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 Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]

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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Jeu 25 Aoû 2016 - 20:30

début favrius an 9 XIe Cycle



La journée ne faisait pas exception aux habitudes de la majestueuse Thaar : une chaleur humide et écrasante dominait la citée, tandis qu’une cacophonie à vous en faire éclater les tympans tonnait d’un bout à l’autre des quartiers populaires. Les gens s’agglutinaient près de quelques saltimbanques qui prostituaient leurs talents, dans l’espoir de voir retentir quelques piécettes dorées, tandis que d’autres farfouillaient ci et là, à la recherche de de commerces tous aussi variés les uns que les autres. Sans en être le centre du monde, Thaar avait au moins ce point pour elle : nous pouvions trouver en ses enceintes des produits en provenance des quatre coins de Miradelphia. Joailleries importées de Nanie, boissons alcoolisées et armes de hautes factures en provenance de l’Elda, passant par tous les produits abondants de la péninsule. Au travers iceux, une clientèle ciblée cherchait à assouvir ses besoins les plus primaux, monnayant la bonne compagnie, au moins le temps de faire plus ample connaissance. Dans le cas de Velkyn, ses inclinaisons du moment n’étaient clairement définies, aussi préférait-il se laisser voguer là où le menait ses petons, laissant la bonne fortune mener le court de sa journée.

Si une chose plaisait au Haut-Prêtre, lorsqu’il se mêlait à la menuaille Thaarie, c’était l’aisance qu’il avait à tenir l’intégrité de son anonymat. Nuls ne courbaient l’échine à son passage, aucune paire de yeux ne léchait le sol, alors que d’autres le dévisagerait avec hargne et animosité. Non, affublé d’un primitif mantel poussiéreux aux manches balafrées et teinté de cendre, le Prima qu’il était passait pour le dernier des bouseux. N’eut été de son faciès aux caractères singulièrement inquisiteurs et, du richissime anel qui trouait le cartilage de son oreille pointue, son ignoble déguisement aurait fait preuve de perfection.

Il se balada en offrant son attention à quelques talentueux artisans, doués dans l’art de leur métier, mais aussi, dans celui de se vendre afin d’appâter la clientèle. « V’nez v’nez bonnes genses! J’ai ici une panoplie d’armes! Les meilleurs d’ce damné Monde! Venez voir les merveilles de Baduk! » Tonna un petiot d’humain, dressé haut et fièrement sur un tabouret, à gueuler son annonce dans le creux de ses mains mariées. Le jouvenceau de grippe-sou venait de faire une touche, son hameçon fût mordu de plein fouet par une prise de taille : le Haut-Prêtre. Velkyn s’approcha et, de la manière la plus concise qu’il soit, lui demanda sèchement : « De quelle merveille fais-tu référence ? » « Oh, m’sieur! Des lames elfiques, en majorité! Mais attention, j’ai pour vous quelque chose d’incroyablement … incroyable! Attendez, je vais mander mon maître pour qu’il vous la montre. » Le gamin sauta pieds joints contre le sol pour détaler dans les entrailles de la forge où il se ramena accompagné d’un homme de même taille, mais du triple de la largeur. Le maître Nain renifla puis crachat sa morvine au pied du tabouret, montrant la lame en question. « Une lame Al’Serat, forgée à même les flammes de l’Elda, mon bon m’sieur. C’est l’unique arme qu’elle aura jamais offerte à un autre artisan, m’sieur. » Gargouilla le nabot entre deux reniflements tonitruant. Plus un son, plus même de gens qui volaient autour de lui tels une flopée de mouches, plus que cette arme où la griffe Al’Serat était gravée sur le plat de la lame. Alors Velkyn risqua d’aller toucher l’arme, l’ausculter et la juger … Juste avant de ployer le genou pour se mettre au même niveau que le petit homme. Son nez se redressa tandis que son regard s’assombrissait gravement et, amincissant leur distance, tout bas, il siffla un mot unique en son égard : « Olplyn.» Sans crier gare, d’un geste vif et sec, il fit prendre l’air à son poignard fétiche pour baiser le derme de son cou de son tranchant. Du même mouvement, il le plaqua de son coude contre le sol, faisant s’envoler de un, le tabouret, et de deux, le petiot qui hurla dans l’espoir de se faire aider. « MÉÉÉ! T’ES DINGUE LE NOIRAUD! » Aussi prestement que se serait regroupé un groupuscule de pervers devant une opulente poitrine à l’air, les gens cerclaient la scène sans toutefois intervenir. Les dents serrées sous la rage, la mâchoire crispée à s’en faire éclater les dents, une coulisse de sang s’échappait du nain sous le contact pressant de sa lame. « VOLEUR! TOUT CE QUE TU VENDS  EST FAUX! »

« Wow! » Cria un citoyen, comme pour désarmer la situation. « Dépose ta lame, si tu le tues, t’auras de sales ennuis. » Chose que Velkyn fit en l’encastrant au sol, entre deux dalles de pavé. Mais alors que tous croyaient que la chose était sécurisée, Velkyn fixa pendant un moment le pauvre nabot qui, sans être capable de s’en empêcher, lui défonçait le visage à grands coups de poings. Presque devenues des armes blanches, il cracha tout son fiel sur le pauvre forgeron qui se retrouvait avec un sourcil sectionné, un nez cassé et une mâchoire disloquée, de même que deux dents en moins. Un quatuor musclé stoppa la folie meurtrière du Drow en l’emmenant plus loin, avant que la garde ne s’en mêle.

Le souffle court, Velkyn jugea les quatre personnes prestement : Deux Drow et deux humains à la peau grisonne. « J’avais jamais vu personne se faire démonter de la sorte … D’où tu sors ? » Tonna un des soudards. Ce à quoi Velkyn, évidemment, dans son caractère jouasse et enclin à la conversation, répondit d’un silence. « Ça fait rien, voilà l’plan. Y’a quelqu’un là-bas, qui se nomme "Le Marteau", c’est un boxeur vraiment, vraiment balèze … Il gagne tous ses combats. Même nous, on fait pas l’poids. Mais à te voir te guerroyer, toi, je gagerais tout c’que j’ai que tu pourrais le mettre au tapis … On y gagnerait vraiment le pactole. » Le fils d’Uriz prit un moment pour réfléchir et, après avoir repris un pouls acceptable, il entama le plus court pourparler de l’humanité : « Donnes-moi ta bague et j’accepte. » « Euh … C’est tout ? » « Oui. » En haussant les épaules, la brute épaisse lui confis son anneau : un bijou doré où un mini kraken entrelaçait de ses tentacules le contour du doigt et où les yeux étaient brillant de deux minuscules émeraudes.


***


« Oh oh! Il semblerait qu’un courageux veuille se mesurer au Marteau! Quel fol osera prétendre avoir le bras assez pesant pour mettre au tapis notre champion! » La foule en liesse acclamait le Marteau en tapant des mains et en gueulant tout ce qu’ils avaient de force. Et icelle ne défaillit jamais lorsque l’aspirant monta sur la scène surélevée, considérant qu’il n’avait aucune chance face à la montagne de muscle qu’était le Champion de la Boxe. Pourtant, déboutonnant quelques attaches de son mantel, lorsqu’il le fit chuter pour dévoiler son corps ravagé par le temps, les batailles et les dons offerts aux Dieux sombres, une majorité ravalèrent leur langue. Moins imposant de musculature, le corps de Velkyn était à lui seul un autel sacré dédicacé à la guerre. Des scarifications entremêlées de ses tatouages singuliers et immaculés parcouraient un chemin sinueux au travers ses muscles saillants et ciselés. Le bruit se faisait au plus faible, comme si les gens doutaient désormais, que les parieurs Thaarie commençaient à ressentir une once de peur, en crainte de perdre leurs mises …

Le combat s’amorçait déjà féroce, parce que les coups s’échangèrent violemment mais, ne touchaient que dans un sens. Velkyn laissait passer tous les coups du Champion tandis que lui, précis et vif, portait ses poings à destination dans une violence inégalée. Fidèle à ses habitudes, le Prima se laissait guider par la colère et le sang qui bouillait en ses veines. Vint le moment où chuta le colosse et où Velkyn sauta sur sa dépouille pour terminer le travail. Les coups fusaient comme sur le nain, mais cette fois-ci ne trouvait le repos que lorsqu’on aperçut non pas des débattements, mais des spasmes nerveux. Le pauvre venait de rendre la vie et Velkyn, de remporter les honneurs.

Parsemé de sueur et zébré de sang – Pas le sien -, Velkyn quitta la scène avant même qu’on le proclame champion, prenant la poudre d’escampette avec comme seul récompense la vie arrachée d’un homme et d’un bijou doré. Thaar pouvait être si divertissante, pour ceux qui savaient apprécier ces plaisirs de la vie …




Dernière édition par Velkyn Xaran le Dim 6 Nov 2016 - 11:23, édité 2 fois
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Mar 30 Aoû 2016 - 17:36

Un temps de merde

Humide, lourd, ensoleillé. La terre soulevait une odeur de poussière mouillée. Le soleil cognait sur une peau qui menaçait de grisonner sous ses assauts. Tout ce qui pouvait écœurer une drows élevée dans les entrailles arides, chaudes et sombres d'Elda était magnifiquement présent. En somme : une journée parfaite pour rester dans les trois étages sous-terrains que comptaient le luxuriant palais de Krish Al'Serat. Ainsi, elle aurait put profité de l'ombre et d'une tiédeur sèche pour lire, forger, compter les bulles d'air sous son papier peint ou prendre un bain entouré de superbes créatures pour passer un peu plus de temps dans une atmosphère lourde et humide sans que le soleil ne vienne brûler sa délicate peau de forgeronne millénaire...

… Mais tout cela aurait été bien trop simple, bien trop parfait, bien trop... tout le contraire de ce qu'était la locataire de ce petit coin de toute puissance estréventine.

Et c'est pour cela qu'une certaine drow habillée d'un pantalon ample et d'une brassière recouverte par un grand pan de soie rouge qui pouvait également servir de capuche errait dans les rues du bazar de Thaar vers un but tout relatif. Peu pouvaient se targuer de le remarquer, mais une ombre la suivait sans cesse, une femme malingre au visage presque enfantin, aux yeux d'un bleu de glace et à la voix cristalline comme celle d'un petit canari tout mignon... habillée d'une armure de cuir légère et portant un nombre plus qu'impressionnant de lame de toutes tailles et de toutes couleurs : une garde du corps quoi.

Pas vraiment que Krish en sentait le besoin, mais depuis qu'elle avait commencé à suivre à la lettre les consignes d'Ekmir, elle avait aussi du accepter que Wydrin la suive partout... Et quand Ekmir avait dit partout, c'était... partout. Entre son nouveau régime, les étapes nocturnes, les cérémonies diurne et les ablutions rituelles, c'était à peine si Krish avait encore le temps et l'énergie nécessaire à continuer le travail pour lequel elle s'enfermait dans sa forge plusieurs heures par jour. Alors penser à se détendre... Pas le temps.

Un point positif dans son malheur ? Avec les nausées qui n'en finissaient pas, sa libido était encore au point mort. D'après sa sage femme préférée, cela ne serait plus le cas du tout d'ici quelques jours, quelques ennéades tout au plus, mais pour le moment du moins, cela lui permettait de mettre l'intégralité de sa concentration à d'autres projets... Du moment qu'elle ne soit pas occupée à se vider l'estomac.

Ce jour là, allant contre toutes les routines qui commençaient à s'installer dans sa vie, elle avait quitté son antre pour... flâner ? Et peut-être aller voir la mer. C'était quand même le comble ça, elle habitait le plus grand port du monde et n'allait jamais sur la jetée ! Bon... Presque jamais... D'accord, jamais pour autre chose que resquiller dans les tavernes. C'était tellement drôle en même temps...

Entre les échoppes, les étals et les vendeurs à la sauvette qui étalaient leur tapis à terre, le bazar était une petite merveille. Il y avait littéralement tout ce qu'on pouvait chercher. De la carte au trésor Nisétienne jusqu'au cuissot d'éléphant de mer en passant par l'élastique de string, milles trésors étaient exposés au milieux de dis-milles merdes branlantes.

La forgeronne remettait pensivement sa longue tresse blanche sur son épaule après avoir aperçu un voleur partager une demie pastèque avec un chimpanzé enturbanné perché sur l'auvent d'un maraîcher, lorsqu'un hurlement retentit une ruelle plus loin. A pas guilleret, elle se dirigea a contre courant de la plupart des personnes de la rue pour s'approcher du bruit... Et loin derrière, Wydrin jura entre ses dents.

Un œil suffit à voir qu'un drow agressait sauvagement un... marchant d'arme agréé et forgeron de sa corporation. Elle leva un sourcil, un goût désagréable dans la bouche. Qui, par les mamelons pointant d'Isten, pouvait bien s'en prendre a un homme affichant aussi ouvertement son appartenance à la corporation... Et surtout était-elle partie si longtemps que l'idée de la milice d'argent et de la purge ignoble qu'elle avait effectué un mois auparavant ne faisait plus frémir aucun malfrat ?

Seule une touffe de cheveux argentés étaient visible par delà le troupeau de mouton qui s'était agglutiné autour de la scène, jouissant de leur répulsion macabre comme un pervers salive devant les cuisses ouvertes d'une prostituée battue. Après plusieurs hurlement de douleur, les seuls sons lui parvenant furent le bruit des poings s'écrasant sur la viande et le souffle raclant du tortionnaire... Très bien. Il ne lui restait plus qu'à se souvenir du visage de celui qui venait de la privé d'une infime parcelle de son gagne pain.

Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche, elle rabattit sa capuche... Et appliqua ce que son assassin de professeur lui avait enseigner : règle trois, les assassins adorent les fenêtres... Et ce qui est bon pour un assassin est aussi bon pour un espion, non ?

Prenant appuie au coin d'un étal, elle se hissa sur l'auvent de bois le plus proche du croisement, à l'abri des regards de la ruelle ou se déroulait la scène. Une pierre délogée. Le rebord d'une fenêtre. Un volet pour protéger la maison du chaud soleil de midi. Elle sourit copieusement à une petite fille qui cirait le plancher du deuxième étage en passant, jura contre son ventre qu'elle sentait frotter légèrement contre la pierre et réussit enfin à atteindre le toit... tout en soufflant comme une vache à l'agonie. Ce n'était pas tellement que l'exercice avant été long et, dieux merci, ses bras pouvaient supporter bien plus que cela... Mais monter en rentrant le ventre au maximum pour éviter de poncer la façade ne permettait pas franchement de respirer.

La haut... Le soleil cognait dur. Très dure. Mais heureusement, à moitié enroulée dans sa cape improvisée, elle ne subissait pas les rayons de plein fouet et grâce à sa nature sombre, suer n'était pas non plus en haut de sa liste de choses à faire.

« VOLEUR! TOUT CE QUE TU VENDS  EST FAUX! »

Eh... Mais... Que...

Un sourcil blanc se leva dans l'ombre de la l'ample capuche.

« Velkyn... »

Un sourire joueur aux lèvre, elle se glissa jusqu'au rebord du toi et jeta un coup d’œil dans la ruelle, toujours à croupetons. Le drow qui se tenait debout au milieu du cercle de mouche à merde... était bien le Haut Prêtre d'Uriz et Voix des Dieux... et accessoirement son époux... qu'elle venait de surprendre en train de créer le cubisme à coup de poing sur la gueule d'un pauvre marchand.

Un vrai Picasso...

Mais bordel de ralgamazut ! Que pouvait-il bien foutre ici ! Il était sensé être à Yutar !






De toit en toit, de coin d'ombre en fenêtre entrouverte (dont les propriétaires eurent parfois la plus grande frayeur de leur courte vie), le petit chaperon rouge suivit le petit groupe que formait désormais Velkyn du bazar et ses joyeux compagnons. Ils avaient bien échanger un objet, mais à cette distance et sans se faire voir, elle n'aurait pas été capable de dire quoi...

Ce manège s'arrêta cependant sur une petite place suffisamment loin des grands axes pour ne pas attirer tout de suite l'attention d'une quelconque force de l'ordre. Un cercle parfait s'était organisé, au milieu du quel deux hommes. Un grand, costaud, moche, buriné, vraiment... bourrin. Et l'autre grand, chétif et l'air vicieux. Et ils gueulaient... Comme d'hab dès qu'il y avait un peu de sang à voir remarque...

Les pièces de cuivres et autres babioles s'échangèrent. Si elle avait été en bas, elle aurait parié dix galions sur le drow qui venait de monter sur le ring... Mais de toute façon ce n'était pas avec la menue monnaie qu'elle voyait s'échanger de main en main qu'elle allait aller loin...

Puis Velkyn retira son manteau... De son perchoir, Krish put profité à son aise de la vague d'incertitude qui s'emparait soudain de l'assistance.

Et le combats que certains sentaient si prometteur se déroula exactement selon ses prédiction. Les muscles du drow roulaient sous sa peau avec régularité, rapidité et précision. Chaque geste était calculé instinctivement pour être le moins coûteux en énergie et le plus dévastateur. Non seulement il mis rapidement son adversaire au sol, mais en une seconde de plus, il avait rendu l'âme.

Un imbécile de plus en moins.

Puis il repartit aussi sec sans même que l'arbitre ne soit venu lui remettre ses gains... Et sans bruit, trouvant des trésors de ruse pour le suivre sans être vue, une ombre rouge l'observait des hauteurs. Combien de temps réussirait-elle a tenir ? Là serait une autre question...
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Mar 6 Sep 2016 - 11:43





Le soleil couché achevait sa glissade derrière la montagne et indirectement, faisait chuter drastiquement le climat qui, depuis les matines déjà s’acharnait comme la misère sur le pauvre peuple. Habitude était pour les communes citées de regagner une certaine quiétude, une fois les ténèbres bien épaissies en signe qu’il était temps de regagner le nid famillial pour chacun des habitants. Malheureusement pour elle, Thaar faisait exception à la règle en privant adeptes du silence et de calme de leur petit moment de sérénité. Non, au contraire, les torches s’allumaient, certain lupanar ouvraient leurs portes tandis que certaines chaumières, tavernes et autres établissements accueillaient à bras ouverts quiconque s’en approchait. Évidemment, tous les quartiers ne profitaient pas de cette effervescence si particulière à la grande Thaar, d’autres au contraire, étaient évités à tout prix. Certains détours sombres et démunis de torches menaient sur des ruelles peu fréquentables, où disait-on, même certains gardes n’osaient s’aventurer, de peur d’être ciblé de coupe-jarrets.

La traque fût sûrement pénible et fastidieuse pour sa femme, car les guibolles du Prima ne semblaient défaillir en aucun moment, ce même après avoir piété toute la journée durant. Il s’était bien arrêté en quelques endroits, mais seulement pour une apparition éclaire, le temps de se débarbouiller le visage, mais aussi pour couvrir sa nudité qui, évidemment, pouvait attirer l’attention plus qu’il ne le désirait. Se satisfaisant d’un mantel à capuche démesurément trop long, de ses mains jusqu’à ses petons, le tissus ébène le recouvrait. Accoutré comme le clampin du coin, il s’arrêtait ci et là, dans diverses boutiques, sans jamais avoir à ouvrir sa besace et en montrer le reluisant d’une pièce. À dire vrai, vu de loin, Velkyn semblait blasé et prit à la gorge par l’ennui, vagabondant sans réel but. Oh, il s’était bien laissé tenter par quelques jolies succubes aux courbes affriolantes, ceux-ci traînant comme appât aux devants des établissements de joie, sans réellement qu’on morde à leur hameçon. En fait, sa marche perdura jusqu’à ce que la voie lactée soit distinguable de par ses constellations brillantes, et qu’il s’aventura dans le dédale des ruelles.

Doté seulement d’une partielle de jugement serait suffisant pour comprendre que s’aventurer en de pareils endroits relevait de folie. Évidemment, lorsqu’on faisait d’ores et déjà preuve d’une certaine folie, la chose devenait rapidement abstraite. Et sans chercher plus loin, on devinait que le Haut-Prêtre était en manque d’action, que ses bras lui picotaient d’envie de faire aller son épée ou son braquemart. Encapuchonné, les yeux plissés pour discerner au travers cet épais et opaque voile de noirceur quiconque oserait s’approcher. Mais force était d’admettre que la soirée ne prêtait pas au jeu, car nul ne pointait le bout de son nez. Mais finalement, à force de chercher, quelques criements étouffés parvenaient au détour de quelques édifices où la cime touchait pratiquement les nuages. Quelques pâtés d’établissements plus loin, alors que les tonalités plaintives devenaient de plus en plus claires, la voix d’Uriz assista à quelques démonstrations de luxures où une femme se donnait en spectacle avec un trio d’hommes. Bien qu’après observation lointaine – lui qui devait être à une vingtaine de mètres d’eux -, sans se faire remarquer par le moindre des figurants, les plaisirs semblaient n’aller que dans un sens, et si on en suivait le courant, la femme n’en tirait aucun. Trois paires de mains s’occupaient d’elle afin qu’elle n’ait rien à faire, après tout, pouvait-on en espérer plus d’une femme qui se faisait violer ? Bâillonnée, maltraitée et souillée, les trois bandits faisaient preuve d’une incroyable imagination lorsqu’il s’agissait de lui imposer les positions à adopter afin que tous puissent en tirer au moins un peu de plaisir, ils se devaient de partager après tout. Quant à Velkyn, son malsain voyeurisme ne concernait pas l’acte charnel en tant que tel, mais il se régalait de voir cette pauvrette abusée, désarmée et destinée au sort qu’elle méritait. Ses suppliques étouffées valaient plus que la plus plantureuse des femmes et de la voir se débattre était d’autant plus satisfaisant. Et il put jouir du spectacle, pendant un temps seulement, jusqu’à ce qu’une menue rocaille ne tombe du ciel pour s’abattre contre l’allège métallique d’une fenêtre.

« R’gardez! Un petit malin qui se rince l’œil! Y’a du vagabond qui va y passer c’soir que j’dis! » Deux des trois se détachaient de leur jouet de chair à en confiance la garde au troisième. Chose faite, un poignard dans la main, annonçant sans autres ambages leurs intentions violentes, ils s’approchèrent tout sourire au visage. Mais ce qu’ils ne s’attendaient pas, c’est qu’outre cet heureux spectacle où assista gratuitement le Haut-Prêtre, c’était spécifiquement pour ces raisons, qu’ils arpentaient ces terres si peu fréquentés … Le Prima se décapuchonna et fit tomber sa toge contre le sol, levant le rideau sur ses intentions à lui ; celles de tuer. Avant même qu’ils n’eurent le temps d’observer la pièce d’homme contre qui ils allaient se frotter, Velkyn dégaina et amorça la rixe d’un coup si violent et sec, qu’il chasse d’abord l’arme de son ennemi, emportant dans son coup la tête du dernier. Séparée de ses épaules la tête roulait tout près de l’homme qui était resté en retrait, tandis que le deuxième ennemi du Prima stoppa sa marche pour le fixer droit dans les yeux, le poignard lui lâchant d’entre les doigts. Satisfait par la peur et la crainte que transpirait abondamment le regard de son adversaire, Velkyn esquissa un cruel sourire en son égard tout en s’approchant de lui, la lame rougie à outrance. « Oui c’était un fort bien beau spectacle. Mais j’ai l’impression que le théâtre a fermé ses portes, à cette heure il se fait tard. » Le silence fût d’or, car nulle réponse ne s’échappait d’entre ses lèvres tremblotantes. Velkyn accorda un peu d’attention au troisième violeur, puis revint à son nouvel ami. Puis il refit la manœuvre, avant de soulever son poitrail d’en une bouffée d’amusement étouffée. Après de mûres réflexions, il renvoyait sa lame d’où elle était arrivée, au grand bonheur de son adversaire terrorisé. Il poussa même un soupire d’aise, chose qui fit d’avantage sourire le Prima puisque, quelques secondes après, de sa ceinture il se saisir d’un coutelas qu’il vint épouser à la chair de son cou, lui arracha la vie sans autres cérémonies. Comme une feuille de papier, il s’écroula au sol en se vidant de son sang.

Deux vies venaient d’être arrachées et à ce point, il ne restait plus qu’un des trois membres du trio d’enfer, ainsi que leur jouet en larme et souillé. Sans dire un mot, même si son visage était illuminé d’amusement, Velkyn courba l’échine afin de soulever légèrement le macchabée et de l’asseoir, en direction du "couple", comme si ce dernier les regardait. Enfin, d’un pas lent et posé, il s’approcha d’eux mais non pas pour attenter à leur vie, mais pour saisir par le cuir chevelu la tête encore chaude, qu’il plaça près de son copain, en direction d’eux, les mirettes grandes ouvertes. Complètement décontenancés, le couple ne savait plus comment se placer, ni réagir, ni … faire quoi que ce soit, ils étaient à ce point, paralysés par la peur. « Alors, tu continues ? » Lui lança Velkyn, debout et adossé contre le muret auquel ses deux nouveaux copains feraient aussi preuve du même voyeurisme que lui.

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Sam 24 Sep 2016 - 9:51

Si au moindre moment, la traque était devenue fastidieuse, Krish ne l'aurait arrêtée aussitôt. Et en effet, monotone, la traque le devint bien vite. Ce que cela pouvait être barbant... Ce ne fut qu'un couple d'heures après son arrivée qu'elle descendit de son toit. Bien bien bien...

Que faire ?

Une idée aussi sotte que grenue lui vint en tête. Mais encore fallait-il réussir...

Pleine d'un entrain loufoque,  elle revint sur ses pas, sillonnant les rues qu'elle avait longé de son perchoir en sens inverse. Après un arrêt chez un forgeron pour vérifier à l'impromptu que c'était bien sa marque et non celle de quelqu'un d'autre qu'il apposait sur ses œuvre, elle parvint enfin à la placette ou s'était déroulé le combat de rue. Enroulée dans son voile rouge comme ces femmes qui voulaient conserver leur teint pâle malgré le soleil de l'Est, elle observa les ruelles adjacentes... désertes. Les boxeurs devaient avoir été calmés par la mort de leur champion... A moins que ce ne soit l'arrivée des gardes à en juger par les nombreuses traces de sang frais tout autour du ring. Quelques morceaux de tissus déchiré, quelques dents maculaient également le sol. et... Et oui ! Un mantel usé d'une couleur improbable et d'une coupe plus douteuse encore trônait dans l'ombre de ce qu'il restait de l'estrade de bois. La pluie d'écharde ne l'avait pas arrangé, mais d'un autre côté faire pire aurait été difficile...

Elle le ramassa et le secoua avec vigueur avant de le glisser sous son voile et reparti comme elle était venue. Le plus difficile suivit, mais elle connaissait encore assez bien ses contactes des bas quartiers et ses rencontres de virée nocturne pour obtenir les informations qu'elle souhaitait. Ce fut cependant un travail fastidieux qui lui prit bien le reste de la journée. Près de la tombée du jour, il ne restait plus que le tenancier à menacer et elle entrait tranquillement dans la chambre de vide… C'était à ce demander pourquoi il avait préféré cet endroit plutôt que le palais de sa femme… Mais enfin chacun ses goûts et elle n'allait certainement pas se plaindre qu'il ne vienne pas empiéter sur son territoire. Il n'aurait pas aimé ce qu'il y aurait trouvé de toute façon.

Fatiguée par la longue marche, elle se laissa allé sur le lit… Et déchira avec un voluptueux contentement le manteau immonde que le Haut-prêtre s’escrimait à porter jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que des lambeaux de serpillières.

Le bruit d'une serrure qui cède, une poignée qui tourne. Krish sourit en prenant la pose sur le large lit. La porte s'entrouvre... sur un visage totalement inconnu.

Elle fronça un sourcil. L'étranger aussi.

- Bonsoir. Salua la drow.
- Bonsoir. Répondit l'autre par réflexe.

La porte continua lentement sa course. L'homme, un humain entre deux âge, était vêtu de cuir noir. Sur son plastron reposait un baudrier auquel étaient attachés un nombre incalculable de lames courtes. Mais ce qu'elle repéra surtout, ce fut la lame qu'il portait à la main. Une lame d'un forgeron assez réputé de la ville... Une lame qui vu sa forme et les fioritures de son manque n'était autre qu'un poignard à poison... Super.

Le frémissement de sourcil qui accompagna sa surprise du être un peu trop voyant. L'humain se rua en avant. Elle roula sur le côté pour se remettre debout, tirant le drap avec elle. Le temps qu'elle lui fasse face, l'assassin était déjà près à frapper. Elle recula d'un pas, lança le drap et fila en courant par la porte ouverte.

Un escalier dévalé, un logeur médusé et trois rues mis entre elle et la chambre de son mari, elle s'arrêta, plier en deux pour respirer comme un buffle asthmatique. Ce qu'elle pouvait avoir soif ! Hmmm... Mais quand même, elle ne s'attendait pas a trouver ce genre de tueurs dans un endroit pareil... Soit Velkyn avait des ennuis personnels, soit quelqu'un avait décidé que les drows devaient rester chez eux, soit un imbécile pensait qu'il était un point faible pour une certaine princesse marchande... Mouarf. Il s'en déferait très... Coupée dans ses pensés par un mouvement furtif auprès du croisement, elle plissa les yeux, rabattit son voile rouge sur sa tête pour former une ample capuche et repartie d'un bon pas.

Velkyn se débrouillerait comme un grand. Elle avait trop faim et trop soif pour continuer à courir indéfiniment la ville comme ça.

Le chemin le plus court entre cette partie de la basse ville et les nobles quartiers passait par la Place des Lanternes, haut lieu de débauche de Thaar, et un dédale de petite ruelles malfamées longeant l'un des bazars. Mais il restait le plus court chemin, aussi il n'y avait pas à hésiter.

Avec la nuit montant peu à peu en cette fin d'été, les lampions de toutes les couleurs éclairaient les rues des quartiers des plaisirs. Des créatures plus ou moins voluptueuses tendaient leurs regards et leurs seins pleins de promesses à des bourses qu'elles ne voyaient que pleines d'or. Toujours encapuchonnée, marchant d'un pas lent pour profiter de l’ambiance des lieux, l'elfe noire prenait son temps pour dévisager l'un ou l'autre des passants, lisant la honte et la culpabilité aussi bien que la concupiscence et l'assouvissement. Lorsque deux hommes vinrent l'aborder en lui demandant un prix, elle comprit qu'elle devait avoir un peu trop l'air de se promener...

Mais qu'à cela ne tienne. Elle embrassa le moins laid, glissa entre eux le temps d'un regard et continua son chemin en refusant leur offre. Qu'ils essaient de s'en prendre à elle et ils ne pourraient avoir que quelques surprises... Mais l'instinct de survie des Thaarii étaient en général plutôt affûté. Lorsqu'une femme étrange et confiante marchait seule la nuit dans le quartier des lanternes tout en refusant ses services, il valait mieux ne pas insister.

Les rues se faisaient de plus en plus étroites. Les putes de moins en moins belles. Les clients de moins en moins riches. Bientôt, il n'y aurait plus de lampes et elle ne pourrait compter que sur quelques fenêtres allumés et ses yeux de drow pour avancer sans se cogner partout.

Elle se demandait de quel côté tourner pour ne pas passer devant la « Pisseuse Chauve », une antre de jeux pour traîne misère des plus malodorantes, lors que des cris étouffés lui parvinrent d'une ruelle à sa droite.

… La curiosité à tué le chat...

Histoire de ne pas tomber dans une rixe, elle avança encore un peu pour contourner la potentiel agression avant de tourner dans une rue parallèle. S'arrêtant à l'angle des deux rues, toujours cachée sous son voile rouge, elle jeta un coup d'oeil... Et leva les yeux au ciel. Nan mais voilà. On pensait tomber sur un truc un peu hors norme et on ne tombait que dans la déchéance la plus totale. Elle serra le poing sur une dague pendant à son côté. Ce n'était pas tellement que l'acte en lui même la tourmentait, surtout que cette femme avait été assez faible pour se laisser avoir. Mais la forgeronne avait quelques vengeances au long court auxquelles elle s'adonnait de temps à autre, comme une piqûre de rappel. Celle concernant le sort du membre virile d'humains impudents en faisait parti. Là ou l'un d'eux avait réussi, des centaines d'autres en avaient déjà payé le prix et elle en ajoutait de temps à autre à cette longue liste d'impuissants.

Mais ce soir là, elle n'eut rien à faire. Un choque métallique attira l'attention des trois gars de l'autre côté. Visiblement, un abrutit ne savait pas se satisfaire des putes et de sa main... Ou un dangereux psychopathe encapuchonné. Après avoir méthodiquement tuer ses deux assaillants de façon... très sale... il tourna les deux tête dans la direction de la pauvre fille et du survivant avant de les encourager à reprendre leurs petites affaires...

Cette voix...

Non...

Ce fou dangereux...

Et bah bordel !

Il fallait qu'elle se souvienne de ne plus le pousser à bout trop souvent celui-là... il avait vraiment une façon particulière de prendre son pied quand elle n'était pas là...

Le violeur et sa victime restèrent un instant interdit... Puis la femme, bien que tenant à peine debout, sembla comprendre que ce bref moment de latence était sa seul et unique chance. Avec un cri de panique pure, elle envoya sa petite main pleine de griffe dans la figure de son tortionnaire qui sursauta plus à cause de la surprise que de la douleur. Mais cela suffit. L'humaine parti en courant... Du moins autant qu'elle le pouvait étant donné qu'à chaque pas, ses jambes flageolaient presque au point de lâcher. Lorsqu'elle tourna dans la ruelle ou attendait Krish, le regard des yeux femmes se croisèrent un bref instant, l'un rouge de nature, l'autre rouge de larmes. Par pur caprice, l'elfe noire tendit la jambe au dernier moment, crochetant celles de l'humaine qui fini en vol plané pour rouler contre le mur le plus proche à moitié sonnée. Faible. Lâche et Inutile. Si peu de personne ne possédaient pas ce trio perdant... Si peu de personnes pouvaient se prétendre digne d'être regardées et entendues... Le reste n'était que pions et esclaves. Une masse sans nom.

En deux pas elle était près de la victime qui gémissait à terre en tentant de se redresser. La retournant sur le ventre d'une pression du pied, elle passa son bras autour de son coup pour l'empêcher de respirer jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. La pauvre était tellement mal en point qu'au lieu de prendre près d'une minute, quelques secondes suffire.

Elle la laissa retomber au sol comme une poupée de chiffon et tira son couteau. Saisissant le poignet qui surplombait des mains déformées par le travail, l'elfe noir y tailla deux longues entailles. Un liquide sombre de mis à en suinter avec force. Krish n'en perdit pas une goutte. Ses lèvres gercées ne réclamaient que de l'eau, mais hélas, son abnégation ne lui permettait que cette façon funeste de se désaltérer.

Ce qu'elle pouvait avoir soif...

Lorsque le bras retomba auprès du corps, plusieurs minutes s'étaient écoulées. L'humaine vivrait... Ou du moins ce ne serait pas à cause du traitement de l'elfe noir qu'elle mourrait. Les entailles n'étaient pas assez profondes pour qu'il en soit autrement. Debout dans l'ombre, Krish rajusta sa capuche improvisée et s'essuya les lèvres sur un pan de ce même voile carmin.

Oui, cela fait certes un peu vampire, mais quand on a mille ans, si on ne peut pas se taper un ou deux clicher de grand méchant une fois de temps en temps, c'est tout de suite beaucoup moins drôle voyez-vous ?

En tout cas, derrière elle, des pas s'approchaient rapidement.
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Sam 1 Oct 2016 - 16:42





Quoi ? Vraiment ? Elle se sauvait ? Velkyn en eut les yeux bien arrondis, à la voir prendre la poudre d’escampette après une ultime tentative d’auto-défense. N’était-elle pas brisée, rompue et mise en miette après de tels événements ? Son traumatisme n’était-il point suffisant pour qu’elle abandonne, baisse les bras et accepte enfin son triste sort ? La souris avait planté ses dents bien profondément, pour qu’on la laisse filer en lui relâchant la queue. Enfin, peu importe. Après réception d’une déception aussi cuisante, Velkyn passa ses nerfs sur le dernier des trois chats qui martyrisait la souris, lui apprenant à couiner en léchant son cou de son coutelas. Ainsi, le calme était revenu, le quartier pouvait dormir paisiblement, tandis que les souris pouvaient danser allègrement, maintenant que les matous avaient été matés. Fallait-il simplement quelques secondes, pour que ce calme fébrile ne soit derechef perturbé par cette souris en cavale ? La curiosité menant ses pas, il essuya le plat de sa lame encore brûlante de sang contre sa cuisse, puis entama le pas à l’instar d’une ombre. Et c’est au détour d’un dédale de ruelle, qu’il aperçut la courageuse petite souris inerte, étalée sur le sol, servant de quatre-heures à ma foi, un bien plus vilain chat de gouttière. Un félin bien vorace, à lui voir la gueule collée affectueusement sur ce qui hors de tout doutes, semblaient les poignets de la jeune victime. Quelques enchâssées effectuées suffirent pour constater, avec tout l’amusement du monde, qu’en fait il s’agissait non seulement d’une chatte, mais qu’icelle était reconnue pour avoir les griffes les plus acérées de l’Ithri’Vaan.

Son poignard fétiche se dirigea vers sa ceinture, là où ce dernier sommeillait usuellement, mais resta finalement fermement empoigné par le guerrier. Après tout, pouvait-il hors de tous doutes d’attendre à de doucereuses salutations venant de sa femme ? Certes pas, le feu d’Uriz embrasait son ventre et gagnait en férocité jour après jour. Sa mère ne pourrait voir sa rage ainsi que sa fougue décuplée par le bambin d’Uriz. Or, il s’approcha, toujours d’un pas prudent puis, une fois à proximité, il lui lança : « Le repas est à ton goût, Lanth’Jabress ? On dit que la peur stress les muscles du porc avant la saignée, et de souvenance, cette truie a eu plus que son lot d'effroi. »

Maintenant près d’elle, Velkyn se trouva là, bien droit, le couteau à la main portant encore les rougeurs de ses victimes précédentes. Il la fixa de plus haut, les yeux brillants d’une intense passion, comme si la voir faire acte d’une barbarie aussi sauvage le conquis sur le champ.

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Jeu 6 Oct 2016 - 11:47

Bien étrange était l'instinct de conservation des humains. Même après avoir été ravagée, la femme avait trouvé le moyen de fuir... Moins fragile que bon nombre de ses consoeurs...

Debout dans la ruelle, face au mur, elle regardait l'ombre de l'homme qui approchait dans son dos grandir sur la façade, une fenêtre d'une petite bicoque servant de projecteur. Tout en suivant les mouvements de l'homme, elle glissa ses propres doigts légèrement tachés de sang sur la garde de son coutelas. Non pas que son identité soit un mystère... Mais après ce qu'elle venait de voir, ses intentions l'étaient beaucoup plus...

« De vous deux je ne sais pas qui est le porc, Velkyn. »
lâcha-t-elle avec une moue de dédain. « Des options alentours, elle était sûrement la chose la plus digne de mes canines. »

Enfin, elle se retourna en ôtant sa capuche, son voile rouge sang voletant dans l'air du soir. Main sur le pommeau, elle fixa son époux droit dans les yeux. Lui aussi était enveloppé dans un manteau qu'elle ne lui connaissait pas... Mais aussi grand et informe qu'à l'accoutumé. Qu'il s'en soit rendu compte ou non, son vêtement laissait apercevoir la peau de son torse et de son ventre parfaitement dans l'obscurité du contre-jour qu'imposait la fameuse fenêtre. Une mèche de cheveux pâle scintillait presque à cause du contraste et les traits de son visages disparaissaient plus qu'à demi, ne laissant qu'un masque indicible dans lequel brillait deux orbes rouges.

Il s'était bien plus approché que prévu. Elle n'était qu'à un mètre du mur derrière elle. A cette distances, la forme noire jetée par la lumière vacillante semblait à la fois plus imposante et mystique qu'elle ne l'était vraiment. Elle savait ses bras prompt à étreindre aussi bien qu'à tuer. Cette soif intarissable l'habitait, projeté par les jeux complexes de leurs dieux. Comme elle habitait sa femme, initié au vide du désir perpétuel. Face à face, à un souffle l'un de l'autre, arme en main, à leurs pieds le corps inconscient d'une humaine anémiée, ils s'observait dans les prémisse d'un duel silencieux qui n'appartenait qu'à eux.

« Tu devrais changer de regard. »
dit elle sans la moindre trace de taquinerie dans la voix « Je ne suis pas une gamine en train de me faire violée. »
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Mar 11 Oct 2016 - 10:36




« Parce que désormais, tes canines doivent servir à déchiqueter la viande humaine ? » Lui affirmait-il d’un air interrogateur, faisant fi de sa dernière pique d’une aisance déroutante.  Elle se redressa et lui fit face aussi dignement qu’à l’habitude, sans se soucier un instant de l’étendu du danger que projetait son mari. Deux, puis trois pas s’emboitèrent prudemment, tandis que deux billes sanguines venaient fixer sa femme comme si s’eut été la première fois. Une passion inégalée que seul le Haut-Prêtre pouvait transpirer du regard, alors qu’il se nourrissait des détails de son agréable faciès. « N’as-tu pas comprise ce qui me plait en ces jeux ? Alors que tu crois que je m’abaisse à éprouver du plaisir dans l’acte, c’est dans la peur, la crainte et le désespoir que j’y puise tout mon plaisir … La fille d'Uriz, Natha, a toujours puisé ses jouissances de tels actes, son imagination débordante n'avait d'égal que le plaisir qu'elle en tirait. Je suis pour ces jeux son vassal, et c'est ainsi qu'elle me récompense... » Ceci dicté graduellement en chuchotant, comme d'un secret confié, réduisant la distance entre eux d’eux d’encore un pas. Enfin, il alla conquérir ses lèvres d’un baisé déchaîné, tout en épousant sa joue de la paume de sa main. Son corps se tractait au sien au gré de l’envie, terminant l’étreinte d’un mordillement à sa lippe, alors que ses yeux toujours plongés aux siens se montraient toujours aussi intenses. Sa paluche libre vagabonda un brin plus bas, surmontant son petit bedon d’une étonnante caresse. « Il faut croire que nous étions destinés à nous revoir, j’allais quérir ta demeure dès demain … » Souffla-t-il, tout en allant nettoyer à sa joue une tache d’hémoglobine, du bout de sa langue rosée. « À moins que ton repas ne soit terminé, que dirais-tu de me faire le tour de tes appartements ? Il me semble que depuis le temps, depuis toutes ces années de mariage, j’en ai au moins mérité le privilège … » Lui demanda-t-il, non sans le début d’un sourire narquois, l’œil toujours brillant et la main sagement posée contre son ventre bombé.




Dernière édition par Velkyn Xaran le Mer 12 Oct 2016 - 12:19, édité 1 fois
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Mer 12 Oct 2016 - 5:00

Elle le laissa s'emparer de ses lèvres sans réagir. Sans répondre. Ses yeux grands ouverts sur le scène, aussi distante que si elle l'avait regarder à travers quelqu'un d'autre. La peur, la crainte et le désespoir... Quel charmant trio... L'intensité qu'elle voyait dans ses iris ne pouvait mentir. Crainte et Désespoir... Et il en jouissait vraiment. Ce n'était pas du pouvoir qu'il avait sur les autres mais bien de leur crainte quelle qu'en soit l'origine. Il avait une sorte de fascination pour ce qui insufflait la peur au delà des mots et les victimes inutiles devenaient de magnifiques comiques à travers son regard.


"Arrête ça." laissa-t-elle tomber en repoussant la main qui restait posé sur son ventre. "On dirait mon père."


Et de la part de la maîtresse des forges, ce n'était certainement pas un compliment...


"Repaissons-nous de peur et de désespoir! Ô Oui!" lança-t-elle en se plaquant soudainement contre le mur derrière elle, les doigts agrippés à la roche, révulsant la tête en arrière pour mimer l'extase. Puis elle vrilla de nouveau son regard dans celui de Velkyn "T'as pas l'impression d'en faire un peu trop? Désolée mais quand je vois trop ivrognes se partager le corps d'une gamine chouineuse, non, ça ne me donne pas d'envies particulières. Hors vengeance personnelle, c'est pas vraiment mon truc quand ça pleure et que ça hurle de douleur, étrangement."


Elle jeta un bref regard à ses pieds.


"Terrorisée, elle l'était. Désespérée, non. Elle a réussi à fuir. Désarmé contre trois assaillant plus grand et plus costauds, elle n'aurait pas pu faire grand chose de plus. Peut-être qu'elle se serait vengé si tu ne l'avais pas fait à sa place. Enfin..." Elle croisa les bras en se redressant, faisant un pas sur le coté pour se retrouvé dans le sens de la ruelle. " Viens chez moi si tu le souhaites, tu y trouveras une chambre. Mais je te conseilles déjà de vérifier tes propres appartements. Je suis passé dans la chambre que tu as réservée, un homme armé a débarqué en crochetant la porte. Je ne pense pas qu'il était venu t'offrir des fleurs. "
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Jeu 13 Oct 2016 - 8:56




Si d’ordre général, l’Al’Serat avait non seulement par son alliance acquis un certain droit de parole sur le Haut-Prêtre, mais aussi avait obtenu un certain prestige à ses yeux, il arrivait qu’icelle en dépasse ses privilèges. Qu’elle ait son mot à dire sur sa manière de vivre, d’agir ou même de s’exprimer, ou pi encore, qu’elle exprime son avis sur la guerre, passait encore. À ses côtés, les railleries, les moqueries, les paroles déplacées ou les insultes étaient monnaie courante pour celle qui de filtre à jactance était démunie. Mais cette fois, son discours trempé d’ironie et de sarcasme, se raillant des préceptes de Kiel expliquées par son époux, outrepassaient les limites de l’acceptable ; car s’il était bien une chose qu’on ne pouvait débattre, ni même se moquer devant le héraut d’Uriz, c’était bien l’importance qu’il leur accordait. Le choc fut d’autant plus violent pour Velkyn qui, du plus profond de lui-même, des abîmes les ténébreuses de sa psyché, avait toujours cru Krish plus près encore des divinités qu’il ne l’était personnellement. Était-ce sa manière d’agir, épousant à son insu les préceptes de la progéniture d’Uriz, ou seulement avait-elle été élevée à ce rang qu’à cause des machinations de son esprit tordu et dérangé ? Jamais il ne le saurait, mais s’il était sûr d’une chose, à ce moment précis ; c’est qu’elle prenait de plus haut l’enseignement improvisé du Haut-Prêtre.

Il lorgna un coup vers son ventre boursouflé par la vie et le feu, puis vint menotter le poignet de Krish de sa patte, qu’il contracta progressivement sous la pression d’une colère qui commençait à germer. Si tantôt il parut passionné, intensément charmé par la vue de sa femme au visage beurré de sang, il n’en était plus rien. Il en était même jusqu’à afficher une moue un peu écœurée par son comportement aussi odieux envers Kiel. Les lèvres serrées, il siffla un avertissement courroucé, les yeux bien plongés dans les siens, sachant pertinemment qu’elle pourrait agir de manière inopinée et impromptue suite aux paroles réprobatrices. « En faire trop ? Est-ce que les Drow en faisaient trop, lorsqu’ils décidèrent de lever une armée non pas pour défendre l’Elda, mais pour conquérir, pour se venger, pour tuer ? Est-ce que les cultes Sombres en font trop, lorsque par centaines ils arrachent la vie de purs inconnus dans l’unique but de plaire à nos aïeux, Uriz et Teweion ? » Le biceps du Prima ne pouvait être d’avantage sollicité, tant que même jusqu’à son poignets, ses doigts semblèrent crispés par la rage. Une rage qu’il tentait de conservé par tous les moyens, tant parce qu’elle avait en elle – croyait-il – le fruit de leur union, mais aussi parce qu’il la considérait encore – pour le moment -, la favorite de ses Dieux. « Tu peux ne pas l’interpréter de la même manière que je le fais, mais jamais, JAMAIS, je ne te permettrais de t’en moquer. » Finit-il par hurler, alors qu’il torturait encore le poignet de Krish par la pression. « Elle s’est défendue sous l’emprise de la peur et du désespoir. Il n’y avait aucune forme de courage, pas une miette. Pas plus qu’elle n’a songé le moindre instant de se venger … » Lui reprocha-t-il en la relâchant finalement, non sans la repousser sèchement. L'enfant, qu'il croyait de lui, venait de sauver à Krish un échange plus musclé que de simples avertissements.

Elle aussi procéda à un avertissement, qui ne le laissa évidemment point de marbre. Après tout, cela voulait dire que quelqu’un en voulait à sa santé, à sa vie. « J’imagine qu’il a eu bel accueil par toi. Il semble que je me sois fait de nouveaux amis en Thaar, pour que l’on m’en veuille. Aussi oserais-je te tenir en garde ; des membres de ta corporation falsifient ta griffe sur leurs créations. Mais puisque rien ne t’échappe, devais déjà le savoir … » Lui disait-il, tâchant de reprendre un semblant de calme, bien que son visage semblait toujours courroucé par leur dernier rapprochement.


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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Jeu 13 Oct 2016 - 16:03

Lorsque Velkyn ceintura son poignet, tout envie de rire et toute légèreté déserta les traits de la forgeronne au profit d'une défiance brûlante.

« Kiel et Meingal, je jure que si tu ne me lâche pas... »

Elle laissa tomber ces mots en langue sombre, sans sembler écouter un traître mot de son époux. En parlant de Kiel, il semblait que la déesse est largement prêté sa colère à l'elfe noir dont les yeux ne quittaient plus ceux de son mari. La menace était tout a fait sérieuse et si elle n'était pas encore aboutit c'est qu'une bonne vengeance prend du temps à mûrir. Si des mots avaient pu faire souffrir justement, à cet instant il y avait fort à parier qu'elle les aurait utilisés.

Elle ignorait avec superbe la douleur qui irradiait de son poignet. Elle avait été habituée à résister à tellement pire. L'articulation craqua une première fois, plus une seconde sous la pression de l'énorme main du guerrier. La douleur faisait frémir sa lèvre mais son expression ne changea pas d'un souffle pendant qu'il lui assénait des accusations de plus plus insultantes. Elle resta stoïque, recevant ses hurlements en plein visage sans bouger avant qu'il la repousse sans ménagement.

A peine son poignet était-il libérer que sa main blessée revenait s'abattre à toutes volées sur la joue du Haut-Prêtre sans égare pour la douleur qui y pulsait de son articulation déboitée.

« Je t'interdis de penser que je peux me moquer des dieux. Personne n'a le droit de remettre en cause ma foi. Ni toi. Ni personne. »

De l'autre main, elle avait dégainé son couteau et si elle le tenait encore loin de son vis à vis, il était bien en évidence... Bien maigre arme, même forgée de sa main. Elle connaissait les capacités de l'homme qui lui faisait face, et si elle aurait put s'enfuir sans la moindre peine, elle n'y avait pas songer une seconde. Elle était parfaitement consciente que ce genre de réaction aurait put lui coûter la vie. Mais qu'il s'agisse de lui, du dernier des mendiants ou du Karliik en personne, elle ne tolérerait pas qu'un autre être que les dieux en personnes mettent en cause sa dévotion, dut-elle mourir pour cela.

« Si tu as besoin que j'énumère ce que je dédie chaque jour à nos dieux, soit. Mais je sais ce que je vaut et je pensais que tu le savais aussi. »

Devait-elle lui rappeler que l'entièreté de son art était un présent pour Uriz et Teiweon ? Que chaque arme qu'elle avait forgé au court de sa vie faisait coulé le sang en leur nom ? Devait-elle lui apprendre qu'elle avait traqué et tué des pentiens durant des années à son départ du Puy ? Que par vengeance, elle avait fait perdre la raison à des hommes et des femmes de toutes les races à force de jouer avec leur esprit, les regardant lentement sombrer en les empêchant de se briser trop vite ? Qu'elle suivait les rites de Natha que même les Prima n'osaient plus suivre depuis des cycles?  Avait-il réellement besoin de savoir tout cela pour ne plus douté de la dévotion de sa propre femme ? Avait-il une si piètre opinion d'elle et de l'origine de cette flamme qui l'animait ?

Elle le dévisageait, la fureur montant lentement dans ses entrailles, la faisant frémir de rage sous l'insulte cuisante. Si elle ne lui sautait pas à la gorge c'est qu'elle savait n'avoir aucune chance. Mourir n'avait jamais été une bonne façon de se venger et ce n'était pas comme ça qu'elle en était arrivé là...  mais qu'il fasse un seul geste pour l'agresser et elle jurait qu'il y perdrait des doigts. Sa voix sifflait, toujours en langue drow, aussi sèche et vibrante que le son que les lames de sa fabrication pouvaient tracer dans l'air.

« C'est de toi et toi seulement que je me moque. Que sais-tu de l'envie de vengeance ou de la colère d'une femme bafouée ? Le désespoir ne donne pas aux gens la force de survivre, il la leur prend. Et pourtant tu pense que c'est cela qui l'a faite tenir? Tu dis en appeler à Kiel pour tes petits plaisirs... J'ai dit que tu en faisais trop, peut-être aurais-je du dire que tu n'en faisais pas assez. Ce que j'ai vu, c'est un homme se repaître du travail de trois porcs. Ce n'était pas pour faire justice, par colère ou par sadisme que tu as mis fin à ce spectacle. Pas par colère. Ni même pour les faire souffrir, que tu les as tué. Combien de temps a durée leur douleur ? Combien ont abjuré leur foi absurde ? Et tu oses comparer notre guerre sacrée à tes petits jeux scabreux... Je ne peux pas croire que ce soient les dieux qui t'aient ordonner un tel non-sens. »
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Mar 18 Oct 2016 - 13:24




Sa joue claqua sèchement à l’impact de la main rugueuse de sa femme, ayant au même instant déclenché un contre à rebours qui ne pouvait désormais plus être désamorcé. Un déclic venait de s’enclencher. Entre ses deux oreilles pointues, était porté à ébullition une colère qui jusqu’à maintenant, avait été sommairement contrôlée. Son regard changea et se muta en quelque chose d’effrayant, une vision d’horreur qui vous glace le sang, le visage d’un homme qui n’a pour vous, plus une once d’amitié ni d’amour. De cette gifle elle venait de tirer la queue du dragon qui se gargarisait d’ores et déjà la gorge pour cracher son fiel. Ses poings se refermèrent aussitôt, sans plus réfléchir, instinctivement, se resserrant sur eux-mêmes comme un poupon furibond. Regrettant de l’avoir repoussée, il tenta de corriger le tir en s’approchant ; évidemment dans nulle autre idée que de lui faire le câlin le plus musclé qu’il puisse. Un poignard stoppa évidemment sa marche, se faisant menacer par l’arme dès plus affutée. À ce moment, elle débuta son plaidoyer de long en large, s’expliquant tout en n’améliorant son cas. Et de toute manière, aurait-elle vraiment pu le raisonner ou le calme ? Dans l’état où il était, ses oreilles étaient bouchées de cire, devenant l’unique publique des voix qui guidaient ses faits et gestes.

Il osa s’avancer plus près encore, comme si le fer n’était pas encore argument suffisant pour freiner son envie de lui briser le nez. D’un coup circulaire, elle le chassa derechef, à l’instar d’une bête sauvage qui chercherait à vous atteindre, vous mordre ou vous dévorer toute crue. Une attaque préventive qui d’ailleurs, prouvait tout son sérieux puisqu’à son passage, elle écorcha non seulement les vêtements de son mari, mais aussi une infime partie de son poitrail. Oh, l’attaque surpris évidemment le contrevenant, mais croyait-elle vraiment qu’un couteau à beurre pouvait effrayer un Berserk de sa trempe ?


Alors l’échauffourée débuta, fatalement. Krish tenta au mieux de sa forme d’atteindre sa cible qui se mouvait plus rapidement qu’elle le crut, balayant agilement son coutelas en des chemins qui auraient dû atteindre sa cible. Empruntant une fenêtre de liberté dans ses mouvements, le Héraut d’Uriz s’approcha d’elle en fracassant son coude contre le poignet de sa femme, cherchant à lui faire perdre la possession de son arme. Le coup n’avait foutre pas été retenu, à en voir la grimace de la Forgeronne qui devait se rendre à l’évidence ; le combat n’avait rien des jeux de lutte à laquelle elle avait normalement habitude de pratiquer avec son époux. Fort heureusement pour elle, elle n’avait rien d’un chaton inoffensif, au contraire, elle avait encore toutes ses griffes. La rixe se poursuivit dans la ruelle de Thaar, léguant à la quiétude de l’endroit plusieurs râles douloureux, des grognements enragés et parfois, quelques jurons en langue noire.

Au détour de quelques passes au corps à corps, de tout son élan et en accord avec une de ses jambes qu’il avait glissée derrière le pied de Krish, la patte d’ours du Prima s’écrasa contre la gorge de sa femme, de sorte à ce qu’elle  chute contre le sol. Seulement une fois qu’elle était au sol, des doigts  se compressant contre le derme de son cou, la dominant de plus haut comme la bête sauvage qu’il était devenu, il réussit à cracher quelques paroles : « Les Dieux m’ordonnent. Et j’obéis. Je suis leur vassal, leur serviteur et obligé. Je t’interdis de remettre en doute la ferveur de mes actes. Krish Al’Serat, JE TE L’INTERDIS. » Avait-il terminé en hurlant, les yeux toujours aussi noircit par la colère, tandis que de sa main dextre, il avait au passage choppé le poignard tantôt égaré, pour caresser du plat de la lame le ventre de Krish. Une caresse qui semblait plutôt jouer comme une menace.

« Cet enfant n’est pas le tient … Ta femme accouchera d’une monstruosité, Velkyn … »




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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Dim 23 Oct 2016 - 12:55

Hors d'elle ? Oh que non. Elle se maîtrisait encore parfaitement. La colère froide qui brûlait dans son regard laissait son esprit parfaitement clair... Les hormones peut-être un peu moins. C'est sans aucun doute sur ce qu'il pourrait advenir qu'elle parla. Les ordres de ce jeune petit con, ça allait bien cinq minutes ! Certains étaient morts pour moins que ça.

Elle avait beau avoir repris les entraînements et pouvoir mettre sans trop de soucis tenir tête à tout ce qui n'avait pas encore atteint les deux ou trois siècles (merci au psychopathe de papounet), Krish n'avait pas dévouée sa vie à l'apprentissage du combat. Elle avait parfaitement conscience qu'elle avait moins d'une chance sur cent de se débarrasser définitivement de son adversaire sans être gravement blessée... Mais elle avait été dans des situations nettement moins avantageuses.

Au premier pas qu'il fait vers elle, elle se baissa sur ses appuis, campée sur le sol en une position défensive sans équivoque. Elle tenait son poignard lame vers l'extérieur en prévision de coups plus rapides. Elle qu'elle sifflait la fin de sa tirade. Elle fut obligée de mettre la menace de sa posture à exécution. Sans reculer d'un pas, sa lame siffla dans l'air, entamant le bord du manteau... mais également la peau noire du prêtre.

Quelques secondes plus tard, son couteau lui échappait. Elle ne put retenir un grognement de douleur lorsque son poignet droit encaissa le coup. Cassé. Sans aucun doute. Mais elle pouvait remercier le sort : son bras d'arme était toujours valide. Les deux combattants alliaient vitesse et souplesse à une réelle force de frappe. Chaque coup porté ne l'était pas avec demi-mesure. Mais le guerrier avait ses deux mains pour lui, là ou Krish devait se contenter d'une main et d'un coude. De plus, là ou la forgeronne distançait habituellement ses adversaires par sa souplesse et sa rapidité, voir même la force brute de son bras de forge, Velkyn lui tenait tête. Il ne lui restait donc plus que la précision... Et la ruse.

Malgré les coups et la douleur, elle tenta le tout pour le tout, essayant par ses déplacements de l’attirer à un endroit bien précis. Le Berserker était ce qu'il était. Terrible en combat. Inconscient de tant détails qui l'entouraient. Avant qu'elle arrive tout a fait à ses fins, un coup la propulsa contre le mur de la maison à la loupiote. Passant le bras par la fenêtre, elle renversa un objet oblong et attrapa la première chose qui lui tomba sous la main c'est à dire un pot en terre cuite qui vint s'écraser violemment contre la tempe de Velkyn ce qui eu le don de le déséquilibrer pour le moins effacement alors qu'une désagréable sensation graisseuse giclait sur le bras de la forgeronne.

Elle sauta sur le côté sans se précipiter sur son poignard perdu, certaine que son adversaire ne la raterait pas. Elle s'était plutôt accroché d'une main au rebord d'un mur pour que le coup de pied qu'elle essaya de décocher en plein visage du sombre plié en deux le mette définitivement hors de combat... Mais sa main ripa comme si la pierre avait été savonnée. Elle réussi tout juste à retrouver son équilibre juste à temps pour parer un coup de Velkyn...

Et merde... de l'huile... Ce foutu pot était remplit d'huile à brûler.

Ça c'était de l'imprévu ennuyant... Son seul bras valide était plus glissant qu'une conversation sur la religion avec un fanatique invétéré... oh mais attendez...

Si elle était badigeonnée de la main jusqu'au coude, Velkyn avait eut le droit à une sacré douche pour sa part. La moitié de son crâne, de son visage, de ses cheveux, de son manteau et bien évidement de son torse étaient abondamment recouverts.

Ça avait pas l'air de le rendre plus joyeux...

Et en plus ça complexifiait pas mal les prises que pouvait tenter Krish pour s'en débarrasser. Même ses griffes ne pouvaient pas grand chose de plus.

Il ne fallu pas trois quart d'heures de plus pour que Velkyn prenne définitivement l'avantage malgré plusieurs autres essaies plutôt concluants, quelques clefs de jambes et chutes bien trempées. Il réussit à passer derrière elle tout en l'agrippant à la gorge. Les mains de la forgeronne ne s'étaient pas refermées sur son poignet qu'elle était envoyée au sol avec la force d'un coup de marteau de guerre.

La moindre parcelle d'air fut violemment éjectée de ses poumons... D'abord impossible d'en reprendre même un peu. D'instinct, contrairement à bien des novices, elle tenta de rouler sur le côté pour se défaire de la poigne de l'homme qui la surplombait, jouant des bras et des jambes pour se libérer. Mais rien a faire. Des étoiles noir commençaient à envahir son champ de vision. Un bruit étiré s'échappait de sa gorge alors que son corps tentait désespérément de prendre de l'air.

Alors elle arrêta d'essayer de se défaire de cette main.

Presque aussitôt, elle se desserra assez pour la laisser respirer faiblement. Krish prit une longue inspiration en toussotant son dos se cambrant pour faire passer la douleur du choc qui se propageait toujours le long de sa colonne vertébrale et de ses épaules. La deuxième main du prêtre immobilisait son bras valide. Son cœur battait à grand coup sous l'effet de l'effort lorsque le visage de la Voix des Dieux se déforma plus encore de rage pour lui cracher au visage ses interdictions.

Du contacte de l'alliage sur son ventre ou de la colère que Velkyn déversait sur elle, elle n'aurait pas put dire lequel l'avait fait réellement frissonné... Elle était allée trop loin... La flamme d'Uriz brûlait dans son œil... Où celles de Kiel peut-être...

Cette juste colère pour des paroles défiante...

Deux mois avant, elle l'aurait regardé avec une haine sans borne et un langoureux frisson avant de lui dire de serrer. Elle n'aurait pas réfléchi. Le pourquoi de cette situation lui aurait été égale. Mais il semblait qu'elle ne soit plus aussi vide qu'à l'époque... sans même parler de sa grossesse. Elle avait encore des choses sur le feu et elle comptait bien les finir. Alors défier les dieux n'étaient peut-être pas le meilleur moyen d'y parvenir.

Les ordres du haut-prêtre lui retournaient l'estomac. L'idée de recevoir un ordre quel qu'il soit lui avait toujours donner des envies de meurtre. L'idée de devoir y obéir ne lui avait plus traversé l'esprit depuis bien des siècles. Mais il y avait bien une chose avec laquelle elle ne s'était jamais embarrassé. La droiture.

« Je me fout de tes interdictions. Tue moi si tu le veux. Ce que j'ai vu, je le conchie et tu ne pourras pas changer ça. Que tu ne comprennes pas pourquoi te voir le spectateur attentif d'un acte aussi méprisable me révulse, soit. »

En gigotant un peu plus, elle parvint à libérer sa main valide pour attraper la lame qui courrait sur son ventre sans se soucier de la morsure du fil acéré.

« Mais je ne met pas en doute ta ferveur Velkyn... » commença-t-elle d'une voix sifflante, peinant à parler normalement sous la pression des mains du Haut-prêtre. « Je met en doute ton infinie sagesse. Et il se pourrait que je doive remettre aussi la mienne en question... »

Elle scrutait le plus petit signe de changement dans son regard fou de rage.

« Même au bout de mille ans, il y a des choses avec lesquelles je ne peux pas composer. »
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Lun 24 Oct 2016 - 17:45



Son sens du devoir, du juste et de l’injuste, sa rationalité, ses sentiments envers elle, ce que pouvait lui dicter son cœur, même si ce dernier témoignait d’une froideur sans pareille … Plus rien de tout ça n’était possible. Pourrait-on le méprendre avec une victime de la rage, cette maladie transmise normalement par d’écumants animaux ? De l’écume, s’il y en avait, inondait sa raison. Ses mains s’étaient resserrées contre la gorge de Krish et pourtant c’était lui qui s’asphyxiait, en y perdant l’agréable souffle de la liberté de ses gestes. Il ne répondait plus qu’à l’envie de tuer, d’exterminer, de renvoyer une âme à leur créateur, ce même si par le biais de la raison, ou de la force, on tenta de l’apprivoiser. Pourtant, quelque chose fonctionna, ou du moins avait semblé faire effet. Ou était-ce une coïncidence dans le temps, la bonne fortune qui lui fit retrouver quelques partielles de sa lucidité ?

Elle avait cessée de gigoté et de se tortiller pour se défendre, s’étant vraisemblablement résignée à son pauvre sort. Sa gorge avait gagnée quelques rougeurs, tandis que sa langue en quelques nuances de bleue souffrait de la pression de ses menottes. Ses muscles exacerbés sous l’effort se détendirent pourtant, après un moment, au grand plaisir de sa victime qui pouvait souffler de nouveau le bon air des ruelles nauséabondes de Thaar. Son esprit envoûté par la colère et son tempérament furibond s’était fait chassé par l’abdication de sa femme à lutter. Sa main restait pourtant encore et toujours autour de son joli cou, bien qu’icelle ne la menaçait plus d’aucune pression. Les primes paroles de sa victime résonnèrent en écho caverneux entre ses deux oreilles, à l’instar d’une personne qui s’adressait à vous après un dur réveil. Le restant de ses affirmations, de même. Mais sa dernière phrase, ces quelques mots enchaînés lui firent comprendre certaines choses ; ils étaient deux entêtés de la pire espèce. Eux deux avaient leurs opinions et à moins d’une apparition surnaturelle, sinon Divine, rien ni personne ne pourrait faire basculer leur avis.

La patte de Krish s’immisça comme une vipère au travers leurs deux corps rapprochés et allait se saisir de la lame –par le mauvais côté, semblait-il-. Les yeux du Prima dévièrent vers cette preuve de force, retournant vers sa femme pour y jauger son regard. Je m’excuse. Il ne l’avait pas dit, bien que l’envie le tenaillait à outrance. Il délaissa le couteau entre les mains de sa maîtresse, puis se redressait pour examiner la scène de plus haut, le regard non fier. Ses vêtements dégoutèrent de l’excédent d’huile déversé contre lui, tandis qu’une coulisse carmin coloriait nombres de ses mèches immaculées, source étant l’estafilade qu’il avait à la tempe. Que pouvait-il ajouter suite à ce typhon d’émotions fortes ? Comprenait-elle qu’elle n’était pas soumise au silence, mais qu’à force de piquer, elle finirait par saigner ? Comprenait-elle seulement sa condition ? Damné à assouvir ses bas instincts, le réduisant à l’état de bête sauvage, le tout doublé de démons qui lui hantent l’esprit depuis son tout jeune âge ? Velkyn était une bête qui ne demandait qu’à être contrôlée et relâchée dans la bonne direction, au bon plaisir de son Maître qui devait se bidonner à le voir œuvrer avec cet aura de destruction qui s’emmenait de lui.

Personne n’avait trouvé comment, ou n’avait un jour tenté de le contrôler. Pourtant, celui qui y parviendrait aurait à sa botte le plus dangereux des molosses.

Son bras se déliait et il savait qu’elle refuserait, du moins s’y attendait, mais l’invita tout de même à s’agripper à lui pour se remettre sur ses pattes arrières. « Rentrons. »

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Mer 26 Oct 2016 - 5:20

La légère morsure de sa propre lame se fit un peu plus profonde lorsque Velkyn lâcha l'arme, la main de la forgeronne se serrant du coté tranchant pour lui éviter un nouveau choc au sol. Tout près de son visage, les yeux de Velkyn avaient soudainement changés... De fous ils étaient devenus plus... moins... Différents. Par ses derniers mots, il lui semblait que d'une certaine façon, elle les avaient mis involontairement à égalité... Avait-il compris de quoi elle parlait? Elle en doutait, mais quelle importance s'il avait saisi quelque chose qu'il trouvait important.


L'étrange éveil qu'elle aperçu dans le regard de Velkyn lui rappela de bien vieux souvenirs. D'une certaine façon, elle se retrouva face au jeune initié qu'elle avait vu luter, un jour, sur le sable d'une arène, sous les yeux de ses aînés.


Ce "quelque chose" en lui n'avait pas changé... il n'avait même fait qu'augmenter.


Elle n'était pas prompte au pardon, et elle lui ferait payer ce poignet cassé d'une façon ou d'une autre. Mais il n'y avait pas autant d'animosité dans son regard qu'il y aurait put en avoir après une telle dispute. Avec lui, elle avait l'impression que ses émotions faisaient le grand huit d'une sérénité et d'une neutralité absolue à la haine, la passion, le dégoût le plus fort. Elle était dans une incertitude constante, toujours en danger, marchant sur la corde raide à chacune de leurs entrevues. Et elle venait enfin de comprendre l'une des raisons qui les poussaient à se jeter l'un sur l'autre, que ce soit pour se faire du mal ou du bien.


Avec lui, elle ne pouvait pas être simplement elle. Elle ne pouvait pas dire honnêtement ce qu'elle pensait ou agir selon ses sautes d'humeur comme sans que cela finisse en affrontement frontal. Un affrontement souvent physique qui finissait donc par tourner à son désavantage jusqu'à ce qu'elle se ressaisisse et modère ses propos pour le prendre mentalement à revers au lieu de le provoquer. Ils étaient infiniment butés, l'un comme l'autre. Deux jarres sous pression prête à exploser au moindre choc. Sur ce points et sur bien d'autres détails, ils se ressemblaient.


Mais ce soir, elle avait appris quelque chose de plus... Le considéré comme une personne pouvant devenir semblable à elle était une erreur. Il était différent. Quelque soit son importance, quelle que soit sa mission, les dieux en avait fait un pion. Plus qu'un pion. Une pièce d'un puzzle complexe. Mais une pièce tout de même.


Obéir à une Voix toujours présente était dans la nature la plus profonde de Velkyn depuis ses premières pensées.


Krish devait surmonter le vide de l'incertitude pour se faire à chaque seconde maître de sa propre Voie.

Elle avait la possibilité de se contrôler, de surveiller ses paroles pour que ses piques fassent mouche autrement. Lui ne s'abaisserait jamais à changer son comportement.


Si la forgeronne n'avait aucune conscience de la folie qui habitait cette homme, la colère, la cruauté et la passion que les dieux lui mettaient au coeur étaient trop particulières pour être ignorées. Tebirach avait raison sur ce point. Velkyn était un destructeur. Plus on s'en approchait, plus on avait de chance de finir broyer par ces grandes mains caleuses. Celui qui ne se méfierait pas finirait exactement comme elle avait failli finir ce soir... et elle en frissonnait.


L'oeil brillant d'un intérêt à la fois renouvelé et différent, elle frissonna en sentant les mains de son époux glissées de sa gorge jusqu'à quitter sa peau. Allongée sur le dos, elle remis sa lame ensanglantée à son fourreau sans se soucier des dégât que pourrait produire le liquide écarlate sur son œuvre. Une longue estafilade traversait sa paume et la deuxième phalange de chacun de ses doigts, empoissant sa prise de sang. Elle avait fait attention de ne pas bouger son coté droit même d'un souffle. Sur le sol, son poignet était courbé dans une posture qui n'avait rien de naturelle. Le côté extérieur, celui qui avait reçu le coup qui lui avait fait lâcher son arme, était même entamé.


Elle regarda un instant Velkyn, debout près d'elle et fini par s'assoir. Sa tendre rencontre avec le sol avait perclus son corps... Et que ce soit ça ou le manque d'air, la tête lui tournait légèrement. Mais elle n'en laissa rien paraitre. C'est par contre le visage tendu à l'extrême qu'elle pressa son poignet contre elle pour qu'il ne bouge pas plus pendant qu'elle se relevait péniblement, ignorant la main de Velkyn et serrant le poing, ses jointures suintant du sang de sa paume blessée.


"A notre demeure d'Elda ou à mon palais?"


Pourquoi cette question? Quelle signification cachée? Elle n'en savait fichtrement rien. Les mots avaient franchis ses lèvres avec fluidité, ses yeux voilés de douleur vrillés dans ceux de son époux.
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Halandarin Las'Danir
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MessageSujet: Re: Saltimbanque d'un jour [ Krish ] [ Fin ]   Sam 5 Nov 2016 - 15:13




Il s'était tenu là, comme une ombre. Une ombre recouvertes de tissus, qui se déplaçait de toits en toits, suivie non loin d'un oeil. Ces deux ombres sans bruits s'étaient autorisées à observer la scène, de haut. Plus près que l'on aurait pu le penser.

A quelques souffles, l'un observait par curiosité, l'autre par soucis de protection.

L'un avait hésité à réagir, l'autre avait simplement patienté.
Un pavé n'était plus dans ses gonds, sortis du peu de mortier qui le maintenait encore, il avait été reposé sans aucun bruits, sans pour autant être replacé.

L'autre avait observé cette réaction, cette tentation qui avait fébrilement parcourus l'ombre en question, cette volonté d'agir qui s'était mué en un simple statu quo.

L'ombre avait observée, ce n'est que lorsqu'il sentit que rien de plus ne se déroulerait, que rien n'était plus réellement à jouer, que celui-ci disparu, et l'autre pourtant resta, observant jusqu'aux bouts, et continuant de les suivre sans pour autant être repérable.

Ô il y aurait paranoïa, comme pour tout Thaaries. Il y aurait folie et autres tentatives de violences, mais le troisième protagonistes avait disparu, tandis que l'ombre de l'Eldéenne ne la quittait pas du regard.

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