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 Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]

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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Lun 15 Aoû - 5:30




Les ténèbres engouffraient la salle où il se trouvait, à l’instar des profondeurs océaniques. L’endroit était une forteresse où la noirceur était maîtresse et où nul ne se dressait devant sa suprématie. Étanche, le jour de la porte ne laissait pas pénétrer le moindre faisceau de clarté, il faisait nuit noire. Étonnamment, la fraîcheur de l’endroit était inappropriée, ce même cloîtré entre quatre murs. L’hiver envahissait l’espace, le privant de toute chaleur et pourtant, ne l’affectait en rien. Absence de frissons et de frémissements, son corps s'ardrait et ce, malgré la morsure du froid qui assaillait son derme ébène. Une fumée blanchâtre s’échappa d’entre la prison de ses dents lorsqu’il expira, mais n’en remarquait rien. Étonnamment, l’acuité de sa vision elfique ne lui était d’aucune utilité. Ses prunelles drapées d’un linceul opaque le handicapait de cécité, mais n’ébranlait en rien le calme qui l’habitait. Pointues et toujours fonctionnelles, ses oreilles cherchaient à compenser, avides d’une quelconque tonalité. Alors un sourire naissait, vil, cruel et malsain. Une respiration agitée, celle d’une petite souris. La paluche du prêtre tâtait sa propre taille où il trouvait la présence de son fidèle poignard, coutelas aiguisé à outrance déclaré cent fois meurtrier. Les guibolles du prima se déployèrent avec alanguissement, d’un geste mesuré et prudent, il enchaîna les pas, un devant l’autre, jusqu’à se stopper net. Alors sa main tâtait, derechef, cette fois-ci à la recherche de descriptions. Cette souris devait être bien spéciale, pour se trouver là, exposée si fragilement à son maître. Le tableau était maintenant clair. La pauvresse n’avait d’armure à sa pudeur, complètement exposée à la douloureuse caresse de l’hypothermie. Il sentit au bout de ses doigts curieux la douleur qui transperçait sa peau aussi durcie que la glace, les tremblotements occasionnés par la sécheresse de chaleur, mais aussi par la peur : elle aussi se savait accompagnée. Il devinait aussi ses bras levés, pointant vers les cieux, les mitaines mariées et menottées à l’aide d’un cordage rugueux. Inutilement, ses paupières chutèrent paresseusement afin de se délecter de cette œuvre d’art livrée sur un plateau d’argent pour lui. Ses doigts, gourmands de détails, découvrirent sous un éboulement de grelottements, deux pointes dressées en l’honneur de ce temps frisquet. Cambrant légèrement la tête, l’oreille tendue, son pouce et son index trituraient ces fragiles monts dans l’espoir de provoquer une avalanche de supplications. Rien, hormis le dandinement de ce morceau de viande réfrigéré. Un bâillon, oui! Son sourire s’accentuait de plus belle, rêveur à souhait, s’imaginant devenir boucher et exécuter milles et unes coupes sur ce bétail qu’elle était. Alors il ne s’en fallait pas plus, plat de la lame chassé pour laisser place au coupant, il déposa celle-ci sur sa peau frigorifiée, où il approcha son nez tout près de l’endroit où il s’apprêtait à taillader. Langue déployée, il patienta que du sang ruisselle sur sa langue rosée, après l’avoir mutilé … Rien. À pleine force son bras se contractait et appuyant avec conviction, il n’y parvint toujours pas. Cette peau tantôt gelée, s’avérait en fait être faite de fer. Stupéfait, Velkyn se redressait et à l’instar des matines, quelques rayons lumineux écorchèrent les ténèbres, suffisamment du moins pour apercevoir sa victime : Shynrae. Son bâillon volait en morceaux tandis que ses entraves de nylon brûlaient instantanément. Fou de rage, dans l’impossibilité de jouir de sa souffrance, comme il le faisait avec toutes, il se rua en animal sauvage vers elle. Intouchable, d’un revers de la main, la chimérique victime le balaya d’un coup au menton et le projeta contre le mur, duquel il fit voler en éclat les pierres pour voltiger à des lieux de distance.

« Non, pas celle-là, Velkyn », lui chuchota une voix lointaine et caverneuse.



******


« HEIN ?! » Hurla-t-il dans un sursaut paniqué. Le front baignant en sa sueur, il se saisit de son poignard et menaça le vide, les yeux à la recherche d’un coupable. On toqua à la porte de sa chambrette où le sol était tapissé d’un rouge épais et coagulé, menant évidemment vers un macchabée inanimé, meurtri et dépecé. Immanquablement, ses confrères restaient toujours pantois face à la violence de ses soirées « dépravées », mais s’abstenaient de commentaires, comme si la chose était rendue naturelle. « Seigneur Velkyn, votre offrande pour la Sirène est prêt. Devons-nous lui envoyer maintenant ? » Lança un Drow qui omettait d’observer la macabre scène en fixant son maître. « Oui faites, le départ est prévu pour aujourd’hui. Je veux qu’elle en fasse la réception qu’une heure ou deux avant notre arrivée. » Répondit le Prima, la voix encore un peu rouillée par son éveil agité.



Au domaine Irvin



Des « Oh! » et des criements surpris mouillaient les émissaires aussi abondamment que les giboulées à leur passage dans la roture. Tenant en laisse le présent du Haut-Prêtre, le duo de Drow foulaient le pavé jusqu’aux installations Irvin. Là, guettant comme des cabots écumant de rage, se postaient deux soldats armés d’hallebardes aux lames dorées. « Identifiez-vous! », jappèrent les deux veilleurs. « Nous sommes ici pour livrer un présent à sa magnificence, la Princesse Ointe. », répondaient alors les deux serviteurs, non sans un sourire narquois pendouillant au visage. « Croyez-vous que nous allons livrer une pareille horreur à notre Maîtresse? », crachant la réponse comme un venin sur le duo de plaisantins. « Peut-être si le Haut-Prêtre d’Uriz, Maître et Dieu de la Guerre, insistait à ce qu’il soit reçu immédiatement ? » Les deux rustres s’échangèrent un regard incertain puis, en déglutissant lourdement leurs doutes, ils acquiescèrent à l’unisson. Le plus bourru des deux se retournait puis quêtait la présence d'un domestique auquel il ordonna : « Faites quérir la Maîtresse et apportez ce ... cette chose dans le salon, au rez de chaussée.»

L’animal, puisqu'il en était devenu un, était immobile et centré sur le tapis du salon. L’homme était de provenance péninsulaire à en voir le teint blafard de sa peau. Entamant la quarantaine, quelques poils grisous et hirsutes parsèment la toison de sa barbe naissante et mal entretenue. Un mors à cheval fendait les parois latérales de ses lèvres desséchées, ce dernier rattaché à un collier surdimensionné qui le forçait à garder le menton bien haut. Ce bout de métal était perforé et dans les cavités, étaient rattachées de longues chainettes qui pendouillaient suffisamment longtemps pour entraver ses poignets, ses chevilles et la base de son phallus étonnamment surdimensionné. Parce que oui, l’homme était nu comme un ver, nu comme à sa prime naissance. Mais ce n’était pas tout, le présent cachait encore quelques surprises. Ses cheveux manquaient à l’appel et comme s’il avait été gauchement rasé, son crâne était écorché. Le sang n’était pas présent mais la peau montrait les ravages de la bataille au couteau, laissant la peau horriblement retroussée. Comble de la maladresse, les coups de couteaux avaient glissés jusqu’à ses oreilles qui elles deux, avaient été arrachées et coupées. Cautérisées cependant, on devinait que le tout était une mise en scène. À bien l’observer, ce dernier semblait huilé à outrance d’un liquide odorant et fort bien goûteux : l’échantillon que rapporta Velkyn de leur dernier repas. Dans l’une des mailles des chaînettes se trouvait une clé de fer, dont les courbes calquaient la fente qui se trouvait à son collier. Si libéré de ce dernier, une fois le dernier bastion mit en déroute, des scarifications huileuses formaient le message suivant : « MORDS-MOI! »

Alors l’esclave, torturé à outrance et victime d’un infecte traumatisme vomissait les seuls mots qu’il devait dire a ce moment précis : « Il arrive »




Dernière édition par Velkyn Xaran le Mar 6 Sep - 18:46, édité 2 fois
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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mar 16 Aoû - 21:31





Prémices d'un Avenir Daedhel

& Velkyn Xaran





[3ème ennéade de Karfïas, An 9]



« Dame Irvin, on vous m-mande au rez-de-chaussée. Dans le Salon d-du Nautile. Il semblerait que ce soit … urgent... » La petite semblait tout aussi pressée d'avertir sa maîtresse qu'horrifiée par quelque chose qu'elle avait fui avec hâte. « Puisqu'il semblerait, je suppose que tu peux me laisser tranquille et que j'irai constater plus tard ce qui m'attends dans ma propre maison ? » Répondit la noirelfe avec ironie et contrariété, sans même relever son aquilin nez des nombreux documents qu'elle étudiait avec bien trop d'attention. « Anlalyn ? Je t'ai dis de déguerpir, je suis occupée. » Un geste las de la paume vint accompagner son déplaisir. Ces derniers temps, Shynrae était particulièrement distraite, se forçait presque à travailler sa concentration pour des tâches qui d'ordinaire lui glissaient des doigts. Son esprit vagabondait souvent ailleurs que dans la rigueur de ses livres de comptes, se laissant porter au gré de ses espoirs et inquiétudes de plus en plus présentes …
« Maîtresse, … Son Excellence le Haut-Prêtre d'Uriz vous a envoyé un … p-présent. »

Tous ses mouvements se figèrent, tout comme ses pensées. Après presque deux mois sans nouvelles aucunes de son confrère et ami Daedhel, voilà qu'il faisait un retour tonitruant dans son existence, sans même qu'elle ne s'y soit attendue. Du moins … de cette façon. Elle avait préféré suivre le cours de ses habitudes, après leur prometteuse rencontre, d'autant plus qu'il  l'avait quitté avec l'épée de Damoclès d'un conflit auquel il prenait part. Quoiqu'il adviendrait de lui … Les affaires de la Doeben se devaient d'être maintenues, non bâclées ou laissées de côté à cause d'espérances utopiques. Ce qu'il échoira de tout cela … ne devait occulter ses primes occupations. Tant bien que mal, la grisonne avait laissé de côté les mémoires de leur entretien, afin de ne point trop enflammer son génie avec fiel si pernicieux. Intérieurement, elle s'était mise à prier des déités qu'il lui apprendrait à honorer. « V-Velkyn ... » Marmonna t-elle, oubliant presque la présence de sa possédée. « Je descends de suite. »
Si elle savait, ou plutôt espérait, son retour, Shynrae ne pouvait se prononcer quant à la forme de celui-ci. Aucun vélin ne lui avait été adressé, ni quelconque récit de son voyage vers Yutar, encore moins de rapport tout droit venu des lignes … Cela l'avait d'ailleurs beaucoup préoccupé, plus qu'elle ne voulait se l'avouer. Une douleur aiguë dans la jambe - séquelle encore lancinante de l'incident avec Nyx- vint amoindrir sa précipitation tandis qu'elle se levait d'un bond de sa chaise. Elle attrapa au vol une canne de corne richement ouvragée.

« Alors, qu'est ce que mon cher confrère Puysard a pu me faire parvenir sans m'en avertir … ? » S’exclama une Sirène plutôt enjouée en pénétrant dans la pièce où l'attendait une offrande.... particulière. Au centre d'un des salons d'apparat de son cossu manoir Thaari trônait une sorte de monture-humaine aux réactions frénétiques, psalmodiant à qui voulait – et surtout pouvait du fait de son entrave de fer - l'entendre « Il arrive » en hochant du chef avec agitation. Si les mutilations du pauvret étaient à dater antérieurement - aucune goutte de sang ne venait poisser son rare tapis zurthan – toute l'horreur de la mise en scène résultait des évocations de celle-ci. La Grise y voyait là moult interprétations, toutes aussi plausibles et concordantes les unes que les autres. D'abord, et instinctivement, une référence très marquée à son propre passé, les confessions dont elle lui avait fait part, du fait des origines du clampin, de l'incitation à la morsure, mais surtout de l'absence notable des oreilles du misérable. C'était aussi comme un avertissement, un présage physique et orchestré de ce que pouvait être toute la cruauté du sombre peuple, ainsi que leur sarcasme ..singulier. Car oui c'était là une plaisanterie, d'un goût plus que douteux, qu'il lui adressait, comme chacun aurait envoyé des fleurs insolites, ou des bijoux précieux. Le fracas du choc de la canne contre la pierre vint interrompre sa litanie. Shynrae manqua de s'écrouler de stupeur. « Je...je … Sortez-moi ça d'ici ! » Hurla t-elle en croisant le regard ahuri de cet homme dont on avait arraché la vie comme la dignité. Une vague de pitié la submergea, dirigée vers ce pitoyable être qui n'avait certainement rien à se reprocher, ou aucun rapport avec l'éminent personnage qu'était le Prima. Non, non elle ne devait point céder, c'était là un test, il la mettait à l'épreuve pour s'assurer leur bon avenir ensemble, chasser les démons qui la maintiennent liée à cet Ithri'Vaan qu'elle désire fuir, annihiler les restants d'humanité en sa chair.
« Mère, qu'allons nous faire de lui ! Ce malheureux humain ! Quel Monstre que ce Drow ! » S'emporta Azadralvra qui avait rejoint la petite assemblée grossissante sur le seuil de la salle. « Vous ne pouvez pas laisser telle atrocité en notre demeure ! » Ignorant parfaitement la mélopée furieuse de son infulte, l'elfe se retourna vers les cerbères les plus proches parmi la foule de domestiques.
« Faites le taire. Comme il vous plaira, mais abrégez ses souffrances. » Sa voix était aussi glaciale que l'ultime œillade qu'elle accorda à l'infortuné gueux, humant avec noirceur les effluves d'une de ses propres huiles dont on l'avait entièrement enduit.






Dernière édition par Shynrae Irvin Sin'Do'Rah le Mar 13 Sep - 17:19, édité 3 fois
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mer 17 Aoû - 17:22




Une voix soufflée dans le creux de son oreille lui dictait quelques conseils qui sonnaient comme des ordres. Malicieuse à souhait et amusée, la voix semblait prendre malin plaisir à donner son avis. « Bâti une histoire, mens-lui de toute pièce. Fais de ta réalité la sienne, invente lui un futur prospère et promets-lui ciel et terre. Elle t’écoutera, tu es la voix. Ce que tu lui diras paraîtra comme l’absolue vérité, paroles divines lui étant personnellement adressée. »

Haineux, un homme fit taire son homologue pour cracher son fiel, les lèvres pincées et les dents serrées, comme s’il se retenait pour hurler : « Fais-lui découvrir tous les délices que procurent la vengeance. Qu’elle goûte et se délecte de ce sentiment qu’est de purger une rancune longuement entretenue pour rendre la monnaies de sa pièce à son tourmenteur … »

Une présence féminine chassa le furibond pour s’exprimer chaudement, d’une voix mielleuse et enjôleuse.  Un doux ricanement feinté accompagnait ses conseils susurré dans le creux de son oreille : « Vois aussi à son ambition, mais je crois qu’elle en a déjà en suffisance … Il ne te reste plus qu’à lui faire prendre du poids, l’alimenter d’envie et la faire enfler de jalousie … Encore, encore et encore! Puis, viendra ce moment où sa vision sera cloisonnée, où elle épousera l’envie non pas d’être Princesse, mais d’être LA Reine. »

La voix suggestive et sensuelle d’Isten se tut lorsqu’un cri lui arracha toute sa grâce, un hurlement caverneux venu de loin, laissant place à une quatrième voix, un peu essoufflée, comme s’il venait de terminer une tâche exigeante. « Cruelle ? Je ne sais. Dans tous les cas, pas suffisamment … Elle lui faut avoir le même regard que le tient, lorsque tu les fais couiner, lorsque tu les empêches de caqueter et que tu fais de toi le boucher. Je veux que défile en ses yeux les pensées les plus lubriques à la simple vue du raz de son couteau et que d’une gouttelette de sang seulement, elle jouisse à l’idée que quelqu’un ait souffert. Fais-lui comprendre le plaisir que procure d’avoir la vie de quelqu’un dans la paume de sa main… »

Puis, rien. Toutes les voix se turent, laissant place à une seule. Maître des lieux, son intonation résonnait outre mesure dans cette caverne qu’était les méandres de ses pensées. Presque démoniaque, chaque mots était pesé et dictés dans un timbre de voix grave et portant. Cette fois, nul conseil n’était au rendez-vous, il ordonnait : « Elle doit mourir par la violence … Pour renaître Drow. »


Velkyn papillonna des cils en secouant la tête frénétiquement, comme s’il réalisait où il était. Accompagné de deux soudards, ils foulèrent les prémices de la grande Thaar, où quelques bâtiments richement décorés marquaient leur imminente arrivée. Exceptionnellement,  sous l’étonnement des prêtres qui le virent quitter Thaar, le Prima s’était vêtu d’affublements de fort bon goût et n’avait, depuis moult années, jamais si bien parut. Il avait chassé son accoutrement principalement fait d’haillons et de guenilles ensanglantées et s’était minutieusement toiletté pour l’occasion. Ses cheveux immaculés cascadaient proprement au-delà ses épaules carrées, tandis qu’un anel fait d’ossement lui transperçait le lobe d’oreille. De bon goût, il revêtait un pourpoint d’ébène dont le tissu de bonne facture faisait bon mariage avec les boutons rougeâtre de sa tunique. À son cou pendouillait un pentacol où au bout de la chaînette dorée, une tête de squelette dont le crâne était transpercé ornait le bijou.  À ses poignets, deux broquettes dorées en forme de pavois enjolivaient ses longues manches serrées. Des braies aussi noircies que sa cotte couvraient ses guibolles et s’arrêtaient là où commençaient d’épais bottillons aux lacets flamboyants. Finalement, ses braies et son pourpoint étaient tous deux guêtrés d’un large ceinturon à la boucle de fer. Deux épées croisées au-dessus d’une petite cavité cherchant à imiter une marre sanguine, décoraient ladite boucle. « Filez tous deux, trouvez-vous quelque chose à faire mais restez près. Je ne sais quand nous partirons, mais je veux vous voir marauder dans les parages. Qui sait si Shynrae me surprendra … »

Il arriva finalement, sautant à pieds joints au bas des marches qui menaient là-haut, sous le portail d’entrée. « Enfin … Je me languissais de ce moment depuis si longtemps … » Lança le prêtre pour lui-même, tandis qu’il traînait sa monture près d’un serviteur à l’aide d’une des lanières de cuir. « Faites savoir à votre Maîtresse que Velkyn est arrivé. » Dicta le Daedhel au palefrenier, omettant de nommer ses titres honorifiques.


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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mer 17 Aoû - 23:05









 « Ici, Dame Irvin ? » Demanda un des bras armés avec tout le sérieux du monde. Pourquoi fallait-il qu'on l'exaspère dans un si incongru instant ? Ne pouvait-on pas simplement exécuter ses ordres sans les questionner ? Ils auraient tous mérités le même sort ou bien pire encore, avec leurs crétines réactions de pauvres âme apeurées. Ils ne comprenaient pas, ils ne comprenaient rien. Ils ne pouvaient saisir ce que Velkyn lui avait adressé, et à elle seule. A cet instant elle regrettait presque d'être ainsi entourée, de devoir subir les hoquets écœurés et autres pleurs saccadés de sa stupide suite. « Soit, Odomar. Si tu préfères l'accompagner au trépas. Fais donc ainsi. » Répliqua la Sirène dans un long soupir équivoque dont nul ne saisit le sarcasme. « Emmenez le donc dans quelconque cave ou je ne sais quoi, mais pressez-vous. Son âme doit avoir rejoint l'au delà avant l'arrivée de Son Excellence ... »
L'air de rien devant sa propre insistance, Shynrae quitta la pièce sans autre mot que ces dernières instructions. De toute manière, l'affaire ne méritait guère plus, l'important étant qu'elle en saisisse le message, l'essence. Si le Daedhels avait eu d'autres projets pour son obole … Ils ne lui avaient point traversés l'esprit. Un souffle convulsif lui apparut dernière la nuque. « Mère, mère ! Vous ne pouvez laisser faire ça ! » S'égosilla sa fille, les joues pis qu'humides, les yeux embués et grenats. « Mère .. Shynrae ! »
La gifle qui fendit l'air sembla surgir de nulle part, la Marchande ne s'étant même pas tout à fait arrêtée dans son avancée. Ses mots là avaient été de trop, l'avaient mené au bout de sa patience. Néanmoins,était-elle là vraiment courroucée, ou plutôt agitée comme une rosière à l'annonce de la venue imminente de son attendu ? Elle même n'en avait aucune idée, se laissait emporter par la moindre agitation de ses émotions. « Plus-Jamais-tu-ne-me-dictes-ce-que-je-dois-faire-ou-non...Compris ? » Cracha t-elle d'un air menaçant à une Azadralvra complètement déconfite devant l'emportement de sa génitrice. Si elle avait presque chuchoté ces paroles, son ton se fit plus perché. « Maintenant hors de ma vue, tous ! Je ne veux plus entendre la moindre de vos respirations, surprendre la moindre de vos ombres ! Dehors, partez, cachez-vous, je m'en moque, mais laissez-moi seule. Je m'occuperai moi-même d’accueillir mon visiteur. »
« C'est aussi valable pour toi. » Siffla t-elle à l'adresse de sa descendance.

Il n'était pas question que sa maisonnée soit motif de déception pour le Prima, bien qu'il soit aussi probable qu'il n'en ai cure. Pour cette fois, elle pouvait se passer d'une quelconque aide, si elle avait souhaité le recevoir en grandes pompes pour leur première rencontre, il était certain que celle-ci serait différente et n'aurait besoin des largesses d'une prime invitation. Pour autant … ce n'était plus la bienséance, ni la politesse, qui avaient motivés l'acquisition de ce qu'elle allait chercher en cet instant. Les horribles beuglements du pauvret lui parvenaient plus distinctement encore tandis qu'elle débouchait sur un des cloîtres de son castel, donnant sur l'accès aux écuries de la bâtisse. Celles-ci avait été désespérément vides depuis quelques mois, les bêtes de la noirefle étant laissées au pré, aux alentours de Thaar, afin qu'eux puissent gambader à loisir. C'était sans compter sur un hennissement troublé venant d'un des box, qu'un nouvel occupant venait emplir de sa présence. Ce n'était pourtant pas un animal stressé, au contraire, il avait été choisi pour son indifférence glaçante face à son environnement, pour ses capacités à ne jamais défaillir au devant du danger ou de l'inconnu. C'était là la monture parfaite pour son compagnon Eldéen, un pur-sang racé à la robe extraordinairement immaculée, blafarde comme sa tignasse à elle, presque aveuglante. De longs crins blancs lui cascadaient sur l'encolure en boucles souples, ses yeux noirs, pourtant expressifs, la fixaient avec vivacité. Vel'Do'Hel lui avait vraiment concédé un incroyable destrier.
Non loin, se trouvaient un harnachement complet brodé aux motifs des moults marques que le Puysard portait sur le corps, ainsi que des représentations fidèles d'Uriz et ses compagnons du cosmos, dénichées dans les quelques grimoires du panthéon sombre qu'abritait la Grande Bibliothèque de la cité. Malgré sa modeste force, elle entreprit de l’accoutrer par ses propres moyens, s'y reprenant à plusieurs fois avant d'obtenir le résultat escompté.
« D-dame Irvin …. ? » Osa timidement un de ses esclaves, probablement conscient de ce qu'il risquait à venir l'importuner alors qu'elle achevait de sangler une lanière. Elle le foudroya du regard avant de répliquer, mais il fut plus prompt dans sa persévérance. « Il est arrivé. »
« Fais venir le cheval dans le Grand Salon, celui du Kraken, oui. Allons. »

Les lourdes portes de sa demeure s'ouvrirent sur le Haut-Prêtre qui attendait là, sur le perron. Son visage s'illumina lorsqu'elle posa les yeux sur celui dont elle avait attendu le retour avec plus d'impatience, d'envie et de torture qu'elle ne voudrait l'admettre. « Est-ce ainsi qu'une importante figure du Puy rend visite à une vieille amie ? En lui envoyant ce que tout noble Thaari prendrait comme un présage d'atteinte à ses jours ? Si je n'avais pas une petite idée de ce qu'il m'attend à tes côtés, Velkyn, j'aurais renoncé au moindre de nos arrangements, de peur que ta folie ne soit contagieuse. »
Elle le taquinait, évidement. Dévoilant ses crocs neigeux dans toute leur longueur. Lui tendant une main diligente, Shynrae ne lui laissa guère le temps de répondre. « Viens. Tu as tant de choses à me raconter. Nous avons beau être immortels, j'ai trouvé le temps atrocement long... » Ils entrèrent dans le manoir et la Grise le guida vers ce qu'elle lui avait réservé.








Dernière édition par Shynrae Irvin Sin'Do'Rah le Mar 13 Sep - 17:19, édité 3 fois
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mar 23 Aoû - 21:11





Quelques ennéades s'étaient écoulées depuis leur dernière rencontre, un battement de cils dans une vie d’immortels et pourtant, depuis aussi loin qu’il se souvint, jamais une personne ne lui avait manqué de la sorte. Certes, lorsque plongé dans les évènements tumultueux d’Éraison, ses pensées ont laissés à la dérive la Guenaude Sanglante pour se concentrer sur d’autres soucis d’envergures, mais maintenant qu’il la voyait, endimanchée comme à leur première entrevue, la chose était moins évidente. Et en cela, Velkyn s’en voulait amèrement. Les raisons qui alimentaient ses agissements, ses désirs et ses espérances quant à la Sirène, lui échappaient encore. Elle n’avait rien d’une vraie Eldéenne – du moins pas dans l’instant -, ni n’avait rien de sa femme, alors que pouvait-elle avoir qui cultivait tant son intérêt ? Certaines scènes macabres et lugubres la concernant le tourmentait une fois la nuitée venue, tandis que ses voix conseillères, les fantômes qui guettaient ses pensées les plus profondes, se querellaient à son propos … Se pouvait-il qu’elle ait un avenir qui le dépasse, qu’elle soit destinée à des desseins jusqu’alors inatteignables ? Ou était-ce simplement fabulations créées de sa psyché dérangée ? Toutes ces questions agissaient comme du charbon sur le brasier de son intérêt envers elle, et c’est justement ce pourquoi il accueilli avec respect sa petite mitaine autour de son biceps bien rond.

Elle avait donc reçu son présent, comme il le prédit. Et elle réagissait, comme il le prédit. Après tout, il n’était pas envisageable qu’elle comprenne, pas du premier coup, non. Le cadeau était horrible, à n’en point douter, mais cette créature, corbeau porteur de leçon, n’avait très certainement pas été réceptionné adéquatement. Elle mentait et il le savait, simplement par la manière précipitée à laquelle elle en fit mention. Alors le duo de noirelfes escalada les marches qui menaient vers l’ouverture du palais, s’échangeant quelques regards entendus. « Ainsi, tu as reçu mon présent. J’ai pris soin de le dresser moi-même, qu’il soit obéissant et doux à souhait, comme tu aimes tes bêtes. J’espère que tu sauras prendre soin de lui, comme tu le fis avec ton défunt mari … » Lui souffla-t-il, le visage tourné vers elle, toujours en la guidant de son bras replié contre son poitrail, sa main accrochée à ce dernier. Sa voix fût agréablement bienveillante, non pas lancé comme une pique salée ou avec sarcasme, mais comme d’un naturel bon. Ses doutes se confirmèrent, nulle réponse ne fût lancée. Un silence glacial tonna dans les interminables corridors du palais, puis, après un moment, un rire d’abord légèrement jaune puis franc, comme si elle fût cible de nombreuses émotions à la fois. Il senti néanmoins la grippe de la guenaude à son bras se resserrer, chose qui fit naître un sourire doux aux lèvres du Prima. Elle enchaîna à son ricanement une réponse calculée et toujours colorée de son timbre de voix nuancé parfois de vérité, parfois de sarcasme : « C'était une très aimable attention, Velkyn. Et je t'en remercie. Je ne sais pas si j'irai jusqu'à te dire que cela m'a " touché ", mais je note l'effort. À vrai dire, je n'aurais pas dû en attendre moins de toi, et ... ton esprit torturé. » Termina-t-elle, sur une note plus taquine, tout en appuyant sur le touché. « J'imagine que si je t'avoue l'avoir fait exécuter, cela sonne à tes oreilles ciselées comme " prendre soin de lui " ? » Lui empruntant ses mots, son sourire s’épanouissant de plus belle en son intention. Mais il resta de marbre face à sa mesquinerie, répondant simplement : « L’as-tu seulement tué toi-même ? » Cette fois plus sérieusement, le visage un brin plus grave. Il venait de trucider le sourire de sa compagne, d'une seule question. Son pas se freina graduellement, tandis que s’instaurait un second silence initié par la sirène, jusqu’à ce que le convoi se stop carrément devant le seuil de porte du salon du Kraken. « Alors ? » Insista-t-il, sèchement. Ce à quoi sa compagne répondit, en évitant la réponse directe : «  Je te l'ai dit, je l'ai fait exécuter. » Comme si de ne pas dire " Non ", pouvait la discréditer de toute faute, même si elle savait pertinemment son erreur. Seul le regard froncé, sérieux et inquisiteur de son invité lui fit comprendre la bévue qu'elle avait commise, se sentant oppressée à tel point qu'elle se senti l'obligation d'ajouter tout bas : « J'ai encore beaucoup à apprendre, n'est ce pas? » Cette fois les mirettes visant le sol momentanément, pratiquement à l’instar de l’enfant puni. « Je t’enseignerai l’importance de mettre à terme certaines tâches que tu considérais jusqu’alors comme celles de tes sbires. Mais le cadre et l’endroit est mal choisi, cela viendra … » La rassurait le Prima, d’une main à sa nuque, l’incitant à pénétrer au salon d’une menue pression.

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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mer 24 Aoû - 12:28








Le contact de sa paume contre le bras du Prima se faisait plus pressant qu'une simple accolade. Elle s'y agrippait, vraiment. La faute aux séquelles de son trauma, la faisant encore quelque peu boiter comme un pantin désarticulé. Cela, la Sirène tentait de le dissimuler aux yeux impitoyables du Haut-Prêtre, à qui elle ne voulait avouer sa faiblesse. A peine pénétrèrent t-ils dans le hall que le Daedhel la questionna quant à ce qu'il avait fait précéder sa venue, son présent, comme il se plaisait à l'appeler … Qu'il désire en parler, cela ne l'étonna guère , qu'il initie même leurs retrouvailles avec ce propos. Au fond d'elle, elle eut préféré qu'il s'en tienne à ce qu'elle concédait à lui raconter, plutôt que de vouloir lui tirer les vers du nez. C'était sans compter sur les exigences de Velkyn, et ce qu'il instaurait d'ores et déjà concernant la suite de leurs plans.
De prime abord, ses interrogations presque incessantes l'agacèrent. N'avait-il pas pu lui fournir une notice ? Une explication ? Avec cet immondice humain livré en sa demeure ? Non, juste une horreur innommable en guise de carton d'invitation. Évidement qu'elle ne pouvait savoir comment réagir, et surtout agir, avec justesse. Shynrae confessa à demi-mot ce que le sombre considérait comme un échec. Et quelle souffrance cela lui infligeait ! Si elle s'évertuait à lui sourire, faire preuve de ce répondant lui ayant tant plu lors de leur première rencontre, plus rien ne semblait attendrir – si tant est que ce fut possible - le Puysard. Il demeurait impassible à la moindre de ses tentatives.
Un instant, elle se sentit découragée, dépitée par ses attitudes.
Est-ce la guerre qui l'avait ainsi changé ? Avait-il revu ses intentions à son égard ? Leur projet avait-il encore un avenir ? Toutes ces géhennes défilèrent en un éclair en son esprit contrarié. La Grise le sentait différent, sans pouvoir déceler pour quelles raisons. Elle s'attela pourtant à enfouir sa moue rembrunie derrière un masque d'orgueil. L'elfe n'était en rien d'accord avec les derniers propos de l'Eldéen, et préféra un gênant silence, appuyé, plutôt que d'autres vaines justifications.

Contrairement à ce qu'elle avait exigé, le Salon du Kraken était vide de toute présence. Déjà fort agacée, cela acheva de nourrir son irritation. Elle soupira avec lenteur, comme pour se donner plus de patience encore. Le comportement de son ami l'ayant déjà poussé dans ses retranchements, l’amer constat de ne pas se voir écoutée en ses propres murs l'agita d'autant plus. « Il semblerait que … La surprise que je te réservais soit tombée à l'eau ... » S'exprima Shyn en portant très haut sa voix qu'elle conservait impavide. «  Anlalyn ? Viens voir ici. Où est Ydan ? Je m'attendais à le voir, ici. » Toujours aussi craintives d'être ainsi sommées, l'une des jeunettes composant ses suivantes avança d'un pas hésitant.  « I-il est dans la Cour du Crabe, en train de faire entrer un ch... » « T-t-t-t, fort bien. Pas besoin d'en dire plus. Va donc l'aider en ce cas, et ne nous faites pas attendre. »
L'ordre était sec que directif, la petite disparu aussitôt. Se retournant vers son hôte retrouvé, la Marchande daigna enfin reprendre le cours de leur conversation. « Alors, Velkyn. Comment était-ce, le front ? Tu m'excusera de ne point m'être renseignée à ce sujet, c'est que les Vaanis ne sont guère peu impliqués, aussi proches de nos cités soient les heurts. Il est des choses qui seront plus .. ardues à m'ôter de la conscience, j'imagine. Alors, avez-vous été triomphants ? Cela arrangerait, j'en conviens, bien nos affaires. Je m'attendais cependant à quelque .. signes... de ta part, dévoilant ta probable arrivé en ville. Depuis quand es-tu de retour à Thaar ? Et, maintenant que tu es là, qu'allons nous faire ? »
La Doeben l'avait véritablement mauvaise. Sa nervosité se faisait désormais palpable. Furibonde, elle osa même des propos qu'elle saurait déplaisant pour le Prima. Elle se sentait tellement blessée, prise au dépourvu, de le voir tel un étranger … qu'elle se refusait à lui dévoiler le fond de sa pensée, combien elle s'était languie de son absence, inquiétée de sa situation, et contrainte à l'attendre avec ténacité. Ses songes contradictoires se mêlèrent en un flot d'interrogations successives.
Ses répliques se voyaient alors rythmée par un bruit de fond, d'abord lointain puis de plus en plus distinctif. Les deux esclaves débouchèrent sur le seuil de la pièce, menant par la bride le splendide étalon opalin.
« Ah. » S’exclama la grisonne en se retournant vers l'incongru groupuscule. « Me concernant, j'ai tenu à t'honorer d'une largesse plus … appropriée. »






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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mer 24 Aoû - 22:17





Un feu d’artifice de question éclata lorsque la petiote s’échappa pour quérir le présent manquant. Les interrogations fusaient et Velkyn ne savait pratiquement plus où commencer. Son arrivée tomba du ciel aussi sèchement que des giboulées de rocaille, mais peu l’importait, Velkyn se faisant maître de son apprentissage ne pouvait laisser transparaître quelconques ressentiments en son égard, ne serait-ce qu’il rêva d’icelle en quelques occasions. Aussi se devait-il de chasser de sa psyché la moindre singulière pensée qui divergeait de son but. Plus qu’une simple Doeben, Shynrae avait en elle le potentiel d’accomplir de grandes choses en ces landes en perdition et en cela, Velkyn en avait la ferme conviction. Avec certitude, icelle était cible de désaccords en ce qui attrayait les multiples voix susurrant de mots doux à l’oreille du prêtre, et quand bien même, la Grise Sirène tracerait un jour où l’autre sa propre voie et ce, avec ou sans guide. Ces contrées s’asséchant de jour à jour de pur-sang Drow, demandaient avidement qu’on les abreuve de personnes compétentes et aux valeurs reflétant les racines d’un peuple à l’image du Panthéon Sombre. Intérieurement, le Guerrier Puysard voyait en la Sanglante Guenaude la Reine qui manquait à Thaar pour qu’icelle se redresse et qu’elle mue, à terme, à l’image du peuple élite. Aussi préfra-t-il s’adresser à elle d’un timbre de voix plus enclin aux bons échanges, plus doux et moins acerbe : « Disons que notre entreprise fût plus compliquée qu’elle ne l’était prévue, mais au final, je ne suis pas insatisfait des résultats. » Il omit de donner suite à sa remarque sur les signes qui manquaient, quant à son imminente venue, mais poursuivait en élucidant l’une de ses interrogations. Il jeta un coup d’œil vers l’une des fenêtres clôturée, puis vers le seuil d’entrée du salon, en haussant petitement de ses larges épaules carrées. « J’arrive tout juste. Je ne suis venu que dans l’unique but de te voir, Shynrae. Mieux que quiconque, tu sais que j’exècre cette citée plus que nulle autre, mais heureusement, tu en vaux largement le coup. » Lui indiqua-t-il dans un rarissime compliment, bien que le ton de sa voix n’en laissait pas croire un traître mot, même si la véracité de ses propos n’était pas à mettre en doute. Puis, il fallait répondre à son ultime question, mais non sans un sourire, son bras se faisant toujours aussi solide appuis pour sa petite mitaine. « Le temps nous manque pour convoyer jusqu’au Puy, or, il m’a semblé plus judicieux d’emprunter la route jusqu’à Sol’Dorn, où au moins, tu pourras contempler de tes yeux le prélude de ce qui t’attends. Là, je ferai ta prime éducation afin que de te préparer pour notre voyage jusqu’aux tréfonds de la Faille. » Une son bras se déliait et esseulait la mitaine de sa compagne, pour aller déposer sa main à sa frêle épaule, comme d’une caresse maladroite.

Un hennissement secouait la tranquillité du palais, interloquant le Prima dare-dare. « Est-ce bien ce que je crois? » L’un des sbires entra au salon en stoppant net sa course, le souffle aussi court qu’une mèche de chandelle mourante. « Voici un compagnon pour son Excellence. » S’exprima l’esclave, le visage rosit par l’effort. Puis, se pointait deux "employers" Irvin, tenant chacun une longue corde, épaisse, tressée par quatre fois et raccordées à la muselière d’un immense équidé au poil immaculé. D’un caractère revêche, l’animal faisait preuve de moult remontrances quant à sa venue au salon, notamment par ses hennissements incessant et ses coups de sabots contre le plancher. D’une stature dominante et doté d’une robe opaline plus pure encore que le coton, l’animal se dressait là, devant eux tous, à secouer son museau encore et encore en guise de contestation. « Je l'ai acheté à Vel'Do'Hel. Je lui ai demandé le meilleur de ce qu'il avait à offrir. Et étant donné que ... nos futures pérégrinations nécessiteraient ... probablement quelques traversées et qu'à ma connaissance tu ne disposais point d'une monture de renom, alors j'ai jugé utile de t'en procurer une. Il est magnifique n'est-ce pas ? Aussi blafard que tu es sombre, aussi passif que tu es caractériel. Du moins, c'est ainsi que l'on me l'a vendu, n'est-ce pas! Tout aussi semblables qu'antagonistes, je m'imaginais qu'ensemble vous feriez une glorieuse équipée. » Quittant le confort qu’il avait aux côtés de Shynrae, le bout de ses doigts filèrent dans le creux de ses reins, comme d’une caresse toute passagère et horriblement concise, puis s’approcha de l’animal débordant d’animosité. Il l’étudia, silencieusement, puis ajouta en se retournant vers la Doeben: « A t-il un nom ? » Ce à quoi répondit la Sirène, ne dérobant aucuns regards à l’équidé mais se régalant des réactions de son sombre confrère : «  Il aurait été baptisé Ninquissë, qui signifie blancheur. Je t'avoue trouver ce nom un peu ... basique, voir terriblement niais. Que penses-tu de Vygaj ? » Si le présent ne lui arracha aucun sourire, l’entendre prononcer ce mot en langue sombre en fit autrement, ses lèvres s’étirant subtilement.« Judicieuse idée. » Tonna le guerrier, en détaillant les dorures à l'effigie de ce qu'il idôlatrait, de ce qui le représentait. Il acquiesça plusieurs fois et se réserva un sourire satisfait, qu'il estompa lorsqu'il se retourna vers sa délicieuse amie. « Il est moins beau que la créature que je t’ai offerte, mais … C’est une belle bête. » Dit-il, saupoudré d'une touche de taquinerie. Merci, cependant, il ne le dit point, bien que l’envie ne manquait pas. « Es-tu disposée à quitter aux matines ? » Lui demanda-t-il, plus doux qu’il ne l’aura été depuis son arrivée.

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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Jeu 25 Aoû - 16:32









Ses yeux blanchis roulèrent dans leurs orbites.
« Il'kahtical. » Soupira t-elle avec exaspération devant son ultime référence à ses manières peu orthodoxes. Un raclement de gorge accompagna son amoindrie carcasse alors qu'elle se dégageait de son assise. « Pas de ça entre nous, Velkyn. Pas de rivalité inopportune ou que sais-je encore. Si tu n'a pas l'habitude, ou la manière, d'accepter sans remontrance ce qu'autrui s'évertue à t'offrir, il va pourtant falloir t'y faire. Ce présent, n'est en aucun cas une forme détournée ou peu subtile de faire l'éloge de ma grandeur et mon ascendance sur toi. Si je t'alloue cette bête, c'est autant comme une amie prévenante qu'une camarade dévouée. J'ai les moyens de te couvrir d'or et si l'envie m'en prenait, tu ne saurais m'en empêcher. D'ailleurs, tu es bien le seul que je n'ai point à couvrir d'attentions hypocrites pour l’impressionner, l'unique à qui me montrer sans fard et me dévoiler sans pudeur. »
C'était là sa manière de répondre au précédant compliment du Prima. Tous deux se faisaient cruellement avares de ces douceurs dont pourtant, ils partageaient l'essence. S'approchant en clopinant du cheval, l'elfe entreprit de lui flatter l'encolure de quelques tapes mesurées.
« Ainsi... Sol'Dorn sera notre première escale. » Lâcha t-elle autant pour son propre chef qu'à l'égard du Haut-Prêtre. « J'imagine qu'il s'agit d'une bonne idée. La vielle Sol'Dorn, la Ténébreuse Endormie...premier bastion Daedhel de ces terres aussi étrangères qu'entachées. Oui c'est probablement là une entrée en matière moins .. scabreuse qu'un débarquement frontal au Puy. Néanmoins, peut-être ai-je mal compris, mais … Qu'est ce qui nous empêche, temporellement parlant, j’entends, de nous rendre à Elda ? Non pas que je remette en question ta proposition, qui me paraît plutôt futée, mais, je suis on ne peut plus libre de mes mouvements, si l'on fait fi des déboires de mon échasse.... »
En outre, il était rare qu'elle ne comprenne ses intentions, où il voulait en venir, tant ils étaient fait pour s'entendre. Cette par d'ombre vint à la faire tiquer. Avait-il quelque chose à lui cacher ? Une certaine crainte gonfla en son fort intérieur, lui qui pouvait se montrer sous des jours tellement opposés, pouvait-elle s'y fier avec l’entièreté qu'elle désirait lui concéder ? Un rire mutin vint initier sa réplique. « Velkyn... Velkyn … Cela fait deux mois que tu as fui ma demeure pour retrouver d'autres belliqueux compagnons bien loin de nos ambitions. Et là tu réapparais comme un prodige, une promesse … Sans crier gare, m'adjurant de quitter Thaar au plus vite.... »

La Doeben laissa là un silence faussement accablé, toisant la réaction de son comparse qu'elle charriait non sans amusement. « Oui, évidement que oui, je suis prompte à partir. Cela fait longtemps que j'attends ta venue et me conditionne à ce genre d'annonce tonitruante. De fait, je n'ai que quelques préparatifs à fignoler, me permettant de laisser là mon affaire, l'esprit tranquille. J'ai de quoi être prête pour la nouvelle aube. Mais permets moi de te dire, qu'une Dame se doit d'être ménagée ! Loué soit mon sens des initiatives ainsi que la légendaire habileté, grâce auxquels je peux accéder à ta supplique et ce, sans délai. D'ailleurs, où comptais-tu passer cette dernière nuitée à Thaar ? Restes donc avec moi, pour dîner. Et si le cœur t'en dis, je peux te faire préparer une chambre, ce ne sont pas les pièces qui manquent ici. »








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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Jeu 25 Aoû - 20:28





À l’affût des mouvements de son nouveau camarade, les oreilles du Prima frétillèrent à l’écho de la sonorité particulière de la langue Sombre. Pour lui-même, son sourire s’entretenait à force de la pousser à bout, comme s’il cherchait à nourrir quelques sombres sentiments. Il appuyait pour la seconde fois sur un bouton purulent auquel il avait la ferme intention d’en purger le pue et pour cela, une fois qu’elle comprendrait les frustrations, douleurs et agacements qu’engendraient une telle manœuvre, elle le remercierait. La belle s’emporta en des accusations et presque menaces tout en omettant de masquer son clopinement, chose que Velkyn aperçu du coin de l’œil sans en faire le commentaire. Après tout, son sang commençait à bouillir mais les aveux qu’elle lui témoignait faisaient preuve de quelques véracités qui ne le laissaient pas de marbre. Elle planta avec brio quelques épines dérangeantes dans le masque d’indifférence que tentait d’arborer le Prima depuis son arrivée. Quant à sa blessure, il préféra coudre ses lèvres ensembles afin de s’en tenir au secret et n’en piper mot, pour l’instant du moins. Il se contenta d’ausculter tous les détails de son présent avant que la merdaille dispose de ce dernier en quittant, non sans une révérence toute basse pour Shynrae. Alors elle revint à l’assaut d’une deuxième mention à la tare de sa béquille de chair, cette fois trop pour que Velkyn ne tente pas de désarmer la tension qui flottait dans les airs : « Il semblerait que nous soyons tous deux sujet aux meurtrissures lorsque séparés l’un de l’autre. Il nous faudra être plus prudent, la prochaine fois que nos routes bifurqueront derechef. » Avoua-t-il indirectement sa blessure à la clavicule, bien qu’icelle était sagement emmitouflée sous quelques tissus de bonne facture. « Oui, Sol’Dorn nous accueillera plutôt que le Puy puisqu’une de mes connaissances devait s’y rendre et qu’il m’a semblé juste de te la présenter. Une Eldéenne, tel que tu aspires à le devenir, se doit de connaître personnellement les maîtres du Puy. On ne peut aspirer à s’élever lorsqu’on baigne dans l’ignorance et, de source sûre, je te sais de connivence avec la connaissance. De surcroît, je suis retenu à proximité car tôt, ma femme fêtera son millénaire ici même en Thaar ...  » Il ne prononça pas son nom, comme s'il cru évident qu'elle fasse le lien de qui il était question. Après tout, les noirelfs millénaires n'abondaient pas, surtout pas en Thaar.

Ils retrouvèrent l’ambiance paisible que les lieux incombaient, s’asseyant confortablement et respectivement en deux fauteuil qui se faisaient voisins. « Je sais, je suis adepte des surprises, que veux-tu... Mais pour ma défense … Également, nulle nouvelle de ta part ne m’a été déclarée au front. » Lui avoua-t-il non sans une fausse moue désappointée, bien que passagère et gauchement exécutée, piètre acteur qu’il était. « Quant au dîner, je veux bien, du moment que les plats n’égalent ceux de l’autre fois en terme de quantité … Ces ripailles excessives m’handicapent pendant plusieurs journées lorsqu’il me faut tirer l’acier et, les occasions ne devraient pas manquer lors de notre convoi. On m’a confié que les routes à ce temps-ci de l’année étaient gangrenées d’écorcheurs et de coupe-jarrets. » Au fur et à mesure de leur discussion, on pouvait remarquer comme le guerrier ne semblait être malaisé par sa tunique, tant il passait sa main à quelques endroits pour tracter les tissus. « Dis-moi Shynrae … Sais-tu manier l’acier ? » Comme s’il était persuadé du contraire. Sujet évidemment très prisé du Prima, la question pourrait mener à bien des dénouements.

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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Ven 26 Aoû - 12:10









S'il avait des séquelles physiques de ses exploits – du moins c'est ce que Shynrae pouvait s'imaginer  - au front, il n'en demeurait rien de visible. Quelque part, et puisqu'en ce jour il se portait on ne peut plus vif et intègre, elle aurait préféré ne rien en savoir. Oui, la Grise n'avait plus de raisons de s'inquiéter, maintenant qu'ils se faisaient face et se retrouvaient à nouveau réunis. Néanmoins il lui était plus qu'amer d'envisager qu'il ai été injurié, d'avouer à la face du monde que se chair était aussi périssable que n'importe quelle autre. La noirelfe ne releva pas la remarque, mais posa une main attendrie sur la forte épaule du Prima. « Pour l'heure, nous n'avons que peu de raisons de nous séparer. »

Et puis … son geste se mua en une vive retraite, faisant voler sa paume dans un recul écœuré. Si ces premiers mots lui emplirent l'âme d'un nouvel espoir ainsi que d'un satisfaisant arrangement, la fin de son phrasé lui asséna quelques bourrades bien placées dans la poitrine. Son esprit se remettait à peine de ce qu'il venait de lui avouer, l'air de rien. « V-Velkyn ? Ta ..ta femme ? » Couina t-elle presque, la faisant probablement passer pour une hystérique en cet instant. « Tu ...tu ne m'en a rien dit ! Je n'en savais rien ! » Ses réactions oscillaient entre l’effarement, l'énervement et une pointe de jalousie malvenue. « Et d'après ce que tu concèdes à me révéler … Une Thaari ? Qui va atteindre un cycle ! … Pourquoi m'avoir dérobé cela ? Pourquoi ne pas m'avoir avoué plus tôt que Krish Al'Serat était ton épouse ? » Les possibilités n'avaient fait qu'un tour dans son esprit, tout comme la résolution de cette arcane n'avait que peu d'issues... Ainsi, il était inconcevable que sa moitié puisse être autre qu'une sombre, et ceux approchant le cycle d’existence ...étaient fort loin de faire légion. Un vertige l'assaillit. La Sirène entama quelques pas en arrière, à moitié aveuglée par un voile noir qu'elle seule pouvait distinguer dans la pénombre relative de son salon, venant jusqu'à buter contre un guéridon l'arrêtant dans sa reculade. « C'est..C'est elle que tu comptes me présenter ? » Ses prunelles s'arrondirent avec son interrogation. La Drow en question, Princesse Marchande de son état, était presqu'à la tête de Thaar, et de fait, de tout l'Ithri'Vaan. L'omniscience de Velkyn se révélait à elle comme une puissance que nul ne pouvait ignorer. S'il avait déjà tant de pouvoir entre sa poigne d'ébène, en quoi une bourgeoise sans titre pouvait lui apporter plus de gloire encore ? Non, elle devait chasser ces songes empoisonnés de son esprit, il lui avait déjà bien trop montré son intérêt pour qu'elle puisse en douter sur une seule information.

« J'ai retrouvé mes paisibles possessions, et poursuivi le cours de mes affaires. Rien de bien palpitant comparé à ce qui a pu t'arriver … » Son ton ironique l'irrita quelque peu. Ça pour une surprise, c'en était une de taille. « Nous pouvons encore nous reprocher des ennéades durant de ne pas chacun nous êtes préoccupé de l'autre. Accordons-nous à dire que nous étions tous deux occupés à notre façon et … Allons de l'avant. » Continua Shynrae en massant vigoureusement sa cuisse endolorie.
Son accordance à siéger à table à ses côtés la rassura. Sans pour autant qu'il ne donne suite à sa proposition suivante … Qu'importe, elle saurait lui reformuler plus tard si cela lui avait échappé. « Réfuterais-tu l'amabilité de mon accueil ? » Son sérieux lui échappa tant sa  remarque l'amusait. « Puisque tel est ton désir … Mais c'est cruel d'ainsi me priver de ma capacité à te rendre aussi ...servile et maniable.. que le plomb. Anlalyn, Ydan, ramenez donc Vygaj aux écuries. Ensuite allez nous chercher de quoi souper ici, et boire aussi. Il me semble qu'il me reste quelques bouteilles de Zat'Kyr, qui accompagneront à merveille notre vêprée. »
Non sans lui accorder un regard, elle se détacha de son accroche et se dirigea vers l'immense tableau ornant un des murs-fresque de la pièce. Tous ces salons étaient décorés ainsi, à l'image d'une œuvre peinte cyclopéenne, aux effigies des gloires passées ou mythes de piraterie. La scène dépeignait un céphalopode au regard glaçant, représenté avec un style si réaliste qu'on aurait dit qu'une paroi de verre le séparait du cabinet. Entre ses tentacules, la bête enserrait une rapière rutilante, aux reflets presque tangibles tant ils honoraient la luminosité ambiante. Le mystère de cette incroyable représentation cessa quand Shynrae attrapa de ses griffes le pommeau de métal noirci, et dégagea l'arme de son support. « Si cette épée a vu de bien plus habiles combattants la faire danser, et qu'il y a longtemps que je ne l'ai point soupesée. Oui, mes forbans de compagnons m'ont instruite au combat. Voici Sulfurine. » Répliqua t-elle en se retournant vers le Daedhel et lui présentant les nuances rougeâtres du métal strié de bandes d'argent. « S'il s'agit de me défendre, j'en serais capable. Qui avons-nous à craindre, ces cul-terreux de Zurthans ? J'en fais pendre toutes les ennéades, à Magsque. »








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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Ven 26 Aoû - 21:43





Était-il si choquant d’apprendre qu’il avait uni sa vie avec une Eldéenne, il y avait de cela plus de cinq siècles ? Le retrait de sa main, aussi vif que si elle s’était brûlée à son contact, fit frémir ses lippes d’un sourire espiègle, comme s’il s’amusait de la voir sous le joug d’émotions qui se manifestaient aussi rarement que la nouvelle lune. Son masque d’indifférence s’émietta, laissant pour la première fois cette poupée de porcelaine s’exprimer non point avec le cerveau, mais le cœur. Du coup, elle semblait fort moins aisée à s’exprimer avec retenue et même, qu’un vertige semblait l’assaillir. Alors qu’elle abordait quelques foulées de recul, Velkyn tâcha au moins de la rassurer du mieux qu’il le pouvait : « Non pas, Shynrae. Tu viendras à rencontrer les Princes-Marchands, comme j’en ai eu l’opportunité, mais ce temps n’est pas arrivé, pas encore. Mais je te fais la promesse que d’ici peu, tu auras conversé avec chacun d’eux et tu verras, à ce moment précis, que la seule différence entres eux et toi, c’est qu’ils ont eu la bonne fortune de choir leur séant sur la bonne chaise, au bon moment. L’individu que je te présenterai est tout autre, tiré de l’épigastre du Puy, c’est avant tout un confrère d’arme, duquel j’ai su mesurer le nom au Front lorsqu’il m’assista dans l’une de mes missions. Son nom est Khernal Kre’Nael, dénommé par l’honorable titre de Ditronw’Dare, à la tête du C’nros. Tout ce qu’il y a de plus Daedhel, il pourrait s’avérer utile, advenant que tu désirais avoir main mise sur le commerce des maîtres arcanistes. » Elle chaloupa jusqu’à trouver appuis, tandis que le Prima emboîtait prudemment le pas devant elle, comme d’un prédateur qui pistait sa proie. Enfin, ils trouvèrent le repos des fauteuils qui, confortablement disposés, permettaient de faire s’obliquer la conversation.

Sa pique lancée dans l’espoir d’anéantir le commentaire du Guerrier à propos de la quantité de nourriture lui fit tiquer le sourcil, comme s’il retenait de surenchérir. Il se mordit la langue, retenant mots vénéneux dans la prison de ses dents, puis avala la pesante moquerie lorsqu’elle mentionna le Zat’Kyr. Cet alcool achetait la paix d’avantage qu’il était goutteux, à priori. Effectivement, l’endroit où le duo conversait était d’abord, de bon goût, mais aussi, était décoré avec brio. Le principal panorama s’avérait plus qu’un riche tableau ornementé de fioritures, c’était aussi un présentoir à arme auquel quelques artifices tamisaient les fondements principaux de l’arme d’estoc. Lorsqu’elle fit les présentations, arme examinée et ausculter avec minutie, le Xaran dodelina quelques fois du chef en acquiesçant. Du haut de ses presque sept siècles, sous son œil aguerri avait passé plus d’un millier d’armes et, c’est ce pourquoi lorsqu’une d’excellente facture passait sous la loupe, cela ne le laissait point indifférent. « Magnifique. » Dit-il, pratiquement pour lui-même, lorsqu’il usa de son pouce pour mesurer l’aiguisage du tranchant. L’œuvre de métal s’accapara de tout son intérêt mais aussi, de toute sa concentration, en oubliant pratiquement celle qui la possédait. Son pommeau ouvragé avec brio menait sur une lame si aiguisée, qu’on pouvait pratiquement l’entendre trancher l’air et, les reliefs colorés que composaient l’alliage faisait belle preuve du talent de son créateur. « J’ai rarement eu l’occasion d’en observer d’aussi belles … » Se confia-t-il, toujours en admirant la richissime et dangereuse décoration. Ses yeux s’égaraient sur l’arme, si tant que son silence fût absolu au moins pendant une longue minute. Se noyant sous un flot de pensées qui traversèrent soudainement sa psyché comme le ferait le courant d’un ruisseau à eau vive, il retrouva contact avec la réalité quand, soufflé à deux reprises, sa compagne interpella : « Velkyn? » Il secoua la tête, la rassurait de son état en forçant un sourire puis se redressait pour se mettre au même niveau qu’elle.

« Un adage d’Uriz tend à dire qu’il est possible de mesurer la grandeur d’une personne par sa capacité à survive, à se défendre et guerroyer. Certes, tous ne sont pas bretteur de même qualité, et tous ne survivent pas de la même manière. La ruse, le mensonge, la manipulation, la force brutale et la sournoiserie sont chemins qui par le passés ont tous été tapés et empruntés par ta race. » Il s’adressait à elle dans un sérieux notoire, ses deux pattes venant se marier au bas de son dos, alors qu’il entamait une marche sereine et posée, autour d’elle. « Ces chemins mènent tous, sans exceptions, au même bût : l’élévation de soi-même, la renommée, le pouvoir, la victoire et l’extermination. Ces chemins sont parfois plus sinueux, possèdent moult embûches mais rassures-toi, ces routes sont guettées par nul autre que les Dieux et, sous leur œil, tu ne peux aspirer qu’à l’excellence. Iceux te jugeront, d’abord, puis te couvrirons de leur pouvoir, car iceux ont vus le jour pour ces desseins. Tebirahc emprunta un jour la voie d’Uriz, sous laquelle ce dernier, lui octroya le pouvoir non seulement d’embraser ses pas, mais aussi de cracher des braises afin d’immoler ses ennemis. Est-il possible de t’imaginer ce que peut obtenir et accomplir un Dragon, Shynrae ? » Alors qu’il vagabondait sur l’ombre de la Sirène, sa menotte se fraya une voie à l’instar d’une vipère pour venir saisir sa nuque d’abord délicatement, feintant la caresse langoureuse, puis durement, en mordant sa chair du bout des doigts. Il opprimait son derme dans sa main et coinçait les nerfs dans sa paume, les dents serrées avec hargne. « Défends-toi. » Lui chuchota le cruel Prima, alors qu’il se régalait de la voir se tortiller de prime abords.

Chose qu’elle fit aussitôt, en lui assénant un coup de coude au buste tout en pivotant sur sa jambe valide et en redressant sèchement sa rapière devant elle. Elle le menaça, coude redressé pratiquement au niveau de son faciès, lame pointée vers lui, le visage tordu d’une douleur au cou. « J’espère que tu as pesé tes mots avant de me les dire, mon amie. »
La menaçait le Prima, alors qu’il empoignait un coutelas franchement plus élancé qu’une dague réglementaire. Dans le salon, un échange de coup brisait la quiétude du Palais qui n’avait pour ainsi dire, jamais eu l’occasion d’entendre tel chant. Avait-on seulement guerroyé en plein milieux du salon ? Il constata, à force de parer, d’esquiver et de porter quelques concises attaques, qu’icelle n’avait pas jacté au travers son chapeau – en partit, du moins -. En guise de leçon, ou peut-être était simplement par méchanceté, il avançait d’un pas de géant et, de sa garde, il venait lui asséner un coup au ventre. Ainsi rapproché, il lui réserva un traitement de choix, en faisant tomber du ciel une série de coup précis : genou au flanc droit, coude au poignet pour lui faire perdre possession du prolongement de son bras et, enfin, épaule à épaule pour la bousculer et la faire tanguer sur sa jambe endolorie. Un air grave et sévère planait sur son visage alors qu’intérieurement, il jubilait pratiquement à l’idée de la malmener … « Ton talent à manier cette arme ne doit avoir d’égal que la qualité d’icelle. Ne l’échappe plus jamais. » Lui assurait-il durement, alors qu’elle tentait de reprendre son souffle, le visage tordu sous la douleur que sa cuisse lui procurait. « En temps de conflit, je séparerais la tête du reste de mon voisin, s’il avait la cuisse qui la handicapait autant. Pour tout le monde, pour toi-même, la douleur est un poids mort qui t’empêche d’avancer et freine tes ambitions. Tolères, ignores ou embrasses la, mais ne te laisse pas couler par celle-ci, car d’autres en profiterons. »

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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Sam 27 Aoû - 0:25








Elle en oubliait, parfois, que leur rencontre n'était pas à tant dater que cela. Que ces instants partagés n'étaient même que poussière au regard de leur impressionnante longévité, qu'ils ne savaient rien de l'autre à part ce qu'ils avaient daigné se révéler jusque là... De fait le Prima ignorait que la Grise côtoyait déjà quelques représentants des Princes-Marchands, de façon relativement régulière pour certains, et que les autres étaient à considérer comme autant de connaissances que de partenaires potentiels. Si Shynrae ne pouvait se targuer de compter la Maîtresse des Forges dans ses plus proches associés, les deux femmes avaient déjà eu à affaire l'une à l'autre. Et, ce qui l’exilait du cercle des privilégiés du Conseil, elle en avait autant conscience qu'un virulent dégoût.
Du reste … C'était alors une autre personnalité du Puy qu'il tenait à lui présenter, qu'il lui exposa d’ailleurs avec pléthore de titres, tous plus ou moins obscurs à ses yeux abîmés. Néanmoins, ce qui lui importait le plus était son sang ; celui d'un énième Daedhel, devant qui paraître. Si l'envie lui prit de feindre la pleine clarté de ses dires par un hochement de tête approbatif, quelque chose au fond d'elle s'égosilla avec effacement. « Je ...Je n'ai aucune idée de ce que représentent toutes ces charges .. Velkyn. Cela m'a tout de même l'air d'être important, j'ai grand hâte de le rencontrer. »
Son timbre fluet traduisait la vérité. Les démarches qu'il entreprenait pour elle la touchaient vivement. Comment avait-elle pu encore douter – bien qu'intérieurement uniquement et d'une façon plus que brève – de son implication ? S'il n'était point sincère, il se révélait alors comme le plus grand manipulateur de Miradelphia.

Le Haut-Prêtre l'avait suivit tandis qu'elle lui tournait le dos pour quérir le glaive Irvin. Cette soudaine proximité, après la précédente et relative sévérité de leurs retrouvailles lui fit un drôle d'effet...Qu'elle s'attela à bien vite lui dissimuler. La seconde de gêne ainsi instaurée s'évapora alors que le sombre tâta de ses doigts charbonneux la lame diaprée de Sulfurine. Jamais elle n'avait vu autant de douceur et de précaution dans un geste aussi anodin, ni même caresse si pointilleuse et appliquée. Il lui paraissait comme littéralement absorbé par les reflets flamboyants de la matière, il fallut que la noirefle l'apostrophe plusieurs fois avant qu'il ne reprenne ses esprits.
Ses paroles sonnèrent comme le véritable début de son initiation. Si elle craignait l’imminente exécution de la promesse de son compagnon, la Marchande devait avouer qu'il avait le ton juste, aussi pédagogue que ferme, usant d'illustrations accessibles à ses savoirs de néophyte. Nul ne savait où il voulait en venir, en définitive, avec ces mots abscons - alors qu'il lui tournait autour comme un général devant une recrue incommodante – mais l'entrée en matière avait de quoi l’impressionner. « Non, Maître. » Lui susurra t-elle pour toute réponse, avec autant de soumission que de provocation dans la voix. Raillerie à laquelle il riposta par une prise aussi sèche que véloce au niveau du cou, la forçant à branler du chef vers l'arrière, l'intimant à se défendre.

Ce qu'elle fit presqu'aussitôt. Se dégageant de sa poigne cruelle d'une fourbe rebuffade au ventre, obliquant son corps afin de faire face à son assaillant, la garde de sa rapière portée haute, au niveau de sa poitrine haletante. La Doeben le pointa d'estoc, aussi bien de manière à les éloigner l'un de l'autre que le défier, alors qu'il dégainait à son tour. Ensuite, ce fut un authentique déluge de coups qu'elle réceptionna, para de son mieux devant la hargne qu'il appliquait aux rafles qu'il lui infligeait. Elle encaissa les premiers échanges avec plus d'aisance qu'elle ne l'aurait cru, compte tenu de son médiocre entraînement, répliqua même par quelques contrecoups vicieux. Si elle lui tint tête un certain moment, sa dépouille affaiblie lui sermonna ses propres limites, intimées – entre autre – par sa blessure récente. A bout de souffle, et au terme d'une agression particulièrement fougueuse, la Grise entama un mouvement de recul, indiquant à son adversaire la cessation de l'escarmouche. Ahanant avec lenteur, une main posée à l'endroit de son affliction, elle écoutait de ses oreilles sifflantes les réflexions menaçantes d'un Prima inflexible. Auxquelles elle n'avait nulle réponse que sa respiration aussi opprimée que souffreteuse. Il fallait qu'elle résiste, ils n'en étaient qu'au début de tout ceci, elle ne pouvait s'avouer vaincue, à bout, maintenant. Un ultime élan de force et de hardiesse là poussa à le fronder en retour, levant en l'air son épée dans le but de l'aborder par le haut.

C'était sans compter sur la prescience du Drow, qui devait avoir anticipé avec habileté son action, au vu de la réplique qu'il lui flanqua dans la panse, ouverte à la moindre offensive. La violence du coup, qu'elle ne pu que peu contenir, la balança contre le sol, sur lequel elle se réceptionna avec dureté. La voyant ainsi, face contre terre, sans dégager une quelconque once de conscience, Velkyn hésita. La rudesse de l'enseignement exigeait de lui cette retenue, mais il ne pouvait rester stoïque devant Shynrae, étendue de tout son long. Il n'avait pu retenir toute la puissance de son coup, annihiler l'allonge de son bras, empêcher la fulgurance de l'action. Baissant la garde, il posa un genoux incertain près de la grisonne, laissant traîner sur son dos une main inquisitrice. « Shynrae ? » Tonna t-il sans émotion particulière. Il senti sont rachis se gonfler, la Sirène toussoter avant de se dresser sur les avant-bras, se retournant vers lui dans un épanchement capillaire. « Je..heu... Un peu secouée, mais ça va. Ça va. » Le rassura t-elle en tentant un petit écarquillement des lippes pour pallier au supplice de sa jambe.
Le fracas de sa lame avait attiré en la pièce moult de ses esclaves, dont ceux sollicités quant à sa commande de repas. Regroupés près des tentures des bâti de porte, tous semblaient abasourdis par la scène.
« J'ai comme l'impression qu'il est l'heure de passer à table. » Lâcha t-elle, son air habituel retrouvé, alors qu'elle se relevait comme si jamais elle n'avait embrassé le marbre froid du plancher. Déposant leurs alfanges échauffées, ils s'installèrent face à face, séparés par un grandiose chandelier accompagné d'un plat d'une viande crue, ainsi que leur liqueur favorite.

« Sais-tu que ...C'est à Sol'Dorn que j'ai vu le jour ? Ironique expression quand exprimée par un Drow, n'est ce pas ?» Elle faisait la conversation en lui servant une coupe du breuvage. « Sinon .. Que pourrais-tu me dire au sujet de ton mariage ? Comment n'ai-je pu savoir, ou deviner ta filiation à la plus légendaire femelle d'Ithri'Vaan ? Est-ce donc vrai ce que l'on dit ? Que son con est aussi acéré que les flamberges qu'elle fabrique ? »








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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Sam 27 Aoû - 5:23




Spoiler:
 



S’il était des choses dont il était ignare en l’égard de sa consœur, omettant ses distinguées connaissances, c’est en vérité, elle se débattait comme une furie pubère. Débordante d’hargne, d’hardiesse et de volonté, mais ne possédant ni force en suffisance, ni technique, l’animal ne pouvait qu’aspirer à japper plus bruyamment, sans être en mesure de mordre. Néanmoins, Velkyn ne resta pas sur sa soif lorsqu’elle reprit le combat, une fois qu’elle valdingua sur sa jambe endolorie. Peut-être cherchait-elle à percer l’ombre d’une victoire en démontrant l’étendue de ses capacités martiales rouillées. Après son cuisant échec lors de la réception de son adorable animal de compagnie, s’aurait été naturel ; et Velkyn n’en attendait pas moins. Quelques timides gouttelettes salées se frayèrent un chemin sur le front du Prima, tandis que lui aussi, avait un souffle dont le rythme commençait à s’emballer. Après un moment, à s’échanger des coups, à mettre à rude épreuve l’intégrité de leurs lames, à les faire chanter à gorge déployées, à les faire s’embrasser en toute violence, l’épreuve devait tirer à sa fin. Aussi certain que l’astre diurne se lèverait aux matines, il comprit dès l’instant où elle manœuvra en les airs la délicieuse Sulfurine, le prochain coup qu’il devait faire. Elle n’eut pas même le temps de déferler sur lui ses mauvaises intentions, qu’un coup de poing fulgurant venait tenter une percée à l’abdomen de la Sirène. L’attaque fut brève mais ô combien brutale, si tant qu’il crut sentir sous ses jointures quelques écailles – Ou pour ne pas dire ses cotes - voler en éclat. Elle fut balayée dare-dare, léchant le sol tête première, faisant dos à l’humanité. Inerte, le souffle si faible qu’on pourrait le croire absent, son état fit s’ébrécher la dureté du Guerrier. Il resta quelques interminables secondes à la fixer, immuable, à espérer qu’elle se redresse d’elle-même. Sa vision aux iris rubis dériva sur sa petite menotte qui, contre toutes attentes, s’était cramponnée tout de même à la garde ; elle avait retenu la leçon. Pour ce geste anodin, il se permit de faire chuter les dernières défenses de son impassible sérieux, piétant en sa direction pour s’enquérir de son état. Il était encore à ne pas se l’avouer, mais la grisonne valait d’avantage encore qu’un simple investissement, sa destinée dépassait tout ce que son imagination voulait bien lui faire croire. À l’instar de sa femme qui lors de leur mariage, paria sur l’avenir prospère auquel Velkyn aspirait, aujourd’hui, le Prima en faisait autant avec Shynrae.

Lorsqu’elle se redressa, de nouveau, il pensait étirer les lèvres d’un sourire satisfait. La voir agir de la sorte, bravant les maux que pouvaient lui avoir octroyé ses dernières brutales caresses, lui donnait espoir qu’il ne s’était pas trompé, qu’il n’avait pas tout faux vis-à-vis des espérances qu’il avait en elle. « Ils arrivent à point nommé, j’ai grand faim. » Il s’installa devant elle, sans distinguer l’état pitoyable dans lequel la guenaude avait malmené sa tunique. Plusieurs boutons avaient sautés, deux coutures s’étaient divorcées, tandis que son col était déchiré en diagonale, laissant belle vue sur le sillage de son épaule tatouée, mais aussi sur la naissance de sa plaie à la clavicule. Lorsqu’elle lui dévoila ses origines Sol’Dornienne, Velkyn se secoua légèrement ses épaules en une moquerie réprimée d’un souffle. « Cela prouve ce que j’entends, lorsque je dis haut et fort que Sol’Dorn est malade et gangrénée jusqu’à la moelle. Eut été de ce qu’elle devrait être, de sa vraie raison d’être, aujourd’hui nous ne serions pas à discutailler des Dieux. Tu saurais déjà toutes ces choses et ce n’est pas de Doeben qu’on t’affublerait, mais de Daedhel. » Il en avait pas après elle, évidemment, mais de confronter la réalité à laquelle il aspirait purger les impuretés, le rendait aigre.  Il entama le repas, sectionnant un bout de pain et en se saisissant de son gobelet pour faire descendre la mie. Puis commençait d’abord en attaquant de front la pique lancée : « Et plus encore, on dit qu’elle a tuée plus d’homme en les émasculant qu’avec ses mains. » Lança-t-il à la farce, cherchant à montrer un peu de bonne foi. « Tu n’as su parce que peu le savent. En ma prime jeunesse, alors que je n’étais à cette époque que simple initié, j’ai attiré son œil lors d’un événement en l’honneur du Grand-Prêtre d’Uriz. À peine âgé d’un siècle, je rougeoyais d’ores et déjà l’arène de mes adversaire et faisait preuve d’une colère telle qu’on ne l’avait jamais vu. Pour ceci, le culte commença déjà à tracer les lignes de mon ascension future, ce qui ne passait inaperçue aux yeux de personne.  Autrefois, icelle avait déjà main mise sur les forges de l’Elda, s’étant frayé une renommée parmi les artisans locaux les plus notoires. Or, le culte d’Uriz l’avait en affection car de sa main, elle équipait la majorité de ses membres, moi y compris. Un jour, alors qu’elle marchandait avec une poignée d’adeptes, elle eut vent de mes exploits ainsi que des desseins que me réservait le Grand-Prêtre. Inutile de te dire le prochain geste qu’elle fit à ce moment ; unir nos deux maisons. Ce serait te mentir si je te disais qu’à ce moment, je n’avais pour elle aucune affection. Nous avons vécus plusieurs années conjointement et jouissions d’une fougue sans pareille, si bien qu’elle me donna une fille après seulement quelques années : Leka. »[ Il prit temps de s’hydrater, d’une lampée de Zat’Kyr, puis poursuivait tout comme il le fit au paravent, en ponctuant ses phrases de quelques attentes passagères, comme s’il choisissait ce qu’il désirait lui délivrer.

« À sa naissance, elle me quitta pour voguer jusqu’en Ithri’Vaan, là où elle bâti son nouveau monde. Nos rencontres étaient devenues épisodiques, se raréfiant d’une fois à l’autre, jusqu’à ce que je n’entende plus parler d’elle que par le souffle des rumeurs que me venaient de Thaar. Il y a de ça un an, peut-être plus, je ne sais plus, je fis sa rencontre pour la première fois depuis plus de deux siècles au manoir Do’Hel. Notre mariage compte plus de quatre siècles d’ancienneté et pourtant, ne fût soulevé que quelques rares fois depuis qu’icelle s’est échouée sur ce vaniteux siège de Prince-Marchand. » Il enfourcha un généreux morceau de venaison qu’il mastiqua la bouche fermée, inspirant à pleins poumons comme s’il n’avait pas ressassé ces souvenirs depuis fort bien longtemps. « Voilà, tu sais tout. » Tandis qu’il avala, les mirettes sanguines rivées sur elle, avare de ses moindres mimiques, émotions ou réactions. Étrangement, il s’était surpris à apprécier le mordant qu’avait eut sa dernière bouchée de jalousie … Il ne saurait l’expliquer avec précision cependant.


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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Lun 29 Aoû - 18:34







Les premiers mots de sa réponse la figèrent.
« Je te sens … bien radical, mon ami. Je veux bien croire qu'aux yeux du Puy, Sol'Dorn ne soit plus qu'un bastion délaissé dans la brume, tombeau de l'ancienne Sombre Suprématie … Mais …. Tout ce que tu peux reprocher à mes manquements quant à notre nature, ce pourquoi tu comptes m'aider, est à imputer à ma parentèle. Je n'ai qu'à peine résidé là bas, avant que l'on ne m’emmène sur la côte, près d'Esion, où j'ai fini par me faire enlever par … Bref, ce n'est pas la question. » Pour quelqu'un encore assez récemment rien de plus qu'un inconnu, il connaissait déjà nombre de ses part d'ombre, à quoi bon en illuminer une autre. La Sirène se saisit de la miche qu'il venait de sectionner de façon à l'imiter.
Une moue bizarre lui déforma les joues lorsque le Prima répliqua – non sans un certain humour – à sa remarque. Elle s'était attendue à ce qu'il passe sous silence la pique, un peu futile au regard de leur conversation initiale. Il s'attela même à lui faire le récit de son union avec la Princesse Marchande. Chaque interrogation supplémentaire lui brûlait les lèvres, il avait une façon concise de raconter, laissant tout de même le champ à d'autres doutes. « … Cela doit bien être la seule chose qu'un membre du Conseil de Thaar se garde de révéler … Est ce de son fait, ou alors du tiens ? C'est qu'elle ne se distingue guère par son implication quant à la foi … Je peux comprendre que cela fasse un peu tâche avec un Haut-Prêtre comme époux. »
Shynrae interrompit son débit mordant pour ingérer quelques victuailles avant de reprendre, toujours sur un ton à demi-posé bien que moqueur.
« Il ne m'avait pas semblé avoir entendu cela, lorsque je t'avais questionné à ce sujet la dernière fois. J'ai pourtant assez bonne mémoire...ou peut-être n'avais tu simplement pas donné suite à la requête. Me voilà alors bien rassurée concernant ma fertilité ! Du moins.. si c'est quelque chose dont on peut s'enorgueillir de la sorte. » La grisonne savait que cette observation pourrait être dévastatrice, selon le rapport du Daedhel à la paternité. Leur peuple n'était guère célèbre pour leur fécondité, et chaque naissance se révélait comme un don. La noirefle avait eu l'immense chance – bien qu'aujourd'hui fardeau à ses yeux – de donner la vie à plusieurs reprises, sans doutes grâce à l'influence humaine de ces conceptions. « Siège que bon nombre ambitionne. Ainsi vous êtes un couple...sur le papier plus qu'à la ville, je pourrais en dire de même de plusieurs de mes unions passées … Cependant, j'aurais grand mal à me séparer pendant deux siècles d'un être de ta qualité, Velkyn. Trône du Conseil ou non. » Acheva t-elle en plongeant à nouveau sa langue dans la liqueur brûlante.
Quelques autres plats se succédèrent, plus légers comme il l'avait exigé, faisant durer plus encore leur audience. Ils orientèrent ainsi le débat vers des sujets plus légers, moins prompts à diviser leur franche et sincère camaraderie. Au détour d'un échange animé concernant le traitement des esclaves revêches, sentant le fil de la soirée s'étirer à outrance ainsi que la fatigue l'envahir, la Marchande se remémora l'absence de réponse à l'invitation à rester qu'elle lui avait adressé plus tôt. Elle se fendit alors d'un «  D'ailleurs, qu'en est-il de ma précédente proposition? » totalement hors propos auquel il objecta sans sourciller. « J'y ai bien réfléchi, et je crois que la chose pourrait me satisfaire. »

« Il serait peut-être sage de remettre nos conversations à demain, et de garder quelques thèmes pour le voyage. J'aurais à faire avant de partir, des choses à organiser afin de quitter librement Thaar. J'imagine que ton enseignera sera... plus productif si ne je suis pas inquiétée par mes affaires. Je dois avoir quelques appartements d'hôtes de disposé à t'accueillir, viens, je vais t'y conduire, je suis bien trop lasse pour t'infliger ma désagréable compagnie une fois que j'ai songé au sommeil. »
Sans directement s'assurer qu'il lui emboîtait le pas, la Grise quitta le salon du Kraken, traversa les moult corridors qui menaient à l'entrée, et commença l'ascension du grand escalier d'honneur. Dépassant le premier niveau, elle continua d'un pas rapide sa progression. « Ici se trouvent les logis de mes suivantes, ainsi que divers de mes offices. » Commenta la Doeben avec détachement en désignant deux couloirs menant à des directions opposées. Plus ils montaient, plus la lumière se faisait tamisée, le nombre de chandelles considérablement amoindri, permettant de distinguant au dessus d'eux, un plafond décoré représentant une nuit noire riche en étoiles. Arrivés au second et dernier étage, l'elfe se retourna enfin vers son invité. « Mes appartements se situent de ce côté-ci. » Dit Shynrae en montrant d'un doigt fin le passage à sa dextre. « Enfin toute l'aile. Quant à toi tu trouvera la chambrée qui t'es destinée de ce côté-ci du palier, troisième porte de la coursive. Tu y trouvera toutes les commodités nécessaires, et si tu as besoin de quoi que ce soit, mes esclaves seront à ton entière disposition. » Lui adressant un sourire à demi dissimulé par l'obscurité elle  conclut.
« Et bien, ce fût encore une fois une vêprée mémorable, je gage que les jours à venir auront la même saveur …L'accomplissement en plus. Je te souhaite un repos salvateur, Velkyn, de l'onirisme quant à notre future gloire partagée. » S'en retournant elle glissa jusqu'à s'évanouir dans le noir.






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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mar 30 Aoû - 18:58





Le berceau Doeben, citée assiégée de tous les maux, tentait depuis des décennies à se ramieuter, ce par l’aide des Noirelfes aux mœurs, coutumes et croyances encore saines. Fût un jour où entre ces quatre mûrs vivaient d’anciens Puysards pour par pluspart exilés, mais qui somme toute, reflétait tout de même la société d’élite qu’ils étaient. Mais leur ouverture d’esprit laissa filler entre leurs mailles moult bactéries humaines qui vinrent tôt, infecter la moelle de leur perfection. Ils apprirent la tolérance, ouvraient leurs horizons, développait une dangereuse curiosité qui, avec le temps, leur embrouilla l’esprit. À ce jour fatidique, où un mélange hétérogène racial prit le pouvoir : la foi, autant que la pureté de cette race, venait d’être souillée et mise à sac. De tous les vœux que chérissait Velkyn, celui de revoir chez les Doeben cette pureté qu’on ne retrouvait que chez les Eldéens de souche, était l’un de ceux qu’il chérissait le plus. Revêche à la réception du premier commentaire du prêtre, Shynrae riposta comme toujours avec verve, mais cette fois-ci, avec un brin d’aigreur. Il sentit à ce moment que sa langue s’était déliée, que son cœur venait de surplomber sa raison et que c’était ce dernier qui s’exprimait, lorsqu’elle échappa une bribe de son douloureux passé. Intéressé, ses deux mains vinrent se déposer sur ses genoux tandis qu’il arc-boutait le dos pour se cambrer légèrement vers elle, avide d’en savoir d’avantage. S’il croyait être en force de demander d’avantage, il se trompait et ce, royalement. Au lieu, la sanglante lui cracha âprement au visage un venin acidulé, sifflant un commentaire acerbe bien placé. D’où son séant se reposait confortablement, elle pouvait très certainement distinguer le grincement de ses dents qui, l’une contre l’autre, s’efforçaient à retenir les plus hargneuses répliques. La sirène ne lui laissa pas même le temps de reprendre son souffle, qu’elle cracha de nouveau une pique acérée, visant cette fois le cœur. Serait-il insensible à la remarque pour autant ? Il remit d’abord silencieusement sa virilité en jeu, il était vrai qu’il n’avait donné au bas mot qu’une seule fille, à une seule femme … Mais après avoir réfléchi, avait-il seulement visité le lit de tant de femmes, armé non pas d’outils acérés ou de cuir, mais avec son pieu de chair ?

Le repas, aussi succulent qu’il s’y attendait, était agréablement accompagné de pourparlers aussi mouvementées qu’intéressants. Leurs avis avait souventefois manie de diverger, tout en ayant à la fois quelques atomes crochus. Ce don de cheminer sa pensée au même endroit, tout en obliquant en des directions différentes que celles du prêtre, le fascinait.

Vint le moment où il découvrit tous les détours et racoins de l’endroit, aussi vaste était-il. Mains mariées dans le creux de son râble, l’air intéressé et observateur, il garda en filature l’ombre de la grisonne, tandis qu’il convoyait dans les couloirs jusqu’aux dortoirs. Une fois arrivée à destination, de humbles et respectueuses salutations s’échangèrent pour chacun de leur côté, retrouver l’antre salvatrice de leur pesant éreintement.

Grand comme des billes, le plafond était devenu source de tout son intérêt le plus profond. Il y défilait le fil de ses pensées, se colorant de ses humeurs et se déformant en des traits abstraits, les soucis qui l’assaillait. Puis, une Shynrae, pointant le bout de son nez, souffrante, feulant quelques gémissement douloureux, se ressassant l’agréable souvenir de ses tourments. Il a voyait telle qu’elle était, son apprentie, son élève, sa prochaine création. Et plus il épiait cette image d’elle qui défilait au plafond, plus il s’enhardissait. Elle souffrait, son corps se recroquevillait de douleur et se tortillait de crampes. Quelques idées frivoles écorchèrent sa psyché, pensées tentatrices et luxurieuse, qui tôt, auraient raison de ses craintes. Et si elle se rétractait ? Si au lieu de se plier à sa volonté, elle se tenait droite, l’échine rigide à outrance, et qu’elle changeait du tout au tout ? Les minutes défilèrent pour devenir des heures, jusqu’à ce que le temps fasse des doutances une silencieuse colère, ses deux mains le confirmant, alors qu’elles venaient se saisir de son crâne à l’aide de ses serres. Depuis quand était-il confronté à de tels tourments ? Avait-il déjà hésité dans sa vie, lui qui normalement, brûlait et abondait d’impulsivité ?  

Il suffit!

Soudainement, draps et couvertures s’envolèrent à l’unisson tandis que le sol gelé accueillait les deux petons du Prima. Couvrant sa nudité simplement d’une paire de braies, tapis dans les ombres où seule l’auréole que projetaient les candélabres menaçait sa couverture, il s’aventura dans les dédales du palais, en quête des appartements de la Sanglante. Devant sa porte, les chandelles dansaient et anéantissaient les ténèbres de leurs reflets lumineux tout en couvant de cette lumière bienveillante un soldat de plomb, qui guettait vaillamment la voûte où se terrait l’obsession du prêtre. Le pied léger, sans sournoiseries et cartes sur table, Velkyn s’aventura aux devant de la vigie qui, en le voyant, abaissait une lance en sa direction. « Halte! Personne ne s’approche des appartements de la Maîtresse. » Avertissement qui confrontèrent une oreille tombée en sourdine, où seuls de caverneuses voix pouvaient désormais faire entendre leur opinion. Le ténébreux Prima continuait sa marche, n’ayant pas même offert une œillade à la sentinelle, jusqu’à ce qu’il soit stoppé par la pointe de la pique qui embrassa le derme de son poitrail. Alors il capta son attention. « Halte vous ais-je d… » Velkyn écarta brusquement de son avant-bras la défense de fer, puis vint sectionner d’un trait sec et vif la jugulaire de l’ex-garde, aidé d’un demi couperet dissimulé à l’arrière de ses braies. Un nouveau ruisseau venait d’être débouché, donnant sur le plancher quelques vagues sanguines alors que l’homme de fer devint homme de paille. Se tenant la gorge à deux mains, alors qu’il se noyait en son propre liquide, son agonie fût abrégée par un coup de talon répété par deux fois aux tempes. Il y arrivait, enfin, il pourrait enfin admirer, contempler et jouir du joyau qu’elle était.

Un grincement sinistre retentissait dans la chambrette où seul le silence et la respiration apaisée d’une sirène avait le monopole jusqu’à présent. Le premier coup d’œil du criminel fut responsable d’un étonnement silencieux, constatant l’absence totale de rideaux aux fenestrations et d’un climat très frais. Le clair de lune berçait l’endroit d’une lumière aux reflets bleutés, contrairement à l’habituelle noirceur du palais. Le bon goût, l’opulence et l’abondance tapissaient les murs en guise de décorations. Ici, entre ces quatre murs, on devinait mal la manière dont la grisonne s’y prenait pour rêvasser à l’Elda, alors que les panoramas, les statues et même ce délicat effluve de sel marin, rappelaient l’humain. Dans une alcôve, lointain posé dans cette vaste salle, des draperies chutaient du ciel en de fins murets afin de former le lit baldaquin de la princesse des oliveraies. Bercé simplement par la lumière nocturne, Velkyn amorça une interminable approche, les mains encore brûlantes et dégoutantes du sang de sa victime. Son poignard, rougit également, marquait au sol son déplacement en quelques gouttelettes solitaires. Arrivé à son niveau, séparé seulement d’un voilage quasi transparent, il l’admira l’espace de quelques minutes. Ce qui dépassait des soieries dans lesquelles elle sommeillait paraissait comme une robe légère parsemée de dentelles immaculées, contrastant avec les ténèbres de son derme.

Prudemment, du bout des doigts, il éloigna le muret laiteux pour venir poser son séant près d’elle, où de la même prudence, il chassa une mèche de cheveux de son faciès en y laissant une traînée rougeâtre. Il se plut ensuite à aller marquer de sang la robe de son aimée, de sa main imprégnée de sang, en secouant sa frêle épaule. « Shynrae ? » Souffla-t-il tout bas, alors qu’il grimpait ses deux guiboles dans la couche, pour s’approcher d’elle suffisamment pour que leurs souffles se partagent. « Shynrae? » Répéta-t-il, tandis que sa main mouchetée de sang continuait à caresser d’un mouvement léger et continu, les dentelles de sa robe. Deux cils papillonnèrent en apercevant le Prima, cherchant à distinguer ses traits au travers la chancelante noirceur nocturne. « Q-qu’est-ce que tu fais là? » Balbutia-t-elle d’une voix légèrement enrouée par le sommeil, mais aussi imprégnée par la surprise. « Je ne sais aussi … » Il la surmonta en passant un genou de parts et d’autres d’elle, puis cambrait le rachis afin d’approcher son faciès du sien où, avant d’aller plus loin, il se frotta au regard interrogatif du sien. Ses deux pattes se posèrent en appuis sur ses deux épaules, y exerçant ensuite une pression supplémentaire, comme pour réaffirmer sa supériorité. D’une exquise délicatesse, ses lippes venaient marier les siennes en un tout premier baisé, se montrant doux à outrance. Ses longs cheveux de soie chutaient et caressaient du bout des pointes le faciès de la Sirène, tandis que son baisé poursuivait l’éloge de ses sentiments. La pointe rosée de sa langue ajoutait maintenant à leur danse labiale un quelque chose de plus personnel et fougueux, à mesure qu’il enhardissait son étreinte. Il rompit à un moment l’échange pour venir niché le bout de son nez froid au creux de son cou où il y dérobait moult embrassades embrasées et entrecroisées de quelques souffles ardents. « Tu ne seras pas simple Princesse, tu seras d’entre toutes la Reine. Ma Reine. » En bon Roi, il cherchait à l’honorer en la tirant hors de son terrier et ainsi, en soulevant un pan de sa robe, venir la posséder. Ses yeux injectés de sang n’avaient d’intérêt que pour les mirettes de sa belle, en qui les coups de reins dansaient dans un rythme graduellement ascendant. D’abord bon amant, ses pas de danse se montraient talentueux et respectueux, quant aux ressentiments de sa compagne qui ondulait au rythme de ses attentions. Acteur principal d’une scène où la luxure était à l’appel, Velkyn s’efforça pour ne pas faire preuve de son étrange attraction pour les jeux de souffrance et de sadisme. Bien qu’une menue facette de ces vilaines habitudes perça son jeu, lorsqu’il fit cingler une claque à la croupe de sa partenaire, tandis qu’il déposa une main à sa nuque, pour la contraindre à se cambrer de l’avant. La danse n’était à ce stade plus qu’une marche Royale où le Roi soumettait sa Reine à ses volontés les plus primitives. Il la dominait, certes, bien qu’il omettait de lui faire mal, se contenant plutôt de lui faire découvrir les bonheurs que pouvait offrir les jeux de pouvoir.

Soupires, gémissements et râlements s’entremêlaient à l’unisson, tandis que sous le clair de lune s’unissait pour la première fois, mais pas pour la dernière fois – Il l’espérait -, deux Primas.

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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Mer 31 Aoû - 12:45







Elle l'avait quitté sans plus de cérémonie, ne lui laissant même pas l'opportunité de lui répondre qu'elle prenait déjà la fuite dans le boyau orageux. C'était là autant du à un profond éreintement qu'une maladresse, une crainte de voir leurs politesses s'éterniser … Et tourner au vinaigre. Si le Daedhel lui avait paru changé depuis son retour de Yutar, il semblait d'autant plus prompt à se laisser envahir par ses pulsions particulières, glisser vers les tréfonds de son psyché. Bien qu'en moindre importance, Shynrae avait déjà eu un avant-goût de son trouble, remettant de prime abord cela sur le dos de leurs ascendance commune, elle avait bien vite revu ses positions quant à ce constat.... Pour finalement voir la récente entrée en matière de son compagnon achever toute once de doute restante.
Était-ce par inquiétude que la Sirène avait placé des gardes à sa propre porte ainsi que celles de ses suivantes ? Ou plus par désir dissimulé – voir plutôt inavouable – de le provoquer ? Car si l'intention était protectrice, en son fort intérieur elle se doutait de l'effet qu'aurait l'opposition d'une résistance sur le Prima. Quelque chose de pernicieux, une intuition autant qu'un vœu, murmurait à ses oreilles saillantes que son sombre hôte ne pourrait sagement garder sa chambrée. Ce soir là, la lune était presque pleine, plongeant son logis dans une doucereuse atmosphère bleutée. Cette lueur-ci était la seule source naturelle que la Grise puisse affronter sans ciller, supporter sans mal. Elle en appréciait justement la faible clarté, lui dévoilant bien plus que la somme des bougies du manoir.

Laissant lourdement tomber ses atours sur le sol, Shyn enfila une légère tunique de flanelle opaline. La sensation fraîche du tissu apaisa  toute la tension accumulée de son corps, les odieuses stigmates de leur duel inégal s'évanouissant un instant. La Doeben resta là plusieurs minutes durant, figée devant son propre reflet, à brosser sa pâle chevelure emmêlée par l'affrontement. Il lui était impossible de dévier le cours de ses pensées, qu'elle vide son esprit ou non, le terrifiant regard vermeil de son acolyte alors qu'il lui assénait le dernier coup de la lutte la hantait plus que de raison. La Marchande savait, avait conscience que cet acte avait été pour lui le summum du plaisir, et que cela n'était qu'une mise en bouche au regard de sa dévorante faim de sévices. Elle n'osait imaginer ce qu'il faisait en cet instant – ou plutôt, à qui ?-  pour décharger l'excitation que le combat lui avait procuré. Néanmoins... le savoir en sa propre demeure la rendait un peu toute chose, lui donnait la sensation d'enfreindre un interdit, sentir les prémices de la brûlure tandis que l'on jouait trop près du feu avec l'impertinence de se penser à l'abri. La grisonne devait le reconnaître, côtoyer de si près – et maintenant plus encore – telle personnalité, l'emplissait d'une émotion unique. Elle ne pouvait amoindrir l'intérêt grandissant qu'elle lui portait, à lui, sa personne, mais aussi son rang et son rôle dans leur projet. Il était un tout, un tout qui incarnait tout ce qu'elle avait jamais rêvé d'être. Et que dire de leur avenir, aussi bien lointain qu'immédiat. Elle était pis qu'impatiente de s'éveiller, alors qu'elle ne s'était point encore abandonnée au sommeil. La dérive de ses songes aurait pu durer longtemps encore, mais Shynrae devait s'y résoudre, elle avait besoin de repos.

Un poids le long de sa cambrure dorsale éveilla sa conscience. Une présence. Dont elle ne pouvait douter l'identité. Les mots qui lui échappèrent des lippes étaient aussi rhétoriques que réactionnels, sans intention aucune d'obtenir une information sensée. Ce dont il ne fit rien sauf la surmonter de sa lourde stature, dont – à son agréable surprise – il contrôla l'impact. Une pensée parasite s'agrippa aux ultimes rempart de sa sagesse ardemment chassée, C'est donc moi. Elle était la proie, la victime de sa concupiscente appétence, qu'elle avait alléché avec autant de volonté que d'inconscience. Tandis que leurs lèvres s’effleurèrent, Shyn se laissait surprendre par l'infinie douceur de son approche. Puis l'elfe s'abandonna.
Les impressions qui la saisirent, les sensations qui envahirent sa chair récalcitrante la menèrent sur des sillons qu'elle n'avait jamais emprunté, elle qui trop lasse des pénibles saillies humaines, s'ouvrit à une myriade d'effets. Aussi attendu avait-été cet acte, surprenante était la tendresse du Haut-Prêtre, qu'elle avait imaginé maintes fois la malmener et pis encore. Aussi essoufflés que lors de leur joute de la veille, les corps se séparèrent en certains endroits, s'unirent en d'autres. Les doigts effilés de la Grise abordaient avec routine la paume moite du Prima. « Et maintenant ? » Grogna t-elle silencieusement, donnant de la teneur à ce que tous deux se demandaient, allongés côte à côte, le nez vers le plafond.
« Velkyn … » Enchaîna Shyn en se retournant vers lui pour soutenir son regard. Était-ce réellement le moment pour s’appesantir dans un discours ? C'est que la sombre désirait elle claire avec lui, avant que cela ne perdure ou les oriente en des situations qu'ils n'avaient pas envisagé. « Je ne sais ce qui motive tes intentions. Autant concernant l'aide que tu m'apportes depuis notre rencontre, que ce qu'il vient de se passer, ni même ce qui m'a empêché de te repousser. Mais … Je ne suis et ne serai pas ta chose, ni ta possession ni ton objet. Je ne sais si c'est une bénédiction que tu m'accordes là, ou un fardeau que tu harponnes à ma cheville, mais permets moi de te dire, que tout cela ne changera rien à ce qui nous lie depuis le début. Je ne me laisserai pas attendrir, ni perdre de vue notre prime objectif. Ce qu'il adviendra de ce que nous avons échafaudé cette nuit … Corroborera peut-être notre avenir Daedhel, qui sait. En attendant, si c'est en Reine que tu envisages de me traiter, je ne saurais longtemps tolérer d'être l'autre femme. »
Elle s'adressa à lui avec dureté, bien plus qu'elle n'en ressentait vraiment. Si elle n’exagérait point son propos, elle omettait d'en révéler les nuances, voir les contradictions. Que risquaient-ils à s'attacher ? Elle n'en avait idée, plutôt peur en fait. Et puis.... Elle se sentait avoir désormais un certain pouvoir sur lui, qu'elle ne désirait amoindrir en lui avouant l'entièreté de ses états-d'âme.
« Je te prierai de regagner tes appartements. Il m'était rigoureusement impossible de sommeiller auprès de feu mon époux, je ne vois pas pourquoi un amant jouirait d'un tel traitement de faveur. Nous nous retrouverons demain, à peine affectés, je l'espère, par les nouvelles clauses de notre alliance. »
S'il lui permettrait de dominer plus qu'elle n'avait jamais espéré, à quoi bon se refuser de prendre l’ascendant sur sa personne ? Oh oui, elle avait conscience qu'il ne courberai point l'échine à ses caprices, mais ils avaient tant à construire ensemble, une éternité à se supporter, pourquoi ne pas en épicer la saveur ?





Dernière édition par Shynrae Irvin Sin'Do'Rah le Mar 13 Sep - 17:21, édité 1 fois
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]   Lun 5 Sep - 5:51





Tiré cruellement de cette euphorie qu’offrait ce sport, par l’entremise de quelques piques bien placées, Velkyn lui offrit son entière attention, sans jamais placer mot au travers son monologue. Après tout, sans invitation il s’était permit de violer son intimité et de surcroît troubler d’avantage que son simple sommeil. Pouvait-il la blâmer, pour les remontrances dont elle lui faisait part, suite à leur union ? Elle avait accueilli en sa couche un être qui sous un voile de promesses, tapissait tant et tant de secrets qu’au final, avec aisance elle pouvait mettre en doutance ses raisons tant que ses motivations. Lui avait-il tout dit, à propos de leurs primes ambitions? Et qu’en était-il de ce qu’il avait développé pour elle, cette passion inavouée et partiellement consommée ? Non, elle avait toutes les raisons du monde de douter et, on pouvait la comprendre, elle qui était si fière, ne pouvait simplement s’offrir le temps d’une nuit que pour satisfaire les pulsations d’un Drow, aussi puissant pouvait-il être. Quant à la teneur de ses propos, Velkyn cru son esprit enrhumé par les émotions et le doute, si bien qu’elle s’étendait en ses pourparlers sur les diverses possibilités de sa venue, passant même par l’infime possibilité qu’elle soit un jour pour lui, bien plus que simple associée. Les joues du Prima se rehaussèrent en subtilité, amusé par la fermeté de ses commentaires qui contrastaient avec la docilité et la soumission auquel elle avait fait preuve durant leurs derniers ébats. Les doigts du Prima se soulevèrent pour se poser sur l’un de ses genoux, auquel il déroba une caresse du revers de la main, fronçant à peine les yeux comme s’il s’efforçait de ne rien laisser paraître de son amusement, se voulant plutôt d'un sérieux convainquant. Rassurant, du moins cherchait-il à l’être, il lui adressa quelques mots avant qu’elle ne le chasse de ses appartements : « Jamais d’un Drow tu ne devrais croire ceci, mais fais-moi confiance, Shynrae. Un jour arrivera où tu seras prête, et où tous tes doutes voleront en éclat. Alors, tu réaliseras tout ce qui s’ouvrira à toi, en tant que Daedhel. »




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Prémices d'un avenir Daedhel [ Shynrae ] [ Terminé ]
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