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 Ipso Facto

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Ipso Facto   Dim 29 Nov 2015 - 21:57



Ipso Facto







Au cours du mois de Verimios




Le monde était à moitié endormi. En cette pesante fin de journée d'un mois marquant le début de l'été, Syriac paraissait se morfondre dans une torpeur pouvant presque paraitre morbide à qui aimait l'activité et la fête nocturne. La fière bourgade emmitouflée dans son anse ne paraissait ce soir pas bien armée pour se défendre face à la chaleur moite que seul un port océanique pouvait connaitre durant les périodes estivales. La journée avait certainement été particulièrement dure pour chacun, et à présent que la nuit commençait à tomber, on ne pouvait réellement parler de baisse de température.

Pourtant, et heureusement, le vent commençait à se lever en provenance de l'océan d'Eris tout proche. Il devait se heurter aux falaises pour ne pas avoir encore vraiment atteint la bourgade portuaire. A ce stade un simple souffle léger et chaud semblait vouloir tournoyer par à-coups. Les quelques gardes de la ville qui étaient de veille aux portes étaient en uniformes légers, et ne semblaient pas avoir le cœur à l'ouvrage par cette heure tardive et ce climat bien difficile. Il fallait néanmoins avouer que les tours de garde étaient bien plus simple en cette période qu'ils ne pouvaient parfois l'être en plein hiver, sous la pluie battante et glacée que ne manquait pas de déverser les nuages provenant de l'océan tout proche.

Syriac englobait ainsi un renfoncement naturel de l'océan dans les terres, une sorte de rade naturelle qui formait l'embouchure de la petite rivière de la Laurence. Dans le port plusieurs dizaine de petits navires étaient sagement rangés dans le port de pêche tandis que les ports de commerce et l'arsenal militaire n’accueillaient de leur côté que quelques navires, le commerce et la marine de guerre n'étant pas à l'apogée de leurs forces sur cette facade maritime si particulière. Port d'importance moyenne, Syriac n'en était pas moins une ville d'importance pour l'Apreplaine et avait été pendant longtemps le centre économique de la région, volant souvent la vedette à la capitale du domaine, homonyme de la baronnie.

L'océan dans la rade était comme on pouvait s'en douter d'un calme extraordinaire. Si l'on avait pas été regardant sur les courants provoqués par la Laurence, certains aurait pu trouver l'occasion de se baigner. Pour autant l'on entendait au loin les remous lents de la haute mer, une fois la rade sortie, qui venaient briser ses petites lames à intervalles réguliers sur la digue solidement enracinée par des générations de Syriacois.

Le voyageur arrivant à cette heure-ci devait naturellement passer par la seule porte encore ouverte de la ville, les autres ayant été fermées à la tombée de la nuit. Une grosse lune luisait sur ce petit panorama et répandait une lumière énigmatique. Si l'on connaissait le peuple de l'Apreplaine, on savait d'expérience que les gens y étaient serviables. Pour le voyageur arrivant d'un long périple, les gardes seraient certainement une source d'information non négligeable.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Mer 2 Déc 2015 - 7:08

Jamais bien longtemps en un même lieu, presque toujours en mouvement, tel était la manière qu'il s'était choisit, lui qui n'avait de toute manière plus une terre à laquelle il était attaché, plus un lieu dans lequel il entendait demeuré, plus une chaumière où il se sentait chez lui. Il traînait dans ces terres qu'une nouvelle couronne revendiquait pour royaume, s'arrêtant tout au plus pour une nuit, dépensant avec parcimonie les richesses qui lui restaient, en gagnant par des tâches qu'un chevalier ordinaire aurait trouvé indigne… Il aurait pu faire mieux, il aurait pu rejoindre sa petite troupe, resservir d'escortes à quelques marchands, mais il ne souhaitait pas son séjour durable, à présent, aussi, et si ils voulaient encore être avec lui, il leurs avait envoyé un message, sans savoir si ils l'avaient reçu ou même appliqué : Rallier l'Ithri'Vaan et Thaar dès que les événements le permettront. Il avait aussi indiqué une taverne qui pourrait servir de repère pour se retrouver.
Ses errances le conduisirent, la nuit déjà tombée malgré les jours s'allongeant, jusqu'à la bourgade de Syriac, en Apreplaine. Il connaissait, du moins l'avait connu il y a près de dix ans maintenant, mais les bouleversements importants lui soufflaient que les choses avaient changé, quand bien même rien ne troublait réellement la vie des hommes plus simples… On pouvait avoir changé de royaume, de couronne ou de roi, leurs vies n'en étaient pas modifiées.

Il passa l'unique porte ouverte à ces heures, non sans demander aux gardes en poste de lui indiquer une auberge modeste susceptible de pouvoir l'accueillir. Il attira la curiosité de ces derniers, assurément, à mi-chemin entre le chevalier et le vagabond – quoique davantage le premier en apparence -, mais surtout un dräke perché, endormi mais tenant en équilibre, sur son épaule, la queue autour du cou., tirant ce qui avait du être, dans sa jeunesse, un fier et puissant destrier eracien. Ils lui donnèrent toutefois une réponse et le laissèrent passer, mais il s’interrogea sur la suite… Serait-il juste une curiosité passagère ou l'objet de plus d'attention ? Lui espérait le premier en craignant le second, il ne voulait pas avoir à gérer ces histoires.

Il parvint à un établissement en effet modeste, qui avait pour gérant une femme d'un certain âge qui, malgré l'heure tardive, l'accueillit avec plus de chaleur que de fatigue, l’œil, comme chacun dans cette partie du monde, un instant attiré par l'étrange reptile accroché à son épaule. Mais le professionnalisme reprit le pas tandis qu'il demandait si une chambre était disponible. Une réponse positive plus tard, il osait demander si il ne demeurait pas quelques restes, il n'avait rien mangé de la journée. Et la chose parut la revigorer, réveillant un instinct maternel sans doute frustré par des enfants ayant quitté le nid depuis des années.
Pour autant, sa soirée ne se termina pas là, assit à une table, autour d'un repas réchauffé, il fut amené à discuter, et tant de générosité dans l'intention ne lui permit pas de décliner et d'esquiver la curiosité que son cas représentait… Et son parcours confirmait les à priori qu'on pouvait avoir en l'apercevant avec son compagnon exotique.
Alors il parla, en disant suffisamment pour satisfaire la tenancière, mais pas trop pour ne pas se dévoiler… Il savait y faire, il l'avait fait toute sa vie. Ainsi évoqua-t-il l'Estrévent, ses cités libres et ses habitants, les Terres Stériles. Il parla bien moins et éluda sa vie en Péninsule, sans complètement mentir, un chevalier ayant servi jusqu'à être blessé pendant le soulèvement des barons, s'étant retiré et ayant trouvé une femme jusqu'à ce que la maladie la lui enlève, le décidant à partir. Il y avait un peu de cela, après tout.
Heureusement pour lui, la fatigue eut raison de la curiosité vorace de la tenancière qui l'accompagna jusqu'à sa chambre et lui souhaita la bonne nuit.

Demain… demain il irait contempler l'Eris probablement une dernière fois, en quête de quelques vieux souvenirs, que ceux-ci soient restaurés avant son départ pour l'Est, espérant que sa présence ne fasse pas trop de vague.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Lun 28 Déc 2015 - 12:15


La nuit n'était pas non plus d'un grand calme pour Niklaus. Ce dernier avait passé l'essentiel de son temps debout, tantôt à écrire, tantôt à discuter. La  gestion d'un domaine ayant eut la chance de ne pas être des plus touchés par la guerre n'était pas aisée, car les demandes venaient d'un peu partout. Mais au final c'était certainement les retombées du congrès organisé quelques jours plus tôt dans le village tout proche de Waldhouse qui lui valaient le plus de soucis.

Il finit par se mettre au lit avec quelques heures de retard sur l'horaire qu'il avait choisi. Le baron ne mangeait pour ainsi dire plus que le strict nécessaire et pour cette nuit avait fait de même. Il avait dîné de chose et d'autre durant la soirée. Un bouillon par ci, une potée de légume par là. Entre deux discussions, entre deux lettres, entre deux écrits. Jamais de sa vie il n'avait pensé que la politique Diantraise prendrait autant de son énergie. A cela s'ajoutait qu'il se sentait prit en tenaille entre deux camps pour lesquels il avait forgé un accord aussi fragile qu'illusoire, il en avait à présent la certitude. Ses lectures le rassurait autant que l'inquiétait sur la question.

Il devait partir vers le Langehack sous peu. Pour le moment la situation se stabilisait, mais le baron savait bien que le travail à venir était encore plus intense. Il regarda une dernière fois les piles de documents qui s'étaient entassée et décida finalement de s'arrêter là.

La nuit fut courte. Il avait laissé les rideaux se sa chambre grands ouverts pour être réveillé dès les premières lueurs. Finalement il se réveilla bien avant cela. Il ne souhaitait pas passer son temps à dormir. Pas dans les conditions actuelles. Après une rapide toilette il était déjà près à sortir. Rien de tel qu'une petite sortie matinale pour se réveiller les pensées. Janson Jegor, son aide, était déjà debout. Ce qui n'était pas une surprise. Il était de ceux que le sommeil ne concernait pas. Une force tranquille de la nature, discret et serein, dont le baron appréciait la compagnie.

Il passa à la cuisine récupérer une miche de pain pour eux deux et il furent rapidement parti. Les ruelles de la petite ville étaient encore vides de monde, et seuls leurs deux flambeaux, ainsi que quelques lanternes à graisse placées aux coins des rues éclairaient les lieux. Quelques dizaines de minutes après leur départ hors des murs de la grande maison, ils arrivèrent sur les quais. Le baron souhaitait aller marcher à l'aplomb des falaises, retraçant ainsi un chemin qu'il avait exploré mille fois lors de son enfance.

Le ciel commençait à prendre des couleurs rougeâtre, un petit vent du large apportait un air frais bienvenue après les chaleurs nocturnes. Quelques nuages d'altitude venaient parfaire le tableau, mais globalement le jour s’annonçait très beau. Il passèrent la porte nord de la ville, que le baron fit ouvrir. Être le maître avait quelques privilèges... Et les deux hommes quittèrent rapidement la vue des gardes pour s'enfoncer dans le sentier des landes, laissant derrière eux la route plus passante menant à la ville.

L'assaut de la colline de granit couverte de lande ne fut pas aisée, mais la récompense à son sommet était digne de l'effort consentit. Ils étaient arrivés avant le lever du soleil. Peut-être restait-il environ une demi heure avant ce dernier. Le vent, déjà faible, s'était encore calmé. Hors le cycle régulier des petites vagues venant heurter le pied de la falaise, tout était silencieux. Même les oiseaux de mer étaient encore endormis.

Le baron choisit une grande pierre bien placée et s'y assit. Son aide, comprenant que son ami et maitre avait besoin d'un peu de temps pour lui, alla s'installer un peu plus loin.

Il ne restait plus qu'à attendre l'aube.
HRP:
 
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Arthur
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Ven 1 Jan 2016 - 17:54

Lorsqu'il quitta sa chambre, l'aurore n'était pas encore apparue… Un dernier lever de soleil de l'Eris, depuis les falaises qui bordent l'océan sur cette partie de la côte, voila un souvenir digne de ce nom pour cette étendue qui gouverne une part des souvenirs de sa jeunesse, et ce même si il n'était pas appelé par la mer, y préférant les monts à l'ouest et au nord.
Il laissa une petite partie de ses affaires, ses provisions, ses carnets de voyages, non nécessaire à sa petite virée, mais prit soin d'emporter le plus précieux des trésors en sa possession, ainsi que son épée, au cas où… Et c'est ainsi simplement équipé qu'il quitta sa taverne alors que la nuit n'était pas encore pleinement terminée, même si des âmes déjà commençaient à s'agiter.

Ce n'est qu'une fois les murs de la ville franchis que le dräke le rejoint, après s'être égaré dans le port, piochant quelques petits mets en passant, appréciant l’écume et l'activité matinale des quais. Il avait passé la nuit dehors, et si le chevalier s'enquit de la bonne nuit passée par son compagnon reptilien, il ne lui demanda pas quantité de détails… qu'il choisit de partager de lui-même. Ah, de l'agitation, il y en avait sur ce port, mais les esprits ne contenaient pas d'idées riches et intéressantes, comme souvent… Les humains avaient épuisés en bonne part la source de plaisirs et de curiosité du reptile.

« Un jour, nous irons chez les elfes, je suis certain que leurs bois sont riches de choses aussi fabuleuses que nouvelles. »

Et dangereuse…

« Ah mais, l'assouvissement de ta curiosité est une quête, mon cher, et ces dernières ont toujours une part de danger… Mais penses à ces idées et souvenirs que doivent posséder des êtres ayant vécu plusieurs vies humaines ? A tout ces fruits qui ne poussent que là-bas, auxquels tu n'as sûrement pas goûté ?»

Ces idées à elles-seules, il le savait, chasserait l'ennui, et bientôt, des images de fruits imaginaires, leurs saveurs fictives et leurs odeurs alléchantes flirtèrent à la limite de ses pensées, et il lui sembla que le dräke se déplaçait, comme flottant sur un nuage, et tout ceci contribua à le faire sourire.

« Nous irons, je te le jure, si il m'est permit de vivre assez longtemps, et lorsqu'il sera venu au monde, paré pour se défendre par lui-même, nous irons visiter les elfes. »

Et cette idée neuve lui plaisait autant qu'à son compagnon, chacun trouverait à se satisfaire dans une pareille aventure. Une fois libéré des poids qu'il s'était lui-même mit, il avait bien l'intention de profiter du temps qu'il lui était alloué, quel qu’il soit.

Dans sa marche en attendant l'aube, cherchant un bel endroit pour profiter du lever de l'astre solaire, il tomba sur deux individus, légèrement séparés, mais à l'attitude qui se dégageait du second, il comprit qu'ils étaient ensemble, le second « soumis » au premier… Dont l'accoutrement témoignait de son rang social : un noble. Et un qui connaissait le coin, à en croire la vue qu'il s'était choisit.

Tu es curieux.

Je souffre du même vice que toi, même si j'aspire à éviter ces sphères là.

Fonces, je n'ai pas envie que tes questions inassouvies ne nuisent à mes propres idées.

Ca risque d'être une discussion ennuyeuse pour toi, tu sais ?

Oh, mais au pire, j'irais me balader, fais le !


Et il y avait cette pensée autoritaire accompagnant le reste, sans le contraindre, le dräke venait de lui mettre une sacrée pression… A laquelle il céderait.
Aussi s'approcha t-il du plus remarquable des deux, un œil sur le second, guettant la moindre hostilité de sa part.

« Mes excuses, messire, mais vous semblez bien connaître la région et rechercher la même chose que moi… Savez-vous où il me serait possible d'apprécier au mieux le lever du soleil? »

L'instant d'après, il s'interrogea sur la probabilité d'être reconnu… Il avait été baron d'Ancenis, longtemps un courtisan de Diantra et un conseiller de Trystan, et même si il avait changé, des bâlafrés aux yeux verts, accompagnés d'un dräke or et bronze, ça ne courrait probablement pas les rues. Si ça n'était pas le cas, peut-être aurait-il l'honnêteté de se présenter sans mentir… C'était à voir, selon l'homme qui se trouvait devant lui.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Lun 4 Jan 2016 - 20:44



Le baron était assis avec calme et regardait l’océan dans la pénombre. Cette masse d’eau infinie se confondait encore par endroit au ciel. Le soleil n’avait pas encore commencé à éclairer réellement les cieux. Tout au plus ce dernier s’éclaircissait-il par là où l’astre solaire allait se lever. Un vent calme et chaud venait caresser les joues du baron. Une désespérante tempête s’était emparée de son âme à l’approche de l’océan, si beau en ce jour d’été mais qui pour lui était toujours un lieu de triste pèlerinage.

Le baron adorait l’océan. Il avait passé une grande partie de son enfance soit dans les forêts humides de l’Apreplaine, soit le long de ces côtes découpées. Autrefois, la simple idée de se rapprocher de l’océan était pour lui une joie immense. A présent il était à la fois saisi par la poignante beauté de ce géant immuable et attristé par les souvenirs qu’il lui rappelait. Il ferma les yeux quelques instants laissant la brise porter à lui les odeurs et les sons.

L’homme si strict et rigoureux que tout le monde connaissait était en ce moment bien faible. Il n’en voulait pas à l’océan de lui avoir ravi son amour. Il savait bien que la main cruelle de l’homme était derrière ces faits tragiques. Il avait laissé à côté de lui sa miche de pain et ses fruits, ayant partagé ce qu’il avait pris à la cuisine préalablement avec Janson. La faim le tenaillait et il se savait assez faible en ce beau matin, mais sa gorge était noué dans un sanglot refoulé.

Ses sens affûtés de chasseur lui valu d’être prévenu suffisamment tôt qu’une autre personne arrivait pour éviter de se montrer ainsi prostré. Il étouffa dans un long soupir ces quelques moments d’une détresse passagère et observa d’un oeil distrait l’homme qui montait également la colline. Il était rare de voir du monde ici à cette heure. Les gens ne sortaient que peu de la ville et un jour de semaine comme celui-ci tout le monde était affairé.

Reprenant un visage impassible, il effaça de son esprit les dernières pensées de sa perte et reprit le petit sourire neutre qu’on lui connaissait naturellement. Son sourire s’élargit un peu lorsque l’homme lui demanda où l’on pouvait trouver le meilleur point de vue pour observer le lever du soleil.

“ Vous y êtes messire. Asseyez vous donc à mes côtés si le coeur vous en dit. J’ai emporté quelques provisions mais j’ai surestimé ma faim. Si vous en voulez, cela sera avez plaisir que je partagerai. ”

Il entreprit de sortir son couteau de poche et de trancher deux morceaux de la demi miche de pain. Il avait également prit avec lui plusieurs solemèles, des fruits typiques au goût sucré et acidulé de la région et que le baron appréciait particulièrement. On était en plein dans les récoltes. Entouré d’une coque épineuse, il fallait connaître la technique pour ouvrir le fruit sans se blesser et le baron en découpa deux coque. Il en extirpa le fruit en question dont la peau était d’un jaune assez vif et qui laissait échapper un parfum assez floral et délicat.

Il fit un sourire aimable à l’homme tout en posant les trois morceaux de pain et trois fruits préparés sur le bout de tissu dans lequel il avait enveloppé ses provisions et qu’il avait étendu à même la pierre. Il regarda avec un sourire le compagnon ailé de son visiteur, la troisième part était pour lui, si tout du moins ce dernier aimait les fruits. Ces créatures étaient rares en Apreplaine, et le baron était assez saisi de cette rencontre inopinée.


“ Nous en avons encore pour un bon quart d’heure avant que le soleil n'apparaisse, je vous conseille de vous installer confortablement. ”

Le baron ne souhaitait pas harceler l’homme de question. Il se voulait accueillant sans pour autant tomber dans la curiosité mal placée. Il avait été mieux élevé que cela par feu ses parents.  Après tout ce dernier était peut-être monté ici pour le calme des lieux et éviter de tomber sur des étrangers. Il ne cherchait pas à se montrer inquisiteur, surtout que l’homme devait certainement faire face en permanence à une foule de question à ce sujet.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Mar 12 Jan 2016 - 8:03

« J'aurais préféré ne pas vous voler une part de ce moment, j'imagine que si vous vous égarez là où l'on trouverait peu de gens de votre rang, c'est qu'il vous est cher, mais puisque c'est si gentiment proposé… »

Il jeta tout de même un coup d’œil à l'autre homme, il ne craignait rien, il le savait, puisqu'il n'était pour l'heure qu'une curiosité imprécise à leurs yeux, comme ils l'étaient aux siens, et pourtant, il ne fallait pas qu'il laisse s'émousser sa prudence, plus encore face à l'amabilité et la relative et apparente simplicité de l'homme qui l'invitait.

Lorsqu'ils furent installés – et servi -, Arthur remercia l'homme d'un geste de la tête avant de revisiter à sa manière les parts proposés, sous l'oeil curieux d'un dräke attiré par la vue et l'odeur des fruits proposés… Et c'est sans grande surprise, du moins pour lui, qu'il isola pain et fruits, laissant ces derniers à son compagnon reptilien peu intéressé par ce pain si courant chez les humains. Il sourit, influencé par les pensées ravies et alléchantes qui lui parvinrent, du moins, les quelques résidus qu'il laissait échapper.

« Il ne le dira pas, mais vous avez ses remerciements. »

Tandis que le reptile non retenu par les manières humaines s'était lancé dans la dégustation sans plus qu'un instant où il avait posé les facettes multicolores de ses yeux sur l'homme qui lui offrait ces fruits. Quant à Arthur, lorsqu'il eut réussi à se prémunir contre le débordement de son compagnon, il put se recentrer pleinement…

« J'espère que vous ne le prendrez pas mal, mais si je me doute bien que vous êtes un notable dans la région, que chacun et chacune vous connaît, y étant étranger, je n'ai pas ce plaisir. Pour ma part, appelez moi Arthur… et le glouton, c'est Monarth. »

Attendre serait gaché !

Je veux bien te croire…


Avec un soupçon de moquerie qui eut pour réponse l'impression d'une porte claquée, d'une tête détournée avec dignité, boudeur. L'image lui traversa l'esprit quand bien même le dräke n'avait pas bougé, tout au plus sa mastication s'était ralenti rien qu'un instant.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Jeu 14 Jan 2016 - 23:42

Le baron n’était pas fâché de la compagnie de l’homme. Surtout qu’elle était surprenante, et Niklaus était un homme curieux. Très curieux même. Il embrassa du regard la mer qui commençait à poudroyer. On apercevait ainsi la bande de nuage qui semblait charger au loin l’horizon. Mais avec chance, il semblait que cette dernière ne se poursuivait pas jusqu’à l’endroit où, dans quelques instants, le soleil allait faire son apparition. Ils auraient le droit à un magnifique lever.

Il remarqua que l’homme, bien qu’heureux d’être invité, se méfiait quelque peu. Naturellement avec beaucoup de restreinte et de politesse, mais cette distance quelque peu étonnée existait néanmoins.

Niklaus comprenait cette attitude. Les choses étaient un peu triste en ce moment. Et la confiance entre les hommes était toute relative. Niklaus avait prit le parti de ne plus avoir peur. Sa vie s’était éternellement brisée il y a de cela plusieurs années, et ceci malgré son jeune âge. En conséquence il avait décidé de ne plus céder à la panique, à la tristesse ou à une trop grande inquiétude face aux humains. Il avait renoncé à la peur et se sentait quelque peu investi d’une certaine forme de confiance en l’avenir.

“ - Ne vous inquiétez pas. La côte ne m’appartient pas. Par ailleurs je suis avec Janson en permanence, et ce dernier doit être heureux de ne pas avoir à me supporter en permanence. Il aime cet endroit autant que moi car il connaît l’océan mieux que moi. Et je suis souvent trop bavard à son goût...  ”

En effet l’aide du baron s’était assis un peu plus loin dans la mousse et avait une pose contemplative envers les quelques étoiles qui restaient dans le ciel. Tandis que l’homme lui faisait part des remerciements du reptile, le baron fit un sourire sympathique. Il ne connaissait que peu cette fascinante race. Il ne savait même pas qu’ils communiquaient. Ou bien peut-être l’homme était-il simplement en train de faire une hyperbole ? Dans tous les cas il se contenta de faire un sourire.

Avoir quelqu’un de différend avec lui lui faisait effectivement du bien. La boule au ventre s’était calmée et il retrouvait un peu l’appétit. Il attaqua sa part de la miche de pain. Sans grande conviction néanmoins, malgré la qualité de l’aliment. Le bon vieux Melnor, le fournisseur de la maison du baron à Syriac, était toujours aussi doué de ses mains et de son four.


“ - Je ne sais pas si chacun me connaît. Je n’ai pas cette prétention. J’ai été nommé à la charge du domaine de l’Apreplaine par une monarchie qui n’existe plus, et j’ai pour le moment l’honneur de continuer à avoir la confiance de ses habitants. Mon nom est Niklaus d’Altenberg. Et je suis heureux de vous connaître Arthur… Tout comme votre compagnon. J’espère que vous avez été bien accueilli sur ces modestes terres. Je suis très fier de la stabilité et de l’avancé que nous y avons accompli malgré notre faiblesse relative. Venez vous de loin ? Vous n’êtes pas obligé de me répondre. Je suis un curieux maladif, et j’essaye de ne pas mettre les gens d’en l’embarras. Mais j’aurai certainement entendu parler de vous si vous étiez de la région. Enfin… Ne le prenez pas mal. Je suis certain que vous êtes très sympathique, mais j’aurai sans nul doute entendu parler de votre compagnon tout du moins.  ”

Il s’arrêta là une seconde.


“ - D’ailleurs vous m’avez transmis des remerciements. Est-ce une figure de style ou discutiez vous réellement avec votre compagnon ? ”
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Arthur
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Ven 15 Jan 2016 - 1:55

« Altenberg… Vous êtes donc le fils d'Edouard, n'est-ce pas ? Que devient-il ? »

Des souvenirs lui revinrent, vieux d'une dizaine d'années, voir davantage… Le temps qu'il passa à la cour de Diantra, avant la guerre civile et tout ce qu'elle bouleversa dans sa vie, en bien comme en mal. Il n'avait plus eu de contact, déjà rendu délicat du fait de la santé déclinante du bonhomme, dès lors qu'il avait eu à charge de diriger l'Ancenois.

« Il se dit que vous avez réuni les quelques partis en guerre pour la nouvelle couronne… Vous avez à cœur d'être un digne héritier de votre famille ? »

Peut-être qu'il se trahissait un peu trop… Mais qu'importe, il n'avait plus grand-chose à craindre, il retrouverait bien vite les routes, disparaîtrait comme il avait toujours su le faire, alors il pouvait bien semer quelques miettes et voir comment la curiosité s'emparait du baron. Dans tout les cas, il avait toujours eu un respect pour cette modeste et discrète famille qui avait de tout temps eu à cœur de faire au mieux dans les responsabilités qui leur étaient données… Des hommes préférant la table aux champs de bataille, une espèce bien trop rare dans la région.

« Ceci répond partiellement à vos questions… Non, mes racines ne sont pas très loin d'ici, en l'Eracien, mais ces dernières années m'ont mené jusqu'au delà de l'Olienne, et plus profondément encore dans les terres, à l'Est, alors je vous laisse décider quant au fait de venir ou non de loin. » Car après tout, les deux réponses étaient juste, dans son cas, le soin au baron de décider, cela revenait au même, en définitive. « Et ne vous inquiétez pas, j'ai toujours été discret, je n'ai jamais cherché le prestige ou la reconnaissance, du moment que ceux que je servais appréciaient mes services, nul besoin que d'autres sachent, aussi n'est-ce pas surprenant, et je vais même vous dire, je prends ça comme un compliment. »

Et il ponctua le tout sur un sourire curieux, oui, un compliment… La démonstration faite que ce à quoi on s'est évertué est une réussite, c'est un compliment, c'est comme ça qu'il voyait les choses. Mais si l'homme était véritablement un curieux maladif, il avait laissé traîné un bon paquet de miettes de pain dans ses mots, qui suggérait davantage dans le passé que le vagabond d'aujourd'hui.

« Quant aux remerciements, un peu des deux en vérité… Il n'y avait pas à proprement parler de remerciement, il n'est pas coutumier de la manières des hommes, quand bien même il en est instruit, ça n'est pas une chose naturelle pour lui, mais il débordait littéralement de plaisir à apprécier la vue et l'odeur de ces mets… Ce qui vaut bien un merci, mais autrement, oui, nous discutons… Enfin, c'est la façon la plus simple de décrire la chose. C'est par moment assez proche, mais bien souvent, ça s'en éloigne vers quelque chose de plus… élémentaire. »

Difficile à définir avec des mots, du moins, en un…

Il regarda l'horizon quelques instants, s'imprégnant de l'endroit pas si différent, finalement, de ces souvenirs de jeunesse, et c'est presque avec ce regard qu'il observait. Comme l'enfant, il voulait graver cette image, comme si elle était nouvelle… Encore qu'aujourd'hui, dans le pire des cas, il possédait un allié de choix, qui poursuivait sa dégustation, pour restaurer les vieux souvenirs poussiéreux, usés ou égarés dans un coin de son esprit.

« Je crois qu'elle me manquera sûrement davantage que la terre dont je suis issue… En comparaison, l'Olienne est si calme, dépourvue de cette force qui soumet les hommes... »

Il avait dit cela à voix haute, mais c'était lancé dans le vague, une pensée qui s'était échappée.


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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Dim 17 Jan 2016 - 17:34


Ainsi l’homme connaissait son père ? Là le baron eut un temps d’arrêt. L’homme n’était donc pas un aventurier de passage. Était-il revenu ici en Apreplaine pour voir feu son père ? Si c’était le cas, il serait bien déçu. Il l’entendit ensuite revenir sur la situation actuelle du pays et sur les tribulations des derniers jours. Le baron perdit quelque peu son sourire à la question de l’homme et détourna les yeux, préférant dévisager l’horizon que son interlocuteur.

“ - Mon père est mort il y a de cela quelques années déjà… Il n’a pas souffert longtemps. La maladie l’a emporté rapidement. Tout du moins c’est ce que l’on m’a rapporté… Je n’ai pas pu être là pour sa mort ou pour son enterrement. Malheureusement… Quant à savoir si je suis digne héritier… Je pense que nous sommes de bien mauvais juges de notre action. Comment l’avez-vous connu ? ”

Malheureusement l’autre continua, affirmant répondre partiellement à ses questions. Cela ne répondait pas du tout aux questions du baron mais en apportait au contraire d’autre. Il était bien malaisé de comprendre où cet Arthur voulant s’entourer de mystère voulait en venir. Il haussa les épaules avec cette lenteur des hommes acceptant que certains mystères ne devaient, malgré toute leur curiosité, parfois rester inconnus.

Pourtant l’homme répondit plus avant. Apparemment il était effectivement un aventurier, ou tout du moins un voyageur. Il regarda le petit reptile tout en écoutant l’homme continuer. Peut-être avait-il rencontré son père dans un moment un peu comme celui-ci. Ou peut-être mentait-il totalement et savait-il simplement que le père du baron s’appelait Edouard, et l’avait-il reconnu. Dans tous les cas le baron n’avait rien pour remettre sa parole en doute et le baron partait du principe qu’il fallait croire les gens avant d’être sceptique. Tant que cela en restait à ce niveau de discussion tout du moins.

On en revint à parler du petit être, avec qui il communiquait effectivement. Voilà quelque chose qui était bien extraordinaire pour Niklaus. Il jeta un coup d'oeil alternatif au reptile puis à son ami ou propriétaire, il n’aurait plus su dire. Visiblement l’homme avait du mal à exprimer les liens qui l’unissait à Monarth. C’était là une scène bien singulière.

Finalement l’homme termina en parlant de la mer Olienne et de l’Eris, reprenant la contemplation de ce grand amas d’eau qui les avaient unis pour cette conversation bien matinale. L’homme semblait vouloir partir. Niklaus approuvait silencieusement la fin de la phrase d’Arthur. Il avait toujours trouvé aussi que l’Eris était bien plus fortifiante que l’Olienne. Ce véritable océan déversait sa force paraissant infinie sur les côtes de l’Apreplaine, et il fallait être un fou pour imaginer que les beaux jours comme aujourd’hui étaient la norme. Car même par ce temps il restait d’une puissance surhumaine.


“ - Vous allez repartir ? Si vous connaissiez mon père, vous devez savoir que nous sommes de bons hôtes. Vouliez-vous vous reposer chez moi d’un si long voyage avant de repartir ? Ou au moins prendre quelques provisions ? ”
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Arthur
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Lun 18 Jan 2016 - 10:52

Ainsi le père était mort ? C'était une perte regrettable, pour ce qu'il en avait connu, mais sur l'instant, c'est bien davantage ce que dégageait le baron qui occupa ses esprits… Suggérer pour ne pas mentir, en dire suffisamment sans trop en faire était aisé avec un complet inconnu, mais à vouloir une part d'honnêteté, reconnaissant avec connaissance du paternel, il semblait avoir embrouillé quelque peu le fils.
Il était là, tout comme lui, pour profiter de la vue qu'offrait l'Eris au levé de l'astre du jour, et par les troubles que le mystère provoquait, il risquait de manquer ce souvenir, d'en déprécier la saveur… Le choix et ses conséquences, hein…
Et aux mots qui lui répondirent, l'étendue de son erreur se dévoilait… Avait-il suggéré attendre quoique ce soit ? Accueil ? Service ? Provision ? Ou bien n'était-ce là que la conséquence d'un doute ?

Il avait laissé un temps de silence, durant lequel il avait porté son regard sur l'océan… Qu'avait-il à perdre à dire la vérité, même si lui-même ne se retrouvait plus dans cette dernière ? Il s'était déjà confronté à ceux qu'il percevait le plus comme une menace à sa personne, et pourtant, il était toujours là, il pourrait disparaître à nouveau librement lorsqu'il se sentirait prêt, qu'il aurait fait ses adieux. L'homme troublé méritait une explication claire et franche, que cette rencontre ne lui apparaisse pas intéressé, ce qu'elle n'était pas… Du moins, pas pour ces raisons.

« Je vous présente mes condoléances pour votre père, c'était un brave homme, et je vous présente mes excuses, il semble qu'à vouloir préserver mon anonymat, je vous ai embrouillé, suggérant attendre certaines choses de vous… Il n'en est rien, je vous l'assure, la seule chose qui m'ait amené à vous, c'est ça. » Tout en désignant l'horizon où se présentait les premières lueurs du jour à venir. « J'ignorais qui vous étiez, et votre nom a suscité quelques… souvenirs. »

« Alors… En espérant chasser le trouble pour que nous puissions profiter de ce qui arrive… Je suis Arthur de Melasinir, autrefois au service de la famille ducale d'Erac, puis de la Couronne sous Trystan Fiiram, jusqu'à la révolte des barons à la fin du cycle précédent, devenu baron d'Ancenis avec la bénédiction de ce dernier, jusqu'à sa mort et la prise de pouvoir par Aetius d'Ivrey… Depuis lors, je ne suis guère plus qu'un chevalier errant qui a laissé tout ceci dernière lui. » Il ne pouvait prétendre faire mieux comme « révélation », bien qu'il ait encore quelques menus petites choses à préciser, et écarter tout service qu'il pourrait vouloir attendre du baron. Le tout était présenté simplement, nulle fierté, c'était du passé, et même à l'époque, il n'avait jamais été qu'un serviteur... d'un duc, d'un roi, d'un peuple. « Et c'est durant mes années au service de la Couronne que j'ai été amené à rencontrer votre père. » C'était toujours bon de le préciser.

« Et pour être tout à fait clair, oui, je vais repartir, je suis revenu pour trouver des réponses, régler quelques affaires, faire mes adieux, ceci fait, plus rien ne me retiendra, mais je n'attends rien de vous. Vous sembliez du coin, à la recherche de la même chose que moi, et si je connais les meilleurs panoramas d'Erac, il n'en est rien pour ici. Et je dois confesser que bien que la faisant taire la plupart du temps, la vue d'un notable suscite toujours une certaine… curiosité. »

Bon, a priori, il devait avoir lever les troubles et pas mal d'interrogations ayant mis du plomb dans l'aile à l'instant. Il y allait y en avoir d'autres, sûrement, mais plus saine, moins lourde, du moins, l'espérait-il. Et il prit le parti, après un court moment, de relancer la chose sur un sujet effleuré mais que le baron avait écarté d'une affirmation exacte, mais il pouvait au moins émettre un avis, non ?

« Je vais me permettre une question, aussi êtes vous libre de l'ignorer, et si elle vous dérange, je vous laisserais à votre tranquillité. Je ne connais que les contours de votre action, mais puis-je savoir une chose, en tout honnêteté, inutile de l'embellir, ce n'est pas un pair que vous cherchez à convaincre, mais un vagabond curieux qui n'a plus grand intérêt pour la politique péninsulaire… Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre cette initiative ? A intervenir et proposer aux adversaires de discuter plutôt que de se battre ? »
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Dim 24 Jan 2016 - 20:49


Le baron resta dans un mutisme complet tout en écoutant l’homme. Il n’avait pas proposé de l’aider par respect pour son père, mais uniquement parce qu’il était de ceux qui aimaient proposer leur aide. Cela ne lui coûtait pas grand chose, et le baron était convaincu que les bonnes actions désintéressées pouvaient porter sur le long terme des fruits insoupçonnés. L’homme présenta des condoléances pour la mort de son père, ce que le baron accepta dans un remerciement silencieux, ne souhaitant interrompre l’homme. Ce dernier lui révéla alors son identité. Le baron avait naturellement entendu certaines histoires concordant à ce que l’homme racontait. Cela expliquait en tout cas comment Arthur avait connu son père.

Il hocha silencieusement la tête, comprenant à présent les motivations de l’homme. Il était un peu navré des mots qui semblaient être ceux d’un homme n’ayant plus rien à perdre et ayant à moitié un pied dans la tombe. Rien de tout cela n’était très optimiste. Mais il comprenait que ce dernier, dont il soupçonnait que le passé n’était pas simple à porter, soit quelque peu lassé.

De toute manière le baron se refusait de juger le choix du départ d’Arthur qui était à ses côtés et qui, visiblement, cherchait quelque chose que le baron ne pouvait vraiment comprendre. Chacun en ce bas monde portait son fardeaux, et évoluait dans la vie comme il le pouvait avec ce poids sur ses épaules.

Le soleil se levait enfin, et ce spectacle eut pour effet d’interrompre quelques secondes leur discussion. L’homme lui ayant demandé ses motivations dans l’aventure politique dans laquelle il s’était lancé, le baron s’interrogea lui même silencieusement tout en regardant le spectacle pour savoir si ses propres motivations lui étaient encore claires. Rien n’était moins sûr.


“ - Mes motivations ? Vous me posez là une bien difficile question…”

Il se tut encore quelques secondes.

“ - J’ai vécu beaucoup de chose dans ma courte vie. J’ai vu beaucoup d’horreurs et beaucoup de merveilles. Je n’ai du voir qu’une toute petite partie de ce que vous avez du voir dans vos voyages. Mais j’ai déjà vu beaucoup. Être à la tête des hommes, vous le savez aussi bien que moi, c’est aussi découvrir avec une proximité encore plus déconcertante leurs qualités et leurs défauts.

En ces temps troublés, beaucoup prient nos Dieux, beaucoup espèrent un sauvetage venu d’ailleurs. Mais moi j’ai décidé de ne plus me résoudre à la Providence. Je crois en ce que l’homme peut réaliser, et je sais également ce qu’il peut faire de terrible. Mais j’ai le sentiment profond que dans leur immense majorité, les hommes veulent construire et travailler.

Travailler pour construire est la seule chose que nous avons qui nous permette de prendre l’ascendant même sur nos Dieux. En construisant des bases toujours plus solides, en nous organisant, nous pouvons nous rendre immortels en fournissant à nos enfants les moyens de s’élever au delà de ce que nous avons nous même accomplis.

Mais pour cela nous avons besoin d’ordre. Nous avons besoin de paix. Je ne répugne pas à faire la guerre si elle a pour but de nous protéger. Mais j’ai décidé de ne plus accepter imaginer que nous puissions faire une guerre simplement pour nous organiser.

L’humanité s’est organisée autour de la violence. Nous sommes une race violente. Mais aussi violente que peut être nos humeurs, elles doivent être canalisées et avec l’éducation, avec la civilisation, la violence devra être réservées aux cas de la plus grande nécessité. Nous avons, je le pense, atteint un niveau de maturité qui nous permet, si les hommes parviennent à user de leur sagesse, de nous organiser sans nous battre.

Peut-être mes convictions sont-elles fausses. Peut-être n’arriverai-je pas à raisonner avec les puissants. Mais au moins je me dois d’essayer.”


Il se tut. Le soleil était à présent au dessus de l’horizon.

“ - Je ne vous ai pas proposé de vous accueillir parce que je pensais que vous me demandiez quelque chose. J’étais sincère dans ma demande. Ne voulez-vous pas rester des nôtres quelques jours ou au moins prendre des provisions pour la suite de vos aventures ? Au moins pour une fois pourrais-je proposer quelque chose qui soit dans mes pouvoirs... ”

Il eut un sourire.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Ipso Facto   Sam 30 Jan 2016 - 7:57

« Vous n'êtes pas dans l'erreur, quand bien même ceux qui gouvernent la terre se refusent à l'entendre, quand bien même la race humaine devait encore des siècles s'accrocher à sa culture de la violence pour la violence, vous ne seriez pas dans l'erreur.  C'est si vous deviez les abandonner ou que vous laissiez quiconque les corrompre que la faute serait commise. 
Pour chaque homme violent, cultivant cet aspect, faisant la guerre pour la guerre, ou par appétit, pour le pouvoir ou l'or, pour chaque brute se complaisant dans la souffrance d'autrui, il existe bien des individus dédaignant cette nature, n’œuvrant qu'à améliorer leur quotidien, pour eux-même et pour ceux qui suivront, sans avoir la volonté ou le besoin d'écraser qui que ce soit. Aussi, il est de votre devoir de poursuivre quoiqu'il arrive votre œuvre, non pour que les puissants puissent se tailler des royaumes à leur gré, mais pour ce peuple dont chacun invoque le souci, dont chacun prétend défendre les intérêts et désirer le protéger en causant une guerre qui ne trouve aucun sens pour lui, et le fait souffrir plus que de raison. 
Faites, et quelque soit la manière dont vous estimez vos ancêtres, leurs idées, leurs œuvres et combats, vous serez forcément sur leurs traces et ferez leurs fiertés en persévérant sur cette voie. »


A condition de ne pas se noyer… Même si ce dernier ne semblait tout de même pas trop s'éloigner de la terre ferme, au contraire de lui-même. Il ignorait si ses mots auraient le moindre impact, il l'espérait, pour la simple raison qu'un homme avec ce genre de convictions ne devrait pas douter… C'est une chose naturelle, saine que de douter, de s'interroger, mais il estimait que ce genre d'idéaux ont besoin d'hommes inébranlable pour les défendre envers et contre toutes les tempêtes qui se présenteraient.

Il ne répondit pas tout de suite en ce qui concernait l'hospitalité proposé, observant le levé du soleil. Accepter ne serait pas une entorse à proprement parlé, il avait été accueillit en l'Alonnan, il devait simplement prendre le plus grand soin de rester en dehors de leurs histoires, il ne voulait plus être exploité par ce monde.

« Je serai probablement un invité détestable, savez-vous ? Je vous remercie en tout cas de votre offre. »

Il allait se montrer plus que sérieux, quand bien même l'invitation partait d'une bonne intention, mais accepter ne devait pas signifier subir la loi de son hôte, du moins ne l'entendait-il pas de cette oreille là.

« Toutefois, j'ai fait le choix de me tenir autant que possible loin de votre monde, des vôtres, de ne plus lui permettre de m'exploiter… et malgré tout le respect et la sympathie que j'ai eu pour votre père, je ne ferais pas exception avec vous. Aussi, si je dois accepter, j'ai quelques conditions… Vous ne direz à personne qui je suis, pas même à ceux en qui vous avez une absolue confiance. Je me présenterais sous un autre nom, et autant que possible, je me préserverais des mondanités. »

Il faisait peut-être une erreur, il en faisait peut-être trop… Mais il avait entendu des choses, et il ne voulait pas que son nom soit mêlé à leur maudite guerre, d'une façon ou d'une autre… Arthur de Melasinir sera réapparu quelques jours en l'Alonnan, pour finalement disparaître de nouveau… Et jamais il ne sera revenu dans le Médian… Sauf aux regards d'un nombre très restreint d'individus.

« Comprenez bien… Je suis revenu pour faire mes adieux à ceux qui me sont chers et offrir une sépulture en un lieu familier à ma compagne, rien de plus. Aussi, si je dois accepter, gardez-moi loin de vos histoires, je vous prie. »

Une idée, comme venant du passé lui vint, et il aurait une journée pour la rendre réelle… Un masque, brute, simple dans sa conception, comme il les appréciait, pour la durée de son séjour… Créer un personnage autour, une blessure de guerre – qu'il avait réellement, de surcroît – cela lui permettrait d'évoluer librement sans craindre d'être reconnu … Il attirerait les regards, ce qui aurait de toute façon était le cas du fait de Monarth, mais la vérité serait voilée.

« Hum… Laissez-moi réfléchir... »

Son attitude avait déjà changé, il avait retrouvé son sourire, il semblait ailleurs mais s'en amusait. Il y avait des mauvais aspects à sa vie d'avant, des parts d'ombres desquelles il n'avait que regrets et hontes, mais il y avait aussi du bon, ce plaisir dans la mise en scène, dans le jeu qu'exigeait la tromperie.

« Arthur, dit du Roc… Ça conviendra… Je rejoindrais votre demeure en soirée… J'ai quelques… préparatifs, dont une partie risque de surprendre, en conséquence. »

Quitte à se mêler de la noblesse, autant en jouer et tenter d'y trouver sa part de plaisir, non ?
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