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 Quand la Griffe finit par mordre

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Quand la Griffe finit par mordre   Jeu 17 Déc 2015 - 1:38





Et voilà... elle se désintéressait quelques jours de ses affaires et les problèmes s'accumulaient déjà... enfin problèmes... C'était un bien grand mot. Disons qu'en quelques dizaine d'année, si elle avait été dans le coma, dans une geôle d'Elda et avec la langue coupée, peut-être que ça aurait finit par avoir de l'importance. Pour une fois qu'elle s'amusait et retrouvait ce petit piquant des histoires que l'on ne contrôle pas de bout en bout, de petits imbécile commençaient déjà à essayer de l'en... Enfin de se faire de l'argent sur le dos de sa Corporation. Et s'ils ne leurs avaient fallu que quelques ennéades pour se sentir pousser des ailes, c'était que sa réputation n'était plus ce qu'elle était. Si ça continuait elle allait bientôt voir débouler des mercenaires lui demandant à tour de bras armes et armures !

Hors de question d'en arriver là !

Krish reposa les comptes et les nouvelles que Wik lui avait mis de côté et regarda du coin ses propres notes qui lui faisaient de l'oeil un peu plus loin.

Bon. En l'état actuel, son affaire pouvait tenir des dizaines, même des centaines d'année sans être inquiété et Wik ne la laisserait pas péricliter... Mais elle avait quand même doucement l'impression d'être prise pour le fruit malchanceux d'une union incestueuse... ce qu'elle aurait put être mais là n'était pas la question. Clairement, elle ne le supportait pas. Elle resterait le centre de son univers et seuls les nains avaient le droit de la concurrencer sur certains types de minerais bien précis et sur le marcher du métal enchanté, bien qu'elle ait elle-même quelques accords avec un ou deux runistes de seconde zone.

Par contre, qu'on ne savait quel voleur à oreille pointues ne partagea même pas une prime pour être sûr de sa survie alors qu'il refourguait de la marchandise rare d'origine frelatée dans une région totalement sous le monopole de la Corporation d'Argent... Elle avait clairement été trop douce depuis trop longtemps. Sachant qu'elle partirait d'ici quelque jours pour Naélis ce n'était pas le moment de garder sa langue dans sa poche... De toute façon, sa poche était bien le seul en droit ou la langue de la forgeronne n'était jamais.

Elle se leva dans un grincement de chaise et étira de tout son long son dos noué. Travailler assise ne lui valait vraiment rien. Pas à pas, elle glissa dans les couloirs de son palais jusqu'à retrouver la surface et le bureau de son cher intendant tout en se jurant qu'elle recommencerait dès demain à lire les nouvelles au lit. Sur son passage flottait la mélodie d'une vieille contine eldéenne.




Le soleil se levait à peine sur le bazar poussiéreux. La lumière blanche et rase écrasait toutes les ombres au lieu de les étirer comme il se doit, infiltrant même les petites rues encaissées. Les premiers commerçant officiels installaient leurs étals, d'autres, un peu moins s'entassaient entre les tréteaux sur des tapis et des vieilles toiles, leurs produits savamment disposés sur de longues nattes prêtes à disparaître à la moindre embrouille.
Les deux camps se regardaient en chien de faïence. Voleurs pour les uns, moutons pour les autres. Chacun surveillait ses affaires comme la prunelle de ses yeux. Cela avait toujours été ainsi et cela le serait sûrement encore longtemps...

Pourtant ce matin, le vieux Kaleb, ce faux boiteux qui faisait la manche au coin du vendeur de date, avait l'air moins gouailleur que d'habitude. Le saleur et son voisin essayaient de se regarder avec véhémence, mais le cœur n'y était pas. Sherya peau-grise crachait pour la millième fois sur une lampe à huile avant de la frotter vigoureusement. Une tension courait dans ce petit monde replié sur lui-même. Les regards ne pouvaient s'empêcher de suivre en douce les mouvements du coutelier et du de ce vieil artisan sur cuivre tout tordu à force de se tuer les yeux et le dos sur des œuvres bien trop petites. Mais les langues ne se délieraient pas.

Entre deux maraîchers, un espace libre assez grand pour y laisser un cheval restait béant. Quelques autres rabatteurs ne pointeraient pas le bout de leur nez. D'ici peu, les ruelles seraient tellement bondées que les tire-laines feraient la tournée des tavernes et personne n'y ferait plus attention. Mais pour l'instant, on entendait surtout le silence de la grande Aïsa.

Elle était bien là, elle, cette jeune femme potelée à la peau d'ébène. Première arrivée, dernière partie. Dormant à midi plutôt qu'à minuit.  Elle était là comme tous les jours assise en tailleur sur ses riches tapis bariolés si rappés qu'on la suspectait de les rapiécer elle-même, sa pyramide d'obsidienne posée devant elle. Elle était là, la tête basse et les épaules rentrées, le dos tellement avachi qu'on arrivait presque à la prendre pour une personne de taille normale. Elle qui haranguait ses voisins si souvent, leur promettant malédiction et mauvaise vie pour chaque crachat reçut, Personne n'aurait osé lui adresser la parole ce matin.

Car elle avait tout vu et qu'ils étaient amants.

L'espace vide le rappelait à tout le monde.

Chacun s'arrangeait comme il pouvait. Et ils étaient beaucoup à sentir que le couperet, cette fois uniquement, les avaient épargnés de peu.

La nuit précédente, même le Charognard l'avait vu, lui. Alors que les plus secrets marchés se passaient dans les ruelles presque désertes. Les marchands, sourds, rangeaient leurs affaires. Cela aurait put être n'importe qui. Ça avait été Courte-Pointe. Il était tombé comme une feuille, sans un bruit, sans un sursaut, un carreau couvert d'argent fiché dans l'oeil droit.

Tout le monde savait de qui ce genre d'extravagance était la signature. Tout le monde savait qu'il n'y aurait jamais de preuve. Tout le monde savait que le jeune homme abattu voyageait par mont et par vaux pour trouver quelques produits rares et se mettre au vert. Tout le monde l'avait entendu claironné que c'était sa dernière rapine avant de se ranger et de se marier avec sa tendre géante. Tout le monde savait que le milieu du minerais et du métal passait par la Corporation des forgerons de Thaar. Tout le monde savait que ce coup était risqué. Tout le monde pensait alors à la prison, à l'esclavage...
Personne n'avait rien fait. Personne ne ferait rien. Rien d'autre que fuir ou déclarer subitement quelques produits de valeur en métal. Rares furent ceux qui pensèrent aux malheureux qui avaient acheté la marchandise volée... ils auraient peut-être dû.

Cela aurait put être n'importe qui... et cela le pouvait encore...

Car le message était clair et personne n'arrêterait Griffe-Argent.
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Neïra "Fortune"
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MessageSujet: Re: Quand la Griffe finit par mordre   Sam 2 Jan 2016 - 0:28

« Au fait, qu'est-ce qui t'amènes à bosser pour une drow psychopathe ? »

Neïra se retourna à moitié pour jeter un regard furieux à son compère d'un soir. Le sang-mêlé, d'origine incertaine avec sa peau quelque part entre le gris et le miel et ses deux yeux bleus comme l'océan, lui adressa un sourire narquois en réponse. Ils ne s'arrêtèrent guère qu'une demi-seconde dans leur marche à travers les bas-quartiers de Thaar.

« Ferme-la un peu tu veux. Ton bavardage m'énerve depuis qu'on est passé par la rue des tisserands, et c'était il y a près d'une heure !
-Je vois, tu ne veux pas me le dire » il continua comme s'il ne l'avait pas entendu : « ça ne doit donc pas être que pour l'argent. Ne me dis pas que tu es une idiote qui pense qu'elle forge effectivement des lames pour ceux qui effectueraient des travaux spéciaux pour elle ? Parce que crois-moi, c'est du racontar de marin aviné ça, elle met plusieurs mois à finir une belle pièce, tu penses qu'elle va s'en séparer pour un pouilleux qui fait deux trois trucs un peu particuliers ? A part peut-être la baiser à la faire grimper au rideau jusqu'au plafond, mais franchement je passe. Elle est sacrément gaulée, pour sûr, mais bordel mille ans ? C'est quasiment une momie à ce stade.
-Rappelle moi, tu as quel âge ?
-Moi, deux cent trente quatre ans, qu'est-ce que ça peut te foutre ?
-Pour moi tu es déjà une momie. »

Cela sembla lui couper le sifflet quelques minutes avant qu'il ne reprenne son monologue et que l'ancienne gladiateur ne fasse de son mieux pour l'ignorer. Bon sang elle détestait ce genre de boulot improvisé mais elle n'avait pas vraiment le choix : son absence de la région avait émoussé sa petite réputation de duelliste et les offres de ce genre ne se bousculaient pas au portillon. Et puis, même si elle non plus ne croyait pas les rumeurs, elle avait besoin de se refaire niveau armement : ce sabre qu'elle se traînait depuis sa mésaventure avec les pirates était une vraie ruine et bosser pour la maîtresse de la Confédération des forgerons pouvait toujours amener à une bonne rencontre dans le domaine qui lui permettrait peut-être d'obtenir une arme correcte sans donner un bras en échange.

Finalement ils s'arrêtèrent devant l'entrée d'une petite baraque non loin des quais : on pouvait sentir leur odeur d'ici, mélange de marchandises venant de toute la région, de sel, d'urine et de mauvaise bière. La rue était crasseuse et un clochard était effondré dans un coin à quelques mètres d'eux. La porte devant laquelle ils se tenaient étaient mal ajustée et étrangement bien travaillée pour l'endroit, comme si on l'avait arraché de quelque part beaucoup plus luxueux et posé là pour la frime. Ce qui, vu le genre de personnes qu'ils venaient voir, était tout à fait probable. Son collègue parla le premier :

« Tu rentres d'abord ou c'est moi ? »

Elle lui laissa le passage d'un geste de la main et il ne se fit pas prier pour avancer et entrer comme s'il était chez lui. Elle le suivit un peu plus prudemment. L'intérieur de la boutique était un véritable foutoir où d'étranges et exotiques marchandises côtoyaient de simples sacs de blé. Il n'y avait ni ordre ni classement dans tout ceci, juste un empilement anarchique au gré des approvisionnements. En plein milieu de la pièce se trouvait un genre de comptoir, lui aussi d'un bois trop luxueux semblable à la porte. Une lanterne à huile était suspendu au-dessus et projetait sa lumière chaude sur le visage un peu flasque mais amiable du receleur, vautré dans une chaise, les pieds en éventails sur son comptoir. Il y avait aussi un homme à peine plus grand qu'un nain et presque aussi charpenté dans un coin d'ombre au fond de la pièce, occupé à fumer un genre de pipe en surveillant les deux nouveaux venus et en caressant d'une main le manche de sa masse d'arme. Un regard autour d'elle apprit également à Neïra qu'un autre garde se trouvait dans leur dos, accoudé à un pilier à quelques mètres de la porte d'entrée, un homme plus dans les standards, avec une sale cicatrice sur le visage, un gilet matelassé et une hache.

« Ah, des clients, j'envisageais de fermer, vous tombez au bon moment, que puis-je pour vous ?
-En fait nous venons de la part de quelqu'un qui souhaiterait vous dire deux mots sur ce qu'il pense de vos affaires. »
Les mains des personnes présentes se posèrent sur les gardes des armes : « Vous la connaissez sans doute, il s'agit de GriffeArgent. »

C'était comme un genre de signal. Le garde dans le fond brandit sa masse avec une vitesse difficilement égalable et chargea le sang-mêlé qui l'accueillit avec un sourire aux lèvres. Neïra ne s'en occupa pas plus, se décalant de quelques pas sur le côté quand elle entendit les pas de son assaillant, l'homme à la hache. Celui-ci frappa le vide et elle profita de son élan pour lui décocher un coup de pied au tibia tout en sortant son sabre. L'homme trébucha un instant avant de reprendre posture, une seconde trop tard. Le premier coup frappa au niveau du poignet, le forçant à lâcher son arme. Il essaya d’attraper son bras, mais elle le cueillit d'un coup de pommeau à la mâchoire qui le fit vaciller avant de lui laisser une belle coupure sanglante à la cuisse gauche. Il s'effondra légèrement, tenant à deux mains sa blessure et elle posa la pointe du sabre sur sa gorge. Il releva légèrement la tête pour la regarder. Un mouvement de tête en direction de la porte.

« Allez, casse-toi. »

Il s'en alla sans demander son reste, boitant bizarrement en tenant sa blessure. Neïra se retourna vers son compère. Celui-ci se tenait négligemment au-dessus du second garde, étalé au sol avec de profondes blessures au ventre et une respiration si irrégulière qu'il devait probablement commencer à se noyer dans son propre sang. D'une voix parfaitement neutre, le mercenaire s'adressa à elle.

« Tu le laisses partir ?
-Je l'avais déjà désarmé. J'aime pas tuer des gens sans défense.
-Comme tu veux. »

Il contourna en quelques pas le comptoir et saisit d'une main le receleur qui avait tenté de se cacher derrière. Il lui attrapa la crinière et le força à pencher la tête en arrière. D'un seul mouvement de dague si rapide qu'elle le vit à peine il lui trancha la gorge et laissa retomber le cadavre au sol. Il essuya son arme sur un morceau de soie empilé sur une étagère, probablement volé dans un entrepôt des Vossula, et le rengaina. Adressant alors à Neïra un sourire qui lui fit froid dans le dos, il dit :

« Moi ça ne me gêne pas. »


Ils étaient de retour au palais de GriffeArgent. Enfin pas au palais même, où ils n'auraient jamais pu franchir ne serait-ce que la première porte, mais dans la cour d'un genre d'annexe où étaient visiblement logés les gardes réguliers de la propriétaire des lieux. Ils étaient environ une douzaine, embauchés sur le tas pour aider dans les soudaines représailles exercées par la confédération des forgerons. Le chef des gardes leur distribuait leur gain pour leur boulot, quelques pièces pour un travail facile. Quand le petite bourse de cuir atterrit dans la main de Neïra, celle-ci la trouva un peu légère. Il lui suffit de l'ouvrir et de compter pour constater qu'un bon tiers était manquant. Elle apostropha le chef des gardes.

« Hey, c'est pas ce qui était convenu !
-Ce qui était convenu c'est que vous alliez à l'endroit qu'on vous indiquait et que vous tuiez tout récalcitrant. Pas que vous fassiez des cas de conscience. »

La mercenaire jeta un œil au demi à son côté qui se contenta d'esquisser un sourire en coin sans la regarder.

« C'était qu'un pauvre type embauché pour taper sur les clients radins, qu'est-ce que ça peut foutre qu'il soit encore en vie ? »

Le chef des gardes se retourna. C'était un sang-mêlé clairement drow, à la peau presque aussi noire que ses ancêtres immortels mais aux yeux marrons beaucoup trop banals. Il était musclé, portait une cotte de maille bien ajusté et deux cimeterres qu'elle aurait adoré posséder. Des cheveux poivre et sel mi-longs étaient maintenus en arrière et il avait une mâchoire très carrée. Visiblement, elle commençait à l'énerve et il n'avait pas l'air du genre patient.

« Qui c'est, je m'en cogne. T'avais une mission, tu l''accomplis qu'en partie, t'as qu'une partie de la récompense. C'est aussi simple que ça. Maintenant si tu veux plus de fric, tu peux aller vendre ton cul sur les quais, même les laiderons peuvent se faire quelques pièces si elles se montrent suffisamment ouverte.
-Non, je voudrais pas priver ta sœur de sa clientèle. »

C'était sortis tout seul, sans qu'elle n'y réfléchisse. Un lourd silence s'abattit quasi instantanément sur la petite assemblée. Quelques gardes du palais qui se reposaient à une table non loin arrêtèrent leur jeu et s'intéressèrent à la scène. Les autres mercenaires s'écartèrent presque imperceptiblement, comme s'ils glissaient au sol, de Neïra, sur qui le regard du chef de la garde restait braqué : il lui semblait beaucoup plus rouge qu'auparavant.

« Quand j'en aurais finis avec toi, y aura guère qu'un lépreux pour te vouloir encore. »

La phrase était dite sur un ton extrêmement mesuré, presque calme, mais l'on pouvait sentir la colère et l'agressivité au bord de l'explosion. Qui ne tarda pas. En une fraction de seconde il était sur elle et avait dégainé un cimeterre. En à peine moins, elle avait bondi sur le côté, roulé au sol et s'était relevée en dégainant son arme. Elle recula de quelques pas, tandis que son adversaire se remettait en position, quand elle sentit une pointe lui piquer le creux des reins : les gardes qui contemplaient la scène s'étaient rapproché et l'empêchait de reculer plus de la pointe de leurs armes. Tout autour d'eux, les spectateurs formaient comme un genre d'arène dont les contours n'étaient pas fait de parapets de bois mais d'acier tranchant. Dans les murmures excités qui s'échangeait on pouvait deviner des paris, la grande majorité sur l'adversaire de Neïra. En fait un seul dans l’assistance semblait s'amuser à miser sur elle : le sang-mêlé avec qui elle avait accompli sa mission, et elle se demandait si ce n'était pas juste pour faire durer le jeu.
Mais peu lui importait. C'était une arène, et elle en avait triomphé d'une bien pire, d'arène. Cette fois ne ferait pas exception. Elle écarta légèrement les pieds, abaissa son centre de gravité et défia le demi-drow du regard.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Quand la Griffe finit par mordre   Mar 5 Jan 2016 - 15:44

L'énorme sang-mêlé attaqua le premier. Et si les paris lui avaient été largement favorables, ce n'était visiblement pas pour rien. Son style de combat à deux lames et sa rapidité en faisait un adversaire redoutable... et sûr de lui. De là vint peut-être sa première erreur. Bas sur ses appuis, près à bondir, il tenta une attaque de taille que sa jeune adversaire para visiblement sans grand effort. Deux offensives plus tard, son visage se crispa plus encore que lorsqu'il avait du éponger l'insulte, prouvant du même coup que c'était possible.

Il devait se rendre à l'évidence... Il l'avait sous-estimée. Leurs échanges s'accélérèrent soudain, comme les encouragement de la rangé de lame qui les maintenaient au centre de la pièce. Et sans savoir exactement quand, il se rendit compte qu'elle avait pris l'ascendant. Il parait coup sur coup. Redoublant de vitesse et d'esquive sans pouvoir placer réellement un seul coup dangereux.

Pas question de s'avouer vaincu. Le garde serra les dents et repris de plus belle. La fureur rendait ses gestes encore plus précis... Mais pas pour longtemps.

Un énorme fracas métallique fit sursauter l'assemblée. Un concert de casseroles qui dégringolent les escaliers. Un râtelier venait d'être violemment jeté à terre par une petite silhouette assez fluettes... Qui n'avait pas l'air contente du tout.

Une chape de silence s'abattit sur la pièce, plus de surprise et d'incompréhension de la part des mercenaires que de respect. Et au milieu de ce flottement, alors que tous les yeux et quelques lames étaient braquées ses yeux bleus et des cheveux poivres et sels, un flot ininterrompu de juron tous plus fleuris les un que les autres s'échappa du clapet de la femme en tunique et pantalon noirs... Jurons proférés par une voix clair et cristalline qui donnait un effet assez étrange à l'ensemble.

Lorsqu'enfin, le déluge se tarit, elle braqua son regard furieux sur les deux deux personnes au centre de l'arène improvisée. Elle leva un sourcil en les détaillant mais s'arrêta finalement sur le garde pour laisser échapper les premières paroles sensées depuis son arrivée.

-Bordel, mais qu'est-ce que tu fous ?

Il aurait été humain, ses joues auraient sûrement tournées au cramoisie à force de rougir, mais là, il ne pouvait que ravaler sa morgue pour ne pas avoir plus de problèmes qu'il n'en avait déjà eut la dernière fois.

-Je réglais juste un problème avec l'un des mercenaires, Capitaine.
-C'est vous le problème je suppose ?

L'attention se reporta sur la merco, bizarrement plus curieuse qu'enragée.

-Je peux savoir pourquoi ? Oh et puis je m'en fout. Vous finirez ça out à l'heure. Venez.

Sans même vérifier si elle était obéit, l'officier, puisque tel était son état, fit volte face.
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Neïra "Fortune"
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MessageSujet: Re: Quand la Griffe finit par mordre   Ven 22 Jan 2016 - 15:16

Il avait le parfait style drow. Ses deux cimeterres fauchaient l'air en tout sens, dans une tentative de frapper plus vite que l'adversaire ne pouvait réagir, tactique simple mais souvent efficace. Pas cette fois-ci, toutefois. Neïra para quelques attaques, esquiva le reste, tournant en lisière de l'arène improvisée pour ne pas se laisser acculer. Le problème, pour lui, c'est qu'il devenait prévisible : on ne pouvait décemment pas manier deux armes aussi vite sans installer une certaine routine -ou alors on finissait par se trancher la main tout seul-. Et, alors qu'elle temporisait, Neïra commença à inverser la tendance. Savoir qu'après cette frappe oblique il laissait un petit trou dans sa garde, qu'après cette prise inversée il fallait parer au niveau de la cuisse et remonter vers le visage pour bloquer la deuxième lame lui permettait de le contrer à chaque fois et de le mettre lentement en désavantage.

Et désormais c'était elle qui l'attaquait. Et elle, contrairement à lui, n'avait rien de prévisible. Chaque attaque était différente de la précédente, chaque enchaînement unique. Le sabre semblait bouger autour d'elle de manière erratique, presque possédé, trouvant chaque fois la petite faille difficile à combler, l'ouverture qui le forçait à esquiver et perdre du terrain. L'initiative était à la duelliste et elle ne la laisserait pas échapper si facilement. Son adversaire ne le supportait pas et tenta d'accélérer encore la cadence, donnant toute son attention dans le duel. Elle lui répondit à l'identique, il n'était pas question cette fois de se replier sur la défensive pour le laisser s'essouffler. Face à l'assaut furieux des deux lames, elle était obligé de réaliser des prouesses pour ne pas prendre un coup. Mais elle l'obligeait à rester tout autant sur ses gardes, profitant de la moindre occasion qu'il lui donnait pour placer une frappe. Trois fois elle faillit lui trancher le lard mais chaque fois il se recula et elle ne fit pas plus qu'érafler ses protections.
Et puis, elle était là. L'occasion. Avec une fenêtre d'action un peu trop courte et une proximité beaucoup trop grande, mais elle ne pouvait pas ne pas la saisir. Neïra plongea en avant, quasiment droit sur la garde de son ennemi. Elle dévia le premier cimeterre de la base de sa propre lame, évite d'un cheveux la pointe de l'autre attaque qui visait son visage et, se redressant soudain, décrivit un large arc de cercle de son sabre, qui obligea le sang-mêlé à bondir en arrière, trébuchant à moitié pour esquiver.

C'est à ce moment là qu'ils entendirent le bruit de métal. Trop concentré sur le combat, n'osant se quitter tout à fait des yeux, ils furent les derniers à regarder la silhouette responsable du vacarme. Quand le garde le fit, il se redressa soudain, abaissant ses armes dans le même mouvement. Neïra ne le fit qu'une seconde plus tard et regarda enfin en direction de la voix qui tempêtait. Un bout de femme faisait la leçon à ce qui était visiblement son subordonné, avant de se retourner, presque calmée, vers Neïra. Un bref assentiment à peine écouté de sa part et on lui demandait de suivre. Elle obtempéra en portant une main sa joue où la pointe de l'arme de son adversaire avait dessiné un bel arc-de-cercle carmin. Avant d’emboîter le pas de la capitaine, elle jeta un coup d’œil au sang-mêlé qui se frottait un peu nerveusement le coup, où une trace superficielle mais bien ajusté marquait sa peau, trace du sabre de l'humaine. Elle rengaina d'ailleurs son arme non sans lui adresser un regard de défi et partit sans prêter attention aux discussions sur le vainqueur du duel, et donc celui des paris.

Tandis qu'elle marchait d'un bon pas derrière sa guide, elle dit nonchalamment :

« Vous me voulez quoi au fait ? Si c'est par rapport au combat, il avait qu'à me donner ma solde complète pour le boulot. »
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