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 Germes & Tracas | Velkyn

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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Germes & Tracas | Velkyn   Jeu 17 Nov 2016 - 9:32





Germes & Tracas

& Velkyn Xaran





[Début 8ème ennéade de Favriüs, An 9]




Contre toutes les recommandations et attentionnés conseils dont l'avait gratifié Nymaël, elle n'avait pu résister à cet impérieux besoin de s'extraire de la prison dorée qu'était son logis. Tout en elle lui hurlait de prendre l'air, de fuir, aussi. L'envie lui prit de rejoindre Magsque sur le champ, et de s'y terre jusqu'à ce que … Mais la Grise ne pouvait décemment point laisser son activité sans gérance, ni même espérer être tranquille sur le bassin. Non, elle n'avait pas vraiment d'échappatoire, et, lui en fallait-il une ? Ce qui lui arrivait, cela faisait longtemps qu'elle en avait eu l'impression, parfois plus ferme que d'autres, néanmoins le savoir de la bouche d'autrui lui faisait pourtant un drôle d'effet. Cela rendait ses désirs tangibles, ses espoirs accessible. Devant le fait accompli elle était pourtant fugace et peu encline à se contenter de la vérité.
Shynrae avait quitté le manoir totalement seule. D'ordinaire toujours flanquée de son duo de compagnes, les félidés ne lui inspiraient guère et elle préférait être rigoureusement solitaire. Comme toujours, elle attendit le point du jour pour laisser derrière elle la demeure Irvin, avant de déambuler sans réel but dans les ruelles de la Principauté. Ses pas la menèrent devant le Palais d'Argent, où se poursuivaient les oboles consacrée à Valas. On distinguait d'étranges lumières depuis les lucarnes, et les cris tantôt effrayants tantôt hilares la firent frissonner. La Sirène n'avait daigné à se rendre aux célébrations du Panthéon Sombre – celle du jour et celles à venir -, les réjouissances destinées aux Princes-Marchand lui avaient amplement suffi et elle se voyait mal subir d'autres désillusions quant à son nouveau statut. Encore moins maintenant. Songea t-elle en poursuivant son chemin.

La noirelfe se rendit à la Porte de Valmar, là où un mois plus tôt avec Velkyn, ils prenaient la route pour Sol'Dorn. Si elle ne pouvait décemment pas s'y rendre à l'instant, c'était les souvenirs de cette virée que la Drow était venue chercher. Ses mains se portèrent avec douceur sur son ventre, alors qu'elle se remémorait les rituels et paroles de la Grande Prêtresse de Natha, qui au moment même de leur visite avait vu clair en elle. Le Feu de vos entrailles s'allumera à nouveau, Natha Dalharil. Et cette fois, la Déesse y veillera elle-même. La première partie de cette sorte de prophétie lui paraissait tout à fait limpide, à présent qu'un germe d'amour grouillait en son sein, tandis que la fin de la prédiction ne lui inspirait aucun espèce de sens. Ces mots la harcelaient sans cesse sans que la Doeben ne parviennent à se les expliquer. Et il était hors de question qu'elle se réfère à quelqu'un d'autre pour cela. Dépassant les limites de la cité, Shynrae s'aventura sur les berges sèches du bras de l'Oliya qui serpentaient non loin de là, suivant un moment le dédale sinueux du cours d'eau. Au loin se détachaient du tableau d'encre les feux des quelques localités alentours, et c'était tout ce que le paysage avait à lui offrir. Il faisait d'ailleurs beaucoup trop noir pour continuer sans se perdre dans l'obscurité, et si son obstination lui donnait l'impression d'être intouchable, mieux valait ne pas tenter ceux qui seraient plus armés qu'elle. Rebroussant chemin elle s'en retourna vers les docks, où elle était certaine de ne pas trouver le repos. Les ténèbres étaient désormais bien avancées et la tiédeur du hall d'entrée salvatrice, réconfortante même. S'imaginant retourner seule à sa chambrée, l'Ondine sursauta à s'en arrêter le cœur quand une silhouette lui attrapa l'avant-bras. « Ma Dame. » Marmonna celle qu'elle reconnaît comme Anlalyn, au ton musical de sa voix. « Nul ne sait comment il est entré. Je l'ai vu alors que je déposais du linge de maison... » « Où est-il ? » Coupa Shynrae. «... Dans le salon de la Salamandre, Dame Irvin. »
L'esclave n'eut pas besoin de lui spécifier la teneur du « il ». Toutes deux savaient. Une fureur sourde monta en elle comme le bouchon d'un mousseux trop secoué. Jamais on ne lui avait fait un coup pareil ! Quel toupet ! Le cloc de ses talons résonna avec puissance sur l'alternance de sols boisés et pierreux, alors qu'elle arrivait sur le seuil du boudoir, la mâchoire tendue et les yeux enflammés. Elle se retint de l'apostropher, se contentant de se racler nonchalamment la gorge.






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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Ven 18 Nov 2016 - 3:41




De ses songes il lui arrivait de s’éveiller, la main frôlant les stigmates des picorements de sa protégée. Au-delà des secrets et des nouvelles piquantes qu’il savait à son propos, encore aujourd’hui il lui arrivait de se questionner sur le fondement de son attachement à la Sirène. Son chant ne l’avait pourtant point charmé de prime abords, alors seulement la pureté de sa souche l’aurait envoûte ? Non, il fallait bien qu’il y ait autre chose. Et comme ces questionnements ne furent jamais l’une de ses forces, ne trouver de réponse adéquate le rendait de mauvais poil. L’air acerbe et aigri, ses pas se dirigèrent pourtant l’un devant l’autre en direction du Manoir, l’épicentre de ses réflexions. Arrivé à destination, pourtant, les barrières de sa mauvaise humeur s’ébréchaient au profit d’un état plus serein, plus calme. Comme si l’approche de cet endroit commençait à lui sembler familier et qu’il en arrivait même à en oublier les désagréments de cette damnée citée.

À son passage, les hallebardes se redressèrent en même temps que l’échine des gendarmes qui cédèrent le passage au Haut-Prêtre. L’air indifférent de l’extérieur, sa curiosité fût tout de même piquée au vif lorsqu’il constata le ton doux qu’empruntèrent les gardes à sa venue. Peut-être était-ce lié au châtiment que reçu la vigie, ce fameux soir où le guerrier s’était mis en tête d’aller en conquête des jarretelles de leur maîtresse ? Enfin, une fois le corps armé franchi, le manoir Irvin baignait d’un silence de bibliothèque. Les gens étaient-ils confinés dans leurs chambres, ou encore avaient-ils eut la permission de vaquer à leurs occupations ? Il fallait se l’avouer, il était sans doute fort bien tentant d’aller fouiner là où les troubadours, amuseurs publiques et autres saltimbanques animaient les rues adjacentes. Du moins l’était-ce pour l’humain normal. Arrivé à un embranchement, il se questionna à savoir s’il prendrait la direction de la grisonne chambrette, où poursuivrait en d’autres endroits son exploration. Silencieusement, les deux pattes jointes près de son séant, il emboîta la marche le long d’un chenal qui ne finissait plus de terminer. Il obliqua sa route pour débouler dans un salon qui n’avait rien de celui où il avait acquis son immaculé équidé, mais qui avait tout du bon goût. Les décorations se mariaient naturellement aux fioritures environnantes, où plusieurs canapés étaient disposés de sorte à profiter d’une bonne flambée –eut été du foyer qui aurait été exploité en cette humide soirée-.

À priori, la présence de son amante, ou bien son séjour prolongé en Thaar, commençait à déteindre sur son accoutrement. En bien, j’entends. Pour sa présence au palais Irvin, il s’était détaché de ses fidèles guenilles, ou encore de sa multitude d’armure d’apparat et avait, au profit de ces sacrifices, gagné un habillement de fort bon goût. Un pourpoint aux pigmentations d’un vin corsé et aux lacets d’ébènes masquaient les écritures saintes qu’étaient gravées à même son derme. De funèbres bottillons couvraient la chute de ses braies aussi sombres que la nuitée, le tout tenant par un pesant ceinturon dont un duo de Mjollnir dorés formait la boucle.

Une poignée de minute suffit pour que sa présence soit notifiée par l’une des esclaves dont les bras étaient surchargés de tissus soigneusement entretenus. La pauvrette avait sans doute pris la mignonne habitude d’aller exécuter ses basses besognes dans la Salamandre, alors d’y voir un pur inconnu –aussi imposant fût-il-, ne pouvait la laisser indifférente. « Qui êtes-vous! Je m’en vais appeler la garde! » « Quel gâchis ce serait alors. » Dit le Velkyn, en zieutant sur la tourelle de linge. « Le sang, c’est très tachant. Et connaissant personellement ta Reine, je la sais pointilleuse sur la chose. » Suggéra-t-il avec une once de subtilité, l’œil brillant de malice. « Oh … Vous êtes … » « Oui, c’est cela. » Coupa-t-il sa parole, d’une tirade concise et acerbe. « Prends donc congé, serf. » Termina-t-il avec elle, s’en retournant à l’exploration de la pièce aux milles et unes décorations.


***


Une mélopée ô combien charmante, vint le ramener à l’ordre. Les deux mains toujours croisées au pied de son échine, il pivota pour apercevoir son amante, posée là, à l’entrée de la Salamandre. Ses mires tombèrent dans le puit des siennes, sans se soucier un instant de l’allure qu’elle avait. Il adorait lire le trouble qu’occasionnait sa présence, il s’en délectait avec appétit. Son pas s’emboitait lentement vers elle, sans qu’un mot ne sorte d’entre la prison de ses dents. Arrivé à son niveau, il patienta un court instant, puis déposa la pointe de ses griffes contre le tissu de son costume. Il dévala le long de ses cotes en une caresse qui avait tout d’affective, puis sauta le fossé qui le tenait à distance des doigts de la Sirène. Simultanément, il posa ses lèvres contre les siennes, tandis qu’il enfilait à son majeur une bague longitudinale, celle-ci couvrant froidement la troisième et deuxième phalange. En l’honneur de la mythique créature du Kraken, de longs tentacules cerclaient son doigt d’honneur alors que trônait sur le dessus de l’orfèvrerie, la tête de ladite créature. Ses yeux brillaient dans les abysses par la lueur d’un duo de rubis, tandis que de minuscules gravures nervées servaient à faire ressortir le détail de la monstruosité. Sa patte englobait sa main une fois la bague insérée à son doigt, comme s’il cherchait à lui faire comprendre qu’elle ne devait plus s’en séparer. Son baisé, quant à lui, ne perdura en fait que quelques menus instants, lorsqu'il pressenti une vague de réticence de son hôte. Ne cherchant à la forcer d'avantage, il abrégea ses sulfureuses attentions et s'exprima d'un ton qui allait de pair avec le geste de sa main :

« Depuis ton retour de Sol’Dorn, je te sens grandie … »  Lui chuchota le ténébreux guerrier, au creux de son oreille pointue, qu’il agaça d’ailleurs d’un mordillement au lobe. « Je tenais à te surprendre. Je crois que ce bijou te revient de plein droit. »

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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Lun 21 Nov 2016 - 9:48








Leurs yeux se livrèrent un muet duel tandis qu'ils se faisaient face. Se levant, le Prima s'approcha sans ciller ni même daigner parler. Ses lèvres pincées se scellèrent à celles de la Drow en un baiser qu'elle toléra quelques secondes, pour s'en échapper presque aussitôt. Non. Ce n'était pas cela qu'elle voulait, pas maintenant. Repousser les fièvres de son acolyte la tourmenta un peu plus, mais à présent qu'il était là, ils pourraient s'affairer aux abcès qu'ils avaient à crever.
Alors que le Haut-Prêtre s'exprimait enfin, la Sirène remarqua l'alourdissant poids qui lui enserrait l'un des doigts, appuyé par la paume pressante qui l'avait couronné. Se délivrant de l'emprise en glissant contre sa peau, la noirelfe considéra attentivement l'annelure. C'était un bijou splendide, au delà de ce qu'elle avait vu et collectionnait déjà, qui représentait avec précision et habileté le précieux emblème des corsaires Irvin. Aussi réticente était-elle à se confondre en affections pour son amant, la grisonne devait reconnaître qu'il avait vu juste. « Je...heu.. Oui. Pour une surprise, c'en est une, et de taille. » Parvint-elle à commenter sans lâcher la bague du regard, son autre main ayant attrapé la désormais vacante du Daedhel. « C'est un honneur que de recevoir un tel présent, Velkyn.  Je ne m'attendais pas à cela de ta part, encore moins après les événements des derniers jours. »

Sans vraiment l'expliciter, l'Ondine faisait référence à la veprée donnée à l'occasion du millénaire de la Maîtresse des Forges, à laquelle il lui avait montré ce visage de compagnon dévoué qu'elle ne lui connaissait point. Du moins, à l'égard de son officielle. Cela n'avait fait que fleurir son amertume, et le voir se présenter à elle comme la rosée d'un anodin matin lui dévorait la conscience. Le tout était, évidement, considérablement gangrené par la nouvelle du jour … Que l'elfe se gardait pour l'heure de lui révéler. S'éloignant un peu de sa sombre attraction, elle renchérit.
« Je ne saurais te mentir concernant cette offrande. C'est un cadeau magnifique, … et, tellement adéquat. Ce qui l'est beaucoup moins, en revanche, sont les justifications que tu amènes avec. Me surprendre dis-tu ? Est-ce une façon déguisée de quémander mon indulgence pour les propos dont tu as gratifié ta tant aimée femme devant la plus belle assistance de pimbêches qui soit ? Ou peut-être, est-ce pour apaiser ma colère de te voir ainsi violer ma confiance ainsi que mon domicile ? Je ne peux qu'appuyer tes dires, Sol'Dorn m'a changé. Néanmoins il est des choses qui demeurent, et si cela fonctionne au delà de tes espérances avec l'arrangeante Ahk Afah, Je ne suis pas ta catin. Et m'acheter est la pire idée qui ai pu te traverser l'esprit. »
Jusqu'alors elle bouillonnait de retenir son fiel en elle, mais être considérée comme acquise avait emporté les ultimes remparts de sa pondération. Les influences de son bas-ventre qui lui assaillaient  le cœur n'aidaient nullement. Le pointant de son doigt embagué, Shynrae effleurait la naissance de son torse en crachant sa tirade. Prompte à l'encenser de toujours plus de relents salés, ses traits se déformèrent en une désagréable grimace, de laquelle elle ne pût réprimer un terrible hoquet dont la contenance solide s'éparpilla sur les chausses du fervent d'Uriz.





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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Mar 29 Nov 2016 - 4:33




Se serait-elle laissée bernée par quelques enchaînements de mots doux envers sa femme officielle ? Il semblerait. D’entre toutes les divinités vénérées par le Haut-Prêtre, Kiel n’était certes pas la plus honorée, mais il tricotait de temps à autres, quelques créatifs tissus de mensonges. Déjà que son faciès ne reluisait pas la joie de vivre, alors qu’il s’était manifesté à contrecœur à cette soirée mondaine, aurait-il fallu qu’il rajoute pardessus tout ça quelques tirades piquantes et salées à l’encontre de la célébrée ? Au final, Velkyn savait que son amante et protégée Shynrae n’était pas dupe, mais qu’il était fort probable que sa cécité déjà fort avancée se soit vue empirée par un élan de jalousie. Un trait de caractère qui n’était pas pour déplaire au fougueux guerrier, lui qui de prime abords semblait affectionner les rugissements et les estafilades des pattes acérées de sa grisonnante lionne. « Ton indulgence ? Oublies-tu qui avais-je à mon bras à cette fête ? Je m'affichais avec toi, devant toute la Royauté. M’as-tu simplement vu la gratifier d’un simple baisé ? Il appert que je sois néophyte en ce qui attrait ces mondanités, il est vrai. Mais il est bien une chose dont je sais, un carnage aurait pu y voir le jour si en d’autres circonstances je m’étais adressé à elle et, bien que j’y aurais trouvé mon lot de plaisir, je n’aurais pas parié sur mes chances de survie. C'était le moindre que je puisse lui dire, ainsi marié à ta dextre. » S’expliquait-il, évidemment en prenant un pas de distance, vu la manière dont elle avait abrégé ses intimes avances. « Violer ton domicile … Personne n’y a poussé son dernier souffle, comparativement à cette ardente nuitée, si ? Si tu as des remontrances à faire, fais-les à ton personnel. On m’a laissé entrer comme si j’étais un habitué de la place. D’ailleurs, au point où nous en sommes, me faut-il encore ton aval via une officielle dépêche pour pouvoir m’entretenir avec toi ? Je voulais te voir, simplement ... » Avait-il terminé, cette-fois en tentant de se rapprocher, peut-être dans l’espoir d’y laisser gauchement transparaître un brin de son attachement. Quant à sa dernière tirade à propos des coureuses de remparts, sa piquante remarque lui arracha un sourire. « Ni la mienne, ni celle de personne d’autre. Que tu te compares à ce fourreau à queue est pour moi, quelque chose d’impensable. Si tu crois un seul instant que j’ai voulu t’acheter, ou que je t’ai pris pour acquise, d’une manière ou d’une autre … » S’exprima-t-il dans l’idée de peut-être s’excuser pour l’unique et première fois de sa longue vie, avant d’être interrompu par un soulèvement de cœur à l’haleine fétide, criant haut et fort son envie de liberté.

Stupéfait par la spontanéité de cet imprévu dégât, Velkyn bondit légèrement vers l’arrière, les yeux arrondis comme des balles. D’abord en allant constater le dégât sur ses chausses, il redressa ensuite le menton, toujours un brin déstabilisé, vers sa peu ragoûtante compagne afin d’y faire le point. Quel était la source de son mal ? L’absence d’un teint maladif pouvait être brillamment dissimulé derrière un masque de maquillage … Était-elle souffrante d’une quelconque maladie jusqu’alors non découverte ? Ou encore, se serait-elle vue intoxiquée par un quelconque aliment gâté, ou une substance illicite de mauvaise facture ? Ou pis encore, lâchement empoisonnée … Tous ces scénarios hantaient la psyché du bourrin de l’ombre, lui confisquant le peu de calme dont il avait su démontrer. Ses yeux agités, sa respiration un rien affolée démontraient l’agacement engendrée par son impuissance. Dare-dare, il ordonna qu’on bouge. « Qu’on apporte de l’eau froide, des couvertures et de quoi se nettoyer! » Exigeât le Prima, d’une voix ténor et portante. Faisant fi de ses odorants bottillons couverts de grumeaux, il s’approcha en toute hâte vers Shynrae qu’il allait couver de ses bras afin de la soutenir et de la diriger vers l’assise la plus près. Les questionnements auraient pu fuser de parts et d’autres, mais il n’en fit rien, comme pour lui laisser un temps de récupération.

Une flopée de suivantes arriva par tans avec une bassine d’eau, des linceuls et de nouveaux atours afin de changer promptement leur maîtresse qui, en quelques discrets endroits, avait traumatisé les tissus de sa tenue par les remous de son estomac. Étrangement, la chose ne leur semblait pas surnaturelle. Était-ce devenu monnaie courante de s’occuper des hauts de cœurs de leur propriétaire ?


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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Lun 12 Déc 2016 - 9:23








Elle se décala de lui à la première occasion qui se présenta, telle une enfant boudeuse cherchant à s'extraire du moindre contact. Hors de ma vue! voulut-elle aboyer à l'armada de donzelles qui l'encercla un instant, allant même jusqu'à lui ôter la proximité du Haut Prêtre. Les mots lui manquèrent et seuls d'autres reliquats de son dernier repas quittèrent le seuil souillé de sa bouche. Comme condamnée à garder le chef vers le bas, les pleurs de la noirelfe vinrent accompagner les éructations tapageuses qui lui coupaient sporadiquement le souffle. Portant ses mains frémissantes sur son visage bien plus pâle qu'à l'ordinaire, la Doeben trouva enfin la force de s'exprimer distinctement.

« Dégagez. » Souffla t-elle entre deux sanglots aux serfs, et, sans se l'avouer, à Velkyn aussi, dont la présence lui apparaissait presque désormais comme le pire événement de cette rude journée. L'affronter immédiatement, lui et son comportement aux antipodes de ce qu'elle désirait, agissant comme si de rien n'était, honteux de rien et trop sur de lui pour qu'elle ne le supporte tout à fait. Les révélations de ce jour lui revenaient contre un coutre coup bien trop difficile à encaisser, à assumer. La Drow regrettait la parenthèse de solitude que sa balade lui avait accordé, l'aigreur de voir le Daedhel trop prévenant, trop bienveillant – du moins ce qu'il pensait l'être – intensifiait ces impressions. A nouveau seuls, les soubresauts de sa panse calmés, Shynrae se releva. Le sombre tenta bien une approche, qu'elle esquiva en accélérant le pas pour s'éloigner, ponctuant le tout d'un « Non. » assez sec pour qu'il saisisse sa non-négociabilité. La Sirène se sentait oppressée, comprimée en ce corps qu'elle partageait sans son consentement.

« Mais pour qui te prends-tu ? » Reprit-elle, sa diction retrouvée, les larmes muettes et séchées sur les joues. « Remettre en cause mes propos sous mon propre toit ? Me contredire et retourner mes arguments contre moi ? Tu ne manques pas d'audace. Mais celle-ci ne saura m'attendrir. Tu penses que tes petits caprices peuvent t'autoriser à venir quand ça te chante ? En dépit de mon accord et de ce que je pourrais en penser ? Au cas où tu l'aurais oublié le temps de cette soirée où tu as préféré mon bras à celui de ton officielle, tu n'es pas en territoire conquis ici. Et même tes attendrissantes maladresses en société ne sauraient expliquer cela. Et si j'étais affairée à autre chose ? Par exemple, ces affaires qui m’ont mené là où je trône désormais ? Pour être tout à fait sincère, oui, tu me dérange, et oui, tu n'as pas à venir ici quand bon te semble. Mais tout ceci est bien moins grave et ennuyeux que la situation dans laquelle nous sommes, n'est ce pas ? »
Elle lui tourna le dos, espérant qu'il ne vienne pas briser la quiétude de ses parages en s'approchant.

« C'est ton bâtard qui me tisonne les entrailles. » Finit par lâcher la Grise, sans cérémonie.






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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Lun 12 Déc 2016 - 21:26




Décidemment, il ne comprenait rien aux femmes. Il regretta amèrement cette époque où il n’avait de soucis avec elles que de la manière où ils les tailladeraient ou les feraient couiner. À défaut des muscles et de son corps à l’abri des assauts du temps, son cœur s’était peut-être attendri. Rien en somme qui ne lui faisait plaisir. D’autant plus qu’après sa rixe émotionnelle avec la maîtresse des Forges, une seconde bataille de sentiments semblait un rien prématurée. Lorsqu’elle lui défendit l’accès à sa personne, Velkyn tiqua de l’œil et retroussa sa lèvre d’agacement. Puis déboula un second effondrement de remontrances face à son agissement auquel, encore une fois, il n’en comprenait pas la gravité. Cette ribambelle toxique de reproches ajoutèrent dès lors de nouveaux maux additionnels à son état précaire, au vu des récents tumultes de son vacillant couple. Elle s’éloigna puis lui fit face seulement après que quelques gouttelettes salées se soient séchées sur le pourpre de ses joues grises.

Derechef, à l’instar de sa confrontation avec l’autre Princesse, il se montra attentif. Tout le long de ce désagréable discours, il s’efforça de garder un regard gelé et impassible, de sorte à ne pas d’avantage aggraver la situation à laquelle des actions démesurément disproportionnelles pouvaient survenir, dans la mesure où il laisserait son instinct habituel s’exprimer. En l’espace d’une ennéade il soupa des reproches et du fiel des femmes et ce, a s’assiettée. Son regard roula ailleurs par quelques fois, histoire de ne pas soutenir son regard instable, triste et colérique à la fois.

Et la corsaire bombarda par mégarde quelques défenses vacillantes de son opposant, faisant s’écrouler le mur de la patience et de la contenance. Les lèvres du berzerk tremblotèrent d’envie de l’injurier, lorsqu’elle fit maladroitement référence à l’enfant de sa femme, la Princesse Forgeronne. Lorsqu’il sut pour le gonflement de l’Al’Serat, elle lui dicta la possibilité que l’enfant ne soit pas de lui –chose qui ne l’importait pas-, mais qu’il était aussi possible qu’il soit de nature elfique. En ceci, Velkyn vécu depuis les tous premiers instants dans le déni, si tant bien que les murmures de sa folie le rassuraient, toujours à lui souffler qu’il s’était montré plus avenant et fertile qu’une sous-merdaille d’elfe. Déjà que d’avaler le fait que sa propre femme se soit abaissée à ouvrir les cuisses à une de ces abominations putride et pestiférée lui levait le cœur. Alors, lorsque Shynrae planta sournoisement cette pique dans le cœur du Drow, vlekun vit rouge. Sans autres préambules, il s’exprima d’un ton véhément et furibond : « NON ! NON SHYNRAE ! C'EST MOI LE PÈRE DE CET ENFANT ET NON PAS CET ENCULÉ D’ELFE ! » Cracha-t-il, tout en déglutissant lourdement pour ne pas en rajouter d’avantage.

Sa jalousie commençait sérieusement à émietter sa patience, surtout depuis qu’il se considérait dorénavant comme veuf.


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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Mar 13 Déc 2016 - 16:53








Si les traits du Daedhel se déformèrent quand un vif flot de fiel s'échappa de ses frémissantes lèvres, ceux de la Grise se figèrent en un masque pétrifié. Quoi qu'elle préparait comme riposte, son esprit échaudé se voyait coupé net dans son élan, médusé par l’inattendue réaction de son compagnon. Si la noirelfe comprenait ce à quoi il référait - malgré l'incohérence de son intervention -, lui, qu'avait-il manqué de son dernier propos ? Et puis même, en quoi s'inquiétait-elle de la provenance du têtard d'Al'Serat ? Du moins, présentement ? La Sirène avait bien assez affaire avec sa propre marmaille, celle-ci s'agrandissant une nouvelle fois. Les lippes de la Doeben se tordirent en un contrarié rictus.

« … Pardon ? » Finit-elle par dire, avec tout le calme possible, refrénant ainsi sa précédente colère et surtout une vive envie d'éclater de rire devant l'absurdité de la situation. « Tu es autant à côté de tes godillots que de la vérité, Velkyn. Je ne faisais nullement allusion au germe que couve Krish, et qui TE tracasse. Je me moque de ce qui lui pousse dans le bide, si c'est de notre race ou d'une autre engeance, s'il est de ton malheureux fait ou d'un quelconque nigaud à qui elle aura ouvert l'entrecuisse, si c'est sombre comme la nuit, ou même mort, qui sait. Je m'en contrefiche. Je te parlais de moi, et de ce qui me met dans cet état, dans cet embarras même. »
Lui répéter venait à s'infliger un second coup de poignard tant la révélation lui était douloureuse, difficile. Ne pouvait-il pas ôter les œillères qui l'aveuglaient ? Regarder au delà de son nombril et les tourments de son couple sur déclin ? Cette idée n'inspira aucune once de conciliation à Shynrae, pour elle ils n'étaient plus que l'ombre d'une union, un corps déambulant plus par habitude que par effort.
« Douce ironie que t’ont servi les Dieux, n'est ce pas ? Honorer ta femme et ton amante du même présent, ce en même temps. » L'Ondine appuya son phrasé d'un geste plus évident encore, portant sur le doux rebond de son ventre une main fébrile.
« Je te rassure, je suis bien plus sanctionnée que tu ne l'es dans cette histoire, ma rivale étant celle que je dois conquérir pour assurer la quiétude des miens. »







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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Mer 14 Déc 2016 - 20:31




Sa mâchoire crispée sous les remous de sa prospère colère perdit toute raideur lorsque son amante tordit son visage d’une ocre rigolade. Cette raillerie en rapport au quiproquo qui venait de se produire eut le même effet qu’une pleine chaudière de flotte gelée sur le brasier de son humeur furibond, laissant place à quelques volutes d’incompréhension. Ses deux massues à cinq doigts se relaxèrent au même titre que ses allonges, ceux-ci désormais moins enclines à faire preuve de l’étendue de leur puissance. Son impulsive montée de lait s’estompa graduellement à mesure qu’elle lui faisait goûter une désagréable mixture de reproches et de vérités, qui intoxiqua aussitôt son équilibre ainsi que sa vue. Ses mires se noyèrent dans les joyaux de sa comparse, comme s’ils cherchaient à mettre en déroute la véracité de cette tranchante vérité. Car coupante, elle l’était d’avantage qu’un millier de vitraux concassés, tant le propos de cette dernière choqua le Haut-Prêtre. Était-ce le fait qu’elle venait de lui annoncer la venue prochaine d’un nouveau bâtard, où parce que les prémonitions de la Grande-Prêtresse s’étaient réalisées ?

Pendant l’ombre d’un instant, Velkyn douta des chances qu’un tel miracle se produise. Même pour sa femme, qu’ils considéraient tous à l’époque comme d’une partenaire fertile, l’espace d’un siècle s’était écoulé pour qu’il puisse y planter une pousse en elle. Le Prima se secoua un peu le chef, clignant par quelques fois des paupières, puis inspecta sa protégée de pieds en cap. C’était tout à fait possible, en fait … Pantois, il se souvint prestement de toutes les raisons pour laquelle il avait si soudainement développé une fascination pour la grisonne. Le fait qu’il dût la recueillir alors qu’elle pataugeait allègrement dans l’innocence, que comme une éponge elle s’imbibait de chacun des préceptes de sa vraie patrie. Le fait qu’elle fasse preuve d’une aussi grande volonté d’apprentissage, qu’elle soit motivée non pas par le pouvoir –ou pas seulement que-, mais que ses pas s’enchaînaient aussi par un besoin vital de renouer avec les racines de sa race. Il se souvint également de chacun des mots prononcés par la petiote de Natha, de même que la fascination qui planait dans le regard d’icelle envers l’enfant du Kraken. Le tout, couronné par la place de choix qu’occupait la Princesse par intérim sur l’une des solides branches porteuse de l’arbre généalogique des Noirelfes.

Il accepta finalement en redressant le nez vers elle, toujours sans franchir les invisibles barrières qu’elle avait précédemment déclarées. « G'rftte whol dosst zlabak belbol, Natha » Souffla-t-il en une respectueuse messe, mais tout de même suffisamment fort pour que les mots voyagent jusqu’à ses oreilles pointues. Il s’approcha tout de même d’un pas prudent, sans toutefois en faire d’avantage pour ne pas brusquer son amie aux précaires émotions. « Shynrae … Comment peux-tu, ne serait-ce qu’un seul instant, être embarrassée par l’état dans lequel te trouves-tu ? » Un nouveau pas, toujours aussi doucement « Natha, dans son infinie bonté a octroyé au peuple sombre une partie de sa capacité à donner la vie ; mais cette tâche n’est pas simple. Certaines femmes prennent des siècles pour être suffisamment fertile et avoir une chance – car tous les enfants n’arrivent pas à terme - , alors que d’autres n’arriveront pas même à mettre au monde un unique rejeton. Alors toi, qui garde autour d’elle une ribambelle d’enfants et qui, au détour d’une seule et unique soirée, réussit à faire grandir en elle nouveau fils d’Uriz … ? » Lui lança-t-il d’un air fasciné et admiratif. « S’il venait à s’ébruiter l’étendue de ta fertilité, du don que tu possèdes, Shynrae … Tu deviendrais alors non seulement la plus populaire d’entre toutes les Drow, mais aussi, la plus détestée. »


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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Jeu 15 Déc 2016 - 10:16








D'abord immobile, elle entama quelques pas en arrière à mesure qu'il s'avançait, finissant par se retrouver acculée contre quelques un des lourds meubles qui cerclaient la pièce. Déployant l'allonge de son maigre bras en direction du Prima, la noirelfe tenta une ultime alerte, un dernier geste à l'adresse de celui qui comprimait son espace. Telle une proie prise au piège, elle inspirait bruyamment comme pour s'auto-apaiser, la lenteur de sa démarche n'atténuant en rien l'intensité de son mal. Néanmoins, pire encore que son avancée musarde, demeuraient ses mots, ces mots mordants qui l'attaquaient comme des lames, embrasaient son esprit déjà furieux. Alors qu'il creusait, l'Ondine constatait avec autant d'effarement que d'infortune qu'il s'enfonçait encore.
Et à trop se retenir, elle explosa.

« MAIS QUELLE ESPÈCE D'IDIOT ES TU POUR OSER T'EXPRIMER DE LA SORTE ? POUR PRÉTENDRE QU'IL S'AGIT LA D'UNE BENEDICTION ? JE N'AI CURE DE L’ARIDITÉ DES AUTRES, NI DE CE DON DONT JE ME SERAIS BIEN PASSÉE ! URIZ N'A RIEN A VOIR AVEC TOUT CECI, ET SI L'ON DEVAIT IMPUTER NOS MAUX A QUELCONQUE ENTITÉ CE SERAIT PLUTOT LEETHA, OU ZHAK'BAR MÊME ! ET COMME TU LE DIS, SI J'AVAIS SU QUE CETTE UNIQUE SOIRÉE ME MÈNERAIT A CECI JE ME SERAIS BIEN GARDÉE DE M'OFFRIR A TOI, TU PEUX EN ETRE SUR. POUR MON PLUS GRAND MALHEUR JE SUIS LA BÉNIE DE NATHA, ET CELA FAIT DE MOI RIEN DE PLUS QU'UNE POULICHE COMME SAVENT L'ETRE LES FEMELLES MORTELLES ! »
Pour la première fois depuis longtemps, ses yeux avaient repris leur teinte de sang, la rage de son être dissipant le voile laiteux de ses iris, révélant sans fard ce qu'elle avait sur le cœur. Shynrae respira lourdement, encore. Pour reprendre avec autant de fureur, cette fois sans hurler.

« Et donc, tu ne comprend pas en quoi il s'agit là de la PIRE chose qui puisse m'arriver ? Non ? Cela ne t’apparaît pas LIMPIDE ? Laisse moi donc t'expliquer alors, puisque tu sembles aveuglé par ce bonheur qui devrait m'envahir sans que je ne puisse m'en plaindre ! Alors, au cas où tu l'aurais oublié, nous ne sommes pas à Elda ici, mais à Thaar, et si l'Ithri'Vaan semble à tes yeux être encore un territoire où abondent les cloportes qui, ô misère, se sont dépêtré du triste joug du Puy, tu te trompes d'autant plus. Nous avons nos propres convenances ici, et tes mots me suggèrent que tu as beau avoir maintes fois foulé notre sol, jamais tu ne t'y feras. En l’occurrence, je doute qu'enfanter la bouture du compagnon séculaire de la Reine des Abeilles m'assure la plus confortable des places au soleil. Non, cela n'a rien d’embarrassant pour toi ? Évidement, tu me dira ! Tu pourrais ne rien avoir à assumer toi, toi qui prend et qui jette à loisir, mais moi Velkyn, moi j'ai tout perdu pour en arriver là, et m'élever comme je l'ai fais pour atteindre les cimes aujourd'hui. Et jamais, jamais je ne laisserai quoi que ce soit tout balayer sans fermement me révolter.
Que ce soit mon propre enfant ou non.
 »
Dans sa fuite, la Sirène cherchait encore une issue. Son regard furetait au loin, autant pour lui signifier de s'éloigner...







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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Jeu 22 Déc 2016 - 1:46




Peut-être aurait-il fallu qu’ils ne se soient jamais croisés, alors que leurs deux interminables existences abordaient d’aussi importants tournants ? Leurs maux assombrissaient vraisemblablement leur jugement et altérait leur raison, si bien tant qu’ils n’avaient pour l’heure, aucun moyen de se livrer un quelconque échange dénué de piques ou de coups bas. Cela, le Prima venait de s’en rendre compte. Bien trop tard, cependant.

À quelques détails près, Velkyn avait calqué la bourde que sa protégée avait faite il y avait quelques mois avec l’une de ses farouches copines félines. Il s’était trop près approché d’elle alors qu’icelle n’était pas prompte à répondre de manière avenante. Il se fit mordre au vif en y ressentant toute la hargne qu’inspirait l’attaque personnelle qu’elle venait de lui délivrer. De tous bords tous côté, elle lui postillonna le fond de sa pensée en vociférant insultes et vérités choquantes. Son procès n’allait que dans un sens, car tout ce qu’elle lui annonça n’avait pas matière à débattre, car bornée comme elle semblait l’être à cette vêprée c’eut été inutile. Et encore aurait-il pu, au fin fond de lui-même, contrôler la fougue qui lui déchirait désormais les entrailles, cette envie de tout laisser exploser à son tour –non pas en mots mais en actes-, mais il fallut qu’elle s’engage en terrain glissant.

Comment avait-elle seulement osé le reprendre sur ce qu’il considérait de plus véridique à propos des divinités ? Se souvenait-elle seulement qu’elle revenait tout juste de Sol’Dorn, où elle reçut pour l’une des premières fois quelques notions à propos de la croyance de leur peuple ? Et ce jourd’hui, à peine quelques ennéades plus tard, elle tentait de lever le ton et de reprendre le représentant d’Uriz sur Miradelphia ? Non. Certainement pas. Aussi fortement qu’elle eut le culot de faire, il leva le ton à son tour, mais ajouta à son intention la ferme envie de détruire quelques objets. « COMMENT PEUX-TU COMPRENDRE NE SERAIT-CE QU’UNE ONCE DE CE QUE VEULENT LES DIEUX, ALORS QU’HIER ENCORE TU NE POUVAIS PAS MÊME PRONONCER CORRECTEMENT LE NOM D’URIZ VYN’HET NAMAZ ! » Sa massue qui lui servait de poing s’écrasa contre une vase, posé là par malheur devant le courroux du Haut-Prêtre. Elle s’exprimait comme si depuis la naissance elle y avait plongé, mais en vérité, elle cita des noms que parce qu’elle en connaissait vulgairement les préceptes de bases. Leetha, l’effroyable nuisance puisait sa force dans la peur des gens, laissant libre court aux infestations de toutes sortes, faisant pulluler les insectes et les animaux aussi abondamment qu’une fourmilière le ferait. Quant à Zhak’Bar, peut-être l’avait-elle cité en voulant exagérer sa situation, car les maux d’une pauvre Drow n’étaient que poussière face à l’incroyable pouvoir de ce Dieu. Tremblements de terre, raz-de-marée, tornades et typhons naissaient d’un revers de la main pour Zhak’Bar. « UNE POULICHE HUMAINE ?! UNE HUMAINE ?! » Venait-elle de comparer le don qu’elle avait avec la futile fertilité de ces faibles créatures ? À quoi bon enfanter une fois l’année lorsqu’on est humain, alors qu’un battement de cil pour les elfes caractérise la longévité humaine ? L’image était si mal choisie et frôlant tant le ridicule qu’il n’en trouvait rien à commenter, du moins rien d’autre qu’un rire exagérément désagréable. D’ailleurs, son pied trouva le rebord d’une table qu’il broya d’un violent coup, faisant voler quelques copeaux de bois dans les airs. « PARLES-MOI ENCORE DE TOUS TES SACRIFICES DE PETITE SIRÈNE, JE T’EN PRIE. PENDANT CE TEMPS, J’ESSAIERAI DE NE PAS OUBLIER À QUEL POINT TA CÉCITÉ S’EST AGGRAVÉ. TU N’ES PLUS MÊME CAPABLE DE RECONNAÎTRE CE QUE LES DIEUX T’ONT OCTROYÉS! » Hurla-t-il si tant fort, que tôt un garde s’approcha du cadre de porte, prêt à intervenir. Son visage pigmenté d’ébène avait légèrement rosit tant il s’était énervé, une veine pratiquement sortie à la tempe. « L’ascension de toute une vie ne vaut pas l’ignorance que tu portes à ton don. Lorsque tu auras monté la dernière marche de tes ambitions, Isten t’y attendra pour te jeter amèrement tout en bas si fais prévaloir ta misérable vie sur la leur. »

Velkyn déposa un regard vers le ventre encore plat de Shynrae, en essayant de reprendre son souffle, la main rougie par le fracas qu’elle avait confronté au vase. Les muscles encore contractés, s’empêchant d’avantage de cassage, il regarda la sirène une dernière fois, avant d’ajouter sèchement : « S’il advient que tu acceptes la bonne fortune qu’il t’a été octroyé, chemine jusqu’au Puy, là où tu avais promis de piéter une fois par trimestre. » Il se retourna sans la saluer, mais avant d’affronter le garde qui lui barrait la route, il ajouta : « Krish n’est plus ma femme, ni plus qu’elle est pour moi maîtresse des forges de l’Elda. »

Ses yeux intensément froncés d’hargne tombèrent dans ceux du garde qui cherchait à l’affronter, comme pour ne pas le laisser filer à si bon compte. Sans faire ni une ni deux, la main du Prima allait à son tour épouser la garde de son fétiche poignard, bien prêt à y aller, si Shynrae ne lui donnait pas ordre de libérer le passage.  


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Shynrae Irvin Sin'Do'Rah
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MessageSujet: Re: Germes & Tracas | Velkyn   Mer 28 Déc 2016 - 21:29








Aveuglée par sa déraisonnable âpreté, la noirelfe n'avait guère pesé ses mots ,et c'était là sans compter sur ce qu'elle avait éveillé en s'adressant de la sorte au plus éminent révérend du culte guerrier. Lui jusqu'alors pondéré, accommodant même, s'était bien gardé de remettre sa galopine consœur à sa juste place, ceci dès sa première réplique piquante. Mais à trop jouer avec le feu, on fini par se brûler, et à trop attiser les foudres d'un seigneur de guerre on écope de sa colère, celle-ci d'ailleurs, plutôt mesurée, au su de la force dont le luron était capable d'user. Du poids de son poing - qui naguère savait se montrer doux et subtil quand il cheminait le long de sa silhouette – le Daedhel balaya ce qui fut un estimable butin datant du cycle passé, fauché par Noiroeil lui même à quelques imprudents navigateurs venus de ce bout de terre qu'ils nommèrent Péninsule. Des poussières de bronze qui enfumèrent son être et les abords de sa fureur, ne s’échappèrent que les rires forcés du Prima, qui comme possédé par l'instinct du Père, abattit son pied sur le support de l'amphore désagrégée, le faisant éclater en moult débris couvert par d'atroces craquements. Chacune de ses démonstrations de puissance était accompagnée d'aussi violents propos, plus déchaînés encore que ce qu'il s'autorisait physiquement. Pis que toute son intensité, la répartie du sombre se teintait d'une odieuse justesse, plus cuisante encore que la moindre de ses invectives. Cette véracité la faisait se ratatiner sur elle même, comme l'enfant que l'Ondine incarnait au regard de sa relative jeunesse, et surtout de sa profonde ignorance, jusqu'alors à peine abreuvée.

Si Velkyn disait vrai, – elle ne pouvait en affirmer le contraire – la Doeben ne pouvait l'accepter tel quel, encore moins le reconnaître. Elle qui venait à peine de s'éveiller à ces divinités, les acceptait dans leur vérité la plus équivoque, ne parvenait à se convaincre qu'il faille remercier les éternels pour ce qu'elle même avait accompli. Non, cela non. La Sirène ne leur devait rien, ou sinon... Sinon il lui faudrait plus de temps pour le réaliser et y concéder. Bien plus que les quelques ennéades les séparant de Sol'Dorn. Elle ne pouvait se résigner ainsi à tout leur offrir, tout leur attribuer, eux qui n'avaient pas empêché sa propre parentèle -certainement aussi pieuse que n'importe quel lignage Drow – de se voir arraché la graine de leur entrailles. La douloureuse impression de constater que son compagnon ne comprenait pas ce qu'elle avait à lui reprocher, autant qu'à se reprocher, lui assaillait l'esprit, et si elle s'était par le passé confiée à lui sur quelques sujets dont lui seul avait connaissance,  d'autres souvenirs la poussaient à réagir de la sorte. Des mémoires dont il n'avait aucune espèce d'idée. Les nœuds se mêlant dans sa gorge l'empêchèrent d'interrompre son terrible laïus, le laissant alors déblatérer toute la teneur de son mépris. Tandis que les rubis flamboyants du Haut-Prêtre d'Uriz se posaient sur le fondement de leur discorde, la Grise se mit à pleurer silencieusement. Ils devaient faire face à des ennuis plus pragmatiques que mystiques, et les raisons de sa colère n'avaient en rien à voir avec les sentiments et valeurs des tout-puissants. Ses doigts se figèrent pour reprendre une douce danse sur son bas-ventre, alors que le Prima lui tournait le dos, entamant quelques pas vers la percée, lâchant au passage une sentence inattendue.

Le fourmillement intérieur qui la saisit contraria toute intention de réaction. Son inopiné aveu remettait bien plus en cause que ce qu'elle pouvait imaginer, soulevait beaucoup de questionnements aussi. Comment ? Pourquoi ? Enfin ? Eut-elle envie de lui hurler. L'urgence du moment, elle, demeurait presque similaire. Peut-être alors, leur faudrait-il du temps pour se recentrer chacun sur des enjeux personnels, pour sa part les Sepmonts, la mission du mercenaire Ssenmad ou encore la trahison d'Azhar ; tout ce qui le laissait indifférent au vu de ses objections et qui elle la touchait en plein cœur. Du temps aussi pour laisser s'apaiser ces tensions poussées là à leur paroxysme. Pour sûr, Shynrae honorerait leur prime entente, autant pour les raisons les ayant menés l'un à l'autre un anodin soir de Bàrkios, que pour celles les unissant désormais, leur enfant grandissant en son sein tout comme leur attachement. Se raclant difficilement la gorge, quelques mots parvinrent à lui échapper.
« Laissez-le partir. » Marmonna l'elfe, impassible dans sa tristesse, digne comme une statue battue par les vents et la pluie.
« Nous nous retrouverons ... » Ajouta t-elle dans un murmure saccadé.



[Fin]


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