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 Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Sam 16 Juil 2016 - 18:59

2ème ennéade de Karfias, mois d'été
An 9 du 11ème cycle


Les portes d'Ardamir. Enfin.
Fenris n'avait jamais trouvé un trajet si long et n'avait jamais été si pressé d'arriver. Pas même après Ellyrion. Mais alors, personne ne l'attendait.

Par l'intermédiaire de son frère, il avait eu accès aux rapports concernant Eraison, les évènements de bataille, les pertes, l'investigation des lieux... Il savait donc qu'Halie était ressortie vivante des combats mais pas sans dommages. Il savait également qu'elle était rentrée avant qu'il quitte le front. Quelque part, il était soulagé de la savoir en vie mais il redoutait leurs retrouvailles tout autant qu'il les attendait avec impatience. S'il n'avait eu aucune blessure (mis à part une petite entaille sous l'épaule), il était loin d'être au mieux de sa forme. Quant à sa dulcinée, il n'avait aucun moyen de savoir comment elle se portait à présent. A la lecture des rapports, il avait compris qu'Eraison avait été plus qu'éprouvant pour son amie. Rentrées depuis à peine deux ennéades, elle pouvait avoir retrouvées ses marques comme se sentir encore déboussolée.

Après avoir passé les portes du Palais et pris la direction des écuries pour y laisser Inysiëis, il croisa un garde qui le héla. C'était l'un de ceux avec lesquels ils s'étaient entraînés à la fin de sa convalescence. Celui-ci fut ravi de le revoir sain et sauf et le questionna sur ce qu'il s'était passé au front. Le triste sourire du cavalier suffit à répondre à la question. En retour, Fenris s'enquit de l'état de la Protectrice et la réponse ne fut pas des plus rassurantes. Les deux sentiments contradictoires du jeune aigle furent décuplés et, quelques instants plus tard, il était sur le chemin menant aux appartements d'Halie. Il parcourut couloirs et escaliers comme s'il était chez lui. Il se souvenait de chacun d'eux comme s'il n'était parti que la veille. Pourtant, sa présence ici était des plus incongrue, même pour lui. Quelques jours auparavant, il se trouvait au milieu des cendres du front. Ici, la vie ne semblait pas s'être arrêtée tandis que les hommes combattaient pour libérer Anaëh. C'était... presque surréaliste.

Arrivé devant la porte de la Protectrice, il frappa. Quelques instants plus tard, il appuya sur la poignée et poussa le pan de bois. Posant un pied à l'intérieur, le voilà qui apparaissait sur le pas de la porte. Attendu ? Espéré ? Redouté ? Refoulé ? La réponse ne devrait pas se faire attendre bien longtemps...


Dernière édition par Fenris Nöldorion le Mer 7 Sep 2016 - 16:47, édité 1 fois
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Lun 25 Juil 2016 - 1:46

Cela faisait déjà six jours que Halya était libérée de son devoir. Elle reprenait doucement des forces... Et du poids ! Après une ennéade au stricte minimum, une autre de jeune complet, le stress et la difficulté qu'elle avait eut à reprendre un régime alimentaire même vaguement normal, elle commençait enfin à se sentir à nouveau bien dans son propre corps. Elle mangeait toujours peu, le fait d'ingérer quelque chose dont elle ne connaissait pas précisément la composition et la provenance lui donnant invariablement la nausée, mais il y avait du mieux. Elle avait passé beaucoup de temps avec son père ces derniers jours et sa décision était prise : a la fin de l'ennéade, elle partirait à la recherche de Randil. Le clan de sa mère et une autre Noss près d'Ardamir avaient vu des traces de loup géant dans le nord de la région mais la piste refroidissait de jour en jour.

En attendant, elle avait retenté plusieurs fois de faire appelle à des prêtres de Tari et des mages de l'esprit, sans succès. Les plus précis avaient été capable de dire que « plusieurs formes de magies se mêlaient étrangement autour de son esprit le rendant difficilement accessible par des moyens habituels ». Elle avait également recommencer à s'entraîner un peu. Retrouver des gens qui n'avaient pas assister à sa folie était comme une renaissance... Même si l'homme qu'elle avait attaqué était toujours dans le comma. Elle se souvenait chaque jour un peu plus qu'une erreur involontaire était un accident, rien de plus, mais la méfiance qu'elle avait ressentit là-bas n'avait pas disparue pour autant.

Elle n'avait demander de nouvelle ni de Neraën, ni de leur régent, ni de qui que ce soit d'autre que de Sandriel qui se portait d'ailleurs comme un charme.

Durant ces six derniers jours, elle s'était tenu l'esprit occupé pour ne pas penser à Randil même hors de sa reprise d'exercice ou de toutes les auscultations magiques auxquelles elle avait été soumise. Ce matin là, c'était la lecture qui remplissait cette office. Le tome le plus récent d'un de ses auteurs préférés. L'ouvrage avait été copié en plusieurs exemplaires pour les bibliothèques d'Ardamir à la fin du mois dernier.

En tailleur sur le balcon, elle faillit ne pas entendre les coups répétés à sa porte puis répondit précipitamment pour inviter le visiteur à entrer. Que ce soit son père, Kaëlis ou Killen, elle ne voulait pas les faire attendre plus que nécessaire.

-Une seconde j'arrive !

Pendant que la porte s'ouvrait sans hésitation, elle se releva et épousseta le pantalon ample dans lequel elle traînait. La blouse blanche qu'elle portait semblait un peu trop grande pour elle mais elle s'en accommodait très bien. Les cernes avaient quittés son visage depuis quelques jours et si ses traits étaient bel et bien émaciés, son père était le seul à lui faire continuellement la remarque.

Pied nu, cheveux défaits, elle pénétra de nouveau dans le salon, prenant le temps de repérer la page à laquelle elle en était avant de lever les yeux... et de s'arrêter. Elle cligna plusieurs fois des paupières sous l'effet de la surprise.

-Fenris...

C'était bien lui. Il avait l'air... d'aller bien. Ses yeux asymétriques s'imposèrent d'eux-même. Il fallut encore un instant pour qu'un éclat de rire un peu décontenancé suivit d'un sourire fendent le silence.

-Je suis heureuse de te voir ! Je... Je ne pensais pas te voir si tôt.


Elle parlait vite... Mais elle était sincère et son sourire, bien qu'hésitant, était réellement heureux. Ses yeux avaient chercher un instant ceux de son vis à vis. Elle était heureuse de le revoir sain et sauf. Plus heureuse qu'elle n'aurait put le dire... Et plus mal a l'aise également. Que savait-il ? Qu'en pensait-il ? Arriverait-elle a faire ce qu'elle s'était promis de faire ? Ses mains manipulaient le livre sans aucune logique. Elle avisa un guéridon et fit immédiatement quelques pas pour déposer le manuscrit. Elle était décidément tendue comme un arc...

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Lun 25 Juil 2016 - 20:18

Fenris chercha la Protectrice des yeux mais il n'y avait personne. Il allait appeler pour être sûr qu'elle ne se cachait pas dans un recoin lorsqu'il entendit sa voix provenant du balcon. Impatient, il attendit malgré tout, la main toujours sur la poignée, qu'elle rentre dans la chambre. Plus préoccupée par son marque-page que par son visiteur, elle ne l'avait pas encore vu tandis que lui la découvrait enfin. Même en l'absence de cernes, il la sentait fatiguée et affaiblie. Elle avait perdu du poids qui lui manquait cruellement et ses traits étaient tirés. La largesse de ses vêtements accentuait d'autant plus cette sensation. Cela lui fendit le cœur sans pour autant lui faire oublier la joie qu'il éprouvait de la revoir après plusieurs ennéades.

Finalement, Halie leva les yeux et prononça son nom. Le temps se suspendit durant un moment. Il ne s'était pas annoncé et n'avait pas prévu de sa venue. Elle n'avait d'ailleurs probablement pas eu de nouvelles de lui depuis son départ pour le front... Départ qui n'aurait pas dû avoir lieu si tôt et qui les avait privés d'un dernier moment ensemble avant les combats. Fenris ignorait quelle serait sa réaction après toutes les épreuves qu'elle avait traversées. Elle l'espérait bonne, bien sûr, mais les temps avaient été particulièrement difficiles et il savait qu'elle avait perdu pieds pendant un moment. Son rire puis son rire le rassurèrent et ce ne fut qu'à cet instant qu'il décida de poser un second pied dans la chambre avant d'entreprendre de fermer derrière lui. Alors que la porte était encore entrouverte, il s'arrêta brusquement en entendant la surprise de son amie. Étonné à son tour, il se retourna vers elle puis eut un sourire amusé avant d'actionner le mécanisme de la poignée.

-Si tu y réfléchis bien, en réalité je suis très en retard.

Faisant enfin face à la Protectrice, il remarqua bien évidemment l'agitation qui l'avait saisie depuis quelques instants. Tantôt détendue, il comprit vite qu'il était la source de ce brusque changement d'humeur car il n'avait commencé à opérer qu'après qu'elle l'ait vu. Il fit rapidement une hypothèse sur sa cause... Elle avait manqué de tuer un innocent, un elfe qui la soignait, et celui-ci se trouvait encore (dans le dernier rapport qu'il avait lu) entre la vie et la mort. Le ton et le point de vue utilisé par les rédacteurs des différents documents n'étaient évidemment pas très élogieux envers la dame louve. Surtout dans les premiers écrits. Mais Fenris savait faire la part des choses. Il savait son amie différente et difficile à cerner pour qui ne souhaite pas se donner la peine de simplement discuter avec elle. De plus, il n'avait que le point de vue de l'accusateur... Pas de l'accusée. Bien qu'il la percevait d'avantage comme une victime du nœud magique qui lui avait explosé au visage.

Lentement, le jeune Nöldorion s'avança vers Halie pour s'arrêter à une courte distance d'elle. Dans son regard, elle ne pouvait lire ce qu'elle y avait toujours vu... De la tendresse, de la douceur et un calme inébranlable. Non pas qu'il fut aveugle mais il avait une interprétation des évènements qui lui était propre, conforme à l'ouverture d'esprit et l'intelligence dont il faisait habituellement preuve. Une fois à proximité d'elle, il lui sourit, d'un sourire triste et rassurant.

-Je suis navré de n'avoir pas pu être à tes côtés.

Il ne s'en faisait pas le reproche, il évoquait seulement son impuissance face à la situation qu'elle avait dû endurer seule. Toutefois, lui militaire et elle Protectrice, ils savaient que cela ne serait pas un évènement isolé, même si les nouvelles attributions de Fenris le mettraient plus souvent en relation avec les hautes instances d'Anaëh.
Afin de dissoudre la gêne ressentie par Halie, le cavalier approcha une main de celle de son amie. Si elle acceptait de se laisser faire, il la saisirait délicatement et la porterait à ses lèvres pour déposer un baiser sur ses phalanges, comme il en avait pris l'habitude. Par ce geste tendre, il voulait chasser le souvenir de son absence et des épreuves traversées par la belle afin qu'elle se concentre pleinement sur la réalité de son retour auprès d'elle.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Jeu 28 Juil 2016 - 19:19

Qu'allait-il faire ? Qu'allait-il dire ? Qu'allait-elle voir dans ses yeux ? Elle n'y avait rien vu pour le moment, mais peut-être qu'il ne savait pas... ou pas tout... Le livre ne prit qu'une fraction de seconde a être posé sur le guéridon. Elle aurait voulut que ce soit une action beaucoup plus complexe, elle aurait eut un peu de temps...

Mais les mots de Fenris avaient un sens pourtant, un sens encourageant. En retard ? Il regrettait de ne pas avoir été là ? Il ne réagissait pas devant son état ? Il devait savoir...

Il saisit la main de la Protectrice qui n'en avait plus que le titre, sentant sûrement une froideur maladive se dégagée de sa peau plus pâle qu'à l'ordinaire. Il s'était approché. Cela... Semblait dater d'une autre vie. Elle l'avait laissé faire et avait frisonner au contact brûlant de son ami. Elle avait presque oublié ce détail... Mais le simple geste était à deux doigts de lui mettre les larmes aux yeux. Elle était heureuse... Tellement heureuse... Durant presque trois ennéade, elle avait été privée de tout contact amical, de toute marque d'affection, du plus petit regard qui soit dépourvu de pitié ou de crainte... Depuis son retour, elle n'avait jamais été aussi collante avec son père et ses amis mais cela n'avait rien à voir. Elle sentit ses lèvres la frôler.

Elle remonta les yeux vers ceux de son cavalier, se fichant de savoir s'ils la trahiraient ou non. Et ce regard était le même que celui de ses souvenirs. Un sourire emplit de tendresse et de reconnaissance... De soulagement même, la faisait rayonner. Les deux ou trois années qui s'étaient ancrées dans son visages en une poignée de jours étaient oubliées. Ses résolutions le concernant également, pour quelques minutes en tout cas.

« Tu es là maintenant. Tu es en vie, sain et sauf. Je n'en demande pas plus. »

Elle lui laissa le temps de laisser retomber la main qu'il tenait avant de s'approcher pour passer un bras autour de son cou s'il l'acceptait. Elle ne se cramponnait pas à lui comme elle l'avait fait, jadis, elle ne cherchait qu'une étreinte, même légère. Cette simple étreinte, elle en avait rêvée. Elle ne voulait et ne pensait à rien de plus. Elle avait juste besoin de son contact pour arrêter de sentir pendant un instant cette fichue solitude qui la déchirait morceau par morceau.

« Et je préfères que tu ne m'aies pas vu plus tôt... Tu sais, n'est-ce pas... Tu sais ce qui s'est passé à Eraison... »
murmura-t-elle.

Elle devait en avoir le cœur net. Elle voulait savoir comment s'était passé son voyage, mais elle ne pouvait supporter le doute qui planait encore dans son esprit. Jusqu'à quel point savait-il ce qu'elle avait traversé...

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Sam 30 Juil 2016 - 12:21

-Je vais bien.

Fenris lui sourit et laissa la Protectrice réduire encore la distance qui les séparait pour venir contre lui. Et il lui donna cette étreinte qu'elle réclamait. Passa ses bras autour d'elle, il posa une main dans le bas de son dos et appliqua une légère étreinte dans sa nuque pour l'inviter à se lover dans son cou. Il posa sa joue sur son front et soupira de soulagement et de bien-être. Elle lui avait indéniablement manquée et l'inquiétude dont il avait fait preuve n'avait pas rendue sa peine plus supportable. Tant de doutes l'avaient accompagnés depuis le début de son voyage. Après le nœud et l'empoisonnement, comment allait-elle l'accueillir ? Les scenarii qui avaient défilé dans sa tête allait du grand éclat de joie au rejet le plus total. A présent, il se sentait quelque part entre les deux. Elle était heureuse de le voir et souhaitait ardemment son contact mais ce n'était pas comme avant. Sa retenue venait-elle uniquement de ses appréhensions concernant son retour ou y avait-il autre chose ?

Halie rompit finalement le silence. Il tendit l'oreille pour entendre ses chuchotements sans desserrer son étreinte. La question était délicate. Il ne cherchait pas à l'éviter mais la formulation de sa réponse était importante. Non pas qu'il souhaitait cacher quoi que ce soit mais il devait choisir les bons mots. Ceux qui lui permettraient d'exprimer le plus simplement et le plus clairement possible son point de vue.

-J'ai envie de te dire que non.

Fenris se détacha légèrement de son amie pour pouvoir plonger ses yeux dans les siens. De part son attitude et ses premières réponses, elle avait probablement compris qu'il était au courant et ses nouveaux propos avaient de quoi l'inquiéter. Il lui sourit afin de la rassurer avant de poursuivre.

-Les rapports militaires se veulent très factuels, pourtant l'auteur a toujours un avis et ne peut s'en départir. C'est pourquoi il finit par transpirer dans ses écrits. J'ai lu beaucoup de récits sur ces quelques jours à Eraison et je me félicite de ne pas m'être arrêté à leurs conclusions. Mais il me manque encore quelque chose. Une chose essentielle sans laquelle je ne pourrais savoir ce qu'il s'est réellement passé.

Il appuya d'avantage son regard avant de finir sa phrase.

-TON point de vue.

Il lui sourit à nouveau. Il savait que bien peu avaient dû être ceux prêts à l'écouter tandis qu'elle criait à qui voulait l'entendre qu'on cherchait à la tuer. Comprenait-elle à présent pourquoi il aurait voulu être à ses côtés ?
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Lun 1 Aoû 2016 - 18:51

Halya recula d'un pas, frappé par la négation de Fenris comme elle l'aurait été par la foudre elle-même. Son sourire ne parvint pas à l'apaiser... mais son explication si. Il voulait entendre son point de vue...

Les yeux toujours humides, son sourire s'élargit de plus belle.En effet, une seule personne avait voulu connaître sa version des faits... et il avait suffit d'un mot d'une guérisseuse pour qu'il l'abandonne de nouveau à son sort sans un regard en arrière. Même celui qui l'avait sortit de ce cauchemar ne l'avait fait que par conscience professionnelle. Si Fenris avait été là... Mais cela ne servait à rien de ressasser le passé. Qu'importe la façon dont il la jugerait après avoir écouté toute l'histoire, elle n'aurait pas de regret à avoir. Il acceptait dors et déjà de l'entendre. C'était plus que ce qu'elle avait eut et plus que ce qu'elle espérait... qu'avait-elle espéré au juste ? Elle ne savait pas trop... Mais pas cela.

Quelque part, elle était fixée.

Elle renifla légèrement ravalant les larmes de joie et de soulagement qui menaçaient de déborder. Sa voix était mal assurée, mais elle s'en fichait. Les bras lâchement posés sur les épaules de Fenris, elle se plaisait à se perdre un peu dans ses iris. Elle posa un chaste baiser aux coins de ses lèvres en retenant un étrange mélange entre un éclat de rire et un sanglot.

« Tu regretteras de m'avoir demander de te raconter, je te préviens. Tu auras le droit au menu complet ! »

Elle recula d'un pas en essuyant ses yeux du revers de la main et se remettre un peu d'aplomb. Elle passa une main dans ses mèches en désordres tout en prenant une grande inspiration puis s'empara du bras du jeune homme pour l’entraîner sur la terrasse.

« Viens, ces dernières ennéades ont due être épuisantes pour toi aussi. »

Une longue banquette conçue dans les reliefs du bois s'étendait en courbe d'un côté du gigantesque balcon. En été, des coussins y étaient ajoutés pour rendre l'endroit plus agréable. Elle l'invita à s'asseoir d'un geste alors qu'elle demandait encore.

« Tu veux boire ou manger quelque chose ? Le cerisier de mon père a tellement donné cette année qu'on ne sait plus quoi en faire... »

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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Jeu 4 Aoû 2016 - 18:42

Fenris sourit tendrement. Les dernières ennéades n'avaient effectivement pas été de tout repos mais c'était son cœur et non son corps qui avait été le plus touché. Halie savait-elle seulement pour la forêt ?... Elle percevait désormais la Symphonie avec plus de clarté qu'auparavant mais le cri des arbres avait-il raisonné jusqu'ici ? Ou l'avait-on maintenue au courant du front et d'Eraison alors que son état ne lui permettait même pas d'assumer ses fonctions. Elle avait pu reprendre ses activités dès leur retour après leur escapade avec les drows. Pourtant, c'était bien une autre qui conduisait la barque aujourd'hui.
Si elle l'ignorait, le lui dirait-il ?... Épineuse question. Il lui faudrait sans doute le partager avec d'autres auparavant.

Le cavalier suivit son amie qui le conduisit jusqu'à la terrasse où elle s'était créé un petit nid douillet. Il s'avança pour s'installer mais s'arrêta au pied du lit de coussins. Quitte à s'étendre, autant se mettre à l'aise... Il entreprit alors de défaire les sangles de sa cuirasse. Il portait en effet la même tenue qu'au moment de son départ, à un détail prêt : il ne portait aucune distinction, aucun insigne, aucune couleur qui pourraient témoigner de son appartenance à la cavalerie ou son grade. Il les avait tous laissés sur la paillasse qui lui servait de lit au front. L'armée aurait tôt fait de les récupérer pour un autre, à moins que cet autre ne se soit servit avant.

Fenris eut un rire devant la remarque sur la prodigieuse récolte de son père. Etant donné sa façon de présenter la chose, on aurait dit qu'elle cherchait à le gaver aux cerises pour ne pas gâcher. Nul doute pourtant que toutes les options de conservation avaient été étudiées pour jouir de cette profusion jusqu'à l'hiver prochain.
L'amusement passé, il accepta avec un plaisir non feint tandis qu'il achevait de se dévêtir. Le jeune Nöldorion posa ensuite sa cuirasse contre un mur et rejoignit Halie. Un sourire aux lèvres, il glissa une main sous la sienne afin de récupérer le verre qu'elle tenait et qu'elle avait préparé pour lui. Puis il prit le plateau de cerises et les emmena près du lit de coussins. A charge pour elle de porter... son propre verre, puisque c'était tout ce qu'il restait ! La galanterie n'existait pas chez les elfes mais il s'évertuait à le lui faire oublier. Mais, surtout, il voulait prendre soin d'elle mieux que quiconque n'avait su le faire en son absence.

Lorsqu'ils furent installés, Fenris invita son amie à commencer. Assis en tailleur puis allongé sur le côté, accoudé sur un coussin, il se montrait attentif à son récit. Hormis quelques questions occasionnelles, il ne faisait que l'écouter en ne montrant aucun signe de jugement quelconque. Ses yeux ne la quittaient pas sauf le temps de boire une gorgée ou de picorer une cerise ou deux. Il se sentait plus un ami qu'un soupirant en cet instant mais peut-être cela faisait-il également partie de ce genre de relation. Il sentait qu'elle avait envie de parler. De parler à quelqu'un qui l'écoute. D'extérioriser tout ce qu'elle avait enduré des jours durant, seule. Il serait un soutien, un conseiller, une épaule, des bras lascifs... Tout ce dont elle aurait besoin pour reprendre confiance en elle et l'aider à aller mieux.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Mer 10 Aoû 2016 - 20:38

Tandis que Fenris s'occupait de sa tenue, Halya était allé cherché de quoi se restaurer. Contrairement a ce qu'elle aurait cru, elle était réellement à son aise... bien qu'une voix s'évertuait à lui rappeler la résolution qu'elle n'avait plus la moindre envie de tenir. Devant la carafe, elle respira profondément avant de retourné auprès du cavalier.

Assise sur le bord de la banquette, un pied à terre, l'autre replié sous elle, elle repris depuis le début. Elle raconta la façon dont Randil l'avait attaqué juste après le départ du jeune cavalier, comme elle avait croiser deux druide et comment, le cœur a vif, elle les avait avait mis crûment devant leur propre inaction concernant les drows. Elle passa sur le voyage et la préparation pour parler de l'arrivé de plusieurs Noss qui acceptaient de collaborer ou au moins de ne pas attaquer les soldats des cités par égare pour les citadins qui avaient sauvé une Noss entière de l'attaque d'un contingent drow. Elle lui expliqua comment grâce à eux, ils avaient trouvé et comblés de nombreux souterrains. Elle raconta la charge d'Eraison sur trois front et rit une nouvelle fois de son manque d'éloquence. Contrairement a bien des officiers, elle n'avait jamais su faire de beaux discours.

Si elle conta sans rien omettre l'entrée par la brèche ouverte par les mages, des pièges et l'écroulement qui l'avait séparée du gros de ses hommes, elle n'insista pas sur le fait qu'elle avait reconnu certains des visages mutilés qui s'étaient précipités sur eux, masse de mort animés par la nécromancie. Elle se replongea dans la bataille, rappelant le souvenir de l'abomination de chaire qu'elle avait abattue seule et de la survie des hommes qui, avec elle, s'étaient retrouvés séparés de l'armée. Elle ne précisa pas qu'à l'origine, elle était du bon côté des éboulement et qu'elle ne s'était mise en danger que pour sauver l'avant garde infortunée. Mais ce jour là, elle n'avait abandonné personne.

Puis des hommes avaient commencés à tomber, à mourir sans raison, sans blessure grave. Elle s'était fié à l'intuition de Neraën et, pour éviter au protecteur de se déplacer seul, elle l'avait suivi avec Randil et un groupe de Limier, laissant l'armée aux mains de Feran, sa Commandante et ancienne subordonnée. Sur leur chemin, des cadavres drows et elfes à part égale jonchaient le sol. Arrivés à une intersection, l'une de ses archères avait périt sans autre explication qu'une simple simple écorchure au bras. Des soldats étaient venus les prévenir qu'un elfe à la peau mate affrontait seul un mage drow qui semblait faire un rituel des plus important. Elle se rappela avoir pris un souvenir à ramener à sa famille avant de laisser le corps sans vie de la jeune femme qui était sous son commandement. Ils avaient envoyé un messager prévenir le gros des troupes de ce qu'il se tramait et avaient suivit la piste sans une hésitation pour découvrir le combat acharné d'Estiam contre un mage drow.

Elle digressa un instant pour dire quelques mots sur son vieil ami.

« C'est un homme que je connais depuis plusieurs siècles et que je n'avais pas revu depuis presque autant. Le fils d'une Noss et d'un citadin qui m'a beaucoup aidé un jour ou j'en avais besoin. »

Puis décrivit au plus près de ce qu'elle arrivait à rappeler à sa mémoire. La fatigue d'Estiam que Randil avait protéger juste avant le coup fatal. La façon dont elle avait avancé à découvert avec leurs quelques hommes pour que le mage se focalise sur eux pendant que Neraën faisait discrètement le tour. Les ombres que le drow avaient créée d'un simple geste. Des ombres portant le visage des frères d'armes qui venaient de périr. La bataille avait été brouillonne mais elle se souvenait avoir vu Hiel, le Limier de sa garde rapprochée à deux doigts de prendre un coup mortel. Elle avait découvert son flanc ou peut-être avait-elle été prise à revers ? En tout cas, elle avait dévié le coup qui menaçait son subordonné et avait reçu un coup. Hiel l'avait défendu, sans faire attention au troisième adversaire. Le guerrier de Baar'Ane s'était interposé pour prendre le coup à la place des deux citadins. A partir de ce moment, elle ne se souvenait plus que l'étrange sensation de floter au-dessus de son corps toujours plus haut. Elle avait repéré le Protecteur d'Eteniril à deux doigts du but. Elle avait sauter vers le mage qui avait braquer son regard sur elle une fraction de seconde. Puis ça avait été le néan. On lui avait raconté que Neraën avait réussit à briser le focalisateur du rituel et qu'une colonne de lumière avait transpercer le plafond de la cave dans laquelle ils étaient jusqu'aux nuages.

Elle avait fait d'étranges rêves, l'impression d'être ballottée, roulée comme si une lame de fond lui coupait les jambes. Elle avait revu d'anciennes connaissances. Et elle avait été violemment tirée du sommeil. A partir de là, elle n'était plus sûre de rien. Encore moins de l'ordre dans lequel ranger ses souvenirs. Elle se souvenait d'une grande solitude, de la peur de perdre ceux qui lui étaient cher, de la colère et de la haine à l'encontre de ceux qui la tenait prisonnière. On lui avait raconté qu'elle avait essayé de tuer un médecin lorsqu'on avait refusé de lui dire ou était Randil. Une lueur de colère s'alluma dans son œil à cette simple évocation. Elle se souvenait l'avoir vu enchaîné et seul. Elle se souvenait des très nombreuses traces de sang sur un tronc marqué de coup de griffe. De la douleur. Et plus que tout, elle ne pouvait que revenir sur ce sentiment de solitude et d'enfermement alors que ses forces l'abandonnaient. Si elle ne parla ni du fait qu'Estiam lui avait tourné le dos, ni de sa tentative de suicide, c'est qu'elle jugeait le premier inutile à préciser étant donné la façon dont il s'était occupé d'elle par la suite et qu'elle n'avait aucun souvenir du second.

Une fois l'empoisonnement admis par tous, les regards étaient passé du mépris et de la peur à la pitié et à la culpabilité. Elle ne marchait pas ses mots pour en reparler et ne cacha pas qu'elle avait été aussi écœurée par les uns que par les autres. Un dégoût et une sourde rage envers ceux qui l'avaient enfermé et prise pour une folle pouvait encore se sentir dans certaines de ses phrases... Envers son propre peuple... Cela mettrait du temps à disparaître totalement. Estiam s'était occupée d'elle quelques jours puis elle était rentrée.

Si officiellement, elle était encore Protectrice, bien qu'en convalescence, elle avait demandé au Conseil de prendre des mesures pour palier à une absence ce sa part et les avaient averti qu'elle se plierait à leur décision la concernant s'il ne la pensait plus apte à diriger. Heureusement, il semblait que ce geste ait plus rassuré les conseillers et diplomates qu'aucune autre réaction qu'elle aurait put avoir. Arrivé à cette décision, elle prit le temps de l'expliquer pour finir son récit.

« Je ne peux pas me concentrer sur les problèmes de notre peuple si je ne suis déjà pas certaine de mon propre esprit. Après le rituel d'Eninril, j'ai remarqué plusieurs changements, mais c'est sans commune mesure avec ce qui m'arrive... Ce que je suis à présent. »

Elle soupira, se retrouvant une fois de plus face à un choix difficile...

« Cela fait trop longtemps que je cache mon passé et ma véritable vision du monde. Je me cache derrière le devoir pour trouver une raison de ne pas assumer mes choix. Je me tiens depuis des années, essayant d'oublier une partie... sauvage de ma personnalité. Je suis désolée. J'ai passé tant de temps a faire comme si cela n'avait pas d'importance que je t'ai impliqué là dedans sans me rendre compte des tenants et des aboutissants de la situation.

La vérité c'est que cet homme que j'ai attaqué à cause de l'intervention de Neraën, je pense que je l'aurai attaqué de la même façon sans aucune intervention extérieure. Je ne sais pas encore comment vivre parmi les elfes sans renier cette part de moi et sans être un danger pour les autres, mais tant que je n'aurai pas trouvé, je resterai un danger autant pour moi que pour les autres et je refuse de me voiler plus longtemps la face. Je dois retrouver Randil avant tout, après il faudra que je trouve quelqu'un capable de m'aider a savoir ce qu'il s'est produit exactement pendant ce rituel parce que pour l'instant... »


Elle hésita un instant, le temps de respirer une dernière fois avant de conclure, yeux dans les yeux.

« La seule chose qu'ont put me dire les prêtre c'est qu'ils ne sentaient plus aucun Souffle dans mon corps. »

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Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Ven 19 Aoû 2016 - 19:32

Fenris se montra attentif durant tout le récit de son amie. Alternant périodes d'écoute et de questions, il s'intéressait réellement à ses propos et ne montrait aucun jugement. Il souhaitait simplement clarifier les choses pour être sûr de bien comprendre ce qu'elle essayait de traduire avec ses mots à elle. Il lui était arrivé tant de choses en si peu de temps... Cela prit quelques heures. En témoignait le soleil qui poursuivait sa course tandis que le couple semblait être hors du temps.
Les derniers mots de la Protectrice laissèrent le cavalier pensif. Plus de souffle ? Comment cela était-il possible ? C'était un des dons offerts par les Dieux, le perdre lui aurait semblé impossible auparavant. Qu'est-ce que cela impliquait exactement ? Cela signifiait-il qu'elle ne pourrait plus que respecter les préceptes de Kyrïa ? Perdre totalement le contrôle de qui elle était ? Cette attaque, l'aurait-elle commise si elle avait eu son Souffle ? Plus de questions que de réponses pour l'heure...

-Si j'avais su pour Randil, je serais allé directement à Eraïson au lieu de venir ici.

Aucun rapport qu'il avait lu ne faisait mention du loup et de ce qui lui était arrivé. Or, c'était un élément essentiel dans l'environnement d'Halie. S'il n'avait pas été éloigné et attaché, nul doute qu'elle n'aurait fait de mal à personne. Il était dommageable que les Taledhels ne sachent plus vivre avec les animaux. Randil était certes un animal sauvage mais il avait toujours vécu parmi les elfes. Il y aurait sans doute eu quelque chose à faire pour le maîtriser ou l'apaiser autre qu'en venir aux chaînes... Même s'il ignorait quoi, Halie n'ayant pas eu le temps de lui en apprendre suffisamment sur les loups.
Il ne savait pas réellement définir la relation qui la liait à son loup mais il avait pu constater à quel point l'animal était important aux yeux d'Halie. Il n'aurait pas donc hésité un seul instant à se rendre seul jusqu'à Eraïson pour trouver la piste du loup et tenter de le retrouver. Il n'était certes pas pisteur mais il aurait trouvé quelqu'un pour l'aider. Randil ne l'aimait pas vraiment mais ils étaient tous deux liés à la Protectrice. Faire du mal à Fenris revenait lui faire du mal à elle... Et c'était un visage connu. Il avait bon espoir que tout cela aurait eu un impact quelconque.

-Quand comptes-tu y partir ?

Puisqu'elle projetait d'aller à sa cherche, il pouvait peut-être envisager de l'accompagner. Il ignorait dans quel état elle se trouvait exactement et donc à quelle date elle projetait de s'occuper de cette recherche mais peut-être que sa permission sans date définie lui permettrait de rester à ses côtés. A moins qu'il ne parte en premier afin de lui indiquer quel chemin suivre pour gagner du temps avant de repartir vers ses obligations.

Les excuses d'Halie lui revinrent finalement en mémoire et il eut comme un sursaut de conscience. Comme si une connexion de synapse s'était brusquement faite en lui. Il tourna alors son regard vers son amie et l'observa une seconde, cherchant à comprendre ce qu'elle entendait par là. Depuis son arrivée, il sentait bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Une chose qui était directement en rapport avec lui. Et voilà qu'elle s'excusait de ne pas être "comme tout le monde" ?

-Je sens bien que tu veux me dire quelque chose depuis tout à l'heure mais que cela ne vient pas. Pourquoi t'excuser d'être ce que tu es ? Pourquoi auprès de moi ?
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Mar 23 Aoû 2016 - 15:01

« Les médecins voulaient me garder encore un peu pour évaluer les conséquences du poison et de mon... état mental. Je pensais repartir d'ici quelques jours, le temps de récupérer un peu et de faire réparer mon armure. Killen a accepter de demander à un petit groupe de Limier de commencer à chercher activement des traces du passage de Randil et la Noss Sin’Dalvir a également acceptée de me donner un coup de main. Cela fait plusieurs années qu'ils détournent les animaux dangereux d'Ardamir et ils me considèrent comme très proche de leur culture car à sa majorité, chacun de ses membres se lie avec un animal qui est sensé le représenter d'un point de vue ésotérique. Si Randil met une patte près d'ici, j'ai bon espoir que quelqu'un le sache. »

Maintenant, elle devait une faveur au Seigneur Limier... Enfin elle se considérait comme lui devant une faveur mais il avait éludé ses milliers de remerciement pour lui demander de venir chasser une fois avec lui lorsqu'elle serait de retour. Savoir que certaines personnes de son entourage lui faisaient encore confiance à ce point était aussi inattendu que rassurant. Les humains disaient que c'est dans l'adversité que l'on reconnaît ses amis... Et c'était sûrement vrai même au delà des frères d'arme.

Mais son soulagement était, semblait-il, de courte durée. La dernière remarque de Fenris vint la mettre une fois de plus face à l'obstacle. Elle se l'était juré... Mais elle avait moins que tout envie de passer à l'acte maintenant qu'il était devant elle.

« Tu as raison... Ce que je voulais dire... Tu sais de quoi je suis capable à présent, et pour être tout à fait honnête j'ai l'impression que tu ne te rend pas compte. J'ai déjà tuer de sang froid et j'y ai pris du plaisir. Je ne suis pas comme toi. Je ne sais que combattre et détruire et j'y trouve mon compte.
J'ai déjà renoncé à la vie une fois, c'est à ce moment que j'ai trouvé Unmiriel et Randil. Je n'ai aucun doute sur le fait que Kÿria a voulu m'envoyer un signe ce jour là... Au début, c'est pour eux que j'ai continué à vivre et pour ne pas brider leurs instincts, j'ai passé plus d'une révolution de saison dans la forêt avec eux dans une meute de loup, puis seule avec eux deux. Je sais... jusqu'où je peux aller pour garantir ma survie ou la leur. On ne peut pas imaginer ce que c'est sans l'avoir vécu... Et je me dis encore parfois que je n'aurai jamais du revenir parmi les elfes. Toutes les perspectives que cela change... J'ai couru et j'ai chassé avec eux... Et nous ne nous sommes pas toujours arrêté aux animaux. »


Elle soutenait calmement le regard du cavalier. Au moins, elle avait retrouvé la sérénité qu'elle avait sentit lorsqu'il lui avait dit vouloir écouter, savoir, comprendre... Mais elle savait que ce qu'elle venait de révéler devait être une idée dévastatrice pour un homme aussi pacifiste et respectueux de la vie que lui... et ce n'était pas tout ce qu'elle avait à dire.
Elle hésita un moment mais décida qu'une petite entorse à son serment de silence à propos des attributions réelles des Aigles ne serait pas trop retenu contre elle dans les circonstances présentes, alors autant lui faire comprendre réellement la mesure du danger qu'elle représentait.

« Si l'armée régulière n'apprend pas les moyens les plus rapides d'en finir avec n'importe quel elfe, Talehdel compris, les Aigles s'en chargent très rapidement. Ce corps n'est pas seulement un corps d'Elite sur le champ de bataille c'était aussi les agents d'élites auxquels le Commandant et le Roi donnaient les missions qui demandaient le plus de finesse et de précision. Lorsque l'un des notre perd la tête au point de se mettre à tout détruire sans distinction, lorsqu'un mage se prend pour dieu ou que quelqu'un menace notre civilisation sur une grande échelle, ce sont des Aigles qu'on envoie. Nous sommes sensés être objectifs, rapides et imbattable quelque soit la situation. La plupart du temps, nous avons... nous avions carte blanche. C'est également l'une des raisons pour lesquelles la plupart des Aigles restent dans ce Corps jusqu'à leur mort. »


Elle laissa ces derniers mots planés une seconde pour que tout ce qu'ils sous entendaient trouvent leur chemin dans la caboche du cavalier. Si on avait donné le nom d'Eperviers et d'Aigle aux deux corps spéciaux de l'armée royale, ce n'était pas pour rien. Au dessus de l'éternel conflit du Loup et de l'Agneau, l'un devait sillonner le ciel inlassablement pour rendre compte de tout en se satisfaisant des proies les plus petites, l'autre mettre un terme à l'affrontement, quelque soit le camp qu'on lui désigne. Pour beaucoup cette responsabilité s'accompagnait d'une grande dévotion envers Anaëh, sans quoi l'elfe finissait tôt ou tard par se prendre pour Kÿria en personne... Et ses anciens frères d'armes se voyaient confiés une mission toute particulière... Mais ce n'était pas là que voulait en venir Halyalindë... Enfin pas tout a fait.

« Entre mon apprentissage dans l'armée, ma formation d'Aigle, je sais exactement qu'elle artère visée, quelle plaque nerveuse touchée, quel point du crâne atteindre pour arriver à mes fins. Mes voyages hors d'Anaëh m'ont donné un côté imprévisible que beaucoup des notre ont du mal à gérer en combat. Maintenant imagine un instant que je perde de nouveau pied, que se passerait-il ? Dans l'infirmerie, il a fallu que notre régent, un elfe de plus d'un Cycle de vie qui a pratiqué la magie de la Vie depuis son enfance, me mette hors d'état de nuire. Combien de personne est-ce que je tuerai la prochaine fois ? Même si cela n'arrive plus, combien de temps avant que la majeure partie des Talehdel me regardent exactement comme ceux qui m'ont enfermés là-bas ? … Ou combien de temps avant que je ne paraisse trop dangereuse pour notre sécurité à tous ? »


Ses mains s'étaient légèrement animées pour accompagner ses explications alors qu'elle restait simplement assise sur le bord de la banquette. Elle détaillait le visage blanc de Fenris pour tenter de discerner chacune de ses réactions. Elle ne pouvait se mentir. Elle accordait beaucoup d'importance à ce qu'il dirait, ce qu'il penserait de tout cela, mais une armure, presque un réflexe, l'empêchait de s'y accrocher totalement, comme si elle était prête à faire un bon en arrière à n'importe quel moment.

« Jusqu'à ce que je tire cette affaire au clair, et peut-être même après selon ce que je trouve, je risque de faire du mal à tous ceux dont je suis proche, que ce soit en les blessant directement ou agissant d'une manière... révulsante pour la plupart des gens. Tu risques d'en pâtir en premier lieu, et je ne veux surtout pas en arriver là, tu comprends ? »

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Mar 23 Aoû 2016 - 20:32

C'était donc cela...
Fenris avait écouté patiemment tout le discours de son amie. Il sourcilla à l'évocation des parties de chasse avec les loups qui mettaient en jeu autre chose des animaux. Il comprit où elle voulait en venir lorsqu'elle lui parla des Aigles et il écouta avec une double attention car le sujet le concernait. Même s'il s'agissait d'une mission bien particulière, le jeune elfe en comprenait la nécessité. Il ne niait pas que la chose serait sans doute très dure pour lui s'il avait à l'accomplir mais il savait que, si on lui demandait d'en arriver à cette extrémité, c'était que toutes les autres solutions avaient déjà été envisagées et qu'aucune n'avait fonctionné. Alors non, il n'était pas réellement choqué mais son appréhension de la chose le poussa à user d'une partie de son masque d'impassibilité pour ne rien en montrer à Halie. Ce n'était pas le moment pour en parler...

Puis vint l'achèvement de son argumentation et sa conclusion que, bien qu'assez floue, Fenris avait parfaitement su interpréter. Elle ne voulait pas de lui dans cet état. Pourquoi ? Par peur de lui faire mal ? Il se remémora alors ses premiers mots selon lesquels il n'avait pas conscience de ce dans quoi il s'était embarqué. Le visage du cavalier se montra plus fermé qu'à son habitude. C'était donc ainsi qu'elle le voyait ? Certes, il n'avait pas tout su de son passé mais pouvait-elle réellement affirmer mieux le connaître qu'il ne la connaissait pour en arriver à de telles conclusions ?
Le cœur lourd, Fenris se leva et s'approcha de la balustrade. Il resta là un moment, observant les branches de l'arbre qui se tenait devant lui mais sans vraiment y prêter attention. Il songeait plutôt à la façon dont il allait formuler sa réponse.

-Sais-tu ce que j'entends à longueur de temps ?

La question était surprenante dans le contexte mais le ton employé était bien moins léger qu'à l'ordinaire. Il était clair qu'elle l'avait touchée. Penser à le quitter alors que leur histoire commençait à peine, sans même leur donner une chance, c'était une chose. Prendre la décision en était une autre. Quant à passer à l'acte...

-Que je suis quelqu'un de très sage et d'ouvert d'esprit. Cela pourrait être un compliment s'il n'était pas suivi d'un "pour votre âge" ou "pour un noble". Je ne me doutais pas que c'était aussi ce que tu pensais.

Il se retourna enfin pour faire face à la Protectrice. Son regard était endurcit par la douleur et la colère, bien que cette dernière soit modérée. Mais il s'agissait bien plus que d'une simple contrariété. Il était blessé qu'elle le juge de cette manière, elle qui avait passé déjà tant de temps à ses côtés. Et, au fond, il espérait que ce n'était qu'un faux argument pour justifier sa mise à l'écart.

-Je passe mon temps auprès d'elfes aux esprits fermés auxquels j'essaie d'ouvrir les yeux. Je travaille sans relâche pour leur faire entendre que ce n'est pas parce que l'on est jeune que l'on ne sait rien. Que ce n'est pas parce qu'une guerre a opposé nos aïeuls que nous devons nous haïr aujourd'hui. Que ce n'est pas parce que l'on ne vit pas selon les mêmes préceptes que cela fait des autres des êtres inférieurs. Que ce n'est pas parce que l'on nous a donné la vie éternelle que NOUS sommes supérieurs. Et je pensais que nous livrions le même combat.

Fenris marqua une pause. Il était déçu qu'elle pense à présent comme tous ceux qu'il avait croisé jusque là. Il se sentait proche d'elle et ce en dépit de leurs différences. Origines opposées, histoires opposées, caractères opposés... Et pourtant, quelque chose les avait bien réuni à un moment donné... Non pas le physique, ni un arrangement entre deux familles mais bien leurs esprits qui, pendant un temps en tout cas, pensaient de la même façon. Il était simplement plus diplomate.

-J'ai rencontré tant de femmes que j'ai cessé de prendre cela pour un jeu et de les compter. J'ai eu milles occasions d'arrêter mon choix sur l'une d'entre elles. Certaines avaient toutes les qualités requises aux yeux de mes parents, d'autres m'étaient d'agréable compagnie mais aucune n'a fait flancher mon cœur. Pourtant toi, tu y es parvenue. Sans rien faire de particulier. Sans même le vouloir ! Nous avons passé des ennéades entières ensemble, me crois-tu si candide pour ne pas avoir vu que tu étais différente ? Tu es plus sauvage que les autres, tu as vécu parmi les loups, et alors ? Cela devrait-il me choquer parce que tu es citadine et non Noss ? Tu as tué certains de tes semblables mais tu l'as dit toi-même : cela faisait partie de tes missions. Tu prends du plaisir à tuer, je m'en accommoderai parce que je sais que tu ne tues pas pour le plaisir mais bien par obligation. Et si tu me juges trop naïf ou optimiste te concernant, je ne vois pas quel mal il y a à attacher plus d'importance à ce qu'il y a de beau en toi, surtout quand tu n'y vois plus que la noirceur.

Le ton de Fenris ne laissait plus de doutes sur son état d'esprit. Certes, c'était de la colère qui s'échappait de sa voix mais elle était mue par l'incompréhension et la tristesse. Il était rare de la voir si bouleversé, même pour sa famille. Il n'était pas des plus expansifs concernant ses sentiments. Même s'il les montrait bien plus que ses parents, il n'en faisait pas non plus l'étalage. Il optait donc toujours pour une attitude modérée quelque soit la force de ce qu'il ressentait, souriant lorsqu'il était heureux et assombrissant son expression lorsqu'il était triste. Mais cette fois, il ne voyait pas l'intérêt de ne pas se montrer plus impulsif qu'à l'accoutumée.
Pourtant, dans tout son discours, il y avait une toute autre chose qui transparaissait... Car ses mots n'étaient mus au fond que par un seul sentiment. Un qu'il n'avait encore jamais exprimé.

Plus calme mais toujours l'air sévère, il poursuivit.

-Quant à la possibilité que tu me fasses du mal, il me semble que c'est à moi que revient le droit de décider de prendre ou non ce risque. Et je pense que je suis moins en danger que tu ne le crois.

Le jeune cavalier laissa planer sa phrase un instant puis il s'approcha de la Protectrice pour se pencher vers elle. D'une voix presque murmurée, il lui posa une question.

-Si j'avais été à Eraïson et que je m'étais conduit de la même manière que ce que tu as toujours connu, est-ce que cela aurait changé quoi que ce soit ? Est-ce que j'aurais pu t'empêcher d'attaquer cet homme ?

S'il avait pu discerner dans son comportement qu'elle cherchait à lui dire quelque chose, il avait également senti la dualité en elle. Tout comme son sourire à son arrivée ne mentait pas. Sa simple présence lui faisait du bien. Alors il était peut-être optimiste ou tout simplement crédule mais il avait dans l'idée qu'il serait plus bénéfique pour elle qu'il reste à ses côtés plutôt que de la laisser le mettre à l'écart.
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Mer 24 Aoû 2016 - 20:38

Fenris resta... impassible. Il n'y avait pas d'autres mots. Jusqu'à ce qu'il se lève. Durant un instant, un minuscule instant, Halya eut l'impression de voir son masque se craqueler. Juste avant qu'il ne lui tourne le dos pour faire face au vide... Elle garda le silence, attendant qu'il assimile ce qu'elle venait de lui apprendre... Et se tourna vers lui lorsqu'il reprit la parole. Dents serrés, ton cassant... Cela ne lui ressemblait pas. Mais il s'exprimait clairement...

Il était déçu.

Jusque là, il ne pensait pas qu'elle accordait de l'importance à son origine ou à son âge ? Et bien il avait raison. Cela n'avait pas d'importance. Mais cela n'empêchait pas non plus de considérer les gens en fonction de leur passé. On ne pouvait pas en vouloir à un analphabète de ne rien connaître des coutumes des autres peuples tout comme on ne pouvait en vouloir à un enfant de ne pas être capable de connaître toute l'Histoire sur le bout des doigts. Elle prit une inspiration pour répondre mais il ne lui en laissa pas l'occasion.

Lorsqu'il se retourna, le masque était définitivement tombé pour dévoiler toute la dimension de sa colère... Et le plus étrange c'est que cela la soulagea. Non parce qu'il semblait incertains ou en colère, mais parce qu'il était toujours si mesuré, si contrôlé, qu'il en devenait difficile de savoir exactement ou il en était. Ce qu'il pensait. Ce qu'il ressentait. Si Halya avait en général du mal à mettre des mots sur ce qui était important, lui les choisissaient toujours avec une exactitude parfaite. Des changements, des gestes, des regards presque imperceptibles pouvaient vouloir dire tout et son contraire. Il était tellement différent d'elle que l'énergie nécessaire à le décrypter devait rester constante. Mais cette fois, il s'exprimait avec clarté, sans retenue.

Il l'accusait. Il l'accusait de ne pas avoir l'esprit aussi ouvert qu'elle le prétendait. Avait-il raison. Est-ce qu'elle voyait avant tout le jeune homme à peine sortit de son apprentissage ? Est-ce qu'elle rapportait tout à son âge plutôt que de l'acceptait tel qu'il était ? Est-ce qu'elle en oubliait ses véritables valeurs ?

-... Et je pensais que nous livrions le même combat.

-Avoir l'esprit ouvert et obliger son entourage à risquer bêtement sa vie n'a rien à voir ! Non, je ne pense pas que ton âge soit la preuve d'une quelconque incapacité, mais accorde moi au moins le fait d'avoir vécu deux fois plus longtemps que toi, bon sang ! Je sais ce que cela peut faire de porter les problèmes des autres et cela n'est jamais bon sur le long terme. Ni pour l'un, ni pour l'autre.

Il fit une pose, braquant son regard asymétrique sur elle. Elle s'était levé d'un bond, faisant quelques pas de long en large. Non, elle n'était pas à côté de la plaque. Elle était dans le vrai. Elle savait pourquoi elle avait pris une telle résolution et si l'âge de Fenris rentrait en effet dans l'équation, ce n'était qu'une raison mineure.

Elle soutint son regard. D'égal à égal. Elle l'écouta de nouveau. Et cette fois son cœur se serra... Il avait tort... Tellement tort... Pour éviter de continuer à tourner comme un lion en cage, elle s'assit de nouveau près du mur, les mains crispées sur le bord de la banquette. Elle lui tournait à demi le dos, jusqu'à ce qu'il vienne de nouveau jusqu'à elle. Il s'approcha presque jusqu'à la frôler. Deux phrases... Juste deux questions.

Elle était littéralement dos au mur.

Yeux dans les yeux avec cet homme, il n'était plus question d'âge, de façon de pensé ou de travail commun... Mais la réponse qui lui brûlait les lèvres n'allaient probablement pas suffire à son vis à vis.

-Je ne sais pas. Répondit-elle d'une vois assurée. Et c'est bien ça le problème.

D'une main, elle le poussa à s'écarter un peu.

-Je ne prétends pas pouvoir choisir à ta place, Fenris. Je ne prétends pas non plus te connaître parfaitement. Mais malgré tout ce qui arrive en ce moment, je me connais assez bien pour savoir que n'importe quelle personne saine d'esprit serait horrifier par ce qu'il m'ait arrivé de faire.

L'absence de Randil et de sa présence réconfortante se rappela soudain à elle, lui poignardant les entrailles et la laissant avec cet amer sentiment de solitude toujours plus présent. Elle regardait Fenris droit dans les yeux... Avec un respect qu'elle n'avait peut-être jamais ressenti à ce point.

-Tu te rappelles du soir de notre rencontre ? J'ai été on ne peut plus clair ce soir là. Et je serai encore plus clair aujourd'hui s'il le faut. Combattre, chasser, maîtriser mon adversaire, me sentir maître de lui jusqu'à pouvoir lui ôter la vie, tout cela me fait sentir une plénitude inexplicable. Cette lutte pour la survie fait partie de moi d'une façon bien plus viscérale que ce que tu semble comprendre. J'ai goûté à la chaire de nos propre frères. J'ai tué et je me suis nourrie d'hommes et de femmes innocents pour la simple et unique raison que j'avais faim, qu'ils étaient plus facilement atteignable que d'autres proies non loin. Et je n'en éprouve aucune honte, aucun regret. C'est ça, ma vérité. Je ne suis pas comme toi, Fenris.

Il était... La première personne à laquelle elle avouait aussi crûment ce détail... Il était peut-être la seule personne à laquelle elle ne l'avait jamais avoué. Des connaissances lui avaient tourné le dos pour bien moins que cela...

-Alors savoir si ta présence aurait changé quelque chose, je n'en suis pas capable. Si ce que je viens de te dire ne t'as pas encore totalement dégoûté, sache que je ne veux pas que tu restes près de moi parce que ça pourrait peut-être être une formule magique pour que je n'attaque plus personne ou que je me sente mieux. Tu te fatigueras et je ne réussirai pas à trouver mon propre équilibre. La seule chose que nous y gagnerions, c'est une dépendance sordide qui se finira par la mort d'un de nous deux. Que tu le veuille ou non, tu es encore jeune et promis à un avenir brillant, c'est au moins une chose dont je suis sûre. J'ai peur de nous enfermer dans un besoin aussi mal sain et dangereux, tu comprends ?

Plus elle avançait dans sa tirade, plus elle plongeait son regard dans le sien, plus elle sentait quelque chose changer... Il avait raison... Depuis le départ, elle ne pouvait s'empêcher de prendre en compte son jeune âge comme une caractéristique essentielle de leur relation. Elle lui demandait conseil pour des affaires diplomatiques, s'appuyait sur lui comme on s'aide d'une canne... Mais par besoin de sa présence, par peur de le perdre, elle ne s'était pas conduite envers lui comme avec un égal... Elle le considérait sans cesse comme un jeune homme inconscient de la réalité des choses....

Du moins elle l'avait considéré ainsi jusque là.

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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Jeu 25 Aoû 2016 - 19:46

Halie lui parlait d'empathie et d'abnégation envers les autres comme s'il en ignorait le sens. Elle avait pourtant rencontré son frère et, même s'il ignorait toujours l'existence de leurs "différents", il ne pouvait pas avoir échappé à la Protectrice que le Capitaine n'était pas l'homme le plus stable d'Anaëh. Fenris était un de ses piliers et Delyndil un de ceux à qui le jeune cadet travaillait au corps pour lui faire changer sa vision du monde et lui permettre de mieux vivre au quotidien.

-Et que fais-je avec mon frère chaque jour ? As-tu pourtant l'impression que cela me ruine moralement ? J'ai parfaitement conscience de ce que je me propose de faire pour toi et, aussi proche que nous puissions devenir, je sais quelle distance mettre entre tes problèmes et les miens pour me préserver. Et si j'y prête attention, ce n'est pas pas pur égoïsme mais bien parce que je sais que je ne te serais d'aucune aide si je sombre avec toi.

Elle voulait le protéger mais il avait compris depuis longtemps que cette tâche ne revenait pas à son entourage, pourtant si protecteur avec lui. Il avait appris à se servir de cette carapace que son éducation lui avait donné pour séparer ses émotions et ses sentiments de son esprit, au moins le temps de laisser passer l'orage et de pouvoir prendre le temps d'y réfléchir à tête reposée. A ses yeux, sa démarche était donc vaine.
Pourtant, Halie persista dans sa voie. Après lui avoir dit qu'elle ignorait s'il aurait pu changer quoi que ce soit, elle lui demanda de reculer, ce qu'il fit bien évidemment. Lui était persuadé de la réponse mais l'esprit de son amie restait fermé à la question. Selon lui, le seul moyen de le vérifier était pourtant bien de le garder auprès d'elle... Mais cela ne serait pas un argument à ses yeux étant donné qu'elle s'en séparait justement pour éviter les risques.

Fenris écouta la suite de son récit qui se faisait désormais nettement plus clair en ce qui concernait les elfes qu'elle avait tuée. Elle ne s'était pas limitée à ses missions d'Aigle mais s'y était mise bien plus tôt et pour des raisons qui lui étaient difficilement entendables. Il ne pouvait nier qu'elle avait eu un comportement qu'il ne pouvait comprendre car, à choisir entre manger un de ses semblables et mourir, il préférait la mort. Elle avait tué ce qu'il protégeait. Des enfants de Kyrïa qui n'avaient rien demandé à personne. La simple notion lui était difficile à intégrer, plus encore au sein du peuple elfe... Il resta interdit un moment, n'affichant aucune réaction.
Halie poursuivit son plaidoyer, avançant une fois encore des arguments qui se résumaient à peu de choses près à le protéger. Il était clair qu'elle avait pris sa décision depuis plusieurs ennéades et qu'il ne parviendrait pas à la faire revenir dessus en quelques minutes. Continuer à essayer de la faire changer d'avis ne l'avancerait à rien pour le moment. Les mots seraient inutiles, les actes seraient plus parlant et, pour cela, il faudrait du temps.

Reprenant sa cuirasse laissée au sol, Fenris prit la direction de la porte. Sa voix raisonna enfin, calme mais emprunt d'une certaine fermeté afin de lui faire comprendre que le sujet ne prêtait pas à débat.

-Si tu n'es pas partie à la fin de l'ennéade, j'irais voir où on sont les recherches concernant Randil.

Si elle pouvait se montrée têtue et obstinée, il le pouvait aussi. Et puis elle n'aurait même pas besoin d'être avec lui, donc ses arguments ne se valaient pas dans ce contexte. Il la laissait tranquille pour le moment mais ces quelques mots lui laisseraient entendre qu'elle n'en avait pas fini avec lui. Ami ou amant, il resterait dans les parages, physiquement ou non, selon ce qui lui serait le plus supportable, mais elle n'avait pas le monopole de la prise de décision. Son attitude tenait plus de celle d'une mère que de celle d'une compagne. Plutôt que de lui imposer la chose, elle aurait dû lui en parler...

Alors qu'il allait disparaître dans la pénombre de la chambre, Fenris s'arrêta et fit un pas en arrière. Il resta pensif une seconde, comme hésitant, avant de finalement se tourner une dernière fois vers Halie.

-Quand j'ai vu Eraïson disparaître derrière moi en ne sachant pas si et quand je te reverrais, j'ai eu un regret. Celui que tout le monde ne connaît que trop bien mais auquel personne ne pense lorsque le moment se présente. Celui de ne pas t'avoir dit ce que je ressentais parce que je doutais et parce que je croyais avoir encore le temps... Tu me trouves certains défauts ou tares -choisis le terme qui te conviendra le mieux- auxquels je ne peux rien changer. Tout comme je ne peux pas changer ni ton passé ni tes choix. Je ne sais pas quoi en penser mais je ne prends pas cela pour des défauts pour autant parce que cela fait partie de ce que tu es. Et c'est bien qui tu es dont je suis tombé amoureux. Pas toi ?

Le cavalier laissa flotter la question un instant avant de faire à nouveau face à l'ombre qui s'étendait dans la chambre. L'instant d'après, il n'était plus là. Il n'avait pas attendu qu'elle réagisse car la question n'attendait pas de réponse. Il la lui soumettait en guise de réflexion. Certes, il ne savait pas encore comment avaler la couleuvre de ses actions passées mais, s'il avait voulu la femme parfaite, il en aurait choisi une parmi toutes ses prétendantes. Il la savait différente mais ne s'était pas attendu à découvrir toutes ses facettes cachées (y compris les plus sombres d'entre elles) en une seule fois. Tout comme à elle, il lui fallait du temps semblait-il.
Quelques secondes après qu'il soit retourné dans la chambre, le mécanisme de la porte donnant sur le couloir se fit entendre et la porte se ferma derrière lui. Seul dans cette allée vide, il soupira. Il avait attendu ce moment avec impatience et appréhension et cela avait été pire que tout ce à quoi il s'était attendu. Et il ne pourrait partager ni ses peines, ni ses joies hormis à travers quelques mots laissés sur une feuille de papier qu'il ne pouvait adresser à personne étant donné son contenu. Il se chargerait donc de se faire sa propre oreille pour exprimer sa consolation d'être nommé Aigle en à peine 20 ans de carrière. Consolation bien maigre après la perte de plusieurs hectares de forêt et la porte close de son amour à laquelle il montrait le dos.
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Ven 26 Aoû 2016 - 14:19

Combien de sens un seul mot peut avoir ? Combien de mots dans une phrases ? Combien de ton sur lesquels présenter cette immensité de sons ? Combien d’interprétations pour ce résultat bien précis ?

Fenris avait tourné les talons, laissant ses derniers mots vibrés dans l'air.

« Et c'est bien qui tu es dont je suis tombé amoureux. »

Elle avait brusquement levé la tête, les yeux emplis de surprise, pour voir son profil sombre laisser tomber ces quelques mots... Elle n'avait rien dit. Rien répondu. Mais sa question tournait et retournait dans sa tête longtemps après que le bruit sourd de la porte se soit refermé sur le dos droit du cavalier.

« Pas toi ? »

Si... Elle aussi... Certaines choses l'agaçait, la surprenait, l'estomaquait chez Fenris. Mais cela faisait parti de son caractère, de son être, de façon si totale qu'elle ne pouvait vouloir le voir renoncer à ces comportements. Il lui avait fait comprendre en quelques mots qu'il était près à l'aider et qu'il saurait se préserver seul... Alors à quoi bon le tenir à distance si cela représentait un tel crève cœur pour l'un comme pour l'autre...?

-Tu ne comprends pas... Je ne supporte pas l'idée de te blesser... Je ne veux pas que tu prennes cette fichue position de béquille... Parce que je ne veux pas que tu me haïsses... Et je ne veux pas finir par me haïr non plus...

L'entendre... Réussir à trouver les mots... Changeait légèrement la réalité de la chose dans son propre esprit.

Elle ne voulait pas le protéger, l'étouffer, prendre une décision à sa place ou que savait-elle encore... Elle se savait seulement incapable de supporter la culpabilité et la honte de lui faire du mal... Elle se savait seulement incapable d'imaginer dépendre de lui, le voir resté près d'elle, voir ce qu'elle était... ce qu'elle était vraiment... jusqu'au jour où, en plongeant dans ses yeux, elle ne verrait que le devoir et la compassion... ou pire...

Elle pouvait vouer sa mère a une mort certaine pour sauver des centaines de vies. Elle pouvait tuer sans une once de remord... mais cela, elle ne voulait pas savoir si elle avait la force de l'encaisser ou non.

Si elle était arrivé en voulant le protéger lui, il lui avait pris cette illusion sans aucun ménagement en se conduisant comme l'homme qui l'avait séduite et non comme le garçon qui semblait avoir peu à peu pris sa place dans les souvenirs de la Protectrice durant leur séparation.

Comme toujours, c'était elle qu'elle voulait protéger.

On ne se refaisait pas si vite... Plus de deux siècle passé à se mentir sans jeter un regard en arrière.  Qui savait ce que cette quête ferait d'elle. Qui savait ce qu'elle devrait déterrer... Et au fond, elle était déjà bien trop contente qu'il n'ait pas été présent lors de son réveil après Eraison... Peut-être aurait-il put la calmer, mais dans quelle mesure elle ne préférait pas que l'homme qu'elle avait attaqué meurt, plutôt que de s'être montrée sous ce jour à Fenris... Elle ne voulait jamais qu'il la voit comme ça... Jamais...

Et pourtant, elle le lui avait dit.

Il disait l'aimer... Il disait l'aimer malgré ces fragments sombres... Mais il ne les avaient jamais vu ces fameux fragments... Peu les avaient vu et étaient encore là pour en parler... Ils n'étaient que deux sur toute une vie...

Ou alors était-ce encore une fausse raison ?

Elle lui avait sûrement lancé au visage la pire des choses qu'elle avait put trouver... Et il était resté stoïque... Elle ne doutait pas du fait que ce n'était qu'une surface, bien qu'elle ne sache pas exactement ce qui se passait en-dessous... Mais elle savait que même son père n'aurait pas réagit ainsi...

Il voulait la connaître et semblait près à supporter d'apprendre l'insupportable... Si elle ne prenait pas le risque d'accepter sa présence, comment pourrait-elle être débarrasser de cette peur viscérale et lui faire pleinement confiance ? Pouvait-elle se reconstruire si elle ne se donnait même pas assez de crédit pour laisser quelqu'un s'approcher sans se reposer totalement sur lui...

Comment avoir la certitude de choisir la bonne voie... ?

Le même choix l'obsédait toujours alors que les heures défilaient, indifférente au conflit qui se jouait une fois de plus dans le cœur d'Halya. Alors que le soleil descendait trop bas pour que ses rayons percent la canopée, elle n'avait toujours pas quitté la banquette.

En rester à ce qu'elle avait décidé ou écouter Fenris et faire à sa manière ?

La réponse lui échappait tout simplement parce qu'il n'y en avait pas de bonne ou de mauvaise. C'était un choix personnel. Et comme tout choix personnel, il contenait des incertitudes.

Le vent agitait les branches. En contre bas, quelques voix semblaient si faible qu'ils auraient put se confondre avec les bruissements de la nature. Et elle était là, suspendue entre le ciel et le sol, sans pouvoir... sans vouloir parler à qui que ce soit. Seule...

Quelque part, cette situation la faisait sourire... Finalement, elle était arrivé à vivre sa plus grande peur : la solitude... Et elle avait survécu. Ce qu'elle en avait tiré, c'était la conscience qu'elle y était emmurée depuis des siècles déjà vis à vis de son peuple. Et maintenant, elle était dangereusement instable... Tout ça pour ça...

Traînant ses guêtres, elle descendit dans l'entrelacs des jardins. Sa destination ? Toujours la même. Près de la tombe d'Anadris, elle enjamba la balustrade et s'assit en équilibre instable, les pieds dans le vide. Sous elle, l'immensité du vide. Autour d'elle, la Cité presque invisible. Rien n'avait changé que la forme moins parfaite des troncs et des branches depuis qu'elle était enfant... Même le Voile semblait oublié ici.

Cela a tout changé.

La Symphonie était plus forte, plus belle, plus complexe que jamais... Mais par quel miracle pouvait-elle encore l'entendre avec un esprit brisé ?

Parce que jamais nous n'oublions.
Vous écoutez. Nous parlons.


Elle sourit. L'ombre s'était emparé de l'endroit. La fraîcheur laissait l'humidité remonter du sol par la mousse mainte fois piétinée. La douceur de vivre était peu à peu revenue après la peur et la souillure. Ils ne pourraient pas oubliés, mais ils pouvaient vivre avec, en sachant, en comprenant... Sous ses doigts glacés, le bois du Palais de Chêne pulsait régulièrement... Plus rapidement et avec plus de force que son propre cœur.

Chaque visage, chaque chant, retenti autour de nos têtes,
La nuit arrive, reposez-vous.
Nous veillons pour que jamais on ne vous torde le cou...





La lumière revigorante éveille des milliers de vie. Halya fronce le nez. Son épaule ankylosée refuse de bouger. Roulée en boule contre la balustrade, un bras ballant, ses yeux finissent par s'ouvrir... pour apercevoir le vide. Elle roula sur le dos.

Elle s'était endormi... Elle avait eut de la chance de ne pas tomber...

Se redressé fut plus facile que ce à quoi elle s'attendait. Elle n'avait mal nulle part. Un bon point... Il en fallait au moins un dans chaque journée. Comme c'était fait, le reste du jour put se passer dans la plus grande morosité. Son guérisseur préféré vint une fois de plus l'ausculter sous toutes les coutures et hurler sur le fait qu'elle était en hypothermie constante. Voyant son trouble, il était même resté jusqu'à ce qu'elle mange une pêche en entier... Ce qui avait demandé de la patience. Puis elle avait quitté le palais pour passer voir son père et prendre des nouvelles des réparations d'armure. La nuit fut... une nuit comme les autres. Depuis Eraison, elles se ressemblaient beaucoup. Cette fois il lui semblait avoir observé des heures durant son propre corps, inerte et pâle entre ses draps. Elle s'obligea a prendre un petit déjeuner et s'entretint longuement avec Killen avant de reprendre ses exercices physiques.

Si la nuit portait conseil, elle ferait bien d'apprendre a les donner plus vite parce que deux n'avaient pas suffis... Et la troisième ne fut pas plus efficace. L'ennéade commençait à défiler rapidement et sa fin arrivait à grand pas.

Le fait de s'obstiner à ne pas parler à Fenris... et de le laisser partir sur les traces de Randil seul lui paraissait de plus en plus stupide... Elle n'avait toujours pas la solution à son problème, mais peut-être que lui était arrivé à d'autres conclusions... Et même dans le cas contraire, est-ce que ça pouvait vraiment lui faire du mal d'en parler ?

C'est en fin d'après-midi que les pas de la protectrice la conduisirent jusqu'aux appartements qui avaient été attribués à Fenris après avoir demander leur emplacement à un serviteur qui passait par là. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il était là...

Elle fra... retint son coup.

Et qu'allait-elle bien pouvoir lui dire de toute façon ?

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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Ven 26 Aoû 2016 - 18:13

A peine fut-il descendu d'un étage que Fenris fut abordé par l'intendant. Celui-ci avait entendu parlé de son arrivée et le cherchait depuis un moment déjà pour lui proposer de le loger. Se rendre aussi aimable que possible et masquer sa peine fut bien plus difficile que le cavalier ne l'aurait cru. Il avait été éduqué pour cela et avait déjà eu à le mettre en pratique mais, cette fois, la tâche lui semble plus difficile qu'à l'accoutumée. Tandis que le cadet Nöldorion entrait dans sa chambre, son hôte demeura un moment à l'entrée, essayant de se montrer aussi accueillant que possible.

-Dame Yasairava mange difficilement en ce moment mais je peux tout de même vous prévoir un dîner avec elle ce soir...

-Je préfèrerais être seule en vérité, le coupa-t-il. Le front a été éprouvant. Je me contenterai d'un plateau et d'un bain.

-Très bien. Je vais m'occuper de tout ceci et veiller à ce que l'on prenne soin de votre monture.

-Je m'en occuperai. Je pense que nous en avons tous deux besoin.

Fenris accompagna ses paroles d'un léger sourire de politesse. Cela faisait deux fois qu'il interrompait l'intendant dans son discours et il n'en fallut pas plus à ce dernier pour comprendre le message. Il le salua donc et prit congé afin de ne pas lui être désagréable plus longtemps. Enfin seul, le nouvel Aigle dut rapidement se résigner à quitter sa solitude. Après avoir sommairement rangé ses affaires, il retourna aux écuries. Il avait hâte de retrouver sa solitude mais prit tout de même de temps de tenir compagnie à Inysieïs. Il lui donna à manger tandis qu'il préparait sa couche de foin. Puis il la brossa du nez jusqu'aux sabots. Il lui cura les pieds et démêla ses crins. Il resta ensuite encore quelques temps à lui parler en elfique tout en flattant son encolure avant de finalement la laisser pour la nuit.
De retour dans sa chambre, il découvrit que son bain était prêt. L'eau était même tiède mais cela ne le dérangeait pas étant donné la température extérieure. Il se déshabilla et entra dans le bassin. Un plateau était posé sur une petite table à côté de lui et il picora quelques tomates cerises ainsi qu'une mûre ou deux mais n'eut pas l'appétit d'en manger davantage. Puis il resta un moment assis dans l'eau à ressasser la discussion qu'il venait d'avoir avec Halie. Il comprenait ses arguments mais ne parvenait pas à les intégrer. Refusait-elle aussi l'aide de ses amis ? Dans le cas contraire, pourquoi refuser la sienne qui était censé être bien plus que cela à ses yeux ? Elle lui avait pourtant bien dit l'aimer, même si elle avait avoué ne pas encore connaître l'ampleur de ce sentiment. Cela lui était-il passé ?
Quant aux vérités qu'elle lui avait révélé, que devait-il en penser ? Devait-il juger, voire condamner ses actions ? Il ne voyait guère comment. Il ne comprenait pas son point de vue, il n'avait jamais pu se mettre à la place d'un prédateur, mais il n'avait jamais méprisé quelqu'un pour autant. Exception faite des drows qui n'avaient aucun respect pour la vie elle-même. Il doutait  que ce soit le cas chez Halie... Il ne pouvait que l'accepter.

Fenris finit par sortir de ses pensées pour constater qu'il se trouvait dans le noir. La nuit était tombée depuis longtemps et l'eau avait déformé sa peau depuis longtemps. Il sortit donc, se sécha et s'habilla. Il n'essaya même pas de se coucher, sachant pertinemment qu'il ne parviendrait pas à trouver le sommeil.
Les jours suivants, Il s'occupa l'esprit comme il le pouvait. Il doubla ses entraînements quotidiens et, entre chaque, il allait tenir compagnie à Inysieïs. Le soir, il prenait quelques livres qu'il peinait à suivre pour finalement s'endormir, l'ouvrage sur ses genoux. Il dormait alors d'un sommeil peu réparateur pour se réveiller avant l'aube. Les journées à espérer voir Halie lui apparaître lui semblaient longues et les nuits courtes ne rendaient pas la chose plus facile...
Mais un soir, en remontant de l'un de ses entraînements, il la trouva sur le pas de sa porte. Il portait sa cuirasse par dessus son épaule et deux épées dans une main. Il s'arrêta sur la dernière marche, prit une inspiration et soupira... De soulagement, de satisfaction mais aussi d'appréhension. Après tout, il ignorait ce qu'elle était venu lui dire.

-Si tu espères une réponse, tu peux attendre longtemps.

Le ton se voulait plutôt détendu mais il ne pouvait se départir d'une certaine distance. Après tout, elle l'avait rejeté et ne lui avait donné aucune nouvelle les jours suivants. Peut-être n'avait-elle même pas changé d'avis. Il était tout naturel qu'un certain malaise se soit installé durant cette période interminable. La revoir le rendait à la fois heureux et mélancolique. Il était plein d'espoirs et de craintes mêlées quand à cette entrevue pourtant tant espérée. Toutefois, il ne lui en montrerait rien si ce n'était une expression moins souriante qu'à l'accoutumée. Au moins le temps d'avoir le fin mot de l'histoire.
Il s'avança finalement vers elle. Avant d'arriver à sa hauteur, il passa son armure dans la même main que ses armes. Il obtint ainsi une main libre pour ouvrir la porte avant de l'inviter à entrer. Il ignorait si elle était venu discuter et il concevait que le caractère intime de la chambre pouvait être un frein aussi ne se formaliserait-il pas si elle refusait l'invitation. A l'intérieur, elle découvrirait une pièce propre et bien rangée, une tenue préparée pour le lendemain et un paquetage prêt à être sanglé à une selle. Il était fin prêt pour le départ.
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Sam 27 Aoû 2016 - 1:53

Elle sursauta, prenant soudain conscience de la présence de celui qu'elle était venu voir... Et se sentit d'autant plus bête qu'il ait put la voir hésiter ainsi à frapper à sa porte. Tout ce qu'elle trouva à répondre fut de reculer d'un pas pour le laisser ouvrir la porte de sa propre chambre.

A son invitation, elle entra dans la pièce. Une fois vidées de leurs occupants, les chambres des invités se ressemblaient toutes. Clairs, spacieuses, simple. Ici, pas un effet qui traîne, pas un drap tire-bouchonné. La rigueur militaire dans toute sa splendeur. Une odeur légère voletait cependant dans l'air, une atmosphère qui prouvait que la chambre était pourtant bien habitée. Mais lorsqu'elle avisa un paquetage parfaitement fermé, elle comprit que ce n'était pas juste par soucis du rangement que la pièce était aussi impeccable.

« J'espère que tu n'as pas eut trop de problème avec mon... enfin l'intendant. Je le trouve assez à cran en ce moment. » lança-t-elle plus comme un moyen de briser la glace que parce que cela l'intriguait lourdement. Elle se souvenait parfaitement des mots qu'il avait prononcé quelques jours auparavant. « Je vois que tu comptes partir bientôt. »

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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Sam 27 Aoû 2016 - 8:31

Fenris ferma ma porte derrière eux et l'invita à faire comme chez elle. La voir ainsi dans sa chambre était une sensation étrange. Il s'y était pourtant souvent retrouvé au cours de sa convalescence mais les choses semblaient différentes aujourd'hui. Ce n'était plus un lieu où ils pouvaient librement exprimer leur affection, l'endroit où ils pouvaient se montrer naturels l'un envers l'autre. Non. Cet espace était à présent tel un bureau ou un salon pour les relations délicates. Mais le cavalier ne se sentait guère l'âme d'un diplomate en cet instant. Il lui tardait plutôt de savoir ce qu'elle avait à lui dire, tout en le redoutant à la fois. Cette sensation allait finir par devenir une habitude...

Fenris déposa sa cuirasse et ses lames près de ses affaires apprêtée pour le lendemain. Ses armes n'étaient d'ailleurs pas celles qu'Halie avait l'habitude de le voir porter. Il s'agissait d'épées de factures moyennes et très communes. Celles de son père étaient posées sur une table avec une lettre, comme une affaire en souffrance.
De son côté, la Protectrice brisa la glace comme elle put. Au moins, elle avait évité le "comment vas-tu ?" qui aurait été presque déplacé dans le cas présent car la réponse semblait couler de source et elle en était la cause.

-Je pense qu'il essaie simplement de bien faire. C'est une période trouble où la guerre prend fin dans une victoire toute relative.

Tout en continuant son discours, il commença à délasser sa chemise avant de prendre la direction d'un recoin de la pièce où il tira un paravent. Halie put ensuite entendre les bruissement du vêtement que l'on retire et l'eau versée dans une bassine. Entre la chaleur et l'effort physique qu'il fournissait dans ses entraînements intensifs, l'elfe se lavait deux fois par jour afin de demeurer présentable. En compagnie de son amie, il n'allait pas rester ainsi couvert de sueur, tant pour son confort que pour celui de son amie.

-De nombreux dignitaires qui font étape ici sur le chemin du retour, il est probablement le mieux placé pour le constater et cherche à se montrer aussi agréable que possible.

Ardamir étant sur la route pour se rendre à peu près n'importe où entre Eraïson et le reste d'Anaëh, militaires et diplomates passaient par la cité pour demander un logis. Tous ne réagissaient pas de la même manière à ce qu'ils avaient vécu durant les combats. Difficile pour l'intendant de savoir comment agir avec tous ses hôtes dans de telles conditions. Il devait tâter le terrain et s'adapter en fonction des réactions. Avec Fenris, il avait proposé de lui aménager du temps avec celle dont il appréciait la compagnie, ignorant la véritable nature de leur relation tout autant que la discussion qu'ils venaient d'avoir. Les refus successifs du cavalier avaient suffit à lui faire comprendre que la solitude était la bonne réponse pour le moment et qu'il le solliciterait lorsqu'il en aurait besoin.

Tandis qu'il se lavait, Fenris entendit la question sous-entendue de son amie. Il apparut brièvement, le côté droit de son torse dénudé dépassant légèrement du paravent. Une serviette dans les mains, il jeta un regard sur son paquetage, comme s'il avait su que c'était cette vision qui lui avait fait comprendre ses intentions de s'en aller, avant de retourner se dissimuler.

-J'ai dit que j'irais aux nouvelles.

Il apparut finalement, vêtu d'une chemise propre qu'il achevait de lasser.

-Je n'ai pas changé d'avis.

Tandis qu'il ajoutait ces quelques mots, Fenris avait plongé son regard dans celui d'Halyalindë. Il voulait qu'elle comprenne à travers eux que cela ne se limitait pas à Randil mais aussi à elle. Si les relations amoureuses nécessitaient bien l'accord des deux parties, l'amitié se voulait une relation moins unilatérale. Aussi pouvait-elle le repousser en tant qu'amant mais il avait les moyens de demeurer à ses côtés en tant qu'ami. La nature de leur relation dépendrait d'elle.
Si le Protectrice n'avait pas pris siège, Fenris l'y inviterait avant de lui proposer une boisson et de passer au service. Lui se contenterait d'un verre d'eau pour se réhydrater. Le gobelet en main, il ferait face à Halie puis il s'adosserait à un meuble pour garder ses distances, preuve qu'il savait se préserver. Beaucoup de doutes demeuraient encore autour de leur relation, aussi préférait-il ne pas se montrer trop proche pour le moment, ce qui pourrait les faire souffrir autant l'un que l'autre. Lui, pour des raisons évidentes et elle, pour ne pas lui être désagréable et respecter sa décision.
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Ven 2 Sep 2016 - 1:04

Presque HRP:
 


Les clapotis de l'eau. La brève apparition de Fenris. Halya tourna peu à peu le dos au paravent, tentant de ne pas laisser aller son imagination fertile. Le raclement du paravent qu'on repousse. Arrivé à l'autre bout de la chambre en regardant les boiserie, la protectrice se retourna pour faire face à son ami. Les pointes de ses cheveux étaient appesanties en paquets humide alors qu'il finissait de lacer sa chemise. Il vrilla ses iris asymétriques sur son hôte avec une intensité qui ne laissait aucun doute quant au sens de ses paroles.

-Je n'ai pas changé d'avis.


Il ne lui en donnerai pas plus... Et c'était déjà beaucoup. Même des jours après, il n'avait pas changé d'idée... Il avait eut le temps de repenser à ce qu'elle lui avait dit, de l'intégrer à tête reposée et il n'avait pas changé d'idée. Un instant, elle se demanda lequel était le plus fou des deux...

Elle hocha la tête et accepta un verre d'eau pour s'occuper les mains mais ne s'assit pas.

Étrangement, elle se retrouvait avec l'esprit assez... vide. Quelques instants s'écoulèrent sans un mot. Face à face. Elle vida une gorgée d'eau. Puis une deuxième. Trouver les mots n'était pas difficile. Non. Trouver ce qu'elle voulait dire par contre...

-Désolée... Je t'avouerai que je ne sais pas trop quoi dire. Je ne suis même pas certaine de la raison de ma venue...

Incapable de rester plus longtemps sans bouger, elle fit quelques pas vers la fenêtre toute proche. Le tour sensément régulier était plus qu'approximatif, l'une des séquelles du Voile qui avait transformé l'aspect général de la cité de façon infime et pourtant tellement remarquable pour ceux qui l'avaient connue dans ses moindres recoins. A l'extérieur, les beaux jours étaient bien là. Une douce chaleur baignait la pièce et les rayons du soleils filtraient jusqu'au sol en tachant les branches de flaques lumineuses. Elle passa une main dans ses mèches folles et se retourna, bien loin de la panique ou de l'empressement qu'il avait put lui connaître.

-Merci de prendre aussi à cœur la disparition de Randil, cela me touche...


Et même plus que cela. Mais a quoi bon chercher des précisions inutiles alors qu'elle avait déjà du mal à trouver un fil conducteur à ses idée.

Si une chose avait véritablement changé avec ses ennéades d'enfermement, c'était sa conception de la peur. Elle s'en rendait à peine compte mais la vérité était là. Chaque acte a ses conséquences et par delà de ceux auxquels elle avait été soumise, celui qu'elle avait osé commettre n'était pas des plus anodins.

Avant, elle aurait sûrement chercher à couper les ponts. Elle aurait pris sur elle en frappant dans les murs ou en courant à perdre halène dans les bois. Elle aurait fuit pour ne pas affronter la possibilité d'un échec. Elle serait déjà partie ventre à terre à la recherche de Randil sans la moindre information, n'écoutant que son instinct. Elle aurait hurlé, elle aurait fuit, elle aurait agi exactement comme quelques jours plus tôt, sous le coup de l'émotion. Mais à présent, même si sa première réaction n'avait pas réellement changé, la seconde était bien différente. Elle ne serait tout simplement pas là ou elle se trouvait. Et pourtant, Kÿria était témoin qu'elle était bien là, face à Fenris, yeux dans les yeux, sans tenter d'éviter son regard, sans même être tentée de se détourner.

-Écoute, j'ai retourné notre dernière discussion dans ma tête des centaines de fois durant ces derniers jours sans trouver de réponse. Commença-t-elle en posant son verre d'eau sur la commode qui bordait le paravent replié. Tu avais raison. J'ai toujours gardé en tête notre différence d'âge. Avoir le double de l'âge de sa moitié me semble encore difficile à ignorer d'ailleurs. Mais j'avais tord d'y voir, même involontairement, une faiblesse. Pour ça, je tiens à m'excuser.

Elle se rapprocha de quelques pas pour lui parler plus commodément sans pour autant venir plus près que la distance qu'il avait établi entre eux. Elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise.

-Je ne pense pas que tu sois incapable ou fragile. Ce que j'ai dis... Je ne voulais pas te donner cette impression... mais je sais qu'aider un proche, même une personne de sa famille, ou aider la personne que l'on aime peut être très différent. Je le sais par expérience. Et c'est cette expérience qui me rend assez septique lorsque tu me dis que tu sauras faire la part des choses. Parce que je n'ai pas su faire la part des choses et parce qu'un grand nombre de personne que j'ai côtoyées, elfes comme humains, n'ont pas su la faire non plus sans que quelqu'un leur ouvre les yeux. Parfois cela se faisait assez tôt pour retrouver un équilibre. D'autres fois, non. Et plus le passage a vide est long, plus cela devient pesant.

Elle croisait les bras tout en continuant son explication. De temps à autre, l'une de ses mains se faisait un peu plus expressive, se dressant et se secouant un instant avant de se caler de nouveau dans son coin de coude.

-Je ne veux pas finir par me retourner vers toi et ne plus voir dans tes yeux que de la pitié, de l’indifférence ou pire encore : des regrets. Je veux pouvoir me tenir debout seule. Sans aide. Et actuellement, je ne sais pas si j’arriverai à trouver un nouvel équilibre qui m'est propre avec toi à mes côtés. Je ne sais pas non plus de combien de temps j'aurai besoin pour comprendre ce qui... se passe en moi, ou trouver un moyen de guérir... Mais mes sentiments pour toi n'ont pas changés, je me sens bien avec toi... Et je me sens bien en parti grâce à toi. Je trouve l'idée de me priver de ta présence alors que tu fais le choix de rester, même contre mon avis, totalement stupide, autant pour toi que pour moi. Alors, je sais qu'il est peut-être trop tard. Je sais qu'avec ce que tu sais sur moi, c'est sûrement beaucoup t'en demander. Mais si tu as même une seule idée, un seul conseil sur la façon dont je peux trancher ce sac de nœud, je suis preneuse.


Ses bras retombèrent le long de ses flancs alors qu'elle s'asseyait à la place qu'il lui avait proposé quelques minutes plus tôt, lui offrant un pauvre sourire. Le plus amusant à y repenser, c'est qu'en exposant son état aussi simplement, elle avait fait son choix plus sûrement qu'en annonçant de but en blanc à Fenris qu'elle regrettait la manière dont elle s'était comportée et qu'elle voulait absolument le voir rester. Sans y songer, sans le vouloir, ni même s'en rendre compte, par des actes, non des mots, elle avait changer un minuscule rouage dans sa propre façon d'aborder les choses. Certains diraient qu'elle venait de faire un pas en avant.

Et s'ils devaient faire un bout de route ensemble, ils devaient le décider à deux.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Ven 2 Sep 2016 - 19:36

Tandis qu'ils se trouvaient chacun avec un verre en main, Fenris maintenait son regard sur Halie sans rompre le silence et sans que ni les yeux de la Protectrice plongés dans les siens ni l'atmosphère pesante ne semblent le perturber. Il avait été éduqué pour parer face à tous genres de situations gênantes et celle-ci n'en était qu'une parmi tant d'autres. De plus, c'était elle qui était venu lui rendre le visite, c'était donc à elle de prendre la parole. Il n'avait pas l'intention de lui forcer la main et était prêt à la regarder partir sans essayer de la retenir si d'aventure elle ne parvenait pas à prononcer un mot. Lui n'avait pas dans l'idée de faire quoi que ce soit pour le moment, ce serait tenter de l'orienter. Et quoi de plus normal que de la laissé faire le premier pas après avoir décidé seule de mettre fin à leur relation. Alors il resta là, à la regarder, buvant régulièrement une gorgée d'eau, se resservant au besoin. Sur son visage, elle ne pouvait pas y lire grand chose. Bien sûr, elle pouvait imaginer sa peine et son incompréhension autant que sa détermination, mais il restait mesuré car il ne souhaitait pas que ses émotions l'influencent en quoi que ce soit. Bien qu'il n'arrive pas à l'intégrer, il accepterait son choix, réprimant l'espoir qu'il avait de la voir revenir sur ses choix et l'accepter à nouveau à ses côtés.
Lorsque la Protectrice parla enfin, il interpréta ses paroles plus comme une difficulté de mettre de l'ordre dans ses idées que comme de l'incertitude. Si elle était venu jusqu'à sa porte, c'était qu'elle avait quelque chose à lui dire. Et quoi que ce soit, il souhaitait l'entendre. Il fit donc un geste de la main pour l'inviter à prendre le temps dont elle avait besoin. Puis il l'observa, debout devant la fenêtre. Il réalisa à quel point elle lui avait manqué durant ce mois d'absence... Elle lui avait manqué et ne pouvait ni le lui dire ni le lui montrer. En silence, il prit une grande inspiration pour refouler son émotion et regarda le contenu de son second verre déjà à moitié vide.

-Merci de prendre aussi à cœur la disparition de Randil, cela me touche...

Fenris releva la tête vers la Protectrice lorsqu'il l'aperçut se retourner du coin de l’œil. Ce n'était certainement pas ce qu'elle était venu lui dire mais il n'avait pas de doutes quant à la sincérité de ses propos. Aussi, il lui répondit après quelques secondes.

-Inysiëis est une amie à mes yeux. Randil représente bien plus pour toi.

Il savait qu'il ne pourrait sans doute jamais comprendre leur lien autrement qu'intellectuellement mais il avait depuis longtemps compris qu'elle avait besoin de lui pour son propre équilibre. Elle avait donc plus que jamais besoin de lui. Cette affaire ne pouvait donc souffrir aucune attente et elle avait déjà par trop attendue... S'il l'avait appris plus tôt et qu'il n'avait pas eu besoin lui aussi de repos, il serait déjà sur les traces du loup. Même si cela l'attristait, il comprenait qu'elle ait besoin de Randil bien plus qu'elle n'avait visiblement besoin de lui. Il ferait donc son possible pour le retrouver.

Un nouveau silence flotta dans l'air mais il fut vite interrompu. Et cette fois, ce ne fut pas pour une simple phrase... Cette fois, Halyalindë semblait avoir trouvé ce qu'elle souhaitait vraiment lui dire et s'exprima pour aller jusqu'au bout de sa pensée. Il ne montra aucune réaction concernant ses excuses. Elle admettait enfin que son âge avait toujours fait partie de l'équation. Toutefois, il ne comprenait pas pourquoi le sien posait problème alors qu'elle avait passé tant de temps chez les humains, jusqu'à en épouser un. Il n'en toucherait pourtant pas un mot. Ce serait lui envoyer la question en place figure, tel un reproche, alors qu'elle venait de lui demander pardon et ce n'était pas ce qu'il souhaitait.
La suite de son discours le toucha bien plus, jusqu'à se demander pourquoi elle lui avait pas parlé ainsi huit jours plus tôt. Tel son égal. Tel son compagnon. Sans prononcer les mots, elle renouvela l'expression des sentiments qu'elle lui avait avoué avant son départ. Ils étaient toujours là. Toujours vivaces. Et elle ne voulait pas les voir s'éteindre. Elle lui demandait conseil, émettant le désir de prendre une décision avec lui et non plus seule de son côté comme s'il n'avait jamais existé. Tout ce qu'il demandait, elle venait de le faire.

Alors qu'Halie s'assit enfin, à la fois soulagée d'avoir pu s'exprimer et désespérée de n'avoir trouvé aucune solution, quelque chose changea enfin dans l'expression de Fenris. Son regard s'illumina... Puis il lui sourit. D'un sourire posé, sincère, doux. Satisfait et heureux de la voir changer de point de vue à son égard. Prenant son troisième verre, il se détacha enfin du meuble auquel il était toujours adossé et s'avança en direction de la Protectrice. Il posa son eau sur un meuble bas prévu à cet effet et vint s'asseoir à ses côtés sur la banquette où il lui avait proposé de s'installé depuis de longues minutes déjà. Par sa simple présence, il lui faisait comprendre qu'il acceptait ses excuses et qu'il était prêt à reprendre leur discussion au moment où elle avait achevé son récit, juste avant qu'il ne lui ouvre la porte pour la laisser le rejeter.
Le regard qu'il posait sur elle avait changé entre leur rencontre sur le pas de la porte et cet instant. En fait, il était redevenu celui qu'elle lui avait toujours connu et qu'elle avait vu muer à mesure que leur relation et leurs sentiments évoluaient. C'était comme si tout était oublié.
Anaëh ne s'était pas faite en un jour. Eux non plus. Car ils pouvaient bien parler d'Eux à présent.

Enfin, sa voix se fit entendre, douce et posée.

-J'entends que tu ne veuilles pas devenir dépendante de moi et je le comprends. Toutefois, je peux t'aider sans rester à côté de toi à tout moment. Laisse-moi simplement te tendre la main, juste le temps de te donner l'élan pour te mettre debout.

Elle souhaitait retrouver un équilibre qui ne dépendrait pas de lui et, connaissant son esprit indépendant, il pouvait le comprendre. Mais cela ne l'empêchait pas de rester présent à ses côtés pour la soutenir, même si cela nécessitait qu'il s'efface parfois pour la laisser achever de se remettre, seule.

-Et pour tes inquiétudes me concernant, cela te rassurerait-il si je faisais venir quelqu'un qui n'hésitera pas à me dire le fond de sa pensée, que le fond et la forme me plaisent ou non ? Quelqu'un qui pourraient jouer le rôle de garde-fou, au moins le temps que nous cherchions Randil ? Ensuite, mes obligations se rappelleront sûrement à moi et prendre du recul ne devrait plus être un problème.

Son regard toujours plongé dans le sien, il lui laissa le temps de peser le pour et le contre de sa proposition. Cette idée venait de germer dans son esprit et lui semblait être une bonne alternative. Puisqu'un tiers avaient toujours su tirer ses proches de la situation qu'elle redoutait tant à son égard, pourquoi ne pas d'ores et déjà intégrer une tierce personne en guise de mesure préventive ? Bien sûr, il n'agirait pas sans son consentement et était prêt à entendre son avis sur la question.
Mais ce n'était pas la seule chose qu'il lui proposait. Il espérait également les voir partir ensemble à la recherche de Randil. Cela lui semblait être une bonne chose, tant pour elle que pour eux deux. Après un mois de séparation, ils avaient probablement besoin d'être ensemble. Certes, le tiers qui les accompagnerait ne leur permettrait pas d'avoir de l'intimité en tout temps mais ils n'en auraient peut-être pas besoin avant leur retour.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Dim 4 Sep 2016 - 11:36

Assise, elle vit le visage de Fenris changé du tout au tout... Sans comprendre pourquoi. Mais elle en était soulagée, c'était un fait.

-Contente que ce que je te dise te fasse plaisir...
souffla-t-elle mi-figue mi raisin.

Pas qu'elle lui en veuille ou qu'elle n'apprécie pas son sourire... Mais elle était plutôt surprise de le voir réagir ainsi. Comme si d'un coup, toute la tension de ces derniers jours était oubliée. Comme si le problème était déjà réglé. Un mois sans se voir. Une entrevue qui s'était plus que mal passée. Et... pouf.

Elle l'écouta, alors qu'il venait s'asseoir près d'elle quittant la distance qu'il avait instaurée entre eux en même temps que la froideur de ses traits. Ses paroles étaient sensées… et ce qu'il proposait plein de logique. Elle y réfléchit un instant. Quelque chose la gênait dans cette proposition sans réussir à mettre vraiment le doigt dessus. Enfin elle avait des raisons de refuser, mais elle était presque sûres que ce n'étaient pas les bonnes.

-Oui… Pourquoi pas. Si tu en a envie. Mais cela doit être ton choix, non le mien. Si tu ne penses pas en avoir besoin ce n'est pas la peine. Elle secoua la tête. J'ai seulement besoin de savoir que tu n'hésiteras à me dire ce qui te pèse ou ce dont toi tu as envie, pas que quelqu'un te donne sa bénédiction en permanence. Objectivement, j'ai confiance en toi… C'est en moi que je n'ai absolument pas confiance… Et je sais que je me répète… ajouta-t-elle en fronçant le nez comme elle venait de s'en apercevoir.

Si c'était l'âge, il frappait bien trop tôt à son goût… Mais elle avait une idée bien plus précise de l'origine de certaines pierres angulaires de son raisonnement.

-Je suis désolée. J'ai passé tellement de temps à réfléchir dans cet endroit…

On en finissait par avoir des certitudes reposant sur du vent. Mais on les garde juste pour trouver un sens aux heures qui passes…

Dans tout cela, elle voyait cependant un peu plus clair. Juste un peu mais c'était déjà ça… Elle devait le laisser faire ses propres armes, c'était une évidence… Une évidence complexe à intégrer quand cela impliquait l'éventualité de le perdre, mais elle devait s'y faire. Alors pourquoi ne pas commencer un petit pas à la fois ?

-Je n'ai pas vraiment besoin de ton aide, mais… Je pensais partir sur les traces de Randil demain matin. Si ta décision est prise, est-ce que tu accepterais que nous voyagions ensemble ? … Et au lieu de parler sans cesse de moi et de mes petits tracas, est-ce que tu accepterais aussi de me raconter un peu de ce qui t'es arrivé… Me dire ce qui t'as valu ta permission à durée indéterminée par exemple ?

Elle plongea son regard dans celui de Fenris assit près d'elle, un sourire un peu plus léger sur le visage.

-J'ai beau ne plus être dans l'armée, je sais qu'une bataille ne suffit pas à obtenir ce genre de choses.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Dim 4 Sep 2016 - 13:23

Fenris eut un geste d'apaisement en voyant la réaction d'Halyalindë face à son changement de comportement.

-Ne m'en veux pas. Mais j'ai crains un moment que tu n'aies plus de sentiments pour moi et, malgré l'ennéade qui vient de s'écouler, cela me rassure d'apprendre qu'ils sont toujours là et que tu ne les renies pas.

Certes, le noble donnait l'illusion que tout était réglé mais il restait un brin de gêne entre eux. Il était assis à côté d'elle mais ne faisait aucune tentative pour la toucher. Il ne savait d'ailleurs pas si elle avait envie qu'ils se rapprochent et qui devait faire le premier pas. C'était elle qui avait créé cette situation, était-ce à elle d'y mettre un fin ou devait-il lui tendre la main afin de lui faire savoir que tout était pardonné ? Ou un acte de sa part serait-il malvenu et risquerait-il de la mettre mal à l'aise ?... Un grand nombre de questions de ce genre tournaient dans sa tête et il avait l'impression d'être emporté dans un dilemme inextricable en l'état. Il ne voulait surtout pas commettre de faux pas après avoir été à deux doigts de la perdre.
Cela mettait fin à son désir de lui dire à quel point elle lui avait manqué et combien il avait pensé à elle durant son absence. Il avait été dans ses pensées aussi mais pour des sujets bien différents apparemment. Il ne pouvait donc pas lui avouer tout cela, même s'il avait un peu abordé le sujet avant de la quitter quelques jours plus tôt.
Tant d'envies et de questions qui ne trouveraient pas de réponses pour le moment... Alors il se contentait de rester là, assis à ses côtés. Cela ne semblait pas la déranger, sans quoi il aurait eu tôt fait de reprendre quelques distances afin de ne pas lui être désagréable. Il avait l'impression de marcher sur des œufs des plus fragiles...

Halyalindë accueillit sa proposition avec moins d'élan qu'il ne l'aurait espéré. Visiblement, cela ne répondait pas vraiment à sa problématique et elle lui exprima ce qu'elle souhaitait réellement : Qu'il la laisse gérer seule. De son côté, elle lui autorisait à faire appel à un tiers mais c'était à sa discrétion et selon s'il estimait en avoir l'utilité ou non.

-Je ne pense pas en avoir besoin moi non plus. J'ai simplement pensé que cela te rassurerait. Tu sembles avoir si peur que ma vision de toi évolue dans le mauvais sens... Si tu souhaites que je reste en retrait, que je ne sois qu'un conseiller apportant un point de vue extérieur et que je te laisse te relever seule, je le ferais tant que c'est ce qu'il y a de mieux pour toi. Tu sais que tu peux compter sur ma franchise pour te dire, non pas ce que tu souhaites, mais ce que tu as besoin d'entendre. Quant à moi, je veux seulement être à tes côtés pour m'assurer que tout ira bien pour toi.

Fenris était ainsi. Prévenant. Et cette qualité était décuplée par ses sentiments désormais bel et bien présents. Mais n'était-ce pas son rôle ? Leur rôle à tous les deux ? Veiller l'un sur l'autre, jusque dans la pire des situations. Si la Protectrice l'avait oublié, ce n'était pas le cas du cavalier. Et il avait bien l'intention d'honorer cette promesse tacite qui lui tenait à cœur.

Lorsqu'Halyalindë exprima le désir des les voir voyager ensemble, Fenris fut mitigé. Sa remarque comme quoi elle n'avait pas besoin de lui était presque blessante et il plissa légèrement les sourcils. Pourtant, elle ne se serait pas contrainte à l'inviter à l'accompagner si elle n'en avait pas eu sincèrement envie. Aussi se contenta-t-il de lui répondre "Avec plaisir." accompagné d'un sourire mesuré.
Puis, pour la première fois depuis son retour, elle voulut parler de lui. Le cavalier prit une inspiration qui resta coincée dans sa gorge et il demeura interdit durant un instant. Que devait-il dire et taire ? La bataille du front avait été une grande victoire, ou l'aurait été si tout un pan de la forêt n'avait pas flambé avec la fuite des drows. Elle avait déjà vécu tant de choses, elle en avait déjà tant enduré, devait-il ajouter cela sur ses épaules ? Maintenant qu'il allait l'accompagner, il pouvait se permettre de remettre cette nouvelle à plus tard. Elle ne risquait pas de tomber devant le fait accomplit sans qu'il n'ait eu le temps de lui en parler auparavant. Quant à l'annonce de sa promotion, il était pris d'un autre malaise...

-Je... culpabilise un peu.

Il marqua une pause pour prendre une grande inspiration avant de reprendre, le ton lourd, tandis qu'un sourire à demi triste se dessinait sur ses lèvres.

-Je culpabilise qu'il me soit arrivé un évènement heureux tandis que tu as tant souffert. Que tant de gens ait tant souffert. C'est pourquoi je n'en tire pas de gloire et que j'évite le sujet. J'ai... été abordé par un homme avant les combats. Il avait entendu parlé de nos exploits avec les drows et voulait me féliciter pour le courage et l’ingéniosité dont j'ai fait preuve lors de l'affrontement final. Il est revenu me voir après la bataille et m'a...

Fenris s'interrompit, comme s'il peinait à formuler la fin de sa phrase. Il prit une nouvelle inspiration pour se donner du courage avant d'aborder le sujet qui le rendait si confus à l'égard de son amie. Cette fois, ce ne furent pas ses émotions qui le stoppèrent mais trois coups portés sur sa porte. Surpris, le cavalier se tourna dans la direction du bruit, se demandant qui cela pouvait bien être. Il adressa un sourire à Halie pour s'excuser puis il alla ouvrir pour découvrir l'intendant sur le pas de la porte.

-Bonsoir Monseigneur. Vous aviez besoin de quelque chose ?

Le cavalier se souvint soudain.

-Oui, en effet. Un instant.

Laissant la porte ouverte derrière lui, l'intendant pensa à une invitation à entrer. Il fit donc un pas à l'intérieur et découvrit la Protectrice sur la banquette.

-Oh, bonsoir Madame. Je vous dérange en plein entretien peut-être ? dit-il en se retournant vers Fenris qui s'était éloigné de quelques pas déjà.

-Ce n'est rien. J'ai juste une mission à vous confier si vous le voulez bien.

Le cavalier prit les lames de son père ainsi que la lettre qui était posée à côté avant de revenir sur ses pas.

-Pourriez-vous faire porter ceci à mon père à l'Epine Dorée ? Il ne devrait pas tarder à recevoir ma dernière missive et ne sera donc pas surpris mais j'ai préparé une autre lettre pour éviter toute confusion.

L'intendant prit les armes et le parchemin qu'on lui tendait en inclinant la tête pour signifié qu'il avait compris.

-Ce sera fait. Mais, puis-je vous demandé ce que vous allez faire sans armes ?

-J'en ai d'autres, ne vous inquiétez pas.

Fenris montra les deux lames posées à côté de son paquetage. L'intendant les observa et fronça les sourcils.

-Certes mais elles sont de bien mauvaises factures comparées à celles-ci.

-C'est vrai mais j'ai besoin d'armes que je puisse faire modifier. Celles-ci ont une valeur sentimentale dans notre famille.

L'intendant s'inclina devant son argument.

-Fort bien. N'ayez crainte, je m'en charge.

-Je vous remercie pour votre aide.

Fenris lui sourit et le raccompagna pour fermer derrière lui. Puis il resta un instant face à la porte, cherchant le courage de se retourner pour faire face à Halyalindë. Lorsqu'il le fit enfin, il chercha dans son regard l'étincelle qui lui aurait permis de savoir si elle avait compris ce qu'il s'était passé au front. Si elle avait compris qui était cet homme qui l'avait abordé et ce qu'il avait pu vouloir à un simple soldat si jeune et à la carrière si courte.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Dim 4 Sep 2016 - 15:15

-Je... culpabilise un peu.

Halya leva un sourcil. Comment ? Quoi ? Qui ?

Il commença une explication qui avait l'air laborieuse à propos des combats et de leur équipée diplomatique manquée. Puis il s'interrompit... puis il fut interrompu. Halya fronça le nez. Elle n'était pas inquiète... Mais curieuse, ça oui. Quelques bonnes nouvelles ne pouvaient pas faire de mal... Quant à l'intrusion, si ce n'avait pas été Celondil, elle aurait sûrement eut l'air bien plus renfrogné.

Après un rapide salut à son... ami ? (enfin si Celondil avait été même une fois l'ami de quelqu'un...) Halya se désintéressa quelque peu de la tractation. Elle voulait connaître la fin de l'histoire. Quelle bonne nouvelle Fenris pouvait avoir a annoncer...

En attendant que l'affaire soit réglée, elle se leva et retourna à la fenêtre pour admirer les jardins et leurs parures estivales. Qu'est-ce que cela pouvait bien être... Son esprit se lançait dans des conjectures légères sans pouvoir s'empêcher de prêter une oreille distraite et discrète à l'entretient des deux hommes.

Pour une fois, le sujet sur lequel s'était rué ses pensées n'était ni morbide, ni lourd, ni même crucial. Elle avait réussi à exprimer à peu près clairement les affres de perplexité dans lesquels elle naviguait à vue et les mots de Fenris avaient su la rassuré suffisamment pour qu'elle ne tourne plus dans sa tête comme un requin dans un bocal. Tous ses problèmes ne s'étaient pas miraculeusement envolés, mais une décision avait été prise : elle ne pouvait pas se séparer de lui aussi facilement en fin de compte... Alors cette nouvelle question, était on ne pouvait plus rafraîchissante.

-C'est vrai mais j'ai besoin d'armes que je puisse faire modifier. Celles-ci ont une valeur sentimentale dans notre famille.

Hmmm ?

La bataille. Les hauts faits. L'homme mystère qui vient prendre la température. Les armes qui avaient vocations à être modifiées. Mhaha... Ses lèvres pincées gigotèrent de droite et de gauche alors qu'elle essayait de chasser un sourire... sans grande réussite. Si c'était cela... c'était tout bonnement extraordinaire.

Lorsqu'elle se retourna pour saluer Celondil d'un signe de tête, son rictus en coin était parfaitement visible, mais il ne fit aucun commentaire, comme à son habitude. La porte se referma... et Fenris resta cramponné à la poignée. Voyant qu'il ne se retournait pas immédiatement, elle s'avança jusqu'à pouvoir poser la main sur son épaule, espérant qu'il se retournerait à son contact. Elle avait hésité un instant avant de poser les doigts sur sa chemise, sachant que sa peau, déjà pas franchement chaude en temps normal, était anormalement froide désormais.

Puis lorsqu'il se retourna enfin, il put voir, sans en douter une seconde, la joie qui pétillait dans le regard d'Halya.

-L'homme qui est venu te voir était un Aigle ou un Épervier ? Demanda-t-elle les yeux rivés dans les siens.

Elle avait abandonné jusqu'à l'idée de ravaler son sourire. La réponse tomba. Cette fois, elle n'hésita pas avant de le serrer dans ses bras.

-C'est formidable ! Un honneur pareil n'a pas du arrivé depuis... Depuis... Longtemps !

Après aussi peu de d'années de service, être repéré par les Aigles était tout simplement... incroyable. Les combattant les plus précoce qu'elle connaissait du temps ou elle officiait parmi eux n'avaient pas été repéré avant deux ou trois siècle d'exercice. Elle même avait erré pendant un siècle, servi dans l'armée d'Ardamir et passé un autre siècle au sein de l'armée royale avant d'être repérée. Certes, les officiers avaient changé depuis qu'elle y était mais elle doutait que les critères de sélection aient baissés, surtout avec la guerre aux portes d'Anaëh.

-Je suis tellement contente pour toi, Fenris.

Elle relâcha son étreinte juste assez pour faire de nouveau face au jeune guerrier, néanmoins prête à reculer davantage si elle voyait que son geste n'était pas le bienvenu.

-Félicitation. C'est une magnifique nouvelle.

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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Dim 4 Sep 2016 - 19:18

Lorsque les doigts d'Halie se posèrent sur lui, Fenris ressentit comme une légère décharge électrique partant de son épaule pour descendre le long de sa colonne vertébrale. Une seconde plus tard, ses muscles se détendirent après le passage de ce coup de jus et il se retourna vers la Protectrice. Ce n'était pas que son contact était froid - chose qu'il ne craignait pas - mais il ne la pensait pas si près. Et après avoir passé plusieurs minutes à ses côtés en évitant soigneusement de la toucher, c'était... comment dire... presque inattendu ?
A l'étincelle dans ses yeux, il compris aussitôt et sa question confirma cette idée. Après qu'il lui ait répondu, le sourire de la belle se fit radieux et elle le serra dans ses bras. Le jeune Aigle lui rendit son sourire mais avec moins d'enthousiasme, contrairement à son étreinte dont il profita pleinement. Il était si bon de la sentir contre lui... Cela lui parut encore différent de leur dernière étreinte qui datait déjà de huit jours. Après l'avoir presque perdue, c'était comme s'il devait profiter de chaque instant comme s'il était le dernier.

Après un moment, Halie recula légèrement. Fenris ne desserra pas ses bras, trop heureux de l'avoir près de lui, mais prêt, lui aussi, à la laisser s'éloigner si c'était ce qu'elle voulait. Elle renouvela l'expression de sa joie et le félicita. Il lui sourit un peu plus franchement cette fois-ci.

-Je voulais attendre d'être avec toi pour m'en réjouir. J'attendrais que tu ailles mieux pour m'en satisfaire pleinement.

Sans même s'en être rendu compte, une de ses mains était remonté jusqu'au visage de la Protectrice. Ses doigts écartèrent une mèche de cheveux, comme pour lui permettre de contempler son visage dans son entier. Elle était si belle... Et pas seulement physiquement. Avec ce qu'elle avait vécu, elle était là à s'enthousiasmer avec sincérité pour l'honneur qui lui avait été fait. Et son sourire... Il lui faisait aussi chaud au cœur que celui qu'il avait pu lire sur son visage alors qu'il pénétrait dans sa chambre, fraîchement descendu de cheval, pressé de la retrouver et inquiet de l'accueil qui lui serait réservé. Il peinait à croire qu'une heure auparavant, leur relation n'était plus tout à fait à l'ordre du jour et qu'à présent elle se trouvait dans ses bras. Le regard plongé dans le sien, une envie apparut dans le creux de son ventre accompagnée par la crainte qu'elle ne refuse.

-Tu es magnifique Halie... Et quoi que tu en penses, pour moi tu l'es tout autant à l'intérieur.

Ses doigts se mirent alors à se mouvoir de nouveau. Ils suivirent le contour de sa joue, frôlèrent l'arrête de sa mâchoire avant de revenir en arrière pour glisser dans son cou et s'arrêter dans sa nuque. Ses yeux étaient toujours plongés dans ceux de sa dulcinée et il fut attiré comme un aimant par son visage. Il s'avança, prêt à essuyer tout refus tout en espérant ne pas en rencontrer. Il approcha jusqu'à ce que leurs nez se touchent puis il ferma les yeux et continua... pour laisser ses lèvres entrer en contact avec celles d'Halie.
Elle n'avait pas refusé... Par Kyria, elle n'avait pas refusé. Cela faisait si longtemps qu'il croyait avoir oublié cette sensation tout comme le goût de ses lèvres. Fenris renouvela son baiser. Un peu plus assuré, conforté dans l'idée que leur amour brûlait toujours du même feu. Un peu plus appuyé, emporté un instant par l'émotion qui le submergeait de l'avoir retrouvée. Tandis qu'il l'embrassait avec une passion mesurée, il gardait à l'esprit qu'elle pourrait l'interrompre avec plus ou moins de vigueur tout comme elle pourrait faire durer leur baiser encore un peu plus longtemps...
C'était à elle d'en décider désormais.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Dim 4 Sep 2016 - 21:26

-Mais je vais bien, Fenris… répondit-elle du tac au tac, presque agacé avant que son visage ne retrouve une pointe de réflexion dubitative. Ou du moins j'en ai l'impression… Oublie ce que je viens de dire, d'accord. Finit-elle en retenant un éclat de rire quelque peu gêné.

Après tout, elle ne savait même pas si elle pouvait encore se dire elfe… Le Souffle n'était-il pas ce qui différenciait les elfes des animaux ? Alors bon… certifier qu'elle allait bien c'était peut-être un peu pousser le bouchon. Mais pour l'heure elle avait tout sauf envie de s’appesantir sur le sujet.

Alors que la main brûlante de Fenris glissait sur sa joue, ses propres doigts glissait sur la nuque de celui qui n'était plus tout a fait un jeune cavalier. Elle y pensait à peine, plus concentré sur le visage qu'elle avait sous les yeux que sur ses propres gestes. Elle se souvenait du jour de leur séparation, la façon dont elle avait essayé de graver ses traits dans sa mémoire… Et pourtant il lui semblait aujourd'hui que le temps les avaient rendus tellement flou...

Sa voix, ses mots, il ne fallut rien de plus pour qu'une vague de chaleur se répande dans sa poitrine. Elle lui sourit, ne sachant quoi répondre. Les mots ne pouvaient pas exprimer ça. C'était… la première fois qu'elle pouvait croire ces mots dans leur totalité. La première fois que quelqu'un en sachant autant sur elle la regardait avec cette tendresse dans le regard. Que ce soit lui plus que tout autre était comme une libération.

Il approcha. Elle ne recula pas. Il était un peu plus assuré que dans ses souvenirs… Un peu plus passionné également. Ni l'un ni l'autre n'aurait pu lui déplaire. Lui rendant un baiser tout aussi passionné, elle le laissa pourtant guider l'échange, se laissant simplement aller à son contacte aussi longtemps qu'il le lui permettrait. Sans qu'elle s'en aperçoive, ses doigts avaient glissés dans ses cheveux blancs. Elle le retrouvait, ou plutôt elle le découvrait à nouveau. Étrange chose que ces deux impressions mélangées.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]   Lun 5 Sep 2016 - 11:50

Leur baiser se poursuivit ainsi sans que ni l'un ni l'autre ne souhaite y mettre un terme. Alors qu'elle se cramponnait avec douceur à sa chevelure blanche, il serra un peu plus l'étreinte de ses bras autour d'elle afin de la maintenir tout contre lui. Contre son cœur. Comme si, par ce geste, il pouvait y graver son empreinte.
Tous ses sens s'éveillaient les uns après les autres. Il humait l'odeur de ses cheveux comme s'il avait peur de l'oublier. Il goûtait ses lèvres avec toujours un peu plus de passion que lors du précédent baiser. Il s'imprégnait du contact de sa peau sous ses doigts. Il se surprit à se laisser aller là où ses sentiments l'emportaient tandis que son souffle se raccourcissait peu à peu. Et Halyalindë lui rendait chacun de ses baisers... Ce moment était un bonheur sans nom et il ne sut depuis combien de temps il durait. La peur dans son ventre avait disparue, laissant place à des sensations nouvelles et inattendues. Se rendant compte de la naissance de ce désir inédit, Fenris prit une inspiration plus forte que les autres qui marqua une pose dans leur étreinte si délicieuse. Il rouvrit les yeux et plongea dans le regard de sa bien-aimée.

C'était la première fois... La première fois qu'il se laissait guider par son cœur plutôt que par sa raison. Ce qu'il ressentait pour elle, il ne l'avait jamais ressenti pour personne. Pas depuis ce jour où, assis sous un cerisier, il s'était aperçu de l'affection toute particulière qu'il avait pour elle. Ce sentiment avait progressivement mué au fil des ennéades pour se transformer en un amour tout ce qu'il y avait de plus sincère et réel. Il lui avait fallu apprendre qu'il ne pourrait peut-être jamais la revoir pour comprendre la nature de ce qu'il éprouvait.
Ce soir-là, les choses étaient encore différentes. Son amour était toujours bien présent mais semblait avoir pris une forme nouvelle. Décuplé par les évènements récents, il était devenu comme une envie indescriptible et difficile à réprimer... Une envie qu'il ne souhaitait partager qu'avec elle. Une envie... Envie d'elle ? La formulation lui sembla surprenante sur l'instant mais elle était pourtant si juste... Il la désirait. Malgré cette émotion plus que forte, il n'avait pu réprimer sa crainte. Car, bien évidemment, il appréhendait se moment. Il savait que cela se produirait un jour mais il ne s'y était pas attendu si tôt. La peur de l'avoir perdue, la joie de l'avoir enfin retrouvée, le manque de sa présence qui l'avait tenaillé tant et tant de jours. Tout cela avait accéléré les choses.
Finalement, alors qu'il paraissait encore essoufflé sans avoir fait le moindre effort, quelques mots sortirent de sa bouche, presque chuchotés.

-Je t'aime Halie.

Cela résumait tout et répondait à sa propre crainte. Toutefois, de nombreuses questions restaient en suspend. La première était de savoir si son désir était partagé. L'interrogation était doublement plus juste qu'Halie n'avait pas eu pour projet de voir leur relation se pérenniser jusqu'à il y avait quelques minutes encore. Ensuite, était-ce le bon moment ? Ils devaient partir le lendemain, la chose fatiguaient peut-être... Il n'en savait rien en définitive. Sans compter que peut-être était-elle attendue pour le dîner. Lui-même avait l'esprit embrouillé, ne sachant pas s'il devait se laisser aller, s'il devait attendre que son désir grandisse ou s'il était tout simplement prêt à franchir le pas maintenant. Pour une fois, sa raison ne pouvait pas l'aider à trouver une réponse à son tourment intérieur. Enfin, il ignorait comment il devait s'y prendre. Devait-il l'embrasser à nouveau ? Comment allait-on plus loin dans l'expression de son désir ?
Il eut un petit rire de crainte et d'amusement mêlés. Il se sentait perdu, comme il ne l'avait sans doute jamais été, mais cela ne l'inquiétait aucunement. Il en était presque heureux au contraire. Heureux car il savait que cette crainte n'était pas mauvaise. Elle faisait partie de ces choses de la vie qu'il voulait connaître. Il n'y avait qu'une seule personne qui pourrait l'aider... Alors, une fois ne serait pas coutume, ce serait lui qui demanderait conseil, toujours amusé par la situation plus qu'inhabituelle.

-Je ne sais plus du tout ce que je dois faire.
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Après le tumulte des âmes, celui des cœurs. [Halie/Fen]
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