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 Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage

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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Jeu 1 Sep 2016 - 7:33




1er jour du mois de Favrius, 9ème année, XIème cycle.



Existait-il pareil spectacle, pareille démonstration de bonheur, que de voir une ville, une cité entière de milliers d'habitants, communiant avec leurs dirigeants, partant leurs humeurs, héritant de leurs supérieurs les relents de leurs célébrations, jouissant, malgré leur extraction, de ces instants, si brefs, mais intemporels, des unions et des festivités ?

Godfroy portait son regard sur la ville. On y entendait, depuis ses quartiers, depuis sa fenêtre, les marchands et les fous, bouffons et saltimbanques, commerçants et artisans, se pressant dans les rues et sur les places, vendant leurs biens, le fruit de leur labeur, aux locaux ou aux visiteurs, aux voisins ou aux étrangers. Il n'y avait point de place pour les frontières en ce jour, en ce nouveau mois, apporté par l'aurore, et l'absence de nuages laissait pressentir un temps radieux. Ajustant son pourpoint, Godfroy se laissa recouvrir de sa cape, de cet enchevêtrement de tissu, de fourrure au teint de jais, de ce voile si fin, céladon de la base à l'extrémité, où on avait cousu la face d'un cerf, de profil.

On lui plaça son plastron, celui qu'on réservait aux grands jours, aux cérémonies dignes de son exposition, l'armure d'apparat de la famille des Saint-Aimé, réservée à l'exposition et non à la guerre. Ni gantelets, ni avants-bras, sinon un torse, travaillé dans le fer le plus raffiné, aux motifs représentant le torse humain, dessinant les fils des abdominaux et des pectoraux, fils brodés dans l'or le plus resplendissant. Et la lame, cet acier tranchant mais qui n'avait jamais coupé, de même facture, conçue dans les mêmes matériaux que l'armure, seulement révélée par sa poignée dépassant de la cape, témoignait de cet illustre héritage, de cette ancestrale lignée qu'était les Saint-Aimé de Sainte Berthilde.  

Et, bien plus bas qu'il ne l'était, après un dédale de couloirs et d'escaliers escarpés, dans la plus grande salle du palais, celle du trône, aux colonnes immaculées, au trône de pierre plus blanche que la plus pure des lumières, on s'apprêtait à célébrer l'union, l'avenir, de cette lignée. Se détournant de la vision de sa cité animée, le marquis entreprit de descendre vers la salle du trône. Il fut bientôt cerné par ses gardes, tous ayant, sur ordre de la marquise, pris soin de leur apparence, paraissant dignes et fiers de ce jour. La cérémonie allait bientôt débuter.


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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Dim 4 Sep 2016 - 18:39





La nouvelle de son prochain mariage lui était arrivée dessus aussi prestement que le temps changeait en favrius, mais cette journée spéciale qu’était l’union des deux Maison, arriva plus rapidement encore. Tous les éléments étaient ce jourd’hui rassemblés et disponibles pour faire de cet événement le plus heureux et grandiose moment de Sainte-Berthilde. Le Nord s’était réuni pour festoyer en l’honneur des jeunes "tourtereaux", l’effervescence de la citée battait son point culminant, alors que même le temps semblait faire preuve de bonté, baignant les habitants de Cantharel sous une chaleur éprouvante ; l’astre diurne rayonnait de mille feu et semblait œuvrer pour rester. Non, tout serait parfait.

Un duo de domestique s’afférait à costumer le marié adéquatement en attachant rigoureusement les dizaines de sangles de cuir que rattachaient ensembles les plaques de son harnois. Si le jeune cerf espérait un jour arborer cette armure d’apparat, jamais il ne crut que ce serait en ces circonstances : il suait à grosses gouttes, ses lèvres étaient desséchées, ses mirettes fuyaient en fixant le sol, tandis que ses mains étaient si moites, qu’on pourrait se demander s’il sortait tout juste de la baignoire. « Fichtre! Tenez-vous un peu, Louis! Vous gigotez comme un ver qu’on aurait sectionné en deux puis en trois ! » Tonna l’un de ses assistants, en de vilaines remontrances alors qu’il semblait éprouver quelques misères à en terminer le tissage des lanières de cuir. Louis déglutit lourdement en réponse, comme si les mots ne voulaient ou ne pouvaient fuir d’entre ses lèvres craquelées de sécheresse. À défaut d’être aussi beau qu’on voudrait le voir, Louis arborait un harnois grandiose. La pièce d’armure était en soit, une œuvre d’art sur laquelle la griffe de leur Maison était apposée ci et là, sur différentes plaques auxquelles une multitude de dorures faisaient contraste avec la pigmentation de charbon auquel le métal avait été peint. Ses épaulettes, larges et imposantes, avaient quelques fioritures surélevées en imitations avec les bois d’un cervidé, alors qu’à son poitrail, ouvragé avec brio et minutie, les Armoiries de sa famille y siégeait triomphalement. Accrochée à son immense ceinturon, où un ovale doré servait de boucle, était rattaché un fourreau serti de quelques riches rocailles dans lequel sommeillait l’épée qui jadis, avait appartenu à son père. Cette armure, en tant que tel, n’avait reçu les représailles d’aucune lame et n’avait été rudoyée, qu’à grand coup de chiffon et de cire. Cascadant à son dos et couvant en partie l’arrière de ses épaules, le derme de l’équivalent d’un ourson, lui servait de manteau. Finalement, une chaînette dorée caressait ses pectoraux de fer en guise d’attache pour son mantel aux décorations familiales, point final à l’accoutrement auquel Louis était contraint d’être marié. « Vous avez certes fière allure, mon ami! » Poursuivait l’un de ses assistants, pratiquement essoufflé par tout le travail qu’il venait d’exécuter. « Vous devez bien peser une tonne, tout ira bien? » S’enquit le dernier valet, devant son Seigneur. « Je … Je crois bien, oui » Affirma le jeune jouvenceau, incertain non pas de ses capacités à soutenir la pesanteur, mais à affronter celle qui nouvellement tourmentait ses rêveries. « L’avez-vous vue, aujourd’hui? » « Non pas, ses caméristes nous ont bien menacés de nous émasculés, si nous venions à la déranger. C’est qu’elles ne manquent pas de courage de nous parler de la sorte! » Une mine un rien désappointée, mêlé à l’angoisse, commençait à assombrir ses traits faciaux, si bien que l’un de ses assistants se mettait, interminablement, à lui dire, redire et reredire comme il était important qu’il soit pour elle, aussi rayonnant que l’était le soleil du midi.

Qu’est-ce que ça changerait, au final ? Était-il simplement possible d’essuyer une peine aussi prenante et abondante, que la perte d’un frère, apprit en de telles circonstances ? Les derniers jours semblaient maintenant vain, il avait œuvré et travaillé dans l’espoir de voir naître en son cœur un peu de joie, joie qui un jour sûrement, saurait mettre au monde l’esquisse d’un sourire joyeux, entérinant la fin de ses sombres jours. Et tous ses efforts avaient été chassés d’un sombre vélin, faisant s’écrouler les vacillantes pointes de bonheur qu’il avait pu lui offrir, par-delà le don de ces quelques présents. Il imaginait son cœur en de si menus morceaux, qu’ils pourraient passer au travers le chat d’une aiguille et, de surcroît, elle devait se marier non seulement à un inconnu, mais aussi au plus timide jouvenceau du Nord, triplé de l’ennemi juré de sa famille. Il se fit promesse non seulement d’être son mari pour les années à venir, mais aussi qu’il se ferait un devoir de la rendre heureuse, de lui offrir quotidiennement un sourire, de faire sa famille la sienne.

L’heure arriva où, accompagné du prêtre l’hériter de Sainte-Berthilde patientait près de l’autel la venue de sa fiancée. Lorsqu’elle arriva, un poignard aiguisé lui sectionna le cœur. Frappé d’abord par sa beauté, la tristesse qui emmenait de son regard ainsi que de son pas traînant, acheva le jeune Saint-Aimé. Était-il possible d’être aussi malmenée par les mauvaises nouvelles, en des jours qui se devaient d’être si heureux? Au fur et à mesure qu’elle s’approchait de lui, qu’elle mettait en déroute la distance qui les séparait, Louis sentit ses muscles s’atrophier, ses guibolles tremblaient pratiquement sous la pesanteur de l’anxiété et de la timidité. Elle arriva enfin à son égal et alors qu’il admira pour la toute première fois, son minois d’ange, il remarqua comme ses yeux semblaient affligés par la peine. Avait-elle pleuré depuis la veille, pour que ses pupilles soient à ce point dilatées ?

« Soyez, ô DameDieu, témoins de ce Choix qu'ils font ici, librement, et qu'ils auront à garder tout au long de leur vie. Donnez-leur d'être sincère comme Vous êtes sincère. Donnez-leur d'être bienveillant comme Vous êtes bienveillante. Donnez-leur d'être clairvoyant comme Vous êtes clairvoyante et que par la grâce de vos bénédictions, ils puissent faire le Juste Choix. » Louis s’humecta les lèvres et, d’un timbre de voix qui n’avait rien d’assuré, alors qu’il se devait d’affronter le regard de sa promise, lui qui depuis toujours avait la timidité en guise de Némésis, récitait les paroles d’usages : « Moi, Louis, choisis librement prendre comme épouse Azénor. Et devant tous les dieux, je fais le serment de la protéger, de l’honorer, de lui rester fidèle, de faire de son malheur, mon malheur, et ses intérêts, mes intérêts. Deux Souffles, une seule vie. » Sa promise reçu en présent un calice auquel elle se devait de faire la gardienne, le temps que Louis fasse chuter à ses pieds le mantel qui couvait jusqu’à présent ses frêles épaules. S’exécutant gauchement, les mitaines humides et glissantes comme jamais, il parvint à ses fins non sans misères, puis couvrit les épaules de sa prochaine femme, du manteau des Saint-Aimé. Puis, tandis que se mariait également leurs doigts au-dessus  du Graal, le prêtre récita quelques paroles avant qu’ils prennent conjointement une goulée de cette épaisse mixture alcoolisée. « Ô Bienveillante Mère des hommes, devant Vous nous nous agenouillons. Bénissez cette union. Bénissez de votre grâce vos enfants Untel et Unetelle qui aujourd'hui se consacrent dans le mariage. Que votre bénédiction descende sur eux et leur permettent de rester sur la bonne voie, main dans la main. Qu'ils trouvent le bonheur en se donnant l'un à l'autre, qu'une descendance vienne embellir leur foyer. Dans la joie, qu'ils sachent vous rendre grâce ; dans les épreuves, qu'ils se tournent vers vous ; que votre présence les aide dans leurs tâches quotidiennes. Dans la tristesse enfin, qu'ils vous trouvent à leurs côtés afin que vous allégiez leur fardeau et que marqués de vos signes, ils sachent se garder l'un l'autre des tromperies et de la vilenie. »

À ce moment, où leurs lèvres devaient fatidiquement s’unir, un regard presque inquiet se perdit aux confins des pupilles noircies de l’Anoszia. Au paroxysme de sa timidité, ajouté aux inquiétudes, tourments et soucis de tout ce qu’il constatait dans le regard de sa promise, ce fût dans un maladroit baisé, qu’il officialisait leur mariage. Pouvait-on attendre plus du tout premier baisé d’un jouvenceau, qui n’avait par jamais connus les douceurs d’une femme ? Au même instant qu’il devint homme, le Nord se souleva en des applaudissements et acclamations plus que bruyantes que jamais, enterrant la supplique de sa nouvelle femme qui, au terme d’un baisé tremblotant, perdit l’usage de ses guibolles et s’effondrait au pied de l’autel sacré.


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Azénor d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Dim 4 Sep 2016 - 18:41





Une Promesse d'Amour et d'un Avenir Radieux







«Êtes-vous certaine, Ma Mie? » Lâcha la dame de compagnie d'une voix volontairement éteinte, soucieuse – malgré la demande - de ne pas briser les murmures qu'elles s'échangeaient au plus profond de la nuit. Dans l'obscurité de la pièce, la petite noble ne pouvait la voir. Ne pouvait discerner les torrents de larmes désormais séchés qui courraient en squames disgracieux sur son beau visage. « Oui, Livia. Vous avez ce qu'il reste de la nuitée. Retrouvez-moi aux mâtines, avant que l'on ne me prépare pour la cérémonie. Et si vous revenez sans...ce que j'ai exigé de vous, je trouverai un autre moyen, moins … subtil. » Ce n'était pas là une question d'envie, la belle craignait plus que tout le retour de sa suivante, les bras chargés de sa demande, ce qui signifierai ….. Elle chassa de son esprit déjà trop torturé cette sombre pensée. « Ai-je le choix, Livia ? » Osa une fois encore l'Anoszia en se triturant les mains. « Que pourrais-je vous dire de plus mon enfant, j'ai tenté à maintes reprises de vous convaincre. Cela est vain. Je ferais mon possible pour vous... satisfaire... »  De petites perles roulèrent sur les pommettes de la jeune de prés, ultimes remontrances qu'elle ne pouvait réprimer. « Bien. » Acheva la fleur de Velmonè, apparemment résolue. « Allez-y, maintenant. »
Ces échanges-ci n'avaient que trop duré. Arrivée peu après que le Marquis ai quitté son logis, Livia avait fait face à une promise totale effondrée, agrippée aux restes de ce qu'était un parchemin, tout autant déchiré que rendu humide par ses yeux tuméfiés. Entre quelques saccades et d'autres crises, la jeune femme avait expliqué à sa camériste qu'il s'agissait des derniers mots de son frère aîné laissés à son attention, avant qu'il n'enjambe l'allège de la fenêtre de sa cellule de Cantharel. Si près et désormais si loin... Quels mots auraient-elle put trouver, d'autres que ceux des convenances comme je suis désolée ou tout ira mieux, bientôt pour apaiser l'âme souffreteuse de sa maîtresse ? Elle pouvait néanmoins comprendre, cette amère et brutale sensation de se voir arracher le cœur, privée de ce frangin tant aimé au nom duquel elle s'était retrouvée ici. Le deuil avait ces mystères que l'on ne pouvait percer, Azénor devait avoir besoin de s'épancher de la sorte, après tout ce qu'elle avait enduré. L'affreuse perte d'Oschide … pis que récente – tant sa dépouille devait être encore fumante – avait de quoi la mettre dans un tel état. La faire sombrer à nouveau dans ce chagrin duquel elle avait tant peiné à s'extraire. 
Une fois seule, Azénor ne put se résoudre à dormir, ni même simplement chercher le sommeil, qu'elle savait déjà trop éloigné de sa conscience meurtrie. Elle s'appliqua plutôt à écrire, enfin répondre à sa petite sœur dont elle n'avait donné de nouvelles depuis son brusque départ de Velmonè. Les mots de son frère lui revenaient avec douleur alors qu'elle essayait tant bien que mal d'en apposer d'autres à l'égard d'un énième rejeton du Dragon. Notre famille … confronté à bien des maux … Vouloir la protéger …. le plus grand combat que l'on puisse mener. Il ne pouvait dire on ne peut plus vrai. Mais cette résistance là était d'une vanité sans pareille, au regard de l'opposition. Des murs nous séparent, mais je peux sentir ton aura et ta présence. Elle en avait rêvé depuis l'annonce de sa capture, le revoir, simplement l'apercevoir de loin et s'assurer qu'il allait bien … Sois forte Azénor. Sois forte dans l'épreuve que tu traverseras. Pour ce qui allait lui arriver, oui, elle devra faire preuve de force, autant que d'un courage sans égal.  ..Ne renies jamais notre nom et notre famille « Je vivrai et rendrai mon dernier souffle en Anoszia d'Ydril. » Marmonna t-elle, murée dans sa solitude en réponse aux derniers éclats de son protecteur. Un formidable éreintement la fit s'assoupir sur les amas de peaux affinées, la tête dans ses bras tremblotant, lasse de résister à l'appel de son asthénie. 

Un flot de duègnes lui annonça l'aurore du grand jour. On ouvrit grand les voilages, les portes, et tout autres percements, afin que partout s'immisce la liesse ambiante, se propage la joie des épousailles de Sainte-Berthilde. Allégresse qu'Azénor conservait pour elle-même, si elle en ressentait l'influence. Ses traits tirés se révélaient incapable d'esquisser un sourire, ses prunelles rougies livrant l'infinie tristesse de son royaume. Le cœur n'y était décidément pas. On passa les matines à la préparer, les servantes s'affairant à œuvrer quant à l'imposante coiffure – un flot de tresses de diverses tailles savamment entremêlées - que la Surdonne arborerait lors de la cérémonie. Et que dire de sa toilette … une robe à la blancheur d'albâtre, aussi chaste que sculpturale, parée d'au moins mille reflets d'or. A tout cela s'ajoutaient plus d'ornements qu'elle ne pouvait en porter … Oui, elle serait plus magnifique qu'elle ne l'avait jamais été. A peine achevait-on les ultimes fignolages de sa tenue qu'il était le moment d'une frugale collation, dernière étape avant que l'on ne l'emmène là où la cour du palais célébrerait son union avec Louis de Saint-Aimé. Ce fut Livia qui le lui apporta, le visage devenu impassible depuis leur précédente entrevue. A peine la chambre se vidait que sa confidente exprima de vive voix la réponse à ses doutes. « Ne vous tracassez pas. Buvez, simplement. C'est peu être un peu chaud.... » 
L'Anoszia avala le contenu du petit bol d'une traite. Effectivement, le liquide fumant lui traversant le gosier lui laissa une très nette sensation de brûlure, irritante même. « Encore ? » S'étouffa la brune. Livia acquiesça silencieusement. 

Enfin, on lui fit enfiler un lourd caban, teinté de bandes carmin striées de charbon, et, s'épanouissant en plein milieu du dos :  le Dragon-Soleil d'Anoszia. Si elle avait connaissance des us concernant les épousailles, Azénor ne s'attendait pas à revêtir les couleurs de sa lignée. Lui faisait-on là un honneur, ou bien un affront ? Peu lui importait ...désormais. On la mena lentement jusqu'au seuil de la salle du trône, où attendaient un parterre de nobles de plus ou moins grande envergure, que débute le cérémonial. D'ordinaire, la Suderonne se serait littéralement pavanée devant cette assistance la suivant du regard, mais en ce jour elle ne désirait plus être princesse de toutes les attention. D'un pas traînant, voir même chancelant, la jeune femme se dirigea vers son promis, qui se tenait auprès du prêtre de Néera, accompagné d'un homme qu'elle ne connaissait point. 
Louis affichait une mine étrange, une sorte de sourire tant heureux que triste, certainement à cause des événements de la nuit...Mais empli d'un certain espoir. Chimérique. Songea t-elle en approchant du rougissant, quelles perspectives pouvaient-ils encore avoir. Pour autant, elle devait reconnaître qu'il était plus que prestant, élégant dans sa sombre armure d'apparat aux éclats dorés, recouverte par la pelisse de sa lignée. Une fois arrivée à leur hauteur, le représentant de la foi scruta un dernier instant la foule impatiente, et initia les bénédictions d'usage.

« En ce moment où Louis, du sang des Saint-Aimé et Azénor, du sang des Anoszia, se présentent devant Vous, ô Bienveillante Déesse, nous prenons l'engagement de faire respecter le Choix en Votre nom et selon Votre volonté car c'est dans la joie et sans contrainte que nous sommes rassemblés ici aujourd'hui pour unir deux vies.... »
Certes elle avait déjà entendu ces bénédictions, mais se trouver à l'une des places principales, entendre son propre nom ainsi cité avait... un saveur différente. Tout cela lui faisait tourner la tête, l'interrogeant quant à quelle force pouvait encore la maintenir debout. Le reste du discours s’évanouit dans une cacophonie sourde, comme un bourdonnement … Aussitôt interrompu par la pression douce du clerc sur son rachis, la poussant à soutenir les yeux pâles de l'ourson qui récitait son laïus.
Louis attrapa sa main, moite, trop moite, alors qu'on lui faisait répéter la réplique de la future épouse, dont elle expulsa chaque mot non sans une difficulté croissante.
« Moi, Azénor, c-choisis librement de prendre comme époux Louis..... Et devant tous les d-dieux, ...je fais le serment de le soutenir, de l’honorer, de lui rester fidèle, de faire de son m-malheur, mon malheur, … et ses intérêts, mes intérêts. Deux S-s-souffles, une seule v-vie... » On poussa son autre poigne à trouver la paume tremblotante du Nordien.

« Réunis devant les hommes et les dieux, cet homme et cette femme ont fait vœu de toujours être là l'un pour l'autre. Sur ce serment, ils bâtiront leur futur. Vous qui êtes ici aujourd'hui, soyez témoins de leur Choix.  » Clamait le vicaire en présentant au couple un pesant calice.
Un malvenu vertige, certainement pressenti comme une hésitation, retint son geste au moment de l'attraper. Le poids de l'objet lui fit retrouver un voile de lucidité, la soif l’incommodait. Derrière-elle, s'activait l'héritier du Marquisat, qui d'une malhabile manœuvre fit choir le manteau d'Ydril, avant de lui recouvrir les épaules de sa propre laine. Son contact était chaud contre la anse de la coupe, irradiant, insupportable.
Ils portèrent d'abord l'ouvragé récipient aux lèvres desséchées de la belle, dont elle espérait que le contenu apaise le tiraillement intérieur. Il n'en fut rien. Le mélange épais de lait et de liqueur acheva de lui incendier la trachée et les viscères. Azénor ne put réprimer une grave toux tandis que Louis buvait à son tour.

 « Embrassez-vous, et par ce baiser vous devenez mari et femme. Le serment prêté devant les dieux est sacré. Nul Homme ne peut le disjoindre et maudit soit celui qui se met entre eux. » Concluait-on dans leur dos. 
Elle n'en entendit rien. Ne voyait d'ailleurs plus rien, au milieu de cette brume pâle, à part son conjoint qui s'approchait de son visage à une vitesse alarmante. Alors que leurs nez étaient prompt à s’effleurer, les lapis grisonnants de jeune homme se muèrent en l'infini océan de son tant aimé frère, tous ses traits se mouvèrent de façon à lui infliger le portrait du feu Duc de Langehack. « O-oschide?! » Chuchota t-elle – d'une voix si faible qu'il fut possible qu'il n'en discerne rien - alors que se rencontraient leurs lèvres, s'unissaient leurs âmes dans un chaste baiser. Qui lui ôta la respiration.

« De...l-l-eau..... » Grogna la Fleur de Velmonè en succombant à son propre poids, attrapant dans sa chute quelques pans de la tunique de son compagnon. « L-l-ouis.... » 
Elle ne sentit rien de sa rencontre avec le sol, rien d'autre que l'atroce engourdissement envahissant son corps étendu. Ses bras, son buste s'agitaient avec une frénésie incontrôlée. Rien n'atteignait sa conscience, au bord du précipice, excepté ce cruel manque d'air, la fournaise dans ses entrailles et l'asphyxie qui l'opprimait.
Si elle l'avait désiré, du moins choisi, elle ne s'était attendue à de si puissants – et terribles évidement – effets. Qu'en était-il de sa dignité, alors que sa substance agonisante vomissait à présent des panaches de sang et de bile. « J'ai du ajouter de l'hellébore aux baies de belladone... J'avais peur que cela ne suffise qu'à vous rendre pis que malade, mon enfant.... »

Ah Livia, sacrée Livia. Tu as probablement eu raison d'agir ainsi.
Son esprit vacillant lui accorda une ultime pensée, destinée à quelques mots écrits de la main de son aîné.
 " Je te souhaite de réussir là où j'ai échoué. " Elle n'aurait su en statuer elle même. Ils en discuteraient alors dans les jardins de la Mère, où à Velmonè, auprès d'Hélène. Père comprendrait.

Alors que son épouse s’affaissait contre lui, s'étalant de tout son long, la première réaction de Louis fut de se jeter aux pieds de sa belle, en proie à d'horribles convulsions. « De l'aide ! Par pitié, un médecin ! » Hurlait-il complètement pris de cours et surtout paniqué. Ses mains griffant le bras survolté de la malheureuse, la sentant faiblir, son esprit s'envoler. « Azénor..... Non.... » Murmura t-il alors qu'elle perdait toute once de conscience, la déposant avec douceur contre le plancher avant qu'elle régurgite quelques écumes pourpres.









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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Dim 4 Sep 2016 - 20:33

Pour la première fois depuis de nombreux mois, on pouvait lire la surprise sur le visage de Godfroy. On y décelait ni colère ni haine, seulement l'étonnement, ses yeux agrandis et ses sourcils s'élevant, lui rappelant la dernière fois qu'un tel choc s'était emparé de lui, quand il avait vu le cadavre de son fils sur le champ de bataille. On se précipita, des gardes, notamment. Les nobles, les convives, eux, personne n'osa bouger. Sauf Godfroy. Mais il ne se rua pas sur Azénor, dont on vérifiait les signes vitaux, dont on constatait le décès. Il se précipita sur son fils, prenant son visage entre ses mains de colosse.

« Écoute-moi fils. Tu n'as pas fais ça. Tu n'es pas responsable. Fils ? ÉCOUTE-MOI ! Tu...n'es pas...responsable. »

Un geste de main, et l'ordre était donné : que l'on quitte les lieux. L'ordre semblait être destiné aussi bien à ses vassaux qu'à ses égaux, et la salle sembla se vider à une lenteur qui exaspéra le marquis. Le cadavre de la mariée, recouvrant l'épaisse fourrure aux couleurs céladon de Sainte Berthilde, fut emporté. Durant la journée, on tint le mieux qu'on put au courant les convives, et finalement, la décision fut communiquée : le premier jour de festivités serait annulé, mais les deux suivants maintenus, afin de célébrer la défaite des traîtres, et les nouvelles de l'unité qui bientôt seraient dévoilées. On prit soin de nettoyer la salle du trône, et de la disposer afin d'ôter tout souvenir de cet événement. On enleva les affaires qui avaient été mises à disposition d'Azénor, et, le soir venu, au soleil couché, hors des remparts de la ville, un bûcher funéraire avait été conçu.

A l'abri des regards, Godfroy s'y était rendu, et à l'aide de ses hommes, il y avait déposé le corps de la défunte. Le grand prêtre avait demandé à ce qu'on rende à la jeune fille les rites funéraires, mais le marquis avait refusé. Ils avaient d'ailleurs convenus, que le mariage n'ayant pas été consommé, il n'était point valide. Azénor avait au moins eu la décence de mourir sans avoir dépucelé le futur marquis. Le feu serait la seule tombe d'Azénor d'Anoszia. En ville, on avait apprit la nouvelle de ce décès, et on ne savait que penser, d'autant que le marquis avait dévoilé également que le duc de Langehack s'était donné la mort la veille. Mais qu'y pouvaient-ils, eux, roturiers, eux, festivaliers, qui étaient en Cantharel pour la fête ? La ville entière résonnait aux sons des chants, des musiques et des tavernes, non aux pleurs.

Qu'il s'agisse d'un suicide ou d'un meurtre, Godfroy avait trouvé un coupable. L'avait-il désigné par défaut, ou recherchait-il quelqu'un pour déverser sa rancœur, il n'aurait su le dire. Le fait est, qu'une fois le bûcher funéraire allumé, il avait demandé à ce qu'il soit seul, qu'on fasse venir Louis, son fils, mais surtout, Livia, cette servante, qui avait échoué, tant à prévenir un éventuel meurtre qu'un éventuel suicide. Et cette fille, cette innocente créature, victime des caprices de sa maîtresse, mourut dévorée par les Angolas de Godfroy, qu'il lâcha sur elle. Strël, Glök, Ymïr et Söbek, quatre angolas dans la force de l'âge, se donnèrent à cœur joie à l'ouvrage, et l'impassible titan, l'Effroyable, tournant le dos à la scène, n'éprouvait ni peine, ni remord, à l'écoute des hurlements stridents d'une Livia dévorée, couverts qu'ils étaient par les festivités qui se déroulaient à l'intérieur des remparts.

Alors, il entendit, foulant l'herbe et sous la bénédiction de la nuit, alors que déjà les Angolas se reposaient de leur dîner aux pieds de leur maître, Godfroy entendit son fils.

« Je suppose que la lâcheté est de famille. Au moins est-elle morte sans que tu l'engrosses ou que tu passes la nuit avec elle. Tu n'es point veuf. C'est la seule consolation que je tire de tout ceci. »

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Lun 5 Sep 2016 - 13:13

Arrivé quelques jours avant les festivités, Aymeric avait installé ses quartiers dans coquette gargote, à l'ombre de Cantharel. Sa venue, aux allures de villégiature, n'était pas innocente : le marquis avait eut vent des agissements de son voisin, agissements nimbés de brume. D'aucuns racontaient comment il avait défié le duc de Langehack en combat singulier, et après avoir - aisément - triomphé de lui, s'en était emparé. Les esprits chagrins mentionnaient une sordide embuscade maritime, durant laquelle on avait envoyé la garde ducale fréquenter les poissons, avant de passer les fers aux pieds du premier né des Anoszia.

Par un télescopage inouï, les malheurs s'étaient abattus à rythme régulier sur la maison ydrilote ; peu après, on avait appris comment le marquis Godfroy avait fait main-basse sur la fille du vieil Anoszia, avant qu'à leur tour, les échos des turpitudes du patriarche ne remontent jusqu'au Nord. La famille au dragon, dont l'essor en cour avait été des plus prompt, semblait promises à une fin tout aussi brève.

Si le déclin de cette maison, une parmi tant d'autre à chercher sa réussite à la cour du Roy, n'avait guère de prise sur le marquis, ce dernier demeurait toutefois bien méfiant vis-à-vis de son voisin. L'effroyable Godfroy avait montré là une détermination et une opiniâtreté à en faire pâlir les plus féroces. Ennemi déclaré de la régence Soltariie, et du Roy lui-même, Saint-aimé avait attaqué son adversaire au cœur : faisant fi de la chevalerie, il avait abattu son poing - massif s'il en est - sur la famille même du grand argentier.

Ainsi, des planchers vermoulus du Gentilz carillon, tout entier rempli par la gent serramiroise, Aymeric avait entrepris de mener l'enquête. Sous couvert de mondanités, on fréquentait la bourgeoisie, on moissonnait la rumeur. Cependant, à la veille des épousailles, force était de constater que le marquis n'avait guère appris plus. Il avait demandé, en vain, à rencontrer le duc de Langehack, et ses entrevues, organisées hors les murs, au prétexte de contempler le champ qui avait vu périr les félons de l'Atral, ne lui avaient rapporté que des doutes supplémentaires.

C'est donc plein d’appréhension que le marquis s'était rendu, au premier jour de l'Automne, vers la citadelle de Cantharel, où l'on devait unir deux maisons qui s'étaient juré l'inimité. Debout, aux premiers rangs de la foule, Aymeric avait pu assister ici à la montée d'un malaise grandissant, quant en lieu et place de son frère Oschide, c'était Godfroy, monstrueux en comparaison de la frêle Anoszia, qui avait mené l'épouse vers l'autel. Pourquoi le duc manquait-il donc à l'appel ?

C'est cette interrogation que partageait la coterie serramiroise, jusqu'à ce que l'émoi ne s'en empare. Au moment d'embrasser le jeune Louis, la mariée venait se s'effondrer, secouée de spasmes, et s'épanchant bientôt en de sanguinolentes vomissures. À l'évidence, on avait fait boire à la damoiselle le bouillon de onze heures, et voila qu'elle poussait ses derniers souffles sur l'autel qui allait la marier, tâchant de son carmin propre le tapis et la robe. Un haut-le-cœur, suivi de cris effarés, succéda à la scène.

Avec un effroi dégoûté, teinté d'une curiosité morbide, la foule ne recula pas de suite. Le ventre poussait à la reculade, tandis que les têtes préconisaient l’œillade, et seulement après que le marquis eut ordonné la dispersion de l'assemblée, on vit celle-ci tourner la bride. Aymeric s'en retourna promptement : le malaise des jours passés s'était mué sous ses yeux en drame, et bien qu'il ignorait l'étendue de celui-ci, son pressentiment néfaste s'était avéré. Il regagna, lui et les siens, les coquets appartements du Gentilz carillon.

Attablé parmi les siens, Aymeric demeurait dans un abîme de réflexion. Dehors, la gueusaille festoyait gaillardement, tandis que dans une ruelle obscure, on évacuait le corps sans vie d'une damoiselle enlevé à son père, avant d'être vraisemblablement enherbée. Le duc, assurément, devait avoir fait les frais de l'hospitalité berthildoise, et un instant, Aymeric douta du goût de son rôti. En venant ici, le marquis s'était résolu de lever le voile sur ces derniers évènements, et de faire entendre une voix vertueuse sous les voûtes de son voisin. « Sont-ce là des manières chevaleresques, que d'épousailler la damoiselle que l'on séquestre ? », aurait-il dit, ou quelque chose dans le genre.

Il n'avait pourtant pipé mot, et désormais, le marquis était pressé de quitter cette ville frappée du sceau du malheur. Après pareil évènement, il lui serait impossible de joindre quelque libation, non que l'horreur le paralysât ; il refusait cependant de rester plus longtemps dans la ville d'un homme dont la nature semblait bien malévolente, et dont à l'évidence, il ignorait beaucoup. Après réflexion, Aymeric se félicita de ne s'être opposé publiquement à l'Effroyable sous son toit, lui qui semblait si prompt à enfermer ses invités. Dès demain, il quitterai la ville, et s'en irait regagner Serramire.

Sortant de l'auberge entouré de sa coterie, le marquis entendait boire ce soir une ultime gorgée de tartuferie. La ferveur populaire, cette gouaille gueusarde qui singeait déjà les évènements de la journée convainquirent Aymeric de tourner les talons : lui et les siens gagnèrent sans attendre les remparts, où la populace ne frayait guère. Résolu à prendre de la hauteur sur ces bélitres, le marquis entreprit une marche nocturne, jouissant de la seule compagnie de ses féaux et ses capistons.

Arpentant la courtine, cette coterie au beau sang devisait, l'air grave, des évènements survenus. On se méfiait grandement de la suite des évènements, présentée subrepticement par leur hôte comme la victoire sur des traîtres. Or des traîtres à la couronne, il était malaisé d'établir si Godfroy de Saint-aimé en faisait partie. L'homme avait revendiqué son droit à la royauté, avant d'arguer celui d'Alcyne de Hautval. Quelle serait cette fois-ci le coup d'éclat du marquis de Sainte-Berthilde ?

C'est de tout cela qu'on causait, chemin faisant, jusqu'à ce qu'au détour d'une bretèche, l'assemblée ne découvre un spectacle curieux. En contrebas du chemin de ronde, après le fossé, loin des faubourgs, nombre d'hommes s'affairaient. Des gens dressaient là un bûcher, et, empreint d'un doute, le marquis intima le silence aux siens. On assista, impavide, à ces singulières funérailles : le corps d'Azénor Anoszia fut jeté en pâture aux flammes, celui de sa servante aux chiens. Rougeoyante face aux flammes, la silhouette massive de Godfroy, tel un diable, un éfrit estréventin, projetait une ombre démesurée. Se souvenant des actes de son hôte, enjambant le corps chaud de la mariée pour gagner son fils, Aymeric se surprit à murmurer ces quelques mots : « Ainsi, c'est pour cela qu'on le nomme l'Effroyable. »

Le lendemain matin, il quittait Sainte-Berthilde.

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Nakor
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Mar 6 Sep 2016 - 19:28

Nakor avait reçu, dans sa lointaine destination, une invitation de la part de la douce Marquise de Sainte Berthilde. Judith et lui avaient sympathisé voilà quelque temps déjà et en tant que Magister du Firmament, Archimage humain et vieillard presque millénaire, il semblait que la cour de cette région de la Péninsule avait un lien d'amitié avec la barbe blanche. Nakor avait beau passer son temps par monts et par vaux, il essayait toujours de garder un lien de cordialité voir d'amitié avec les gens qu'il rencontrait. Non pas par flagornerie ou excès de sentimentalisme, mais simplement qu'il s'inquiétait toujours de ce qui arrivait à la Péninsule et il n'était d'autre moyen d'y veiller que d'être accepter dans un maximum de palais. Il n'était pas en odeur de sainteté partout où il se rendait, mais ce n'était pas si terrible que ça. Le sorcier vint donc, son bâton à la main droite, son chapeau sur la tête et sa robe, comme depuis plus de six cents ans maintenant. Il était au maximum de ce qu'il pouvait proposer au niveau tenu d'apparat et ne ferait pas d'efforts supplémentaires que ce soit pour un mariage ou quoi que ce soit d'autre. Une fois arrivé aux abords de la cité, il marcha au travers des routes et des chemins, passant d'un chaland à l'autre, observant les foules, les sourires, les danses et les rires. Il arriva enfin en vue des portes du palais et donna avec tranquillité son invitation au préposé aux invités. Voyant la vieille défroque le jeune homme à la porte tenta de ne pas montrer son dégoût, puis lisant le nom sur l'invitation, il fit de gros yeux, s'inclina bien bas et demanda au vieillard de le suivre.

"Tiens, cette fois on ne me fait pas le coup du bâton!"

Pensa-t-il en son fort intérieur. Il se mit donc à rire comme ça, sans prévenir et sans raison apparente, il passa une fois de plus pour un vieux fou. Mais un peu plus ou un peu moins ne changeait pas grand chose. Il fut introduit dans la salle du trône où la fête allait battre son plein mais observa, un brin stupéfait que, comme à son habitude, il était parmi les tous premiers. Il vérifia machinalement qu'il avait son cadeau de mariage dans la barbe puis marmonna

"Après tout, un magicien n'arrive jamais en avance, ni même en retard d'ailleurs, il arrive précisément à l'heure prévue!"

Puis attendit que d'autres qu'ils connaissaient fassent leur entrée. Les mariées, lorsqu'ils viendraient enfin, aurait le droit à un déroulé de magie pour les accompagner : des papillons de couleurs et de lumière en mélangeant la magie de l'air, du feu et de l'éclair, des petits crépitements et quelques artifices qui rendraient les lieux encore plus magiques qu'ils n'étaient déjà. Cela serait la touche Nakor de ce mariage en plus du livre qu'il comptait offrir aux jeunes mariées : un bijou de reliure et de sagesse antique donnant le récit enjolivé de la bataille qui aurait donné naissance au royaume de la Péninsule. Un récit plein d'amour, de magie, d'aventure, de guerre, de défis et de réussite. Un original qui avait quatre cent ans! Il observa alors, les prestigieux invités arriver les uns après les autres. Il y avait là de nombreuses têtes, plusieurs qui lancèrent un regard inquiet en direction du vieux fou, d'autres qui firent comme s'il n'était pas là et quelques uns qui le saluèrent. Nakor, qui se trouvait dans la rangée opposée à celle d'Aymeric de Brochant, se permit simplement à son égard, de pincer l'avant de son chapeau et de s'incliner très légèrement sans que personne n'y prête vraiment attention. Enfin, le moment tant attendu arriva : l'entrée des mariés! Le Magister allait déclencher son petit tour de magie quand il se raviva, fronça quelque peu les sourcils et se demanda ce qu'il était en train de se tramer ici. C'était le père du marié qui était aux bras de la futur belle-fille et cette dernière semblait avoir plutôt envie d'être partout dans le monde sauf ici. La magie ne fit donc jamais son entrée et au contraire d'avoir des vivats, des larmes de joies et du bonheur, il n'y eut que des cris, des larmes d'horreur et la mort.

"Qu'est-ce que ... !"

Quand l'ordre fut donné qu'un médecin vienne, et parce qu'il était un impossible "je-me-mêle-de-tout", le sorcier s'avança légèrement vers le cadavre de la jeune mariée. Elle était blanche comme pouvait l'être un corps sans vie, trop tard apparemment pour faire quoi que ce soit. Nakor trempa le bout de son bâton dans la flaque de sang devant elle et se retira. Il respira une grande bouffée puis secoua rapidement la tête comme pour tenter d'en évacuer les épouvantables senteurs qu'il venait de lui-même s'inoculer.

"Helleborus et Permenton ... par les dieux!"

Du poison. La plante d'hellébore était, en grande quantité, capable de faire s'arrêter le coeur tout en forçant l'estomac à se purger avec violence. Le permenton quand à lui, plus souvent nommé belladone dans la Péninsule, détruisait les boyaux et avait une remarquable odeur qui vous irrite rapidement les poumons tout en donnant une couleur de cerise profonde au sang. Quand l'ordre de quitter la salle fût donné, Nakor s'arrêta au niveau du puissant seigneur des lieux et releva légèrement son bâton en indiquant d'une voix très basse

"Un mélange de deux puissants poisons au moins Monseigneur, qu'on ne trouve pas partout ... prenez garde à ne pas entrer directement en contact avec cette mixture."

Et le magicien s'en alla. Oui, il n'était pas protocole, oui, il n'était pas un ami proche de Godfroy mais non, il ne souhaitait que bien rarement la mort des gens. Une fois dehors, la vieille barbe blanche se dirigea machinalement vers les hauteurs de la cité et passa la nuit sous les étoiles à méditer. Que fallait-il faire? S'en aller et quitter ce lieu plein de mort? Rester et essayer de comprendre? Faire la fête sans aucun discernement? Il prit beaucoup de temps pour y réfléchir, pesa chacune de ses pensées et prit enfin une décision. Il fallait rester encore un peu!
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Mer 7 Sep 2016 - 13:04


Maélyne avait acceptée l’invitation du Marquis de Sainte-Berthilde. Autant le mariage de son fils lui importait peu au finale, mais il se mariait à Azénor. Cette ravissante jeune fille qu’elle avait rencontrée lors d’un heureux hasard dans le bois au loup. Evitons de rappeler les circonstances, même si cela arrachait un sourire à Maélyne dès qu’elle se le mentionnait.  Toutefois, elle était loin d’être la seule ayant fait le déplacement. Sur la route, elle croisa son suzerain, Aymeric de brochant, le marquis de Serramire.

Logeant dans un des hôtels particulier de la ville, la Dame s’était rendue à la cérémonie et prit place Une fois arrivée en ville, la Dame prit possession d’une chambre dans un hôtel particulier. Le château de Cantharel étant bien trop petit pour accueillir une aussi grande foule et puis bon, après tout, Maélyne n’était pas prioritaire dans ceux qui devaient être accueillis dignement. Les deux journées passèrent assez vite, ayant voyagée plutôt léger, la Dame de Lourmel fit marcher ses relation pour obtenir en prêt quelques beaux bijoux dont elle se parerait durant l’office et le banquet qui suivrait.

Dans la salle du trône, là où se déroulerait le mariage, Maélyne prit place parmi la tripotée de Nobles Serramirois, attendant impatiemment de voir Azénor en robe de mariée. La Dame voulait surtout voir son visage et l’expression qu’elle offrirait. Il fallait avouer qu’elle s’était posé beaucoup de questions quant à ce mariage. Azénor avait décidée de renier son nom et d’ainsi épouser le fils de Godfroy, ennemi de son père. C’était curieux.

C’est là qu’elle arriva mais Maélyne eut du mal à la voir, sans doute la place qu’elle avait choisisse ne lui offrait pas la meilleure des vues. Mais très vite, alors que les jeunes mariés semblaient s’échanger le baiser qui scellait leurs union, la jeune fille s’effondra au sol. La foule ne bougea point et Maélyne eut du mal à comprendre ce qui était en train de se passer. Ce n’est qu’une fois sortit, qu’elle comprit l’ampleur de la situation. La douce fleur de Velmone venait de faner.

Le soir venu, Maélyne n’avait pas l’âme de rester seule. Il est certain qu’elle n’avait pas noué un lien fort avec cette demoiselle, mais son décès la surprit et une once de chagrin s’empara d’elle. La Dame de Lourmel s’incrusta donc dans la petite bande qui suivait le marquis. Une balade ne saurait lui faire de mal et puis, cela permettrait de visiter la ville. Après une petite heure de marche, ils arrivèrent tous sur les remparts, la vue qui s’offrait à eux était appréciable mais toutefois de bien moins qualité que celles qu’on trouvait en Serramire.

Puis, les yeux se tournèrent vers ce qui semblait être un bucher.
« Ne me dites pas que... » Azénor venait d’être brûlée, là, comme ça... Elle était peut-être la fille d’un traitre, mais réserver un tel sort à sa dépouille donnait des nausées à la Dame de Lourmel. Sans compter que peu de temps après, le Marquis de Sainte-Berthilde lâcha ses Angolas sur une pauvre servante. S’en était trop et elle tourna le dos à la scène.

« Ainsi, c'est pour cela qu'on le nomme l'Effroyable. » se permit le Marquis. Maélyne préféra ne pas réagir. Une fois de retour à l’hôtel, la Dame passa une mauvaise nuit mais elle fut heureuse d’apprendre que son suzerain se permettait de partir. Elle fit donc de même et prit la direction de Lourmel non sans une pensée affectueuse pour la belle fleure qu’était Azénor.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Ven 16 Sep 2016 - 10:08

Au gré du vent flottaient moultes et diverses bannières. La première et plus visible de toute, arborait fièrement l'ours tenant en sa gueule une clé dorée. Celle-ci symbolisant le passage de la trouée d’Enguerrand, situé entre deux montagnes s'élevant au ciel et se perdant dans les nuages. De tous temps, Kelbourg s'était vu confier la lourde et honorable tâche de protéger la frontière sud. Dès lors, tels des gardiens d'une porte gardée scrupuleusement, cette clé était peu à peu venu s'immiscer dans l'héraldique familiale. Non loin derrière, l'on vit les autres étendards de l'Argonne claquer au fil des rafales. Il y avait le chêne et l'ours de Valleroy appartenant au seigneur régent Charles de Kelbourg, son aîné, puis les trois tours d'Hautségur de sire Baudoin, ainsi que le bélier d'Anzème de son beau-frère Édouard et enfin l'hermine de Badefois de la Dame Élise venue en personne avec ses meilleurs hommes et une dame de compagnie afin de rehausser le quota féminin. En voyant la cité de Cantharel s'offrir à lui au détour d'une colline, Thibaud fit arrêter sa coterie après avoir tiré violemment les rênes de sa monture. L'animal se cabra et hennit sous la douleur, sans inquiéter son maître. Lorsque le cheval se résigna enfin à lui résister, Thibaud se retourna vers son fils et son frère en les affublant d'un sourire aussi faux que spontané.

-Tâchons de célébrer dignement les épousailles du petit faon. Ce n'est point tous les jours que nous assisterons à une telle sérénade.
-Quand repartons-nous au juste ? demanda son fils.
-Nous ferons acte de présence et repartirons au plus tôt. Je n'ai pas envie de m'attarder dans ce trou à rat.
-Des gros rats, mon frère, émit Henri en souriant.
-Effroyables dit-on.

La remarque fit apparaître quelques rictus amusés sur les visages des siens avant qu'ils ne se remettent au trot en direction de la grande cité. Par un vélin arrivé à Kelbourg quelques jours auparavant, il avait apprit l'union du jeune Saint-Aimé à l'Anoszia du sud. La chose l'avait fait rire au point qu'il en avait presque eu une larme à l’œil. Il avait vu ici la signature de son bon ami le marquis, ça ne faisait aucun doute, ce qui en était d'autant plus drôle. Surtout en ayant connaissance que tous les seigneurs berthildois avaient joués des pieds et des coudes depuis maintes ennéades pour réussir à marier leur fille à l'unique héritier mâle des Saint-Aimé. Il avait peut-être été le seul à n'avoir formulé aucune demande pour les siennes. S'unir à cette famille aurait été comme trahir ses aïeuls en déféquant sur son nom. Mais soit, le marquis avait promis diverses réjouissances s'étalant sur plusieurs jours. Cela lui permettrait de revoir quelques trognes connues et d'apprendre les nouvelles du monde. Ils arrivèrent dès lors dans la cité marquisale et délaissèrent leurs étalons aux écuries avant de prendre la direction du château déjà assailli par tous les nobliaux des terres voisines. A l'intérieur, la place manqua cruellement au point que lui et les siens durent se mettre en retrait. La visibilité n'était pas bonne pour ne pas dire inexistante, mais les premiers chants et psaumes des curetons présents finirent par ramener le silence et informer les spectateurs du déroulé des opérations.

Sans comprendre comment ni pourquoi, un silence glacial vint finalement gagner les lieux et après avoir bousculé quelques épaules, Thibaud vit que la jeune mariée était désormais au sol. La suderonne préférait s'unir aux pavés assurément plutôt qu'au cervidé, la chose le fit glousser. Puis, lorsque le marquis ordonna à tous de dégager la salle, il comprit un peu mieux et son sourire n'en fut que plus grand. La dragonnette venait de s’ôter la vie aux yeux de tous, montrant que la mort valait peut-être bien mieux que de porter le nom de Saint-Aimé. Il eut envie de s'esclaffer en voyant la scène, mais se retint du mieux possible. Il regarda alors le corps inerte de la donzelle ayant embrassé le sol sans éprouver une once de pitié.

-Moi qui pensait que ce mariage serait d'un ennui mortel, j'avais raison apparemment, ponctua-t-il avant de retrouver les siens et la lumière du jour.

La mort de la mariée n'empêcha pas la cité de se plonger corps et âmes dans la fête. Les berthildois, mis au courant où non, semblaient vouloir profiter du mieux possible des diverses activités proposé par leur suzerain. Au contraire, les nobles qui furent présents à la cérémonie foireuse parurent un peu moins enthousiasmés par les événements à suivre bien qu'on les invita à venir boire et manger dans les quatre coins de la cité. Thibaud, lui, prit les chemins de la muraille à la nuit tombée. Sans savoir pour quelle raison, il suivit les badauds et autres grands seigneurs qui sortirent de la cité où empruntèrent les multiples escaliers menant aux remparts. Une fois là-haut, il vit s'élever de grandes flammes jusqu'au ciel. Un bûcher avait été dressé à la hâte par les serviteurs du palais et on s'affairait déjà à effacer toute trace de la défunte épouse. Ses narines furent alors enivrées par l'odeur s'émanant du bûcher. Cela lui rappela une fois encore que sa faim était sur le point de reprendre le contrôle.

-Cette odeur de cochon grillé m'a mis en appétit, allons ripailler mes amis !
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Une promesse d'amour et d'un avenir radieux | Mariage   Ven 16 Sep 2016 - 11:38

Jérôme avait été très étonné lorsqu'on lui avait apprit qu'une Anoszia allait épouser l'héritier de Godfroy. Il avait donc décidé de s'y rendre puisque l'invitation pour le marquis d'Odélian était destiné à tous les vassaux. Il était partit d'Oësgard bien entendu et c'est donc entouré de sa seule garde qu'il était parvenu dans la ville. La bas il avait retrouvé quelques amis d'Odélian et aussi la suite de Serramire avec le marquis et Maélyne.

Le jour du mariage, il avait mit sa plus belle tenue. Ses rapports avec Sainte-Berthilde était très bonne et il avait l'intention de demander à rencontrer le marquis et son épouse pour parler de la fameuse route que cette dernière désirait mettre en place. Les nouvelles d'Etherna étaient bonnes mais il fallait du temps pour récupérer même si les terres n'avaient pas été touché par la guerre, Néera en soit bénie. Les espions couraient partout afin d'avoir des renseignements et les évènements s'étaient enchainés à une vitesse étourdissante. La chute du vieux dragon avait été une surprise de poids, tout comme le décès du Duc de Langehack.

Le mariage ne se déroula absolument pas comme prévu mais il apporta une réponse à l'interrogation du baron, à savoir qu'elle était forcée. Voila des choses fâcheuses qu'une capture par traitrise et une union forcée, deux chocs pour Jérôme qui ne s'attendait pas à tant de bassesse de la part de Godfroy, un homme qu'il avait côtoyé il y a peu et qu'il avait apprécié. La salle étant évacuer, il rentra à l'endroit ou il logeait. Le lendemain, il apprit par des hommes de Serramire le sort qui avait été réservé à la dépouille de la pauvre, ce qui chagrina Jérôme qui appréciait également les Anoszia suite à l'aide qu'ils lui avaient apporté.

Tout cela étant un choc pour tout le monde, Jérôme décida de repartir avec la suite de Serramire, passant ainsi par Froissart pour rentrer en Oësgard. Il aurait bien le temps de s'entretenir avec le marquis une autre fois ou d'échanger des courriers.
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