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 Diantra a besoin de toi ! [Libre]

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Oscario d'Anoszia
Humain
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MessageSujet: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Mar 12 Avr 2016 - 9:32


Le site de la réunion avait été choisi pour sa proximité des remparts, afin que des réfugiés puissent s’y rendre sans avoir à traverser la cité de part en part, mais aussi de par la taille de la place. Depuis plusieurs jours, un charpentier et quelques volontaires désireux d’apprendre le métier avaient œuvré le bois afin d’élever une estrade surplombant le niveau du sol d’au moins un mètre cinquante, pas moins. La hauteur était importante et Oscario n’avait pas lésiné sur l’usage d’un bon bois, massif et propre, pour faire bonne impression. Des marches conduisaient au sommet de la balustrade par le côté gauche alors que d’autres permettaient d’en descendre par la face opposée.

Et pour être certain que la foule répondrait présente on avait fait le courir la rumeur selon laquelle des pendaisons auraient probablement lieu. Quelques exécutions étaient toujours le gage d’une foule nombreuse et attentive.

Ce ne serait pourtant pas le cas aujourd’hui.

Oscario faisait les cent pas au sommet de la scène ; un brin sur la défensive quant à la quantité de gens qui se déversait progressivement sur place. Les hommes de main qu’il avait positionné aux quatre coins de la place avaient pour principale tâche de veiller à ce qu’aucune bousculade ne se produise. En effet il était bien improbable que des malandrins ou tombeurs de bourse puissent faire ici fortune, tant la misère s’était emparée du commun des mortels. La faim, la soif, l’insécurité, la peur, l’absence de lendemain, voilà bien le genre d’adversaires que l’on ne pouvait espérer vaincre l’épée à la main.

« Mon nom est Oscario d’Anoszia ; j’imagine que certains d’entre vous me connaissent » interrogea-t-il en direction de la foule d’une voix qui porte. Habitué à se faire entendre sur le pont d’un navire malgré la cohue, les orages et le tonnerre, ce n’était pas le brouhaha informe d’un rassemblement de Diantrais qui allait l’empêcher de se faire entendre.

« Un foutu con venu de l’Ydril » fut lancé d’un côté de la foule ; auquel répondit un « Il est né à Diantra, cul-de-nonne ! » d’un autre point anonyme du rassemblement. L’Anoszia leva ses mains en signe de capitulation et fut contraint de compléter ces deux premières interventions d’un « Et bien ma foi, il y a du vrai dans ces deux assertions » qui tira quelques soulagements et rires des premiers rangs de la foule. La résignation des Diantrais était parfois telle qu’une charge lance baissée sur le public en guise de réparation de l’insulte faite ne les aurait pas surpris outre mesure.

« Mon père m’a envoyé de l’Ydril afin d’assister mon frère, le Duc Oschide, c’est un fait. Et mon frère m’a immédiatement assigné pour grand œuvre d’agir pour les Diantrais ; pas pour la gloire ou le symbole de Diantra mais pour les Diantrais » introduisit-il.

« Il est vrai que j’ai poussé mes premiers cris de naissance à Diantra, il est vrai. Mais fondamentalement, ce n’est pas de moi dont a besoin Diantra, non. Ce dont a besoin de Diantra ; c’est de vous  » poussa-t-il à l’encontre de la foule.

« La faim, la soif, l’insécurité, la peur, l’absence de lendemain, voilà bien le genre d’adversaires que l’on ne pouvait espérer vaincre l’épée à la main. Non. On ne peut les vaincre l’épée à la main. Mais on peut tenter de les combattre « main dans la main » poursuivit-il avec une véhémence maîtrisée.

Il avait espéré que certaines mains se lèvent déjà mais personne ne semblait encore prêt à relever le défi, gravir les marches et venir à sa rencontre. Mais « bougre de con » se dit intérieurement Oscario, si toi tu flageoles sur ton estrade, pense un peu à la pression que la foule peut mettre sur un de ses membres.

« Mais la vérité n’est pas seulement que Diantra a besoin de vous, non. En réalité… » Laissa-t-il en suspend le temps de pointer un jeune homme du doigt au second rang.

« En réalité Diantra a besoin de toi » asséna-t-il en sa direction. De toute évidence, la cible de ce doigt aurait marqué un pas en arrière si les rangs derrière lui n’avaient  été aussi soudés que ceux d’une cohorte de lanciers sous les murs d’Alonna.

« Ton nom et ta profession » dit-il en l’invitant à le rejoindre. Plusieurs des cousins d’Oscario l’invitèrent à le suivre et l’escortèrent jusqu’aux marches.

« Bastide est mon nom, meunier et apprenti boulanger sont mes professions » bredouilla-t-il non sans que l’un des relais d’Oscario ne renvoie le message à la foule.

« Bastide est son nom, meunier et boulanger sont ses professions » gronda Benvolio pour que tous entendent.

« Tu es d’un grand courage d’être le premier à accepter monter sur cette estrade » le complimenta Oscario avant que son interlocuteur ne tourne de l’œil. Sorti des rangs de la foule, il faisait bien plus jeune que lorsqu’il restait figé dans la masse des anonymes.

« Benvolio … fais-moi apporter le registre des « Pairs de Diantra » que j’inscrive le nom de Bastide sur la première ligne ; je tiens à ce que les générations à venir se souviennent qu’un meunier-boulanger aura été le premier à se signaler » pérora Oscario.

« Parce que tu crois que les guildes de tanneurs vont rester là à regarder un briseur de grains de blés sans rien dire ? Je serai le second à m’inscrire » le tança un type de presque deux mètres de haut émerger de la foule pour venir se placer aux pieds des marches.

« Mais… notre roue est bloquée, j’ai bien tenté de la redresser mais… seul… » Tenta de se justifier le glorieux Bastide, Pair de Diantra. Oscario prit le temps d’inscrire son nom et qualification sur un registre et se redressa pour clamer : «  une roue bloquée est de trop pour un seul homme, mais pour cinq de plus ? » interrogea-t-il en direction de la foule. Un homme en signala trois du côté droit de l’estrade par un « Trois ici » engagé, complété par plusieurs autres candidatures plus ou moins spontanées.

« Approchez, et venir faire enregistrer vos noms et vos qualifications » les invita-t-il de la voix et de la main.

La tanneur posa pied sur l’estrade et prit un ascendant soudain sur l’Anoszia.

« Léandre est mon nom, Maitre-tanneur est ma profession » gronda-t-il avec dans la voix assez d’air pour alimenter un soufflet de forge. Il fit deux pas en direction du rebord et invectiva certains gars dans la foule.

« Ramenez vos fesses ici  vous quatre là, et vous trois là-bas aussi, c’est votre directeur de corporation qui vous convoque ; et ne me faîtes pas attendre, sans quoi, c’est vos fesses que je vais tanner pour me remettre en canne » les gronda-t-il avec le ton d’un aboyeur professionnel. Ses apprentis et associés ne firent guère grise mine et acceptèrent la convocation avec la force de l’habitude. Et sept hommes prolongèrent la queue, ainsi que deux femmes, dont une portait un enfant en bas âge.

A chaque fois qu’un volontaire grimpait sur les marches, le même rituel se reproduisait : on citait son nom et ses qualifications puis l’on inscrivait ces informations sur le registre des « Pairs de Diantra ». Au diable ceux qui n’en seraient pas avant la fin de la journée, on pourrait désormais tout voler aux Diantrais, ceux qui s’étaient portés volontaires seraient maintenant et à jamais les « Pairs » de la cité.

Durant les inscriptions Oscario complétait ses appels.

« Tu es herboriste ou prêtre, Diantra a besoin de toi. Les malades et les souffrants se comptent par centaine » déclara-t-il.

« Mais les officines sont fermées, les médications épuisées ! » objecta un témoin.

« Mais si tu t’y connais tu nous accompagneras sous bonne escorte dans les bois afin de reconstituer les stocks et nous pourrons, lorsque la chose est possible, mettre en culture » retourna immédiatement Oscario.

« Viens » l’invita-t-il avant de passer au suivant.

« Si tu es chirurgien et que tu sauves plus de patient que tu n’en tues, Diantra a besoin de toi ! » poursuivit-il en arrachant sarcasmes et rires de cette pourtant abjecte réalité. En effet, le nombre de charlatans était si grand en cette profession que souvent le remède était plus risqué que le mal.

« Homme fort, bâtisseur, charpentier, maçons ou juste fiers à bras, Diantra a besoin de toi ! » annonça-t-il avant de citer la longue liste de travaux qui restaient en souffrance.

« Bergers, éleveurs, pêcheurs, Diantra a besoin de toi ! » considéra-t-il en arrachant quelques  bruits d’estomacs agacés à évoquer tant de nourriture.

« Mercenaires ou anciens soldats, Diantra a besoin de toi ! »  poursuivit-il en décrivant la nécessité de veiller sur la sécurité des Diantrais.

« Juge de ville, Diantra a besoin de toi ! » ajouta-t-il afin que le recours à la loi – et non seulement à la force de la loi – ne soit pas oublié.

« Et pour tous ceux que j’aurai oublié, Diantra a aussi besoin de toi ! » compléta-t-il en suggérant à tous ceux qui souhaiteraient se porter volontaire de bien vouloir le faire présentement.

Lorsque la file des obstinés et des opiniâtres commença à se tarir pour laisser la place aux suiveurs et aux pris de remords, Oscario se retira à l’arrière de la scène en passant la main à un de ses comparses.

« Je suis épuisé » finit-il par reconnaitre auprès de Mercutio.

« Pairs » de Diantra, hein ? » L’interrogea son cousin au second degré.

« Si fait ; c’est la seule chose que plus jamais on ne pourra leur retirer. Leurs ventres seront peut-être aussi vides que leurs escarcelles, la maladie pourra les mettre à terre ou en terre, mais personne ne pourra nier qu’ils étaient « Pairs de Diantra » ; maintenant et à jamais » considéra Oscario, avec une certaine fierté pour ces volontaires.
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Artémis
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MessageSujet: Re: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Sam 16 Avr 2016 - 12:26


Un peu à l’écart de l’estrade, Artémis n’écoutait que d’une oreille distraite le discours d’Oscario, plus occupé par ce que lui expliquait le capitaine des gardes au sujet de sa future proie. Comme à chaque début de traque, il amassait autant d’information que possible afin d’élaborer son plan, et déjà le délicieux frisson de la chasse d’insinuait en lui, d’autant plus qu’il retrouvait un ancien terrain de jeu abandonné depuis longtemps. Officiant la majeure partie de son temps en Ithri’Vaan, le chasseur de primes s’était résolu à tenter sa chance du côté de la Péninsule durant quelques ennéades suite à une légère controverse avec l’un des seigneurs du crime de Thaar.

Ayant plusieurs fois changée de main dans les mois précédents, l’ancienne capitale du royaume humain se trouvait dans un piètre état, ce dont profitait les bandes de voleurs qui écumaient ses rues. Les autorités, débordées de demandes, faisaient appel à des hommes comme Artémis pour rendre la justice à leur place, de manière assez expéditive mais efficace. Le contrat sur lequel le chasseur de primes avait jeté son dévolu concernait un mystérieux « Diacre », soupçonné d’être à l’origine de plusieurs disparitions d’enfants. L’identité du gaillard ainsi que ses motivations demeuraient à ce jour un mystère, mais la population commençait à grogner en voyant que rien n’était entrepris pour stopper ces forfaits.

Artémis ayant l’habitude d’établir ses tarifs, il avait voulu imposer ses conditions avant de commencer la chasse. Hésitant à les lui accorder sans ayant au préalable reçu l’aval de son seigneur, le capitaine fit signe à Oscario que sa présence se trouvait nécessaire. Lorsque le Grand-Amiral les eu rejoint, l’officier entreprit de lui expliquer la situation :


Votre seigneurie, cet homme est un chasseur de primes réputé en provenance d’Ithri’Vaan. Il accepte de traquer le Diacre, mais il demande pour cela moitié plus que la somme prévue, ainsi qu’un sauf-conduit de votre main.
Ce prix est honnête, grommela Artémis. La ville est à moitié détruite, vous ne la tenez que du bout des doigts et les malandrins y grouillent comme des mouches en été. Trouver le Diacre ne sera pas chose aisée et je veux être correctement rémunéré pour mes efforts. Quant au sauf-conduit, c’est une simple affaire de bon sens. J’ignore pour le moment jusqu’où mes recherches m’amèneront, mais je ne peux pas passer mon temps à expliquer à vos patrouilles pourquoi je circule armé ou pourquoi je ne respecte pas le couvre-feu.

Le soldat et le chasseur de primes se tournèrent vers Oscario, attendant sa décision.
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Castielle
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MessageSujet: Re: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Lun 18 Avr 2016 - 1:53

Diantra à besoin de toi!
Castielle et compagnie



La rumeur courait qu'il y aurait des exécutions aujourd'hui, mais c'était bien la dernière chose que Castielle avait envie de voir. Il n'y avait aucun amusement à voir des gens se faire trancher la tête ou entendre le craquement de la colonne vertébrale qui se brisait, peu importe s'ils le méritaient non. Peut-être était-ce l'excitation de se savoir toujours en vie qui attiraient ainsi les curieux? Pfft, à quoi se poser des questions qui n'avaient pas de réponses? Le comportement des humains n'avait aucun explication.

La jeune mère se distinguait de la foule par sa robe blanche de Thaar et le voile qui couvrait partiellement le dessus de sa tête et la moitié de son visage, à partir de son nez. Les retrouvailles de son maître avaient été extrêmement émotionnelles et grandement épuisantes. Elle avait retrouvé l'ancienne capitale en ruine, brisée par la bêtise humaine. Heureusement, la petite boutique du maître de Vynelle était toujours debout et à peine léchée par les flammes. Que les dieux le protège! Toutefois, le maître s'était blessé à la jambe  et celle-ci avait mal guérie, il se promenait dorénavant avec une canne, l'expression toujours aussi sérieuse. L'existence de Torrance l'avait bouleversé, visiblement et elle avait eu beaucoup d'explication à lui donner. À propos de Thomas, Torrance, la guerre, Thaar et elle-même.  Certains évènements étaient cependant demeuré caché. Comme sa mort brève et la vision qu'elle avait eue. Depuis le jour où elle avait rencontré cet homme dans une rue de Diantra, plus rien n'avait été le même.

- Et moi qui désirait quitter Diantra pour de bon, soupira un homme à ses côtés. Il semble que cette ville damnée est encore besoin de nous, Castielle.

La demi-elfe se tourna vers l'homme dont le visage était partiellement dissimulé sous un foulard, tout comme elle. Son maître disait que ça aidait à prévenir la maladie de les prendre par surprendre. L'apprentie était bénie par une santé exceptionnelle et donc elle n'était pas plus effrayée que cela. La maternité apportait un brin d'arrogance, la résurrection offrait le sentiment d'être invincible.

- Nous ne partirons peut-être pas aujourd'hui ou demain, maître, mais nous devons rester, ne serait-ce que pour soulager  un peu ces pauvres gens, déclara à voix basse la jeune femme, toujours animée par son désir de venir en aide à son prochain. Ne serait-ce qu'un peu...

Et elle ne voulait pas mentionné son égoiste envie d'en savoir plus sur ce fameux Anoszia qui l'avait abandonné. Cet Anoszia qui s'était fait tué mais qui était revenu pour la hanter à plusieurs reprises. Quand on avait prononcé son nom devant elle, l'incrédulité avait empoisonné son esprit, la dépression était brièvement revenue, puis toujours l'incompréhension. Elle avait besoin de réponses et vite et seul un Anozsia saurait lui donner, n'est-ce pas?

Docile, mais la tête haute, elle suivit son maître lorsqu'on mentionna les herboristes. Elle tint le bras d'Adrian pour l'aider à s'approcher prudemment de l'estrade. Quelques regardes curieux se posaient sur eux, on mentionna le nom de l'homme à voix basse. Certains le reconnaissaient, apparemment.  Le maître avait tendance à avoir l'air froid, mais il n'en demeurait pas moins au service des plus démunis. Un peu décontenancé à l'idée de se rapproché si près d'un homme qui partageait le même sang que son fantôme, elle s'arrangea pour que son voile dissimule correctement son visage. Elle regretta soudainement d'être venue. Tout se bouscula dans sa tête, elle cru défaillir. Elle sentie la main d'Adrian sur son épaule.

- Mes salutations, Votre seigneurie, le salua brièvement Adrian qui tentait de mettre le moins de poids possible sur sa mauvaise jambe. Je suis apothicaire, herboriste et guérisseur, Adrian de Vynelle est mon nom et ceci est...

Ce moment d'hésitation aurait pu être perturbant à une autre époque, mais il était difficile pour Adrian de dire qui était Castielle pour lui. Une apprentie? Non, elle était devenue plus douée que lui, il le savait, il le sentait. Il ne reconnaissait plus cette femme qui l'avait quitté pour aller panser les plaies des soldats blessés au courant de la guerre, séduite par le charme d'un chevalier, un Anoszia. Ils étaient maintenant des gens bien trop différents.

- Maître Castielle, finit-il par dire. Nous sommes près à donner un coup de main, si vous voulez bien de nous.

Castielle ne bougeait plus, elle leva les yeux vers le seigneur et fut profondément troublé par ses yeux bleus. Douce Nééra, Torrance avait des yeux aussi bleus que les siens! Bonne Nééra, cet homme était l'oncle paternel de son fils et jamais il ne ferait partie de cette vie bien trop loin pour eux. Son être entier trembla, une lueur étrange brillait dans ses yeux.

- Je ne suis malheureusement pas aussi jeune et en forme que je ne l'étais auparavant, il donna un petit coup à la vilaine jambe, je ne peux pas jouer les explorateurs à la recherche des plantes dont j'ai besoin pour mes remèdes, mais Castielle devrait être en mesure d'offrir de guider des gens appropriés à travers les bois et trouver quelques herbes et plantes médicinales. N'est-ce pas Castielle... Castielle?

Il tourna en direction de la demi-elfe qui ne quittait pas le seigneur des yeux.  Elle ne se rendit compte de l'attention qu'on lui portait que plusieurs secondes plus tard.

- Je... Je maîtrise mon métier et je... je connais les bois, je peux bien faire ça, balbutia la jeune femme qui sentait des palpitations lui malmener le coeur. Elle sentit la nausée lui virer l'estomac, elle ne se sentait pas bien du tout. Maudit soit cet Anoszia qu'elle avait rencontré dans une rue de Diantra, maudit soit cette ancienne capitale. Maudit soit ses humains et leurs guerres futiles pour des territoires qui ne voulaient rien dire. Seulement si un homme aussi prestigieux peut également me promettre une garde adéquate, ajouta-t-elle ensuite amèrement.

Sa poitrine lui fit mal. Il était l'heure d'aller nourrir Torrance.


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Oscario d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Ven 22 Avr 2016 - 8:53


Les hommes de main de l’Anoszia avaient enchâssé leurs plus beaux sourires pour accueillir les bonnes volontés et l’on garderait longtemps le souvenir de ces types du grand sud, généralement gouailleurs et bagarreurs, s’échinant à coucher par écrit l’orthographe plus ou moins approximative du nom des volontaires. Les engagements allaient bon train. Peut-être que les perspectives proposées répondaient au besoin impérieux des Diantrais de reprendre un semblant de contrôle sur leur vie ou la simple envie de retrouver un quotidien. Certains autres volontaires cherchaient aussi quelqu’un pour décider à leur place, tels les membres de corps de métiers invectivés par leurs aînés de corporation ou leurs maîtres de guilde.
Artémis, de toute évidence, n’était pas de ceux-là.

« Le Diacre » grinça Oscario d’une voix sourde et loin d’être engageante. Son faciès s’obscurcit et rapidement un observateur aguerri aurait pu devenir que le noble ruminait cette histoire depuis des jours ou des semaines.

« L’enquête n’avance guère et tu m’as l’air d’un limier expérimenté ; dur au mal, et apte à rendre les coups. L’histoire est malheureusement d’une simplicité aussi morbide qu’elle reste opaque. Au travers de Diantra au moins six enfants ont disparu. Les heurts en ville ont longtemps fait que des familles ont pu se perdre de vue et il faut probablement s’attendre à ce qu’un nombre plus important de disparus nous approche de la réalité. Le sobriquet du « Diacre » provient du témoignage d’un gosse rescapé : ce dernier atteste que c’est le titre dont s’affuble l’homme qui l’a enlevé. Et relâché. Surprenant, n’est-ce pas que d’avoir rendu sa liberté à un enfant qu’on a pris le risque d’enlever ? » Médite un instant Oscario.

«  Peut-être souhaite-t-il accéder à une certaine forme de reconnaissance ? Peut-être nous sait-il à sa recherche et nous abreuve-t-il de fausses informations au travers de ce témoignage ; il est impossible pour l’heure de le déterminer » regrette amèrement Oscario.

Il considère un moment la possibilité d’émettre une lettre de recommandation à l’usage du limier et finit par reconnaître l’utilité d’une telle missive. Prudent, il en brosse rapidement les limites.

« Un sauf-conduit n’est pas une autorisation indistincte à tuer. Tues un homme et il faudra te justifier ; casse des dents et il te faudra en tenir l’exacte comptabilité. Mais tu as raison, je vais rédiger un courrier que tu porteras afin que la garde ne te gêne pas dans tes circonvolutions et te prête assistance, si nécessaire » lui retourna l’Anoszia.

Il agrémente ces recommandations d’un point de détail pouvant intéresser le mercenaire.

« Tu n’es pas le seul à t’être lancé à la poursuite du Diacre ; deux autres compagnies t’ont devancé. La dresseuse Merrain et sa meute de chiens de guerre sont sur la piste du Diacre, ainsi que les frères Marsavi. Rien ne t’interdit de t’associer à eux mais ne vous gênez pas les uns les autres » lui conseille-t-il.

« Si tu le souhaites, un de mes hommes peut se joindre à toi » ajoute-t-il en entamant la rédaction de la lettre promise.

« Pour cette affaire, tu peux venir me solliciter à toutes heures, je dors peu et ce problème agite mes rêves. A dire vrai, je n’ai qu’une demande stricte : si tu mets la main sur ce Diacre, fais-moi appeler. Si tu dois intervenir et que tu juges tes preuves assez parlantes pour remplacer un interrogatoire … » hésite-t-il une seconde.

« Tues-le » conclut-il en affichant un sourire carnassier.


X X X



« Maître Castielle » salua-t-il la nouvelle venue avec la déférence polie que l’on doit à quelqu’un de plus instruit en un domaine que soi-même.

« Maître de Vynelle » l’invita-t-il à son tour et lui tendant une chaise afin qu’il ne s’installe. Il n’était de bonnes révérences que dans les intentions et bien souvent l’exécution d’une pirouette magistrale masquait des intentions malsaines. De la part d’un homme à la jambe contrainte par une blessure, on ne pouvait espérer plus bel hommage qu’un exercice de style imparfait mais sincère. Ou dicté par la crainte grégaire que peuvent avoir les gens du commun envers les membres de la petite ou de la grande noblesse.

A son endroit, Oscario s’inclina légèrement pour saluer les deux herboristes. Conscient que leurs connaissances particulières seraient d’une plus grande utilité pour Diantra que la plupart des autres volontaires, il les salua avec une attention particulière.

« Nééra seule sait à quel point j’espérais qu’il reste quelques gens de votre art, indépendants, en ville » concéda-t-il sans faux semblants. Son soulagement paraissait authentique et ses attentes en proportion.

« En-dehors des herbes nécessaires à vos préparations ; qu’en est-il de votre atelier ? Est-il encore fonctionnel ? » leur demande-t-il en prévision de probables travaux. L’intégralité de la cité avait souffert et il n’était pas rare que des voisins peu précautionneux se soient servis dans les échoppes fermées ou laissées à l’abandon.

Inconscient du lien existant entre la dame Castielle et son frère, l’Anoszia ne suspecta à aucun moment quoi que ce soit en ce sens et n’interpréta son malaise que comme la conséquence de privations et des mauvaises humeurs existants en ville.

« Une chaise pour Maître Castielle » ordonna-t-il, en lui proposant de boire quelque chose ou d’accepter d’avaler quelque chose qui pourrait lui faire passer ce malaise qu’il espérait passager.
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Artémis
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MessageSujet: Re: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Dim 24 Avr 2016 - 10:13


Artémis acquiesça aux instructions du Grand-Amiral, déclina la proposition de se faire accompagner et une fois son laissez-passer en poche quitta la place afin de commencer ses recherches. Le peu d’informations relatives à ce mystérieux « Diacre » ne lui ouvrait guère de pistes, toutefois le bon chasseur se devait d’agir avec les éléments en sa possession. Le plaisir de la traque n’en était que plus grand lorsque, à partir d’une seule empreinte au sol, on pouvait remonter jusqu’à la tanière du tigre et l’y abattre. Pour Artémis, le Diacre était devenu un tigre rôdant dans Diantra, il lui fallait désormais faire en sorte de l’ajouter à son palmarès.

Le fait que les enfants disparus soient majoritairement des orphelins, ou tout du moins soient séparés de leur famille, l’amena à se rendre à Notre-Dame de Deina, afin d’y rencontrer l’un des prêtres de Néera en charge de l’orphelinat. En ces temps de guerres, nombre d’enfants se retrouvaient ainsi isolés, proies tentantes pour les prédateurs de tout genre. Le chasseur de primes soupçonnait qu’un individu comme le Diacre aurait pu tenter tout d’abord de passer par des institutions telles les cultes avant de se résoudre à des enlèvements où le risque existait de se faire surprendre par une patrouille. La chance lui souriant, il trouva un prêtre qui lui expliqua la situation désastreuse de la cité, passant de mains en mains depuis des mois. Le nombre d’enfants dans le besoin dépassait de très loin les capacités de l’orphelinat, obligeant les prêtres à faire appel à des laïcs pour les aider.


Certains de ces laïcs auraient-ils quittés récemment l’orphelinat ?
Hmm, oui en effet. Un homme nommé Raïs ne vient plus depuis quelques ennéades. Non pas que nous le regrettions, il passait beaucoup de temps avec les enfants mais n’accomplissait pas souvent les tâches que nous lui confions.

Intéressant, se dit Artémis intérieurement. Les dates coïncidaient avec le début des activités du Diacre. Voilà une piste qui mériterait d’être creusée.

Ce Raïs a-t-il eu des gestes… déplacés… envers les enfants ?

Le prêtre le regarda l’air surpris avant de comprendre le sous-entendu de la question.

Néera soit louée, non jamais ! De telles perversités existent hélas en ce monde de deuil, mais jamais nous n’aurions toléré cette abomination ! A aucun moment Raïs n’a eu le moindre geste déplacé, de toute façon il est à ce que j’ai compris plus intéressé par les femmes de petite vertu.

Ayant appris ce qui l’intéressait, Artémis remercia le prêtre et lui laissa une modeste obole pour l’orphelinat. Guère pieux, il préférait cependant laisser une bonne impression aux informateurs utiles, pour le cas où il lui faudrait de nouveau faire appel à eux.

Sa visite suivante fut pour l’orphelin survivant, qui hélas ne put pas lui révéler grand-chose tant l’attaque l’avait terrorisé. La description du dénommé Raïs correspondait assez bien à celle de son agresseur, mais les souvenirs du gamin restaient entachés par le violent traumatisme et son témoignage ne vaudrait de toute façon pas grand-chose devant une cour de justice. Oscario avait été clair : il lui fallait des preuves de l’identité du Diacre pour apaiser le peuple, quelques faisceaux d’indices ne suffiraient pas à le satisfaire. Quant aux raisons pour lesquels le Diacre l’avait relâché, mystère… certes le gamin était ossu et solide pour son âge, mais pas au point de pouvoir se montrer menaçant pour un adulte.


[Quelques heures plus tard, une fois la nuit tombée]

La pluie qui tombait sur Diantra coulait en flot continu sur la cape d’Artémis. Installé sur un toit, adossé à une cheminée, le chasseur de primes ne pouvait pas se protéger des intempéries mais il n’avait pas réussi à trouver une planque plus adéquate pour surveiller correctement et discrètement l’entrée du borde où, selon le prêtre, le dénommé Raïs avait ses habitudes. Restait à espérer que le gaillard fasse son apparition avant qu’il n’attrape une pneumonie ! Tout en attendant, Artémis réfléchissait. Il avait assez vite écarté l’hypothèse du prédateur sexuel ou d’une secte, les agissements du Diacre se révélant trop méthodiques pour des extrêmes de ce type. Les enfants semblaient lui apparaitre comme une marchandise de valeur, mais dans quel but ? Les revendre en tant qu’esclaves peut-être ? Ou lui manquait-il encore trop de pièces du puzzle pour comprendre l’objectif du Diacre ?

La porte du bordel s’ouvrit, arrachant Artémis à ses méditations.
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Castielle
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MessageSujet: Re: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Mar 26 Avr 2016 - 18:43

Diantra à besoin de toi!
Castielle et compagnie



Castielle aida le maître de Vynelle à s'asseoir correctement en soutenant son bras. Elle attendit qu'il eu placé sa jambe blessée dans une position confortable avant de le laisser aller. Il n'était pas certain que sa jambe puisse redevenir comme avant. Certaines blessures arrivaient pour une raison et restaient pour une autre. Parfois, elle avait surpris cet homme jurer contre les difficultés que ce membre capricieux lui offrait, mais il se calmait aussitôt qu'il remarquait sa présence. C'était possiblement l'orgueil mâle.

- Je ne sais pas si cela est de la chance ou pas, mais je planifiais mon départ depuis un moment déjà, Votre Seigneurie, mentionna l'homme en frottant sa jambe douloureuse. J'ai décidé de rester, pour l'instant, aussi bien aider ceux qui en ont de besoin. Je n'ai jamais refusé ma main aux plus malheureux et je ne commencerai pas aujourd'hui.

Castielle bredouilla de maladroits remerciements lorsqu'on lui apporta une chaise à la demande de l'Anozsia et refusa à boire et à manger, son estomac était bien trop noué pour penser à avaler quoi que ce soit. Elle savait qu'il était peu respectueux de le toiser comme elle le faisait, mais elle ne pouvait cesser de chercher des ressemblances entre le visage du noble en face d'elle et le faciès encore enfantin de Torrance. À qui ressemblerait-il? À un Anoszia ou à la mère? À la noblesse ou à son sang bâtard?

- Fonctionnel? répéta le maître. Oui, assurément, cependant...

C'est à ce moment là que Castielle décida de prendre la parole, son ton frôlait l'autorité, mais la vérité était qu'elle avait bien hâte de quitter ce lieu et cet Anozsia qui la mettait grandement mal à l'aise.

- Nous avons le matériel, Votre Seigneurie, mais nous n'avons point l'espace, les ressources et la main d'œuvre nécessaires pour provoquer des miracles. Nous avons à peine de quoi concevoir une tisane et notre quartier est envahi par des individus aux mauvaises intentions. Je ne blâme personne, la guerre, la faim, le pire des situations fait ressortir le pire en chaque de soi, mais pour travailler adéquatement, il nous faudrait un lieu large et sécuritaire où les plus nécessiteux peuvent se rendre et s'attendre à des soins appropriés.

La vieille boutique d'apothicaire n'avait peut-être pas été trop affecté par la destruction, mais une âme malveillante pouvait décidé de s'en prendre à eux n'importe quand. Elle était mère désormais, elle devait non seulement s'occuper de son Torrance, mais également de Thomas qu'elle considérait comme son propre fils ainsi que de son maître qui avait la vie dure avec sa jambe. Sa situation était déjà particulière puisqu'elle était une demi-elfe, mais les regards racistes semblaient s'être calmés à son égard puisque de plus gros problèmes embêtaient l'ancienne capitale. Toutefois, certains regards curieux ne pouvaient être évité quand on l'apercevait avec son bébé et qu'on savait pertinemment qu'elle n'était pas mariée.

- Je, elle hésita un moment, j'ai des enfants à protéger, Votre Seigneurie, je ne peux pas me mettre au travail sans savoir s'ils seront en sécurité.

Et c'est tout ce qu'elle dirait à propos de son étrange famille. Adrian ne fit qu'hocher la tête, il avait peu à ajouter sur les circonstances.


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Artémis
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MessageSujet: Re: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Dim 1 Mai 2016 - 13:28


Un homme sortit du bordel, scrutant attentivement la pénombre avant de descendre les quelques marches qui séparaient la fange des caniveaux du lieu de plaisir où il venait d’assouvir ses envies de chair. Au vu de la description dont disposait Artémis, il s’agissait bien du dénommé Raïs. Le chasseur de primes s’apprêtait à descendre de sa cachette pour intercepter le gaillard et lui extorquer manu militari des explications lorsqu’une voix éclata dans la ruelle.

Diacre !

Deux hommes vêtus de noir, arbalètes au poing, venaient d’apparaitre à un carrefour. Artémis reconnut les frères Marsati, des concurrents qu’il avait déjà croisés sur d’autres contrats en Ithri’Vaan. Avaient-ils suivi le même raisonnement que lui ou d’autres faisceaux d’indices les guidaient-ils vers leur proie ? En tout cas, Raïs se retourna vers eux et leva posément les mains, sans chercher apparemment à résister ni à nier son identité. De son toit, Artémis ne bougeait plus un poil, assistant à la scène avec une attention redoublée. Son instinct de chasseur lui hurlait que tout se passait trop aisément, qu’un homme comme Raïs ne se contenterait pas de lever les mains.

A terre, le Diacre, et joue pas au plus fin, ordonna l’un des frères tandis que l’autre abaissait son arbalète pour sortir une corde solide.

Raïs obéit, mais un léger sourire malsain apparut alors sur son visage. Les frères Marsali le virent-ils à temps ? En tout cas, ils ne purent même pas bouger lorsque l’éclair les transperça soudainement, leur arracha un hurlement d’agonie. Une épouvantable odeur de chair grillée envahit la ruelle tandis que la magie mortifère œuvrait sous les yeux écarquillés d’Artémis. De la fumée s’échappant de leurs lèvres noircies, les frères Marsali s’effondrèrent au sol, raides morts.


Vous devriez être plus prudent, dit un homme en sortant du proche à l’angle de la rue.

Vêtu d’une longue robe, ses doigts effilés encore entourés d’éclairs s’amenuisant rapidement, le gaillard s’approcha de Raïs qui venait de se relever. Sans même un regard pour les cadavres des deux chasseurs de primes, Raïs rejoignit le mage en ricanant doucement, lui tapa familièrement sur l’épaule puis continua son chemin, son acolyte le suivant en soupirant. Plus haut sur les toits, Artémis avançait lui aussi à pas de loup, tout en essayant de comprendre ce qu’il venait de voir.

Si l’identité du Diacre ne faisait plus guère de doute, que faisait donc un mage avec lui ? Un mage suffisamment talentueux pour se débarrasser en un tour de main de deux redoutables traqueurs. Artémis tentait de comprendre ce qui pouvait motiver un pratiquant des arcanes à s’associer avec un vulgaire malfrat kidnappeur d’enfant. Devait-il les abattre ? Placé comme il l’était au dessus d’eux, ses flèches pourraient régler sa traque, mais il se retint. Son instinct qui lui avait hurlé de faire attention lorsque les frères Marsali s’avançaient vers Raïs le retenait d’agir. Bien que ne pratiquant pas les arcanes, Artémis savait que les mages pouvaient se protéger des tirs grâce à leur art, et il ne souhaitait pas parier sa vie sur un tel coup de dé. Le seul souvenir des cadavres brûlés vif le faisait frissonner.

Laissant Raïs et le mage prendre un peu d’avance, Artémis se contenta de les suivre à distance respectable, veillant à ne pas être vue. Avant d’agir, il lui fallait voir si le fameux Diacre disposait d’autres cartes dans sa manche. Dans ce cas, Artémis comptait bien aller négocier une prime complémentaire auprès d’Oscario avant de mettre sa précieuse existence en jeu.

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Artémis
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MessageSujet: Re: Diantra a besoin de toi ! [Libre]   Dim 8 Mai 2016 - 18:03


Artémis se trouvait face à un dilemme moral : si l’identité du Diacre ne faisait plus de doute dans son esprit, il ignorait tout du sort des orphelins ou du rôle que jouait le mystérieux mage dans cette affaire. La présence de ce dernier indiquait vraisemblablement une affaire plus compliquée qu’il n’y semblait au premier abord, les maîtres des arcanes ne s’occupant pas de protéger des kidnappeurs à la petite semaine. D’ailleurs, le chasseur se demandait même si Raïs était réellement le chef de la bande. Certes le mage ne lui donnait pas d’ordres, mais il n’en recevait pas non plus. Alors, devait-il tenter d’en savoir plus ?

Je suis payé pour le Diacre, rien de plus, maugréa-t-il.

Le sort des enfants l’indifférait, Artémis n’ayant rien d’un vertueux paladin de Néera. Seule comptait à ses yeux la réussite du contrat qu’il devait accomplir, or Oscario ne demandait qu’une seule chose bien précise : arrêter ou tuer le Diacre. L’aide aux victimes ne faisait pas partie du marché ni du paiement. Ce raisonnement, pour cynique qu’il soit, se tenait parfaitement et nul ne pourrait le critiquer dans cette affaire. « Trouver et éliminer le Diacre », tel était le mot d’ordre et tel serait le résultat.

Patiemment, Artémis attendit, caché dans l’ombre non loin de la petite baraque délabrée de Raïs. Le quartier grouillait de malfrats, de catins, les pires rebuts de la société diantraise se réunissant dans les tavernes mal famées ou les bordels aux poutres branlantes que l’on voyait un peu plus loin. Mais un tel environnement ne le changeait guère des ruelles puantes qui sinuaient dans les bas-quartiers de Thaar. Un faux mendiant qui s’approcha de lui en tenant caché une dague derrière son dos en fut quitte pour une large estafilade sanguinolente. Dans ce monde d’ombres, Artémis se considérait comme un prédateur.

Enfin sa patience fut récompensée, et le mage quitta les lieux, se dirigeant vers le château. Y vivait-il ? Y travaillait-il ? Artémis nota l’information mais ne s’en soucia plus, il appartiendrait à d’autres que lui de faire toute la lumière sur cette affaire. A pas de loups, il s’approcha de la maison isolée, les sens aux aguets. Une seule fenêtre était éclairée, et à travers l’épais panneau de corne il devina la silhouette de Raïs en train d’écrire sur un carnet. Ses ordres étant de tuer s’il possédait suffisamment de preuves, le traqueur n’hésita pas un seul instant : la mort des frères Marsati désignait bien Raïs comme sa cible.

D’un coup de coude, il fit sauter le panneau de corne. Avec la vitesse d’un serpent, Raïs se leva et se saisit d’une arbalète posée sur la table. Trop tard ! La dague d’Artémis avait jaillit et se planta en plein dans son torse avec un bruit sourd. Tombant à terre, le Diacre lâcha quelques hoquets sanglants avant de rendre sa vilaine âme à qui voudrait la prendre. L’affaire n’avait durée que quelques secondes et déjà Artémis faisait le tour, crochetant la porte d’entrée en faisant attention aux éventuels pièges.

Conscient que des témoins ne pouvaient qu’avoir vu la scène, il lui fallait faire vite. Pénétrant dans la chambre où se trouvait le cadavre, le traqueur se saisit du calepin sur lequel Raïs écrivait avant son décès, faucha les autres parchemins qu’il put trouver, puis jeta au sol la bougie afin d’enflammer les planches de bois vermoulues. Lorsqu’il ressortit de la maison, des flammes commençaient déjà à apparaître, effaçant les traces de sa venue. Guère plus de deux minutes ne s’étaient écoulées depuis son attaque, mais pour autant il fila sans demander son reste, laissant l’incendie ravager les lieux tandis que des cris d’alerte à l’incendie retentissaient dans une taverne.

Satisfait du travail accompli, Artémis se rendit à grandes enjambées au château où il demanda à voir Oscario. Introduit auprès du puissant personnage, le chasseur de primes lui expliqua ce qu’il avait appris, la mort des frères Marsati, l’intervention du mage mystérieux, puis l’exécution du Diacre.


J’ai enflammé la maison pour cacher mes traces. Ce mage ne saura donc pas exactement ce qu’il s’est passé ni que j’ai volé ceci à son complice. J’ignore s’ils vont seront utiles, mais Raïs les avait en main lorsque je l’ai tué.

Artémis tendit alors à Oscario les parchemins volés plus tôt dans la nuit. Ce qu’en ferait le Grand-Amiral ne l’intéressait pas spécialement, son travail étant accompli.
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