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 L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]

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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Dim 20 Mar 2016 - 11:12

9ème jour, 8ème énnéade de Verimios


Au sommet de la ville de Sainte Berthilde, la forteresse de Cantharel se dressait, tel une lame pointée vers les cieux. Sur son trône de pierre, les sommets des tours enorgueillissaient la forteresse, d'ainsi voir la ville et la campagne à leurs pieds. Ces dernières, vives et denses, grouillaient d'agitation, de vie, de joie. On proposait du pain, des légumes et de la viande à qui voulait, les charrettes circulaient allègrement et en grand nombre sur les routes, et même sous la lumière du soleil, on voyait les colonnes blanches de fumée s'élever, comme pour signaler l'emplacement des boulangeries et des forges. Par-delà les rosaces du château, un grand homme, soutenu par le mur gratifié de ses épaules, scrutait l'horizon. Un large sourire se dessina sur son visage jusque-là grave.

« Foutredieu, ce n'est pas trop tôt...»  

Il s'écarta de la fenêtre, puis, sortant de ses quartiers, Godfroy dévala les escaliers et débarqua dans la salle du trône en trombe. Là se tenaient son fils et sa fille. Il se levèrent, souriant à leur père. Son épouse n'était point là. Probablement à discuter de n'importe quel sujet infâme, tenant des sciences et de la nature, ce à quoi Godfroy n'entendait rien, et ne voulait rien entendre. La salle, sur ordre du marquis, se vida progressivement, hormis des gardes qui demeurèrent. Les conseillers s'en allèrent, et ne demeurèrent sur le trône que Godfroy, et à sa droite, son fils, puis à sa gauche, sa fille. De chaque côté du trône, tenus par des chaînes de fer aux colliers de cuir, les quatre Angolas du marquis siestaient paisiblement. On ne tarda pas à ouvrir grandement les portes de Cantharel, et le ténor qui faisait office de héraut annonça les visiteurs. L'imbécile réveilla les Angolas, qui redressèrent leurs gueules, curieux envers les visiteurs.

« Oschide d'Anoszia ! Duc de Langehack ! Héritier du Vicomté de Calozi ! »

Le silence était roi, mais pourtant les visages étaient détendus. Godfroy s'était avancé, sur son trône, reposant ses coudes sur ses genoux. Parvenu devant le trône, Oschide le regarda avec un léger sourire sur le visage. Le marquis, lui, était de marbre. Il se leva, et descendit les quelques marches qui séparaient Oschide du colosse. Lorsqu'ils furent face à face, ce dernier tendit sa main, doigts écartés, et poignet dégagé. Un grand sourire se dessina alors sur le visage du Saint-Aimé.

« Soyez le bienvenu, Oschide d'Anoszia. Ces murs...! sont les vôtres. Avez-vous faim ? Soif ? Laissez-moi vous présenter mon fils aîné, Louis. Et ma fille, Éléonore. Je suis navré, mon épouse Judith n'est pas là, mais elle se tient à l'écart des affaires. »


Dernière édition par Godfroy de Saint-Aimé le Jeu 31 Mar 2016 - 18:27, édité 2 fois
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Dim 20 Mar 2016 - 11:24


Le voyage avait été long, trop long. Oschide craignait qu'en son absence, Diantra fut malmenée où que son épouse ait souffert de quelques douleurs en fin de grossesse. Pourtant, la petite compagnie aux étendards de Langehack ne perdit pas un instant et ne s'arrêta que pour quelques haltes, le temps de reposer les bêtes et de remplir les panses. Ainsi, l'escorte ducale, composée d'une trentaine d'aigles et de quelques officiers de bonne confiance le suivirent dans son entreprise de rallier les contrées du nord. Ils débarquèrent tout d'abord chez leur ami et allié d'Etherna, dans le port de Serram, puis entreprirent leur route en remontant au nord-ouest, en direction bien entendu du Berthildois. Aucune discrétion ne fut de mise durant la traversée et l'on ne se gêna pour demander aux badauds de faire place au duc de Langehack. Ainsi, la troupe ne manqua jamais un seul instant de brandir bien haut leurs bannières.

Lorsque l'escorte ne fut plus qu'à une journée de marche, le duc envoya un émissaire prévenir de leur arrivée imminente. Un jour plus tard, en fin de matinée, la délégation langecine arriva aux portes de Sainte-Berthilde et reçut un accueil chaleureux de la populace. Les rayons du soleil faisaient étinceler les armures des aigles tout autour de lui et la sienne n'en était pas en reste. Seul son œil sous les bandages lui donnait un aspect un peu moins présentable.

En face de la forteresse de Cantharel, ils mirent pied à terre et laissèrent les palefreniers s'occuper de leurs destriers. Sans attendre, Oschide et les siens pénétrèrent les hauts remparts parsemés des bannières du marquis et les hommes arrivèrent ainsi dans la grande salle du trône sous les yeux ébahis des quelques rosières et gentilshommes présents. Le marquis, tel un colosse dans son trône resta de marbre pendant toute leur progression, mais une fois qu'ils furent en face et que le silence gagna l'audience, le marquis prit la parole et mit un terme aux derniers doutes qu'il s'était imaginé.

-C'est un honneur et un plaisir de vous rencontrer, vous et vos enfants, marquis. Nous avons fait aussi vite que possible pour venir en votre cité, les derniers agissements diantrais nous ayant laissé que peu de choix quant à leur résolution imminente.

Il entendait par là l'insurrection de Diantra qui avait plongé la cité dans une suite de malheurs.

-Quant à notre faim et à notre soif, ma foi, nous ne dirons point non.
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Dim 20 Mar 2016 - 12:57

Godfroy releva les yeux. Dépassant le duc d'une bonne tête, il se tourna vers ceux qui accompagnaient le Langecin. Une bonne troupe aux belles armures, qui sous bien des aspects, différaient de celles qu'on portait dans le Nord. Passé les Monts Corbeaux, on optait davantage pour l'utilité que l'esthétique, pour la pratique plutôt que l'apparence. Le colosse passa son bras autour de l'épaule du duc, fraternellement, non sans lui avoir bourré le haut du dos d'une grande claque. Riant fortement, le marquis se rapprocha de son trône avec Oschide.

« Que vos hommes aillent aux cuisines. On leur servira un bon repas et de la bonne bière. LOUIS ! Détache les Angolas, et rejoignez-nous dans la salle ronde. »

Le marquis s'en alla, tenant fermement et chaleureusement le duc, un grand sourire aux lèvres. Il mena la marche derrière le trône, où une petite porte de bois, encadrée par la pierre. Il poussa la porte, et pénétrèrent dans une salle plutôt grande, ronde, où au milieu siégeait une vaste table de bois. De belles chaises étaient là, et deux portes différentes menaient aux quartiers du marquis et aux quartiers des invités, auxquels on accédait après de longs couloirs tapissés et décorés de statues. Un serviteur, se tenant dos au mur et droit, fut mandé avec force et vigueur par le marquis, afin que leur soient apportés rôtis et bières. Tirant brusquement une chaise, le marquis parla avec force.

« Allez ! Asseyez-vous là, l'ami. On a beaucoup à voir. J'ai entendu parler de votre désolidarisation du Médian. »

Louis vint dans la pièce, et les quatre Angolas se mirent à jouer entre les chaises. Les imposantes créatures, d'un mètre trente de haut, renversèrent deux chaises avant que le marquis ne frappe du poing sur la table, ce qui les calma. Dès lors, ils jouèrent silencieusement. Éléonore ne vint que plus tardivement dans la pièce, s'asseyant à l'autre bout de la table, à côté de son frère aîné, qui jusque là était resté silencieux.

« Excusez les Angolas. Ils se relâchent un peu ces derniers temps...Enfin ! Parlons affaire, c'est pour ça que vous êtes là. Je ne tergiverserais pas : Sainte Berthilde et Langehack ont un rival, et un potentiel ennemi commun : la Ligue. Le Nord s'est entendu il y cela quelques temps : nous restons fidèle à la couronne, mais pas à l'usurpateur du Sud. J'ai cru comprendre que vous vouliez entendre quelques mots à ce sujet ? »


Dernière édition par Godfroy de Saint-Aimé le Sam 26 Mar 2016 - 17:46, édité 1 fois
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Dim 20 Mar 2016 - 19:57


Ce Godfroy de Saint-aimé différait quelque peu des standards de la noblesse sudiste. Ici, moins de protocoles, un franc-parlé aussi tranchant qu'une lame bien aiguisée. Ainsi, en quelques mots seulement, Oschide put se faire une première idée du personnage, qui par sa taille déjà, imposait bien plus que tous les hommes qu'il avait pu rencontrer jusque-là. Lui aussi chiait sur la populace diantraise, et bien qu'il aurait opté pour d'autres mots, leurs idées convergeaient en un même point. Concernant la ligue, le maître espion venu le trouver sous les alcôves de notre dame de Deina ne l'avait guère trompé.

Lorsqu'il fut attablé aux côtés du marquis, sous les yeux de ses imposants toutous, le duc attendit qu'on les serve pour piocher dans les assiettes sans paraître pour un sauvage affamé. Ainsi, lorsque Godfroy aborda le sujet sensible du « roi » Bohémond détenu par le Soltaar, il ne put que ressasser les doutes et les suspicions concernant la véracité de ce petit personnage.

-Effectivement, marquis, c'est une des choses pour lesquelles j'ai fait la route. En fermant mes portes à la ligue, je n'ai eu d'autres choix que de rouvrir le dialogue avec le Soltaar afin de mettre un terme à une guerre, que seul, Langehack ne pouvait gagner. Je n'en reste pas moins empli de doutes et de méfiance à l'égard du petit Bohémond du sud. Même avant que votre homme ne m'informe de la chose, je suis resté très dubitatif quant à l'improbable séparation de la régente partie pour ses terres et de son fils pour le Soltaar. Je crains ici à une manipulation dans le but de placer Soltariel au centre du Royaume. Tentative d'ailleurs échouée par la mort du duc Maciste et par la fuite de son épouse pour ses terres estréventines.

Après avoir englouti une tranche de rôti, ses yeux se braquèrent vers le marquis.

-Seigneur, la chose se présente de la sorte maintenant : Diantra est en ma possession et je n'ouvrirais ses portes qu'à la seule personne capable de diriger ce royaume. Entre nous, que le Bohémond du sud soit le vrai où le faux m'est égal, bien que sa fausseté me révulserait sûrement et m'emplirait d'un profond dégoût pour les hommes qui auront alimenté la supercherie. Non, le royaume a besoin d'un homme fait et pas d'un marmot de trois ans manipulé à souhait par des vipères.

Une petite gorgée de bière pour faire passer la pitance et le duc reprit sous les yeux curieux et attentifs du marquis.

-Je vous le demande, mettez un terme à mes interrogations et donnez-moi l'espoir que nous pourrons remettre ce royaume à flot. Je n'en attends pas moins de notre rencontre.
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Mer 30 Mar 2016 - 11:41


Le marquis écouta le duc parler. Pour peu il jurerait qu'Oschide était un homme paradoxal, se rapprochant d'abord du Sud, après avoir marché contre celui que ce même Sud prétendait détenir. Les liens du sang pouvaient justifier cela, et Langehack avait peu d'alliés puissants dans le Nord, incapables de mener une force croissante parmi les puissances déjà en place. Les mirettes du marquis étaient rivées sur celles du duc, et d'une main, Godfroy piochait dans les plateaux de viande, jetant tantôt un peu de leurs contenus aux angolas, tantôt mangeant lui même. Le marquis reprit la parole :

« Je pense également que clamer la présence de Bohémond servait au Sud de justification pour se réclamer centre du royaume. Qui plus est, cette petite putain de Kahina d'Ys a bien fait les frais de son ignorance. A ne pas vouloir récupérer la capitale, et à désirer conserver jalousement le pouvoir, Kahina est tombée, et son mari avec elle. Ne croyez pas que l'Angleroy est en reste. Il a beau avoir été un allié de ma cousine, c'est un serpent, qui a clamé avoir Bohémond après le naufrage d'Arsinoé. Curieux, n'est-ce pas ? De chancelier, il devient régent de leur marmot imposteur. Le contrôle de Soltariel lui est acquis, et votre père y exerce une influence particulière - comme nous parlons d'ascensions éclairs, la sienne en est un bon exemple. »

Godfroy marqua une pause, frottant la tête et la gorge de l'un de ses angolas, qui avait posé ses pattes avant sur sa cuisse, mendiant là quelques signes d'amour de la part de leur maître, qui leur prodiguait avec grande joie et sans aucune avarice.

« Soltariel n'est pas mon ennemie. Mais le royaume du Sel l'est. Un lieu où se complaisent vipères et commérages de couloirs. Je respecte ceux qui respecteront la véritable couronne. C'est un office, pas un héritage. Si l'Angleroy vous avait dans son camp, il pourrait alors sacrer leur faux marmot, et revendiquer la régence. Lui, qui a précipité la chute de la putain du Sud, serait bien aise d'être le premier homme du royaume. La mort et la chute suivent de près leur marmot. Est-ce cela que vous voulez, Oschide ? »

Le marquis resserra ses jambes écartées négligemment après s'être gratté l'entrejambe. Puis, serrant les doigts de ses mains entre eux, il les posa sur la table.

« Je vous propose une autre alternative. Je vais vous tenir un discours clair : je suis, par mon sang, et par ma capacité, le seul héritier légitime de Bohémond, marquis de Sainte Berthilde, comte de Scylla, et roy des Hommes. Je suis également le seul apte à fédérer autour de moi les voix nécessaires pour reconstruire le royaume. Aujourd'hui, le sang ne suffit plus à faire un roi : les alliés le font aussi. Je compte vous faire une offre que vous ne pourrez pas refuser. »

« Tout comme n'importe qui de sensé s'en rendrait compte, Langehack a des intérêts particuliers à reconnaître ma personne digne de régner. Je vous propose le titre de Grand Argentier, de conserver Edelys, de récupérer Merval et Scylla. »

« Mon offre ne sera proposée qu'une seule fois, duc Oschide. Lorsque vous sortirez de cette pièce, et si m'accompagnez au tournoi de Serramire, vous le ferez en m'ayant certifié que vous me reconnaîtrez comme roi le moment venu. Ou vous déclinerez mon offre, et retournerez jurer allégeance à une pâle imitation de celui contre lequel vous vous êtes soulevé jadis. »

« Concernant la Ligue, si vous me reconnaissez, je m'engage à éviter autant que possible une guerre contre elle. Mais je m'engage également à ce qu'elle soit dissoute, mais ses seigneurs composeront le royaume avec nous. Je suis prêt à entendre vos questions. »
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Jeu 31 Mar 2016 - 16:08

Si ses fesses n'avaient pas reposé sur une de ces confortables chaises, il serait tombé. Non seulement, il serait tombé, mais son cœur se serait mis à battre tellement rapidement qu'il aurait cédé sous la déclaration qu'il venait d'entendre. Que le Saint-Aimé ait eu quelques ambitions, en ce point, il n'en avait jamais douté. Mais là, on venait de passer à un niveau bien plus grand et dangereux. Nimmio s'était brûlé les ailes en s'y risquant, Harold avait frôlé la mort de peu, et voilà qu'un nouveau prétendant s'apprêtait à réclamer la couronne. Se revendiquer de l'héritage de la régente n'était pas forcément l'argument le plus alléchant qu'il avait pu entendre. Pourtant, les autres propositions lui parurent un peu plus convaincantes, bien que la la plupart aient encore reposé sur de simples hypothèses. Chose qu'il ne manqua pas de vouloir noter et dire lorsque le marquis annonça que le comté de Scylla et que la baronnie de Merval reviendraient au Langecin. Lui qui s'y était évertué par la diplomatie, puis ensuite par la guerre, la situation n'avait toujours pas avancé d'un pousse. Le rapprochement avec le Soltaar avait d'ailleurs été opéré avec l'idée que ces terres puissent revenir un jour dans leur giron.

Toujours figé dans sur son siège, à fixer les tranches de lard et de jambonneau, son estomac grondait encore tandis que le marquis devait attendre une quelconque réaction de sa part. A l'image d'un Anoszia, il ne montra pas de véritable émotion, ni surprit (quoique), ni effrayé. Nombreux étaient les hommes possédants de l'ambition, dont lui-même faisait partie. Il s'agissait dès lors de savoir si les propos du Berthildois étaient fondés sur de réels éléments où de simples lubies et rêves d'un noble trop gâté.

-Il va de soi que si le Bohémond du sud est un faux, vos liens avec l'Olysseanne font de vous un candidat pour le trône du Royaume. Si vous remportez l'adhésion des grands seigneurs du nord, inutile de dire aussi que votre poids sera plus que certain et que votre ascension sur le trône ne sera plus qu'une question de temps. J'aimerais néanmoins revenir sur certains points de vos propositions qui me laissent un brin perplexe, voyez-vous. Vous me proposez de récupérer le comté de Scylla et la baronnie de Merval, où nouvellement « principauté » comme se l'est autoproclamé l'Angleroy. Je reste sceptique sur ces deux points. Scylla tout d'abord, est un nid à vipères, qui ne sera pas prêt à passer à votre bord tant que le petit Bohémond, si faux soit-il, sera encore en vie. Merval de l'autre, qui avec son « prince » devenu régent, continuera de clamer haut et fort la véracité du sang de l'enfant roi. Cela fait beaucoup de points aléatoires dont nous devons tenir compte, n'est-ce pas ?

Le Saint-Aimé l'avait convié dans sa cité, et pour cela, il s'était mis à espérer que l'amitié puisse renaître. Mais en cet instant, Oschide se vit plus comme une proie prise au piège, devant impérativement donner une réponse positive où négative sur le champ. Considérant le Berthildois comme un égal et non comme un suzerain, la pilule fut longue à digérer. Mais si cet homme voulait se faire roi, ne devait-il pas en arborer déjà l'attitude ? Perdu et perplexe face à la proposition, il n'en oublia pas pour autant que Langehack jouait à des jeux dangereux. Si le marquis disait vrai et que la majorité des seigneurs du nord allaient suivre sa bannière, cela ne faisait aucun doute que la réunification du royaume ne se ferait non pas grâce à Soltariel, mais bien grâce à cet homme qui venait de lui dévoiler ses cartes.

Oschide vit que ses interrogations titillèrent légèrement le marquis, qui aurait sans doute souhaité une approbation de sa part plus directe et franche.

-Je dois réfléchir à votre proposition, marquis. La chevauchée a été longue et fatigante, j'y verrais certainement plus clair lorsque j'aurai passé une bonne nuit de sommeil. J'imagine que vous n'y verrez aucun inconvénient ?

Visiblement irrité par l'absence de réponse, le sire de Sainte-Berthilde ne put que se résigner à le laisser finir son dîner et à accorder, à lui et ses hommes un répit bien mérité. C'est d'ailleurs à cette occasion, lorsqu'on leur indiqua leur appartement dans l'une des ailes du château qu'il chercha à parler à ses capitaines dont faisaient partie Sigmund d'Olile et Augustor Rasque. Les deux nobles Langecins lui furent d'une aide capitale, ceux-ci n'ayant pas non plus apprécié qu'on invite le duc pour lui soumettre un choix. Le débat ne dura pourtant que quelques instants, chacun ayant bien sûr en tête les principaux inconvénients et avantages d'une telle manœuvre. Ainsi, lorsque vint le jour suivant et qu'on les invita à venir s'asseoir de nouveau à la table du marquis, Oschide y alla plein d'entrain aussi serein qu'un enfant bien qu'il n'exprima pas la moindre émotion. De l'autre côté, le marquis semblait tout autre et devait attendre avec impatience sa décision. Chose qui n'allait pas tarder, bien évidemment.
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Jeu 31 Mar 2016 - 16:35

Le marquis n'était guère surpris des doutes du duc. Qui n'en aurait pas face à quelqu'un venant de révéler ses ambitions royales. Le marquis, avant qu'Oschide n'aille se reposer avec sa bénédiction, prit la peine de répondre.

« N'ayez crainte, pour vos terres. Elles vous seront restituées lorsque ma légitimité sera reconnue. Vous avez ma parole, duc Oschide. Je me chargerais de ramener Scylla et Merval sous votre suzeraineté. Et j'ai déjà mon idée sur cela. Scylla et Merval reviendront, de gré ou de force, dans le giron de leur légitime suzerain. »

Le marquis se leva, se forçant à sourire. Il laissa le duc prendre congé et aller se reposer, sous le regard sceptique de Louis. Manifestement le jeune héritier n'accordait aucune confiance à l'Anoszia, mais pouvait-on le blâmer ? Godfroy lui même ne respectait chez le duc que sa volonté de voir la couronne restaurée. Mais on pouvait y déceler un grand intérêt personnel chez l'Anoszia, qui déplaisait fortement au marquis. L'avenir du projet de Godfroy dépendait grandement de la réponse du duc de Langehack. Ce dernier pouvait lui apporter Diantra sur un plateau d'argent, et l'indécision du duc rendait son ralliement encore plus fort et symbolique.

Celui qui contrôlait la capitale contrôlait la couronne. Et si Oschide reconnaissait Godfroy, ce serait ce dernier qui aurait le contrôle du centre du royaume. Ce symbole, puissant, ne manquerait pas de plaire à ceux qui, encore indécis ou sceptiques, doutaient des revendications du Berthildois. Beaucoup se jouait à cet instant, et le marquis ne dormit que peu, tendu et impatient à l'idée d'entendre la réponse du duc.

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Jeu 31 Mar 2016 - 17:19

On leur apporta de nouveau sur la table quelques mets forts appétissant qui ne manquèrent de lui donner faim. De véritables hôtes de marques, voilà ce qu'ils étaient. Le marquis et son fils se tenaient là, presque en face de lui et l'on pouvait ressentir une vive tension dans leur regard, qui après les formalités d'usage pour souhaiter la bonne journée, se mirent à étriquer ses moindres faits et gestes. Du moins, pour le jeune Louis. Le marquis voulait entendre sa réponse, c'était tout ce qui comptait pour lui et Oschide le savait. Sa venue dans le Berthildois n'avait été faite que dans ce seul et unique but. Voilà que l'ancien ennemi réclamait l'alliance d'autrefois et il ne lui suffisait dès lors que de quelques mots pour conforter cette idée.

Avant de se lancer, Oschide repassa dans sa tête les arguments pour et contre de ses officiers. Les siens également. Pourquoi rejoindre Sainte-Berthilde ? Pourquoi soutenir le Roi Godfroy qu'il ne connaissait que de nom pour avoir été lié à son ancienne ennemie ? Il est vrai qu'un grand nombre d'éléments venaient se dresser tels des obstacles insurmontables. L'appétit du marquis ne faisait aucun doute et ses affirmations reposaient encore sur des hypothèses. Pour cela, il ne pouvait pas être dupé. Si le marquis se disait pouvoir fédérer l'ensemble des nordiens, il n'en attendait pas moins que ces derniers franchissent là, en cet instant précis, la porte et s'agenouillent devant leur suzerain. Ainsi, ses doutes auraient été apaisé et il se serait agenouillé à son tour. Mais aucun homme ne vint franchir la porte, le laissant seul avec la réponse qu'il allait bientôt formuler entre deux bouchées de pain.

La question du « pourquoi soutenir Godfroy de Saint-Aimé » lui revint alors en tête. Pourquoi ? Peut-être parce que cet homme pouvait être l'unificateur dont il attendait temps. Ce pourquoi Diantra avait fermé ses portes à la ligue en attente de retrouver un suzerain capable de se hisser tout en haut. Les négociations avec le Soltaar avait duré un temps paraissant être une décennie. On l'avait fait tourner en bourrique et la putain Soltaar était tombé pour avoir préféré abandonner Diantra plutôt que de la récupérer. N'était-ce pas une raison suffisante pour ne leur accorder aucune confiance, ni aucune crédibilité ? Son père lui avait envoyé des renforts, il est vrai. Mais n'avait-il point bravé moult d'interdits pour risquer une telle manœuvre ? Conscient qu'il n'y avait dès lors plus rien à tirer du Soltaar, il n'était plus question aujourd'hui de poursuivre des négociations avec l'homme de Merval qui avait osé quitter le Langecin.

Il restait alors l'épineuse question de l'allégeance du patriarche. Etait-il conscient de n'être qu'une proie en captivité parmi les vipères, où était-il devenu l'une des leurs, totalement obnubilé par l'enfant Roi, qui selon les dires du marquis, n'était qu'une imposture. Il est certain que la mort de ce jeune pantin aurait résolu les derniers problèmes.

-Marquis, dit-il en piquant une tranche de viande bien saignante avec sa dague. Nous pouvons trouver un accord et les portes de Diantra vous seront ouvertes lorsque vous souhaiterez y entrer avec vos gens. Le château sera mis à votre disposition pour que vous puissiez y déposer vos meubles et... son couteau s'enfonça profondément dans la viande, laissant s'échapper un filet de sang. Et j'imagine que le trône sera une chaise bien plus convenable pour un homme de votre taille, plutôt que pour le fessier d'un bambin.

Il mit aussitôt le morceau de viande en bouche et commença à le malaxer délicatement pour bien savourer le jus sur sa langue et son palais.

-Inutile de vous prévenir que ce geste aura pour effet d'énerver nos amis du sud, dit-il après avoir avalé la chaire. J'ai donc de nouveau besoin que vous mettiez un terme à mes doutes. M'aiderez-vous à mettre un terme au « royaume » Soltaar ? Et j'entends par là que vous m'aidiez en ramenant avec vous suffisamment « d'arguments », s'il le faut bien sûr. Si votre réponse est oui, alors vous avez en face de vous votre futur loyal sujet.
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: L'avenir n'attend pas. | Oschide [Fini]   Jeu 31 Mar 2016 - 18:27

Aux lueurs de l'aurore, Godfroy et son fils se rendirent de nouveau dans la salle où ils se tenaient la veille. Loin d'être matinale, Éléonore sommeillait encore dans ses quartiers. Par courtoisie et devoir d'hospitalité, le marquis avait fait apporter de quoi se repaître pendant les discussions. Mais ce matin là, Godfroy n'avait pas faim. Le duc fut introduit, et il ne fallut guère de temps pour que les discussions reprennent là où on les avait laissé la veille. Simplement armé d'une bière dans une chopine, Godfroy regardait Oschide manger.

Godfroy ne manqua pas de sourire aux premières paroles du duc. Regardant son fils, les mirettes traduisaient bien ce que Godfroy s'était risqué à espérer. « Je te l'avais dis. » que le regard signifiait. « Je ferais mon possible pour que Soltariel se joigne à nous. J'espère que ses seigneurs sauront dissiper la brume qui ensorcelle leur esprit. Cette mascarade n'a que trop durée. Et vous récupérerez vos vassaux. Je ne donne pas ma parole à la légère. »

Le marquis se leva, non sans avoir terminé sa bière. Posant une main sur l'épaule du duc, son visage satisfait se tourna vers le sien.

« Je ne peux vous dire quand je me rendrais à Diantra. Mais je ne pense pas que je m'y rendrais seul. Gardez vos portes fermées jusqu'à mon arrivée, duc Oschide. Les prochaines énnéades vont être denses et mouvementées. »

Le marquis s'en fut, et la journée même, le duc Oschide repartit de Sainte Berthilde.
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