour de lui. Les débats étaient intéressants, mais il n’avait pas l’impression d’avoir quelque chose à dire. Il avait fait part de ses intentions depuis le début : il allait suivre le leader choisi, peu importe qui ce serait. Toutefois, à entendre tout le monde parler avec autant d’énergie, il se sentait perdu comme s’il n’était pas du tout à sa place dans cette salle. Avec les évènements des dernières années, il s’était replié sur lui-même, laissant de côté les affaires du royaume des Elfes pour se concentrer sur les problèmes à l’interne. Ainsi, en les voyant parler avec autant de vigueur, Kalen se demandait vraiment s’il méritait encore sa place en tant que protecteur. Il donnerait sa vie sans la moindre hésitation pour protéger les siens et son dévouement serait sans faille, mais… L’elfe se mordit la lèvre et soupira longuement. Kalen était épuisé, il avait hâte que la journée s’achève pour se retirer dans ses appartements.




Le soir venu, l’elfe était sur le balcon de sa chambre à observer le ciel. Il se perdit dans la contemplation des étoiles, prenant plaisir à identifier les constellations qui se dessinaient en points scintillants sur le bleu profond de la nuit. Il n’y a pas ça à Mera. Nichés dans une caverne, ils n’ont accès qu’à de trop petites ouvertures sur le plafond pour permettre l’observation du ciel. Pour essayer de tromper les sens, des cristaux avaient été ensorcelés pour rappeler les étoiles et éclairer les rues de cette ville atypique. Toutefois, même si le résultat est très beau, il ne pouvait rivaliser avec l’éclat époustouflant de la nature. C’est pourtant Kalen profitait de chacun de ses déplacements pour observer le ciel, en particulier la nuit. Tout était si paisible. Personne ne venait le déranger une fois la lune levée. Il pouvait alors réfléchir en toute quiétude aux décisions qu’il devait prendre. Ce soir, tout particulièrement, le choix allait s’avérer difficile. Deux elfes qu’il estimait beaucoup se présentaient pour prendre la régence. Chacun avait ses forces et ses faiblesses, mais ils étaient tous les deux brillants et parfaitement capables de prendre le rôle. Toutefois, il ne voulait pas vexer l’un en favorisant l’autre. C’est pourquoi il devait choisir avec sagesse et ne pas laisser ses sentiments personnels embrouiller son esprit. Kalen sait bien qu’ils seront compréhensifs, surtout s’il est capable d’appuyer sa décision avec des faits indiscutables.

— Que dois-je faire? Pendant un instant, la décision me semble être l’évidence même et la seconde d’après, je me retrouve dans un épais brouillard…

Malgré son envie de solitude, il aurait aimé avoir le point de vue de quelqu’un de l’extérieur, quelqu’un qui n’était pas lié au Haut Conseil… La présence de son fils lui aurait été d’un grand secours. Il aurait aimé pouvoir discuter avec lui, avoir son opinion sur la question ou même parler de tout et n’importe quoi. Il avait envie de parler, mais il n’y avait personne pour le faire. Il ne pouvait tout de même pas aller toquer à la porte d’Anorn ou d’Halya, ça aurait été totalement déplacé.

Kalen retourna dans sa chambre pour découvrir un membre de son escorte posté près de la porte. C’était un gentil elfe sensiblement plus jeune que lui qui avait été désigné à son service le temps du voyage. Il devait faire tout ce que Kalen lui demandait et ses tâches étaient plutôt variées même si elles consistaient principalement à envoyer les missives du protecteur et veiller à ce qu’il mange correctement. En temps de grand stress, il arrivait à Kalen d’oublier de se nourrir, trop absorbé par ses problèmes.

— Que pensez-vous de tout cela?
Demanda subitement Kalen, son regard braqué sur son compagnon.

Visiblement, il ne s’attendait pas à ce qu’on lui adresse la parole de cette façon, car il sursauta en portant la main à sa poitrine.

— Quoi? Mais… heu… Je ne sais pas à quoi vous faites référence, Seigneur.


Il le congédia d’un signe de la main.

— Oubliez cela. Je suis fatigué, je vais aller dormir. Vous pouvez sortir. Apportez-moi le petit déjeuner aux petites heures demain. La journée va être longue à l’image de celle d’aujourd’hui…

L’aide s’inclina avant de quitter la chambre, laissant Kalen à lui-même. Plus tard ce soir-là, alors qu’il était incapable de s’endormir, le protecteur en vint à une décision…




Le conseil reprit le lendemain là où il s’était arrêté la veille. Une fois de plus Kalen se contenta d’écouter avec attention la nature des débats qui s’y déroulaient. Rapidement, les discussions finirent par tourner en rond. C’était inévitable, surtout quand chacun restait camper sur ses positions et refusait de bouger. Il fallait que quelqu’un cède sinon ils y seront encore la semaine prochaine. C’est Anorn qui lança le signal d’alarme à la grande satisfaction de Kalen. C’est alors que quelque chose d’aussi inattendu que soudain se produisit. Pour être franc, il ne s’attendait pas à ce que ça arrive. Halya est réputé pour son impulsivité, mais également son obstination. Si quelqu’un risquait de tenir tête, c’était bien elle. Toutefois, l’âge semblait lui avoir donné la maturité qui lui manquait cruellement à l’époque. Elle décida de se retirer, laissant ainsi le champ entièrement libre à Anorn pour devenir régent. Malgré la surprise, c’était peut-être la meilleure décision de la journée. Qui oserait la contredire, surtout après le brillant plaidoyer que livrait Anorn depuis deux jours. C’est lui qui devait être régent et personne d’autre. C’était à cette conclusion qu’il était parvenu pendant la nuit alors que le sommeil lui faisait défaut. Dès l’aube, il savait déjà à qui son vote était destiné.

— Halya, malgré toutes ces années, tu réussis encore à me surprendre. Sans aucun doute, tu aurais été capable de remplir ce manda, mais tu as raison : Anorn nous a démontré plus d’une fois qu’il était le mieux placé pour le faire.


Espérons maintenant que cette bande de vieux croutons ne prennent pas la mouche devant la décision d’Halya. Malheureusement, ils étaient bien capables de le faire.

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Fineldor Elwëndrion
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 26 Jan 2016 - 19:48

Cela faisait un long moment déjà que la réunion entre les seigneurs protecteurs avaient débutés. Il sembla même qu'une décision commenca à poindre. Devant les portes de la vaste salle, un messager se présenta. Il était manifestement très fatigué. Sa tenue, à l'origine d'un bleu nuit, avait subit les affres du climat. Il ne fut que brièvement arrêté, quoiqu'à plusieurs reprises, pour comprendre la raison de sa venue. Lorsqu'il s'expliqua en montrant le nécessaire pour prouver ses dires, on le laissa passer. Il arriva finalement devant la vaste porte. Prenant son souffle, il sembla hésiter, mais finalement il poussa l'un des battants, et entra. La salle était magnifique. Les gravures sur les murs étaient d'un ouvrage sans pareil, se mêlant aux plantes qui donnaient libre cours à leur croissances. Plusieurs larges fenêtres éclairaient la salle dans un éclat tel que chaque être et objet présent semblait en rayonner de lui même. Les prêtresses et les protecteurs étaient assemblés autour de la vaste table, chacun en sa place. Chacun venant prendre sa place sur la grande Etoile à Sept branches. La réunion des protectorats du Trône Blanc.
Plusieurs sièges étaient vides. Et c'était bien pour cela que le messager avait été autorisé à entrer. D'allure noble, il était pourtant bien en decà de celles et ceux qui lui faisaient face. De taille moyenne, ses cheveux châtains quelques peu ébourrifés tombaient jusque sous ses épaules. Ses bottes comme ses vêtements portaient les traces du long voyage qu'il avait eut à effectuer. Après une profonde révérence, il marqua un temps d'arrêt, puis se décida finalement à prendre la parole.

«Seigneurs protecteurs, mes excuses pour cette interruption. Je suis porteur d’une missive qui vous est destinée.  Il ne m’est pas autorisé de l’ouvrir, aussi la laisserai-je entre vos mains. »


Il posa sa lettre sur le meuble le plus proche, fit une nouvelle révérence empreinte de respect, et quitta la salle. Sa mission était réalisée, et il n'en était que soulagé. Quant à la lettre, écrite dans de belles courbes et d'une encre d'un bleu sombre, elle avait été rédigée de la main de l'un de ceux qui étaient en ce jour absent dans cette vaste salle.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 26 Jan 2016 - 22:16


La matinée se passa correctement. Comme on pouvait s'y attendre les protecteurs parlaient entre eux un peu dans tous les sens et Neraën, au beau milieu de tout ça, fit en sorte de ne pas partir sur de longs débats. Il préférait éviter de trop se concentrer dans une relation interpersonnelle afin d'éviter que quelque chose de malencontreux n'arrive - comme la veille, par exemple. Le bout de verdure au centre de la pièce était le roc sur lequel il s'agrippait, et pourtant c'était un rocher qu'il craignait. Son cauchemar était encore trop ancré dans son esprit et la peur lui tiraillait le ventre à certains moments sans qu'il n'y ait de raison apparente, le déconcentrant alors et lui faisant risquer d'à nouveau entendre les pensées des autres ou en moins pire les discussions tenues de l'autre côté de la salle. Ce qui l'avait empêché d'être présent la veille en fin de journée l'épuisait encore, lui donnant parfois l'impression que son âme glissait vers un gouffre sans fond et qu'elle se disperserait à travers le flux. C'était bête, entièrement psychologique, mais il n'y pouvait rien. Et il comprit à plusieurs regards que ses "malaises passagers" étaient visibles par les protecteurs les plus proches de lui, c'est-à-dire ceux du nord d'Anaëh. Mais personne n'en fit rien. Et il valait mieux qu'il en soit ainsi.

Au cours de la matinée, Neraën put comprendre que ses propos avaient été globalement mal interprétés la veille. Tant pis, il n'allait pas s'en formaliser. De toute façon il comptait bien suivre le chemin qu'il avait commencé à emprunter, quoi qu'en disent les autres protecteurs. Et il se fichait éperdument de ce qu'on pouvait penser de lui. Ce qui comptait le plus, en cet instant, était l'avenir d'Anaëh ; comment ils allaient la protéger. Et s'il ne fallait y avoir qu'un seul régent, le ou laquelle ils choisiraient. Pour l'instant l'assemblée qu'ils formaient étaient bien partis pour tout d'abord élire une personne juste pour le temps de la guerre, avant de prendre le temps d'en ré-élire un une fois la paix revenue - parce qu'il ne fallait surtout pas les brusquer, comme toujours... un conseil d'urgence leur semblait déjà être trop. Et après c'était lui le vieux ? -. Au fil des heures le choix se portait de plus en plus entre Anornedellon et Halyalindë. Deux personnes capables de prendre en main l'Anaëh côté cités, selon lui, mais qui avaient des défauts complémentaires... notamment pour une situation de guerre. Choix difficile donc, auquel l'ancien militaire réfléchit encore lors de la pause du midi (pause qu'il bénit tant il avait besoin de se reposer, d'ailleurs).

Concernant l'après-midi, la prise de parole d'Anorn était tout à fait à son goût. Faire bouger les choses, rappeler l'urgence de la situation et arrêter les discussions qui finissaient toujours par revenir au point de départ. Par contre celle d'Halyalindë... le surpris sincèrement. Il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'elle décide de retirer sa candidature afin de mettre en avant son confrère plus âgé. Etait-ce une bonne chose ? Il n'en savait rien. Tout ce qu'il savait était que la personne pour il penchait le plus concernant la nomination d'un régent temporaire. Pas qu'il n'avait aucune confiance en Anorn, loin de là ; il devait même être celui qui ressentait le mieux la capacité de l'elfe millénaire à devenir régent. Mais ce qu'il manquait à Anorn était une simple chose : même s'il avait connu la guerre, il n'avait pas appris à diriger comme peuvent le faire ceux de l'armée. Et en temps de guerre, Neraën pensait qu'avoir été au coeur des combats et avoir soi-même pris des décisions pouvant douloureusement coûter à soi-même était un plus presque indispensable. Mais un plus qui pouvait être apporté par quelqu'un d'autre.

Le protecteur de Mera répondit à la dame d'Ardamir, mettant en avant la sagesse de sa comparse. Autour de la table les uns les autres réagirent chacun à leur manière. Neraën lui se laissa à contempler la nature au centre de la pièce, comme s'il voulait lui demander un avis. La seule chose qui le perturba fut l'ouverture de la porte, porte vers laquelle il tourna ses yeux glaciaux. Un messager apparut, s'excusa rapidement et déposa une missive sur le meuble le plus proche. Puis il repartit, ayant certainement rempli sa mission. Alors dans la pièce tout ne fut qu'un silence pesant, le temps s'arrêtant jusqu'à ce qu'une personne ne se décide à prendre la missive et à la lire à voix haute. Les excuses du protecteur de Tethien, absent. Excuses tout à fait compréhensibles.

Quelques longues secondes passèrent avant qu'un elfe ose reprendre la parole, devançant peut-être certains. Neraën, comme à son habitude, ne perdait pas le nord.

"Il est dommage que notre confrère de Tethien n'ait pu se joindre à nous... son avis aurait certainement aidé à voir plus clair alors que les temps sont relativement sombres.

Son regard s'était à nouveau porté sur le centre de la pièce. Il se sentait bien, ainsi, à garder son esprit appuyé contre un infime bout de Symphonie. Le poids de son rêve de la veille ne l'insupportait pas à ce moment précis. Puis il leva les yeux vers Halyanlindë.

- Tu n'as pas à être navrée, Halyalindë. Si nous ne nous attendions pas à un tel revirement de situation, cela montre au moins que le Haut-Conseil a permis à tous ici présents de réfléchir. Et si tu nous parles d'orgueil et de responsabilités, alors sache que c'est tout à ton honneur que de savoir faire preuve d'une telle sagesse. Il serait dommage que la vie des nôtres ainsi que celle d'Anaëh soient mises à mal pour une question d'estime de soi.

Enfin, il se tourna vers Anornedellon et le fixa de ses yeux froids, l'éternelle distance qu'il pouvait placer entre lui et les autres étant présente - pourtant, le seigneur-protecteur de la Quatrième Saison pouvait ressentir au fond de lui à quel point le fond chaleureux qui brulait l'esprit de son collègue.

- Il semblerait que ce soit désormais vers toi que nous nous tournions, Anorn. Et je ne m'opposerai nullement à ta nomination, au contraire. Sache qu'Eteniril te suivra et que si tu as besoin d'aide sur le plan militaire, je me mettrai à ta disposition.

Il sembla avoir terminé, son regard se laissant aller vers le centre de la table. Puis, avant même que quelqu'un d'autre ait le temps de prendre la parole, il eut un petit rire qui ne passa pas inaperçu. Ses yeux taquins se posèrent sur la dame-protectrice d'Ardamir et ce fut avec amusement qu'il termina :

- J'oubliais... et avant qu'une certaine personne ne me reproche une certaine chose : Eteniril sera présente au front."

Tous deux allaient certainement devoir en parler par la suite...
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 26 Jan 2016 - 23:30

Halya se rassit, répondant d'un sourire sincère au compliment de Kalendrilh. Elle n'avait pas l'intention de lâcher l'affaire, mais pour le bien du peuple, ils devaient prendre une décision et s'employer tous à utiliser leur talents de la meilleurs façon qu'il soit.

Elle connaissait déjà des druides... et peut-être même un mage issu des Noss qui seraient sûrement apte à conseiller un roi assez citadin pour être suivit par l'ensemble des Protecteurs. Des personnes qu'elle comptait bien mettre en avant, et rapidement de surcroît !

Dans le même temps, l'absence de la Protectrice de Tethien trouvait également son explication... hélas... La Protectrice se contenta d'un hochement de tête. Qui avait-il a dire de plus ?

Visiblement, pour cela, Neraën avait toujours une idée... Ses derniers mots arrachèrent un rire franc à Halya.

-Contente de le savoir... et plus contente encore qu'on y pense sans même que j'ai à reprocher quoi que ce soit.
Ajouta-t-elle avec un sourire amusé presque complice.

Elle avait trop fait de bruit à propos de tout cela pour s'en sentir gênée. Beaucoup trop de bruit.

-Bien. Je pense qu'à l'instar d'hier, les digressions sont clauses. souffla-t-elle en lançant un dernier regard à Neraën. Nous pouvons reprendre les débats... A moins que certains préfèrent exprimer leur choix immédiatement ?

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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 2 Fév 2016 - 0:25


Il n'eut pas attendre bien longtemps avant qu'un autre ne prenne ouvertement la parole. Halyalindë. Celle qui s'opposait directement à lui. Pas tant par sa vision des choses, puisqu'elle ne différait avec la sienne que sur certains points, mais surtout à cause du fait qu'ils forment le duo de tête. Il savait pertinemment que les hésitations favorisaient tantôt l'un, pour mieux se rabattre sur l'autre. Il ne la voyait pourtant pas comme une rivale, chose qui n'était certainement pas le cas des deux autres prétendants à la Régence, qui soupirèrent de soulagement à l'annonce de la Dame Protectrice d'Ardamir. Anorn quant à lui ne s'autorisa qu'un léger froncement de sourcil. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle retire ainsi sa candidature, et cela l'étonna légèrement. Certes, il était à son avantage de ne pas aller plus avant si elle savait avec certitude qu'elle ne pourrait assumer la charge bien longtemps. Mais cela ne réjouissait pas tellement Anorn, parce qu'il eut alors cette légère appréhension, quant au fait que les autres puissent se rabattre sur lui, comme un choix par défaut, compte tenu de l'absence de réelle concurrence. Si cette inquiétude fut passagère, elle fut tout de même bien présente, et cela lui laissa un goût amer sur la langue.

 - Je dois avouer que cette décision me surprend Halyalindë, je ne pensais pas vous voir retirer votre candidature. Mais comme mes confrères l'ont si bien dit, si tel est votre choix, je le respecte entièrement. Kalendrilh, Neraën, Halyalindë, je vous remercie pour le soutien et la confiance que vous m'apportez. Les discussions semblent donc toucher à leur fin, certains veulent-ils s'exprimer maintenant ?

Avant que l'un d'eux ait pu prendre la parole, un messager s'introduisit dans la salle du conseil et déposa une lettre qu'on lut rapidement. Le Seigneur Protecteur de Tethien s'excusait de son absence, donnant sa voix à la majorité, et expliquant la soudaine prise de possession de son post. Anorn n'avait pas été mis au courant que ce Protectorat avait de nouveau un guide, et cela l'égaya légèrement. Beaucoup de Seigneur Protecteurs étaient nouveaux à leur post, le Haut Conseil se renouvelait doucement, mais sûrement, et cela il ne pouvait l'ignorer. Ses anciens camarades disparaissaient peu à peu pour laisser place à de nouvelles recrues, et l'ancienne génération disparaissait au profit de l'actuelle. Une nostalgie passagère l'envahit un instant. C'était souvent à travers ce genre d'événements, parfois totalement anodins, parfois très lents à se produire, qu'il se voyait vieillir. Il était de ceux qui avaient vécu, et continuaient à vivre. Il s'approchait inexorablement de la limite, et il pouvait parfois le sentir. Mais ces pensées furent vite chassées par le Protecteur de Carrobrelian, qui étant resté muet pendant la plupart des deux jours, avait décidé d'enfin ouvrir la bouche pour exprimer son avis.

 - J'aimerais m'exprimer. Mon choix est fait depuis que les candidats se sont présentés, et il paraîtra certainement évident. Ma voix va sans conteste à Erhiond. Il est à mon avis le plus sage d'entre tous, sa sagesse, son intérêt pour nos frères, et son expérience le désignent entièrement comme le Régent qu'il nous faut. Je suis sûr que d'autres seront de mon avis. Ne craignez pas de vous exprimer, mes frères, nous avons été réunis pour donner notre avis, après tout.  

Le regard noir qu'il jeta à Anorn ne passa pas inaperçu. Ce dernier avait bien senti l'hostilité émaner de son comparse, mais il n'y répondrait pas maintenant. S'il pouvait même ne jamais avoir à le faire, cela l'arrangerait grandement. Mais il était le protecteur de Carrobrelian, et il ne pouvait l'éviter éternellement. Il avait maintes et maintes fois essayé de le raisonné, essayé de lui ouvrir l'esprit, de le rendre moins radical dans ses décisions, mais c'était peine perdue. Et cette dernière phrase, il le savait, était pour lui signifier qu'il ne changerait jamais d'avis, de regard, ou de comportement, à l'égard de leurs semblables. Chose qui contrariait l'archimage, certainement parce qu'il savait qu'il ne pourrait rien faire à ce sujet. Deux autres protecteurs se joignirent rapidement au choix qui venait d'être fait, étirant un peu plus à chaque fois le sourire malsain d'Erhiond. Jusqu'à ce qu'on prenne la parole pour défendre Nöenis. Elbess, une des protectrices de la Quatrième Saison soulignait le tact et la rapidité avec laquelle elle avait réagi la dernière fois que les drows avaient été à leurs portes. Elle rappelait ses décisions courageuses, et ses débats houleux, mais toujours à juste titre, avec le Haut Conseil. Pour finir, elle la compara à Anorn, en insistant sur le fait qu'elle était beaucoup strictes, et beaucoup plus ferme lorsqu'il s'agissait de prendre des décisions. Ce dont ils avaient besoin, en somme. Elle n'en profita pas pour descendre le Seigneur Protecteur de la Quatrième Saison, au contraire, elle précisa que s'il devait finalement occuper ce post, elle le supporterait complètement.

Quelques débats reprirent suite à cette voix, mais ils furent rapidement coupés par d'autres qui souhaitaient exprimer la leur. Quelques unes allèrent encore à Nöenis, mais la plupart furent pour Anorn. Finalement, chacun d'entre eux avait réussi à trancher. Chacun avait pris une décision, et une dont ils étaient assez sûrs pour l'exprimer à voix haute. Lorsqu'il s'agirait de comptabiliser les voix, les choses ne changeraient sûrement pas de beaucoup. Seuls quelques indécis attendaient encore de voir se distinguer une majorité, pour pouvoir s'y rallier sans causer aucun souci. Si Anorn déplorait leur manque d'initiative, et l'absence totale de confiance en eux, il ne pouvait pas dire que cela ne jouait pas en sa faveur, au contraire. Parce qu'à partir de cet instant, il savait pertinemment qu'il récolterait la majorité des votes. Comme il l'avait souhaité, le Haut Conseil se terminerait sans aucun doute avec cette journée. L'attente jusqu'au vote final ne serait plus très longue, et il ne presserait plus les choses. Il avait assez précipité les débats, bousculés les protecteurs, pour insister là encore, cette fois indécemment, sur la lenteur des décisions. Il était absolument normal que chacun s'exprime, aussi brièvement ou aussi longuement qu'il le souhaitait. Il n'avait aucun droit de regard là dessus, et ne comptait pas prétendre en avoir un. Bien assez vite, la journée prendrait fin.

***

Vint finalement l'instant où l'on invita chacun à voter. Passèrent d'abord les deux autres candidats, qui s'ils récupérèrent certaines voies, étaient loin d'atteindre la majorité, puis ce fut le tour d'Anorn. Toutes les mains qui ne s'étaient pas préalablement levées le firent alors. Elles étaient indéniablement en majorité, et à cet instant précis, il sut qu'il était régent. Que sa vision des choses, à défaut d'avoir totalement séduit l'assemblée, était assez proche de la leur pour qu'ils décident de lui faire confiance, et de lui donner les rennes du Royaume. Au moins temporairement. Il savait qu'il ne s'agissait pas là d'un sacre officiel, d'une place qu'il tiendrait jusqu'à sa mort, mais uniquement d'un état d'urgence qui se concrétisait. Ils avaient enfin un régent, une autorité centralisée, et même lui en était soulagé. S'il ne retira pas une très grande satisfaction de la chose, il remercia tout de même brièvement les protecteurs autour de la table, avant qu'ils ne commencent à vider les lieux. Il fut le dernier à se retirer, les félicitations, et les grognements sourds des contestataires, l'avaient retenu jusqu'à ce que le dernier soit sorti. Il resta un moment assis, les coudes sur la table, les mains croisées devant sa bouche. Il ne savait pas réellement ce qu'il devait faire, là, maintenant. Il était régent, et donc ? Il devait rester à Alëandir, cela allait sans dire. Il avait laissé la cité de la Quatrième Saison à son premier conseiller, il ne s'inquiétait pas réellement de cela. C'était plutôt Aldartha qui l'ennuyait. Chez lui, il avait de quoi le garder, de quoi le protéger. Une équipe entière dédier à ses soins, et seulement ses soins. Une équipe en qui il avait confiance, qu'il devait faire venir. Absolument. Et rapidement.

Quand il quitta le palais, il traîna un moment dans les rues avant de rejoindre Arwain. Elle ne l'attendait pas réellement, ne sachant quand se terminerait le Haut Conseil, mais elle l'accueillit tout de même avec un sourire ravi sur son visage. Ses yeux interrogateurs cherchaient à savoir le dénouement de la journée, ils avaient fini bien plus tôt que la veille, il allait donc sans dire qu'ils étaient arrivés à une conclusion. Mais avant toute réponse, Anorn ouvrit ses bras pour la serrer contre elle laissant sa joue aller contre sa tête. Il aurait sans doute besoin de son avis, de ses conseils. Ce dont il avait besoin là maintenant, était seulement sa présence. Sa présence et sa douceur, rien de plus, rien de moins. Il devrait aller parler à Aldartha aussi. Lui dire ce qui était arrivé, lui faire part de cette soudaine ascension, et du fait qu'il allait avoir besoin de lui plus que jamais. Peut-être émettre l'idée d'essayer une fois encore de le faire revenir. De le ramener à lui, de l'extirper de la torpeur dans laquelle il s'était enfoncée depuis bien longtemps. Sans doute refuserait-il. Comme chaque fois qu'il abordait le sujet. Il lui était pénible de penser qu'il se complaisait, là où il était. Qu'il ne voulait pas revenir, ne serait-ce que pour lui. Son frère, son jumeau. Sa moitié.

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Estiam Faerin : Bah j'ai très envie d'Anorn mais j'essaie d'être réaliste quand même

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MessageSujet: Re: Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh   Mar 16 Fév 2016 - 23:30

Les discussions étaient finie… enfin.

Alors que la salle se vidait, que les derniers présents profitait du mouvement pour féliciter leur nouveau Régent, la Protectrice d'Ardamir s'autorisa un sourire en regardant la scène, la main déjà posée sur le linteau de la porte.

Puis ses yeux verts passèrent sur la salle elle-même. Quelque chose de véritablement unique se dégageait de cet espace sacré. Les plantes et les dentelles de pierre se magnifiaient les unes les autres. Et tant d'Histoire semblait y planer, des décisions qui les constituaient tous… tout le Peuple. Aujourd'hui, c'était encore une nouvelle page qu'ils écrivaient. Un chapitre en haut duquel figurait Anornedellon Nedi Lûcannui.

Une sacrée décision.

Et pour le mieux sans doute.

Halya était venu à Alëandir avec  la boule au ventre, décidée à ne pas laisser une fois de plus des vieillards repousser les décisions qui s'imposaient dans ce temps de crise. Pourtant elle repartait avec dans le cœur une sérénité qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps en regardant l'une des ces vieilles âmes prendre ses fonctions… Et ce malgré les combats à venir. Elle avait fait son choix. Elle avait décidé quelle voie elle voulait emprunter au lieu de ne voir que devoir et obligation dus à la charge qu'elle avait déjà acceptée. Elle avait réussi à montrer l'importance d'une réunion des Cités jusqu'à amener le Haut Conseil à se réunir. Le nouveau Régent comprenait les enjeux d'une Réunification plus globale encore. Elle ne désirait rien de plus.

Plus que toutes les fois précédentes, elle se demanda quand elle aurait l'occasion de pénétrer à nouveau en ce lieu. Elle scrutait toujours chaque détail, s'emplissant de l'atmosphère si particulière, des chants uniques qu'elle entendait clairement pour la première fois.

Un instant, son attention rencontra celle de la Haute Prêtresse qui n'avait pas bougé du centre de la salle. L’intensité de ce regard happa le sien comme si on essayait de la sonder. Sans un mot, celle qui avait présidé aux débats en toute discrétion sourit à son tour, hocha la tête, puis se détourna.

La Protectrice se tourna finalement pour sortir et secoua légèrement la tête en retenant un rire. Elle avait décidément bien trop changé en si peu de temps.

Que ce soit Alëandir ou Eteniril, elle ressentait le même besoin impérieux de sortir des murs de la Cité, de sentir à nouveau ces centaines de voix dans son esprit. Randil, couché devant la porte, se releva aussitôt pour venir à son contacte. Faisant peu de cas de sa robe ou des diplomates qui s'attardaient, elle l'accueilli sans hésitation.

Son nez se colla à la truffe noire, respirant un instant le même air avant de repartir à grand pas dansant.

Il était tant de rentrer chez eux.

Bien d'autres défis les attendaient dans les mois à venir.

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Lorsqu'il est temps de refleurir | Protecteurs d'Anaëh
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