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 Un peu plus haut, un peu plus loin [...] [ PV ]

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Castielle
Humain
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Féminin
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.: MANUSCRIT :.:
Âge :  32 ans
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MessageSujet: Un peu plus haut, un peu plus loin [...] [ PV ]   Ven 18 Mar 2016 - 3:38


Un peu plus haut, un peu plus loin: la naissance d'un fils, la mort d'une mère
Rhys et Castielle



Castielle ferma les paupières, celles-ci étant lourdes de sommeil. Sa silhouette disgracieuse se détendit dans le matelas moelleux et sous les douces couvertures. La jeune femme se sentait faible depuis quelques temps. N'importe quelle activité l'épuisait ou l'ennuyait. Elle observait le monde avec une étrange mélancolie et lorsque ces pensées prenaient le dessus sur elle, la demi-elfe songeait à Adrian qui était, aux dernières nouvelles, toujours à Diantra, puis elle repensait à la ville et à ses clients habituels. Elle se remémorait cette petite rue où elle s'était fait apostrophés par deux mécréants, puis à cet homme qui était venu à son aide. Cet étranger qui n'avait pas hésité pour lui venir en aide, celui qui était le père de son enfant.

À moitié endormi, elle plaça une main sur son ventre rebondi. Elle n'avait point nié avoir désiré des enfants dans le passé, une vie simple et un mari aimant, fort et travailleur, mais cela n'avait qu'été son imagination. Elle n'aurait jamais une vie simple, elle apparaîtrait telle une prostituée aux yeux des autres, elle n'aurait pas de mari aimant, fort et travailleur pour vieillir à ses côtés, veillé sur leur enfant et elle-même, mais elle aurait son bébé.

Protégée par le couvert des arbres, Castielle s'avança tranquillement aux travers des bois. Quelques rayons de soleil traversait les dais de feuillage et caressaient ses joues blanchâtres. Elle n'avait ni froid, ni chaud. C'était un rêve après tout, sa perception était différente, ses sens n'acceptaient que ce qu'ils voulaient.

La jeune femme suivit la route linéaire qui s'allongeait devant elle, les piaillements de quelques curieux oiseaux résonnant dans son sillage. Elle ne savait pas où elle devait aller, seulement que quelque chose l'attendrait au bout de la route. Était-ce le monde promis après la mort? Cette lumières nébuleuse au bout d'un gouffre ou dans son cas, une route. Il y avait quelque chose vers la fin et elle craignait cette vérité. Pourtant, elle continuait de marcher. Une fois arrivée au bout du chemin, elle fut aveuglée par un soudain éclat de lumière. La demi-elfe cligna des paupières à quelques reprises, puis frotta ses yeux endoloris avant de les rouvrir sur une vue sublime, celle d'une large place de sable blanc. Une silhouette ressortit de cette magnifique scène et elle reconnut l'allure sublime de l'homme assis sur un rocher. Un sourire en coin se peint sur son visage, elle avait une expression sereine, ni joyeuse, ni triste.

Elle retroussa ses jupes, puis se mis à courir en direction du chevalier qui se trouvait perché sur un gros rocher léché par quelques vagues aventureuses. Castielle grimpa avec entrain pour le rejoindre et vint s'asseoir à ses côtés. Sans gêne, elle fit glisser son bras sous le sien et colla sa joue contre son épaule en soupirant d'aise. Son fantôme l'avait hanté durant ses longues journées où elle peinait à ne pas trop souffrir publiquement, car elle savait qu'il lui était interdit d'en faire le deuil. Elle n'était pas de la famille, une fiancée, encore moins une épouse. Non, elle était la prostitue, la gueuse, la femme de mauvaise. Étrangement, elle ne ressentait pas qu'elle méritait de tels surnoms. Une amie, peut-être bien. Sa vie était tellement compliquée et bientôt elle serait mère.

- Vous me manquez beaucoup, vous savez, j'aurais tellement désiré avoir davantage de conversation avec vous, apprendre à mieux vous connaître, dit-elle doucement en se pressant tendrement son bras. Vous m'avez embarqué dans une belle aventure, mais je dois me préparer à la finir toute seule. Notre enfant ne devrait plus tarder et j'ai peur de ne pas être à la hauteur. J'ai rêvé d'une famille, mais je n'ai jamais cru cela possible, jusqu'à aujourd'hui.

Une vague vint taquiner le bout de ses orteils pendant que ses doigts s'agrippaient désespérément à son fantôme d'Oschide. Chaque jour elle se réveillait avec la peur de tout oublier de lui, mais il y avait des choses difficiles à oublier. N'avait-elle pas brièvement perdue la mémoire pour ensuite la retrouver avec violence?

Une sensation désagréable la pris au ventre et elle déposa une main tremblante sur la surface étrangement plate, très plate. Elle sentit son fantôme la quitter et elle tourna nerveusement la tête dans sa direction avant d'être à nouveau saisie par une terrible douleur. Elle agrippa désespérément le gilet d'Oschide, mais il la repoussa avec une telle sécheresse qu'elle en fut toute déboussolée. La jeune femme ne remarqua pas les vagues qui montaient de manière menaçantes. L'expression du visiteur de ses songes se mua en dégoût, ses lèvres remuaient en des paroles qu'elle ne mis pas de temps à comprendre. « Laisse moi partir ».

- N-Non! Pas maintenant, ne me laissez pas toute seule, je suis toujours toute seule, s'il-vous-plaît, lui cria-t-elle pendant qu'il se volatilisait dans la brume. Elle tendit la main vers lui, mais n'attrapa que de la poussière que l'eau tirait sur ses jupes avec férocité avant de l'avaler complètement.

L'herboriste se réveilla en sursaut, étouffée par une chaleur insoutenable et ses draps mouillés par sa sueur, trop de sueur. Son corps tout entier lui faisait mal, sa gorge était sèche et elle peinait à respirer. Une bougie brûlait faiblement sur sa table de chevet et elle l'harponna péniblement au passage. Elle souleva les couvertures et approcha la petite flamme vers les draps mouillés d'eau... et de sang. Trop de sang pour que ce soit normal. C'est à ce moment là qu'elle compris ce qui arrivait.

-T-Thomas! appela la demi-elfe alertée en essayant de se redresser avant de tomber lourdement par terre, une main tendue vers la porte. Thomas! Quelqu'un? La sage-femme, s'il-vous-plaît!

Il y eut de lourds pas dans le couloir, la porte s'ouvrit sur le jeune Thomas qui tenait une lanterne au niveau de son visage. Le garçon semblait essoufflé. Cela n'était pas étonnant étant donné qu'il avait entendu la dame criée alors qu'il se promenant autours du bâtiment. Ce qu'il vit fut une Castielle étendue par terre, une petite traînée de sang qui la suivait à partir du lit. Il était trop jeune pour tout comprendre, mais il savait que le sang n'était jamais un bon signe.

- Mam'zelle Castielle! s'étonna le jeune adolescent qui hésita à lui venir en aide. Il fut arrêté par l'apprentie apothicaire qui lui lança un coussin avec la fureur d'un animal piégé.

- Va chercher la sage-femme, Thomas! l'implora-t-elle. Il arrive trop tôt, je ne veux pas perdre mon bébé! Pas mon bébé...


Un peu plus haut, un peu plus loin. Je veux aller un peu plus loin. Je veux voir comment c'est, là-haut. Garde mon bras et tiens ma main. Un peu plus haut, un peu plus loin. Je veux aller encore plus loin. Laisse mon bras, mais tiens ma main. Je n'irai pas plus loin qu'il faut.


Une femme dotée d'une tignasse blanchâtre entra dans la chambre en catastrophe, de grosses cernes noires pendaient sous ses yeux. La demi-elfe devina immédiatement qu'elle devait avoir eu une lourde journée de travail. Une sage-femme se reposait que très rarement entre deux accouchements, surtout lorsque ce dernier était précoce, imprévu. Son bébé ne devait pas arriver avant deux ou même trois semaine. C'était cette même vieille femme qui le lui avait dit. Dans son sillage, il y avait deux autres femmes, ses apprenties, son aide. Tel un commandant de l'armée, la dame qui devait avoir été magnifique autrefois lança des ordres à tous ceux suffisamment proches pour les entendre. De l'eau chaude, des linges propres, de l'eau tiède et son sac ayant connu de meilleurs jours. Castielle s'était toujours dis qu'elle était une femme et que l'instinct de donner la vie se présenterait à elle en temps et lieux. Non, elle était paniquée, en douleur et en sueur. La vue de son propre sang l'horrifiait et elle ne comprenait plus où donner de la tête. Ses pensées étaient torturées par la honte qu'elle ressentait à créer tout ce remue-méninge dans la demeure de Rhys, de s'humilier ainsi devant tout ses compagnons encore présents. Elle se détestait de perdre son bébé, elle avait peur et elle se sentait si seule, tellement seule. Toute la solitude qu'elle avait pu ressentir depuis le début de son existence se reflétait sur elle avec une telle violence.

Le regard que la sage-femme posa sur elle n'avait rien de rassurant. De grosses larmes se mêlèrent à la sueur qui ruisselait sur son visage. Son souffle était saccadé, elle avait l'impression de se noyer.

-J'peux savoir qui est l'fils de pute qui a mis cette femme dans cette état? s'exclama la vieille dame en examinant l'état de l'herboriste. Heureusement, Castielle avait réussi à se retrouver dans un lit propre avant l'arrivée de la dame. Après cela, elle n'était pas prête du tout à ce qui allait suivre. Il va falloir vous calmer m'dame! Elle leva la couverture qui dissimulait toujours la pudeur de la femme enceinte, ses yeux s'agrandirent d'une horreur à donner froid dans le dos et elle se retourna aussitôt pour murmurer quelques paroles secrètes à ses deux assistantes. L'une d'elles leva un regard inquiet vers Castielle.

La sage-femme lorgna une silhouette qui semblait traîner près de la porte et elle se dirigea immédiatement dans sa direction. Elle se retrouva rapidement face à Rhys, les poings sur ses larges hanches et le regard mauvais.

- J'me fous qu'vous soyez son mari, son amant ou son proxénète, j'veux AUCUN HOMME dans cette pièce, et vous êtes mieux de faire en sorte que cette maison reste calme ou j'vais vous brisez les deux jambes! DEHORS! lui cracha-t-elle dessus avant de lui fermer la porte au nez.


Encore un pas, encore un saut. Une tempête et un ruisseau. Prends garde! Prends garde: j’ai laissé ta main. Attends-moi là-bas: je reviens


La dame leva ses manches jusqu'aux coudes et alla chercher quelques trucs dans sa trousse.

-Courage, ma belle, car la nuit sera longue et espérons que vous verrez à nouveau le soleil, soupira la dame avant de donner de nouveaux ordres à ses apprenties.

Pendant ce temps, Thomas s'était approchée prudemment de Rhys à l'extérieur en jetant des regards incertains vers la porte. Il tira de manière hésitante sur la manche du mercenaire. L'expression du garçon était stoïque, mais une lueur craintive brillait dans son jeune regard et ses mains tremblaient.

- M'sieur Sickert m'a dit de vous offrir ça, lui confia-t-il avant de lui tendre une lourde flasque. Il a dit que peut-être vous en auriez besoin, je n'ai pas tout compris.

© Grey WIND.
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