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 L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.

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Méliane de Lancrais
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MessageSujet: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Mer 28 Sep 2016 - 18:51

Rp prenant directement suite après L'ombre du soleil.


Quand le pretre de Tyra en eut fini de ses prières et de ses litanies, il braqua son regard sur la duchesse, lui indiquant, d'un geste de la main, que si elle le souhaitait il était désormais a son tour de gagner l'estrade et de prendre la parole. Inspirant profondément, elle délaissa la main tendre de sa fille, non sans y avoir puiser un peu de courage en une dernière pression, avant de se lever. Les pas qui la portèrent sous les regards de tous étaient mesurés, son corps était droit, son menton relevé. Les seuls signes évidents de sa douleur se trouvaient en son regard. Si il était brillant, aucunes larmes ne coulaient pourtant sur ses joues. Ses yeux contemplèrent une bref seconde l'assistance puis sa voix s'éleva, claire et forte. " Je ne saurais trouvée de mots suffisamment fort pour vous faire part de ma gratitude a vous voir tous ce jour, réunis ici, pour rendre un dernier hommage a mon époux, le duc Oschide d'Anoszia. Je crains d’ailleurs que les mots ne me viennent également a manquer pour rendre justice a l'homme qu'il était et pour témoigner de tout l'amour et du respect que j'avais pour lui. " Ses mains, a l'abri des regards dans les pans de sa robe, se crispèrent tandis qu'elle s’efforcer de poursuivre sans faillir. " Si ma peine est grande ce jour, je sais qu'elle n'est rien en comparaison de celle ressentie par sa famille. Les présents comme les absents. "

Elle fixa un a un tout les Anoszia présents dans la chapelle, leur témoignant de par ce bref échange, toute sa sympathie. " Je pense a ses frères, a ses sœurs, qui perdent leurs aînés, un etre aimant qui avait grand regret de ne pas eu le courage de d'avantage leur dire combien ils comptaient a ses yeux. Mes pensées se tournent également vers son père qui, qu'importe le jour ou l'endroit ou il soit, souffre de la perte de ce fils pour qui il aurait tout donné. " Ses lèvres se serrèrent un instant, tandis qu'elle déglutie avant de reprendre d'une voix qu'elle espérait égale. " Mon époux était un homme fier, chacune de ses actions étaient guidées par ce qu'il pensait juste. Influencées par son sens du devoir et l'honneur qu'il désirait voir rejaillir sur nos terres et les siens. Si parfois il fut victime de sa grande impulsivité, tout ceux l'ayant connus savent qu'il avait grand cœur et qu'il faisait toujours passé l’intérêt des siens avant toute chose. Les décisions qu'il eut a prendre cette dernière année lui furent un poids douloureux et pourtant jamais il ne faillie en son devoir. A peine duc il prit sur lui d'assurer la prospérité de nos terres. " Elle hoche la tete, un sourire mélancolique étirant ses traits alors qu'une de ses mains vient se poser sur sa taille désespérément plate depuis plusieurs enneades déjà.

" En m'épousant en plus d'une couronne et d'un titre, il y gagna une femme malade et pourtant jamais il ne s'en plaint, jamais il ne rechigna a me témoigner de son affection ou de son soutien. En plus d’être un duc investi, il fut un époux aimant, un beau père attentionné. Le manque qu'il va laissé derrière lui, jamais ne saurait être comblé. " Les yeux de Méliane se ferment un instant, pour retenir des larmes qu'elle se refuse a laisser couler. " Le seul réconfort qu'il nous reste se trouve en les souvenirs qu'il nous laisse. " Son regard se porta sur Castielle de Sombrerue et l'enfant qu'elle berçait au creux de ses bras. Son cœur se comprimant douloureusement, elle prit malgré tout sur elle pour ne pas flancher. " Il sera de notre devoir de parler de lui a tout ceux n'ayant pas eu le privilège de le connaitre. C'est par nos mots qu'il vivra a jamais parmi nous. " Elle se tourna lentement vers le corps de son époux, qui reposait, derrière elle, sous une étoffe voilée. Elle approcha une main tremblante de sa dépouille tandis que de l'autre elle couvrait sa bouche pour retenir un sanglot. Se parant de tout le courage qu'il lui restait, elle posa finalement sa main la ou, sous le drap, devait se trouvait son cœur.

Elle resta ainsi de longues secondes, incapable de prononcer un mot, faisant ses adieux au seul homme qu'elle eut jamais aimée. Celui qui l'avait abandonné et pourtant qu'elle ne parvenait pas a reniée. Sa voix s'éleva finalement pour rejoindre ses adieux silencieux. " Au-revoir mon aimé, puissiez vous gagné un monde meilleur ou les dieux vous accueilleront, pour vous couvrir de pardon et de joie, dans la grande mansuétude qui est leur. " D'une voix inaudible pour le reste de l'assistance elle ajouta, la voix brisée: " J'ose croire que vous avez retrouvé nos enfants, et que vous prendrez soin d'eux comme je n'ai moi même pu le faire, en attendant l'heure ou mon destin m'appellera auprès de vous. " Sa deuxième main alla caressée la forme d'un bras sous l'étoffe, puis inspirant profondément elle se recula. " Adieu. " Ses pas la portèrent sur le coté de l'estrade ou elle resta debout, l'air digne, son cœur en lambeaux et ses yeux brillants de larmes difficilement contenues. L'on pourrait croire que le plus dure était passé, mais elle savait que les mots qui viendraient d'autres lui feraient tout autant de mal que ceux qu'elle avait eut elle même a prononcer. Elle obligeait son regard a ne pas se porter sur le corps de son époux, comme elle s'était fait violence pour ne pas soulever le drap couvrant sa dépouille. Que n'aurait t'elle pas donnée pour le contempler une dernière fois, mais elle savait aussi que cela lui aurait fait plus de mal que de bien. Mieux valait qu'elle en garde une autre image, celle de ses yeux bleu plein de tendresse ou de son sourire débordant de joie de vivre et d'amour. Une larme glissa sur sa joue et cette fois, elle ne fit rien pour l’empêcher.
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Angelina de Solaria
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Mer 28 Sep 2016 - 18:51



Lâchant a regrets la main de sa femme, qu'il serra brièvement pour se donner du courage, Oscario d'Anoszia fut le premier a se lever pour rejoindre l'estrade après l'hommage rendue par la duchesse. En passant a coté d'elle il captura sa main pour la baiser, brièvement, témoignant de par ce simple geste de son soutien mais aussi, du moins l'espérait t'il, de son réconfort. Il se tourna ensuite vers l'assemblée pour prendre la parole. Si sa voix était claire et forte, elle n'en était pas moins chargée d'une peine palpable, a l'image de la douleur présente en son regard. " Oschide avait beau etre l’aîné de notre fratrie, jamais je n'aurais pu imaginé etre un jour celui devant faire son éloge funèbre. De nous deux, malgré qu'il s’entêtait a vouloir prouver le contraire, j'étais celui vivant le plus dangereusement. Je pourrais m'essayer a vous vanter ses mérites et ses qualités, mais je sais que d'autres le feront bien mieux que moi. A l'image de son épouse, qui de par ses mots, a gonflée mon cœur de fierté, d'honneur et de reconnaissance.  " Il eut un léger sourire.

" Il serait chose peu aisée que de taire le fait que moi et Oschide ayons eu de nombreux différents, mais qu'elle famille n'en a pas ? Nous nous querellions, la majeur partie du temps, sur des choses sans importances, des broutilles qui plus tard nous faisaient sourire. Pourtant quand le besoin de l'autre se faisait sentir, toujours nous répondions présents. A l'heure ou il est temps de lui faire nos adieux, je me rends compte qu'au delà de nos différences, nous avions plus en commun que je ne le croyais. " Son regard se porta sur Angelina qui assise sur le banc, auprès de ses sœurs, tenait en ses bras sa fille. A leurs vues, un sourire illumina ses traits, ternis par le chagrin, tandis que le regard brillant il poursuivait. " J'ai deux grands regrets en ce jour ou il n'est plu. Celui de ne jamais avoir pu le remercier d'avoir apporter dans ma vie l'un des plus grands bonheur qui soit et celui de lui avoir fait défaut dans les derniers instants de sa vie. Jamais je ne me pardonnerais de ne pas avoir été la pour le ramener auprès de sa femme, de son peuple, mais je promets de consacrer dés lors chaque jour de ma vie a prendre soin des sien, des nôtres. Il n'est plus la pour guider notre famille, les protéger ou triompher de nos ennemis, c'est donc a moi qu'il incombera désormais de le faire. Puisse t'il me guider depuis le royaume des morts, afin que je sois a la hauteur de cette tache. "

Sa voix se réduisant a un murmure, il prononça quelques mots de plus: " Tu es parti bien trop tot Oschide, ta femme avait besoin de toi, ton peuple avait besoin de toi, ta famille avait besoin de toi et .. moi j'avais besoin de toi mon frère. " Ses poings se serrèrent tandis qu'il restait la, sans bouger, son regard, au bleu familier, a la fois emplie de douleur et de colère. Il ne reprit cours a la réalité qu'en sentant le contact de la main d'Angelina se posant sur la sienne. Elle tenait Faustina tout contre elle, son regard témoignant de plus de soutien qu'il n'aurait pu en espérer. Il la délesta de son précieux fardeau avec douceur, serrant bientôt sa fille contre son torse, y puisant un réconfort bienvenue. Il baisa délicatement la main de sa femme, accrochant brièvement son regard au sien, avant qu'il ne s'écarte pour qu'elle ne prenne place a son tour devant la dépouille d'Oschide. Il retourna s'asseoir auprès de ses sœurs. Glissant un bras par dessus les épaules de la douce Cecyllia, tandis que du bout des doigts, il caressait celle de Lucrezia qui était toute blottie contre leur jeune sœur.  

...

Jusqu’à l'instant de prendre place devant l'assemblée, Angelina n'avait sue dire si elle prendrait ou non la parole. Les motifs étaient nombreux, la crainte de s’effondrer, celle de ne pas trouver les mots, celle au contraire de trop en dire, risquant ainsi de blesser son époux. Et c'est justement ce dernier, en s'écartant, qui lui avait fait prendre conscience qu'elle devait prendre la parole, il ne pouvait en etre autrement, sans quoi elle s'en serait voulue jusqu'a la fin de ses jours. Dans la cours, il lui avait été une épreuve difficile que de voir arrivé le corps voilé de son meilleur ami, pourtant la petite Faustina tout contre elle et le bras d'Oscario autour de sa taille, elle n'avait pas versée une larme. Qu'il soit mort avait encore quelque chose d’irréel, qu'importe qu'elle en eut été informer depuis prés d'une Enneade déjà. Il avait fait partie de sa vie pendant 13 années et elle peinait aujourd'hui a croire qu'a l'avenir il ne pusse pu en etre de meme. Elle se refusa donc de poser les yeux sur sa dépouille, de crainte que tout courage ne la quitte. Elle inspira profondément avant que sa voix ne vienne raisonnée entre les murs de la chapelle. " Oschide d'Anoszia a été pour moi le meilleur ami qui soit. Mais dire qu'il n'a été que cela, serait une offense a sa mémoire et a notre relation vieille de 13 années. "

Elle accrocha son regard dans celui d'Oscario, qui d'un hochement de tete, l'encouragea a poursuivre. " Notre première rencontre ne nous destinait pas a devenir amis et pourtant elle témoigna déjà du genre d'homme qu'il était. Téméraire, courageux et toujours prés a aider les autres. Il me libéra ce jour la d'une situation délicate. Si il aima ensuite, au fil des ans, parlé du nombre de fois ou je lui avais sauvée la vie, il oubliait trop souvent la façon dont lui avait changé la mienne. Il a été une lumière en des temps sombres, un appuis, un soutien, une raison de continuer a avancer. Contrairement a ce qu'il pouvait pensé, il ne me devait rien et moi je lui devais plus que jamais je n'aurais l'occasion de lui dire. " Elle se racla légérement la gorge avant de déglutir. L'émotion menaçait de la submerger alors qu'elle la repoussait depuis de nombreux jours. " Beaucoup se plairont a ne se souvenir que de ses erreurs, mais que celui ici n'en ayant jamais fait jette la première pierre. Il était humain et cette humanité l'a parfois fait faillir quand trop a l'écoute de cette impulsivité qui le caractérisait, il se lancer trop vite dans la bataille. Prenant parfois des décisions trop hâtives et s'attirant bien trop d'ennuis pour la santé mentale de la pauvre amie que je lui étais. " L'ombre d'un sourire gagna ses traits.

"Qu'importe cela, qu'importe ses défaites, ce que je retiendrais de lui c'est l'ami véritable qu'il était, le frère, le fils et l'époux aimant. Le duc valeureux et fier. L'homme honnête et généreux qui ne manquait jamais d'écouter son cœur. Le monde ne sera plus jamais le meme sans lui et ma vie sera bien vide sans sa lumineuse présence pour l'éclairer. " Des larmes roulèrent sur ses joues, tandis que son regard témoignait de toute l'affection qu'elle avait eut pour lui. Prenant sur elle, elle se tourna vers ce qu'il restait de son meilleur ami, glissant une main sur la forme d'une épaule. " Le monde avait encore besoin de vous Oschide, les dieux vous ont rappelés bien trop tot a eux. " Dans un souffle a peine audible, elle ajouta: " Moi aussi j'avais encore besoin de vous, il y'a tant de choses que nous n'avons pas eu le temps de nous dire. Je prendrais soin de votre famille mon ami, comme je me suis efforcer a prendre soin de vous, bien que j'ai faillie en cela, je vous le promets. " Refoulant un sanglot, elle glissa ses doigts a ses lèvres avant de les reposer sur l'étoffe voilée. " Adieu mon ami, puissions nous un jour nous retrouver, jamais je ne vous oublierais. "  

Elle s'écarta ensuite de l'estrade pour se glisser devant Méliane, elles se fixèrent un instant en silence puis la dame de Solaria attira la duchesse entre ses bras, lui caressant doucement le dos avant de souffler a son oreille. " Il vous a aimé plus que toute autre chose Méliane. Jamais il n'y'aura de mots assez fort pour dire combien il tenait a vous, mais cela se voyait en chacun de ses gestes, cela s'entendant en chacun de ses mots, quand a son regard il débordait de toute l'affection qu'il vous portait. Je sais qu'en ce jour ou il n'est plus, cela ne vous sera guère d'un grand réconfort, mais il vous aimait, ne l'oubliez pas. " Elle s'écarta ensuite, mais Méliane garda un instant ses mains dans les siennes: " Merci Angelina, il serait heureux pour vous et Oscario. Il vous aimait aussi. " Elle adressa un sourire a la duchesse, admirant une fois de plus la force avec laquelle elle se tenait debout, donnant a tous l'illusion qu'elle allait bien alors que ses yeux étaient le reflet de plus de souffrance que quiconque devrait avoir a en supporter. D'une dernière pression sur ses mains, elle s'en détacha pour rejoindre Oscario. Il l'attira tout de suite contre lui, d'un bras glissait sur ses épaules, tandis que sa bouche venait se poser sur le sommet de son crane. Ils n'échangèrent pas un mot, par ce qu'il n'y avait rien a dire, chacun ne comprenant que trop bien la peine de l'autre. D'une main elle captura les doigts de son époux reposant sur son épaule, tandis que de l'autre elle s'emparait d'une des paumes de la petite Faustina, puisant en ses contacts la force de ne pas s’effondrer. A l'heure ou elle avait perdu l'une des personnes ayant le plus compter dans son existence, elle rendait grâce aux dieux de les avoir amener dans sa vie. Ils étaient désormais ce qui lui permettait de ne pas sombrer. Un rôle Qu'Oschide avait longtemps tenu. Adieu mon tendre ami, pensa t'elle le cœur en miette, des larmes ruisselant sur ses joues, tandis que la prise d'Oscario autour d'elle se raffermissait.

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Sarina de Feoda
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Jeu 29 Sep 2016 - 0:07



Sysiphe d'Anoszia avait pensé prendre la parole après son frère, mais quand il avait vu la dame de Solaria le rejoindre sur l'estrade, il lui avait naturellement laissé sa place. Avant meme qu'elle se fut rassise, il se leva donc prestement, peu désireux qu'un autre parle encore avant lui. Sur le chemin le menant au centre de l'attention, il échangea un regard avec son frère, effleura d'une caresse la joue de sa sœur Cecyllia et serra entre ses paumes la main de sa jumelle Lucrezia. Enfin juste avant de se positionner devant la dépouille de son frère, il baisa la main de la duchesse a la fois pour lui témoigner de son réconfort mais également de sa reconnaissance. Si il pouvait etre la ce jour, soutenue dans cette épreuve par sa femme, c'est a elle qu'il le devait. Inspirant profondément, il prit la parole d'une voix entrecoupée par l'émotion. " Je n'aurais pas l'éloquence de ceux qui m'ont précédés je le crains, néanmoins c'est avec mon cœur que je vous parlerais d'Oschide. Le cœur d'un jeune frère admiratif qui ne rêvait que de suivre les pas de son aîné. Depuis les prémices de ma vie, lui et Oscario m'ont toujours étés des model, un idéal a atteindre. "

Posant son regard sur l'assemblée, il accrocha ses yeux a ceux de sa femme y trouvant le réconfort espéré en l'amour et le soutien qu'elle lui portait. " J'aurais tout fait pour lui comme je sais qu'il aurait tout fait pour moi. Il est mort loin des nôtres, seul. Je ne connais donc pas la douleur qui a été sienne, mais je ne peux que l'imaginer en mesure de ce que je ressens sachant que de toute ma vie, je ne savourerais plus sa présence a mes cotés. Il m'a été un frère, un protecteur, un soutien, un model, un instructeur. Ce que je ne tiens pas de mon père ou de mon autre frère, c'est a lui que je le dois. C'était un grand homme, l'un des meilleurs qui soient a mes yeux et jamais je ne l'oublierais. " Craignant de ne laisser échapper quelques larmes si il continuait, il se tourna vers le le voile qui recouvrait le corps du duc avant d'y poser une main solide. " Adieu mon frère, puissent les dieux prendre grand soin de toi jusqu'au jour ou nous nous retrouverons. "

Déglutissant, il inspira profondément avant de quitter l'estrade pour rejoindre la banc ou l'attendait sa sœur Cornélia, dont il pressa gentiment l'épaule, et son épouse Sarina. Il s'installa prés d'elle avant de quérir sa main dans les siennes pour la porter a ses lèvres et la baiser délicatement. Il rendait grâce aux dieux qu'elle soit a ses cotés, elle et leur enfant a naître, en ces temps sombres, cela lui donnait la volonté de vivre et de se battre pour un futur meilleur. Il le devait aussi en respect a son aîné, qui lui n'était plus la pour profiter de la vie. Nous vivrons pour toi Oschide et nous ferons perdurés ton nom a travers les ages. Ta vie est peut etre fini, mais en nos mémoires tu vivras. Pensa t'il en glissant un bras autour des épaules de sa femme.

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Cécyllia d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Jeu 29 Sep 2016 - 11:04


Assise au premier rang, entre Lucrezia et Oscario, Cécyllia semblait figée. Pétrifiée. Depuis le jour lui annonçant la mort d’Oschide, elle avait eu le temps d’assimiler l’information. Elle savait que plus jamais elle ne reverrait le regard de son frère se poser sur elle, elle ne l’entendrait plus, elle n’espérerait plus un geste affectueux de sa part. Cela, elle en avait pris conscience à la seconde où on lui avait annoncé sa mort. Mais elle n’avait pas été préparée à le voir… Il était étendu là, sur l’estrade face à elle, recouvert d’un voile sombre… Il semblait dormir.
Quand on leur avait annoncé l’arrivée du navire qui transportait la dépouille de son frère, Lucrezia avait vu pâlir sa jeune sœur en un coup d’œil. Elle avait fait savoir que les deux jeunes femmes se rendraient directement à la chapelle. Inutile de chercher le moindre prétexte, inutile de masquer leur douleur sous de fausses excuses. Cécyllia ne mangeait pratiquement pas, elle dormait mal, chaque nuit Lucrezia venait la rejoindre pour calmer ses sanglots et à présent elle faisait peine à voir, pâle dans sa robe noire. A croire qu’elle ne pourrait jamais tenir sur ses jambes.

Ses yeux ne quittaient pas le corps de son frère, comme si elle espérait encore le voir bouger… Il fallait qu’il se réveille. Qu’il se réveille maintenant. Elle voulait le secouer, lui hurler de revenir. Mais plus rien ne semblait animer son corps.
Le bras d’Oscario vint se poser sur ses frêles épaules et il l’attira contre  lui doucement. Elle revint à la réalité, constatant qu’elle n’avait rien entendu de ce qui avait été dit. Lorsque Sysiphe passa devant elle, sa douce caresse lui fit lever les yeux vers lui. Elle croisa son regard et le suivit tandis qu’il s’avançait sur l’estrade pour parler de leur frère. Ses mots la poignardèrent brutalement, la souffrance  était aussi physique qu’émotionnelle. Un sanglot lui échappa et presque aussitôt les bras de Lucrezia se nouèrent autour d’elle. Non elle ne pouvait pas rester là, elle ne pouvait pas supporter de le regarder allonger là. C’était trop dur pour elle… Et pire que tout, cela lui renvoyait l’image d’Azénor…

Sysiphe revint s’asseoir et le silence s’installa quelques secondes dans la chapelle. Les gens attendaient sûrement que chaque Anoszia prononce un mot. Mais à quoi bon, il n’était plus là. Oschide n’était pas là pour les entendre, à quoi cela servirait… Et puis toutes ses choses qu’elle aurait voulu lui dire … elle n’aurait voulu les lui dire qu’à lui, pas à tous ces gens rassemblés là. Lui, il lui avait écrit une lettre, il lui avait écrit les mots qu’elle avait toujours espérer entendre dans sa bouche. Mais il l’avait privé de ça. Elle ne pourrait jamais lui dire combien elle l’aimait, combien elle avait toujours eu peur de le gêner, combien elle avait été mal à l’aise si souvent en sa présence et comme elle aurait espéré qu’il la prenne dans ses bras pour la rassurer.  Mais il n’était plus là… et il était hors de question qu’elle dise tout ça à présent.
Ses joues étaient inondées de larmes, son corps entier tremblait pourtant elle parvint à se lever sous le regard inquiet de Lucrezia qui se demandait si elle ne devait pas la soutenir. Elle n’en fit rien et Cécyllia ne demanda nulle aide.
Il n’y avait que quelques marches mais ce fut les plus douloureuses de toute sa vie et au lieu de se dirigeait vers Oschide, comme ses frères, elle s’approcha de Méliane et se planta face à elle. Au prix d’un effort qui fit redoubler ses larmes, elle leva ses yeux vairons pour les plonger dans ceux de sa belle-sœur.


« - Je suis désolée… » murmura-t-elle difficilement en prenant les mains de la jeune femme dans les siennes « - Je … je ne peux pas … je n’y… je n’y arrive pas … Pardonnez-moi… Je ne peux pas…le voir… comme ça…»

Elle serra un instant les mains de la Duchesse tandis qu’un sanglot la secouait à nouveau. Elle voulait se montrer digne, forte, à l’image de Méliane. Mais elle en était incapable. Elle n’y parvenait plus.
Sans un regard vers la dépouille de son frère, Cécyllia descendit les marches et quitta la chapelle d’un pas précipité, les yeux remplis de larmes et le cœur en lambeaux.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Lun 3 Oct 2016 - 10:13

Nimmio se tenait en retrait, observant la scène avec compassion, demeurant immobile tandis que chacun prenait la parole pour saluer l’homme qui fut Duc de Langehack. Des mots profonds parfois, touchants, toujours. Le Duc du Médian et représentant de la ligue n’était pas tout à fait à l’aise dans cette situation. Si Oschide avait été un de ses proches quelques temps, les événements et les divergences d’opinion les avaient finalement éloignés. Aussi, bien qu’ayant pour son ancien allié beaucoup de sympathie, il ne savait plus si, aux yeux du langecin, il était demeuré un ami ou était devenu, au fil du temps, un adversaire politique.

Oschide, fidèle à son tempérament fougueux avait finalement trouvé son destin dans le nord, loin des siens au cours d’événements qui restaient, aux yeux du médianais, à élucider. Maisune chose était certaine, c’était que le nouveau propriétaire des terres berthildoises ne semblait pas être un homme à qui l’on pouvait se fier ni tourner le dos.

Et puis, il y avait eu les événements du sud, avec la déchéance surprise du patriarche de la famille Anoszia et toute sa lignée, dont une partie était présence en ce jour funeste. Tout un symbole particulièrement dur à encaisser.

Mais le Duchesse tenait bon. Elle semblait être en mesure de surmonter sa douleur pour continuer à avancer. Il s’agissait là d’une de ces femmes qui font face avec courage à l’adversité, aussi dure soit-elle, une de ces femmes qui peuvent gouverner à l’égal de n’importe quel homme. Ils auraient prochainement beaucoup à se dire, mais l’heure n’était pas aux discussions politiques, fussent-elles urgentes et importantes.

Une fois que chacun eut parlé, le Duc du Médian s’agenouilla dans l’allée, suivi par les hommes de son escorte diplomatique, dans un geste solennel mais discret. Il n’était pas là pour se faire remarquer.

Adieu l’ami, puisses-tu avoir trouvé la paix et le repos là où tu es.

Se redressant, il envoya un signe de tête plein d’humilité et de compassion en direction de la Duchesse, avant de se retirer. Il resterait à sa disposition à l’issue de la cérémonie. Langehack venait de perdre son Duc, mais la vie devait continuer.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Ven 7 Oct 2016 - 7:04


Spoiler:
 


Alain de la Rochepont avait été dépêché à l'enterrement du Duc de Langehack pour représenter le baron. Jérôme aurait voulu être présent lors de ce funeste événement mais la date coïncidait avec l'élévation de la Haute Prêtresse de Néera à Diantra et il ne pouvait pas être à deux endroits en même temps. Le choc qu'il avait reçu en apprenant le décès d'Oschide était important, encore plus dans la manière dont sa mort était survenue et les rumeurs qui couraient bon train. Présent également au mariage de sa soeur, Azénor et de son suicide tragique, il semblait que le sort s'acharnait sur la famille d'Anoszia avec le bannissement du patriarche. Jérôme n'aimait pas la tournure que prenait les choses et il avait prit quelques mesures comme le renforcement de la frontière d'Etherna avec Olyssea et Sainte-Berthilde par exemple. Son réseau d'espions, rompu par le temps et les guerres successives, cherchaient à s'infiltrer partout, cherchant à rassasier la boulimie du baron en matière de renseignements. L'émissaire envoyé par Jérôme avait une lettre qu'il devait faire parvenir à la Duchesse et dans laquelle il s'excusait de ne pas être présent en personne, qu'il compatissait et qu'il se joignait à son chagrin. Il lui disait également qu'il aimerait la rencontrer lorsque ce serait possible, si elle le voulait bien.

Malgré le dernier courrier expéditif du Duc au baron, ce dernier avait apprécié l'homme qu'il avait rencontré pour la première fois alors qu'il était capitaine royal d'une compagnie venue le soutenir. Le franc-parlé qu'ils avaient eut avait permit à Jérôme d'ouvrir les yeux sur la régente qui n'avait d'ailleurs pas tardé à le trahir alors que c'était elle qui l'avait mit en fâcheuse position. La Duchesse avait ensuite rectifié le tir en s'excusant pour les propos de son époux. Alain, en ambassadeur rompu, écouta tout ce qu'il se dit et enregistra les personnes présentes, cela afin de le rapporter à son suzerain. Lorsque son tour vint, il salua le corps du défunt avec toute la déférence qui lui était dû. Il fit ensuite parvenir le courrier à la Duchesse dès que la bienséance le permit.
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Zoïle
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Sam 8 Oct 2016 - 22:17



Tant de colère et de rage contenue dans une si jeune fille. Ses déplacements habituellement enjoué et fluide étaient raides et lourds. Les poings serrés, elle n'arrivait pas à chasser toute cette colère qui l'habitait. Le trajet jusqu'à Langehack l'avait fatigué et occupé, mais depuis qu'elle y était, toute cette hargne s'était accumulée et occupait toutes ses pensées. Et aujourd'hui, on lui avait demandé d'affecter une mine triste de circonstance. Elle s'y efforçait, mais comme résultat qu'elle avait surtout l'air grimaçante. Elle transpirait la colère. Dans sa robe noire, ses yeux le paraissaient encore davantage sur sa peau et ses cheveux pâles. Agressive, elle avait envie de frapper tout ceux qu'elle croisait et de leur faire très mal. C'est ça, elle avait envie de faire mal à tout le monde. Leur faire très mal. Tout ce qu'elle espérait c'était que quelqu'un vienne lui chercher querelle pour lui faire payer toute sa colère pour le monde entier.

Pour éviter ce genre de désagrément, elle s'isolait. Elle était seule, la plupart du temps. Seule avec Lufotu. Elle se terrait dans la chambre qu'on avait bien voulu lui céder. Et elle boudait. Elle n'avait adressé la parole à personne, même pas à la duchesse. Elle s,était contenté de garder les yeux au sol et de croiser les bras. De la mauvaise foi ? Oh, très certainement et elle n'avait aucun remords. On lui avait fait des promesses, on lui avait fait miroiter des choses intéressante, puis, on lui avait tout enlevé. Et ça la rend furieuse.

Derrière les Anoszia qui reste, toujours boudeuse dans sa robe noire, elle garde les bras croisés et reste silencieuse. Elle n'a pas d'hommages à faire au défunt duc de Langehack. Elle ne le connaissait pas. Elle reste silencieuse parce que autrement, elle hurlerait sans doute. Elle hurlerait jusqu'à en perdre la voix, jusqu'à s'épuiser. Elle sent les pulsions de Lufotu comme des milliers d'aiguilles dans son corps. Elle ferait fuir la foule comme on fuit devant la terreur. Elle attends que ça se termine, parce qu'on lui a dit qu'elle devait rester. Elle veut être ailleurs. Loin des gens. Elle veut être toute seule. Elle veut maudire le monde toute seule.

Elle veut que le monde entier souffre.
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Dim 9 Oct 2016 - 11:18

« Nul ne devrait souhaiter la mort d'un homme, fut-il le pire d'entre eux », lui avait en somme déclaré le marquis, lorsqu'ils s'étaient séparés devant Sainte-Berthilde. « D'accord, mais c'était quand même une belle salope », s'était contenté d'objecter roidement le bon lieutenant Heinrich. Les deux hommes avaient alors pris leurs chemins respectifs, et notre héros du jour, triturant ses favorites, s'était promis de méditer les indications de son maître - tout du moins d'y réfléchir distraitement.

C'est qu'une fois de plus, on envoyait le zélé factionnaire dans une mission à laquelle il n'était guère préparé. Pensez vous ? Un troupier serramirois, dans le palais des ducs du Langecin ? Pour attester auprès de la veuve des condoléances de son seigneur ? La chose eut certainement fait grandement rire de la bouche ce brave Heinrich, si l'objet de la plaisanterie n'avait pas été lui-même. Aussi, tâchait-il d'élucider pourquoi - sinon pour la plaisanterie - on l'avait envoyé, lui, là-bas.

À l'évidence, le marquis n'avait pas tablé sur ses talents d'orateur - à raison, car le lieutenant, quand il n'aboyait pas d'ordres à la troupaille, se trouvait bien souvent à court de bons mots. Au contraire, Aymeric, à son départ, lui avait susurré de singulières recommandations : la boucler et observer, somme toute. Tel un golem qu'on scelle au moyen d'un vélin, son seigneur lui avait remis une courte missive à l'adresse de la nouvelle veuve, insistant pour que ces mots parlent à sa place - et à la place de l'émissaire. La chose, en un sens, avait rassuré le bon factionnaire, rasséréné dans des rôles plus coutumiers ; ainsi, sous couvert d'une simple ambassade, l'homme aurait le rôle de l'espion, et non de la diplomatie.

Le marquis ne s'y était pas trompé ; malgré la disgrâce de sa maison, nombre étaient venus rendre hommage à l'ainé des Anoszia. Que pouvaient-on bien trouver à cet homme ? Installé à la tête d'une compagnie royale, sans autre qualité que sa filiation avec un conseiller de sa Cécité, le brave Oschide avait brillé par son goût pour la veulerie et l’atermoiement. Envoyé en Oesgardie pour seconder Clairssac, il avait, au prétexte d'une blessure, détalé au plus vite le champ de bataille, pour mieux gagner la cour doucereuse du Langecin, où il s'était appliqué à séduire la duchesse locale. Guère avare de reconnaissance, il n'avait pas hésité à rejoindre les rebelles quand ceux-ci s'étaient insurgés contre son ancienne maîtresse, et s'était fait parjure aussi vite qu'il s'était fait déserteur.

La suite n'était qu'une farandole d'avanies toutes semblables aux unes et aux autres. Délaissant son paternel, resté aux côtés du Roy, le bon Oschide avait marché de concert avec l'ineffable Nimmio, avant de tourner à nouveau sa veste. Quand on l'imaginait réconcilié avec sa famille et la couronne, le ladre s'avérait conspirer avec le marquis de Sainte-Berthilde. Godfroy avait-il été le plus malin ? Sûrement peu désireux de voir la girouette faite homme le trahir à son tour, l'Effroyable s'était empresser d'embastiller le gandin, avec le funeste sort qu'on lui connaissait. La mort, misérable, de cette parodie d'homme, avait parachevé son existence médiocre.

Aussi quand il entendit ces larmoyant laïus venus de toute part, notre brave Heinrich ne put réprimer ce sens politique qui ne demandait qu'à naître. Tout cela n'était que flatterie! Satisfait, l'homme se félicita d'avoir percé à jour la duplicité des uns, avec une adresse que ne manquerait se souligner son maître. Il entreprit dès lors de recenser ceux qui se trouvaient ici, quand bien même feu le duc avait pu se jouer d'eux de son vivant - et ils étaient légion, puisque l'aimable Oschide avait grosso modo trahi chaque parti péninsulaire. C'est non sans joie qu'il vit le comte de Velteroc, délaissé au moment capital par le plus volatile des Anoszia, faire les yeux doux à sa veuve, tant il est vrai que Langehack, après la déchéance de son duc, se trouvait en porte à faux vis-à-vis de la couronne.

Finalement, après qu'il eut longtemps observé les invités, le factionnaire vint se porter au devant du cercueil, auquel il jeta un regard torve, assorti d'une révérence gauche. La chose faite, le bon Heinrich rendit à son hôtesse, la duchesse Méliane, un vélin au sceau des Brochant, avant de s'en aller.

Citation :
Êtes vous, madame, une fille de l’éther,
Ou bien este un oisel, de la glèbe contrariée,
Pour que tous les hommes semblent voués à la terre,
quand du firmament maîtresse vous demeuriez,

Gardez vous, madame, de quitter vos nuages,
Aucun oisel tombé, dans le monde chtonien,
Ne remonte, madame, vivez donc, vivez bien,
La plus belle tombe n'égale votre ramage,

Le ciel seul, bel oisel, immarcescible cygne
Avant chaque corbin, précédant chaque paon,
De votre vertu, de votre beauté est digne,

Aussi gardez, puisque vous en avez le temps,
Loin de votre cœur tous les esprits volubiles,
Refusez, madame, les amours volatiles

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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Lun 10 Oct 2016 - 19:32


Les préceptes de la Voix de Tyra avait cessé, Blanche avait pieusement répété les prières, copiée par Bathilde qui n’avait à ce jour qu’un enterrement à son actif, celui de son père et celle-ci avait fait peu foi de la tradition ce jour-là. Et c’était Raymond d’Ancenis accompagné de Blanche qui avait guidé la cérémonie, de chœur avec le prêtre de la Déesse des Morts. Aujourd’hui, Bathilde apprenait. Et elle était l’image des terres ancenoises. Elle prenait son rôle très à cœur, espérant ne commettre aucune faute diplomatique. Blanche lui avait expliqué le déroulement de la cérémonie et lorsqu’elle omettait quelques détails, Raymond était naturellement là pour préciser. Elle n’aurait pas à parler. Ce serait Eugénie de Hautval qui le ferait. Blanche laisserait naturellement la parole à Nimmio qui se tenait à côté d’elle. Les yeux se redressaient machinalement sur la carrure de son époux tandis que les mots de Méliane vinrent rompre les quelques minutes de silence. Elle écoutait attentivement. Les billes bleues se posèrent alors sur les traits de la jeune femme éplorée. Les rumeurs allèrent bon train sur la mort du Duc. Il était mort en Sainte-Berthilde avec sa sœur, le jour de son mariage. A cette pensée, les poings de Blanche se serrèrent et eut l’impression de manquer d’air. Un instant, le corps flancha sous l’œil inquiet de Bathilde et peut-être de Nimmio. La baronne se ressaisit et posa une main sur l’épaule de sa pupille.  Après de longues minutes et le défilé dans un premier temps de la famille, puis des proches, cela fut le tour de Nimmio. En esquissant un mouvement de tête, Blanche lui emboîta le pas suivie de Bathilde. Raymond s’était avancé à la même hauteur que Nimmio, après tout celui-ci ne devait-il pas du respect à son beau-père, n’est-ce pas ?
Quoiqu’il en soit, les femmes étaient derrières. La mesnie Ancenoise faisait dès à présent face au gisant sous son voile. Eugénie porta sa main à hauteur de ce qui fut son épaule, l’effleurant à peine. Et ce qu’elle avait pensé tout bas, surgit tout haut. La voix était d’une douceur bienfaitrice, claire et limpide.


« Oschide, je me souviens de toi lorsque tu étais petit. Je me souviens d’Hélène et de son sourire. Et seuls ses souvenirs heureux demeureront en notre mémoire. Aucun parent ne devrait enterrer ses enfants. »

Elle marqua une pause, se gardant bien de dire que cela était honteux qu’Arichis ne puisse pleurer son fils et sa fille.

« Puisse là où tu es, avoir retrouvé ta mère aimée, Hélène et ta sœur, Azénor. En ce jour, là n’est pas un adieu. Nous nous retrouverons un jour ou l’autre de l’autre côté. Chacun son heure. »

Eugénie s’inclina dévotieusement devant le linceul, suivie par sa famille. Elle s’attarda sur Méliane à qui elle lança un regard entendu et compatissant après avoir pressé son épaule et si elle l’eut pu, eut un mot pour les deux frères et les deux sœurs qui demeuraient.

Blanche observa le corps inanimé en silence. Oschide, elle ne l’appréciait guère. Pour autant, elle ne désirait pas non plus sa mort, ce qui la dérangeait le plus était sans nulle doute, la tristesse de Méliane et de ses frères et sœurs. Elle entrouvrit les lèvres sous son voile fuligineux puis referma la bouche. Finalement elle s’inclina et alors qu’elle quittait la dépouille, elle murmura inaudiblement pour elle-même.


« J’aurais voulu que nos retrouvailles soient en d’autres circonstances. »

Alors que la fratrie ancenoise défilait et qu’elle présentait tour à tour ses condoléances à la maison d’Anoszia vint le tour de Méliane. Comme tout le monde, elle prit ses mains entre les siennes.

« Ma dame, mon amie, sachez que mon oreille est vôtre. Puisse les dieux et tous les saints vous venir en aide pour supporter cette épreuve… »

Puis elle se pencha pour murmurer seulement pour elle seule.

« Mais nous savons toutes deux que le décès de l’être aimé nous laissera à jamais un grand vide en notre cœur, sempiternellement à vif, blessé… »

Blanche se redressa et lança un regard à Méliane à travers son voile. Après quoi, elle quittait l’estrade avec sa maison, rejoignant religieusement les rangs.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Lun 10 Oct 2016 - 23:29



Arnaut de Laval

Les prises de paroles s'étaient succédé, douloureuses et touchantes, toujours intimes. Pour Arnaut qui était finalement bien peu de chose vu depuis la position d'un duc, assister à ce défilé avait quelque chose de déplacé. Il avait la délicate impression d'être un voyeur dans cette compagnie qui devait faire un deuil difficile... Et pour ses filles, le fait d'être présentes et éplorées à la vue d'un mort dont elles connaissaient à peine le nom était aussi étrange que cocasse...


Mais il représentait aujourd'hui Missède... Et il était le seul étant donné que pour une mystérieuse raison, Charles d'Ethin n'était même pas venu! lui qui passait son temps à déblatérer sur les grands sentiments de son époque, la loyauté et l'honneur... Il aurait mieux fait de suivre ses idées au lieu de les prêcher.


Les doigts du seigneur de Laval, vassal de la famille de la Courcelle, ne pouvaient s'empêcher de passer et repasser sur les sceaux de Missède et d'Ybaen qui fermaient le papier savamment plié qui devait être remis à la duchesse. Il ne s'en faisait pas pour la rapide prise de parole qu'il ferait au défunt. Les flagorneries n'étaient pas dans son habitude et on le lui avait déjà assez reproché. Son maintient et son visage austère n'aidaient pas à lui un abord plus agréable... Mais il écoutait avec un recueillement non feint les interventions des personnes présent, une main posée sur l'épaule de sa plus jeune fille qui semblait terriblement touché par la cérémonie, elle qui n'avait jamais connu la mort que par les contes pour enfants. La cadette, à treize ans, était déjà plus capable de faire la part des choses.


Avant de remonter les rangées de bancs jusqu'à l'estrade depuis le fond de l'assistance, il confia d'un geste Mélisande à sa sœur. Droit comme un i, le visage sévère, il préféra ignorer le fait qu'un Anoszia soit présent, par pudeur et par respect pour son deuil. Il alla saluer dignement la duchesse, s'abaissant jusqu'à prendre sa main pour y déposer le souffle d'un baiser avec une retenue qui lui était propre.


"Votre Altesse, je me nomme Arnaut de Laval. Vous ne me connaissez surement pas, mais je suis ici pour représenter Missède. Mon suzerain m'a demandé de vous remettre ceci en son nom."
continua-t-il en remettant la missive à la jeune duchesse avant de reculer d'un pas. " Je vous demande à titre personnel de ne pas juger son absence d'un œil trop sévère et je vous assure du soutient et de la reconnaissance de Missède."


Il salua une seconde fois et s'avança vers la dépouille.


"A vous je ne peux que jurer que Missède ne laissera plus une telle tragédie se produire. Nous n'oublierons pas quelle a été notre défaillance. Soyez assuré que Sharas a payé pour les crimes de son suzerain..."



Il posa le point sur son coeur et recula avant de laisser l'émotion le gagner. En tournant le dos au cadavre d'un seigneur respecté malgré bien des défauts, il ne pouvait qu'une fois de plus regretter la négligence qui avait conduit à laisser passe les navires berthildois avec à leur bord le duc lui-même. Il prenait cela comme une faute personnelle, même si théoriquement la flotte n'était pas sous son commandement total et que cela avait affaiblit la coordination. Il savait que si ça avait été le cas, les navires seraient quand même passés car il aurait cru en la bonne foi d'un Marquis... Il aurait cru en son honneur... Et il aurait eu tort.


"Et s'il n'en tenait qu'à moi ce ne serait qu'un début."
ajouta-t-il pour lui-même en retournant auprès de ses filles.






Dans l'enveloppe cachetée, deux feuillets. Sur le premiers, une courte lettre écrit d'une belle plume et signée d'un certain Juge Richard Chantenuit expliquait que le Comte se battait contre une maladie maligne, qu'il avait besoin de repos et que toutes les saignées et tous les remèdes de ses médecins ne lui permettaient pas de voyager.

La seconde était bien plus courte. La main tremblante qui avait tracée les quelques mots avait fait bavé l'encre et formé des pâtés, mais les quelques mots restaient à peu près lisibles.


J'aurai voulu être là.
Gardez l'espoir au cœur et la tête haute.
Quoi qu'il advienne, Missède continuera l’œuvre de feu votre époux.

Théobald de la Courcelle
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Castielle
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Mar 11 Oct 2016 - 20:20

L'envol du Dragon
Les Autres & Castielle de Sombrerue
I'm not running away, I will feel the pain and stay, I'm not running again, I'm not running again, Even though I'm scared, baby, And I won't freeze you out, Like I have been, I won't freeze you out…

 Castielle baissa les yeux vers le petit qui gigotait dans le creux de ses bras. Une expression indescriptible déformait les jolis traits de son visage. Elle se rendait compte qu’elle était très peu agitée par les derniers évènements, il semblait que quelque chose en elle était mort depuis son retour à Diantra ou peut-être même avant ça. Son âme ne s’était-elle pas affaiblie à la naissance de Torrance? N’avait-elle pas, pendant quelques temps, nier l’existence du petit être qu’elle adorait tant? La guérisseuse comprenait fort bien ses états d’âme pour avoir longuement contempler sa conscience. Son cœur avait été arraché de force trop de fois et une partie était restée derrière à tout jamais. Ce morceau de sa personne n’était plus que poussière.

Elle soupira.

Apparemment, on lui donnait l’autorisation pour glisser quelques mots concernant le défunt et c’est pour cela qu’elle se leva. Heureusement, personne ne pouvait apercevoir derrière le voile son visage crispé par la hargne qui l’habitait toujours et la nervosité. Depuis le début de sa relation avec la duchesse, elle avait commencé à voir des ennemis partout. Des gens malicieux qui s’en prendraient à son unique fils dans le noir de la nuit ou au travers d’une politique corrompue. Une mère ne serait jamais brisée tant et aussi longtemps qu’elle posséderait toujours un bien précieux à protéger.

Elle inspira.

- J’ai rencontré Son Altesse au travers de la vielle Diantra, celle qui était avant que tout ne s’écroule. Je n’étais qu’une simple apprentie herboriste et apothicaire au service de Maître de Vynelle. Même dans cette jeunesse passée, j’ai su que Son Altesse, capitaine à l’époque, était un gentilhomme aux bonnes intentions. Je me souviens aussi de l’ambition qui embrasait son regard souriant et éveillé, sa voix trembla un peu sous ces mots, mais elle se reprit si rapidement que peu de gens auraient pu percevoir son trouble. Elle se rendit compte qu’elle n’avait pas réellement repensé à sa première rencontre avec le duc depuis un certain temps. Était-ce un signe de guérison pour son cœur blessé? Par la grâce de Nééra, j’ai fait connaissance avec Son Altesse et celui-ci m’a poussé vers un destin que je ne pensais jamais pouvoir imaginer. J’ai vu la guerre de mes propres yeux et les nombreux péchés des Hommes, ainsi que les grandes étendues d’eau, mais pas les créatures maritimes qui y habitaient comme il le lui avait promis, j’ai emboîté son pas sur les terres froides où j’ai pu perfectionner mon art de la guérison et découvrir de nouveaux talents. Si Son Altesse possédait des défauts, et ils étaient nombreux, celui-ci ne m’a pas, malgré mes origines, refusé la chance de voyager et voir du pays malgré les temps troublants. À cet homme, je dois beaucoup de ce que je suis aujourd’hui.

Elle déglutit.

- Puisse-t-on ne jamais oublier Son Altesse, souffla finalement l’herboriste dans les mains s’étaient crispées sur l’enfant à moitié endormi dans ses bras. Brave garçon, il ne songeait même pas à déranger la salle.

La jeune femme n’allait certainement pas lui souhaiter la paix dans la mort. L’homme l’avait abandonné dans le froid du Nord, en proie à un tueur belliqueux pour ensuite se marier à une belle et incroyable duchesse. Si elle avait été d’un tempérament jaloux et détestable, elle aurait pu prendre cela telle une humiliation, mais ce n’était pas le cas. De plus, la dame était bien trop gentille à son égard pour qu’elle puisse ressentir une quelconque hargne envers elle. Ensuite, il avait laissé un fils derrière lui, sans aucun respect pour la vie que Nééra lui avait offerte, de celle que Castielle lui avait restituée malgré sa conscience torturée. Il était mort tel un lâche. Le duc n’était pas le capitaine qu’elle avait connu. Non, elle ne l’oublierait jamais, ce pourquoi elle se tourna et se pencha vers le voile déformé.

- Soyez maudit, Oschide d’Anoszia, puissiez-vous ne jamais avoir la paix dans l’Au-delà, que votre âme hante le néant, que vos enfants vous abandonne comme vous les avez abandonné, jamais vous ne connaîtrez leur visages, murmura-t-elle en elfique pour le défunt et elle-même.

Sous ces dernières paroles sombres, quelque chose disparu complètement de son être. Elle effaça le dédain derrière le foulard qui masquait partiellement son visage, puis retourna à sa place, son discours terminé. Sa foi n’était plus.


Spoiler:
 


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Rhys
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Dim 6 Nov 2016 - 3:17


Les derniers jours avaient été un flux continu de vinasse bon marché, de demoiselles moins chères encore et de substances diverses. D’aucuns, dont lui, auraient dit que « célébrer la vie était la seule façon viable de lutter contre le deuil », ou quelque chose dans ces tons-là. La vérité, c’est qu’il n’avait ressenti rien d’autre qu’un vide immense depuis que Castielle lui avait annoncé le décès de son meilleur ami, un vide qu’il avait essayé de combler avec acharnement depuis, de la seule façon qu’il connaissait. Un vide que seule côtoyait une colère sourde, due aux circonstances de la disparition d’Oschide. Une colère qui, il le savait, n’allait faire place qu’à de la tristesse. Or, là était tout le dilemme : il ne voulait pas être en colère contre son plus vieil ami, mais il se refusait à ressentir la moindre tristesse pour l’homme qui, en défi de ses projets, en dépit de sa famille, en dépit de lui, avait choisi la voie de la facilité. Alors il avait bu, baisé, s’était drogué, des jours durant, dans l’espoir que le vide et la colère auraient disparu lorsqu’il émergerait.

Ça n’avait pas marché.

Alors il était là. Dans une colère noire, à la cérémonie d’hommages du seul véritable ami qu’il ait jamais eu. À en écouter d’autres lui dire à quel point Son Altesse le Duc avait été un homme d’exception, à quel point son absence allait être difficile. Autant de choses qu’il savait, autant de choses qu’il ressentait, et probablement plus intensément qu’aucun d’entre eux. Et cela le rendait fou. Il aurait voulu haïr Oschide, le honnir de tout son être, le détester de façon viscérale, comme on hait ses pires ennemis, comme on hait quelqu’un qui vous a tout pris. Peut-être que tout ce fiel aurait enfin fait taire cette foutue tristesse interminable que son Altesse avait laissé en Rhys, et qu’il refusait d’admettre, même à lui-même. Peut-être la haine aurait-elle comblé le vide béant qui lui rongeait l'âme à chaque instant lucide. Mais il n’y parvenait pas. En dépit de la colère, en dépit de la trahison, il en était incapable. Il ne le pardonnerait sans doute jamais, mais ce dernier geste n’effaçait en rien l’homme et l’ami qu’avait été Oschide d’Anoszia. Alors il écoutait, debout au fond de la chapelle, loin des seules personnes qui auraient pu le reconnaître à part Castielle.

Il y avait eu des moments difficiles. Cécyllia, notamment, dont la peine faisait écho à la sienne. Castielle, également, qui avait fait tout ce qu’elle avait pu pour cacher son mépris envers Oschide. Mépris qu’il pouvait tout à fait comprendre, à défaut de réussir à le partager. Mais le plus dur était de résister à l’envie d’aller conforter sa petite sœur. Orianne n’avait cessé de pleurer depuis le début des hommages. Elle sanglotait, assise entre Robyn et leur père, et chaque soulèvement d’épaule, chaque hoquet lui fendaient le cœur. Il avait envie d’aller la voir, de la serrer contre lui, de lui murmurer que tout irait bien en lui caressant les cheveux comme elle aimait qu’il le fasse depuis qu’elle était toute petite. À vrai dire il ne savait pas qui des deux en avait le plus besoin. Sans doute lui… Il avait bien failli céder, et plus d’une fois. Mais leur père était présent, et la seule chose dont il avait plus envie que de consoler sa sœur, c’était de ne pas causer d’esclandre aux derniers hommages d’Oschide. En toute autre circonstance, Rhys aurait fait fi de la présence de son géniteur. Mais pas là. Et il ne l’en haïssait que plus. Le voir incapable de se déplacer sans canne, souffrant des séquelles de leur dernière rencontre, avait été le seul instant de réconfort de Rhys depuis des jours. Qu’il souffre.

Les éloges funèbres se succédaient, certains plus sincères que d’autres. Et à mesure que les proches d’Oschide s’exprimaient, sa colère s’estompait. Il hésita un instant à se rendre à son tour auprès de la dépouille d’Oschide pour lui faire ses adieux, peut-être prendre la parole un instant pour conter un haut-fait, offrir ses condoléances les plus sincères à la famille qu’il avait tant côtoyé dans son enfance, les étendre à Angelina, dont il aurait voulu faire la connaissance en d’autres circonstances et dont il savait beaucoup de choses, du fait de treize ans de correspondance nourrie avec Oschide. Une fois encore, néanmoins, la présence d’Édric de Blanval dans l’assistance le retint. Et alors que la Duchesse s’apprêtait à prendre la parole pour mettre fin à la cérémonie, il profita d’un instant de distraction de Sickert, qui l’avait accompagné, pour s’éclipser. Il ne tenait pas à ce qu’on le reconnaisse.

Mais, surtout, il ne tenait pas à ce qu’on le voie en larmes.


Dernière édition par Rhys le Dim 6 Nov 2016 - 18:00, édité 1 fois
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Sickert
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Dim 6 Nov 2016 - 17:08



Franchement, il ne comptait pas venir à cette cérémonie autrement qu’un bref passage pour céder la lettre à la duchesse. Et encore moins depuis le matin. Il comptait le faire très discrètement, quitte à passer très rapidement, frôler l’impolitesse s’il le fallait. Si possible, il aurait attendu à la fin, quand presque tout le monde serait parti… il ne comptait pas entrer. Surtout pas. Mais Rhys avait de toute évidence besoin de support, ne serait-ce que pour le retenir. Ce n’était pas le moment. Pas ici, mais si Rhys voulait faire une connerie après, Sick était bien prêt à y aller avec lui et à faire le guet.

Beaucoup d’hommage, de toute évidence Oshide était apprécié. Probablement, mais pour Sickert, c’était le type qui avait voulu jeté son petit frère par-dessus bord et ça, il avait tendance à ne pas très bien le prendre. Après, il lui avait permit de connaître Castielle d’abord, puis Rhys. C’était une bonne chose. Mais ensuite, de poser ce geste et les abandonner ainsi, ça effaçait tout le reste. Il devait avoir ses raisons, mais Sickert ne les comprenait pas. De toute évidence, Oshide n’était même pas de la même trempe que lui et c’était bien comme ça.

Sickert attend la fin de la cérémonie. Presque la fin. Juste avant la fin. Il prévient Rhys qu’il revient dans quelques minutes et se présente, presque le dernier, sans doute, devant la duchesse. Il porte les couleurs de Soltariel, mais plus précisément celles de la duchesse. Rien de très flagrant, tout en subtilité. Mieux vaut ne pas trop s’afficher, n’est-ce pas ? Mais c’est ce qui lui a permit d’entrer, tout de même. Il s’incline, respectueusement, mais concentre son regard sur la duchesse et la duchesse seulement, parce qu’il ne veut surtout pas regarder juste à côté. Pas maintenant. C’est encore trop frais.

- Votre Altesse, veuillez accepter mes plus humbles et sincères condoléances, dit-il, à voix basse. Il ne se présente pas. Il n’est pas là pour lui, même si ses condoléances sont effectivement sincères. Il est là pour lui remettre une lettre, qu’il lui présente présente à la duchesse de Langehack. Au nom de la Duchesse de Soltariel, veuillez accepter le témoignage de son soutien et les regrets de ne pouvoir être présente pour vous offrir ses mots en personne.

Il lui cède la lettre, mais conserve la petite boîte qu’il tient également à la main. Il s’incline à nouveau et se présente devant la jeune Linaelle et il s’incline avec le même respect qu’il a eu devant la mère. Et c’est à elle qu’il tend la boîte délicatement ouvragée.

- Veuillez accepter, Dame de Leliande, un peu de douceur en ces temps difficile. Il ouvre la petite boîte qui contient deux pots de miel, l’or liquide, et deux petites cuillères en bois délicatement ouvragées, le tout joliment enrubanné. Avec les sympathies de la Dame de la Ruche.

Il referme la petite boîte et la donne à la jeune fille et s’incline à nouveau. Il se détourne et a une brève hésitation lorsqu’il passe devant Oscario, mais il inspire et fait face au frère du défunt et lui offre ses sympathies, humblement, sincèrement, puis il s’attarde sur son Ange, trop brièvement.

- Dame de Solaria, permettez-moi de vous renouveler mes plus sincères condoléances.

Il se contente d’un hochement de tête et il ne tend surtout pas la main, ni n’esquisse aucun autres geste. C’est bon, c’est assez, il ne supportera pas davantage et il se retient de ne pas tout simplement partir pour de bon. Il offre également ses sympathies et ses condoléances à Sysiphe et à Sarina, avant de passer à Cornélia. Il n’est pas certain que l’aînée sache qui il est, mais il lui offre ses sympathies avec la même déférence qu’aux autres. Il s’attarde peut-être un peu plus sur Lucrézia, puisqu’il l’a tout de même croisé à plusieurs reprises à Soltariel et qu’elle, elle sait qui il est.

- Acceptez, en mon nom, mes regrets les plus sincères pour tous les déboires qui vous accablent.

Puis cette fois, il se retire pour de bon. Il rejoint brièvement Castielle à qui il glisse quelques mots à l’oreille, puis il rejoint Rhys. Enfin, là où était Rhys. Parce qu’il n’y est plus. Merde.




Méliane de Lancrais, Duchesse du Langehack

Au moment d’écrire ces mots, je dois avouer ne pas savoir par où commencer. Sacher toutefois que je suis de tout cœur avec vous dans ces moments difficiles. La mort de ses enfants suivis peu après par le décès de leur père également est une épreuve que personne ne devrait vivre dans sa vie. Vous êtes forte, n’en doutez jamais. Avec le temps, la douleur sera moins vivre et j’espère que vous parviendrez alors à connaître la paix.

Les circonstances actuelles m’empêchent d’être à vos côtés pour vous soutenir. Croyez-moi, j’aurais vraiment préféré que les choses se passent autrement, mais il me semblait indélicat de ma part de me présenter aux funérailles alors que je suis impliqué bien malgré moi dans la déchéance du père d’Oschide et du reste de sa famille. J’aurais voulu arrêter Arichis et l’empêcher de commettre un tel acte, mais j’en fus incapable. Vous et moi savons qu’il peut être un homme adorable, mais qu’il a également soif de pouvoir et qu’il est particulièrement intransigeant envers les gens qui s’opposent à lui. Il a fait une erreur et je me suis retrouvé face à un choix impossible. Il n’y a pas un jour qui passe sans que je me demande comment j’aurais pu faire les choses autrement. Malheureusement, on ne peut plus retourner en arrière. Je me dis que si je l’avais appuyé dans son choix, nous aurions subi le même sort, mais qu’Arichis aurait probablement tenté de riposter par les armes, causant beaucoup plus de tort encore. À ses yeux et à ceux de ses enfants, je suis probablement la dernière personne qu’ils veulent voir présentement. C’est pour cela que je préfère pudiquement rester loin de leur vie tout en leur souhaitant tout de même de trouver le courage de persévérer, car ce n’est pas sans espoir. J’ai écrit à Cléophas d’Angleroy pour que les fils bénéficient de la même clémence que les filles, mais ma lettre est malheureusement restée sans réponse.

Je vous exprime mes plus sincères condoléances. Vous serez toujours la bienvenue sur les terres du Soltaar.

Amicalement,

Tibéria Soltari-Beronti, Duchesse de Soltariel



Dernière édition par Sickert le Dim 20 Nov 2016 - 17:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Dim 6 Nov 2016 - 17:59



Après son intervention et qu'elle eut prit place sur le coté, pour laisser chacun des invités le désirant rendre hommage a son époux, Méliane avait du prendre sur elle, pour se tenir droite, ne pas laisser libre court a son chagrin, ne pas faillir. Chaque nouvelle éloge étant une nouvelle épreuve, un coup porté a son cœur alourdi par le deuil. Il y'avait tout d'abord eut Oscario, malgré la relation parfois compliquée qu'elle lui savait avoir eut avec son frère, il avait eu a son égare des mots émouvants avant de laisser la place a son épouse, bien que tous ignorent encore le lien les unissant. Angelina, de par ses paroles, témoigna de la profonde relation qui l'unissait a celui que tous pleuraient ce jour. Une relation qui avait durée tellement plus longtemps que le peu de temps auquel la duchesse elle même avait eut le droit. Il fallait avoué qu'il fut un temps ou elle avait été jalouse de cette femme. Son époux en parler si souvent et de si fort belle manière, qu'il aurait été peu aisé de ne pas ressentir ce sentiment. Un sentiment qui aurait pue croître en rencontrant la dame de Solaria, mais il n'en avait rien été et pas seulement par ce qu'elle lui devait sa santé retrouvait. A son contact, la duchesse avait eu tôt fait de comprendre et de partager l'affection qu'Oschide lui avait lui même porté.

Si bien que quand elle s'approcha a la fin de son discours, pour lui glisser quelques mots et la prendre dans ses bras, elle accueillie cela avec gratitude et reconnaissance. Elle lui devait tant, plus que ce dont elle ne pourrait jamais l'en remercier, quelque chose qu'Oschide lui aussi avait ressenti, comme en témoignait les nombreuses discutions qu'ils avaient eu a propos de son amie. Quand Angelina la délaisse pour s'en retourner auprès d'Oscario, elle s’efforce de ne pas jalouser leur relation, leur étreinte, tout ce dont elle avait été priver de par la mort de son aimé. L'intervention de Sysiphe, maladroite mais poignante lui permit de guère trop s'attarder a des sentiments qui auraient risqués de la faire flancher. Une chose qu'elle ne pouvait se permettre, ils étaient tous la aux aguets, guettant le moindre signe de faiblesse. Elle ne donnerait pas ce plaisir aux rapaces présentes, pas plus qu'elle n'ajouterait aux inquiétudes de ceux qui se soucier réellement d'elle. Malgré ses bonnes résolutions et sa volonté de se montrer forte, elle faillie bien fondre en larmes quand la jeune Cecyllia agrippa ses mains, en proie a un trouble qu'elle ne comprenait que trop bien. " Il n'y'a rien a pardonner Cecyllia .. " Avait t'elle eut a peine le temps de murmurer avant que la damoiselle ne quitte précipitamment la chapelle, son corps secoué de sanglots.

Elle aurait voulue aller a sa suite, la réconforter, s'assurer qu'elle allait bien ou simplement pouvoir fuir tout cela. Mais au contraire de la jeune fille cela ne lui était pas permis. Elle remarqua Oscario se lever discrètement pour partir a sa suite et elle en fut soulager. Sans que ses départs n'aient nullement perturber la cérémonie, la danse des hommages continua. Apportant devant elle, et la dépouille du duc, des visages tantôt amis, alliés ou parfois de simples messagers. Elle reçut en plus des paroles, quelques mots couchés sur des vélins, qu'elle lirait a un moment plus opportun. S'en était venue a elle, Blanche, présente en tant qu'amie mais également membre de la famille. Son discours avait été une source de réconfort, tout comme le bref instant passée en sa compagnie. Si elles n'avaient guère eu le temps de discuter, Méliane se promettait d'avoir avec elle une vraie discutions dés que possible. Il y'eut également Arnaud de Laval, l'homme se trompait, elle n'ignorait pas qui il était. D'autant plus que sa fille allait épousée son fidèle baron de Nelen. Le père était la pour représenter Misséde. " Je ne saurais tenir rigueur a Théobald de son absence, tous a la cours prient pour que son rétablissement soit rapide et complet. Ma cousine se fait grand soucis pour son promis. Je vous suis gré d’être ici ce jour pour me délivrer ses mots. Je n'oublierais pas ce geste, comme je n'oublierais pas les intentions de notre bon comte alors même qu'il se bat contre des maux bien rudes. "

Quand aux paroles que l'homme eut pour Sharas, elle ne les releva pas. Elle ne tirait nul réconfort dans le fait de savoir que des innocents avaient payés pour les crimes d'un autre. La guerre n'apportait que d'avantage de deuil et de larmes, elle n'était jamais la solution, mais parfois elle était un mal que l'on ne pouvait évité. Tandis qu'elle l'avait suivie du regard alors qu'il regagnait sa place, Castielle avait pris position sur l'estrade, délivrant un message respectueux et poignant. La duchesse n'imaginait que trop bien combien cela lui avait coûté. Elle connaissait la colère de la dame envers son époux et comment pourrait t'elle lui en vouloir. Oschide n'abandonnait pas qu'une épouse derrière lui, il abandonnait aussi un fils qu'il n'avait pas connu. Elle laissa son regard dérivé vers le petit Torrance, prenant sur elle pour ne pas laisser s'échapper quelques larmes a sa vue. Les rumeurs a son sujet allaient deja bon train, il était le portrait de son père de la couleur de ses cheveux a celle de ses yeux. Par respect pour le deuil qui était sien, elle n'avait pas encore informé la cours du statut de l'enfant, mais le jour de le faire arriverait bien assez tôt. D'autres invités défilèrent encore, des grands noms aux simples hommes d'armes qu'Oschide avait connu du temps ou il était capitaine. Elle considéra chacun d'eux avec le même respect que leur aurait témoigné son époux.

Une fois qu'elle fut sure que chacun souhaitant s'exprimer avait pu le faire, elle se dirigea a nouveau vers l'estrade, notant au passage le retour d'Oscario qui d'un signe de la tête lui signifia que sa sœur allait bien. Inspirant profondément, elle laissa a nouveau le timbre de sa voix raisonnée dans les oreilles de chacun. " Je vous renouvelle ma gratitude de vous voir tous ici ce jour, mais également pour les mots que vous avez eut a l'égare de notre duc regretté et bien aimé. Malheureusement, il n'est pas le seul que nous ayons a pleurer ce jour. Permettez moi dont de vous demander de rendre un hommage a Azénor d'Anoszia, délicate fleur de Velmone qui nous a été arracher trop tôt. Ma belle sœur était une jeune femme curieuse de la vie, en soif de découvertes, prête a croquer son existence a pleine dent. Un être énergique, magnifique, doté d'une grande sensibilité et qui se soucier des siens avec sincérité et justesse. Une sœur aimante, la fierté d'un père. Elle a payée le poids de crimes qui n'étaient pas les siens. Dans la cruauté de sa mort, nous ne pouvons même pas lui offrir de sépulture décente. Un homme nous a voté ce droit, en même temps qu'il nous volait bien d'autres choses. " Bien qu'elle ne prononce pas son nom, pas ce jour, pas devant la dépouille d'Oschide, l'allusion au Berthildois était évidente comme la colère qui flambait maintenant dans les yeux de la duchesse. " Azénor puissent les dieux vous accueillir dans leur royaume, vous couvrir d'amour et vous permettre de goûter a cette félicité que l'on vous a empêcher de connaitre en votre vie terrestre. "

Un faible sourire s'en vint éclairé momentanément ses traits. " Veuillez dont surveiller votre frère, que son impulsivité ne le conduise pas dans l'au delà a quelques débordements qui offenseraient vos hôtes. " Elle inclina ensuite la tête, fermant les yeux et invitant ainsi tout les invités a faire de même. Elle prit une minute pour se recueillir, récitant des prières silencieuses, tant pour Oschide que pour sa sœur. Cette fois quand elle quitta l'estrade, Angelina, le clan Anoszia et sa fille, Linaelle, vinrent l’entourer. Chacun lui témoignant de son soutien. C'est a ce moment la, alors qu'une file se créer pour se presser jusqu'a elle, qu'un homme se présenta, ou plutôt ne le fit il pas se contentant tout d'abord de lui accorder quelques mots de circonstances. Elle prit d'abord pour un ami d'Oschide ou un ancien compagnon d'arme, mais cela ne dura que le temps d'un phrase avant qu'il ne révèle par qui il était mandaté ce jour. Elle sentie Oscario se tendre a ses cotés et elle ne pouvait ignorée les nombreux regards qui convergeaient désormais vers eux, dans ceux la il y'avait celui d'Angelina qui affichait a la fois de la surprise et quelque chose que Méliane ne parvint pas a analyser. Elle se saisie rapidement de la lettre, d'une main assurée, sans que nuls tremblements ne la gagnent. " Je vous suis gré de vos mots et de l'attention de votre duchesse. Faites lui savoir que je les lirais avec le soin qui leur ait due en un moment ou mon esprit sera capable de les percevoir avec toute l'attention qu'ils méritent. "

L'homme se dirigea ensuite vers sa fille, la jeune Linaelle accueillie ses mots avec toute la prestance d'une grande dame, avant de se saisir de son présent avec un ravissement évident malgré la peine qui obscurcissait ses jeunes yeux encore pleins d'innocence mais témoignant déjà d'une grande maturité. " Vous remercierez la dame de la ruche pour son aimable attention. " Le représentant de Soltariel adressa ensuite ses condoléances a tout le petit comité qui l'entourait, preuve manifeste qu'il devait les connaitre .. Du moins avant que ne frappe la déchéance. Quand il eut disparut, la vague des condoléances repris jusqu’à ce que le dernier invité fut passé devant la duchesse, signifiant ainsi qu'il était temps de rejoindre la salle de banquet. Méliane aurait aimée leur demander a tous un peu de solitude, un moment auprès de la dépouille de son aimé, mais une fois encore c'était un luxe qu'elle ne pouvait s'offrir. Elle attarda une dernière fois son regard douloureux sur le tissu, qui le recouvrait, puis prenant le bras de Sir d'Olside elle ouvrit la marche qui les conduisit tous hors de la chapelle. Il aurait été aisé de croire que le pire était maintenant derrière elle, mais elle savait qu'il n'en était rien, une lettre, la plus dure de toutes, attendait dans son secrétaire de pouvoir être lue. Une lettre d'Oschide. Le dragon s'était envolé et c'est tout ce qu'il avait laissé derrière de lui. Tête haute, le regard sec et son bras agrippant fermement celui de son sénéchal pour ne point s’effondrer, la duchesse quitta les lieux sans se retourner. Bientôt il ne resta plus entre les murs froids qu'un corps sans vie, recouvert d'un voile, et les prêtres chargés de le conduire en sa dernière demeure. Oschide d'Anoszia duc de Langehack n'était plu et ne resteraient désormais de lui que des souvenirs et un bloc de pierre pour abriter ce qu'il avait été. Puisse t'il reposer en paix.


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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    Mar 8 Nov 2016 - 17:57


Impavide sur le chemin, seul ses tissus bien trop sombres semblaient la réchauffer. Les yeux dans le vague et le silence aux lèvres, elle restait. Qu'aurait-elle pu dire de plus que ce qui n'était déjà fait ? Et la douleur, par maintes pores entraient comme les lames du souvenir qui l'assaillait. Etait-il nécessaire de remuer si profondément le couteau dans la plaie ? Oh qu'elle partageait l'ignominie de sa présence malsaine alors même qu'au fond de la salle était étendu sous un linge blanc le corps inerte et mutilé du duc du Langecin. Le trajet jusqu'à la capitale du duché fut aussi rude que sa propre présence qu'elle n'avait pas pris peine d'annoncer. A quoi cela servirait-il de toute façon, cela ne lui ramènerait pas. Alors une flamme ardente s'éprenait d'elle. Une rage incommensurable, une violence inouïe qui tapissait son corps frêle, cet amas d'os et chair informe qu'elle traînait par-delà la grand route. Elle aurait voulu bruler par son regard tout ce beau monde qui se pressait l'air désolé vers sa dernière île sereine, son dernier attachement à ce monde qu'elle abhorrait: Méliane se tenait digne dans le deuil mais au fond, elle savait qu'elle se noyait un peu plus à chaque mot.
Comment ne l'aurait-elle su, elle qui traînait sur son chemin des cadavres par milliers. Des gens qu'elle aimait, d'autres qu'elle ne connaissait même pas mais qu'importe ! Le chagrin était le même. Et comme une évidence à ces noires pensées, un visage lui apparut plus brillant dans la pile sanglante. Un être décharné sortait du lot dégoulinant. Celui-là n'était pas plus vivant que mort à ses yeux fatigués. Son cœur se serra si fort qu'elle en eut le souffle coupé un instant. Il était indéniable que cette personne, si affreuse fut-elle avec elle – lui manquait. Non pas seulement son corps qu'elle avait eu la chance d'arpenter plus d'une fois mais aussi lui. Cet être qui par maintes égard était coupable de mille crime mais qui trouvait la clémence dans ses mirettes. Il aurait été logique de se demander pourquoi, pourquoi une telle personne pouvait la remuer tout autant que la mort du Duc. Et puis, comme une évidence, elle fut frappée une nouvelle fois.
L'homme sous le drap s'était envolé auprès de Tyra, dans le dernier Royaume. Elle, cachée par l'ombre d'une voûte de la chapelle de pierre, restait spectatrice de ce triste spectacle. Ses prunelles miraient dans la foule, espérant croiser le regard de l'homme qu'elle aurait voulu mort à sa place. En vérité, elle ne semblait point se décider si la haine était plus forte que l'amour qu'elle portait à cet homme venu de nul part. Il aurait pu être son père, il aurait même pu simplement ignoré mais au lieu de ça, ils s'étaient épris l'un de l'autre, se consumant tous deux de leur hardiesse. Et aussi longue fussent ses recherchent, aussi grande fut sa déception et un constat amer lui revint en bouche comme un mauvais relent: Arichis d'Anoszia n'était pas là.
C'était de bien égoïstes pensées mais la baronne n'arrivait pas à penser à autre chose. Le regard vide de Méliane et les chuchotis condescendants lui rappelait sa propre détresse. Pourtant elle gardait bonne figure, esquissa quelques sourires polis lorsqu'on la salua. Ses oreilles se laissaient parfois embarquer par quelques éloges funestes. De la plupart des personnes présente, elle ne connaissait pas même le nom. Oschide avait bien plus d'amis qu'elle n'en avait jamais eu et peut-être que cela lui plairait de là où il se trouvait. Elle rit intérieurement. Il était le fils du Dragon; il lui avait démontré lors de leur dernière rencontre aussi ne doutait-elle pas qu'il s'en contrefichait autant qu'elle. La Broissieux éprouva un mince regret pour le défunt; il ne pourrait plus montrer ce qu'elle avait vu en lui à son propre père. Le Patriarche avait rendu la vie de l'ancien capitaine bien difficile et si ses paroles l'avait tenu la plupart du temps en disgrâce, elle connaissait assez l'Anoszia pour y entendre une forme d'amour et d'admiration. S'il était une chose qu'Arichis aimait plus que lui-même, c'était ses enfants.
Hélas voilà qu'en ce jour deux reposaient déjà dans le monde Eternel. Peut-être le vieil homme était-il devenu souffrant, pour ne pas se tenir là, à pleurer sa famille. Alanya n'avait pas plus de nouvelles que la plupart, sinon quelques racontars qu'elle préférait ignorer. Le deuil rendait les gens créatifs et elle doutait de la véracité des propos de ces pécores, venus rendre le dernier hommage pour le buffet et non pour le cadavre qui trônait alors face à eux. Mais la baronne du Nord demeurait stoïque. Alors que tous prirent le chemin du dehors, elle resta plantée dans les échos des discussions chuchotées et bientôt se retrouva seule.
La pierre froide et sèche gardait encore les effluves des conversations abandonnés au banquet funéraire. Combien de temps resta-t-elle ici, à l'ombre d'un pilier dont la voûte ombrageait son visage et son corps ? Assez pour que le silence ne fut plus un réconfort mais une torture. Assez pour que de son mutisme naisse les sanglots d'une femme perdue. Mais ce n'était pas à elle de pleurer en ces lieux. Elle, toujours si digne ne se retrouvait que peu. Alors, la gorge serrée par les larmes versées, elle s'approcha prudemment du corps inerte qui reposait sous le drap mais aucun mot de vint. Aucune parole n'aurait su apaiser son âme. A contre cœur, elle tourna le dos sans un dernier regard pour l'homme qui fût. Elle se devait de retrouver la duchesse. Elle se devait de retrouver l'Anoszia dans la foule. Elle se devait de se retrouver.
Un cadavre de plus, voilà tout.
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MessageSujet: Re: L'envol du dragon / Cérémonie d'Hommages au duc Oschide d'Anoszia.    

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