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 Qui Sème le Vent ... | Godfroy

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Azénor d'Anoszia
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MessageSujet: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Ven 8 Juil 2016 - 9:03





Qui Sème le Vent ...

& Godfroy de Saint-Aimé






[Milieu 6ème ennéade, Karfias, An 9.]



Ainsi, c'était la guerre.

De son infime expérience, ce mot lui suggérait bien des maux et autres ténèbres. Par le passé, elle avait déjà connu les affres de la belligérance, bien que volontairement mise à distance de l'influence physiques des affrontements. Si la Guerre des Deux-Dragons s'était soldée par une issue positive pour les Anoszia d'Ydril – la fin de leur exil forcé - la jeune femme prenait la pleine mesure des heures sombres à venir. Les douloureuses réminiscences de cette période troublée lui laissaient un âcre goût dans l'arrière-gorge, pour rien au monde elle ne voulait revivre de tels malheurs.
Si ces inquiétudes se voulaient démesurées, c'est qu'Azénor ne tirait ses interprétations que de bribes de conversations volées et racontars. Jamais elle n'aurait osé interroger son frère, encore moins son père, sur un sujet aussi grave et éloigné de ses habituels intérêts. La phallocratie du Soltaar ne laissait guère aux femelles un droit d'intervention sur les questions viriles. Durant et après le banquet donné au palais de Velmonè à l'occasion des doubles épousailles Anoszia, elle avait surpris les deux hommes au cœur d'une discussion véhémente qui l'impliquait précipitamment dans le contexte changeant.
Si elle craignait évidement pour Oschide, instigateur de cette contingence néfaste, pour sa famille et ses poches du Sud, de singuliers tourments vinrent la ronger. Un incongru souhait de rejoindre une personnalité du désormais camp opposé avait gangrené son esprit naïf, la poussant à s'échapper à nouveau de son nid. Était-ce l'irritant mutisme de la Dame de Sainte-Berthilde qui nourrissait son désir de se jeter dans la gueule du loup ? Ou bien la fielleuse sensation de l'avoir manqué lors des festivités de Serramire. Depuis son premier essor du Soltaar, la jeune femme s'était jurée de donner plus de chair que d'encre à leur relation, n'y avait-il plus propice intervalle que l'aube timide du baroud pour envisager une percée en territoire hostile ? Son expédition se voulait aussi crétine que désespérée, qu'avait-elle à trouver auprès de l'épouse de l'adversaire de son frère ? Peut-être l'impression d'user de ses relations pour abattre sa modeste carte dans la sinistre partie qui s'annonçait, ou tout aussi bien chercher des réponses rassurantes en son cœur candide de jeune fille surprotégée. Au lendemain du banquet, l'Anoszia avait rédigé un billet à l'adresse de Judith d'Hardancour, l'informant de sa venue et des raisons d'une tel périple. La missive trouverait sa destinataire par la voie des airs, réduisant ses chances de ne point arriver à bon port.



Citation :
Chère Judith,

Si c'est aujourd'hui l'effroi qui me pousse à reprendre la plume, mes intentions à votre égard demeurent toujours sincères. Il serait discourtois et certainement absurde de vous questionner via ce courrier quant à ce que vous savez sur ce qui à présent pèse au dessus de la péninsule. Pour autant, il semble que j’éprouve le besoin de vous entendre à ce sujet, vous entendre, et non vous lire. On m'a décrit votre époux comme un colosse à l'ambition demeurée, opportuniste, prétentieux et moult autres ignobles qualificatifs à son sujet, Je ne peux croire que tout cela soit soit fondé. Je ne saurais rester dans l'ignorance quant aux vraies lumières d'une décision aussi grave que de déclarer la guerre, et j'ai cruellement besoin de vous revoir, vous qui depuis longtemps balayez mes tourments et  consolez mon tendre cœur. Quand vous lirez cette lettre, je serais en train de faire route vers Sainte-Berthilde. Je vous en prie, ne vous offusquez pas de ma démarche, je ne désire que la paix et l'entente de nos familles, nous ne pouvons nous déchirer ainsi.

Que les cinq vous protègent,
AA.




Elle avait réduit l'effectif de son escorte, cinq membres de la horde sans bannière l'accompagnaient dans son retour vers le Nord. Ainsi se retrouva t-elle à chevaucher vers l'inconnu, aux côtés de ses fidèles compagnons. Après plus de deux ennéades à sillonner le Soltaar, puis le Médian, prenant soin d'éviter au mieux les hameaux et bourgs de plus grande importance quitte à allonger leur traversée, la troupe posa un premier sabot dans le Marquisat. S'ils avaient jusqu'alors fait route sans altération particulières, les derniers jours restants jusque le chef lieu de la province seraient d'un autre acabit ; les terres Berthildoises semblaient infestées de guets prompts à geler là leur infortunée mission.







Dernière édition par Azénor d’Anoszia le Mar 19 Juil 2016 - 19:09, édité 2 fois
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Ven 8 Juil 2016 - 10:16

Dans la cour de la citadelle, habituellement rompue à quelques signes d'activité, on ne trouvait personne sans s'occuper. Les grandes portes massives de Cantharel, de coutume fermées, étaient grandes ouvertes, et on y circulait aisément : nobles, gardes, soldats. On passait et repassait avec facilité, si ce n'était les dizaines de soldats dans la cour s'entraînant, amenant bêtes et armes, des chevaux aux épées, des porcs aux écus. Le fils du marquis lui-même figurait parmi ceux s'entraînant, un peu à l'écart, entouré des membres de sa garde personnelle.

Le marquis, lui, se tenait sous un chapiteau qu'il avait monté lui-même, avec pour seule compagnie un bœuf mort sur une table, qu'il s'apprêtait à dépecer. Godfroy avait reçu de son père les enseignements qui rendaient proches du peuple. N'appréciant ni la lecture ni la culture, le colosse avait rapidement montré son attrait pour la chasse et les autres pratiques plus populaires, lui conférant un savoir-faire qui le rendait plus proche de son peuple.

Vêtu d'un simple maillot blanc en tissu et d'un pantalon noir, ses bottes baignaient dans un mélange de terre et de sang. Sur la table où reposait la bête, prête à être dépecée, un très large et grand couteau était là, manié avec savoir-faire par le marquis, qui découpa l'abdomen de la bête pour en extraire les entrailles, qu'il versa dans un seau à ses pieds. Le marquis ne leva pas les yeux lorsqu'il entendit des cavaliers pénétrer dans la cour. Après tout, c'était le lot quotidien de Cantharel depuis quelques jours de voir défiler des visages jusque là inconnus. Il ne leva pas non plus les yeux lorsqu'un garde vint le voir.

« Monseigneur, cette dame demande à voir Madame votre épouse. »
« Et ? »
« Elle prétend s'appeler Azénor d'Assnoz...truc, monseigneur. »

Là, en revanche, le marquis leva les yeux, arrêtant son ouvrage. D'un signe de main, il ordonna qu'on lui amène la nouvelle venue, tandis qu'en levant l'une des pattes avant de la bête, il sectionnait aux endroits clés la peau de l'animal pour la retirer. L'arrachant par grands lambeaux, il n'interrompit pas sa besogne lorsqu'il sentit que la femme était là. « N'est-ce pas irresponsable de se rendre chez l'ennemi en temps de guerre ? » Un court silence s'imposa, durant lequel le marquis termina de retirer la peau de la bête. Soulevant à nouveau la même patte, il sectionna délicatement le muscle. Alors la jeune demoiselle lui répondit. « Qu'a donc à craindre une innocente demoiselle en un castel si bien protégé ? » Le marquis, après avoir sectionné le muscle, tira de toutes ses forces pour arracher la patte du bœuf, qu'il prit à deux mains avant de la poser sur une autre table. « Moi. »

Le marquis peaufina la coupe du muscle, s'attaquant dorénavant à la patte arrière gauche de la bête. Le marquis leva les yeux. « Vous savez qui je suis, n'est-ce pas ? » Malgré une certaine peur palpable, la jeune femme s'efforçait de conserver une certaine prestance. « Pour sûr votre Altesse, nul n'ignore le maître de ces lieux. » Relevant la patte arrière, le marquis découpa à nouveau les muscles de la cuisse, puis, réitérant sa démonstration de force, arracha la patte arrière de la bête. « Et qu'est ce que votre ennemi peut bien pouvoir faire de vous ? » Reposant la patte arrière, le marquis commença à découper les flancs du bœuf. « Je ne vous considère pas comme mon ennemi, Messire de Saint-Aimé. Estimez-moi comme une pèlerine conciliante, ne désirant que l'apaisement. Je me livre à vous en pleine conscience de ma position, agissez comme bon vous semble. » Le marquis s'arrêta, posant son couteau en s'essuyant les mains. La table et la bête à moitié dépecée se trouvait entre les deux interlocuteurs.

« Et si je ne voulais pas l'apaisement ? Si je voulais vous renvoyer au Sud dans le même état que cette bête ? » demanda le marquis en rivant ses yeux dans ceux de son interlocutrice. Godfroy posa ses poings fermés sur la table. « Cela serait bien malveillant présage. Je doute que ma parentèle ne reste immobile devant la dépouille d'un des leurs, envoyée par leur plus farouche opposant. Je comprends que vous ne partagiez mon opinion, nous ne serions d'ailleurs point là si c'était le cas. Mais je pense néanmoins que ma bêtise aurait été déjà châtiée si vous en aviez la conviction, Messire. » Le marquis plissa les lèvres en levant les sourcils, émettant un léger son, comme si ce dernier trahissait une certaine indifférence à l'idée de dépecer un ennemi. Ou une ennemie. « Je pourrais vous céder au bon plaisir de mes hommes. Il me semble, si mes registres sont justes, qu'il y en a un bon millier entre les remparts de ma cité. Je pourrais les laisser s'amuser un peu, avant que moi je ne m'amuse à mon tour. Et retrouver les parties de votre corps serait une véritable chasse au trésor. Et pour ce que votre parentèle m'impressionne...un duc borgne, un père si vieux qu'il a besoin d'aide pour déféquer, un enfant si viril que même ma fille est plus impressionnante que lui, et une tripotée d'écervelées. Ce n'est pas ça qui m'arrêterait. Et vous le savez. »

Reprenant son couteau et son ouvrage, le marquis portait plus d'attention à sa bête qu'à son interlocutrice. « Vous qui ne semblez craindre rien ni personne. Pourquoi guerroyer contre de si piètres adversaires ?Quel honneur tirer d'un conflit apparemment si inégal? Si tant est que l'honneur vous importe. Je ne suis pas venue ici pour vous convaincre, mais pour comprendre, comprendre ce qui soulève les hommes en de si haut points. » Le marquis sourit, avant de rire légèrement, lèvres fermées, comme impassible à l'idée de mettre à exécution ses menaces. « Ce qui divise les hommes. Vaste sujet. Mais si je vais me contenter aux récents événements...Je dirais qu'il y a d'un côté ceux qui défendent leurs intérêts...Et ceux qui défendent le royaume. Cela n'a rien à voir avec l'honneur. Cela concerne le devoir. Et vous...Enfin, votre famille, fait partie de ceux qui privilégient leurs intérêts à ceux du royaume.

Vous allez me dire que c'est faux, que c'est l'inverse. Rendez-vous compte par vous même. La prétendue survie de Bohémond a fait du Sud un centre incontournable...pour le Sud. L'ancienne duchesse en a payé le prix. Et plus cette illusion se maintient, plus on s'en sert...Comme un comte-régent, devant son titre à une guerre, qui devient « Grand Argentier » et qui pense qu'un mariage avec une Berontii va l'aider à devenir duc. Comme si c'était le sang qui faisait la légitimité du trône de Soltariel...Sans parler du manque de clairvoyance de votre famille. Votre père est vieux. Trop vieux. Il mourra probablement dans la décennie à venir, et si, par un quelconque miracle un Ydrilote devenait duc de Soltariel, et que son épouse donnait naissance à un enfant, qui protégerait ce dernier ? Il serait éclipsé, si ce n'est tué. Ce manque de vision à long terme est assez décevant pour qui vit dans le bastion du complot de la Péninsule.

Et à présent, imaginez que leur supercherie soit dévoilée. Que les gens se rendent compte qu'en effet, leur Bohémond est faux. La principauté de Merval serait invalide, car prononcée par qui n'avait pas le droit de le faire, les rangs de Grand Argentier, et éventuellement de duc, invalidés, car cautionnés par qui n'avait pas autorité de le faire, le mariage de votre frère avec la baronne d'Ysari annulé, car ayant eu lieu sous une autorité n'ayant pas aptitude à l'autoriser. »
Le marquis continuait de découper son gibier en exposant l'écrasante vérité à la jeune femme. « Voilà ce qui divise les hommes. Les intérêts de ceux ne défendant que les leurs, et ceux qui se battent pour le royaume. » Et, ayant fini son exposé, le marquis conclut. « Mais vous aurez un rôle à jouer dans la paix. Vous n'êtes pas la seule à la vouloir. Vous serez probablement l'artisane de la paix. »


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Azénor d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Jeu 21 Juil 2016 - 11:03





Qui Sème le Vent ...

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Si elle l'avait déjà croisé quelques ennéades plus-tôt, lors du Grand Tournoi de Serramire, cela était chose bien différente que de faire face au Marquis de Sainte-Berthilde. L'Anoszia faisait pâle figure devant un si grand homme, faisant néanmoins de son mieux pour conserver sa superbe. Sa poitrine avait manqué d'éclater quand on la mena non à sa bienfaitrice, mais à son terrifiant conjoint. Où était Judith ? Avait-elle reçu sa missive ? Pourquoi lui, et pourquoi semblait-il l'attendre ? L'absurdité de sa décision la rattrapa brutalement, cruche qu'elle était d'avoir songé à rejoindre territoire inamical sans s'inquiéter du maître des lieux. Il lui fallait désormais assumer ses actes, et, plutôt que de s'effondrer en sanglots courroucés comme l'enfant qu'elle fût jadis – même si l'envie était loin de lui manquer -, la jeune femme se devait de tenir tête à son allocutaire, prendre la responsabilité de sa folle expédition.

Sans être exceptionnellement empathique, Azénor cherchait toujours à entrevoir les attitudes non verbales d'autrui, ce que les gestes et réactions pouvaient trahir d'un discours. Pour son plus grand malheur, Godfroy semblait du même bois brut que son géniteur, ni prompt à se briser, encore moins à plier. Son regard de cendres couronné d'inexpressifs sourcils broussailleux ne dévoilait qu'une aura glaçante et sévère. Si la belle était clairement apeurée par le titan du Nord, c'était sans compter sur le tranchoir qu'il manipulait avec hardiesse, afféré au dépeçage d'un bovin. Réprimant la morbide envie de fixer les robustes paluches de l'homme, elle se força à soutenir l'attention inquisitrice du grand Seigneur. Bien que tendus, leurs échanges conservaient un ton mesuré, affable. Si Azénor était ostensiblement en position de faiblesse, elle n'avait d'autre issue que se montrer digne de son arrivée, de sa famille qu'elle était venue défendre, protéger dans la mesure du possible. Une pointe d'impertinence vint saupoudrer les répliques de la Suderonne, quitte à perdre la lutte, autant que cela se fasse avec d'acérées paroles au bord des lèvres. C'était là une volonté de masquer la trouille qui la prenait au bas-ventre, se donner du courage, de la constance, pour ne point faillir. Ses propos se mélangeaient aussi bien dans son esprit que dans ses réponses, le gaillard, lui, ne semblait en nulle occasion forcer son flegme. S'il avait été interloqué, ou horripilé, il n'en montrait rien, un calme olympien ponctuait ses objections, toutes plus provocantes et épouvantables que les autres.

Une âcre bile révulsa Azénor quand il s'exprima au sujet de sa parentèle. Elle savait qu'il disait vrai, mais ne pouvait lui en donner ouvertement crédit.  Leur devise illustrait tout l'égoïsme et l'introversion dont les Anoszia faisaient preuve aux autres égards, privilégiant en tout motif leurs intérêts. Elle savait cette autolâtrie familiale purement inexcusable, pis encore quand celle-ci se mêlait aux nœuds du Royaume. Même l'évocation de Kahina donnait sens à ces dires … Prenait-il plaisir à démanteler tout son monticule de certitudes ? Ou bien ignorait-il simplement qu'en son fort intérieur elle partageait ces affirmations.... Remettant tout en cause. Ne préférant l'interrompre, elle avait attendu qu'il aille au bout de son raisonnement pour répliquer.
« Je....Pour être tout à fait sincère avec vous, Messire, je n'oserai m'opposer à ce que vous dites aux sujet de ma maison. Quelle fieffé menteuse serais-je d'affirmer le contraire ? Pour autant mes connaissances en manœuvres d'affaires publiques sont plus que limitées, peut-être devrais-je dire franchement caduques. C'est pourquoi quand vous me parlez de Bohémond je ne puis vous suivre sur ce chemin qui m'est inconnu. Je ne saurais vous dire si oui ou non, il s'agit d'une duperie ou d'une réalité, si vous pensiez que je pourrais vous éclairer à ce sujet, vous m'en voyez désolée. De mon existence à Soltariel je n'ai jamais vu l'enfant de mes propres yeux, c'est là tout ce que je peux vous certifier. »

Quel enfant aimant pouvait recevoir telle véhémente gifle au sujet de son paternel ? Ces sombres postulats résonnaient comme d'augustes prophéties à ses oreilles fragiles, elle ne pouvait considérer que cela puisse se réaliser. « Nous sommes issus d'une vieille lignée, Monseigneur. Nous accordons au sang peut-être plus de prestige qu'ailleurs en péninsule. Ce sont d'ancestrales croyances, probablement tout aussi pragmatiques que fondées. Qui serais-je pour critiquer les initiatives de mon aïeux ? Je ne suis qu'une des nombreuses boutures du Dragon, en plus d'une femme, loin d'être la première née. Je n'ai eu mon mot à dire ni la moindre conjoncture pour le faire. C'est aussi ce pourquoi je n'ai guère d'avis quant à ces questions, qui , pour tout vous avouer, me passent quelque peu au dessus. »
Azénor constatait là le gouffre infini de son ignorance. Son infortune complaisait à lui faire réaliser son ingénuité par les mots viciés du principal opposant de son clan. Elle n'avait strictement aucune idée de ce qu'engendrerait le fait que le chérubin-Roy soit officiellement discrédité, ce que lui expliquait Godfroy la mettait au devant d'effets indésirables et de décisions subreptices qu'elle prenait pour patentes. Pour peu la jeune femme se demandait si elle avait été trop stupide ou encore aveugle devant l'évidence. Si elle se sentait perdue dans l’abîme de son éloignement quant à la substance du monde,  une once d'espoir vint illuminer le noir tableau de sa condition. Jusqu'ici la Fleur de Velmonè avait brillamment contrôlé sa sensibilité accrue, rudement mise à mal – et se voyant complètement faillir à sa mission quant aux arguments du Marquis -, c'était sans compter sur la surprise d'un tel aveu.
« Pardonnez-moi Sire, mais.... Où voulez-vous en venir ? » Osa t-elle sans dissimuler son intérêt. «  Je..Je ne comprends pas, à vous entendre il n'est d'aucun moyen qui puisse vous empêcher, vous retenir d'affronter mon frère et mon père, et désormais vous me parlez de ...p ..paix ? »




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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Dim 24 Juil 2016 - 17:29

Un dernier coup de lame, et un filet de viande se sépara, glissant dans la main du marquis après que la lame ait fait son office. Levant les yeux, Godfroy les posa sur cette jeune fille. Elle avait peur, mais cela ne procurait aucune satisfaction au marquis. Non, ce qui lui arracha un sourire, c'était cette incertitude, ces doutes qui s'étaient emparés d'Azénor. Le marquis répondit alors :

« La valeur du sang...Et que peut bien valoir le sang d'un petit vicomtelet ydrilote par rapport a l'une des plus anciennes lignés du Nord, dites-moi ? Pas grand chose, soyez-en sûre. Je trouve même fort amusant qu'un faux argentier s'occupe, lui-même, de trouver et d'entretenir les écho aux mensonges du Sud, alors que le Chancelier lui-même ne s'y affaire pas. Mais passons sur cela. Je vois bien que vos yeux s'ouvrent d'eux-mêmes. »

Cessant de manipuler sa lame, mais tout en la conservant dans sa main, le colosse cessa son ouvrage, contourna la table, et se posa face a Azénor, rivant ses yeux dans ceux de la jeune enfant. On pouvait y lire l'incertitude, le doute et le remord. Peut-être n'était-elle guère vilaine, peut-être que son seul tord avait été de naître au mauvais endroit.

« Vous n'avez toujours pas compris. Je ne peux pas perdre ce qui est est déjà gagné. Le Sud n'a plus aucune option. Aucune région de la Péninsule n'acceptera de se plier devant Soltariel sans subir le courroux de ses vassaux. Que ce soit au Nord ou au Médian, les tentatives de corruption et de démarchage de votre famille semblent oublier que les grands seigneurs ont des vassaux, et que ce sont ces vassaux qui font une grande partie de la vie politique. Aussi je doute, qu’après avoir suivi leurs seigneurs pour renverser ma cousine et son fils, les seigneurs du Médian acceptent de se rallier a une supercherie destinée a favoriser les suderons. Quant aux Nordiens...n'en parlons pas. Aussi, je me suis rendu compte, grâce aux conseils de mon épouse, que je pouvais atteindre mes fins sans qu'un de mes soldats ne meure. Mais pour cela, je compte sur votre personne. Votre arrivée coïncide avec le départ d'une lettre, destinée a votre frère. Je lui ai proposé de se rencontrer. »


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Azénor d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Mar 26 Juil 2016 - 16:09





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Elle ne pouvait désormais masquer sa fébrilité. Chaque minute, chaque seconde auprès du Marquis de Sainte-Berthilde la plongeait dans un terrible effroi. Ses paroles étaient aussi justes qu’acérées, l'écorchant tout autant qu'il faisait à la carcasse avec son coutelas. Le temps d'un battement de cil elle espéra que tout ceci ne fut qu'un tragique cauchemar et qu'elle allait se réveiller, chez elle, à Velmonè, avec sa famille sans jamais l'avoir quitté. Mais elle baignait bien dans la triste réalité, de son chef la jeune femme avait chevauché jusque son fief - sans consulter quiconque qui l'aurait évidement retenue dans son inconsciente entreprise – afin de se jeter dans la gueule du loup Berthildois.
Si l'homme avait un grief évident contre son géniteur, ce n'était point là le motif des hostilités. Par des mots durs et remarques acerbes, il lui faisait juste part de son avis sarcastique quant aux manœuvres du patriarche Anoszia. Voilà qui la confortait dans son refus de s'immiscer en politique …
« Je ne puis vous le cacher, Messire ... » Avoua t-elle, vaincue par les glaives d'argent de ses prunelles. « Je n'irai pas jusque critiquer les agissements de mon père, sans pour autant m'opposer à vos déclarations. »

Si ces connaissances étaient mises à mal, elle ne pouvait contester la véracité de la suite de son discours. Oui, le Soltaar ne pouvait régner sur la Péninsule, comme évoqué du temps où Kahina d'Ys s'était imposée au pouvoir et avait fait du territoire un « royaume ». Oui, les autres régions des contrées humaines ne pourraient se laisser dominer sans sourciller, sans agir, et se rebeller. Oui, les Anoszia d'Ydril étaient célèbres pour leur propension à monnayer la moindre transaction, les mercantiles comme les diplomatiques. Oui, la guerre était effectivement, quelque part, déjà gagnée sans même avoir eu lieu. Azénor se sentait aspirée dans un tourbillon de révélations, tandis que son petit monde s'écoulait autour d'elle, toujours plus assailli par le colosse de Saint-Aimé, un duel intérieur se jouait entre son honneur voilé et sa terreur de l'implacable vérité.
« Je ..encore une fois, vous avez raison. » Marmonna t-elle presque de façon à ce qu'il ne puisse l'entendre.
La mention de Judith lui évoqua des pensées bien plus paisibles, lui rappelant les prémisses de son absurde décision. « D'ailleurs, où est-elle ? » S'enquit-elle précipitamment, ignorant d'abord le sens de sa dernière sentence. « Heu, Judith d'Hardancour, votre compagne, Messire. Je lui avais envoyé un pli la prévenant de ma venue ...je ..heu ... »
Ses mots se perdaient dans un mutisme apeuré. Sans vraiment comprendre pourquoi elle ne pouvait donner suite à sa question, la jeune femme prenait la mesure des ultimes mots de Godfroy.
«  Par pitié, Monseigneur, ne lui faites pas mal. Si vous avez un moyen pour résoudre toute cette mascarade sans faire couler le sang, par Néera, agissez-donc ! Si par quelque recours je puis être l’instrument de tout ceci … Je serais votre dévouée, Votre Grandeur. Néanmoins, j'implore votre grâce pour mon frère, qui dans son impétuosité ne saura résister à votre invitation... »
Les yeux noyés de larmes, Azénor se retenait de défaillir. Une perle fugitive roula sur ses joues rosies.






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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Mer 27 Juil 2016 - 4:53

Est-ce que le colosse prenait un certain plaisir à détruire les idéaux de la jeune fille face à lui ? Assurément. La voir ainsi douter, se vouer à l'évidence, capituler devant la vérité...Oui, cela plaisait assurément au titan du Nord. Face à lui se tenaient les vestiges d'une fierté familiale, à la fois maintenue en vie et mise à mal par l'amour fraternel. Posant une main sur l'épaule d'Azénor, le marquis essuya de l'index une pauvre larme glissant sur la joue de la jeune femme. Riant, mais d'un rire compatissant, le colosse entreprit de détendre la jeune femme.

« Du calme, jeune dame, du calme. Je n'ai pas comme souhait de heurter votre frère. Mais il me faut être sûr que vos intentions sont louables, que votre démarche est sincère. Et pour cela, pourrions nous aborder d'une meilleure manière des paroles de paix qu'en parlant de votre main ? »

Godfroy eut alors un sourire réconfortant. A défaut de savoir où se trouvait sa femme, il savait où se trouvait son fils : derrière Azénor. Le futur marquis se tenait droit, fier, et beau dans son armure, jaugeant Azénor comme il l'entendait, comme l'une de ces pérégrines venues de contrées lointaines. Godfroy retourna Azénor, afin qu'elle puisse admirer son fils.

« Je vous présente l'héritier légitime de tous mes titres , mon fils Louis. Si nous voulons limiter les guerres, vous devez avant tout comprendre que la Péninsule ne sera plus unie sous une seule et même bannière. Mais, afin de compenser cela, il faut que les rapports de force soient égaux. C'est là que vous intervenez. N'est-il point à votre goût ? » conclut le marquis en posant les yeux sur son fils.


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Azénor d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Mer 27 Juil 2016 - 18:03





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Le contact de sa large paume était étonnamment doux, presque conciliant. Dans sa tourmente la belle n'avait osé s'opposer quant à l'approche de cette force de la nature, lui adressant un geste simple, paternel. Etait-il intègre dans ses propos, son attitude ? Que pouvait-il reprocher à sa volonté, sa résolution nigaude de vouloir la paix à n'importe quel prix ? Avait-il des doutes concernant sa franchise ? Elle aurait été bien incapable de mentir à un homme de cette trempe, sans compter la défaveur de sa situation. Godfroy essuya les quelques larmes qui s'écoulaient à un rythme abstrait sur ses pommettes. Son intention d'adoucir son esprit torturé lui fit étrangement chaud au cœur.
« Je ..heu... ma main, vous dites, Messire ? » L'interrogea t-elle en jetant un regard hagard à justement une de ses frêles pattes, s’intéressant naïvement à l'aspect littéral de sa remarque. Tandis qu'elle contemplait avec béatitude ses doigts qu'elle s'appliquer à contracter, le Marquis pressa les épaules de la donzelle en une nouvelle direction.

Ils faisaient face à un damoiseau, d’apparemment environ son age, que le seigneur de Saint-Aimé présenta à Azénor comme son héritier. Le jeune homme salua d'un bref et respectueux signe de tête son parent avant de consacrer à l'Anoszia un regard troublé, empreint de curiosité. Si l’aïeul demanda son avis quant à sa progéniture, en d'autres circonstances la jeune femme aurait répondu qu'elle avait sous les yeux un personnage agréable, avenant, sans non plus être un des éphèbes dont elle avait croisé le chemin en Ydril. Pour autant, aussi gênante était la question, c'était bien Louis le plus penaud, détournant ses iris lapis de l'enfant ennemie.
La Fleur de Velmonè ne répliqua pas de suite, s’évertuant d'abord à rassembler le puzzle déconstruit de ce qui lui arrivait. On lui mettait sous les yeux un des meilleurs parti de la Péninsule, lui sermonnait qu'elle avait le pouvoir d'annihiler une éventuelle guerre à venir, tout en corrélant la paix à la substance de sa main.
Les ténèbres s'illuminèrent brutalement.
« Vous voulez que... Je ... » S'exclama t-elle d'une voix perchée qu'elle ne pouvait maîtriser en pointant successivement de l'index son poitrail et le circonspect Louis. « Épouse votre fils ? »
Jamais, non, jamais elle ne se serait imaginée contrainte à une telle décision, en un moment si inopportun, en un lieu si hostile au moindre de ses soupirs.







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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Mer 27 Juil 2016 - 18:24

Le marquis, souriant, entreprit de tourner autour du futur couple. D'une voix calme, il exposait son récit et sa vision des choses a la jeune femme.

« Lorsque vous aurez publiquement renié votre père et pris position contre ses mensonges avérés à l'encontre de la mémoire du Roy, vous et mon fils vous marierez. Ensemble, nous irons alors à l'encontre de votre frère, qui ignorera que vous êtes ma belle-fille.

Il croira que vous êtes otage, et se pliera à mes conditions pour signer un traité de paix entre Langehack et Sainte Berthilde. Alors la paix sera maintenue, et vous en serez l'artisane, et pour vous féliciter du rôle que vous aurez joué, vous aurez le droit d'être en contact avec les vôtres. Hormis votre père. »


Le colosse s'arrêta l'espace d'un instant. « Ou alors il y aura la guerre, et votre main aura également un rôle a jouer dans les négociations...en tant qu'avertissement. »


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Azénor d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Jeu 28 Juil 2016 - 7:45





Qui Sème le Vent ...

& Godfroy de Saint-Aimé






Chaque mot qu'il vomissait lui soulevait plus encore la poitrine, l'âme aussi. Ses prédications se faisaient venin pernicieux s'infiltrant en le moindre interstice de sa chair affaiblie. La tempête de ses afflictions éclata fielleuse désolation. Le Marquis de Sainte-Berthilde avait-il moyen d'anéantir encore plus qu'il ne l'avait déjà fait ses convictions, sa personne et ses vingt printemps d'affabulation ? C'était manifestement sans compter sur les conditions dévorantes du grand seigneur du Nord. Chaque pore de son être se révulsait quant à cette décision, lui hurlait ô combien elle avait été si godiche d'avoir espéré, crû, comme la bécasse candide qu'on lui avait enseigné d'être, qu'elle pourrait venir quémander quoi que ce fût d'un homme tel que Godfroy de Saint-Aimé, qui avait dès la prescience de son arrivée, fomenté cette perfide machination.
Renoncer aux Anoszia ? Jamais elle ne le pourrait, quoi qu'on lui réclame. C'était là son sang, ses racines, tout ce qu'elle avait connu. On ne pouvait l'arracher de la sorte à sa famille, c'était impossible. Mais ... réciter quelconque sérénade comme un moineau captif, cela, elle l'avait déjà fait.  Il lui fallait se rendre à l'évidence.
« Ai-je encore le choix … ? » Lui demanda t-elle, une fois la stupeur passée. « Je vous l'ai dit, c'est la paix que je désire, elle qui a motivé ma venue, de fait, aussi ma perte.... J'accepte votre offre, Godfroy, me soumet à votre volonté. J'entonnerai quoi qu'il vous plaise, si cela puis assurer la quiétude des miens.... »
La jeune femme avait tenté de conserver ce qu'il lui restait de panache pour cette ultime réplique, si elle se livrait aux mains habiles de l'adversaire, c'était non sans grandeur.
Et puis … Elle n'avait que trop contenu son trauma. Après tout, elle n'était encore qu'une jouvencelle en quête d'aventure, s'éveillant à la découverte du monde et ses merveilles. Voilà qu'on la capturait de nouveau pour l'enfermer aux plaisirs de la liberté. La belle se laissa aller à des frénétiques sanglots, non de peur cette fois, mais résultant d'une tristesse infinie. La douloureuse rançon du sacrifice.

« P..Père sera fou de rage, ….Il ne me le pardonnera j..jamais … » Chouina Azénor en se mouchant lamentablement dans les emmanchures de sa robe, comme si cela avait encore de l'importance quand l'embellie de la Péninsule était en jeu.






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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Qui Sème le Vent ... | Godfroy   Jeu 28 Juil 2016 - 8:05

Les lèvres du colosse s'élargirent en un sourire presque compatissant. Voir la jeune femme pleurer toutes les larmes de son corps lui faisait presque de la peine, et cela lui aurait importé si le royaume n'était pas en jeu.

« Ne pleurez point, il y a pire destin que d'être marquise en empêchant une guerre. Quant à votre père, souriez en pensant que je l'épargne grâce à vous. » D'une main propre, le marquis consola la jeune femme en passant une mèche derrière son oreille. « Et mon fils n'est pas si monstrueux, vous verrez. »

Levant la main, le marquis ordonna que l'on fasse rentrer les fiancés. On informa Azénor que les liens seraient célébrés rapidement en petit comité. Puis, lorsque la paix serait assurée, un grand festin aurait lieu avec de nombreux convives. Voilà les choses qu'on dévoila à la future marquise Saint-Aimé.

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