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 L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )

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Méliane de Lancrais
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MessageSujet: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Mer 13 Juil 2016 - 22:32



Karfïas, Ennéade 5. 9 ème année du 11ème cycle.

Méliane profitait des jardins ducaux, une main délicate glissait sur les courbes grandement arrondies de son ventre, quand son intendant vint interrompre l'un de ses rares moments de quiétude depuis le départ de son époux. Ce dernier était sur les terres de Soltariel pour assisté au mariage de son frère, mais également celui de son père et de façon plus amère pour les informer de l'imminence d'une possible guerre. Elle adressa un sourire a l'homme quand il s'inclina devant elle. " Que votre altesse me pardonne cette intrusion, mais sire de Tunt est ici et il désire vous voir urgemment. " La duchesse haussa un sourcil interrogatif, le nom lui disait quelque chose mais le souvenir était lointain. Au bout d'une minute cela lui revint, il s'agissait la d'un des informateurs du Langecin, elle n'avait plus eu de nouvelles de lui depuis une prés d'une année. A dire vrai leur dernière rencontre remontée a .. La main de Méliane se crispa légérement sur sa taille. " Veuillez le faire me rejoindre ici au plus vite, je vous pris et que nous ne soyons point dérangés. "

C'est a peine si elle remarqua le départ de son intendant, toute accaparée qu'elle l'était par ses pensées. Sire de Tunt, elle avait engagée cet homme a peine quelques jours après sa rencontre avec Oschide. Au vu des nombreuses perturbations qu'avait connue leurs vies depuis, cela lui semblait presque comme dans une autre vie, pourtant elle n'avait rien oubliée de la mission qu'elle avait confiée a l'homme. Se pourrait t'il qu'après tant de temps, il est trouvé quelque chose. Non. Elle se refusait a y croire, mais comment expliquer autrement sa présence a la cours si longtemps après. Son époux l'aurait il fait mandaté pour une nouvelle mission. Cela serait préférable, bien plus préférable. Bientôt l"homme fut devant elle, s'inclinant bien bas. " Votre altesse il m'est plaisant de vous revoir et de retrouver le Langecin, navré qu'il m'ait fallut tant de temps pour paraître a nouveau devant vous. " Le cœur de la duchesse se serra en une sourde appréhension. " Rien n'est a pardonné, notre vie a tous fut bouleversée par bien des événements. J'ai attribuée votre long silence a l'échec de votre mission, mais a vous voir ici aujourd'hui devant moi, je commence a croire que ce fut la mon erreur. "

Sire de Tunt lui adressa un large sourire. " Mon silence fut coupable de vous avoir induit en erreur votre altesse. Je ne voulais pas vous contacter avant d'avoir de solides informations a vous transmettre. " Elle lui adressa un sourire crispé. " J'en déduis que vous avez retrouvé cette femme. " A l'époque ou elle lui avait demandée de le faire, elle avait espérée sincèrement qu'il y parviendrait. Elle voulait alors soulagée le cœur meurtri d'un ami. Un ami aujourd'hui devenu son époux. " Oui votre altesse, ce ne fut pas chose évidente, j'ai due remonter la piste de la dame du nord jusqu'a Diantra en passant par Thaar, mais je l'ai retrouvé. " Il semblait si fier de lui, ignorant l’effet affligeant de ses mots sur la duchesse. Dans un souffle elle lâcha pour toute réponse: " Castielle de Sombrerue est vivante ? " Il lui confirma d'un hochement de tete avant de lui expliquer comment il avait découvert que la dame n'était pas morte dans le nord, qu'il l'avait pisté jusqu'a Thaar ou il l'avait manqué de peu. L'esprit embrumé par toutes ses révélations et ce qu'elles impliquaient, elle l'écoutait d'une oreille distraite, pourtant quand il prononça le nom de son époux, elle se reprit. " Qu'avez vous dit au sujet de Diantra ? "

L'informateur eut soudain l'air quelque peu mal a l'aise, il reprit son histoire mais en fuyant le regard de Méliane. " Quand j'ai eu retrouvée la trace de la dame a Diantra, j'y ai découvert qu'elle était guérisseuse et si pour une fois mes informations se faisaient précises et non évasives, c'est par ce qu'elle avait gagnée une certaine renommée en soignant le duc de Langehack, Mr votre époux. " Méliane inspira profondément, s’efforçant de calmer l'élan douloureux qu'elle ressentait dans sa poitrine. Oschide savait Castielle en vie et ne lui en avait rien dit. Elle tempéra tant bien que mal ses pensées, elle avait confiance en son époux, il avait du probablement omettre ce détail. Pourtant il lui avait dit devoir son rétablissement a son amie Angelina alors pourquoi lui avoir tue l'implication de cette femme de son passé, une femme qu'il avait aimé. Depuis quand la savait il en vie ? Chassant le mélo de ses pensées, elle se concentra a nouveau sur son interlocuteur. " Castielle de Sombrerue est t'elle toujours a Diantra ?" C'était la un sentiment parfaitement déraisonnable, mais il fallait qu'elle sache, plus encore il fallait qu'elle rencontre cette femme. Elle s'en voulait pour cela, la guerre était a leurs portes, il y'avait bien d'autres choses a faire que de se soucier d'une ex compagne de son époux, néanmoins le cœur d'une femme était parfois bien traître.

Sire de Tunt sembla soudain fort intéressé par le bout de ses pieds. " Non votre altesse, quand je l'ai enfin localisée elle n'était deja plus la .. Néanmoins, je sais ou elle se trouve. C'est fou cette fois elle ne fut pas bien difficile a retrouver. " Il semblait tourné autour du pot, ce qui agaça quelque peu Méliane tandis qu'une sourde appréhension venait lui nouer les entrailles. " Ou se trouve t'elle maintenant ? " L'informateur posa un regard franchement désolé sur elle, ressemblant a s'y méprendre a de la pitié. " Elle est a Langehack votre altesse, elle s'y est installée il y'a environ une Enneade de cela. " Méliane se sentie légérement vaciller, une Enneade cela allait avec le retour de son époux. L'avait il ramené avec lui, avait il pris des dispositions pour l'installer dans la cité ? A quelques pas a peine de lui. Non et encore non c'est la ce que lui criait son esprit, jamais Oschide ne lui ferait pareille chose, elle avait foi en lui, en leur amour. Mais son cœur meurtri lui chantait une toute autre chanson. " Votre altesse se sent t'elle bien ? " L'homme la fixait l'air inquiet, elle devait etre présentement encore plus pale que ces dernières Enneades. " Tout va bien sire de Tunt. Vos informations seront payés avec le mérite qu'il vous a fallut pour les rassembler. Je vous serais gré de communiquer a mon intendant l'endroit ou on peut trouver la dame et vous êtes bien sure invité a séjourner au palais le temps de vous faire payer vos gains et de vous remettre de votre voyage. "

Tandis qu'ils regagnaient tout deux le palais, elle s’efforça de cacher son trouble. Elle laissa l'homme en compagnie de l'intendant afin qu'il veille a le loger puis a le payer. De son coté, elle alla quérir un messager. Sa mission était simple, il devait se rendre dans la bâtisse qu'occupait Castielle de Sombrerue et l'informait qu'elle était attendue a la cours de Langehack ou elle serait reçue en audience par son altesse Méliane de Lancrais. Tandis qu'elle attendait dans ses appartements l'arrivée de la dame, Méliane ne cessait de repasser en boucle ses derniers échanges avec sire de Tunt. " Avez vous quoi que ce soit d'autre de significatif a m'apprendre sur la dame ? " Avait t'elle demandée distraitement. " En effet votre altesse, la dame semble transportée avec elle un nourrisson et ce depuis son départ de Thaar, je ne saurais affirmé avec certitude qu'il s'agit de son enfant mais les témoignages s'accordent a dire qu'elle était probablement enceinte. "   Le reste de la conversation lui apparaissait comme floue, mais les derniers mots qu'ils échangèrent eux étaient toujours gravés en elle, pensant sur son cœur telle une inquiétante menace. " Quel age a l'enfant ? " Non conscient du poids de sa réponse, l'homme avait répondu en toute franchise. " Je ne saurais le dire avec exactitude, mais au vu de la date probable de l'accouchement, la dame devait etre enceinte a son départ du nord. " C'est avec ces quelques mots que toutes les certitudes de Méliane avaient volées en éclat.

La voix de l'intendant la tira de ses rêveries malvenues. " Votre altesse Castielle de Sombrerue est la et attends que vous soyez prête a la recevoir. " La duchesse se leva dificilement de son canapé, l'air aussi digne que possible au vu de son ventre proéminent, elle lissa sa robe puis sourire aux lèvres déclara d'une voix maîtrisée. " Fort bien, faites la entrée, je la recevrais ici. " Il était désormais trop tard pour faire machine arrière, la vérité qu'elle qu'elle soit était a ses portes et elle était prête a l’affronter. En attendant de peur que l'émotion ne la submerge, elle s'interdit toutes formes de pensées vers son époux. Il serait temps de faire face a ses sentiments plus tard. Pour l'heure il était tant de découvrir si son aimé avait eu un enfant d'une autre femme.


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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Jeu 14 Juil 2016 - 0:40

L'enfant d'une autre
Méliane & Castielle
Je voudrais la connaître, savoir comment elle est. Est-elle ou non bien faite, est-elle jolie? Oh je voudrais la voir, longtemps la regarder, connaître son histoire, et son décor et son passé. C'est peut-être étrange, cette curiosité, voir enfin pour admettre et ne plus imaginer. Oh je voudrais comprendre, même si ça me casse, puisqu'elle a su te prendre, puisqu'elle a pris ma place.

Adrian passa un bras protecteur devant Castielle qui eut un mouvement de recul en apercevant la vieille enseigne se décrocher d’un vieux crochet tout rouillé et tombé durement devant eux. Le bruit violent agita Torrance qui dormait alors paisiblement dans ses bras et Thomas qui s’amusait à taquiner Robert avec une brindille poussa un long sifflement qui voulait en dire gros sur les travaux qu’ils devraient accomplir sur les lieux. La demi-elfe observa la porte à la fenêtre poussiéreuse et un haussa un sourcil. Pourrait-elle élever Torrance dans un tel endroit ? Son corps, même après quelques mois, ne semblait pas s’être rétabli de son accouchement difficile, Adrian avait toujours des problèmes à la jambe et Thomas n’était encore qu’un enfant. Ils étaient des étrangers dans une cité étrangère. Quelques personnes passaient dans leur dos et les regardaient bizarrement. Plusieurs semblaient être surpris que cette vieille chaumière remplit de fantômes avait finalement trouvé un acheteur potentiel.

- C’est prometteur, commenta Adrian, l’air incertain, j’espère que le sous-sol est en bon état, cela fera ça de moins à réparer. La bonne nouvelle, c’est que c’est plus vaste que à Diantra et il sera facile de modifier l’endroit selon nos envies.

Inquiète, Castielle berça son nourrisson qui se calma aussitôt. Il s’agissait d’un bon garçon, un endroit très calme. Si la naissance avait été horrible, sanglante et presque fatale, celui-ci ne semblait pas désirer lui donner plus de soucis dans le monde des vivants. Un faible sourire ourla le coin de ses lèvres.

- J’ai vécu dans une habitation semblable lorsque j’étais enfant, en compagnie de mon oncle. Il était berger et je l’accompagnais dans la vallée pour s’occuper de ses moutons, dit-elle en déposant un baiser affectueux sur la tempe de Torrance qui s’agita gaiement sous l’amour maternel. Castielle parlait très peu de sa tendre jeunesse et chaque fois qu’elle le faisait, cela semblait venir d’une autre vie, d’une autre époque. Je ne sais pas pour cet endroit, maître, avez-vous suffisamment d’économies pour remettre un tel endroit en état ? Est-ce que cela en vaut le coût ?

Elle pensait aux dépenses à long terme, mais elle se sentait mal placé pour prendre ce genre de décision même si Adrian était celui qui avait décidé de la suivre malgré toutes ses réticences. Son affection tout bonnement paternel envers elle l’empêchait de s’envoler seule avec un nourrisson et un autre gamin sous les bras. Leur situation était plutôt spéciale. Il avait dévoilé ouvertement son opinion quant à sa destination, c’était même objecter violemment après tout ce qu’elle avait vécu, et pourtant, elle avait eu le mot final en ne disant rien. L’homme soupira machinalement, s’il devait mourir pendant ces vieux jours, il voulait qu’elle garde de quoi lui procurer de l’argent afin de lui assurer une vie confortable.

- Vous payez déjà si généreusement l’auberge, maître de Vynelle, nous avons quitté Diantra et ses difficultés, nous devons penser à notre survie.

Et celle de son petit Torrance et Thomas qu’elle désirait protéger par-dessus tout. Les enfants devaient survivre, ils étaient l’espoir et les piliers du futur. Jamais elle ne se plaindrait d’avoir davantage de bouches à nourrir, surtout pas lorsque Thomas faisait de son mieux pour se rendre utile, en plus d’être enthousiaste à l’idée d’apprendre à lire et les bases de son métier. Elle tendit les mains vers le garçon bouclé et ébouriffa ses cheveux un peu sales.

- Thomas, on ne voit plus ton visage, il faudra couper quelques unes de ses vilaines boucles, dit-elle en dégageant quelques mèches de son minois. Le garçon fit la grimace, mais hocha docilement la tête. C’est vrai qu’il avait un peu de mal à voir devant lui sans avoir à déplacer ses cheveux continuellement derrière ses oreilles. Il savait que Castielle l’aiderait à remédier à ce problème. Nous allons rentrer à l’auberge et j’essaierai d’arranger tout cela, ajouta-t-elle ensuite en mimant le mouvement d’une paire de ciseaux avec ses doigts autour des mèches rebelles.

*


C’est la fille de l’aubergiste qui vint toquer timidement à sa porte qui attira Castielle hors de sa contemplation. Elle haussa un sourcil avant de retirer un peu la couverture du petit corps de Torrance. Il faisait bien trop chaud pour l’étouffer sous des draps. La demi-elfe se rendit ensuite à la porte et considéra longuement la jeune fille qui observait un peu trop souvent ses oreilles différentes des siennes. L’herboriste lui demanda ce qui la menait jusqu’à elle et celle-ci sembla se souvenir brusquement qu’il y avait un but à sa visite. Elle lui annonça qu’un gentilhomme bien vêtu souhaitait lui adresser la parole. Le visage de la jeune femme blêmit, songeant brièvement qu’il aurait pu s’agir de Oschide d’Anoszia, son chevalier, mais elle se ressaisit immédiatement. L’homme ne connaissait pas ses déplacements et elle ne lui avait jamais parlé de ses plans à elle. Même s’il avait su, ou appris cette nouvelle, elle ne voulait pas le croire d’une telle gentillesse à son égard, cela ne faisait que la torturer davantage.

- Qui est-ce ?

L’adolescente haussa bêtement des épaules, avouant que l’homme avait un message à lui transmettre directement. Inquiète, Castielle alla quérir son bébé dans ses bras frêles et descendit lentement, mais sûrement, les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée. Il ne s’agissait pas d’une mauvaise auberge puante avec des lits remplit de bestioles, mais d’un lieu de moyenne gamme que même un seigneur oserait visiter. Jamais elle n’aurait pensé que le petit commerce d’herboristerie d’Adrian lui aurait valu les économies nécessaires pour vivre de cette façon à court-terme. D’ailleurs, l’homme, suivit de Thomas et du loyal Robert avait évacué les lieux tôt ce matin afin de visiter l’endroit que son maître considérait acheter afin qu’ils puissent débuter une nouvelle vie à cinq.

- Vous êtes Castielle de Sombrerue ? s’enquit une voix masculine qui la sorti de force de ses songes éveillés.

Elle adopta une expression de marbre et examina le jeune homme de la tête aux pieds, essayant de deviner sa provenance. Il était effectivement bien vêtu pour un message et il avait cet air solennel sur le visage. Un mauvais pressentiment lui tordit le ventre, elle déglutit, mais leva fièrement la tête. Personne ne la connaissait encore ici et elle n’avait aucune réputation qui lui méritait une quelconque renommée. L’apothicaire se présenta simplement et demanda à ce que le garçon livre son message si important, ce qu’il lui annonça lui fit faire un mouvement de recul que le messager remarqua aussitôt en arquant un sourcil, mais il poursuivit.

- Pourquoi est-ce que son honorable Altesse souhaite me voir ? s’enquit-il avec trop d’empressement. Je ne suis qu’une roturière sans importance.

Le message haussa négligemment les épaules. Il ne faisait que transmettre une invitation de la part de la duchesse de Langehack. Il ne savait rien d’autre et un bon message ne posait jamais des questions impertinentes. Il lui remit l’invitation en main propre et parti sans demander son reste, laissant une Castielle pantoise devant l’entrée de l’auberge pendant que quelques regards curieux se tournaient vers elle. Ne désirait pas attirer davantage d’attention, la demi-elfe se retira rapidement dans sa chambre et posa délicatement Torrance dans son panier prévu à cet effet. D’ailleurs, l’objet commençait à devenir trop petit pour son enfant. Elle joua nerveusement avec ses doigts. Si l’invitation sera venue d’Oschide, peut-être aurait-elle compris, peut-être qu’elle n’aurait pas été aussi anxieuse, mais sa femme ? Son épouse ne devrait rien savoir d’elle, pourquoi ? Quel homme sensé parle de sa maîtresse, son ancienne gueuse auprès de sa légitime épouse ? Que savait-elle ? Que voulait-elle ? Que désirait-elle de son humble personne ?

L’herboriste se laissa choir lourdement dans l’unique fauteuil dans lieux, se mordillant la lèvre inférieure, inquiète, terrifiée à l’idée qu’on veule du mal à son Torrance, à son enfant, à la chair de sa chair… et la chair du duc de Langehack.

- Oh douce Nééra, donnez-moi la force, guidez-moi dans l’incertitude, je suis votre humble servante, pria la jeune femme en déglutissant péniblement. Elle tourna la tête vers son nourrisson, il n’y avait personne pour le garder et même si elle songea à l’idée, elle ne désira pas laisser son fils dans les mains étrangères de la femme de l’aubergiste. Avec tout ce qu’elle avait vécu, elle était devenue avare de sa confiance et elle était bien plus méfiante. Peut-être était-ce un trait dû au fait qu’elle était mère désormais ?

Castielle était intelligente, elle n’oserait pas refuser l’invitation officielle de la duchesse même si une voix à l’intérieur d’elle criait qu’elle s’agissait d’une terrible idée. Elle était coincée, si elle refusait, elle mettait les siens et elle-même en danger et insultait ouvertement la duchesse, mais le même résultat pouvait se produire si elle se présentait devant la maîtresse de la cité. Pourquoi cette noble dame parmi tant d’autre ? Son corps trembla violemment, mais elle reprit rapidement son calme. Elle ne craignait plus rien, sa foi la protégerait du mauvais œil, sinon elle protégerait l’innocence de son fils, né bâtard. L’ancienne maîtresse n’avait peut-être pas de patronyme à lui donner, mais jamais elle ne l’abandonnerait aux mains du mal. Si elle devait sombrer, elle ferait tout son possible pour sur son unique fils retrouve la lumière.

C’est doté d’une expression plus confiante qu’elle se leva précipitamment et se mit aussitôt à fouiller dans ses bagages personnels. Elle retrouva une robe que monsieur Rhys lui avait offerte au cours de son séjour à Thar. La tenue était d’un bleu élégant, mais sobre et la robe en entier gardait un certain conservatisme et une simplicité qui ne ferait pas de mal à la dignité d’une dame plus élevé qu’elle. Ce n’est pas qu’elle possédait une garde-robe digne d’une reine, mais il valait mieux ne pas trop se faire remarquer par la cour de la duchesse et surtout, ne pas paraître arrogante, et ce, même si elle avait donné naissance au fils aîné du duc, mais ça, personne n’avait à le savoir, personne ne le saurait jamais.

Elle passa une heure à brosser la robe afin que celle-ci paraisse à nouveau acceptable après avoir été froissée pendant plusieurs jours de voyage éreintants, puis elle laissa celle-ci reposer sur son lit avec des fleurs fraîches parsemées sur le tissu de bonne qualité afin de rafraîchir son odeur. Elle ne se permettrait jamais le luxe de possédait de véritables eaux de parfum, mais la nature était la meilleure source de merveilles en ce monde.

Alors que sa robe se plaisait à prendre possession des fraîches effluves naturelles, Castielle harponna un petit miroir à main et arrangea humblement sa coiffure, laissant ses cheveux tombés sur ses épaules qu’elle peignant pendant quelques minutes. Elle saisit les mèches qui lui encadraient joliment le visage pour les attacher derrière sa tête, ainsi, elle ne pourrait pas manquer le visage de celle qui avait épousé le seul homme qu’elle avait réellement aimé.

Son attention pivota vers son fils qui gigotait en agitant les mains dans son panier, quémandant un brin d’attention. Elle lui caressa une joue avec son pouce. Elle détestait l’idée de l’apporter avec elle, mais elle n’avait absolument aucun choix et elle n’avait pas envie de partir à la recherche d’Adrian pour l’encombrer d’un nourrisson. L’air peu rassuré, la jeune mère agrippa fermement le panier et le pressa contre sa poitrine. La duchesse voulait la rencontrer si hâtivement ? Très bien, elle se présenterait, mais elle ne plierait pas.


*


L’intendant la considéra longuement de la tête aux pieds avant de quitter sa présence pour annoncer sa venue à la duchesse de Langehack. Castielle était une femme pleinement éduquée et remplit de bon sens, elle ne paraîtrait pas mal devant la maîtresse des lieux. Elle n’était peut-être pas habituée à être entouré de nobles, surtout pas ceux si haut dans la hiérarchie, mais personne ne se douterait qu’elle n’était qu’une roturière.

On lui permit finalement de pénétrer dans le petit salon privé de la duchesse. Castielle avala nerveusement sa salive, ainsi, la duchesse voulait la rencontrer dans un lieu reculé, loin des yeux et des oreilles indiscrètes. L’herboriste respira un bon coup et leva fièrement la tête, mais pas trop quand même, et dirigea un premier pas derrière le cadre de porte. Elle salua d’un bref hochement de tête les gardes à proximité et s’engouffra finalement dans la tanière de l’épouse.

Son cœur manqua cependant un bond quand elle se retrouva finalement à quelques mètres de celle qui détenait le cœur de son chevalier. Ses mains se crispèrent nerveusement autour du panier, elle entendit Torrance qui geignit. La dame ne devait certainement pas s’attendre à la présence d’un nourrisson lors de cette rencontre, mais Castielle n’avait pas pu faire autrement. Malgré l’anxiété qui lui poignardait la poitrine, la demi-elfe ne fuit pas le regard de la duchesse. Elle rendit cependant vite compte de son impolitesse et fit aussitôt une bien basse révérence.

- Il s’agit d’un honneur pour cette humble personne de faire votre rencontre, Votre Altesse, la salua-t-elle en dissimulant rapidement son regard surpris par le ventre bien arrondi de la duchesse. Il était tout à fait normal pour une épouse de porter la semence de son compagnon, mais le voir de ses propres yeux lui fit mal. Un mal déshonorable, mais elle songea à son propre rêve d’une ribambelle d’enfant et son regard s’assombrit aussitôt. Castielle n’aurait jamais une myriade d’enfants, elle devait faire un trait sur ce songe enfantin et naïf du passé. Je suis Castielle de Sombrerue, herboriste et apothicaire de Diantra, si je puis me permettre, par quel honneur désirez-vous ma basse présence en ce jour ? Êtes-vous... souffrante?

Torrance lança une plainte comme s’il détectait le total inconfort dans lequel se retrouvait sa mère biologique. La demi-elfe trembla.

- Pardonnez mon audace, Votre Altresse, je ne suis qu’une étrangère dans cette cité, je n’ai pas encore d’ami digne de confiance pouvant s’occuper de mon fils.

Peut-être n’aurait-elle pas dû révéler qu’il s’agissait d’un garçon, on prenait ce genre d’information plus au sérieux que la naissance d’une fille.




Dernière édition par Castielle de Sombrerue le Jeu 14 Juil 2016 - 22:04, édité 1 fois
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Méliane de Lancrais
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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Jeu 14 Juil 2016 - 10:13


Son cœur cognait durement dans sa poitrine, tandis qu'elle attendait que Castielle, la femme qui avait  jadis été aimer de son époux, fasse son entrée. Méliane devenue maîtresse dans l'art du paraître, de par ses nombreuses années d'apprentissage forcé, ne laisse rien montrer de son trouble quand la dame fait son apparition. Pas même quand elle remarque que la dite dame n'est pas tout a fait humaine. Voila un fait que son époux avait omit de mentionner, au final cela n'avait que peu d'importance, la duchesse avait grand respect pour toutes les créatures vivantes, humaines, elfes, drows, animales. Si elle devait venir a avoir quelques griefs contre la dame ce ne serait pas pour une question de race, mais par le fait qu'elle soit possiblement la maîtresse de son époux .. La dame était jolie, d'une beauté douce. Elle avait les yeux bleu et c'était la probablement leur seul point commun.

La ou Méliane était tout en courbes, Castielle était tout en finesse. Un homme pouvait il dont aimé deux femmes aussi différentes ? Tandis que son œil avisé contemplait la dame discrètement, elle perçut de petits bruits en provenance de son panier. Des bruits parfaitement reconnaissables, par chance si quelconque surprise ou malaise s'afficha sur ses traits, la demie Elfe n'en vue rien puisqu'elle choisit cet instant pour se courber une une bien basse révérence. Elle avait de belles manières, une bonne élocution, une voix agréable et mélodieuse. Chacune de ses qualités étant un poignard un peu plus aiguisé s'enfonçant dans le cœur de la duchesse. La gêne de son interlocutrice était évidente et elle n'était pas pour lui déplaire, si elle lui était arrivée toute parait d'arrogance, fière de son statut de maîtresse, leur entrevue aurait pue être tout autre. " Castielle de Sombrerue, c'est un plaisir que de vous recevoir a la cours de Langehack. Nulle personne n'est basse ma chère, notre vie a l'importance que nous décidons de lui donner. "

L'herboriste s’inquiétait dont de son état de santé ? Pouvait t'elle vraiment croire qu'elle avait été convoquer pour ce motif ? Méliane caressa son ventre arrondi, un sourire involontaire étirant ses traits a ce contact. Il aurait été facile de mentir, de prendre ce prétexte pour en apprendre plus sur la dame. Mais il y'avait déjà trop de non dits dans cette histoire, il était temps de connaitre la vérité, toute la vérité. " Votre sollicitude est touchante, mais votre présence en ces lieux n'est point du fait de ma santé, j'ai a m'entretenir avec vous d'une affaire toute autre. " Le ton était calme, posé, pourtant elle devait bien se douter de quoi il retournait maintenant. Un petit bruitage monta a nouveau du panier poussant la demie elfe a se répandre en excuses et a lui donner une importante information. C'était un garçon. Si ses craintes se vérifier, cela voudrait dire qu'Oschide avait un fils. Un fils d'une autre femme. Se sentant légèrement vacillante, elle glissa une main sur son dos, donnant ainsi l'illusion que c'était due a sa grossesse. De l'autre main, elle indiqua une place sur le canapé a son invitée. " Si vous voulez bien vous donnez la peine de vous asseoir, ce sera bien plus confortable pour que nous discutions et votre enfant sera plus a l'aise. " Elle attendit que la dame la rejoigne, sourire aux lèvres, son ton n'avait pas tremblé sur ses derniers mots.

Quand Castielle fut installée sur le canapé, Méliane prit place a son tour. Des quelques mots de l'herboriste, il fallait en déduire qu'elle était seule ou presque, en tout cas nul n'était la pour veiller sur son enfant en son absence, elle se refusait donc a croire que sa présence a Langehack était du fait de son époux, jamais il ne les aurait laissé aussi démuni. Se pouvait il qu'il ignore la naissance de l'enfant ? Non, pas de désillusions, l'informateur lui avait dit qu'ils s'étaient vus a Diantra. " J'espère que votre convocation ici n'a pas été l'objet de quelques préoccupations. Dans ma hâte de vous recevoir, je n'ai point pensée a l'émotion que cela pourrait vous causer. " Elle se concentre sur la mère, elle ne peut poser son regard sur l'enfant, il suffirait d'un seul trait pour lui rappeler son époux, pour que ses doutes se changent en certitudes, il lui fallait encore un instant, juste le temps de s'y préparer. " Si vous êtes ici, c'est que je voulais vous remercier de l'assistance que vous avez porté a mon époux a Diantra. Il vous doit la vie et je vous dois son retour sauf a mes cotés. " Le ton et le sourire suggéraient qu' Oschide l'avait informé de cela, cela n'était pas un mensonge, la duchesse ne disait pas non plus le contraire. " J'imagine votre surprise de le revoir après si longtemps. " De par ces quelques mots, elle jaugeait la réaction de Castielle.

Selon les réactions et les réponses de la dame, elle saurait si son époux l'avait revu avant Diantra. Elle se refusait a accepté cela, mais en même temps le fait qu'il n'ait pas parlé de l'implication de la dame dans sa guérison allait contre la confiance qu'elle s'évertuait a garder en lui. " Mon époux vous a crue morte, happée par la guerre du nord. Imaginez sa joie de vous savoir en vie. " C'était une vérité, Oschide n'en avait rien dit bien sur, mais elle ne se souvenait que trop bien de la douleur qui était sienne a son arrivée a Langehack, il pleurait la femme qu'il aimait. Une femme aujourd'hui assise devant elle et qui n'avait pas l'air d'avoir la moindre idée de la douleur que lui causait sa vue. Mèliane s'en voulait d'avoir pareilles pensées quand a la survie de la dame, mais il était peu évident de voir surgir dans le présent un fantôme du passé. Dans les débuts de sa relation avec son époux, elle avait été persuadé qu'il ne voyait en elle qu'un substitut destiné a le détourner de son chagrin. Finalement son regard se porta enfin vers l'enfant et son cœur manqua un battement. Ses yeux étaient du bleu des Anoszia, sa chevelure était de la même nuance que celle d'Oschide et sur ses traits, elle devinait ceux de son époux. Si preuve il avait fallut, elle la contemplait devant ses yeux sans que nulles réfutations ne pussent êtres faites. Oschide avait un fils. L'enfant d'une autre femme. D'une femme qu'il avait aimé.

La duchesse eut grande peine a détourner ses yeux de l'enfant pour reporter son regard sur Castielle. Un regard sans animosité, mais qui témoignait malgré tout de ses difficultés a ne pas la détester, a ne pas lui en vouloir d’être la, de faire partie de la vie de son époux et de lui avoir donnée un fils. Inspirant profondément, Méliane demanda d'une voix dénuée d'émotion: " Est il au courant pour l'enfant ? " La question ne contenait nul faux semblant, elle était directe. Si Oschide savait, alors elle apparaîtrait telle l'idiote trompée qu'elle se refusait a croire être, mais si il l'ignorait alors le poids du secret entre eux serait moins lourds a porté. Mais qu'adviendrait il alors de l'avenir ? Serait ce a elle d'informer son époux qu'il avait un fils ? Et après quoi ? Elle ne pouvait se projeter aussi loin, pour l'heure, elle attendait une réponse de la dame, les décisions viendraient ensuite d'elle même. Comme toujours. L'on ne peut juger d'une situation avec sagesse que quand on a une vue complète.
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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Jeu 14 Juil 2016 - 23:25

L'enfant d'une autre
Méliane & Castielle
Je voudrais la connaître, savoir comment elle est. Est-elle ou non bien faite, est-elle jolie? Oh je voudrais la voir, longtemps la regarder, connaître son histoire, et son décor et son passé. C'est peut-être étrange, cette curiosité, voir enfin pour admettre et ne plus imaginer. Oh je voudrais comprendre, même si ça me casse, puisqu'elle a su te prendre, puisqu'elle a pris ma place.

Castielle n’avait pas cédé sous la gêne qui s’empara de son être en découvrant l’intérieur visuel de la duchesse sur sa personne. Celle-ci, plus ou moins avec discrétion, la considérait silencieusement de la tête aux pieds. Que voyait-elle? Que cherchait-elle réellement? Visiblement, le trait le plus percutant étaient ses oreilles d’elfe qui ressortaient facilement du portrait, était-ce sa tenue peu conventionelle pour une femme qui prétendait venir de Diantra? Ou alors, connaissait-elle des informations sur la demi-elfe que celle-ci aurait préféré taire à tout jamais?

L’herboriste retint un commentaire quant à celui de la duchesse. Elle avait envie de lui dire que ceux qui donnaient trop d’importance à leur existence étaient des êtres arrogants et vils, mais cela était un sujet de conversation pour une autre fois, ou une autre vie. Son oeil attentif remarqua le geste maternel qui caressait le ventre pleinement arrondi. Ses yeux furent voilés par une certaine envie, mais elle reprit bien rapidement le dessus sur ses pensées peu vertueuses. Elle avait déjà Torrance, cela était bien assez, n’est-ce pas?

« Une affaire tout autre »,  songea tristement Castielle qui avait sincèrement espéré n’être que là que pour ces talents de guérisseuse, mais les circonstances ne permettaient rien de cela. Comment est-ce que la duchesse aurait pu entendre parler de ses facultés médicinales alors qu’elle ne s’était toujours pas remise au travail et qu’elle ne possédait absolument aucune réputation décente dans la cité? Et cela était espéré qu’elle arriverait à ouvrir un commerce de la santé en ces lieux. Une affaire toute autre, plutôt une affaire personnelle, une affaire de famille… assurément.

Gentille et altruiste, la demi-elfe fit un mouvement vers la duchesse lorsqu’elle remarqua que celle-ci sembla être prise d’un étourdissement, mais suspendit maladroitement son geste en plein milieu pour se tourner face au canapé de bonne qualité. Elle avala nerveusement sa salive et s’approcha de l’objet et en toucha la texture du bout de son index, pas curiosité avant d’y déposer son séant d’un geste gracieux en jetant manches pendantes hors du chemin avec un mouvement sec, mais élégant de ses poignets. D’après ses observations, l’altesse ne devait plus être très loin de l’accouchement. Toutefois, même si ses prédictions visuelles déclaraient qu’elle était à sept ou huit mois, elle ne pouvait pas s’empêcher de songer que la dame était très ronde.

- Je remercie humblement Son Altesse pour sa gentillesse envers mon fils et moi-même, la remercia-t-elle poliment pour son attention au comfort de Torrance qui agitait ses petits poings fermés hors du panier.

Castielle fronça des sourcils en remarquant le malaise que semblait afficher la duchesse lorsque son regard frôlait celui de son panier. Elle évitait Torrance. Une douleur l’atteint dans la poitrine alors qu’elle imaginait les pires scénarios. L’image où on lui retirait cruellement son fils pour toujours s’enpreignit dans sa tête et ses mains se crispèrent violemment sur sa jupe.

- J’ai connu bien pire qu’une rencontre avec une duchesse, Votre Altesse, raconta la jeune femme en baissant humblement les yeux. Oui, cette situation, bien que embarrassante et inconfortable était une part de gâteau contrairement aux malheurs passés. Jamais cette femme de l’atteindrait au coeur avec autant de force que certains évènements qu’elle préférait ne pas se ressasser.

Son expression changea aussitôt qu’elle mentionna le duc de Langehack, son époux et son ancien chevalier. L’homme qui l’avait secouru dans une rue de Diantra et qui l’avait apporté dans le nord pour un voyage qui deviendrait remplit d’une tonne de pérépities jusqu’à aujourd’hui. Cette noble femme savait de quoi elle parlait, elle tâtait perspicacement le terrain, mais Castielle n’était pas prêtre à prendre la parole, donc elle conserva un silence poli, mais sécuritaire. Si elle avait été surprise de retrouver Oschide après tout ce temps? La guérisseuse repensa au moment où elle avait découvert qu’il était toujours bien en vie, quoique terriblement mal en point. Étrangement, son maître avait été appelé à son chevet et elle l’avait suivi, c’était plus fort qu’elle. La jeune mère avait voulu le voir de ses propres yeux, que son chevalier était vivant, bien que mourant. Par ses propres moyens alors qu’il n’y avait personne d’autre pour s’occuper du duc, elle avait tout fait pour lui sauver la vie jusqu’à tester des théories peu appétissantes et sa magie débutante.

Une surprise? Apprendre que Oschide d’Anoszia était toujours vivant depuis tout ce temps avait été un énorme choc, une claque dans le visage, un coup de couteau dans le ventre. Elle avait eu tellement mal en apprenant l’horrible nouvelle de son trépas et c’était torturé pendant des mois alors qu’elle ne se croyait pas en droit de faire le deuil de lui. Heureusement que sa foi lui avait permise de conserver un brin de sang froid. Ensuite, il y avait eu la nouvelle de sa grossesse, reçu telle une nouvelle gifle.

C’est lorsque le dame poursuivit la discussion à sens unique qu’elle dû s’admettre la véritable raison de sa présence en ces lieux. L’épouse de son ancient amant savait. Elle savait pour Oschide et elle, mais que savait-elle réellement et jusqu’à où voudrait-elle aller? Pourquoi son intérêt pour la demi-elfe qui se considérait comme une moins que rien aux yeux de l’homme qu’elle avait aimé autrefois. Que voulait-elle d’elle? Se méfiait-elle de son existence et de celle de son fils? Voulait-elle la punir pour les actions passées de son mari?

- Sa joie de me savoir en vie, dites-vous, répéta l’apothicaire d’une voix monotone. Son visage était figé dans un étrange stoicisme, mais ses yeux luisaient. Une partie d’elle-même se réjouissait à l’idée que son chevalier aurait pu avoir une telle émotion à son égard, mais l’autre moitié était toujours assombrit par un brin d’amertume qui venait avec le sentiment d’avoir été trahie. Trahie pas lui ou par la vie, ou les deux. Elle se tourna partiellement vers la duchesse. Vous savez, ajouta-t-elle simplement alors que ses épaules s’affaissaient lourdement.

Cependant, il semblait qu’un brin du fardeau qui venait avec ce secret l’avait délaissé. Son cœur tambourina très fort contre sa poitrine alors que l’épouse posait finalement ses yeux bleus sur son Torrance. Elle vit brièvement le changement dans les yeux de la dame, mais elle garda royalement un calme olympien. Castielle devait bien admirer son courage.

Elle hésita à répondre à la question, mais la gentillesse et la sincérité devaient être repayée par la même monnaie. La jeune mère ferma brièvement les yeux et inspira. Elle joignit ses mains moites ensembles et adressa une courte prière à Nééra. La demi-elfe remercia mentalement la duchesse pour être aussi directe.

- Non, avoua finalement l’herboriste en adressant une expression emplit de la plus triste sincérité en ce monde. Toutefois, le dire à voix haute sembla la soulager considérablement, et ce, même si elle discutait avec la légitime épouse de l’homme aimé. Je ne suis pas déloyale envers ceux qui me traitent avec respect et franchise, je ne vous mentirai donc point, Votre Altesse.

Son visage blanchâtre se tourna vers son fils. Celui-ci avait les yeux fermés, s’était-il assoupit malgré l’ambiance mortelle qui régnait dans le petit salon ? L’innocence des enfants était tout bonnement fascinante.

- Ais-je la permission de parler en toute franchise, Votre Altesse ? s’enquit doucement Castielle dont les yeux étaient envahis par la tristesse. Elle attendit l’accord de la duchesse avant de poursuivre. Je ne sais pas si ce que vous me dites est la vérité ou un moyen de me faire parler, mais je croyais sincèrement Son Altesse le duc décédé jusqu’à mon retour dans l’ancienne capitale. Sa gentillesse et sa bonté à mon égard a poussé Son Altesse a envoyé une lettre à son meilleur ami habitant à Thaar afin de venir me chercher et me mettre en sécurité dans son domaine avant sa mort.

Ses sourcils se froncèrent.

- Cette générosité m’a permise de survivre à une tentative de meurtre, avoua-t-elle ensuite difficilement. Un homme étrange s’est introduit dans sous ma tente et a voulu me faire du mal, je suis tombée et je me suis cognée durement la tête, j’ai perdu partiellement la mémoire pendant un moment. Peut-être aurait-il était mieux que je ne retrouvai jamais la mémoire, car celle-ci avait omit l’existence de Son Altesse, le duc de Langehack. Cela n’a pas été le cas bien longtemps…

Castielle déglutit, elle n’avait encore jamais raconté son histoire avec autant de détails à une personne, même pas à son maître qui en connaissait en fait si peu sur elle et son voyage dans le nord. Il y avait des choses qu’elle préférait taire à tout jamais.

- Je me suis introduite au chevet de Son Altresse par l’intermédiaire du maître Adrian de Vynelle, mon tuteur et maître, la vision que projetait le duc à ce moment-là était mortifiante et j’ai prise la décision de m’occuper de son cas désespéré. Au réveil de Son Altesse, je n’ai pas cru nécessaire… de lui révéler l’existence de son enfant bâtard.

Voilà, elle le disait à voix haute et ça lui brisait le cœur. Son fils était un enfant bâtard, sans père, sans patronyme, sans avenir. Elle allait devoir subvenir à ses besoins malgré les difficultés.

- Qui suis-je pour révéler le produit de sa folie envers moi ? ajouta-t-elle ensuite alors que ses mains moites se crispèrent l’une sur l’autre. La mère avait trop parlé, cette femme n’avait pas besoin de connaître davantage de détails, son existence était impertinente, son fils n’était qu’une gêne pour elle, mais elle le protégerait coûte que coûte, même si elle devait y mettre un bras ou une jambe. Je devine vos questions et vos inquiétudes, Votre Altesse. Vous voulez connaître ma relation avec votre époux ? Il n’y en a pas, je ne suis qu’une vieille connaissance, un fantôme d’une autre vie, ne craignez pas ma présence, je vous en pris, une maîtresse, c’est une femme qu’on aime et qu’on entretient, je ne suis rien de cela. Elle jeta un regard tout à fait honnête à la dame. Je ne suis pas ici à la demande du duc, je suis venue ici par moi-même, désireuse de me construire une nouvelle vie hors de Diantra, mais suffisamment égoïste pour rester ne serait-ce que partiellement près de ce chevalier, ce capitaine d’autrefois.

Elle inspira profondément.

- Je ne souhaite qu’une vie paisible pour mon fils et moi-même, je ne veux causer aucun souci à personne, mais si vous désirez me voir hors de ces terres alors je partirai.

« Je partirai avec un cœur nouvellement brisé », pensa-t-elle tristement.


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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Ven 15 Juil 2016 - 0:20


Quand celle qui fut la maîtresse de son époux lui demanda si elle pouvait parlée avec franchise, Méliane hocha simplement la tete, donnant toute liberté a la dame, préparant son cœur quand aux révélations qui risquaient de suivre. Elle écouta en silence, son regard ne dévoilant rien de ce qu'elle pouvait ressentir. Un exercice qui vous est facile quand vous faites de la politique. Ce qu'elle ressent ? Un intense soulagement, mêlée d'une tristesse a laquelle elle ne s'était point attendue. Le soulagement que sa confiance en son époux ne soit pas ébranlé, quoi qu'il aurait a répondre de son silence concernant ses retrouvailles avec Castielle. Quand a la tristesse, c'était envers l'herboriste et son enfant qu'elle se dirigeait. Le bien aimé de cette femme avait beau etre son époux, il n'en demeurait pas moins que leur histoire était douloureusement tragique. Le destin les avait trompé tout deux, chacun croyant a la mort de l'autre. Au milieu de tout cela, elle était désormais celle qui rendait leur amour impossible. Que serait il advenu si elle avait résisté plus longuement a Oschide ? Aurait il retrouvé Castielle ? Aurait il été un père pour cet enfant dont le regard était identique au sien ? Il était douloureux et cruel de penser a cela alors meme qu'elle portait la vie au creux de ses reins. Deux petites vies, résultat de leur amour, de leur union.

Égoïstement probable que meme si elle en avait le pouvoir, elle ne changerait rien. Elle tenait trop a son époux, a leurs enfants a naître. Leur amour avait été une lumière dans sa vie par trop solitaire depuis bon nombres d'années. Curieusement elle se dit que son interlocutrice aurait pue le comprendre mieux que personne, car elle avait eu a perdre Oschide, elle en connaissait le poids et la souffrance. C'est d'une voix dépourvue des artifices de la politique que la duchesse reprit la parole. Son ton était doux, sincère et visiblement ému. " Les dieux sont parfois cruels dans les épreuves qu'ils nous envoient et parfois retords dans leurs façons d'orienter nos vies. Mon époux vous a crue morte alors meme que vous le croyez mort. Qu'elle chance y'avait il pour que vous puissiez vous retrouver. " Et pourtant ils l'avaient fait, trop tard certes, mais ils l'avaient fait. Fallait il y voir la un signe dérangeant. Qu'avait bien pu ressentir son époux a la vue de cette femme aimée qu'il avait crue morte ? Son cœur avait il connu quelques émois ? Si bien que honteux, il en soit venu a lui cacher sa survie et leur rencontre ? La position de la dame qui lui faisait face n'était certes pas facile, mais la sienne n'était guère enviable non plus. Il avait aimé Castielle sincèrement et si il n'était pas aujourd'hui marié, probable que jamais il ne se serait détourné d'elle. C'était dont elle qui était vouée a avoir des doutes jusqu'a la fin. Son époux resterait il avec elle par amour ou par devoir ?

Son cœur se serre, il n'est guère temps de penser a cela. Il y'a plus important, plus urgent. Elle est sans doute folle de prononcer les mots qui vont suivre, mais son honneur ne saurait permettre qu'il en soit autrement. " Je ne vous suis en rien une menace, pas plus que je ne vous ai fait venir ici pour vous manipuler. " Méliane s’efforce de sourire pour prouver la sincérité de ses mots, voila qui y difficile présentement, mais une fois de plus, les feintes dont ont usent en politique l'aident. " Je vous remercie pour votre honnêteté et pour avoir partager avec moi votre histoire. A ce jour je n'en connaissais qu'un pan, celui de mon époux, vous avez aujourd'hui comblée les blancs et je vous en suis reconnaissante. " Elle glisse son regard vers l'enfant. Le fils de son époux. Un fils qui devrait faire partie de sa vie. Il ne pouvait en etre autrement. Il était innocent et ne méritait pas de vivre sans père. " Oschide mérite de connaitre la vérité, au meme titre qu'il mérite de connaitre son fils et que votre fils mérite de connaitre son père. Vous aimez cet enfant cela ne fait aucun doute et je suis sure que vous voulez le meilleur pour lui. Le meilleur comprend qu'il ait un père. " Un nouveau regard vers le nourrisson. " Vous ne devriez point permettre a quiconque de le nommer "bâtard" pas meme a vous meme. Chaque vie est précieuse. Il a beau ne pas etre la chaire de ma chaire, il est celle de mon époux. Le frère de nos enfants a naître. Je veillerais a ce que nul ne lui fasse du mal ou ne le méprise. " Un regard farouche, déterminé. " Je ne le permettrais pas. "

Elle aurait pue demander a prendre l'enfant, mais malgré ses efforts et sa douceur apparente, c'est bien trop lui demander il est trop tot pour cela, un jour il le faudra bien pourtant. Car si elle attend des autres qu'ils l'acceptent, elle devra d'abord le faire elle meme. " Je ne désire pas votre départ de nos terres Castielle. Je mentirais en disant qu'il ne m'eut pas été plus simple d'ignorer tout de vous et de l'enfant, mais il est néanmoins heureux que vos pas vous aient menés jusqu'au Langecin. J'aime mon époux et malgré tout l'inconfort de la situation, je ne saurais souhaitée que jamais il ne puisse connaitre son fils. " Son premier, un déchirement de plus pour Méliane. Son époux avait été si fier et si heureux a l'idée d’être père pour la première fois. Sauf qu'il l'était déjà. Elle prit sur elle pour poursuivre. Ces mots suivants étant des couteaux qu'elle s'enfonçait elle meme dans le cœur et cela ne lui en était que plus douloureux, pourtant elle se devait de faire ce qui était juste. Elle n'oubliait pas que malgré qu'elle soit l'épouse légitime, elle avait volé a cette demie elfe l'homme qu'elle aimait, qu'elle n'ait point eu pareilles intentions, que le destin ou les dieux aient faussés le jeu, n'y changeant rien.

" Vous avez l'air de rabaisser plus que de raisons les sentiments que mon époux a éprouvé pour vous. Pourtant je fut celle qui sécha les larmes qu'il versa sur votre disparition. A son arrivée ici, il était mélancolique, abattue. Il se sentait coupable, responsable de votre mort et cela pesait sur son cœur plus que toute autre chose. " Elle accroche son regard a celui de Castielle, nulle émotions n'y transparaît, difficile pour quiconque de présumer de ce que ressent la duchesse. " Sous sa carapace de capitaine fort et orgueilleux se trouver un homme blessé, meurtri, pourvu d'une grande tendresse. " Elle se doutait que la suite serait dure a entendre pour l'herboriste, mais elle lui devait la vérité, tout comme elle meme la lui avait donnée. " C'est sa dévotion et sa peine quand a son amour disparu qui m'ont d'abord séduite chez lui. Un homme qui n'avait pas peur de se dévoiler, de se montrer fragile, de pleurer. Pourquoi, par ce qu'il n'avait point honte de ce qu'il ressentait. Il n'avait point honte de l'amour qu'il avait ressenti pour vous. Alors vous meme ne devez point en avoir honte. " Elle glissa son regard vers la petite forme qui gigotait dans son panier. " Un fils est né de votre amour. A ce titre, nul ne devrait dénigré ce qui a été entre vous. Ni lui, ni vous .. ni meme moi. " La dame douterait peut etre de ses mots, s'attendant a trouver en elle une femme jalouse. Pas d'erreur, elle l'était bel et bien chaque fois qu'elle posait les yeux sur la dame, chaque fois qu'elle pensait a l'amour que son époux avait eu pour elle, chaque fois qu'elle pensait a leurs étreintes.

Mais qu'importe la jalousie ou les craintes que l'amour entre eux ne soient pas morts, ses mots n'en restaient pas moins sincères. Elle n'était pas femme a souhaiter aisément du mal aux autres, pas quand elle meme avait eu a connaitre tant de souffrances par le passé. Son secret faisait d'elle une femme capable d'un grand pardon et d'une grande générosité, peut etre par ce que justement elle n'arrivait pas elle meme a se pardonner cet acte auquel pourtant elle devait sa survie. " Je désirerais que vous restiez a Langehack Castielle. Quand j'aurais informée Oschide concernant l'enfant, nul doutes qu'il voudra le connaitre, mieux vaudra alors que vous soyez a proximité. " De plus avec l’imminence d'une possible guerre, mieux valait qu'ils restent non loin d'eux, sans quoi son époux se rongerait les sangs. N'allait il pas déjà le faire et elle meme ? Il faudrait vivre avec le fait que celle qu'il avait aimé jadis vivrait a proximité d'eux. Une proximité dérangeante et douloureuse. Elle y penserait plus tard, c'était a ajouté au trou béant qui se creusait dans son cœur. " Je vais vous donnée de quoi vivre en attendant qu'il vienne a vous pour prendre en charge l'enfant. " Méliane leva une main pour faire taire toute possible protestation. " Je ne saurais acceptée nuls refus. Pensez a votre fils. Il sera heureux de pouvoir accéder a une bonne éducation. Cela lui ouvrira des portes. Quand a vous, quelque soit vos projets, je veillerais a ce qu'ils se réalisent. "

Son regard s'accrocha une fois de plus a celui de Castielle. " Je ne suis pas votre ennemie comme je vous l'ai dis. Néanmoins je veux le bonheur de mon époux, je ferais tout pour cela. Ce bonheur passe par votre fils, j'en suis certaine. Je ne saurais donc acceptée que vous l'en priviez. " Les mots bien que dit sur un ton toujours agréable sonnent telle une menace. Elle n'essayait pourtant pas d'effrayer la dame, pas plus qu'elle ne lui voulait le moindre mal, mais elle avait choisie d’être honnête et c'est ce qu'elle était présentement. Si la dame voulait disparaître alors elle devait comprendre qu'elle le ferait sans son fils. Toute douceur et bonté d’âme avaient ses limites, celles de Méliane résidaient dans son amour pour les siens. Elle était prête a tout pour leur bonheur. Prete a tout pour le bonheur de son époux. Tant qu'il lui serait fidèle, elle lui serait dévouée et veillerait a ses intérêts, des intérêts qui comprenaient désormais son fils et cette femme de son passé. Méliane savait ce qu'était l'amour d'une mère, elle l'était et le serait bientôt a nouveau, elle n'envisageait dont pas de séparer Castielle de son enfant .. A moins que celle ci ne l'y contraigne bien sur.
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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Sam 16 Juil 2016 - 4:35

L'enfant d'une autre
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Je voudrais la connaître, savoir comment elle est. Est-elle ou non bien faite, est-elle jolie? Oh je voudrais la voir, longtemps la regarder, connaître son histoire, et son décor et son passé. C'est peut-être étrange, cette curiosité, voir enfin pour admettre et ne plus imaginer. Oh je voudrais comprendre, même si ça me casse, puisqu'elle a su te prendre, puisqu'elle a pris ma place.

Castielle ne se serait jamais attendu à rencontrer personnellement la femme qui vieillirait aux côtés de l’homme qu’elle aimait toujours. Toutefois, était-ce réellement surprenant si on considérait son historique avec le nouveau duc de Langehack ? Elle l’avait cru disparu à tout jamais et avait eu du mal à accepter ce mensonge de la vie, le cœur en miette. Si elle avait été profondément soulagé de le voir toujours vivant, et ce, malgré son état alarmant, une partie d’elle-même aurait préféré que cela ne fut pas le cas, car ainsi, il aurait toujours été à elle, d’une certaine façon. La jeune mère avait toujours été porteuse de vin sucré, et non de vinaigre, elle ne souhaitait pas se voir écraser par le poids de la jalousie, mais cela semblait être impossible. Peut-être qu’avec le temps, son cœur accepterait de vivre avec la perte de l’être aimé. En fait, elle devait juste croire que son capitaine avait été offiellement avalé par la guerre et qu’il ne ferait plus jamais de sa vie.

L’ombre d’un sourire ourla le coin de ses lèvres quand la noble dame la remercia d’avoir partager son histoire avec elle. Sa vie n’avait rien de pertinent, mais ce que la demi-elfe lui avait raconté n’était rien, seulement quelques bribes d’une existence mouvementé  et d’un cœur brisé à plusieurs reprises. Est-ce que son destin était de demeurée dans l’ombre de la femme de son chevalier ? Est-ce que les dieux étaient sérieusement si cruels ? Elle avait tant prié pour un beau compagnon, une personne avait qui partagé ses vieux jours, mais cela n’était qu’un rêve, un songe éphémère. Peut-être aurait-elle plus de change dans une prochaine vie ?

Son regard se ferma un peu quand la duchesse mentionna plus ou moins ses enfants à naître et les prochains. Sa ribambelle d’enfants appartiendrait à une autre femme, visiblement. Ses pensées étaient particulièrement envieuses, mais aucune jalousie ou rancœur ne déforma ses traits, elle était encore bien trop bonne pour haïr gratuitement de la sorte.

Elle avait envie de croire que le duc l’avait sincèrement aimé, mais ses pensées à ce sujet demeuraient perplexes. L’herboriste n’avait pas, techniquement, connu son chevalier aussi bien que semblait le prétendre la duchesse. Cet honneur lui revenait à elle. Des conversations entre deux travaux, des regards parfois remplit de tendres sous-entendus ici et là, une nuit où elle avait partagé le lit d’un homme pour la première fois de sa vie et la naissance difficile d’un fils qui ne connaissait encore rien de la vie. Et pourtant, aujourd’hui, elle se retrouvait devant la duchesse Méliane de Lancrais, car la dame l’avait visiblement cherché. Quant était-il d’Oschide d’Anoszia ? Avait-il même fait l’effort de la rechercher parmi les débris de la guerre ? Avait-il tout simplement songé à contacter son ami à qui il avait confié la tache ingrate de venir la secourir ?

Malgré la sécheresse conservée dans son cœur, les mots de la duchesse la touchaient énormément et elle leva des yeux brillants dans sa direction. Comment pouvait-on être autant attendri par les paroles de la femme qu’on devrait plutôt détester ? Les paroles suivantes la firent frissonner. Cette dame voulait qu’elle demeure sur ses terres, la femme qu’elle considérait comme la maîtresse de son mari ? Cette générosité pouvait très bien se tourner contre elle un jour ou l’autre, mais Castielle pensa au sort réservé à son maître dont la jambe douloureuse encombrait ses déplacements et à Thomas qui n’était encore qu’un jeune garçon.  Elle hésita à placer un mot. La jeune femme n’était pas tout à fait d’accord avec l’épouse révélant à son ancien chevalier qu’elle avait un enfant de lui. Cela paraissait trop mal, immoral. Elle possédait bien plus de courage que cela et pourtant…

Ses joues rougirent doucement quand la noble dame lui déclara qu’elle lui donnerait de quoi vivre en l’absence du duc, mais son orgueil maternel en prit un énorme coup. Est-ce que cette femme pensait qu’elle n’était pas en mesure de donner une éducation exceptionnelle à son fils par elle-même ? Torrance n’avait jamais manqué de rien malgré sa modeste condition. Bizaremment, elle n’appréciait pas trop la façon dont la dame semblait vouloir se mêler à la vie de son fils. Elle comprenait ses intentions, elle ferait de même si leurs rôles étaient inversés, cependant, c’était à Oschide de prendre des décisions le concernant, pas à elle, pas à cette étrangère.

Elle ferma les yeux, laissa s’échapper un discret soupir. Ce n’est pas comme si elle avait le choix. Ces mots suivants sonnaient comme une menance et Castielle les prient comme tels même si elle ne montra en rien son désarroi. Ce femme qui allait devenir mère à son tour, oserait-elle vraiment la séparer de son fils ? La chair de sa chair. Personne n’avoit le droit de briser le lien unique qu’avait une femme avec son enfant.

- Nul ne connaîtrait une joie s’il n’apprend jamais son existence en premier lieu, remarqua le jeune femme en considérant la duchesse pendant un moment. Je mentirais si je disais que je ne souhaitais pas partager l’existence de Torrance avec son père. Toutefois, elle tourna la tête et contempla la place prise par la duchesse avant son arrivée, cela ne dépend pas de moi.

L’apothicaire se leva et s’agenouilla lentement face à la duchesse, mains humblement posées sur ses genoux et inclina bassement la tête. Sa liberté était désormais inexistente jusqu’à preuve du contraire. Elle voulait faire confiance à cette femme, peut-être qu’elle débutait une nouvelle et agréable vie grâce à elle ? Peut-être que ses jours seraient paisibles. Peut-être… Le futur était incertain et l’avenir de Torrance était la seule chose qui l’inquiétait vraiment.

- J’accepte votre générosité, Votre Altesse, toutefois, je ne suis pas seule, indiqua la jeune femme en levant des yeux implorants vers la dame, j’ai un maître que je ne souhaite pas abandonner et un autre enfant à ma charge, si votre incomparable gentillesse pouvait s’étendre vers eux également, je vivrai avec le cœur en paix, sachant que les miens puissent bien vivre.

Elle porta la main à sa poitrine douloureuse.

- Vous avez mentionnez des projets que je pourrais avoir, oui, Votre Altesse, j’en posséde quelques uns, mais je dois perfectionner ma théorie et mes plans avant de dire quoique cela soit à ce sujet, je ne peux débuter un projet qu’avec une folle idée. Cependant, sachez que j’ai des plans concernant ma profession, que si cela devait fonctionner aussi bien que je l’imagine, votre générosité sera remboursée doublement, envers vos gens et vous-même.

Son regard animé par une certaine triste croisa celui de la duchesse. Même si ses yeux luisaient d’une mélancolie contenu depuis bien longtemps, il était néanmoins sincère et dépourvu de malice. Castielle n’avait jamais été méchante et jamais elle ne le serai. La cruauté n’engendrait que haine et davantage de violence. Elle n’avait pas besoin de cela.

- Je connais ma place, Votre Altesse, je sais ce qui m’appartient et ce qu’il ne l’est pas, je ne suis pas intéressée au rôle d’une ombre. Par amour pour vos enfants qui seront les frères et les sœurs du mien, considérez moi comme l’amante d’un capitaine mort dans la guerre du nord, permettez moi de pratiquer mon deuil et sachez que je ne briserai jamais votre famille, car peu importe nos désirs, nos destins sont désormais mêlés et je souhaite ardemment qu’un jour, nous puissions être considérées comme des amies, ou de précieuses alliées. Laissez-moi vous offrir mes humbles talents en échange pour votre gentillesse.

Elle ne se releva à la suite de sa tirade. L’herboriste préférait conserver une image modeste face à la duchesse. En sa présence, elle ne pouvait agir de manière arrogante, quoique cela ne fut jamais son genre. La mère décocha un regard vers le panier dans lequel s’agitait toujours le petit Torrance. Bientôt, elle allait devoir le nourrir.

- Il s’appelle Torrance, dit-elle simplement. Si une harmonie devait exister, il valait mieux pour la duchesse de connaître le nom qu’elle avait attribué à l’enfant. L'enfant d'Oschide. L'enfant d'une autre.


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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Sam 16 Juil 2016 - 10:33


La dame était humble, douce. Elle voyait en cela ce qui avait pue plaire a Oschide. Cela était a la fois appréciable et douloureux. Comme sa demande d'amitié, oh il lui aurait plu que cela pusse etre, les choses en auraient certes étés plus faciles. Mais la jalousie était traîtresse et elle doutait de jamais pouvoir oublier que son époux ait pu partager des étreintes avec cette femme. Néanmoins etre alliées quand a l'avenir de l'enfant, cela était une position gérable. Elles avaient un intérêt commun, autre que son aimé bien entendu, et c'est cela qui fortifierait leur relation. " Votre silence ma dame n'a pas due etre simple a tenir, mais vos intentions étaient louables, je vous en suis gré. Je veillerais dont a ce que mon époux ne vous tienne point grief de cela. Mais il a le droit de savoir et je ne saurais me taire quand a une information de cette importance, ce que vous comprenez j'en suis sur. "

Elle posa une main délicate sur son épaule. " Veuillez vous relever je vous pris. Je ne suis point duchesse dans l'intimité de cette discutions. Nous sommes d'égales a égales et il me déplaît de vous voir ainsi a mes pieds, je suis sur qu'il en déplairait également a mon époux que la mère de son fils soit ainsi a terre devant moi. " Probable que son époux n'apprécierait pas meme le fait de les savoir ensembles alors qu'il lui avait tu la survie de la dame, mais cela était une question qu'elle réglerait plus tard. " Il est appréciable que vous refusiez de laisser derrière vous les gens qui vous sont proches, cela témoigne de votre générosité. N'ayez crainte la mienne ne sera pas en reste non plus. Ce que je vous donnerais vous permettra largement a tous de bien vivre. " Elle désigna la place a ses cotés pour que la dame prenne a nouveau place. " Je vais vous remettre une bourse d'or, m'assurer a ce qu'on vous livre des vivres, du mobilier et des tissus suffisant pour confectionner des vêtements pour vous et les vôtres ainsi que du linge de maison. Auriez vous besoin du service de quelques artisans pour remettre en état votre habitation ? Vous me pardonnerez d'avoir fait quelques recherches en l'attente de votre présence, mais il semble bien que votre nouvelle demeure ne soit guère en grand état. " Pour ne pas dire que la dite demeure était une ruine, Oschide serait probablement horrifié de savoir son enfant vivre dans un tel lieux, mais d'ici a son retour, elle veillerait a ce que cela soit arrangé.

" Quand a vos projets, bien qu'il me tarde d'en apprendre d'avantage et de vous aider pour leur concrétisation, vous ne devez point les considérer comme un remerciements envers ma personne. Vous ne me devez rien, mon époux lui a des responsabilités envers vous que je ne saurais mettre de coté ou feindre d'ignorer. La famille est importante pour les Anoszia, vous l'apprendrez rapidement. " Il était une évidence que jamais Oschide ne les aurait laissé dans le besoin si il avait su avoir un fils. Il était un homme d'honneur et il ferait face a ses responsabilités le moment venu. Ils y feraient face ensembles. Elle se tourna vers l'enfant glissant son regard dans le bleu de ses yeux qui lui était douloureusement familier. " Torrance, c'est la un beau prénom que vous lui avez choisi Castielle. " Elle glissa une main sur son ventre dans une caresse d'une tendresse infinie. De ces deux enfants a naître, elle n'avait guère eut le temps d'évoquer des noms avec son époux, son retour avait été trop bref pour cela. Si venait a naître une fille, elle porterait le prénom de la mère défunte d'Oschide, cela était un fait. Pour le reste, elle le laisserait choisir, considérant le fait qu'il avait été priver de pouvoir le faire pour son premier né. Il était heureux que l'herboriste n'est point donné a son fils le prénom de son père, sans quoi la situation n'en aurait été que plus délicate.

La duchesse reporta son attention sur Castielle. " Quand a son nom de famille, il appartiendra au duc de décider si il veut qu'il porte le sien. " Une complication, une humiliation possible, mais elle n'interférerait pas dans cette décision. Il en allait de l'avenir d'un enfant, qu'elle ait a souffrir de quelques railleries n'étaient rien en comparaison, et puis que rit bien celui qui serait assez fou pour s'en prendre ouvertement a la duchesse de Langehack. " Si mon époux choisi de reconnaître ouvertement l'enfant, les choses deviendront un peu plus délicates pour vous. Cela ne vous obligera point a changer vos projets, mais vous obtiendrez des appartements et un titre a la cours. Et votre fils devra recevoir l'éducation qui sciait a l'enfant d'un duc. Qu'il soit légitime ou non, l'on attendra beaucoup de lui. Chacune de ses actions rejaillissant sur son père qu'il le veule ou non. C'est la le fardeau de tout les enfants des grands noms du royaume. " Elle glissa une main hésitante vers le panier pour finalement s’emparer des petits doigts potelés du nourrisson. Il lui adressa un sourire et quelques gazouillis, ce qui eu l'art de la faire sourire. Par les dieux, il ressemblait tant a son époux. Qu'ils le veuillent ou non, jamais ils ne pourraient taire leur lien de parenté, elle prit dont sur elle pour demander. " Puis je le prendre un moment dans mes bras ? " Mieux valait que cela se fasse en privé et non en public, sous les yeux assoiffés de curiosité de la cours quand la présentation officielle viendrait.  

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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Sam 16 Juil 2016 - 17:13

L'enfant d'une autre
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Je voudrais la connaître, savoir comment elle est. Est-elle ou non bien faite, est-elle jolie? Oh je voudrais la voir, longtemps la regarder, connaître son histoire, et son décor et son passé. C'est peut-être étrange, cette curiosité, voir enfin pour admettre et ne plus imaginer. Oh je voudrais comprendre, même si ça me casse, puisqu'elle a su te prendre, puisqu'elle a pris ma place.

L’herboriste savait que sa demande d’amitié n’aboutirait pas aujourd’hui ou demain, mais les meilleures relations se formaient au travers du temps. Elle n’était pas devenue amoureuse d’Oschide du jour au lendemain, même si elle devait admettre qu’il avait fait bonne impression la première qu’elle posa les yeux sur lui. La demi-elfe ne croyait pas au coup de foudre, c’était des histoires à dormir debout, mais une bonne impression laissait l’imagination vagabonder ouvertement.

- Si vous aviez vu l’état du duc, Votre Altesse, vous comprendrez encore davantage les raisons derrière ce lourd silence qui pèse tant sur moi, souffla doucement la demi-elfe qui se souvint de la douleur ressenti quand elle avait décidé de ne pas raconter à Oschide l’existence de son Torrance, leur Torrance. Je comprend votre décision, Votre Altesse, je n’ai aucun argument contre.

Elle voulait bien se plier à la sagesse de la noble dame, peut-être était-ce même la meilleure solution possible à la vu des circonstances dans lesquelles elle se trouvait. L’herboriste ne désirait pas perdre son fils et maintenant que la duchesse avait pleinement conscience de son existence, elle ne pouvait que se plier à ses souhaits et ses exigences, aussi polie fut-elle. Castielle n’était pas nécessairement effrayée par le pouvoir de la dame, à proprement parler, par amour pour son fils, elle détruirait mers et terres pour le savoir en sûreté à ses côtés. Une personne, un empire, n’était rien contrairement à l’affection maternelle qu’elle possédait pour son unique fils. C’est grâce à ce même amour qu’elle sacriferait un peu d’elle-même pour qu’il puisse être élevé auprès de sa famille paternelle, car elle n’était pas suffisamment égoiste pour lui retier la joie de partager sa vie avec des frères et des sœurs.

Ses joues s’empourprèrent à nouvea quand elle lui demanda de se relever. Malgré ses belles paroles, Castielle savait qu’elle était complétement inférieure à cette dame. Son statu, sa beauté, ses manières étaient faibles contrairement à elle. Sa surprenante gentillesse avait de quoi toucher le plus froid des cœurs, son sourire était ravageur et ses gestes pleins de grâce qu’elle ne saurait jamais adopter. La guérisseuse ne pouvait se vanter de connaître le cœur de son ancien amant, mais s’il était effectivement amoureux de la duchesse, elle pouvait comprendre ce choix. Qu’y avait-il à ne pas affectionner chez cette étrangère ?

- Merci, Votre Altesse, rétorqua la jeune mère humblement avant de finalement accepter de se remettre sur ses pieds. Je n’ose pas accepter votre générosité, vous m’offrez bien trop, mais je doute qu’un refus de ma part soit un option, ajouta ensuite Castielle avec l’ombre d’un sourire narquois sur les lèvres. Sa modestie la poussait à tout refuser, jamais on ne lui avait tant donné et elle ne ressentait pas le mérite de tels cadeaux. Elle pensa à Adrian, à Thomas et à Torrance et se renfrogna un peu. Ils méritaient, eux, tout le bien être du monde. À vrai dire, Votre Altesse, nous ne possédons encore aucune demeure, seulement quelques options dont la dernière était une véritable épave par laquelle il serait possible d’entendre les cris d’un fantôme. Je ne souhaite pas y mettre les pieds, mais mon maître croit qu’il serait en mesure de remettre les lieux sur pieds. En tout honnêteté, c’est le type de bâtiment qu’il vaut mieux raser et tout refaire à partir de rien. Pour l’instant, je trouve mon repos dans une auberge du Coq hardi. Les chambres y sont bien aérées, les lits sont propres et la nourriture décente, je ne peux demander mieux que cela.

La famille était-elle donc si importante pour les Anoszia ? Étonamment, Castielle n’avait jamais fait plus d’amples recherches sur le nom pourtant si noble de son capitaine. Elle s’était toujours dit que si l’homme de son cœur voulait discuter des siens, il le ferait et elle apprendrait ainsi. Malgré tout l’amour qu’elle avait toujours pour cet homme, elle ne connaissait pas tant à son sujet. Il lui paraissait qu’il connaissait plus d’elle que elle de lui. Elle sourit tristement.

- Torrance, la tour qui me sert de refuge, garçon des plaines, mon unique lion, souffla prudemment la guérisseuse comme si elle mentionnait une ancienne prophétie. La vieille sage-femme qu’elle avait rencontré dans les rues de Thaar lui avait dit que son fils serait grand et ambitieux, qu’il serait un noble lion pour l’homme. Castielle ne voulait pas croire aux sornettes jetées par une femme à la santé mentale déclinante, mais cela faisait toujours plaisir à entendre. Je n’oserais jamais quémander un patronyme pour mon fils, Votre Altesse et je crains que si une telle générosité devait être offerte que cela ne ferait qu’apporter davantage de soucis à Ses Altesses, je ne souhaite pas être responsable d’un tel malheur.

Son fils appartiendrait peut-être aux grands du monde, mais le lion des plaines serait libre, Castielle se le promettait ardemment. Personne ne forcerait son fils dans une position qu’il ne désirait pas de son plein gré. S’il ne souhaitait pas plus tard poursuivre la voie du noble, alors elle ne lui en voudrait pas et l’aiderait dans ses futures démarches. Toutefois, elle devait le laisser grandir et prendre ces décisions par lui-même. Elle ne serait pas le genre de mère à tout à lui dicter toute ses actions et son savoir. Il développerait sa propre philosophie et ces actions viendront de lui-même.

Son cœur se comprima douloureusement quand la duchesse lui demanda si elle pouvait prendre son enfant dans ses bras. Une voix à l’intérieur de la demi-elfe criait un énorme non de manière possessive. Castielle devait rester rationnelle dans ce genre de situation, elle ne pouvait en vouloir à cette étrangère de vouloir donner un peu d’attention à son fils. Il s’agissait d’une femme, elle ne ferait jamais de mal à un enfant, pas même celui illégitime de son propre époux.

- D’accord, dit-elle simplement avant de prendre son fils dans ses bras et le tendre doucement en direction de la duchesse. Mon garçon est plutôt docile, il ne vous donnera point de fil à retorde.

Ces derniers mots avaient été jetés avec une touche humoristique, ne serait-ce que pour détendre un peu l’atmosphère lourde qui pesait sur les deux femmes. C’était aussi une façon détournée de dire à la dame que Castielle ne comptait pas se servir de son fils pour recevoir de quelconques faveurs supplémentaires de la part de son mari ou lui voler sa place légitime.

- Malgré les circonstances, je sais que mon fils aura une vie dépourvue de quelques soucis, autrement que le fait qu’il fut un garçon et dont déjà privilégié par son sexe, ces traits me semblent entièrement humains, il ne connaîtra pas la hargne dédiée à ma race lorsque je vivais parmi les Diantrais. Elle se demandait si son fils hériterait également de quelques habilités magiques, seules les années révéleraient ce genre d’information. Puis-je parler à nouveau librement, Votre Altesse ? s’enquit-elle ensuite avant de poursuivre. Il est évident que vous portez le fruit de Son Altesse, le duc et que vous n’en n’avez pas encore pour longtemps. J’espère sincèrement pour vous que lorsque le jour viendra, tout ce passera bien et que votre mari sera sur les lieux pour vous épaulez alors que vous mettrez en ce monde les plus belles créatures. La dame avait clairement deviné qu’il s’agissait de jumeaux, ou peut-être plus, qui sait ? Une femme ne pouvait être aussi ronde qu’avec un seul être et la duchesse n’était certainement pas obèse. Vos premiers enfants et le mien n’auront pas une grande différence d’âge, j’ose espérer qu’ils s’entendront bien.



Dernière édition par Castielle de Sombrerue le Sam 16 Juil 2016 - 21:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Sam 16 Juil 2016 - 18:25


La dame était intelligente, elle avait bien compris que malgré toute les bonnes intentions de Méliane, elle ne pouvait refusée sa générosité ou la paternité a son époux. Le monde était ainsi, l'humble herboriste ne pouvait que plier sous leurs choix et décisions. La duchesse n'en tirait nulles satisfactions si ce n'est celle de ne point avoir a forcer Castielle. " Vous avez de l'esprit et vous parlez bien, voila qui force a l'estime de votre personne, mais je crains en effet que vous n'ayez raison, un refus de votre part n'est point une option. Néanmoins je puis vous assurée que j'aurais grand a cœur d'œuvrer pour les intérêts de votre fils, car ses intérêts sont également ceux de mon époux. " Un sourire. L'herboriste ne se rend probablement pas compte de la chance qu'elle a de ne pas etre tomber sur quelques autres familles de la péninsule, qui pour faire taire un scandale auraient eu vite fait de la faire disparaître elle et l'enfant. Méliane, elle, ne voyait nul scandale en cette situation. L'enfant avait été créer avant l'union ducale, c'était un événement certes ennuyeux et qui ne serait pas sans causer quelques complications, mais il n'y'avait rien de regrettable ou de déshonorant la dedans, ni pour elle, ni pour son époux.

Elle écouta attentivement la dame quand aux choix de leur prochaine demeure, de ce qu'on lui avait rapporté, ils n'avaient guère visités autre chose que des taudis ou des bâtisses proches de l’être. Sans doute était ce la un soucis de moyens. Quand l'herboriste parla de l'auberge ou elle logeait présentement, la duchesse prit sur elle pour ne point afficher une moue affligée. " Au coq Hardi. ", l'endroit était propre certes, mais guère luxueux, quand a sa fréquentation elle n'était pas toujours enviable. " Si la demeure choisie par votre maître ne convient pas, je serais fort heureuse d'en mettre une autre a votre disposition. Ce choix sera laissée a votre convenance. Peut etre aimeriez vous d'abord en discuter avec lui, il n’empêche que dés aujourd'hui je vais vous faire installer ailleurs. Cette auberge n'est guère ce qu'il y'a de mieux pour tous vous recevoir. " Rester a déterminer ou elle allait les loger. Sa première option aurait été de lui attribuer quelques appartements au palais, mais c'était la courir le risque que tout soit découvert avant qu'elle n'ait pue en parler a Oschide. Elle pouvait aussi lui proposer d'aller séjourner a la campagne pendant quelques temps, ou encore de se rendre a Leliandre, terres dirigeaient par sa fille. Oui, les options ne manquaient pas, mais il ne faudrait pas non plus froisser la dame et compliquer la situation plus que de raisons. Cette affaire, comme en politique demandait du doigter, un pas a la fois.

Méliane glissa un regard franche dans celui de l'herboriste, quand celle ci fit savoir qu'elle ne voulait point leur etre d'un quelconque soucis. " De cela, je ne doute pas Castielle. Il serait bien mal avisé de croire le contraire alors que vous aviez tue jusqu'alors l'existence de l'en .. de Torrence. " Il avait un nom, mieux valait l'employer et se familiariser au plus vite avec sa présence dans sa vie. " Je suis dans ma vie privée comme dans ma vie politique quelqu'un d’honnête ma dame, si mon époux veut que l'enfant porte son nom alors cela sera fait et connu de tous. Comme je vous l'ai dis précédemment il n'y'a point de honte a avoir quand a sa naissance et il ne saurait y en avoir quand a son lien envers mon époux. " oh bien sur cela ferait jaser, la noblesse adorait ça, s'en était meme un art pour certains. Les calomnies ne manqueraient pas, l'on ferait état d'une relation de longue date entre l'herboriste et le duc. Mais ce genre de bassesses étaient faites pour faire mal et si elles n’atteignaient pas leur but alors elles mourraient d'elle meme. Blesser ou non, la duchesse ne laisserait donc rien paraître de ses sentiments quand a tout cela, nul n'aurait cette satisfaction et l'histoire serait close. Méliane demanda ensuite a prendre l'enfant, une demande a laquelle accéda Castielle avant de déposer délicatement le nourrisson au creux de ses bras.

Il fallut un moment pour que la duchesse glisse son regard dans le bleu de ses yeux. Le tenir ainsi rendait son existence encore plus réelle. C'était un fait tangible qu'elle tenait en ses bras, la petite forme gigotant dans son étreinte donnait corps a la relation qu'il y'avait eu entre l'herboriste et son époux. D'une main délicate, elle caressa la joue de l'enfant. Il avait hérité en plus des yeux et de la nuance des cheveux, des traits de son père. Qui ne fondrait pas devant ce visage poupon. Quand sa mère parla de ses origines, la duchesse lui porta a nouveau toute son attention, sans pour autant délaisser le petit corps qu'elle tenait toujours contre elle. " Il est malheureux que vous ayez eu a subir des brimades ma dame, l’être humain est parfois la créature la plus stupide qui soit. Je n'ai nuls préjugés contre aucune race, vous savez déjà qu'il en va de meme pour mon époux et c'est la ce que nous attendons aussi de nos gens. Aussi qu'importe a quoi il ressemblera a l'avenir ni vous ni lui n'auraient a subir moqueries, railleries ou pires. Soyez sure qu'Oschide comme moi, nous y veillerons. " Les mots suivants de son interlocutrice tendaient a faire penser qu'elle avait devinée que sa grossesse était gémellaire. Il fallait dire que la date de son terme approchait et que son ventre était devenu des plus proéminents.

Le regard brillant et un sourire radieux aux lèvres, Méliane ne la détrompa guère. " Nous veillerons a ce que nos enfants s'entendent bien ma dame, c'est la dans le devoir des parents. Ils ne feront que suivre l'exemple que nous leur donnerons, faisons donc en sorte qu'il soit bon. " Tandis qu'elle reportait son regard sur l'enfant, les paroles de la dame trouvaient de sombres échos en elle. Elle espérait qu'Oschide serait a ses cotés le jour pas si lointain ou elle donnerait naissance a leurs enfants, malheureusement face a l'imminence d'une possible guerre, il se pourrait bien qu'elle ait a affronter cela seule. Sa santé, bien que meilleure, n'était guère encore idéale a un accouchement, un accouchement a risque qui plus est et dont les dernières complications n'aidaient pas a rassurer ses médecins. Elle avait toujours craint de laisser Oschide seul, la mort l'emportant, maintenant égoïstement et honteusement, elle craignait qu'il ne soit pas seul. La jalousie était une chose cruelle, voila pourquoi elle avait glissée en elle l'ombre d'un doute retord. Elle morte, son tendre époux ne pourrait il pas alors se tourner vers celle qui était la mère de son premier né et pour qui il avait eu, voir avait encore, des sentiments ?
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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Dim 17 Juil 2016 - 0:00

L'enfant d'une autre
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Je voudrais la connaître, savoir comment elle est. Est-elle ou non bien faite, est-elle jolie? Oh je voudrais la voir, longtemps la regarder, connaître son histoire, et son décor et son passé. C'est peut-être étrange, cette curiosité, voir enfin pour admettre et ne plus imaginer. Oh je voudrais comprendre, même si ça me casse, puisqu'elle a su te prendre, puisqu'elle a pris ma place.

La vie de dons fils ne serait pas chose aisée, assurément, mais son enfant grandirait bien peu importe les circonstances. Si son ancien capitaine ne désirait pas de lui, dans la pire des situations, alors il ne serait pas dépourvu pour autant. Castielle possédait ses propres moyens, jamais il ne manquerait de rien. La générosité de la duchesse avait de quoi lui faire peur, elle qui était habituée à tout faire par ses propres moyens, mais il valait mieux profiter de ces nouvelles richesses sans pour autant en abuser. Jamais elle ne donnerait une raison à la dame de croire qu’elle profitait trop de ses largesses. La demi-elfe ne souhaitait pas non plus voir grandir son fils comme un homme égoïste, avare et narcissique, il apprendrait à travailler pour son pain même s’il était l’enfant illégitime d’un duc.

- Je discuterai effectivement de cette situation avec maître de Vynelle, répondit Castielle ne songeant à la réaction de l’homme lorsqu’elle lui tout raconté. Elle savait qu’il allait s’emporter et qu’il serait probablement contre l’idée de rester grâce à la bonne volonté de la duchesse, mais n’était-ce pas à elle de prendre la décision finale ? En fait, il n’y avait point de choix à faire, car partir exigerait de elle de laisser cruellement son fils derrière. Je suis certaine que Son Altesse est suffisamment sage et pourra dénicher facilement un endroit plus propice à y élever un nourrisson.

Son cœur se calma un peu, essayant de croire davantage à la bonté et à la gentillesse de la duchesse. Nééra veillait donc réellement sur son cas. Après lui avoir redonné la vie, elle s’affairait à lui dédier une vie paisible dans laquelle elle ne manquerait plus jamais de rien, pour son fils ou elle-même. Même si elle n’était pas d’accord avec tous les termes de la dame enceinte devant elle, elle était certaine de pouvoir promettre un brillant avenir à son garçon.

- Je suis habituée à la haine, Votre Altesse, ne vous souciez point de moi, mon fils est l'être méritant la protection nécessaire, répliqua humblement la dame en sachant pertinemment que malgré les bonnes grâces de certains, il y aura toujours ceux pour mépriser son enfant, mais elle lui apprendra à être fort et à ne jamais flancher sous l’ignorance des êtres vils. Quand on apprenait à aimer son ennemi, alors on avait une victoire d’avance. Est-ce que Son Altesse désirait davantage de ma personne ?  



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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Dim 17 Juil 2016 - 0:35


Torrence commençant quelque peu a s'agiter, elle l'écarta de ses bras pour le rendre délicatement a sa mère. " Je pense qu'il désire votre présence ma dame, a moins que les coups que me donnent mes enfants a naître ne lui soient déplaisant. " Sitôt Castielle ayant repris son fils, Méliane glissa une main sur son ventre, de par son élargissement l'on n'y voyait nettement des petites bosses aux endroits d'impacts des pieds et des mains des petites vies qu'elle portait en elle. C'était ainsi dés qu'elle restait trop longtemps assise ou allongée, ils se rappelaient joyeusement a son bon souvenir en festoyant au creux de ses reins. " Quelqu'un viendra vous chercher vous et les vôtres dés que votre nouveau logement sera prés. Ce qui vous laisse ainsi le temps de parler a votre maître et d'organiser votre départ. " Alors que l'herboriste lui demandait si elle avait d'autres choses a voir avec elle, un coup discret se fit entendre a la porte. Après avoir eu la permission d'entrer de la bouche de la duchesse, c'est l'intendant ducal qui fit son entrée. Il se courba bassement en une révérence parfaite avant de prendre la parole. " Que votre altesse me pardonne, mais la personne prévu pour votre prochaine audience est arrivée, on vous attend en salle du trône. " Méliane le remercia d'un sourire avant d'acquiescer.

" Fort bien, je serais la dans un instant veuillez attendre dans le couloir je vous pris. " Elle lui signifiait la qu'elle avait des choses a avoir avec lui avant son prochain entretien et toutes avaient un rapport directe avec Castielle. Une nouvelle révérence et il s’exécuta, laissant a nouveau les deux femmes seules. la duchesse se redressa tant bien que mal, une main dans son dos puis elle se tourna vers l'herboriste, un sourire aux lèvres. " Je crains qu'il ne nous faille mettre pour l'heure un terme a cette discutions. Mes obligations m'appellent ailleurs, mais je suis sure que nous aurons bien d'autres occasions de discuter ensembles a l'avenir. " Elle glisse un regard vers Torrence. " Veillez bien sur lui et sur vous meme en l'attente que le duc puisse vous revoir. Elle agita doucement une petite cloche ce qui eut pour effet de rapidement faire apparaître une servante. " Veuillez reconduire Dame de Sombrerue hors du palais je vous pris. " Elle se dirigea vers un secrétaire dont elle ouvrit un tiroir, quand elle revint auprès de Castielle, elle lui tendit une petite bourse de cuir bien lourde.  " C'est la ce dont nous avons discutés, le reste vous attendra dans votre nouvelle demeure. A bientôt Castielle. "

Elle suivit du regard la dame tandis qu'elle quittait ses appartements et sa vue. Présentement les avoir elle et l'enfant loin des yeux, ne signifiaient pas loin du cœur. Si elle avait le sentiment d'avoir agit de façon juste, cela n'apaiser en rien la douleur qui était sienne. Elle n'avait pas été trahie, point été trompée, mais voir devant elle le fruit de l'amour de son époux pour une autre avait été une épreuve difficile. Surtout qu'il ne s'agissait pas la d'un amour du passé, mais juste d'un amour contrarié. Ayant fort a faire la duchesse relégua ses sombres pensées a plus tard et elle alla rejoindre son intendant dans le couloir. Tandis qu'ils faisaient chemin vers la salle du trône, elle lui fit part de ses nombreuses dispositions concernant Castielle, sans toutefois bien entendu lui révéler la teneur des relations de la dame avec le couple ducal. L'intendant étant un homme discret et loyal, il ne posa aucunes questions et respecta scrupuleusement les souhaits de sa duchesse.

C'est ainsi que plus tard ce jour la, un serviteur vint cherché l'herboriste et les siens pour les conduire dans leur nouveau logement. Une belle maison avec cour, dans la cité ducale. Tout le confort les y attendait ainsi que les divers autres choses promises, tissus, vivres. Si Méliane avait choisie au final de ne point les éloigner du palais, c'était pour deux raisons, l'une généreuse et l'autre égoïste. La première étant que quand son époux rentrerait, mieux vaudrait que la dame et l'enfant ne se trouvent pas trop loin, pareillement si la dame avait besoin de quelque chose. La seconde raison était qu'elle préférait gardée Castielle a proximité pour d'une l'avoir a l’œil au cas ou elle déciderait de fuir avec l'enfant et de deux afin que son époux, meme quand il passerait du temps avec son ex maîtresse et son fils, ne pusse oublié la proximité de sa femme et par la meme leur union. A qu'il était peu vertueux d’être en proie a la jalousie, l'on en oublier meme la confiance que l'on avait pourtant en son époux.  
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Castielle
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MessageSujet: Re: L'enfant d'une autre. ( PV Castielle. )   Dim 17 Juil 2016 - 15:14

L'enfant d'une autre
Méliane & Castielle
Je voudrais la connaître, savoir comment elle est. Est-elle ou non bien faite, est-elle jolie? Oh je voudrais la voir, longtemps la regarder, connaître son histoire, et son décor et son passé. C'est peut-être étrange, cette curiosité, voir enfin pour admettre et ne plus imaginer. Oh je voudrais comprendre, même si ça me casse, puisqu'elle a su te prendre, puisqu'elle a pris ma place.

 La bourse pouvait paraître bien innocente de loin, mais quand Castielle sentit le poids lourd dans les paumes de ses mains tendues, elle trembla violemment. Ses joues s’empourprèrent sous l’immense cadeau et ses doigts se crispèrent sous le cuir luisant dans la luminosité des lieux. La demi-elfe s’empressa de reprendre possession du panier qui contenait Torrance. « Dame de Sombrerue », se répéta mentalement la jeune femme. Jadis, Oschide l’avait également interpellé comme une dame et ce souvenir embrouilla légèrement sa vie et elle décida qu’il valait mieux pour l’instant de ne pas rappeler ses origines à la duchesse et salua respectueusement l’épouse de son chevalier.

- Je suivrai vos consignes, Votre Altesse, dit-elle en faisant une révérence malgré son fardeau, que Nééra veille sur vous.

La jeune mère dissimula le mieux possible la bourse de cuir sous la couverture de Torrance alors qu’elle suivait docilement la servante hors du palais ducal. La jeune fille jetait parfois un regard par-dessus son épaule pour la fixer avec un brin de curiosité. Sa présence devait certainement déranger dans le sens où elle ne ressemblait pas à une quelconque personnalité  méritant une audience auprès de la magnifique duchesse. Elle frissonna en pensant aux merveilles qui devrait l’attendre dans sa demeure à court terme jusqu’au retour de Oschide sur ses terres. Qu’allait-elle faire s’il rejetait la présence de leur enfant dans sa vie ? Non, il n’oserait pas, il n’était pas ce genre d’homme n’est-ce pas ?


*

- Castielle, mais où étais-tu donc ? s’exclama Adrian en la voyant débarquer dans la chambre qu’ils occupaient tous ensemble. Nous avons cherché partout ! Comme pour souligner sa frustration, Robert jappa bruyamment, faisant s’agit le pauvre Torrance qui n’appréciait pas tout ce mouvement autour de lui.

La demi-elfe fit signe au chien de se taire et demanda à Thomas d’aller marcher avec celui-ci à l’extérieur de l’auberge. Le garçon, dépité, regarda longuement les deux adultes avant d’hausser les épaules. Il n’était encore qu’un gamin, il y avait des choses qu’il ne comprenait pas encore ou des choses que les adultes ne voulaient pas partager avec lui. C’était mieux comme cela, après tout.

- Tu me paraîs agité Castielle, que s’est-t-il passé en notre absence ? s’enquit le maître herboriste après que Thomas fut sorti de la large pièce.

En silence, Castielle prit Torrance dans ses mains et le déposa plus confortablement sur le lit qu’elle partageait normalement avec Thomas, puis révéla ensuite la lourde bourse d’or à son tuteur. L’homme, perplexe prit la bourse et la pesa longuement dans sa main avant d’écarquiller largement les yeux. Ses lèvres remuèrent un moment, le questionnement se voyait clairement sur son visage.

- C’est un présent de la duchesse de Langehack, mentionna simplement la demi-elfe en affrontant le regard étonné du maître qui lui demanda aussitôt si elle était celle qui avait fait une aussi large demande. Castielle n’était pas du genre à rechercher les richesses et certainement pas d’une façon aussi basse. Il imagina très mal la jeune femme menacer une grande dame d’un scandal en échange d’un somme considérable d’argent.

L’herboriste indiqua paresseusementt un fauteuil au vieil homme, mais alla s’asseoir également, lui disant lors de son déplacement que beaucoup s’était déroulé depuis ce matin et qu’elle devait absolument en discuter avec lui. Ne souhaitant pas s’emporter dans d’immenses détails, Castielle resta directe et résuma parfaitement la situation à un Adrian complètement incrédule. Qui aurait pensé qu’une épouse aiderait aussi gentiment la mère du bâtard de son mari ?

Il garda le cuir lourd de pièces d’or contre ses cuisses. Visiblement, Castielle avait quémander les mêmes attentions envers Thomas et lui-même. Ses yeux luisait curieusement. Ils allaient devoir s’habituer à être probablement suivi par les sbires de la duchesse et à ne pas pouvoir quitter la cité. Enfin, Adrian et Thomas pouvaient certainement partir, leur présence n’étant pas pertinentes pour la noble dame. Quant à Castieklle, si on la laissait quitter Langehack cela serait certainement sans le petit Torrance…

- Castielle, tu es la plus concernée dans cette histoire, que devons-nous faire ? demanda finalement l’homme qui malgré ses habitudes à tout gérer et à être celui qui prend les décisions savait que la situation ne le concernait pas vraiment.

La jeune femme ferma les yeux un moment et soupira longuement. Sa décision était déjà prise. Peu importe ses envies et ses désirs, son fils passait avant tout, tel était le sacrifice d’une mère. Nééra lui donnerait assurément la force de vaincre tout les obstacles qui tomberaient sur son chemin et celui de Torrance. Elle n’abuserait jamais des largesses de Son Altesse Méliane de Lancrais, mais au moins, il vivraient bien, et ce, aux côtés de son fils.

*

- Oh ! s’exclama joyeusement Thomas en se jetant sur un bol de fruits qui parraissait tout bonnement délicieux. Il attrapa une pomme et croqua dedans, savourant longuement la bouchée juteuse. Il admira ensuite silencieusement le lieu dans lequel ils vivraient tous pour l’instant.

Il appréciait l’auberge du Coq Hardi, mais une chambre dans une auberge n’était rien contrairement à cette grande maison luxueuse qui sentait bon. Les enfants avaient une meilleure habilité de s’adapter, disait-on parfois. De son côté, Adrian tâta de la paume de sa main un fauteuil et décida de s’y asseoir en laissant s’échapper un long soupir de soulagement. Il allongea sa longue jambe douloureuse devant lui et n’importe qui aurait pu croire pendant un bref instant qu’il allait pleurer face à un tel confort.

Castielle considéra longuement le salon dans lequel ils se retrouvaient, Torrance dans ses bras. Tel que promis, elle remarqua des caisses installées dans le fond avec les cadeaux de la duchesse. Ses joues rougirent doucement, jamais dans sa vie aurait-elle pu réunir autant de belles choses pour son lion. Elle ne savait pas si elle devait remercier Nééra ou maudir sa malchance et son statut si bas. La déesse faisait peut-être drôlement les choses et il était impoli de refuser de tels présents.

- Maître Adrian, dit Castielle en fronçant des soucils, j’aimerais faire l’inventaire complet des cadeaux de Son Altesse afin que nous puissions avoir le contrôle dessus.

L’homme ronchonna, mais admit ensuite qu’il s’agissait d’une bonne idée. Thomas pointa du doigt quelques rouleaux de tissus qui traînaient sur une large table et qui attendaient d’être examinés. La demi-elfe s’approcha après avoir déposé son nourrisson dans son panier et examina d’un œil expert les divers tissus. Elle sépara ceux de meilleure qualité de ceux de moindre gamme et regarda ensuite son compagnon aux boucles blondes.

- Tu grandis rapidement, Thomas, tes pantalons sont déjà devenus trop petits depuis notre retour de Thaar, quand nous aurons finit l’inventaire, je te fabriquerai une nouvelle tenue, qu’en penses-tu ? commenta la guérisseuse qui remarqua aussitôt la grimace offerte par son petit compagnon.

- Est-ce que je dois absolument ? se plaignit le garçon en faisant une moue boudeuse qui amusa grandement la demi-elfe. Bon d’accord, accepta-t-il ensuite, de toute façon, son amie avait raison. On pouvait presque apercevoir le haut de ses chevilles dans son vieux pantalon de Thaar.

Les pas d’Adrian se firent entendre derrière eux et il s’approcha avec du papier à la fin. Si Castielle pensait travailler sur l’inventaire par elle-même, elle se trompait fortement. Malgré l’heure tardive, il valait mieux s’y mettre à deux le plus tôt possible. L’écriture de Thomas n’étant pas encore raffinée, celui-ci n’était pas encore apte à aider ses protecteurs pour les travaux demandant plus de finesse. Il pourrait cependant aider à déplacer les caisses les moins lourdes.

- J’aurais penser que la duchesse nous installerait un peu plus loin, remarqua le vieux maître, comme la campagne, par exemple.

Castielle lui décocha un regard sérieux, vide de toute émotion.

- Son Altesse est sage, elle désire probablement garder un œil sur moi et les actions que je pourrais entreprendre, admit tout bonnement la jeune femme ce qui attira un regard complice de la part du maître.

- Oh, Son Altesse nous apprécie beaucoup alors ! commenta naivement Thomas en sautillant sur place.

La guérisseuse se contenta d’ébourriffer gentiment les boucles blondes du garçon. Il était encore si jeune, peut-être comprendra-t-il un jour les circonstances qui avaient mené à une telle gentillesse de la part de la grande dame. Dans quelques semaines, peut-être lui poserait-il quelques questions embarrassantes et à ce moment-là, elle lui répondrait avec franchise et avec des termes que pourrait comprendre un enfant de son âge.

- Je vais nourrir Torrance, nous débuterons ensuite un peu le travail avant d’aller nous coucher. Je crains qu’une grande journée ne nous attende demain matin.

Puis, la dame pensa à Oschide d’Anoszia et la façon dont elle serait à nouveau accueillit par lui. Serait-il en colère ? Oui, probablement, mais elle espérait sincèrement qu’il aurait la force de comprendre ses intentions et les raisons pour lesquelles elle lui avait menti. Non, elle ne lui avait jamais menti en premier lieu, car il n’avait jamais posé la question. La demi-elfe avait simplement tu l’existence d’un être impertinent à sa vie. Elle avait tout bonnement omit cette information, mais jamais n’avait-elle menti.


[ Fin ]

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