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 « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »

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Arichis d'Anoszia
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MessageSujet: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Dim 24 Avr 2016 - 22:41

La Bellecima avait prit la mer depuis trois jours, le pavillon Anoszia flottait bien haut et claquait légèrement au vent. L’Olienne était paisible depuis qu’ils avaient prit la mer à Cloyi le soir même où il était arrivé pour prendre Cécyllia avec lui. Sa fille l’avait fortement inquiété dans les lignes que Sibylle lui avait adressées et il n’était pas serein à l’amener avec lui au nord alors que cette partie du royaume ne s’était pas encore prononcé quant aux évènements de la couronne. Mais il devait avouer qu’avoir sa fille avec lui le rendait heureux et moins dur envers ses subalternes. Tous sur le navire avaient notifié ce léger changement de comportements, et tous en étaient ravis. D’ailleurs ils ne lésinaient pas sur les sourires lorsqu’ils croisaient la plus jeune fille du Dragon, comme pour la remercier d’égayer ainsi le régent.

Cécyllia avait sa propre cabine non loin de celle de son paternel qui occupait celle normalement réservé au capitaine. Ce dernier en avait une plus petite sur le pont, il répondait au nom de Bertan Œil-Miracle et avait toujours ce petit épis de blé dans sa bouche, à se demander où il en trouvait sur un bateau. Le navire avançait à un rythme soutenu grâce aux deux cent esclaves qui ramaient continuellement, ils avaient comme destination le port le plus nordique avant de continuer à cheval jusqu’à Alonna où Arichis devait rencontrer Alanya. Les chevaux, une trentaine, se trouvait à l’arrière de la cale et on les remontait de temps à autre pour prendre l’air. Des esclaves étaient chargés de nettoyer le crottin et de le balancer en mer pour éviter la profusion des mauvaises odeurs, mais cette partie du navire était évité par l’Anoszia dont l’odeur lui donnait la migraine. Il avait d’ailleurs amené avec lui son baza jerdon, un rapace blanc-brun que sa fille Cornélia lui avait offert, il l’avait affectueusement nommé Calzi en référence avec son domaine.

Au bout de quelques jours, ils avaient déjà dépassé les côtes mervaloise. Le capitaine avait comme ordre de bien éviter l’archipel de Nelen et les côtes langecines. Durant leur voyage, un des navires que l’ancienne duchesse de Soltariel avait positionné dans cette mer pour prévenir d’une possible attaque supplémentaire de Langehack mais également pour faire pression sur Nelen les arrêta avant de s’excuser lorsqu’ils reconnurent le Grand Argentier.

Durant une nuit, bien après le début de soirée où le diner à base de fruits de mer fût servi, Arichis se retrouva sur le pont à contempler les étoiles lorsqu’un bruit derrière lui le sorti de sa méditation. C’était sa fille.


« Cécyllia. » Il lui fit signe de s’approcher, la nuit était claire et le ciel était dégagé. Du doigt, il pointa une étoile.

« Tu vois cet astre brillant ? Le plus brillant de tous ? C’est la Lanterne. La légende raconte que lorsqu’Othar s’était retrouvé au royaume de sa sœur, il se laissa guider par cette étoile pour sortir du tréfonds des Enfers. Elle fait partie de la constellation de la Ridée. Et tu vois cette étoile en retrait un peu par là ? C’est Amaya. La première gardienne de la DameDieu. Néera dans sa bonté l’aurait élevé parmi les cieux à sa mort, et depuis, la plus Sainte des Saintes veille sur nous. »

Petit, Arichis avait énormément étudié les cartes connues des cieux de la bibliothèque de Missède. Sa mère lui parlait souvent de l’astrologue Eresndis qu’elle avait connu autrefois et qui lui avait fait aimer les étoiles et leurs histoires.

« Que fais-tu réveillée si tard ma grande ? »
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Cécyllia d'Anoszia
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Lun 25 Avr 2016 - 11:20


Par les Cinq que la vie en mer pouvait être grisante ! Jamais Cécyllia ne s’était sentie aussi vivante. Les premiers jours elle les avait passés sur le pont à tout observer avec de grands yeux curieux. Elle cherchait à mettre un nom sur tout ce qu’elle voyait, à relier ses lectures à tout ce qu’elle pouvait voir. Un jeune marin à peine plus âgé qu’elle, lui apprit même à réaliser certains nœuds ainsi que les historiettes qui permettaient de s’en souvenir. Depuis, elle avait un petit jeu avec lui, chaque jour, lorsqu’elle le croisait, elle lui glissait le nom d’un nœud et dans la journée il lui apportait une petite cordelette qu’elle s’empressait de comparer avec les dessins de ses livres. L’ambiance à bord était très agréable, d’autant que la météo était de la partie ce qui rendait les marins bien plus souriants et plus détendus.

Ce jour-là, en plus du nœud qu’elle avait demandé, elle avait retrouvé un petit coquillage suspendu au bout du de la ficelle. Il avait été percé avec grand soin cela se voyait parce que la coquille semblait très fragile. Cette petite attention fit sourire Cécyllia en même temps qu’elle se sentit rougir. Elle savait qu’il n’était pas convenable pour une demoiselle de sa condition de ressentir ce genre de trouble pour un jeune marin mais jamais encore elle ne s’était retrouvée dans cette position. Habituellement, c’était ses sœurs qu’elle voyait se faire ouvertement courtiser. Et elle comprenait à présent pourquoi Lucrezia adorait se pavaner lors des bals qu’on organisait parfois à Velmone.

Ce n’était qu’un coquillage après tout, mais il illumina sa journée. Peut-être qu’il lui faudrait se montrer un peu plus discrète à présent, pour éviter que son père ne se mette à soupçonner quoi que ce soit. Elle ne voulait pas que Duccio, c’était le prénom qu’il lui avait donné lorsqu’elle le lui avait demandé, ait le moindre problème.
Un soir, après le repas, alors que Rosalina l’avait quitté après l’avoir aidé à se changer pour la nuit, Cécyllia était restée réveillée. Elle essayait d’observer le ciel à travers son hublot mais elle ne parvenait pas à voir l’entièreté du ciel. Des bruits de pas dans le couloir lui firent tourner le regard vers sa porte. Quelqu’un s’était arrêté devant. Peut-être son père qui venait lui souhaiter bonne nuit.
Une longue minute s’écoula sans qu’elle ne fasse le moindre mouvement. Peut-être craignait-il de la réveiller… Alors qu’elle entendait le bruit de pas s’éloigner, la jeune femme se rendit compte que tout ce temps elle avait retenu son souffle.

Une poignée de minute s’écoulèrent encore tandis qu’elle reportait son regard vers le bout de ciel qu’elle entrevoyait. Poussant un soupir agaçait, elle sauta au pied de son lit et enfila sa lourde cape qu’elle avait prévu pour les températures fraîches du Nord. Elle ne portait que sa robe de nuit blanche et ses longs cheveux blonds étaient détachés mais tant pis, elle espérait qu’à une heure pareille elle ne croiserait personne. Après tout elle ne voulait voir le ciel que quelques minutes, ensuite elle retournerait sagement dans sa cabine.
Avant de quitter la pièce, la jeune fille attrapa le livre qui se trouvait grand ouvert sur ses couvertures. C’était celui sur les constellations qu’elle avait pris dans la bibliothèque de Velmone la veille de son départ.

Sur la pointe des pieds elle passa devant la cabine de son père, longea le long couloir et sortit sur le pont. La nuit était claire et à peine peut-elle levée les yeux au ciel qu’elle fut happée par les milliers d’étoiles qui se trouvaient au-dessus de sa tête. Elle fit quelques pas, gardant le nez en l’air, si bien qu’elle faillit trébucher sur un tas de corde. Son prénom, prononcé par la voix grave de son père, lui glaça le sang. Mais loin d’être en colère, il lui fit signe de s’approcher. Quand elle l’eut rejoint, appuyé contre le bastingage, Cécyllia leva son regard vers son père et lui adressa un fin sourire. Ce voyage les avait rapprochés, jamais elle n’avait passé autant de temps avec lui. Et elle adorait ça.

Il lui raconta alors les légendes associées à certaines étoiles. C’était tellement mieux que dans son livre. Elle l’écoutait attentivement, ne voulant perdre aucune miette de ce qu’il lui disait. Le vent balayait ses longs cheveux et elle était obligée de les retenir d’une main pour qu’ils ne volent pas dans tous les sens. Mais même ça, elle adorait. Sentir les embruns salés sur son visage, ressentir cette liberté, même s’il ne s’agissait que d’une liberté capillaire. Pour elle ce voyage bouleversait tout ce qui faisait son quotidien.
A la question de son père, elle mit un temps avant de répondre. Mais elle préférait lui dire la vérité plutôt que de lui mentir.


« - J’essayais d’observer le ciel depuis ma cabine. J’ai pris ce livre avec moi et je voulais retrouver certaines constellations. Mais je n’arrivais pas à voir grand-chose. Alors je me suis dit que je pouvais sortir une minute. »

Elle savait qu’il était bien tard pour qu’une jeune fille de son âge se ballade, pieds nus, sur le pont d’un navire, mais elle espérait que son père comprendrait. Repensant aux bruits de pas qu’elle avait entendus devant la porte de sa chambre, la benjamine tourna son regard vairon vers son père et lui sourit avec tendresse. Passant son petit bras sous le sien, elle se serra contre lui en posant la tête contre son épaule.

« - Quand vous êtes venus devant ma cabine tout à l’heure, pourquoi ne pas avoir frappé à la porte ? Même à mon âge, j’aime toujours autant vous souhaiter bonne nuit et  puis vous savez, cela fait bien longtemps que je ne m’endors plus avec le soleil, vous ne m’auriez pas dérangé.»
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Arichis d'Anoszia
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Mar 26 Avr 2016 - 20:32

Sa fille était devenue une belle jeune femme menue et plus petite que ses sœurs, ses yeux vairons ne gâchaient en rien sa beauté, lui rajoutant même de l’originalité. Ce que certains qualifié par marque de Tyra, Arichis disait que c’était la bénédiction de la DameDieu à travers son Souffle. Personne bien sûr n’osait critiquer l’une de ses filles devant lui. Tout le monde savait comment le Dragon protégeait ses enfants, et combien son courroux serait terrible si cela advenait. D’autant plus que l’histoire de la Roseraie demeurait assez récente, le bourg entier avait goûté à la colère de l’Anoszia. Arichis gardait un souvenir amer de cette histoire-la. Il n’avait prit aucun plaisir à ordonner le massacre de ces gens mais cela avait été nécessaire afin de rappeler à tous qui était le légitime suzerain du Calozi et que quiconque le trahirait connaîtrait la mort et la désolation. Le message pour le moment était convenablement passé et tous à Ydril n’attendait que le moment où Arichis annoncerait son mariage avec la jeune comtesse pour faire main basse sur le comté. Mais l’Anoszia avait d’autres plans, plus ambitieux.

Cécyllia lui expliqua la raison de sa sortie. Il n’avait pas de raisons pour lui en vouloir, elle avait raison de vouloir admirer le ciel étoilé, n’est ce pas après tout le moyen des Dieux de communiquer avec eux ? Enfin, après les gardiens. Arichis leva les yeux vers le ciel et reconnu l’une des Neuf Sœurs, elles étaient reconnaissables car c’était les seuls astres brillant à parcourir le ciel en étant attaché à aucune constellation. Il sourit, c’était la Sœur Fortune près de Sœur Bonté. Cela signifiait que la chance allait lui sourire d’après les astrologues.

Bien plus petite que lui, Cécyllia passa un bras sous le sien en se serrant contre lui et posant sa tête contre son épaule. S’il ne s’était pas introduit plus tôt dans sa cabine c’était tout d’abord pour ne pas la déranger dans son intimité, elle était femme à présent. Il se souvenait encore de Lucrezia, lorsqu’elle avait dix ans et qu’elle piquait des colères après lui parce ce qu’il ne frappait pas à sa porte avant de rentrer. Enfin colère était un bien grand mot, elle le boudait surtout durant des jours avant qu’il ne lui en demande la raison. Il regrettait d’ailleurs de ne pas avoir amené sa fille avec eux, elle aurait certainement animé d’avantage la traversée. Mais comme dit auparavant, c’était par soucis de sureté qu’il ne l’avait pas prise.


« D’accord, je retiendrais pour la prochaine fois. »

Le temps favorable à la navigation et le ciel clair permettait d’apercevoir un bout de terre en face d’eux. C’était Langehack, Arichis gardait un mauvais souvenir de sa venue en ces terres pour voir son fils. Il avait fait un malaise cardiaque sur la route et toutes les festivités pour son arrivée avaient été annulé, certains l’avaient même déclaré mort. Les malheureux.

« Tu vois cette terre là-bas. Ce sont les landes de ton frère. Langehack est bien paisible comparée à notre Soltariel, mais toujours se méfier des eaux calmes. »

Oschide. Il lui posait bien des tracas en ce moment. Il aurait dû passer par Diantra pour le voir et connaitre ses raisons mais il espérait toujours que son frère fasse son travail à sa place et le résonne. Il le verrait peut-être au retour.

« Généralement lorsqu’on sort prendre l’air ainsi à admirer les étoiles c’est pour se vider la tête. A quoi songes-tu Cécyllia ? »
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Cécyllia d'Anoszia
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Mer 27 Avr 2016 - 16:10


Lovée contre le bras de son père, Cécyllia profitait de sa haute stature pour se protéger du vent qui s’immisçait sous sa cape et elle tirait de sa chaleur un réconfort dès plus agréable. Faisant aller sa tête contre son épaule, la jeune fille suivit des yeux ce que son père lui indiquait au loin. Ainsi donc ils longeaient actuellement les terres d'Oschide. Elle éprouva alors ce pincement qui lui était familier à présent. Chaque fois qu'il s'agissait de l'un de ses frères ou de l'une de ses sœurs. Cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait plus vu Oschide, Oscario et Cornélia. Ils avaient tous beaucoup de choses à gérer et elle ne leur en voulait pas le moins du monde. Après tout , elle avait hérité du rôle parfois ingrat, d'être la petite dernière de la famille.

« - Passerons nous le voir lors de notre voyage de retour ? Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas eu de ses nouvelles. »

Elle avait toujours été comblé par l'amour de ses sœurs. Même Sysiphe s'était toujours montré agréable avec elle. Mais ses deux frères aînés demeuraient un vrai mystère pour elle. Cécyllia était toujours heureuse lorsqu'elle avait de leurs nouvelles, même par l'intermédiaire de leur père, et elle se réjouissait à chaque fois lorsqu'elle les revoyait. Mais elle n'avait jamais passé beaucoup de temps avec eux. Après tout, ils étaient des hommes faits à présent, l'un marié, l'autre veuf et père de deux enfants. Et elle, elle sortait tout juste de cette enfance.

Son père attira à nouveau son attention en lui demandant ce qui la faisait veiller si tard. Et le silence répondit d'abord à sa question. Pourquoi n'arrivait-elle pas à trouver le sommeil ?  Elle n'en avait aucune idée. Elle adorait ce voyage, elle ne voulait rien ratée et peut-être que c'était cette excitation de l'aventure qui la tenait éveillée même après que le soleil se soit couché.
Les sombres pensées qu'elle avait ruminé à Velmone ne l'avait pas quitté, loin de là. Pourtant Néera savait combien elle aurait aimé les laisser à quai le jour où elle avait embarqué. Mais non, il lui arrivait parfois de s'accouder au bastingage, comme en cet instant, et de laisser ses pensées l'envahir comme elle le faisait sous le vieux saule.


« - Je ne sais pas. A tout et à rien à la fois. Ce voyage est tellement.... Incroyable ! J'ai peur que le simple fait de fermer les yeux me fasse retourner à Velmone auprès de Tante Sybille et de Lucrezia. Si vous saviez le cadeau que vous me faites en m'autorisant à vous suivre. J'ai l'impression que jamais je n'ai été aussi heureuse. Pourtant... même là, alors que je devrais profiter de ce moment sans me poser plus de question... Je regrette qu'ils ne soient pas avec nous. »

Lorsqu'ils étaient enfants et qu'ils s'étaient tous retrouvés au même endroit à grandir ensemble, elle avait toujours été la plus petite, celle que l'on n'emmenait pas au bord du lac parce qu'il aurait fallu la surveiller, celle avec qui on ne pouvait pas se battre à l'épée de bois parce qu'elle n'était pas assez forte. Et finalement lorsqu'elle avait été en âge pour tout ça, ils n'étaient plus que trois, Lucrezia, Sysiphe et elle. Comme elle aurait aimé partager ses impressions avec Azénor, comme elle aurait aimé entendre Lucrezia se mettre à parler comme les marins du navire...

« - Et puis je dois vous avouer quelque chose. En été, il y a une étoile qui brille plus que les autres, celle-ci vous la voyez ? Je ne connais pas son nom, mais depuis que je suis petite, j'attends avec impatience son retour dans le ciel nocturne. Parfois, quand j'ai besoin de lui parler... à Mère... et bien, c'est à cette étoile que je m'adresse. Et vous Père, pourquoi veillez-vous si tard ? »
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Arichis d'Anoszia
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Ven 29 Avr 2016 - 23:56

« Oui, nous nous arrêterons à Diantra avant de regagner Soltariel. Tu pourras revoir ainsi Cornélia, Oscario Oschide et même ton oncle ! Cela fait un moment également que je ne les ai pas revus. Je pense que des retrouvailles nous ferons à tous grand bien. »

Loin derrière eux étaient les jours où l’entière famille était réunie. Arichis se rappelait encore ce tournoi qu’il avait organisé à Velmone lorsque ses garçons étaient encore jeunes et écuyers où tous ses neveux, fils et petits-cousins participaient sur leurs chevaux tandis que les filles de la maison avaient chacune un prétendant parmi les petits jouteurs. Lucrezia avait d’ailleurs été couronné reine d’amour et de beauté lorsque son chevalier-écuyer gagna le tournoi. Ce temps-là lui manquait parfois. Malgré ses obligations, ses prestigieuses charges, Arichis faisait passer sa famille avant tout et se promit de la réunir de nouveau pour les mariages qui s’annonçaient. Peut-être en faisant comme Aymeric de Brochant.

« Malheureusement nous ne pouvons pas tous demeurer ensemble, la vie est ainsi. Mais si cela tu fais plaisir, j’organiserais un tournoi où nous réunirons toute la famille à notre retour sur nos terres. Cela fait un moment que l’on ne s’est pas tous retrouvés et je suis sûr que vous souhaitez tous rencontrer l’épouse d’Oschide que vous n’avez pas encore eu l’occasion de voir. »

Il avait eu l’occasion de la voir à Langehack. C’était une très jolie jeune femme toute en forme et courbures qui arborait un sourire sincère et chaleureux, il n’avait pas pu s’attarder d’avantage avec elle car la situation politique de leurs terres avaient complètement chavirée. Mais il n’était pas trop tard pour rattraper le temps perdu.

« La prochaine fois Cécyllia, si tu te retrouves malheureuse ou que tu te sentes mal, n’hésites pas à m’écrire une lettre. Cette fois-ci, ce fût ta tante qui le fit mais je n’apprécie pas qu’il y ait des intermédiaires entre nous. Lorsqu’on est face à un problème, nous devons nous employer à le résoudre de nous même afin d’obtenir sa solution. Nous sommes des Dragons, ne l’oublies pas. Nous ne nous laissons pas porter par le vent, nous domptons le vent ! » Il grondait gentiment sa fille mais ne pouvait garder ce ton bien longtemps. « J’accourais à chaque fois pour te rendre le sourire, tu le sais bien. »

A Ydril pour ne pas la faire culpabiliser ou la mettre encore plus mal il s’était retenu de lui faire la leçon, mais à présent qu’ils étaient en mer il ne se gêna pas. Cécyllia pouvait se montrer parfois très passive, se laissant marcher dessus, Arichis aurait bien voulu qu’elle se durcisse un peu tout en ne lui retirant pas son ingénuité qui la rendait si adorable. La nostalgie était en soit un brin normale, la demoiselle n’avait que seize ans, avait grandit sans sa mère et se retrouver seule dans son palais sans ses frères et sœurs. Arichis leva les yeux vers une étoile qu’elle lui désigna en parlant d’Hélène. C’était l’une des Neuf Sœurs car elle se mouvait souvent et n’apparaissait pas toujours au même endroit, le régent n’était pas sûr de son nom sans une carte sous les mains.

« Je crois qu’il s’agit de l’une des neuf sœurs. Espérance si je ne m’abuse. Quant à ma veillée c’est que j’ai quelques tracas à l’esprit avec lesquels je ne souhaite pas te déranger. Mais dis-moi, que communiques-tu à ta mère ? »

Il avait changé de sujet afin de ne pas l’embêter avec ses problèmes, curieux de savoir quelles prières sa fille pouvait adresser à sa défunte mère qu’elle n’avait pas eu la chance de connaitre.
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Cécyllia d'Anoszia
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Mar 3 Mai 2016 - 16:55


Revoir Cornélia. Voilà une nouvelle qui faisait grandement plaisir à Cécyllia. Son sourire s’étira un peu plus si s’était possible à l’évocation de sa grande sœur. Depuis combien de temps ne l’avait-elle pas vu ? Les lettres étaient bien trop rares au goût de la jeune Anoszia mais elle ne lui en voulait pas. Bien des choses devaient occuper sa sœur mais savoir qu’elle la verrait bientôt lui mettait du baume au cœur. Son père lui proposa alors d’organiser un tournoi pour réunir la famille au grand complet et elle resserra un peu plus son étreinte sur le bras de son père. Il ne pouvait pas avoir meilleure idée pour la rendre parfaitement heureuse. Depuis sa plus tendre enfance on lui avait enseigné l’importance d’une famille et du devoir. Elle avait fait de chaque membre de cette famille ses piliers et lorsque l’un d’eux lui manquait depuis trop longtemps s’était comme si toute sa vie vacillait.

« - C’est une excellente idée Père. Ce sera merveilleux d’avoir à nouveau tout le monde à Velmonè. »

Mais une fois la famille réunie au grand complet… quel bazar se serait ! Mais quel merveilleux bazar. Cécyllia ferma les yeux un instant, écoutant les bruits de la mer et savourant le vent sur son visage. Il lui tardait déjà alors même que rien n’avait été précisé. Après un court silence, son père lui reparla alors de la lettre de Tante Sybille. Sans même imaginer se rebeller, Cécyllia se laissa disputer docilement. Il avait raison, elle n’aurait pas dû se morfondre ainsi et tant inquiéter sa tante. Elle n’avait jamais été d’une nature sauvage ou rebelle, et elle n’avait pas l’impression que le feu qui habitait Azénor ou Lucrezia vivait également en elle, mais elle n’aurait jamais dû se laisser aller ainsi.
Ils étaient des Dragons… oui. Eux peut-être mais elle ? Comment pouvait-elle s’affirmer davantage alors qu’elle n’avait jamais dit un mot plus haut que l’autre? Comment pouvait-elle dompter le vent alors qu’elle n’avait jamais tenté ne serait-ce qu’une fois de voler de ses propres ailes ? Les derniers mots de son père lui firent monter les larmes aux yeux. S’il était bien un homme dont elle ne douterait jamais de l’amour, c’était bien de son père.


« - Vous avez raison… Je ne pensais pas que Tante Sybille vous écrirez… ce n’est pas une excuse j’en ai conscience mais je ne voulais pas vous inquiéter pour rien… Vous avez tant d’autres choses à faire. »

Il reporta ensuite son attention sur l’étoile qu’elle venait de lui indiquer. Enfin elle pouvait mettre un nom dessus, même si pour elle, elle serait toujours celle qui représentait sa mère. La question de son père était quelque peu intime mais elle ne lui avait jamais rien cachée et même s’il était parfois plus facile de parler à une étoile qu’à Arichis d’Anoszia, elle voulait profiter de ce voyage pour changer ça.

« - Et bien, je lui parle de vous. Et je l’interroge parfois... même si je sais que je n’obtiendrai jamais la moindre réponse. »Baissant ses yeux vers les flots obscurs qui s’étendaient devant eux, Cécyllia prit une profonde inspiration. « - Je lui dis que parfois… J’ai l’impression que j’ai toujours été un oiseau protégé par les meilleurs barreaux du monde et que bientôt… bientôt on va écarter ces barreaux et je me retrouverais seule dans un monde qui me terrifie. Alors je lui demande qu'elle me donne un peu de sa force. »

Jamais elle n’avait confié de telles paroles à qui que ce soit. Et elle était surprise de les avoir prononcées à voix haute, pourtant à présent que les mots avaient franchis ses lèvres, elle sentait le besoin de continuer même si son père pouvait ne pas apprécier ce qui suivrait.

« - J’ai toujours vu en vous et en mes frères et sœurs ces Dragons dont vous me parlez. Mais moi… Je ne me suis jamais fait cet effet-là. Alors à elle je lui demande pourquoi ? Parce que je ne comprends pas… Ce peut-il qu’en lui prenant sa vie j’ai éteint en moi cette flamme que vous avez tous ? Est-ce pour ça que parfois… vous ne me regardez pas comme vous regardez Azénor, Lucrezia ou les autres ? »

Les yeux obstinément braqués sur la mer, Cécyllia tremblait légèrement. Elle ne voulait pas croiser le regard de son père après de telles paroles. Elle avait pensé qu’en lui confiant ses inquiétudes les plus profondes elle se sentirait mieux mais c’était bien loin d’être le cas. Son sourire s’était depuis longtemps fané mais elle prit sur elle pour éviter que des larmes viennent en plus rouler sur ses joues.
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Arichis d'Anoszia
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Sam 7 Mai 2016 - 19:25

« Tu sais bien que je place notre famille en haut de mes priorités. Je pourrais être l’empereur de ce monde, que j’abandonnerais sans hésiter mon empire pour vous. Vous êtes ce qui restera de moi après ma mort. Mon héritage. Ne crains jamais de venir me parler, je serais toujours là. »

Cécyllia n’était pas au courant qu’il s’était rendu jusqu’aux portes du royaume de Tyra quelques mois plus tôt, cet incident lui avait rappelé à quel point il était mortel et que la Déesse pouvait le rappeler n’importe quand auprès d’elle. Arichis avait bien vaincu sa vie, il avait aimé, haï, conquis, voyager et par-dessus tout, fonder une famille à laquelle il avait inculqué des valeurs fortes et puissantes. Il n’avait nul doute que si ses enfants restaient tous ensemble après sa mort, rien ne puisse les arrêter. Le patriarche n’œuvrait à présent que pour leur avenir, en tentant d’apprécier ses dernières années du mieux possible.

Gênée, Cécyllia daigna toutefois lui révéler ses discussions intimes. Arichis avait sous-estimé le mal qui rongeait sa petite dernière et ce qu’elle lui affirma le blessa. Il plissa les yeux, portant son regard sur l’étendue sombre de la mer. S’il ne la regardait pas comme il regardait ses autres filles, c’était uniquement parce ce qu’elle était sa dernière, celle qui était censé le quitter en dernier, celle qu’il choyait même si elle n’avait aucun caprice. Arichis se racla la gorge avant de parler.


« Ta mère n’est pas morte à cause de toi, elle est morte parce ce que son corps n’était plus tout jeune et qu’elle avait perdu de sa force. Sa mort était naturelle, tu n’as pas à te la mettre sur la conscience ma belle. Hélène n’aurait pu me faire un plus beau cadeau avant de mourir. Si je te regarde autrement que tes sœurs, c’est parce ce que tu es la plus jeune, la plus délicate. Tu dois te libérer de ces chaines qui te maintiennent au sol pour t’envoler, nous brûlons tous de la même flamme mais tu dois laisser cette flamme s’exprimer. Tant que tu te reproches la disparition de ta mère tu demeureras malgré tout ce qu’on puisse faire malheureuse, et si tu l’es je le suis également. Veux-tu me voir malheureux Cécyllia ? » Taquina le patriarche.

Arichis ne savait pas ce qu’il devait faire pour sa fille, son mariage arrangerait peut-être sa vision. Il espérait toutefois qu’elle se libère d’avantage durant leur voyage, ils allaient passer après tout de longues ennéades ensemble. Il songeait à la mettre dans des situations préparées afin qu’elle se libère de ses entraves, il songea d’abord à la laisser seule un moment avec la baronne à qui ils allaient rendre visite. Il avait confiance en Alanya pour ce genre de choses.


« Promets-moi à l’avenir de venir me voir dès que tu en ressens le besoin. » Peu importait l’homme qu’elle allait épouser, elle resterait sa petite fille.
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Cécyllia d'Anoszia
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   Mer 25 Mai 2016 - 11:58


Pourquoi avait-il fallu qu’elle confie une chose pareille à son père ? Elle redoutait à présent que son excès de franchise fasse de la peine à son père ou pire qu’il se mette en colère. Ce genre de sentiment était une faiblesse pour elle, sûrement la plus grande d’ailleurs. Il suffisait qu’on évoque sa mère pour qu’elle se recroqueville. Cornélia lui avait déjà dit à de nombreuses reprises qu’elle n’était pas responsable, Azénor aussi, mais ses frères aînés, notamment Oschides n’avaient pas été des plus tendres avec elle. Cécyllia ne leur en avait jamais voulu parce qu’elle s’était toujours considérée responsable. Pourquoi les mots de son père la bouleversait-elle autant alors ? Peut-être parce que c’était la première fois qu’elle les entendait dans sa bouche et que c’était de lui qu’elle avait toujours eu le plus besoin de les entendre. Les larmes s’étaient subitement accumulées sous ses longs cils noirs et elles se mirent, silencieusement, à couler le long de ses joues blanches.

Lorsqu’il lui demanda si elle voulait qu’il soit malheureux, un sanglot lui échappa alors et elle se blottit un peu plus contre son bras qu’elle enlaçait déjà. Elle savait qu’il la taquinait, Arichis connaissait trop sa fille pour ignorer qu’elle répugnait à faire quoi que ce soit qui puisse lui déplaire, mais l’importance que revêtaient les paroles du Patriarche pour la jeune Anoszia l’avait secoué. C’était comme s’il venait de soulever les barrières qu’elle avait dressé dans son esprit depuis de nombreuses années. Et à présent elle avait seulement besoin de les laisser s’écouler à travers ses larmes qu’elle avait si longtemps retenues.


« - Je suis désolée… Papa... Je vous promets  …je vous promets d’essayer. »

Ce devait être la première fois depuis très longtemps qu’elle l’appelait ainsi, et ce serait probablement l’une des dernières. Le naturel avait repris ses droits sur le langage poli qu’ils employaient, probablement parce qu’elle était trop occupée à essayer de se reprendre et de sécher ses larmes.
Quand elle fut certaine de pouvoir croiser son regard sans pleurer à nouveau, Cécyllia releva la tête vers lui et lui adressa un premier vrai sourire. Malgré l’intensité des émotions qui venaient de la secouer, elle se sentait étonnamment calme à présent. Comme la mer après une tempête. Jamais elle n’aurait imaginé qu’une telle conversation avec son père pourrait être aussi éprouvante.


« - Merci, merci pour tout Père. Je vous promets que je veillerai à ce que vous ne soyez jamais malheureux par ma faute.
Puis-je rester encore un peu avec vous ? »


Reportant son regard vers les flots, Cécyllia voulait croire qu’à présent les choses seraient différentes. C’était comme un défi lancé par son père. Elle voulait lui prouver qu’elle serait capable de se libérer de ces barrières qu’elle avait elle-même dressées. Elle était une Anoszia et à partir de cette nuit elle s’évertuerait à montrer qu’elle n’était pas qu’un fragile petit papillon de nuit, attiré par la lumière et incapable de s’en approcher sans s’y brûler.

« - Maintenant que je vous ai confié mes craintes, peut-être pourriez-vous me parler de ce qui vous tracasse ? Et n’ayez crainte de m’ennuyer Père, je ne suis plus une enfant. Enfin…si,  encore un petit peu je l’avoue ! »

Un sourire amusé ponctua la phrase de la petite dernière tandis qu’elle levait à nouveau les yeux vers son père.
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MessageSujet: Re: « Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »   

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« Et le chant des sirènes nous replonge en hiver. »
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