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 Les heures solennelles

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Les heures solennelles   Mar 3 Mai 2016 - 14:24




Les heures solennelles




Ô Nuits, déroulez en silence
Les pages du livre des cieux ;
Astres, gravitez en cadence
Dans vos sentiers harmonieux ;
Durant ces heures solennelles,
Aquilons, repliez vos ailes...



Kÿrianos de la 1ère énnéade de Karfïas de la 9ième année du XIème cycle



Difficile d’y voir clair. La vie était ainsi faite qu’on se posait souvent bien des questions sur les choix du passé. Choisir, c’était toujours renoncer un peu. Et la vie de Niklaus avait été emplie de choix dernièrement. Les quelques moments qu’il avait pu passer avec Alanya de Broissieux avaient été sympathiques pour le moins, agréables pour le mieux. Mais les bonnes choses avaient une fin. Il lui fallait revenir aux affaires courantes d’une diplomatie incessante.

Il était descendu dans une auberge bien tenue. Il s’agissait en fait bien plus d’un relais de chasse que d’une auberge. C’était là un établissement que le commun des mortels ne pouvait pas se payer. Il était là depuis un jour, arrivé en avance de son rendez-vous après avoir fait un petit tour plus au nord-ouest. A présent il était attendu plus au sud. Dernière étape avant qu’il ne s’attelle à une tâche personnelle bien particulière. Tâche pour laquelle son coeur brulait déjà.

L’homme qu’il attendait ne tarderait de toute manière plus. Assis sur son fauteuil, le jeune homme avait commandé une carafe d’eau glacée coupée d’agrumes. Il était assis dans un grand fauteuil confortable, sur le balcon, dans la pénombre. Dehors un ciel immense laissait voir des millions d’étoiles. Au loin, sur la colinne d’en face, une ombre se dessinait, celle d’un jeune garçon, sûrement un page de l’auberge. Il était assis dans l’herbe de la colinne, contemplant la forêt giboyeuse et surtout ce beau ciel d’été. Il n’avait pas vu Niklaus, qui étant un traqueur hors pair, disposait d’une vue redoutable.

Un vent frais venait apaiser la chaleur des lieux. Le jour avait été étouffant. L’été était bien là. Cet enfant au loin, silhouette fragile dans un lieu aussi incongru, semblait être la métamorphose visuelle des craintes et des espoirs de l’Altenberg. Il soupira un peu, et attrapa son verre au trois quart plein. La froideur du contact lui fit crisper légèrement les mains. Il se concentra un peu sur les étoiles tout en sirotant une gorgée de la boisson.

Il se sentait libéré d’un poids. Il commençait enfin à faire son deuil. Il lui avait fallu bien du temps, mais la chose portait doucement ses fruits.

Une étoile filante passa. Il ne fit pas de vœu. Il n’y croyait pas.

Un grincement de porte suivant trois coups secs lui apprit que l’on entrait. Il se leva et se retourna. Un page portant un grand chandelier entrait.


“ - Messire. Une troupe est arrivée. Et un homme souhaite vous parler.”

“ - C’est très bien jeune homme. Faites donc venir.”


Le page vint poser le chandelier et s’en fut. Intention agréable du garçon, mais avec la brise, elle ne tiendrait de toute manière pas longtemps.

“ - Vous savez jeune homme, elle ne feront pas usage dans la brise, mais je vous remercie de votre intention, vous faites bien votre travail. Remportez-les, vous verrez mieux votre chemin. Remontez donc avec une lanterne, cela sera plus simple. Et montez donc un second verre. ”

Le jeune garçon s’éclipsa avec le sourire satisfait d’un jeune serviteur de l’ombre dont on avait félicité le service. Il revint quelques minutes plus tard, accompagné cette fois. Niklaus se leva.

“ - Messire… C’est un honneur de vous rencontrer. Merci jeune homme, posez cette lanterne ici ainsi que le verre. ”

Il évitait tout nom de famille avant que le jeune homme ne soit parti. La porte fermé, Niklaus invita l’homme à s’asseoir. Ainsi voilà à quoi ressemblait le patriarche d’Asnozia… Après tous les déboires que Niklaus avait eu avec le fils, il avait été un peu curieux de rencontrer le géniteur.

“ - Étonnant que de voir ce que nous réserve parfois les relations le plus incertaines. Malgré notre différence d’âge je constate que nous avons tous deux les réflexes des vieilles façons. Je suppose que j’ai été à bonne école. Il est heureux que nous ayons pu, par l’entremise de nos connaissances respectives dans l’un et l’autre de nos domaines,  prendre contact.”

Le jeune homme prit la carafe en main.


“ - Souhaitez vous un peu d’eau agrémentée ? J’allais me servir.”


Dernière édition par Niklaus d'Altenberg le Mar 3 Mai 2016 - 22:28, édité 2 fois
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Arichis d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les heures solennelles   Mar 3 Mai 2016 - 15:37

Lorsqu’il su que l’instigateur de la chute de la monarchie diantraise se trouvait à Alonna, Arichis avait aussitôt tenté de rentrer en contact avec. Si Niklaus se trouvait au nord cela signifiait que Blanche n’avait pas eu le temps de s’entretenir avec et c’était tout autant une bonne qu’une mauvaise chose. La rencontre fut programmée pour le premier jour de l’an au Relais de Wacume, une sorte d’auberge près de la frontière avec Serramire. Le patriarche ne connaissait le baron que par ses actes récents, méfiant et suspicieux, il avait prit avec lui une petite escorte pour l’accompagner jusqu’au lieu-dit après y avoir envoyé un éclaireur afin d’éviter une éventuelle embuscade. Après tout, il était un agent de la Couronne à laquelle ces derniers s’opposés derrière leurs jolis discours.

Près de la bâtisse, les hommes s’arrêtèrent pour lever les yeux au ciel. Une étoile filante. Par chez eux où le culte de Tyra était bien ancré, cela signifiait qu’un de leurs amis venait de mourir et que la Déesse avait envoyé un Guetteur pour le conduire à son royaume abyssal. Le cœur d’Arichis se serra, il frissonna d’effroi sur son cheval caché par la pénombre de ses hommes. Il avait Azénor sur les routes quelque part, Oschide et Oscario à Diantra où les insurrections étaient communes ainsi que l’entièreté de sa famille sous la menace de leurs opposants. Reprenant contenance, il tenta d’apaiser ses hommes qui s’inquiétaient également pour les leurs. Avec un peu de chance, c’était l’un d’entre eux qui avait perdu un proche.


« Allons messieurs, ceci n’est que légende… » Lui-même ne croyait pas en ses mots.

Arrivés à la porte, une petite fille d’une douzaine d’années sortis pour les accueillir en proposant de s’occuper des chevaux. Les hommes descendirent tous en même temps de leur scelle, encore secoué par l’étoile. Un bonhomme rondouillard les attendait à l’intérieur, un des gardes lui justifia qu’ils étaient là pour rencontrer un homme. L’aubergiste acquiesça et entreprit de les guider jusqu’à l’étage, le régent disposa de ses hommes et leur proposa de se restaurer puis de dormir. Aucun piège n’était à craindre en ce lieu. C’est un jeune homme, la quatorzaine qui prit le relais et l’accompagna jusqu’à un balcon avec une lanterne qu’il posa.

Un homme se leva pour l’accueillir, à la lueur des flammes, Arichis cru reconnaitre le personnage avec ses sourcils et son nez atypique. Peut-être l’avait-il déjà croisé à Diantra auparavant, lui ou son père.


« L’honneur est réciproque Messire. » Répondit-il simplement tandis que le garçon s’éclipsait.

L’Anoszia avait été curieux. Curieux de rencontrer cet homme à la plume habile qui savait parfaitement déguiser ses ambitions sous des actes louables, celui qui avait su dompter l’Ogre du Médian et tirer son épingle du jeu.


« Effectivement, j’ai été surpris de vous savoir si au nord de vos terres. » Peut-être était-il monté si haut pour démarcher les seigneurs de la plaine.

« Je n’ai pas soif, merci. » Et il ne faisait pas confiance à la carafe, pas encore. Mais il n’en montra rien et s’assaillit dans l’un des fauteuils qu’il entreprit de légèrement tourné vers le second afin de ne pas être uniquement face au paysage.

« Je tenais tout d’abord à vous féliciter pour le travail, car j’imagine que la tâche n’était pas aisé, de réorganisation de vos terres et de celles de vos voisins. Votre Ligue bien que reposant sur des principes étranges est une entreprise louable compte tenu des circonstances ayant amené à sa création. Etait-ce votre idée ? »

Tous avaient été mis au courant des volontés de royauté de Nimmio de Velteroc, tous connaissaient sa soif de conquête et tous avaient entendu parler du fiasco de son conseil où les nobles soutinrent Harold du Lyron avant de le désavouer des jours plus tard après la révélation de la mascarade à laquelle s’était prêtée la Haute Prêtresse.

« Vous connaissez ma position Altesse. Dois-je vous appeler d’ailleurs Altesse ? Pardonnez-moi, nous ne sommes pas habitués à avoir des Ducs élus, ceci est une première et peut-être avez vous un nouveau prédicat pour ? Quoi qu’il en soit, vous connaissez ma position et je connais la votre. Vos missives ouvertes ont été assez claire là-dessus et pardonnez également notre impolitesse si nous n’y avons pas répondu mais nos seigneurs voient d’un très mauvais œil l’entretien d’une quelconque correspondance ouverte avec vous. N’est-ce pas triste ? Je n’aurais jamais pu imaginer voir la péninsule autant diviser de mon vivant. Avez-vous connu le Roi Ultuant Messire ? La péninsule n’avait jamais tant été unifiée que sous sa royauté. Permettez-moi donc de vous poser la question, quel avenir voyez-vous pour la Péninsule ? »
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Les heures solennelles   Mer 4 Mai 2016 - 0:37


Niklaus fit un sourire énigmatique à l’homme lorsqu’il remarqua qu’il était loin de ses terres. Il était toujours plus proche que l’autre. Mais cela ne le regardait pas. Et il ne ferait aucune remarque.

L’homme ne voulut pas d’eau, bien qu’il fallut pour l’Altenberg être bien fou pour tenter un empoisonnement dans une telle infériorité numérique. Il n’était presque pas accompagné. Mais peu lui importait les raisons du refus de l’homme, qui peut-être préférait l’alcool à l’eau. Le jeune homme se servit donc seul. Il but une gorgée d’ailleurs durant la réponse de l’homme, reposa son verre sans un bruit, et croisa les mains sur son ventre.

Il fit un sourire modeste lors des félicitations de l’homme et inclina la tête en signe de remerciement.


“ - Je suppose que l’on ne peut prétendre être l’exclusif initiateur d’un tel mouvement à la portée historique. Mais je pense pouvoir dire effectivement que j’ai été le principal rédacteur des textes fondant la Ligue et établissant son fonctionnement général. Au delà de cet apport personnel, la Ligue est avant tout fondé sur la bonne volonté de tous ses participants, comme vous devez maintenant le savoir. Mais je suppose que Mme de Hautval vous en a déjà fait la description.”

Il laissa l’autre poursuivre. A la demande de savoir comment l’homme devait l’appeler, Niklaus se contenta d’un sourire fatigué et d’un hochement de tête indiquant que peu lui importait. L’homme lui parlait avec un peu de nostalgie du passé, avant de lui demander quel avenir il voyait pour la péninsule.


“ - Je n’ai aucune idée de la direction qu’à pris la Péninsule en général, mais pour ce qui concerne la Ligue, nous sommes pour le moment dans une phase d’organisation détaillée. Les organisations préliminaires fonctionnent déjà, et nous ne sommes pas mécontent du résultat, reste maintenant à fignoler les détails. Comme nous ne faisons que nous substituer à une administration réduite, la chose est au final assez simple.

Ce qui reste à voir à présent est la posture qu’adopteront les grands ensembles du reste de l’ancien royaume. Je connais effectivement votre position… Nul autre que les protecteurs directs de l'enfant que vous nous proposez et donc les récipiendaires réels du pouvoir qu’ils voudraient lui conférer ne partage l’avis que là se trouve la solution pour la Couronne. Vous même devez l’avoir à présent compris. Outre la remise en cause de son identité, reste la validité première de sa prétention au trône. J’ai pour ma part renoncé à me faire une opinion sur le sujet. Peut-être ce chérubin est-il le plus justifié par les anciennes lois pour prendre le trône. Peut-être pas. Mais la lettre de la loi coutumière est nulle et non avenue dans notre problème puisqu’une majorité ne peut-être trouvée en faveur de l’une ou l’autre des solutions. En cela M. de Saint Aimé n’a pas tort de vouloir lui aussi prétendre au trône. Bien que j’oppose à sa solution les mêmes arguments.

Reste donc à essayer de préserver la paix malgré les différents qui nous opposent. C’est ce que je m’attache à faire. Et vous cher M. d’Asnozia, êtes-vous venu me parler de paix ? Si c’est le cas, commençons tout de suite par les sujets délicats, une fois l’abcès crevé, nous pourrons parler du reste. Quid de vos troupes à Diantra et surtout de leur comportement ? Car ne nous mentons pas. Je suis devenu un homme peu patient des faux-semblants et des hypocrisies les plus criardes. Je ne crois pas un seul instant que Messire votre fils a réussi à organiser en quelques énnéades le financement et le recrutement de ‘mercenaires’. Et leur venue du nord est improbable, ceci malgré les promesses de votre fils à Sainte-Berthilde. Reste donc Soltariel. Beaucoup semblent vouloir s’accrocher au symbole de l’ancienne capitale, que nous vous laissons en espérant réduire un peu ses maux.

Mais tout aussi attaché que l’on puisse être à Diantra, comment pouvez vous souscrire aux atrocités qui s’y déroulent ? Qui y a-t-il de noble à écraser dans le sang les simples manifestations du mécontentement de ces gens ? Voilà des mois que je répète à qui veut l’entendre les simples mesures qui auraient évitées tout ce drame. Mais on a jeté des pains et des souverains au problème. Et maintenant que l’on se rend compte que cela n’a eu aucun effet, vous tentez de le détruire. Si vous espériez rendre le nom de votre famille célèbre, vous pourrez vous féliciter pour votre contribution à la redéfinition du terme d’hécatombe. Puisqu’écouter les plaintes du peuple vous semble incompatible du rôle de l’aristocratie ne pouviez vous simplement faire évacuer les contestataires ? J’aurai certainement trouvé moyen de les accueillir et de les calmer. Voilà maintenant que déferlent au contraire sur le Garnaad tous ceux qui ont peur de vous ou des hommes que vous tentez d’éliminer, pris entre le marteau et l’enclume.”


Il avait dit tout cela dans un calme parfait, sur le ton de la conversation, avec une froideur peu commune. Si l'homme ne l'avait pas compris, ce n'était pas la jeunesse de Niklaus qui en faisait un homme né de la dernière pluie ou un impulsif fougueux.
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Arichis d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les heures solennelles   Mer 4 Mai 2016 - 1:54

Arichis écouta attentivement le laïus de l’Altenberg sans l’interrompre. Son bras sur l’accoudoir tendu comme jamais, ses doigts sur crispèrent sur ce dernier alors que son regard se durcissait au fur et à mesure que le duc avançait dans son discours. Il n’avait pas été mis au courant du déplacement de son fils vers Sainte-Berthilde, ni d’un quelconque accord avec l’usurpateur de l’Atral. Il ne montra pas à son interlocuteur qu’il venait de lui apprendre quelque chose, son image aurait été mise à mal. Il décida plutôt de ne pas nier ou affirmer, ignorant même les dites parties.

« Permettez-moi de vous reprendre Messire. Vous dites être peu patient face aux faux semblants et à l’hypocrisie alors évitez de me prendre pour un ignare courtisan, vous parlez de solution pour la Couronne mais vous avez rejeté la Couronne et tout ce qu’elle représente vous parlez d’or et déjà d’ancien royaume ce qui est affligeant pour l’avenir de la péninsule que vous imaginez. Jusqu’à où se poursuivra notre division ? Aujourd’hui les Puysards nous ont attaqués aux marches du royaume, qui demain reprendra le flambeau pour nous porter atteinte ? Les trois ensembles que vous évoquez ne peuvent survivre face aux menaces extérieurs dans la division et la tourmente.

Permettez-moi également de vous éclairer sur certains sujets ayant manqué à votre formation. Nous avions un roi, Ultuant de la dynastie des Fiiram, il était le fils de Sa Majesté Gorman, roi avant lui. Gorman a eu un enfant bâtard qu’Ultuant a légitimé avec Mélisandre de Langehackn sœur d’Esidenir, la mère de la précédente duchesse Jeanne que mon fils a remplacé, du nom de Trystan. Vous l’aviez sans doute connu, Trystan avait deux enfants, Eliam et Lyhann tout deux mort avec Aetius à Diantra. Aetius lui était prince de sang reconnu par Trystan, il est né de la liaison entre Aliénor de Fiiram, sœur de Gorman avec Aemon d’Ancenis, l’oncle de Blanche. Aetius a été légitimé donc par Trystan et était donc son plus proche parent à la mort de ses enfants susceptible d’hériter. Mais Aetius est mort également dans l’incident, et son fils Bohémond en est devenu le plus digne. La loi de Diantra veut que cela soit l’ainé mâle qui hérite avant de passer aux filles. Bohémond Messire ne tient donc pas sa légitimé de sa mère Arsinoé, comme semble vouloir se complaire à le croire Godefroy de Saint-Aimé afin de prendre un trône qui ne lui revient pas. Si vous ne croyez pas mes paroles, questionnez vos vieux registres ou des connaisseurs à ce sujet, ils vous diront tous la même chose.

Quant à la validité de son identité Messire, eh bien comment pouvez-vous me prouver que vous êtes bien le fils de votre père ? Plus sérieusement. Bohémond a été récupéré par Cléophas d’Angleroy car les Hommes avaient besoin de leur roi et car tel était le souhait de sa mère. Lorsque nous parvinrent les doutes sur son identité de la part du Nord, qui rappelons le a un intérêt à le voir mort, tous les dignitaires de Diantra ainsi que ses agents le reconnurent. C’était bel et bien le garçon qu’ils voyaient sur le trône du temps de la régente, remettez vous en cause l’honneur de tous ces hommes ? C’est d’ailleurs aussi le garçon auquel je vous le rappelle vous avez fait serment de représenter sur l’Apreplaine. Vous semblez tous avoir oublié à partir du Bétis la valeur d’un serment donné, où se trouve votre sens de la Justice ? Où est la justice dans la spoliation des terres d’un enfant ? Car ne nous mentons pas, peu importe le nom que vous vous donnez, si nous devions résumer de façon grotesque vos actions cela serait que vous avez prit ce qui ne vous appartenez pas pour en faire le votre. Vous m’étiez paru honorable aux premiers abords, mais peut-être me trompais-je si vous ne donnez pas tort aux agissements du Saint-Aimé ?

Diantra, oui, parlons-en. La capitale m’est chère et a vu mes enfants grandir entre ses murs. Le responsable de son actuelle situation n’est ni mon fils, ni moi mais votre allié et ami l’Ogre du Médian qui a marché sur la capitale obligeant ses honorables dignitaires à fuir avec leur roi. Vous parlez d’hécatombes mais que fut la bataille des Champs Pourpres où votre Nimmio de Velteroc s’est illustré en massacrant des soldats sans commandant, des soldats dans leur sommeil ? Vous êtes mal placé à me demander des comptes alors que vous êtes l’associé du responsable de la situation critique de notre royaume. Vous souhaitez parler sans détours ? Alors oui, ce sont nos troupes qui sont à Diantra. Ce sont nos troupes qui font votre travail, qui tentent de restaurer la capitale pour son roi que vous avez déshonoré, qui tentent de maintenir une sécurité que vous avez mis à bas. Vous parlez de contestataire mais moi messire je les nomme de criminels et les criminels ne peuvent connaitre que le châtiment.

Nous ne tentons d’éliminer personne ou quoi que ce soit, nous nous efforçons uniquement à restituer ce que vous avez éliminez. »


Parler autant lui avait donné soif, il prit alors le verre que Niklaus avait reposé pour en boire une gorgé avant de le recracher aussitôt par-dessus le balcon. L’eau d’Alonna était affecte pour ses papilles, il se demanda comment l’Altenberg pouvait la boire.

« Vous m’accusez messire de maux qui ne sont pas de mon fait. Je vous ai félicité pour votre travail mais je me demande si vos ancêtres sont d’accord avec moi. »

Pour Arichis un nom avait de l’importance, la famille était sacré et l’honneur associé également.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Les heures solennelles   Ven 20 Mai 2016 - 23:08

Niklaus croisa ses mains avec calme tandis que l’autre répondait. Il n'aimait pas les discours de sourds. Niant parfois, donnant des leçons souvent, posant plus de questions qu’ils ne donnait de réponses. Pour affirmer que la situation était la responsabilité de M. de Velteroc et pour finir traiter les hommes de la capitale de criminels. Niklaus fixa son verre, regardant avec un intérêt nouveau les oscillations que formaient la surface libre du fluide qui y était encore entreposé. Un fluide semblable à celui que l’homme finit par tenter de boire pour le recracher très élégamment juste après. De biens belles manières pour un homme se voulant être le régent d’un royaume.

Le baron restait calme. En d’autres temps ils se seraient peut-être ennervé. Mais il avait, pour son jeune âge, vécu. Et il était de ceux qui savaient rester de marbre. Il reconnaissait néanmoins bien dans les propos du père l’éducation du fils.


“ - Peut-être vous êtes-vous effectivement trompé sur mon compte Messire... Je n'ai aucune idée de l'idée que vous vous étiez fait de moi. Quant à ce qui est de l'opinion que feu mes ancêtres pourraient avoir de moi, permettez moi de décliner votre opinion et de laisser ces derniers en paix.

Pour poursuivre dans la déception qui est la votre, je vous prierai également de ne pas me donner de leçons sur la guerre civile. Ni pour m’accuser de collaborer avec des traitres ou rejeter sur nous toutes les fautes du monde. Sans quoi nous pouvons arrêter de suite cette discussion. Je connais ce discours par cœur.”


Il termina son verre.

“- Je suis toujours assez étonné de voir les gens me rappeler les champs pourpres. Les terres que je représentent ont perdues des milliers d’hommes pour défendre la régence devant le Médian mais également devant son allié de l’époque, votre fils. Je suis peut-être le seul représentant des perdants de cette bataille encore à un poste d’importance. A l’heure où nous parlons je m’en veux encore de n’avoir su m’interposer aux directives de la régence pour éviter ce massacre. Je ne peux rien changer au passé. Et nous portons tous collectivement une responsabilité dans cet état de fait.

Ce que je ne peux changer au passé, je peux en revanche tenter de l’éviter à l’avenir.  Et le ciel me sera témoin que je ne transigerai plus avec la cruauté faite aux faibles. Je vois que je ne saurai vous faire changer de course sur votre traitement reservé à la capitale. J’hésite à savoir si la moindre once d’humanité vous habite lorsque vous me dites cautionner la brutalité dans la capitale. Il s’agit de faire payer aux plus faibles des jeux de pouvoirs, ne nous y trompons pas. Et si vous croyez réellement en ce que vous faites. Alors je vous conjure d’aller demander conseil aux plus vertueux de vos confesseurs. Car si vous pensiez réellement sauver la capitale pour cet enfant dont vous vous dites le protecteur, alors cautionner son massacre est là une funeste tutelle.”


Il reposa son verre avec grande délicatesse, avec autant de délicatesse que l’homme avait eu de grossierté à cracher le breuvage. Il devait être plus habitué à de quelconques alcools…


“ - Je ne suis ni déçu, ni en colère. Enfin... Peut-être suis je un peu déçu effectivement. Mais cela va au delà... Je suis immensément triste. J’entends vos paroles brutales tentant de s’enrober dans des prétextes. J’espère que vous n’éliminerez effectivement personne… Mais j’ai le sentiment que l’avenir vous contredira et que votre définition large de ‘criminels’ donnera lieu à bien de la tristesse supplémentaire. Relisez certains des plus illustres manuscrits de philosophie politique et pondérez vos actions en sachant qu’un prince basant son pouvoir sur la violence voit son gouvernement s’éffondrer par la violence.

Après tout cela, je vous parlerai bien de paix avec la Ligue… Mais j’ai le sentiment que vous ne souhaitez ni nous reconnaître, ni même prendre le chemin de faire la paix avec des terres que vous considérez comme celles de votre protégé… Pour ne pas dire les vôtres...”

Il avait dit ces derniers mots sans hausser le ton ni sans y mettre un ton d’ironie, mais il s’y était pourtant laissé allé.

“- Si je me trompe dans ce cas parlons de la Ligue. Sinon je pense que nous pouvons parler de banalités ou nous quitter…”
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Arichis d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les heures solennelles   Mar 24 Mai 2016 - 15:07

« Sans doute étiez vous plus occuper à guetter une opportunité de vous élever que de suivre l’Histoire. Mon fils, le Duc, n’a pas participé aux batailles sanglantes contre la Régente. Langehack a exprimé son soutien à Velteroc après la bataille de Christabel. Vous ne souhaitez pas de leçons sur la guerre civile pourtant vous en avez cruellement besoin tout comme vous avez besoin de leçons sur la généalogie et les devoirs des gens comme nous. Ne tentez pas de vous dédouanez de vos responsabilité, cette guerre civile n’est pas de la mienne ou celle de mes gens, elle l’est du Velterien et de ses alliés.

Voyez, nous sommes seul sur ce balcon. Vous me demandez de m’exprimer sans hypocrisie alors que vous ne m’offrez que cela. Vous êtes mal placé messire pour me parler d’humanité ou de massacre lorsque vous êtes le porte-parole de l’Ogre du Médian. Veuillez nettoyer vos mains avant de m’accuser d’avoir du sang sur les miennes. Si ce n’est pas de l’hypocrisie que vous m’exprimez alors vous vous bercez dans de douces illusions Messire le Duc. Vos actions ne protègent pas votre peuple qui est le premier à souffrir de vos décisions. Ne voyez pas en mes paroles des menaces, mais juste des faits que j’énonce. Votre côte occidentale, celle de l’Eris, était habitué à être protéger des pirates par nos navires. Pensez-vous sincèrement que nous demanderions à nos hommes de se battre pour une cause qui n’est plus la leur ? Jusqu’à présent les marchandises circulaient sans problème le long de la Route d’Or, pensez-vous que nos marchands voudront se risquer à présent sur des routes dangereuses parsemé de mendiants et de pillards ? Jusqu’à présent, il y avait un certain Equilibre en Péninsule que vous avez mit en péril. Vous aviez besoin de nous, tout autant que nous avions besoin de vous pour nous protéger du nord. Vous avez par vos actions, tout remis en cause. »


Arichis s’était fait une opinion de l’Altenberg grâce aux échos de ses faits, et des dires de Blanche et d’Alanya. Mais il était loin de se douter que le bonhomme serait tout autant présomptueux et arrogeant.

« Je vais vous énoncer un énième fait : vous avez retiré les terres au Roi, je ne parle plus de la personne de Bohémond mais du personnage royal, pour en faire les vôtres. Vous ne pouvez pas le nier non ? Des terres dont vous étiez le gouverneur comme vos ancêtres avant vous. Je me trompe ? Vous vous présentez comme étant un homme intègre, et comme nous sommes toujours seul, vous pourrez peut-être me répondre sincèrement. Vous m’accusez de vouloir récupérer les terres de mon protégé, n’est ce pas chose normale messire ? Se battre pour la Justice et l’Honneur ? N’est ce pas ce que vous faîtes lorsqu’un de vos paysans vole une chèvre à son voisin ? N’essayez vous pas de la lui restituer ? Ne me prenez pas pour ce que je ne suis pas. Je ne possède qu’un vicomté, mes ambitions ne sont pas d’accumuler les terres et les fiefs. Je ne suis qu’un petit seigneur qui a à cœur les intérêts du Royaume. »

Il n’y avait plus de nuages dans le ciel, les étoiles brillaient et l’astre lunaire les observait toujours en les berçant de ses rayons bienveillants.

« La paix, c’est bien le sujet qui nous a amené à nous rencontrer. Je ne vais pas vous menacer d’une guerre, sur ce point vous avez raison, nos gens ont assez souffert de ces caprices-la. »
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