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 Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mer 17 Fév 2016 - 17:10


Encore une fois. Neraën ouvrit les yeux, reconnaissant le plafond de la chambre dans laquelle il dormait depuis qu'il était arrivé à Alëandir. Il attendit, se demandant une nouvelle fois s'il s'était endormi ou bien s'il était bien réveillé. Ce furent le bruit d'une page que l'on tourne ainsi qu'une voix chaleureuse qui commençait ô combien à être familière qui donnèrent réponse à sa question.

"Enfin debout ?

Le vieil elfe tourna la tête vers le bureau auquel était assis un elfe aux longs cheveux blonds. Attablé, il prenait pourtant le temps d'écrire quelque chose sur un parchemin. Il ne devait avoir que peu de temps pour lui, vu la pile de livres qui traînaient sur le bureau. Il se demandait encore pourquoi cet elfe était là, à le garder comme s'il restait au chevet d'un malade. Connaissant malheureusement trop bien la chanson, l'ancien aigle se leva et fit signe à son confrère de rester assis lorsque celui-ci lui proposa d'aller chercher d'autres livres à la bibliothèque. Etonné, l'elfe ne perdit cependant pas son sourire complice. Neraën prit alors un tabouret et s'assit en face de l'elfe en pleine forme, silencieusement, puis le regarda continuer à écrire. C'était étrange... il avait vraiment l'impression que celui qui se trouvait en face de lui était son frère. Et pourtant, il savait très bien qu'il n'avait pas eu la chance de voir un deuxième enfant voir le jour au sein de sa famille. Au bout d'un moment, il finit de lui-même par rompre le silence.

- Je me demande vraiment à quoi tout ceci rime... Cette pièce uniquement éclairée par la lumière de la nuit, ce bureau, le simple fait que tu sois là. Pourquoi ce double moi, ces meurtres, et quelle est cette histoire de trahison avec Tinrael ? Saurais-tu me l'expliquer...

L'elfe ne leva pas les yeux de sa feuille, cependant la plume qu'il tenait se figea dans l'air, arrêtant ainsi tout acte d'écrire.

- ... Aldartha ?"


~~~~~~

Oglicos de la troisième ennéade de Vérimios, VIII° année du XI° Cycle,
Palais d'Alëandir


Il rouvrit les yeux, la respiration lourde. Au-dehors il faisait jour et personne ne se trouvait au bureau. Il se leva rapidement, s'apercevant en même temps qu'il ne s'était même pas déchaussé avant de tomber comme une masse sur le lit, se lava la figure, se coiffa rapidement, mangea rapidement quelque chose dans le salon où se trouvaient déjà Falaedhel et Telleran puis repartit derechef.

"Il faut que j'aille voir Anornedellon, j'ai à lui parler avant que nous partions. Je suppose que le messager est déjà parti ?

Les deux eteniriliens hochèrent affirmativement la tête, sans trop comprendre ce qui passait par la tête de leur protecteur. Peut-être était-ce dû à ses rêves... depuis ce midi où l'un de ces rêves l'avait pris au point qu'il avait fallu le réveiller, il s'emblait chaque nuit s'endormir sans s'en rendre compte et, à nouveau, rêver. Et si c'était bien par rapport à cela, tous deux pouvaient se demander en quoi le nouveau régent pouvait avoir un lien avec l'affaire. Sachant pertinamment qu'ils n'obtiendraient pas de suite des réponses sur le sujet, ils laissèrent Neraën ouvrir partir.

- Bien. Et bonjour, au fait !"

Ecoutant à peine si ses deux conseillers lui répondaient, il se dirigea vers les appartements où il savait être Anorn ainsi que sa femme. Il n'en aurait peut-être pas pour longtemps, ou peut-être en aurait-il pour la matinée, il n'en savait rien. Quoi qu'il en soit ce qui était arrivé au conseil et les quelques rêves qu'ils faisaient depuis étaient liés à lui et plus le temps passait, plus il venait à se dire qu'il fallait qu'il en parle au concerné. Parce que ce n'était pas normal, même en ayant été à l'Académie d'Alëandir dans les couloirs de la magie immatérielle et plus précisément celle de l'esprit, jamais il n'avait pu entendre ou lire qu'une telle chose s'était produite. Aussi il valait mieux pour eux deux qu'il soit au courant.

Il s'arrêta, s'obligea à respirer calmement pour remettre en ordre les idées dans sa tête et frappa à la porte. Ce fut la femme du protecteur qui lui ouvrit.

"Bonjour Arwain. Pourrais-je parler à Anorn, s'il n'est pas trop occupé ?"


Dernière édition par Neraën Yeldoreï le Jeu 17 Mar 2016 - 17:27, édité 2 fois
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Anorn
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mer 17 Fév 2016 - 20:41


Il avait juste l'impression d'avoir enfin trouvé le sommeil quand Arwain, agitée, le tira de ses songes. Le Seigneur Protecteur soupira vivement, ce qui eut pour effet de réveiller son épouse. Machinalement, il passa une main sur son visage, mais ne put ouvrir les yeux. Ses paupières étaient lourdes de fatigue, son corps réclamait du repos, et une veine battait trop fort le long de sa tempe. Passant rapidement les doigts sur cette dernière, il porta l'autre main à son focalisateur et réduisit considérablement la douleur. Il sentit rapidement les lèvres de sa femme se poser sur son épaule, avant d'avoir murmuré un pardon, d'une voix encore engourdie par le sommeil. Il ne répondit rien, légèrement agacé par le manque notoire de sommeil, et l'envie furieuse de se retrouver seul pour enfin pouvoir se ressourcer. Elle dut le sentir, puisqu'elle passa doucement ses doigts sur sa joue, avant de venir poser son front contre le sien. Il aurait pu tourner la tête à cet instant, repousser sa femme, s'enrouler dans les draps pour attendre désespérément l'abandon salvateur, mais il n'en fit rien. Sa bouche vint chercher la sienne, pour lier leurs lèvres dans un baiser. De ses doigts, il parcourut le corps d'Arwain, d'abord doucement, puis de plus en plus rapidement, trahissant bientôt le désir qu'elle faisait naître en lui. Le tissu de sa légère chemise de nuit fut bientôt envoyé au pied du lit, et ses caresses descendirent le long de son cou, embrassant chaque parcelle de peau à sa merci. Le goût de cette dernière enflamma son corps, réduisant ses pensées au nombre d'une seule.

S'il sentait son corps trembler contre le sien, et si cela lui plaisait d'une manière qu'il ne saurait expliquer, il appréciait tout particulièrement ses mains expertes qui exploraient à nouveau ses courbes. Il les sentait progresser dans son dos, glisser le long de sa colonne, tracer minutieusement les pleins et les déliés. Quand elle s'arrêta un instant sur ses reins, il ne put s'empêcher de sourire. Prenant sa langue en otage, elle le fit rapidement basculer sur le dos, et bientôt elle le chevaucha de toute sa hauteur. La ligne parfaite qui descendait du centre de ses clavicules jusqu'à son nombril subjugua un instant, et la main qui s'y attarda souligna une fois encore sa silhouette sublime. Cette dernière fut rapidement déplacée pour trouver son sein, qu'il caressa doucement. Lorsqu'il voulu se relever, l'étreindre pour se rapprocher un peu plus, elle l'en empêcha, une main sur son torse, l'autre courant le long de son flanc. Passant son bras libre dans son dos, il demanda tout de même un semblant de proximité, qu'elle finit par lui donner. Ses lèvres courraient le long de son torse, glissaient à même sa peau, à la fois trop rapidement et trop lentement. Sa respiration s'accélérait indéniablement, et son cœur se mit à battre ses côtes un peu plus rapidement quand ses doigts se posèrent sur l'intérieur de ses cuisses. Son abdomen sursauta lorsqu'elle effleura son vit. Elle put constater avec joie qu'il était fièrement dressé, trahissant sans vergogne le désir qui l'avait alors complètement envahi.

Si elle ne le laissa pas réellement explorer son intimité, elle l'accueillit tout de même rapidement en elle, lâchant un soupir d'aise. Ses mains posées sur ses cuisses, il la laissa un moment guider la danse, admirant par la même occasion les lignes fines et longilignes de son buste, avant de la faire basculer pour reprendre le contrôle. Son bas ventre s'enflammait un peu plus à chaque va-et-vient, et il pouvait sentir la chaleur de sa peau contre la sienne. Un moment d'accalmie, dans lequel leurs bouches se joignirent une fois encore, fut rapidement suivi d'un instant de pur bien être, et de satisfaction intense. Tremblant légèrement, il s'affaissa sur le flanc, attirant Arwain à lui. Lorsqu'elle posa sa tête sur son torse, Anorn ferma les yeux, un léger sourire aux lèvres, une main caressant doucement le dos de son épouse. Et le plus naturellement du monde, il murmura :

- Je t'aime.

Il ne s'était pas senti aussi bien depuis ce qui lui paru être une éternité, et il savoura cet instant autant qu'il lui en fut donné l'opportunité.

***

Quand on frappa à leur porte, l'archimage sursauta. Ses yeux s'ouvrirent, le tirant de la réflexion profonde dans laquelle il était plongé depuis le réveil, et il hocha de la tête quand son épouse lui demanda si elle devait ouvrir ou non. La voix qui s'éleva alors le tira résolument de son isolement, et il se leva promptement pour accueillir celui qui venait le quérir.

 - Neraën ! Quelle belle surprise, ravie de vous revoir. Je vous en prie, entrez donc, il n'est jamais trop occupé pour vous recevoir, vous le savez bien.

La pièce dans laquelle ils se trouvaient était un petit salon, assez confortable, qui servait en quelque sortes d'antichambre à la pièce à coucher. Anorn prit rapidement la relève, et après avoir salué son visiteur, il l'invita à s'asseoir avant de prendre place dans un fauteuil en face de lui. Il se demandait bien ce qui l'amenait aujourd'hui. Sans doute ce qu'il avait pu ressentir pendant le Haut Conseil, toutes ces émotions qui n'avaient jamais été siennes, mais qui avaient tout de même envahies son cœur. Elles n'avaient pas dicté ses paroles, mais il savait qu'elles avaient tout de même été présentes.

 - Je suis à ton écoute Neraën, que puis-je faire pour toi ? Je pense que cela a un rapport avec ce... lien, que nous avons, et ce que j'ai pu ressentir durant le Haut Conseil. Mais je t'en prie, exprime toi.

Il était curieux de savoir ce qui l'avait poussé à lui rendre une telle visite. Surtout si peu de temps avant leur départ pour Eraïson. Quelle chose pouvait être si urgente qu'elle nécessitait une visite à cet instant, et qui ne pouvait souffrir l'attente d'une période plus calme, plus propice aux échanges verbaux, comme celle qui suivrait la reprise de la cité.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Jeu 18 Fév 2016 - 23:18


"Merci.

Il inclina doucement la tête en signe de respect envers Arwain. Ayant intuitivement repris la fermeté habituelle ainsi que de la distance vis-à-vis de son interlocuteur, la femme elfe le vit comme un protecteur se tenant de manière droite, les mains jointes au niveau du ventre. Elle le laissa entrer et ce fut avec avec un sourire presque conventionnel qu'il salua son confrère. Il était heureux de le revoir, confiant de le savoir aux mains d'Anaëh, mais également confus par rapport à ce qu'il s'était passé le premier jour du conseil et surtout inquiet par rapport aux rêves qu'il fesait chaque nuit. Un cauchemar qu'il essayait de modifier en changeant lui-même de réactions, se retrouvant toujours devant un cul de sac ou devant une horreur similaire au cauchemar initiale. Quelque chose qu'il avait du mal à accepter, du mal à supporter. Encore un poids dont il ne trouverait peut-être pas la clef qui lui premettrait de s'en défaire.

Sans surprise, il accepta volontiers l'invitation d'Anorn à s'asseoir. Il laissa son confrère parler en premier, presque triste de constater qu'il avait lui-même ressenti la non maîtrise de Neraën de la magie. Avait-il eu un aperçu de son cauchemar ? Il ne l'espérait pas. Pour tout dire, il priait intérieurement pour trouver le moyen de ne pas avoir à raconter les détails de cette monstruosité qui l'avait empêché d'assister à une partie du Haut-Conseil.

- Je suis tout d'abord venu te féliciter pour ta nomination d'hier. Je suis content que ce soit toi qui ais été choisi. Je pense sincèrement que nous pouvons te faire confiance pour ce rôle de régent. Il sourit. Concernant notre lien...

Il tourna la tête vers Arwain. Anornedellon put ressentir toute la gêne qui habitait alors le protecteur d'Eteniril. Neraën sembla chercher ses mots puis s'adressa à la dame d'une voix douce.

- Arwain, je m'excuse de te demander cela... mais pourrais-tu me laisser seul avec Anorn ? Si cela ne te dérange pas, ajouta-t-il à l'adresse de ce dernier.

Il attendit qu'elle quitte la pièce et ce fut seulement après qu'elle eut la bonté de le faire qu'une partie de son masque de marbre se brisa. Il était uniquement face à celui qui avait un lien particulier avec lui, qui connaissait peut-être tout de sa vie. Enfin presque. Il pouvait donc se laisser à être un peu plus ce qu'il était au fond de lui-même, ne pas garder l'attitude habituelle.

- Excuse-moi. Je ne pense pas que j'arriverais un jour à discuter de ce sujet avec ceux qui ne sont pas directement concernés par ce lien. Et encore, nombre sont ceux qui n'imaginent même pas qu'une telle relation puisse exister. Je ne sais plus si je t'en ai touché un mot ou pas, mais c'est à cause de cela que je ne suis pas venu le premier après-midi du conseil.

Neraën se leva alors et regarda au loin à travers la fenêtre. L'Académie d'Alëandir... Pourquoi fallait-il qu'ils aient fait en sorte que tous ceux qui avaient un tant soit peu de magie dans le sang aient comme vue à au moins l'une de leurs fenêtres ce maudit endroit ? Il baissa la tête, retournant ainsi à Anorn.

- Je dois avouer que je n'étais pas bien ce matin-là. Et que cela ne s'est pas tellement arrangé avec le temps. Enfin... Tu m'as dit l'avoir ressenti, mais à quel point ? Cela ne t'a pas gêné j'espère ?"
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Anorn
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Dim 21 Fév 2016 - 19:09


Lorsque Neraën exprima son souhait de se retrouver seul avec son mari, Arwain lui sourit largement, et quitta la pièce sans plus tarder. Elle savait très bien que le nouveau Seigneur Protecteur était assez réservé sur certains points, et cela ne la rendait que plus fière qu'Anorn soit la personne de confiance qu'il avait choisit. Si ce dernier lui avait rapidement parlé du lien magique qui les unissait, il ne lui révélait cependant aucun détail réellement personnel, et elle appréciait cette confidentialité. Quand ils ne furent plus que tout les deux, l'archimage écouta attentivement ce que son comparse avait à lui dire, hochant la tête par moment, le laissant dérouler sa verbe autant qu'il en avait besoin. Il lui fit part de son état, sans réellement lui donner de détails, et il allait sans aucun doute devoir en demander. Les questions qu'il finit par lui poser furent plus délicates, cependant. Il allait avoir besoin de décrire, de revivre et de faire revivre certains instants auxquels il n'avait pas forcément fait attention, pas avant de savoir qu'il s'agissait de Neraën, en tout cas.

 - D'abord je te remercie pour tes félicitations, mais je pense qu'elles ne sont que très peu méritées pour l'instant, vous m'avez seulement fait confiance, à moi de prouver que vous avez eu raison à ce sujet ! Maintenant, en ce qui concerne le Haut Conseil, et plus particulièrement ton absence, je dois dire que ce que j'ai ressenti a été assez étrange. D'abord, il y a eu comme un vide, pas un vide au sens propre du terme, mais plus quelque chose de l'ordre de l'énergie. Le flux a été semble-t-il perturbé, celui qui passait alors à travers moi du moins, et ensuite, mon corps m'a fait souffrir. D'une manière que je n'ai pu expliqué au premier abord, ne décelant pas de lésions physique, ni de dérèglement particulier. Puis ensuite, j'ai su que c'était toi. Que tu avais un problème. Je n'ai pas réellement su lequel, mais je le sentais bien, au fond de moi, que quelque chose n'allait pas, que ce n'était pas normal. D'ailleurs, avant que tout ceci ne se passe, je sentais bien une certaine gêne, une frustration, ou un sentiment de la sorte, durant les débats. Je ne sais pas si cela venait réellement de toi, mais je le pense. Que s'est-il réellement passé, lorsque tu as été absent ?

Il se doutait que le récit qui allait suivre n'allait pas être des plus gais, ce qu'il avait ressenti était bien trop fort pour n'être le fruit que d'une migraine passagère, ou une nausée impromptue. Il s'agissait de bien plus que cela, et il n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être exactement. Cela l'avait gêné, certes, perturbé de part sa nouveauté, et le manque de savoir à propos de tout cela, mais il ne lui dirait sans doute pas. Parce qu'il n'avait pas à l'inquiéter plus que nécessaire, et parce que son discours suffisait à lui faire comprendre qu'il l'avait ressenti assez fortement pour le toucher. Ne serait-ce qu'ébranler ses connaissances et le placer dans une situation d'impuissance passagère. Il n'y avait pas là de quoi l'affoler. Lorsqu'il eut répondu, et quand il sut qu'il était le temps d'en savoir un peu plus, il demanda :

 - Tu me disais que ton état n'allait pas en s'améliorant, je crois. Que se passe-t-il ? Quelque chose de grave, dont je devrais m'inquiéter ? Ou sont-ce encore tes insomnies qui te rongent ?

Il se doutait que c'était autre chose, évidemment. Mais il se devait de poser la question, sans quoi il n'en saurait pas réellement plus. Et il avait besoin d'en savoir plus, parce qu'ils avaient ce lien qu'ils ne pouvaient négliger, ils étaient ensemble là dedans, et ils ne pouvaient plus y changer grand chose. Du moins le pensait-il à cet instant. En plus de cela, Neraën était quelqu'un qu'il appréciait particulièrement, et le voir ainsi, dans un mauvais état, l'inquiétait légèrement. S'il pouvait l'aider, il le ferait avec grand plaisir. Et si en parler était ce dont il avait besoin, il était là pour l'écouter.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mer 24 Fév 2016 - 0:05

Ainsi il savait, il l'avait ressenti. Bien plus que Neraën aurait pu l'espérer, à son grand malheur. Il se sentait gêné, autant par le fait d'avoir pendant au moins une bonne partie de la matinée mis mal à l'aise ce confrère dont il savait bien trop et qu'il appréciait plus que n'importe qui d'autre que par le fait d'entendre à nouveau la preuve qu'il était à certains moments incapable de maîtriser la magie qui passait par lui. Et il en avait honte, en un sens. Même s'il savait pertinemment que cette recherche des capacités de leur lien était quelque chose de jamais vu, ou peut-être très peu, et que de tels tests pouvaient avoir leurs conséquences. Et il semblerait que cette conséquence était la déstabilisation qu'il ressentait lorsqu'Anorn était auprès de lui. Un effet qu'il craignait bien moins qu'au conseil puisqu'ils n'étaient qu'eux deux dans cette salle.

Il releva la tête, regardant à nouveau cette académie de magie qu'il repoussait autant qu'il en reconnaissait les qualités. Un sourire triste se peint sur son visage.

"Je me demande si un jour j'arriverais à parler de "flux" comme toi tu le fais si naturellement... parfois je me demande si cette notion s'adresse également à moi. Enfin... flux ou pas, de mon côté ce que j'ai ressenti a été au-delà de ce que j'aurais pu imaginer. Et ce n'est pas pour me plaire, même si cela peut signifier beaucoup.

Il fit quelques pas, semblant chercher au même moment ses mots ou bien à réorganiser ses pensées. Puis, au bout de quelques instants, il s'appuya contre une table, augmentant ainsi la distance entre lui et Anornedellon, plus ou moins volontairement.

- Que je te dise que j'ai eu à endurer les pensées de nos confrères lors de cette matinée, d'entendre distinctement des conversations que je n'aurais pu entendre de la sorte, cela n'a rien de passionnant et pas grand chose d'étonnant. Peut-être as-tu de ces souvenirs où je n'arrive plus suffisamment à maîtriser la magie. Non... ça a été ce court moment, où là je me suis réellement rendu compte que ce qui me faisait perdre ce contrôle était ta présence - ne crains rien, je ne vois pas ce qui pourrait arriver là maintenant. Quelques secondes...

Quelques secondes où il n'avait plus été lui. Du moins pas physiquement. Il eut du mal à prononcer ce qui s'ensuivit.

- ... Quelques secondes où j'ai eu l'impression d'être toi. Ce n'était pas ma respiration, ni mon corps, ni ce que j'aurais dû entendre, ni ce que j'aurais dû voir... j'étais à ta place. Un peu comme si mon esprit s'était un court moment retrouvé dans ton corps. Enfin c'est chose impossible, n'est-ce pas ?

Ce fut le silece qui accueillit sa question. Anorn avait de quoi être perturbé par cette déclaration. Et encore, il ne connaissait pas le pire. Il ne savait pas quelles scènes se déroulaient le soir dans sa tête, lorsque la magie le capturait dans un sommeil sans repos. Neraën, lui, avait juste besoin qu'on lui dise que tout cela n'était qu'un rêve, que rien n'existait réellement, ou bien que ce qui se tramait n'était rien de grave. Qu'il se faisait du soucis pour rien. Mais il se doutait fort que jamais personne ne lui dirait cela.

- Enfin, concernant tes questions, disons que la raison de mon absence de l'autre jour ainsi que celle de mon "état" est un rêve. L'un de ces rêves étranges qui me prennent lorsque l'insomnie ne me garde pas éveillé. Celui-là est plus poignant et éreintant que les autres, je dois te l'avouer. D'autant plus que je n'en comprends pas le sens."

Son regard se perdit dans le vide. Que dire de plus ? Raconter qu'il discutait avec le frère jumeau de son interlocuteur lors de ce cauchemar, alors que celui-ci le protégeait tellement au point de le rendre invisible aux yeux des autres ? Non. Il n'en avait pas envie. Mais il devinait déjà que le lien qui le liait au mage de la vie faisait que ce dernier pouvait ressentir qu'il manquait quelque chose à son récit... quelque chose d'important pour lui.
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Anorn
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Jeu 25 Fév 2016 - 17:06


La notion de flux. Elle était particulière pour chacun d'entre eux, pas un n'avait la même vision de la chose, et se demander s'il pourrait un jour en parler de la même façon que lui n'était sans doute pas la bonne question. Mais sans doute parlait-il d'être à l'aise avec le sujet, d'être plus détendu, confiant. D'avoir la sensation de le maîtriser assez pour se l'approprier au moins partiellement. Peut-être que cela viendrait un jour. Sauf qu'il n'était pas un mage dans l'âme, Anorn le savait bien. Il avait devant lui un guerrier, pas un Artisan. Alors un jour, il était probable qu'il trouve sa voie, qu'il s'éveille et sache comment composer avec ce dont il avait hérité. En attendant, cela lui pesait sûrement. Sauf qu'il n'y avait rien qu'il ne pouvait réellement faire, si ce n'était le guider tant bien que mal dans une direction qui semblait appropriée. A vrai dire, il ne savait pas bien quoi lui répondre, si ce n'était qu'il n'avait aucune idée de ce qu serait son évolution. Il semblait que personne ne pouvait réellement la prédire, et lui même n'était pas différent. Le regard de son interlocuteur se perdait par la fenêtre, avant de revenir vers lui, mais jamais franchement. Il avait la désagréable impression qu'il cherchait à l'éviter. Il n'avait pas idée de la raison, et cela l'ennuyait un peu. Qu'il ne se montre plus si avenant, qu'il cherche à fuir son contact, quel qu'il soit, avait de quoi l'étonner. La révélation qu'il lui fit ensuite le laissa un instant sans voix. Que répondre à une telle affirmation ? Etait-ce bien réel, ou seulement un mirage, une invention de son esprit pour fuir ce qu'il ne devait pas entendre, ni ressentir ?

 - Je ne sais pas Neraën. Je ne sais pas ce qui est possible, pas dans notre cas, pas dans notre situation. Il est évident que tout est nouveau, et bien que cela paraisse totalement absurde, je pense que c'est possible. Même si c'est quelque chose d'impensable en temps normal, il n'est pas, à mon avis, improbable que tu te sois momentanément retrouvé à ma place.

Dans son corps. A cette idée, Anorn ne put s'empêcher de frissonner. Une telle intrusion avait de quoi lui déplaire, énormément. Mais il ne pouvait blâmer son interlocuteur, parce qu'il n'était pas vraiment responsable de tout cela. Ils s'étaient tout deux engagés dans cette voie, et ils ne maîtrisaient absolument pas les conséquences. Il lui parla bientôt de son rêve, celui qui l'avait terrassé pendant le Haut Conseil, qui l'avait tenu à l'écart des autres. Enfin, il l'évoqua seulement. Ne lui décrivant rien, si ce n'était son incompréhension. Alors naturellement, il voulut en savoir plus. Parce qu'il sentait bien l'hésitation dans son ton. Il sentait qu'il ne lui disait pas tout, et il ne savait pas bien pourquoi.

 - Je ne vais pas pouvoir t'aider à le comprendre si tu ne me dis rien de plus. A moins que sa signification ne t'importe peu, ce qui me semble improbable, il va falloir que tu me racontes. Je sais que ce n'est pas forcément facile pour toi de parler de tout ça. Mais je pense que tu sais que je ne te veux aucun mal, donc ne me vois pas comme un danger, au contraire.

Il ne savait pas ce qu'il pouvait bien lui dire pour l'amener à se confier, mais il était sans doute une des rares personnes avec qui il pouvait le faire. Les autres ne comprendraient pas, les autres ne sauraient pas. Lui pouvait savoir. Alors il était plutôt logique qu'il lui raconte. Qu'il lui dise ce qu'il en était, de quoi il retournait réellement. Rien qui ne pourrait changer quoi que ce soit, du moins le pensait-il. Il avait donc tout à gagner.

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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Jeu 25 Fév 2016 - 21:15

Cela lui semblait toujours aussi insensé mais il avait ressenti, vu et entendu ce qui ne pouvait être : d'une quelconque manière son esprit s'était assez rapproché de celui d'Anorn pour qu'il vienne soit à entrer dans le corps du mage, soit à être un reflet de l'esprit de l'être millénaire. Et Anornedellon lui-même disait qu'il n'était pas impossible qu'avec leur relation si particulière son esprit ait carrément pu changer de corps. Ce n'était pas pour le rassurer... vraiment pas. Déjà qu'il n'aimait guère cette idée, si en plus un archimage - certes pas dans le domaine magique où il se trouvait - ne pouvait qu'émettre des hypothèses... Mais il continua. Il en vint à ce cauchemar, ce rêve étrange qui l'avait empêché de retourner au Haut-Conseil. Et ce qu'il craignait arriva.

"Je ne vais pas pouvoir t'aider à le comprendre si tu ne me dis rien de plus. A moins que sa signification ne t'importe peu, ce qui me semble improbable, il va falloir que tu me racontes. Je sais que ce n'est pas forcément facile pour toi de parler de tout ça. Mais je pense que tu sais que je ne te veux aucun mal, donc ne me vois pas comme un danger, au contraire.

Neraën ferma les yeux et cala son menton dans sa main. Raconter ce qu'il s'était passé, donner les détails de son rêve. Non. Il ne le pouvait pas, ne le voulait pas ! Le faire serait mettre en mauvaise posture son interlocuteur vu quel était l'un des sujets de ce cauchemar et en plus risquerait de faire naître des significations qui pourraient être complètement fausses. En fait, il faudrait qu'il en parle à quelqu'un qui est proche de la Symphonie... un druide peut-être. Et il savait qu'il n'aurait pas le temps de le faire. Il rouvrit les yeux, regarda franchement Anorn et revint s'asseoir au fauteuil que lui avait désigné plus tôt le nouveau régent.

-Tu ne me veux aucun mal, ça inutile de me le dire. Je le sais bien plus que je ne le devrais. De même je ne te veux aucun mal. Et si aujourd'hui je me permets de refuser de te raconter ce que j'ai vu, même si je sais que tu ne souhaites que m'aider, c'est parce qu'il y a une raison. Une raison qui ne concerne que moi. Mais si tu y tiens... Il soupira doucement. J'y ai vu Aldartha. Il était plein de vie, penché sur une feuille de papier avec plein de livres à côté de lui. Il était heureux de me voir, comme si j'étais toi.

Il eut un sourire. Cette partie-là de son cauchemar était de loin la plus belle, avant que pour une raison qu'il ne connaissait pas cela ne tourne au drame. Avant qu'il ne tue lui-même celui qui au premier abord était son propre frère, avant qu'il ne comprenne qu'il n'était pas Anorn. Il savait dans quel était le pauvre Aldartha aujourd'hui... et dans le fond il se demandait si ce n'était pas Anorn lui-même qui tuait son frère à force d'essayer de le protéger. Enfin... il n'en savait rien.

- C'est le seul moment où tu es concerné par ce rêve, où nous le sommes tous les deux. Peut-être même tous les trois."
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Sam 27 Fév 2016 - 19:05


Quand Neraën évoqua le nom de son jumeau, un frisson parcouru son dos. Son visage se ferma subitement, et il se leva prestement. Les mains jointes dans son dos, il se dirigea vers une des fenêtres, et resta là un instant, silencieux. Son cœur s'était serré un instant, parce qu'il n'avait pas pris cette notion en compte, il n'avait pas évalué jusqu'alors la profondeur de ses connaissances à son propos. Qu'il aille jusqu'à rêver de lui, de lui lorsqu'il était encore plein de vie, était quelque chose qu'il avait du mal à intégrer. Il n'allait pas pouvoir garder le silence bien souvent, mais pour l'instant, il n'avait aucune idée de ce qu'il allait bien pouvoir répondre. Ses pensées s'enchaînaient l'une après l'autre, et des sentiments contraires s'affrontaient en son sein. Faire le tri allait être compliqué, mais cela allait être nécessaire. Lorsqu'il s'autorisa enfin à revenir vers son interlocuteur, sa nervosité était palpable. Il effaçait et retraçait les creux de sa main, comme chaque fois qu'il essayait de se concentrer, chaque fois que son esprit était trop loin pour se focaliser sur une chose bien précise.

 - Alors, ton esprit te joue des tours ? Il te fais revivre certains de mes souvenirs ? Te confronte à Aldartha ? Quel est l'intérêt ? Que se passe-t-il ensuite, tu ne rêves que de ça, de le regarder étudier, rien de plus ?

Il ne savait pas vraiment s'il voulait en savoir plus. Ni même s'il allait en savoir plus. Parce que Neraën semblait assez réservé à ce sujet. Il ne voulait pas lui dévoiler plus que nécessaire, et si Anorn comprenait très bien la chose, il avait tout de même besoin de savoir. Il s'agissait d'Aldartha, et seulement pour cette raison, il devait surpasser toute cette haine et cette panique qui se mêlaient alors en lui. Objectivement, il n'aurait pas du lui en vouloir. Objectivement, ce n'était pas de sa faute. Mais il avait déterré l'un de ses secrets les plus profonds, un de ceux qu'il gardait précieusement, parce qu'il en allait de leur vie. Et lui le dévoilait ainsi, sans aucune appréhension, comme si tout ceci n'avait aucune importance. Comme si rien ne s'était passé, et comme si tout le monde était au courant. Cela l'agaçait énormément. Parce qu'il n'avait aucun contrôle dessus, et parce qu'il ne pouvait s'assurer que tout ceci n'allait pas être ébruité. Et s'il lui prenait l'envie d'en parler à quelqu'un d'autre ? A quelqu'un d'extérieur, de totalement objectif ? Non, ça ne pouvait pas arriver, c'était impossible. Ce serait purement et simplement un cauchemar.

 - Avant que tu ne répondes, que tu ne refuses peut-être, j'aimerais te demander quelque chose. Une faveur, disons. Ne parle d'Aldartha à personne. Seule Arwain est au courant de son existence. Je ne peux pas me permettre que d'autres le soient. Je peux compter sur ta discrétion ?

S'il ne le pouvait pas, il allait devoir employer les grands moyens. Chose qu'il n'avait pas du tout envie de faire, mais il devait protéger son jumeau. A tout prix. Parce qu'il n'était pas capable de le faire lui même, et parce que s'il lui arrivait malheur, alors ce serait de sa faute. Entièrement. Et il ne pourrait le supporter. Il était sa priorité, rien ni personne ne comptait plus que lui.

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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Sam 27 Fév 2016 - 21:24

"Alors, ton esprit te joue des tours ? Il te fais revivre certains de mes souvenirs ? Te confronte à Aldartha ? Quel est l'intérêt ? Que se passe-t-il ensuite, tu ne rêves que de ça, de le regarder étudier, rien de plus ?

Neraën n'eut pas le temps de répondre, ni la force intérieure de le faire à ce moment précis. Il s'en était douté, il avait abordé un sujet difficile pour son interlocuteur. Comme à son habitude, il avait raconté la chose doucement mais sans y mettre des gants de velour. Et tout cela faisait que des émotions naissaient dans le coeur de son confrère, émotions fortes que le protecteur de la Quatrième Saison devait trier et éteindre avant que cela ne sorte. Mais c'était sans penser au protecteur d'Eteniril qui, de par son lien très particulier avec lui, se voyait submergé par les sentiments de l'elfe sans pouvoir les contrôler et devant les ajouter à ses propres ressentis. Haine, panique, agacement, peur. C'était là le fardeau de Neraën qui ne pouvait totalement se fermer à l'esprit d'Anorn et qui en plus était déstabilisé par la force grandissant du lien qui les reliait. Cela fit peur au guerrier qui se souvenait encore avoir en partie perdu le contrôle de cette magie qu'il n'avait aucunement désirée. Le pauvre elfe se prit le front de sa main gauche et ferma les yeux fortement. A ce stade il ne pouvait plus se fermer à la magie. C'était trop tard, il le savait pertinemment. Et il ne pouvait ou n'arrivait pas à l'accepter. Il sentit alors les repères autour de lui s'effilocher et les sons parvenant à ses oreilles provenir comme s'il s'agissait d'échos.

- Avant que tu ne répondes, que tu ne refuses peut-être, j'aimerais te demander quelque chose. Une faveur, disons. Ne parle d'Aldartha à personne. Seule Arwain est au courant de son existence. Je ne peux pas me permettre que d'autres le soient. Je peux compter sur ta discrétion ?
- Calme-toi et je te répondrai.


Sa voix était aussi tranchante que la lame affûtée d'un poignard et son ton ressemblait fortement à un commandement. Alors Anorn put se rendre compte de l'état de son interlocuteur : ses mains se crispaient sur ce qu'elles tenaient, les muscles des bras étaient également tendus et il pouvait entendre que la respiration du seigneur-protecteur était lourde et difficile.

- Calme-toi je t'en prie !

Ce n'était plus un ordre mais une supplication à travers laquelle le mage pouvait ressentir de la douleur.

Neraën sentit des larmes couler sur ses joues. Il avait du mal à contrôler son esprit, que tout ne parte pas en vrille, alors qu'en face il ne se trouvait qu'une personne ayant juste un mélange d'émotions fortes ! Pourquoi le ressentait-il à ce point ? A cause de la présence d'Anornedellon ? Ou bien tout simplement parce que c'était lui ? La peur... cette peur qui lui tenaillait le ventre, la sienne... celle qui lui était propre lorsqu'il s'agissait de "sa" magie. En fait il n'était même plus sûr de savoir où il se trouvait. Tout ce qui se présentait à son esprit était cette âme face à la sienne.

Puis sa respiration se fit plus légère, moins difficile. La douleur se fit moindre aussi, ses mains tremblèrent moins. L'elfe se laissa aller contre le dossier du fauteuil et regarda Anorn. Le régent ne put lire cette fois-ci à travers les yeux de son confrère, malgré le fait que ces yeux n'étaient en cet instant aucunement semblables à la glace. Il se passa un long moment où Neraën respira, sans quitter des yeux l'esprit de lumière, avant qu'il ne se décide à reprendre la parole d'une voix faiblarde.

- Ne recommence jamais cela, Anorn. Même si tu ne le fais pas exprès, ne recommence jamais.

Il ne prit pas la peine d'essuyer les traces de larmes qui restaient sur ses joues.

- Si nous n'avions pas testé notre lien je n'aurais jamais su pour ton frère. Cela restera un secret bien gardé. Tout comme je suppose que tu ne parleras pas de mon "état" aux autres.

Parce que lui aussi gardait comme un secret ce qui l'habitait, ce qui l'avait changé. Il n'aimait pas le crier sur les toits et avait confiance en Anorn pour que celui-ci ne le parle pas de cela aux autres. Même si cet elfe pouvait appréhender ce que ce "don" lui coûtait, contrairement aux quelques uns au courant de la situation. Mais là... Neraën avait carrément eu l'impression que ce lien particulier qu'il avait avec le mage pouvait en fait le tuer de l'intérieur.

- Et pour répondre à tes questions, non mon esprit ne me joue pas des tours, oui la magie ou plutôt certainement la Symphonie provoque ces fichus rêves et non je n'en connais pas la raison ! Je ne pense même pas que ce que j'ai vu soit concrètement l'un de tes souvenirs, mais peut-être est-ce lié à l'un d'eux. C'est plus complexe que cela.

Concernant Aldartha, s'il le regardait juste se pencher sur ses études...

- Je me réveille, je le vois en train d'étudier avec une assiette à peine entammée à côté du parchemin sur lequel il écrit. Il me regarde, me sourit, me dit que je me suis enfin réveillé. J'ai l'impression que c'est mon frère, comme si j'étais toi et que c'était toi qu'il voyait en moi. Je me souviens même que j'ai forcé sur un sort, ce qui a causé le fait que je sois au lit. Après il me propose de venir avec lui chercher d'autres livres à la bibliothèque. Il ouvre la porte et disparait.

Son regard s'était baissé et le mage de l'esprit ne regardait plus rien de fixe. Il revoyait et ressentait juste ces premiers moments dans sa tête. Un autre temps de silence, puis il reprit.

- Pour la suite ce n'est plus rien te concernant. Des fois, lors de répétitions de ce rêve je peux prendre le temps de lui parler. Alors il ne part pas prendre ces livres et m'écoute, mais je n'ai aucune réponse. Comme s'il représentait ce qui essaie de me parler, si je puis dire la chose ainsi, mais que cette chose ne voulait ou ne pouvait me donner de réponse claire. Je ne pense pas pouvoir t'en dire plus... je crois que je serais bon à aller trouver un druide une fois que nous aurons repris Eraïson !"

Il sourit alors. Peut-être bien qu'il devrait effectivement s'adresser à un druide, être qui serait plus à même de comprendre ce qu'il se passait en lui qu'un mage de l'esprit...
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Lun 29 Fév 2016 - 19:29


L'injonction, puis la supplication de Neraën laissèrent Anorn dubitatif. Certes ils étaient liés, mais de là à ce que ses émotions se répercutent directement, et d'une manière néfaste sur le Seigneur Protecteur d'Eteniril, il ne le savait pas. Il ne savait pas que ce qu'il pouvait éprouver était amplifié chez son interlocuteur, et il resta un moment interdit. Avant de réussir à calmer ses émotions, à défaut de pouvoir les faire taire complètement. Il voyait bien qu'il n'était pas bien, qu'il était mal, même. Mais pouvait-il réellement y faire quelque chose ? S'il avait réussi à se créer un visage de pierre, il n'en allait pas de même avec son cœur. Parce qu'il n'était pas ainsi, il ressentait, il vivait, il éprouvait. Et s'il le montrait rarement, cela existait tout de même. Allait-il devoir maîtriser cela aussi, perdre toute spontanéité de peur qu'un de ses frères soit tué ? Une pointe de tristesse perça son cœur à cette idée. On lui avait déjà reproché de n'être pas assez expressif, de parler sans aucune profondeur, de ne jamais mettre aucune émotion au sein de ses mots. Mais c'était son choix, et uniquement le sien. Maîtriser ses expressions corporelles était un atout que beaucoup ne pouvaient apprécier. Peut-être un défaut parfois, mais cela ne le desservait qu'en de très rares cas. Cependant, le mal être de Neraën le touchait, plus profondément qu'il ne l'aurait voulu, et s'il lui ordonna de ne pas recommencer, jamais, il ne dit rien. D'ordinaire, un ton si autoritaire n'aurait pas été une chose acceptable à ses yeux. Mais la souffrance qu'il ressentait lui donnait sans doute tout les droits. Il n’acquiesça pas non plus, parce qu'il ne pouvait lui promettre une telle chose. C'était là tout ce qu'il y avait de plus spontané chez lui, et s'ils allaient devoir travailler sur ce point, il serait sans doute plus facile d'amoindrir l'ouverture du nouveau mage que d'estomper la puissance des ressentis d'Anorn.

Les paroles qui suivirent soulagèrent véritablement l'archimage. Ainsi donc, il ne lui prendrait pas la soudaine lubie de parler de son frère à qui voulait bien l'écouter. Il avait du mal à faire confiance, certes. Mais il s'agissait là d'un de ses secrets les plus sensibles. Glauriell était sans nul doute le second, et même si son nom n'avait pas encore franchit les lèvres de Neraën, il s'attendait à ce qu'elle surgisse à tout moment. A ce que l'ombre de sa mémoire revienne le hanter pour les quelques ennéades à suivre. Et il avait besoin de tout sauf de ça. Alors si elle refaisait surface, si elle n'était ne serait-ce que mentionnée, il savait qu'il allait devoir prendre certaine mesure. Mettre certaines choses à plat. Il avait cette appréhension à propos de tout ce qui pouvait le blesser d'une manière ou d'une autre, qui l'empêchait d'en parler à tous, alors que c'était certainement ce qu'il aurait du faire. Parce que ce qui se savait ne pouvait plus être dévoilé par quelqu'un de mal intentionné.

 - Je ne parle certes pas de ton état aux autres. Même Arwain n'est pas au courant. Mais, tu me dis vouloir aller chercher un druide, je comprends cette nécessité. Que lui diras-tu alors ? Ne seras-tu pas poussé à parler des détails exacts de tes rêves ? Si tu veux une interprétation totale et correct, n'est-ce pas ce que tu devras faire ?

Toujours et encore cette peur presque viscérale, cette appréhension qu'il ne pouvait effacer entièrement de son cœur. Cette nécessité de protéger Aldartha quoi qu'il arrive. Quoi qu'il se passe. Il prenait la chose si à cœur qu'il savait qu'elle le rendrait malade un jour. Mais par Kÿria, pas aujourd'hui. Il pria brièvement pour que la Déesse Mère ait pitié de lui, et qu'elle veille encore une fois à ce que son frère soit sain et sauf. Soit hors de portée de ceux qui pourraient lui vouloir du mal. De ceux qui pourraient le traiter avec une pitié malsaine, une condescendance vomitive. Il ne voulait pas de cela pour lui. Et ce n'était pas parce qu'il ne pouvait l'exprimer que ce n'était pas aussi la volonté de son jumeau.

 - Tu parles de la Symphonie. Il t'es possible de l'entendre jusque dans les murs ? Qu'est-ce qui te fait croire que c'est ça plutôt que le flux ? Si elle a un impact quelconque sur toi, il devrait se manifester lorsque tu es immergé dans la Prime Forêt, et être atténué, voire inexistant au sein des pierres.

Il savait ne pas entendre aussi bien ce chant que ceux qui vivaient à même l'Oeuvre de la Mère. Il savait ne pas pouvoir comprendre toutes ses subtilités, et toutes ses significations. S'il ressentait globalement la vie, et disons l'état d'esprit de la Création, il ne pouvait aller plus loin. Visiblement, il n'en allait pas de même pour Neraën. Ce qui était assez étrange, puisqu'il était un Taledhel, tout comme ses parents. Il n'avait pas eu vraiment l'occasion de s'immerger assez profondément, ou assez longtemps, pour être affecté ainsi, et pourtant, il semblait être persuadé qu'il s'agissait de la Symphonie. Et pas d'autre chose. Pas du flux. Chose qui paraissait pourtant plus probable aux yeux d'Anorn. En attendant ses explication, et ses réponses quant au potentiel druide qu'il irait trouver, il se replongea sans le vouloir dans ses souvenir. Parce qu'il pouvait parfaitement revoir Aldartha travailler. Il pouvait le revoir penché sur ses livres, grattant frénétiquement de sa plume sur le papier, le remplissant rapidement d'encre avant d'en changer. Il se souvenait de son écriture, légère et toute en finesses. Tandis que la sienne était plus ronde, moins élancée. Et il admirait tout particulièrement la faculté qu'il avait à ne pas entacher ses notes, quand bien même il était gaucher. Jamais une tâche d'encre ne s'était formée, pas une ligne avait été brisée, et chaque fois que le Régent le remarquait, il ne pouvait s'empêcher d'en être admiratif. Le nombre de bougies qu'ils avaient brûlé pour étudier la nuit, avant de retourner à l'Académie le jour avait été considérable. Il ne savait pas pourquoi cela avait de l'importance, mais il s'en souvenait. Et à cet instant, il ressenti le besoin pressent de rejoindre Aldartha.

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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mar 1 Mar 2016 - 22:23

Tout n'était que roue qui tournait, que serpent qui se mordait la queue, que des émotions qui se transmettaient de l'un à l'autre sans forcément pouvoir être distingables. Du moins était-ce ainsi que le ressentait Neraën. Etaient-ce ses ressentis ou bien ceux de son interlocuteur ? Il avait du mal à tout départager en cet instant. Alors il faisait du mieux pour se calmer, pour faire taire ce qui lui tiraillait son esprit, son coeur ou son ventre, et se demandait à quel point Anorn pouvait en faire de même. Il restait donc là, assis sur le fauteuil à voir sans regarder, fatigué qu'il était ainsi qu'en proie à des émotions pour certaines opposées et d'autres complémentaires. Lorsqu'Anorn reprit la parole après que le protecteur ait raconté la majeure partie de son rêve concernant son confrère, Neraën eut enfin le réflexe d'essuyer les larmes qui avaient coulé le long de ses joues. Elles n'étaient pas agréables. Au moins ce geste signifiait qu'il reprenait pleinement conscience de son corps et de ses sens, ce que son ouïe désormais rétablie pouvait confirmer. Puis Anornedellon termina ses premières questions, rappelant sans le vouloir les moments forts douloureux psychologiquement parlant de son cauchemar. A qui en parlerait-il ? Que lui dirait-il exactement ?

"Je n'en sais rien, Anorn. Je n'ai pas encore idée de quel druide j'irais chercher. Et je suppose que je lui raconterais en effet tous les détails de ce cauchemar, voire même plus s'il y a besoin. Afin qu'il comprenne. Afin qu'il puisse avoir une réponse qui ne sera pas dans le faux. Si c'est le fait qu'on puisse savoir qui est Aldartha vis-à-vis de toi, je ne pense pas que ce sera le genre de détail qui l'intéressera. Enfin le plus intéressant serait certainement le fait qu'il soit le frère de celui avec qui je me suis le plus lié.

Il fit une pause. En fait même il n'avait rien à rajouter. Ce ne sembla pas être le cas de l'enfant de Kÿria qui posa des questions plus en relation avec la magie elle-même.

- Tu parles de la Symphonie. Il t'es possible de l'entendre jusque dans les murs ? Qu'est-ce qui te fait croire que c'est ça plutôt que le flux ? Si elle a un impact quelconque sur toi, il devrait se manifester lorsque tu es immergé dans la Prime Forêt, et être atténué, voire inexistant au sein des pierres.

Neraën soupira doucement. C'était compliqué et il était vrai qu'Anorn avait de quoi se poser des questions. Pourquoi la Symphonie et pas le flux, alors qu'il serait plus logique que le mage de l'esprit qu'il était soit sensible au flux et pas forcément au Chant de l'Oeuvre ? Lui-même n'en savait rien. Il ne comprenait même toujours pas pourquoi il avait été épargné par ces sorts qui s'étaient rencontrés là où se trouvaient les siens, pourquoi la magie s'était infiltrée en lui au point de le noyer au lieu de le tuer comme les autres. Cette conséquence à cet événement qui lui avait pourtant permis d'avoir un certain intérêt auprès de la noss la plus belliqueuse d'Eteniril. Encore un mystère dont il ne pouvait pas comprendre tous les fils. Arrêtant là ses pensées, l'elfe regarda enfin Anorn.

- C'est bien plus compliqué que cela. Entendre ou ne pas entendre, dans les murs ou hors des murs, ce n'est pas la question. Ce n'est pas parce que l'on érige des murs de pierre hauts de plusieurs mètres que le vent ne passe pas. Au départ je m'étais également dit que je métais ouvert au flux, comme tu l'appelles, ce que mes premiers mois à l'Académie m'avaient appris. Puis il y a eu ces rêves. J'ai alors fini par me poser la question : comment le flux pourrait-il me faire rêver par symboles ou autres alors qu'il n'est pas concrètement vivant, n'a pas d'esprit, de voix particulière contrairement à la Symphonie, et qu'en plus la prémonition est impossible ? De même, la dernière fois que nous nous sommes vus à Eteniril, qu'est-ce qui m'a pris à rire alors que je n'avais pas le coeur pour et toi non plus ? Le flux peut-il influencer à ce point ? D'autres questions de cet accabit subsistent. Mais c'est le genre de questions qui m'a poussé à comprendre que ton flux n'est pas tout, loin de là, et que la Symphonie a son mot à dire dans cette histoire. Bien plus que la magie elle-même je pense, d'ailleurs. Mais je serais incapable de dire à quel point.

Il se frotta le visage avec ses mains calleuses. Comment expliquer tout cela ?

- C'est une intuition, ou un constat, que je ressens. Comme si je n'étais effectivement pas un mage ordinaire. Mais oui, elle m'affecte. C'est d'ailleurs l'unique raison pour laquelle je pense que je ne pourrais jamais sortir de la Prime Forêt.

Il 'arrêta un instant. Il venait de comprendre un ressenti, de le démêler des siens. Il fronça les sourcils et interrogea le régent, changeant complètement de sujet sans prévenir.

- Qu'y a-t-il, Anorn ? Aurais-tu... besoin de quelque chose ?"
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mer 2 Mar 2016 - 17:45


Si son cœur se serra quand il eut la confirmation que Neraën allait devoir donner des détails, il se détendit lorsqu'il lui précisa qu'il ne donnerait pas de distinction assez poussée pour pouvoir les identifier. Pas de nom, pas d'allusion à sa famille, rien. C'était une bonne chose, sans doute. Mais il allait tout de même devoir vérifier que ce serait le cas. Par acquis de conscience, parce qu'il devait protéger son frère à n'importe quel prix. Et se renseigner auprès du druide qu'il irait voir n'était pas chose difficile. Cela n'aurait pas forcément d'impact négatif, et aurait le mérite de le soulager considérablement. Ne répondant rien, il attendit qu'on éclaircisse certains points. Les réponses qu'il reçut à ses questions n'étaient pas forcément très claires, parce que celui qui les lui fournit n'était pas vraiment plus avancé que lui sur la question. Quand il fit une distinction radicale entre le flux et la Symphonie, Anorn s'aperçut que son confrère n'avait pas toutes les cartes en main. Qu'il n'était pas comme lui, qu'il était avant tout un guerrier, et non un mage. Il avait du mal à l'intégrer, parce que le Seigneur Protecteur était beaucoup plus tourné vers ses nouvelles capacités magiques que vers toute autre forme de combat. Cependant c'était le cas, et il le lui rappelait actuellement. Il était compliqué pour l'archimage de différencier avec certitude l'énergie primaire, et celle que dégageait la Symphonie. Certes cette dernière était présentée comme étant le chant de l'Oeuvre, la voix de celle-ci, mais comme toujours, c'était bien plus complexe. Et qu'on lui dise qu'il y avait bien plus que le flux le faisait légèrement sourire.

 - Ce que tu qualifies de mon flux n'est pas tout, évidemment. C'est l'énergie utilisée par les mages, disons que c'est celle qui est la plus accessible. Je la décris ainsi comme beaucoup d'autres, parce qu'elle donne l'impression d'être un flux constant, une sorte d'écoulement qui ne s'arrête jamais, et dont la source nous est inaccessible. Je ne te demande d'ailleurs pas d'y adhérer, il serait bien pour toi que tu vois à ta façon, que tu puisses te faire ta propre image de la chose. Ca ne vient pas facilement, je te l'accorde, mais avec le temps, tu verras sans doute de tes propres yeux ce dont je veux parler aujourd'hui. Certains mages parlent de Matière, et ils ont sans doute autant raison que moi. Nous pratiquons l'Art, et parler ainsi n'est pas illogique. Ce n'est pas ce que je ressens, mais je comprends que ce puisse être une manière de la voir. Si je te parle beaucoup de ça, c'est surtout parce que je suis un mage, d'abord et avant tout. C'est une chose que je maîtrise assez bien, contrairement au reste, et il est difficile pour moi de m'avancer à propos de ce que je connais pas forcément, sur quelque chose dont je n'ai que peu d'informations et de certitudes. Je ne prétends pas que c'est l'unique explication. Que c'est la seule chose qui régit l'ordre de nos vies. Il y a bien plus, et penser le contraire n'est pas favorable au développement intellectuel. Pour le reste, tu n'as rien d'ordinaire, certes. Tu n'as pas choisi la magie, elle t'a choisi. Ce n'est pas pour autant que tu dois la subir.

Il était sans doute facile de le dire, et il le savait. Mais parfois, il suffisait seulement d'une conviction, d'une envie de changer, pour que cela arrive réellement. S'il s'identifiait lui même comme une victime, s'il considérait la chose comme un fardeau, alors il ne pourrait en être autrement. C'était un travail de longue haleine, et cela ne changerait pas du jour au lendemain. Mais c'était possible. Il pouvait modifier sa vision des choses, ce n'était qu'une question de volonté. Peut-être aurait-il besoin d'aide, peut-être qu'il n'aurait de déclic que lorsqu'il aurait passé le millénaire. Peut-être que cela n'arriverait jamais. Seulement, Anorn pensait qu'il se devait d'essayer. La question qui fut ensuite formulée le surprit légèrement. S'il avait besoin de quelque chose ? Oui. Cependant, ce n'était pas dans ses cordes de le lui apporter. Il avait besoin de la présence d'Aldartha, il avait besoin de se sentir en sécurité, de revenir à ses côtés. Il avait besoin de lui. Il hésita un instant à le lui dire. Parce qu'il pourrait sans doute se rendre compte qu'il mentait. Il était compliqué de gérer ses émotions en plus de ses expressions corporelles. Et peut-être qu'il n'avait pas à le faire. Il n'en savait rien. Neraën avait ses convictions, et il savait que ce n'était pas forcément les siennes. Il était d'une certaine manière plus égoïste que lui, et identifier ce sentiment à ses yeux, comme étant celui d'une envie pressante de voir son frère, n'était pas forcément la bonne chose à faire. Alors après un léger silence, il répondit.

 - J'ai besoin de quelque chose oui. Mais rien que tu ne puisses m'apporter. Et rien qui ne gênera cette conversation. Ne t'en fais pas, tu n'as pas besoin de t'attarder sur la chose.

Mentionner la présence d'Aldartha n'était pas ce dont il avait envie. Son interlocuteur ne savait rien de sa présence entre ces murs, et attirer son attention à ce sujet n'avait aucune utilité. C'était même dangereux. Peut-être le pensait-il en Quatrième Saison, ou peut-être le pensait-il à Alëandir. Le tout était de ne rien lui confirmer. Il s'était introduit trop profondément dans sa vie, dans ses souvenirs, et cela lui déplaisait fortement. Il ne pouvait la blâmer directement, mais il avait du mal à ne pas lui en vouloir. Si aucun des deux n'avait signé pour ça, il avait tout de même besoin de prendre ses distances. Pénétrer ainsi dans son intimité était une chose qu'il ne supportait pas.

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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mer 2 Mar 2016 - 19:18

"J'ai besoin de quelque chose oui. Mais rien que tu ne puisses m'apporter. Et rien qui ne gênera cette conversation. Ne t'en fais pas, tu n'as pas besoin de t'attarder sur la chose.
- Soit, c'est toi qui décides. Je n'ai pas à entrer dans ta vie privée plus que je ne le fais déjà.


La discussion concernant Aldartha devait s'arrêter là, il le sentait. Il comprenait quelque peu que ce sujet était aux yeux d'Anorn ce que pouvait être la magie à ses propres yeux : un jardin plus ou moins secret dont on n'a pas envie de voir l'existence criée sur les toits. Un jardin dont la découverte de son secret créait de l'angoisse parfois démeusurée. Neraën eut un instant l'idée d'expliquer à Anorn que ce qu'il avait ressenti lorsqu'il lui avait expliqué qu'il avait rêvé de son frère était une chose similaire à ce que lui-même ressentait lorsqu'il sentait qu'il n'avait pas la pleine maîtrise de sa magie. Mais l'idée s'arrêta là, ne se concrétisant aucunement. Inutile d'en rajouter. Inutile d'en révéler plus sur lui-même, même si cela commençait à devenir le sujet de conversation : la magie, le flux, la Symphonie... et lui.

- Concernant la façon de voir la magie, c'est ton point de vue et je le respecte, même si j'ai l'impression de ne pas du tout ressentir la magie comme toi. Mais pour reprendre ce que tu as dit précédemment, peut-être pourrais-tu m'expliquer comment la magie peut-être choisir quelqu'un alors que c'est toujours l'inverse, toi qui es archimage ?"

Il attendit la réponse. Déjà écouter ce que son confrère avait à lui dire puis seulement ensuite voir ce qu'ils feraient face à ces bases qui se brisaient au fur et à mesure depuis qu'ils avaient essayé de voir où pourrait les mener leur relation inhabituelle.
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Dim 6 Mar 2016 - 22:42


La réponse de Neraën lui convenait. Il était certain qu'il n'allait pas pouvoir le laisser s'immiscer plus encore dans sa vie privée. Et qu'il le comprenne était quelque chose qui le soulageait énormément. De ne pas avoir à insister encore, de ne pas avoir à se répéter, à s'expliquer. Il était peut-être étrange de ne pas vouloir que son frère soit connu de tous, peut-être dérangeant, mais il n'en avait cure. Il avait ses raisons, et il savait pertinemment qu'il avait raison. Que c'était la meilleure chose à faire, la meilleure chose qu'il puisse offrir à Aldartha. L'anonymat, la protection, et une disparition presque totale. On ne pouvait sans doute pas comprendre tout ceci sans qu'on ne soit réellement impliqué. Sans qu'on ne connaisse toute l'histoire, et sans qu'on ne connaisse entièrement les motivations de chacun. Mais il n'allait certainement pas s'étendre dessus. Pas ici, pas maintenant. Pas devant Neraën. Il n'avait même pas cherché à le faire pour Arwain.A vrai dire, il n'en avait pas eu besoin, parce qu'elle comprenait. Elle comprenait parfaitement qu'il en soit ainsi, et pas autrement. Les instants s'égrainaient, et son besoin d'être aux côtés de son frère grandissait au fur et à mesure. S'il s'était considérablement calmé, si la peur ne l'oppressait plus temps, le besoin, lui, restait. Pour lui changer les idées, Neraën demanda une explication. Le rappel de son rang officiel au sein de la communauté qu'ils formaient le fit légèrement sourire. Il ne s'appelait pas lui même ainsi, et refusait de le mentionner. Archimage n'était qu'un titre parmi tant d'autres, et cela n'avait aucune utilité. Cela ne définissait pas ses capacités, ni son savoir. Peut-être que c'était un plus, quelque part. Mais il n'avait aucune idée d'où.

 - Archimage, ça ne veut pas dire grand chose tu sais. Peut-être que cela signifie pour certains que je suis plus instruit, que je manie le flux plus facilement que la plupart d'entre nous. Je ne sais pas, pour moi ce n'est qu'un titre parmi tant d'autres, et ça ne définit en aucun cas mon rapport à l'Art. Tu me demandes comment il est possible qu'il te soit arrivé une telle chose, mais la vérité, c'est que je n'en sais rien. J'ai cherché, j'ai étudié. Sans t'avoir à mes côtés, c'était assez compliqué de trouver une explication, ou ne serait-ce qu'une vague ressemblance avec un autre cas. Après, tu me dis que nous choisissons le flux. Je crois que ce n'est pas le cas. Je crois que lui nous choisit. Lui décide de s'offrir à nous. Kÿria nous donne la sensibilité, et l'envie nécessaire à son apprentissage et à son expression. Mais nous ne choisissons pas réellement, non. Si l'entrée à l'Académie, ou dans n'importe quelle autre école s'apparente à un choix, il n'en est rien. Nous sommes ainsi, et il est évident que nous devons avancer dans cette voie. Parce que c'est ainsi que nous sommes fait, et c'est à l'Art que nous sommes dédiés.

Il était toujours compliqué d'expliquer la vocation à celui qui n'en avait pas forcément eu. Ou qui ne l'avait pas forcément ressenti si pleinement. Il savait que lorsqu'il discutait avec des prêtres, ou avec des druides, ils comprenaient. Parce qu'ils avaient entendu cet appel, ils avaient ressenti cette évidence. Mais ce n'était sans doute pas le cas de Neraën. Et l'idée que l'on puisse choisir le flux paraissait totalement délirante aux yeux d'Anorn. Certes il comprenait le raisonnement. A la fin des petites classes, on leur demander de faire un choix. Et ceux qui se dirigeaient vers l'Académie donnaient sans doute l'impression d'adopter cette voie, de décider pleinement de leur avenir. Alors qu'en réalité, ils ne faisaient, pour la plupart, qu'embrasser leur destinée.

 - Je conçois que cela puisse être une notion étrange, mais, pour la majeure partie d'entre nous, c'est ainsi que cela se passe. Peut-être que Kÿria ne t'a pas donné cette sensibilité qui semble être trop grande aujourd'hui. Ou peut-être qu'elle était beaucoup trop faible pour que tu la décèles, et que tu l'agrandisses par toi même. Et alors que le flux était perturbé, alors qu'il était d'une puissance inouïe, concentré d'une manière beaucoup trop importante, tu l'as embrassé. Sans t'en rendre compte, tandis qu'il t'envahissait. Contre ton gré, contre la voie que tu t'étais tracé. Je n'ai pas de réponse toute faite. Je n'ai pas de certitude, seulement des hypothèses. J'aimerais qu'elles te conviennent, mais je pense qu'elles n'ont l'air que de vulgaires supputations, sans réels fondements. Mais la conclusions reste la même. Tu rejettes encore et encore. Tu considères la chose comme une malédiction, et il y a de quoi. Tu as mille et une raison de penser que ceci est in fardeau, de le croire, et même de l'affirmer.

Il ne savait pas comment lui dire ce qui, il l'espérait, lui paraîtrait peut-être évident dans quelques décennies. Lui demander encore une fois d'essayer d'accepter allait paraître totalement futile, et sans doute idiot. Comme s'il ne savait pas ce que son interlocuteur endurait, comme s'il ne faisiat que répéter de belles paroles.

 - Je prie Kÿria pour que tu trouves la force de surmonter tout cela. Pour que tu trouves l'envie, et que tu acceptes enfin la personne que tu es aujourd'hui. Complètement. Sans renier une partie de toi. Sans maudire cette journée.

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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Ven 11 Mar 2016 - 22:45


Neraën écoutait, sans mot dire, sans afficher la moindre expression sur le visage. Il écoutait comme il avait pu écouter un maître ou comme il écoutait autrefois ceux qui finissaient par se livrer à lui parce que ce qui était sur leur coeur et leurs épaules était trop lourd. Comme il avait pu écouter avant que la magie ne décide de l'embrasser et de changer sa vie à jamais. Tout simplement en écoutant, rien d'autre.

Au fur et à mesure qu'Anorn parlait, des images, parfois des sensations, revenaient dans l'esprit du guerrier. Il se rappelait les nombreuses fois où il allait retrouver Tinrael alors que celui-ci n'était pas encore druide, du moment où ses parents avaient quand même demandé à lui faire passer le test de magie pour être sûrs qu'il ne soit pas apte à entrer dans l'Académie. Le test avait été un échec, ce qui ne l'avait pas spécialement étonné à l'époque, et cela avait en un sens rassuré ses parents : leur fils unique resterait à la maison et pourrait certainement suivre la même voie que l'un de ses géniteurs. Ce qu'il avait était juste une forte empathie. Puis il y a eu ce jour où la magie était entrée en lui et avait tout bouleversé, l'étouffant presque de sa présence. Depuis, il avait beau avoir réussi à s'accepter en tant que mage - du moins était-ce ce qu'il pensait - cette magie le plaçait continuellement sur un fil plus ou moins tranchant dont il pouvait tomber à chaque seconde. Il faisait avec, c'était tout. Il évitait que cette magie ne lui fasse connaître des impairs comme violer la vie privée des autres en lisant dans leur passé.

Mille et une raisons de penser, croire et affirmer que ce qu'il portait en lui depuis trois cents années était un fardeau. Anorn n'aurait pas pu dire mieux, même s'il arrivait à Neraën de trouver un côté pratique à ce qui l'habitait. Des souvenirs douloureux, des ressentis désagréables. Et comme venait de le souligner Anorn, le flux - ou encore Kÿria si elle avait la volonté de se pencher sur sa petite personne - ne lui avait pas laissé le choix. Le choix, en fait, personne ne l'avait vraiment en la matière, cela le discours de son confrère lui venait de lui éclaircir l'esprit. Si les enfants ne choisissaient pas la voie de la magie alors qu'ils étaient réceptifs à la magie, ils risquaient fortement d'avoir un problème avec leur don et très probablement en mourir faute de le maîtriser. Quant à ceux qui ne possédaient pas dès le départ le don, il n'était pas évident pour eux de suivre des études magiques... même s'ils pouvaient toujours être entraînés afin de se sensibiliser suffisamment à la magie pour espérer pouvoir l'utiliser. En somme, le choix s'imposait de lui-même dans la majorité des cas. Et lui qui s'était voué à la voie de la guerre, voilà que le "destin" le forçait à bifurquer du tout au tout. Enfin... comme quoi que les prêtres assuraient que le Choix avait été offert aux Elfes de pouvoir vénérer le dieu qu'ils désiraient et également de mener leur vie, mais en cet instant il avait la désagréable impression que ce choix était loin d'être complet. Et cela l'énervait, pour ne pas dire révoltait.

"Cela fait déjà trois cents ans que je la prie pour cela, Anorn. Enfin... Il soupira. Merci pour ton éclaircissement, même si tout cela ne reste que des suppositions et que pour l'instant rien ne peut expliquer mon état. En fait peut-être faudrait-il que je recherche dans les livres par rapport aux rêves étranges, à moins que tu n'y ais déjà pensé ?

Une question qui n'attendait pas forcément de réponse. Il se passa un temps pendant lequel Neraën resta silencieux, écoutant aussi bien le silence que la respiration et les possibles dires d'Anorn. Puis il revint au sujet de conversation principal de cette entrevue, ce pour quoi il était venu.

- A propos de tout cela, je voulais te demander si, avec le problème de ces rêves, l'intervention de ton frère dedans alors qu'il n'y a aucune raison, la magie que je n'ai pu contrôler que trop difficilement lors du conseil à cause de ta présence... A ton avis, qu'est-ce qui serait le plus raisonnable ? Continuer sans savoir où cela nous mènera ou s'arrêter là suite à cet avertissement ?"

Il voulut continuer, mais ses lèvres ne formèrent qu'une syllabe sans pour autant laisser le mondre son passer. Parce qu'il avait peur de continuer, peur ne plus pouvoir rien contrôler, de ne plus pouvoir rester lui-même... pour ce qu'il restait de lui. Et cela ne pouvait en ce jour pas encore être divulgué à quelqu'un. Pas encore.
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Anorn
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mar 15 Mar 2016 - 13:38


Neraën ne paraissait pas prêt. Il ne paraissait pas être dans cette optique de changement, d'acceptation ou d'avancement. Il restait sur ses convictions, sur ses connaissances, dans le confort approximatif que lui procurait ce qu'il savait déjà. Ce qu'il pensait être la seule issue, la seule manière de voir les choses. Evoluer demandait énormément de volonté, et cela passait souvent par une énorme remise en question. Et que cela fasse trois cent ans qu'il essaye ne changeait rien. Tant qu'il n'était pas prêt, il ne pourrait pas voir les choses différemment, et cela, il n'y avait que lui pour le faire. Personne ne pouvait l'aider, personne ne pouvait prendre cette décision à sa place. Même les années écoulées n'y changeraient rien. Peut-être passerait-il les trois cent prochaines à se demander s'il serait un jour libéré de ce fardeau. Avant de se rendre compte, avant de voir autrement. Peut-être n'y arriverait-il jamais. Mais Anorn croyait sincèrement qu'il pouvait le faire. Qu'il pouvait avancer, ne pas rester prostré dans son idée, dans son mal être. Peut-être parce qu'il le pensait assez fort pour cela, assez intelligent. Il pouvait certes se tromper, mais il n'espérait pas. Se tromper reviendrait à condamner Neraën, chose qu'il ne pouvait absolument pas faire. Qu'il se refusait de faire. L'évocation des livres le ramena au cœur de cette discussion.

 - J'ai pensé aux livres oui. Je n'ai pas eu le temps de faire le tour, d'en lire assez pour savoir si quelque chose du jour a un jour été répertorié, est un jour arrivé. Il reste beaucoup d'ouvrages que je n'ai pas consulté, à commencer par ceux de l'Académie. Il est possible que quelqu'un ait déjà vécu une chose pareil. Mais honnêtement, je ne sais pas si nous trouverons quelque chose. Si une explication a été consigné quelque part.  

Il doutait qu'une telle chose soit possible, parce qu'il n'en avait jamais entendu parler. Parce qu'il n'avait pas lu un seul mot, une seule phrase à ce sujet. Et pourtant, il en avait parcouru des ouvrages. Tout comme Aldartha, lorsqu'il pouvait encore lire. Et si ce dernier avait ne serait-ce qu'entendu parler d'une telle chose, il en aurait informé son frère. De cela, il en était certain. Mais bientôt, Neraën recentra le sujet, encore une fois. Leur lien. La façon dont il pouvait évoluer. Et surtout la peur. Il sentait cette peur de l'inconnu, cette peur d'agir, sans savoir à l'avance quel serait le résultat. Se lancer dans le vide, sans aucune sécurité. Certes il y avait des raisons de douter. Mais Anorn ne lui en donnerait pas plus. Il parlait encore de son frère, et lorsqu'il le faisait, sa mâchoire se serrait un peu plus, son visage se fermait encore, et il avait la désagréable impression qu'on fouillait là iù on en avait pas le droit. Là où il n'avait autorisés personne à pénétrer. Et si on lui avait certifié qu'on n'était pas là pour le blesser, il n'appréciait tout de même pas cela. Pas du tout.

 - Je pense qu'avec ce lien, nous pouvons faire beaucoup. Peut-être devrions nous nous entraîner, solidifier les bases que nous semblons avoir. Je ne crois pas que recommencer une chose comme la dernière fois, fusionner plus encore, soit bien, soit ce que nous devons faire. Je... Tu es déjà allé loin, plus loin que je ne le pensais, tu es entré là où tu n'aurais pas du, là où je pensais que personne ne pourrait. Je ne veux pas que cela recommence. Je ne veux pas que tu t'insinues plus dans ma vie, dans mon passé, mes souvenirs. Que ce soit contre ton gré ou non ne change rien, et je ne te blâme pas, seulement je ne peux pas. Je ne peux pas aller plus loin, pas pour le moment. Je pense que c'est mieux pour toi aussi, non ? Consolidons nos bases, je pense que ce sera déjà bien. Amplement suffisant.

Son besoin de rejoindre Aldartha s'était accru. Terriblement. Il résonnait désormais d'une manière si forte qu'il ne pouvait l'étouffer, il ne pouvait l'ignorer. Il allait devoir y aller, bientôt. Le plus tôt serait le mieux, mais il n'avait pas vraiment envie d'interrompre leur discussion pour céder à un sentiment qu'il contrôlait mal. Il était bien mieux éduqué que cela, bien plus fort. Et pourtant, Aldartha l'appelait. Il pouvait presque l'entendre. Il pouvait le sentir au plus profond de ses tripes. Il l'appelait.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Mer 16 Mar 2016 - 22:52

Comme pouvait le penser Anornedellon, Neraën croyait qu'il était un cas unique. Malheureusement pour lui puisqu'il n'avait pas de cas de comparaison, heureusement pour ceux qui auraient pu connaître son sort. L'ancien soldat se souvenait parfaitement de la surprise qu'il avait créée à l'Académie d'Alëandir, de la curiosité que son nouvel état avait éveillée. Au départ il n'y avait pas pensé tant il devait lutter contre la magie qui le hantait jours et nuits, le brisant au fil des ennéades. Puis il avait commencé à aller mieux, au bout de plusieurs mois enfermé dans l'Académie, à ne pouvoir que rarement sortir - il devenait insomniaque donc la nuit, lorsque les autres sont en train de dormir. Il avait fini par vraiment voir du monde malgré les risques qui persistaient et, même si ces rencontres ne duraient que quelques secondes ou quelques minutes, il s'en dégageait toujours un arrière goût de n'être devenu qu'une curiosité, une sorte de bête de foire comme peuvent avoir les Humains. A ces moments-là il pouvait être un elfe, un humain, un oiseau, un arbre ou encore autre chose, cela revenait pratiquement au même. Cela avait été comme ça les premières années, puis il était redevenu un elfe. Un elfe cobaye par la force des choses, que lui et son maître Celebrand le veuillent ou non. La non maîtrise de la magie était trop dangereuse pour qu'il en soit autrement.

Depuis, Neraën avait été laissé tranquille. Il avait régulièrement revu Celebrand au cours de la dernière centaine d'années, mais à la désolation du vieux mage le politicien qu'il était devenu ne désirait plus entendre parler de magie. Il avait réussi à se construire une base et s'en tenait à cela, écartant l'idée de reprendre des cours ; il s'entraînait seul, s'améliorait, c'était tout ce qui lui importait. Celebrand ne pouvait pas l'obliger, aussi les choses en étaient restées là. Et aujourd'hui, comble du comble, Neraën avait osé se remettre à la magie, tester, essayer au-delà des barrières de sécurité qu'il s'était fixées. Mais la magie s'amusait à lui rappeler qu'elle avait toujours un prix...

"Je pense qu'avec ce lien, nous pouvons faire beaucoup. Peut-être devrions nous nous entraîner, solidifier les bases que nous semblons avoir. Je ne crois pas que recommencer une chose comme la dernière fois, fusionner plus encore, soit bien, soit ce que nous devons faire. Je... Tu es déjà allé loin, plus loin que je ne le pensais, tu es entré là où tu n'aurais pas du, là où je pensais que personne ne pourrait. Je ne veux pas que cela recommence. Je ne veux pas que tu t'insinues plus dans ma vie, dans mon passé, mes souvenirs. Que ce soit contre ton gré ou non ne change rien, et je ne te blâme pas, seulement je ne peux pas. Je ne peux pas aller plus loin, pas pour le moment. Je pense que c'est mieux pour toi aussi, non ? Consolidons nos bases, je pense que ce sera déjà bien. Amplement suffisant.

Neraën hocha la tête. Pour le coup, il s'en remettait à l'avis de son confrère. Il ne répondit cependant pas tout de suite : Anorn avait prononcé des mots qui étaient durs pour le coeur du guerrier parce qu'il mettait en avant le point pour lequel il s'était toujours battu, c'est-à-dire ne pas violer la vie privée d'autrui. Et là c'était un échec cuisant qui venait même s'imiscer dans ses rêves. Lorsqu'il eut réussi à encaisser ces paroles, ses lèvres se mirent à se mouvoir pour prononcer des mots.

- Solidifier ce qui existe déjà, ne pas aller plus loin... je suis d'accord avec toi ; même si je me doute que lorsque nous voudrons avancer à nouveau il nous faudra déconstruire les bases que nous nous serons fixées pour pouvoir en reconstruire d'autres par derrière. Mais je n'ai pas plus envie que toi que ce qu'il s'est passé la dernière fois recommence. Je ne me suis jamais fait à l'idée de pouvoir lire dans l'esprit des gens comme dans un livre ouvert, d'autant plus s'il y a des répercussions comme celle qui te concerne par derrière. J'espère que tu voudras bien m'excuser.

Puis il se leva, joignant en même temps ses mains comme à son habitude. Il ressentait l'envie de plus en plus forte qu'éprouvait Anorn et s'il ne voulait pas lire en lui, il pouvait cependant respecter cela. C'était déjà bien mieux que de s'excuser pour ce qu'il était.

- Il va me falloir y aller, terminer de préparer mes affaires pour cet après-midi. Je ne pense pas que j'apprécierais d'être moi-même la cause d'un retard. Si jamais nous nous ne revoyions pas d'ici-là, pourrais-tu dire au-revoir de ma part à ta femme ?"

Et à Aldartha ? Non. Ces mots ne sortirent pas de sa bouche. Surtout qu'il connaissait tout ce qui concernait ce pauvre elfe lors de son rêve, contrairement à Anorn. Et il lui semblait cruel de pouvoir ne serait-ce qu'avoir l'idée de poser une telle question. Non, il fallait qu'il parte loin d'ici, loin de cette académie aussi. Qu'il retourne en Eteniril préparer la guerre et qu'il vienne se battre à Eraïson et sur le front. Prendre du recul par rapport à tout cela. C'était certainement là ce qu'il y avait de mieux à faire. Alors il inclina légèrement la tête en signe de respect, afin de dire au-revoir à cet elfe avec qui il était étrangement lié. Ils échangèrent quelques derniers mots, Neraën ouvrit la porte... et la referma derrière lui.
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Anorn
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MessageSujet: Re: Un point que nous ne soupçonnions pas {Terminé}   Jeu 17 Mar 2016 - 13:44


Il voyait bien que ses paroles n'avaient pas toutes plu. Qu'elles avaient touché son interlocuteur, et qu'il avait du mal à en surmonter certaines. Mais il devait le lui dire, parce que c'était ce qu'il ressentait. Il le ressentait tellement qu'on lui avait demandé d'arrêter. De le cacher, de ne plus être si entier, et si vrai, jusque dans ses émotions. Alors qu'il ait à le retranscrire dans ses mots n'était pas un crime, loin de là. Et à vrai dire, cela avait l'air de beaucoup moins l'affecter que des sentiments pures. Lorsque le silence fut brisé, ce fut pour entendre qu'ils devraient déconstruire leurs bases lorsqu'ils iraient plus loin. Il n'était pas d'accord, loin de là. Parce que les bases qu'ils auraient solidifiées ne s'effaceraient pas, non, bien au contraire. Elles soutiendraient l'édifice qui pourrait émerger plus tard, qu'ils pourraient décider de construire.

 - Je ne peux pas t'excuser Neraën. Simplement parce qu'il n'y a rien à excuser. Tu n'es pas responsable de tout ça. Du moins pas directement. Et je ne peux pas te blâmer d'avoir fait quelque chose que tu n'as jamais voulu faire, d'une chose que tu n'as jamais faite consciemment. Alors si tu veux que je t'excuse, je peux le faire, bien sûr. Mais ce ne sera pas sincère, et vide de sens. Parce qu'il n'y a rien à pardonner.

Il savait qu'ils auraient du mal à surmonter cette discussion, qu'ils allaient devoir travailler sur leur relation, plus tard, un autre jour. Lorsqu'ils s'aventureraient plus loin, lorsqu'ils décideraient encore d'évoluer. Mais pour l'instant, il avait besoin de digérer tout ça. De se remettre d'aplomb, de gérer ce problème, cette tache noire qui était soudainement apparue dans sa vie. Parce qu'il ne pouvait pas rester ainsi, il ne pouvait pas se laisser abattre sans se relever. Au moins essayer. Quand Neraën se leva, il fit de même.

 - Je lui transmettrai, ne t'en fais pas à ce sujet. Bonne route Neraën, nous nous reverrons à Eraïson.

Il avait conscience d'être froid. Distant. Voire totalement dénué de sentiments. Mais il en avait besoin, il avait besoin d'activer ce mécanisme d'autodéfense, parce qu'on était entré trop loin, on avait forcé d'une manière qu'il n'arrivait pas à digérer. Une fois que la porte fut refermée, il appela Arwain. Cette dernière ne prit pas longtemps pour arriver, et lorsqu'elle vit l'expression d'Anorn, elle sut. Elle sut que quelque chose ne s'était pas bien passé. Qu'il était arrivé une des choses qu'il redoutait. Elle ne savait pas bien quoi, mais il n'allait pas tarder à lui dire. Son visage était fermé, et il fuyait son regard, ne le soutenant que quelques secondes avant de se dérober pour chercher autre chose. Quelque chose qui ne pourrait lire en lui, sans doute.

 - Que s'est-il passé Anorn ? Que t'a-t-il dit ? Parle moi, je suis là.

Et alors, elle s'avança jusqu'à pouvoir poser une main sur son bras. Si sa posture était froide, fermée, complètement hermétique à tout ce qui pouvait le bousculer, elle savait qu'il sentait tout de même sa main. Qu'il appréciait son contact. Il n'avait pas frissonné quand elle l'avait touché, il n'avait pas reculé, n'avait pas cherché à la fuir. Il l'avait simplement acceptée. Sa paume faisait de léger allers retours, et ne s'arrêta que lorsqu'il desserra enfin la mâchoire.

 - Il sait. Il sait. Et... Je ne sais pas quoi faire Arwain. Il n'aurait pas du savoir, il n'aurait pas du non. Je... J'attends qu'il soit assez loin pour aller voir Aldartha. Mais, je ne sais pas quoi faire. Dis moi que je n'aurais pas du le tuer, s'il-te-plait, dis le moi.
 - Bien sûr que non, tu n'aurais pas du le tuer. Le laisser partir ne veut pas dire qu'il laissera quoi que ce soit échapper. N'est-ce pas ?
 - Je n'en sais rien, je ne sais pas, comment je pourrais ? Je suis censé deviner tout ses mouvements, toutes ses paroles, tout ses échanges ? Je ne crois pas. Je me sens tellement impuissant, et je l'ai laissé, je l'ai laissé me faire ça, Arwain. Ca ne doit pas continuer, il faut que ça cesse.
 - Je pense qu'il est assez loin maintenant. Vas voir Aldartha. Dis lui. Réfléchis. Rien ne presse, tu...
 - Rien ne presse ? la coupa-t-il, le colère transparaissant dans sa voix. Il s'agit de mon frère ! Mon frère !
 - Anorn.
 - Bien sûr que c'est important, je dois prendre certaines décisions, je dois le protéger, parce que s'il lui arrivait quoi que ce soit, je ne me le pardonnerais jamais, et tu le sais ! Tu le sais très bien Arwain !
 - Anornedellon. Rien ne presse. Parce qu'il n'y a rien que tu puisses faire aujourd'hui. Je te le répète une fois encore. Vas voir Aldartha. Dis lui, réfléchis. Mais ne t'avise pas de reporter la faute sur moi. Hausse le ton encore une fois et je disparais. Tu m'entends ?
 - Je t'entends.
 - Bien. Maintenant vas. Tu sais où me trouver si tu as besoin de moi à ton retour.

Disparaissant derrière une des portes de la pièce, elle laissa l'elfe seul. Passant une main sur son visage, il souffla bruyamment, se forçant à reprendre le contrôle. Au moins pour la portion de couloir qui séparait sa chambre de celle d'Aldartha, parce qu'il rencontrerait du monde. Les gardes, pour commencer. Et peut-être d'autres clients de cet édifice, d'autres habitants. A vrai dire, il ne savait pas s'il y avait du monde autour de lui. Mais par précaution, il se devait de faire bonne figure. De ne pas étaler ses états d'âme au grand jour. Ne pas imposer à tous son mal être. Si profond puisse-t-il être, il était capable de le dissimuler. Parce qu'on le lui avait appris, parce que c'était ainsi qu'on l'avait éduqué. Et pas autrement. Les pas qui le séparaient de son frère furent bientôt avalés, et il se trouva bientôt à ses côtés. Lui assis dans un des fauteuils, semblant contempler le vide, et Anorn en face de lui, debout. Il n'arrivait pas à s’asseoir, et il fit un moment les cent pas avant de se résoudre à lui parler.

 - Aujourd'hui, j'ai revu Neraën. Je t'en ai déjà parlé, je ne sais pas si tu t'en souviens. Disons que c'est le Seigneur Protecteur d'Eteniril, et j'ai participé à lui sauver la vie lors de la bataille du lac d'Uraal. Il a développé une magie peu ordinaire, et d'ailleurs je crois que c'est un cas unique. Depuis ce moment, nous sommes comme liés, et nous avons essayé de voir jusqu'où on pouvait aller. Par curiosité, tu sais. Aujourd'hui, il m'a dit connaître ton existence. Il sait. Pour toi. Pour tout. Et...

Une boule se forma dans sa gorge, l'empêchant momentanément de parler. D'émettre le moindre son. Son frère ne réagissait pas, ni extérieurement, ni intérieurement. Il restait immobile. Comme toujours. Sans lui laisser ne serait-ce qu'un indice sur le fond de sa pensée.

 - J'en suis désolé, sincèrement, je suis désolé. J'ai failli. D'une manière si forte que je ne sais pas si c'est pardonnable. Je ne sais pas ce qu'il compte faire, je ne sais pas comment tout ça va finir, et si... Si jamais il devait te faire du mal, si jamais lui prenait l'envie, je ne sais pas, de te réparer, de te fixer, de... Il pourrait te tuer, je le sais. Pardonne moi Aldartha, je t'en prie, pardonne moi.

Tombant à genoux devant lui, il laissa sa tête choir sur ses jambes. Il avait l'horrible impression de l'avoir trahi. La colère et la tristesse broyaient son cœur, et sa culpabilité était poignante. Il l'avait mis en danger, et c'était impardonnable. Un râle s'échappa des lèvres de son jumeau, d'abord faible, puis de plus en plus puissant. Jusqu'à ce qu'il relève la tête. Jusqu'à ce qu'il le regarde dans les yeux. Attrapant sa main qui s'était mise à trembler, il attendit là. Sans rien dire. Attendit qu'il parle, qu'il revienne. Qu'il lui dise, qu'il le guide. Peu importait la manière, mais il avait besoin de lui. Alors, d'une voix rauque, brisée, il laissa filer une plainte.

 - Reviens moi Aldartha. Je t'en prie, reviens moi. J'ai... j'ai besoin de toi. Ne me laisse pas, s'il-te-plait, ne me laisse pas. Reviens maintenant, tu peux revenir. J'ai besoin de toi.

Pressant sa main contre sa joue désormais trempée de larmes qu'il n'avait même pas senties couler, il émit un gémissement, court et bref. Mais si sincère qu'il aurait brisé le cœur de n'importe quel elfe. Il l'implorait là, dans toute sa vulnérabilité. Parce qu'il ne pouvait plus avancer sans lui. Parce que malgré les années, il ne s'était jamais fait à l'état de son jumeau. Parce qu'il avait sincèrement, et réellement, besoin de lui.

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Estiam Faerin : Bah j'ai très envie d'Anorn mais j'essaie d'être réaliste quand même

Aldartha & Arwain

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