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 Le mariage a ses raisons que l'amour ignore [Hernán (Rico) / Arnaut (Céci)]

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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Le mariage a ses raisons que l'amour ignore [Hernán (Rico) / Arnaut (Céci)]   Mar 14 Juin 2016 - 16:38



Hernán Montecale


L’hôtel de l’Aigle d’Or était reconnu pour accueillir des personnalités venant de tout le monde péninsulaire. C’était un endroit prestigieux, où l’élite du Royaume se côtoyait et logeait dans un ensemble de chambres spacieuses et décorées avec goût. Les terrasses pouvaient accueillir de petits banquets fort sympathiques, qui servaient à réunir les sangs-bleu pour mieux les faire se connaître. L’Aigle d’Or avait été cet établissement de marque, ce lieu de plaisance connu des gens du bon goût. Et depuis les événements tragiques s’étant déroulés à Diantra, il avait presque connu la faillite… Il avait revu sa clientèle, à présent bien moins prestigieuse, et s’était adonné aux coupes budgétaires. Le patron avait cru qu’il devrait fermer boutique dans les ennéades à venir. Puis Hernán Montecale était arrivé.

L’homme malade était dehors, près de la porte de l’honorable hôtel, accompagné de quelques membres de la nouvelle garde personnelle de son fils aîné, triés sur le volet. Albano et Raúl attendaient au côté de leur père. Ce dernier se tenait droit, et appuyé contre une canne, mais n’importe qui pouvait se rendre compte qu’il n’était pas au mieux de sa forme. Il était devenu maigre, ses muscles fondant presque, se réduisant à peau de chagrin. Son visage, autrefois bien dessiné et frais, arborait des traits tirés et un teint cireux, comme s’il avait pris dix années en l’espace de quelques ennéades seulement. Il n’était pas bien, et pourtant, il n’en restait pas moins l’homme fier qu’il avait toujours été. Tous attendaient avec impatience que le seigneur de Beaurivages fasse son apparition dans la rue.

Soudain, l’un des gardes au blason du homard fit un signe à Hernán et ses deux fils ; il venait d’apercevoir un cortège se dirigeant vers eux. Albano mit la main sur son pommeau, et se redressa, tandis que Raúl réajustait sa cape et se recoiffait. Bien placés, ils regardèrent arriver le Missédois et ses hommes d’armes. Le seigneur était monté sur un magnifique cheval de seize mains, un alezan brûlé. Lorsqu’ils arrivèrent à hauteur du comité d’accueil, Arnaut de Laval descendit de sa fière monture. Hernán lui fit un pâle sourire, et fit quelques pas en avant pour venir lui serrer la main, suivi de près par Albano et Raúl. S’appuyant sur sa canne, le Soltari accueillit son hôte ;

« Bienvenue, seigneur Arnaut. Voilà bien longtemps que nous ne nous étions plus croisé, vous et moi. Et je ne me souviens pas vous avoir présenté deux de mes autres fils. Voici Albano, mon troisième enfant. Et Raúl, le… benjamin de la fratrie. »

Albano esquissa une courte révérence, accompagné ensuite de Raúl. Hernán ordonna aux bagagistes d’apporter les affaires du châtelain de Beaurivages à l’intérieur du noble établissement, tout en invitant Arnaut à le suivre.

« L’hôtel de l’Aigle d’Or a connu des jours meilleurs. Mais croyez bien que je ne vous aurais pas fait venir dans un trou à rat. Vous y serez très bien. Et puis, nous avons besoin de parler d’autres choses que de confort. »


Il s’arrêta un instant de parler, pris d’un léger, mais passager malaise. Il regarda à nouveau Arnaut.

« Mon fils est… occupé. Nous nous entretiendrons donc seul à seul. Cela vaut mieux, de toute manière… »


A vrai dire, Enrico était toujours à Diantra. Cependant, il avait refusé d’adresser la parole à son père depuis l’annonce du maintien du mariage. La résignation du Baron de Nelen l’avait fait se barricader dans ses appartements. Hernán disait que ça lui passerait. Mais Albano n’était pas si sûr de cela. Il en doutait même très fort…
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le mariage a ses raisons que l'amour ignore [Hernán (Rico) / Arnaut (Céci)]   Dim 19 Juin 2016 - 21:26



Arnaut de Laval


Lorsqu'il avait saluer Mélisande du haut de son cheval et vu les reflets d'or dans ses cheveux courts, malgré tout l'agacement qu'il pouvait montrer d'ordinaire, Arnaut avait sentit un petit pincement au cœur. Pourtant, il avait fait volter son cheval sans une once d'hésitation sous le soleil d'été qui écrasait toute sa chaleur sur les terres dont il avait la charge. Ils avait décidé de partir en même temps qu'un nouveau gros convoie de grain arrivé la veille par bateau depuis Serramire. Puisqu'on leur avait demander d'importer du blé pour éviter la famine à Diantra, autant s'assurer lui-même qu'il arrivait à bon port. Saint-Berthilde se mordrait sans doute les doigts d'avoir fermer ses frontières aux cargaison de céréales mais pour l'heure ça en satisfaisait d'autres.

Il avait pris un risque en ne laissant que sa petite dernière comme représentante de son sang sur ses terres. Mais il avait aussi pris bien plus d'une précaution en ces temps troublés. C'était la raison pour laquelle, entre autre, Clarence de Beaurivages, son fidèle commandant, et Lucius  ne l'avaient pas suivit. Il avait préféré une petite escorte commandé par le preux Julien de Charmeroux, lieutenant de la chatelainerie ainsi que fils héritier de son vassal et ami Gérard. Si la compagnie du jeune homme lui était fort surprenamment agréable, il avait été autant choisit pour son talent que pour son nom, le Seigneur de Beaurivage respectant ainsi l'une des secrètes habitudes qui avaient valut à sa famille de ne jamais avoir de problème avec ses vassaux : ne pas rater une seule occasion de resserrer ou d'entretenir les liens existant entre eux.

Et comme il fallait bien montrer sa reconnaissance, il avait aussi embarqué dans l'aventure son neveu Philippe d'Orman, fils de l'Emissaire de Chiard, un grand gaillard approchant de la trentaine aux cheveux du même châtain que ceux de sa mère, la sœur d'Arnaut et aux yeux aussi brun que ceux de son père. Il avait autant le sens des affaires que celui de l'humour mais contrebalançait au moins cela par un flegme, une culture et une perspicacité humaine remarquables. Nulle doute que pour le bien de son commerce, son père valorisait davantage son jeune frère, bien plus flamboyant, mais c'étaient ensemble qu'ils seraient réellement imbattable. Alors si la famille pouvait l'aider à développer son réseau de connaissance, ce n'était certainement pas Arnaut qui allait brider ce potentiel.

Le voyage avait été assez paisible en la compagnie de ces deux hommes, des quatre chevaliers et des quelques hommes qui accompagnait le convoie de grain. Quitte a faire le déplacement, autant que cela soit rentable et agréable. En arrivant à Diantra par contre, sa tentions était rapidement monté d'un cran, le chemin avait été facile à trouvé, là n'était pas le problème. Ce qui avait serré le cœur du Missédois, était de voir l'état de certains quartiers. La ville qui l'avait éblouit par sa beauté dans son jeune temps était aujourd'hui profondément marquée par l'absence de roi et d'entente. La peur, la douleur, l'angoisse... Bien sûr il avait déjà vu tout cela au moment de la réunion de ce qui avait fini par devenir la Ligue. Il y avait apprit de la bouche de son seigneur que sa propre fille y avait été invitée par le seigneur de Missède en personne même si elle n'avait pas su répondre présent assez vite étant donné la fin précipité de l'entreprise... Néera savait ce qu'elle avait fait pour se retrouver dans les petits papiers des de la Courcelle !

Enfin... Tout cela était derrière lui maintenant. La ligue était une mesquine tentative d’émancipation des terres royales et il avait parfaitement trouvé son compte dans l'indépendance du Langehack. Quelle nouvelle quand il avait appris que le fils de l'homme qu'il avait commencé à démarché pour marier sa fille aînée était devenue Baron... Et c'était justement pour cet homme qu'il avait fait le déplacement.


Son neveux était allé vérifié le paiement de la cargaison. Là, devant l'Aigle d'or, il avait d'abord reconnu le Sir Hernan, droit, noblement appuyé sur une canne ouvragée. Les deux hommes à ses côtés devaient être ses fils... Enrico était peut-être parmi eux. Il le saurait bien assez tôt !

Presque aussi heureux d'arriver que s'il retrouvait un vieil ami, il mit rapidement pied à terre et s'approcha pour saluer Hernan. Histoire d'éviter tout impaire régional, il attendit de voir quel était son premier geste et répondit à sa poignée de main avec emphase, posant un instant une main amical sur l'épaule du soltarien. L'homme avait l'air... mal en point. Mais sa main donnait encore le change et son air digne méritait le respect bien plus que la pitié.

« Je vous remercie, messire. Mais ce serait un honneur pour moi que vous acceptiez de m'appeler seulement Arnaut. Je vous présente Julien de Charmeroux, la fierté de son père, l'un de mes vassaux les plus loyaux. Veillez à ce que nos hommes ne manquent de rien, Julien.»

Finalement, ni l'un ni l'autre des deux jeunes-gens qui accompagnaient n'était le fils prodigue. Devant leur impeccable révérence, il eut un léger sourire appréciateur. Ils étaient tout deux assez bien fait de leur personne... même si l'un était un peu trop maniéré au goût du rivegeois. Arnaut eut même le réflexe de poser la main au pommeau, en miroir à l'un des deux homme avant d'approcher pour leur serrer la main à leur tour, ne jugeant pas nécessaire de continuer à marquer une différence de rang ou un quelconque éloignement en leur rendant une simple révérence.

« Enchanté de faire votre connaissance à tous les deux. Vous ne m'aviez pas menti, vos fils ont l'air de solides gaillards. Mon beau frère, l'Emissaire de Chiard, vous fait passer ses amitiés d'ailleurs. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, son fils nous rejoindra dans la soirée, il devait allé voir ou en était la livraison de notre cargaison de grain et rendre visite a un vieil ami de son père. »

Le seigneur de Beaurivages suivit son hôte pas à pas dans l'hôtel, s'adaptant à son rythme sans le laisser paraître. Le voyage avait laissé sur lui une pellicule de poussière mais ses vêtements avaient toujours assez fière allure pour qu'il ne se précipite pas sur le premier sceau d'eau disponible et il s'était entretenu chaque matin avant le départ pour garder une apparence aussi nette que possible. Lorsque son guide fit une légère pose, il le laissa reprendre contenance sans émettre le moindre commentaire.

« Tout a fait, et c'est déjà très aimable d'avoir trouver un toit. J'aurais peut-être put demander à ma cousine, mais cela aurait été une épine de plus dans son pied en des temps troublés. J'espère que j'aurai l'occasion de vous la présenter dans les ennéades à venir. »

Il avait répondu sur un ton dégagé pour que leur arrêt ne soit pas gênant avant de repartir à la convenance de son hôte.

« J'espère que je pourrai tout de même le rencontrer un de ces jours. J'avoue être curieux après les discutions que nous avons eu... et à la vue de la réputation qui le précède. »

Il avait en plus amener une bouteille de Charmeroux pour son futur gendre, une cuvée que le seigneur du fief en personne lui avait conseillé. S'il avait sû que l'homme en question était à quelques mètres de là, occupé par la brillante idée de bouder dans sa chambre, il aurait peut-être été moins impatient de faire sa connaissance, mais Hernan avait ça de commun qu'ils savaient quoi dire et quoi ne pas dire pour conserver l'image que leur lignée se devait de garder en publique.

« C'est sûrement l'avantage avec les filles c'est qu'elle ont un caractère plus malléable et docile... raison pour laquelle, vous le savez, je veux avoir une totale confiance en l'homme qui épousera mon aînée. Enfin l'absence momentanée de votre fils ne dérangera pas nos projets j'imagine. »


Il fit un geste pour indiquer qu'il était tout prêt à suivre Hernan... mais cru bon d'ajouter tout de même.

« Si vous tenez à ce que nous parlions dès maintenant, je n'y vois pas d'inconvénient. Sinon je ne serais pas contre le fait de me rafraîchir un peu. »

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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Le mariage a ses raisons que l'amour ignore [Hernán (Rico) / Arnaut (Céci)]   Lun 25 Juil 2016 - 11:21


Hernán Montecale


Les deux hommes avaient fait le chemin jusqu’aux appartements réservés pour le seigneur de Beaurivages. Hernán avait écouté attentivement ce que lui disait son futur allié. Il savait fort bien que l’absence d’Enrico était un impair fort ennuyeux, qu’il n’avait pas réellement pu prévoir. Il avait imaginé son fils plus empreint de son sens du devoir, à la lumière de son parcours jusqu’ici fulgurant. Le vieil homme ne put donc qu’acquiescer.

« Enrico est un homme très occupé. Et dont la réputation n’est pas usurpée. Tout ce qu’il a obtenu, il l’a pris. »

Sur ce tableau-ci, Hernán avait été bon professeur. Il lui avait appris que dans la vie, on n’avait jamais ce que l’on méritait. Seulement ce que l’on prenait. Et son fils avait pris son destin en main comme l’on prenait le taureau par ses cornes. De cela, au moins, il pouvait être fier.

Les portes derrière eux se fermèrent, laissant les deux hommes seuls dans les grands appartements de l’Aigle d’Or. Le dos tourné à Arnaut, Hernán se dirigea lentement vers une petite console, sur laquelle étaient disposés deux verres de cristal, et une flasque de vin. Doucement, il versa deux petites quantités égales dans les récipients, puis coupa l’une d’elle avec un peu d’eau fraîche, et se tourna enfin vers le seigneur de Beaurivages avec les deux verres dans les mains. Il affichait un air sérieux, malgré ses traits tirés et son teint cireux.

« Si je vous ai amené ici, c’est précisément pour vous parler franchement. Et de plusieurs choses. »

Il marcha jusqu’à Arnaut, à qui il tendit le vin coupé d’eau, pour le rafraîchir. Il but lui-même une petite gorgée de vin, mais assez peu. Un peu fatigué, il proposa de s’asseoir à son invité, prenant ensuite un siège, et se posant à l’intérieur plus vite qu’il ne l’aurait cru. Ses yeux se concentrèrent à nouveau sur Arnaut.

« Vous pourrez avoir pleine confiance en mon fils, cela je vous le garantis. J’ai rarement vu des hommes aussi attachés à leur honneur qu’il ne l’est. Il tient ses engagements. C’est un fin tacticien, un escrimeur redoutable, et un héros maritime de renom, fieffé et bientôt riche… En somme, le mari parfait pour la fille d’un seigneur tel que vous. »

Il sirota encore un peu de vin.

« Seulement, voilà. Je me suis posé une petite question après notre dernier entretien, à laquelle je n’ai pas pu trouver de réponses. »

Il s’avança un peu sur son siège, pour se rapprocher d’Arnaut.

« Le seul défaut de votre fille reste sa cécité, que j’ai accepté dans notre contrat sans trop de problème. Néanmoins, je me demandais… Avez-vous eu des cas similaires parmi vos ancêtres ? L’un de vos aïeuls était-il aveugle, Arnaut ? »

La question aurait pu être posée plus tôt. Cependant, il n’avait pas osé la poser en présence d’autre membre de la famille Laval que le père lui-même. Les deux hommes se comprenaient. Hernán avait craint que la mère, aussi charmante soit-elle, ne s’offusque. Et que dire du frère, qui semblait tenir sa sœur en si haute estime, malgré son handicap…
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le mariage a ses raisons que l'amour ignore [Hernán (Rico) / Arnaut (Céci)]   Lun 1 Aoû 2016 - 13:54


 
Arnaut de Laval  


Arnaut accepta avec joie le verre que lui tendait son hôte et s'assit avec reconnaissance. Après le trajet qu'il avait enduré sur une selle dure, un peu de moelleux n'était pas de refus.

Mais bien qu'il se doute que le sujet vienne a être abordé, la mention de la cécité de sa fille lui retourna, comme toujours, l'estomac. Si Hernan avait voulu la cadette, qui est certes tout juste mariable mais tout de même, le seigneur de Beaurivages la lui aurait donné avec plaisir. Mais voilà, il fallait que la créature qui avait le plus de chance d'hériter du travail de toute une lignée soit cette fille imparfaite. Si seulement sa femme pouvait lui avouer avoir été infidèle, même après vingt ans, même si le reste du monde en devait jamais savoir... comme il l'aurait aimée...

Mais en bon père, grâce à une habitude prise sur vingt longue années de déceptions, Arnaut ne laissa pas paraître plus que le léger froncement de nez que le père de son futur gendre avait sans doute déjà remarqué lorsqu'ils parlaient de détails peu plaisants comme la douaire, la dote ou les défauts physiques de l'un et de l'autre.

Cependant, il comprenait parfaitement la position dans laquelle se trouvait Hernan, et il aurait été sûrement bien pire à sa place, aussi prit-il le parti de faire preuve d'une honnêteté totale sur ce point précis.

« Tout d'abord, sachez que je me suis moi-même posé la question et entrepris de réelles recherches, il y a des années de cela. »

Soutenant le regard de son vis à vis, il prit une gorgée de vin pour s'éclaircir la gorge avant de répondre très sérieusement.

« Nous avons découvert la tare de Cécilie que très tardivement. Elle avait déjà un an, et avant cela bien peu de chose avaient données l'alarme. Elle tenait ses yeux ouverts et ils se tournaient lorsque des choses s'agitaient autour d'elle. Nous avons consulté toutes sortes de guérisseurs, médecins, mage et rebouteux, mais rien n'y a fait. Ses yeux sont, parait-il totalement sains. Les experts les plus expérimentés nous ont dit que cela venait de la cervelle, un organe encore bien mystérieux que même les mages les plus émérites que nous avons trouvé refusaient de traiter. »

Il soupira. Ces souvenirs inutiles l'encombraient. Plus vite elle ne serait plus un poids mort pour sa famille, mieux il s'en porterait. Il n'avait jamais été si content d'avoir des nouvelles de sa fille que lorsqu'il savait qu'elle était le plus loin possible de lui.

« On nous a également dit que cette tare pouvait dénoter de problèmes plus graves mais qu'ils n'en aurait la certitude que si le mal l'emportait dans ses premières années. Nous l'avons donc placé sous la protection de Néera et envoyée en nourrice à Missède avec une Initié pour gardienne. Autant vous rassurer tout de suite, elle a une santé de fer. Même enfant, elle n'était jamais malade et les médecins aux quels elle a eu à faire depuis ont tous été unanime là dessus.

Toujours est-il que ma femme, dans l'espoir d'un remède, a tenu à chercher dans toutes les archives de nos deux familles. Je sais maintenant que j'ai un arrière grand-oncle qui est né sans main gauche. Je sais que certaines personnes de mon arbre généalogique ont perdues la vue après quelques maladies ; qu'il existe toute une branche bien plus ancienne qui avait six orteils à chaque pied. Je sais aussi que la quasi totalité de la lignée de mon épouse est blonde, que les jumeaux s'y trouvent à foison et que les femmes de sa famille pourraient descendre d'une lignée de poules fermières vu leur capacité de ponte... Mais nulle part il n'est fait mention de cécité de mon côté de la famille. Pas plus qu'il n'en est fait mention du côté de ma femme. »


Il repris une gorgée de vin. Sincérité avait-il décidé...

« ...Cependant, je ne peux vous garantir la véracité totale de ces informations. Dans des lignées comme la mienne, qui ont su garder tous leurs quartiers de noblesse depuis les premiers pentiens, voir naître un enfant affligé d'une tare a souvent été considéré comme un signe divin. Un rappelle pour que la foi perdure ou une punition pour certaines erreurs... »

Il laissa malgré lui planer ces mots avant de reprendre sur le même ton.

« J'ai en tête plusieurs grande famille dans lesquelles de tels rejetons étaient plus souvent tués à la naissance ou abandonné que gardés dans les registres familiaux et, en toute honnêteté, il ne m'étonnerait pas que parmi les mort-nés que comptent mes propres archives, certains aient été de ceux-là. 

Je ne peux donc pas garantir non plus l'état de nos petits enfants. Cependant, si le pire devait se produire, croyez bien que je ne m'opposerai jamais à aucune démarche de votre part ou de la part de votre fils pour leur assurer des héritiers normaux, du moment que cela ne met ma famille en danger sur aucun plan. »


Il ne risquerait ni son honneur, ni la vie des siens, mais il fallait être lucide. Personne n'avait intérêt a ce qu'une telle malédiction se pérennise dans la famille. Il appuya ses mots d'un regard pour s'assurer qu'ils s'étaient bien compris. Il ne s'y attendait pas plus que cela étant donné son extraction, mais il avait trouvé en Hernan un homme pour lequel il avait de l'estime.

« Vous en savez autant que moi sur le sujet à présent. Je ne sais pas si cette réponse vous convient, mais je n'en ai, hélas, pas d'autre. »
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MessageSujet: Re: Le mariage a ses raisons que l'amour ignore [Hernán (Rico) / Arnaut (Céci)]   

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