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 De l'autre côté du fleuve | Gaston, Jérôme, Aymeric

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Valisilwen Lindorie
Elfe
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MessageSujet: De l'autre côté du fleuve | Gaston, Jérôme, Aymeric   Mer 16 Nov 2016 - 19:56

Premier jour de la neuvième ennéade de Favriüs, An 9 du XIème Cycle

      Une aube blanche se levait sur la lisière d’Anaëh. Les rayons clairs du soleil croisèrent ceux de l’astre de la Malenuit, et les berges de l’Oliya sortirent soudain du noir de la nuit, pour baigner dans un vert frais d’Automne. Là, devant les premiers arbres de la Forêt, le fleuve dessinait une boucle arrondie qui plongeait dans les terres humaines, dégageant une petite plaine protubérante que baignait l’eau. Une quinzaine de silhouettes élancées se tenaient là, sur le pourtour extérieur du monde des Elfes, face aux marches de la Péninsule des Hommes. La clarté matinale saisit des capes uniformes, et des harnais de cuir, et des plastrons de fer finement forgé. Les Elfes patientaient, dans le jour naissant ; et ils regardaient face à eux la lande d’Oësgard émerger de la brume, et le relief massif de Krahof, et plus loin l’ombre indistincte d’Aatenach. « Puisse la Mère alléger la bêtise des Hommes, et qu’ils ne prennent pas les armes parce qu’ils croient à une invasion », songeait amèrement face à ce spectacle Valisilwen Lindorië, dont la tête se démarquait par la tiare qu’elle portait.

      Lorsque la forêt se mit à bruisser, les Elfes se retournèrent vers la lisière. Là, entre les arbres, se dessinaient les contours encore flous de quelques silhouettes émaciées. Plusieurs sortirent d’entre les troncs – des Elfes, usés, le visage défait – tandis que d’autres demeuraient à l’abri de la forêt ; et on entendait un grondement dans l’air, comme un grognement, alors que les autres silhouettes continuaient à rôder sous le couvert des arbres, dérobées à la vue depuis le fleuve.

      « Salut et amitié », souffla Valisilwen Lindorië, machinalement, mais elle s’aperçut aussitôt que sa voix était plus brusque qu’elle l’aurait souhaité. Les nouveaux arrivants, ceux qui étaient sortis de la forêt, semblaient être rescapés d’un combat. Sur leurs visages hâlés et tannés, on voyait des écorchures ; leur peau épaisse d’enfants des Noss étaient barrées par des traces de coups. Certains saignaient ; le premier, trois pas devant les autres, arborait sur sa poitrine presque nue un large sceau violacé, qui prenait la forme d’un coup de sabot.

      « Si peu ? » ajouta la Protectrice, et cette fois c’était l’inquiétude qui faussait le timbre de sa voix. Elle considérait d’un œil fuyant les arrivants : ils étaient quatre, seulement.
      L’Elfe à la poitrine frappée par le sabot répondit, amèrement : « Pour une tâche aussi funeste… » – et il laissa la fin de sa phrase flotter au bout de sa voix rauque. « Tu auras surestimé le pouvoir de ton Conseil sur la forêt, Protectrice. »
      – Sache, Aërnyn », commença Valisilwen, « que le Conseil … –
      – ... devra nous loger à Linaëh, à la ville »
, coupa l’Elfe, « et nous protéger. Nous sommes bannis des Noss.
      – Bannis ? »
répéta Valisilwen, dans un souffle incrédule. « Mais … –
      – Oh, ne t’inquiète pas, Protectrice »
, grinça Aërnyn, en la coupant une nouvelle fois. « Nous sommes bannis des terres, mais nos pouvoirs ne sont pas envolés. Nous allons faire ce que tu as demandé. »

      Valisilwen Lindorïe hésita, puis elle s’avisa de ne rien répondre. Elle s’écarta simplement de la berge du fleuve, et derrière elle les autres Elfes en armure cédèrent également le passage. Aërnyn et ses trois compagnons s’avancèrent dans la plaine. Leurs peaux cuivrées, et leurs chevelures hérissées comme des buissons, produisaient un étrange effet lorsqu’ils sortaient de l’environnement des arbres. Valisilwen vit les quatre Elfes froncer leurs sourcils hirsutes, en contemplant au loin la forme crénelée de Krahof.

      « Alors », commença Aërnyn, « c’est ici … ? » Il laissa sa phrase suspendue, sans la finir ; mais ce n’était pas nécessaire.
      « Oui, c’est ici », répéta simplement Valisilwen.
      « Tu aurais pu laisser les Hommes faire eux-mêmes leur pont, Protectrice », grimaça Aërnyn. « On m’a dit qu’ils avaient de bonnes haches. »
      La Protectrice le regarda, interdite. Il lui fallut quelques longues et pénibles secondes pour réaliser ce que c’était – de l’humour. Et sur cette pointe de cynisme, Aërnyn et les siens se mirent à l’ouvrage.

      Valisilwen regarda avec admiration le travail des quatre Elfes des Noss – enfin, jusqu’à récemment encore, songea-t-elle avec gêne. Ils s’étaient campés tous les quatre, face au fleuve, les pieds dans la boue des berges ; et le bas de leurs robes de ronces trempait presque dans le clapotis de l’eau. Ils avaient étendu leurs bras vers le fleuve, comme s’ils pointaient étrangement vers la lande vide à gauche de Krahof. Et un éclat verdâtre se mit peu à peu à ruisseler de leurs doigts, à filer le long de leurs bras, à remonter vers leurs épaules ; de là, il suivait vers le bas le plissé de leurs robes, et il plongeait dans le sol. La lueur dessinait des flaques mouillées sur la berge, là où les pieds des Elfes étaient enfoncés dans la boue ; puis, petit à petit, l’onde verte disparaissait, comme si la terre avait bu le sort. C’était une magie rustique, presque rudimentaire, et Valisilwen ne put s’empêcher de constater qu’elle n’avait rien de beau. Si elle avait dû décrire ce prodige terne, elle aurait dit que c’était comme un sortilège incanté à contrecœur.

      Mais la magie faisait son effet, malgré tout. D’entre les pieds des quatre Elfes, depuis la boue qui bordait le fleuve, des masses brunes semblables à un nœud de serpents commençaient à s’agiter. Cela soulevait la tourbe, écartait les mottes, et pointait vers le haut pour trouver l’air. C’était regarder une plante qui poussait à une vitesse accélérée. Puis les quatre racines, une pour chaque Elfe, commencèrent à se courber sur les côtés, pour se trouver l’une l’autre ; elles se mêlèrent, elles s’entortillèrent étroitement, formant une masse solide et large. Enfin, comme la langue démesurée d’une bête fantaisiste, le rouleau des quatre racines se pencha et se déploya par-dessus le fleuve – et un pont commença à s’allonger vers la lande d’Oësgard.

      Valisilwen réprima un frisson devant les prodiges de la Mère, puis elle leva les yeux vers le soleil. L’astre était encore bas, le jour se levait à peine ; il y aurait encore de longues heures avant qu’arrivent les seigneurs des Hommes – « s’ils arrivaient », ajouta-t-elle pour elle-même.

      La Protectrice se retourna vers l’étroit espace qui séparait le fleuve et la forêt : c’était ici, et seulement ici, que Linaëh pourrait accueillir les Humains. Derrière, le bandeau des arbres bruissait et s’agitait faiblement dans le matin levant ; les silhouettes émaciées s’étaient dérobées à sa vue, mais Valisilwen se doutait qu’elles n’étaient pas parties, qu’elles ne partiraient pas de toute la journée. Elle laissa échapper un soupir, où se mélangeaient de l’angoisse, de l’espoir, et du doute.

      Alors la Protectrice répartit ses Elfes en armure sur les alentours, et elle fit apporter des sièges et dresser des tables ; et elle planta derrière cela les oriflammes de Linaëh, la frontalière.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: De l'autre côté du fleuve | Gaston, Jérôme, Aymeric   Ven 16 Déc 2016 - 9:36

Spoiler:
 



L'on avait longtemps hésité à venir au rendez vous demandé par les elfes. C'est qu'on les craignait et que les dernières relations entre Oësgard et le peuple féérique n'étaient pas au beau fixe. La dernière intrusion humaine dans la forêt s'était soldé par un échec, personne n'en était revenu. Une chose était évidente, c'était que le Baron ne pouvait pas s'y rendre. S'il s'agissait d'un piège, le régent ne devait pas tomber. Toutefois, Jérôme désirait que ce soit quelqu'un en qui il pouvait avoir confiance qui y aille, un fidèle qui lui relaterait dans le détail et sans omettre certains détails qui étaient, au final, d'importance. Ce fut donc Renaud de Chassur qui fut désigné. Une troupe de dix vétérans l'accompagneraient pour sa protection. Bien entendu, il fut formellement interdit d'en parler hors du groupe restreint qui était au courant de cette "réunion". Le racisme avéré des oësgardiens et encore plus celui de son propre cousin à Krahof n'était pas une bonne chose pour avoir une discussion posée.

Une brume inquiétante était du rendez vous le matin ou les humains devaient rencontrer les elfes. Bien que vétérans, la superstition était forte et les gardes étaient à cran, prêt à se battre ou surtout à fuir même s'ils n'étaient pas couards. Ils arrivèrent à l'endroit désigné, apparemment, ils étaient les premiers humains. Sortant de la brume, ils virent de l'autre côté le groupe des elfes qui attendaient. La petite troupe s'arrêta, scrutant alentour afin de voir s'il n'y avait rien de suspect. Les derniers mètres furent laborieux, fait le plus doucement possible. Ils s'aperçurent alors du "pont" fait afin de pouvoir franchir le cour d'eau, un garde cracha au sol

"Sorcellerie, n'y allez pas monseigneur"

Renaud avala sa salive

"Il le faut, nous devons savoir ce qu'ils désirent vraiment. Mais soyez vigilant, je compte sur vous pour me sortir de la s'il s'avère que c'est un piège"

La tension monta encore d'un cran alors qu'ils démontèrent, laissant les montures à deux gardes pendant que le reste s'avançait gauchement sur le pont fait par les elfes. Une fois arrivé devant leurs...hôtes...Renaud fut le seul à saluer brièvement. Tous les gardes restaient silencieux, observant nerveusement les "êtres" qui leurs faisaient face.
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MessageSujet: Re: De l'autre côté du fleuve | Gaston, Jérôme, Aymeric   Dim 26 Fév 2017 - 17:26

HRP-Staff:
 


La brume et le clapotis de l'eau faisaient régner une atmosphère mystique autour de l'étrange pont végétal... Mais voilà bien longtemps que la Dame Protectrice du Linaëh avait quitté l'endroit. Une erreur dans le l'heure et le jour ? Une affaire urgente qui ne pouvait souffrir une seconde de retard ? Trop d'hésitation de la part des Hommes ? Dans tous les cas, la rencontre semblait être belle et bien compromise.

En guise de groupe, de l'autre côté du pont, les humains n'eurent en face d'eux que trois gardes frontières, postés en faction pour avertir la ville et refouler les indésirables si une délégation finissait par se manifester. Dans leur armure travaillées et leurs hanches bardées de lames, hauts de plus de deux mètres, ils semblaient plantés là depuis une éternité, immobiles comme des statues. Voyant les humains, leur réaction fut simple : la femme postée au plus près du pont les salua en langue humaine, un accent exotique donnant à certains mots une sonorité étrange. Mains au ceinturon, elle s'excusa de devoir leur barrer la route et les invita à rebrousser chemin sans menace ni dédain... Seulement une froideur militaire de circonstance.

" La Dame Protectrice sera informée de votre venu, humains d'Etherna, nous nous y engageons. " promis l'un des deux autres soldats. " Que les Cinq vous guident. "

Cette fois, les humains repartirent des abords de la forêt millénaire sans que le sang ne soit versé... mais bien peu de salive avait été usée.

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
Site de l'artiste: http://www.3mmi.org/v9/
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MessageSujet: Re: De l'autre côté du fleuve | Gaston, Jérôme, Aymeric   

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