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 Des dragons et des mages barbus

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Nakor
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MessageSujet: Des dragons et des mages barbus   Ven 9 Déc 2016 - 18:04

Durant les festivités, alors bien tranquille et observateur des événements il ressenti au plus profond de lui-même une perception accompagnée d'une fulgurance impressionnante. Le vieux fou était tout de même Archimage de son état, il pratiquait depuis plus de six cent ans son art, ce qui pour un humain n'était pas rien. Il n'avait cependant pas vu arriver cette masse de magie impressionnante. Et aussi douce et imperceptible fut-elle, il ne pouvait pas croire qu'elle venait d'un simple mage. Elle était trop grande, trop impérieuse, trop précise et définitive. Comme un flot colossal qui arrivait sur soi puis disparaissait subitement. Non aucun sorcier de base ne pouvait faire ça en se trouvant dans la même pièce que lui sans qu'il ne l'ait reconnut avant même qu'il ne commence. Il tenta donc de rejoindre la source de cette magie, subitement ultra concentré. Il remonta le fil sur une très courte distance puis eut l'impression de se heurter contre un mur infini. Il en vibra même sur sa chaise et releva la tête pour observer avec finesse la pièce.

"Non ... pas ici ... "

Se passant la main sur la barbe, il continua à réfléchir et se souvint alors des rares fois dans sa vie où une si puissante magie s'était présentée à lui, si puissante qu'il ne pouvait rien faire contre elle. Une magie qui n'était pas humaine. Il manqua de broyer littéralement les accoudoirs de sa chaise en bois tant il était maintenant certain de la créature à l'origine du contact mental furtif. Nakor ne put alors tenir en place qu'avec grande difficulté. Il se plongea dans son ressenti et observa qu'il avait en lui plusieurs idées : se rendre dans un lieu qu'il visualisait assez bien, qu'il savait être dans une certaine direction et surtout qu'il avait tout à fait le temps. S'il avait pu, il aurait sauté sur son tapis volant, aurait fait exploser le toit du château et s'en serait immédiatement échappé pour aller trouver son messager. Mais il prit sur lui, en usant de toutes ses forces et de sa très faible patience légendaire. Une fois les festivités terminées, il quitta les lieux et se rendit mécaniquement là où il était attendu, sans réfléchir, sans chercher à savoir ni où ni pourquoi, juste en se laissant guider par ce qu'il avait en lui et autour de lui. Après plusieurs dizaines de minutes de marches, dans un coin très reculé, herboré, boisé, il commença à sentir qu'on l'attendait. Un brin excité pour ne pas dire complètement envieux de courir et de hurler de joie en même temps, il finit enfin par arriver là où il semblait être attendu.

"Ho! ... Pale-Sang-Bleu!"

Nakor ne pu en croire ses yeux, là, devant lui, se tenait un homme qu'il n'avait pas vu depuis ce qui lui semblait être une éternité! Un homme qui, de part sa simple présence, ramenait des souvenirs d'un monde qui n'existait plus, d'un ancien roi, d'une dizaine d'années de paix, de développement, d'essors avant de retomber dans l'ombre, la folie, la mort et les dissensions.

"Arthur de Melassinir ... alors ça!"

Et il faut bien avouer que le mage resta là, aussi surpris qu'heureux, nostalgique d'un seul coup et en oublia presque que pas loin, se tenait un dragon!
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Arthur
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Lun 16 Jan 2017 - 19:51

La Péninsule retrouverait-elle un semblant d'ordre et de paix, ne fusse que le temps d'une année, où les turbulences qu'elle ne cessait plus de traverser étaient-elles déterminer à balayer la région encore longtemps ? Non que la chose puisse véritablement lui importer, le sort du royaume ne le concernait plus, il n'y avait plus d'attache, n'était plus assermenté, ni même retenue par le sentiment d'une « obligation familiale héritée » qu'il avait finalement laissé dans le caveau familial, mais dans les jours qui s'écoulèrent dans l'attente – car il ne doutait guère de la venue du vieux mage, trop enclin à la curiosité, et très certainement convaincu qu'aucun guet-apens puisse parvenir à lui nuire, pour refuser la curieuse invitation du lézard – les rumeurs qui lui parvinrent, de célébrations tournant en un fiasco funèbre, annonçant par la même des jeux du même acabit dans les ennéades à venir, venait replonger dans le désordre un domaine qui sortait tout juste la tête de l'eau... D'où cette question : Y avait-il une manière de sortir d'un cycle qui ne débouchait jamais sur une prospérité durable ?

Cela mettait probablement à mal les projets de la marquise d'ailleurs, et condamnait plus sûrement sa propre participation, même si la chose devait être maintenu. Il ne dévoilerait pas l'existence d'un dragon dans une région en guerre, et au proie des appétits des seigneurs du coin... Adieu l'opportunité de se voir éventuellement fournir un navire pour faire la traversée, il allait falloir trouver un autre moyen de se tirer de là quand le dragon serait plus... indépendant.

Ce dernier devenait régulièrement plus difficile à contenter... Il grandissait, et sûrement parce que c'était là l'ordre naturel des choses plus que par les exercices auxquels il « contraignait » le reptile, lui faisait déployer, battre et replier ses ailes régulièrement, ces dernières se renforçaient, et le dragonnet, parfois par lui-même, s'élançait maladroitement en les battant de façon désordonnée, probablement pour tenter d'imiter un Monarth oscillant entre la provocation et la pédagogie. Il devenait clair que bientôt, le dragonnet prendrait son premier envol. Une telle perspective enchantait le chevalier errant, tant parce qu'il lui tardait d'y assister – mais ce sentiment lui semblait trouver davantage son origine dans le lien qui le liait avec le Blanc - autant que parce que cela signifierait qu'il recouvrirait rapidement sa liberté qu'il mettait en suspens pour répondre au besoin du reptile encore vulnérable – et affamé.

Comme presque chaque jour depuis qu'il avait envoyé Monarth délivrer son invitation, il consacra la première partie de sa journée à la chasse, avant de revenir auprès d'un dragonnet qui avait lui-même prit l'habitude de se reposer jusqu'au retour de l'humain. Là, ils passaient de longues heures sur le bord d'un cours d'eau, l'un à prendre des notes, à « communiquer » avec l'autre, bien que la chose était encore imprécise, des impressions, bien qu'il pouvait réellement sentir l'intensification du lien autant que sa profondeur, et l'autre à manger, gambader avant de faire une longue sieste.
Puis finalement, un jour, le dragon eut un comportement surprenant, s'arrêtant pour se mettre en alerte, et son sentiment se propagea jusque dans l'esprit de l'humain qui reprit son épée, prêt à la tirer au clair.

C'était le vieux mage, qui n'avait guère changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient croisés, quand lui était passé de baron à vagabond, portant une armure de cuir qui avait vécut, avec près de lui un dragon blanc plus petit qu'un chien de taille moyenne, sur ses gardes, et il fallut à Arthur quelques instants pour réagir aux premiers mots du mage. Il ferma d'ailleurs les yeux avant de se tourner vers le reptile qui se calma, gardant à l’œil l'autre humain, et finalement, il en revint au mage, encore légèrement comme ailleurs.

« L'odeur des petits fours qui sont servis aux célébrations nobles continuent d'être votre pêché mignon, Nakor ? » Oui, une boutade pour entamer la discussion, c'était la meilleure des manières de transmettre tout ce dont il avait besoin... Il continuait de traiter le mage comme un « ami ». « Merci d'être venu... J'espère que l'invitation n'a pas été trop... troublante, mais c'est encore ce qu'il y a de plus simple pour moi. » Cela se monnayait en petits fruits et cela avait tout les avantages de ne pas pouvoir être intercepté par quiconque d'étrangers.
« Mais vous pouvez m'appeler Arthur, le reste appartient à un homme mort, si l'on peut dire. »

Il ne voulait plus entendre son ancien nom, non par honte, mais il avait fait une croix définitive dessus. Il n'ignorait pas que le mage avait évidemment repéré et prêté une attention particulière au lézard qui se tenait prêt de lui – Monarth étant parti vadrouiller – et il se contenta de confirmer ce qu'il semblait avoir déjà deviné. « Et voici... un dragon. » Il eut été compliqué d'expliquer simplement la manière dont on en était arrivé là.

« Comment allez-vous, l'ami, et que devenez-vous ? »
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Nakor
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Sam 4 Fév 2017 - 14:07

Qu'était le plus stupéfiant? La présence d'Arthur, sans doute donc responsable de l'invitation dans cette partie des bois ou la présence à ses côtés d'un jeune dragon aussi petit qu'un chien adolescent? Non, sans aucun doute, ce qui était par dessus tout stupéfiant c'est qu'Arthur fasse de l'humour! Nakor n'attendit pas pour réagir et lâcha un rire bref mais tonitruant et sympathique. Cela lui permit d'afficher et de maintenir en place sur ses rides allongées, un sourire éclatant. Le maître dragon continua d'échanger des politesses d'ouverture et présenta bel et bien son animal de compagnie comme étant un dragon. Cela suffit à faire frissonner l'archimage qui ne s'en retint pas plus longuement

"Comment vais-je? Là? Ici? Maintenant? Mais comment pourrais-je aller autrement que bien! Vous êtes là mon ami, souvenir d'un passé qui semble plus que révolu, mais en compagnie d'un animal que je rêve d'approcher d'assez près pour pouvoir échanger avec! Un animal de légende, une créature fantastique, à propos de laquelle j'ai lu des choses si invraisemblables et diverses que vous ne pouvez même pas vous imaginer tout ce que cela produit en moi comme sensation. C'est prodigieuuuuuux!"

Puis Nakor, comme une vieille habitude qui n'était plus utilisé depuis très longtemps, se mit à sautiller sur place, poings à la hanche, en envoyant valser une jambe puis l'autre, en cadence! C'est au moment de revenir à lui, comme s'il percevait que ce n'était pas une attitude ni très naturelle ni très saine, qu'il tenta de reprendre contenance.

"Hum ... enfin ... oui, je vais très bien et vous? Cela me semble faire une éternité qu'on ne s'est vu. Depuis lors ... et bien, j'ai vécu bien des choses. J'ai fondé une guilde de magiciens ouverte à tous les sorciers de notre monde sans distinction de race. J'ai participé à quelques conflits afin de repousser les drows du territoire humain, j'ai oeuvré dans l'ombre contre quelques mals anciens et je continue de rester vigilant sur les différentes pièces qui avancent sur le grand échiquier de l'histoire. Vous savez sans doute à quel point la Péninsule subit plus qu'habituellement, une période troublée. Mais mes aventures ne doivent n'avoir aucune communes mesures avec celles d'un homme qui voit à ses côtés, un jeune dragon lui tenir lui de compagnon de route. Quels immenses mystères du monde avez-vous pu percer Arthur? Et ... si je comprends bien ... pourquoi avoir voulu me faire savoir que vous étiez encore de ce monde et ... de cette manière là?"

Nakor supposait qu'Arthur avait délibérément voulu lui indiquer qu'il était aux côtés d'un dragon. Avait-il un but précis? Avait-il une requête particulière? Ou la simple et non moins agréable envie de revoir le vieillard pour parler du temps passé et du sens profond de la vie? L'archimage allait bientôt le savoir, à n'en pas douter.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Mar 7 Fév 2017 - 11:43

« Oh, je crois pouvoir en imaginer une partie, vieil homme. Mais « animal », ma foi, c'est plutôt réducteur pour lui. Il m'a été donné l'occasion d'étudier divers ouvrages à Thaar, et même de vivre au sein d'une tribu vénérant encore les Dieux-Dragons, je sais ce qu'ils furent là-bas. »

C'était un haussement de sourcils suivit d'un sourire qui accueillirent ensuite la curieuse danse du vieux mage, dont l'âge ne se ressentait visiblement pas.

« Vous n'avez pas chômé, à ce que je vois. Un jour, vous vous bloquerez le dos à force de gesticuler autant, cela sera l'occasion de vous voir rattraper par votre âge, car désolé de vous le dire, mais vous n'êtes plus un fringant jeune homme, même si vous sautiller encore comme eux. » C'était là encore dit sous le ton de la petite plaisanterie. Il ignorait par quelle magie le vieux mage pouvait encore vivre et s'épanouir autant, mais c'était sans importance, et il ne lui souhaitait surtout pas que les choses changent de si tôt. « Mais heureux d'apprendre que ceux qui font l'actuelle Péninsule ait cessé de vous considérer comme un régicide et estime à nouveau l'intérêt à vous voir en allié, ou tout au moins en ami, plutôt qu'en ennemi de premier ordre. Il était injuste qu'après les années que vous aviez offert à ce royaume, on vous rejette de la sorte. »

Il souhaitait que la chose dure, bien qu'il doute de la sensibilité des nobles aux idées et rêveries du mage. Il voyait probablement davantage en lui l'atout magique de poids, et la légitimité possible que pouvait conférer un des plus loyaux serviteurs de la Couronne d'antan.

« Pour ma part... Je ne pense pas avoir percé le moindre mystère. Depuis la mort de Trystan, ma fuite vers l'Estrévent et la disparition de Roxane, je n'ai fait que poursuivre des chimères ayant prit bien des formes. J'ai poursuivi dans l'Est les traces que les dragons ont pu laisser dans la région et dans les vestiges nisétiens, jusqu'à croiser une dragonnière qui m'a accueillit dans sa tribu, un temps. » C'était assurément là-bas qu'il en avait apprit le plus, qu'il avait façonné l'idée qu'il s'était faite des dragons, qui conditionnait à présent et pour l'avenir, une partie du traitement qu'il réservait au dragon... C'était une partie de cette héritage qu'il voulait indirectement offrir à son compagnon dépourvu de semblable en mesure de le lui montrer. « Puis la chimère a prit les traits d'un vœu à venir, une envie de revenir sur mes pas, de reconstruire quelques chose ici, en Péninsule, en oubliant le passé... Elle n'a pas gardé cette apparence très longtemps, tout juste assez pour me faire revenir, avant de se muer à nouveau en dragon. » Il disait cela avec une certaine ironie qu'il allait développer. « J'ai beau ne pas croire au destin, depuis que j'ai rencontré Roxane, ma vie semble liée à ces derniers, et quand bien même j'avais réussi à me soulager de cette « obsession », elle m'est finalement revenue directement dans la figure. » Il n'était désormais plus question de tenter d'y échapper, et son avenir était dès à présent réellement lié à l'un d'eux, ce qu'il ne regrettait pas, malgré le tournant actuel de sa vie. « J'ai donc poursuivi ce dragon... Un temps seul, avant que la route ne joigne celle d'une Gardienne avec laquelle je pus le retrouver, non sans peine. Il lui confia un œuf, qu'elle me remit à son tour, en échange de la promesse de le protéger. » Il était inutile de détailler les péripéties qu'ils avaient traversé. « Et depuis quelques mois, l’œuf a finalement éclot, il s'est lié à moi, même si ce dernier est encore loin d'être aussi développer que celui que j'entretiens avec Monarth, bien qu'il prenne ses racines plus profondément, je l'ai senti le premier jour. Pour le protéger, et jusqu'à ce qu'il soit en mesure de chasser et d'échapper à des menaces par lui-même, je voyage presque continuellement, loin des grands chemins ou des grandes villes. »

Il jeta un œil au dragon, une certaine chaleur dans son regard, depuis ce premier jour, le lien s'était déjà développé, même si le dragon était encore incapable d'aller au delà d'idées « simples », presque instinctive. C'était suffisant, et il demeurait confiant, d'autant qu'il avait Monarth pour l'épauler sur ce point.

« Finalement, la chimère est devenue réelle, j'en suis heureux même si je n'oublie pas ce qui aura été perdu en chemin. »

Il revint à Nakor, après ce petit récit, il décida d'offrir une réponse à sa dernière interrogation.

« En ce qui concerne le pourquoi je vous ai contacté, et le pourquoi du comment... Pour le second, ma foi... Comme je vous l'ai dit, j'évite autant que possible les villes et de façon générale, les grands  zones d'affluence, pour éviter d'être vu. Je ne me fais pas d'illusion, le jour viendra où il sera trop grand pour être caché, il sera aperçu, volant ou chassant, mais ce jour-là, les humains ne seront plus une menace aussi grande car il aura du répondant. Tout ça pour dire que je m'épargne ce genre d'aventures, mais Monarth aime flâner dans ce genre d'endroits, aussi lui ai-je demandé un petit service en passant. »

Ce début de réponse remettait en avant deux choses... La première était l'absence d'intention d'Arthur de se cacher éternellement. Il avait vu et apprit l'existence de deux autres dragons « sauvages », il considérait inévitable le retour de ces créatures et le besoin qu'aurait les peuples de réapprendre à vivre avec. D'une certaine manière, c'était là une part du rôle qu'il entendait jouer à l'avenir... Servir d'intermédiaire.
La seconde, sur le côté « réducteur » du terme « animal » pour désigner le dragon – autant que le dräke, d'ailleurs. Il n'avait pas dressé Monarth, ne pouvait ordonner ou exiger quoique ce soit... Au mieux, c'était des services et du marchandages, fonctionnant dans les deux sens, d'ailleurs.

« Quant au pourquoi... Depuis que j'ai obtenu l’œuf, j'ai marché sur mes pas, renonçant à ce que put être ma vie, réglant les dettes qu'il me restait, pour ne pas avoir de regret autant que pour protéger mon nom de la vie que j'entends mener... Les Melasinir resteront des chevaliers et des serviteurs loyaux des Ducs d'Erac, jusqu'à leur disparition avec ma mort. Nul besoin de savoir que le dernier devint un vulgaire vagabond, renonçant à la noblesse, à la richesse et à la terre pour poursuivre un fol idéal. » Il jeta un œil sur sa main, où demeurait l'alliance issue de son mariage avec Roxane avant d'en revenir à Nakor. « Et voilà qu'alors que je m'arrête à une taverne, non loin d'ici, j'apprends la présence d'un vieux mage au mariage de ce bon Louis de Saint-Aimé. Voila une aubaine que je ne souhaitais même pas, ignorant ce que vous étiez devenu, mais puisqu'elle était là, autant la saisir. » Mais tout ceci n'expliquait pas le pourquoi... Il y avait peu réfléchit lui-même, en vérité. « Vous êtes probablement l'une des très rares personnes en ce monde dont je sois sûre de la bienveillance à notre égard, et certainement la seule suffisamment forte pour ne pas craindre de l'afficher à l'avenir, si c'était nécessaire. »
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Nakor
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Lun 13 Fév 2017 - 13:12

Quelques petits échanges sympathiques sur la folie du vieillard, sur ses folles années disparues depuis longtemps et sur le passage effréné du temps et des siècles qui semblaient sans emprises sur la longue barbe blanche, pour le moment en tout cas. Nakor ajouta alors, avec un grand sourire sur les lèvres

"Lorsque cela adviendra, puis-je compter sur vous pour venir m'aider à m'asseoir et m'apporter une bonne tasse de thé?"

Un petit rire tranquille cette fois, comme cette image de vieux fou qu'il espérait ne jamais voir venir. L'énergie de vivre ou la mort! Il fut ensuite question de la considération de la Péninsule vis-à-vis de l'archimage, qui hocha douloureusement de la tête.

"Oui, cela ne fut pas de tout repos. La calomnie est aisée là où les preuves sont complexes à fournir. Mais heureusement, la vérité fini toujours par se faire connaître et au prix du sang versé et de la sueur, les hommes ont retrouvé un peu de confiance en moi ... en tout cas les nobles qui gouvernent aux hommes."

Arthur raconta alors, par brides pudiques sont passé récent comme plus ancien. Il semblait y avoir là beaucoup de douleur, de l'honneur et le grand courage d'affronté de pleine face, la réalité du monde tel qu'il était. Alors qu'il était extrêmement attentif à chacun des mots, le Magistère du Firmament s'avança lentement, pour s'approcher de la créature qui se trouvait aux cotés de l'ancien fils Melasinir. Sentant qu'une distance suffisante avait été instaurée et qu'aller plus loin serait non acceptable, le vieux fou s'arrêta là où il se trouvait et prit place, à même le sol, en tailleur. Il tendit la main vers le dragon et concentra une partie de son esprit dans une idée claire : amitié et non danger. Le reste de son esprit se trouvait concentré sur la discussion en cours. Il prit la suite de la discussion

"Je suis navré pour vous d'apprendre ce lot d'infortune et de douleur. Vous avez payé votre tribu à la vie mon jeune ami. L'amour, les rencontres, les pertes ... autant d'épreuves par lesquelles nous devons tous passer. Et justement, lorsque nous leur survivons, nous n'en ressortons que plus fort Arthur, jamais amoindri, bien au contraire. Et surtout, près à affronter de nouvelles destinés encore plus incroyables. Ne perdez pas ce qui fait de vous ce que vous êtes. Vous avez été, certes! Et vous pensez maintenant devoir passer à autre chose, ne plus être le même ... vous vous fourvoyez."

Puis lâchant le dragon du regard, il planta ses yeux azur dans ceux de son acolyte du moment

"Vous avez rencontré une femme-dragon, une gardienne, un lien avec un nouvel ami qui a autant à apprendre de vous qu'à vous transmettre. Il fait de vous une nouvelle entité, un guide, un annonciateur de renouveau. Je ne vois alors pas pourquoi les Melasinir auraient à pâlir de honte devant une telle descendance, bien au contraire."

Puis, forçant sur son bâton pour se relever du sol et se tenir de nouveau debout, il observa attentivement Arthur des pieds à la tête, un léger sourire en coin

"Un bel et jeune homme comme vous. Qui diantre pourrait vous empêcher de prendre épouse et d'avoir des enfants. Qui? A part la douleur d'un amour perdu, qui jamais ne s'oubliera mais n'interdira pas non plus à votre coeur de ressentir encore, d'aimer, de vous ouvrir de nouveau. Croyez en l'expérience d'un très vieil homme ... la vie qui vous attend est encore longue et pleine de surprises ... parfois elles seront mauvaises et désagréables, mais il pourra y en avoir de bonnes aussi."

Etant suffisamment proche pour le faire et sans aucune arrière pensée, il tapota simplement l'épaule droite d'Arthur avant de redevenir très sérieux suite à l'ultime remarque de son compagnon.

"Merci pour la réelle confiance que vous me portez Arthur. Mais dîtes moi ... "si c'était nécessaire", disiez vous ... que prévoyez-vous de faire ou de devoir faire?"

Puis perdant son regard dans les limbes de son passé comme de son imagination, il parla à voix basse plus pour lui que pour les autres

"Quelle étrangeté que jamais la vie ne vous accorde ce que vous souhaitez de tout coeur et ne le donne toujours qu'à celles et ceux qui n'en veulent pas."

Nakor avait vécu en Nisetis, il y avait grandi, puis séjourné même après la chute de l'empire dragon. Il connaissait les vestiges et s'avérait être le plus puissant sorcier humain de ce monde. Et malgré tout cela, jamais il n'avait pu croiser sur son chemin un dragon qui aurait voulu se lier à lui et lui enseigner leur histoire, leur passé. Non, il avait erré seul sur ces terres qui finalement, se voyaient dotées d'entités magiques surpuissantes sans que jamais il ne le sache. Il s'apprêtait alors à rappeler à quel point il pouvait accueillir Arthur et son compagnon, là-bas, sur les lointaines terres de son domaine du Firmament, au château de l'Aurore. Mais il fallait pour cela, qu'Arthur accepte de se confier plus sur ce qu'il pensait être son avenir proche, ses intentions ou son réel but. Etre le dépositaire du sort de créatures presque disparues et qui attiraient autant les convoitises ne devait pas être chose aisé à porter seul.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Lun 20 Fév 2017 - 19:55

« Il n'y a rien d'étrange lorsque l'un souhaite ce qui ne peut être obtenu et que l'autre sait qu'il ne peut l'appeler de son vœu. » Tels furent les premiers mots qu'offrit le chevalier errant à la dernière pensée du vieux mage, au vue de la discussion, de la fascination que devait exercer les dragons sur le mage, c'était presque une évidence. « Ces créatures ne sont pas destinées aux hommes Nakor, suggérer qu'ils puissent être accordé, comme on accorde un titre ou un bien, c'est déjà une faute. » Il se doutait que le mage n'avait pas ce genre de réflexion, consciemment, mais ses mots trahissaient ce genre d'idées. « Cessez de les poursuivre en désirant un lien de l'un d'eux, soyez humble vis à vis de votre nature, car quelque soit votre âge ou vos pouvoirs, vous demeurez un homme, ne l'oubliez pas. Croyez mon expérience, dans cette relation, c'est eux qui ont le contrôle, et tant que vous aurez à l'esprit que vous pourriez vous lier à l'un d'eux parce que vous le souhaiter, vous ferez fausse route. » Et il se tromperait même si il devait y parvenir avec cet état d'esprit.

Il était curieux de prodiguer un tel message à un homme bien plus âgé que soi, mais finalement, des deux, le chevalier demeurait celui qui avait le plus d'expérience de ces relations... Même si ça n'était pas l'expérience mais son impression, ou bien ce que Monarth lui avait fait rentré dans le crâne, qui parlait, quelque soit la vérité sur l'éventuelle capacité à soumettre ou non dräke et dragon, lui-même préférait l'ignorer.
Nul doute d'ailleurs que si Monarth avait été présent, il aurait pu faire la démonstration du contrôle et du savoir-faire autrement plus impressionnant en matière de télépathie que ce que pouvait faire le mage.

Pour l'heure, outre les mots du mage, c'était un trouble abstrait qui lui parvenait à travers le lien, après que la mage ait justement usé de son art sur le dragon. Lui-même l'avait ressenti, tout au moins un vague écho, et même si il ne percevait pas d'agression, il comprenait ce qu'entendait Monarth par « manque de finesse » quand il évoquait les tentatives des « Deux-Pattes » à toucher l'esprit des autres.

« D'ailleurs, évitez à l'avenir de vous adresser à lui directement de cette façon, c'est probablement autant sa jeunesse et son inexpérience des esprits humains que votre Art lui-même qui diffère de leurs manières, mais ça l'a troublé, en bonne partie parce qu'il ne s'y attendait pas. » Ça n'était pas un reproche véritable, en tout cas pas dans le ton, juste une demande, mais il ressentait le besoin de le dire, vider son esprit de cela, en réduire la pression qu'exerçait le jeune reptile sur lui.
Il ferma les yeux un instant, calmant le dragon qui porta sur le vieux mage un regard semblant exprimer autant de curiosité que de suspicion. Aucune autre créature, sinon Arthur et Monarth, n'avait fait cela jusqu'à présent, ce qui suscitait son intérêt, mais l'inconfort du contact avait attisé sa méfiance.

Il joua lui-même de subtilité, devant trouver un équilibre entre la distance mise avec le dragon pour réduire l'impact de ses propres émotions sur lui, sans paraître laisser ce dernier « seul » avec son trouble. Un jeu d'équilibriste qui rendait le suivit de la conversation délicat... Discuter géopolitique au cœur d'une foule dansante, l'orchestre s'emballant pour faire virevolter ces dames lui aurait parut plus évident. Et cette seule idée le fit sourire tout seul un instant.

Il se remit, revint aux mots tenus par le vieux mage sur son propre cas. Si il avait apprécié ces derniers, le mage n'y était pas, mais après tout, il empruntait des chemins personnels, et si il n'avait effectivement pas à rougir de ce qu'il avait accompli, il n'y avait là rien à ses yeux valorisant sa propre famille aux yeux des nobles étrangers. Pour ce qui était de ses propres ancêtres... Il verrait avec eux le moment voulu, quoiqu'ils devraient attendre bien plus longtemps qu'avec aucun autre. Mais une chose, un mot avait plus que les autres attirés son attention, à cet instant.

« Vous avez dit que ce lien faisait de moi un guide... Qu'entendez-vous par là ? Guider qui, vers quoi ? » Plus que le reste, cela suggérait un rôle actif, et si il estimait devoir en tenir un à l'avenir, il n'imaginait pas guider qui que ce soit... Aussi voulait-il savoir ce qu'entendait le mage en disant cela. Il aborda, avec autant d'amusement et de sérieux la question de trouver une compagne, fonder une famille avant de parler de ce qui était plus important, sa vision de l'avenir.

« Je suis un beau jeune homme qui vivra probablement des siècles avant que le temps ne l'affecte, qu'il faudra accepter de partager avec deux lézards, dont l'un risque de provoquer des changements importants. » Du moins, si ce qu'il avait constaté et entendu de la part de Roxane et Astéride se confirmaient. « Si le premier point m'assure des chances de réussite si j'y mets du mien, les deux autres sont bien moins évident à accepter. » Et puisque le vieux mage invoquait lui-même son expérience, alors il le mit à l'épreuve. « Qu'en est-il de vous, vieil homme... De quand date votre dernier amour ? Avez-vous une ou plusieurs familles dont vous croisez des descendants, ça et là, au détour d'une rue ? » C'était à la fois pour mettre à l'épreuve les propos de ce dernier que, finalement, une sincère curiosité. Le mage avait-il des descendants, et après tout ce temps, savaient-ils ? Ou bien veillait-il sur eux en demeurant invisible ?

« Mais si cela vous inquiète, ne vous faites donc pas de souci, je ne tournerais pas le dos au bonheur si il se présente sous la forme d'une famille... Et qui sait, dans dix ans ou dans un siècle, c'est avec un fils ou une petite-fils que je vous rendrais visite. » C'était autant pour la plaisanterie qu'important pour lui, et il sourit, appréciant l'idée de devenir un jour père, et même grand-père. Quand son dragon serait en mesure de voler et de se débrouiller davantage par ses propres moyens, il pourrait repenser à lui-même, à cette nouvelle vie qui l'avait tiré des Terres Stériles pour le ramener en Péninsule.

Il aborda la suite sur une note plus sérieuse, il décida d'évoquer l'avenir.

« Pour ce que je prévois de faire... En quelques mots, nous ne nous cacherons pas... Nous ne vivrons pas dans la crainte qu'il soit découvert, une fois qu'il sera capable de se débrouiller ou de se défendre par ses propres moyens. » Une volonté qui contrastait totalement avec la manière dont les précédents dragonniers avaient menés leurs vies. « Pour autant, je n'ai pas l'intention de me soumettre à nouveau aux hommes. » Et si cela semblait simple, il refusait plus qu'il n'y paraissait, plus que l'idée d'un serment, d'un attachement à une terre, et l'obligation d'obéir qui s'y associait. « Quand il sera découvert, et cela arrivera tôt ou tard, les hommes seront contraints d'accepter cette réalité... Certains seront émerveillés, certains auront peur... Certains voudront le contrôler, d'autres le chasseront. Voila la raison du « si nécessaire ». Quand ces jours viendront, une voix de plus pour faire entendre raison à ceux qui auront quelques prétentions sur sa liberté ou sur son existence, ça ne sera pas de refus. »

Il n'offrit pas l'entièreté de sa vision... Il avait eu une vision d'autres dragons apparu, ayant affronté les peuples. Inutile encore d'évoquer la guerre qu'il voyait inévitable, lorsque les peuples devront réapprendre à vivre avec des dragons insoumis, ni du rôle qu'il entend jouer lorsqu'un tel jour viendra.
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Jeu 23 Fév 2017 - 10:36

L'échange se faisait tranquillement et les discussions amenaient au débat. La précision des mots avait son importance mais entre deux personnes ayant vécu tant de choses déjà, des suppléments d'informations étaient nécessaire. Si Nakor rêvait de dragon, depuis qu'il avait eu la confirmation qu'ils existaient encore, ce n'était pas pour en faire un prisonnier, même d'un simple lien dans lequel il pouvait sans doute être le vrai captif. Non, il aurait voulu créer ce lien pour pouvoir échanger avec, pour pouvoir apprendre, autant les histoires d'un monde passée que cette magnifique forme de magie. Un grand sourire sur les lèvres, le Magistère ajouta

"Vous avez raison et je ne m'exprime qu'à moitié. Jamais je n'aurai souhaité avoir un lien si fort avec un dragon qu'il nous enferme tous deux, voir moi plus que lui dans une relation qui ne mène à rien. Mon plus grand intérêt dans la vie reste d'apprendre. Ma longévité me permet de continuer à découvrir tant de choses incroyables. Alors les dragons! Leur éventuel connaissance du passé, leur manière de manipuler les énergies arcaniques qui sont en eux ... quel fabuleux savoir peuvent-ils bien transmettre? Je pensais plus à un lien d'amitié que ce canal intime qui semble exister entre vous deux et qui se trouve presque être vital pour l'un comme pour l'autre."

Nakor pensait qu'en effet, le dragonnier était bien plus lié qu'il n'y paraissait avec le dragon et il se demandait ce qu'il adviendrait de l'un, si l'autre mourrait, peu importe dans quel sens. Il prit en tout cas bonne note des remarques d'Arthur qui ne tarda pas à ajouter des précisions sur le moyen d'entrer ou non en contact avec un dragon. Ce dernier lança un regard étrange sur le magicien qui s'inclina légèrement pour s'excuser d'avoir tenté quelque chose qui n'allait pas dans le bon sens.

"Je vous demande pardon à tous les deux dans ce cas ... et je note que les choses ne fonctionnent vraiment pas de la même manière! Extrêmement intéressant ... une seule magie, des milliers de divergences d'utilisation! Stupéfiant!"

Voilà que Nakor allait encore s'emballer mais les discussions continuèrent et une question fut posée. Le magicien ouvrit donc bien grand son oeil droit, en fronçant légèrement le gauche. L'étonnement s'affichait donc sur son visage avant qu'il ne dise

"Arthur ... malgré votre lien avec les dragons, vous restez avant tout un homme, vous êtes donc le premier bien placé pour savoir ce qu'il pourrait en être si le monde entier découvrait l'existence de telles créatures et surtout ... de leurs capacités! Encore plus chez le peuple humain. Les Elfes et les Drows vénèrent la magie pour ce qu'ils peuvent en faire, que cela aille du lien avec la vie et la nature ou les incroyables possibilités de destruction. Les Nains cherchent à tout prix à retrouver leur magie perdu et les prêtres runistes se font d'une rareté sans borne mais sont des personnes précieuses et considérées comme telles. Mais chez les Hommes ... la masse craint ce qu'elle ne comprend pas, ce qu'elle ne peut pas contrôler, gouverner sans risque ... et je sais de quoi je parle! J'ai six cent vingt huit ans mon ami et sur les cinq derniers siècles je me suis attelé à faire accepter la magie humaine, à faire comprendre au peuple de la Péninsule que les sorciers pourraient être bien plus efficace et mieux utilisés pour améliorer les conditions de vie que pour la guerre et la destruction. Mais non ... malgré cela, le peuple a encore peur des sorciers et les nobles les recherchent pour la guerre et leur suprématie. Ils ne sont pas tous ainsi et comme dans un cycle infernal, je commence à parvenir à mes fins puis un usurpateur prend le pouvoir et tout repart en arrière. Il faut alors recommencer."

Nakor donna un coup de son bâton sur le sol, montrant sa colère à devoir, depuis plus de cinq cent ans, recommencer. Il pensa alors à sa dernière intervention dans le monde des hommes, à son combat contre les drows dans le nord de la Péninsule et à ce que cela avait perdu de redonner confiance en la magie et en lui auprès des hommes. Il avait défié et déjoué la magie drow et sauvé ainsi des milliers de vie. Il planta alors un regard profond dans celui de son compagnon

"Il en sera de même pour vous Arthur. Lorsque le monde découvrira l'existence des dragons, un vent d'inquiétude balayera notamment la Péninsule. Vous devrez alors être en première ligne. Qui de mieux placé qu'un homme pour expliquer aux autres hommes qu'il n'y a rien à craindre de ces magnifiques créatures et qu'au contraire, à vouloir les manipuler, les contraindre ou les pourchasser ... la seule chose qui en ressortira sera un monde à feu et à sang. On peut aisément entrevoir une catastrophe sans précédent, un déchaînement de mort si les dragons, se sentant en danger, déchaînent leur puissance sur nous. En cela, vous serez, que vous le vouliez ou non, un guide. Le seul à pouvoir démontrer que ce n'est pas dans cette voie guerrière qu'il faut avancer mais dans l'acceptation. Et croyez moi ... en ce sens, je vous souhaite bien plus de réussite que moi avec la magie ... je nous le souhaite à tous d'ailleurs."

Oui, le monde pourrait de nouveau sombrer dans la folie. Et Arthur faisait maintenant partie de ceux sur qui cette lourde tâche allait peser : éviter que la crainte et les convoitises détruisent tout! Il ajouta alors

"Et lorsque ce jour viendra ... je serai à vos côtés, vous pouvez compter sur moi mon ami."

L'engagement était sincère. Nakor jeta un regard vers le ciel, au dessus d'eux, souffla longuement et se décida enfin à répondre à une question qui avait été posée

"L'amour Arthur ... peut prendre bien des formes. Si vous parlez d'un amour charnel sachez que l'obtention de ma longévité m'a privé de quasiment toute ma jeunesse et ma période adulte. Je me suis exilé du monde alors que je n'avais qu'une vingtaine d'année et connu bien peu de femmes. Ce n'était pas de l'amour. Je suis revenu dans le monde soixante ans plus tard, avec cette apparence là. Un vieillard! Je ne sais pas comment le temps agira sur vous, mais en ce qui me concerne, si j'ai cessé de vieillir à ce moment là de ma vie et bien je n'en reste pas moins un homme ... et à partir d'un certain âge, un homme ne peut plus faire certaines choses voyez-vous!"

Puis Nakor se mit à glousser en se rendant compte à quel point il pouvait sembler frivole de mêler immortalité et relation charnelle.

"Je n'ai donc pas eu d'enfant de mon propre sang. Mais vous vous trompez si vous considérez qu'être père s'obtient par le seul fait de s'être accouplée à une femme. C'est bien plus complexe que cela. J'ai découvert dans le désert de Nisetis, deux bébés qui venaient de naître, leur mère morte en couche. Ils allaient eux aussi mourir sous le soleil de plomb de la cité dragon. Je les ai recueillis, nourris, élevés. Deux magnifiques garçons, que j'ai aidé à devenir des hommes pleinement accomplis. Ils m'ont donné un amour sans faille, un bonheur sans borne qui est capable, encore aujourd'hui si longtemps après, de rallumer la flamme de la vie en moi et l'envie de sourire. Un des deux perdis la vie dans une guerre qui frappa le monde."

Subitement, chose qui arrivait bien rarement, les vieilles mains de Nakor se mirent à trembler, comme s'il était d'un seul coup rattrapé par l'âge et la normalité d'un corps là depuis bien trop longtemps.

"Je l'ai enterré de mes propres mains Arthur ... ce qui me fit subir mille morts croyez-moi. L'aîné a eu le temps de fonder une famille et a vécu longtemps. Il est mort de vieillesse et je l'ai aussi enterré moi-même. Déchiré par tant de douleur, j'ai fini par doucement m'éloigner de leur descendance. Mais à chaque fois que la famille s'agrandissait, je me débrouillais pour être là et à chaque mort, j'étais là Arthur ... traversant les âges, souffrant de manière cuisante. Il y a deux cent ans environ, une immense guerre qui s'est achevée aux portes de Diantra, contre les drows, a emporté l'ensemble des descendants de mon premier fils. J'ai enterré chaque corps moi-même et au bord de la folie, j'ai décidé de m'exiler de nouveau du monde en retournant vivre en Nisetis."

Quelques larmes coulèrent le long des joues du vieillard, ces souvenirs le ramenait toujours violement en arrière et lui faisait encore mal. Il essuya alors ses larmes, un sourire léger sur le visage et termina ainsi son histoire

"Pour rien au monde je ne changerai le passé. Ces enfants m'ont apporté tellement que je revivrai toutes ces souffrances une fois encore. J'ai continué, au fil des siècles, à prendre sous mon aile, certains enfants, certains adultes même. Que voulez-vous ... je ne peux m'empêcher d'y revenir mais plus au point où je fus investi dans cette relation paternelle. Lorsque quelque chose arrive à son terme Arthur, il ne peut y avoir que deux façons de les appréhender : on peut pleurer que cela soit terminé ou on peut sourire puisqu'on a eu la chance de le vivre. Je préfère de loin, la deuxième solution. C'est ça qui me fait avancer, qui me fait aimer la vie, qui me maintient en forme et me fait avancer. C'est cela qui me fait vous dire qu'il ne faut pas que vous passiez à côté d'une si belle aventure que celle d'avoir à élever un enfant."

Nakor souffla longuement, puis marmonna tout haut

"Voilà bien longtemps que je n'avais pas raconté cette histoire ... oui ... bien longtemps!"

Les rares personnes à être au courant de ce passé difficile se comptaient sur les doigts d'une main en Miradelphia.
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Lun 13 Mar 2017 - 15:33

« Le Lien est comme toute chose, j'imagine, il a ses bons et ses mauvais côtés. Si pour rien au monde je n'y renoncerais, je sais que dans les années à venir, j'aurais à lutter avec ce dragon, que je le veuille ou non, pour rester moi-même, autant qu'il sera possible tout du moins. » Il n'y avait jamais eu à se poser la question avec Monarth, quand bien même il était possible que ce dernier l'ait influencé, mais leur lien, quoique très développé depuis près de dix ans, était incomparable avec la profondeur de celui que le dragon avait créé, dès le début... Il était donc plus probable que des changements s'opèrent, sans même qu'il en ait conscience. « Mais pour l'heure, je n'ai aucune révélation à vous faire, ce qu'il me transmet est élémentaire et se borne à l'instant présent. » Mais l'hypothèse qu'émettait Nakor, car cela en restait une, le rendit curieux. Ce dragon, tout juste né, possédait-il tout ou partie d'une mémoire ancestrale, ou bien devrait-il apprendre par lui-même et faire avec ce que ses instincts lui dicteront ? Il était impossible d'y répondre en l'état, la communication restant simple mais suffisante pour répondre aux besoins.

« Malheureusement, Monarth est en balade, sinon, peut-être aurait-il pu vous donner quelques indices quand à la façon dont il perçoit votre Art... » Le mage devrait se montrer patient, mais nul doute que c'était une chose qu'il avait pleinement intégré en plusieurs siècles d'existence. « Mais si vous voulez, je lui demanderais à l'occasion. » Tout ce qu'il savait avec certitude, c'était que si le dräke se plaisait à toucher les esprits des autres, il repoussait avec plus ou moins de virulence toute tentative de lui rendre la pareille... Et il doutait qu'il existe beaucoup de mage capable de prendre l'ascendant sur lui... Les dragons le pouvaient, un autre dräke aussi, peut-être, mais un mage, non.

« Je ne sais pas si je serais un guide, Nakor... J'aurai ce rôle, mais je serai probablement davantage un intermédiaire avec une volonté de voir mon dragon et moi-même ne pas être constamment source de convoitise où objet d'une chasse. Nous n'apporterons rien, contrairement à ce que vous tentez de véhiculer comme idée pour les mages, nous ne serons pas utile, nous ne voulons pas l'être. » Du moins, pas comme on pouvait l'imaginer. Il ne fuirait pas le monde, ne cesserait pas d'être ce que son Idéal lui dictait, mais il n'offrirait aucune prise, ne répondrait à aucune attente qu'il pourrait susciter.
Cette posture deviendra vite problématique, il le savait... Car ce dragon chassera, et il n'aura de compte à rendre à personne, ne se soumettra pas à la prétention des hommes à posséder la nature... Ce qui, évidemment, se posera en fondation d'un conflit entre eux.

La suite lui fit découvrir un nouvel aspect du personnage. Il se doutait que les siècles d'existence cachaient un certain nombre de choses, réservaient des surprises, mais comme la plupart, sans doute, il n'avait jamais considéré et aperçu davantage que ce qui s'en dégageait à première vue, un vieillard et probablement le plus puissant des mages humains du continent. Lui-même en savait un peu plus... Des brides, comme ses origines nisétiennes, une idée de l'âge véritable de ce dernier, mais dans le fond, ce que le mage venait de lui raconter en disait bien plus long sur l'homme que tout ce qu'il savait déjà de lui.

« Eh bien... Merci pour cette confidence et pour votre confiance, Nakor. »

C'était tout ce qu'il trouva à dire sur l'instant,

« Mais rassurez-vous, lorsque l'opportunité se présentera, je la saisirais, quoiqu'il puisse se produire ensuite. Je veux connaître ces choses là, je veux transmettre, à défaut d'héritage, de titre ou de nom, tout au moins les valeurs dans lesquelles prend racine mon idéal... C'est encore ce que j'ai de plus précieux. » Mais il devait encore attendre, encore un peu et il pourrait repenser à lui... « Lorsque ce jour sera venu, je vous ferais jouer le rôle du grand père qui a toujours une petite histoire à raconter. » La relation qu'il pouvait, à l'avenir, nouer avec ce mage pourrait s'avérer des plus précieuses, non pas seulement pour le soutien qu'il pouvait apporter, mais parce que, autant que durerait l'existence de ce dernier, il pouvait demeurer un des seuls points demeurant fixe dans les siècles à venir... Il ignorait encore comment il vivrait réellement son « immobilisme », mais il était convaincu qu'une telle présence ne serait pas de trop pour supporter les premiers.
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Dim 26 Mar 2017 - 19:28

Voilà qu'ils parlaient enfin du lien entre humain et dragon et de la perception de ces créatures par rapport aux actions humaines et à leur magie. Nakor sembla même éveiller en Arthur, des idées qu'il n'avait pas encore eues. Le vieux fou rêvait toujours de savoir, non pas pour dominer toujours plus le monde, mais simplement pour assouvir sa soif de connaissances aussi antiques que modernes. L'ancien noble humain fit appel à la patience du Magistère. Haussant les épaules, il ajouta

"J'ai attendu plus de six cent ans, je peux bien attendre encore un peu. Touchez lui en un mot ... enfin ... une idée quand vous le pourrez!"

Nakor gloussa un peu avant que la discussion ne continue. Il écouta ensuite son compagnon du moment, parler de l'éventuel poste de guide qu'il aurait à avoir.

"Ho, vous ne voulez pas être utile au monde, peut-être! Mais le monde risque de vous forcer à sortir de cette posture. Vous ne cherchez sans doute pas à réintégrer les dragons et leur considération dans le monde, ce n'est pas un culte ou une religion, je le comprends bien. Mais, de par mon expérience, je crains que vous ne deviez nécessairement intervenir un jour ... comme un emblème, un possible, une ouverture vers une différence qui n'avait pas été envisagée."

Une légère pause avant d'adopter un ton plus léger

"Même si, je vous souhaite de ne jamais avoir à l'être!"

Ils continuèrent leur discussion et Nakor fit appel à de très vieux et douloureux souvenirs. Arthur fut extrêmement attentif, sans moquerie, sans mépris, il sembla même partager plus de sympathie pour le vieillard et le remercia pour cette histoire. Les mains encore légèrement tremblantes et en appuis sur son bâton, Nakor hocha de la tête.

"Je vous en prie ... il est parfois bon, ou plutôt nécessaire, de se souvenir de son passé. Merci pour votre écoute."

Il garda alors un petit sourire sur le visage avant d'écouter la suite. Il se mit à rire gentiment

"Ho ça, des histoires, j'en ai de nombreuses à raconter! Il faudrait que je pense à rédiger mes mémoires finalement. Certaines histoires ne sont absolument pas bonnes à raconter à de jeunes enfants! Mais le rôle du grand père me va plus que bien. Cela serait avec grand plaisir Arthur."

Et par quasi réflexe, le vieux fou tendit sa main à Arthur, comme pour sceller un pacte oral qui venait de s'établir. Une idée vint alors frapper le magicien qui fit un léger bond avant d'ajouter

"Mais j'y pense ... à propos d'histoires à raconter ... vous savez que vous n'êtes pas le seul dans votre toute particulière situation. Il existe d'autres dragonniers humains que vous Arthur."

C'était peut-être un coup d'épée dans l'eau mais l'archimage se demanda si le jeune homme avait des contacts avec d'autres seigneurs dragons. Leur discussion arrivait sans doute à leur terme mais cela avait rempli le coeur de Nakor d'énergie et de force de vie. Un réel plaisir!
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MessageSujet: Re: Des dragons et des mages barbus   Mar 11 Avr 2017 - 12:12

« Le monde ? » Il sourit, s'amusant de cette idée. « Ce ne sont que des hommes, Nakor... La prétention de gouverner tout ce qui se trouve sous le Ciel parce que lointains enfants d'une déesse, c'est ce qu'ils possèdent, simplement la prétention. » Il était un homme, certes, mais dix ans à partager l'esprit d'un dräke, et la moitié de ce temps à errer sur le continent à la recherche de chimère, ainsi qu'un idéal qui en faisait un protecteur, un serviteur, non un propriétaire, lui avait retiré ses prétentions sur quoique ce soit d'autre que lui-même. « Ils n'ont pas le pouvoir, pas davantage la légitimité de nous forcer la main, Nakor, et le moment venu, c'est eux qui seront forcés de le reconnaître. » C'était la ligne qu'il avait choisit, bien avant de se lier à son dragon, déjà lorsqu'il embrassait son idéal, le plaçant au-dessus de tout, même des serments précédemment prononcés. « Car nous ne serons pas un possible, pas une éventualité soumise à leur approbation. Nous sommes, c'est une réalité, nouvelle, certes, mais une réalité tout de même, pour laquelle ils n'auront pas leur mot à dire. »

Il y en aura pour essayer, pour les éprouver, pour tenter de leur faire courber l'échine. Alors, ils se battront, d'une façon ou d'une autre, par le fer ou d'une autre manière, pour contraindre ces audacieux à reconnaître leur indépendance, à renoncer à leurs prétentions excessives.

« Être utile... Il vous appartient de l'accepter, d'être constamment contraint à ce chantage, génération après génération, pour être accepté et vous épargner l'hostilité et le rejet, c'est le lot de tous les hommes, et il n'y a rien de honteux dans cette décision. » Il n'y avait pas de mépris, cette idée était le résultat de certaines méditations sur la notion du Choix, de sa réalité dans la vie des hommes. « Mais de la même façon, il nous appartient de refuser, d'emprunter une autre voie, de refuser le chantage, quitte à renoncer à la terre, à la fortune ou au confort qu'apporte cette relative servitude... Consentir à la prétention que leur monde puisse nous y forcer reviendrait à nous enchaîner nous-même et ça n'est plus une chose que je peux accepter, ni pour moi-même, moins encore pour lui. » Désignant de la tête le dragon.

« Vous avez de l'expérience, mais vous êtes un optimiste et un rêveur... Ça n'est pas un défaut, il en faut. Mais depuis tout ce temps, l'humain a t-il véritablement progressé ? Le peut-il seulement ? » C'était une question purement rhétorique, tout du moins, à ses yeux, et à laquelle il offrit une réponse qui n'engageait que lui-même. « Qu'importe la réponse, en réalité, le plus important est de savoir ce que vous seriez prêt à parier dessus. Quelques décennies, un siècle ou deux ? Votre éthique et votre moral ? Votre idéal ? Votre vie ? Que donneriez-vous dans l'espoir incertain de voir l'humanité s'améliorer, tout en sachant qu'une naissance peut réduire à néant ces efforts ? » Il entendait par là qu'une génération pouvait tout changer, que la naissance d'un seul homme, plus ambitieux, plus agressif pouvait balayer d'un revers ce qui mit des siècles à se construire. « Vous étiez nisétiens, vous savez donc que la volonté d'un seul être peut effacer ce que des millénaires exigèrent. » Quand bien même il avait fallu des siècles, et davantage, aux drows pour détruire cet empire, c'était la volonté d'un seul chef de guerre qui avait fait de sa capitale une ruine.

Il n'offrit pas sa propre réponse, laissant à Nakor le soin d'essayer de deviner et de comprendre la défiance envers l'humanité autant que son refus de s'engager envers elle, même en ignorant le poids que le chevalier errant accordait à une parole donnée.

Et laissa son air sérieux par la suite, au fil d'une discussion plus « légère », malgré le récit du vieux mage, et celui-ci, finalement, évoqua les autres dragonniers. Il n'ignorait rien de l'existence d'autres dragonniers, tout au moins, de deux autres... Il ne put toutefois s'empêcher de penser que le lien avec un dragon était la seule chose commune qu'il partageait avec eux.

« Je le sais, j'en connais au moins deux autres encore en vie. Pour être tout à fait franc, je n'aspire pas à les rejoindre, où qu'elles se trouvent en ce moment, ma dernière rencontre avec l'un d'eux remonte à plus d'un an... Je crois qu'à l'instar de leurs dragons, pour ce que j'en ai apprit, les dragonniers sont voués à être des solitaires... »

Peut-être à l'avenir, cette vision qu'il en avait changerait, mais il était de toute façon délicat d'être en contact régulier lorsque les uns et les autres bougeaient sans cesse, et il ne se voyait pas rejoindre une éventuelle communauté créée autour de leurs dragons.
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