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 Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.

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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Mar 20 Sep 2016 - 14:46

Été, Arcamenel, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


Trois voyageurs s'enfonçaient dans les futaies sinistrement réputées des Hortles. Un paysage montagneux recouvert d'une épaisse forêt peu accueillante. Ils n'étaient encore qu'à l'orée, palabrant vivement, s'éloignant d'une barge échouée sur la rive, où se battaient ses matelots. Et l'aura malévolente dégagée par les arbres et même la terre commençaient déjà à se faire sentir. Impossible de dire si cela n'était qu'une simple vue de l'esprit, ou bien l'oeuvre d'une réelle magie mauvaise. Ce qui était certain en revanche, c'est que la souffrance, la peur et la mort régnaient en maître sur ces lieux.

Dans un premier temps, cela ne frappa pas la jeune daedhel, qui avait eu l'occasion d'expérimenter ce genre d'ambiance par le passé, durant ses longues études de la magie. Elle accélérait le pas pour marcher à la hauteur du Seigneur du Nordwald, entamant une discussion avec ce dernier, et gardant à l’œil le Cerberion.


"Tu n'aurais pas eu le temps de poser un pied au sol si ils avaient été là étrangère...tu es sur le territoire des Vhaar's....prie Tyra pour passé la nuit..."

_ Je ne prie aucun dieu. Rétorqua-t-elle dans un premier temps. Vous semblez connaître un peu la région, dites moi qui sont les Vhaar's ? Et où allez-vous, toi et ton compagnon de voyage ?

Les rayons du Soleil qui baignaient la région d'une douce chaleur mielleuse étaient comme filtrés par les arbres et les branchages, comme si leur présence était interdite en ces lieux, comme s'ils pouvaient violer un sanctuaire malveillant. C'était le genre de signe naturel qui ne présageait rien de bon.

_ Connaissez-vous bien la région ? Demanda-t-elle aux deux hommes, en vérifiant que sa capuche était bien en place. Je suppose que oui puisque vous vous enfoncez d'un pas décidé dans des forêt craintes et redoutées, mais j'aimerai vérifier et en apprendre un peu plus sur cet endroit avant que des ennuis nous tombent dessus.


Dernière édition par T'sisra Do'ath le Jeu 18 Mai 2017 - 21:23, édité 2 fois
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Hagen de Mhizaar
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Sam 24 Sep 2016 - 18:02

theme

L'étrange femme se décida de suivre au pas nos deux oesgardien, sans savoir a qui elle avait à faire. Sa curiosité aussi semblait elle aussi suivre le même chemin, elle ne parlait pas bien haut mais c'était déjà de trop. Elle lui répondit néanmoins alors qu'il ne cherchait nullement la discution, mais peut-être l'avait-il déclenché malgré lui. Il n'avait fait que la mettre en garde et pourtant par ses mots elle lui avoua ne priez aucun dieux.

"...."

Hagen essaya de ne pas faire attention mais ces dernières paroles étaient de trop déjà, ils n'étaient qu'à l'orée de cette maudite foret et pourtant sa curiosité semblait la poussé a en savoir toujours plus, pourtant elle ne semblait pas stupide ou ignorante. Enfin de prime à bord, Hagen suite à ces derniers mots s’arrêta soudainement et tourna son visage vers la femme un poil trop curieuse à son goût.


"Nous nous rendons à Lante mais avant j'ai quelque chose à faire"

"Tu peux nous suivre femme, mais je ne serais pas responsable de ton sort"

"Maintenant si tu tiens à ta vie tais-toi et marche... "


Le ton avait été froid et pourtant il n'était pas hostile mais disons qu'il tenait a arrivé sans être vu, du moins l'espérait-il. Il s'enfoncèrent dans la forêt non sans crainte mais d'un pas décidé. Nos deux oesgardiens. Le pas ce fit de plus en plus rapide et se fut a la marche un peu plus rapide qui finirent par trouvé leur rythme de croisière. observant ou ils marchèrent et observant les arbres de toute leur hauteurs. Il voyagèrent en silence car leur pas était souples et léger comme si ils avaient l'habitude et pourtant ils étaient simplement prudents. Hagen connaissait bien les Vhaar's, sa Maison les affrontaient depuis plus de 400 ans, et de cette guerre longue et sans fin, il apprit qu'avec les wandrais il fallait toujours être sur ses gardes.

Après plusieurs heures de marches intensive, Hagen et son compagnon stoppèrent la cadence lorsqu'il aperçurent une grotte non loin masqué par d'immense feuillages. D'un signe de la tête il fit signe a son cerberion qu'ici il ferait une pause. Inspectant l'endroit avec attention il finirent par pénétré dans la grotte.


"Nous resterons ici deux heures "


Le cerberion déposa ses affaires ainsi qu'Hagen, une pause était nécessaire avant de reprendre la route, il fallait prendre des forces pour poursuivre ensuite.


"Va nous chercher du bois, je m'occupe de l'eau"


Hagen se tourna vers l'étrangère toujours encapuchonné.


" Tient attrape"

Il lui lança une grosse gourde vide et l'incita a le suivre plus profondément dans la grotte, la où ils trouveraient de l'eau pour remplir à nouveaux leur gourdes. Notre Seigneur arraché un lambeaux de tissus et le trempa et y versa de l'huile. Sortant deux pierres de l'une de ses poches il les frotta durement et avec rapidité faisant ainsi plusieurs geste vifs et fort au bout de quelques fois plusieurs étincelles apparurent et le bout de la torche prit finalement feu.


"Bon..."

Il dégaina sa lame et d'un pas prudent il commença a avancé peu à peu comme guidé par un instinct de survie, mais en réalité c'était surtout l'expérience qui le poussait plus avant. Au fur et à mesure qu'ils avancèrent plusieurs dessins rupestre se dévoilèrent sur les parois de la grotte représentants divers choses, mais l'une d'elle attira l'attention de notre oesgardien. Il n'était pas un expert mais l'un de ses grands dessins représentait une bataille, il vit un homme plus grand que les autres et a ses pieds, trois chiens de moitié de la taille de l'homme représenté. En face de cet homme se dressait un autre tout aussi grand et entre eux divers petits personnages armé de lance et de lame semblaient s'affrontés. Il resta figé quelques instants, car cette représentation il l'avait déjà vu quelque part et pourtant sa mémoire à cet instant semblait lui faire défaut.

"J'ai déjà vu cette représentation..."
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 25 Sep 2016 - 12:22

Été, Arcamenel, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


"..."

Voilà qui commençait mal, il n'était pas très loquace. Ça aurait été une chose acceptable, si ça n'avait pas été suivi du reste.

"Nous nous rendons à Lante mais avant j'ai quelque chose à faire"

T'sisra l'avait compris ça, lorsque qu'on prend une barge pour Lante, en général, c'est qu'on y passe à un moment où à un autre. En revanche, rien de plus sur l'endroit où ils se rendaient actuellement, chose qu'elle trouva passablement agaçante, tout en sachant que si elle les accompagnait elle finirait bien par le savoir. Ne pas jouer franc jeu dès le début n'est pas le meilleur des choix dans une telle situation.

"Tu peux nous suivre femme, mais je ne serais pas responsable de ton sort"

Femme ? Ses sourcils s’arquèrent très lentement sous sa capuche, hésitant entre la surprise et le mépris le plus total.

"Maintenant si tu tiens à ta vie tais-toi et marche..."

Malheureusement, il était physiquement impossible d'arquer plus les sourcils. La jeune daedhel se contenta de tourner les talons dans un léger rire, qui cachait un mépris bien senti. Faisant demi-tour pour rejoindre les réfugiés, qui bien qu'en train de se battre comme des pignoufs, lui semblaient déjà bien moins arriérés culturellement.

Elle approchait de la dizaine d'hommes, trois d'entre eux se battaient encore, le marchand, le barreur et un des rameurs. Ils s'insultaient copieusement, soulignant à juste titre la profonde maladie mentale incurable du barreur : La débilité.

_ Eh ! Vous rev'nez ! Et l'autre il veut pas ? C'est qui d'ailleurs ? Demandait le plus jeune des mercenaires, visiblement inquiet.

_ Je ne sais pas, il se prend pour une espèce de chef nordique.

_ Comment ? S'enquit-il, l'inquiétude laissant place l'incompréhension sur son visage.

_ Il m'appelle « femme », déclara T'sisra en mimant les guillemets avec ses doigts, il veut que je me taise et que je marche.

Le jeune homme, qui s'était engagé comme mercenaire sur la barge, resta coi, tandis que T'sisra s'avançait vers le reste des naufragés.
Le barreur était dans une position très inconfortable, plaqué au sol, le marchand lui tenait la tête, et un rameur lui tordait la jambe.

_ Donne moi l'pognon ! Donne ! Scandait le marchand en colère, une veine lui traversant le front.

Elle trouvait ça presque rassurant, ils s'étaient échoué dans une des régions les plus craintes des hommes, mais visiblement, l'argent comptait plus que le danger potentiel. La question qui lui vint à l'esprit pour commencer, était « De quel argent parle-t-il ? »

Le jeune mercenaire arriva au niveau de la noirelfe encapuchonnée.

_ J'ai bien cru que t'allais te tirer avec l'autre. Lâcha-t-il avec un rire forcé.

_ C'était mon idée. Répondit-elle sur un ton plat. Vous faites tellement de bruit que vous allez attirer tous les dangers de la région.

_ Ah... Euh... T'es revenue pourquoi ? L'interrogea-t-il un peu interloqué.

_ Je ne demande rien mis à part un minimum de déférence, de courtoise si vous préférez. Et cet homme n'en avait pas pour moi, et bien qu'il semble plus que correctement instruit, vous autres, me paraissez bien moins arriérés culturellement.

_ Je sais pas si c'est un compliment ou une insulte.

_ Ni l'un ni l'autre. Simple constat. Mieux vaut être moins instruit et savoir se faire de amis, que de tout savoir et être imbuvable.

_ Je m'appelle Gallen.

_ Enchantée Gallen, je suis T'sisra.

_ Drôle de nom...

_ On me l'a déjà dit. Déclara-t-elle en observant la bagarre, tandis que les autres rameurs encourageaient leur favori. Où sont les deux autres mercenaires ?

_ Et ben... Il y en a un qui s'est défroqué pour traverser la rive à la nage, et il est parti vers le Sud. L'autre est en train d'inspecter la barge, il doit être derrière avec les pieds dans l'eau.

_ Donc nous sommes trois mercenaires, un marchand, un barreur et six rameurs. On est loin d'avoir les plus farouches combattants de ce monde. Dit-elle, en pleine réflexion.

_ Tu connais les Hortles ?

_ J'en ai entendu parler.

_ Tu sembles pas vraiment avoir peur.

_ En effet, je semble.

_ T'as peur alors ?

_ Evidemment. Tout le monde à peur, c'est un phénomène naturel et nécessaire à la survie. Je pense simplement qu'il ne vaut mieux pas le montrer. La peur est comme une maladie infectieuse, elle se répand rapidement et prend parfois des proportions démesurées.

_ Qu'est-ce qu'on fait alors ?

_ On va rejoindre notre collègue à l'arrière de la barge, et on va organiser un camp de fortune, des roulements de gardes et faire l'inventaire de ce qu'on a en armes, armures et vivres.

_ Ça m'parait une bonne idée !

T'sisra lui sourit, mais sous sa capuche, alors forcément, ça n'avait pas l'effet escompté. Après quoi les deux compagnons rejoignirent le troisième mercenaire à l'arrière de la barge échouée. C'était un homme un peu plus vieux, charpenté et à l'air robuste, il avait de l'eau jusqu'au genoux et inspectait les dégâts sur la coque.

_ Alors Garrick ?

Le vieux mercenaire était dubitatif et perplexe.

_ C'est pas la joie. Y a un bout de planche arraché. C'est pas trop grave, mais réparer une coque... C'est pas comme changer une poutre dans une baraque.

Garrick rejoignit la rive et s'arrêta à notre hauteur.

_ T'sisra, Garrick. Garrick, T'sisra.

_ 'Chanté, vous étiez barrée avec l'aut' ?

_ J'ai changé d'avis.

_ Dites, vous savez qui c'était ? Z'avez pas l'air.

T'sisra et Gallen ne dirent rien, se contentant d'hausser les épaules.

_ Moi je l'ai r'connu, impossible de s'rater. Ce ch'veux noir et ces cicatrices, ouais. Et p'is y a son homme de main. Foi d'Garrick, c'type là c'était le Seigneur du Nordwald.

_ C'était ?

_ J'veux présumer d'rien mais... Se barrer dans les Hortles c'est mauvais pour la santé.

_ Ventre-dieu ! Dire qu'on l'a laissé s'barrer ! Ils sont qu'deux...

_ C'était bien un chef nordique. Lâcha T'sisra avec un léger rire, suivi de celui de Gallen.

_ J'ai raté un truc ?

_ On vous racontera Garrick. Pour le moment, nous avons besoin de vous.

_ De moi ? Demanda-t-il en arquant un sourcil.

_ Ouais, elle veut organiser plein de trucs, et c'est pas bête du tout !

_ Vous pouvez pas l'faire vous ?

_ Vous êtes charpenté Garrick, vous avez le visage d'un homme d'expérience, vous avez la voix qui porte et vous êtes charismatique. Faites cessez leur bagarre, calmez les esprits. Ils vous écouteront, c'est certain.

_ Je vois. Déclara-t-il en affichant un sourire en coin, le torse très légèrement bombé, flatté dans son ego. J'vais m'occuper de ça, et ensuite ?

_ Ensuite, on fera deux groupes égaux, ceux qui se reposeront, et ceux travailleront. Ça nous fera un roulement de douze heures, il y aura toujours du monde éveillé. Gallen, pourras-tu t'occuper de faire l'inventaire des vivres, des armes et des armures ?

_ J'peux le faire.

_ On part comme ça alors. Au boulot !

Les choses étaient dites, les mesures étaient prises. Garrick commença par séparer les trois bagarreurs et mettre une claque d'ours au rameur qui ne voulait pas se calmer, ce qui détendit ce dernier aussitôt.
Par la suite il rassembla les onze hommes et leurs rappela les dangers qu'abritaient ces terres redoutées, ce qui eut aussi un effet anesthésiant sur les animosités entre naufragés.
Gallen passait au milieu des hommes, pour compter les armes, avant de rejoindre la barge, et de s'occuper du reste de l'inventaire.
T'sisra prit la parole, aux cotés de Garrick.

_ Nous sommes ici pour un moment, et nous allons réparer la coque de la barge, ou la rafistoler le mieux possible. Pas de quoi aller jusqu'en Nanie, mais au moins pour retourner jusqu'à Krahof qui n'est qu'à quelques heures de voyage fluvial.

_ On va pas canner ici les gars ! S'écria Garrick en levant le poing.

Les hommes étaient bien d'accord, il était temps de se serrer les coudes et de se sortir de ce bourbier.

_Pour ce faire nous allons organiser deux groupes. De cette manière, lorsqu'un groupe se repose, l'autre travaille et veille à la sécurité du camp. Que ceux qui savent réparer une coque ou qui ont des connaissances en charpenterie lèvent la main.

Le barreur, qui avait désormais un œil au beurre noir et du sang séché plein la barbe, leva la main, tout comme Garrick qui se trouvait à coté de T'sisra.

_ J'étais charpentier. Lâcha-t-il en souriant.

_ Bien, le premier groupe sera celuide Garrick, le second, celui de...

_ Sigfried. Coupa le barreur.

_Quatre hommes qui soient débrouillards et capables de faire ce qu'on leur dit ?

Plusieurs mains se levèrent, même celle du marchand qui n'en menait pas large, commençant enfin à réaliser que la situation dans laquelle il se trouvait était catastrophique.

_Vous et vous là, avec Garrick. Dit-elle en désignant deux hommes moins bien bâtis que les autres. Vous, et Monsieur le Marchand, avec Sigfried. Et vous en profiterez pour faire la paix. Le reste d'entre vous est-il capable de se battre ? De surveiller les alentours ?

Les trois derniers hommes acquiescèrent, visiblement volontaires.

_ Parfait, vous deux avec Garrick. Et vous et moi nous serons avec Sigfried. Tu veux Gallen ? Demanda-t-elle à au vieux mercenaire.

_ Prend le avec toi va, restez entre jeunes. Répondit-il en riant.

_ Et bien, nous sommes prêt. Nous prenons la premier tour, allez vous reposez vous et vos hommes Garrick.


Après avoir dispensé encore quelques conseils ci et là, les hommes finirent par s'organiser correctement. Gallen revint avec inventaire assez précis, il y avait assez de vivres pour tenir une ennéade, à condition de rationner, ainsi que quelques armes et tenues de cuir pour les hommes. Rien d'extraordinaire, mais c'était déjà mieux que rien. Chacun pris donc le temps de s'équiper un minimum, avant de se mettre réellement au travail, ou d'aller se reposer pour l'autre groupe.
La journée s'étira en longueur jusqu'au coucher du Soleil, les agitations terminées, et les hommes plus décidés que jamais à se sortir de ce mauvais pas.


Dernière édition par T'sisra Do'ath le Dim 5 Fév 2017 - 13:34, édité 1 fois
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Loup-Gris
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Ven 30 Sep 2016 - 5:31


Un éclaireur, seul, dans la forêt. Il passait à une allure folle entre les rochers, sans pour autant faire le moindre bruit. Quelques feuilles mortes se soulevant à son passage, tout au plus. Son corps petit et musclé, à la peau si diaphane qu’elle rendrait jalouse n’importe quelle noble de Péninsule, se mouvait dans la canopée. Il portait de longs cheveux bruns, et une barbe hirsute, lui mangeant la moitié du visage. Torse nu, habillé de simples braies délavées, il fonçait en direction du fond de la vallée voisine, là où se cachaient les terribles grottes du Lavhen. Ses pieds nus grimpèrent les quelques pans de roche le séparant de la cuvette infernale. Et lorsqu’il fut devant les cavernes humides qu’il avait cherchées, il s’arrêta net, le torse se soulevant au rythme de sa respiration lourde et laborieuse.

Devant lui, alors, des tréfonds sombres d’une grotte plus large que les autres, une silhouette s’extirpa des abysses. Elle traînait la patte, ensevelie sous des couches de vêtements noirs comme la suie, et touchant le sol. Son visage était vieux, et ses yeux étaient fous, folie accentuée par un ptosis gênant. Il avait son regard clair et déroutant fixé sur le jeune éclaireur, qui s’était empressé de se mettre à genoux, tête baissée et silencieux. Le vieillard avançait toujours, alors qu’un corbeau tournait à présent autour de la cuvette, croassant à tue-tête. Dans sa main gauche, distraitement, le vieil homme visiblement dérangé caressait du pouce le crâne d’un enfant mort. Il soupira, et de sa gorge sortit alors une voix lancinante.

« Agghiba t’écoute, jeune Meddan. »


L’estafette ne releva pas son visage. Les yeux toujours rivés au sol, il s’exprima rapidement.

« Des voyageurs sur la rive, à l’ouest, Maître. Ils étaient treize, mais deux d’entre eux sont partis vers le territoire de la Vieille Carne. Les autres ne sont pas des guerriers, et il y a une femme avec eux. »

Agghiba arqua un sourcil, affichant un mince sourire sur son visage ridé. Sa main droite tourna légèrement sur elle-même, avant d’être relevée, intimant l’ordre à l’éclaireur de se relever, ce qu’il fit sans hésiter. Dans la grotte, des bruits de grattement retentirent. Le vieux fou tourna alors la tête, apostrophant les ombres qui se dessinaient dans la noirceur de la caverne.

« Haron ! Thrarr ! Hoona ! Sören ! »


Quatre hommes dans la force de l’âge sortirent de la grotte. Ils étaient tous vêtus sombrement, et arboraient le même symbole tatoué sur leurs fronts. Le premier était grand et fin, comme un roseau que le vent ne plierait pas, et aux longs cheveux auburn cascadant dans son dos. Le second, plus petit et chétif, avait le crâne rasé, et une petite barbe encadrant un visage parsemé de scarifications rituelles représentant des motifs mystérieux. Vient ensuite Hoona, en tout point semblable à Haron, à l’exception que l’un de ses yeux venait à manquer, et que ses cheveux était nattés. Sören, lui, portait un capuchon, et sa barbe poivre-sel dépassait de son vêtement, se perdant en quelques mèches fillasses sur son torse puissant.

Le vieillard tourna la tête vers l’éclaireur, qui s’était écarté en courbant l’échine. Il sentit dans son dos se rapprocher ses confrères, et sourit. Sören lui passa alors son bâton de marche, qu’il prit de la main droite, la gauche caressant toujours distraitement le crâne enfantin. Agghiba lâcha alors, de la même voix lancinante et aigüe :

« Les étrangers sont là par la volonté des dieux de la Mort. Les arbres réclament des sacrifices, et Agghiba veut leurs crânes… Un crâne de Pentien, mes biens chers frères, ça fait longtemps, non ? »

Ses amis ricanèrent. Lui-même fit un grand sourire, dévoilant des dents désordonnées, mais blanches à en faire peur.

« Le Coven du Lavhen descendra au soir les chercher. Le sang nous appelle… »

Et ils devraient venir au plus vite. Avant qu’un kerkand ne sème le trouble, ou qu’une meute de terribles bestioles n’ai senti la viande fraîche qui venait de débarquer sur le rivage froid…
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Sam 19 Nov 2016 - 17:28

Plusieurs heures après la traversée du fleuve, en milieu de journée, leurs tenues avaient commencées à reprendre des allures décentes. Après une courte halte pour passer leurs protections, ils étaient repartis le long de la berge, du coté des terres mortelles. L'Anaëh murmuraient toujours non loin mais ne plus être baigné de son chant avait quelque chose d'étrange... Comme d'avoir une oreille bouchée au point d'entendre le moindre son déformé et atténué. La musique des Wandres était plus revêche, moins fournis, les paroles plus difficiles à comprendre, les impressions moins claires... Mais ce n'était pas insupportable comme le silence qu'elle s'était imaginé.

Halya s'amusa d'elle-même. Elle était aux aguets, tendant l'oreille sans même l'avoir décidé consciemment. Elle se savait en territoire hostile et ses réflexes revenaient à pas de loup...

Ils avaient pourtant choisi de ne pas s'enfoncer tout de suite dans les terres mortelles, espérant retrouver les traces de Randil là ou il avait posé pied à terre et peu désireux de laisser un danger non estimé derrière eux... sans parler du fait que le concours d'habitants du cru pouvait toujours servir... Elle espérait juste que son oliyan n'était pas trop rouillé. C'est donc assez sereinement et asse prudemment que les deux elfes juchés sur leur montures se dirigeaient vers l'aval de l'Oliya pour découvrir se qui se cachait près de cet hypothétique naufrage. Au cas ou ils ne seraient pas particulièrement amicaux, il fut assez rapidement décidé que seul l'un d'eux irait devant tandis que l'autre le couvrirait... Mais les deux amant étant aussi doué l'un que l'autre en se qui concernait l'usage de n'importe quel projectile, ils durent se rendre à l'évidence : ce n'était pas une si bonne idée que ça.

Finalement, arrivé à deux de front avait également ses avantages tant qu'on ne descendait pas tout de suite des montures... Et que les autres n'avaient pas de bon archers... Bon, au pire elle savait pouvoir se débrouiller même dans son état actuel, c'est plus pour Maeghan qu'elle craignait un mauvais coup...  

Après ces brèves tergiversations, ils s'arrêtèrent à bonne distance des naufragés présumé. Ils n'étaient peut-être pas dans l'Anaëh, mais la végétation était quand même suffisamment dense et intouchée pour qu'un elfe entraîné s'y déplace furtivement. Autant éviter toute mauvaise surprise...

Seule, avec toute protection son armure et sa dague, Halya se faufila jusqu'aux abords du campement. Ce qu'elle pouvait bénir Halandarin dans cette traque, son travail du métal était vraiment incroyable, en plus de ne rien peser, les lamelles de l'armure était dépolie et agencées de façon à être aussi souple et silencieux que leur porteur... Elle aurait un mal fou à s'en séparer en revenant...
Mais pour en revenir à son travail d'observation, elle n'aurait vraiment pas cru qu'on lui facilite à ce point le travaille, mais lorsqu'elle toucha au but, une silhouette se dessina entre les arbres, à l'opposé. Une femme encapuchonnée. Elle assista en silence à une prise de bec entre humains qui voulaient de l'argent mais nota surtout les paroles de cette femme qui avait plus des allures de mercenaire que de marchande de fleurs... Ce qui dans la région n'avait rien de très étonnant.

Trois mercenaires, un marchand, un barreur et six rameurs. Onze. Et bien ça lui évitait bien des erreurs. Elle recompta par elle-même mais ce qu'elle avait sous les yeux semblait assez bien coller à ce qu'elle avait entendu.

Autre bonne nouvelle : elle comprenait ce que ces gens racontaient. Pas de la façon la plus fluide qui soit, mais les cours de langue et les soucis que les cités avaient eu avec la Péninsule à cause de l'accroissement d'Anaëh, lui avaient au moins donné ça...

Elle continua à écouter à a observer en silence, dans les branches basses d'arbres en retraits. Ses années seule en forêt lui donnaient une assurance des prises et une patience qui lui évitèrent de bouger dix fois pendant son examen. Son étude dura d'ailleurs plus longtemps que prévu puisqu'ils étaient en pleine organisation. Si le danger que ces gens pouvaient représenter était assez mineur, leur nombre restait non négligeable. Ils n'étaient clairement pas du coin. Mais cela ne voulait pas dire qu'ils ne trouveraient aucun indice sur Randil et si leurs imbécilités avaient réveiller des ennemis en maraude...

Silencieuse comme une ombre, elle s'éloigna à nouveau. Après un rapide état des lieux pour son compagnon, c'est plus sereins qu'ils s'avancèrent vers leur point de chute. Ils arrivèrent par la berge, sans prendre soin de se cacher, Fenris en tête. Au point ou ils en était, Halya eut une pensée pour son propre teint livide qui lui donnait une allure plus que maladive. Restait plus qu'à espérer que sa morbidité n'inquiéterait pas trop leurs hôtes.
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Mar 22 Nov 2016 - 6:23

Été, Arcamenel, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


Les deux hommes chargés de surveiller les abords du camps de fortune étaient occupés à faire de la philosophie de bas étage, tout en observant les environs d'un œil pas si averti que ça.

_ Et à ce moment là, le vieillard me dit qu'en réalité l'univers est...

_ Vindoui ! Coupa le second homme. Du monde qu'arrive ! S'exclamait le type en désignant les voyageurs et leurs chevaux de son index boudiné.

Une poignée de type se réunirent autour des deux patrouilleurs, tous observaient dans la même direction, celle des nouveaux venus. Les uns et les autres n'étaient pas très confiants, plutôt méfiants même, se demandant qui pouvaient bien être ces gens, et ce qu'ils venaient faire ici. Une chose était certaine en tous les cas : Ce n'était pas des wandrais, ça non. Ni pagne, ni peaux de bête sur les épaules ou la tête, mais plutôt des équipements ouvragés, et surtout, deux belles montures.
Les hypothèses et supputations allaient bon train, et au fur et à mesure que les deux inconnus se rapprochaient, ces allégations finirent par tendre vers une seule et même conclusion : "Ventre-Dieu, des elfes !"

Sigfried se frayait une chemin dans la foule à grand renfort de "Retournez à vos affaire bon dieu !" et de "Mais poussez-vous d'là !". Et c'est après avoir dispersé le groupe, que le barreur, arborant un œil au beurre noir et une lèvre inférieure enflée, vint saluer les nouveaux arrivants, la main sur la garde de sa lame, le torse bombé.

_ Qu'est-ce qu'ils nous veulent les elfes ? Et qu'est-ce qu'il foutent de ce côté-ci d'la rive ? Mh ? Mmmh ? Demandait-il en roulant des mécaniques.


T'sisra, encapuchonnée comme à son habitude depuis qu'elle avait quitté les régions chaudes du Sud, se trouvait de l'autre coté du camp, près de l'embarcation, avec le jeune homme nommé Gallen. Tandis que son compagnon d'infortune s'affairait à compter et trier les vivres, elle observait la scène de loin, sans ciller, immobile, voire pétrifiée. Était-ce réellement des elfes ? Comme l’avançaient certains des mercenaires et rameurs ?
Son périple en péninsule, au milieu des hommes, l'avait déjà oppressée, mais s'il fallait désormais rajouter des elfes, qui seront sans doute très vindicatifs et généralistes à l'égard des drows, ceci risquait de prendre une tournure désagréable.
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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Ven 25 Nov 2016 - 6:13


Alors qu'Halie était partie en éclaireur, Fenris était resté auprès des juments. Leur parlant en elfique, il s'assurait que rien ne viendrait les effrayer. Un simple hennissement suffirait à signaler leur présence ainsi que leur position. L'Aigle doutait que les naufragés aient des chevaux et, plus encore, qu'ils ne sachent les mener à travers bois aussi bien que les deux elfes mais ils avaient besoin d'aller à leur rencontre. Peut-être avaient-ils vus ou entendus quelque chose concernant Randil et qui pourraient les aiguiller dans leur recherche. Alors, autant mettre tout le monde dans de bonnes disposition.

Lorsqu'Halie revint, Fenris ne put s'empêcher de se demander qui pouvait être cette personne encapuchonnée. Dans un environnement aussi exigu qu'un bateau, les secrets ne faisaient pas long feu. Tout le monde devait savoir qui elle était. Alors pourquoi se cacher ?
Peut-être n'auraient-ils pas la réponse mais il n'en resterait pas moins sur ses gardes.

Après une brève discussion, le couple se remit en selle. Heureusement, leurs vêtements avaient suffisamment séchés pour leur permettre de se rééquiper un peu plus tôt. Aussi, c'était un peu plus sereins qu'ils approchèrent du lieu du naufrage. Une fois n'était pas coutume, Fenris passa devant. Il y avait plus raisons à ce choix. Les Humains étaient plus machos que les elfes, aussi seraient-ils plus en clin à échanger avec un homme qui, de surcroît, était d'un naturel plus diplomate que sa compagne. De plus, s'il fallait mettre le pied à terre et que les choses devaient s'envenimer par la suite, du fait de son expérience et de la complicité qui régnait entre sa jument et lui, l'ex-cavalier n'aurait besoin que d'une seconde pour se remettre en selle, même en pleine course.

Dès qu'ils furent en vue, l'agitation se fit sentir dans le campement. Un attroupement se fit autour des deux vigies et les suppositions devaient aller bon train étant donné le léger brouhaha qui parvenait jusqu'au elfes. Les sons se firent de plus en plus clairs et des mots finirent par se détacher avant que des phrases entières ne deviennent audibles. Finalement, la petite foule fut dissipée par ce qui devait être l'équivalent d'un officier. Celui-ci fit face aux deux inconnus et les interpella de loin.

Devant l'attitude peu commune (tout du moins aux yeux de Fenris) de l'humain, l'Aigle porta un œil interrogateur vers sa compagne. Les Hommes étaient-ils tous comme cela ? Non, il en doutait. Mais s'il se voulait impressionnant, il était loin de l'être. Toutefois, il avait de quoi se méfier. Il n'avait sans doute jamais vu d'elfe d'Anaëh et il savait que bon nombre d'histoires courraient à leur sujet parmi les mortels. La plupart étant fausses ou largement déformées.
Le jeune Nöldorion leva une main en signe de paix tandis qu'il arrêta sa monture à plusieurs enjambées du marin.

-Nous voulons seulement des informations. Nous sommes à la recherche de quelqu'un.

Fenris marqua une courte pause, laissant à l'homme le temps d'intégrer l'information et de se détendre un tant soit peu.

-En vérité, il s'agit d'un loup. Nous avons suivi sa piste jusqu'à ce qu'elle se perde dans les eaux de la rivière. Il est très grand, blanc, avec un œil abîmé. Auriez-vous vu ou entendu quelque chose qui pourrait nous mettre sur sa trace ?
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Lun 5 Déc 2016 - 9:50

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Sigfried bombait le torse, arborant une tunique de cuir boueuse et crasseuse, salie par sa bagarre précédente, il plissait son œil au beurre noir, une main sur la garde de sa lame, tentant de se donner une contenance qu'il n'avait jamais eue, et n'aurait clairement pas.

-Nous voulons seulement des informations. Nous sommes à la recherche de quelqu'un.

Le barreur croisait déjà les bras, montrant qu'il n'était pas prompt à partager quoique ce soit.

-En vérité, il s'agit d'un loup. Nous avons suivi sa piste jusqu'à ce qu'elle se perde dans les eaux de la rivière. Il est très grand, blanc, avec un œil abîmé. Auriez-vous vu ou entendu quelque chose qui pourrait nous mettre sur sa trace ?

_ Un loup ? Demanda-t-il, arquant un sourcil et décroisant lentement les bras, sans même s'en rendre compte. Je... Beh... Balbutiait-il. Attends voir... T'essaie de m'embrouiller l'esprit avec tes salades d'elfe ? S'enquit-il, le ton railleur, bien que de moins en moins confiant alors qu'il commençait à détailler l'accoutrement de son interlocuteur.


Les autres gars du campement, un peu plus à l'écart après avoir été dispersés, n'avaient d'yeux que pour les deux inconnus et leurs montures, et les chuchotements allaient bon train concernant ces étranges étrangers de l'autre rive. D'autant plus que les relations humano-elfiques n'étaient pas spécialement au beau fixe, d'où l'inquiétude qu'on pouvait lire sur les visages de certains.

T'sisra discutait à voix basse avec Gallen de son côté, dans le fond, tout en désignant les nouveaux arrivants de l'index, puis Sigfried et enfin le soleil déclinant.
Le jeune mercenaire rajusta sa ceinture et traversa le camp à pas rapide, filant droit vers le barreur, mais sans quitter des yeux les nouveaux arrivants.

_ Et puis tiens, qu'est-ce qui m'dit que vous êtes pas des éclaireurs qui viennent repérer notre camp, pour mieux nous baiser dans la nuit, hein ? Qu'est-ce qu'il dit d'ça l'elfe ? Hein ? Continuait le barreur, harcelant de questions et d'accusations sous jacentes son interlocuteur.

Gallen, jeune homme blond, engagé comme mercenaire, s'immisça timidement dans la discussion :

_ Sigfried...

_ Et voire pire ! Peut-être même que...

_ Sigfried ?

_ Quoi ?! Lâcha-t-il un brin agacé en tournant la tête vers le jeune présomptueux qui osait l'interrompre.

_ Elle dit que la nuit va tomber d'ici peu, et qu'on devrait offrir le repos aux voyageurs, vu la dangerosité de la région. Déclara-t-il en désignant la direction de la femme encapuchonnée qui continuait de faire l'inventaire dans le fond.

_ Mais que... Qu'est-ce qu'elle me fait chier celle-là ? Elle sait même pas qui sont ces types ! S'exclamait-il franchement agacé et offusqué.

_ Elle a dit que ça n'avait pas d'importance, simplement qu'on ne devait pas laisser les gens dans la merde.

Le barreur cracha par terre et tourna les talons en râlant, et poussant quelques jurons bien colorés à l'encontre de l'encapuchonnée, des elfes, des wandrais et de ses collègues.

Gallen essayait d'articuler en observant les elfes, et ne pouvait s'empêcher de les détailler du regard, ce qui pourrait être perçu comme très impoli par ailleurs - mais certainement pas autant que l'attitude du barreur -, puis désigna le cœur du campement où un petit feu avait été dressé.


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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Jeu 8 Déc 2016 - 13:04

He Beh ! Ce qu'ils veulent les elfes c'est éviter de se prendre une fourche dans le dos en avançant dans des contrées étrangères. Et pour ça... Autant l'homme qui les avaient arrêtés semblait plutôt bien parti pour ne pas leur facilité la tâche. En attendant, elle profitait de la lumière relative de la fin de journée pour noter l'organisation du campement et laisser son regard vagabonder entre les arbres à la recherche d'une trace ou d'un mouvement tout sachant qu'elle ne trouverait rien ainsi, n'écoutant les paroles de Fenris que d'une oreille intattentive.

Ses doigts se posèrent sur le petit cor de chasse sculpté qu'elle avait à la ceinture. Elle aurait put l'utilisé une nouvelle fois... Elle l'avait fait en Anaëh le long de leur traque, mais ici, à chaque fois elle risquait de dévoiler sa position à une horde d'ennemis... Elle retint un soupire et replaça une mèche de cheveux, dégageant sans y penser son oreille effilée.

Par hasard, ses yeux verts croisèrent le regard d'un des gars du camp... Tous les humaines éveillés étaient tournés vers eux, l’œil suspicieux. Au moins elle pouvait être rassurée, certaines choses ne changeaient pas, même en plusieurs siècles... Elle allait faire signe à Fenris de reprendre la route, peut désireuse de voir cette rencontre dégénérée en échauffourée lorsqu'un jeune homme blond calma les hardeurs de son camarade en évoquant un ordre d'une certaine « elle ». Surprenant...

Non contente d'être une femme, celle qui semblait être la chef de file de ces naufragée ne faisait pas de distinction de race... Halya reconnue en la silhouette encapuchonnée, la femme qui avait organisé les troupes un peu plus tôt. Ses actes confirmaient son accent : elle était vraisemblablement originaire d'Ithri'Vaan...

Après avoir rapidement détaillée la fameuse Elle, l'elfe incita sa monture à se placer à la hauteur de celle de Fenris. Le jeune humain aux cheveux clair leur désigna le feu de camps d'une main mais elle préféra interroger son compagnon du regard avant d'accepter leur proposition, surtout avec la conscience que les lumières, la fumée et le naufrage de l'après-midi rameuteraient sûrement tout ce que les Wandres avaient de racaille dans la région.

Enfin... A part retraverser le fleuve de toute façon, ils n'iraient pas bon loin avant la nuit. L'interrogation silencieuse étaient donc assez peu complexe et la réponse qu'Halya offrit tout aussi simple :

-Merci. Nous partirons demain matin.

Ils mirent rapidement pied à terre. Le métal de son armure n'émis pas le moindre bruit... Ce qui ne fut pas le cas des deux fourreaux qui pendaient à ses hanches et qui apprécièrent moyennement le léger déséquilibre qui la pris au moment ou elle posait pied à terre.

Les murmures s’intensifièrent un bref instant, toujours ai intimement liés qu'elle ne comprenait pas le sens d'une seule phrase. Ce n'était pas le moment...

Elle secoua la tête comme pour chasser un insecte et se remis d'aplomb, espérant que son malaise passager passerait pour un bête faux-pas.

Les NON s'ils sont jour pendus ne passent ils plus rejoindront ici pitié les leurs...

Serrant les dents, elle chercha par réflexe le regard de Fenris puis se tourna plutôt vers des gestes maintes fois répétés. Après avoir lâchement attaché la bride de Maehgan de manière a ce qu'elle ne se prenne pas les jambes dedans et remonté les étriers, elle avança de quelques pas vers l'accueillant mercenaire, attendant de voir comment tournaient les choses avant de la défaire de son harnachement. Elle souffla profondément, tentant de se recentrer, de tenir a distance les voix qui l'assaillaient, de les reléguer à un bruit de fond.

- Je m'appelle Ha... Appelez moi Arãva, ça sera plus simple pour tout le monde.
Sourit-elle au blondinet sur un signe de tête qu'elle espérait assez avenant, lui épargnant ainsi la prononciation fastidieuse d'un nom que même certains elfes trouvaient longs.

Elle laissa son compagnon se présenter et suivit le mouvement vers l'intérieur du camps avant de réitéré la question qui ne lui quittait que rarement l'esprit ces derniers temps.

- Je suis curieuse de savoir comment vous... avez cet accident, mais je dois reposer la question de tout a l'heure. Nous cherchons un loup. Blanc. Grand comme un cheval. Vous avez vu des traces suspectes ou... quelque chose ?

Elle était quelque peu rouillée et son accent elfique rendaient sûrement quelques mots assez surprenant à l'oreille mais en se cantonnant aux à un vocabulaire simple, elle avait bon espoir de ne pas faire trop de fautes. Et puis parler lui paraissait comme le meilleur moyen de ne pas laisser la méfiance prendre ses aises.
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Jeu 8 Déc 2016 - 14:49

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Le jeune mercenaire observait l'elfe, il la détaillait du regard, son oreille effilée qui pointait sous sa chevelure de feu, ses yeux d'un vert émeraude, jamais il n'aurait cru voir une elfe, une vraie de toute sa vie, et celle-ci était belle.

- Je m'appelle Ha... Appelez moi Arãva, ça sera plus simple pour tout le monde.

_ Je ? De quoi ? Demandait-il en se repassant en boucle ce qu'elle venait de lui dire dans un coin de sa tête. Avara. Avaria. Arãva !! Finit-il par lâcher, avant de se muer dans un silence gêné, se sentant idiot d'avoir hurlé son nom.

Il se fixa rapidement sur le compagnon de l'elfe lorsqu'il se présenta, avant de revenir à la rouquine qui continuait :

- Je suis curieuse de savoir comment vous... avez cet accident, mais je dois reposer la question de tout a l'heure. Nous cherchons un loup. Blanc. Grand comme un cheval. Vous avez vu des traces suspectes ou... quelque chose ?

_ G-g-rand comme un cheval ?!

Il était visiblement perplexe, très perplexe. Il avait bien entendu parler d'un grand loup, très méchant, poursuivant une jeune fille vêtue de rouge, mais c'était une comptine pour enfant que lui susurrait sa mère à l'oreille il y a des années de ça. Et rien de plus.

_ Comme un ch'val vous dites... Continua-t-il l'air songeur, en train de s'imaginer la taille des crocs du bestiaux. Je sais pas trop vous dire là comme ça, et puis... Ça fait pas long qu'on est là nous autres... Mais allez demandez à T'sisra, elle s'y connait peut-être, elle. Conclu-t-il en désignant la femme encapuchonnée de l'autre côté du camp. Il marqua un silence avant d’ajouter prestement : Ne faites pas attention à Sigfried, l'est pas très sympa parfois. Souvent. Corrigeait-il dans la foulée. D'ailleurs c'est un peu de sa faute si on est là, un Seigneur l'a payé pour nous approcher de la berge, et patatrac... Un Seigneur un peu arriéré d'ailleurs. Ajouta-t-il en se grattant la tempe, l'air dubitatif encore une fois.


De l'autre côté du camp, près de la barge échouée, la jeune daedhel avait déjà fait le tri dans les vivres, et s'attelait au peu de matériel de soin qu'elle avait pu trouver, à tel point qu'elle déchirait des parures somptueuses pour palier le manque, sous le regard dépité du marchand, qui se tenait à une bonne dizaine de mètres. Son équipement était visiblement de bonne facture et certainement coûteux, comme pouvait l'indiquer la fourrure de Ralir, agrémentée de plumes de corbeaux, cousue à sa longue cape sombre. Du premier coup d’œil, on pouvait déduire qu'elle portait une armure robuste mais légère, du cuir, agrémenté ci et là de bout de métal et mailles protectrices, voire salvatrice en cas de coup de dur. Sans oublier une longue lame dans son fourreau, bien plus longue qu'une simple épée.
Elle observait du coin de l’œil l'arrivée des étrangers, et surtout l’accueil que leur faisait le reste du groupe, ce qui en soit était aussi un bon indicateur pour sa propre personne. Et le résultat n'était pas spécialement engageant. Mais pas dramatique non plus.


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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Ven 9 Déc 2016 - 8:18

Halya sursauta presque devant la réaction de l'humain, un peu perplexe d'entendre son surnom ainsi hurlé... mais bon hein... comme dirait de vieux amis : c'est une autre culture. Elle acquiesça lorsqu'il répéta plusieurs la taille de la bête qu'elle venait d'énoncer, comme pour s'en convaincre lui-même. Il n'était certainement pas le premier à avoir du mal à le croire. Unmiriel et Randil avaient toujours impressionnés. Même en Anaëh, les loups géants ne couraient pas les rues. Dans tous les territoire il devait y avoir deux ou trois meute, peut-être moins. Alors en dehors, elle n'osait imaginer quelle bête pouvait être assez redoutable pour tenir tête à une horde de griffes et de crocs aussi dévastateurs.

Elle ne tenta pas de retenir un léger éclat de rire lorsque l'humain lui parla de la cause de leur naufrage... Un seigneur... Si elle ne se trompait pas, les humains péninsulaires avaient une échelle de valeur pour chaque vie et les Seigneurs, par essence, étaient plus importants que leur congénère pour une raison inexplicable et c'est à eux que revenait la tache de les guider sans qu'ils n'aient rien à y redire... Parfois elle se demandait vraiment comme un tel mode de vie pouvait persister... Elle se demandait même comment un tel mode de vie pouvait s'installer en fait... Diriger Ardamir sans l'aide du Conseil et l'avis des citadins... C'était... non vraiment, elle n'avait pas envie d'imaginer tant de responsabilité sur ses épaules.

De plus, vu la manière dont il en parlait, il ne devait plus être dans le camp. Pourquoi ? Comment ? Mieux valait de pas poser la question et dormir d'une seule oreille.

-Et bien j'espère que vous trouverez un nouveau seigneur moins... Elle se retourna soudain pour parle à son compagnon, lui demandant en elfique de l'aider à retrouver un mot qu'elle ne retrouvait plus. Irresponsable, voilà.

Sur un signe, elle s'éloigna en direction de la silhouette qui travaillait à côté de la barge. Une guerrière si ce n'était une militaire. Sans doute une mercenaire vu les condition de cette rencontre. Bonne facture. Sans trace de ravaudage excessif. Une fine lame ou une berruyère chanceuse. Mais ses mouvements, même simples, ne trompaient pas. Tout comme la démarche dansante de l'elfe pouvait la trahir facilement auprès de bretteur d'expérience, il y avait quelque chose dans le maintien de cette étrangère qui soulignait une conscience de son corps et de ses gestes inhabituelle pour le vulgaire.

Elle s'arrêta près de la silhouette, légèrement en retrait pour ne pas s'imposer, lui parlant directement en oliyan d'une façon bien plus fluide et mins accentuée.

-Merci pour tout à l'heure. Je ne m'attendais pas à trouver une personne à ce point ouverte dans de telles conditions et j'ai bien cru que votre compagnon allait sombrer dans la paranoïa. Je m'appelle Arãva... Mais ça vous devez vous en douté... ajouta-t-elle en repensant à la réaction du mercenaire. Bref, si je peux vous aider, n'hésitez pas.

Ses manières dégagées pouvaient paraitre surprenante alors qu'ils se trouvaient dans ce que beaucoup auraient qualifié de : merde noire. Mais à quoi bon adopter un comportement méfiant, cela ne pousserait que plus de mondes à se tenir à couteau tiré.
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Ven 9 Déc 2016 - 14:07

Été, Arcamenel, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


Elle continuait de déchirer de longues bandes de tissu, dans les beaux atours de soie qui auraient remplies d'argent les poches du marchand, tandis que la rouquine approchait.

-Merci pour tout à l'heure. Je ne m'attendais pas à trouver une personne à ce point ouverte dans de telles conditions et j'ai bien cru que votre compagnon allait sombrer dans la paranoïa. Je m'appelle Arãva... Mais ça vous devez vous en douté... ajouta-t-elle en repensant à la réaction du mercenaire. Bref, si je peux vous aider, n'hésitez pas.

_ Nous sommes tous dans le même bateau, sans vilain jeu de mot. Commença-t-elle avec un très léger rire. Au niveau méta-physique j'entends, pas seulement géographique. Nous naissons, nous vivons, nous mourrons, sans même que les dieux, que bien des mortels prient, ne s'en soucient. Ne pouvant compter que sur nous-même, mieux vaut s'entraider, que de s’entretuer pour une couleur de peau, de longues oreilles, des terres, de l'or ou par simple conformisme culturel. Vous ne croyez pas ? Demanda-t-elle en lui tendant une des robes encore intacte, l'invitant ainsi à déchirer de longues bandes de tissu.

Dans le campement, certains en avaient réveillés d'autres pour leurs faire passer le mot concernant l'arrivée des elfes, ça piaillait dans tous les coins, et c'était désormais avec une certaine curiosité qu'on évoquait ces derniers. Des histoires d'elfes et de loups géants, de quoi alimenter des ragots de taverne pour la semaine.

_ Et oui, j'ai entendu Gallen prononcer votre nom, certainement un peu plus fort qu'il l'aurait souhaité. Je m'appelle T'sisra, et quand à mon compagnon paranoïaque, qui est pour ainsi dire le barreur qui nous a mis dans ce pétrin, son nom est Sigfried. Je vous conseille de ne pas trop l'approcher, il est... Moralement souple et inconscient. Dit-elle d'un ton désabusé, accompagnant ses propos d'un vague geste de la main qui montrait bien toute l'estime qu'elle n'avait pas pour ce genre de personne. Et pour ne rien vous cacher, je me suis engagée en tant que mercenaire simplement dans le but de rejoindre les terres naines, et s'il y en a bien que je considérerai volontiers comme un compagnon, c'est bien Gallen... Et Garrick, celui qui s'occupe du second groupe. Conclu-t-elle en enroulant sur elles-mêmes les bandes de tissus déchirées. Si ce n'est pas indiscret, qu'est-ce qui vous amène ici ?

En effet, il fallait très certainement avoir une raison de premier ordre pour oser s'aventurer dans ce coin du monde, surtout au vu de ce que les humains disent à propos de la région horteline. Entre les nécromanciens, les arbres à la décoration osseuse, du plus mauvais goût par ailleurs, la densité de la forêt, le froid et les légendes du coin, il fallait soit être fou, soit être vraiment déterminé. Voire un peu des deux.

Garrick, qui avait été réveillé par l'un des hommes qui souhaitait lui annoncer la nouvelle, avait eu vite fait de pousser une petite gueulante pour remettre tout le monde à sa place, et leur rappeler que leurs vies tenaient à l'efficacité de l'organisation du camp. C'est ainsi que tout ce petit monde se remit à son poste, et pour la plus part, en gardant les elfes à l’œil, discrètement.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Ven 9 Déc 2016 - 20:55

« Oh je suis tombée sur une hérétique alors. » souligna l'elfe avec un sourire amusé dans la voix.

Condescendante... Peut-être un peu. Pour un croyant, sa foi n'est-elle pas une réalité à part entière après tout ? Mais Halya ne faisait plus dans le prosélytisme depuis... Au bas mots trois siècles. Le contact des humains vous guérissait rapidement de ce genre de mauvaises habitudes si l'éducation elfe n'avait pas réussi à vous faire rentrer le concept d'humilité ( et de ''Cause toujours tu m'intéresses.'' ) dans le crâne.

« Ce... Gallen a l'air assez décontenancé de voir des elfes, mais au moins, il le prend bien. C'est noté pour le barreur, je ferai attention à lui. »

Tout en écoutant la mercenaire, elle s'était mis au travail... Sans pouvoir s'empêcher de noter que cette fameuse T'sisra prévoyait beaucoup de blesser au vu du nombre de vêtements qu'elle se plaisait à massacrer. Mais après tout elle savait sûrement mieux gérer ses stock que deux oreilles pointues fraîchement débarquer... Et Halya se voyait assez mal se plaindre d'un travail simple et répétitif qui lui permettait d'oublier peu à peu la présence de ces maudits murmures .

« je ne considérerai pas ça comme indiscret si vous me dites pourquoi vous essayer de gagner les terres naines. Ils ne sont pas reconnu pour leur accueil chaleureux, surtout depuis les catastrophes du Voile... Enfin. Nous sommes sur les traces d'un loup. Blanc. Un œil vitreux. De nombreuses cicatrices. Un sale caractère. Et accessoirement grand comme un cheval. Nous l'avons suivi jusqu'à la frontière mais il a passé l'Oliya. Quelque chose l'attire sur ses terres. Nous essayons de retrouver sa trace mais pour l'instant la berge ne nous a pas été d'un grand secours. »
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Ven 9 Déc 2016 - 22:18

Été, Arcamenel, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


« Oh je suis tombée sur une hérétique alors. » souligna l'elfe avec un sourire amusé dans la voix.

_ Tout dépend du point de vue, mais oui, on peut dire ça. Continua-t-elle avec un léger rire, prenant la chose avec humour. Je ne sais pas si on peut appeler ça la foi, mais j'ai bon espoir concernant les peuples qui foulent cette terre. Finit-elle par conclure, ralentissant la cadence de déchirure des bandes de tissu.

« Ce... Gallen a l'air assez décontenancé de voir des elfes, mais au moins, il le prend bien. C'est noté pour le barreur, je ferai attention à lui. »

La jeune daedhel, lorsque le jeune homme avait prononcé le nom de l'elfe un peu trop fort, lui avait jeté un regard surpris, sans pour autant y accorder plus d'attention. Mais ce serait une chose qu'elle n'oublierait pas, étudier le comportement du jeune homme face à des elfes était une chose dont elle ne se priverait pas.

_ Il est très jeune, c'est bien normal. Et la fascination vaut très certainement mieux que la méfiance et la violence. Répondit-elle en terminant ses rouleaux, qu'elle empilait machinalement les uns sur les autres dans un cageot de bois.

« Je ne considérerai pas ça comme indiscret si vous me dites pourquoi vous essayer de gagner les terres naines. Ils ne sont pas reconnu pour leur accueil chaleureux, surtout depuis les catastrophes du Voile... Enfin. Nous sommes sur les traces d'un loup. Blanc. Un œil vitreux. De nombreuses cicatrices. Un sale caractère. Et accessoirement grand comme un cheval. Nous l'avons suivi jusqu'à la frontière mais il a passé l'Oliya. Quelque chose l'attire sur ses terres. Nous essayons de retrouver sa trace mais pour l'instant la berge ne nous a pas été d'un grand secours. »

T'sisra se pencha au dessus d'un autre caisson de bois, qui contenait des vivres. Certes, le tout avait pris un peu l'eau, le goût et la texture seraient donc moins agréables, mais c'était toujours comestible, et ça c'était le principal. Elle écoutait dans le même temps les paroles de l'elfe, ressassant le passé, les livres qu'elle avait lus, et ses connaissances.

_ Maldelinir Lauron. Finit-elle par lâcher de but en blanc, avec un accent à couper au couteau. Ce sont des créatures autrement plus intelligentes que les trois quart des personnes réunies dans ce camps, sans vouloir paraître condescendante, ni même insultante, et j'avoue être curieuse de ce qui aurait pu attirer cet animal dans ces contrées. Combien de jours d'avance a-t-il sur vous à votre avis ? La bonne nouvelle étant qu'un loup de cette taille ne passe pas inaperçu, les traces resteront visibles un moment. Si tant est que la météo nous accorde ses faveurs.

Elle marqua une pause aussi brève qu'inutile, mais durant laquelle l'image d'un loup géant se dessinait dans son esprit, imposant, musculeux et puissant sous sa fourrure drue, une peau épaisse et résistance, des crocs comme des épées, et une intelligence redoutable. Sacré animal, sacré traque.

_ Vous avez aimez la nourriture rassie et humide à la fois j'espère ? Demanda-t-elle, désignant la caisse, presque gênée de le proposer. Nos vivres ont pris un peu l'eau... Et quant à la raison de mon voyage pour la nanie, elle est d'ordre affectif. Je rejoins un ami nain, qui doit déjà être chez lui à l'heure qu'il est. Du moins je l'espère. De tout cœur. Ajouta-t-elle, en se figeant l'espace d'un instant. Nos routes se sont malheureusement séparées dans le Sud. Reprit-elle, réalisant un vague geste de la main, comme on chasse une mouche, mais plutôt pour chasser une idée ce coup-ci.

Gallen observait toujours la rouquine, de loin désormais, et dans son dos. Il n'en revenait toujours pas, des elfes, en chair et en os. Le principal centre d'attention du campement se situait actuellement sur le feu de camp, puisque les ventres grognaient. Les patrouilleurs aux abords s'apprêtaient à se relayer, avec le Soleil déclinant toujours plus, et baignant la région d'une lueur rougeâtre, offrant un spectacle presque surréaliste.
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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 11 Déc 2016 - 6:19

L'Humain qui roulaient des mécaniques se montrait pour le moins vindicatif et méfiant. Sa façon de parler était d'ailleurs très inhabituelle à l'oreille du noble elfe et l'emploi du mot "baiser" dans ce contexte et dans cette langue lui était totalement inconnu. Il eut même un geste discret et anodin, se tournant très légèrement vers celle qui l'accompagnait avant de revenir sur le barreur la seconde suivante, signe qu'il n'avait pas compris le sens de sa phrase... Fenris savait les humains plus bourrus que les elfes mais il ne s'attendait pas à être aussi mal reçu. Il n'aurait sans doute pas insisté très longtemps d'ailleurs mais l'arrivée d'un autre Humain, plus jeune, régla la question.

Finalement, Halie ne parvint pas à rester en retrait et vint se mettre à la hauteur du cavalier. Son compagnon tourna la tête vers elle pour l'accueillir, avant de porter de nouveau son regard sur celui qui avait chasser le barreur. Lorsqu'elle lui demanda son avis avant de répondre à l'invitation qui leur était faite, il n'eut aucun mal à suivre les pensées de sa bien-aimée. En effet, ils chevauchaient depuis plusieurs heures déjà et, après leur traversée matinale, ils ne seraient pas en capacité d'aller beaucoup plus loin pour cette journée. Un simple signe de la tête suffit à lui faire savoir qu'il était du même avis qu'elle et qu'ils feraient mieux de s'arrêter ici pour la nuit.

Le jeune Nöldorion eut une pensée amusée lorsqu'il entendit le surnom d'Halyalindë. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas entendu. Et il lui en avait donné tant d'autres depuis... Depuis l'aube, il l'avait appelée plus d'une fois "Melethalie" ou simplement "Meleth". Curieusement, le "Fenridhen", lui, n'avait pas refait son apparition...
Lorsque l'humain se tourna vers lui pour connaître son nom, il répondit machinalement en donnant son nom complet puis, imitant sa compagne, réduisit l'appellation à son simple prénom.

-Fenris Nöldorion. Mais vous pouvez vous contenter de m'appeler Fenris.

Si les Humains du camp avaient curiosité et méfiance envers les deux nouveaux venus, il en était de même pour le jeune Aigle. Evidemment, la curiosité prédominait chez lui et, tandis qu'Halie était partie faire connaissance avec celle qui semblait donner les ordres, il resta à distance, veillant sur sa compagne tout en observant les mortels. En bon noble, il était difficile de percevoir ce qu'il ressentait, que ce soit dans son attitude, ses expressions, ses gestes ou son regard. Bien que les elfes aient un comportement différent de celui des Humains, la condition de Fenris ne pouvait guère échapper à n'importe quel regard. Il n'avait rien d'hautain mais il se tenait droit, conservait la tête haute et ne détournait pas les yeux lorsqu'il croisait un regard. La seule qui avait le pouvoir de le faire flancher était actuellement en train de déchirer une robe de grande facture (tout du moins pour les humains...). Plus encore que son attitude, ses vêtements et sa cuirasse étaient de très bonne qualité. Ses lames, quant à elles, étaient plutôt un standard elfe ce qui détonnait avec le reste du personnage.

Au bout d'un moment, Fenris vint perturber le fameux Gallen dans ses observations sur sa compagne et lui demanda où ils pouvaient s'installer pour la nuit, sachant qu'ils avaient leurs juments. On lui indiqua un feu de camp un peu plus proche de la forêt. Le cavalier appela les montures, non pas en les sifflant ou en tapant dans les mains... Simplement en leur parlant. Maeghan et Inysiëis lui répondirent aussitôt et le suivirent jusqu'à l'endroit indiqué. Il retira la bride et la selle de la première avant de retirer la selle de son amie. Contrairement à Halyalindë, Fenris n'utilisait ni rennes ni étriers. Sa selle lui servait simplement à avoir une assise plus confortable et à accrocher son matériel. Les juments, libres de leurs mouvements, s'éloignèrent un peu afin d'aller brouter parmi les arbres, se taquinant en chemin.

La nuit tomba bien vite. L'été s'éloignait chaque jour de plus en plus, les journées s'écourtant et la température baissant toujours un peu plus. Il fallait espérer que le périple des deux elfes n'allaient pas durer trop longtemps sans quoi ils finiraient par chevaucher en plein hiver...
Halie avait fini par rejoindre son compagnon. Il les avait confortablement installé pour la nuit, avait préparé assez de bois pour tenir jusqu'au lendemain et étalés les couverture sur une partie sèche. Quelques curieux, devant partager le même camp, l'avaient rejoint mais sans vouloir trop l'approcher.

-Je ne mords pas. Leur avait-il lancé.

Alors qu'il n'avait plus rien à faire, il avait sorti ses lames et sa pierre d'affûtage. Depuis le début de leur périple, il n'avait pas pris le temps de s'en occuper. C'était un peu l'occasion... D'autant que ce naufrage allait probablement attirer les "gens" des environs et le fait qu'ils ne se soient pas encore montrés était plutôt inquiétant...
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 11 Déc 2016 - 16:44

Elle sourit de plus belle à l'annonce du elfique de ses compagnons à quatre pattes. Voilà bien longtemps qu'elle ne l'avait pas entendu.

« Vingt jours maximum je dirai. Nous avons réussi à gagner beaucoup de terrain mais nous sommes encore trop loin pour qu'il se sente traqué. »

L'avance que Randil avait ne leur avait pas poser d'énorme problème au début étant donné la traîné de stupeur qu'un animal blessé, furieux et maudissant toute forme de vie elfique ou humanoïde avait laissé dans la canopée. Mais malgré les dizaines de jours qu'ils avaient rattrapés, la traque s'annonçait plus ardue à partir de maintenant...

Elle prononça une recommandation à Kÿria lorsqu'elle sentit l'étrangère hésiter au sujet de son ami. Ce n'était peut-être pas le geste qui la toucherait le plus, mais l'elfe avait trouvé cela approprié.

« Ne vous en faites pas pour la nourriture, du moment qu'elle soit nourrissante. Nous avons peut-être de quoi en relever un peu le goût, mais je ne suis pas sûr que beaucoup d'entre-vous aimerez. C'est une plante assez amer... »

Et en effet, peu d'humains aimaient l'amertume. Aussi, au risque de rendre l'intégralité d'un gruau moite totalement infecte, l'idée fut rapidement écartée.

Libérée de la question qui les amenaient si loin de chez eux... et un peu déçue de la réponse, Halya rejoignit assez vite Fenris. Il avait déjà trouver un coin, préparé leurs couvertures et s'était occupé de leurs montures... Et elle s'en sentait pour le moins gênée.

Discrètement, elle s'excusa platement pour l'empressement qu'elle avait eu à poser ses questions sans s'occuper de rien, alla offrir quelques mots de remerciement à leurs montures et revint s'installer près de lui. Le contraste devait d'ailleurs être saisissant. Aussi expressive qu'il était flegmatique, les hommes du camps auraient sûrement put noter des milliers d'oppositions entre les deux représentants de ce peuple qui leur était totalement étranger si elle n'avait pas coupé court à toute possibilité en s'allongeant près du jeune Aigle. Le dos sur la couverture qu'il venait juste d'étendre au sec, elle s'excusa de nouveau après de lui et lui demanda de la secouer d'ici quelques minutes si elle venait à s'endormir.

Mais tirer sur la corde plus qu'elle ne venait de le faire n'était pas raisonnable, ils le savaient sûrement aussi bien l'un que l'autre étant donné que son état se lisait sans peine sur son visage.

Elle prendrait bien la peine de retirer son armure plus tard. Pour l'heure, elle avait la désagréable impression que les murmures se faisaient plus prenant avec la nuit qui approchait. Et avec eux s'accentuaient ses étranges symptômes. La fatigue physique n'était plus un problème depuis bien des ennéades, le contre-coup qu'elle subissait toujours était bien plus subtil. Sa peau pâle au point d'en paraître exsangue et glaciale au touchée ne laissait plus passer la moindre sensation. Son ouïe baissait furieusement. Sa concentration flanchait. Elle se sentait comme... Déconnectée. Ayant la pleine conscience de ce qui se produisait autour d'elle sans en faire réellement partie. Et ça, en cas de problèmes ce n'était jamais bon...

Et comme elle le redoutait, elle ne put compter qu'une poignée de battement de cœur avant de se retrouver dans cet étrange état de stase dans lequel elle passait généralement ses nuits, l'image fixe du campement et de son propre corps inerte pour tout rêve.
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Loup-Gris
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Ven 16 Déc 2016 - 8:46

La nuit était généralement calme dans les Hortles. Le vent soufflait légèrement entre les arbres, faisant bruisser les branches, et réveillant les grandes chouettes, prêtes à aller collecter rats et musaraignes dans la canopée. Au pied de la montagne, il faisait toujours frais, et la faune ne manquait pas de montrer qu’elle était là en pépiant et ululant au travers des forêts. Des bruits d’animaux entouraient le campement, et au loin, une femelle kerkand vagissait dans la nuit, à la recherche de sa horde perdue… Tous ces bruits créaient une mélodie particulière, une ambiance sauvage qui ne se retrouvait que dans les régions wandraises, au cœur-même de la Sauvagerie.

Pourtant, au plus noir de la nuit, lorsqu’un grand nuage recouvrit l’argent de la lune comme une couverture duveteuse, tous ces bruits qui animaient la forêt se turent. Même le vent semblait retenir son souffle, alors que s’installait peu à peu un silence gênant. Un silence de plomb. Les Hortles semblaient bien plus menaçantes encore, lorsqu’aucune lumière ne filtrait les cieux déjà sombres pour venir éclairer ses pics et sa roche froide. Un esprit superstitieux pourrait dire, en voyant tout cela, que quelque chose de mauvais se préparait en cet endroit. Quelque chose d’horrible.

Et il aurait raison.

Ce quelque chose se mouvait dans la canopée. Son passage ne faisait aucun bruit, mais de certains arbres s’envolaient parfois des oiseaux effrayés, cassant la symphonie du silence de façon brutale et bruyante. Là où passait cet étrange cortège macabre, les animaux s’écartaient. Ils savaient ce qui était à craindre, eux. Ils le sentaient. Et même la plus agressive meute de loup ne souhaitait pas avoir affaire à ce qui descendait dans les forêts à cette heure tardive. A mesure que la chose approchait, la fraîcheur devenait froideur, et les souffles devinrent buée. Comme une vieille femme au bord de la ruine, un arbre se mit à gémir. Pourtant, il n’y avait pas de vent… et… il semblait bouger, comme s’il était vivant.

Des tréfonds maudits du sombre bois, la lune cachant toujours son aura argentée derrière une cape, le Coven du Lavhen apparut aux yeux des voyageurs égarés, comme vomi d’entre les arbres. Cinq hommes vêtus de noir, à la peau pâle et à l’aura menaçante. Ils regardaient le ciel noir d’encre avec des yeux malsains. Le nuage avait fini par passer, laissant la faible lueur lunaire se déposer avec timidité sur ce monde cauchemardesque. Au moment même où la lune réapparaissait, les nécromants baissèrent la tête comme un seul homme, perdant leurs yeux fous dans le petit groupe de rescapés, qui les avait sans doute déjà remarqués.

L’un des nigromanciens fit un pas en avant. Il était extrêmement vieux, et tenait quelque chose dans la main dont personne ne voulait connaître la nature. Ses yeux étranges et dérangeants étaient posés sur les pauvres hères bien trop loin de chez eux. Puis d’une voix calme, mais perturbante à l’oreille, le vieillard s’exprima.

« Agghiba er kveðja þig. »


Il sourit, dévoilant des dents étonnement blanches.

« Vous me comprendre ? Agghiba saluer tous vous. »

Ses yeux se durcirent, alors que les hommes derrière lui commençaient doucement à psalmodier des chants dans une langue qui faisait se retrousser les plus profondes racines des arbres.

« Agghiba saluer, parque tous vous morir bientôt… »

Son rire caverneux résonna dans le silence des Hortles. Joie macabre, timbre fou. Elle fit fuir plus d’un animal, et peut-être même, plus d’un Humain…
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Sam 17 Déc 2016 - 14:27

Été, Arcamenel, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


Tout comme une coulée de boue dévastatrice balaye arbres et verdure sur son chemin, Sigfried sentait la merde dévaler le côté intérieur de sa cuisse, alors qu'il poussait un cri à moitié étranglé, digne d'une fillette face à une araignée. Son voisin entreprit une course folle, bousculant le barreur qui termina la tête contre le sol, à moitié sonné, pour fuir en hurlant de terreur en direction du fleuve.
Le campement se réveilla dans un sursaut, les uns étaient pétrifiés, les autres s'empressaient de reculer doucement, tels des agneaux acculés par une meute de loups affamés.
Seuls Garrick, le marchand et deux des rameurs étaient parvenu à garder leur calme. L'un des deux rameurs tentait de calmer les deux autres mercenaires, et ce qui fonctionnait pour l'un, ne fonctionnait pas du tout pour l'autre, qui n'arrivait plus à détacher les yeux du vieillard hilare au regard fou.
Le charpentier dégainait sa lame et hurlant à tous de se préparer à vendre chèrement leur peau.

Tandis que les cinq hommes encore en pleine possession de leurs moyens dégainaient ou ramassaient leurs épées et s'apprêtaient à lutter pour leur vie, T'sisra, dans le fond du campement à l'écart des autres, comme à son habitude, observait la scène aux côtés de Gallen.

_ Essaie de calmer les affolés, et ne t'approche pas des combattants. Ordonna-t-elle à Gallen sur un ton sec, en plissant les yeux pour observer les arbres s'agiter et les racines s'enfoncer dans le sol.

A mesure qu'elle parlait, son souffle devenait gel, et ce n'était pas une bonne nouvelle. Loin de là. Ces types n'étaient pas de simples combattants, c'était clair comme de l'eau de roche. L'affrontement s'annonçait compliqué au vu de leurs intentions limpides.

_ Gallen ? Demanda-t-elle en tournant la tête vers le jeune homme pour constater qu'il était tout bonnement pétrifié de peur. Reste où tu es Gallen ! Lâcha-t-elle d'une voix forte en lui donnant une tape dans le torse pour l'obliger à recentrer son attention sur elle.

_ O-o-oui ! Balbutia-t-il en saisissant sa lame, sans savoir quoi faire à part rester planté là.

T'sisra entreprit d'avancer en direction de Garrick, dégainant à son tour une lame noire, bien plus longue qu'une simple épée. Une moitié du campement était sur le pied guerre, prête à en découdre, tandis que l'autre était encore train d'essayer de réfléchir et reprendre le dessus sur la peur et la terreur instillée par ces autochtones peu accueillants.
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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 18 Déc 2016 - 6:13


Halie s'était assoupie, bien évidemment. Et Fenris n'avait rien fait pour la réveillée. Bien au contraire, il s'était assis près d'elle et la regardait dormir. Cela lui était déjà arrivé depuis le début de leur périple mais le regard qu'il posait désormais sur elle était bien différent. Il ne se voulait plus seulement protecteur et songeur, réfléchissant à son état et à une éventuelle solution pour la guérir. Il était plus que jamais doux et aimant.

Une tape d'un revers de main sur son épaule tira l'Aigle de ses songes. Il en avait oublié les trois humains avec lesquels ils partageaient leur feu de camp. Les marins étaient de garde et se maintenaient éveillés en se cherchant mutuellement depuis une heure. Finalement, il semblait qu'ils aient jeté leur dévolu sur l'elfe qui avait décidé de monter la garde avec eux.

-Eh ! Pourquoi tu la r'gardes comm'ça ? C'ta gonzesse, c'ça ?

Les deux acolytes se mirent à rire tandis que Fenris observait les trois lascars d'un air interdit, n'étant pas sûr de comprendre le sens du mot "gonzesse". Ou plutôt si mais l'intonation lui semblait des plus vulgaires et il n'avait pas l'intention de s'abaisser à répondre.

-Oh ! Ou alors, il se dit qu'il aimerait s'la faire ?!

Les rires fusèrent de plus belle et, cette fois, le jeune Nöldorion n'entendait rien à cette tournure de phrase. Cela quoi ?
Les Humains lui semblaient de plus en plus étranges et leur langage ne lui plaisait pas vraiment.

-Il a pas l'air de comprendre c'qu'on dit.
-R'garde le ! C'qu'un gosse, il a même pas d'poil au menton !

Fenris haussa un sourcil, interdit face à l'absence d'éducation manifeste de ces trois jeunes hommes. Tant d'un point de vue intellectuel que concernant leurs manières.
Très posément, il finit par leur répondre.

-Si la rumeur ne vous en a pas encore fait part, sachez que les elfes sont imberbes. Et j'ai près de dix fois votre âge à chacun.

Les rires s'arrêtèrent aussitôt. Visiblement, non seulement il comprenait parfaitement ce qu'ils racontaient mais en plus il savait comment leur répondre. L'Aigle n'aurait pas su estimer leur âge tant les Humains ont une faible espérance de vie mais les trois jeunes gens en avaient discuté un peu plus tôt dans la soirée. Ils n'avaient même pas la trentaine et Fenris était stupéfait de constater qu'on puisse les considérer comme adultes avec une telle immaturité.
Les compères se renfrognèrent, se repliant entre eux à un coin du campement, laissant l'elfe, un sourire discret et amusé aux lèvres. Il n'en fallait pas beaucoup pour les remettre à leur place... Fenris se tourna alors à nouveau vers Halie qui dormait toujours et son expression se fit plus tendre.

Soudain, quelque chose vint perturber le jeune Nöldorion. Son instinct lui disait quelque chose n'allait pas. Tendant l'oreille, il entendit le mince filet de Symphonie qui régnait en cette région. Il ne pouvait comprendre ce qu'elle disait mais il n'avait pas besoin de plus de quelques notes dissonantes pour être en mesure de savoir qu'il se passait quelque chose de pas normal. Levant les yeux vers la forêt, il s'aperçut qu'elle n'émettait plus aucun son, hormis un sifflement paniqué et inaudible aux oreilles des Hommes. Pas un seul oiseau, pas un insecte... Rien.

-Meleth...

Fenris avait encore un doute mais le fait que la forêt se taise n'était jamais bon signe.
Finalement, le froid vint caresser sa peau et son souffle se transforma en un nuage de brouillard. L'Aigle se leva aussitôt et sa voix raisonna, plus forte et plus ferme.

-Halie, réveille-toi !

A la fois intrigués et moqueurs, les trois idiots de tantôt regardèrent l'elfe sortir ses armes avec dextérité, le regard dur et l'expression sévère. Ils se dirant qu'il était en train de péter un câble. L'un d'eux allait même sortir une raillerie lorsqu'il fut arrêter dans son élan par quelques silhouettes sombres qui se détachèrent de l'orée de la forêt.

-Qu'est-ce que... ?

Le marin ne finit même pas sa phrase, se retrouvant interrompu par sa propre stupeur.

-Des nécromanciens. Répondit Fenris.

Après les prises d'Ellyrion et d'Eraison, il espérait ne plus jamais en revoir et ne plus avoir à affronter ses propres Frères. Malheureusement, il semblait bien que les Dieux en aient décidés autrement. Et alors que les mages de la mort entamaient leurs rites, Fenris, quant lui, se préparait tout en psalmodiant quelque prière à destination de leur Mère, lui demandant d'empêcher que ses deux enfants soient relevés si jamais ils devaient tomber.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 18 Déc 2016 - 20:40

Pour un sommeil réparateur, il ne l'avait été que physiquement. C'est une chose d'être plongée dans les brouhaha pendant son éveil, mais cette fois ci, même l'étrange stase qui lui servait de sommeil n'avait pas réussi à gommer les voix de sa conscience. Elles s'étaient faites plus fortes que jamais.

Un appel lointain la fit frémir. Fenris était près d'elle. Mais les voix se faisaient plus clairs également. Geignantes. Suppliantes. Terrifiées. Mais aussi Avides et Fières. Les arbres eux-mêmes semblaient conduire ces mots froids et sans vie comme dans un mauvais rêve. L'image fixe de son être n'avait pourtant pas changé, elle...

-Halie, réveille-toi !

Un frisson glacé remonta le long de son dos alors qu'elle ouvrait les yeux. Sa respiration à peine perceptible se changea en une profonde inspiration. Avant d'analyser la situation, ses réflexes l'avaient redressée, à genou, main sur le pommeau de sa lame, malgré la légère impression de détachement qui la suivait même dans l'éveil. Une réaction que les humains à proximité durent trouver un chouilla exagérée au vu de leur réaction de recule. Pas de menace visible pourtant...

A droite. A gauche. Le camp semblait tranquillement assoupi dans la tiédeur de la nuit. L'atmosphère était paisible... Trop paisible. Le silence qu'elle avait d'abord pris pour la brutale baisse de la Symphonie était bien plus palpable que ça. Un tel silence n'était pas normal.

Elle ne percevait ni le froid, ni l'atmosphère délétère. Aucune condensation n'accompagnait son souffle... Mais quelque chose restait anormal. La tension dans la voix de son compagnon était perceptible. Il était debout, lames au clair. Elle tendit l'oreille... Pour distinguer cette fois un sifflement de terreur se répandant à travers le balancement furtif des branches basses.

Elle se leva d'un bond faisant deux pas en arrière pour libérer un champ d'action entre elle et la lisère de la forêt toute proche. Leur feu étant en bordure du camp, bien leu en pris...

-Des nécromanciens.
Souffla une voix à sa gauche.

Elle ne répondit rien, occupée à sonder les alentours. Cinq pour l'instant. Au moins un nécromant. Peut-être plus. Les deux juments s'étaient écarter à l'approche de l'ennemis. La faible luminosité ne permettait pas de voir suffisamment entre les arbres pour savoir si d'autres Wandrais y étaient dissimulés mais les alentours étaient totalement silencieux, même pour leurs oreilles aiguisées.

La voix rappeuse du vieillard la fit frémir. Que de mauvais souvenirs...

Pourtant un sourire à peine perceptible se dessina sur ses traits durant un instant. Elle ne pouvait s'en empêcher, même après tout cela... Le frisson de la peur se mêlait à celui d'un combat à venir. Elle tira son épée de la mains gauche et s'abaissa sur ses appuis, prête à bondir, étonnamment rapide et souple étant donner l'aspect de son armure métallique.

Un rire fou. Aussitôt, ce fut la débandade. Maehgan détala au galop le long de la berge. Ces humains n'étaient pas entraîner à se battre, encore moins à faire face à ce genre de menace. Elle ne pouvait les considérer que comme des poids mort et des cibles potentielles... Mais les préceptes de Kÿria étaient pour elle une lumière renouvelée depuis la reprise d'Eraison.

- Calmez-vous ! Tona-t-elle d'une voix forte et calme mais sans grande illusion sur l'inefficacité de ses mots. Souvenez vous qu'ils sont humains. Sorciers ou non. On ne guérit pas d'une gorge tranchée.

Ses yeux fixes semblaient regarder le vieillard avec une froide intensité.

Concentrée à l'excès pour prendre en compte chacune des créature qui serait bientôt prise dans le feu des combats, elle repoussait avec peine le vide que laissait Randil dans une telle situation. La facilité avec laquelle elle resta immobile sans se laisser aller à son instinct aurait put l'étonner elle-même si elle n'avait été pleinement occupée. Lorsqu'elle réagirait, au premier mouvement, au premier engagement, la vie de ces hommes lâches et gueulards serait pourtant au centre de ses préoccupations.

Il allait falloir trouvé un moyen de déconcentrer rapidement les cinq attaquants s'ils ne voulaient pas que la situation ne bascule en la défaveur de ces humains naufragés. Les images d'Eraison et d'Ellyrion lui collaient à l'esprit sans qu'elle ne resente une seule émotion.

-Hiril Lothren :: murmura-t-elle comme une bénédiction.
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Loup-Gris
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Sam 28 Jan 2017 - 7:21


La terreur.

Elle serpentait dans le noir comme une mince couleuvre chassant les souris. Elle saturait l’air comme une fumée âcre et suffocante. La terreur pouvait prendre maintes et maintes formes. Mais aujourd’hui, la terreur venait comme elle était, dans son plus simple appareil, sans déguisement. Nul nécromancien ne se cachait derrière un masque pour provoquer l’effroi. Ils n’en avaient pas besoin. Il n’y avait qu’à voir les têtes que tiraient tous ces étrangers. Ils transpiraient la peur, elle suintait par tous leurs pores ! Le coven était satisfait. Bientôt, la mort délivrerait les intrus, et leur esprit immortel irait se coller pour l’éternité aux cimes des arbres…

S’il était assez fort.

Des murmures inquiétants s’échappaient de la forêt, dans le dos des sorciers maléfiques. Des créatures qui ne devraient pas être foulaient le sol derrière eux, tapies dans l’ombre, scrutant les voyageurs derrière des buissons ne révélant que de minces ombres squelettiques. Agghiba avait présidé à leur incarnation, et la démonstration de son pouvoir avait raffermi sa position de maître de ce coven. Les âmes damnées attendraient le bon moment pour sortir de leur cachette. Ils obéissaient aux Hortelins sans sourciller, eussent-ils encore la possibilité de le faire après les effroyables expérimentations qu’ils avaient subis. Ils causeraient la perte de tous ces vivants…

Pour qui les cloches sonnent-elles ? Le temps avance…

Les Hortlings, néanmoins, se retenaient de lancer leurs sorts pour le moment. Ils avaient tous tourné leur regard vers cette créature étrange, à côté de l’Elfe. Ils ne savaient pas qui elle était, ni ce qu’elle était. Haron plissa les yeux, et s’adressa d’une voix forte à son maître :

« Þú sérð, Agghiba ? »

Le puissant nécromant posa son regard fou sur la créature énigmatique, pendant que les autres nigromanciens réfléchissaient et conversaient à voix basse dans leur langue ancienne et inconnue des voyageurs. Agghiba inspira très fort.

« Pas d‘âme... »

Les non-morts s‘agitèrent dans les fourrés, lançant des gémissements plaintifs et déroutants. En dehors des branchages cachant leur vil corps flétri, une main apparut brièvement aux yeux de tous, une main terrifiante. Elle était complètement décharnée, et d‘étranges tatouages sombres parcouraient sa peau pourrissante et marquée de sévices. Agghiba fit alors un pas en avant, et tous les nigromanciens firent de même, complètement synchrones. Le maître du Lahven pointa alors son doigt tremblant vers l‘Elfe femelle. Une lueur de curiosité brillait dans son regard.

« Comment tu pas d‘âme ? »

Les buissons s‘agitaient de plus en plus. Un long cri d‘agonie en sortit, suivi de grattements frénétiques, et de grognements erratiques.
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 29 Jan 2017 - 12:53



Été, Arcamenel, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


Bruissements de branchages et ballade de la bise glaciale, chantant le son lugubre et lent des âmes languides et frigides camouflées dans le feuillages de la frondaison fatiguée de l'orée forestière. Tel était la sinistre symphonie sifflant aux oreilles des malheureux submergés d'une terreur lancinante, grandissante, croissante et envahissante.
La lune éclairait la mort personnifiée, cinq hommes, cinq esprits différents, aux mouvements d'unisson, une pensée unique.

« Þú sérð, Agghiba ? »

Ahuris, consternés, surpris. Le pensée unique brisée par un élément inédit. Une créature aux longues oreilles qui ne répondait pas aux standards habituels venait de troubler, malgré elle, l'assemblée morbide qui les accueillait.
T'sisra n'avait pas stoppée son avancée, laissant un Gallen transis de peur derrière elle, sa longue lame sombre au clair. Garrick et ceux qui étaient prêts à en découdre restaient interdits et immobiles, leurs regards passant des nigromanciens aux elfes, sans comprendre ce qui se passait.

« Pas d‘âme... »

Le maître des nécromanciens était interloqué, et tendait un doigt tremblant en direction de l'elfe. Ses pairs murmuraient entre eux, aussi décontenancés que leur porte-parole aux dents blanchâtres.
Les cadavres desséchés s'agitaient derrières les impénétrables fourrés de la forêt, et accentuant l’ambiance malsaine qui s'en dégageaient, une main décharnée et osseuse qui n'attendait que d'arracher un cœur encore battant d'un poitrail convainquit le rameur, qui fuyait déjà en direction du fleuve, d'y plonger tête la première sans plus de réflexion. Sigfried, tout comme l'autre rameur et le mercenaire non loin de lui restèrent pétrifiés, incapables de bouger ni même de crier, et respirer leurs semblaient déjà relever d'un effort surhumain.

« Comment tu pas d‘âme ? »


T'sisra avait entendu quelques histoires aux sujets de la région, et des mystérieuses pratiques qui s'y déroulaient, un mysticisme bien au delà de la légende, un véritable mythe. Personne ne savait de quoi il en retournait précisément, mais tous s'accordaient sur un point : La diplomatie étrangère n'était pas le fort des Wandres. Aussi, cette stupéfaction inattendue fut pour elle une opportunité, celle de répondre aux hostilités si aimablement présentées par leurs hôtes.
Et c'est avec un sang froid effrayant qu'elle agit, muée d'un grâce martiale brutale, d'un mouvement leste et fulgurant, la longue et sombre lame fendit l'air dans un sifflement aigu bourdonnant aux oreilles du maître nécromancien.

Tous pouvaient apercevoir la noirelfe à la lueur claire de la lune, qui avait perdu son anonymat dans le geste, le faciès mû d'une agressivité non dissimulée, transperçant ses adversaires de son regard d'un bleu glacial.

_ A l'assaut ! Et vous vous vant'rez d'avoir vaincu la mort ! Beugla Garrick en filant droit sur les nigromanciens, lame brandie, hurlant à plein poumons, suivi d'une drôle de bande... Réunissant un marchand aux compétences guerrières douteuses et deux rameurs dont les grondements sourds venant des tréfonds de leurs ventres repoussaient ce sentiment de terreur qui tentait de s'immiscer dans leurs cœurs.

Le ton était donné, l'assaut était lancé. La Lune se régalera du spectacle, la terre s'abreuvera du sang des courageux.
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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 5 Fév 2017 - 5:26

Le silence de la forêt était presque assommant. En Anaëh, elle aurait hurlé de panique devant les abominations encore dissimulées qui foulaient son sol. Mais ici, elle se taisait comme pour accompagner la mort qui approchait. La chose était des plus perturbantes pour le jeune Nöldorion. Certes, il n'avait pas toujours entendu la Symphonie mais il l'avait toujours perçue d'une manière ou d'une autre. Et là, il n'y avait plus rien...
Fenris prit sur lui, le moment étant mal venu pour avoir de telles pensées en tête. Son attention se porta sur les nécromanciens qui évoluaient en pleine lumière ainsi que sur l'immensité d'ombre qui s'étendait derrière eux. Car s'il n'y en avait aucun signe pour l'instant, il savait que ces monstres n'étaient pas venus seuls...

Mais alors qu'il cherchaient à observer quelques mouvements parmi les buissons qui trahiraient la présence des non morts les plus proches, nombre de regards se posèrent sur sa compagne. L'Aigle semblait alors complètement absent aux yeux des nécromanciens qui ne voyaient qu'Halie et sa particularité. Mais lorsque l'un d'eux fit mine de faire un pas vers elle, la vue de la Protectrice lui fut aussitôt masquée par la carrure de Fenris qui s'interposait entre eux. Il fit crisser ses lames l'une contre l'autre afin de faire savoir à l'homme qui lui faisait face que, s'il voulait la toucher, il devrait d'abord en passer par lui.
Autour de cette scène inattendue, les réactions étaient très diverses. Un homme plongea dans la rivière glacée. D'autres restèrent figés pendant que leurs acolytes se tenaient prêts au combat. Dans les fourrés, l'agitation commençait à se faire sentir après la découverte de l'elfe dépourvue d'âme et un mort tendit un bras hors des feuillages en la direction de la Protectrice. Modifiant ses appuis, Fenris se préparait au combat. Pas question pour lui de foncer tête baissée vers un ennemi qu'il ne pouvait ni voir ni évaluer. Impossible non plus de quitter Halyalindë qui intéressait leurs adversaires d'un peu trop près. Il les attendait donc là de pied ferme.

Le bruit caractéristique d'une lame fendant l'air raisonna près du nécromancien. L'Aigle porta son regard asymétrique dans sa direction et vit une femme brandit son épée dans sa direction, semblant presque le défier. Il ne lui fallut guère longtemps pour se rendre compte de la nature de la téméraire. De nombreuses questions commencèrent à émerger dans l'esprit de l'elfe mais elles furent aussitôt tues lorsqu'il reconnut les vêtements que la drow portait. Il comprit alors la raison pour laquelle celle qui semblait s'imposer comme le chef de cette troupe de naufragés cachait son visage.
Toutefois, cela ne sembla pas perturber le groupe d'hommes armés dont le chef commanda l'assaut. Cela voulait donc signifier qu'ils savaient... Mais comment pouvaient-ils avoir choisi de la suivre ?...

Méfiant, Fenris jeta un regard en direction d'Halie comme s'il voulait communiquer avec elle mais sans qu'aucun mot ne soit prononcé.
Comme s'il voulait savoir ce qu'elle pensait et ressentait en cet instant.
Comme s'il voulait s'assurer que les paroles du nécromancien ne l'avaient pas affectée.
Comme s'il voulait lui renouveler l'assurance de ses sentiments indéfectibles.
Comme s'il voulait lui assurer que, quoi qu'il arrive, il resterait à ses côtés pendant la bataille.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Dim 5 Fév 2017 - 9:36

Trouver un moyen de déconcentrer les mages... Et bien elle avait mieux réussi que prévu visiblement... Tous les yeux se braquèrent sur elle... pas d'âme... Elle mis une seconde à réaliser. Une seconde de trop. Un cri et une lame passèrent au bord de son champ de vision. Une drows?!

Les murmures crissaient dans son crâne comme de la glace sur une lame chauffée à blanc, emplissant tout l'espace que la Symphonie avait laissé.

Au coude à coude avec Fenris, elle souri de son regard, mordant dans sa langue pour ne pas perdre pied... sans succès. Le goût de cuivre emplit lointainement ses papille. Nulle douleur ne tendit sa mâchoire.

Elle acquiesça dans la direction de Fenris.

La drow avait sonné la charge, l'elfe porta le premier coup au chef des conjurés sous les rires et les cris de spectateurs d'un autre monde.
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Loup-Gris
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   Jeu 23 Fév 2017 - 5:26

L’acier glissa à un cheveu d’Agghiba, qui, ironiquement, avait frôlé la Mort…

Et là, tout s’accéléra.

Les nécromanciens se mirent à baragouiner de sombres formules, entachées par des millénaires de sang versé et de chair donnée en offrande. L’un des rameurs sentit alors ses pieds décoller lentement du sol, et sa barbaque s’ouvrir de plus en plus grande, déchirant la peau de ses joues et faisant grincer les os de sa mâchoire. Agitant les bras pour empêcher l’inévitable, il sentit en hurlant sa peau se déchirer, et ses os céder sous la pression magique. Ses yeux se révulsèrent, et un flot de sang se déroba à sa bouche, alors qu’il s’agitait de spasmes sporadiques.

L’un des mercenaires fit voleter sa lame vers un des sorciers, qui récolta la lame dans son épaule. En pleine psalmodie, le nigromancien cracha du sang en sifflant, puis tourna sa tête à quatre-vingt-dix degrés pour fixer le guerrier. Ce dernier sentit alors des griffes invisibles lui lacérer le ventre, et lui labourer le thorax. Il lâcha son épée, se vautrant sur le dos en braillant comme un possédé. Le nécromancien s’effondra sur les genoux peu après, regardant la lame avec un air à la fois surpris et mystique. Ce fut avant qu’il ne se fasse trancher la tête par un autre mercenaire en furie.

Les autres nécromanciens usaient de leur magie pour blesser leurs opposants. Çà et là, des sorts faisaient fondre les yeux dans leurs orbites, ou entaillaient profondément bras et jambes. Une gerbe de sang gicla du corps d’un homme en train de se morfondre à terre, lui arrachant un hoquet de surprise. Une large entaille lui avait ouvert le biceps, par la simple volonté d’un être mauvais. Et alors qu’un rameur tentait de prendre la fuite, un autre des nécromants avait levé sa main vers le ciel, faisant s’effondrer le rameur sur la berge. Il lui avait fendu les os…

Dans tout ce tumulte, et afin de palier à l’avantage numérique et à la menace des lames, un groupe d’êtres difformes, à mi-chemin entre le mort et le vivant, sauta des buissons desquels avait retenti le tumulte plaintif auparavant. L’un de ces ignobles séides sauta sur un homme, tentant de le griffer et le mordre par tous les moyens. Un autre perdit son bras en voulant parer de son poignet l’épée d’un mercenaire. Le reste de l’étrange troupe se frayait un chemin dans la mêlée, pour tenter de retenir les hommes venus frapper leurs maîtres. Jusqu’ici, un seul nécromancien était mort, ce sale pervers de Thrarr, plus ami avec les morts qu’il ne le fut jamais avec les vivants. Mais Haron et Hoona arboraient déjà de vilaines plaies, avant que leurs créations macabres ne leur viennent en aide…

Dans le feu de la bataille, et alors que tous s’affrontaient dans une cacophonie entrecoupée de cris de rage et de hurlements glaçant les sangs, Agghiba était calme. Comme un îlot au milieu d’une mer démontée, il tendit le bras vers ce qu’il lui semblait être la création la plus parfaite de ce monde… Cette Elfe sans âme. Fasciné, il posait ses yeux fous et étranges sur la femelle, éclipsant complètement le mâle qui l’accompagnait. Il en avait même oublié tous les dangers qui l’entouraient, lâchant le crâne d’enfant qu’il tenait entre ses doigts.

Et c’est alors qu’il les leva doucement en direction de l’Elfe. Ses yeux se révulsèrent, et dans un soupir rauque et fort, se répercutant dans sa bouche, il prononça des paroles de mort, des paroles empreintes de malévolence et de géhenne. Ses doigts s’arquèrent, et se tordirent. C’était la fameuse manipulation du sang, sa technique favorite. Il pouvait contrôler l’Elfe comme une poupée de chiffon, lui faisant faire tout ce qu’il souhaitait. Et là, ce qu’il souhaitait, c’était la toucher… Voir en elle ce qu’avait vu Haron. L’Elfe sans aucun esprit l’habitant, mais marchant dans le monde des hommes comme si elle en était dotée.

Agghiba, ne faisant plus attention à rien, força alors l’Elfe à courir vers lui, lui faisant lâcher ses armes. Un sourire à couper les racines d’un arbre sur le visage, il se servit de son autre main pour tenter de forcer le mâle à s’agenouiller.
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MessageSujet: Re: Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.   

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Une sombre clarté, une douce malveillance. Bienvenue dans les Hortles.
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