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 Avant les ténèbres

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Niklaus d'Altenberg
Humain
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MessageSujet: Avant les ténèbres   Ven 22 Avr 2016 - 23:12


Avant les ténèbres




Début de la 9ième énnéade de Vérimios de l'an 8 du 11ième cycle



La remontée vers le nord s’était fait rapidement. Il fallait dire que Niklaus n’était pas homme à se ménager. Et cette expérience du voyage lui faisait le plus grand bien. La rémontée avait été parfois un peu difficile, car ils ne ménageaient pas leurs efforts pour éviter bien des retards. Niklaus était accompagnés que de quelques personnes. Leur équipage était discret et mobile. Il ne cherchait pas à se faire connaitre. L’essentiel devaient donc croire à des noblaillons en vadrouilles. Après tout cela lui allait. Il ne fallait pas se prendre pour plus qu’on était.

Niklaus d’Altenberg était heureux à l’idée de remonter en Alonna et de découvrir les mérites et les décors de ce lieux dont la maitresse lui avait tant conté les mérites. Mais il était également un peu inquiet. Il espérait que les derniers évènements et la guerre n’avaient pas trop changé Mme de Broissieux avec qui il s’était si bien entendu à Diantra quelques énnéades seulement auparavant.

Le jeune baron ne revint pas trop de ce constat : quelques dizaines de jours seulement en arrière et la situation était tellement différente ! Rien ni personne n’aurait pu lui faire croire qu’ils aurait tant de fardeaux à porter sur ses épaules en si peu de temps.

Le soleil se couchait l’Alonna tandis que Niklaus s’approchait de son but. Il avait fallu du temps pour venir jusqu'ici, mais le jeu en valait la chandelle. Niklaus était un homme qui savait apprécier la beauté des territoires et pouvait s’émouvoir de la grandeur silencieuse des larges espaces. Il aimait tout autant la discrète beauté de petits jardins ou d’un détour de forêt ou de rivière. Il avait l’âme bucolique.

Il était néanmoins préoccupé. Non par la politique, car il savait de toute manière qu’il faisait ce qu’il pouvait à la vitesse qu’il pouvait, mais par l’ambiance des lieux. En effet depuis le matin ils avaient traversés quelques villages et avaient remarqués que la tristesse était palpable. Ils ne s’étaient pas renseignés, et pour cause car ils ne souhaitaient pas se mettre en retard. De plus le baron mettait tout cela sur le dos de la guerre qui avait ravagé le nord de la Péninsule. Il savait quelque chose du deuil sobre des populations.

Il continuèrent jusqu’à arriver à Alonna la ville. Ils n’étaient pas attendus. Pas annoncés en tout cas et il fallut un peu de temps à Niklaus pour faire comprendre qu’il n’était pas un marchand de passage mais bien un homme pouvant présenter un intérêt pour les maitres des lieux et méritant tout du moins d’être annoncé.

Ainsi fut fait...

Niklaus laissa ses quelques compagnons de voyage à l'entrée. Ces derniers furent certainement emmenés se reposer quelque part. Peu lui importait. Car au fond de lui-même il sentait bien que quelque chose de grave se passait ici. Les serviteurs ne se comportait pas comme on se comportait habituellement en présence d'invités. Un grand malheur avait du frapper les lieux. Et Niklaus s'inquiétait donc. D'un calme froid, comme à son habitude, il attendait d'en savoir plus, mais malgré tout il s'inquiétait de savoir si les nouvelles étaient de nature à être graves pour son amie locale. Il espérait que non tout en sachant bien que la probabilité n'était pas énorme.

Il se fit ainsi guider à l'endroit qu'on lui indiqua, et attendit d'en savoir plus silencieusement ou de retrouver une tête connue.


Dernière édition par Niklaus d'Altenberg le Lun 25 Avr 2016 - 19:08, édité 1 fois
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Avant les ténèbres   Lun 25 Avr 2016 - 15:21

« Les mines s'en sortent bien et la compagnie devrait pouvoir augmenter encore le rendement les extractions ».
L'homme qui se tenait devant elle portait une cape de bonne facture dont le bas crotté et usé trahissait son usage régulier. Les bottes de cuir avaient des lacets neufs mais la semelle semblait avoir marché des lieues. Willrose était un commerçant émérite mais qui goutait fort peu aux plaisirs matériels – et comment pouvait-elle lui en vouloir ? - si bien qu'il tenait plus de la roture que de la bourgeoisie. Sa barbe de quelques jours roussie par le soleil de mi-été et son teint relativement hâlé ajoutaient au constat général. Il était pourtant beau garçon. C'était même un bon parti, pensa-t-elle un temps. S'il n'avait pas la noblesse dans le sang, il avait au moins la réussite commerciale et son entreprise ne semblait pas prête à décliner. Les filons de fer semblaient une manne plutôt productive en ces temps peu enclins à la paix. La baronne ne leva se son siège. Il y avait dans la salle des audiences quelques nobliaux et chevaliers de cour qui parlaient à voix basse tandis que leurs yeux acerbes roulaient tantôt sur le commerçant, tantôt sur le Faucon.
« Quand bien même la guerre se finit ? »
« La guerre ne finira jamais tout à fait, votre Honneur ».
Et il n'avait pas tord. Si aujourd'hui se taisaient les champs de batailles et rentraient les armées – qu'elle soient au sud, au Médian ou au nord – l'économie de guerre ne cesserait pas de si tôt. Les suspicieux resteront prêt à un nouveau conflit et les seigneurs devront faire face aux besoins de changement des casques, des armures et des lames. Si seulement cela suffisait à faire fleurir l'économie de l'Alonnan. Elle soupira en lissant les plis de sa robe. Tout ces marauds, charognards attendant la faute de la baronne la mettait mal à l'aise. Les chuchotis remontaient jusqu'à ces oreilles, masse informe de doutes et de moqueries. Quelle faisait de la peine cette petite baronne qui aujourd'hui séchait les larmes de son deuxième veuvage, une enfant accroché à son sein. Elle aurait voulu leur hurler d'aller se faire voir, d'Ydril la cité à Thaar si cela leur chantait. Mais elle ne pouvait pas - non, elle ne devait pas. Elle se tenait droite face au bourgeois.
« Vous avez raison, mais le commerce sera-t-il toujours aussi bon après le réarmement des seigneurs ? Le fer est indispensable à notre économie et nous ne pouvons exporter dans notre comptoir nain, ni en ouvrir un en Estrévent. Nous devons nous assurer que la demande soit suffisante non seulement pour couvrir les dépenses de l'exploitation mais aussi nous permettre e renflouer les caisses. ». Elle tourna la tête vers le ministre de l'économie qui notait la séance. Il hocha la tête, approuvant ses dires. « Willrose veillez à vous renseigner auprès de vos confrères de la compagnie marchande. Vous prendrez rendez-vous avec le ministre Cléridan pour soumettre quelques propositions économique à long terme ».
Lorsque l'audition fût levée, l'assemblée se dissipa peu à peu. La belle n'avait jamais été plus fatiguée que depuis la mort du Boiteux. Maudit était-il ! Elle arrivait à peine à voir la frêle Pénélope et même si ses yeux bleus lui manquaient parfois, elle ne pouvait se permettre de quitter son rôle pour celui de mère. D'abord, elle ne le voulait pas. Elle avait un temps pensé l'envoyer auprès de sa mère mais leur dernière entrevue avait laissé un goût amer dans sa bouche et elle doutait que la matriarche accepterait. La pièce se trouvait presque vidée à présent. Elle retourna s'asseoir dans un bruissement de tissus. Exténuée, elle profitait de ces rares moment d'accalmies pour fermer les paupières un instant.
« Votre Honneur ».
Elle soupira. Sans même ouvrir les yeux elle s'imaginait fort bien Hugues, dans ses vêtements grotesquement riches, s'agitant dans une révérence bien basse. La baronne agita ses doigts fins contre ses tempes avant de revenir dans le triste monde réel. Toute cette agitation avait raison de sa patience.
« Qui a-t-il ? »
« Son Altesse d'Altenberg se présente à vous. ».
Elle soupira bruyamment. Si elle avait été plus jeune, elle aurait certainement fondu en larmes. Bien sûr qu'elle accueillerait Niklaus, il était son ami et elle lui avait promis le gîte. Peut-être cette visite attendue lui ferait du bien. Au moins cela lui changerait du quotidien et de ses noires pensées. Lentement, elle se releva pour faire face au grotesque personnage. Était-ce réellement son titre d'ailleurs ? Il servait plus d'intendant que de héraut auprès de la baronne mais cela lui importait peu en vérité. Il la divertissait et s'il semblait ridicule, ce n'était que pour cacher une forme d'intelligence qu'elle n'avait pas encore su déterminée.
« Menez le dans mon salon privée et faites porter du vin du Langecin. Vous serez chargé de de veiller à ce que sa suite se plaise ici ».
« Devons nous les loger tous au castel ? »
« Prévenez le ministre Galainier, il vous aidera à placer ces gens ».
Un hochement de tête acheva la conversation. L'homme grassouillet se retourna pour partir au pas de course. Tant de choses dépendait de lui – une place honorifique pour qui n'était pas sot – aussi mouvait-il son tas adipeux plus vite qu'elle ne l'aurait pensé. Un curieux personnage ce Hugues. Il fut presque hors de sa vision lorsqu'elle daigna se lever pour se rendre au petit salon. Un entretien privée qui la changerait certainement de ses mornes obligations.
Les couloirs se succédèrent sous ses pas. La pierre froide du château d'Alonna lui faisait penser à celle du castel Broissieux où elle avait passé son enfance. Une bien belle bâtisse au pied des montagnes qui avait le ciel pour écrin. Elle se rappelait ces nuits sur le chemin de ronde à compter les étoiles, à les observer aussi loin qu'elle fusse. Une parenthèse de douceur dans son éducation drastique. Bien sûr, elle n'avait pas été malheureuse et elle plaignait d'autant plus le miséreux mais tout ce que la joie avait pu un jour éblouir était retourné au néant de la haine et du regret. Qui était-elle pour en vouloir à des morts ? En vouloir au père de son enfant ? Et sans qu'elle ne s'en aperçu, elle était déjà arrivée devant la porte de bois entre ouverte. A peine le temps de reprendre son souffle.
Niklaus se tenait là, assis sur un fauteuil tandis que dans un coin de la pièce se tenait prêt à servir deux jeunes gens tout dévoué à leur tâche. Toute sa fatigue s'envola lorsque ses mirettes rencontrèrent celles du nouveau duc. C'était un ami qui, en quelque énnéades, s'était montré plus cher que n'importe quel autre soutien – à l'exception de Duncan. Un sourire radieux s'inscrit sur le visage de la belle tandis qu'elle s'avançait vers son invité. Un simple regard suffit aux deux serviteurs pour se faire servir. Un vin envoyé par Méliane, qu'elle n'avait pas encore eu le loisir de déguster.
« Soyez le bienvenu en Alonnan, votre Altesse. J'espère que vous avez fait bonne route. »

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Avant les ténèbres   Mar 3 Mai 2016 - 0:15


Niklaus était un homme patient, il ne le disait à personne, mais il trouvait dans les temps d’attente le loisir de penser à la musique. Souvent il se surprenait à répéter un morceau ou un autre qu’il avait entendu ou qu’il aimait entendre. Sa mémoire était loin d’être parfaite, mais il appréciait de passer quelques instants à penser seul. Il ne réfléchissait pour une fois pas à la politique, pas à son fils, pas à ses pleurs ou à ses joies. Il avait l’esprit libre. La chose était suffisamment rare pour être notée.

Il avait été emmené dans un petit salon aux dimensions et au mobilier douillets. La vue vers l’extérieure était elle aussi agréable. Il passa l’essentiel de son temps à la fenêtre tandis qu’il attendait son amie. Sans rien dire, immobile. Il profitait de cette instant de paix intérieure. Ils étaient si rares en ce moment. La belle pierre du chateau était en elle même un spectacle intéressant et réconfortant. Une belle bâtisse était toujours un lieu de curiosité et d’infinis détails.

Il retourna finalement s’asseoir. Il caressa distraitement de sa main sa joue sur laquelle se trouvait un début de barbe. Il n’avait pas eu le temps de se raser. Lui qui d’habitude était impécablement rasé…

La porte n’était pas totalement fermée, cela il l’avait remarqué depuis le début. Deux hommes se tenaient là, ils avaient demandé s’il souhaitait quelque chose et avait simplement demandé de l’eau. Il n’y avait même pas touché.

Finalement la porte s’ouvrit sur une Alanya de Broissieux rayonnante. Niklaus se leva naturellement à l’entrée de son amie. Elle avait changée. Non en mal, mais elle semblait marqué par les évènements récents. Autant Niklaus avait-il récupéré du poil de la bête, autant Alanya avait-elle eu visiblement quelques soucis. Ce n’était pas visible pour une personne ne connaissant pas bien la jeune femme. Mais Niklaus, qui avait sympathisé avec la jeune femme et qui n’était pas l’homme le plus dénoué de sens de l'empathie de la Péninsule voyait bien la différence.

La guerre avait ceci d’injuste qu’elle marquait les êtres au plus profond de leur âme. Il avait connu cette phase. Il fit un baise main élégant à la dame, de la meilleure éducation. Il laissa Alanya s’asseoir et revint sur son fauteuil une fois cette dernière installée, comme le voulait la bienséance.

On leur fit le service. Niklaus rendit le sourire d’Alanya. Cette dernière était contente de le voir, cela ne faisait aucun doute. Et il en allait de même pour Niklaus. Il écouta les premiers mots de son hôte et son sourire s’élargit plus encore.


“ - Eh bien… Les choses ont-elles tant changées pour que vous n’osiez plus m’appeler par mon prénom ? Le poids des responsabilités est assez lourd pour que nous ne nous laissions pas aller à être familier avec les amis. Ne pensez-vous pas ? J’imagine que beaucoup de vos pairs et beaucoup de vos conseillers redoutent et questionnent votre amitié à mon égard. Ils n’ont pas forcément tort vous savez… Nous pouvons rester formel si c’est là votre désir. Je ne vous en voudrai pas. Mais si vous y tenez comme moi, reprenons notre amitié comme nous l’avons laissé…  M’autoriserez vous à reprendre nos manières comme nous les avons laissé durant ces quelques heures volées à Diantra. ”

Il fit une pause, quittant les yeux de son amie pour regarder le fond du verre qu’on venait  de luis servir.

“ - La Providence a été bien occupée… Séparés par l’espace et le temps, nous nous retrouvons maintenant et nous sommes presque plus éloignés que lors de notre rencontre fortuite au milieux des bigots.”

Il reposa son verre sans y avoir même trempé les lèvres.

“- Je vous présente naturellement toutes mes condoléances pour le décès de M. du Lys… Nous n’étions pas d’accord politiquement, mais c’était un esprit éclairé que j’estimais beaucoup.”

Il releva ses yeux vers la jeune femme.

“ - Comment allez vous Alanya ? Après la guerre, après cette tragédie… Je suis venu pour répondre à ma promesse de venir faire honneur à vos terres dès que possible, et à peine arrivé j’apprends que la guerre n’a pas été votre seule confrontation à la mort. ”


Il lui fit un sourire un peu triste.

“ - Ne croyez pas ces paroles en l’air lorsque je vous dis que je vous comprends et que je parviens à me mettre à votre place. “
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Avant les ténèbres   Dim 22 Mai 2016 - 15:58


Elle eut une triste mine en regardant son ami énnoncé les tragiques évènements qui s'étaient produits un peu plus tôt. Si elle ne le montrait pas – ou rarement – la mort du Lys l'avait bien trop affecté. Il était à l'image de son cousin, un homme mort pour elle et sa terre. Maudite Alonna ! Elle prenait les mâles forts et les gaillard hardis, ne laissant à la terre que les vieillards et les femmes entourées de marmots qui jamais plus ne reverrait le doux sourire de leur paternel. Telle était pour Alanya la pire des afflictions : elle souffrait pour ces petits, pour ces femmes, ces sœurs et ces mères. Jamais, du haut de son castel protégé, elle n'avait été aussi proche des siens, de son peuple qui à ses pieds trimaient jour et nuit pour une misérable pitance. Le pire pourtant n'était pas encore venu, elle le savait. Les jachères avaient été ensemé bien trop tard et l'hiver prochain ils devraient composés avec le peu de réserves qu'ils auront accumulé. Mais comment annoncer à son peuple que le combat n'était pas fini ? Que malgré la paix relative qu'ils avaient retrouvé, beaucoup d'entre eux ne verrait pas l'an 10 ? Ce n'était pas son rôle et elle n'avait jamais voulu cela. Elle n'y était simplement pas préparée, quand bien même avait elle reçu mille et une leçon de politique et encore trois de plus en économie. La baronne devait se résoudre à voir les siens mourir dans une impuissance qui lui était insupportable.
Les choses avaient changé, ici comme ailleurs. L'amitié qu'elle portait pour le seigneur d'Altenberg pourtant semblait intacte et plus encore, la compassion qu'il affichait la renforçait d'avantage. Oh, combien de fois aurait-elle voulu tomber dans ses bras et pleurer tout son soûl pour les pauvres âmes qu'elle n'avait pu sauver ? Que la décence aille se faire foutre ! Si l'été pointait au dehors, le cœur de la Belle était bien plus sombre qu'une nuit de tempête hivernale. Elle ne voyait plus les bonnes choses et tout ce qui l'entourait jusqu'alors n'était à ses yeux que mort. La vie telle qu'elle avait pu la voir enfant n'existait plus, il n'y avait que la mort et rien d'autre. Chaque souffle était une douleur, chaque seconde rapprochant les corps de la dernière heure. Elle eut ri en pensant à la tête de Tyra. Ribaude que l'on priait pour qu'elle nous accueille le jour venu avec un sourire amer... Elle ne l'aurait pas elle. Pas encore. Elle observa alors un moment Niklaus, préférant écouter le son mélodieux de sa voix. Si elle avait ouvert les lèvres, rien n'aurait pris place sinon de lourds sanglots. Il avait le visage fatigué. Plus encore, il semblait lassé. Leurs âmes emplies de tristesse rendait la pièce lugubre, malgré la lueur du soleil déclinant par delà les champs. Elle aurait voulu se tenir près de lui et juste observer le silence douloureux qui régnait. Un instant de pureté comme ils avaient tout deux connus dans l'enceinte de la cathédrale. Sainte Néera, que ce moment lui paraissait loin à présent.Elle ouvrit les lèvres avant de les refermer aussi tôt. Un court instant, la pièce fut plongée dans le calme. La baronne détourna son regard qui, à mesure du temps s'humidifiait malgré sa volonté.
« N'ayez crainte mon ami. Que les médisants parlent de notre amitié, cela les occupera peut-être assez pour qu'ils cessent de comploter ». Elle eut un petit sourire ironique. Personne au sud de l'Alonnan n'avait eu vent de la véritable raison de la mort du baron, et bien qu'elle n'eut pas envie de s'étendre d'avantage pour le moment, en rire lui semblait la meilleure solution. « Les choses changent tant au dehors que parfois ma crainte prend le pas sur ma raison et mon cœur, j'espère que cela ne vous a pas froissé Niklaus. Vous êtes bien l'une des seules personnes qu'il me plaît de voir en ces jours funestes ».
Sa voix trembla un peu. Les larmes n'étaient pas loin et pourtant elle restait droite, ravalant sa tristesse au fond d'elle-même. Elle ne devait pas se montrer faible alors qu'au dehors tout semblait être mis en œuvre pour avoir sa peau. Et à force de flagellation mentale, elle reprit plus assurée.
« Je me porte déjà bien mieux que tout ceux que nous avons dû brûler ou abandonner faute de temps. Je ne peux que subir le sang qui se trouve sur mes mains et les âmes errantes qui me suivent qu'importe l'endroit où je me trouve. A chaque Homme son fardeau n'est-ce pas ? ».
Elle se tenta à esquisser un petit sourire sans succès.
« J'ai eu beaucoup de chance malgré tout. Il me reste ma petite Pénélope qui est née là-bas et qui se porte comme un charme. Elle est tellement rayonnante qu'elle ferait craquer même le cœur le plus dur. Non mon ami, je ne peux pas dire que je me porte mal quand je pense à ceux qui ont tout perdu. ».
Elle n'avait pas tord sur ce point là et elle le savait. Elle laissa un bref instant le silence s'installer au profit d'une réflexion rapide sur ce qu'elle venait de dire. La guerre, la mort... Tout cela n'avait fait d'elle qu'une femme plus forte, une dirigeante avertie qui comprenait le poids du sacrifice et l'importance de son rang. Elle savait à présent ce que cela signifiait de régner sur ses gens.
« Et vous Niklaus ? Racontez-moi pourquoi vous semblez si fatigué, je vous prie. La mobilisation nous a coupé du monde, je le crains. J'espère que vous trouverez ici le repos que vous méritez ». Elle posa ses yeux sur son visage et, avant même qu'il ne puisse entamer son récit elle murmura : « Je suis heureuse que vous soyez venu »...

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