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 À ceux qui ne vinrent pas [terminé]

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Altiom d'Ydril
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Altiom d'Ydril

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MessageSujet: À ceux qui ne vinrent pas [terminé]   À ceux qui ne vinrent pas [terminé] I_icon_minitimeSam 12 Mar 2016 - 11:53

Un grand halo rougeoyant perçait au travers de la toile écrue, sans que l'archonte ne puisse plus en arracher son regard. Accoudé sur sa table, les mains jointes contre sa bouche, il était venu s'isoler dans son grand tref sitôt Amblère désertée par l'ost fou. Mais dans cette nuit de poix, aucun homme ne pouvait se cacher de la fournaise, ignorer ces lueurs mauvaises qui rappelaient de leur danse macabre que tous les royaumes tombent un jour. On avait oublié Nisétia, on avait abandonné l'Estrévent, on parlait de l'Anaëh assiégée, on voyait les Marches s'embraser. Pourtant il restait encore du temps aux hommes, il restait encore une chance de réunifier leurs forces avant que tout ne sombre. Piochant dans son écritoire plume et encrier en corne, avant d'y coucher un grand parchemin, Altiom entreprit de rédiger cette épître qui le démangeait depuis tant de neuvaines.

Altiom d'Ydril a écrit:
Au jour d'Othar de la quatrième ennéade de Verimios estival,

À sa Majesté Glinaina Hereon, reine de Naelis,
Altiom d'Ydril, ami de Naelis, vous salue,

Je vous écris en le jour d'hui des champs de la victoire, où la guerre du Nord s'achève. Avec las un goût bien amer. Amblère aura vu plus d'horreurs en ses murs que nulle autre cité de notre ère, et rien d'autre n'aura été sauvé que la paix. Pour mon royaume comme pour le vôtre toutefois, car par un habile stratagème de son cru le seigneur d'Alonna s'est assuré la prise de la citadelle tôt dans l'engagement, et ainsi privés de toute retraite les Eldans n'ont pu que choisir quelle mort embrasser : passer au fil de l'épée ou trépasser au fil de l'eau. Et si par la grâce d'un de leurs dieux honnis quelques maraudeurs ainsi débandés ont su s'extirper de la Vasme, les vilaines chimères du Malbosc sauront bien les croquer avant qu'ils n'aillent s'égayer sur vos terres. La horde de Kiel est définitivement brisée, et vos frontières sûres.
Pourtant je ne vous cacherai pas toute la peine ni le ressentiment qui ont étreint mon cœur à la vue de vos légions si abruptement rappelées en leur pays. Pourquoi m'avoir abandonné ainsi à l'orée du conflit, et refusé aux Marches ce soutien qui vous aurait valu toute leur confiance et amitié ? N'étais-je pas en personne venu défendre, à vos côtés, les villages de vos frères de sang assaillis par l'engeance malielfique voilà quelques années ? La faille entre Naelis et mon royaume s'est-elle à ce point élargie que vous ne le jugiez plus digne d'être sauvé ? De grâce Glinaina apaisez mes doutes.
Et si vous le pouvez, apaisez aussi mes tourments : qu'en est-il du Roy, qu'en est-il de Glenn ? A-t-il su résister aux tentations de la Dame des Flots, s'accroche-t-il toujours à la vie, guidé par son grand rêve d'un Nord unifié ? Je ne puis continuer mon œuvre sans la sérénité que m'apporterait cette bonne nouvelle.

Prions pour notre ami, que la Dame des Vents le garde,
Altiom d'Ydril, archonte d'Ydril et Grand Vainqueur de l'Hydre.

Pliant le parchemin avant d'y verser la cire et sceller le tout de sa chevalière armoriée, l'héritier tendit le message à une silhouette silencieuse, dans son dos, puis replongea dans sa contemplation. Il faudrait une belle neuvaine à l'occhio, grimé en bête maquignon de passage, pour transmettre sa missive par les pistes chaotiques longeant l'Aduram et la côte naelisienne. Mais après tout, la guerre était finie, le temps pressait-il vraiment ?


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Ven 23 Juin 2017 - 23:17, édité 7 fois (Raison : Corrections + zic zappée rajoutée + lien zic mort)
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Glinaina
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MessageSujet: Re: À ceux qui ne vinrent pas [terminé]   À ceux qui ne vinrent pas [terminé] I_icon_minitimeSam 19 Mar 2016 - 15:03


Habillée d'une robe simple à manches courtes, j'étais assise au secrétaire et, tout en tenant ma petite Ehleria dans mes bras, je lisais le parchemin qui venait de m'être confié. Il y a plusieurs ennéades, j'avais décidé que suite au dur avertissement de l'Aduram les troupes rentreraient à Naelis. Cela avait permis de garder plus de défenses au cas où un peuple plus ou moins voisin déciderait que l'état de Glenn était un coup assez fort pour pouvoir attaquer la cité, mais en politique cela n'avait peut-être pas été la meilleure solution. Et ce soir je récoltais ce que j'avais semé, récolte se présentant par une lettre de l'archonte d'Ydril. Glenn avait voulu retourner en Oësgard afin de libérer sa terre natale des Sombres, partant de concert avec l'un de ses amis péninsulaire. Et, en ne suivant pas l'idée de mon mari, j'avais laissé un allier risquer d'aller au casse-pipe.

Certains mots eurent don de me faire frissoner : la horde de cette déesse cent fois maudite qu'était Kiel, pour peu qu'elle existe réellement, la bataille de Ruven... Je me souvenais bien de tout cela. Je me souvenais trait pour trait du haut-prêtre qui m'avait choisie comme cobaye alors que je n'étais qu'une enfant d'une cinquantaine d'années et qui avait guidé ma vie sans que je ne le veuille, m'enfermant de plus en plus dans la douleur et les problèmes. Je me souvenais également de ce jour où ma patrouille s'était faite arrêter par des drows en revenant d'Anaëh et que nous avons été capturés... pour finalement remarquer que toute une armée était en marche vers Naelis. J'avais terminé sur une croix, utilisée pour insuffler le désespoir aux miens. Et j'avais été l'unique survivante de la patrouille. Il s'en était même fallu de peu pour qu'il n'y ait plus de survivant du tout.

Je serrais Ehleria contre moi alors que des larmes coulaient sur mes joues. Des souvenirs douloureux... tout comme l'était celui du jour où l'on me ramena mon mari dans un état malheureusement trop proche de la mort. Le petit poupon babilla un coup, se demandant certainement pourquoi sa mère la prenait ainsi. Elle n'avait pas deux mois... elle ne se souviendrait pas de ce moment, contrairement à moi. Elle ne se souviendrait aucunement de ces années où elle ne saurait pas encore marcher. Me reprenant, je la berçais doucement tout en lui chantant une chanson que ma tante me chantait lorsque j'étais enfant. Elle parlait d'espoir, de confiance, de vie et de lune... Une chanson qui avait presque de quoi être chantée à la reine que j'étais au vu des circonstances actuelles. Puis je pris de ma main gauche une feuille, l'étalais sur le bureau et entrepris d'écrire un premier essai de réponse à la plume. Après de nombreuses ratures et une réécriture, ma réponse était posée sur le papier.

Glinaina Hereon a écrit:
Kÿrianos de la sixième ennéade de Verimios, Naelis.

A l'Archonte Altiom d'Ydril, ami de Naelis et grand vainqueur de l'hydre,

J'ai pu entendre parler de la bataille qui s'est déroulée en Oësgard, et je suis rassurée d'apprendre qu'elle a été gagnée et que vous êtes toujours en vie. Malheureusement, comme vous l'avez écrit dans votre lettre, Naelis n'a finalement pas participé à cela. Et je vous en présente mes excuses, si vous daignez bien avoir la bonté de les accepter. L'attaque des créatures de l'Aduram et surtout l'état dans lequel cela a fait plonger Glenn m'a fait sécuriser mon royaume, au dépend du reste. Mais ce n'est pour autant pas pour cela que la faille entre nos deux royaumes se soit élargie au point de vouloir abandonner votre peuple. Permettez-moi d'apaiser votre doute à ce sujet. Je n'ai que trop de souvenirs de la bataille de Ruven, même si je ne l'ai pas vécue de la même façon que vous. Et pour cela je vous serai éternellement reconnaissante d'avoir aidé à sauver mon peuple, celui de Glenn. J'espère un jour pouvoir vous montrer que je ne suis pas indifférente concernant les vôtres.

Concernant mon mari, il est heureusement toujours en vie. Il se bat chaque jour pour rester en notre monde, et si son état ne s'améliore pas vraiment au moins ne s'agrave-t-il pas. Je prie chaque jour pour le voir à nouveau rouvrir les yeux et remonter sur le trône auquel il tient.

J'espère que cette lettre aura pu donner un peu de sérénité à votre coeur. Je vous souhaite de pouvoir mener vos projets à bien. Peut-être aurons-nous l'occasion de reparler de tout cela face à face un jour, de remettre les choses en ordre.

Puissent Kÿria et Elenwë veiller sur vous,
Glinaina Hereon, reine de Naelis.

Je me levais, l'enfant toujours dans mes bras, et me dirigeais doucement vers son landeau auprès duquel l'attendait son frère jumeau. Je déposais un baiser sur le front de ma petite fille et la déposais sur son lit d'enfant, avant de déposer un baiser de la même façon sur son frère. Puis je retournais à ma lettre. Je m'assis, la relue, la pliais et apposais le sceau des Hereon dessus. Je me levais à nouveau et demandais à revoir le messager venu d'Oësgard. Demain, il repartirait avec un nouveau message en main.
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MessageSujet: Re: À ceux qui ne vinrent pas [terminé]   À ceux qui ne vinrent pas [terminé] I_icon_minitimeMar 17 Mai 2016 - 19:06

Ainsi le roy vivait, et avec lui son rêve. Un vent léger se levait sur les plaines d'Oësgard. Une brise apaisante, une douce caresse qui voyait renaître les sourires sur les lèvres et l'espoir dans les cœurs. Qui venait s'emmêler, soulever de ses doigts éthérés les mèches voletantes, susurrer dans le creux de l'oreille ses murmures incertains, échos d'un été radieux ou d'un orage lointain. C'était une drôle d'époque. Un temps de paix que l'on sentait lourdement peser dans l'air, comme si le monde s'arrêtait un instant pour reprendre son souffle avant le dernier acte. Les yeux perdus dans les creux et les combes embrumés qui s'étalaient devant lui, perché sur un destrier d'Oëstkjǫrd dont il grattouillait l'encolure, Altiom attendait.
- A'ors. Calanché, pas calanché ?
- T'jours au plumard, les deux pieds sous la couette, aucun dans la tombe, fit-il en repliant un vélin déjà usé par mille relectures.
- Gràcias als Cinquen. E la reina ? (Les Cinq soient loués. Et la reine ?)
- Aaa.. ma fe l'ai benlèu tròp malmenadament forjutjar (Aaah.. ma foi je l'ai peut-être trop durement jugée.), soupira le baroudeur. Et on le sentit tourmenté de regret.
Man e manerà una amiga d'Idril e de la Penensula. (Elle reste et restera une amie d'Ydril et de la Péninsule.)
- Alavetz las rens van pas tant mal. Lo Nòrd es enfins apasimat e Naelís es salve. (Alors les choses ne vont pas si mal. Le Nord est enfin apaisé et Naelis est sauf.) Balayant d'une œillade les landes lumineuses du plat pays sgardien, le meneur de la bande se mit à lentement opiner du chef, comme pour s'en convaincre.
- E nòstres Zurtans an agut lor venjament. Uèch mila negròts despeçats vius. Mai qu'eles, mai que lors filhs e los filhs de lors filhs reasunats pas n'aurián jamai vistes arlandar lors vilatjòts naissals. (Et nos Zurthans ont eu leur vengeance. Huit mille noirauds dépecés vifs. Plus qu'eux, plus que leurs fils et les fils de leurs fils réunis n'en n'auraient jamais vus piller leurs villages natals.)
- Bah ça leur f'ra un peu d'avance, doivent êt' contents.
- J'leur ai volé leurs vies Halv'. J'les ai arrachés à tout ce qu'ils ont jamais connu, à leur terre, à leurs femmes, à leurs gosses. Et ils me suivent toujours.
- Tu leur as pris beaucoup, hm, vint acquiescer Ollvar derrière lui. Plus qu'tu pourras jamais leur rendre. Mais tu leur as donné quelque chose qu'aucun d'eux aurait connu sans toi.
- S'y nous sort l'amour j'me taille les veines sur place, j'préviens, badinait l'autre bestiau.
- De l'espoir. Une cause. Quelque chose pour aller de l'avant. Quelqu'un en qui croire.
- Rico méfie-toi y t'pique tes répliques !
- È, mai ieu fau pas tant pel siropós (Eh, même moi j'fais pas à ce point dans le sirupeux.), ricana l'intéressé avec un sens de l'ironie qu'on ne lui connaissait guère.
- Quelle cause, mon trône ? C'qu'y z'en ont à s'couer !
- Oh j'crois qu'ils ont compris qu'tu t'arrêt'rais pas là. Qu't'as d'jà porté ton r'gard loin au-d'là des frontières d'not' monde et qu'tu comptes leur en montrer un tout nouveau. Et qu'ils ont tout intérêt à t'y suivre.
- Z'êtes largués aussi ou c'est juste moi ? glissa discrètement le Sanglier en se retournant vers le reste de la troupaille, trahissant toute l'intensité de ses réflexions par force froncements de museau.
- Peut-être, lâcha l'archonte à mi-voix, songeur. Et reprenant tout soudain : bah ! Mais tout c'la est encore loin ! Avant le monde nouveau, nous reste l'Soltaar et tous les rats d'Régentistes qui s'y terrent encore à débusquer ! Leur dernier lambeau d'royaume dép'naillé et leurs derniers bastions à purger ! On verra si les gars m'suivent toujours une fois ces m'nus détails réglés, hm ? Y aura larg'ment d'quoi éprouver leur loyauté d'ici-là.
- Ou la raffermir, conclut le Parrain, plus assuré que jamais.
- En causant d'détails, s'sont barrés où tes vieux pégriots moisis du fion là ?
- Là où l'av'nir s'joue. Médian, Soltaar, Sainte Berthilde.. maint'nant qu'les Guerres du Nord sont terminées plus d'raison qu'l'Occhio s'éternise dans l'patelin.
- Alors on r'prend not' bonne vieille r'cette d'la bande de gibiers d'potence qui errent sans soutien ni lend'main ?
- Oui-da, comme à la belle époque !
- Hohoho chouette ça m'manquait d'péter des bouches a'c les copains, avoua ce grand farouche d'Ydrilote, tout ému.
- Eh t'y habitues pas trop non plus, si on s'démerde aussi bien qu'la dernière fois j'repose mon cul sur l'trône avant le r'tour des premières neiges !
- Dètz sobeirans sus la mièg-fabri ! (Dix souverains sur la mi-favriüs !)
- TENU HAHAR ! Et sitôt l'esclaffade passée, l'arsouille acheva la parenthèse nostalgique d'un : bon, on va faire chier les pégus ?
- Soit, il faut bien rire ! Et ni une ni deux l'on dévala la petite côte en sonnant de l'olifant comme une coterie de damnés tout droit surgis des neuf enfers, galopant de bourgade en bourgade où l'on débaroulait avec grand fracas et moult vagissements bestiaux, en barrissant deux-trois "ON VA BUTER VOS FEMMES, MANGER VOS GOSSES ET VIOLER VOS POOOOOUUUUUUUULES !!" pour faire bonne figure. Mais, espiègles et bon enfant, les mutins n'avaient pas le cœur à mener leurs rodomontades à terme. Tout juste saccageaient-ils quelques clapiers avant d'aller courser un troupeau d'oies effarées dans les rues du village. Que voulez-vous, après le siège et ses horreurs l'amusement innocent revêtait un attrait nouveau et plein de candeur pour ces grands garagnats, si las des morts et des conflits. Et tandis que commençait à décliner l'astre, c'est avec toute une forêt de fourches au cul qu'on déserta enfin les lieux pour s'en retourner au camp, les mâchoires encore dolentes d'avoir tant ri.
Hélas, on ne brûla point d'auberge ce jour-là.


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