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 Le goût amer du changement (PV Anorn)

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Telenwë Neraën
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Telenwë Neraën

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MessageSujet: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeDim 21 Aoû 2016 - 14:01

Fin de la neuvième ennéade de Verimios, an huit du XI° Cycle,
Camp d'Eraïson.


"Tu es sûr que tout ira bien ?"

Neraën hocha affirmativement la tête, sans grande conviction. Etait-ce qu'il redoutait de souffrir à l'Académie d'Alëandir ou bien était-ce la fatigue que le rendait peu enclin à faire des gestes bien prononcés ? Telleran ne pouvait savoir laquelle de ces possibilités était celle qui guidait le plus Neraën. Surtout qu'il n'imaginait pas à quel point la magie avait failli le détruire il y a de cela trois siècles et quelles étaient les traces marquées au fer rouge qu'il en avait gardées. C'était peu avant que Neraën ne parte vers la Cité Blanche au lieu de rejoindre le reste de l'armée au front, comme convenu initialement, ou bien retourner vers la terre qu'il protégeait. Neraën regarda un temps au loin puis, perdu dans ses pensées, porta son regard sur le bracelet noss qui ornait son poignait. C'est seulement après qu'il prit la parole.

"Telleran, tu trouveras dans mes affaires un papier attestant que je t'ai nommé comme régent pendant tout le temps de mon absence. Ce n'est pas écrit de ma propre main, mais j'ai réussi à signer correctement. Tu vas avoir quelques problèmes à résoudre à ton retour, notamment avec tous ceux qui n'apprécient pas le fait que j'essaie de me rapprocher des noss. Je compte sur toi pour continuer dans la même voie que moi... et je te fait confiance pour cela, ce que tu as fait pour moi au début de l'ennéade me suffit amplement comme preuve - en fallait-il une... Par contre, je te demande qu'au lendemain de ton retour tu ailles toi-même trouver Maghden. Tu ne seras pas bien accueilli, mais je tiens à ce que lui racontes toi-même ce qu'il s'est passé ici et pourquoi je ne pourrai pas revenir avant un long moment. Fais-le, s'il-te-plaît. Cela évitera bien des ennuis."

Le haut-conseiller hocha à son tour la tête, comprenant où son confrère voulait en venir. Pour ce qui était de la régence, ils en avaient déjà discuté ces derniers jours, aussi Telleran avait toutes les clefs en main pour pouvoir gérer Eteniril. Il n'était pas pro-noss, mais il comprenait l'importance de tenir informer le dénommé Maghden. Enfin, le temps n'était pas aux longs discours. Il était surtout temps aux deux elfes de se séparer, en espérant que le protecteur ne reviendrait pas trop tardivement d'Alëandir. Ou qu'il reviendrait, tout simplement...


~~~~~~~~


Arkuisia de la deuxième ennéade de Karfias, neuvième année du XI° Cycle,
Académie d'Alëandir.


Neraën n'écoutait pas. Que Celebrand continue ou non de palabrer sur des histoires de magie ou de repas - certains elfes avaient lors du voyage appris à connaître un peu mieux ce personnage -, il s'en fichait. Tout ce qui attirait son attention à l'instant présent était le grand bâtiment d'où suintait toute forme de magie, la fameuse Académie. Cet endroit fascinait plus d'une personne ne l'ayant pas côtoyé souvent, et rappelait de bons souvenirs à ceux qui avaient passé une cetaine d'année à l'intérieur pour apprendre à maîtriser la magie. Mais pour Neraën, le simple fait de la voir lui donnait envie de ne plus exister, de rester le simple elfe qu'il était autrefois dans les terres d'Eteniril, inconscient que cela pourrait un jour devenir son chemin de torture. En somme, il n'avait absolument aucune envie d'y retourner. La première centaine d'années qu'il y avait passé presque enfermé à l'intérieur avait été si douloureuse qu'il en était resté traumatisé une fois que cela fut terminé, qu'il put prendre du recul par rapport à ce qu'il s'était passé. Et il savait pertinemment que cette fois-là ce ne serait pas mieux ; peut-être même serait-ce pire.

Ses béquilles le soutenant désormais sous les épaules, il resta debout immobile à quelque centaines de mètres de la grande porte principale de l'Académie. Son coeur battait à tout rompre de peur et d'angoisse, sa respiration se faisait quelque peu plus difficile. Le regard tantôt intrigué tantôt curieux des mages qu'il croisait lui donnait en plus un goût amer dans la bouche. Et déjà, malgré un sort qu'avait appliqué Celebrand sur son esprit pour éviter de trop s'ouvrir au monde qui l'entourait, Neraën se sentait partir, ne plus avoir le moindre contrôle sur quoi que ce soit. Il commença à entendre une multitude de voix, ressentir des émotions qui n'étaient pas les siennes, croûler sous un poids dont il ne connaissait pas la provenance... jusqu'à ce qu'une main lui touche l'épaule et adoucisse toutes ces choses qui le perturbaient. Neraën tourna la tête vers la gauche, d'où provenait la main. Il vit la lumière propre à Celebrand et eut l'impression que le vieux mage souriait. Les larmes montèrent aux yeux du protecteur, sans pour autant se décider à couler. Neraën hocha affirmativement de la tête pour signifier qu'il était temps de rentrer à l'académie. Sans plus briser le contact physique qu'il avait créé avec son apprenti tout en se protégeant mentalement de tout ce que pourrait faire l'esprit tourmenté de Neraën, Celebrand accompagna le protecteur, reprenant un travail de longue haleine qui s'était arrêté il y a près de cent cinquante ans.

"Neraën ! Neraën, regardez-moi !"

Celebrand assis à genoux dans les escaliers, une main tenant fermement le visage de l'élève alors que l'autre bras l'entourait, fit signe de la tête au guide ainsi qu'à ceux qui accompagnaient le protecteur de continuer leur route. Fort heureusement pour eux, Celebrand avait fait en sorte de toujours pouvoir suivre le changement d'état de Neraën au cours de leur montée, si bien qu'il avait pu aider pendant un temps ce bigre de mage qui ne s'acceptait pas avant de ressentir que son esprit se perdait, réagissant immédiatement afin de limiter les dégâts. Celebrand avait ressenti une force chercher à le traspercer mais il avait complètement bloqué l'esprit de l'elfe avant que ce ne soit plus important. Et maintenant, le contact qu'il avait avec lui se voulait être protecteur, remettre en confiance celui qui était perdu, lui faire reprendre conscience de ce qui l'entourait et non pas des maux qui le tenaillaient. Quelque chose de fort compliqué, surtout qu'il savait à quel point l'alliance d'une forte angoisse et d'une importante quantité de magie pouvait faire perdre toute maîtrise à une personne mentalement fragile. Et là, l'ancien soldat était d'une très grande fragilité - c'était déjà beau qu'ils aient réussi à aller jusque là sans que des problèmes comme celui-ci surviennent. Aussi fallut-il plus d'une dizaine de minutes pour que Neraën ne revienne à lui et encore plus pour qu'il soit capable de se remettre sur pieds et de continuer. C'est une heure plus tard qu'ils arrivèrent dans la chambre qui avait été allouée au protecteur, confortable mais relativement simple. Une seule particularité à celle-ci : à l'image de sa tente à Eraïson, une zone d'anti-magie y avait été construite, mais cette fois-ci en ayant pour but de ne faire qu'aténuer le passage du flux. Il parraissait que cela avait été un bon entraînement pour certains étudiants en magie de l'immatériel.


~~~~~~~~


Elenwënas de la deuxième ennéade de Karfias, neuvième année du XI° Cycle,
Académie d'Alëandir.


Une fois que le soleil eut commencé à se coucher, Neraën se trouvait assis sur le sol, dos contre le mur. Dès le départ il avait désiré rester seul, et sa nervosité n'était toujours pas passée. Ses mains n'arrêtaient pas de trembler et, contrairement à quand il était dans le camp militaire, il n'arrivait plus à trouver de moyen de les faire revenir à la normale. Trop de souvenirs, trop de souffrances, trop d'angoisse. Le simple fait de se retrouver dans cette académie lui faisait se remémorer des moments difficiles et la présence de magie le faisait régulièrement partir, comme un épileptique ferait plusieurs petites crises succèssivement dans la même journée. Et lorsqu'il arrivait enfin à se calmer, son problème se relançait au plus tard quelques heures plus tard. Il ne mangeait pas, ne buvait que si on le forçait à le faire, ne se déplaçait que peu. Seul Celebrand arrivait à passer outre la mauvaise humeur du malade et restait longuement à discuter, cherchant toujours plus à cerner au mieux l'état d'esprit ainsi que la manière dont son élève approchait la magie. Et s'il ne répondait parfois pas aux questions de celui-ci, il s'inquiétait tout de même de l'impression désagréable qu'avait Neraën d'avoir une autre présence auprès de lui, un peu comme s'il se séparait en deux. Et de cela, bien sûr, il n'aurait pas pu lui en parler avant, non ? De toute façon, il allait falloir qu'il se renseigne pour vérifier ses hypothèses... d'autant plus que le lien qu'il avait visiblement tissé avec la Symphonie et qui lui avait failli valoir de mourir n'aidait pas à éclaicir le problème.

On frappa à la porte. Déjà, Neraën était en train de se relever à l'aide de ses béquilles, grimaçant sous la douleur. Il avait sentit venir celui qui lui faisait l'agréable surprise -ou non, il s'en fichait - de venir le voir.

"Entre, Anornedellon."

Ses mains tremblaient encore un peu, mais il espérait qu'avec l'attention qu'il allait devoir porter à ses béquilles qu'elles se tiendraient plus tranquilles. Il était à peu près debout lorsqu'Anorn entra dans la pièce. Neraën ne dit rien, pas même bonjour, ne lui demanda pas comment il se portait depuis leur retour. Il n'avait pas la tête aux aimabilités traditionnelles. Cependant il ne manqua pas de remarquer un certain bonheur chez son visiteur, bonheur que le régent ne montra pas forcément sur lui.


Dernière édition par Neraën Yeldoreï le Dim 25 Sep 2016 - 19:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeSam 24 Sep 2016 - 23:00


L'annonce de la grossesse d'Arwain avait été source d'un bonheur incommensurable. Et depuis cette dernière, il avait cette constante bonne humeur qui faisait battre son cœur un peu plus vite, un peu plus fort. Si rien ne transparaissait cependant, il savait déjà que celui qu'il allait voir aujourd'hui allait le sentir. Ils n'étaient pas rentrés depuis longtemps, mais il lui fallait déjà rendre visite à Neraën. Bien qu'il soit submergé de travail, il devait s'assurer de la bonne prise en charge de ce dernier, et prendre par la même occasion de ses nouvelles. Ils ne s'étaient pas quitté en bon termes, mais tant que les discussions étaient assez impersonnelles, il arrivait à passer outre. Il lui rendait en effet visite en tant que Régent, non en tant qu'Anorn. Avant qu'il ne parte du palais pour l'Académie, Arwain l'interpella. Dans sa robe émeraude, elle avait sur les lèvres un léger sourire et dans les yeux une étincelle qu'il ne connaissait que trop bien. Tendant une main dans sa direction, il attendit que ses doigts s'y logent pour lui dire qu'elle avait toute son attention.

 - Je sais que tu as rendez-vous et que c'est pour quelqu'un d'assez important, mais je voulais te demander une seule et unique faveur. Pourrions nous attendre le mois prochain avant d'annoncer officiellement ma grossesse ? J'aimerais ne pas en parler trop tôt, parce que, tu vas me trouver bête, mais je craindrais que cela affecte en une quelconque manière le bon déroulement de celle-ci. Sans parler du fait que je ne voudrais en aucun cas être une faiblesse pour toi plus longtemps que nécessaire.  
 - Je ne te trouve aucunement bête, tes craintes ne sont pas à moquer, au contraire, je les considère avec sérieux. Si tel est ton désir, alors nous ne dirons rien d'ici Favriüs. Bien que la nouvelle me réjouisse au plus haut point et qu'il me tarde de l'annoncer fièrement, il n'en sera rien avant que tu ne sois prête. Quant au fait d'être une faiblesse, tu n'en as jamais été une et tu ne le seras jamais. Tu as toujours été une force incommensurable, un appui que je n'aurais même pas pu rêver tant il est parfait. Ne pense pas une seule seconde que de porter nos enfants pourrait t'affaiblir. Au contraire, cela ne te rend que plus forte. Parce que je sais qu'ils sont en sécurité, là.

Passant discrètement une main sur son ventre, il apprécia longuement la joie qui illumina un peu plus son visage à ses mots. Déposant un baiser sur son front, puis sur ses lèvres, il la quitta à regret pour l'Académie. Et pour Neraën. Avant même qu'il ne frappe à la porte, on l'invita à entrer.

 - Neraën.

Il resta un instant silencieux, debout face au Seigneur Protecteur d'Eteniril, l'observant rapidement. En équilibre sur ses béquilles, ses mains devaient sans doute encore trembler, quand elles n'étaient pas crispées sur ce qui le tenait debout. Les chaires et les os qu'il avait reconstruit étaient encore fragiles, il le sentait bien.

 - Je sais à quel point c'est éprouvant pour toi de revenir ici. Tu me vois désolé de t'affliger de nouveau un tel sort, mais je n'ai pas d'autre choix. Nous pensons que c'est le mieux à faire, du moins pour l'instant. Mais tu le sais déjà, alors je crois que je vais passer à la raison principale de ma visite. Comment te sens-tu ?

Il demandait tant physiquement que moralement, à propos du flux et à propos de bien d'autres choses. Il n'avait pas vraiment défini sa question parce qu'il n'était pas certain de le vouloir. Après tout, n'était-il pas venu pour s'enquérir de son état général ? Il avait en face de lui un elfe qui était responsable d'un protectorat, ainsi que d'une terre toute entière. Et il avait besoin de savoir ce qu'il en était de cet elfe pour prendre une décision quant à l'avenir d'Eteniril.
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeLun 26 Sep 2016 - 9:24

Il aurait pu être dans un autre monde que cela aurait été la même chose : à cet instant précis la prise de parole d'Anorn lui parut être irréelle, comme si les deux êtres, bien que physiquement présents l'un en face de l'autre, étaient séparés par un mur invisible. Un mur que l'empathie avait du mal à traverser. Un mur qui ne montrait que le côté hypocrite de la visite de son confrère : pourquoi lui demandait-t-il comment il allait s'il ne s'inquiétait pas réellement de son état, s'il ne venait là que par devoir, et surtout s'il savait déjà ? Il pouvait lui affirmer à quel point être là était éprouvant... il aurait aimé lui faire ressentir cette douleur, ces appréhensions, l'horrible impression d'être enfermé dans une cage dorée... mais il ne le pouvait pas. Bien que cela aurait peut-être permis au régent dene pas dire de sottises. Neraën ravala la colère qui montait en lui, s'abîmant dans la douleur qui provenait de ses mains à moitié crispées sur ses béquilles - il ne pouvait pas encore les refermer totalement, la reformation de celles-ci prenant du temps. Tout ce que répondit l'etenirilien à son visiteur fut empli de sarcasme dû à l'irritation facile qui l'occupait depuis qu'il était revenu. La hantise, la peur, la douleur, devoir accepter de ne pouvoir se sortir d'un cycle cruel... cela n'avait jamais fait un bon mélange chez un guerrier.

"Si le chagrin comprimait vraiment ton coeur je pense que je le sentirais, enfin... Faible, enfermé, écoeuré, torturé, irrité, divisé, obligé d'utiliser une magie qui m'échappe et qui ne fait que me détruire lorsque j'essaie un tant soit peu de la réfréner. Mais cela tu le sais déjà."

Aux nombreuses questions qui pouvaient naître dans la tête d'Anorn, Neraën ne montra aucun signe pouvant mener à une quelconque réponse. Avait-il intuitivement lu en lui ? Ou avait-il lu en Celebrand lors de l'une de leurs discussions ? Ou bien avait-il juste parié que les deux elfes parleraient entre eux avant qu'Anorn ne vienne le voir ? Rien. Aucun indice. Juste les yeux glacés de Neraën qui se plantaient dans ceux du régent, comme s'il cherchait la franchise en lui. En réalité ce n'était qu'une réaction causée par une mentalité purement etenirillienne : un chef ne faiblit pas, il tient bon jusqu'au bout. Et si la douleur commençait à le lancer il restait debout, essayant de faire en sorte que son esprit la supporte sans pour autant partir comme il le faisait régulièrement. Il resta donc debout, appuyé sur les deux assemblages de bois, sans esquiscer aucun mouvement.

"Si tu voulais me parler d'un point de vue guérison, visiblement je tiens debout. Quoi qu'il en soit, au moins l'un de nous semble être heureux d'être rentré ici. Ravi pour toi. Puis-je me permettre de te demander ce qui te fait tant rayonner de joie ?"

Si sa propre situation ne pouvait que lui donner de noires idées, peut-être pouvait-il espérer arriver à s'égayer du bonheur des autres.
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeMer 28 Sep 2016 - 18:55


L'amertume qu'il sentit dans les paroles de Neraën ne le surprit aucunement. Il savait l'elfe assez mal pour ne pas lui en tenir rigueur. Bien qu'il ait pensé un instant à le reprendre quant aux mots qu'il semblait vouloir lui attribuer, il n'en fit rien. Avait-ce réellement son importance ? Ce n'aurait été là que porte ouverte aux remontrances et à la rancœur qu'ils pouvaient avoir tout deux emmagasiné et ce n'était clairement pas l'objectif de sa visite. Ecoeuré, divisé et irrité. Voilà les mots qu'il retint dans tout ceux qu'il balança. Avant qu'il ne semble lui reprocher son bonheur excessif. Dans ses paroles, encore et toujours de l'agressivité. Qu'il pouvait parfaitement entendre, mais qu'il ne cautionnait en aucune façon. Etait-il donc incapable de faire la différence entre quelque chose de nécessaire et quelque chose qui relevait de la volonté et de l'envie ?

 - Es-tu conscient que la décision de te garder ici pour un temps n'est pas motivé par des raisons personnelles, mais uniquement par une nécessité politique ?

Il avait besoin de le savoir. Qu'il soit honnête avec lui. Pour son avenir et pour l'avenir de son peuple. Il n'avait pas envie que la réponse à sa question soit emplie de colère et dicté par celle ci. Il avait envie de sincérité, autant qu'il en avait besoin. En tant que régent, il devait savoir si Neraën représentait un danger ou non pour Eteniril et si son état actuel était passager ou s'il allait perdurer pour un temps indéfini. Parce qu'une régence ne pouvait être mise en place éternellement. Il savait les quelques troubles que la politique pro noss de Neraën avait engendré. Et il savait que ce n'était qu'une question de temps pour que la décision de ce dernier en ce qui concerne son gouvernement ne soit remise en question. Un débordement n'était pas à souhaiter. Qu'on divise plus encore ses frères et ses sœurs lui était une idée insupportable, qu'il ne pouvait consciemment pas laisser se produire. Avant qu'il ne réponde à la question qu'il venait de poser, il répondit à celle qu'il avait éludé.

 - Je suis heureux, certes. J'ai retrouvé les miens, ils sont sains et saufs, je suis je suis sain et sauf. Il n'y pas de meilleure place que celle qu'on peut avoir au sein de sa famille. Ne t'en préoccupes pas si cela t'ennuie. Mais tu sais l'amour que je porte à Arwain, tu sais que sa présence m'est bénéfique. Elle n'a pas été à mes côtés à Eraïson et elle m'a cruellement manqué. Alors oui, je suis heureux de la retrouver et cette nouvelle proximité me regonfle le cœur.

Et au delà de ça, il y avait l'attente de ses jumeaux. Ses premiers enfants, ceux qu'il n'attendait plus. Qu'Arwain n'attendait plus non plus. Elle lui avait demandé de ne rien dire et il n'en avait pas l'intention. Non qu'il craigne Neraën, mais lui donner telle nouvelle n'était pas nécessaire. Il l'aurait en temps voulu, quand sa femme serait prête, quand ils auraient décidé ensemble qu'il était maintenant de bon ton d'en parler. Il ne voulait pas retenir l'information parce qu'il manquait de confiance, parce qu'il voulait peiner celui qu'il avait en face de lui, non. Seulement parce que ce n'était pas le moment. Tout simplement.

 - Quant à la question que je t'ai posé, sache qu'elle importe.

Si avec cette légère précision qu'il s'était senti obligé de donner, le discours qu'il recevait restait dans le même ton qu'il avait commencé, alors il ne comprendrait plus. Ou plutôt, il avait peur de trop bien comprendre.
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeJeu 29 Sep 2016 - 7:49

Ce mur invisible qui était entre eux, cet espace qu'aucun des deux elfes ne semblait vouloir franchir pour se rapprocher de l'autre, cette distance qui se voulait plus forte que tous les mots censés appeler à un rapprochement... Rien n'enlevait la solitude, ou du moins rien n'enlevait cette écoeurante impression d'hypocrisie. Et il lui demandait s'il arrivait à faire la différence entre une décision prise pour un confort personnel et celle mue par un devoir politique ? Mais se rendait-il compte de l'absurdité de sa question, et surtout de la personne à laquelle il la posait ? Visiblement, non. Et il ne se rendait non plus compte du manque cruel de confiance que de tels questions pouvaient laisser sous-entendre. Manque que Neraën pouvait comprendre vu les récents événements ; mais confiance qui aurait pu l'aider. Les yeux toujours braqués dans ceux d'Anorn, Neraën voulut répondre mais n'en eut pas le temps puisque le régent répondit à la question posée précédemment, à savoir quel était ce bonheur dont il irradiait. Et la réponse fut fort simple : retrouver sa famille, tous sains et saufs, et être soi-même en bonne santé. Peut-être y avait-il un peu plus que cela. Mais que ne pouvait connaître le jeune protecteur, à moins de remplacer sa famille par ses amis.

"Quant à la question que je t'ai posée, sache qu'elle importe."

C'était la phrase de trop. La phrase qui ne pouvait qu'irriter encore plus Neraën. Certes, il avait une nouvelle fois changé, il était à nouveau en proie à une magie dévastatrice. Mais cela n'avait pas changé le protecteur qu'il était, cela ne lui avait pas ôté la possibilité de différencier vie privée de vie publique ainsi que l'envie et le devoir. Anornedellon pouvait très bien penser que la magie de l'esprit ait pu changer sa façon de raisonner mais il en doutait fortement ; il était un archimage et en plus devait recevoir des rapports réguliers de Celebrand. Si ces rapports ne devaient pas être les plus joyeux qui pouvaient exister, loin de là, ils ne devaient pas non plus préciser qu'il était devenu incapable de réfléchir... Aussi cela ne pouvait venir que du manque de confiance voire d'autres choses peu joyeuses. Ce fut d'un ton froid et brute mais dépourvu d'agressivité que l'elfe répondit.

"Si cela avait été pour des motivations personnelles tu ne m'aurais pas envoyé ici, pas dans la cité où doit se trouver ton frère. Pas là où se trouvent ceux que tu chéris, parce que tu crains que je ne leur fasse du mal. Tu m'aurais certainement renvoyé en Eteniril avec Celebrand ou bien tu n'aurais pas mis ton devoir de régent autant en avant lorsque tu pouvais justement le délaisser. Non, tu protèges trop ton frère pour cela. Ce n'est pas un frère qui est venu me voir et qui a décidé de me placer là, mais un régent. Un régent qui doute et qui aimerait savoir si je suis encore capable d'être un seigneur-protecteur ou bien au contraire si je ne suis pas devenu un danger pour ceux de notre peuple. Neraën regarda un instant sur sa droite, cherchant visiblement à voir quelque chose, avant de revenir à Anornedellon. Ais-je encore assez de lucidité pour avoir ne serait-ce qu'en partie compris ce qu'il en était ou bien la magie a-t-elle véritablement commencé à me détruire ?"

Il faiblissait. La douleur le lançait de plus en plus, même si elle n'évoluait que doucement. Et cette impression d'avoir une autre personne auprès de soi, ou peut-être d'être divisé en deux comme lors de ses cauchemars, se faisait de plus en plus oppressante. Une nouvelle fois, il ressentait que sa respiration commençait à avoir du mal à être régulière. Mauvais signes...
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeJeu 6 Oct 2016 - 22:10


Il doutait, oui. Parce qu'il ne savait pas ce qu'il en était vraiment. Comment pouvait-il quand son cas était unique ? Quand il n'était pas à même d'étudier ses capacités, ses pulsions, de mesurer le risque qu'il pouvait potentiellement représenter? Il savait que sur lui reposait sans doute l'avenir du peuple d'Eteniril, pouvait-il se permettre de faillir ? Non, de ça il était hors de question. Alors oui, il lui posait peut-être une question idiote à son sens. Mais à vrai dire elle était primordiale.

 - Je veux savoir si tu es toujours en mesure de guider le peuple d'Eteniril. Ou si une partie de toi trop importante a été détruite à Eraïson. Je ne cherche pas à t'humilier, ni à te rabaisser. Je veux seulement que tu me dises ce qu'il en est. Pas pour moi, pas pour toi. Por ton peuple.

Etait-il capable de comprendre qu'ici, il ne ferait que discuter purement politique et devoir ? Que sa vie personnelle n'entrerait aucunement dans la discussion ? Anorn ne le pensait pas. Parce qu'il avait encore remis son frère sur le tapis. Une fois de plus, il lui avait parlé de lui. Cette obsession qu'il semblait nourrir pour lui le mettait assez mal à l'aise. Et déclenchait un énervement plus ou moins modéré.

 - Quant à mon frère je ne suis pas venu pour parler de lui. Ta présence ici n'a rien à voir avec lui, comme tu le dis si bien. Et tu n'as aucune raison de l'évoquer dans cette discussion. Je te prierais de t'en tenir à un discours décent. Comme je le fais moi même actuellement, il me semble que c'est la moindre des politesses.

Il aurait bien rajouté un mot ou deux à ce propos, mais il n'en fit rien. S'il parlait de discours décent et de politesse, lui faire quelques remontrances quant à son éducation n'aiderait sans doute pas à illustrer la chose. Alors tandis qu'il voyait le dos de Neraën bouger légèrement, sans doute sous l'expression de la douleur, il l'invita à s'asseoir. Il n'avait pas besoin de souffrir le martyr uniquement pour lui prouver qu'il pouvait se tenir droit. A vrai dire, il n'avait pas à se tenir droit. Pas après ce qu'il avait subit là bas, pas après les blessures qu'il avait pansé. Qu'il accepte ou non son invitation, Anorn s'assit, sur une chaise non loin de lui. Les mains posées sur les genoux, il fixait l'elfe en face de lui. Avait-il été brisé définitivement ? Ou bien n'était-ce que temporaire ? Il espérait de tout cœur que ce le soit. Qu'il récupère dans les mois, les années ou les siècles à venir. Parce qu'il lui connaissait un cœur profondément bon. Malgré l'expression de sa magie, malgré les dégâts qu'il pouvait faire quand il n'était plus à même de se contrôler, il gardait cette bonté.

Qu'il ne croit pas à sa réticence sentimentale quant à la décision de le placer ici n'avait guère d'importance. Il le lui avait reproché, mais pouvait-il le blâmer ? Non, certainement pas. Seulement il avait besoin qu'il sorte de cette colère, de ce ressentiment pour avancer. C'était encore assez frais, son arrivée ici, il n'était pas certain qu'il réussisse à le faire rapidement. Mais il l'espérait tout de même. Comme il ne cesserait jamais d'espérer le meilleur, pour tout et n'importe quoi. Dans une circonstance comme dans une autre.

 - Cette question te paraît sans doute idiote. Mais je dois te la poser. Si je t'ennuie je m'en excuse, ce n'est pas le but. Une fois que j'aurai la réponse, je pourrai m'en aller, si tel est ton choix. Je comprendrai que tu ne veuilles pas converser plus que cela avec moi.

Après tout, ne l'avait-il pas menacé de mort quand il avait émis l'idée d'un jour pouvoir s'approcher d'Aldartha ? Il devait y avoir bien meilleure compagnie que lui, il n'en doutait pas. Mais pour le moment, il était obligé de lui imposer la sienne.
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeLun 17 Oct 2016 - 13:12

Neraën accepta la demande silencieuse du régent de s'asseoir sur le lit. Pas que la douleur était telle qu'il ne pouvait plus tenir debout, non, loin de là. Malgré le fait qu'il ait été obligé de rester allongé plusieurs ennéades durant, il avait assez de force et de volonté pour tenir jusqu'à la fin de cette entrevue. Mais il commençait à avoir du mal à respirer, et cette sensation qu'une autre personne se trouvait auprès de lui... Ses yeux avaient du mal à éviter de regarder certaines directions de la chambre, se devant faire force pour continuer à regarder Anornedellon. De plus, il commençait à trembler. A avoir du mal à rester concentré. Il se perdait, la magie recommençait à l'agripper, l'arracher de son corps. Et Anorn était là... Lorsque le mage de la vie eut terminé de parler, Neraën secoua une fois la tête sur son côté droit et ne perdit pas de temps à répondre. Il ne parlait pas trop vite mais l'archimage pouvait ressentir de l'angoisse dans ses dires, de plus en plus présente à mesure que les phrases s'articulaient entre elles.

"Tu ne m'ennuies pas. Tes questions se répètent juste, parce que tu souhaites savoir ce que je pense de cela. Si j'ai encore assez de lucidité pour différencier intérêt politique et intérêt personnel, si je ne deviens pas fou à cause de cette saloperie de magie, si je peux encore être un meneur sûr. Ma réponse est que mon esprit va bien, il lutte, je semble encore être moi-même. Mais en l'état actuel des choses je ne peux pas remplir mon rôle de seigneur-protecteur. Il faut que ma relation à la magie se stabilise avant. Que... que les bases se... resoudent."

Il ou elle était là, double qui l'opressait dangereusement. Neraën tremblait désormais, de tout son corps, de façon plus que visible. Repenser au chemin fait qui devait être désormais complètement effacé ainsi qu'à la souffrance actuelle et future n'était pas pour l'aider à se maîtriser. Au contraire même. Il savait qu'il était en train de partir, que la magie l'embrassait, l'enserrait de plus en plus... et il était incapable de deviner ce qui allait être, si cette zone de magie réduite allait suffire à protéger celui qui ne voulait que protéger les siens. Aussi, comme un ordre donné à voix basse, ce fut les yeux fermés que le protecteur dit ces derniers mots.

"Vas-t-en, je t'en prie. Vas-t-en..."


~~~~~~~~


Matin de Calimehtarus de la cinquième ennéade de Karfias, neuvième année du XI° Cycle,
Académie d'Alëandir.

Sans le vouloir, sans le savoir, la protégée de Tethien acculé l'esprit du seigneur-protecteur d'Eteniril contre un mur. Et tout autour de lui se trouvait être la magie, se trouvait être l'entité de ses cauchemars incessants. Acculé ; c'était le bon mot. La jeune Macabre était partie en larmes, lui était tombé sur le sol tout en emportant la table de chevet dans sa chute. Depuis tout basculait. Il ne se rendait plus compte de ce qu'il se passait autour de lui, ses yeux s'étaient en partie voilés pour ne lui permettre de voir qu'à travers elle. Elle, ce bourreau sans nom. Elle, qui le détruisait petit à petit. Elle... la magie.

Un bon moment s'était écoulé après l'incident avec la jeune elfe, peut-être même quelques heures. L'esprit de Neraën restait, partait, revenait... et cela rapidement. Les deux elfes qui s'occupaient de lui et qui l'avaient allongé sur le lit ne pouvaient que remarquer la bataille que livrait Neraën contre une force bien trop puissante, dictée par le manque total de confiance qu'il avait en elle. Et ils savaient pertinemment qu'il était inutile d'essayer de l'aider. Celebrand et le Chapitre Blanc avaient été clairs, seul le vieux mage était autorisé à tenter quoi que ce soit avec l'esprit de l'elfe. Par mesure de sécurité.

Le temps lui parut long, le combat plus douloureux que jamais. Neraën sentait que la fragile glace qui le soutenait se craquelait et allait s'effondrer d'une minute à l'autre. Il se doutait que le seul chemin qui lui restait était de laisser la magie s'emparer de lui... mais il avait peur. Et c'était cette peur intrisèque qui l'empêchait de vivre.

"Anorn..."

Vision ou fait réel, les yeux blafards de Neraën, entrouverts, distinguaient l'âme du régent. Il se tenait au-dessus du pauvre elfe, constatant certainement la triste évolution du protecteur. Protecteur qui luttait pour rester éveillé, ne sachant plus ce qu'il devait faire... Protecteur qui ne pouvait plus que capituler. La voix de Neraën s'éleva difficilement jusqu'aux oreilles d'Anornedellon alors que des larmes douloureuses perlaient sur ses joues.

"Pardonne-moi... Je n'en peux plus, elle m'enserre, elle... elle s'empare de moi. Je ne suis plus. Je deviens elle..."
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeMar 25 Oct 2016 - 13:24

Qu'il se ressoude, qu'il se reconstruise. Avant de reprendre les rennes de ses terres. C'était évident. Mais au moins en avait-il conscience. Au moins ne ferait-il rien d'inconsidéré. C'était un bon point. C'était tout ce qu'il voulait entendre. Fort heureusement d'ailleurs, puisque Neraën avait de plus en plus de mal à contrôler ce qui l'oppressait. Ne restant pas plus longtemps à ses côtés, il quitta sa chambre, prévenant au passage quelqu'un de ce qui était entrain de se passer. Il n'avait aucune idée de comment ses crises étaient gérées, ni par qui, tout comme il n'avait aucune idée de ce qu'elles pouvaient bien donner en terme d'intensité et de dégâts. Alors qu'il se dirigeait vers la sortie de l'Académie, on l'interpella. N'étant pas des les meilleures dispositions pour discuter avec légèreté, il coupa court à l'échange, qui visait principalement à prendre de ses nouvelles. Il nota poliment l'attention, mais n'accorda pas plus de temps au professeur qui se tenait alors à ses côtés. A vrai dire, il avait bien d'autres choses en tête. Comme la pile de courrier qui l'attendait quelque part, sur un bureau. Comme ses conseillers qui avaient sans cesse besoin de son aval pour accomplir quelque chose. Comme le protecteur de Carrobrelian qui voulait mener une nouvelle vendetta contre les noss. Comme sa femme qui attendait des jumeaux. Trop de choses bien plus importantes que de simples babillages.

***

Une nouvelle fois, Anorn rendait visite à Neraën. Il le faisait de plus en plus souvent, aussi régulièrement qu'il le pouvait. Cette fois, il le trouva prostré sur son lit, en proie à une souffrance qu'il sentit avant même d'entrer. La peine et l'effroi transperçaient son cœur comme s'ils étaient sien. S'asseyant sur le rebord du lit, juste à côté de lui, il put remarquer les larmes couler de ses yeux. Dans la voix qui s'éleva péniblement à ses oreilles, il discerna comme un appel à l'aide. Une demande bien réel de le tirer de là, de l'extirper de cette situation. De lui rendre le contrôle, sans quoi il se savait couler dans les instants qui étaient à venir. Il savait qu'il avait rencontré la jeune Macabre. Celle là même que sa femme lui avait amené un peu plus tôt. Qui était un elfe des plus étranges. Son esprit devait être à l'image de ce qu'elle renvoyait. Froid, voire même glacial, dérangeant et empli d'horreurs. Qu'elle barricadait derrière un mur bel et bien perceptible. Et elle avait traumatisé Neraën au point de lui laisser des séquelles même des heures après l'interaction. Alors doucement, il posa sa main sur son épaule tremblante, pressa sa paume contre son bras.

- Reprends toi, Neraën. Je suis là... Accroche-toi.

Le contact établi entre eux lui tordait le ventre et faisait vriller son esprit. Il avait du mal à garder une pensée claire et stable. Il n'avait pas touché l'elfe depuis qu'il l'avait soigné à Eraïson et à ce moment, il était inconscient. La sensation trop soudaine de plonger dans quelque chose dont il pourrait ne jamais revenir le déboussola un instant, mais il reprit assez vite un contrôle tout à fait relatif. Il n'avait plus l'impression d'être attiré par un immense trou noir dont il était difficile de s'extirper de l'orbite. La vague de sentiments étrangers qui s'était soudainement abattue sur lui ne lui paraissait plus être si violente et il commençait à en distinguer clairement certains éléments. La peur, la peine, l'impression de glisser inexorablement vers quelque chose de bien trop grand. Contre lequel on ne pouvait lutter. D'envahissement soudain et violent contre lequel il était impossible de lutter. Et il espérait simplement pouvoir lui servir d'ancre. Lui éviter de dériver trop loin, le garder ici, près de lui, dans cette réalité. Le temps que tout ceci passe, qu'il retrouve une certaine stabilité.

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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeVen 16 Déc 2016 - 21:36

Le maître du temps était passé dans cette chambre et, inexorablement, avait décidé d'enlever la bienheureuse faculté d'avoir une quelconque notion du temps à un certain elfe. Un elfe qui n'était plus celui que l'on connaissait, d'ailleurs... Tous pouvaient se souvenir du conseiller ou protecteur froid et distant, montrant en chaque instant une force autant physique que psychologique. Qu'en restait-il, là, dans cette chambre ? Un être blessé physiquement qui avait du mal à marcher à nouveau. Un être allongé sur un lit qu'il aurait été incapable de monter seul. Un être aux yeux étrangement voilés, en proie à un combat qu'il ne pouvait que perdre et dont il craignait la chute inexorable. Un être faible. Aux yeux d'un elfe de son peuple, un être qui ne pouvait guider un peuple.

Il voyait toujours cette aura blanche qui s'était approchée de lui, cette âme qu'il avait su reconnaître entre mille, Anornedellon. Cependant, il ne resentit à aucun moment le régent poser une main réconfortante sur son épaule tout en serrant sa main endommagée de l'autre. Tout ce qu'il sut était que le peu de perception qui lui restait se brouilla... puis se brouilla un peu plus... jusqu'à ce que le monde dit visible lui soit entièrement fermé.

De l'extérieur, la réaction qu'eut le seigneur-protecteur d'Eteniril instaura une forme d'incompréhension chez les quelques elfes présents dans la salle, avant de laisser place à une panique certaine. En effet, peu de temps après que le régent soit entré en contact avec son confrère, le corps de celui-ci fut agité de soubresauts avant que tout ne s'arrête. Comme si le protecteur avait rejoint le royaume de Tari à l'instant-même. Comme s'il avait expiré pour la dernière fois... si ce n'est que le régent lui-même ne répondait plus à l'appel, emmené de force dans monde que seuls les deux elfes connaissaient. Le temps s'était arrêté ; on ne toucha heureusement pas aux protecteurs, préférant aller chercher en courant un maître mage qui se faisait aussi lent que vieux. Peut-être réussirait-il à comprendre ce qu'il se passait.


~~~~~~~~


Neraën ouvrit les yeux, difficilement. Il ne se sentait pas bien, avait l'impression que tout tournait autour de lui et que s'il ne faisait rien pour que cette situation ne dure pas il finirait par rendre le peu qu'il lui restait dans le ventre. Au bout d'une ou deux minutes il fit l'état des lieux de là où il se trouvait : allongé sur un sol dur et froid, de la pierre, et sur son côté droit. Sa tête était nonchalament posée sur le sol et ses cheveux étaient comme à leur habitude détachés, ce qui faisait que certains s'étaient retrouvés sur son visage sale. Devant lui, une table, une chaise et des jambes. Le vert, le violet et le bleu formaient un mélange gênant mais pour autant somptueux, alternant régulièrement les nuances. Aucune odeur. Les seuls sons qui parvenaient à ses oreilles étaient ceux d'un vent violent à l'extérieur se cognant fréquemment contre des fenêtres ainsi que le son particulier d'une plume grattant une feuille de papier. Le protecteur fronça les sourcils, comprenant qu'il était entré dans un rêve sans pour autant en avoir fait de similaire. Du moins le croyait-il... Aussi se leva-t-il difficilement, posant une main sur son coeur puisque celui-ci lui faisait mal.

"Enfin debout ?"

Le coeur de Neraën manqua un battement et ce fut avec des yeux horrifiés qu'il leva les yeux vers l'elfe qui était assis sur la chaise. Non, pas ce rêve... pas celui-là ! Pas ce cycle infernal, où à chaque fois la mort ou l'absence de réponse jetait un froid en lui. Non non pas cela... que la Mère le protège, il... il...

Aldartha sourit, content de revoir celui qu'il avait toujours apprécié ; son frère. Il fit signe à l'elfe qui se trouvait à terre et sur qui il avait veillé qu'il allait chercher d'autres livres à la bibliothèque, et ce alors que beaucoup traînaient déjà sur le bureau. Visiblement, l'étrange couleur changente du ciel ne lui faisait rien, de même que le désespoir mêlé à la craient qui pouvaient se lire dans les yeux de son protégé. Neraën savait parfaitement qu'il ne fallait pas que le frère jumeau d'Arnornedellon passe la porte, qu'à chaque fois cette action que l'on fait chaque jour de sa vie lui serait fatal. Qu'un autre Neraën se montrerait et lui briserait la nuque. Et tout s'enchaînerait. Alors il prit sur lui et, une fois encore, courut malgré sa faiblesse pour empêcher le jeune mage de passer cette maudite porte, le mettant brusquement dos contre un pillier.

"Qu'est-ce que tu fais ?
- Je te sauve, encore une fois ! Aldartha, je t'en prie, ne passe pas cette porte !
- Mais..."


Le mage s'arrêta sur sa lancée, le regard braqué sur quelque chose... ou quelqu'un... qui n'aurait pas dû être là. Sous le manque de réaction d'Aldartha Neraën baissa ses bras fatigués et tremblants, commençant déjà à avoir du mal à tenir debout. Lui-même étonné de la réaction tout à fait inhabituelle de l'elfe, il se retourna pour se rendre compte qu'Anorn se trouvait derrière lui, à quelques mètres. C'est alors qu'il remarqua un détail à ses yeux important : ils ne se trouvaient pas dans la petite pièce habituelle mais dans la grande salle d'Eteniril. Les murs étaient vides de toute décoration mais aucune marque de bataille n'était présente, contrairement au rêve qu'il avait fait la veille de son intronisation. Et, comme si cela ne suffisait pas, étaient apparue une multitude de parchemins sur lesquels étaient écrits des mots ou étaient dessinés des images relatant sa propre vie.

"Anorn... que fais-tu là ? Tu... tu es bien réel au moins ?"

Le vent souffla brusquement sur les fenêtres, manquant d'en faire céder certaines. Neraën posa une main sur sa tête qui fut soudainement douloureuse, oubliant instantanément Aldartha et la promesse qu'il avait faite à Anorn de ne jamais approcher le mage. Le vent souffla à nouveau sur les fenêtres, brusquement. Des pensées, des émotions, une douleur qui n'étaient pas siennes attaquèrent l'elfe d'Eteniril qui tomba à terre sous l'effet de la douleur. Il perdit alors son souffle et chercha sans trouver l'air qui ne trouvait plus le passage jusqu'à ses poumons. Que se passait-il ? Il n'en savait rien, ne l'avait jamais vécu. Tout ce qu'il savait était qu'il lui manquait de l'air... qu'il lui manquait quelque chose d'autre, insidieux, qui le détruisait de l'intérieur. Ce qui était au-dehors... la magie... il en avait besoin.

Etouffé par la douleur il se mit à crier, cri qui se perdit dans le vacarme de fenêtres brisées et d'un ouragan s'engouffrant dans la pièce, balayant tout sur son passage, éblouissant quiconque osait le regarder. Il était le maître en ces lieux, et sa luminosité était son incarnation dans ce monde étrange aussi bien pour Anornedellon que pour Neraën. Tout fut projeté, les elfes y compris, se retrouvant blessés par les débris de verre et par les pages coupantes de l'histoire d'un guerrier. Neraën ne fut pas épargné, loin de là. Au contraire même, il fut celui qui devait être le plus blessé par l'explosion. Dans son esprit, il se revit courir vers le mage drow et abattre une lame de son arme sur le joyau rouge qui servait de focalisateur. Il revit l'explosion, ressentit la douleur, ferma les yeux... et les rouvrit pour découvrir que de nombreux débris de verre s'étaient plantés dans son corps, et qu'une sorte de lame s'était fichée dans son coeur. Le goût du sang lui vint à la bouche, sa respiration se fit douce... puis il vit la lumière, cette lumière donnant un mélange de vert, de bleu et de violet. Elle s'approchait, était prête à venir en lui. Et lui était de toute façon incapable de bouger ne serait-ce qu'un doigt.

De l'autre côté de la salle, les deux frères n'avaient pas été épargnés par ce qu'il venait de se passer. Aldartha était même mal en point - mais vivant, au moins. Ils n'étaient qu'à quelques mètres l'un de l'autre mais une brume vert-bleuté s'enlisait entre eux. Quelques pas, de petits pas dans la brume, c'était tout ce qui leur manquait.
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeVen 23 Déc 2016 - 22:29

Sans s'y attendre, Anorn fut projeté dans un endroit qu'il reconnut comme étant le palais d'Eteniril. Il n'était pas familier de ce lieu, mais il le connaissait. Il lui était étrange d'y revenir, les souvenirs récents qu'il avait là-bas n'étaient pas plaisant. Il se rappelait comme son cœur s'était longtemps refermé pour sa femme. Il se souvenait de la distance qu'il avait mis entre eux, cette absence de proximité qu'il avait recherché. C'était idiot, mais il n'avait su faire autrement. Et c'était ici, dans ce palais, qu'il s'était excusé. Dans une pièces de cette construction qu'il avait reconnu ses erreurs, qu'il avait avoué en avoir fait une. Cela avait été dur. Mais ce qui avait été plus dur encore, c'était le pardon presque instantané d'Arwain. Elle n'avait eu aucune rancœur envers lui, aucun reproche. Pas de mot déplacé, pas de ton un peu plus élevé. Pas de haine. Juste de la compréhension et un pardon. Seulement, dans cette salle où il était maintenant, les ravages du voile n'étaient pas visibles. Pas de branche impromptue au travers des murs, pas de tronc ni de racines qui avait fissuré la pierre. Le sol, le plafond et tout le reste était encore lisse. D'une beauté qu'il savait aujourd'hui disparu. Il ne savait plus, il ne savait pas. Où était-il ?

Il n'eut pas le temps de se le demander bien longtemps, puisque bientôt, des voix vinrent le tirer de sa contemplation. Une voix déformée mais qu'il reconnut tout de même. Celle d'Aldartha. Il semblait parler à quelqu'un en face de lui, quelqu'un qu'il n'eut pas de peine à reconnaître. C'était Neraën. L'incompréhension s'abattit sur lui. Il l'avait approché ? Non, c'était impossible. Impossible parce qu'ils étaient à Eteniril. Et qu'il ne l'y avait jamais emmené. Alors quoi, que faisaient-ils là, l'un en face de l'autre ? Aldartha agissait de manière tout à fait naturelle, mais le seigneur protecteur d'Eteniril semblait être inquiet. Voire même paniqué. Il observait la scène sans pouvoir intervenir, sans vouloir intervenir. Essayant encore de comprendre ce qui était entrain de se passer. Une nouvelle fois dans sa tête sans doute. Mais pas de souvenir cette fois. Pourquoi ? Que voyait-il ? A peine eut-il le temps d'acquiescer, de confirmer qu'il était bel et bien là, qu'un vent à décorner les bœufs s'abattit sur les fenêtres. Prémices d'un ouragan qui les balaya tous. Ne réfléchissant plus, voyant Aldartha voler, il voulut courir vers lui mais fut tout aussi rapidement soufflé.

Leur tête frappèrent le sol et seul Anorn finit par reprendre conscience. Neraën n'était pas à ses côtés mais Aldartha l'était. Là, presque à portée de main. Seule une brume étrange les séparait. Une brume qui ne lui inspirait rien, si ce n'était de l'angoisse. Il n'aurait su dire pourquoi, il n'avait aucune envie de la traverser. Mais de l'autre côté, son frère était inconscient. Voulant s'ouvrir au flux pour vérifier qu'il était encore vivant, sa respiration se coupa soudainement. Ouvrant frénétiquement la bouche, rien n'en sortait ni n'y rentrait pour autant. Alors avec peine, il n'essaya plus. Avec peine il renonça au flux. Tournant péniblement la tête vers celui qui l'avait emmené ici, il hurla son nom. De rage et de désespoir. Il le suppliait de sortir de ce cauchemar, le suppliait de faire quelque chose. Avec au fond de son cœur l'envie irrépressible de lui faire payer les tourments qu'il venait de faire vivre à son jumeau. Même si ce n'était pas réel, du moins préférait-il s'en persuader, il ressentait une douleur immense au fond de son cœur. Comme si Aldartha était entrain de s'éteindre à l'instant même.

Se redressant péniblement sur un de ses coudes, il peinait à reprendre son souffle. Et il entreprit de ramper jusqu'à celui qui ne lui répondait pas. Celui qui semblait être tétanisé. Aveuglé par la brume aux teintes irréalistes. La distance qui les séparait n'était pas si grande mais il lui parut mettre une éternité pour l’annihiler. Il ne voulait pas regarder en arrière, parce qu'il savait qu'il laissait Aldartha. Seulement, il savait aussi qu'arrêter Neraën était la seule chose qui pourrait tous les tirer de là. Et finalement, sa main s'abattit sur la cuisse de ce dernier. Et dans sa voix, s'entendit tout l'effort qu'il fournissait pour la faire s'élever.

- Par Kÿria, cesse immédiatement. Je t'en prie...

La brume s'avançait dangereusement. Mais ses yeux étaient plongés dans ceux de Neraën. Et refusaient de voir autre chose.
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeSam 24 Déc 2016 - 11:12

Le monde n'était plus. La vie, les ressentis, les sensations... tout cela n'avait de réel ici, rien de compréhensible. La brume, reflet d'une lumière scintillant de trois couleurs, avait eu le temps de s'approcher des différents elfes. L'un était inconscient, l'autre rampait sans comprendre. Le troisième, enfin, était toujours allongé à terre, les yeux ouverts. Irrationnellement, il vivait encore malgré la lame de glace qui s'était abattue sur son coeur. Sans qu'il ne puisse plus se défendre la brume s'était approchée de lui, le couvrant et se laissant aller en lui. Les yeux de Neraën se fermèrent. Enfin il commençait à respirer. Enfin il se sentait bien, rassasié de ce qui n'était jamais réellement parvenu jusqu'à lui. Imprégné par la magie.

"Par Kÿria, cesse immédiatement. Je t'en prie..."

La voix. Le contact. Le retour à une certaine réalité : cette fois-ci, il n'était pas seul. Mais ce ne fut pas Neraën qui réagit en premier ; la brume fut plus rapide et n'apprécia guère que l'elfe millénaire la dérange dans son entreprise. Anornedellon fut alors brusquement repoussé, renvoyé plusieurs mètres derrière sans aucune forme de procès. Ce qui l'avait repoussé commença à prendre une forme humnoïde floue, se dressant pour garder celui qui était désormais sien.

"Arrête... Arrête, il n'est pas un danger."

Derrière les yeux du protecteur, une foule de souvenirs se mouvaient, formant un film où apparaissaient régulièrement les deux jumeaux. Aldartha était celui que Neraën avait toujours voulu sauvegarder dans ses cauchemars. Anorn était au contraire celui qui avait permis à l'elfe de vivre depuis trois siècles. Il lui devait la vie ; il lui devait le respect ; il lui devait de l'aider s'il le pouvait. Neraën se releva et, sans plus faire attention au régent, se dirigea vers Aldartha. Il n'avait pas besoin de regarder son confrère : il avait l'impression de ressentir toutes les émotions qui passaient dans son coeur, toutes les peurs qui traversaient son esprit. Peut-être était-ce vrai, peut-être n'était-ce qu'une impression. Mais il ne lui fut pas difficile de comprendre.

La brume souleva le jeune mage et le réveilla. L'etenerilien le regarda droit dans les yeux pendant un moment, semblant lui transmettre quelque chose par la pensée, puis s'écarta afin que les deux frères se retrouvent. La lumière faiblit. La brume s'écarta. Alors que la salle, petit à petit, se recouvrait d'ombre, Anorn put remarquer que le Neraën qui était debout n'était pas tout à fait celui qu'il connaissait. Quelque chose avait changé ; peut-être le fait qu'il semblait plutôt être guidé par la magie que l'inverse, ce qui ne lui ressemblait pas. Quoi qu'il en soit, il était l'heure que ce rêve se termine, et pas de la volonté de Neraën. L'ombre avançait doucement, il restait encore quelques minutes. Quelques minutes qui ne serviraient pas à l'elfe qui acceptait enfin que la magie entre en lui.
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MessageSujet: Re: Le goût amer du changement (PV Anorn)   Le goût amer du changement (PV Anorn) I_icon_minitimeSam 24 Déc 2016 - 17:02

Projeté encore une fois au loin, plus violemment cette fois. Même si Neraën assurait qu'il n'était pas un danger, ce n'était pas suffisant. On ne semblait pas vouloir de lui et il ne voulait pas être là. Même si Aldartha avait fini par se relever, même s'il le regardait avec des yeux emplis d'amour, il savait que ce n'était pas vrai. Il savait que ce n'était qu'un rêve, un souvenir. L'illusion de son existence. Tout ceci n'était pas vrai, ce n'était qu'un mirage. On l'y avait coincé dedans quand il avait seulement voulu apaiser l'elfe qui semblait alors souffrant. Le retour à la réalité ne fut pas doux mais cela le soulagea considérablement. Il n'y avait plus le fantôme de son jumeau, il n'était plus impuissant, n'avait plus l'impression d'être piégé dans une gangue étouffante. Il pouvait renouer avec la réalité, renouer avec le flux. C'était assez rassurant, même s'il sentait à ses côtés la présence de Neraën et de Celebrand. Même s'il n'avait qu'une envie : quitter cet endroit. Quitter celui qui le faisait tant subir et qui ne pouvait le comprendre. Une fois encore, il eut envie de le tuer. Une fois encore, il eut envie de le supprimer. Il n'était qu'un poids, un danger. Une menace pour lui et pour tout les autres. Alors, il sut ce qu'il allait faire. Il sut ce qu'il devait faire.

Sa condition ne semblait pas s'améliorer, il n'y avait qu'une énième dégradation de son état. Et pire encore, il ne pouvait rien y faire. Celebrand avait toujours autant de mal à le contenir. Neraën se débattait bien trop avec sa propre condition pour pouvoir s'occuper d'autre chose. Reprenant difficilement ses esprits, il peina à se remettre sur ses pieds. On voulut l'en empêcher mais il balaya tout ça d'un revers de main. La colère sourde qu'il éprouvait à son propre égard fut légèrement visible dans son geste. En temps normal, elle aurait pu passer pour un simple agacement. Mais on connaissait Anorn et sa retenue. On connaissait sa capacité à ne rien laisser transparaître.

- Quand il sera stable. Dites le moi. Je veux être sûr qu'il entende correctement ce que j'ai à lui dire.

Et sur ses mots, sans même un regard pour Neraën, il franchit le pas de la porte, laissant tout cela derrière lui. C'en avait été trop, cette fois. Beaucoup trop. Et cela ne devait jamais plus se reproduire.
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