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 Avec l'espoir...

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Avec l'espoir...   Ven 27 Nov 2015, 18:38



Avec l'espoir...







Fin de la 2nde ennéade de Verimios

Un voyage avait toujours un arrière goût d'aventure et de déchirement. L'aventure d'abord car cela permet à l'homme curieux de découvrir de nouvelles choses, même s'il a déjà fait ce chemin, et le déchirement de quitter un lieu. Le temps des récoltes avait commencé pour certaines choses, et en particulier les fleurs si chères à certaines parfumeries étaient ratissées sur la route menant à Langehack qu'avait choisi le baron.

Il s'était mis en route avec discrétion, sans faste, de manière rigoureuse. Le baron, trois accompagnateurs et leurs chevaux, un principal et un de bât, plus un transportant quelques affaires. Le voyage se voulait rapide et surtout dénué d'intérêt pour les brigands. Le secret le plus complet avait été conservé sur leur itinéraire et sur leurs intentions, en dehors de quelques échanges épistolaires avec Langehack pour recevoir le droit de passage et la garantie d'un sauf conduit.

Au bout de quelques jours, le baron était harassé, mais n'était pas homme à se laisser aller. Malgré la fatigue mentale et physique, il avait gardé bonne figure. Les pauses qu'ils s'étaient données avait été le théatre pour lui de mémorables comas de sommeil. Les journées étaient longues, et cela aidait la progression. Le temps avait été clément, et ils avaient pu faire une bonne progression.

Le triumvirat s'étant mis d'accord sur ses terres l'avait envoyé avec bien plus de clarté sur le mandat que sur ses droits de négociations. Mais Niklaus n'en avait pas grand chose à faire. A homme décidé rien n'était impossible, et il négocierait en âme et conscience et avec transparence avec le duc. La dernière rencontre avec le duc n'avait pas été simple. Le duc avait été, le baron l'avait bien senti, agacé par les réticences de Niklaus qui, s'il avait accepté de soutenir le couronnement de Velteroc, n'en partageait pas la vision trop légaliste qu'il avait à l'époque.

Leur brève rencontre et les sujets qu'ils avaient abordés avaient été totalement emportés dans les nimbes de l'oubli, tant le conseil de Velteroc visant à son accession au trône avait déraillé. Ce que le baron redoutait le plus naturellement était que le duc ne le croit être un laquais de Harold. Le baron était un homme libre de pensée, le duc l'avait certainement détecté lors de leur entrevue, où le chemin choisi par Niklaus n'avait pas été celui de la facilité et de la complaisance.

Le baron avait conservé le dialogue ouvert avec de la Courcelle, et avec Langehack, ces derniers avaient été avertis et mis dans la boucle indirecte des négociations. Le baron espérait que ce respect dont il avait fait preuve avait porté au moins un peu ses fruits. Le duc avait fait preuve d'ouverture et de diplomatie en acceptant de le recevoir. On verrait bien ce qu'il en ressortirait.  

Ils étaient arrivés en fin d'après midi à leur objectif et avait montré de nombreuses fois pâtes blanche. Il fallait dire que leur équipage n'était en rien imposant, et qu'à la rigueur le seul signe extérieur permettant de confirmer que Niklaus n'était pas de la piétaille était que leurs chevaux étaient de belles montures et que leurs habits, s'ils étaient sobres, étaient également d'excellente facture.

Le baron avait prit résidence dans une auberge toute proche où il s'était rapidement changé pour éviter de trop montrer qu'il descendait quelques minutes auparavant du cheval, et après un brin très court de toilette, s'était fait conduire là où le baron souhaitait le recevoir. Il arborait une tenue d'été d'un bleu très foncé et sans grandes fioritures. Il ne s'était pas fait accompagné. La solitude lui allait bien. Les hommes paraissait méfiants à son égard, mais très respectueux. Le professionnalisme régnait en ces lieux, ce qui était à leur honneur et du goût du baron.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Sam 28 Nov 2015, 01:09


La venue du baron d'Apreplaine n'était un secret pour personne à Langehack. En réalité, rien n'avait été fait pour que la chose ne s'ébruite pas. Au contraire, Oschide avait délibérément fait courir la nouvelle pour qu'aucuns seigneurs Langecins ne sentent les liens diplomatiques totalement rompus avec le Médian. Pourtant, les messagers se faisaient rares et les bonnes nouvelles encore plus. Son vassal de Missède lui avait annoncé quelques jours plus tôt que Nimmio renonçait à la couronne et était prêt à ployer le genou devant Harold. Sa cousine Blanche, et épouse de Nimmio, était également prête à l'imiter. A eux, on ne leur avait pas encore demandé leur avis, mais cela n'était plus qu'une question de temps.

Les yeux rivés sur la grande porte, Oschide attendait le baron d'Apreplaine avec impatience. Cette fois-ci, les rôles seraient inversés et ce ne serait plus à lui de quémander pour tenter de faire avancer les choses. A ses côtés, Méliane attendait elle aussi sans montrer le moindre signe d'enthousiasme. Elle devait juste être curieuse de rencontrer enfin ce baron qui faisait tant parler de lui, en bien comme en mal dans leurs vertes contrées. Les plus belliqueux le surnommaient déjà le laquais d'Harold. Les plus sympathiques se contentaient de ne pas le surnommer. Quant à lui, il ignorait encore s'il devait voir en cet homme un ennemi ou un ami.

La porte s'ouvrit enfin et l'on vit apparaître trois silhouettes suivies de quelques aigles de sang en guise de solide escorte. Oschide eut un petit sourire figé lorsqu'il le vit s'approcher jusqu'à eux. Pourtant, il ne montra aucun signe d'animosité, preuve que la politique prévalait toujours sur les sentiments personnels.

-Son honneur, Niklaus d'Altenberg, baron d'Apreplaine, lança le héraut prédisposé aux arrivées officielles.

Tout d'un coup, le silence fut de mise et tous les regards se tournèrent vers les invités.

-Soyez le bienvenu Niklaus d'Altenberg. Jusqu'à votre départ, nous nous assurerons que votre séjour  se déroule du mieux possible, dit Méliane, fidèle à son hospitalité légendaire.

-Bienvenu à Langehack, rajouta le duc sans grande conviction. Mon épouse dit vrai, nous vous assurerons la meilleure hospitalité qu'il soit. Je propose, s'il vous sied, de poursuivre notre entrevu dans une salle plus adéquate afin de pouvoir converser en toute tranquillité. A moins que vous ne souhaitiez user de votre rhétorique devant un large public, ce qui serait bien évidemment, tout à votre honneur. Je vous laisse le choix.

L'entrée en matière était brusque, les mots brutaux, mais ils avaient au moins le mérite d'annoncer la couleur. S'il pouvait être fin diplomate, il pouvait aussi montrer qu'il n'aimait pas se faire marcher dessus. De plus, au moment même où le baron d'Apreplaine était chez eux, son amiral devait être en train d'ouvrir les négociations avec le Soltaar. Même s'il y avait peu de chances pour qu'une amitié puisse éclore de cette négociation, le dialogue aurait au moins le mérite d'être amorcé. Néanmoins, il restait curieux de connaître les propositions du baron. C'était peut-être la seule chose qui l'intéressait dans cette discussion finalement...connaître le prix à payer pour que Langehack courbe l'échine.   

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Mar 01 Déc 2015, 01:25



Le baron entra donc, pour seul accompagnement les gardes que le duc avait fait mandé, ayant laissé ses trois gardes du corps à l'auberge. Il conserva naturellement l'air sérieux qui le caractérisait, s'inclinant avec politesse devant le couple ducal qui avait accepté de le recevoir. Il n'était pas anxieux, ni même tendu, mais comme toujours avant une telle entrevue, il ressentait un sentiment d'humilité devant la tâche qu'il devait mener à bien. Discuter avec les puissants n'était pas toujours chose aisée.

Sa révérence protocolaire parfaitement exécutée, il laissa ainsi que le voulait le protocole les deux hôtes prendre la parole en premier et attendit que la parole lui soit donnée pour émettre le moindre son. Il se contenta d'incliner posément la tête en signe de remerciement aux paroles respectives des deux hôtes. Le duc était fidèle à ses souvenirs, ce qui ne devait pas trop être le cas du baron, qui se savait physiquement affaibli de la tension des dernières semaines. Il fit un sourire aimable à ce qui semblait être une pique du duc, préférant faire mine de le prendre comme un compliment.

- Vos Altesses, je vous remercie de me recevoir dans ces circonstances. Je laisse naturellement le choix à Vos Altesses de là où il souhaiteront me recevoir.

Il laissa donc ses hôtes décider des circonstances dans lesquels ils voulaient discuter et se plia aux demandes qui auraient pu lui être adressé pour aller ailleurs ou rester là où il se trouvait.

- Je vous remercie d'avoir accepté de me recevoir. A vrai dire je ne m'attendais pas à obtenir de vous une audience.

Il avait dit ces quelques mots avec le calme et la constance de voix dont il avait l'habitude et son regard franc s'était tourné naturellement vers ses interlocuteurs.

- Vous le savez certainement par les messages que j'ai fait parvenir à M. de Missède, j'ai poursuivi depuis le désastreux conseil et votre malheureuse maladie le but d'éviter le prolongement de la guerre civile. Je n'ai soutenu ni ne soutiens aucune des parties en présence. Après de longues discussions nous sommes arrivés il y a quelques jours à un accord de compromis entre les trois principales personnes réunies en Apreplaine. J'ai fais parvenir cet accord à M. de Missède dès son aboutissement. Je gage qu'il vous l'aura transmis. A la suite de quoi j'ai été mandaté par M. du Lyron, Mme de Hautval et M. de Velteroc pour prendre contact avec Vos Altesses. Certaines provisions ont d'ores et déjà été aménagées sur demande de M. de Missède afin de préparer diplomatiquement le terrain. Je viens discuter avec vous de vos sentiments sur cet accord et connaitre vos sentiments sur la possibilité d'un traité séparé avec votre domaine pour son intégration au protocole d'accord établi dans le traité de restauration.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Mar 01 Déc 2015, 12:23


Ce seigneur d'Altenberg était un de ces hommes à cheval sur ses principes, pour qui l'honneur devait valoir bien plus que sa vie elle-même. L'on pouvait être agacé par ses manières ou émerveillé par sa rigueur, mais toujours est-il, qu'il ne laissait personne indifférent. Depuis leur entretien tendu, Oschide s'était d'ailleurs dit qu'il ne devait plus exister beaucoup d'hommes de cet acabit. Celui-ci avait voulu garder ses distances avec le pouvoir qu'il eût conjointement voulu mettre en place avec Nimmio, et ce, mêmes si les propositions n'avaient pas manqué. En le voyant ainsi devant lui en ce moment précis, avec l'espoir de négocier l'entrée du Langecins dans le royaume fantoche d'Harold, le remplit quelque peu d'admirations. Il fallait dire ce qui est, ce Niklaus d'Altenberg ne manquait pas de détermination et de patience. Quant à savoir s'il était ou non à la botte d'Harold, il n'y avait que lui pour l'affirmer. S'immiscer dans le jeu des grands de ce monde pouvait être périlleux et vouloir se faire médiateur au nom d'une couronne illégitime devait l'être tout autant, voire plus. Mais pouvait-on réellement blâmer cet homme de vouloir en finir au plus vite avec cette guerre ? Cela non plus n'était pas évident.

Sans afficher une quelconque réaction après les quelques mots du baron, le duc se leva et lui fit signe de le suivre. Son attitude restait nonchalante contrairement à son épouse qui semblait maintenant heureuse de rencontrer l'homme qui avait tant fait parler de lui depuis son retour dans le Langecins.

Ils arrivèrent ainsi dans la salle du conseil attenante. Enfin en petit comité, Oschide invita le baron à prendre place. Le duc et la duchesse prirent place sur leurs fauteuils et quelques hauts seigneurs les imitèrent en s'asseyant à leurs places respectives. Seul Simon de Cavrour, leur chancelier, était absent. Celui-ci était parti en compagnie de l'amiral de Montecal et du navigateur Gerald d'Ernolss, en territoire Soltaar. Une fois que tout le monde fut assis et que le silence gagne de nouveau la salle, Oschide prit le temps de choisir les bons mots pour ouvrir la discussion.

-Vous venez ainsi pour connaître nos sentiments, c'est très aimable de votre part. Nous avons effectivement eu vent de votre congrès et des décisions qui y ont été prises. Nous regrettons profondément de ne pas avoir pu nous y rendre pour faire part de nos arguments, mais nous n'avons reçu aucune invitation. En tant qu'allié de Nimmio de Velteroc et de son épouse Blanche de Hautval, nous espérions en réalité pouvoir prendre part aux décisions. Mais passons, le mal est fait, tentons à présent de faire avancer les choses, n'êtes-vous pas d'accord ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il reprit.

Néanmoins, nous vous sommes très reconnaissants d'avoir pensé à nous en laissant la possibilité de faire valoir notre droit sur la régence d'Edelys, ainsi que le contrôle temporaire de Diantra. Mais si vous avez fait de mon voisin de Missède un homme comblé, nous, nous restons sur notre faim. En réalité, baron, nous avons été très attristés d'apprendre que l'archiduc du Médian souhaitait ployer le genou devant Harold. Cette décision n'a pas dû être aisée à prendre, bien évidemment, mais nous restons très sceptiques quant à l'arrivée impromptue et brutale d'un homme qui souhaite se faire proclamer roi. Dès lors, nous nous sommes demandés sur quelle légitimité reposerait le pouvoir de cet homme. La connaissez-vous ? De toute évidence, la haute prêtresse de Néera lui a accordé ses faveurs, mais la question à se poser est : depuis quand Néera décide de prendre parti pour dire que tel ou tel homme a le droit de diriger notre monde ? Vous le savez peut-être, mais nous, nous l'ignorons encore complètement.

De toute évidence, la légitimité de Nimmio n'était peut-être guère mieux, mais au moins, elle n'avait pas le mérite de reposer uniquement sur la bonne parole d'une religieuse visiblement conquise par les doux yeux du Lyron. Mais soit, ne revenons pas sur ce qui a été fait. Voyons maintenant ce que peut nous apporter cet homme sur le point d'endosser la lourde tâche de diriger tout ce beau monde.

Pour nous dans le Langecins, nous cherchons encore. Si notre alliance avec le Velterien tenait, c'était bien parce que nous avions les mêmes idées, mais avec ce Lyron, nous avons pour ainsi dire, rien à demander et surtout, rien à devoir. Nous ne lui avons promis aucune amitié et ce n'est pas parce que le Velterien s'est agenouillé que nous ferons de même, me comprenez-vous ? Qui plus est, son intervention lors du triste conseil de Diantra, nous a comme qui dirait, marqués. Si ces propos ont été rudes à notre encontre, ceux de ses soutiens l'ont été encore plus. Et lorsque l'on insulte ma personne, c'est bien le Langecins que l'on insulte. Je ne suis pas rancunier, baron, mais j'ai une bonne mémoire et je ne pourrais promettre ma totale dévotion sans que des excuses ne soient faites.

Les temps sont durs et vous le savez peut-être mieux que tous les nobles réunis dans ce royaume. Vous espérez à juste titre faire revenir l'ordre et cesser cette guerre, ce qui est sûrement la chose la plus honorable qui soit, mais il est des choses qui ont été faites et qui ne sauraient être défaites. Sans pour autant nous figer et faire la sourde oreille, nous avons accepté votre demande parce que nous pensons tout de même qu'il puisse ressortir quelque chose de positif. Gardez tout de même à l'esprit qu'il ne sera guère aisé de nous convaincre du contraire. Alors baron, si vous avez des arguments à faire valoir, nous sommes à votre écoute.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Mar 01 Déc 2015, 22:42



Il se déplacèrent donc. Le baron s'installa à la place qu'on lui avait présenté et croisa posément ses mains sur la table. Il attendit là aussi que le duc prenne la parole.

Le baron fronça légèrement les sourcils d'étonnement à l'énoncé de la première partie des paroles du duc. Il était certain d'avoir envoyé une invitation à Missède et à Langehack. Sans que cette dernière ait donnée suite. Peut-être le duc mentait-il ? Mais à quelle fin ? Cela n'avait pas de sens.  Peut-être un conseiller cherchant à semer la discorde avait décidé de le cacher à son maitre malade ou la lettre s'était égarée. Tout cela était bien facheux, car le baron avait voulu tout au long du processus perpetuer la neutralité. Le baron s'en voulait de ne pas avoir assuré avec plus de rigueur le suivi des actions liées à la remise de ces missives. C'était là, on pouvait le dire, une bourde diplomatique de premier plan. Il remercia silencieusement le duc que ce dernier accepte de passer à la suite.

Il ne resta pas longtemps focalisé sur ce demi-échec et resta concentré sur les dires du duc. Ce dernier posait d'ailleurs les très justes et très crédibles questions de la légitimité de Harold au poste royal. Le baron fit un sourire poli, restant sérieux. Intérieurement il avait envie de faire un large sourire au duc car il partageait totalement sa pensée sur le sujet.

Niklaus n'était déjà pas un grand croyant, au sens où il croyait à l'exitence physique des Dieux, mais pas en leur supériorité. Et s'il n'était déjà pas en paix avec l'absolutisme de la religion, il était en totale oposition de l'idée que les religieux puisse se méler des affaires publiques. Le duc avait en cela parfaitement raison, et soutenait en l'occurence le même discours que Niklaus au moment du conseil. Niklaus avait accusé la prétresse de jouer un jeu politique, il le pensait toujours.

Le problème avec les paroles du duc était que le baron n'y trouvait rien à redire. Tout ce qu'il disait était vrai, et Niklaus ne chercherait de toute manière pas à remettre en question tout cela. Il eut en conséquence un sourire un peu amusé mais restant agréable et poli à ses hôtes.


" - Je suis heureux que vous pensiez que quelque chose de positif puisse ressortir de notre entrevue. J'en suis moi-même parfaitement convaincu.  Votre Altesse, détrompez-vous, je ne chercherai pas à vous convaincre du contraire. Ce que vous dites est vrai. "


Il renouvela son petit sourire, pesant pendant ce temps ses mots et jeaugeant de ce qu'il pouvait dire à l'assemblée qui lui éviterait l'inquisition. Car il avait bien plus peur de la cruauté que pouvait prendre l'intrensigence de certains membres du clergé que celle de la politique.

" - Je pense Votre Altesse que vous avez le souvenir de mes propos au conseil. Je n'en dérogerai pas. Je pense comme vous que M. du Lyron ne dispose d'aucune légitimité divine. Si la hautre prétresse a réellement eu une vision, alors sa sagesse n'est pas très grande car on m'a toujours appris que les voies de nos Dieux étaient impénétrables et qu'un langage absolu ne pouvait s'échapper de nos bouches à leur sujet. Affirmer ainsi que les Dieux avaient choisis un homme en particulier relève soit de la mauvaise interprétation des oracles, soit du calcul politique. M. du Lyron ne dispose pas d'une grande légitimité.

Vous me posez la question de savoir si je trouve cela normal de voir nos ordres religieux se mêler ainsi directement d'affaires liées aux plus hautes fonctions. Ma réponse est non. Le peuple vous dira autre chose. Malheureusement. Je ne vais pas vous assommer de mes états d'âme sur la religion et le pouvoir. Ils sont certainement les vôtres également. Je ne viens pas ici en vous demandant d'aimer M. du Lyron. Je ne l'aime pas moi-même. Et je suis certain, des discussions que j'en ai eu avec eux, que Mme de Hautval et M. de Velteroc n'y crois pas plus que moi également.

Vous avez raison de ne pas être heureux de votre traitement au conseil. On m'a utilisé comme vous. Faisant courir des bruits au milieux de mes assesseurs, me prenant à partie. Aurez-vous des excuses ? Je suis prêt à vous en faire, mais je ne suis pas l'auteur de ces manœuvres. Je n'ai pas eu moi même.

M. du Lyron ne m'a jamais demandé mes motivations, et certainement ne l'a-t-il pas fait car il doit savoir au fond de lui-même qu'elles ne sont pas de le servir personnellement. Les conseils que j'ai pu lui donner, comme ceux que je vous ai donné, sont en toute bonne foi, je ne cherche pas sa perte comme je ne cherche pas la votre. Je me suis trompé sur certain conseil que j'ai donné, je n'ai pas la science infuse, je suis un homme avec ses qualités et ses défauts.

Mon propos est le suivant : nous méritons collectivement mieux que les dernières années de guerre et qu'une régence absolue et folle. M. du Lyron à l'avantage de permettre une certaine synthèse dans la balance politique, permettant de rallier de nombreux nobles des domaines royaux. Sa connivence avec la prêtresse lui donne une assise populaire non négligeable. Mais il parait clair que son règne débute diminué et que son ère ne sera pas celle d'un règne personnel. Le conseil royal sera réellement le pilote du royaume en construction et une synthèse s'organisera à ce niveau.

Ce que je ne voyais pas lors de notre dernière entrevue, et qui a mené, nous nous en souvenons, à des tensions entre nous, était que la Couronne telle que je la voyais a disparu. En cela vous aviez raison, et je vous prie de bien vouloir m'excuser de cette ignorance que j'avais. Ce que je n'avais pas compris, et vous m'avez à la suite de notre discussion ouvert les yeux à la petite comédie que chacun joue, est qu'il parait évident que des grands ensembles se créent sous nos yeux. La grande question est de savoir si cela sera pour la paix ou pour la guerre.

Votre Altesse a naturellement beaucoup d'options devant elle: soit de rester indépendant, soit de regarder vers le Nord, soit de regarder vers le Sud, soit de rejoindre le Centre. A mon sens votre choix pour le Centre -celui que vous avez fait dès le départ- serait le préférable. Naturellement me direz-vous vu que je prêche pour ma paroisse...

Mais Votre Altesse, quand on y réfléchit, la situation stratégique n'a pas tant changée en trois semaines. L'idée d'organiser par le Langecin un ralliement du Nord ne manque pas d'argument en sa faveur, étant donné que vous pourriez vous y aménager la direction, vu votre relative supériorité face à ces domaines, mais ces derniers sont encore plus divisés que nous et vous verront arriver avec suspicion. Le Sud présente l'opportunité d'être plus prospère sur le court terme, plus d'autres aspects que je suppose plus personnels à Votre Altesse également, mais vous devrez y courber l'échine bien plus qu'avec du Lyron.

C'est en intégrant le protocole d'accord que je tente de forger que vous y trouverez le plus d'intérêt. Déjà car vos alliés naturels s'y trouvent, ensuite parce que Diantra dispose d'une réserve phénoménale sur le long terme, qui une fois l'économie remise sur les rails et avec votre proximité géographique, alliée à votre ouverture sur la mer, vous donneront les clés d'une prospérité sans précédent.

Vous n'y seriez pas lésé en pouvoir, car il me parait évident que votre entrée dans le royaume doit se faire au prix de votre intégration au conseil royal, et partant de là, vous serez de facto inclus dans les prises de décisions puisqu'il me parait clair que M. du Lyron ne saurait faire un règne personnel. Je pense sans mentir, qu'il vaut mieux être puissant et dans le conseil d'un roi faible que le vassal d'une couronne puissante.

Pour ma part je n'ai d'animosité ni envers vous, ni envers M. de Velteroc, ni envers Mme de Hautval, ni envers M. du Lyron, et je suis convaincu que sous vos commandements communs, le futur royaume central sera à même de faire de grandes choses. Et j'ai bon espoir qu'ensemble nous arriverons à éviter que la guerre se poursuive, même si notre souverain voit les choses autrement. Servir le roi est une chose, servir la Couronne en est une autre. Si je me mets au service du nouvel ensemble, cela sera de sa Couronne et non de son roi. J'espère que vous suivez bien la nuance que j'y mets. "
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Ven 04 Déc 2015, 14:17

Niklaus avait des arguments. Certains étaient bons, d'autres moins. Il ignorait s'il faisait exprès d'omettre quelques vérités, mais toujours est-il, qu'il y mettait du cœur et de la détermination. Néanmoins, Oschide ne put s'empêcher de remarquer les quelques remarques bien cinglantes à l'encontre d'Harold. Lui non plus ne semblait pas l'apprécier et lui non plus ne semblait vouloir valider la légitimité religieuse sortie de nulle part. Il se souvint dès lors de la prise de parole du seigneur d'Altenberg lors du conseil de Diantra. Il se remémora les quelques mots censés faire revenir la logique dans le bordel monstre qui s'amoncelait. De là à dire qu'ils étaient tous deux dans le même camp, Oschide en doutait. Apreplaine s'était retrouvé dans une fâcheuse posture après cet événement. Niklaus avait voulu se faire le médiateur entre des partis que tout opposait, mais il avait finalement réussi à trouver un accord qui avait conduit à ce protocole. Il ignorait ce que lui avait promis Harold pour son travail, mais il ne doutait pas une seule seconde que le baron d'Apreplaine ait pu gagner quelques médailles. Ainsi, lorsqu'il leur présenta quelques médisances sur le futur roi, Oschide fut quelque peu sceptique.

La synthèse des arguments du baron reposait sur le seul et unique intérêt de faire parti d'un royaume dirigé par un roi faible et donc malléable. Cependant, si ce roi était aussi malléable qu'il semblait l'affirmer, pourquoi s'agenouiller devant et lui prêter serment. La manœuvre de Niklaus pouvait sembler attirante à certains égards, mais pour la suivre, il fallait abandonner quelques bonnes logiques. Sans avoir encore parlé, il vit dans les yeux de son épouse les mêmes interrogations et les mêmes doutes. Lorsque l'envoyé d'Harold aborda quelques aspects géopolitiques en affirmant que le Langecins aurait tout à gagner en rejoignant le Médian et leurs « alliés naturels » qui ne leur avaient apporter, quasiment rien depuis leur engagement, Oschide fut presque prit d'une petite envie de rire sans retenue. Ce qu'il ne fit pas, bien évidemment.

Alors qu'il eut l'intention de répondre, Méliane leva la main en première et prit sa place.

-Baron, nous ne remettons pas en cause votre implication au près d'Harold. Vous faites ce qui est juste pour vous et pour vos gens, ce qui est tout à fait louable. Vous ne semblez pas non plus apprécier, tout comme nous, cet homme. Néanmoins, j'ai le regret de vous annoncer que vos paroles ne m'ont pas convaincues... Si je comprends bien ce que vous nous proposez, et je vais synthétiser pour ne pas revenir sur tout vos arguments, mais vous préconisez que notre plus grand intérêt est de rejoindre le royaume d'Harold pour des raisons aussi incertaines que sa légitimité elle-même. Selon vous, nous aurions tout à gagner en rejoignant un conseil royal fort avec à sa tête un roi faible, ce qui pourrait être intéressant dans une certaine mesure, mais qui manque cruellement d'intérêts. Nous avons pris les armes et nous avons rejoint nos alliés dans le but de mettre un terme à une régence incapable de maintenir le royaume en ordre parce que le roi était trop jeune et donc trop faible pour régner. Pensez-vous réellement que la solution pour l'unification du royaume se trouve dans votre argumentation ? Je ne pense pas.

Sans attendre, Oschide reprit la parole à son tour.

-En plus de cela, baron, vous semblez trop vite oublier que le Médian se retrouve entre le marteau nordique et l'enclume sudiste. Vous n'êtes pas non plus sans savoir que les réserves de blés proviennent du nord et qu'ils n'auront qu'à couper les transactions pour que le Médian et les terres royales subisse une disette. Pour résumer, le futur royaume d'Harold se retrouve dans une fâcheuse posture et il semblerait que le Langecins soit l'une de ses solutions pour y remédier. De cette façon, tout porte à croire que les intérêts sont à sens unique, ne pensez-vous pas ?
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Dim 20 Déc 2015, 11:29



Le baron fit face à deux personnes semblant compréhensives de sa situation et de ses arguments, mais peu convaincues, il fallait dire que les dernières semaines ne les avaient pas épargnées non plus. Le baron avait bien conscience que la solution qu'il tentait de forger était imparfaite, mais tout du moins répondait-elle à certains impératifs. Naturellement des problèmes futurs allaient poindre, le baron en avait conscience. Ce dernier avait parfois bien du mal à rester toujours positif sur l'avenir, mais il souhaitait malgré tout persévérer. La situation alimentaire était effectivement préoccupante, surtout pour Diantra, les domaines très agricoles étant en cela plus préservés. Mais le baron espérait bien ne pas en arriver là, surtout qu'une catastrophe aurait des conséquences dramatiques pour ses commanditaires.

- La solution que nous forgeons est imparfaite, j'en conviens moi même. Mais je préfère largement un royaume où les personnes les plus à même de prendre les décisions les prennent collégialement plutôt que l'absolutisme. J'ai bon espoir que chacun d'entre nous trouve la volonté d’œuvrer pour le bien commun avant de penser à ses intérêts personnels, et en premier lieu le roi. C'est la seule raison de mon soutien à cette monarchie. Je ne dis pas que vous avez tout à gagner à rejoindre nos accords. Le solutions ne présentant aucun inconvénient ne sont pas de ce monde.

Mon but n'est pas de vous encourager à partir voir ailleurs. Vous m'entendez prêcher pour le Médian et c'est là légitime. Je sais votre situation, je comprends votre scepticisme, mais je suis pas en train de vous mentir lorsque je dis que je pense que vos intérêts peuvent vous guider vers ce protocole d'accord. Ce que je puis vous garantir, c'est que votre avis et vos intérêts ne pourront être avec ce régime passé en second ordre.

Concernant les problèmes liés aux pénuries à Diantra, nous pouvons être proactif, et éviter le pire. Pour le moment vous contrôlez la capitale et en assurez la subsistance, ce qui en fait un problème que nous avons en commun, car mon principal problème actuellement se trouve dans les centaines de milliers d'âmes de la capitale. Le salut de ces gens passent par notre effort collectif pour forger des solutions d'ici l'hiver et surtout d'ici le printemps et le début de l'été, avant les prochaines récoles. Car personne ne pourra prétendre ravitailler à lui tout seul la capitale quel que soit l'état de ses réserves. L'achat de blé au nord -si ces derniers sont encore en mesure de vendre avec la guerre-, ne pourra être à lui seul une compensation du manque à gagner que nous allons avoir si nous ne organisons pas dès maintenant. Je vous ai déjà parlé de ces problèmes et des solutions que j'y proposais lors de notre dernière rencontre. Je ne vais pas recommencer mon discours, il n'est pas trop tard pour commencer.

Je ne souhaite pas vous faire perdre votre temps en badinage. Nous ne nous connaissons pas plus que cela, mais vous m'avez donné l'impression d'être un militaire souhaitant aller droit au but. En conséquence je me permets de vous demander s'il existe une chance que je puisse vous convaincre de négocier votre retour au Médian ou si je ne ferai que perdre votre temps à tenter de vous y convaincre ? Et si vous souhaitez revenir, existe-t-il des conditions politiques, militaires ou économiques que vous souhaitiez vous voir garantir ?
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Lun 21 Déc 2015, 18:42


En aucun cas, il aurait aimé se trouver à la place de l'émissaire d'Harold. Mais était-il réellement un émissaire ou juste un homme souhaitant mettre un terme à tout ce vacarme qui remuait encore le médian ? Bien entendu, Niklaus n'abandonna pas de poursuivre son argumentaire pour tenter de leur faire changer d'avis, même s'ils n'avaient pas encore véritablement tranché. Oschide comme Méliane, semblaient pourtant rester sceptique. Il était vrai que certains avantages pourraient s'offrir à eux s'ils décidaient de rallier le roi fantoche. Mais pourquoi ? Pour faire partie d'un conseil réunissant que des nobles ayant plus de pouvoir que le roi lui-même ? Contre quoi ? Contre des titres ne valant à leurs yeux que du vent ? Ils avaient beau essayer de chercher les intérêts à gagner, rien ne valait un serment fait devant la Damedieu. Niklaus avait beau essayé de les convaincre en affirmant que leurs meilleurs intérêts résideraient ultérieurement dans le médian, rien n'y faisait...vraiment rien... même avec une collaboration réunissant les membres du consortium anti Harold qui était en train de naître dans l'ombre.

-Vous ne nous faites pas perdre notre temps, messire d'Altenberg, soyez en assuré. Nous n'aurions jamais accepté votre venue si aucune possibilité d'accord n'avait été envisageable. Nous avons entendu vos arguments, maintenant, laissez-nous vous donner une réponse. Suite à votre question demandant s'il existe une chance qu'un accord soit trouvé, notre réponse est affirmative. Néanmoins, il n'existera aucun accord faisant entrer le duché de Langehack dans le giron d'Harold. Non, entendez-nous bien sur ce point, jamais nous ne prêterons serment devant ce roi du néant, et ce, même avec vos arguments ventant les mérites d'un conseil royal fort. Nous ne prenons pas la monarchie à la légère et nous ne voulons pas d'une couronne faible.

En revanche, nous pouvons tout à fait envisager des accords commerciaux entre nous, si vous y concédez. Le fait est qu'Harold aura besoin du Langecins pour garder contact avec l'estrévent. Sur ce point, nous lui permettrons d'y accéder de façon à ce que nous soyons tous gagnants dans l'histoire. Vous me comprenez très certainement, n'est-ce pas ?

Également, nous vous avons en grande estime et nous vous proposons de développer des liens de bonnes ententes entre nos terres et les vôtres. Sur ce point-là, nous pourrons très certainement trouver un accord puisque vous êtes le représentant direct de la baronnie d'Apreplaine.

En ce qui concerne la ville de Diantra qu'Harold souhaitera probablement récupérer. Vous n'êtes pas sans savoir que nos garnisons s'y trouvent déjà. Ainsi, nous sommes prêts à vous rendre la ville contre un dédommagement pour que nous puissions nous retirer dans le calme et surtout, sans verser une nouvelle goutte de sang en bas des remparts diantrais. Harold aura très certainement sa couronne, mais elle aura un prix que nous ne serons pas prêt de négocier.

Avant de finir, laissez-nous maintenant vous donner quelques conseils, Niklaus d'Altenberg. Beaucoup d'hommes gravitant autour de votre futur souverain, souhaitent qu'il soit écarté de la couronne, ou même qu'il meurt. S'il advenait qu'une chose pareille se produise, veillez à garder suffisamment vos distances de cet homme, sinon quoi, vous le suivrez à votre tour et personne ne pourra rien pour vous aider. La guerre civile se termine, certes, mais le feu est encore très loin d'être éteint.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Lun 28 Déc 2015, 14:20

Le baron eut un moment de réflexion. Il ne savait trop quoi penser de tout cela. Le duc semblait peu enclin à adhérer au principe d'un retour. De toute manière le baron savait bien qu'il n'était pas seul dans ce cas. Peu de gens au final appréciait Harold. Ce dernier avait canalisé habilement les mécontentements de beaucoup. Le duc semblait comprendre l'inconfortable position et l'insoluble défit que s'était lancé le jeune noble. Les accords commerciaux étaient prématurés dans l'esprit de Niklaus. Naturellement il n'y était pas opposé, et même très favorable, mais sa priorité était d'éviter la poursuite de la guerre civile.

" - Votre Altesse, je ne suis pas l'ame damnée de Harold. J'essaye de préserver la paix. Votre départ, le départ du duché du Médian, le morcellement supplémentaire des anciennes terres royales ou l'implosion de Diantra, voilà ce que j'essaye d'éviter. J'essaye de composer avec ce que l'on me donne. Sans cela, il va de soit qu'une nouvelle guerre éclatera. Soit entre les différentes parties de ces ensemble, soit parce que le sud ou le nord tenteront leur chance, soit parce que le départ sur la route de dizaine de milliers de Diantrais affammés créera à lui seul les conditions d'une nouvelle guerre civile, bien loin de problème de couronne.

Sans Langehack, le traité de Waldhouse n'a pas de valeur, et en tant que médiateur, je n'aurai d'autre choix que d'assumer l'échec de nos négociations et de le dénoncer. Je suis prêt à prendre mes responsabilités, et si je dois en arriver à dénoncer ce que j'ai forgé après bien des difficultés, je suis prêt à le faire. Pour autant, je ne souhaite pas en arriver là sans une alternative crédible. Si je dénonce l'accord de Waldhouse, et si nous parvenons à trouver tous ensemble une solution à nos problèmes, seriez vous prêt à reconsidérer votre position?

Je sais que vous avez été trahi, que vous êtes légitimement méfiant. Nous ne nous connaissons qu'à peine, mais je vous supplie de croire que je ne suis là que pour la paix et avec l'ambition de créer un ensemble plus fort, plus flexible et plus prospère que ce que nous avons quitté. Je ne cherche pas à vendre Harold. Je ne suis pas un de ses hommes. Je ne cherche pas à le trahir non plus, mais si votre retour dans l'ensemble central passe par l'annulation de notre traité et par son retrait de la Couronne, je peux y travailler.

Avez-vous lu mes écrits sur la monarchie élective ? Je n'ai pour le moment jamais suggéré cette solution, car je ne voulais pas mettre en péril les discussions en y apportant une idée propre. Je suis certain que M. de Velteroc et Mme de Hautval ne seraient pas hostiles à l'idée. Seriez-vous de votre part prêt à soutenir une telle organisation ? Si c'est le cas, et que vous pouvez me garantir votre adhésion au processus, nous pouvons certainement raisonner nombres de soutiens d'Harold. Concernant les actions de la haute prêtresse, et en conséquence le soutien d'une grande partie de la population Diantraise nous pouvons certainement espérer que des voix s'élèvent dans le clergé contre cette indigne prise de position. "
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Sam 02 Jan 2016, 18:19


L'ambassadeur du Lyron semblait s'être résigné à leur faire avaler le protocole d'accord conçu à Waldhouse. Les mots avaient été dits sans ménagement, mais assez subtilement pour ne pas provoquer de mépris de la part de ce Niklaus d'Altenberg. Visiblement, la position en retrait de Langehack pouvait véritablement faire s'écrouler tous les beaux projets du Lysier, et ce, à sa plus grande joie. Au fond de lui, Oschide jubilait déjà de voir l'émissaire d'Apreplaine dénoncer ce traité où aucun langecins n'avaient été convié. C'était comme un juste retour des choses ou du moins, une douce vengeance bien méritée. Néanmoins, pour que le traité soit dénoncé, on leur demandait à présent s'il existait une possibilité que Langehack revoit sa position à l'égard du Médian. Embarrassé par cette question, Oschide repensa brièvement à l'ambassade langecine envoyée dans le Soltaar pour ouvrir des négociations. Vulgairement parlant, c'était comme avoir le cul entre deux chaises. Néanmoins, l'une des deux chaises pouvait s'avérer beaucoup plus confortable que l'autre. Il restait à savoir maintenant si cette chaise se trouvait dans le Médian ou dans le Soltaar.

Méliane, qui n'avait plus parlé depuis un certain temps, fut la première à répondre à l'émissaire d'Apreplaine. Cela faisait un certain temps qu'il ne l'avait pas vu autant en forme, surtout lorsqu'il s'agissait d'affaires diplomatiques.

-Nous ne vous ferons aucune promesse, messire. Nous n'allons pas reconsidérer notre position dans l'immédiat sur vos simples paroles. L'annulation du traité et le retrait d'Harold de la couronne sont effectivement des éléments pouvant nous permettre de reconsidérer ultérieurement la place de Langehack, mais cela ne repose encore que sur des affirmations et non sur des faits actés. Nous serions très étonné de voir Harold renoncer à sa couronne pour la simple et unique raison que vous décidiez d'annuler les effets de votre traité et parce que nous ne voulons pas le rejoindre. Sans compter qu'il possède encore les faveurs de la haute prêtresse et par conséquent, de la populace.

Ce pourquoi, Langehack gardera sa neutralité tant qu'il n'y aura pas eu d'avancées à ce niveau-là. Voilà notre position actuelle.


Ses derniers mots marquèrent un arrêt brutal de la conversation. La duchesse, suivie de quelques nobles se levèrent dès lors en saluant l'émissaire par un sourire courtois trahissant néanmoins tous ses doutes à son encontre.

-Nous pouvons nous arrêter-là pour aujourd'hui, même si je crois comprendre que mon époux souhaite de nouveau converser avec vous.

Sans attendre, elle lui laissa un baiser sur la joue et s'en alla. Ne restait plus alors que l'émissaire du Lyron et lui-même. Le soleil commençait à faiblir progressivement, même si quelques rayons parvenaient encore à franchir les hauts vitraux de la salle. En face-à-face, la conversation allait ressembler à leur petit entretien de Diantra quelques jours avant le congrès.

-Mon épouse ne porte pas dans son cœur les engagements reposant sur des suppositions, même si l'idée peut être bonne. Je partage malheureusement ses doutes concernant le revirement d'Harold suite à notre refus catégorique de rejoindre son royaume. Car même si vous dénoncez le traité que vous avez aidé à concevoir, Harold se sentira sûrement dupé et cherchera par tous les moyens à acquérir ce qu'il n'a pas pu avoir par voie diplomatique.

Oschide se servit un verre d'eau bien fraîche et en proposa à son invité. On était bien loin des meilleurs crus langecins, mais le duc souhaitait garder les idées clairs pour converser avec raison le plus longuement possible.

-Vous parliez de monarchie élective toute à l'heure. Je n'ai, hélas, pas lu vos écrits, mais il me tarde déjà de le faire dès que l'occasion se présentera. Je ne suis pas forcément le plus enclin lorsqu'il s'agit de nouvelles idées. Pourtant, je serai curieux d'en savoir un peu plus sur ce que vous entendez par là, dit-il en souriant plus qu'à l'habitude. Si vos idées sont convaincantes, j'essaierai d'en parler à son altesse mon épouse au plus tôt pour vous donner une réponse avant votre départ, mais je ne vous garantis rien, messire. Je ne veux pas que vous vous fassiez de faux espoirs inutilement.

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Mer 06 Jan 2016, 00:49



Le baron resta de marbre aux réponses des deux personnes. Il n’en attendait pas plus. Niklaus n’était ni un doux rêveur ni un impatient. Il avait de l’espoir et des rêves pour son pays, mais il espérait avoir les pieds suffisamment sur terre pour ne pas avoir l’ivresse des cimes à ne discuter qu’avec des plus puissants que lui. Il était au final d’un enthousiasme circonspect.

Il se leva naturellement poliment pour laisser la dame partir et se rassit dès que cette dernière ait quitté la salle, comme le voulait l’étiquette. Il accepta de bon coeur le verre d’eau glacée proposée par le duc. Le baron réfléchissait à ce qui avait été dit durant la presque heure qu’avait durée l’entretien. Ce dernier avait été fourni et constructif, ce qui était une bonne nouvelle.

L’alternative proposée par Harold ne passait décidément chez presque personne. Au moment même de la rédaction du traité protocolaire, le baron savait qu’il n’avait fait que remettre à plus tard l’inévitable. Il avait espéré gagner un peu plus de temps, mais visiblement il faudrait réaménager le terrain politique plus rapidement qu’il ne le pensait.

Niklaus n’avait jamais prétendu travailler pour Harold ni pour un autre dans toute cette affaire et courrait autant que faire se pouvait après l’unique idée que le centre de la péninsule devait tout faire pour éviter une poursuite de la guerre civile. Sa lignée était presque éteinte, la charge qu’il représentait avait disparu et sans une certaine forme de légitimité intrinsèque et une certaine dose d’opportunisme et de politique, il aurait subi certainement le même sort que beaucoup à l’écroulement de la Couronne. Depuis sa nomination à la baronnie après son père puis après la tragédie personnelle qui l’avait abattu l’an passé, il s’était acharné dans le travail et avait quelque peu perdu toute autre attache que l’Apreplaine et ses habitants. Si la Providence avait été assez cruelle pour le séparer de tout ce qu’il avait aimé, peut-être lui laisserait-on le temps de marquer son passage sur cette terre en produisant quelques bonnes choses pour le futur de son pays.


Le baron n’avait pas d’illusion sur Harold. La première chose qu’il avait exigé était qu’on lui paye une nouvelle couronne. La preuve par neuf que ce dernier n’était pas de ceux qui cherchait à minimiser l’impact de sa gouvernance sur les finances d’un royaume à l’agonie. Outre le fait qu’il mettait à son tour la charrue avant les boeufs, cela n’avait pas contribuer à augmenter le peu d’estime que le baron avait envers les avis des prêtres en tout genre et de leurs prophéties souvent teintées d’intérêts privés. Harold tentait de s’appuyer sur lui car il connaissait le statut relativement neutre que le baron avait acquis en quelques mois de guerre civile. Mais le baron était un homme à la pensée libre, il l’avait été face à chaque personne qui s’était présentée.

Il écouta attentivement le duc tout en tentant de comprendre la personne. Il essayait de concevoir les gens sous un oeil froid et sans préjugé. Bien que jeune, il savait que poser des étiquettes sur des personnes était un jeu dangereux. Il ne savait pas grand chose de l’homme qui lui faisait face et qui au final était sensiblement du même âge que lui. S’il devait émettre un jugement incomplet, il le pensait assez direct, tacticien et quelque peu ombrageux.

Son épouse l’avait dit avant lui, le Langehack se méfiait grandement du peuple Diantrais. Naturellement le soutien d’une partie du clergé à Harold était un obstacle important. Dans ce jeu à plusieurs tiroirs, c’était naturellement la plus grande carte à jouer d’Harold. Le baron laissa quelques secondes s’écouler après la dernière phrase du duc puis répondit :


“ - Je ne suis pas venu ici pour chercher des promesses sans vous donner de garantie. Je ne vous en demande pas. Je suis venu ici avec un certain nombre de proposition et je suis venu prendre un premier contact afin de connaître vos opinions, vos sentiments et votre réponse au protocole de Waldhouse.”

Il se croisa les mains calmement et fit une petite pause nouvelle. Il réfléchissait principalement à ses collègues. Des hommes qui n’étaient pas tous de tout coeur avec Harold, il en avait la certitude, mais ces hommes avaient peur. Ils avaient par pure contre réaction engendré dans une certaine mesure la bête qu’ils redoutaient. A la lecture de la situation actuelle, il apparaissait néanmoins que les garanties qu’il essayait de construire pour tenter d’empêcher la tyrannie ne seraient pas suffisantes.

Il fallait donc tenter de convaincre Harold de revenir sur ses pas. Ce n’était naturellement pas impossible, mais la partie allait être serrée. Mais il avait conscience que la situation actuelle était intenable. Plutôt que de jouer une comédie à la funeste destinée, le baron préférait rester proactif.


“ - Je comprends dans vos paroles que vous ne souhaitez pas de suite vous engager sur quoi que cela soit concernant une future organisation. Vous souhaitez des faits et des actes avant de sortir de votre logique réserve. Soit, je vais retourner à Diantra et je vais discuter avec M. de Velteroc et Mme de Hautval de manière à étudier des alternatives rapides sur le sujet. Je vais également tenter de neutraliser les propos de la haute prêtresse et tenter de saper l’alliance d’Harold.

Mais pour que je puisse officier avec efficacité et rapidité, j’ai besoin d’un minimum de soutien de votre part. En l'occurrence j’ai simplement besoin de votre assurance que vous prolongerez votre neutralité quelques temps encore, Je vous demande deux ennéades pour vous faire rapport de mes avancées. J’aurai également besoin de vous prolongiez votre autorisation pour aller et venir librement à Diantra et dans ses environs pour que je puisse aller voir efficacement les différentes personnes pouvant jouer un rôle dans ces changements.”


Il comptait en effet se rendre séance tenante sur Diantra pour mettre en branle le plus vite le clergé et tenter de saper si possible l’autorité morale de la haute prêtresse. Il allait ensuite attaquer le morceau peu simple de Vallencourt. Le père de Niklaus avait connu Vallencourt, peut-être cela allait-il jouer.

Le baron en avait de toute manière fini ici. Il lui restait néanmoins un dernier point qui lui tenait à coeur et qu’il voulait aborder.


“ - Je souhaite parler d’une derrière chose Votre Altesse. Non pas au nom de la médiation que je tente de réaliser dans le Médiant, mais en mon nom propre.

Nous en avons déjà discuté lors de notre dernière entrevue, et je souhaite à présent voir la mise en place se lancer. Comme vous le savez je suis inquiet du manque de coordination entre les terres royales et Diantra dans le processus de stabilisation de la région. Si je ne puis parler pour mes ex confrère, au moins puis je parler pour moi et pour le domaine que je représente encore. Sans mettre en quoi que cela soit en douter votre autorité sur la capitale à l’heure actuelle, je souhaite vous proposer de coordonner vos actions de reconstruction et votre soutien à la capitale.

Il est injuste pour vos sujet et inefficace économiquement que le Langehack supporte le poids financier d’une capitale exsangue. L’Apreplaine n’est pas un poids lourd économique, mais nous sommes un domaine agricole équilibré et sans conteste l’une des principale sources d’approvisionnement de la capitale. Nous ne roulons pas sur l’or, mais nous sommes économes et disposons de réserves. Il  me parait aussi charitable que légitime que mous les mettions à la disposition de la capitale. A cela s’ajoute que l’Apreplaine dispose toujours d’une grande réserve de plantations à cycle court dont nous pourrions imaginer la mise en terre d’ici au milieu de l’été et qui pourrait fournir des récoltes cette automne. Une telle initiative sur les terres de la capitale, en gérant hâtivement la mise en place de greniers d’abondance et d’un contrôle strict de la distribution de nourriture, cela permettrait de mettre les centaines de milliers d’âmes de la capitale à l’abri d’une famine au printemps prochain et certainement le départ sur les routes de milliers de réfugiés vers toutes les terres avoisinantes, y compris le Langehack.

Je ne demande aucune autorité sur la question ni aucune contrepartie, je m’engage par ailleurs si vous acceptez ma proposition à faire approuver toute chose par votre personne ou vos représentants sur place. Je me désespère simplement que ces choses soient mises en place rapidement. Je m’en suis fait déjà l’écho à M. de Missède, je ne sais s’il vous a fait remonter mes demandes, mais je vous les faits maintenant directement.

Le plan général serait de mettre en culture toutes les terres arables avoisinantes à la capitale, en utilisant l’extraordinaire main d’oeuvre sans emploi dans la capitale et les quelques réserves de bétail qui existent encore avant que ces derniers soient tous consommés. Avec quelques milliers de boeufs et toutes ces personnes, nous pouvons avoir couverts plusieurs dizaine de lieues de cultures rapidement. En organisant ce travail, nous mettons également ces personnes à l’oeuvre ce qui est mieux que l’oisiveté, surtout pour votre effort de police. En faisant pousser certaines récoltes dont nous avons amples réserves de graines en Apreplaine, nous pouvons fournir des milliers de tonnes de diverses sortes de courges et de bratrelles d’ici aux premières neiges. Ces légumes et racines se conservent bien, même s’ils ne sont pas fameux.”
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Mer 13 Jan 2016, 18:46

Lui qui s'était fait une joie d'en apprendre un peu plus sur la monarchie élective... il dut se faire une raison lorsque Niklaus n'en fit aucunement mention dans les mots qui précédèrent. Avait-il juste voulut sonder son intérêt pour la question en faisant exprès de ne pas lui répondre où était-ce simplement un oubli parce que l'homme décidait de partir sur un autre sujet ? Oschide n'en sut rien et dut se contenter d'écouter les nouvelles propositions et demandes de l'ambassadeur.

Ainsi, Niklaus lui demandait de garder sa neutralité pendant encore deux ennéades. Pensait-il réellement pouvoir faire changer les choses en un laps de temps si court ? Il en doutait fortement, mais si la chose tenait autant au baron d'Apreplaine alors il aurait ses deux ennéades. Langehack ne risquait pas de subir de revers venant du sud pendant ce temps et si Enrico lui rapportait de mauvais rapports, alors il saurait vers qui se tourner. Le deuxième et dernier élément de sa requête se concentra sur l'établissement d'une coordination à Diantra entre le Langecins et l'Apreplaine. Voilà qu'ils revenaient à parler des mêmes choses que dans les salons de la villa Anoszia. Voyant bien que ce Niklaus s'activait de son mieux pour tenter de trouver une solution pacifique à tout ça, Oschide ne put qu’acquiescer fébrilement devant tant de détermination. Même si cela ne le réjouissait pas que les terres royales mettent leur nez dans la capitale, le baron avait raison et rejoignait même la conclusion qu'il s'était faite suite au passage du Missédois. Langehack ne souhaitait plus être la seule à s'engager pour le rétablissement des terres. Cette aide proposée n'était donc pas à prendre à légère.

Une fois que le baron eut terminé d'exposer ses propositions, le duc prit une nouvelle lampée d'eau fraîche et reprit la parole.

-Diantra vous sera libre d'accès pour toutes vos allées et venues, baron. Je veillerais personnellement à ce qu'un laissé-passer vous soit octroyé. Concernant votre demande sur la neutralité du Langecins, je ne peux une fois de plus vous garantir une telle chose, mais je peux néanmoins faire en sorte d'attendre vos nouvelles et les rapports que vous me transmettrez sur l'évolution de la situation.

Il sourit.

-Pour ce qui est de vos projets concernant les terres de Diantra et sa population, je vous donne également mon accord et j'espère moi aussi que les choses avanceront enfin. Si vous pensez réellement pouvoir appliquer tout ce que vous venez dire alors pas de doute que vous êtes l'homme de la situation, dit-il avec un brin d'ironie. Faites tout de même attention à votre santé, baron. Il ne faudrait pas que cette surcharge de travail qui vous attend ait raison de vous.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Avec l'espoir...   Dim 17 Jan 2016, 17:06



Le baron eut un moment d’attente mêlée à l’angoisse. Il ne savait pas comment l’homme allait prendre ses demandes. D’autres se seraient certainement montrés sceptiques. Mais il était heureux de constater qu’au final le duc prit le choix de le laisser agir à Diantra. Il fallait repeupler rapidement les villages alentours et utiliser les fertiles plaines entourant le fleuve pour rapidement mettre en place des cultures d’urgence. Ce plan était accepté, ce qui fit déjà disparaître une lourdeur au coeur du baron.

Il ne resterait plus qu’à orchestrer l’affaire le plus rapidement possible. Il fallait pour cela s’appuyer sur les bourgeois restés en ville et sur les grands fermiers aux alentours de Diantra. Beaucoup allaient froncer les sourcils, mais en utilisant avec habileté la carotte et le bâton, avec un peu de chance, ils allaient pouvoir avoir des succès rapide.

Le plus ennuyeux serait de trouver un  logement à toute cette populace qu’ils allaient évacuer de la ville pour l’envoyer aux champs. Il faudrait certainement mettre à profit les bâtiments abandonnés et mettre en place des camps de fortune, en utilisant les surplus abandonnés de l’armée royale dans les domaines. Cela serait certainement envisageable.

Le baron se concentra sur son interlocuteur. Il finit par comprendre la dernière phrase de ce dernier. Il eut un sourire et un regard fatigué, laissant tomber le masque un instant. Le regard d’un homme à l’âme quelque vidée, meurtrie et recroquevillée.


“ - Alors que je suis un jeune homme, les Dieux ont voulu que je vois mourir tous ceux qui me sont chers. Il ne me reste pas grand chose pour lequel construire Votre Altesse. Devant les épreuves que nous offre la Providence, j’ai décidé de me battre jusqu’à mon dernier souffle. Puisque je ne peux protéger les êtres qui me sont chers de la mort, au moins pourrai-je peut-être éviter la mort à bien d’autres par mes actions.”

Il releva la tête et reprit un air plus normal, comme se reprenant.

“ - Mais c’est là la fatigue qui parle Votre Altesse. En faisant trêve de pessimisme, je pense pouvoir vous dire que nous pouvons parvenir rapidement à un dénouement. Je reviendrai vers vous avec une proposition rapidement, que j’espère sera partagée par tout le centre de la Péninsule. Je suis certain de pouvoir agir avec rapidité et agilité auprès des nobles des anciennes terres royales pour pouvoir les ramener à la raison. Harold se tiendra tranquille de toute manière, le traité de Waldhouse lui ayant donné satisfaction tout en nous permettant de nous faire gagner du temps.

Il ne tient qu’à nous, Votre Altesse -je dis nous en parlant de l’ensemble de l’aristocratie- de nous unir pour assumer ensemble les pouvoirs qui autrefois étaient du ressort de la Couronne. Il ne s’agit au final que d’un postulat de penser qu’une famille soit en charge de ces pouvoirs. Il ne s’agit à mon sens que d’un contrat invisible qui permettait jusqu’à présent de rendre limpide le passage du pouvoir.

Mais la conception d’une royauté propriétaire de son royaume a vécu. Nous sommes tous conscient que le royaume est en fait un agrégat de domaine qui veulent et qui doivent avoir la souveraineté d’action sur leurs terres. A ce titre il ne nous reste plus qu’à trouver une méthode pour que les pouvoirs régaliens soient placés sous une coupe commune, où les décisions pourraient être pris par l’aristocratie des différents domaines.

Au final Votre Altesse, la fin de la Couronne aura sonné le glas d’un pouvoir tendant à ramener entre ses mains toutes les responsabilités. Nous sommes, avec cette guerre civile, passé d’un pouvoir monarchique à un pouvoir oligarchique. Cette évidence que j’ai comprise - un peu tardivement comme je vous l’ai expliqué - je pense que nous pouvons nous appuyer dessus pour transcrire une situation de facto en une situation de jure.”


Il eut un dernier regard vers le duc.

“ - Votre Altesse avec votre permission, je vais me retirer. Je ne souhaite pas vous faire perdre plus de temps. Avec votre permission également je vais encore passer la journée sur vos terres pour me reposer, ainsi que mes compagnons de voyages. Nous repartirons demain à l’aube. Si Votre Altesse le permet, je resterai en constante communication par lettre afin de vous donner la mesure de mes progrès et l'avancée de la rédaction d’une charte, qui, je l’espère, permettra de traduire en Loi la situation que nous avons tous acceptés comme réalité politique de nos terres.”
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