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 Les portes du placard [PV Zaahrian]

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Ìrim'Urn Elenarda
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MessageSujet: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Sam 2 Avr 2016 - 20:25



C’était loin d’être rassurant. C’était même extrêmement stressant. Se déplacer dans la cité sans personne pour t’y accompagner, contourner les sombres corridors des différents quartiers de Thaar sans un fidèle mercenaire avare pour couvrir tes arrières. Te voilà de retour dans tes premières chaussures, mais obligé de porter le lourd poids des expériences passées, tu n’affiches pas la même insouciance. Putain de commerçants sans scrupules. Ils se voulaient des pharmaciens, des herboristes, des médecins et des guérisseurs, et pourtant les voilà dépensant leur argent dans les services de mercenaires et assassins pour faire pression sur la concurrence. Parce qu’il n’y avait pas assez de blessés et de malades en Ithri’Vaan à leur goût peut-être ? S’ils ne s’intéressaient pas qu’à la fortune de pauvres gens souffrants, ils finiraient probablement par s’en rendre compte. Une heureuse assemblée d’hypocrites… dont tu as compris les ficelles il y a bien longtemps, mais qui te donne toujours autant envie de gerber. À ta décharge, tu diras que c’est ta nature puysarde qui justifie une telle irritation, et ta nature elfique qui fait qu’elle s’est aussi profondément enracinée.

Tu n’es pas serein et cela se voit à ta démarche précautionneuse là où elle est habituellement provocante d’assurance, à ton vêtement acceptable, proche de celui du commun des citadins là où tu te plais habituellement à imposer ta pauvreté à la vue des bons vivants et aux tracés que tu empruntes, évitant précautionneusement la proximité des angles, ruelles et toujours suivant cette insupportable, bruyante et puante foule à la recherche d’une affaire aussi juteuse que leurs jambons d’obèses. Les Dieux t’ont souri jusque-là il semblerait, car rien ne sera venu faire obstacle à ton voyage. Le temps joue pour toi. Chaque minute sans désagrément est un peu plus d’anxiété envolée. Le premier sourire des dernières heures se dessine enfin sur ton visage à l’idée de retrouver une totale indépendance entre les dangereux murs de la cité.  Une dépense de moins… cela voudrait dire plus de flexibilité dans tes achats… peut-être l’occasion de fournir ton dispensaire en denrées de meilleure qualité. Pas de mercenaire, c’était aussi éviter d’ajouter un wagon au train de tes ennuis, conserver le secret de ton visage auprès de deux yeux de plus, vu que trop de personnes connaissent déjà ton nom, et surtout, éviter un nouveau fiasco comme celui de la fois précédente. Bougresse d’imbécile d’Isabel. Mais est-ce que tu peux réellement en vouloir à une femme de joie de prendre la sexualité si peu au sérieux ?

Onguents divers et victuailles en main, tu profites allègrement de cette nouvelle insouciance, gagnée au prix de longues heures d’errance solitaire à travers les marchés, les rues mal fâmées et les quartiers vomitivement riches. Maintenant tu marches sans but, simplement parce que tu le peux. Tu te fais voir pour une fois que tu portes de beaux habits. Tu infliges ton insolente beauté à la face de ceux que la nature a moins gâté que toi, à absolument tous les passants donc. Tu te délectes des mines déconfîtes des hommes dont les femmes gloussent sur ton passage et des richards que tu imagines très bien jalouser le teint frais que tous les produits miracles que leurs vendent les arnaqueurs Thaaris manquent de leur apporter. À nouveau enfin tu es toi, meilleur que les autres. Plus grand, plus beau et plus fort, parce que ce n’est pas bien diffici…

Et finalement parfois le destin tient à te rappeler que tous les autres habitants de ce monde ne sont pas des moins que rien hideux, et t’offre de croiser une belle créature. Aller jusqu’à l’annoncer comme t’étant supérieure serait exagérer, mais l’homme… ou du moins l’elfe avec lequel tes yeux sont rentrés en joute était tout sauf repoussant. C’est dans ces moments que tu t’en veux de n’être capable d’apprécier que les êtres de très belle apparence. Il est difficile pour toi d’entièrement dissimuler aux yeux de ceux que tu regardes le penchant que tu n’assumes pas. Heureusement ils sont peu nombreux, heureusement ils sont souvent peu perspicaces et heureusement celui-ci t’offrait un inespéré alibi. Tu l’as vu lui et pas son ami blessé, mais rien ne t’empêche de prétendre le contraire. Tu es bon acteur heureusement, et une fois que tes yeux se seront baissés vers le camarade souffrant du grand blond, tu en auras facilement fait ton centre d’attention.

- Il semble bien mal en point. Je suis guérisseur, peut-être pourrais-je l’aider, si cela ne vous dérange pas.

Tu es un guérisseur qui se veut pressé par l'état alarmant d'un demi-elfe mal en point, bien sûr que tu oublieras les salutations.


Dernière édition par Ìrim'Urn Elenarda le Mar 26 Avr 2016 - 21:56, édité 1 fois
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Dim 3 Avr 2016 - 2:47

Zaahrian regarda Guilin, la détresse visible sur les traits de son visage. Il avait rejoint son ami à la petite demeure qu’il louait depuis quelque temps. Le clinquant de la maison de Krish ne lui convenant pas, il avait décidé de regarder pour se trouver quelque chose pour lui-même. Ce n’était pas vraiment le grand luxe, mais elle avait l’avantage d’avoir une porte qui se verrouille, un toit qui ne fuit pas et une fenêtre laissant entrer un peu de lumière. La maison ne contenait en fait qu’une seule pièce et n’était pas encore à proprement meublé à part le lit ainsi qu’une unique chaise. Il y avait un foyer pour cuisiner et Guilin avait réussi à se trouver un chaudron en fonte pour faire cuire des aliments, mais Zaahrian ne l’avait jamais vu cuisiner et doutait qu’il en soit vraiment capable. Évidemment, Zaahrian n’avait pas protesté devant l’envie de solitude de son ami. Il voulait que Guilin acquière son indépendance et qu’il puisse vivre dans ce monde sans son aide. Il était donc content de le rejoindre là-bas où ils pouvaient parler en privé. Ils pouvaient avoir des sujets de conversation plus délicats sans risquer de se faire surprendre. Après tout, ça serait totalement irresponsable de leur part s’ils commençaient à parler de contrats d’assassinat dans un endroit public. C’est bien le meilleur moyen de se retrouver pendu au bout d’une corde.

Toutefois, en voyant son ami, il sut que quelque chose n’allait pas. Guilin avait réellement une tête à faire peur. Il était pâle et fiévreux. Sa peau était moite de sueur. Il avait l’air réellement affaibli et tenait difficilement sur ses pieds. Il portait un bras au travers de son torse et avait le dos légèrement recourbé.

– Qu’est-ce qui s’est passé!?

Guilin grimaça. Il savait que si Zaahrian montait sur ses grands chevaux, plus rien n’allait l’arrêter.

— Rien, juste un petit contretemps. Un peu de repos et il n’y paraîtra plus rien.

— Ce n’est pas ce que j’appelle un petit contretemps. Avec la tête que tu as, on a l'impression que tu es sur le point de crever.


Zaahrian attrapa Guilin par l’épaule et le força à aller s’étendre sur son lit qui consistait en une base de bois avec un matelas fait de pailles. Sourd aux protestations de Guilin, le blond déshabilla son ami jusqu’à dévoiler son torse. Il avait été blessé. Guilin s’était lui-même soigné en se faisant un bandage de fortune, mais le sang avait traversé. En fait, il avait dû beaucoup saigner ce qui expliquait l’état de faiblesse apparent de son ami.

— Qu’est-ce qui t’a fait ça? Demanda Zaahrian sérieusement. Guilin reconnaissait cet air calculateur. S’il en disait trop, le blond allait prendre les mesures nécessaires pour que celui qui lui avait fait cela n’ait plus jamais l’occasion de recommencer.

— Tu n’es pas le seul à avoir des contrats plus difficiles que d’autres…

— Tu l’as rempli?


— Ouais, mais il c’est bien défendu, le bougre. Je pensais m’acheter des meubles avec l’argent. Une table pour aller avec la chaise, tu vois? Peut-être une bibliothèque pour mettre des livres, éventuellement.

— Oh, parce que tu sais lire toi? Répliqua Zaahrian avec un sourire. Avant toute chose, tu devrais payer pour un médecin. Ta blessure à l’air sérieuse. Ce n’est pas seulement une petite égratignure. Tu as perdu beaucoup de sang.

— J’ai juste besoin d’un peu de repos. Je n’ai pas l’intention de mourir parce qu’on m’a planté une dague dans le corps.

— J’ai connu des hommes qui sont morts à moins que ça. Allez, debout! S’il faut, je vais te porter dans mes bras comme une demoiselle en détresse.

— Plutôt mourir…


Guilin jeta un regard perçant à son ami qui fit comme s’il n’avait rien vu. Il se mit péniblement sur ses pieds et prit appui contre Zaahrian qui passa un bras autour de sa taille pour le soutenir.

— Avec un peu de chance, on n’aura pas à ratisser la ville pour en trouver un.

— Oh, parce que tu ne sais pas où aller?


— Non… enfin, si… mais je ne sais pas vraiment comment m’y rendre à partir d’ici. En fait, je doute même pouvoir le retrouver. Enfin, il ne doit pas être le seul médecin de tout Thaar!

C’était bien le genre de Zaahrian de se lancer ainsi sans savoir ce qu’il faisait. Guilin n’était visiblement pas en état pour être trimbalé d’un bout à l’autre de la ville. Rian le savait, mais plutôt que de l’inquiéter en exprimant ses craintes, il prenait un ton badin et désinvolte qu’on lui connaissait déjà. Évidemment, la progression était lente. Ils devaient s’arrêter souvent pour permettre à Guilin de reprendre son souffle. Il fut rapidement trempé de sueur. Jamais Zaahrian ne l’avait vu dans un tel état. Guilin évitait généralement les combats au corps à corps, car il savait que ce n’était pas sa force. Il était un archer, préférant les hauteurs. Ses cibles étaient mortes avant même qu’elles aient le temps de soupçonner quoi que ce soit. Pour qu’il ait été obligé de sortir les armes, Guilin avait surement été repoussé dans ses derniers retranchements et Rian trouvait ça inquiétant.

— Bon sang… Ça ne devrait pas être si difficile d’en trouver un![/b] Gronda-t-il entre les dents alors qu’il venait de faire assoir Guilin sur un tonneau pour lui faire reprendre son souffle.

C’était peut-être l’instinct ou le simple hasard, mais en levant les yeux, son regard croisa celui d’un homme qui semblait l’observer. Ça ne dura qu’une fraction de seconde, mais ce fut suffisamment long pour que Zaahrian ait cette drôle d’impression. Depuis combien de temps l’observait-il? Il fronça les sourcils en se disant finalement que ce n’était peut-être rien et qu’il avait plus urgent à s’occuper de toute façon. Toutefois, à peine avait-il rapporté son attention sur Guilin que l’inconnu s’approcha d’eux en se déclarant guérisseur.

[b]— Voilà! Ce n’était pas si compliqué finalement!


— La ferme, Zaahrian.

Le blond décida de l’ignorer, regardant plutôt l’inconnu avec un sourire charmant.

— Mon ami a été blessé par une dague. Vous pouvez l’aider?
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Ìrim'Urn Elenarda
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Dim 3 Avr 2016 - 19:17



Un beau corps, un beau visage, un sourire charmant, qu’il ait été un esprit éclairé pour couronner le tout aurait été trop beau… ou alors étais-ce simplement le destin qui t’accordait sa pitié en te donnant l’occasion de ne pas succomber aux charmes d’un Homme qui ne partagerait jamais ton attirance. T’agacer est une bien simple tâche, et la seule et unique question qu’il t’aura été adressé aura été amplement suffisante pour la remplir. Si tu pouvais l’aider ? Quand tu mets comme unique condition à la guérison du blessé leur accord, c’est que tu es heureusement convaincu d’avoir la capacité de gérer la situation. Le temps de diriger une moue accusatrice à celui qui porte tant bien que mal son camarade, tu te rends finalement compte qu’il ne s’agit là que d’un acte de politesse… tout aussi inutile d’ailleurs puisque tu t’étais proposé.

- Je serais un bien piètre guérisseur si je n’étais pas capable de gérer une simple blessure à l’arme blanche. Si je vous en fais la proposition c’est bien parce que je pense pouvoir me rendre utile. Enfin… suivez-moi. On sera mieux dans un endroit plus tranquille.

Tu guides les deux semi-elfes à travers les rues de la cités sans imaginer qu’ils ne puissent les connaître bien mieux que toi, te dirigeant vers ces ruelles sombres, souvent désertes, que tu auras soigneusement évité durant la première partie de ce séjour. Tu es accompagné maintenant, et au vu de la forme de la blessure zébrant le torse du second, pas par n’importe qui. N’importe qui ne reçoit pas de coups de dagues, et n’importe qui n’accueille pas un coup de dague comme s’il s’agissait d’un événement habituel. Tu ne sais pas qui ils sont, tu ne sais pas s’ils savent qui tu es, mais leur présence t’inspire à la fois une certaine méfiance et un paradoxal sentiment de sécurité. Quelque chose te dit qu’à la moindre incartade, celui qui est encore sur pied saurait sans grande difficulté vous défendre.

- Je te laisse le soin de mettre à nu sa blessure. De mon côté, ça me permettra de préparer mes onguents. Et puis j’aurai largement assez d’occasions de le toucher ensuite de toute façon.

Tu fouilles les courses qui remplissent ta besace à la recherche de solutions bien particulières, grogne au fur et à mesure que tu lis les notes écrites avec désinvolture sur les flacons. Tu n’en as plus, et tu n’as pas eu l’occasion d’en racheter. C’est là que la compagnie d’Eliwa finit par te manquer. Impossible pour toi sans un intermédiaire de renouveler ton stock de fleurs et de feuilles de chêne d’or. Plus d’anesthésiant… c’est bien sa veine.

- Désolé, mais je suis à court de potion de chêne d’or, il va falloir y aller à l’ancienne. J’espère que ton ami est solide.

Tes mains se posent sur le torse de Guilin, aux abords du canyon creusé par la lame. Il a dû perdre énormément de sang et doit être extrêmement faible maintenant. Tes soins lui seront sûrement trop douloureux pour qu’il reste éveillé, et s’il est réellement sensible, dans cet état de fatigue, la peine pourrait lui être mortelle. Saleté de sang elfique, saleté d’éternité. Les humains sont éphémères, mais au moins eux apprennent assez vite pour que leur courte vie voie leurs arts arriver à maturation. Il te reste encore beaucoup de choses à apprendre en tant que  mage de vie, et tu ne peux qu’espérer que cela ne coûte pas la vie à ton patient d’aujourd’hui.

- Toi. Tu appelles Zaahrian sans oser le regarder. Tu ne peux pas te permettre de te laisser distraire maintenant. Tiens le bien, je suis du genre efficace, mais pas bien doux. Et ça ne vaut pas que pour la magie.

La fiole de rubis pendant à ton cou scintille, reflétant la lumière ayant pris possession de la peau de l’assassin blessé, tes sourcils se froncent fortement, témoins de ton application, et alors tu commences à tracer. De tes doigts sur la peau de l’archer, tu traces les lignes d’énergie, tu rediriges le flux de l’air vers son corps, puis à travers ses tissus sains vers les plus endommagés. L’intense chaleur et la lumière aveuglante jaillissant de la blessure ne sont qu’une ténue expression de l’atroce douleur qui doit traverser en ce moment la poitrine du blessé, mais dissimulées sous l’éclat, les chairs se referment à vue d’œil. Il ne t’aura fallu que quelques minutes, à la grande joie de ton patient, pour que tout soit fini. Quelques minutes au bout desquelles tu auras destiné au blond un rictus bavant de fierté, provocateur sans réelle intention de l’être, avant de te relever.

- Et voilà, je vous avais dit que j’en étais capable. Même pas besoin pour lui de prendre du repos, enfin, s’il est capable de supporter de rester actif le temps que la douleur se dissipe.

Tu t’adosses au mur le plus proche, utilisant l’attente de remerciements ô combien sans valeur à tes oreilles comme prétextes pour continuer de mirer le demi-elfe du coin de l’œil encore quelques instants.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Lun 4 Avr 2016 - 0:44

La question de Zaahrian était purement théorique. Il avait été surpris de voir un homme se proposer spontanément de les aider, comme si quelqu’un quelque part avait répondu à sa prière. Bon, il n’était pas particulièrement croyant, mais c’était un heureux hasard. Il resserra son étreinte autour de la taille de Guilin dont les jambes menaçaient de défaillir sous son poids à tout moment.

— Un peu de patience, mon frère.

Pour toute réponse, il reçut un grognement de la part de Guilin qui signifiait ainsi qu’au point où il en était, ça n’avait plus vraiment d’importance pour lui. Ils suivirent péniblement le guérisseur jusqu’à un endroit plus tranquille où procéder. Guilin prenait de plus en plus appui contre Zaahrian qui le supportait sans broncher. C’était son ami et il était très inquiet pour lui. Il espérait qu’une fois cette histoire terminée, qu’il lui raconte les détails de sa mésaventure. Pour l’instant, la situation était beaucoup trop critique et même si son visage ne le montrait pas, il était très inquiet. Rian regardait le guérisseur qui marchait devant eux et il espérait sincèrement qu’il soit capable de l’aider et que ce n’était pas que de la frime pour leur soutirer quelques pièces. Il savait très bien que cette ville grouillait de charlatans, mais la situation était trop urgente pour commencer à s’en inquiéter.

Ils s’arrêtèrent dans une ruelle déserte entourée par de hauts murs. Zaahrian installa Guilin sur un tonneau vide et entreprit de le déshabiller. Le blessé ne protesta pas, le teint plus pâle que jamais. Pourtant, aussi mal qu’il pouvait se sentir, il trouva tout de même la force de faire une mauvaise blague.

— Avoue que tu en rêvais…

— Peut-être! répliqua Zaahrian avec un sourire en coin. Il garda les vêtements de Guilin contre lui. Tu sais bien que je ne t’ai jamais regardé de cette façon, aussi mignon que tu puisses être, idiot! Tu es mon ami, mon frère… Et tu ferais bien de ne pas crever avant moi.

Zaahrian ne le montrait pas, mais il avait le cœur gros. Ils avaient aussi peur l’un et l’autre et ils cherchaient désespérément un moyen de se rassurer. Dire des bêtises en était un qu’ils utilisaient souvent.

Donnant une petite tape sur l’épaule de Guilin, il se releva pour voir ce que faisait le guérisseur. Il fouillait dans ses sacs à la recherche de quelque chose en particulier, mais il ne semblait pas l’avoir sous la main. L’impression de Zaahrian fut confirmée lorsqu’il lui dit qu’il lui manquait de la potion de chêne d’or et qu’il allait devoir procéder à l’ancienne.

— Oui, il est solide. Certifia Zaahrian très sérieusement. Toutefois, que voulez-vous dire par « à l’ancienne »?

Zaahrian était prêt à défendre Guilin s’il le fallait, mais il n’avait pas non plus envie d’ouvrir la gorge de la seule personne qui pouvait les aider dans l’immédiat. La blessure de l’autre assassin était profonde. Celui qui lui avait fait ça ne l’avait pas manqué. Il en voulait à Guilin de ne pas lui avoir demandé de l’aide pour son contrât. Il ne lui aurait même pas demandé une partie des profits. Lui-même n’hésitait pas à faire appel à son ami quand il savait qu’il s’embarquait dans une situation délicate et il ne disait jamais non. Que s’était-il passé cette fois pour qu’il le laisse derrière?

Alors que l’inconnu l’examinait, le blond resta sur ses gardes, surveillant ses faits et gestes. C’est lorsqu’il le vit poser les mains sur le torse qu’il comprit la méthode qu’il allait utiliser : de la magie. Il frissonna. Pour avoir été soigné de cette façon une fois, il savait que ça allait faire mal. Plus la plaie était profonde, plus c’était douloureux, mais cet homme avait raison : c’était efficace.

— D’accord…

Obéissant sagement à ses ordres, il maintint solidement Guilin contre lui. Peut-être cherchait-il un peu de réconfort, mais Guilin serra la main de Rian et hocha la tête pour dire qu’il était prêt. Il sentit le corps de son compagnon se contracter. Sa respiration était rapide et saccadée alors que la douleur lui transperçait le torse. Il essayait de ne pas faire de bruit, mais c’était peine perdue. Il gémissait, se mordant les lèvres au sang pour tenter de les faire taire. Il serrait si fort la main de Zaahrian que ce dernier pouvait sentir ses os craquer. Malgré la douleur, il ne tenta pas de le dégager, continuant plutôt de l’encourager en lui disant que c’était presque terminé. C’était toujours impressionnant de voir quelqu’un pratiquer de la magie et surtout de voir les résultats par la suite. Sous ses yeux, il vit la plaie qui menaçait la vie de son ami se refermer. Il aura fallu quelques minutes d’intense souffrance, mais c’était terminé. Guilin était en nage et sur le point de tourner de l’œil, mais il avait déjà une meilleure mine.

— Merci… souffla-t-il à l’intention du guérisseur.

— Pas mal… Un peu de magie et puis voilà!

— Putain que ça fait mal…

— Tu ne voulais pas me croire quand je suis passé par là il y a quelques années… Maintenant tu sais…

Rian redonna ses vêtements à Guilin pour qu’il se rhabille, puis il rapporta son attention sur le guérisseur. Il secoua discrètement la main que son ami avait broyée pendant le traitement. Il avait une sacrée force dans la main…

— Aidez-moi à le ramener chez lui et je paierais votre dû. Il n’habite pas très loin. Nous y serons en quelques minutes seulement. De toute façon, c’est lui qui a l’argent!

Un sourire éblouissant étira ses lèvres alors qu’il plongeait son regard acier dans celui du guérisseur. Il avait bien senti son regard posé sur lui plus tôt et il se demandait si cet homme n’était pas… Difficile à dire sans lui avoir parlé un peu, mais il était définitivement un bel homme.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Lun 4 Avr 2016 - 2:02


Solide, oui il était solide. Quand un homme trouve la force de te remercier, ou même de se plaindre après que tu l’aies traité sans l’assistance de tes drogues, c’est que le destin n’a pas toujours été doux avec lui. Et quand un homme regarde ainsi souffrir sans broncher son ami et frère, c’est qu’il leur a probablement été donné de partager des moments plus douloureux qu’une pauvre blessure potentiellement mortelle à l’arme blanche creusée dans la poitrine. Bienvenue à Thaar, la cité où le taux de criminalité est si fort que la longue liste de personnes tombées sous les lames et les flèches des assassins et mercenaires n’a d’égale que celle de ceux dont le gosier a rencontré la douce saveur du poison. Bienvenue dans la cité où les disparitions ne surprennent plus personne ; la cité dans laquelle la désinvolture des deux énergumènes qui te font face devant la mort est presque justifiée. Ils pouvaient être n’importe qui, de célèbres assassins comme de simples petits commerçants, qu’ils auraient finalement pu vivre les mêmes déboires. Au moins cette réflexion aura pour mérite de t’en sortir d’autres de l’esprit.

Leurs plaisanteries, tu aurais préféré ne pas entendre leurs plaisanteries, parce que voilà que douce ironie, ils abordaient l’un des rares, sinon le seul sujet sur lequel tu étais réellement mal-à-l’aise. Juste des plaisanteries ou est-ce qu’ils étaient sérieux, tu aimerais savoir et en même temps tu aimerais tout oublier. Alors le blond était le genre à trouver les autres hommes mignons, alors il était dans le même cas qu’Abel, et dans le même cas que toi… ou alors ce n’était qu’une blague récurrente de mauvais goût entre deux amis assez proches pour se l’autoriser. Il ne pouvait pas être attiré par les hommes, le goût de celui qui vous est semblable est une affliction, une malédiction de l’un des deux Panthéons envers ceux qui n’ont pas le droit de connaître l’amour. Aimer ceux comme vous ne sert qu’à s’attirer les regards noirs et les flammes des bûchers. Le seul endroit où cette perversion a le droit d’être est la douce cache des maisons de joie… ou alors as-tu tout faux ? Ceux qui partagent ta malédiction seraient-ils plus nombreux que tu ne le penses ? Leur donne-t-on le droit d’exister ? La société d’Ithri’Vaan est un carrefour de civilisations, mais elle n’en est pas moins dominée par les humains, et aux yeux des humains qui l’ont en grande partie bâtie, cela ne restera jamais qu’une perversion. On ne t’a pas offert le temps de vivre les cultures de tes parents assez longtemps pour que tu connaisses la liberté sexuelle des Drows ou la liberté sentimentale des elfes. Tu as dû te conformer aux lois du monde où tu vis, et elles ne sont pas en ta faveur.

De toute façon, était-il vraiment des tiens. Lui. S’il était réellement comme Abel, comme toi, alors où étaient les regards désireux, les faciès charmeurs et les mines troublées. S’il était un tant soit peu sensible aux charmes du sexe fort, comment pouvait-il être à ce point insensible au tien ? Qu’il soit resté ainsi stoïque alors que tu fus interpelé par sa figure serait la pire des humiliations, le pire injure que l’on puisse faire à ta beauté… pire encore que de te proposer de l’argent.
Tu es agacé, le crâne irrité par les questions qui se bousculent sous ta chevelure de feu et encore une fois la demande du blond est de trop. Et puis ce regard, si seulement encore il n’y avait eu que la question, mais ses yeux étaient revenus chercher les tiens, tu images en quête de l’expression que tu lui as adressé lorsque vous vous étiez croisés, mais il n’y trouvera que lueur de colère et d’impatience, couvrant péniblement la gêne qu’il t’inflige.

- Gardez votre argent, je n’en veux pas. La vie de quelqu’un n’est pas une chose qui se monnaye. Soyez simplement reconnaissant de pouvoir mettre un pied devant l’autre un jour de plus et cela me suffira. Je préfère vous accompagner pour vous mater observer comment se passe la guérison quelques instants, histoire d’éviter une rechute, mais considérez vos bourse sauves pour l'instant.

Les minutes vous séparant de la demeure de Guilin te paraissent plus longue encore que ne lui ont semblé celles de ton intervention. L’atmosphère est atrocement lourde, mais le soleil qui cogne ardemment sur vos dos n’y est pour rien. Tu scrutes, à la recherche du moindre mouvement d’iris, prêt à échafauder deux-mille théories sur sa signification. Lui est plongé dans un calme provocant, et Guilin derrière ses airs discrets est peut-être le seul à réellement avoir compris la situation… et à intérieurement s’en amuser plus que de raison.
Finalement arrivé chez le blessé, ils ne t’auront rien proposé encore que tu as pris tes aises. Content de quitter l’enfer solaire des rues pavées, tu n’es pas non plus content de la chaleur collectée par les petits appartements. Autant pour ton confort que pour ton plaisir narcissique, et autant par plaisir narcissique que par plaisir d’être provocant, tu tombes ta tunique. Etirant la musculature tonique, équilibre parfait entre masse et finesse offert par autant tes activités que ta génétique, et magnifié par le fin liceul de sueur dont t’as fait don la chaleur… tu crânes l’air de rien, dissipant dans tes attitudes dévergondées la pensée de toutes les choses que tu aurais eu dans l’idée de faire subir au blond dans les recoins les plus accueillants des appartements…

- Il serait dommage qu’après le rapprochement créé au cours d’une guérison nous n’en apprenions pas plus les uns sur les autres. Je suis Ìrim’Urn, guérisseur et propriétaire d’un dispensaire dans les campagnes Thaaries, au service de ceux dont la pauvreté empêche la rémission. Et pour vous donc, les noms sont-ils aussi charmants que les personnes ?

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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mer 6 Avr 2016 - 0:33

Oh oui, Zaahrian et Guilin partageait ensemble leur lot de souffrances. Les conditions terribles dans lesquelles ils avaient été élevés les avaient rendus plus fort, mais également insensibles aux horreurs qui pouvaient se passer dans les rues de cette ville. Zaahrian était probablement le plus empathique des deux, mais il se détachait aisément d’une situation sur laquelle il n’avait aucun contrôle. Guilin avait beaucoup plus de mal à se mettre à la place des autres et à comprendre leur souffrance. Il avait donc beaucoup de mal lorsqu’il se trouvait en public, entouré de gens. Heureusement, la présence de Zaahrian le rassurait et, peu à peu, il réapprenait à vivre. Guilin avait encore beaucoup de chemin à parcourir, mais il était sur la bonne voie. Déjà, qu’il se soit trouvé un petit chez lui était très encourageant aux yeux de Zaahrian qui avait le bonheur et l’avenir de son unique ami très à cœur.

La remarque du guérisseur qui ne voulait pas se faire payer en prétextant que la vie de quelqu’un n’est pas une chose qui se monnaye fit sourire Zaahrian qui se contenta alors de répliquer.

— Oh, mais je connais plusieurs personnes qui pourraient vous contredire là-dessus.

Évidemment, il n’allait pas lui dire qu’il était lui-même un assassin et qu’on le payait parfois très cher pour éliminer certaines personnes. Ce n’est pas le genre de chose qui passe bien dans une conversation, surtout pas pour un défenseur de la vie comme se guérisseur. Heureusement, ce dernier accepta quand même de les accompagner jusqu’à la demeure de Guilin pour surveiller son état. Guilin se sentait mieux, mais il était épuisé et avait désespérément besoin de dormir. Il se faisait peu bavard. En fait, il n’a jamais été très loquace, sauf avec Zaahrian. Dès qu’une troisième personne apparaissait, il devenait presque muet, préférant regarder et analyser. Il n’était pas idiot. Même lorsque la douleur était à son plus fort, il avait vu les regards dérobés que lançait le guérisseur à Zaahrian qui, de son côté, ne semblait pas les voir. Il connaissait son ami. Il avait surement remarqué quelque chose, mais il aimait faire languir les gens. Il allait surement tenter quelque chose, mais pas devant Guilin. Même s’il n’avait pas vraiment honte de sa préférence pour les hommes, il ne l’affichait pas non plus ouvertement. Guilin ne savait rien de ses aventures. Il ne faisait jamais de charme devant lui comme s’il ne voulait pas le choquer en ayant un comportement inapproprié. Pourtant, Guilin s’en moquait totalement et Zaahrian avait bien le droit de faire ce qu’il voulait. Ce qui se passait sous ses draps la nuit ne regardait que lui.

De retour à la maison de Guilin, Zaahrian étendit son ami dans son lit et tira la couverture sur lui-même si l’air ambiant était chaud et moite.

— Voilà qui est mieux. Tu as une meilleure tête. Je n’ai plus l’impression que tu risques de me mourir dans les bras à tout moment. C’est bien!

— Tu sais bien que je n’ai pas l’intention de crever avant toi.

— Brave garçon!


Zaahrian lui donna une petite tape affectueuse sur le front, ce qui ne manqua pas de faire grogner Guilin de mécontentement. Le blond prenait souvent ce ton paternaliste quand Guilin se trouvait en mauvaise posture. Il savait que son ami détestait ça, mais il le faisait pratiquement à chaque fois à son plus grand désespoir. Le blond rapporta ensuite son attention vers le guérisseur qui se présenta comme Ìrim’Urn, responsable d’un dispensaire en campagne, dévouant sa vie aux gens les plus pauvres.

— Ìrim’Urn… Le nom roula sur ses lèvres de Zaahrian. Son sourire s’élargit un peu plus. Je suis Zaahrian et lui c’est Guilin. Merci encore pour votre aide. Si vous refusez l’argent, peut-être accepteriez-vous que je vous paie un bon repas dans une taverne? Ne dite pas non, on a tous besoin de manger!

Il regarda Guilin.

– As-tu besoin de quelque chose d’autre?

Il fronça les sourcils.

– De l’eau… Il y a une cruche au pied du lit, mais je crois qu’elle est vide. Le puits pour la remplir est au bout de la rue, à ta droite.

Zaahrian se pencha pour prendre la cruche de terre cuite qui était effectivement vide.

— Je vais te chercher ça. Je reviens! Et vous, dit-il au guérisseur, réfléchissez à ma proposition pendant mon absence

Le blond quitta la maison d’un pas rapide, laissant Guilin et Ìrim seuls. Dans son lit, l’assassin rit doucement en se passant une main sur le visage.

— Quel idiot… Il en fait toujours trop…

En effet, Zaahrian ne faisait jamais les choses à moitié, mais on ne pouvait pas lui reprocher de manquer de bonne volonté.
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Ìrim'Urn Elenarda
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mer 6 Avr 2016 - 11:49


C’est que toute cette mascarade en deviendrait presque attendrissante. Avachi dans la salle de vie commune de l’habitation, tu laisses l’honneur et la responsabilité à Zaahrian de veiller sur ton ami. C’est habituellement ton genre d’entrer dans la chambre de tes hôtes dès le premier jour, mais dans des circonstances pareilles, un minimum d’intimité est tout de même de mise. Dissimulé aux yeux mais à portée d’oreilles, tu n’as aucune difficulté à comprendre la bromance mélodramatique qui se joue de l’autre côté du mur. Le blond joue les grand-frères papa-poule et le blessé ne semble pas particulièrement l’apprécier. Bien sûr, ce sont presque des frères, alors l’obligatoire rivalité refait surface au moment où on en a le moins besoin pour donner naissance à des répliques dignes d’une pièce de théâtre… parce qu’il faut croire que le théâtre est moins burlesque qu’il n’en a l’air après tout. À les voir, tu imagines que la situation est plus communément l’inverse, celui ayant besoin d’attention aujourd’hui semblant le plus enclin à faire preuve de voix de raison… dès lors qu’il ne s’agissait pas de sa propre santé. Ces hommes… toujours à vouloir prendre des airs de grands sages et de figure indestructible. Les imbéciles. Tu as dû te voir refuser tes services par une âme en peine plus de fois que tu ne peux compter de grains de blés dans les greniers de tes voisins des campagnes Thaaries. Vois le bon côté des choses, au moins l’entêtement de Guilin t’auras permis de croiser deux individus plus élégants que la moyenne.

- Zaahrian et Guilin…

Des noms intéressants, courts en syllabes, glissant agréablement sur la langue. Au moins n’aurais-tu pas à faire des acrobaties de langue seulement pour les prononcer, ce qui était toujours un plus.

- Tu touches ma corde sensible là. Accepter quelque chose en échange de mes services et dans ces conditions irait contre mes principes, mais j’admets que manger un repas digne de ce nom me ferait le plus grand bien.

Après tout, s’il en avait les moyens, étais-ce réellement différent des facturations que tu infliges aux plus fortunés de tes clients. Jamais tu n’as officié pour Amshet sans demander ton dû, et ceux que tu reconnais comme riches marchands savent qu’en sortant de ton dispensaire ils s’allègeront de quelques pièces. Tu ne demandes pas beaucoup, mais il te faut bien un peu de menue monnaie pour continuer d’assurer tes services. Et puis, l’accompagner dans une quelconque taverne loin du blessé te donnerait l’occasion d’enfin redevenir à juste titre le centre d’intérêt principal.
C’était la première fois. La première fois que tu faisais un quelconque effort pour être vu. La première fois qu’il te fallait jouer de tes charmes. Et la première fois qu’aucune réaction évidente ne s’en suivait. À ce rythme, ce Zaahrian finira par te rendre fou. Est-il vraiment si difficile pour son esprit simplet de comprendre que tu es certainement la meilleure chose qu’il puisse lui arriver ? Ou alors simplement aurais-tu mal interprété les indices qu’ils t’auront donné et le blond ne serait pas du tout tourné vers ton genre… mais alors au moins aurait-il dû se sentir menacé, épris de la plus légère même des jalousies. Rien. Le bougre devait posséder une fierté et un confiance en son corps au moins aussi exacerbées que les tiennes, ce qui faisait de lui un défi à relever.

- Sigh

Tu soupires bruyamment une fois le rand blond parti, affalé dans ton fauteuil, la main jouant avec les gouttelettes de sueur recouvrant ta poitrine pour passer le temps. Il serait sûrement bientôt revenu, et ça ne te laissait pas beaucoup de temps pour ravaler ta fierté, d’autant plus que tu imagines l’autre ayant bien compris, sûrement mieux que son frère d’ailleurs, le jeu qui se joue ici. Te voilà seul avec un blessé, comme à ton habitude, un blessé que tu imagines maintenant savoir ce que tu n’aimes pas que les gens sachent… mais peu t’importes tant qu’il est blessé. Les malades et les estropiés sont l’une des rares compagnies qui te soit agréable et il est impressionnant de voir la transformation psychologique qui s’opère chez toi lorsque tu te retrouves près d’eux, et seulement près d’eux. Les âmes en peines sont tes confidentes de toujours, peut-être parce que tu revois dans chaque mourant un peu de tes parents. Une vie en danger est l’une des rares choses qui compte plus que toi, et si celle de Guilin ne l’est plus, il gardera encore à tes yeux ce statut jusqu’à ce qu’il se relève et marche droit.

- J’aurais préféré qu’il en fasse trop. C’est plus facile d’arrêter quelqu’un que de le lancer. Pour lancer quelqu’un il faut déjà réussir à trouver sur quelle corde tirer, et certains sont plus fournis que de véritables harpes.

Tu reprends contenance et te redresses quelques temps avant que Zaahrian n’arrive. D’avachi, tu reprends ta position habituelle, dos droit et poitrine gonflée de fierté. S’il ne voyait pas l’évident maintenant, il le verrait plus tard, pas besoin de t’auto flageller pour « l’échec » actuel. Certains ont besoin de temps, voilà tout. Si tu devais abandonner ton orgueil pour si peu, ne serait-ce pas plus honteux encore ? S’il lui faut du temps, alors donnons-lui le temps. Tu te lèves pour faire face à l’assassin alors qu’il a finalement servi son ami en eau.

- Zaahrian, je ne peux pas accepter ta proposition en tant que paye. Mais considérons cela comme une simple invitation sans réel motif et ce serait avec le plus grand plaisir.

Est-ce que tu comptes te rhabiller pour y aller ? Non. Tu aimes bien trop t’exhiber pour ça.

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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Jeu 7 Avr 2016 - 0:57

Zaahrian était ravi que son invitation soit acceptée même si elle entrait en contradiction avec les principes du guérisseur. Toutefois, l’attrait d’un repas copieux eut raison de ses réticences ce qui indiquait à l’assassin que celui qui recevait la charité avait plus de chance d’avoir la panse pleine que celui qui la faisait. Il faut vraiment croire fermement en ses idéaux pour accepter une vie de privations. Ce n’est pas Zaahrian qui pourrait le faire et autant l’admettre, il éprouvait une certaine admiration pour Ìrim et son intérêt pour lui n’en fut que plus important encore. Évidemment, cet intérêt ne se manifestait pas par des jambes tremblantes et des joues rougissantes. Il n’en perdait pas la voix devant le physique plus qu’avantageux d’Ìrim, mais c’est que Zaahrian n’avait rien d’une demoiselle effarouchée. Il était entraîné à cacher ses émotions. Il avait suffisamment confiance en lui pour assumer ce qu’il était. Il se savait séduisant. Il était conscient d’attirer les regards sur sa personne. Dans son esprit, c’est plutôt lui qui devait charmer le séduisant guérisseur et prendre la situation en main, d’où l’invitation à prendre un bon repas ensemble.

Un petit rire étouffé secoua les épaules de Guilin à la remarque d’Ìrim.

— C’est une description qui colle bien à Zaahrian pour celui qui ne le connaît pas vraiment. Toutefois, il suffit de le fréquenter depuis un moment pour le décoder. Il aime être le centre d’attention et pour une fois, cette situation lui donne le bon rôle, alors il en profite. Je dirais même qu’il en abuse, mais il aura tôt fait de se mettre les pieds dans les plats avant que le soleil ne se couche…

Il finissait à peine sa phrase que Zaahrian revenait avec la cruche d’eau. Il avait profité de son passage au puits pour s’asperger le visage d’eau. Des gouttes s’accrochaient encore à sa chevelure d’or et imprégnaient sa tunique en créant des taches sombres.

— Tu disais quelque chose?

Guilin secoua doucement la tête.

— Rien d’important.

Zaahrian haussa les épaules, mais n’insista pas. Il donna de l’eau à son ami avant de ranger la cruche là où il l’avait trouvé. Il semblait très satisfait de lui-même, comme s’il avait réellement sauvé la situation alors que c’était plutôt l’apparition impromptue d’Ìrim qui avait sauvé la vie de Guilin. Toutefois, comme ce dernier l’avait dit au guérisseur avant le retour de Rian de son expédition au puits, la blessure de Guilin était l’occasion pour le blond d’avoir le bon rôle alors que c’est généralement lui qu’on doit sortir de situations parfois impossibles. Sans la présence de son dévoué Guilin, Zaahrian serait probablement mort depuis longtemps malgré son sens indéniable de la débrouillardise.

— Je vais repasser demain et tu seras peut-être plus disposé à me raconter ce qui s’est passé. On verra ce qui pourra être fait.

— Je te l’ai dit, j’ai pris la situation en main…

Zaahrian croisa les bras contre son torse.

— Si tu le dis. On verra demain. Maintenant, repose-toi.

L’assassin regarda ensuite Ìrim, un sourire qui ne semblait jamais vouloir disparaître toujours accrocher à ses lèvres. Il tenait à spécifier une fois encore qu’il ne pouvait pas accepter cette invitation comme une forme de paiement, mais seulement comme une invitation sans motif particulier. Pour Zaahrian, ça ressemblait plutôt à une tentative d’Ìrim de justifier son empressement à accepter l’invitation du blond.

— Oh, mais pour chacune de mes invitations, il y a un motif derrière.

Il pencha légèrement la tête de côté, visiblement amusé. Dans son lit, Guilin tourna le dos aux deux hommes. Il était toujours à la fois surpris et dégouté par la technique de charme de son ami. Comment pouvait-il être aussi arrogant et si peu discret? Pourtant, ça fonctionnait. Hommes et femmes s’accrochaient au bras du blond, buvant littéralement ses paroles, mais bien peu avaient franchi la porte d’une chambre à coucher avec lui. Il doutait que ce soit le cas pour ces deux-là ce soir, mais l’intérêt d’Ìrim était manifeste, quoiqu’il semblait dépassé par l’attitude détachée et cabotine de Zaahrian. Difficile de savoir s’il était sérieux ou non et ça compliquait les choses.

Zaahrian invita d’un geste de la main Ìrim à le suivre hors de la demeure de Guilin pour ne pas le déranger plus longtemps. Il connaissait assez bien son ami pour savoir que ce dernier n’aimait pas voir son espace privé envahi plus longtemps et que lorsqu’il était fatigué, il devenait particulièrement irritable. Aussitôt la porte refermée, le blond reprit sa conversation.

— Voulez-vous aller manger maintenant? J’ai faim et le soleil commence à tomber derrière l’horizon. Le temps devrait se rafraîchir sensiblement… Peut-être avez-vous quelque chose à faire avant? Je peux vous accompagner si vous voulez. Les rues par ici ne sont pas très sûres pour un voyageur peu habitué à les arpenter. Vous pourriez être une cible facile pour la racaille des environs.

Il parlait d’un ton agréable, toujours en souriant, mais le fait qu’il portait une dague bien en évidence accrochée à sa ceinture pouvait signifier qu’il faisait lui-même partie de la racaille contre il mettait en garde Ìrim.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Ven 8 Avr 2016 - 14:57


Le sourire ne quitte plus ton visage. Ironie du sort… cette fois c’est bien toi qui t’es fait avoir, et à ton propre jeu. Alors Zaahrian aimait attirer l’attention. Qu’il se réjouisse, une fois de plus dans sa vie il aura réussi. Tu te sentirais presque stupide d’avoir à ce point tenté d’attirer l’œil ; mais pour une fois qu’un autre aura sincèrement attiré le tien, tu ne pouvais pas laisser passer l’occasion. Tu te seras bien ridiculisé au passage, du moins, c’est ton sentiment. Ton compagnon pour la soirée lui semble soit ne pas du tout se rendre réellement compte de l’entièreté de ce qui se passe ( et il ne le peut pas de toute façon, puisqu’il ne peut pas lire dans tes pensées et qu’il ne te connaît pas ) soit être un très habile joueur. S’il ne partage ne serait-ce qu’un partie de ton ego, la seconde solution te paraît la plus probable, déjà parce qu’on ne survit pas en étant un imbécile crédule à Thaar… et puis simplement parce qu’il a un motif derrière cette invitation.

- Tant que le but n’est ni commercial, ni de m’empoisonner, tes motivations me vont parfaitement. De mon côté je n’irai pas jusqu’à dire que j’en ai réellement à accepter. Je vois plus un repas gratuit en bonne compagnie comme un objectif que comme une excuse pour en atteindre un. Et si monsieur décide d’être désagréable, j’aurai au moins fait un véritable repas.

Tu ris doucement en emboîtant le pas à ton hôte, si l’un de vous deux devait se montrer désagréable, ce serait probablement toi de toute façon. Espérons pour le jeune homme qu’il soit capable de supporter tes éternelles râleries, ou de te dissuader de t’y perdre. En grand seigneur, tu laisses ton chevalier servant t’ouvrir la route, et remarque que le blond en est toujours, malgré ta conduite très familière, à te vouvoyer. Tu n’es d’aucune autorité pour lui et bien que tu sois plus vieux, tu ne représentes aucunement une figure d’aîné.

- Honnêtement, la seule raison pour laquelle mon estomac ne hurle pas, c’est parce que je suis habitué à mourir de faim, donc aller manger de suite ne me dérangerait pas du tout. Il y a bien une chose que tu peux faire pour moi avant qu’on entame le repas. Arrête de me vouvoyer. Oui j’ai 200 ans, oui j’ai sûrement plusieurs fois ton âge, mais est-ce que j’ai l’air d’un ancêtre ? Je ne pense pas, alors pas la peine de me parler comme si j’en étais un. Je suis un hybride des deux races au développement le plus lent de ce monde, c’est peut-être pas toujours un avantage, mais faut dire que le psychologique traîne presque autant que le physiologique. De mon côté, je ne vois pas vraiment le souci à être un jeune allumeur jusqu’à mes 600 ans.

Force de passer le gros de ton temps penché sur les réactions diverses et variées que peut avoir un corps humanoïde, tu n’as pas grand mal à lire à l’aproxima dans les attitudes de ton accompagnateur. Jusque-là, il a su te mettre à l’aise et t’inspirer un semblant de confiance. Tu n’iras pas lui confier ta vie, celle d’un autre ou même les clefs de ta maison, mais tu es assez à l’aise pour parler. Malheureusement pour lui si ce que tu dis ne l’intéresse pas, tu aimes le son de ta propre voix. Heureusement pour lui, ton verbe aussi familier qu’il peut être cru déliera probablement très vite ton côté de l’intrigue.

- Sinon toi, qu’est-ce que tu fais de ta vie à part servir d’escorte aux beaux hommes de Thaar ? Parce qu’à moins qu’on m’ait caché l’émergence d’une nouvelle mode, je doute que ce soit pour faire joli la dague à la ceinture. Qu’est-ce qui me dis que le chevalier servant n’est pas de la racaille dont il m’a si gentiment proposé de me protéger ?

S’il répond, tout s’écroule. Tu n’as pas réellement envie de savoir Ìrim. Plus qu’à espérer qu’il mente.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Sam 9 Avr 2016 - 1:37

Zaahrian comprit rapidement une chose à propos de son compagnon : non seulement il aimait parler, mais il adorait s’entendre parler. C’était presque ridicule en fait de le voir ainsi déblatérer, convaincu que le blond était attentif à la moindre de ses paroles. Il l’écoutait, c’est certain, mais il était surtout surpris de voir que l’homme si dévoué aux autres qu’il refusait de se faire payer en échange de soins soit également aussi centré sur sa propre personne. Ìrim était une contradiction en soi et il avait attiré la curiosité de Zaahrian qui voulait maintenant en apprendre un peu plus sur lui et non pas simplement l’inviter dans une taverne pour le reluquer discrètement au-dessus d’une assiette de ragoût. C’était tellement rare de rencontrer quelqu’un partageant, apparemment, les mêmes affinités sur la question sans devoir se rendre dans un de ces bordels spécialisés qu’il ne pouvait pas se permettre de laisser passer l’occasion.

Lorsque Ìrim lui parla d’empoisonnement, il dut se mordre la langue pour s’empêcher de parler. Il avait justement dans une pochette de cuir attaché à sa ceinture une petite fiole remplie d’un redoutable poison de sa confection. Il ne comptait pas l’utiliser sur lui, évidemment, mais qu’il dise ça le fit sourire. Il n’avait visiblement aucune idée de qui était son compagnon pour la soirée et c’était aussi bien ainsi. Les gens ont tendance à devenir nerveux en présence d’assassin, pourtant Zaahrian n’avait rien d’une bête assoiffée de sang. Il avait seulement suivi un entraînement poussé qui lui donnait des aptitudes au combat différentes. Il savait comment tuer un homme efficacement sans le faire souffrir inutilement. Il offrait une mort rapide et propre ce qui n’était pas nécessairement le cas d’un guerrier. Évidemment, son éducation avait rendu Zaahrian insensible à la mort. Pour lui, tuer un homme était aussi banale que d’aller cueillir une fleur et c’était ça qui rendait les gens inconfortables, car il donnait l’impression de n’accorder aucune valeur à la vie.

— Je suis un semi-elfe. Fit remarquer Zaahrian avec un sourire. Je viens de franchir le cap des 100 ans ce qui te laisse seulement une centaine d’années de plus que moi. Je comprends cependant ce que tu veux dire. Je n’ai pas l’intention d’agir et de penser comme un vieux crouton de sitôt. Je m’amuse beaucoup trop pour cela et j’aurai l’impression de passer à côté de beaucoup de choses…

Il avait, évidemment, remarqué la dague à la ceinture de Zaahrian. N’importe qui l’aurait fait, elle était bien visible et prête à servir. Rian baissa les yeux sur l’objet quand Ìrim lui en fit la remarque avant de le regarder à nouveau avec un sourire.

— Je suis effectivement une escorte. On m’engage à contrat pour conduire des gens à travers la ville et les environs pour les protéger durant leurs déplacements. Je suis une sorte de mercenaire, mais pas du genre qu’on engage en temps de guerre. Je n’ai que ma dague, mais normalement j’ai également une épée. Toutefois, je dois avouer que mes clients ne sont pas toujours aussi agréables à regarder…

Zaahrian mentait, mais il n’avait pas le choix de le faire. Toutefois, dans son mensonge, il se collait le plus possible à la vérité pour le rendre crédible : il avait été engagé par Krish pour la protéger et il lui servait principalement d’escorte en plus de faire tomber quelques têtes en son nom. Sinon, il était engagé à l’occasion par d’autres particuliers pour faire disparaître des indésirables en échange d’une bourse bien remplie. Il était donc payé pour se battre et tuer, mais pas sur un champ de bataille.

— Je me demande maintenant si ma profession fait de moi une racaille ou un homme serviable. Enfin, elle est moins noble que celle que tu pratiques, je suppose. Je ne pratique pas la magie et je ne connais rien aux soins sauf quelques infusions que ma mère m’ait enseigné. Elle était elle-même guérisseuse et avait une grande connaissance des plantes.

Une fois encore, il mentait tout en restant le plus près possible de la vérité. Sa mère était effectivement une guérisseuse avant que ses talents ne soient détournés par la cupidité de Daeron il y a de cela bien longtemps déjà.

En tournant le coin d’une ruelle, ils tombèrent sur deux hommes en pleine conversation. L’arrivée de Zaahrian et d’Ìrim attira leur attention, mais pas de la bonne façon.

— Tiens tiens tiens, qu’avons-nous là? Deux oreilles pointues! Intéressant… Je suis certain que vous n’aurez aucun inconvénient à ce que l’on vous libère du contenu de votre bourse.

Apparemment, ils n’étaient pas là pour faire les poches des voyageurs, mais comme il n’y avait personne dans les environs et qu’ils avaient affaire à deux hommes à la carrure plutôt frêle selon leur standard, ils avaient décidé d’en profiter pour se faire un peu d’argent. Ça n’enchantait pas Zaahrian dont le corps s’était tendu comme la corde d’un arc, prêt à réagir. Il tira Ìrim derrière lui pour le protéger. C’est lui qui allait mener l’assaut.

— Pour cela, messieurs, il faudra me passer sur le corps!

Zaahrian ne semblant pas poser une grande menace, ils décidèrent d’attaquer. Naturellement, ça se révéla rapidement être une très mauvaise idée, le blond étant parfaitement capable de se défendre contre ses malotrus. Pour ne pas affoler inutilement Ìrim en faisant usage de techniques aussi spectaculaires qu’expéditives, il décida de ne pas tuer ces voleurs, mais seulement de leur donner une bonne leçon. Toutefois, en faisant trainer le combat en longueur, il s’exposait à des blessures. En donna un coup de botte dans l’estomac d’un des hommes, l’autre en profita pour se glisser derrière et essayer de lui ouvrir la gorge. Rian eu à peine le temps de faire une parade pour éviter de pire, mais il fut quand même coupé à la main. Grognant de mécontentement, il redoubla de vigueur et, bientôt, les voleurs fuyaient la queue entre les jambes, laissant l’assassin à bout de souffle, mais contenant.

— La prochaine fois, réfléchissez avant d’attaquer comme ça au hasard. Ça va peut-être vous garder en vie plus longtemps.

Les voleurs étaient déjà loin. Sans doute ne l’avait-il même pas entendu. Il se tourna vers le guérisseur, affichant un air totalement désinvolte comme si ce qui venait de se passer était parfaitement normal et que tout était sous contrôle.

— Ça va? Une chance que je suis là. Je viens de prouver que ma présence était indispensable! Lança-t-il à la blague, apparemment indifférent au sang qui coulait de sa main et tombait sur le sol poussiéreux en goute carmine. En plus de sa main, sa tunique avait été entaillée sur son flanc et sa peau légèrement entaillée. Ce n’était qu’une égratignure, vraiment, mais elle saignait quand même un peu.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Dim 10 Avr 2016 - 13:32



D’abord Eliwa, puis Zaahrian… c’est que tu dois avoir un certain chic pour faire copain-copain avec des mercenaires que tu n’imagines au premier abord pas être des mercenaires. Au moins avec Eliwa l’annonce était facile à avaler, chez Zaahrian, quelque chose clochait. Le bougre n’a pas la dégaine des mercenaires que tu as pu apercevoir jusque-là. Il avait l’air… moins brute. Peut-être est-ce que ce n’était que le manque d’une arme autre que cette ridicule dague, vu qu’à ses dires il portait habituellement l’épée. Quelle importance de toute façon ?

- Je te renvoies le compliment. Tu m’as l’air très élégant pour une brute de mercenaire.

Et venait le moment de l’obligatoire éloge de ta profession, de ton incommensurable générosité et la petite histoire qui lui permet d’un minimum s’y identifier. Combien de fois on te l’a faite celle-là ? Il faudrait sûrement être un grand mathématicien pour compter jusque-là. C’était naturel après tout, les gens ont toujours tendance à vouer une certaine admiration envers ceux capables de les maintenir en vie, alors si c’est en plus fait gratuitement. Ce qu’il ne sait pas, c’est que le pourquoi d’une telle passion chez toi rend tout de suite la chose moins glorieuse. Lorsque l’on connaît ta tanathophobie et lorsque l’on finit par comprendre tes motivations sincères, alors on finit souvent par être déçu. Tes actions sont belles, mais si tu le fais, c’est pour toi, et pas pour eux.

- Aucune profession ne fait de toi quelqu’un de serviable. On demande tous quelque chose en retour, et au final, on y trouve autant notre compte que les gens qu’on a soit disant aidé. Peut-être que de mon côté je ne facture pas, mais moi aussi j’y trouve mon compte.

Et ce n’est pas simplement parce que tu es plein de bonnes intentions. Tu imagines que sa mère elle devait être sincèrement serviable au vu de l’image idéalisée qu’il a des soigneurs, mais puisque tu n’es pas sa… et merde. Il fallait vraiment qu’ils décident de s’y mettre maintenant ces imbéciles. Jamais aurait mieux valu que plus tard. Au moins tu ne les avait pas rencontrés plus tôt. Maintenant que tu es accompagné, la situation t’est moins effrayante. Avoir recours à ta magie de manière offensive ne t’est pas étranger, mais ce n’est pas une chose que tu aimes faire, ni une chose dans laquelle tu es doué. Devoir ainsi jouer avec la vie des autres, c’est marcher sur une corde raide de laquelle tu pourrais facilement glisser, emportant des vies dans ta chute sans le vouloir, sans forcément réussir à protéger la tienne. Mais Zaahrian est là et il s’est interposé, alors tu ne lâcheras face à eux qu’un soupir d’agacement, confiant en les capacités de ton escorte.

C’était presque mignon, de le voir ainsi se battre pour toi, mais le plus comique restera l’acharnement de ses adversaires. Le pauvre semi-elfe semblait plus affecté qu’il ne le laissait au départ paraître par ton serment sur l’importance de la vie… ou alors la bagarre l’amusait, parce que c’était évident, il se retenait. Tu sais voir quand des efforts intenses taxent sur le physique de quelqu’un, et ce n’est absolument pas le cas de Zaahrian actuellement. Tout au plus étais-ce une vigoureuse balade de santé. Sauf qu’en faisant preuve de merci il s’est mis en danger, et a failli laisser l’ouverture de trop. Failli seulement, Néera soit louée. Il aura risqué sa vie juste pour te faire plaisir finalement. C’était…touchant. Surtout dès le premier rendez-vous.

- C’est vrai qu’après une telle démonstration, on a plus jamais envie de quitter la compagnie de son chevalier servant, mais tu sais… même s’ils avaient voulu vider ma bourse, ils n’y auraient trouvé que de la poussière et des morceaux de paille de blé. Tu ris. Ça ira pour moi. Ne t’inquiètes pas. C’est toi le plus abîmé dans l’histoire. Tu aurais pu faire un effort quand même plutôt que de t’amuser avec eux.

Ta main vient délicatement prendre celle blessée de Zaahrian, tes yeux se ferment, et c’est de ton pouce, parcourant la coupure que tu rediriges les flux vers la meurtrissure. L’entaille se referme plus lentement qu’à ton habitude, mais tout aussi proprement, et surtout, sans la moindre douleur. Quand l’esprit n’a envie que de douceur, il est difficile d’infliger la moindre peine. Tu tires Zaahrian au travers de la ruelle, loin d’une quelconque source de foule avant de lui annoncer.

- Faudrait que je m’occupe de ton flanc aussi. Ce n’est rien de grave, mais ce ne serait pas esthétique comme cicatrice.

Et puis c’était une occasion de lui faire tomber la tunique. Quand tu entrepris tout naturellement de lui enlever son vêtement, le semi elfe fut très participatif, allant jusqu’à lever les bras pour te faciliter la tâche… comme s’il n’attendait que ça. Tu esquisses un sourire satisfait devant le torse sculpté de ton compagnon, n’ayant presque rien à envier au tien, et puis tes mains viennent se poser sur ses flancs. L’une touchant du bout des doigts l’égratignure, l’autre simplement posée par symétrie, pour le maintenir droit. En guérisseur consciencieux, tu reprenais ton travail, aussi doucement qu’avec sa main.
 En guérisseur s’étant entiché de son patient, tu profites de l’occasion, et tes mains ne quittent pas sa peau même le travail terminé. En une caresse d’une tendresse que tu ne te connaissais pas, elles glissent jusque dans le dos du mercenaire, tes doigts plongeant légèrement à travers sa ceinture vers le galbe de ses fesses. Et puis tu le tires. Tu le tires vers toi dans un chaleureux peau à peau, pour simplement poser tes lèvres contre les siennes un instant. Tu ne lui voles pas une bise, tu la lui offres. Et lorsque vos lippes se séparent, toujours le maintenant contre toi, front posé sur le sien, tu brises le silence.

- Je te préfère sans la tunique. Tu veux bien rester comme ça ?

Un abominable grognement vient interrompre ce moment d’intimité, et tu sais d’où il vient.

- J’attends toujours mon repas.


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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mer 13 Avr 2016 - 22:07

— Je comprends ce que tu veux dire. Répondit Zaahrian avec un sourire. Mais le fait est que je dois manger et entretenir mon équipement également. Ça coûte cher. De plus, je mets ma vie en danger pour protéger celle des autres. Je ne me sens pas mal de demander de l’argent en compensation, car je ne veux pas me sentir comme une vulgaire bête de boucherie. Ton point de vue vaut autant que le mien. L’important c’est qu’on y trouve son compte, je pense.

Zaahrian n’avait pas l’intention d’insulter Ìrim en exposant son idée sur la question. Il trouvait l’attitude du guérisseur tout à fait noble, mais il n’avait pas toujours accès à de la nourriture. Ce n’est pas mal non plus que de penser à soi à l’occasion et il serait bien avancé s’il devait perdre la santé à cause de cela. Dans l’immédiat, malgré des grondements sonores de son estomac réclamant de la nourriture, il ne semblait pas trop mal s’en sortir. Peut-être que Zaahrian imaginait sa situation pire qu’elle l’était réellement.

Le combat terminé, Ìrim lui fit remarquer qu’il avait négligé les efforts portés contre les voleurs. Il avait un sacré sens de l’observation, car il s’était effectivement retenu. Zaahrian aurait pu les tuer facilement, mais comment le guérisseur aurait-il réagi devant des gestes aussi précis, des gestes de quelqu’un qui sait comment mettre à mort rapidement un homme avec un minimum d’effort? Sa couverture de simple mercenaire garde du corps se serait effritée.

— J’ai négligé leur talent, c’est vrai. Toutefois, je crois, ils méritaient plus d’avoir peur que de mourir. De plus, je sais que si je les avais entaillés, tu te serais précipité pour les soigner et j’aurais été jaloux.

Il rit encore, mais Ìrim s’approcha de lui pour prendre sa main blessée. Elle saignait beaucoup, mais ce n’était pas bien grave. Il ne le quitta pas des yeux alors que sa magie s’opérait sur lui. Il ne sentit rien, sauf peut-être un petit picotement sur la peau. Ce n’était peut-être qu’un tour de son imagination après avoir vu Guilin se tordre de douleur pendant les soins donnés un peu plus tôt. La plaie se referma et les élancements de la chair entaillée cessèrent aussitôt. Ìrim ouvrit à nouveau les yeux en lui disant qu’il devait maintenant s’occuper de son flanc. Zaahrian voulut protester, lui disant que ce n’était qu’une égratignure sans importance, mais le semi-elfe était déterminé à lui enlever sa tunique. Il obtempéra, allant même jusqu’à lever ses bras pour lui faciliter la tâche. Il n’avait pas encore tout à fait cerné le tempérament du guérisseur, mais il se doutait qu’il avait devant lui un homme fermement campé sur ses positions.

Il était maintenant torse nu et ce dernier portait les marques d’une vie difficile et plusieurs fois menacée. Il avait de vieilles cicatrices qui ne formaient plus que de pâles lignes blanches sur sa peau. D’autres étaient plus fraiches avec la teinte rosée de la peau récemment guérie. Zaahrian frissonna malgré lui quand les mains d’Ìrim se posèrent sur son épiderme. Il sentit une fois encore les mêmes petits picotements. C’était peut-être l’énergie qu’il sentait circuler. Il ne connaissait rien à la magie, mais il était toujours impressionné quand il assistait à une démonstration. La coupure s’était refermée, mais les mains du guérisseur continuaient à s’attarder. Rian attendit, tous ses sens en alertent. L’assassin eut vaguement l’impression que le monde retenait son souffle. Ìrim bougea enfin. Glissant dans une légère caresse, ses mains se posèrent sur le dos de l’assassin avant de se glisser sous sa ceinture qui l’empêcha de descendre plus bas. Il pensa dire quelque chose, mais il ouvrit la bouche juste au moment où celle du guérisseur venait rencontrer la tienne. Zaahrian ferma les yeux tout le temps que dura ce baiser. Il ne s’y attendait pas vraiment. En fait, il était surpris par la témérité d’Ìrim. D’habitude, c’est Zaahrian qui devait faire les premiers pas. Cette fois, il n’avait pas eu à lever le petit doigt.

Le baiser interrompu, le guérisseur déclara qu’il était nettement mieux torse nu, ce qui fit sourire Zaahrian. Un grognement particulièrement sonore lui rappela que l’homme devant lui avait très faim, ce qui acheva de le faire rire.

— Évidemment, mais si je me présente ainsi à la taverne, je risque de causer une émeute. Je vais donc remettre ma tunique, mais peut-être trouveras-tu un autre prétexte pour me la retirer avant la fin de la soirée…

Zaahrian remit le vêtement, amusé par la moue de déception du guérisseur. Il lui fit signe de la suivre. Ils n’étaient plus très loin maintenant et l’air sentait bon le pâté de viande, le pain chaud et la bière fraichement brassée. Il le guida vers une taverne à l’aspect chaleureux et grouillant d’activité. On pouvait entendre de l’extérieur des rires gras d’hommes ayant déjà quelques chopes de bière d’avalées. Non seulement on pouvait boire et manger à sa faim, il était possible de louer une chambre pour la nuit à un prix tout à fait raisonnable. À l’intérieur, il salua d’un signe de la main le tavernier dont le visage s’illumina en voyant le blond et indiqua une table au fond de la salle où ils pouvaient s’installer tous les deux.

— Je viens souvent ici, pour manger ou pour dormir. Quand j’ai envie d’un peu de tranquillité, je prends une chambre à l’étage. Le tavernier m’aime bien, surtout depuis que je me suis interposé entre sa fille et des clients trop entreprenants. Une semaine plus tard, il m’a annoncé qu’il me donnait sa main en disant que j’étais un homme fort charmant et que je semblais avoir une bonne situation pour prendre soin de sa fille. J’ai dit non, bien entendu. Ma vie n’est pas assez stable pour un mariage et c’est sans parler de mes… préférences. Mon nom est pratiquement écrit sur cette table… Enfin si, regarde!

Un Z avait été gravé au couteau. Zaahrian semblait plutôt fier de son coup

— Je ne me souviens plus dans quel contexte j’ai fait ça. Je devais être ivre…

Une jeune fille vint à leur table leur porter de la bière et du pain, probablement l’ancienne quasi fiancée de Zaahrian qui lui lançait des œillades langoureuses comme si elle espérait le faire changer d’avis. Elle revint ensuite avec un pâté de viande juteux qui dégageait des aromes à s’en lécher les doigts.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Lun 18 Avr 2016 - 14:19


Il suffit souvent de la plus timide des attentions pour révéler les gens. Au moins maintenant tu es complètement certain de ton coup. Il joue les détachés, te fait du charme l’air de rien. Il te tend des perches ci et là, sur le ton de la plaisanterie, mais tu sais maintenant que tu as réellement tapé dans l’œil du semi-elfe. Tes lèvres se sont à peine posées sur les siennes qu’il s’est préparé à t’accueillir, et à faire de la bise un véritable baiser. Tu ne le lui offriras pas. Tout naturellement. Il faut plus qu’un joli minois et quelques plaisanteries pour complètement obtenir tes faveurs… mais tu dois bien te l’avouer… le repas gratuit joue beaucoup à son avantage. Rien ne vaut un amant généreux.

- Parce que ton entrée les pectoraux à l’air dans cette pauvre taverne serait tellement plus remarquable que la mienne. Tu roules des yeux, peu convaincu. Je ne te pensais pas si pudique. Mais ne t’inquiètes pas, un peu de timidité ne fait que rendre les choses plus amusantes.

En vérité, si ta moue déçue semble se diriger vers le refus de ton compère de t’accompagner dans tes mœurs exhibitionnistes, c’est plus la remarque de Zaahrian qui t’aura fait tiquer qu’autre chose. Sans s’en rendre compte, il vient de tenter un tir de flèche vers le ballon trop gonflé qu’est ton égo, mais heureusement pour toi, ton estime de toi est bien trop solide pour être si vite ébranlée. Une émeute… si lui créait les émeutes alors qu’en serait-il de toi ? Vos physiques sont relativement similaires après tout, fruit de votre héritage Sylvain et du soin que vous apportez à votre complexion. Ton héritage Noirelfique aura fait de toi un hybride d’une corpulence naturellement légèrement supérieure à la sienne, mais la malnutrition que tu t’infliges aura vite fait d’inverser la tendance, et ainsi, même si tu es loin d’être maigre, Zaahrian reste visiblement plus proche de son poids de forme que toi.

Plus proche de son poids de forme, et moins sensible aux odeurs. Il est habitué aux senteurs du gras brûlé et de la viande, pas toi. À peine approchant de la taverne, alors que l’air commence à s’alourdir des senteurs émanant des cuisines que tu en avais déjà l’eau à la bouche. Tu suis ton guide le sourire aux lèvres, rêvant déjà la nourriture abondante et ton estomac repus. Décidément, plus le temps passe et plus tu te rends compte à quel point tu es doué pour te mentir à toi-même. Jamais depuis des dizaines d’années tu n’avais eu aussi faim, et pourtant, tu as connu des périodes de privations bien plus strictes que l’actuelle. Le blond, visiblement détendu, salue des gens qu’il semble bien connaître. C’est un habitué donc. Au point d’avoir été promis à la fille du propriétaire, tu t’en serais presque douté. Pauvre fille, si elle avait décidé d’attendre son Prince Charmant de semi-elfe, elle risquait d’en avoir pour plusieurs vies humaines. Tes yeux plongent dans ceux de ton accompagnateur avec une non feinte espièglerie, et une certaine crainte.

- Alors ils ne savent pas que leur généreux bienfaiteur préfère s’en retourner vers des amourettes plus… vigoureuses ? Tu joues de tes pectoraux, pour illustrer tes dires. Remarque, un homme si valeureux, qui s’en douterait après tout ?

Tu ris. Parce que la situation déjà amusante en histoire venait se confirmer devant tes yeux. La pauvre minette était complètement éprise de l’assassin. Raison de plus pour le faire tien. Pour l’instant par contre, il attendrait. Le conte de l’origine de sa marque sur cette table pouvait être passionnant, le pâté de viande l’était encore plus.

- Tu m’excuseras, mais là vraiment…

La nourriture n’aura pas fait long feu… et tes papilles en redemandent.

- Leurs amuse-bouche sont vraiment délicieux. Quoiqu’un peu secs.

Manière presque détournée de dire que tu meurs définitivement de faim… et que tu apprécierais une boisson. Quitte à ce que quelqu’un paie à ta place, autant jouer les petits Princes ; pour une fois que tu peux te le permettre. Tu lui rendrais volontiers le service à l’étage, et là, il peut être sûr qu’il en aurait pour sa faim… si seulement il arrivait à tout avaler.

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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mer 20 Avr 2016 - 23:42

Zaahrian n’avait aucunement l’intention de le vexer. Il le trouvait fort séduisant, quoiqu’un peu maigre, il est vrai. Se priver autant pour la bonne cause avait affecté son apparence, mais son visage était splendide et ses lèvres donnaient envie de les dévorer. C’est pour cela qu’il s’était laissé emporter lors de ce bref échange, trop bref selon ses goûts. Toutefois, Zaahrian savait se montrer patient, sachant que l’attente ne ferait que rendre les choses plus agréables encore.

Suite à sa remarque sur la fille du tavernier, Ìrim lui dit quelque chose qui le fit sourire. Non, ils ne savaient pas. Très peu de gens savaient. Il ne s’était même jamais clairement confié à Guilin qui avait plutôt deviné la chose de lui-même et le taquinait avec sans éprouver de malaise. Zaahrian n’était pas honteux de la chose, mais il n’en parlait pas lui-même de façon spontanée.

— Non, ils ne savent pas. Je n’ai pas honte de ça. Après tout, je ne pense pas avoir choisi d’avoir de telles préférences et aussi longtemps que je me souvienne, ce fut toujours ainsi. Toutefois, je n’en parle pas non plus ouvertement. Par exemple, Guilin est mon meilleur ami depuis toujours et je ne lui ai jamais dit. Il a deviné tout seul et ça ne lui pose pas de problème. En même temps, je n’ai jamais tenté de lui tripoter les fesses, mais l’affection que j’ai pour lui va bien au-delà de ça. De toute façon, les gens n’ont pas à savoir qui je mets dans mon lit et pourquoi tout comme je n’ai pas à connaître leur vie intime. Vivre et laisser vivre, c’est ma devise!

Visiblement, Zaahrian était ouvert sur la question. Il ne s’était jamais senti mal d’aimer les hommes bien qu’il ait eu parfois l’impression que ça compliquait les choses. Les mentalités ne sont pas aussi libérales que lui sur la question, mais il n’a jamais craint de représailles à cause de ses préférences. Il faut dire que le nombre d’amants qu’il a eus dans sa vie se compte sur les doigts d’une main et il n’a jamais été amoureux. Avec la vie qu’il mène, il ne pense pas que ce soit fait pour lui ce genre de relation stable.

La nourriture fut à peine déposée sur la table qu’il vit le guérisseur littéralement se jeter dessus et engouffrer son repas comme s’il n’avait rien avalé depuis des jours. Zaahrian ne savait pas s’il devait rire ou non devant un tel spectacle. Lui-même n’avait pris que quelques bouchées quand Ìrim repoussa son assiette vide. Un sourire flottait sur les lèvres de l’assassin et il s’élargit un peu plus quand il lui fit la remarque que c’était un peu sec.

— Si tu avais laissé une minute ou deux à la serveuse, tu aurais eu ton échoppe de bière.

À ces mots, deux échoppes apparurent sur la table apportée par la jeune femme qui ne cessait de regarder Zaahrian, mais également Ìrim qui était aussi dans ses goûts.

— À te voir manger ainsi, j’ai l’impression de t’avoir sauvé de l’inanition. J’en suis heureux, quel gâchis ça aurait été! Si tu veux, je te commande une autre portion. Après tout, il serait dommage que tu manques d’énergie…

Il souriait encore en faisant signe à la serveuse de s’approcher pour qu’Ìrim puisse commander ce dont il avait envie. De son côté, Zaahrian continua de manger, observant les traits de son compagnon. Il était plus vieux que lui, mais ça ne se voyait pas. Ce bref baiser avait vraiment éveillé ses instincts et il se surprenait à autant désirer quelque chose. D’habitude, il est beaucoup plus distant et moins charnel. Sa dernière histoire remontait à quand? Bon, c’était il y a quelques ennéades, mais ça ne justifiait pas son état actuel. Il se sentait comme un adolescent hors de contrôle…

— Es-tu en mesure de me parler un peu de toi maintenant ou est-ce que l’appel de la nourriture se fait trop pressant encore? Je suis quand même curieux… De la magie… Chaque fois que je vois quelqu’un en pratiquer, je suis impressionné. Je n’ai pas la patience ni le dévouement pour pratiquer un tel art…
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Sam 23 Avr 2016 - 14:00


Il ne l’avait dit à personne, mais ne l’avait pas non plus caché à quiconque. Zaahrian vivait, purement et simplement, sans se poser de questions, pendant que tu ruminais ta différence chaque fois qu’il t’était donné de la vivre. Si seulement… si seulement tu avais pu vivre dans un monde d’elfes. Si seulement tu avais pu vivre dans le monde de n’importe lequel de tes parents plutôt que d’avoir à grandir bercé par les mœurs des hommes. L’amour chez les Sylvains est trop précieux pour être limité, et les mœurs libertines des Noirelfes ne connaissent point les frondaisons du genre. Ce sont les hommes, leurs stupides principes humains, leurs stupides jugements et ta stupide culture du paraître qui te mettaient dans cette position. Tu aimerais être capable d’assumer à la manière de ton accompagnateur, mais il semblerait que ta capacité à porter le poids des regards ne soit déjà trop mobilisée par ta condition d’hybride pour te le permettre.

- Jolie maxime, prend garde que je ne te la vole pas, elle irait bien à la devanture de mon dispensaire. Je dois bien avouer qu’aussi démonstratif que je puisse être, ceux ayant appris pour mes préférences sans s’être inscrits pour partager quelques agréables instants se comptent sur les doigts d’une main… et c’est probablement pour le mieux.

La nourriture vous sort pour un temps de ces tristes discussions, toi en particulier, puisque tu n’as que peu souvent l’occasion de faire repas satisfaisant. Tu manges comme un orgre au plus grand plaisir de ton hôte, visiblement satisfait d’avoir pu t’offrir ce plaisir. La bière ne tarde pas à arriver après que tu aies eu l’occasion de vocaliser ta complainte, et aussitôt arrivée, aussitôt disparue. Le goût n’est pas particulièrement pour te plaire, mais tu as connu pire, alors à quoi bon. Surtout dans la gratuité, il faut apprendre à se contenter de ce que l’on nous offre… mais s’il on propose d’offrir plus, évidemment…

- Tu ne me verras pas refuser plus de nourriture de sitôt. Je te fais confiance pour faire attention à tes comptes. Laisses-en moi l’occasion et une fois l’appétit ouvert j’irais jusqu’à ronger le bois des murs. Mais pour l’instant tu te retournes vers la serveuse, finalement plus affectée à ta vue que tu ne l’imaginais Trois plats me suffiront.

Elle s’enfuit littéralement, courant vers les cuisines pour trouver de quoi satisfaire les ventres affamés de deux joli-cœurs. Elle revient plus vite encore, portant les trois plats à la fois dans un équilibre précaire. Dans un vain effort de paraître, probablement. La pauvre est mignonne, elle aurait sûrement eu ses chances avec n’importe qui d’autre et il fallait qu’elle fasse face aux deux jeunes hommes de Thaar qui ne seront jamais sensible à ses charmes. Nourriture sur la table, tu reprends ton rythme, et recommence à engloutir la viande qui a le malheur de se retrouver dans ta ligne de mire. Le blond s’en amuse, se demandant s’il serait possible de te sortir de ta besogne pour avoir un brin de discussion. Qu’à cela ne tienne, il est toujours temps entre deux bouchées de parler, surtout pour parler de soi.

- De mon côté, je n’aurais pas pu y échapper. Mon père était un nécromant, ancien mage de guerre Eldéen et petit, je me suis beaucoup amusé à l’imiter. Je me rappelle avoir été sincèrement convaincu être capable de rendre la vie alors. Je me suis finalement tourné vers la magie de guérison après m’être rendu compte que la nécromancie ne m’aiderait pas le moins du monde dans les buts que je m’étais fixé. Peut-être est-ce que ça n’y semble pas, mais il n’y a qu’un pas entre relever les cadavres et relever les vivants. Les procédés sont finalement pour beaucoup exactement les mêmes. Mais oui, apprendre la magie c’est long, et je suis encore loin d’en maîtriser toutes les ficelles, donc sans t’en sentir la patience, tu fais bien de ne pas t’y lancer.

À quelques bouchées de différence, l’idée du poignard, du mercenariat et du combat te revient. Pas patient peut-être le sentait-il ainsi, mais pour en être arrivé à une telle maîtrise de son propre corps, là aussi il devait avoir fait preuve de dévouement.

- J’imagine qu’avec le temps pris par l’entraînement au combat tu n’en aurais plus pour te dédier aux arcanes. À chacun sa spécialité. De mon côté je pense être capable dans une certaine mesure de me défendre contre les bandits de bas étage, mais rien de ton acabit.

C’est au moment où lui termine sa première assiette que tu nettoies ta quatrième. Repus, ou presque, les quelques bières gentiment offertes par la jeune femme tentant éperdument d’attirer votre attention t’étant montées à la tête, tu diriges un regard plus qu’intéressé vers ton hôte, ignorant totalement les ivrognes hurlant aux alentours. Tu le veux. Est-il prêt à se donner ?

- J’ai fini. Maintenant… est-ce que tu es sûr que tu n’aurais rien d’autre à m’offrir ? Ton cul, offre-moi ton joli cul chéri.
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Zaahrian
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Lun 25 Avr 2016 - 0:50

Zaahrian n’avait pas grandi dans un monde d’elfe. Il avait grandi parmi les assassins où la vie était cruelle et souvent très courte. Il avait vu sa liberté de penser et d’agir brimée à un tel point que le jour où il s’était enfin libéré de ses chaînes, il avait pris la décision de vivre, tout simplement. Le monde n’avait pas à savoir ce qu’il faisait. Il n’avait pas à se justifier ni à se conformer. Déjà, il était un assassin. Il pouvait finir au bout d’une corde à tout moment. Sachant que sa vie pouvait s’écourter de façon dramatique, il avait choisi de la vie pour le meilleur et pour le pire. Pour plusieurs, ce mode de vie pouvait sembler égoïste, mais nous n’avons qu’une seule vie à vivre, autant en profiter avant qu’elle passe. C’est aussi pour cela que Zaahrian trouvait dommage qu’Ìrim s’impose d’aussi grands sacrifices. Il faisait preuve d’une grande noblesse de cœur et c’était admirable, mais en même temps, personne ne lui en voudra s’il mange tous les jours à sa faim ou s’il aime qui il veut. Il n’avait pas à se soucier de l’opinion des autres. De plus, ils avaient la chance d’être dans l’Ithri’Vaan, une région cosmopolite où les races et les façons de vivre se mélangeaient à volonté. L’histoire serait totalement différente s’ils étaient dans la Péninsule…

Heureusement que Zaahrian avait rempli un juteux contrat peu avant sa rencontre avec Ìrim et que, par conséquent, sa bourse était bien remplie, car le semi-elfe devant lui semblait décidé à vider les réserves de nourriture de la taverne. De son côté, la jeune fille était bien décidée à l’aider dans sa tâche, allant chercher avec empressement les assiettes demandées par le guérisseur. L’assassin était impression de voir la quantité de nourriture qu’il pouvait avaler alors que sa corpulence ne donnait aucun indice sur son appétit d’ogre. C’est comme s’il faisait des réserves en vue des jours de disettes qui s’annonçaient.

De son côté, le blond mangeait à un rythme nettement plus normal tout en l’écoutant raconter son histoire. Son père était un nécromant? Il en parlait avec une légèrement déstabilisante. Pourtant, les nécromants n’étaient guère bien perçus dans la société, probablement moins encore que les homosexuels. Néanmoins, c’est à cause de son père qu’il fut très tôt en contact avec la magie. Il était tout de même fasciné par le parcours du guérisseur. Son désir de sauver des vies était tellement fort qu’il s’était tourné vers les arts sombres dans l’espoir de rendre la vie qui avait été enlevée avant de réaliser que ce n’était pas ainsi que ça fonctionnait.

— Je n’en doute pas. En fait, la magie c’est comme l’art du combat : ça demande du temps et de la patience. Tu ne te réveilles pas un matin avec les aptitudes pour manier une dague ou une épée. Je peux te jurer que pour y arriver, tu vas verser ton propre sang à quelques reprises et que ton bras va faire mal.

Il ponctua sa phrase d’un sourire rêveur, se remémorant ses premiers combats à l’épée et combien de fois il s’était stupidement coupé avec sa propre lame. Ses mains portaient encore les cicatrices de son apprentissage et il avait une marque plus apparente sur la jambe droite, souvenir d’un entraînement avec Guilin qui y avait accidentellement planté la pointe de son épée. Ils étaient très jeunes à cette époque; trop jeunes pour pratiquer des arts de combat.

Ìrim vint enfin à bout de son appétit sans fonds. Il était visiblement satisfait et Zaahrian en était heureux. Il fit alors une remarque qui le fit sourire. Alors il en voulait plus? Il pencha la tête de côté, faisant mine de ne pas comprendre. Il avait bien une idée en tête.

— Il se fait tard. Le soleil vient de tomber à l’horizon et je doute que tu veuilles retourner à ton dispensaire la nuit tombée. Les rues de Thaar sont dangereuses le jour, mais elles le sont plus encore quand il fait noir. Laisse-moi te payer une chambre ici pour la nuit. Les lits sont confortables et propres.

Il fit signe à la jeune fille et sortit cette fois des pièces de sa bourse.

— Ceci est pour notre repas. Mon compagnon ici présent aurait besoin d’une chambre pour la nuit.

Il ajouta une autre pièce.

— Si possible, peux-tu lui donner une chambre dont la fenêtre donne sur la ruelle derrière. Il risque moins d’être incommodé par les bruits de la taverne.

Il parlait en lui faisant son sourire le plus charmant. La jeune femme rougit et balbutia qu’elle verrait ce qu’elle pouvait faire. Quelques minutes plus tard, la chambre était réservée avec vu sur la ruelle comme Zaahrian l’avait demandé.

— Merci, c’est très gentil.

L’assassin se leva, faisant signe à Ìrim d’en faire de même. Il passa tout près de lui et lui glissa à l’oreille de sorte que lui seul pouvait entendre.

— Prend ton temps pour monter à ta chambre. Une surprise t’y attendra…


Une main effleura brièvement celle du guérisseur et l’assassin sorti d’un pas rapide de la taverne. Il en fit le tour pour rejoindre la ruelle et escalada le mur pour atteindre la chambre d’Ìrim. Ainsi, lorsque ce dernier arriva enfin, le blond était nonchalamment appuyé contre le mur, les bras croisés sur le torse, un sourire moqueur suspendu à ses lèvres.

— Je t’ai dit de prendre ton temps, mais tu as pris une éternité…
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Lun 25 Avr 2016 - 14:17



Zaahrian, Zaahrian, Zaahrian…ainsi il avait commencé alors ainsi il continuait. Au moins après avoir eu l’occasion d’échanger quelques mots avec lui et de l’observer un peu plus, tu y voyais plus clair dans son jeu. Si le voir jouer les ingénus était frustrant tant que tu ne savais pas tout cela être un acte, le voir feindre l’innocence devant tes appels devenait maintenant presque mignon. Presque seulement, parce que les propositions du semi-elfe étaient tout aussi pleines de sous-entendus que les tiennes… et sachant qu’il est celui avec l’argent… et donc le pouvoir de faire proprement entendre le sous-entendu. Tu t’accroches à ses mots, lui lançant une parodie du regard des demoiselles en détresse des mauvais théâtres alors qu’il continue d’offrir.

- Oh mon bienfaiteur, je n’en demandais pas tant ! Comment aurais-je pu oser te demander en plus un toit, à toi qui m’a si gracieusement offert le couvert ? Jamais je n’aurais osé t’exprimer ma peur de m’enfoncer dans la cité nocturne ! Comment puis-je te remercier pour une telle générosité ? Je ferais tout pour vous mon beau, tout ! Ou presque… faut quand même pas abuser.

Avec un jeu pareil, jamais tu ne trouverais un rôle dans le moindre petite navet ; et pourtant Uriz t’en soit témoin, lorsque tu juges la situation l’exiger, tu es capable d’être un merveilleux acteur. Mettons cela sur le dos de l’humour, de l’engouement et de l’alcool. De son côté, Zaahrian mettait avec perfection la façade. Pauvre petit brin de femme enamouré ne se rend pas compte qu’on se joue d’elle… ou alors se contente de cette forme d’attention. En attendant son père n’apprécierait probablement pas qu’elle ait autant bradé une chambre sûrement chère même pour les beaux yeux de ton blond de compagnon. Qu’il soit autant charmeur que toi est une chose, mais le reste de son jeu creusait un énorme fossé dans vos deux manières d’approcher le contact. Si tu as autant hésité, autant tâtonné, si tu as autant parlé et si peu agi jusque-là, ce n’est que parce que son comportement à ralenti le train des choses. Tu es un authentique, Zaahrian lui te paraît être un romantique. Et il t’intrigue. L’intérêt que tu lui portes dépasse quoiqu’encore difficilement les sommets que dessine son fessier rebondi à travers son pantalon.

- Tu sais, ce n’est plus une surprise si tu me préviens.

L’espace d’un instant, alors qu’il s’enfuit de la taverne comme un fier enfant, tu te dis qu’il serait dommage de simplement le prendre comme tu le faisais avec les autres. Zaahrian mérite mieux que ça.

Prendre ton temps… oui tu allais prendre ton temps… et pour offrir à ton tour, pour une fois. Une part de ta maigre bourse s’en est allée dans les mains du propriétaire de la taverne en échange d’un passage en salle d’eau, de parfums et de vêtements trop petits qui ne survivraient probablement pas la soirée. Longuement, devant le miroir, tu t’appliques à magnifier ce qui est déjà sublime, débarrassant tes cheveux de feu de la crasse qui s’y est accumulée durant la journée, à précautionneusement user les serviettes sur ta peau pour lui rendre toute sa brillance, à mélanger les mauvais parfums pour en obtenir un meilleur. Même la tunique et les braies du patron, trop ajustés à cause de sa petite taille face à tes presque deux mètres étaient finalement d’un certain effet. Les vêtements supposément amples te tenaient presque à même la peau, magnifiant la forte musculature à laquelle ton ventre plein faisait ce soir justice. Tu entres tête haute, un sourire plus que provocateur accroché à tes fines lèvres, pour trouver face à toi ce qu’au final tu attendais depuis le début.

- Oh Zaahrian, c'est que je ne m'attendais pas du tout à te voir !Il semblerait que ce soit finalement moi la plus grande surprise de cette soirée. Tu te rapproches de Zaahrian, plongeant sans sommation tes mains sous sa ceinture. Je t’avais pourtant dit que je te préférais nue poitrine.

Probablement habitué à faire face à de puissants adversaires au combat, l’assassin savait probablement ce qu’était la force. Seulement il ne connaissait pas ta force. Il t’a vu en tant que guérisseur, celui qui a besoin de protection. En amour par contre, tu préfères te faire prédateur. Tu te saisis de lui comme on se saisirait d’une plume, prenant son cou d’assaut de tes lèvres juste avant de fracasser son dos contre le matelas, faisant jeu de ton corps pour l’emprisonner entre le lit et toi.

- Mais je ne t’en veux pas. Déshabiller mes partenaires est l’un de mes plus grands plaisirs.

Tu partages des caresses avec une fouge dont tu fais rarement preuve, décidé pour une fois à donner de toi ce soir. S’il arrivait à séparer ses yeux des tiens il verrait, qu’au vu de l’immonde bosse dessinée par ton membre endolori, menaçant de détruire à lui seul sa prison de tissu trop serré pour satisfaire à sa voracité,  que s’il continuait de se laisser faire, tu ne tarderais probablement pas à lui faire mal. Heureusement pour lui, il s’était contenté de peu au moment du repas, parce que tu venais fourni avec largement plus qu’un amuse-gueule.


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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mar 26 Avr 2016 - 22:23

Tous les deux, chacun de leur côté, jouait un rôle qui paraissait peu crédible aux yeux de l’autre, mais qui trouvait grâce chez tous les témoins dans la salle. C’était particulièrement vrai pour la pauvre serveuse qui voyait maintenant en Zaahrian un champion de la générosité désintéressé, dépensant ses écus sans compter pour aider un compagnon désœuvré. Ils auraient probablement ri à s’en tenir les côtes si le jeu ne les avait pas obligés à tenir leur rôle plus longtemps. Enfin, le repas était terminé et il était temps de passer à l’action. Les masques pouvaient enfin être retirés.

Zaahrian s’attendait à beaucoup de choses, mais ce serait mentir de dire qu’il avait envisagé une telle tournure des évènements. La chambre était plongée dans la pénombre. Seule une lampe à l’huile jetait une faible lumière qui dessinait leurs ombres sur le mur. La chambre était assez grande et avait effectivement couté assez cher à Zaahrian qui avait fourni un léger extra pour être certain de l’obtenir. C’est qu’il avait tenu à ce qu’elle donne sur la ruelle pour lui permettre de rejoindre la chambre par l’extérieur en grimpant au mur. Si elle avait donné sur l’artère principale, il n’aurait pas pu le faire sans se faire remarquer. De plus, s’ils étaient montés ensemble, les gens auraient probablement posé des questions et il connaissait le malaise d’Ìrim à l’idée de s’exposer. Passer par la fenêtre était tellement plus amusant de toute façon pour Zaahrian qui était particulièrement fier de son coup. Toutefois, dès que la porte de chambre fut refermée derrière Ìrim, la situation changea radicalement. D’abord, il s’était changé. Où avait-il trouvé ces vêtements? Zaahrian n’en avait pas la moindre idée, mais il était un peu trop petit pour lui, mettant en valeur une musculature que l’assassin n’avait pas soupçonnée. Il était grand et ça n’avait pas changé, évidemment, mais de le voir aussi bien bâtit, jetait le doute à savoir qui tirait vraiment les ficelles entre les deux. Il commença d’abord par faire semblant d’être surpris de le voir, ce qui fit sourire l’assassin. Puis il lui reprocha de ne pas être torse nu. Il allait lui dire qu’il n’avait qu’à venir lui retirer sa tunique, mais il n’en eut pas l’occasion. Ìrim traversa la chambre en trois grandes enjambées avant de se saisir de Zaahrian en glissant ses mains sous sa ceinture comme si elle n’existait pas, plongeant son visage contre son cou pour le couvrir de baisers. Bien vite, il fut plaqué contre le lit qui gémit sous le poids combiné des deux hommes. Évidemment, Zaahrian prenait conscience maintenant de sa force qu’il avait sous-estimée. Il était littéralement coincé sous Ìrim dont l’appétit pour les plaisirs de la chair était tout aussi vorace que manifeste. Malgré ce retournement de situation inattendu, l’excitation était palpable chez l’assassin dont l’adrénaline qui se répandait dans son sang faisait dresser tous les petits poils de son corps et créait une agréable chaleur au bas de son ventre. Son regard finit par dévier et il aperçut cette chose monstrueuse qui déformait le pantalon de son partenaire. Bon sang, il allait le sentir pendant une semaine si ça continuait ainsi! Probablement plus vu la brusquerie dans les gestes d’Ìrim.

Zaahrian avait été pris de court par ce dramatique changement dans l’attitude du guérisseur ce qui l’avait rendu passif. Loin de l’être normalement, l’assassin décida de prendre les choses en main, littéralement. Il pressa fermement la paume de sa main droite contre cette bosse alors que son autre main lui malaxa une fesse. Ses lèvres cherchèrent celles de son compagnon pour un baiser à lui couper le souffle, sa main gauche quittant son divin arrière-train pour se poser sur sa nuque en enfonçant ses doigts dans sa chevelure de feu. Il sentait le parfum. Où l’avait-il trouvé? Peu importe, l’odeur n’était pas désagréable, mais pas de grande qualité. Ça faisait toutefois changement des effluves d’un corps non lavé, un mélange de poussière et de transpiration. Il conclut le baiser en lui mordant la lèvre inférieure assez fort pour la faire rougir. Il souffla ensuite le regard brillant de malice.

— Je suis sous le choc. Qui l’aurait cru? D’habitude c’est moi qui mène la danse… Tu devrais quand même être impressionné. J’ai escaladé un mur pour toi…

À l’entendre, on pourrait croire qu’il était puceau de ce côté-là, mais ce n’était pas le cas. Son tout premier amant avait eu l’honneur de lui faire découvrir la chose, mais plusieurs années s’étaient écoulées depuis et le hasard avait voulu qu’il rencontre des amants au tempérament calme et passif. Ìrim était une exception notable.

— Je n’ai même pas eu le temps d’enlever mes bottes. Ton appétit n’a donc jamais de fin? Moi-même je me suis gardé un peu de place pour le dessert.

Il pressa le renflement avec plus d’insistance, sachant pertinemment l’effet que cela pouvait lui faire.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mer 27 Avr 2016 - 12:12



À l’abri des regards indiscrets et des oreilles trop curieuses, l’objet de ton désir offert sur un plateau de diamant, tu n’es plus le même elfe, et Zaahrian l’apprendrait à ses dépens… ou pour son plus grand plaisir. Il a de la chance le bougre, il peut s’estimer heureux, parce qu’il est beau, qu’il t’intrigue, et que tu le désires. Il ne connaîtra pas l’amant sentencieux, le prince sans compassion, prenant sans jamais rien donner, que tu peux être lorsque tu ne fais qu’assouvir aux désirs de chairs de ton corps. Ce soir il y a plus, et peut-être même après l’acte passé y en aura-t-il encore, mais ça tu n’y penses pas, car tes pensées sont bien trop embuées à l’idée de faire tien le brin d’elfe emprisonné sous ton ventre. Cela fait longtemps, longtemps que tu n’as pas été aussi passionné par une autre chair que celle que tu t’évertuais à réparer.

Tes doigts courent avec une experte précision sous le tissu de la tunique de ton amant, traçant le fin dessin de sa délicieuse musculature et remontant lentement, lentement vers le bas de ses manches. Tu essaies de te reculer, de prendre de tes lèvres le ventre que tu as libéré avant de définitivement lui arracher sa tunique, mais l’homme ne semble pas vouloir t’accorder ce plaisir, pas pour l’instant. La main de Zaahrian se referme sur ton entrejambe douloureuse, communiquant un frisson dans tout le reste de ton corps. Ton cœur bat de plus en plus vite, de plus en plus fort, et le sang continue d’affluer vers la bête qu’excite sans vergogne le blond. Ses lèvres viennent happer les tiennes dans une sulfureuse étreinte, t’interdisant le moindre mouvement de recul et ta tête commence à tourner. Est-ce le manque d’air, le manque de sang ou tout simplement l’extase ? Tu t’en contrefous au final, le plus important, c’est de ne pas faire regretter à ton partenaire de n’avoir pas pu être celui qui prend les devants.

- C’est toi qui devrait être impressionné mon mignon. Ta main vient caresser l’os de sa mâchoire Je ne prends pas la peine de dépenser le moindre sou pour quelqu’un de bien portant habituellement.

Selon tes standards, toute cette mise en scène avait coûté une fortune… pour au final pas grand-chose. Attirer un seul regard avant que les yeux ne soient embués par le plaisir, tirer l’attention sur une discrète fragrance avant qu’elle ne soit recouverte de celle de la sueur et de la masculinité. C’était peu. Mais à tes yeux, l’espace d’un instant, ce peu était devenu beaucoup. Zaahrian avait dépensé bien plus que toi ne serait-ce qu’en repas, il avait escaladé un mur pour toi, alors tu lui devais bien de te faire à ton tour quelque peu violence… Tu lui devais….Mais ne serait-ce pas là de la reconnaissance ? Tu faiblis Ìrim’Urn, tu faiblis. Et comme la majorité des êtres de ce monde, si ton mental faiblis, alors c’est avec le corps que tu préfères parler.

- Crois-moi, tu auras besoin de plus qu’un peu de place, mais tu as de la chance, il paraît que tu es une grande gueule.

Mordant ta lèvre rougie, tu prends une longue inspiration, au cas où le semi-elfe voudrait à nouveau kidnapper tes lèvres pour t’empêcher de glisser contre lui. Il n’en est rien au final, et d’un preste mouvement, tu parviens à t’échapper de son emprise, pour mieux faire ce que tu voulais depuis plusieurs heures déjà. Tes bras glissent à nouveau sous la tunique, crampés, tremblants, voraces, et la lui arrachent sans se poser la moindre question. Son torse sculpté dans le marbre t’es une fois de plus dévoilé, et l’autorisation d’inspecter les tracés de l’artiste t’es donnée. Tu poses une bise brûlante sur chacun de ses pectoraux, te prends à y marquer ton territoire de tes dents, manœuvre au cours de laquelle tu es interrompu par une main trop baladeuse.

Le sang afflue, les frissons te gagnent, et sous la pression exercée par Zaahrian sur un point sensible, c’est tout ton corps qui se relève. Chacun des muscles de ton torse se contracte dans une inspiration de tous les diables, et ta poitrine comme stimulée par un effort excédentaire se gonfle dans des proportions inimaginables. Les coutures de ton habit déjà trop serré se rompent une à une, et dans un accès de bestialité, tu choisis de déchirer ce qu’il en reste, ne te laissant qu’avec le cadavre de ce qui fut une élégante tunique sur les épaules. À moitié libre, tu souffres à cause de lui d’une peine insupportable, et pour y remédier, replongeant sur le blond, tu le prends dans tes bras, et roule avec lui, échangeant vos positions pour mieux lui donner accès à la source de tes peines. Tes mains tenant fermement ses épaules, tu l’écartes, l’assieds sur tes jambes, puis dirige en douceur ses paumes vers l’endroit qu’il prenait un malin plaisir à chatouiller à ton grand désarroi. L’obscène renflement continue de croître, comme dans une course vers la liberté, mais c’est entre les mains de ton amant que tu choisis de mettre son sort.

- J’ai mal Zaahrian, et je ne pense pas réussir à me libérer seul.

Allongé sur le dos, sourire provocateur aux lèvres, flattant les flancs de celui qui déchaîne tes passions, tu attends qu’il ait merci de toi, et daigne ouvrir son présent, afin que ton membre trouve enfin la place de s’ériger dans l’entièreté de sa gloire. Chassez le naturel, il reviendra au galop. Impérieux tu l’es toujours, seulement pour cette fois tu seras un roi affectionné.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mar 3 Mai 2016 - 0:59

Ìrim était vraiment un cas unique, bien différent de tout ce qu’il avait connu. La porte refermée, un démon s’était éveillé en lui prêt à dévorer Zaahrian qui ne pouvait absolument rien faire. Pire encore, l’assassin se surprenait à en avoir autant envie que lui. Alors qu’il maîtrisait bien ses propres pulsions normalement, le blond avait l’impression de perdre pied et cette sensation de vertige qui en résultait n’avait absolument rien de comparable à tout ce qu’il avait vécu dans sa vie. Même l’affluence d’adrénaline qui suivait la mise à mort de quelqu’un ne s’en rapprochait même pas et pourtant, c’était très intense. Il voulait le voir nu. Il voulait le toucher. Il voulait être touché. Il voulait le sentir en lui. Il voulait que ce soit sauvage même s’il devait le regretter au matin. Tant qu’à avoir mal, autant que ce soit pour une bonne raison. Évidemment, Ìrim se savait désirable. Il était tellement imbu de sa propre personne que ça frôlait la caricature. Il disait que c’était plutôt l’assassin qui devrait être impressionné, car il avait dépensé de l’argent pour lui… La dernière fois que Zaahrian a croisé un être au même tempérament, il avait la peau sombre et ses iris sanglants. Pouvait-il être un hybride de cette espèce? Sa peau présentait une coloration plutôt foncée, mais jusque-là, l’assassin l’avait attribué à une vie passée sous les rayons du soleil. Toutefois, avec sa carrure plutôt exceptionnelle, le doute chez l’assassin grandissait. Peu importe, ce n’était certainement pas le moment de se poser pareille question. On vit et on le regrette ensuite, voilà tout.

Quelqu’un avait dit à Ìrim que Zaahrian avait une grande gueule. Ça ne pouvait être que Guilin, mais le blond éclata de rire, car pour son esprit enivré par les hormones, cette phrase avait un lourd double sens. Qui sait, peut-être se laissera-t-il tenter lorsque le monstre sera libéré de sa prison de tissus. Ìrim semblait de plus en plus à l’étroit dans ses propres vêtements, mais il préféra s’occuper de la tenue de l’assassin. Il commença par lui arracher sa tunique qui déchira au niveau des coutures. Voilà, grâce à Ìrim, il devra rentrer torse nu demain. Espérons qu’il n’aura pas trop de marque de morsure ou de griffures, ça pourrait être embarrassant. D’ailleurs, les lèvres des guérisseurs n’hésitèrent pas un seul instant à se poser sur son épiderme brulant ce qui arracha un soupir à Zaahrian. Toutefois, comme ce dernier resserrait son emprise sur cette protubérance qui menaçait l’intégrité du pantalon qui la contenait, Ìrim s’interrompit, tout son corps violemment secoué d’un frisson. Il se redressa et son torse s’enfla soudainement lorsqu’il prit une profonde inspiration qui fit éclater les coutures de son propre vêtement. Bon sang, comment avait-il réussi à mettre cette tunique en premier lieu? L’avait-il enfilé en sachant d’avance que ça risquait d’arriver dans le seul but d’impressionner Zaahrian? Peu importe le motif, le blond était impressionné. Il marqua un nouveau temps d’arrêt, admirant ce corps qui s’était soudainement dévoilé à lui. Cet homme avait un physique hautement avantageux. Pourquoi se cacher dans de grands vêtements trop amples? Le monde méritait d’être ébloui par cette vision d’un autre monde. L’assassin n’eut pas l’occasion d’en profiter bien longtemps. Ìrim le prit contre lui pour rouler dans le lit et soudainement inverser les positions. L’assassin se retrouvait ainsi libre de ses mouvements et à nouveau maître de la situation, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Piteusement, le guérisseur lui demanda son aide pour le libérer de ce pantalon qui risquait à tout moment de lui couper la circulation sanguine, une situation qui serait très fâcheuse si elle se concrétisait. Il avait appuyé sa main sur ce renflement monstrueux dont la chaleur irradiait à travers le tissu du pantalon. Un sourire malicieux étirait les lèvres de Zaahrian. En fait, ce sourire ne l’avait pas quitté le début de cet échange.

— Je peux peut-être t’aider…

Ses doigts habiles se mirent à la tâche, mais il faut rapidement obligé de capituler. Le tissu était très serré et il n’arrivera pas à lui retirer le vêtement à moins d’en faire sauter les coutures à l’image du terrible destin ayant emporté sa tunique quelques minutes plus tôt.

— Tu dois vraiment être à l’étroit. Il me faut sortir les gros canons…

Quel jeu de mots horrible, mais en finissant sa phrase, Zaahrian sorti la dague qu’il avait toujours sur lui. Le couteau à la lame bien affutée tourna sous ses doigts d’un air menaçant.

— Ne t’inquiète pas, je suis un professionnel!

Avec la précision d’un chirurgien, Zaahrian fit sauter les coutures du vêtement qui ne lui offrirent aucune résistance. En quelques secondes à peine, la tour de chair palpitante était enfin libérée de son étouffante prison de tissus et l’assassin cacha bien mal sa surprise lorsque son regard se posa sur l’organe aux proportions pharaoniques. Il s’était dit qu’il allait le sentir pendant une semaine, mais maintenant sa prévision était vu à la hausse.

— Je comprends maintenant pourquoi c’était douloureux. J’espère que tu as des vêtements pour te changer demain, car je crains que ceux-ci ne te soient plus d’aucune utilité.

Il écarta les lambeaux de la tunique pour avoir le plein accès à ce torse musclé. Zaahrian se pencha sur lui pour poser ses lèvres sur l’épiderme de l’hybride et le couvrir de baisers. Ses dents pincèrent sans ménagement l’un des mamelons qu’il laissa rougis et enflés avant de s’attaquer au second avec la même gourmandise. Ses mains remontaient les flancs d’Ìrim qu’il griffa à la hauteur des côtes. Son propre appétit était manifeste et ses lèvres entamaient une lente descente sur son ventre.

— Quel délice… Souffla l’assassin contre sa peau. Un peu salée par la sueur… hum… Je me demande quel gout tu as. Ils ont tous un goût différent, non?

Il descendit sur l’aine qu’il effleura de ses lèvres sans pour autant s’approcher plus du membre qui s’appuyait pourtant sur le côté de sa tête.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mar 3 Mai 2016 - 12:47


- Fais donc, je t’en prie.

Jamais tu n’aurais été tant versé d’excitation par la proximité d’une lame, et en temps normal tu aurais probablement questionné la présence d’une arme à portée de ton partenaire durant un ébat, mais celle-ci se prouvait être providentielle. Tu ne dis rien, te contentant de sourire, admirant la précision de ton amant au maniement du couteau. Pas à un seul moment tu n’as craint pour ton intégrité physique, pas à un seul moment la possibilité qu’il ne te blesse, de volonté propre ou par mégarde, ne t’a effleuré. Tu lui fais confiance. Tu lui fais étrangement confiance et il te le rend bien. Ton bassin se soulève, et tu te laisses aller à un monstrueux soupir de soulagement quand finalement les coutures sont rompues, et ton palpitant libre. Et tu ris, tu ris de satisfaction, te délectant des expressions traversant le visage du blond à l’idée de ce qui l’attend.

- Non, mais ne t’inquiètes pas pour moi, je m’arrangerai.

Sans plus attendre, tes mains passent dans son dos, et tu appelles celui que tu ne sais pas être un assassin au rapprochement, au corps à corps, ce à quoi il s’attelle volontiers, laissant la trace de ses lèvres tout le long de ta nudité, ne se formalisant que peu de ton étreinte tant que son visage est plongé dans ta poitrine. Tu gémis lorsque les dents se referment sur un point sensible, desserre ton accolade pour mieux remonter son dos, le creusant de tes ongles top courts pour y laisser la moindre marque durable. Ils descend, il descend jusqu’à ton aine et tente tes sens de la plus cruelle des manières. Ton membre frémit, semble s’allonger de sa propre volonté contre la tempe de Zaahrian, implorant service à sa manière. Toi par contre, il y a une chose que la vision de ta propre virilité te rappelle, c’est que celle de ton partenaire n’a pas encore été libérée.

Tu te relèves brusquement, empoignant ton amant, lui forçant le visage face au tien pour lui voler un nouveau baiser. Tu te soulèves, du lit, l’emportant avec toi, quitte la poigne que tu as sur ses mains pour agripper ses cuisses. Il te suit, croise les cuisses dans ton dos, et savourant le goût de ses lèvres, profitant de l’appui qu’il a trouvé seul, tu t’affaires à le défaire du reste de ses vêtements. S’il était doué la dague à la main, tu l’es tout autant pour faire disparaître ceintures et pantalons. Seules restaient comme obstacle à ta besogne ses jambes entremêlées, mais aussi rapide à comprendre tes intentions qu’à les réaliser, dans une acrobatie d’une grande souplesse, il t’aura laissé le mettre à nu, avant de reprendre position. À court d’air, tu brises le baiser, lui rendant de tes dents la monnaie de sa pièce, et front contre front, yeux dans les yeux et les lèvres à quelques millimètres des siennes, tu fais une déclaration inattendue.

- Je n’en sais rien… Rien en ce monde ne me semble plus appétissant que toi.

Rien, pas même toi, ne saurait rivaliser de tentation avec le magnifiquement rebondi fessier de l’assassin. Tu te prends à penser que les bénédictions de deux panthéons de divinités ne suffiraient pas à créer telle perfection. Ne serait-ce que l’empoigner de tes mains, en redessiner la forme te submerge de félicité. Ton corps se tend, ton propre divin fessier se serre sous les frissons, et ton membre… il n’est pas de mot pour décrire ce qu’il subit et te fait subir, plus rigide que jamais, appuyant contre le torse de Zaahrian au point de presque vous écarter. Tu aimerais prolonger ces jeux encore un peu, mais ta virilité ne le supporte plus. Ton visage plonge au creux de son cou, et tu y marques à jamais ton territoire de tes dents avant de lui souffler à l’oreille.

- Désolé Zaahrian, mais je ne tiens plus.

Tu te laisses choir contre le matelas, l’oreille de ton amant délicatement coincée entre tes dents, et tu roules une fois encore, profitant pour le retourner comme une crêpe, prenant le pouvoir sur lui, pour l’ultime fois. Respirant bruyamment , tempe contre tempe, tu te laisses aller à des mots que tu n’auras jamais prononcé.

- Faisons-nous l’amour Zaahrian, pour ne jamais l’oublier.

Et lentement tu te recules, rictus presque compatissant aux lèvres, prenant avec excitation la mesure de la perfection de son séant. Il inspire, tu inspires, et lorsque finalement tu entreprends de l’envahir, vous gémissez à l’unisson. Tu te penches contre son dos maintenant, et le serre avec attention, tandis qu’en son intérieur, tu avances avec une toute nouvelle précaution. Tes mains glissent sous son ventre un instant, et c’est caressant de tes doigts son membre, que tu forces le tien à travers ses viscères.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Jeu 5 Mai 2016 - 21:41

Si Ìrim avait l’intention de quitter cette chambre dans son plus simple appareil pour parader dans la ville jusqu’à chez lui, Zaahrian ne voulait pas manquer ça! S’il le fallait, l’assassin irait lui trouver des vêtements, ses propres habits étant encore entiers contrairement à ceux de son partenaire. D’ailleurs, à l’image d’Ìrim, Zaahrian se sentait de plus en plus à l’étroit dans son pantalon. Il avait bien envie qu’on le lui retire. Il faisait tellement chaud dans cette chambre. La température était montée en flèche avec la présence des deux hommes. Les mains du blond se faisaient fiévreuses sur le corps de son amant, caressant chaque centimètre de peau qu’il pouvait atteindre. Le guérisseur se redressa soudainement pour prendre les lèvres de l’assassin pour baiser. Il se laissa faire volontiers, réprimant mal un sourire ravi. En fait, depuis le début de ce sulfureux échange, le blond n’arrêtait pas de sourire. Il faut dire qu’il avait toutes les raisons du monde d’être content. Il avait rarement des amants aussi démonstratifs qu’Ìrim. Ce dernier démontra une fois de plus sa surprenante force physique en soulevant Zaahrian du lit sans interrompre le baiser. L’assassin passa ses jambes autour du guérisseur pour se donner un appui. Il n’avait plus besoin de le tenir et pouvait s’affairer à lui retirer son pantalon. Sa ceinture tomba rapidement sur le sol et Zaahrian dû lâcher son étreinte pour que le pantalon soit totalement retiré sans même que ses pieds ne touchent le sol. Il ne se tenait que par la force brute de ses bras à Ìrim qui ne broncha même pas.

La nudité des deux hommes ne pouvait que précipiter les choses maintenant. Le baiser fut enfin rompu, laissant Zaahrian légèrement haletant. Ìrim dit alors un commentaire qui l’aurait peut-être fait rougir dans une autre vie, mais qui ne fit qu’étirer un peu plus son sourire.

— Sur ce point, tu m’opposes une très sérieuse compétition.

Quel drôle de hasard qu’ils se soient croisé ces deux-là. Si Guilin ne s’était pas blessé, il aurait été tout à fait possible que les deux hommes ne se croisent jamais. Après tout, Thaar est une très grande ville. Les dieux en avaient décidé autrement. Ils les avaient réunis, causant ainsi des flammèches qui devaient être visibles depuis les cieux. Zaahrian allait se souvenir longtemps de cette nuit. Ìrim touchait avec envie son derrière contracté par l’effort de se maintenir dans cette position toujours accroché au guérisseur. L’impatience se faisait de plus en plus palpable. Zaahrian avait du mal à se retenir, soupirant entre les bras d’Ìrim alors qu’il imprimait ses dents dans la chair tendre de son cou. Enfin, il souffla à son oreille qu’il n’en pouvait plus. Le guérisseur retourna vers le lit où il se laissa tomber en le faisant une fois de plus craquer de façon sinistre. L’assassin pouvait difficilement être plus d’accords avec la proposition de son amant, mais c’est lorsqu’il le retourna sur le lit qu’il marqua un bref temps d’arrêt. C’était trop rapide. Il fallait plus de préparation que ça! Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais seul un gémissement en sortit alors qu’Ìrim trouvait le chemin de son intimité. Son souffle se faisait tremblant. Il ferma les yeux alors que son amant s’introduisait en lui, impérieux. Sans la préparation adéquate, ce genre d’échange pouvait se révéler hautement inconfortable, voir douloureux et c’était de la douleur que ressentait Zaahrian en cet instant. Le front enfoui contre le lit, Zaahrian haletait, tentant péniblement de reprendre son souffle. Ìrim prenait littéralement toute la place. Lorsqu’il fut entièrement en lui, le blond souffla d’une voix étouffée.

— Donne-moi un peu de temps… juste un peu…

Il déglutit. Il devait être aussi étroit qu’une pucelle. Il lui fallut une bonne minute avant de s’habituer cette imposante intrusion. Lors de sa précédente expérience, son amant n’était pas aussi bien équipé et il le sentait maintenant. La douleur s’atténua considérablement au point qu’il commença à remuer de lui-même, encourageant ainsi Ìrim. Chaque coup de bassin lui arrachait un gémissement et ces derniers devenaient de plus en plus forts à mesure que l’intensité augmentait. L’assassin était à un point où il ne pouvait plus aligner une pensée cohérente. Son esprit était embrumé par le plaisir et l’extase qui se profilait.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mar 10 Mai 2016 - 18:50


Sorti de ses habitudes, Zaahrian était inquiet, mais ne l’aurais-tu pas été autant à sa place ? Autant ou même plus… Tu n’as jamais fait qu’être servi et prendre après tout. Aurait-il suffi que l’assassin prenne les devants, te couche et s’impose à toi comme tu t’es imposé à lui, et tu aurais probablement mis court à l’échange sans hésiter, infâme démon d’égoïsme que tu es. La volonté de dominer sur ton partenaire ; même maintenant, alors que tu te veux doux, que tu te veux dans un instant de partage, un moment d’amour plutôt que de simple sauvagerie nocturne ; tu n’arrives pas à te défaire de cette envie. Envie malsaine qui t’aurait d’ordinaire envie de forcer le passage lorsqu’il te demande du temps, mais envie que tu sais un minimum tempérer. Tu fais taire un petit rire moqueur dans sa nuque, le caresse doucereusement pour t’attirer un peu plus de sa confiance, et finalement, ravale ta salive pour lui offrir le souffle court.

- Ne t’inquiètes pas, tout se passera bien.

Et avec cela, lentement tu repartais, glissant précautionneusement à la force de ton bassin, prenant garde d’observer l’aise de ton amant avant de parcourir le moindre millimètre de plus. Tu ne t’étais pas attendu à ce que le semi-elfe soit si… étroit. L’avancée devait être aussi difficile pour toi qu’elle n’était pénible pour toi et Zaahrian était tendu, anxieux peut-être, mais il acceptait, il attendait de voir au futur, et confiant, autant en toi qu’en lui, tu soutenais la cadence au fur et à mesure que son corps te le demandait. Parfois un gémissement te laissait comprendre que tu touchais au but, d’autre fois une crispation te disait que tu y étais allé trop fort. Quand il se courbait de plaisir tu en profitais pour lui flatter le torse. Quand il s’arquait de douleur tu te faisais pardonner d’un baiser plus doux que le miel sur une quelconque part de sa peau accessible à tes lèvres.

Bientôt la fusion est complète, et vous agissez comme un. Loin du ciel d’étoiles décrit par les récits clichés de relation parfaites, les cieux qu’observent tes yeux à demi fermés sont parsemés de vide. Plus rien n’est véritablement important à observer, et tu te contentes avec grand plaisir de l’image trouble qu’est celle que te laisse la luxure du monde. Bientôt ni toi ni Zaahrian n’êtes plus. Ton monde s’arrête à cette chaleur, à ce frisson parcourant ton corps, à ces douces crampes, aux provocantes douleurs infligées par la retenue… tu vas, tu viens, tu cognes, tu caresses sans plus réfléchir. L’instinct fait les questions et les réponses jusqu’à reformer le tout qu’il s’est appliqué à effacer.

Et soudain tu revis, prends une grande bouffée d’air en t’accrochant désespérément à ton compagnon du soir. Tu serres sa cage thoracique à lui en couper le souffle ,te laisses choir sur le flanc avec lui pour mieux pouvoir passer tes bras autour de lui et alors tu plonges ton visage dans son cou, et referme au mieux l’écart entre ton abdomen et son dos. Au plus profond de son intimité, les dents refermées sur son épaule pour faire taire les râles qui se bousculent dans ta gorge, tu trouves ce que tu cherchais. Le paroxysme du bonheur.

Ton corps entier se relâche, tes doigts jouent lascivement dans les creux dessinés par ses abdominaux prononcés, et sans prononcer un mot, ni même te retirer de son séant, tu lui intimes ton contentement et ton désir s’il le veut bien, de le garder dans tes bras jusqu’à demain.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Mer 11 Mai 2016 - 23:05

Ìrim avait au moins la qualité d’être un amant attentif. Il aurait été facile d’être emporté par la sauvagerie du moment pour ne plus se soucier que de son propre plaisir. Au contraire, Ìrim prenait tout son temps en y allant en douceur. Quand il devenait trop fougueux et causait de la douleur à Zaahrian, il se faisait pardonner par un doux baiser sur son épiderme. Au final, l’assassin y trouva parfaitement son compte. Même que c’était la première fois qu’il éprouvait autant de plaisir pendant l’acte. Les autres avaient été satisfaisants à plus d’un niveau, mais cette fois, c’était différent. Zaahrian serait bien embêté de l’expliquer autrement qu’en disant que c’était mieux. Ce l’était, sans le moindre doute. Tous les problèmes qu’il pouvait avoir disparurent de son esprit. Il s’abandonna totalement à Ìrim, profitant de chaque minute que dura cet échange entre les deux hommes. Bientôt, à force de caresses, de soupirs et de gémissement, Zaahrian ne put se retenir plus longtemps. Il fut emporté par l’extase la plus parfaite. Il ne pensait pas aux marques de dents qu’il aura au matin. Son corps était parcouru de délicieux spasmes qui le laissèrent dans une douce béatitude, mais également rompu de fatigue. Sous l’effet de la jouissance, Ìrim lui broya pratiquement les côtes tout en enfonçant ses dents dans la chair de son épaule. Dans quel état sera-t-il le matin venu? Peu importe, dans l’immédiat, Zaahrian voulait surtout dormir. Le guérisseur l’attira fermement contre lui, manifestant ainsi son désir de le garder dans ses bras pour le restant de la nuit. Le blond n’opposa aucune résistance et se laissa plutôt emporter par le sommeil dans un long soupir de contentement.

+++++

Le soleil se leva au-dessus de l’horizon, chassant la fraicheur nocturne. La ville s’éveilla enfin et ses habitants prirent d’assaut les rues de la ville dans le chaos habituel. La plupart des visiteurs de l’auberge étaient déjà réveillés depuis un moment. Certains avaient passé de meilleures nuits que d’autres. Dans la chambre occupée par Zaahrian et Ìrim, rien ne bougeait. Le soleil s’élevait au-dessus des bâtiments de la ville et plongeait directement dans la fenêtre de la chambre. Bien que les volets aient été fermés, quelques rayons inquisiteurs parvenaient à passer dont un qui se posa directement sur les yeux du blond. Zaahrian aurait probablement dormi un peu plus longtemps si ça n’avait pas été de ce visiteur importun. Il remua dans son sommeil pour être aussitôt transpercé de douleur. Il ouvrit les yeux avec la vague impression d’avoir été battu par un objet contondant. En tourna la tête, il vit qu’Ìrim s’était légèrement écarté sans pour autant le libérer totalement de ses bras, de sorte que l’objet contondant en question était bien visible, quoiqu’inoffensif. Zaahrian avait mal. Déjà, ses entrailles étaient dans un drôle d’état, mais le pire était la douleur qui irradiait ses fesses et son bassin. Lorsqu’il ne bougeait pas, c’était tolérable, mais dès qu’il remuait un peu, il le regrettait amèrement. Il grimaça avant de faire un rapide examen visuel des dégâts. Le semi-elfe était couvert d’ecchymoses pratiquement des pieds à la tête au point où il se demanda sérieusement s’il ne s’était pas battu pendant la nuit, mais qu’un abus d’alcool lui aurait tout fait oublier. Non, il avait les idées parfaitement claires et sa tête ne lui faisait pas mal. C’était bien la seule partie de son corps qui ne lui faisait pas mal. Ses côtes lui faisaient mal, son épaule lui faisait mal là où Ìrim l’avait sauvagement mordue lors de l’apothéose… En même temps, il pouvait difficilement se plaindre. Il avait eu beaucoup de plaisir et il ne dirait pas non pour recommencer dans un avenir rapproché. Malheureusement, Zaahrian ne pouvait pas garantir sa présence à Thaar bien longtemps, mais rien ne disait qu’il ne reviendrait pas trainer dans le coin de temps à autre. Ìrim pouvait être raison suffisante pour le faire en plus de Guilin, car rien ne garantissait que son ami allait le suivre. Il sentait de plus en plus son besoin d’être indépendant et c’était tant mieux ainsi.

L’assassin avait la bougeotte. Il était incapable de déterminer l’heure qu’il était, mais à en juger par le soleil et le bruit à l’extérieur, la matinée devait être bien avancée. Il se demandait si Ìrim dormait encore. Sa respiration était lente et calme, signe qu’il devait toujours être assoupi. Zaahrian devait l’admettre, il faisait un bon oreiller. Il avait mal partout, mais il avait rarement aussi bien dormi dans le même lit que quelqu’un.
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MessageSujet: Re: Les portes du placard [PV Zaahrian]   Ven 13 Mai 2016 - 17:28


Epuisé, mais décidé à être le dernier à fermer l’œil, tu t’accroches à l’éveil dans une dernière caresse de ton pousse sur le ventre de ton amant. Une dernière bise dans son cou, et ainsi tu le berces jusqu’à ce qu’il se laisse emporter, tu profites de sa délicate figure, privée des rictus adoucie par le sommeil pour apprécier son élégance d’une nouvelle manière. À quoi pouvais-tu bien ressembler quand tu dormais ? C’est l’une de ces questions dont on est le seul condamné à ne jamais connaître la réponse. À quoi pouvais bien ressembler ton enveloppe une fois ton esprit plongé dans l’univers de Maurquimellë, le masque enorgueilli tombé, la carapace hautaine craquelé et ton cœur à fleur de peau ? Peut-être ton masque à force d’exercice ne tombe-t-il même plus. À vrai dire, tu ne saurais même pas toi-même dire qui tu es derrière le monstre d’amour-propre en lequel tu t’es forgé. Tu te souviens juste t’être fait ainsi dans le deuil, mais ce qu’il y a sous la carapace… cela fait longtemps que tu t’en es trop déconnecté pour à nouveau l’entendre. Une âme sincèrement généreuse peut-être. C’est la version que content ceux que tu as éloigné d’entre les griffes de la mort, et elle te convient. Tu ne le vois pas, mais quitte à attirer le compliment, autant le prendre pour acquis et se laisser glisser dans le sommeil sur de belles pensées.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Le monde tremble, secoué d’un séisme à en réduire Thaar en un tas fumant de gravats. La terre s’agite dans son entièreté et avec une continuité déconcertante. Absolument tout, tout sauf toi, se meut dans une harmonie n’ayant qu’une et unique signification. Tu es le seul intrus ici. Il est temps de quitter tes rêveries.

Tes paupières se soulèvent difficilement, pas entièrement décidées à accueillir la lumière déjà trop forte, et tes bras lâchent leur magnifique prise pour t’autoriser à t’étirer de tout ton long. Zaahrian était toujours là, et déjà réveillé. Depuis combien de temps ? Au vu de la hauteur de l’astre lumineux dans le ciel, il est bien possible qu’il ait passé de longues heures à t’attendre, logé dans tes bras. Au moins le remuant petit blond aura fini par comprendre comment te secouer. Au sens littéral du terme. Quelques grognements d’homme à peine réveille plus tard, tu posais à nouveau les yeux sur ton amant, et avec le plus grand des naturel, tu le lâchais pour te retourner sur le ventre, aussi face à face que te permettait ta position allongée à ses côtés, et lui posais une bise sur les lèvres.

Tu es tout sourire, sans arrière-pensées, sans provocation, simplement heureux, content de la soirée passée en sa compagnie et plus que satisfait de la nuitée... Tu es entièrement avec Zaahrian, chose assez rare pour être mentionnée, mais lui semble ailleurs. Probablement prenait-il conscience des marques que tu lui as infligé durant vos ébats, de beaux trophées aux yeux de tes instincts séducteurs, mais une source de culpabilité pour le guérisseur. Ìrim-au-toucher-apaisant attendrait tout de même le temps que tu te sois un minimum délecté de ton territoire nouvellement acquis tant qu’il est encore tien. Le temps s’égrenait dans cet échange muet et L’air pensif de Zaahrian ne semblait lui pas vouloir s’en aller. Un bras se voulant rassurant finalement enroulé autour de ses épaules, tu brises finalement le silence.

- Qu’est-ce qui ne va pas ? Après tout ça tu ne vas quand même pas me dire que tu as passé un mauvais moment ?

Sarcasme, doux sarcasme. Tu souris toujours, certain de ne pas être la cause de ses soucis, seulement tu aurais aimé, ne serait-ce que par pure curiosité, savoir ce qui le tracasse tant.
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