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 En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.

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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Mar 25 Oct 2016 - 15:46

Au jour 3
de la 3ème ennéade
Favrius, premier mois d'automne
9ème année du 11ème cycle.


Thenala d'Outremont


« Maélyyyyyyyne ! Maélyyyyyyyyne !! »

C’était quarte par quatre que Thenala monta les marches de l’escalier jusqu’à l’étage où logeait la Dame de Lourmel. La jeune femme criait après elle non sans excitation mais l’essoufflement de la montée eu rapidement raison de ses cris aigus. Il n’y avait bientôt plus que la porte qui séparait la rouquine de sa cousine.

« Maélyyyyne !  Tu es là ? » Cria-t-elle une nouvelle fois en martelant la porte de son petit poing.
« Entre, mais cesse de crier ! »

N’eut-elle pas terminé de prononcer sa phrase que les planches s’entrechoquèrent déjà. Sourire aux lèvres tout en avançant à grands pas vers sa cousine, Thenala essaya de contenir son excitation :
« Maélyne, devine quoi !? »

Assise confortablement dans son lit, la jeune femme qui bouquinait un livre ne répondit qu’un simple « Hm… ? » sans même accorder un seul regard.

«  Askaaniau Vozzulia est en ville ! »
« Askaa-quoi ? »
« Askano Vouzzula. Tu sais, le prince-marchand ! De Thaar ! Il est en ville, et il semblerait qu’il y reste encore un petit bout de temps. »
« Et en quoi ce Aaskaaniooo pourrait m’intéresser ? »
« Il vend des soieries, et de qualité d’après ce qu’on en dit ! Toi qui a une garde-robe… plutôt… vieillotte ? »
« Vieillotte ? Vraiment ?! Allons Thenala, pourquoi jeter de l’argent par les fenêtres ? Pour des tissus un peu plus doux et soyeux que ceux que nous trouvons ici ? Et puis ce n’est pas ça qui nous tiendra chaud cette hiver. »
« Mais pourquoi pas ? Rien ne te pousse à acheter après tout. »
« Non mais s’il est vraiment la personne que tu prétends, crois-tu qu’il aura du temps à perdre avec une pauvre petite Dame du Nord alors qu’il a autant de bourgeois qu’il veut ici, à Diantra ? »
« Tu n’es pas pauvre. »
« Certes. Mais si je ne le suis pas, c’est parce que je ne gaspille pas l’argent. Laisse-moi maintenant, je souhaiterais finir ce livre. »

Une petite moue s’afficha sur le visage de Thenala, elle qui aurait tant voulu rencontrer une personnalité venant de l’autre côté de la mer.

« Tu sais j’ai entendu dire que les Princes-Marchands étaient d’ordinaires très beau et très attirant. »
« Et moi j’ai entendu dire qu’ils étaient si gros qu’ils arrivaient plus à se déplacer tout seul, qu’ils prenaient des bains de parfums et qu’ils mangeaient même des esclaves ! »
« Bon. J’ai compris…. Allons-nous toujours en balade cette après-midi ? J’ai besoin de me dégourdir les jambes. »
« Oui oui. »

Le soleil était en son zénith lorsque les deux jeunes femmes se retrouvèrent enfin au diner. Celui-ci fut d’ailleurs assez expéditif vu l’empressement de la rouquine de retrouver le grand air, ou du moins celui qu’offrait une ville de cent mille habitants.

Dehors et apprêtées normalement, Maélyne se promenait sur les pavés de la grande place de la ville haute. Elles tenaient toutes deux une coupe de vin qu’elles sirotaient tranquillement en marchant. Les cousines décidèrent de se rendre dans le petit parc lorsque malencontreusement, Thenala bouscula quelqu’un tout en déversant –oui ça arrive systématiquement- sa coupe de vin sur les habits du malheureux.


« Oh pardonnez-moi je suis confuse. » Commença-t-elle sur un ton inquiet tout en sortant déjà son mouchoir pour le lui offrir. Maélyne bloqua son bras et la regarda du coin de l’œil. « Tu l’as déjà utilisé il y a deux minutes de cela. » Chuchota-t-elle avant de prendre le sien, encore propre et d’à son tour l’offrir au malheureux.

« Veuillez pardonner ma cousine, cette petite sotte ne regardait pas où elle marchait. »


Dernière édition par Maélyne de Lourmel le Mar 13 Déc 2016 - 14:21, édité 1 fois
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Ascanio Vossula
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Mer 26 Oct 2016 - 9:36



Située dans la ville haute, la Maison d'Orient était une belle demeure de deux étages aux façades ornées de bas-reliefs. Le rez-de-chaussée, vaste espace de vente, débordait de soieries estréventines. De tout temps, on s'y pressait pour acheter le précieux tissu, si nécessaire à la confection de tapis, de draps et de vêtements que commandaient régulièrement les plus riches des nobles maisons péninsulaires. Warrateo, le commis employé par la famille Vossula, administrait pour eux ce négoce sur le marché diantrais depuis une bonne vingtaine d'années ; de modeste naissance, son sens des affaires et la confiance de ses maîtres lui avaient permis de gravir les échelons, et il vivait comme un roi. Tout le jour durant, il négociait d'importantes commandes dans le salon privé du premier étage, endormant les scrupules économes de ses cocontractants à force de belles paroles et de coupes de vin épicé ; le soir venu, il se retirait dans la chambre fastueuse qui occupait tout le dernier étage, où il s'empiffrait de bonne chère, fumait de l'opium et baisait des putes.
Ce régime avait fait de Warrateo ce qu'il devait devenir. Les années l'avaient empâté, son train de vie et ses grands appétits l'avaient rendu obèse ; à la lueur des bougies, on distinguait le mince filet de bave qui ornait la commissure de ses lèvres et descendait péniblement jusqu'à son triple-menton. Rien qui ne puisse abattre Warrateo, tant qu'il avait les moyens de conforter les caprices de son existence.
Seulement, voilà ; le marché diantrais n'était plus si florissant.

Avec les troubles de la guerre civile, avec la défiance durable qui s'était installée entre les grands partis rivaux de la péninsule, avec l’affaissement de l'autorité royale, la capitale avait perdu de son attrait. Il avait fallu moins de deux ans pour que les bénéfices de la Maison d'Orient fondent comme neige au soleil ; depuis quatre mois, le négoce diantrais de la famille Vossula fonctionnait à perte, et vivait sur ses réserves. On ne s'empressait plus d'acheter leur marchandise onéreuse ; et même leur clientèle la plus aisée, devenue prudente, se rabattait désormais sur de la soie concurrente, de moindre qualité pour un moindre coût. La pingrerie était entrée dans les mœurs.

Warrateo dormait mal. Il assistait, impuissant, au déclin d'une entreprise à laquelle il avait donné sa vie - bien qu'il en ait toujours abondamment profité, s'octroyant de-ci de-là moult pots de vins sans que cela n'ait jamais attiré le moindre soupçon de ses maîtres, car la Maison d'Orient avait toujours rapporté d'excellents bénéfices à la famille. Ce n'étaient pas ses incartades qui l'effrayaient, non ; c'était la ruine du commerce local, face à laquelle il était impuissant, qui l'effrayait ; car quand bien même il n'y pouvait rien, il savait qu'on lui en ferait payer le prix. Tôt ou tard, on lui ferait payer les pots cassés.
Il dormait mal, donc.

Le jour qu'il redoutait tant était finalement arrivé. La "famille" envoyait l'un des siens pour prendre la mesure de la situation. Il savait déjà comment tout cela se finirait : au mieux, on arrêterait les frais en fermant la Maison d'Orient, et on le remercierait pour ses années de service, en le reléguant au placard, car il était vieux désormais et que l'on n'avait plus besoin de lui. Il lui faudrait s'habituer à une existence plus modeste, et cela lui coûtait.
Au pire, on viendrait fouiner dans ses livres de compte, et un oeil expert constaterait les libertés qu'il avait prises. Il ne faisait guère de doute que la vengeance serait douloureuse.
Dans tous les cas, l'existence qu'il menait depuis vingt ans touchait à sa fin.
A sa grande surprise, le patriarche de la famille, Tiberio Vossula, l'homme qui régnait sur le vaste empire de la soie et siégeait au conseil des princes-marchands de Thaar, envoya son fils aîné Ascanio. Etonnant de confier une mission si importante à un esprit aussi faible, s'était dit Warrateo. Le garçon n'était pas vif, tout le monde le savait, mais il succéderait probablement un jour à son père. Il ruinera les affaires familiales dans toutes les places de commerce aussi rapidement que cette maison-ci a fait faillite. Au moins n'aurais-je pas à supporter ça. Quoiqu'il en soit, Warrateo s'efforça d'adopter la plus grande des courtoisies avec le fils de son employeur ; il lui expliqua avec des paroles bien choisies la situation dans-laquelle ils se trouvaient, évoquant l'instabilité politique, les risques liés à la guerre, l'insécurité permanente qui régnait dans les rues de la capitale. Au moins ne pourrait-on pas le blâmer lui. Ascanio l'écouta à peine. Le fils Vossula posait beaucoup de questions, et ne prenait jamais le temps d'entendre les réponses. Warrateo en vint rapidement à la conclusion que l'homme adorait s'entendre parler, aussi se mura-t-il peu à peu dans le silence, et cessa bientôt d'écouter les monologues interminables du simplet - sans que celui-ci ne semble s'en apercevoir.

Il était là depuis une ennéade ; il occupait la chambre de Warrateo, laissant celui-ci dormir sur le sol de pierre du petit salon un étage en-dessous. Il sortait régulièrement, affirmant « prendre la température de la ville », mais Warrateo le soupçonnait de simplement s'amuser. Jamais il ne le vit fouiner dans les registres de comptes ; au moins était-il tranquille de ce côté-là. Mais il attendait désespérément d'être fixé quant à la suite que souhaitait donner la famille aux affaires diantraises, car pendant tout ce temps où Ascanio prétendait « étudier la situation », la famille continuait de perdre de l'argent - en quantités considérables.
L'estréventin y vint enfin, par un après-midi capricieux où un beau soleil se mêlait à une fine averse. Ils marchaient côte à côte dans les rues de la ville haute, essuyant le crachin, puis Ascanio prit la parole alors que s'arrêtait la pluie et qu'un arc-en-ciel se dessinait au-dessus de la capitale.

- Donc, si je comprends bien ce que vous m'avez dit, il n'y a plus de roi à Diantra ?
- Eh bien, à Diantra non, seigneur prince.
- Mais comment ce royaume peut être royaume s'il n'y a pas de roi à sa tête ?
- Eh bien, techniquement, il y en a un, seigneur prince. Mais les nobles ne sont pas tous d'accord entre eux pour savoir qui c'est.
Ascanio fronça les sourcils.
- Je ne comprends rien. Qu'est-ce que les nobles viennent foutre là-dedans ? Ce n'est pas à eux de décider qui est le roi, si ?
- Eh bien, techniquement, non, en effet. Ils ne décident pas. Le roi est roi parce qu'il est roi, pas parce qu'on l'a désigné comme tel. Mais... certains croient que le roi devrait être le jeune Bohémond, d'autres pensent que cela devrait être la jeune Alcyne. La chose est complexe, seigneur prince.
- Complexe ? C'est eux qui sont complexes, oui. Si on me demandait à moi, la chose serait bien vite réglée. Et vous me dites qu'ils font la guerre pour ça ?
- C'est une longue histoire, seigneur prince. En fait, le roi devrait être Bohémond, mais il y en a qui disent qu'il est mort, et que c'est donc à sa demi-soeur Alcyne d'être reine.
- Ah, ça c'est compliqué, en effet. Être mort présente un sérieux handicap pour qui veut régner.
- Mais d'autres disent que Bohémond est bien vivant.
- Veux-tu que je te dise, Warrateo ? Le problème vient de votre mentalité à la con, vous autres, péninsulaires. Vous êtes tous obsédés par le pouvoir, comme si vous croyiez que le pouvoir est une chose que l'on peut garder indéfiniment. Le pouvoir, ça ne dure jamais. En plus, ça apporte plus d'emmerdes que d'avantages.
- Et bien, c'est, euh... une façon de voir les choses...
- Moi, tout ce qui m'importe, c'est l'argent, Warrateo. L'argent, le pognon, le fric, les pepettes, c'est tout ce qui compte. Là réside le seul véritable pouvoir. Le pouvoir change de mains, Warrateo, mais à la fin, c'est toujours celui qui a le pognon qui détient le vrai pouvoir.
- Eh bien... certes, seigneur prince, mais vous savez, comme le pouvoir, l'argent aussi change de mains.
Ascanio resta interdit, surpris par la réponse du commis.
- Ma foi, je n'y avais pas pensé.

Avisant un petit parc, Ascanio l'indiqua d'un signe de tête au commis avant de s'y diriger, ses bottes de cuir battant le pavé. Warrateo le suivit, dissimulant sa mauvaise grâce ; cette marche l'épuisait, et il peinait à suivre les pas du prince, sa carcasse bedonnante se mouvant péniblement.

- Seigneur prince... pourriez-vous me dire maintenant, techniquement, ce que vous allez faire pour la Maison d'Orient ?
- Vous savez, Warrateo, les affaires sont exigeantes. Elles exigent souvent de moi bien plus que nous ne saurions exiger d'elles. Et pourtant, mes efforts sont généralement remboursés au centuple.
Vos efforts plus que les miens, songea Warrateo, ruminant de sombres pensées.
- J'entends bien, mais...
- J'avais un chien qui s'appelait Ptolémée. Je l'avais baptisé ainsi parce que sa gueule de roquet dégueulasse me rappelait la trogne du duc des Sept-Monts - je ne pouvais pas l'encadrer, celui-là, mais bon, il est mort maintenant. Le duc, hein, pas le chien. Bref, Ptolémée - le chien, maintenant - était mon parfait contraire : il pouvait obéir à chacun de mes ordres pendant des heures, dans l'espoir d'une récompense que je ne lui donnais jamais. Je lui avais appris, par exemple, à ouvrir les portes avec sa gueule, pour espionner les chambrières de mon père quand elles allaient au bain. Bon, en réalité, ce n'est pas moi qui l'avait dressé, je n'ai jamais su comment faire... toujours est-il que Ptolémée était un animal patient. Je lui promettais une montagne d'os s'il agissait en bon compagnon, et lui, bonne pomme, y croyait toujours... eh bien, le pauvre clébard l'attend toujours, sa récompense. Mais un jour, peut-être, il l'aura.
Ascanio se tut, et Warrateo mit un moment avant de réaliser qu'il avait fini de parler. Le commis fronça les sourcils.
- Pardonnez-moi, seigneur prince... mais, euh... quel est le rapport avec ma question ?
Ascanio haussa les sourcils.
- Quelle question ?
- A propos de l'avenir de la Maison d'Orient ?

Le prince ne répondit jamais, car c'est à cet instant précis qu'une femme le bouscula, aspergeant son beau pourpoint de vin. Warrateo fit un écart, parvenant par miracle à épargner son énorme silhouette empêtrée dans d'amples vêtements. Ascanio se redressa, et constata que son beau pourpoint de brocard rouge, l'un des cadeaux que son père lui avait offerts lors de la troisième célébration annuelle de son dernier anniversaire, était fichu. Serrant les dents, il foudroya du regard la coupable.

- Ah, c'est du joli ! Vous pouvez être fière de vous ! Par les cinq couilles d'Othar, regardez ce que vous avez fait ! Un beau pourpoint tout neuf !
Son regard passa à l'autre femme, celle qui lui tendait un mouchoir en le priant d'excuser la fautive.
- Gardez donc votre mouchoir pour votre amie, ma bonne dame. Mon pourpoint est fichu, mais quand je lui aurai fait sauter les dents, votre copine en aura sans doute besoin.
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Mar 1 Nov 2016 - 11:40


Thenala d'Outremont


Il y eu d’abord un silence, un léger silence... vraiment un court silence. Juste le temps de réaliser que l’homme qui se trouvait devant elles venait bien de les menacer. La réaction ne se fit pas attendre. D’un bras, Maélyne fit reculer sa cousine comme si elle craignait que la menace soit mise à exécution. D’un geste, elle vint ensuite s’interposer entre l’individu et Thenala, le visage figé et le regard noir.

« Osez ne serait-ce que lever la main sur elle et je peux vous assurer que c’est à la petite cuillère que je vous ferais bouffer les couilles d’Othar. » Le ton était sec et tranchant comme prononcé entre des lèvres crispées par la colère. Maélyne aurait voulu se contrôler et opter pour une autre approche mais les évènements qui se sont déroulés à Lourmel étaient encore trop récents pour lui assurer un parfait contrôle de soi. Elle répugnait ces hommes qui estimaient ne devoir aucun respect aux femmes, pourquoi devait-elle donc en avoir pour celui qui se trouvait là, devant elles ?

D’une main, elle sortit de sa bourse deux écus qu’elle lui jeta sans vergogne au visage. « Tenez. Voilà de quoi vous racheter un pourpoint aussi appréciable que votre honneur. »  Thenala de son côté n’avait pas bougé et fixait sa cousine d’un air on ne peut plus surprit. C’était la première fois qu’elle voyait Maélyne se permettre de tels mots mais sans doute pas la dernière.

« Maélyne… Allons-nous en… » Se risqua-t-elle en lui tirant légèrement la main. La Dame suivit le mouvement. De toute façon, elles n’avaient plus rien à lui dire et ce n’était certainement pas au milieu d’une place bondée qu’il prendrait le risque de mettre sa menace à exécution à moins que ce soit dans les geôles de la ville qu’il se fournissait en habillement.
 
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Ascanio Vossula
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Jeu 3 Nov 2016 - 8:11


La bourse aux écus prit son envol avec grâce, pour atterrir avec une finesse étudiée en plein dans le pif d'Ascanio Vossula, lequel se retroussa légèrement sous le choc ; et tandis que le prince reculait, portant une main à son visage, la bourse entamait sa chute inexorable jusque sur le pavé, où elle s'ouvrit, libérant les petites pièces de monnaie et leur permettant d'assouvir leur soif d'indépendance. Elles roulèrent par terre, et une bande de gamins qui passait par là eut tôt fait de se précipiter sur les écus comme des mouches sur un cadavre vieux de trois jours.

Recouvrant ses esprits, Ascanio laissa faire ; deux écus lui importaient fort peu. Il releva la tête et, avisant les deux femmes qui déjà s'éloignaient, lança d'un ton théâtral : « Bande de sa... » mais Warrateo s'éclaircit bruyamment la gorge, interrompant le prince et, d'un ton autrement plus courtois, s'exclama : « Au nom de la Maison d'Orient, je vous prie de pardonner mon maître le seigneur prince Ascanio, mesdames. Il s'est laissé emporter par une colère passagère, mais il regrette déjà ses vilains mots. Comme j'ai coutume de le dire, un sourire et tout est arrangé ! »

Bref moment de silence gêné. S'approchant de Warrateo, Ascanio lui souffla discrètement à l'oreille :
« Qu'est-ce que vous racontez, abruti ?
- Evitons de nous fâcher avec des dames de la haute société, seigneur prince, répliqua le commis. Vous savez ce que c'est, les grosses bourgeoises : des pipelettes. Si elles vous prennent en grippe, elles vont colporter partout ce qui vient de se passer, et ça ne va pas arranger nos affaires.
- Pas faux. »

Le visage d'Ascanio se radoucit ; et, avançant vers les dames, il s'excusa à son tour, en esquissant un fin sourire, aussi large qu'une machette de boucher.

« Le gros a raison, mesdames. Je vous présente humblement mes excuses. »
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Jeu 3 Nov 2016 - 9:11


Thenala d'Outremont


A plusieurs mètres de ce malpoli, Thenala s’arrêta lorsqu’elle entendit l’identité de celui qui venait de la menacer. La rouquine prit ensuite la peine de prendre la main de Maélyne, l’arrêtant à son tour. Dans un chuchotement audible que d’elles seules, Thenala ne put s’empêcher un :

« Par Néerra Maélyne, c’est le Prince ! »
« Qu’importe qui il est, il vient de te menacer, ces fausses excuses il peut se les garder. »
« Mais, attend. Ne crois-tu pas que cela puisse nous porter préjudice s’il s’avérait qu’il répande ce qu’il vient de se passer ? »
« Il ne le fera pas, il serait bête d’aller clamer que l’on a menacé des Dames. »
« Peut-être mais ce sera sa parole contre la nôtre et… ces derniers temps… la tienne n’a plus beaucoup de valeur. »

Maélyne lança un regard noir à sa cousine puis tourna la tête. Cette petite effrontée était non seulement la cause de leur actuel problème mais elle se permettait en plus de juger les actions de sa cousine qui n’a fait que la défendre là où elle-même aurait déjà été victime.

« C’est toi qu’il a menacé, c’est à toi de le pardonner ou non. Moi je n’en ai cure. » Finit-elle par lâcher avant de la laisser planter là, continuant sa route et sa balade qui avait si bien commencée. La rouquine quant à elle resta sur place, regarda un instant Maélyne s’en aller puis se tournât vers le Prince et son gros compagnon tout en se disant qu’il n’y avait plus qu’elle pour désamorcer la situation. C’est là qu’une idée lui vint en tête… « Par les dieux, elle va tellement m’en vouloir. »  se souffla-t-elle à elle-même tout en affichant un radieux sourire, entamant une marche pour revenir auprès d’Ascanio.

« Eh bien, oublions toutes ces vilaines paroles. »  Commença-t-elle, les mains jointes et crispées et le visage figé par l’angoisse de faire un faux pas. « J’accepte vos excuses et j’espère que vous excuserez ma cousine pour son geste. »  La tête baissée, elle s’éclaircissait doucement la voix. « Pour se faire pardonner, elle vous invite à sa table, ce soir et vous remboursera jusqu’au dernier sous. »  Son regard se posa sur le gros compagnon. « Consultez les registre au nom des Lourmel pour trouver l’adresse précise, Victoire et Lyanna étaient de bonnes clientes. »  Thenala offrit alors une révérence au Prince puis s’en alla à son tour. Maintenant que la bêtise était faite, il ne lui restait plus qu’à prévenir Maélyne et à essuyer sa colère. Mais quelque chose au fond d’elle, malgré ces menaces, lui donnait envie de connaître le Prince d’avantage.

Une bonne heure passa lorsque la jeune femme retrouva enfin Maélyne. Au rez-de-chaussée, dans la cuisine, la rouquine lui expliqua alors son geste.

« TU AS FAIT QUOI ? »
Ne te fâche pas Maélyne… »
« TU L’AS INVITE ? ET EN MON NOM EN PLUS ?! »
« Maélyne, je… »
« S’en est assez ! Je ne veux pas accueillir un tel homme sous mon toit ! Débrouilles-toi comme tu le souhaites mais je ne permettrais pas que ce… ce… Débrouilles-toi!! »
« Maélyne… Il se peut qu’il décide de ne pas venir… »  Mais c’était trop tard, la Dame avait déjà quittée la pièce.
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Ascanio Vossula
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Lun 14 Nov 2016 - 9:50


Pas bien futée, mais coquine la rouquine, s'était dit Ascanio en esquissant un fin sourire alors qu'il la regardait s'éloigner dans la rue, sa belle chute de reins se balançant harmonieusement alors qu'elle s'empressait de rejoindre l'autre brune farouche. Deux belles donzelles pour lui le temps d'un dîner, et plus si affinités ; voilà qui augurait une soirée des plus enflammées. C'est donc avec un sourire béat que le prince poursuivit son chemin, tout à coup fort silencieux, pensant à des choses fort inavouables ; à côté de lui marchait un Warrateo pas bien rassuré quant aux intentions de son hôte.

- Qui sont ces deux belles plantes ? demanda subitement Ascanio, après un long moment de silence.
- La femme rousse a évoqué le nom de la maison de Lourmel, seigneur prince. C'est une maison de belle noblesse qui a des fiefs dans le nord de la péninsule, en Serrami...
- Ça va, ça va, je t'ai juste demandé qui elles étaient, pas de me cartographier votre royaume d'arriérés.
- La femme brune doit être Maélyne, la dame de Lourmel.
- La malpolie ? Hé !
- Sa sœur jumelle Lyanna était une cliente régulière de la Maison d'Orient, il y a quelques années.
Ascanio avala sa salive. Des jumelles. Cela devient intéressant.
- Pensez-vous que cette Lyanna sera présente au dîner de ce soir ?
- Je crains que non, seigneur prince. Elle est morte.
- Ah.

Le soir venu, c'est un Ascanio Vossula fort bien apprêté qui se présenta au logis de la maison de Lourmel. Dans la grisaille de cette soirée d'automne, il vous faisait l'effet d'un feu follet resplendissant au milieu des couleurs ternes de la ville : vêtu d'une tunique en soie aux mille couleurs, ainsi que d'un chapeau à plumes dont l'exotique le disputait au grotesque, il attendit tranquillement que l'on annonce sa venue, le Prince-Héritier d'Eofel et de Feldorn, Seigneur de la Soie, Doyen Honoraire de la Confrérie des Plaisirs de Thaar, Grand Vainqueur de la Mérelle d'Ys et Sublime Souverain des Débits de Boissons.
Et il n'était pas venu seul : sur son épaule droite trônait fièrement un perroquet d'Achid Kamil, qui braillait des insultes à tout va et répondait au doux nom de Chlamydia.
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Jeu 17 Nov 2016 - 12:16


Thenala d'Outremont


« Votre invité est arrivé, Mesdames. » Pouvait-on entendre à l’entrée de la porte de la chambrée de Maélyne.

Au rez-de-chaussée, le Prince Marchand avait été accueilli aussi noblement que possible, même si les coutumes d’accueil devaient différer de l’Estrevent. On l’installa dans un salon, où l’on lui servit l’un des meilleurs crus qu’Hautval lui-même pouvait posséder. Thenala avait fait en sorte que tout soit parfait, un bon vin, de bons amuses gueules et un repas digne d’une célébration importante. Elle n’avait pas lésiné sur les moyens mais il lui restait toutefois un problème à résoudre : Maélyne, complètement avachie sur son lit, en robe de chambre, à peine coiffée, mangeant des petits beignets tout en lisant un livre.

« Tu n’aurais pas dû l’inviter. » Dit-elle alors qu’elle avait les deux joues remplies.
« Mais il est là maintenant… et nous nous devons de l’accueillir convenablement. »
« Qu’il aille paître, il ta menacé, ne l’oublie pas. Enfin, moi je ne l’oublie pas. »
« Mais il s’est excusé ! »
« Je m’en fou. »
« Maélyne ! »
« Je m’en fou. »
« Tssss… »

La rouquine n’insista pas plus et descendit les escaliers avec toute la grâce qu’on lui connaissait. Si seulement elle pouvait posséder le même don pour la parole, Maélyne ne serait certainement pas dans cette situation.

« Soyez le bienvenu, Messire Vossula. »  

La jeune femme fit une légère révérence puis s’avança pour s’installer en face d’Ascanio. Il y eu d’abord un silence, un léger.

« Hum… »  Commença-t-elle avant de porter sa coupe de vin aux lèvres. « Votre perroquet est très beau. A-t-il un nom ? »

C’était sans doute pas la meilleure façon de lancer une conversation, mais là, que pouvait-elle faire d’autre en sachant qu’à l’étage sa cousine refusait d’accueillir le Prince en se goinfrant de beignets qui lui feraient sans aucun doute prendre du poids.

A l’étage justement, Maélyne venait de terminer son livre et remarqua que son assiette était vide. Inconsciemment, elle ne pouvait s’empêcher de penser à ce qui se passait en bas tout en espérant que sa cruche de cousine s’en sorte bien.


Un Prince Marchand, ce n’est pas rien. Même impoli comme il est, cela pourrait affecter le commerce Lourmellois.

La Dame soupira.

« Thenala, rappelle-moi de te dire que je te hais. »

Bondissant de son lit, la Dame attrapa ce qu’elle avait de mieux comme robe, demanda à quelques servantes de l’apprêter au plus vite puis descendit les marches.

Habille aux couleurs Lourmellois, le bordeaux et le Blanc, sa robe mettait sa taille en valeur, couvrant néanmoins toute sa poitrine à l'instar de sa cousine qui semblait avoir économisé un maximum de tissu. Les deux femmes étaient fort différentes, toutes deux possédait la beauté, mais l'une dégageait plus de maturité que l'autre.


« Eh bien, bienvenu cher Prince. J'ose espérer que la soirée sera à la hauteur de vos attentes. »
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Ascanio Vossula
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Ven 18 Nov 2016 - 8:40


Confortablement installé face à la délicieuse rouquine, dont il lorgnait avec insistance le remarquable décolleté, Ascanio prenait ses aises dans dans le salon, sirotant son Hautval en se demandant quel angle d'attaque il allait adopter pour mettre cette jolie créature dans son lit. La chose devrait être aisée ; elle était déjà captivée par sa présence et son exotisme, et Ascanio devait seulement faire attention, maintenant, à ne pas brûler ses cartes.
« Le perroquet ? dit-il, tout sourire. Il s'appelle Chl... » commença-t-il avant d'être interrompu par l'arrivée infortuite de l'outrecuidante femme brune qui l'avait villipandé tout à l'heure en ville.

Guère rancunier, Ascanio se leva et alla de lui-même à la rencontre de la maîtresse de maison, dont il espérait justement faire sa propre maîtresse. Autant la rouquine faisait l'effet d'un amuse-gueule facilement accessible, autant la brune, distante et au fort caractère, promettait un défi intéressant à relever.
« Madame de Lourmel, je suis charmé par votre invitation. Cette soirée répond d'ores et déjà à mes attentes ; quel privilège pour l'humble, héhé, marchand que je suis, de dîner en compagnie de dames dont la noblesse n'a d'égale que la beauté ! » Et il s'inclina si bas que son nez en toucha le sol, et que le pauvre Chlamydia tomba de son épaule, poussant un cri perçant suivi de braillements rageurs : « Fuuuuumier ! Fuuuumier ! » Se relevant à la hâte et remettant le pauvre oiseau en place, Ascanio adressa son plus beau sourire à ses deux hôtesses. « J'espère que les animaux ne vous importunent pas ; il est vrai que ce brave Chlamydia a le malheur d'être aussi bavard que son maître. » « Touuut l'monde à poiiil », enchaîna Chlamydia comme pour confirmer les dires du prince.
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Mer 23 Nov 2016 - 16:12


Thenala d'Outremont

« Est-ce une blague ? »

Se tenant toujours debout à l’entrée, face au prince, Maélyne entendit tout d’un coup sa cousine éclater de rire. Le nom de ce perroquet sonnait déjà horriblement aux oreilles de la Dame de Lourmel mais savoir que celui-ci parlait et s’autorisait un langage plutôt… exotique n’aida en rien Maélyne à présager passer une bonne soirée.

Derrière eux, toujours avachie sur l’un des fauteuils, Thenala sembla éprise d’un fou rire alors que le regard de Maélyne affichait toujours la même stupeur.


« Bon sang, par Néerra, dans quoi je me suis engagée… » Chuchota-t-elle, profitant que le Prince s’était retournée pour admirer l’hilarité de la belle rousse.
« Thenala ! »

« Pardon, pardon… » La rouquine essaya de se reprendre, essuyant quelques larmes qui s’étaient permises de couler sur sa joue tant le rire était franc. Sans doute avait-elle un peu besoin de cela, elle qui fréquentait la rigidité de sa cousine bien trop souvent.

« Eh bien, je propose que nous passions à table. » lâcha-t-elle en se retournant suivit d’un « au plus vite nous avons fini au mieux c’est » qu’elle s’était toutefois gardée pour elle-même. Malheureusement elle fut interrompue par une servante dans sa course qui lui signala que le repas n’était pas encore prêt. La jeune femme poussa un soupire avant de faire marche arrière.

« Bon eh bien, tout n’est pas encore prêt, profitons donc un peu de cette patience pour faire plus amples connaissance. » Bonne idée, faisons parler le Prince. Écouter serait moins insupportable que de parler. Thenala reposa ses fesses au même endroit, face au Prince alors que Maélyne s’installa sur le même divan qu’Ascanio gardant toutefois ses distances, aussi bien de lui que de sa bestiole.

En parlant de bestiole, une autre fit son entrée. Arth semblait intrigué par l’odeur qu’il sentait, aussi bien celle de la cuisine mais également celle du perroquet. Il fit bien vite son apparition sur les genoux de Maélyne.


« Je n’ai absolument rien contre votre perroquet malpoli. J’ai moi-même un certain compagnon mal élevé. Et donc, dites nous, très cher Prince. Vos contrées ne vous manquent-ils pas? »
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Ascanio Vossula
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Lun 19 Déc 2016 - 8:59


Ascanio esquissa un sourire ravi, flatté par les éclats de rire de la rouquine qu'il prenait pour d'innocents gloussements de jeune chatte effarouchée. Chlamydia avait son petit succès, comme d'habitude ; ce perroquet avait toujours été un excellent moyen d'attirer l'attention, et pendant que les deux femmes contemplaient avec passion le beau volatile, elles ne remarquaient pas le regard appuyé du prince qui lorgnait la poitrine de Thenala. La Dame de Lourmel, assise à ses côtés, exhalait un doux parfum qu'Ascanio ne connaissait pas, et qui était probablement d'entrée de gamme, mais pas désagréable pour autant. Pris d'une curiosité soudaine, il se demanda si elle sentait bon au naturel, sans artifices ; il n'en fallut pas moins pour qu'il se mette à l'imaginer nue. Il y avait chez cette femme distante et sévère quelque chose de dangereusement érotique, que retenait l'élégante décence dans-laquelle elle se drapait et dont il voulait l'en dévêtir.

Le prince fut tiré de cette distrayante évasion par l'arrivée d'une curieuse bestiole écaillée, particulièrement laide et bien moins noble et distinguée que le délicat Chlamydia ; l'oiseau, visiblement importuné par cette irruption soudaine, s'agita sur l'épaule d'Ascanio, mal à l'aise, et en souilla la belle tunique de l'Estréventin.

« Eh bien ! s'exclama Ascanio, légèrement déconfi ; il semblerait que j'aie le chic pour me salir aujourd'hui. Qu'importe ! Nous sommes entre gens simples », et il entreprit de retirer sans cérémonie le vêtement souillé, s'agitant un moment sur sa chaise, la tête coincée dans le tissu alors qu'il peinait à extraire ses bras des manches. Il portait là-dessous une chemise d'un blanc immaculé, dont l'épaule avait su être préservée ; pour ne pas prendre d'autre risque, il posa l'oiseau sur la table, et Chlamydia se laissa faire docilement tout en jetant un regard de défi au drake. « Qu'on l'eeeencule ! » piailla Chlamydia de sa voix aigûe. Ascanio, ignorant l'animal qui avait effrayé son ami des îles, reporta son attention sur Maélyne ; il essaya à nouveau de l'imaginer nue, mais la magie de l'instant était passée, aussi décida-t-il tout bonnement de répondre à sa question.

« Comme vous vous en doutez, mon pays me manque terriblement, belle dame. Avez-vous déjà visité Thaar ? Elle est d'une splendeur qui en éclipserait presque la beauté de votre corps », il s'interrompit le temps d'avaler bruyamment une gorgée de vin, « et les maîtres bâtisseurs rivalisent tant d'ingéniosité qu'elle se réinvente de jour à jour, et que les palais sont toujours plus vastes, toujours plus beaux, et toujours plus hauts ; si bien que l'on se perd dans la contemplation de ses dômes et de ses opulentes coupoles, toutes en rondeurs à tel point que cela en devient presque érotique », et accentuant la dernière syllabe, jeta un regard de braise à la rouquine tout en se pourléchant les lèvres. « Un jour, je vous montrerai cela du haut du Palais Vossula, qui est le plus haut et le plus beau de tous ; la vue y est telle que l'on se sent comme un dieu sur le toit du monde. »
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Lun 2 Jan 2017 - 1:06


Thenala d'Outremont


Ce Prince avait sans doute la plus grosse réserve de répliques pouvant servir à vexer n’importe qui sauf qu’il tomba bien mal face à Maélyne qui n’y prêta aucune attention. Par contre s’il y en avait bien un pour réagir aux paroles émises c’était bien Arth, toujours présent sur les genoux de la Dame. Il redressa subitement la tête lorsque l’oiseau émit la proposition d’un rapport dit « sexuel » avec lui.

- Qu’on… Hein ?! QUOI ?

Il n’en fallut pas plus à l’animal pour aller se réfugier dans la nuque de Maélyne, sous ses cheveux, la queue recroquevillée.

- Allons, il ne va rien te faire.
- Mes fess… Euh non j’ai rien dit, oubliez ça, oubliez mes fesses. Qu’il OUBLIE MES FESSES !
- Arth, calme-toi, ce n’est qu’un oiseau.
- Oui oui… je me méfie de cet être perfide qui a un bec et des plumes qui font sans cesse éternuer.
- Allons… Calmes-toi. Dit elle en regardant l'oiseau bouger sa tête tout en cherchant en quoi ce perroquet était... un être perfide.
- Je pourrais le manger et faire l’effort de répondre à sa… proposition… Mais non, ils ont mauvais goût les oiseaux.


Le perroquet se tourna vers la Dame, cherchant à localiser Arth.

- Non tu n’auras pas mes fesses, non tu n’auras pas mes fesses, non tu n’auras pas mes fesses, espèce de piaf de mes deux

« Se rendre à Thaar ? Mais ce serait une riche idée ! » Dit alors Thenala pour enchaîner sur l’invitation du Prince. Maélyne quant à elle avait bien du mal à se concentrer sur les paroles d’Ascanio en sachant que son esprit était… perturbé par un dräke qui ne voulait absolument pas se faire enculer.

« Peut-être… Nous verrons bien. Pour le moment ce n’est pas dans nos projets. »
« Oh, Maélyne ! S’il-te-plait !  Pourquoi ne proposerais-tu pas à Guillaume de s’y rendre… comme un présent pour votre future union ? »
« Guillaume à certainement d’autre choses à faire que de se rendre à Thaar. Il à la charge de la Baronnie en l’absence de son frère, souviens-toi. »

La rouquine soupira puis afficha une légère moue. L’agenda de Maélyne était si chargée qu’elle en oubliait ses propres désirs, elle qui se devait de la suivre partout telle une bonne Dame de compagnie.

« Et vous, Prince Vossula. Êtes-vous marié ? Avez-vous des enfants ? » Répliqua aussitôt la Dame de Lourmel, elle qui aimait bien sortir la carte de l’épouse lorsqu’elle sentait que l’attention d’un homme se portait un peu trop sur ses formes plutôt que son intelle… hum… intellect.

« Êtes-vous à Diantra depuis longtemps ? »
- Non tu n’auras pas mes fesses !
« La ville vous plaît-elle ? »
- Espèce d’être perfide multicolore !
« Je dois avouer que depuis la guerre, elle a perdu de son charme. »
- Je te surveille espèce de piaf ! Je suis tapis dans l’ombre - enfin, plutôt sous des cheveux -  à veiller sur mes fesses que tu n'auras pas !
« ARTH ! Tu es ridicule, arrêtes maintenant ! » S'écria Maélyne après avoir une nouvelle fois oubliée de s'adresser à lui via la pensée. Se ratrappant soudainement, elle sourira. « Il griffe facilement. » Continua-t-elle sur un ton assez gêné tout en extirpant son compagnon de sous ses cheveux, le reposant sur ses genoux. Le regard d'Arth se tourna vers l'oiseau et il ne le quitta plus des yeux, prenant une posture d'attaque tout en restant immobile.

- Prépare toi à la guerre, espèce de poussin prématuré.

« Ma Dame? » Pouvait on entendre près de la porte.
« Le dîner est servit. »
« Oh, très bien. Allons-y. Je vous en prie votre Altesse, à vous l'honneur. » Répliqua Maélyne tout en se levant et en invitant Ascanio a traverser la pièce pour en gagner une autre où une table garnie de mets les attendait.

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Ascanio Vossula
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Mer 4 Jan 2017 - 12:18


La brune au dräke est fiancée, comprit Ascanio qui ne la quittait pas du regard pour autant ; ce genre de barrière n'avait jamais été un embarras pour lui, au contraire. Nombre de ses escapades nocturnes s'étaient terminées dans une ruelle poisseuse des bas-fonds de Thaar, l'épée à la main pour disputer un duel d'honneur face au mari cocu. Ascanio avait gagné à chaque fois et, bien évidemment, le fait que l'or de sa famille ait souvent payé l'adversaire pour qu'il ne se présente pas au rendez-vous n'est qu'un détail de l'histoire ; n'était-il pas une fine lame redoutée dans les bouges mal famés de la place des Lanternes ? Il aurait volontiers renouvelé l'exploit ici-même, et affronté le fiancé malchanceux dans une venelle étroite de la vieille cité péninsulaire. S'il venait à s'emplafonner le frère d'un baron, il aurait de quoi frimer pendant des années, tant l'on aimait mépriser la noblesse de l'Ouest dans les grandes familles marchandes estréventines.

Seulement voilà, avant le duel il lui fallait séduire la dame de Lourmel, et la partie s'annonçait compliquée ; c'est que la bougresse n'était pas disposée à lui rendre les choses faciles. Ascanio se demanda si son indifférence était feinte : sans doute gardait-elle ses distances pour mieux se rendre désirable, elle qui, il est vrai, n'était plus de la toute première fraîcheur en dépit de ses rondeurs appétissantes. Si c'est là sa stratégie, et bien ma foi, c'est brillamment joué, pensa-t-il en esquissant un sourire alors que la dame était occupée à villipander sa sale bestiole.

« Hélas non, belle dame, je ne suis toujours pas engagé », dit-il en feignant le regret, lui qui se satisfaisait si bien du célibat et ignorait encore que quelques jours plus tard il succomberait subitement au charme d'une femme qu'il n'attendait point. « La prudence me commande d'attendre et de choisir le meilleur parti. Contrairement à nombre de familles à Thaar, la tradition chez les Vossula est de ne prendre qu'une seule épouse légitime à la fois. Question d'alliance : la famille de l'épouse est prête à offrir une dot plus conséquente si celle-ci a l'exclusivité. Et mon cher père a évidemment une horde de concubines, mais ce ne sont que les enfants de l'épouse légitime qui peuvent espérer hériter de ses biens. Sa première épouse ne lui a donné qu'un fils - moi-même - aussi s'est-il empressé, à la mort de ma mère, de se remarier avec une cruche qui lui a pondu une ribambelle d'autres héritiers potentiels. Précaution sage, mais inutile au bout du compte : en tant qu'aîné, c'est bien moi qui lui succéderai à la tête de l'empire Vossulien le jour - lointain, je l'espère - de son trépas. Aussi est-il bien nécessaire que je ne m'engage pas auprès de la première morue qui passe. » Son sourire s'élargit et il ajouta avec un clin d’œil : « mais tout cela n'est que du droit, et le mariage ne me privera nullement de me divertir en plaisante compagnie chaque fois que j'en aurai envie. »

Il allait ajouter qu'il goûterait volontiers la compagnie de la dame de Lourmel, mais c'est précisément à cet instant qu'on leur annonça que le dîner était servi. Docilement, Ascanio se laissa conduire dans la salle à manger où flottait une délicieuse odeur de cuisine raffinée. S'installant à table, il était encore occupé à se demander s'il devait continuer à prêter attention à la dame de Lourmel ou s'il valait mieux se rabattre sur la rouquine, qui semblait plus ouverte ; mais quand il s'agissait de séduire, Ascanio n'aimait pas se résoudre à la facilité. Et puis, il gardait encore l'espoir de séduire les deux tout à la fois. « Styyyyrio fiiiils de puuuute », clamait Chlamydia, toujours plein de fougue.

« Votre table est aussi bien mise que vous, Dame Maélyne, si vous me permettez de parler sans ambages », dit-il avant de boire une gorgée de vin. S'essuyant la bouche, il reposa lourdement la coupe sur la table d'un geste gauche puis, posant ses coudes, laissa reposer son menton entre ses mains, fixant avec intensité la maîtresse de maison. « Une question me turlupine, belle dame, et pardonne ma brusquerie, à moi qui ne suis pourtant pas dépourvu de raffinement, mais ma curiosité est bien trop grande. N'êtes-vous pas angoissée à l'idée de lier votre destin à celui d'un homme jusqu'à la fin de vos jours ou des siens ? Car si les hommes s'accommodent bien des restrictions qu'impose le mariage, il en va autrement des femmes. N'avez-vous pas peur, Dame Maélyne, de vivre jusqu'en vos vieux jours sans jamais connaître l'amour, le vrai, le véritable, celui qu'un autre que votre époux serait en mesure de vous donner ? » Il enchaîna sans lui laisser le temps de répondre : « bien sûr, le scandale serait grand si l'on apprenait que vous aviez un amant ; d'autres dames s'y sont risquées avant vous et en ont payé le prix. Les noms de Lucrèce d'Uberwald ou d'Iseult Séraphin animent encore les conversations des tavernes diantraises. Les pauvres ! Elles qui se gorgeaient de sève mâle du soir au matin ne faisaient qu'atténuer l'ennui de leur morne quotidien ; c'est leur discrétion qui leur fit défaut. Eussent-elles pris pour amant un étranger de passage que leur aventure serait restée un mystère pour tout le monde ; au lieu de quoi elles avaient choisi des gens de leur monde. Si j'étais à leur place, ou... à la vôtre, je choisirai un étranger, dame Maélyne, un homme qui vit loin d'ici et qui s'en ira bientôt de l'autre côté de la mer pour ne plus revenir, mais qui vous aura laissé un impérissable souvenir... n'êtes vous pas de cet avis, dame Thenala ? »
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Jeu 12 Jan 2017 - 16:55


Thenala d'Outremont



« Quel joli discours » sortit-elle au tac au tac après qu’il eut terminé de vomir ses belles paroles. Portant sa coupe de vin à ses lèvres, Maélyne n’avait point prêté plus d’attention que cela à ce que racontait le Prince. Malgré son passage sur l’amour véritable qui vint lui arracher quelques très mauvais souvenirs. Elle s’était en réalité affairée à garnir l’assiette d’Arth de quelques bouts de viande qu’il commença à mâchonner avec hâte.

- Je ne suis pas le seul à devoir faire attention à mes fesses on dirait…

Cette simple phrase fit soupirer Maélyne avant qu’elle ne décide de vider sa coupe de vin d’une seule traite dévoilant ainsi un peu plus le désespoir auquel elle faisait fasse. Thenala quant à elle avait tellement rougit qu’elle n’osa poser les yeux sur sa cousine. Après tout, si cet homme venait de proposer ouvertement à Maélyne de la culbuter durant la nuit, c’était sans nul doute entièrement de sa faute. La rouquine le savait et n’osait plus croiser le regard furieux de sa cousine qui saura lui rappeler cette faute et ce, durant de longues années.

« Mais dîtes moi, cher Prince. » elle insista lourdement sur son titre. « Que connaissez-vous de l’amour ? Je vous parle de celui que vous semblez me vendre actuellement, le vrai, le véritable ! Car j’ai une forte et désagréable impression que nous n’avons pas la même vision de la chose. » Maélyne se resservit un peu de vin tout en remplissant également la coupe d’Ascanio. « Et puis, vous ne savez rien sur la relation que j’entretiens avec mon futur époux. Qui vous dit que nous ne vivons pas actuellement le plus bel amour qui soit ? Que notre mariage ne sera que l’officialisation de celui-ci devant les dieux et devant tous ? Qui vous autorise à croire que j’ai besoin de ce genre de distraction de passage ? Hum ? »

Thenala se permit un léger rire dû à la nervosité, malheureusement, elle ne reçut qu’un regard sévère de Maélyne en échange. La Dame de compagnie se reprit aussitôt et n’hésita plus à appuyer les paroles de sa cousine.

« Maélyne et Guillaume sont très attachés l’un à l’autre. C’est un amour… sincère et qui sera sans nul doute durable. Je gage que ma cousine sera heureuse auprès de lui et je pense effectivement qu’elle n’a nullement besoin de… ce que vous proposez. »

Ses joues vinrent s’empourprer une nouvelle fois et à son tour, elle se délecta du vin servit, essayant de noyer sa gêne.


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Ascanio Vossula
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Jeu 26 Jan 2017 - 10:58


« L'amour... ah ! l'amour. » Ascanio leva sa coupe afin qu'on le resserve, puis, tout en remuant doucement le vin, observa : « si vraiment vous étiez si heureuses, mesdames, vous ne dîneriez pas en ma compagnie. »

Avant que les deux donzelles n'aient eu le temps de mûrir ses propos, Ascanio se redressa et, plaquant ses mains sur la table, se pencha au-dessus des plats pour les fixer alternativement, d'un regard qui transpirait les effets de l'alcool. Il remarqua bien leur trouble, aux deux bonnes femmes, il voyait leur air interloqué, choqué même, et mit cela sur le compte de leur émoi, de leur crainte d'avoir été percées à jour ; il avait deviné leurs intentions, et elles ne savaient plus où se mettre, les drôlesses.

« Cessons de jouer cette comédie, voulez-vous ? J'ai vu clair dans votre petit jeu depuis le début de cette agréable soirée. Je vois bien la façon dont vous me regardez, je vois comme vous tentez de feindre la pudeur et la vertu... le fait est que vous me voulez, et que vous vous disputez toutes deux mes faveurs. Un homme sans cœur ne l'aurait pas vu, mais ce n'est pas à un vieux singe séduisant comme moi que l'on apprend à faire des grimaces ! Laissons là l'amour, mesdames, si ce terme vous fait peur. L'amour est souvent imité, jamais égalé. » Il reprit tranquillement place au fond de son siège et, calant son dos, avala une nouvelle gorgée de vin, avant de prendre une profonde inspiration et d'achever, dans un souffle de contentement : « puisque les choses sont enfin claires, eh bien, soit, j'accepte de passer la nuit avec vous deux. »
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: En fuyant l'ennui, l'on rencontre un Prince | Ascanio Vossula.   Sam 4 Fév 2017 - 11:11

Il y eut un silence durant lequel Maélyne fixait le prince d’un air ahuri. Jamais elle n’aurait pu penser qu’une telle chose était possible, qu’un tel degré d’impolitesse existait dans ce bas monde et venant même d’un Prince qui plus est ! Estréventin ou pas, il allait pouvoir se torcher avec sa proposition on ne peut plus indécente.

S’en était trop.

En se levant brusquement, elle ne manqua pas de renverser sa coupe dont le liquide rougeâtre s’éparpilla sur la table. Thenala quant à elle s’était saisie par ce mouvement puis resta penaude sur sa chaise, le regard baissé, les joues empourprées.

Le visage de Maélyne s’est ensuite durcit, vexée et même choquée par ce qu’elle venait d’entendre. La colère s’était finalement emparée d’elle. Pourtant, intérieurement, elle combattait vents et marées pour ne pas se rabaisser à la hauteur de cet étranger, le sol lui aurait paru bien trop proche, sinon.


« Vous êtes mon invité, Ascanio. Et les règles de l’hospitalité ne m’autorisent point à vous mettre à la porte, même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque là, maintenant. »

La jeune femme fit le tour de la table puis prit la direction de la sortie de la pièce. Hors de question de rester une minute de plus en cette mauvaise compagnie. S’il avait tant besoin d’assouvir ses pulsions, les bordels de Diantra l’accueilleraient à bras ouverts.

Sa silhouette finit par disparaître, on put entendre les pas de la Dame commencer à monter les escaliers. Puis, elle s’arrêta pour revenir à la rencontre d’Ascanio, le regard toujours aussi noir, les lippes serrées par la colère.

« Osez ne serait-ce que toucher à l’un de ses cheveux et je me montrerais bien moins hospitalière. » Tournant à nouveau les talons, elle continua : « Et si vous franchissez la porte de ma chambre je n'hésiterais pas à vous couper la tête. »

La discussion était close. Maélyne monta dans sa chambre tout en claquant la porte en bois. « Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre... »

Au rez-de-chaussée, Thenala resta comme figée face à la situation. Elle le savait pertinemment. Tout était de sa faute, tout venait de cette fascination qu’elle éprouvait pour ce Prince d’Estrévent. Maélyne saura-t-elle lui pardonner un jour ? Rien ne l'envisageait.
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