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 Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )

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Méliane de Lancrais
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MessageSujet: Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )   Mar 6 Sep 2016 - 21:27


Favriüs, Jour 3, Enneade 1. 9 ème année du 11ème cycle.

La journée touchait a sa fin et au lieu de l'agitation habituelle qui régnait d'ordinaire, parmi les serviteurs, en ces heures, la cours ducale était d'une calme terrible. Aux premières heures du matin, l'on avait appris la mort du duc, depuis milles rumeurs couraient sur la façon dont il s'était éteint. La seule a connaitre la triste vérité était la duchesse, qui après s’être replier dans sa chambre pour laisser libre cours a son chagrin, avait fait mander a ce qu'on lui amène au plus vite Castielle de Sombrerue et son fils, le jeune Torrance. Rien qu'a cette simple pensée, le cœur de Méliane se comprime dans cet étau qui ne la quitte désormais plus. Après la perte de ses enfants, pourquoi avait il fallut que les dieux lui prennent son époux ? Elle craignait d'en connaitre la réponse. C'était la le juste châtiment pour son crime de jadis. Elle avait ôté la vie de son premier et détesté époux et en retour on lui prenait la vie de l'époux qu'elle avait tant aimée. Se levant du canapé qu'elle occupait dans un des petits salons de ses appartements, elle maugréa contre elle meme. La culpabilité, les regrets ou les remords ne l'aideraient en rien a se montrer forte.

Pourtant forte, elle se devait de l’être, pour ses terres, pour son peuple et pour le seul enfant qui lui restait. Oui, cela était la force dont elle avait besoin pour l'avenir, mais présentement elle en avait besoin pour affronter une toute autre épreuve. D'un moment a l'autre, paraîtrait a ses yeux cette femme, qui elle, par l'avale des dieux, avait pue donner naissance a un enfant. Un enfant du duc. Tout ce qu'il restait désormais d'Oschide. Ces jeux cruels ne cesseront t'ils dont jamais ? De combien de malheurs devrait elle encore se relever ? Sa maladie, la découverte de l'ex maîtresse de son époux, l'imminence d'une guerre, la perte de ses enfants et maintenant celle de son époux et quoi ensuite ? L'intendant venant lui indiqué que sa visiteuse était la, lui fuit une distraction bienvenue a ses sombres pensées. Elle inspira profondément, lissant sa robe nerveusement tout en s’efforçant de ne pas glisser ses mains sur son ventre désormais désespérément vide de toute autre vie que la sienne, puis elle manda a ce que l'on fasse entrée l'herboriste.

De ce qu'elle savait, la dame avait été absente toute la journée de la cité Langecinne, avec espoir, elle n'avait dont peut etre pas encore appris de bouches étrangères le deuil qui les frappait tous et elle deux plus encore que les autres. Elle deux et ce fils qui ne connaîtrait jamais son père. Un instant plus tard, Castielle faisait son entrée. La duchesse était calme, droite, le regard vide, tiré d'avoir trop pleurer. Elle s'obligea a lui adresser un pauvre sourire de façade qu'elle n'utilisait que trop depuis quelques Enneades. " Castielle, je vous suis gré d'avoir répondue si vite a mon invitation. " Cela avait été plus une convocation qu'une invitation, mais l'heure n'était plus a l'échange de politesses. D'un geste de la main elle lui indiqua le canapé ou elle prit elle meme place, évitant soigneusement de poser ses yeux sur le petit Torrance. Elle ne voulait pas craquée, pas verser de larmes qu'elle ne saurait plus stopper et elle craignait que croisé le bleu si familier de ses yeux ne la perde irrémédiablement. Une fois celle que son époux avait jadis aimé, assise a ses cotés le silence s'étira pendant une minute, comme si elle ne savait comment trouvée les mots. Comment aurait t'elle voulue l'apprendre elle meme ? Autrement que par les mots du marquis, cela était certain.

Après une profonde inspiration, ses yeux s'accrochant a ceux de Castielle, elle se lança finalement, d'une voix qu'elle espérait aussi solide qu'elle avait été au matin en salle du trône. Néanmoins il était bien plus difficile de se couvrir de la parure de la duchesse devant l'herboriste qui était si liée a sa vie de sa femme, a son époux, a son deuil, a toutes ces choses qu'elle tentait de réprimer pour ne point que la chagrin ne l'emporte dans une dépression trop lourde a porter. " Castielle, je crains de n'avoir de terribles nouvelles a vous annoncer. Elles concernent également votre fils. " Son regard se détourne brièvement pour se poser sur un point invisible, devoir l'annoncer une fois encore, rendait la mort d'Oschide bien trop tangible, lui faisant prendre conscience que c'était la quelque chose auquel elle ne pourrait jamais plus échappée. " Le duc .. " Commence t'elle avant de se rappeler en compagnie de qui elle se trouve. " Oschide est .. " Il y'a quelques Enneades de cela, elle avait du la faire prévenir de sa captivité au loin et maintenant, elle lui annoncée sa mort. Elle repensa aux paroles du marquis, qui depuis qu'elle les avait lue, ne lui laissaient plus le moindre répits, "la mort était dans son sillage". " Il est mort Castielle, il nous a quitté. " Lache t'elle enfin dans un souffle. Probable qu'elle devrait laissée a la dame le temps d’assimiler tout cela, mais elle ne le peut, il lui faut parler, rester concentrée, de cela dépend son aptitude a ne point s'écrouler devant elle.

Malgré tout compatissante, elle pose l'une de ses mains sur la paume de l'herboriste. " Ces tristes nouvelles nous sont arrivées ce matin du marquisat de Sainte Berthilde. Je .. Nous n'avons pas encore les détails précis de sa mort. " Odieux mensonge que voila, il avait sauté. Il avait lui meme mit fin a ses jours. Il l'avait abandonné. Il avait choisi la voix de la lâcheté. Elle étouffe ses pensées traîtresses, qu'elle se maudit d'avoir. Elle ne peut révélée cela a la dame qui lui fait face, si cela ne tenait qu'a elle, jamais nul ne le saurait. " Il est probablement décédé des suites de sa condition ... " Les mêmes boniments qu'elle avait servie a sa cours, encore, chacun pouvant bien en déduire ce qu'il voulait. Sa main se crispe involontairement sur celle de Castielle. " Je suis tellement désolée qu'il n'ait jamais eu l'occasion de rencontrer son fils, la guerre l'a privé de cela .. " Il s'était privé de cela tout seul. " Sachez néanmoins, si cela peut vous apporter quelques soulagements, qu'il fut au courant de son existence. " C'était meme la les derniers mots qu'elle avait échangée avec lui. Au souvenir de leur dispute, elle déglutie, trop de colère, trop de regrets, trop de larmes. Si bien qu'elle se lève brusquement, abandonnant la dame sur le canapé et lui tournant le dos. " Castielle, cet enfant qui est le votre, c'est tout ce qu'il nous reste de lui ... " Sa voix se brise, elle se tourne a nouveau vers l'herboriste, glissant enfin ses yeux sur son fils. " Torrance est le seul héritage qu'Oschide laissera jamais au monde. "

Ses yeux brillent, mais aucunes larmes ne s'en échappent. Le souvenir vivant de son époux était la face a elle, sans qu'elle pusse meme avoir le courage de le toucher. Cette femme qui était sous sa protection avait tout ce qu'elle n'aurait jamais. Un enfant de son tendre époux, un fils de son aimé. Et pourtant elle ne parvenait pas a la haïr. Non celui que son etre haïssait autant qu'elle l'aimait, c'était cet homme qui les avait toutes deux abandonné de façons bien différentes.
Oschide.
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MessageSujet: Re: Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )   Mer 7 Sep 2016 - 1:55

Tout ce qu'il nous reste
Méliane & Castielle de Sombrerue
Let's start at the end, Becoming strangers once again, Or maybe that's all we ever were, Do you know how it feels, To crave a body made of steel, To give your all for no return.

 La demi-elfe tourna la tête vers la source de son attention, Oschide d’Anoszia. Encore une fois, elle le voyait à nouveau près de cet océan salé et indomptable. Les sept mers de ses larmes longuement versées pour cet unique homme. Ce rêve, ne l’avait-elle pas vécu peu de temps avant la naissance difficile de Torrance? La jeune mère considéra silencieusement le profil ravagé par la maladie de son ancien amant. Pourquoi est-ce que son fantôme la visitait à nouveau? Un mauvais présage lui comprima la poitrine, certes, mais son visage exprimait toute autre chose. Une lueur d’abandon illuminait ses prunelles bleues, ses lèvres étaient crispées en une moue franchement dégoûtée. Les épreuves avaient assombrit sa personnalité de manière permanente. Cette journée fatidique dans la ruelle de la rue des artisans avait carrément changé son destin et non pour le mieux.

- Qu’est-il réellement devenu de nos vies, mon ami? S’enquit-elle doucement sans réelle émotion dans la voix. Elle sourit amèrement. Vous avez rampez vers moi, dans ma piètre existence et vous m’avez rendue misérable, comment puis-je me permettre de croire en une histoire d’amour lorsqu’il n’y a rien à raconter? Un baiser accidentel dans la cabine d’un navire, une unique étreinte au cœur de la nuit? De votre part, je n’ai reçu que très peu de chose autre que de la douleur et de l’amertume.

Le capitaine se leva telle une ombre que chasse le soleil et se dirigea nonchalamment vers la rive où les petites vagues se mises aussitôt à lui lécher les bottes. Derrière lui se couchait paresseusement les restants d’une journée ensoleillée. Elle avait tant donné à cet homme, plus qu’il ne pourrait jamais comprendre et pourtant, il donnait peu en retour. Bien sûr, il y avait Torrance, mais peu importe les pensées, cet enfant n’était point né avec le consentement de ses deux géniteurs.

- Écoutez-moi quand je vous parle, me pensez-vous à ce point insignifiante, salaud! Cracha-t-elle en emboîtant son pas, mettant ses pieds nus dans l’eau glaciale. Vous êtes un homme indigne, je me suis presque tuée à trois reprises pour vous! Elle le pointa du doigt. Vous avez souillée mon âme, cassez mes os et déchirez mes entrailles, méritais-je réellement pareil traitement!

Elle pensa à l’individu sournois qui avait attenté à sa vie dans le campement lors de la guerre du nord où le chevalier l’avait lâchement abandonné, elle se remémora la douleur qui l’avait assaillit et déchiré de l’intérieur lors de la naissance de Torrance, puis elle se souvint de son acharnement à le secourir à Diantra.

La jeune femme empoigna alors une épaisse touffe de cheveux et tira le duc pour qu’il lui fasse face. Sa respiration cessa en apercevant la soudaine figure défigurée et ensanglantée. Les deux individus se dévisageaient silencieusement. La hargne qui animait l’herboriste en devint simplement plus forte.

- Soyez maudit, Oschide d’Anoszia, que votre âme brûle et ne soit jamais réincarnée, que les dieux soient sourds à vos prières et aveugles à vos douleurs, puissiez vous ne jamais rencontrez aucun de vos enfants! Le maudit-elle, le regard cruel mais également infiniment triste.

Puis, elle plongea la tête souillée de sang dans l’océan salé, le noyant dans ses propres larmes et probablement celles d’anciennes ou nouvelles compagnes.


*


- Castielle, réveille-toi, Castielle! Ordonna une voix masculine en agitant doucement l’une de ses épaules. La voix n’était pas très forte, mais plutôt alarmée.

L’apothicaire ouvrit brusquement les yeux. Sa conscience tirée brusquement hors de son rêve sordide, elle cligna plusieurs fois des paupières, incertaine de l’endroit où elle était. Son regard hagard croisa celui du maître Adrian qui la considérait avec inquiétude. La demi-elfe se redressa péniblement et tenta de remettre un peu d’ordre dans ses idées. Malgré l’horreur de ses songes, elle fixa froidement ses mains pâles à la recherche des résidus de violence qui l’avaient assaillit quelques minutes plus tôt. Elle était de retour à Langehack à la suite d’un court voyage dans la compagne où elle avait voulu visiter un petit temple dédié à Nééra.

- Castielle, je croyais t’avoir perdu, tu étais tellement agitée, je n’arrivais pas à te réveiller, lui mentionna le maître qui vérifia machinalement si elle ne faisait pas de la fièvre.

L’herboriste chasse paresseusement sa main envahissante, puis toisa Adrian d’un air sombre. Ils étaient revenus que quelques heures plus tôt et le voyage semblait l’avoir épuisé plus que prévu. La mère de Torrance avait donc décidé de faire une petite sieste pour refaire le plein d’énergie. Cette décision n’avait été qu’une grossière erreur car elle se retrouvait encore plus exténuée qu’au début de son départ à l’aube.

- Qu’y a-t-il? S’enquit doucement l’herboriste en frottant ses yeux fatigués avant de se lever nonchalamment pour nettoyer son visage. Quelque chose est arrivée?

Au même moment, le petit Torrance bougea dans son panier. Ce petit bout d’homme lui tira un sourire plus franc, mais ses yeux demeuraient étrangement glacials.

- La duchesse désire te rencontrer, Castielle, on m’a bien fait comprendre qu’il s’agissait d’une urgence, lui admit le maître apothicaire qui lui tendit une serviette pour qu’elle puisse essuyer son faciès humide. Le messager avait l’air… bien malheureux.

Plus malheureux qu’à l’annonce de la mort des jumeaux de la duchesse? Castielle en doutait grandement à moins que cela fût le décès de la duchesse Méliane elle-même, mais puisqu’elle la demandait elle-même, c’était qu’elle était bien en vie. À moins que quelque chose d’horrible soit survenu à son époux… La guérisseuse secoua doucement la tête, chassant de force les dernières images de son rêve.

- Je vais me changer en premier et je me rendrai ensuite immédiatement au palais de Son Altesse, je ne la ferai pas attendre plus que nécessaire.

Adrian l’arrêta un moment.

- Elle souhaite également être honorée de la présence du petit Torrance, ajouta le maître en lorgnant le panier duquel émanaient quelques babillages d’enfant.

La demi-elfe arqua un sourcil, mais ne dit rien avant de se rendre dans sa chambre où l’attendait une robe d’un gris déprimant. Elle enfila le vêtement sobre, l’air distraite avant de pénétrer dans la carriole qui la mènerait jusqu’à Son Altesse Méliane. Son fils se tenait tranquillement dans son panier à ses côtés et elle tendit le cocher donner ses ordres à ses chevaux.

*

Quand Castielle pénétra dans le petit salon privé de la duchesse, elle remarqua aussitôt ses traits tirés, son teint cadavérique malgré quelques touches de maquillage et son expression vide. La demi-elfe ne s’attendait pas réellement à revoir cette incroyable femme qu’elle avait aperçu lors de leur premier échange après une si lourde perte, mais son apparence avait de quoi déboussoler la plus amère des personnes.

- Votre altesse, la salua poliment Castielle qui s’inclina très bas. La dame lui fit signe de s’asseoir à ses côtés sur le canapé et la jeune mère ne se fit pas prier, déposant le panier contenant Torrance à une distance adéquate des deux femmes dans son sillage. Je n’oserais pas refuser l’une de vos invitations.

Surtout pas lors de circonstances aussi sombres et difficiles. Son visage fermé ne s’alarme point lorsque la grande dame lui admit soudainement qu’elle possédait de mauvaises nouvelles pour elle, mais son cœur manqua tout de même un battement. Le duc, oui, Oschide effectivement…

- Mort? Répéta la guérisseuse bêtement, ses yeux s’agrandissant moyennement. Mort, dites-vous? Répéta-elle une seconde fois, les mots se frayant lentement un chemin jusqu’à son esprit et pourtant, bien que cela fut une surprise, le choc ne se voyait que très peu dans son visage ou sa gestuel. Il semblait que le temps se soit ralenti et elle fixa silencieusement le vide. Son attention s’éveilla en sentant la main froide de la duchesse se poser sur sa paume ouverte.

La dame poursuivit ses explications, lui annonçant que les terribles nouvelles lui avait été parvenues plus tôt ce matin, sûrement quelques heures après son départ pour la campagne. La demi-elfe remarqua aussitôt l’hésitation de la duchesse, elle ne lui disait pas tout. Était-ce un secret, était-ce trop difficile pour celle-ci de lui annoncer quoique ce soit d’autre? Un manque de confiance ou une douleur étouffée?

- Probablement, oui, murmura Castielle froidement alors que sa poitrine se comprimait sous l’assaut d’une telle révélation. Oschide, au courant de l’existence de Torrance? Il n’avait pas daigné lui rendre visite pour apercevoir lui-même le résultat de leur luxure mutuelle avant de foncer les yeux fermés vers de nouveaux ennuis. Son Altesse bougea, puis se leva afin de lui tourner le dos. Vous avez mis davantage d’effort envers moi qu’il ne le fera jamais, je vous en remercie humblement, hélas, cela n’a pas empêchez cet homme à commettre de nouvelles bêtises.

Les derniers mots avaient été jetés un peu trop sèchement, surtout de la part d’une ancienne amante. À ses yeux, il n’était plus qu’un homme quelconque et non un duc. Elle n’espéra même pas être pardonnée pour son affront. Peut-être que la duchesse le prendrait comme une marque de son deuil.

La jeune femme força un sourire amer, les mains crispées sur ses genoux un peu tremblants. Techniquement, elle avait déjà fait le deuil d’Oschide il y a de cela un an. Elle l’avait cru mort alors qu’il se prélassait dans les bras d’une autre, sans pensée pour cette demi-elfe qu’il avait assurément mis dans son lit par le passé. Un deuil qu’elle n’avait eu aucun droit de vivre car elle n’était point de sa famille ou une honorable épouse.

-Oschide d’Anoszia, souffla calmement Castielle en fermant péniblement les yeux, il semble que son unique talent soit de disparaître et abandonner une femme derrière lui, dit-elle franchement. Finalement, nous avons beaucoup en commun, Votre Altesse.

Ses yeux se rouvrirent, ils étaient humides, mais elle se refusait de laisser couler une larme de plus pour son ancien chevalier. Pour elle, il était mort depuis bien longtemps déjà et il était grand temps de passer à autre chose. À quoi s’était-elle réellement attendue à venir à Langehack? Une nouvelle vie certes, mais jamais n’avait-elle réellement espéré que Oschide en fasse parti ou alors elle peinait à se le faire croire.

- Comment vous sentez-vous, votre Altesse? S’enquit subitement l’apothicaire, sachant fortement que tout ses malheurs finiraient par écraser la santé déjà fragile de la noble dame. Si vous étiez plus reposer, croyez-vous qu’il serait possible de me dire la véritable raison du trépas de votre époux?

Elle jeta un regard sur Torrance. Tout ce qu’il leur restait d’Oschide d’Anoszia, son unique héritage en ce monde. Techniquement, c’est tout ce qu’il LUI restait du défunt duc et n’appartenait qu’à elle, mais la jeune femme n’était pas aussi égoïste, du moins, pas encore. La douleur, pourtant, pouvait clairement changé le tempérament d’un individu et elle sentait son âme devenir plus noire qu’avant.



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MessageSujet: Re: Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )   Mer 7 Sep 2016 - 11:11



Les paroles de l'herboriste étaient dures et honteusement, elles étaient de par bien des aspects, le reflet des pensées de la duchesse. Oui, Oschide les avait tout deux abandonnés. Oui, il avait commis l'erreur de trop, mais surtout le sacrilège de trop, néanmoins la rancœur ne les aiderait pas a faire leur deuil, voila pourquoi elle prit sur elle de tempérer les paroles de la dame. " Castielle, je comprends votre amertume, jamais votre fils ne connaîtra son père .. " Pourtant dans ce malheur, c'était une chance, car elle les dieux ne l'avaient pas privés de la chance d'avoir des enfants. " Néanmoins je vous pris de croire que si il l'avait pu, mon époux ce serait assuré que Torrance ait un bon avenir. " Elle déglutie puis s'approche a nouveau du canapé, son regard inexorablement attiré vers la petite forme qui gigote dans le panier. "Il l'aurait aimé, comme il aurait aimé nos enfants si la chance m'avait été donner de les mettre au monde saints et saufs. " Inconsciemment sa main se glisse vers sa taille désormais fine. Douleur traîtresse. De cet avenir si ardament désiré, il ne restait rien et le pire la dedans c'était qu'Oschide lui meme leur avait volé tout ça.

Secouant doucement la tete, comme pour nier les paroles de la dame ou pour refouler les émotions qui l'agitent, elle prend a nouveau place a ses cotés sur le canapé. " Ne vous souciez point de moi ma dame, quand aux circonstances exactes de sa mort, je ne puis vous les dire s'en en ternir a jamais l'image que vous pourriez gardée de lui. Sachez juste qu'il vaudrait mieux pour tous que je puisse taire cela a jamais. " Elle craignait que cela ne puisse etre, les rumeurs viendraient vite du nord et alors cet honneur qu'elle s’efforcer de préserver volerait en éclat, a l'image de son cœur et de son bonheur, dispersait aux quatre vents. " L'heure n'est plus aux reproches ou au regrets, nous ne trouverons nuls réconforts dans le passé, alors pour affronter cette épreuve que nous est le présent, il nous faut nous tourner vers l'avenir." Un avenir qui apparaissait bien sombre tant les soucis et les malheurs s'entassaient les uns sur les autres. " Vous n'ignorez sans doute pas les sombres histoires qui sont venus ternir le nom de mon époux. " Elle n'en dirait guère plus sur ce qui avait été, elle ne calomnierais pas ceux qui étaient, encore a ses yeux, sa famille. Elle espérait d'ailleurs pouvoir leur porter quelques assistances, du moins a ceux qui restaient encore disparus. Mais l'heure n'était point a ce genre de préoccupations.  

Méliane glissa son regard, porteur de tout ses tourments, dans celui de cette femme que son époux avait peut etre aimé plus qu'elle, mais cela ni l'une ni l'autre ne le saurait jamais. Il n'était plus la ni pour le contester, ni pour l'attester. " De ce fait ma dame, sachez qu'en mes terres les Anoszia reçoivent ma protection, chose que je ne peux garantir au delà de mes frontières. C'est pourquoi j'aimerais vous inciter a ne point quitter le Langecin. " Il était honnête de dire que jamais la dame ne quitterait Langehack sans sa permission, mais elle ne voulait guère envisagée un avenir ou elle aurait a la forcer de rester, les temps étaient assez dures ainsi sans devoir s'ajouter le poids de pareilles décisions. " Votre fils et ce qu'importe qu'il soit illégitime est le fils d'un duc, cela ne sera pas sans attiré quelques convoitises. Ici il aura protection et avenir. Quand il sera en age, je lui donnerais des terres et un titre. " Ce que son époux aurait fait lui meme si il l'avait pu, du moins osée t'elle le croire. " En attendant ce jour, il recevra l'éducation qui sied a son rang. Vous pourrez a votre bon vouloir avoir des appartements au palais ou restée vivre dans la demeure qui est désormais votre. Vous recevrez le soutiens de la cours dans chacun de vos projets. Votre fils et vous seraient respectés Castielle, j'y veillerais. "

Si ses vœux sont sincères et ses intentions louables, elle n'ignorait rien de la part égoïste qui motivait ses actions. Cet enfant dont la naissance lui représentait tant de maux était aussi la chose qu'il restait encore de son époux. Un souvenir vivant auquel elle avait grand mal d'accepter de renoncer. Elle tourne ses yeux vers lui pour croiser ce regard bleu si familier qui la fixe. " Oschide. " Lache t'elle dans un souffle, une unique larme glissant sur sa joue. Elle glisse ses deux mains sur les paumes de l'herboriste et la voix entrecoupée par l'émotion, elle demande: " Je sais que vous n’êtes en rien responsable de mes malheurs, que vous avez vous meme le fardeau que vous a laissé mon époux a porté. Mais oserais je demandé que vous n'éloignez pas de moi la seule chose qui me reste de lui ? " L'humble dame avait a sa merci une tete couronnée, une duchesse a qui elle pouvait faire grand mal si il lui en prenait l'envie. Méliane s'en voulait d'avoir cette faiblesse, mais Oschide n'en avait t'il pas été une plus grande. Oh si, la plus grande de toutes, pense t'elle a nouveau aux prises d'émotions qu'elle préférerait pourtant faire taire a jamais.
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MessageSujet: Re: Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )   Jeu 8 Sep 2016 - 1:25

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 Non, cette femme ne comprendrait jamais l’amertume qui l’habitait et la colère qui ne trouverait jamais le repos. Cet homme avait brisé ses remparts, affaiblit son esprit et ses sens, il l’avait ruiné en tant que personne, en tant qu’individu. Elle n’était plus que le vestige de se qu’elle avait été autrefois. Son corps n’était qu’une forme ambulante, son âme envolée vers un sombre lointain. D’une certaine façon, elle se sentait presque soulagée que son fils ne rencontrerait point son père finalement. Ainsi, il n’aspirerait pas à devenir un reflet de cette erreur de son destin.

La jeune mère fronça des sourcils, même sans l’aide d’Oschide ou de sa si charmante épouse, elle aurait pu pleinement assurer l’avenir de son unique fils, le seul enfant qu’elle aurait de toute son existence.

- Je suis infiniment désolée pour votre terrible perte, Votre Altesse, rétorqua plus doucement l’herboriste qui arrivait tout à fait à se mettre à sa place. Cela avait presque été le cas, non? Je me retrouve devant vous aujourd’hui, mais seulement par la grâce de Nééra ai-je retrouvé un souffle de vie. C’est simplement grâce à ce miracle que j’ai pu poser mes propres yeux sur ce petit bout d’homme.

Elle n’en avait que très peu parlé. Il n’y avait que Rhys et ses compagnons, monsieur Sickert et mademoiselle Finn ainsi que Thomas qui connaissaient réellement l’ampleur de son difficile accouchement et ce qui était arrivé par la suite. Il s’agissait d’un détail qu’elle préférait taire, et puis, il ne s’agissait pas d’un sujet qu’on abordait aisément lors d’une invitation à prendre le thé.

- Votre silence en dévoile cependant plus que vous ne le désirez, Votre Altesse, ce secret qui vous pèse, je devine que cet homme, si la duchesse osait toujours prononcer le prénom de celui qu’elles avaient toute les deux aimé, Castielle ne le faisait pas, ne le ferait plus jamais, n’est point mort de façon glorieuse. Elle baissa les yeux, examinant les mains pâles qui s’en étaient prises à l’ancien Capitaine avec tant de violence une heure plus tôt. La malédiction qu’elle avait proférée à son égard lui brûlait toujours les lèvres. S’il m’avait été dit qu’une telle fin l’interpellerait, alors je n’aurais point donné autant d’effort à lui sauver la vie à Diantra.

Bien que résonnant de méchanceté, le ton de voix de la demi-elfe était neutre, apathique. Elle se sentait vide de toute émotion et d’énergie. Peu importe l’imagine ou la façon réelle dont il avait trépassé, elle garderait en souvenir cette silhouette faible, étendue dans son lit trop grand, le visage mangé par des asticots. Oh moins il avait servi à quelque chose, elle avait amélioré sa science personnelle grâce à lui.

- Il y a effectivement beaucoup qui se dit sur les Anoszia, commenta ensuite l’apothicaire en ne souhaitant pas réellement s’étendre sur ce sujet. Les nobles étaient la source d’innombrables rumeurs animant les lèvres des moins chanceux ou des vilaines langues. Castielle désirait des faits et non des commentaires disgracieux. Pourquoi irais-je ailleurs Votre Altesse? Il n’y a plus rien pour moi, pour nous, à Diantra ou nulle part ailleurs.

Ces yeux brillèrent légèrement sous la mention que son fils pourrait hériter d’un quelconque titre et des richesses provenant d’une terre. Évidemment, en songeant au sang qui parcourait les veines de son fils, cela était clairement envisageable. Elle espérait simplement qu’il ne devienne pas corrompu par le sang bleu ou la stupidité de son père avant lui.

- Je ne nierai pas mon désir de rester auprès de mon fils et nul être en ce monde me séparera de la chair de ma chair, ainsi soit-il. Peu de temps après vint l’honnête requête de la duchesse. Comment est-ce qu’une dame aussi haut placée pour daigner faire une telle demande désespérée à une femme simple telle qu’elle l’était? Castielle la considéra longuement en silence, un sourire discret ourlant le coin de ses lèvres. Ses doigts graciles serrèrent ceux de la dame avec une affection sincère. Vous êtes une bonne femme, Votre Altesse, les malheurs qui se sont abattu sur votre personne, vous ne les méritiez point. Vous affronterez les montagnes avec grâce et courage, en tant que dame si brave, si belle et si forte, je ne vois pas autre créature qui serait plus apte à être gardienne de mon unique fils. Si je devais périr par la volonté des dieux, alors j’espère que ce petit garçon tombera entre vos bonnes mains.

Elle lui sourit honnêtement et pressa davantage ses mains aux siennes. Dans l’intimité de ce riche salon, une complicité digne de toute épreuve semblait s’être créée entre les deux femmes. Différentes et pourtant si semblables sous de nombreux aspects. Au plus profond d'elle-même, elle savait pertinemment que la duchesse Méliane serait tout à fait en mesure d'aimer Torrance comme s'il s'agissait de son propre fils.



Dernière édition par Castielle le Jeu 15 Sep 2016 - 22:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )   Jeu 8 Sep 2016 - 2:31


Méliane s'étonne des quelques confidences qu'elle recueille de la dame, elle n'avait jamais rien sue du fait que Castielle ait pu vivre un accouchement difficile, mais comment aurait il pu en etre autrement alors même que son époux avait ignoré etre père. Il était bien curieux, qu'aujourd'hui, deux femmes qu'il avait aimé aient tant en commun, jusqu'a ce deuil et cette rancune qu'elles semblaient partagées, l'une la taisant mieux que l'autre. " Mon cœur est lourd ma dame, de savoir que vous ayez eut a affronter pareille épreuve seule. " Oschide aurait du être auprès d'elle, mais en cela il avait failli, aussi bien pour la maîtresse que pour l'épouse. " Rien ne saura jamais compensé ce que vous avez eut a vivre, mais veuillez croire que désormais vous ne saurez plus seule. " Elle veillerait a ce que l'herboriste et son fils aient tout ce qui lui faisait désormais défaut, le bonheur et l'amour. Alors qu'elle même n'était plus qu'une coquille vide, pleine de froideurs et de regrets, incapable de se laisser trop aller dans sa tristesse, de crainte d'en rester prisonnière.

Elle déglutie légèrement quand celle qui lui fait face, droite et pleine de colère, insinue qu'elle devine comment son époux put perdre la vie, elle doit pourtant se faire au fait que bientôt elle ne pourra plus le taire a quiconque. " Qu'importe la gloire. J'ose croire que mon époux perdis la vie en accord avec ses valeurs et ce que lui dictait son cœur. " Maigre réconfort que voila, d'autant qu'elle doutait que cela est pu etre. La voix toujours emprunte de douceur et non fâchée des mots de l'herboriste, elle poursuit: " Pour ma part je vous suis grée, des efforts déployés pour le sauver a Diantra. J'eu ainsi le bonheur de le revoir et de quérir en ma mémoire quelques souvenirs de plus. " Les paroles étaient sincères, pourtant une voix cruelle et pernicieuse lui murmurait insidieusement que si Oschide avait eut a périr a Diantra, ses enfants seraient peut être saufs aujourd'hui. Elle fait taire ce traître sentiment, l’enfouissant au plus profond d'elle même, sachant pourtant que tot ou tard, il ferait a nouveau surface.  

Qu'en s'en viennent les mots suivants de la dame, réponses a ses prières, un sourire étire ses traits. Il est faible et n'égaye guère la peine qui transpercent ses yeux, mais au moins est il sincère. Un cadeau précieux en ce jour de ténèbres. " Castielle, il n'y'a guère plus grand chose pour quiconque a diantra, je le crains. " Et dire que cela était en partie du fait de son époux. Ah revoilà les émotions traîtresses, jamais repoussées assez loin, qu'importe combien elle s'y essaie. " Vous avez votre place ici, car elle est au cotés de votre fils et la sienne est sur ces terres, qui un jour lui apporteront l'avenir qu'il mérite d'avoir. Que vous méritez tous deux d'avoir. " Ses mains se pressent doucement sur celles de l'herboriste. " Jamais personne ne vous privera de votre enfant Castielle, ni moi, ni personne. " Elle accroche son regard au sien. " Je ne connais que trop la douleur de perdre la chair de sa chair, je veillerais a ce que cela ne vous arrive point. " Les mots étaient si forts et le ton si plein de conviction, que l'on ne pouvait en renier la sincérité et la volonté. " Vos paroles me touchent, infiniment. Mon courage n'est due qu'au fait que la pauvre femme que je suis est duchesse et qu'elle se doit de penser d'abord a son peuple et a ses terres. " Triste reflet de la réalité, mais cela avait au moins le mérite de la maintenant en vie et de la garder hors des ténèbres qui la guettaient de par trop de deuils a portés.

Détachant doucement ses mains de celle de la dame, elle essuya rapidement ses yeux encore brillants de larmes. " Je vous en pris ne parlez plus de votre mort, nous verrons toutes deux grandir votre fils. Je n'eut que trop de pertes a pleurer, ne me faites pas l'affront de me faire défaut a votre tour ma dame. Ni moi, ni votre fils ne saurions vous le pardonner. " Clame t'elle avec autant de force que le lui permet son cœur en émoi et sa voix enrouée de chagrin. Ses yeux glissent a nouveau vers le petit Torrance et vers ce regard bleu qu'il lui ait a la fois douloureux et apaisant de croiser. " Pourrais je le prendre un instant ? " Demande t'elle hésitante en tendant ses paumes vers sa mère. Ce geste risquait bien de la faire s’effondrer, mais n'en n'allait il pas de même du contraire. Ses enfants avaient péris, car trop faible elle n'avait sue les mettre au monde et de cela son mari lui même avait choisi la mort. Ne pouvait t'elle dont pas trouvée quelques réconforts en cet enfant de son époux, que les dieux avaient accordés a une autre ? Du moins osait t'elle l’espérée. Comme elle espérait puisée en le lien, curieux, qui l'unissait a l'ex maîtresse de son époux, la force de le pardonner, de se pardonner et d'avancer. Quelques soient les tords de son aimé ou d'elle meme, un enfant subsistait de lui. Cela rendait grâce a ses meilleurs cotés, un cadeau des dieux pour le leur rappeler dans ces moments difficiles. Un cadeau qu'elle se devait de chérir, car d'autres chances il n'y'aurait jamais plu.

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MessageSujet: Re: Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )   Jeu 15 Sep 2016 - 22:52

Tout ce qu'il nous reste
Méliane & Castielle de Sombrerue
Let's start at the end, Becoming strangers once again, Or maybe that's all we ever were, Do you know how it feels, To crave a body made of steel, To give your all for no return.

 Le duc de Langehack aurait dû être là à bien des moments de sa vie. S’il ne l’avait pas abandonné derrière lui, seule dans le campement, peut-être aurait-elle pu planter quelques graines de sagesse dans son esprit torturé ? Peut-être aurait-il pu bénir lui-même la naissance de Torrance et être à ses côtés lors des moments les plus difficiles ? Elle s’était vidée de son sang pour permettre à leur fils de goûter aux premiers filaments de la lumière du jour. Il ne l’avait pas sauvé, il n’avait jamais été là pour lui venir en aide, il n’y avait eu que sa foi pour lui permettre de reprendre un brin de vie. Un enfant ne se faisait pas tout seul, et pourtant, il semblait que depuis le début de sa propre existence, elle ne vivait que de solitaire et de l’irrespect. Quel gâchis.

« Cet homme n’avait point de cœur, ma dame, que des ambitions impertinentes de sang bleu et l’instinct de mort » songea froidement la demi-elfe qui leva un regard incrédule vers la duchesse. Parfois, elle essayait de retrouver sa douce moitié, celle qui avait été profondément amoureuse de cette mascarade de gentilhomme, mais elle n’y arrivait pas. Son cœur avait trop longuement souffert pour ressentir quelque chose d’aussi beau à nouveau. Je sens la destruction dans tout mon être […] Il n’y a plus rien de sain en moi. Je suis engourdi, toute brisée, mon cœur gronde et se lamente.

- Je suppose que ma foi est plus forte que la hargne qui m’habite, le guérisseur porte secours à qui en a besoin et non à celui qui le mérite.

Et pourtant, le guérisseur était celui qui possédait les mains les plus souillées de sang. Au même moment, elle baissa les yeux vers ses paumes ouvertes et se remémora son rêve morbide. Elle avait proférée une menace envers l’ancien duc. Jamais il ne verrait ses enfants, ceux qui étaient morts et celui qui vivait encore aujourd’hui. Jamais il ne rencontrerait sa progéniture dans l’au-delà. Que penserait la duchesse si elle connaissait l’étendue de ses vilains propos dignes d’une sorcière ?

- Diantra est ruinée, mais cette cité n’a jamais réellement été ma maison, malgré les nombreuses années que j’ai séjournée là-bas, admit honnêtement la jeune mère en taisant un soupir lasse. Pourtant, ses yeux brillaient à l’idée de se refaire une vie sur les terres de Langehack auprès de son unique fils, Adrian, Thomas et Robert, le chien le plus loyal du monde. Vous êtes duchesse, certes, mais n’oubliez jamais que vous êtes humaine et sensible, que votre cœur n’est point constitué de pierres et de givre et qu’il y aura toujours un ami pour vous épaulez, Votre Altesse.

Un petit sourire sympathique ourla les lèvres de la mère de Torrance dont les yeux luisaient d’affection envers la duchesse. Cette dame lui offrait plus de gentillesse que Oschide ne l’avait fait autrefois. Castielle en connaissait suffisamment sur sa personne pour savoir qu’elle vivrait longtemps, sans jamais craindre que la maladie de l’emporte. Son sang d’elfe l’a protégeait de ces contraintes humaines, peut-être vieillirait-elle-même plus longtemps que la dame à ses côtés. Quant à son visage, cependant, elle ne pouvait savoir quand les premières rides apparaîtront. Déjà dans la trentaine, elle possédait toujours le faciès de ses vingt ans.

C’est sans animosité que la guérisseuse tendit une main vers le panier contenant son fils. Par ce simple geste, elle invita la duchesse à le prendre, la confiance brillant dans ses yeux bleus.

- Mon unique souhait est de le voir grandir en sécurité et jouir d’une bonne santé et de sagesse, qu’il n’aille point d’ennemis et que ces amis ne se fassent pas des traîtres. Puisse-t-il poursuivre une lignée d’hommes et de femmes d’esprit et de valeurs ou alors mon cœur de mère périra.

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Méliane de Lancrais
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MessageSujet: Re: Tout ce qu'il nous reste. ( Pv Castielle. )   Jeu 15 Sep 2016 - 23:36


Méliane ne s'était point attendue a tant de hargne, venant de l'herboriste, envers son époux. Néanmoins, qui était t'elle pour l'a blâmer ? Oshide l'avait abandonné, n'avait jamais connu son fils et avait fui ses responsabilités envers elle, non il serait mal avisé a quiconque de juger la dame de Sombrerue, ce dont elle s'abstient donc. " Je puis comprendre votre amertume ma dame et votre rancœur est des plus légitimes. Mais pour ma part je m’efforce de chérir les souvenirs que j'ai de lui, tout en rendant justice a sa mémoire, perpétuant de lui le meilleur. " Cela n'était d'ailleurs pas sans mal car son époux, toutes bonnes intentions qu'il ait eu, avait fait défaut a bien trop de monde pour que son honneur ne s'en tire sans taches .. Il lui avait défaut a elle aussi et cela elle s'obligeait a l'oublier chaque jour. Même le droit a sa colère, il le lui avait volé, choses pourtant qui l'aurait bien aider en ces instants ou elle devait le pleurer. " J'espère que vous trouverez en votre cœur la force de le pardonner Castielle, car un jour tout ce que saura Torrance de son père, viendra de nous. Puissions nous lui en donner une belle image. " Car il était a craindre quand dehors de la famille et de quelques loyaux amis, c'était la quelque chose que nul autre ne ferait.

Les paroles de la guérisseuse quand a son humanité lui mettent du baume au cœur, néanmoins quand on porte couronne toute sensiblerie est exclue et il faut savoir faire le sacrifice de soit, quoi qu'il en coûte et ce quand bien même le prix est parfois élevé. " Vos mots me touchent ma dame et croyez bien qu'a l'avenir, je saurais ne pas les oublier. Rien qu'a voir votre dévotion pour votre fils, je devine une grande loyauté en vous alors il me sera un honneur certain que de vous comptez parmi mes amis. " Un sourire pale, et ternie de par la douleur de son deuil, mais néanmoins sincère. Elle glisse ensuite a nouveau ses yeux vers le panier contenant tout ce qu'il reste d'Oschide, Castielle l'invitant de par son geste a le prendre en ses bras. Elle se penche dont vers lui pour le cueillir avec délicatesse. Ses mains enveloppant son dos elle le glisse devant son visage, accrochant le bleu si familier de son regard au sien. Les dieux avaient étés a la fois cléments et cruels de le faire tant ressembler a son père. A l'avenir il garderait son souvenir vivant, cela serait aussi heureux que malheureux a quiconque l'aurait connu. Son cœur se faisant douloureux et ses yeux se remplissant de larmes, la duchesse attira son petits corps contre sa poitrine, pour l'y bercer tendrement, nichant par la même son visage dans sa chevelure soyeuse, se permettant d'y déverser quelques larmes silencieuses. " Oschide, comment avez vous pu l'abandonner .. "

Qu'il l'ait abandonné elle, face a la pire épreuve de sa vie, elle pouvait le comprendre de par la haine qu'il avait due avoir envers celle qui n'avait pas sue porter au monde ses enfants. Mais qu'il eut la lâcheté de laisser derrière lui cet enfant innocent, la chaire de sa chaire, sans même jamais l'avoir connu, cela la décevait grandement, elle se devait de se l'admettre. Si ce n'est a la face du monde, au moins a elle même. S’efforçant de se reprendre et espérant que sa voix ne serait pas trop rauque de par ses larmes, elle se tourna vers Castielle pour enfin répondre a ses derniers mots. " Avec une mère comme vous ma dame, je ne doute pas que Torrance deviendra un homme bon et juste. Nul doutes que vous veillerez a sa santé, quand a moi je puis vous juré de veiller a sa sécurité. Quand a ses amis, gageons qu'il aura la sagesse de les choisir avec justesse. " Mieux que nous n'avons sues choisir l'homme que nous avons toutes deux aimées. Ne put t'elle s’empêcher de penser avant de réprimer violemment cette émotion guère honorable envers un mort. Pourquoi fallait il que ses sentiments envers lui soient devenus aussi compliquer alors qu'ils furent jadis si simples ?

Un léger coup sur la porte se fit entendre, d'une main la duchesse essuya rapidement ses larmes avant de tendre le petit corps de l'enfant a sa mère, se séparant de lui a regret avec plus de mal qu'elle ne l'aurait crue possible. Quelque fusse l'égarement de son esprit, bien partager sur tout ce qui concerné son époux, il était indéniable qu'elle l'aimait toujours et de ce fait, elle avait grande affection pour cette petite partie qu'il restait de lui. Se redressant, elle clama d'une voix claire. " Entrez. " C'est l'intendant ducal qui passa la porte, l'air contrit. " Que votre altesse me pardonne, mais le conseiller Cleanthe demande a vous voir, il semble que ce soit urgent. " Elle hocha la tete, l'air visiblement soucieuse. Avait il encore d'autres mauvaises nouvelles a leur annoncer ? Non, tenta t'elle de s'apaiser, que pourrait il bien encore leur arriver .. Et pourtant. " Veuillez lui dire que je le rejoindrais bientôt. " L'intendant acquiesce puis quitte la pièce, laissant ainsi a nouveau les deux dames seules. Méliane tourne a nouveau son visage vers l'herboriste. " Je crains ma dame qu'il ne me faille maintenant vous faire défaut, néanmoins si vous aviez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas a me faire mander. " Elle glisse une main caressante sur la joue du petit Torrance avant de se lever l'air digne.

Elle inspire profondément, lisse sa robe, son regard se faisant neutre, la voila a nouveau duchesse et non plus femme. " Revoyons nous bientôt Castielle. Je ne manquerais pas de vous faire prévenir dés que j'en saurais d'avantage sur .. L'enterrement de notre regretté duc. " Encore faudrait il que l'on leur restitue le corps et pour savoir si cela se ferait, rester une longue attente difficile et pleine d'incertitude. Un dernier faible sourire vers la dame, puis quelques paroles avant qu'elle ne la quitte en la douce musique d'un frottement de tissu sur le sol. " Vous et Torrance seraient heureux a Langehack, je m'y engage. Veuillez prendre soin de vous en attendant l'heure de nos retrouvailles. "

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